Archives du mot-clé Serge St-Arneault

Assault Weapons: Was our 30-year battle for gun control really all for naught?

By Serge St-Arneault

Many of the families of the victims of the December 6, 1989, Polytechnique tragedy in Montreal, have been working for thirty years to eliminate assault weapons from our communities and our streets. This has never been achieved, not even during the brief decade that the long-gun registry was in effect, which was abolished by Stephen Harper’s Conservative government in 2012. Since then, many innocent people have been injured or killed by assault weapons legally acquired under Canadian law, like the victims of the Dawson College school shooting. Logically, these weapons should be strictly limited to military personnel.

For sure, we are so far not even close to what is happening in the United States, where gun violence is out of control. Nearly 40,000 Americans were killed by guns in 2017. That’s one murder every fifteen minutes. Unfortunately for Canadians, we are increasingly mimicking the US culture that values gun ownership. Both shootings of a 15-year-old girl in Montreal on February 7th and of a 14-year-old girl in Toronto on February 12th testify to that.

In the last election, the Liberal Party of Canada promised to ban military-style assault weapons. They promised to implement a buy-back program for “all” assault weapons. In May 2020, Prime Minister Trudeau announced a series of Orders in Council that made it no longer legal “to buy, sell, transport, import or use military-grade assault weapons in this country”.

Yet despite polls invariably showing 80% of Canadians support a ban on assault weapons as well as one conducted by Environics Research (on behalf of PolySeSouvient) showing that despite the pandemic, a clear majority still want the Liberal government to buy back all existing ones, we were dismayed to learn through media reports that the forthcoming bill will go in the opposite direction, with the buyback, while mandatory in New Zealand and in Australia, will not be mandatory in Canada.

As long as they remain in circulation, these killing machines represent a major public safety risk.

For example, Corey Hurren, the 46-year-old Manitoba Reservist, avowed QAnon follower, licensed gun owner and avid gun control opponent, had in possession at least one of these weapons, a newly prohibited Norinco M14 rifle, as well as a Lakefield Mossberg shotgun, a Dominion Arms shotgun and a high-capacity magazine when he rammed his truck through the gates of Rideau Hall on July 2, 2020. He wanted to “arrest” Prime Minister Trudeau because of COVID-19 restrictions and the recent assault weapon ban, leaving behind a letter in which he wrote, “he hopes his children would understand his actions”.

We are not so naïve as to imagine that owners of grandfathered assault weapon will henceforth consider them as “souvenirs” from the good old days when they could shoot them. They know full well that a future O’Toole-led Conservative government will repeal the ban — as he has already pledged to do. And when this happens, we will be back at square one.

These killing machines, as well as handguns, will continue to proliferate and the NRA ideology will continue to seep into the bowels of our country.

And it will be the end of our battle that began over thirty years ago.

My sister Annie was assassinated in a classroom with a military-style assault weapon. With the anticipated federal bill, this kind of tragedy can and will happen again. If it is indeed the intent of the Liberals to break the promise that we loudly and publicly applauded and that contributed to their 2019 victory, then we will have been manipulated in order to win them votes. This is nothing less than a betrayal.

Gun victims and their families, past, present and future, will remember this sinister political calculation.

Link: 30 ANS DE LUTTE POUR RETIRER LES ARMES D’ASSAUT DES RUES DU PAYS: «ON EST À BOUT DE SOUFFLE»

30 ans de lutte pour retirer les armes d’assaut des rues du pays: «on est à bout de souffle»

AUDREY TREMBLAY, Le Nouvelliste, 13 février 2021

La Tuque — «Ce n’est pas simplement une déception. On est même fâché. On est au bout». Serge St-Arneault, qui a perdu sa sœur Annie lors de la tragédie de l’école Polytechnique, se bat depuis plus de 30 ans pour retirer les armes d’assaut des rues du pays. Il demande au gouvernement d’agir fermement, mais l’essoufflement commence à se faire sentir.

«Comment dire, on est à bout de souffle. On ne pourra continuer indéfiniment à se battre contre… Si le gouvernement actuel ne change pas d’opinion, et qu’il maintient son idée de ne pas exiger d’éliminer les armes d’assaut selon ce qui était prévu. C’est un recul et une défaite totale», lance-t-il.

Au printemps dernier, Serge St-Arneault a vu une lueur d’espoir alors que le gouvernement fédéral a interdit quelque 1500 modèles d’armes d’assaut.

Par ailleurs, selon les informations de Radio-Canada, le gouvernement Trudeau devrait déposer prochainement son projet de loi qui mettra sur pied le programme de rachat des armes d’assaut, mais il ne serait pas obligatoire. Ce serait un échec total, selon Serge St-Arneault.

«La promesse électorale, c’était le rachat de toutes ces armes d’assaut et le bannissement complet. Point final. C’est ça l’enjeu […] C’est un peu curieux de garder des armes à feu si on ne peut pas les utiliser», note-t-il.

«Ce que je trouve difficile à comprendre, c’est qu’au niveau du vote populaire, une majorité assez claire de Canadiens, d’un bout à l’autre du pays, sont en faveur d’un bannissement complet des armes d’assaut. Point final. Qu’est-ce qu’ils attendent? Je ne sais pas.»

Celui qui se bat aux côtés de plusieurs familles des victimes de la tragédie de la Polytechnique du 6 décembre 1989, a été profondément touché par la récente mort d’une adolescente de 15 ans prise au milieu d’une fusillade à Montréal.

«Terriblement… La seule nuance ici, c’est qu’il s’agit d’une arme de poing. Vous savez, il y a 30 ans, on ne parlait pas des armes de poing. […] Maintenant, les armes de poing sont également devenues un enjeu majeur», insiste-t-il.

D’ailleurs, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a demandé à Ottawa d’adopter des mesures plus strictes concernant les armes de poing.

«C’est un dossier extrêmement compliqué aussi. […] Comment on va solutionner le problème des armes de poing si les armes d’assaut sont encore conservées parmi les propriétaires d’armes à feu», se questionne-t-il.

Serge St-Arneault presse le gouvernement libéral d’agir et de forcer les propriétaires d’armes d’assaut interdites de les rendre au gouvernement. Il exige une décision ferme et radicale des autorités, pas seulement «une demi-loi».

«Nous ne sommes pas des cruches pour imaginer que les propriétaires d’armes d’assaut vont simplement garder leurs armes en souvenir des jours où ils pouvaient les utiliser. Ils savent très bien qu’un prochain gouvernement conservateur dirigé par O’Toole annulera l’interdiction. Ce faisant, nous nous retrouverons encore une fois à la case de départ dans notre lutte. L’idéologie de la National Rifle Association des États-Unis s’imposera ainsi dans notre pays. Ce sera alors la fin de notre combat qui a débuté il y a plus de trente ans», écrit M. St-Arneault dans une lettre ouverte envoyée au Nouvelliste.

Serge St-Arneault estime que le gouvernement pourrait sauver des vies, tout comme il tente de le faire dans son combat contre la COVID-19.

«On a une chance idéale de faire un pas en avant pour sauver des vies et des citoyens canadiens par une loi qui a du mordant […] Pourquoi est-ce qu’on aurait une demi-loi qui ne sert à rien. C’est une contradiction, on veut sauver et on ne veut pas prendre de mesures réelles pour sauver des vies. Il y a quelque chose qui m’échappe là-dedans», a-t-il conclu.

Armes d’assaut: trente ans de combat inutile au Canada

CARREFOUR DES LECTEURS, Le Nouvelliste, 13 février 2021

OPINIONS / L’auteur, Serge St-Arneault, est originaire de La Tuque. Il est le frère d’Annie, une des victimes de la tuerie de Polytechnique. Il dirige aujourd’hui le Centre Afrika de Montréal.

Plusieurs familles des victimes de la tragédie de la Polytechnique de Montréal du 6 décembre 1989 luttent depuis trente ans pour retirer les armes d’assaut de nos rues. Cela ne s’est jamais réalisé, pas même pendant la brève période du registre des armes à feu, pourtant utile, mais aboli en 2012 par le gouvernement conservateur du premier ministre Harper. Depuis lors, beaucoup d’innocentes personnes ont perdu leur vie par des armes d’assaut légalement acquises selon les lois canadiennes. Logiquement, ces armes devraient être réservées aux professionnels militaires.

