Tag Archive: Armes à feu


D’une même voix, des proches des victimes des tueries de Polytechnique, du Collège Dawson et de la mosquée de Québec, de même que le père d’un policier tué en service, réclament du gouvernement Trudeau un moratoire immédiat sur la vente des armes d’assaut, de même qu’une interdiction permanente sur l’importation et la fabrication des armes de poing.

LOUISE LEDUC, LA PRESSE

Publié le 26 novembre 2019

Rappelant les engagements du gouvernement Trudeau en campagne électorale, les signataires d’une lettre qui vient d’être adressée à Bill Blair, ministre de la Sécurité publique, se disent « très optimistes » que ces promesses seront respectées « au cours du prochain mandat libéral compte tenu de l’appui explicite de trois partis d’opposition (NPD, Bloc québécois et Parti vert) ».

Les auteurs de la lettre rappellent au gouvernement que selon Statistique Canada, le nombre d’homicides par armes à feu a augmenté pour une quatrième année consécutive. « Notons que cette recrudescence suit de près le démantèlement de mesures de contrôle majeures entrepris à partir de 2012 par le précédent gouvernement Harper », est-il écrit.

Pour ce qui est des armes de poing, les proches de tueries survenues au Québec écrivent
 qu’« une interdiction de l’importation et de la fabrication d’armes de poing n’équivaut pas à leur prohibition – leur vente, transfert et possession pouvait se poursuivre à l’intérieur du pays –, mais cela freinerait l’augmentation exponentielle de leur nombre en territoire canadien ».

Quant aux armes d’assaut, les auteurs de la lettre rappellent que le Ruger Mini-14 de Marc Lépine « demeure une arme à feu sans restriction, et ce, malgré l’engagement du Parti libéral de l’interdire » en 1999.

« Théoriquement, la limite pour les chargeurs au Canada est de cinq balles pour les armes non restreintes et de 10 balles pour les armes restreintes, précisent les proches de victimes. Cependant, des échappatoires et la disponibilité légale de chargeurs “modifiés” font de ces limites une risée. En effet, au moins trois auteurs de récentes tueries avaient modifié illégalement leurs chargeurs pour les augmenter à leur capacité maximale illégale. »

Entre autres mesures, les signataires de la lettre à M. Blair réclament entre autres de meilleurs contrôles des demandeurs de permis et un meilleur accès pour les policiers des registres de ventes. Ils espèrent aussi que le gouvernement réfléchira à la pertinence d’interdire la vente en ligne des armes restreintes.

« En tant que victimes et témoins de violence extrême commise à l’aide d’armes à feu, nous cherchons ainsi à rendre hommage à nos proches, soit en obtenant des mesures concrètes pour prévenir d’autres tragédies évitables », concluent les auteurs de la lettre.

Vient de paraître dans le journal Le Devoir

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/567874/pour-un-moratoire-immediat

Ont également signé cette lettre plusieurs membres de familles des victimes de l’attentat de Polytechnique, dont Serge Saint-Arneault, frère d’Annie Saint-Arneault, orginaire de La Tuque.

Elsa Iskander, Mercredi, 6 novembre 2019

Le parti d’opposition Ensemble Montréal propose de mettre en place un programme de rachat volontaire d’armes à feu par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Conférence de presse. PDF.

«De façon tout à fait anonyme, nous inviterions les citoyens à remettre les armes qu’ils ont en leur possession au SPVM en échange d’un montant d’argent», a proposé le chef du parti, Lionel Perez.

«La police ne pose aucune question, ne fait aucun contrôle d’identité, remet l’argent sur-le-champ et détruit lesdites armes», a-t-il décrit, mercredi, un mois avant le 30e anniversaire de la tuerie de Polytechnique, survenue le 6 décembre 1989.

Au printemps dernier, la police de Toronto a mis en place un tel programme qui a permis le rachat de 3100 armes à feu via un programme de rachat financé à hauteur de 750 000 $.

Selon l’administration Plante, il est toutefois préférable d’attendre l’instauration d’un programme de rachat à l’échelle nationale, puisque la responsabilité ne devrait pas incomber à la Ville de Montréal à elle seule. Le SPVM n’a pas voulu commenter la sortie d’Ensemble Montréal.

Les deux types d’armes

Les deux partis pressent le gouvernement fédéral d’interdire les armes d’assaut et les armes de poing.

En campagne électorale, le premier ministre Justin Trudeau avait promis de bannir les armes d’assaut, mais a mentionné qu’il laisserait les municipalités la tâche de restreindre l’utilisation des armes à poing. C’est un non-sens aux yeux des élus municipaux montréalais.

«Il nous faut une interdiction de la possession privée des armes de poing et des armes d’assaut à l’échelle canadienne. Une mosaïque de règlements municipaux serait tout à fait inefficace», a résumé Alex Norris, président de la Commission de la sécurité publique et élu de Projet Montréal.

Polytechnique

C’est aussi l’avis de Heidi Rathjen, témoin de la tuerie et coordonnatrice de PolySeSouvient, qui accompagnait Lionel Perez lors de sa sortie mercredi.

Demander aux municipalités d’interdire les armes de poing serait «inefficace, mais aussi irréaliste compte tenu des luttes politiques longues et acrimonieuses contre le lobby des armes auxquelles ferait face tout maire», estime-t-elle.

Serge St-Arneault, le frère d’Annie St-Arneault, l’une des victimes de la tuerie de Polytechnique, abonde dans le même sens. «Les armes à feu, c’est fait pour tuer. Qu’on laisse des armes militaires aux mains des militaires ou des gens responsables de la protection civile», a-t-il plaidé, ajoutant que la même logique vaut pour les armes de poing.

Pour celui qui vient de La Tuque, une «région de chasseurs», il est normal que les carabines ne soient pas concernées par ces discussions. «Les chasseurs sont des gens responsables. On ne va pas à la chasse au caribou ou à l’orignal avec des armes militaires.»

Il faut mieux surveiller la frontière, selon Maria Mourani

Pour réduire le nombre d’armes en circulation dans les milieux criminels, il faut s’attaquer plus vigoureusement à l’entrée illégale de ces produits de contrebande via la frontière américaine, fait valoir la criminologue Maria Mourani.

Celle-ci croit qu’il faut lutter contre l’entrée des armes des États-Unis en y consacrant du financement et en haussant la surveillance. «Malheureusement, pour l’instant, c’est des vraies passoires nos frontières, a-t-elle déploré. Juste au Québec, on a plus d’une centaine de routes non surveillées.»

Dans les milieux criminels, la majorité des armes sont acquises illégalement, a expliqué Mme Mourani, ajoutant que «80 % des armes illégales viennent des États-Unis et vont dans le marché noir».

Plus d’armes

Cela dit, «il y a une proportion croissante de crimes violents qui sont commis à l’aide d’armes légalement acquises, a indiqué Alex Norris, président de la Commission de la sécurité publique. Nous avons besoin de mesures plus costaudes à l’échelle nationale.»

Le nombre d’armes de poing en circulation est passé de 465 000 en 2012 à 935 000 actuellement, selon Statistique Canada, et elles ont été utilisées dans près d’un quart des homicides au pays.

Ces données peuvent signifier que plus d’armes sont détectées, a nuancé Mme Mourani. «Le nombre d’armes en circulation dans le marché noir au Canada est beaucoup plus élevé.»

Le bannissement par Ottawa des armes de poing et d’assaut, excepté pour les policiers et les militaires, s’impose, selon Mme Mourani. Un programme de rachat d’armes par les policiers doit s’accompagner de mesures rendant la possession de ces armes illégales, selon elle.

«Au Québec, on a toujours été les champions dans le contrôle des armes; Polytechnique, ç’a choqué», a-t-elle noté.

11 juin 2019

L’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) a remis le prix méritas Partenaire de l’année au groupe PolySeSouvient pour son leadership dans la lutte pour un meilleur contrôle des armes à feu au Québec et au Canada. Le lauréat en a fait un enjeu majeur de santé et de sécurité publique. Ses analyses et conseils ont permis à l’AQPS de jouer un rôle déterminant dans ce dossier incontournable pour la prévention du suicide. 