Certes, nous ne sommes pas aux États-Unis où la violence associée aux armes à feu est hors de contrôle. Près de 40 000 Américains ont été tués par balle en 2017. Cela représente un assassinat toutes les quinze minutes. Malheureusement, nous imitons de plus en plus cette culture valorisant la possession d’armes à feu. Le meurtre par balles d’une adolescente de 15 ans survenu à Montréal le 7 février dernier est le plus récent exemple.

Aux dernières élections, le Parti libéral du Canada avait promis d’instaurer des mesures visant l’interdiction des armes d’assaut de style militaire. La promesse consistait à mettre en place un programme de rachat pour toutes les armes d’assaut. Au mois de mai 2020, le premier ministre Trudeau a annoncé l’interdiction «de vendre, d’acheter, de transporter, d’importer ou d’utiliser des armes d’assaut de type militaire au Canada.»

Or, malgré un sondage effectué par Environics Research pour le compte de PolySeSouvient qui montre que la majorité des Canadiens (61 %) veut que le gouvernement libéral respecte sa promesse électorale de racheter toutes les armes d’assaut existantes, nous apprenons avec consternation qu’un projet de loi ira dans le sens opposé. Le rachat des armes d’assaut, comme cela se fait en Nouvelle-Zélande et en Australie, ne sera pas obligatoire. Tant que ces armes de guerre seront en circulation, elles représenteront un risque pour la santé publique.

À titre d’exemple, Corez Hurren, un réserviste du Manitoba âgé de 46 ans et partisan avoué de la conspiration violente et fasciste de QAnon, était en possession d’un fusil Norinco S12 interdit, un fusil de chasse Lakefield Mossberg, un fusil de chasse Grizzly Arms et un chargeur de grande capacité interdit lorsqu’il s’est introduit par effraction avec un camion sur le terrain de la résidence officielle du gouverneur général le 2 juillet 2020 pour assassiner le premier ministre Trudeau. Il voulait, dit-il, exprimer à quel point tout le monde était en colère contre l’interdiction des armes à feu et les restrictions de la COVID-19.

Nous ne sommes pas des cruches pour imaginer que les propriétaires d’armes d’assaut vont simplement garder leurs armes en souvenir des jours où ils pouvaient les utiliser. Ils savent très bien qu’un prochain gouvernement conservateur dirigé par Erin O’Toole annulera l’interdiction. Ce faisant, nous nous retrouverons encore une fois à la case de départ dans notre lutte. L’idéologie de la National Rifle Association des États-Unis s’imposera ainsi dans notre pays. Ce sera alors la fin de notre combat qui a débuté il y a plus de trente ans.

Ma sœur Annie a été assassinée dans une salle d’étude par une arme d’assaut de type militaire. Même avec le prochain projet de loi du gouvernement fédéral, ce genre de tragédie pourrait se reproduire de nouveau. Si cela est bel et bien l’intention du gouvernement de ne pas tenir sa promesse électorale qui a contribué à son élection, nous garderons le sentiment d’avoir été manipulés pour gagner des votes. Cela n’est rien de moins qu’une trahison.

Les victimes d’armes à feu, leurs familles, d’hier, d’aujourd’hui et de demain se souviendront de ce sinistre calcul politique.

Autre lien : HUFFPOST. Malheureusement, nous imitons de plus en plus la culture américaine valorisant la possession d’armes à feu. Le meurtre par balles d’une adolescente de 15 ans survenu à Montréal le 7 février est le plus récent exemple.

Un projet de loi sur les «armes d’assaut» serait déposé mardi aux Communes

JIM BRONSKILL, La Presse Canadienne, 12 février 2021 

OTTAWA — Le gouvernement libéral devrait déposer mardi prochain un projet de loi visant à renforcer le contrôle des armes à feu dites «d’assaut» – mais le programme de rachat serait volontaire.

Ce projet de loi, promis depuis longtemps, viendrait étoffer l’interdiction au pays, annoncée le printemps dernier, de nombreux types d’armes à feu que le gouvernement considère comme des «armes d’assaut de type militaire». Le projet de loi prévoirait des dispositions d’entreposage plus strictes des armes à feu et ciblerait le trafic et la contrebande.

Le gouvernement a interdit en mai dernier, par décret du cabinet, des centaines de types d’armes à feu «d’assaut», affirmant qu’elles avaient été conçues pour le champ de bataille et non pour la chasse au chevreuil ou le tir sportif. L’interdiction couvre quelque 1500 modèles et variantes de ces armes, ce qui signifie qu’elles ne peuvent plus être utilisées, vendues ou importées légalement au Canada.

Le projet de loi du ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, devrait proposer un programme de rachat de ces armes, à leur juste valeur marchande, mais devrait aussi permettre aux propriétaires de les conserver, avec des conditions strictes.

Pas assez contraignant

Une telle mesure volontaire risque de mécontenter les partisans du contrôle des armes à feu, qui implorent les libéraux depuis des mois de rendre le rachat obligatoire afin de garantir que les armes à feu qui restent aux propriétaires ne soient pas utilisées à mauvais escient ou volées.

«Les libéraux […] ont été élus en promettant un programme de rachat obligatoire», indiquait en mai dernier Heidi Rathjen, diplômée de Polytechnique et coordonnatrice de PolySeSouvient. «Les libéraux continueront à être critiqués pour n’avoir pas accompli la tâche alors qu’ils en avaient l’opportunité et les conservateurs continueront à être aux prises avec une base extrémiste pro-armes.»

Boufeldja Benabdallah, cofondateur de la Grande Mosquée de Québec, exhortait le gouvernement «à ne pas reculer sur le programme de rachat obligatoire qui nous a été promis, ainsi qu’à tous les Canadiens». Il avait comparu devant la Chambre des communes quelques mois après l’attentat à la mosquée de Québec, qui a fait six morts et plusieurs blessés, tombés sous les balles d’un tueur, il y a quatre ans.

Interrogé là-dessus jeudi, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a estimé qu’«un programme de rachat, pour être pertinent et efficace, doit, bien sûr, être contraignant».

«On a l’impression que le gouvernement recule, encore une fois, dans la perspective de déplaire au moins de monde possible, a-t-il dit. Mais il y a beaucoup de gens qui vont juger le gouvernement selon son sens des responsabilités et le respect de ses propres engagements.»

Sur le dos des municipalités

Par ailleurs, le gouvernement libéral a depuis longtemps fait part de son intention d’accorder aux municipalités les moyens de gérer l’entreposage et l’utilisation des armes de poing sur leur territoire, puisqu’elles ont des besoins et des préoccupations différents à ce chapitre.

Mais les détracteurs de ce plan affirment que ces interdictions municipales créent une courtepointe inefficace de réglementations. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, plaidait encore cette semaine que «le trafic des armes ne s’arrête pas rendu au fleuve ou à la rivière des Prairies: ça circule».

«Ça n’a pas de sens que ce soit les villes qui légifèrent une à la suite de l’autre», a soutenu Mme Plante, à la suite de la fusillade qui a coûté la vie à une adolescente de 15 ans dans l’arrondissement Saint-Léonard, dimanche dernier.

Le regroupement «Les familles de Danforth pour des communautés sûres», qui a fait pression pour l’interdiction de la possession privée d’armes de poing, a plaidé que la violence armée à Toronto n’avait fait qu’empirer depuis la tragique fusillade de 2018.

Le député libéral torontois Nathaniel Erskine-Smith préconise plutôt des restrictions fédérales sur les armes de poing, qui prévoiraient un droit de retrait pour les municipalités qui le souhaitent.

Dispositions

Le projet de loi qui doit être déposé mardi aux Communes prévoirait notamment:

Voir l’article

  • des dispositions permettant à la police, aux médecins, aux victimes de violence conjugale et aux familles de lancer un signal d’alarme sur ceux qui possèdent des armes et qui présentent un risque pour eux-mêmes ou pour un groupe identifiable;
  • des règles d’entreposage sécuritaire plus strictes pour aider à prévenir le vol d’armes à feu;
  • une augmentation éventuelle des ressources, et des sanctions plus sévères, pour freiner le trafic d’armes illégales aux frontières;
  • de nouvelles pénalités pour les achats d’armes à feu par un acheteur agréé au nom d’un acheteur non agréé;
  • le maintien des limites actuelles des chargeurs, qui sont généralement de cinq balles pour les carabines et fusils de chasse, et de 10 pour les armes de poing. On devrait aussi sanctionner la vente de chargeurs qui peuvent être modifiés pour contenir plus de cartouches.