Pour réduire les décès par suicide, il est nécessaire d’agir sur plusieurs fronts, notamment en réduisant l’accès aux moyens de s’enlever la vie. L’Organisation mondiale de la santé en fait d’ailleurs l’une de ses mesures phares. « Considérant que la majorité des décès par arme à feu au Québec sont des suicides et que plus de 100 Québécois s’enlèvent la vie de cette façon tous les ans, nous devons être proactifs dans le contrôle des armes à feu », a commenté Jérôme Gaudreault, directeur général de l’AQPS. « Nous sommes grandement reconnaissants de l’expertise et du soutien indéfectible de PolySeSouvient dans ce dossier ».

Depuis sa création en 2009, PolySeSouvient n’a cessé d’être actif et mobilisateur, surtout lorsque des moments clés se présentaient dans le cadre de débats publics ou de processus législatifs au sujet du contrôle des armes à feu. Le collectif a notamment lutté contre l’abolition du registre fédéral par le gouvernement conservateur et, à partir de 2012, a milité pour la création d’un registre québécois. La Loi sur l’immatriculation des armes à feu a été adoptée en juin 2016 et est entrée en vigueur au début 2018, à la satisfaction de nombreux groupes œuvrant pour la santé et la sécurité publiques dont l’AQPS. Tout récemment, le gouvernement du Canada a adopté le projet de loi C-71, une autre législation comportant d’importantes mesures de prévention pour lesquelles PolySeSouvient s’est également battu pendant des années. Dans ce débat clivé, l’engagement et la persévérance des bénévoles de PolySeSouvient sont source d’inspiration.

À propos de l’AQPS et des Prix méritas

Fondée en 1986, l’Association québécoise de prévention du suicide a pour mission de développer la prévention du suicide au Québec. Les Prix méritas en prévention du suicide sont remis annuellement par un jury constitué d’administrateurs et de citoyens. La remise des prix 2018-2019 s’est déroulée le 10 juin à Québec. 

Documentation complémentaire

Communiqué complet – Poly Se Souvient

Lundi  6 mai 2019. Le projet de loi C-71, résultat de la promesse électorale des Libéraux en faveur du contrôle des armes, est toujours devant le Sénat. Il a franchi les première et deuxième lectures et a été étudié en comité (PolySeSouvient a témoigné aux côtés de nos collègues de la Mosquée de Québec et du mouvement étudiant Pas_ICI : voici notre mémoirenotre témoignage ainsi qu’un extrait de ce dernier concernant la violence conjugale).

Malheureusement, les sénateurs conservateurs sur ce comité ont proposé une série d’amendements qui ont affaibli le projet de loi, lui qui était déjà assez timide dans sa forme originale. Heureusement, tout juste avant la troisième lecture (vote final), le Sénat peut rejeter les amendements si suffisamment de sénateurs votent contre le rapport du comité. Le projet de loi, dans sa forme initiale, contenait plusieurs mesures significatives qui méritent d’être adoptées et, ce, le plus rapidement possible, au plus tard avant les vacances d’été (sinon elles seront perdues à cause des élections).

Le débat en lien avec cette dernière étape du processus législatif a débuté la semaine dernière (le jeudi 2 mai) et le vote du Sénat sur les amendements aura vraisemblablement lieu plus tôt que tard cette semaine, ce qui fait qu’il est urgent pour les sénateurs de recevoir des messages venant d’experts, d’intervenants ou de citoyens ordinaires leur demandant de rejeter les amendements et de voter en faveur du projet de loi sous sa forme originale — surtout étant donné que les sénateurs sont présentement inondés de lettres et courriels contre le projet de loi, grâce au lobby des armes bien financé et organisé.

MERCI D’UTILISER CE MODULE EN LIGNE POUR INTERPELLER LES SÉNATEURS afin qu’ils votent contre les amendements affaiblissant le projet de loi C-71 : http://bit.ly/2J0Yblj

Merci encore une fois pour votre appui! HeidiNathalie, Jeff, Serge, Louise et Boufeldja

Les conservateurs ont affaibli le projet de loi sur les armes à feu, déplore le sénateur Pratte.