Autres liens significatifs :

On attend le prochain projet de loi

AU SUJET DE L’INTERDICTION DES ARMES D’ASSAUT DE TYPE MILITAIRE

Armes d’assaut: 30 ans de combat inutile au Canada

Par Serge St-Arneault

Plusieurs familles des victimes de la tragédie de la Polytechnique de Montréal du 6 décembre 1989 luttent depuis trente ans pour retirer les armes d’assaut de nos rues. Cela ne s’est jamais réalisé, pas même pendant la brève période du registre des armes à feu, pourtant utile, mais aboli en 2012 par le gouvernement Conservateur du premier ministre Harper. Depuis lors, beaucoup d’innocentes personnes ont perdu leur vie par des armes d’assaut légalement acquises selon les lois canadiennes. Logiquement, ces armes devraient être réservées aux professionnels militaires.

Certes, nous ne sommes pas aux États-Unis où la violence associée aux armes à feu est hors de contrôle. Près de 40 000 Américains ont été tués par balle en 2017. Cela représente un assassinat toutes les quinze minutes. Malheureusement, nous imitons de plus en plus cette culture valorisant la possession d’armes à feu. Le meurtre par balles d’une adolescente de 15 ans survenu à Montréal le 7 février est le plus récent exemple.

Aux dernières élections, le Parti libéral du Canada avait promis d’instaurer des mesures visant l’interdiction des armes d’assaut de style militaire. La promesse consistait à mettre en place un programme de rachat pour toutes les armes d’assaut. Au mois de mai 2020, le premier ministre Trudeau a annoncé l’interdiction «de vendre, d’acheter, de transporter, d’importer ou d’utiliser des armes d’assaut de type militaire au Canada.»

Or, malgré un sondage effectué par Environics Research pour le compte de PolySeSouvient qui montre que la majorité des Canadiens (61%) veut que le gouvernement Libéral respecte sa promesse électorale de racheter toutes les armes d’assaut existantes, nous apprenons avec consternation qu’un projet de loi ira dans le sens opposé. Le rachat des armes d’assaut, comme cela se fait en Nouvelle-Zélande et en Australie, ne sera pas obligatoire. Tant que ces armes de guerre seront en circulation, elles représenteront un risque pour la santé publique.

À titre d’exemple, Corey Hurren, un réserviste du Manitoba âgé de 46 ans et partisan avoué de la conspiration violente et fasciste de QAnon, était en possession d’un fusil Norinco S12 interdit, un fusil de chasse Lakefield Mossberg, un fusil de chasse Grizzly Arms et un chargeur de grande capacité interdit lorsqu’il s’est introduit par infraction avec un camion sur le terrain de Rideau Hall le 2 juillet 2020 et voulait faire arrêter le premier ministre Trudeau. Il voulait, semble-t-il, exprimer à quel point tout le monde était en colère contre l’interdiction des armes à feu et les restrictions de la COVID-19.

Nous ne sommes pas des cruches pour imaginer que les propriétaires d’armes d’assaut vont simplement garder leurs armes en souvenir des jours où ils pouvaient les utiliser. Ils savent très bien qu’un éventuel gouvernement conservateur dirigé par O’toole annulerait l’interdiction. Ce faisant, nous nous retrouverons encore une fois à la case de départ dans notre lutte. L’idéologie de la National Rifle Association des États-Unis s’imposera ainsi dans notre pays. Ce sera alors la fin de notre combat qui a débuté il y a plus de trente ans.

Ma sœur Annie a été assassinée dans une salle d’étude par une arme d’assaut de type militaire. Même avec le prochain projet de loi du gouvernement fédéral, ce genre de tragédie pourrait se reproduire de nouveau. Si cela est bel et bien l’intention du gouvernement de ne pas tenir sa promesse électorale qui a contribué à son élection, nous garderons le sentiment d’avoir été manipulés pour gagner des votes. Cela n’est rien de moins qu’une trahison. Les victimes d’armes à feu, leurs familles, d’hier, d’aujourd’hui et de demain se souviendront de ce sinistre calcul politique.

LIEN : SORCELLERIE ET THÉORIES COMPLOTISTES

De quel paradoxe les Québécois sont-ils champions?

Par Serge St-Arneault

Extraits d’un texte d’opinion de Denise Bombardier publié dans le Journal de Montréal le 5 février 2021; Les Québécois, champions du paradoxe :

Les Québécois sont de sacrés farceurs. Ils aiment se présenter comme un peuple jovial. Ils s’affichent différents des autres et ils sont les champions du paradoxe et de la contradiction.

Ils utilisent un vocabulaire différent de celui des francophones de la planète. Quand une chose leur plaît, ils s’écrient : « C’est pas pire pantoute ». Devant une belle femme, ils déclarent : « Est pas laide ». En hiver, à -30 °C, ils affirment : « Ça s’endure ». Devant une femme qui les attire physiquement, nombre d’hommes murmurent, un sourire en coin : « J’y f’rais pas mal ! ». « M’aimes-tu ? » répètent les Québécoises sentimentales. « Je t’haïs pas », ont tendance à suggérer les chéris. (…)

D’ailleurs, l’on peut même se demander si cette pandémie ne sera pas libératrice de cette tendance québécoise à chercher à atténuer la réalité ou à refuser de l’affronter. À se faire des accroires, comme disaient nos ancêtres. (…)

Or, l’utopie québécoise est à repenser, car nous ne pouvons plus tergiverser sans risque d’y perdre définitivement notre identité. 

Mon opinion sur ces affirmations

D’après Denise Bombardier, nous avons tendance à atténuer la réalité ou à refuser de l’affronter. Je me reconnais dans cette attitude. Là où ça se complique, c’est de dire que nous risquons de perdre notre identité en tergiversant de repenser notre « utopie québécoise ». En effet, notre perpétuelle crise identitaire est intimement liée à notre histoire, elle-même confrontée à l’altérité.

Citant le sociologue Marcel Rioux, Gilles Bibeau[i] relève que; « … les sociétés répondent toutes, et le Québec ne fait pas ici exception, par une double stratégie lorsqu’elles sont confrontées à l’altérité. D’un côté, la construction de l’identité se fait par renforcement de l’héritage reçu, répétition de l’identique et « retour sur soi » dans une quête des racines, une voie que le Québec a empruntée spontanément chaque fois qu’il s’est senti menacé. De l’autre, l’identification se fait par rapprochement, parfois par métissage, avec l’étranger, par emprunt au monde du voisin et par colmatage des écarts entre soi et les autres, une voie que le Québec a surtout privilégiée, selon Rioux, au temps de l’origine quand il s’est constitué en tant que société coloniale vivant des alliances avec les Premières Nations (page 326).

Thème largement utilisé par les historiens québécois et récemment repris par Éric Bédard[ii], la « survivance » de notre nation semble réapparaître depuis la défaite du référendum de 1995. N’est-ce pas là le propre de notre identité depuis l’arrivée de Jacques Cartier en 1534?

 Nos ancêtres ont vraisemblablement atténué la dure réalité dès leur arrivée dans leur Nouveau Monde pour tenir le coup, pour « survivre ». Peu nombreux pendant tout le XVIIe siècle, ils ont néanmoins parcouru de vastes territoires. La dure réalité a toujours fait partie de leur quotidien. La conquête anglaise a ajouté un surplus de précarité collective. Denise Bombardier se limite à 1759, mais l’échec de la rébellion de 1837 a aussi causé un profond traumatisme collectif. Je ne m’étonne pas que nous ayons ainsi développé un goût pour atténuer la dureté de la vie avec une expression comme; « ça va pas pire! » au lieu de dire « ça va mal! ». D’ailleurs, dès le début de la pandémie de la Covid-19, ne disait-on pas;  « Ça va bien aller! »? Il y a une année de cela. À vrai dire, c’est un mécanisme de défense pour toutes les personnes menacées, marginalisées, colonisées.

À propos, j’ai demandé un jour à un Zaïrois, lorsque j’étais à Gety au début des années 90, comment il allait. « Ça semble aller », a-t-il répondu pour atténuer la dure réalité. En effet, le pays traversait une période de révoltes populaires, d’anarchie et l’écroulement du Mouvement Populaire de la Révolution, Parti unique instauré par le Président Mobutu Sese Seco Kuku Mbengu Wa Za Banga en 1965 qui sera d’ailleurs renversé en 1997. J’ai alors osé ajouter la question; « Comment ça semble aller? ». « En quelque sorte » fut sa réponse.

Et maintenant, après une année de distanciation sociale et de confinement, comment allons-nous? Le 23 janvier dernier, notre premier ministre François Legault a déclaré que « Ça va aller mal avant d’aller mieux… ». Changement de ton évocateur d’une lutte à mener pour vaincre.

Affronter la réalité

Je diffère d’opinion par rapport à celle de Denise Bombardier sur un point. Nous n’avons pas refusé collectivement d’affronter la réalité. Nous avons simplement choisi les armes de combat approprié pour gagner : alliances avec les Autochtones, adaptation, ténacité, endurance, détermination, débrouillardise, ingéniosité, autosuffisance, humour, solidarité et le slogan « on va les avoir les Anglais! »

C’est un peu comme la tragique histoire des Chewa du Malawi. Vers 1840, ils ont été envahis par les guerriers Ngoni d’Afrique du Sud, de loin plus combattifs et physiquement supérieurs. Les ‘petits’ Chewa ont capitulé devant l’ampleur de l’envahisseur. Mais ils ont gagné à l’usure, avec le temps. Les épouses Chewa des guerriers Ngoni ont assuré la transmission de l’identité culturelle chewa à leurs enfants. Les Ngoni n’ont conservé que quelques pas de danse de leurs lointains ancêtres et les grandes plumes d’autruche de leurs apparats.

Selon Gilles Bibeau, citant l’écrivaine nigériane Chimanmanda Ngozi Adichie dans Le Danger d’une histoire unique (2009), pour que nous puissions nous libérer de la partialité attachée à l’« histoire unique », nous devrions prendre au sérieux l’idée que l’histoire est faite, partout, d’un empilement hétérogène de versions du passé et qu’il faut s’efforcer de les conjuguer si l’on veut s’approcher de la  réalité et en dire toute sa complexité. Plus qu’un musée où le passé serait restitué à travers des vitrines ordonnant et classant les événements, l’histoire est, ou devrait être, une science du changement (page 328).

Que dire de plus à Denise Bombardier?

Il y a des lieux, des moments particuliers de nos vies personnelles et collectives où l’affrontement doit se faire en atténuant (rendant moins dramatique) la dureté de la réalité. C’est une question de survie. Collectivement, à ce niveau, nous sommes bons! En période d’incertitude, le réflexe de la survivance devient notre salut. Il y a une dimension eschatologique dans cette attitude; notre endurance est promesse de victoire. Ainsi donc, atténuer la réalité ne signifie pas de refuser de l’affronter.

En effet, selon Denise Bombardier : Un sondage pancanadien de l’institut Angus Reid sur la crise de la COVID-19, publié hier dans La Presse, indique que les Québécois, avec le nombre le plus élevé de décès au Canada, estiment à hauteur de 51 % que 2020 était difficile, alors qu’au Canada anglais, ils sont 63 % à l’avoir trouvée difficile.

Or, en ce qui a trait à cette promesse de victoire, ne pourrions-nous pas en dire autant pour les Chewa du Malawi, des Autochtones du Québec et des Amériques ainsi que d’innombrables autres nations en état de « survivance »? Vivement la venue d’une science du changement.

Mise au point au sujet de l’allusion de Denise Bombardier à la Révolution tranquille!

Nous avons inventé l’expression « révolution tranquille[iii] », dit-elle, une contradiction dans les termes comme on l’a toujours pratiquée. 

Pour être plus exact, ‘nous’ n’avons pas inventé cette expression. Selon Jean-Philippe Warren[iv], sociologue et professeur à l’Université Concordia[v]; la désignation anglaise (« quiet revolution ») des premières années du gouvernement libéral (de Jean Lesage) a été rapidement récupérée par les politiciens, les journalistes et les intellectuels de langue française, ce qui en solidifia les assises dans l’imaginaire collectif. 

Ce qu’il faut réaliser, c’est que la « quiet revolution » du Québec faisait écho à toute une série de tentatives de relèvement national de par le monde. Ce qui se passait au Québec, sans être la règle, n’était pas l’exception non plus. Les réformes du gouvernement libéral provincial prenaient place dans un contexte de bouleversement planétaire. Les années soixante ont en effet correspondu un peu partout à une période de profonde remise en cause des anciennes manières de faire dans les sphères politiques, économiques et culturelles.

René Lévesque parlait d’« accélération de l’histoire » et André Laurendeau d’« évolution rapide ». Les Québécois n’ont fait que récupérer pour eux-mêmes un concept qui était dans l’air du temps et qui servait déjà à qualifier toute une pléiade de plans de réformes en Asie, en Afrique et en Amérique latine. 

Conclusion

Denise Bombardier affirme que les Québécois sont champions du paradoxe. En effet, nous sommes des êtres paradoxaux « à condition d’ajouter qu’il s’agit là d’une stratégie typique de survie que tendent à développer les personnes et les sociétés lorsqu’elles sont confrontées à des situations de marginalisation, exclusion, rejet. En un mot, lorsqu’elles sont en situation d’infériorité, de subalternité. Le contenu à donner au mot « paradoxe » ne serait donc pas celui que lui donne Madame Bombardier. On gagne davantage à vouloir être deux choses en même temps  – Yvon Deschamps ne disait-il pas qu’on rêve d’un Canada fort dans un Québec libre ? Les Québécois peuvent en effet être des nationalistes sans rejeter le modèle fédéraliste. En étant les deux, on gagne toujours[vi] ».

Pour gagner un combat, il faut parfois atténuer la réalité grâce à une attitude dite de « survivance ». Certes, celle-ci peut déjà paraître une forme de défaite. Cependant, elle recèle une victoire engendrée par l’endurance ou une ténacité insoupçonnée. Se projeter vers l’espoir d’une vie meilleure, malgré la dure réalité, même la mort, est un gage de réussite. Celle-ci, accompagnée par la foi, en soi et en Dieu, nous oriente vers d’infinis horizons.


[i] Gilles Bibeau, Les Autochtones, la part effacée du Québec, Mémoire d’encrier, novembre 2020, 358 pages.

[ii] Éric Bédard, Survivance, Histoire et mémoire du XIXe siècle canadien-français, Les Éditions du Boréal, septembre 2017, 238 pages.

[iii] Autre lien sur le thème de la Révolution tranquille : Serge St-Arneault, Enseignants : quelle est la source du problème dans le port de signes religieux?, article publié sur le blogue Espace Perso de Serge et diffusé sur Huffpost le 14 décembre 2018.

[iv] Que j’ai rencontré pour la première fois à Mua au Malawi vers les années 2003/2004, lui et sa petite famille en touristes et moi comme directeur adjoint du Centre Culturel Kungoni dirigé par Claude Boucher Chisale.

[v] HistoireEngagée.ca, Là où le présent rencontre le passé, ISSN 2562-7716, 14 septembre 2016.

[vi] Opinion personnelle partagée par Gilles Bibeau à la lecture de cet article.

Non Au Racisme Systémique

Par Serge St-Arneault

Le Centre Afrika dénonce le racisme systémique que subissent nos sœurs et frères atikamekw. Nous sommes profondément troublés par la tragique mort de Joyce Echaquan, une femme atikamekw de 37 ans, qui est survenue il y a quelques jours à l’hôpital de Joliette.

Sur la photo, on reconnaît Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque, Michel Sylvain, maire de La Bostonnais, Adama Daou, Constant Awashish et Danny Chilton, du Conseil de la nation atikamekw, le père Serge St-Arneault, Cathy Mbuyi Tzaisweka, Jean-Marie Mousenga et Larry Bernier, maire de Lac-Édouard.

Quelques membres du Centre Afrika ont d’ailleurs rencontré le Grand Chef Constant Awashish et le Coordonateur du Secrétariat au territoire Dany Chilton du Conseil de la Nation atikamekw à La Tuque en 2018. Nous conservons précieusement dans nos souvenirs cette rencontre mémorable qui a réuni pour un court instant le Brésil, le Mali, la République Démocratique du Congo et la nation atikamekw.