Radio-Canada nouvelle, Publié le lundi 8 avril 2019, La Presse canadienne

Le projet de loi devant resserrer le contrôle des armes à feu a été si affaibli par les sénateurs conservateurs qu’il n’est « plus que la moitié de ce qu’il était », a dénoncé le sénateur québécois André Pratte.

Les Canadiens attendent depuis de nombreuses années une action réelle et concrète dans ce domaine.

AP PHOTO/MARK BAKER. Les émotions sont fortes lors d’un service commémoratif national à Hagley Park en l’honneur des victimes de l’attaque terroriste perpétrée contre la mosquée à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le vendredi 29 mars 2019.

Ce texte est l’allocution présentée par l’auteur, M.Afr, membre de PolySeSouvient, lors de la conférence de presse organisée le 3 avril 2019, à l’hôpital général de Montréal, par un regroupement de médecins, de partout au Canada, favorable à un contrôle plus strict des armes à feu.

J’ai vécu en zone de guerre en République Démocratique du Congo (à l’époque le Zaïre) dans les années 1990. Le chaos s’était progressivement propagé dans tout le pays avec son lot de pillages et de conflits tribaux.

Dans la brousse où j’étais, on avait déjà eu la visite de militaires pour intervenir dans un conflit entre chefs coutumiers. Ce jour-là, revenant à la maison, j’ai été directement menacé par un militaire. Il m’a simplement dit: «Lors du prochain conflit, c’est moi qui vais te tuer.» («Siku y vita ingine, miye nitawa weye»).

J’ai immédiatement senti comme un boulet me tomber dans l’estomac. Je m’en rappelle très bien. De fait, les rivalités tribales se sont accélérées. Les paramilitaires sont revenus, soi-disant pour rétablir la paix, en brûlant les villages. La plupart des expatriés avaient déjà quitté le pays. Quant à moi, je suis resté avec mes confrères pratiquement jusqu’au moment de la chute du régime dictatorial du président Mobutu.

En 2010, Marc Rochette, un journaliste pour le Nouvelliste de Trois-Rivières, m’a demandé dans une interview s’il y avait des risques à vivre dans la brousse africaine. Ce à quoi j’ai répondu: «Qu’est-ce qui est le plus dangereux: être missionnaire en Afrique dans un pays en guerre ou être étudiante à l’École Polytechnique de Montréal?»

Le rapport d’investigation du coroner indique que le décès est attribué à de multiples lésions graves au niveau du crâne, du cerveau, en plus de l’aorte sectionnée, des hiles pulmonaires et l’éclatement du foie; le tout secondaire au passage dans la tête et dans le thorax de trois projectiles d’arme à feu.

Vous êtes médecins et professionnels de la santé. Vous comprenez mieux que moi de quoi il s’agit. Nous sommes réunis ici pour une cause commune. Nous voulons, de fait nous exigeons des lois plus sévères sur les armes à feu au Canada.

Une journée nationale d’action a eu lieu le 3 avril dans 13 villes du pays. Tous s’entendent pour dire que les armes à feu représentent une menace croissante pour la santé publique. Selon Statistique Canada, le nombre de crimes violents commis avec une arme à feu a augmenté de 43% depuis 2013, soit depuis l’abolition du registre national des armes à feu par le gouvernement de Steven Harper en 2012, suivi par l’affaiblissement d’une série d’autres mesures en 2015.

À peine une semaine après la tragédie de Christchurch en Nouvelle-Zélande, la première ministre Jacinda Ardern a annoncé l’interdiction imminente de «toutes les armes semi-automatiques de style militaire», de «tous les fusils d’assaut», de «tous les chargeurs à grande capacité» et de «tous les accessoires ayant la capacité de convertir une arme à feu en arme semi-automatique de type militaire». Elle a également émis une ordonnance de reclassification pour les armes semi-automatiques afin de dorénavant empêcher leur vente à la plupart des détenteurs de permis actuels.