Nous espérons un jour pouvoir répondre favorablement à l’invitation du Grand Chef Constant Awashish et participer à leur Paw Wow. Le Centre Afrika offre ses condoléances à la Nation atikamekw et s’unit à tous les efforts entrepris par cette communauté pour la valorisation de sa culture ancestrale et la reconnaissance de ses droits légitimes.

CONSTANT AWASHISH, MICHÈLE AUDETTE ET ISABELLE PICARD: LA VOIX DE JOYCE ECHAQUAN

Michèle Audette, conseillère principale à la réconciliation et à l’éducation autochtone à l’Université Laval, Constant Awashish, grand chef de la Nation atikamekw, et Isabelle Picard, ethnologue et Première spécialiste aux affaires autochtones à Radio-Canada, font le point sur le racisme dont sont victimes les Premières Nations et sur les engagements qu’il faut prendre afin que le système cesse de les désavantager.

« Un long chemin à faire », prévient le chef de Manawan

FANNY LÉVESQUE La Presse, 7 novembre 2020

Sipi Flamand croit qu’il est grandement temps que le gouvernement du Québec garantisse aux Autochtones un accès égal et sans discrimination aux soins de santé.

JILLIAN KESTLER-D’AMOURS
LA PRESSE CANADIENNE

Karla Meza

Initiative de journalisme local – Le Devoir, 5 décembre 2020

Marco Bélair-Cirino à Québec, Correspondant parlementaire, 15 décembre 2020, Journal Le Devoir.

MARISSA GROGUHÉ, LA PRESSE. Publié le 19 décembre 2020

La mère de famille atikamekw Joyce Echaquan est morte tragiquement à l’hôpital de Joliette, le 28 septembre dernier. Le lendemain, l’auteure-compositrice-interprète Elisapie a lancé sur Instagram un déchirant cri du cœur adressé au premier ministre Legault, demandant qu’on s’attaque de front aux problèmes de discrimination et de racisme systémique envers les populations autochtones. Près de trois mois plus tard, La Presse s’est entretenue avec l’artiste inuk.

Un dictionnaire thématique français-atikamekw a été lancé cette semaine à l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, fruit de la collaboration entre une professeure de l’Université de Carleton et le Conseil de la Nation atikamekw. Cette initiative « fait du bien » dans un contexte de réconciliation avec les peuples autochtones, selon l’une des coordonnatrices du projet.

Par Fanny Lévesque (Québec). Pas assez « contraignant », exempt « d’empreinte des nations autochtones », approche « colonialiste et paternaliste » : le Collège des médecins critique durement le projet de loi du gouvernement qui vise à introduire la sécurisation culturelle dans le réseau de la santé.

Fanny Lévesque, La Presse.

(Québec) Ian Lafrenière juge « fort de café » la sortie du Collège des médecins contre son projet de loi qui vise à introduire la sécurisation culturelle en santé. Le ministre n’a pas l’intention de revoir sa « position » sur le racisme systémique ni de « corédiger » son texte législatif avec les Premières Nations, comme demandé par l’ordre professionnel.

Fanny Lévesque, La Presse.

(Québec) Malgré la pluie de critiques, Québec doit « aller de l’avant » avec son projet de loi visant à introduire la sécurisation culturelle en santé, croit l’ex-juge Jacques Viens. Il prévient cependant le gouvernement Legault que leurs efforts seront minés s’il ne reconnaît pas la discrimination systémique envers les Premières Nations.

UGO GIGUÈRE, LA PRESSE CANADIENNE, 14 septembre 2023.

(Montréal) Les appels au retrait, au report ou à la réécriture complète du projet de loi sur la sécurisation culturelle se sont multipliés au même rythme où défilaient divers représentants autochtones en commission parlementaire cette semaine. Mais peu importe la force des vents contraires, le ministre Ian Lafrenière est déterminé à aller de l’avant.

Ugo Giguère, La Presse Canadienne, La Presse, 24 septembre 2023

(Montréal) Une mort en direct sous les insultes racistes du personnel soignant, c’est à cela que le Québec a assisté le 28 septembre 2020 quand Joyce Echaquan a trouvé la force de filmer la manière dont elle était traitée depuis son lit d’hôpital. Trois ans plus tard, cette mort tragique d’une mère atikamekw de huit enfants continue de provoquer des changements, mais « la peur » demeure bien présente chez de nombreux Autochtones.

« Parmi les reproches les plus fréquemment recensés dans le portrait brossé par le Protecteur du citoyen, on note justement l’absence de progrès en matière de consultation des parties autochtones, alors qu’il relève de l’évidence que ce dialogue devrait être naturel tant il est essentiel. Sur la route des écueils traduisant l’excès de circonspection du gouvernement, notons aussi l’incapacité crasse à conclure des ententes tripartites impliquant les deux ordres de gouvernement et les Premières Nations. Pendant combien de temps encore le Québec pourra-t-il ainsi accueillir les diagnostics lui donnant une mauvaise note sans plonger de manière vigoureuse dans le changement ? Le temps est venu de joindre le geste à la parole. »

« Ça serait difficile de ne pas être marqué »

Quelle suite aux recommandations ?

Frapper à la porte de l’injustice – Le Devoir, 28 septembre 2024

Le legs de Joyce

Texte et photos : Marie-Laure Josselin, Publié le 27 septembre 2025 – Radio-Canada, Récits numériques

Personne n’aurait l’idée d’enlever la peinture de Pierrette faite sur les vitres du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière (CAAL) après l’événement, le drame, l’électrochoc. Trois femmes en habit traditionnel de dos dessinées avec la mention Justice pour Joyce qui rappellent ce qu’il s’est passé il y a cinq ans. Un prénom qui a marqué bien plus que ce coin de pays et la communauté atikamekw.

C’est un rappel pour dire qu’on n’a pas oublié, rappeler à la communauté qu’on est à la recherche de justice. On a fait de grands pas en avant avec la grande inspiration, le sacrifice de Joyce Echaquan. Personne ne devrait en faire un, résume la directrice du Centre d’Amitié Autochtone de Lanaudière (CAAL), Jennifer Brazeau, contenant difficilement ses larmes.

Sorcellerie et théories complotistes

Par Serge St-Arneault, M.Afr, 21 septembre 2020

La terre tourne-t-elle autour du soleil?

Les astronomes ont prouvé scientifiquement que la terre tourne autour du soleil. Pourtant, on a longtemps cru et appris que la terre était le centre du monde et plate. Conséquemment, le soleil et les autres planètes tournaient autour d’elle. À vrai dire, notre perception de la réalité varie selon le lieu ou les instruments d’analyse utilisés. Les microscopes et les télescopes ont révolutionné notre regard du monde imperceptible à l’œil nu. De nos jours, les instruments scientifiques nous projettent dans l’infiniment petit et l’immensité de l’univers.

La théorie de la relativité (restreinte et générale) conçue par Albert Einstein en 1915 a changé nos vies en modifiant nos perceptions. Or, la relativité n’est pas simplement une théorie scientifique. Elle est une évidence quotidienne vécue à tout moment par chacun d’entre nous. Mon séjour de prêt de trois décennies en Afrique subsaharienne m’a enseigné que l’interprétation des choses dites réelles varie selon le contexte culturel dans lequel nous évoluons. À titre d’exemple, chez certains peuples, la sorcellerie existe comme l’air que nous respirons. Aucune explication n’est nécessaire. La sorcellerie est une partie intrinsèque de leur vue globale du monde. Ainsi donc, l’ennui du quotidien, l’anxiété provoquée par les changements incontrôlés, les dépravations, les maladies, les mauvais sentiments tels que la jalousie, tout ce qui est inhabituel, rare ou simplement inexplicable, tout cela constitue le ferment des accusations de sorcellerie.

La sorcellerie se régénère quand elle alimente des histoires de paniers tressés volant comme des avions ou encore des sorciers mangeurs de chair humaine dans le but d’acquérir des pouvoirs magiques. En fait, il y a un appétit pour des histoires imaginaires permettant de modifier ou contrôler ce qui nous opprime ou ce qui nous manque. Il s’agit d’un désir social ou d’une volonté commune de nourrir les émotions autant que le corps peut l’être grâce à un bon repas.

Théories du complot

Il y avait aussi des drapeaux des Patriotes, ceux du Québec (souvent inversés), drapeaux américains et de la campagne présidentielle 2020 de Donald Trump. Accompagné de quelques adeptes de la conscience de Krishna, les extrémistes de droite côtoyaient ceux de gauche. Il faut de tout pour faire un monde! La foule était composée de gens de tous âges, hommes, femmes, familles poussant une trottinette d’enfant. L’atmosphère était genre bon-enfant.

De retour au Québec depuis trois ans, je m’étonne de voir la prolifération de théories sortilèges basés sur un éventail de théories du complot. Selon la théorie complotiste américaine QAnon, les États-Unis sont dirigés par des puissances occultes impliquées dans des réseaux pédophiles internationaux pour établir un « nouvel ordre mondial ». Farfelue, direz-vous! Ne diriez-vous pas la même chose de la sorcellerie?

Nous baignons dans la confusion.

L’abondance d’informations dans les médias sociaux fait en sorte qu’on fait fi des données scientifiques qui pourraient éclairer les débats. On croit tout savoir. Selon Jacques Lanctôt[1], l’industrie du mensonge gagne du terrain partout sur la planète globale.

Tout est devenu relatif. La méfiance est grande envers les institutions politiques, médiatiques et scientifiques. Alimenté par les conspirationnistes, il y a un nuage de « nouvelles erronées (fake news) » qui englobe les mécontentements ambiants dont l’aboutissement est la perception que des « forces occultes » ont pour objectif de restreindre les libertés individuelles.

Est-ce vrai?

Oui et non! Tout comme en science, cela dépend du lieu et des techniques d’observation. De la vitesse de la lumière à l’existence des trous noirs au centre de l’univers, la recherche scientifique est soutenue par un désir de véracité et l’idée de vérité.

Il faut ainsi oser confronter les théories conspirationnistes, cesser du moins de contribuer à répandre cette épidémie d’information qui submerge l’Internet. Il faut vérifier nos sources d’information, car « quand la science est discréditée, quand la vérité n’a plus d’importance dans le discours public, c’est l’idée même d’un monde commun qui s’effrite.[2]»

Le chercheur David Morin appréhende un déconfinement de la violence « déjà présente sur les réseaux sociaux ». « Dans un tel contexte anxiogène et de tensions sociales, le sentiment d’urgence et la colère vont inexorablement se traduire par des violences » avertit-il[3]. Selon la députée indépendante Catherine Fournier[4] « cela passe notamment par […] le déploiement de campagnes d’alphabétisation scientifique à grande échelle. »

Et la sorcellerie dans tout ça?

Dans le contexte culturel de certaines sociétés africaines, des rumeurs de meurtres rituels suffisent pour rendre les gens fous. C’est une occasion de revanche, pour faire s’exhaler la colère. Des gens désespérés, qui ont des difficultés à survivre et sortir d’une pauvreté abjecte, tirent avantage de cette confusion. À ce niveau, la sorcellerie sert à diminuer la responsabilité personnelle d’un méfait en rendant la culpabilité collective.

Parfois, l’analyse des rêves est employée pour susciter de l’hostilité chez les gens et ainsi cacher des sentiments d’impuissance. Dans cette vue du monde, chacun est un sorcier qui use de son pouvoir de faire peur aux autres. Comme chacun se sent physiquement et émotionnellement affamé, la sorcellerie peut aisément être un moyen d’assouvir cette faim aux dépens des autres.

Voilà donc un lien entre la sorcellerie et les théories du complot, chacune se carburant au « pouvoir occulte » basé sur les rumeurs. Celles-ci n’ont pas à être démontrées. Elle existe par elle-même pour satisfaire un besoin essentiel; celui d’exercer une manipulation sur les forces dites maléfiques, réelles ou imaginaires.

Apparaissent alors des accusations fortuites sur des personnes ou des institutions. Paradoxalement, dans le magma conspirationniste, les moyens utilisés pour clamer la «libârté!» deviennent eux-mêmes des mécanismes de contrôle sociaux qui s’ajoutent à l’ambiance confusionnelle relativiste. Un pas de plus et nous trébuchons dans la science-fiction.

La prévalence du bien commun

Le poids culturel de la sorcellerie dans certains coins du monde se marie bien avec les rumeurs des complotistes propagées sur l’Internet. Or, il est possible de les rendre désuètes, ou au moins inoffensives, avec la conviction que le bien commun a prévalence sur les revendications individualistes et hédonistes.

Les forces dites occultes emprisonnent l’imaginaire à la fois des sorciers et des complotistes qui prétendent tout savoir sans fondement scientifique. Certes, la sorcellerie et les complotistes ont leurs adeptes. Les sorciers instrumentalisent la peur des ‘esprits’, surtout les mauvais, alors que les complotistes instrumentalisent le mécontentement de ceux qui se sentent perdus par les changements qu’ils ne comprennent pas mais qui leur sont imposés.

Nous sommes involontairement obligés de relever un défi crucial; celui de choisir le genre de vie que nous voulons construire comme société, avec ou sans anxiété. Rien ne nous oblige à être la proie de la croyance en la sorcellerie ou de l’adhésion aux théories du complot. Cherchons adéquatement nos sources d’information, toutes relatives soient-elles.

Lien : Sorcellerie et théories complotistes

Références :

Bernard Udelhoven, M.Afr, Slavery, witchcraft and fear, M.Afr, 2013

Slavery, witchcraft and fear

Serge St-Arneault, M.Afr, Witchcraft or sorcery in the traditional African society – Malawi and Zambia, 2014

Witchcraft or sorcery in the traditional African society – Malawi and Zambia


[1] Jacques Lanctôt https://www.journaldemontreal.com/2020/09/18/qui-se-cache-derriere-lopposition-au-masque-sanitaire

[2] Étienne Klen, https://www.ledevoir.com/societe/science/585841/entretien-la-verite-en-panne-de-plaisir

[3] David Morin,
https://www.ledevoir.com/societe/586270/qui-sont-les-antimasques?utm_source=infolettre-2020-09-19&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

[4] Catherine Fournier,
https://www.ledevoir.com/societe/586270/qui-sont-les-antimasques?utm_source=infolettre-2020-09-19&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

[5] La caricature d’Ygreck, https://www.journaldequebec.com/2020/09/15/la-caricature-dygreck

L’hospitalité solidaire comme fondement spirituel de nos communautés interculturelles

Par Serge St-Arneault

L’article publié à l’intention des membres de la Société des Missionnaires d’Afrique de partout dans le monde.

Il n’est pas si simple de concevoir l’hospitalité solidaire comme fondement spirituel de nos communautés interculturelles. Cette notion apparaît trop abstraite à première vue. Pourtant, je suis convaincu de son exactitude depuis ma participation à l’atelier « Vivre en communauté interculturelle comme témoignage apostolique aujourd’hui » qui s’est déroulé à Rome en 2019.

« Plus que jamais », ai-je écrit après la session dans le Petit Écho, « nous tenons compte de notre diversité culturelle perçue non pas comme une menace, mais plutôt comme une richesse. Notre désir profond est de témoigner de notre unité dans la diversité. »

Un exemple particulier : le Centre Afrika

Le Centre Afrika a ouvert ses portes en 1988 au sous-sol de la maison des Missionnaires d’Afrique à Montréal dans le but de favoriser l’intégration et la participation des Africains à leur société d’accueil. Depuis lors, de nombreuses associations collaborent à la vitalité du centre qui sert de relais auprès des nouveaux arrivants dans le but de les orienter vers les services dont ils ont besoin grâce à un réseau tissé au long des années avec d’autres organismes privés, communautaires et gouvernementaux.

Les groupes qui viennent au Centre Afrika sont très variés. Certaines associations représentent un pays africain déterminé, d’autres s’orientent vers des formes d’engagement. Il y a aussi des groupes de danse et des chorales. L’expérience montre qu’il n’y a pas vraiment d’interaction entre ces différents groupes. À vrai dire, le Centre Afrika est avant tout un agréable lieu de service décoré avec des œuvres d’art africains qui plaît beaucoup. Sa qualité d’accueil est particulièrement appréciée.

Changement nécessaire

Il faut pourtant aller plus loin et bâtir des ponts. Mon rêve est de favoriser le développement d’une appartenance basée sur l’entraide mutuelle entre les individus et les associations grâce à l’émergence d’une hospitalité solidaire qui favorisera l’acceptation d’une dépendance réciproque comme fondement identitaire.

Ainsi, l’association togolaise ne se limitera pas aux seuls Togolais vivants à Montréal pour soutenir une levée de fond pour une école au Togo. Toutes les autres associations se joindront à cet effort collectif. Un autre jour, nous assisterons ensemble à une conférence organisée par une association algérienne. Il en sera de même pour participer à un spectacle organisé par l’une de nos chorales. Nous sommes à la recherche d’un cadre où la pluralité devient le ciment unificateur du développement identitaire qui relie aussi bien les individus que les groupes.

L’identité « Centre Afrika »

Je souhaite que le Centre Afrika développe sa propre identité basée sur une interculturalité compatible avec une spiritualité de la communion. Celle-ci se doit d’être une démarche constructive favorisant la complémentarité. Les groupes qui se réunissent au Centre Afrika ne se menacent pas. Au contraire, ils deviennent un don réciproque. En élargissant notre cercle de fraternité, nous avons alors une chance de voir un jour le Centre Afrika devenir véritablement un lieu d’hospitalité solidaire.

Nos communautés missionnaires

La session que nous avons vécue à Rome s’adressait avant tout à nos communautés missionnaires dites internationales. Elles sont aussi interraciales.

Voilà une excellente opportunité pour approfondir notre « identité missionnaire » dans le cadre d’une spiritualité interculturelle. Nos communautés peuvent-elles devenir des lieux d’hospitalité solidaires ?

Comme je le mentionnais l’année dernière, nous vivons l’hospitalité depuis notre fondation. De plus, la solidarité fait déjà partie de notre façon de vivre. C’est largement inscrit dans nos Constitutions. Pouvons-nous alors allier d’une manière plus créative ces deux concepts qui constituent la base de l’interculturalité?

Nos limites

Mon expérience missionnaire m’a appris qu’il n’est pas si facile de se parler, de partager notre vécu entre confrères. Certes, nous nous répartissons le fardeau du travail apostolique, vivons parfois dans des conditions de vie difficile ou tendue. Heureusement, nous nous soutenons dans nos moments de prière. Par contre, que savons-nous vraiment de nos confrères ?

Comme pour tout autre être humain, inévitablement, nos stéréotypes et préjugés reposent sur des codes culturels liés à nos expériences collectives particulières avec la nature, le temps, l’espace, la maladie, la mort, le pouvoir, les traumatismes historiques, etc. La variété de nos comportements culturels est presque infinie.

La chance que nous avons d’être ce que nous sommes

Dès leur origine, les Pères Blancs européens ont dû relever les défis du « vivre ensemble » au-delà des guerres dévastatrices du XXe siècle. Pour en avoir fait l’expérience moi-même, il y a véritablement un choc culturel entre l’Amérique et l’Europe, plus profond à certains égards que celui entre l’Amérique et l’Afrique. Depuis maintenant trois ou quatre décennies, les Pères Blancs s’africanisent. À eux, s’ajoutent aussi nos confrères indiens et philippins. Quels défis !

Pourtant, nous avons fait la preuve, au-delà de nos erreurs et maladresses, que nous pouvons vivre en communautés interculturelles. En effet, nous avons développé un esprit de famille unique inspiré de notre fondateur, Charles Lavigerie, qui a insisté sur notre fameux « esprit de corps ». Nous pouvons à juste titre en être fiers.

Et nous aujourd’hui ?

Lavigerie n’a pas parlé en termes d’interculturalité, car ce mot n’existait pas. Ce qu’il a préconisé est tout de même similaire. Notre spiritualité en est une de communion fraternelle respectueuse des différences culturelles. Être disciples du Christ présuppose que nous sommes tous complémentaires les uns des autres. Comment cela peut-il alors s’exprimer concrètement au sein de nos communautés missionnaires majoritairement composées en Afrique de confrères africains et indiens? Comment peuvent-elles devenir des lieux d’hospitalité solidaire ?

‘Things haven’t changed enough.’ Polytechnique anniversary prompts reflection

By Sidhartha Banerjee, The Canadian Press — Dec 6 2019

MONTREAL — There were promises to end violence against women and solemn reflection Friday as ceremonies were held to honour the 14 victims of the Dec. 6, 1989, anti-feminist attack at Montreal’s École polytechnique. On the 30th anniversary of Canada’s worst mass shooting, the House of Commons fell silent as members of Parliament remembered the victims who were targeted because they were women.

Conservative MP Marilyn Gladu fought back tears as she listed the names of the 14 murdered women. Gladu said that as the first female engineer elected to the House of Commons, she feels a special bond to the victims. « These women were my sisters, » she said. « I name them now to respect them for the strong women they are and they were. »

In Montreal, several dozen people gathered outside the school under a light morning snowfall as dignitaries and students placed bouquets of white roses in front of a commemorative plaque bearing the victims’ names: Genevieve Bergeron, Helene Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznik-Widajewicz, Maryse Laganiere, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michele Richard, Annie St-Arneault and Annie Turcotte.

Members of the public also paid their respects in front of the campus, and among the first was Jean-Pierre Bernard. Bernard, went to high school in the Gaspe region with one of the victims, Sonia Pelletier. « I came for the 25th anniversary, and every year I wear my (memorial) pin. It’s very important for me, » Bernard said.

Later, families of the victims and survivors gathered inside for the launch of a book written by Montreal journalist Josée Boileau. The book, « Ce jour-la — Parce qu’elles étaient des femmes » (« That Day — Because They Were Women ») is to be translated into English next year. It takes a broader look at the advancement of women in Quebec society.

The families and friends of the 14 women killed at Polytechnique were involved in the book, lending their voices to talk about the lives — determined and full of energy —  cut down too soon.

« When people will read this — particularly young women of today — they will recognize themselves. They’ll say, ‘There’s very little difference between who I am and those women,’  » said Serge St-Arneault, whose sister Annie was killed in the attack. St-Arneault said he’s happy that people are no longer mincing words when it comes to what happened at Polytechnique — declaring clearly that it was an attack against women. « I’m very touched by what I’ve heard today, it gives me some peace, » said St-Arneault, but his mind is not completely at ease. « We are still a society where too many women are being killed every year, especially by guns. »

In the House of Commons, Prime Minister Justin Trudeau said gender-based violence remains a threat. « Each December, as we honour the memories of those 14 women, the survivors and the families, we promise to do better, » Trudeau said. « But the reality is that in 30 years, things haven’t changed enough. »

Trudeau highlighted the Liberal campaign pledge to ban semi-automatic assault rifles, including the weapon used in the Polytechnique killings, as evidence of his government’s commitment to action. « These weapons, designed to kill the largest number of people in the shortest amount of time, have no place in our communities, in our streets, in our country, » he said.

Conservative Leader Andrew Scheer said women should not have to fear for their safety simply because of their gender. « It is unacceptable that violence against women remains an issue to this day, » he said.

NDP Leader Jagmeet Singh warned that the « anti-woman hatred » that led to the massacre in Montreal remains a threat. « Thirty years after Canadians said, ‘Never again,’ following the Polytechnique tragedy, we need to recognize collectively that we still have a long way to go to respect that commitment, » Singh said.

Later Friday, as the clock struck 5:10 p.m. — the time the 1989 attack began — dignitaries, families of victims and the public gathered on Mount Royal for a memorial ceremony.

Fourteen beams of light were projected over the Montreal skyline as the names of the 14 women whose lives were taken were read aloud. Gov. Gen. Julie Payette told the several hundred people gathered that on Dec. 6, 1989, she too, was studying to be an engineer.

« I was in university, like (them), » she said. « By choice. I was there not to change statistics, not because of an ideology or activism — even though I am a feminist — but because I loved the profession and I wanted it to be my career. I am an engineer through and through. »

Catherine Bergeron, whose sister Genevieve was one of the 14 victims, said « it has been 30 years and it’s still important to remember. Tonight, I am reminded that in uniting the spirit of solidarity and tenderness, we all turned the tragedy into a triumph of the human spirit. »

Trudeau, Montreal Mayor Valerie Plante, and Premier Francois Legault also briefly addressed the crowd. The prime minister received strong applause when he repeated his pledge to strengthen gun control.

To mark the 30th anniversary, 14 engineering schools across the country shone a beam of light in honour of the victims as the Montreal ceremony got underway.

On Thursday, the City of Montreal changed the wording on a plaque at the Place du 6-decembre-1989 to declare that the attack was an anti-feminist act.

This report by The Canadian Press was first published Dec. 6, 2019.

L’hospitalité solidaire comme fondement de nos communautés interculturelles

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Inspiré par une résolution du dernier chapitre, l’atelier sur la vie en communautés interculturelles comme témoignage apostolique a réuni 18 confrères, incluant les animateurs Freddy Kyombo, Andreas Göpfert ainsi que le secrétaire Jean-Paul Guibila, du 1er au 8 septembre 2019 à la Maison Généraliste.

L’objectif global de ce rassemblement était de définir une spiritualité interculturelle avec comme objectif d’aider nos communautés M.Afr à améliorer leur témoignage communautaire. C’est à ce niveau que l’hospitalité solidaire apparaît être la notion qui définit le mieux le fondement de nos communautés interculturelles.

Grâce à une construction progressive de nos communautés internationales inspirée dès sa fondation par la parole du Cardinal Lavigerie insistant sur « l’esprit de corps » pour témoigner du Christ et des valeurs du Royaume de Dieu, nous sommes à même d’évaluer périodiquement notre identité. Plus que jamais, nous tenons compte de notre diversité culturelle perçue non pas comme une menace, mais plutôt comme une richesse. Notre désir profond est de témoigner notre unité dans la diversité.

Cela pose un sérieux défi. En effet, la préservation de l’unité dans la pluralité exige un effort constant. Cet esprit d’unité fait référence à une prise de conscience de nos différentes façons de réfléchir ou de prendre ensemble des décisions. Un double mouvement oscillant entre une appartenance à un groupe et le sentiment subjectif d’unicité, cette altérité donc, permet l’acceptation de la dépendance réciproque. Notre identité se construit sur la base de notre diversité.

Ainsi donc, notre identité doit demeurer plurielle. En cas contraire, il y a un risque du refus de l’autre au détriment de la vie communautaire, un danger d’assimilation culturelle menant à des formes d’aliénation et un danger de développement de zones conflictuelles. Par contre, la consolidation de l’identité est atteinte dans un climat de dialogue.

Risques qui menacent le développement de l’identité communautaire

Une intoxication du climat relationnel s’accroît avec une exagération des différences ethniques et leur manipulation et instrumentalisation. Une purification des perceptions est donc nécessaire avec le développement d’un sens critique. Celle-ci évitera la violence.

L’identité de la personne ou d’un groupe est une composition multiple soutenue par une ouverture mentale. C’est dans ce cadre que la pluralité est source du développement identitaire qui relie les individus comme les peuples à l’exemple d’un pont. En toute chose, il faut éviter la pensée unique.

Un autre risque ou danger est la propagation de stéréotypes ou étiquettes discriminatoires. En tant que personnes consacrées au Royaume de Dieu, nous sommes particulièrement choisis pour lutter contre cela. La démarche à privilégier est celle d’une spiritualité de la communion fraternelle respectueuse des différences. Être disciple du Christ est d’affirmer que nous sommes tous complémentaires des uns des autres.

Une forte identité, individuelle et collective, est à la fois exigeante et tout à fait compatible avec une spiritualité de la communion. En effet, elle repose sur la volonté affichée d’acquérir une nouvelle vision de soi basée sur le concept de l’interculturalité. C’est dans ce sens que l’interculturalité est perçue par certaines personnes ou groupes comme une grande provocation.

Difficultés liées aux changements constants

Les stéréotypes et préjugés reposent sur des codes culturels liés sur le rapport que l’homme a établi avec la nature, le temps, l’espace, la maladie et la mort, le pouvoir. La variété des comportements culturels est presque infinie. De nos jours, nous devons ajouter la présence de la culture numérique qui pose de nouveaux défis. Une différence notable se fait sentir entre les nouvelles générations et les aînés. Ces derniers ont plus de difficulté à suivre le rythme des nouveautés numériques.

Vers une spiritualité interculturelle

Comment pouvons-nous intégrer la spiritualité de l’interculturalité dans notre quotidien ?

  1. Nous devons être prêts à changer notre regard et nos modes de perception.
    • En développement une démarche constructive.
    • En considérant l’autre personne ou l’autre groupe comme une source de complémentarité.
    • En appréciant l’autre comme un don pour moi, non pas une menace.
    • Ainsi, une communauté interculturelle devient un don pour tous.
  2. Nous devons valoriser la diversité qui est voulue par Dieu.
    • À l’exemple de Moïse qui doit se déchausser pour pénétrer dans le lieu sacré de la rencontre, nous aussi, nous nous déchaussons de nos préjugés pour prioriser la spiritualité de l’interculturalité.
    • Nous sommes tous les enfants d’un même créateur.
    • La diversité est un don de Dieu.
    • La diversité est suscitée par l’Esprit de Dieu.
  3. Nous devons chercher à atteindre ou tendre vers la spiritualité de communion.
    • Pour bien jouer son rôle, l’Église devrait avant tout être la maison ou l’école de la communion.
    • À privilégier : le regard du cœur, l’attention à l’autre, la capacité de voir le positif chez l’autre (personne ou groupe) et partager les fardeaux.
  4. Nous devons construire la fraternité (référence : 1 Jean, 4,20).
    • En élargissant notre « cercle de fraternité »
    • En devenant des LIEUX D’HOSPITALITÉ SOLIDAIRES en privilégiant le vrai dialogue et la construction progressive d’une spiritualité interculturelle dans l’accueil de l’autre.

Conclusion

Nous avons accordé beaucoup d’attention à l’hospitalité depuis notre fondation. La solidarité fait aussi partie de notre façon de vivre en communauté. Sur ce point, il n’y a rien de nouveau. Par contre, en conjuguant plus intimement ces deux dimensions, nous parvenons à incorporer l’interculturalité au sein de nos communautés. C’est alors que l’interculturalité se définit comme une spiritualité, c’est-à-dire un lieu d’expression de l’Esprit, don de Dieu.

Participants à l’atelier « Vivre en communauté interculturelles comme témoignage apostolique aujourd’hui », Rome du 1 au 8 septembre 2019. 1: Freddy Kyombo. 2: Paul Makambi Kitha. 3: Andreas Göpfert. 4: Michael Mpindo. 5: Robert Ubemu. 6: Georges Jacques. 7: Robert Ubemu. 8: Armand Galay. 9: Daniel Nana. 10:  Paul Johnston. 11: Benjamin Jigeesh. 12: Hans Joachim Lohre. 13: Serge St-Arneault. 14: Serge Boroto. 15: Emmanuel Noufé. 16: Robbin Simbeye. 17: Bonaventure Bwanakweri. 18: Alex Manda.

Remise des livres d’André-Man Mbombo à la bibliothèque des Missionnaires d’Afrique à Rome

Par Serge St-Arneault

Au nom de la Société des Missionnaires d’Afrique, le père Jesus Marie Velasco a pris possession de la trilogie « L’albinos avatar » écrit par André-Man Mbombo (Éditions Solstice Austral, 2017, 2018, 2019). Ces livres font maintenant partie de la collection officielle de la bibliothèque des Missionnaires d’Afrique à Rome, Italie.

Le tome 1 fait découvrir les errances d’une albinos aux humeurs colorées qui échappe aux sacrifices rituels et dresse un tableau de la condition humaine dans l’Afrique traditionnelle.

Le tome 2 est un plaidoyer contre les croyances sur l’albinisme à travers les témoignages des albinos et fait apparaître une lueur d’espoir.

Le tome 3 qui sort en janvier 2019 présente une albinos épanouie qui s’est prise en charge qui fait de la défense des droits de la personne de ses semblables un sacerdoce.

Avec les mots et l’écriture, l’auteur veut apporter sa modeste contribution à la stigmatisation des discriminations des albinos.

À cette trilogie s’ajoute aussi la publication de la première édition de la Journée Internationale de Sensibilisation à l’albinisme à Montréal tenue au Centre Afrika le 13 juin 2018 intitulée « La mélanine épinglée, de l’albinisme à l’amélanisme », avec la participation d’André-Man Mbombo, LL.M. et du Dr Mbikay Majambu, Phd.

Sur la photo :

Debout; Serge St-Arneault, M.Afr, Secrétaire général du Centre Canadien de Sensibilisation à l’Aménalisme,

Assis; Jesus Maria Velasco, M.Afr