Voilà une preuve de leadership politique.

Soulignons aussi l’action du Gouvernement du Québec qui a instauré son propre registre des armes en réaction à l’abolition du registre fédéral. Le Québec est maintenant l’une des trois seules juridictions en Amérique du Nord (avec Hawaï et le District de Columbia, aux États-Unis) qui enregistrent les armes sur son territoire — bien que ce soit la norme en Europe et la plupart des pays industrialisés.

Mais qu’en est-il du gouvernement Trudeau?

Les Canadiens attendent depuis de nombreuses années une action réelle et concrète dans ce domaine.

Tout ce que ce gouvernement offre aux Canadiens pour corriger la quasi-destruction de l’ensemble des gains législatifs par le gouvernement antérieur, c’est le projet de loi C-71. D’ailleurs, celui-ci ne rétablit que quelques faibles mesures comparativement à ce qu’elles étaient avant leur élimination. Ceci dit, ce projet de loi C-71 est un pas dans la bonne direction et nous l’appuyons. Malheureusement, son adoption avance à pas de tortue au Sénat.

Combien de fois encore faudra-t-il rappeler que le même type d’armes légalement accessible, c’est-à-dire des armes semi-automatiques de type militaire, a été utilisé lors de la tragédie à la Mosquée de Québec et récemment à Christchurch où 50 Néo-Zélandais innocents ont été assassinés?

Je réitère les paroles que j’ai prononcées à Ottawa au début du mois de décembre 2018 que j’adressais au premier ministre Justin Trudeau: «Ne faites pas de compromis. Montrer aux Canadiens comment on se tient debout quand on n’a pas peur du lobby des armes».

Ouvrez le lien YouTube pour voir cette entrevue : https://youtu.be/nZKSaZWRw1k

UGO GIGUÈRE, La Presse Canadienne – GABRIEL DELISLE, Le Nouvelliste

MONTRÉAL — Chaque semaine, l’équipe de traumatologie du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) doit traiter au moins un patient victime d’une blessure par arme à feu. Mercredi, les médecins et autres professionnels de la santé sont sortis dans la rue pour joindre leur voix à celles de leurs collègues de 13 hôpitaux à travers le Canada afin de dire haut et fort qu’ils en ont assez. À leurs côtés, on retrouvait le père Serge St-Arneault, le frère d’Annie St-Arneault de La Tuque, une des victimes de la tuerie de la Polytechnique.

D’après la coalition «Doctors for protection from guns», les armes à feu représentent un grave problème de santé publique au pays.

Des chirurgiens traumatologues, chefs de départements, infirmières et préventionnistes du CUSM ont tenu une conférence de presse pour réclamer l’interdiction complète des armes de poing et des fusils d’assaut au Canada. Un message relayé d’un océan à l’autre.

«On voit depuis 2013 une augmentation de 42 pour cent de la mortalité liée à des blessures par armes à feu au Canada. À Montréal, on voit une augmentation du nombre de patients blessés ou morts par des armes à feu. Il est temps qu’on change notre façon de parler des armes à feu. C’est un enjeu de santé publique et il faut qu’on le dise», a déclaré le chirurgien traumatologue Jeremy Grushka.

«Quand on regarde la manière dont on gère cette problématique d’un point de vue de santé publique, je pense qu’on pourrait faire mieux», poursuit le chef du département de traumatologie Tarek Razek.

Celui-ci ne croit pas que le Canada soit allé assez loin pour appliquer les meilleures pratiques de sécurité afin de réduire au minimum les risques que représentent les armes à feu dans la société.

«D’un point de vue de santé publique, c’est comme les voitures. Est-ce qu’il y a toujours des accidents de voiture? Oui. Mais est-ce qu’on réduit le risque au minimum d’avoir des accidents?», compare-t-il.

Le père Serge St-Arneault, qui est membre de Poly se souvient, était aux côtés des médecins lors de la manifestation. Même si chaque présence publique pour réclamer un meilleur contrôle des armes à feu est très difficile pour lui, Serge St-Arneault affirme qu’il ne pouvait refuser l’invitation des médecins.

«L’enjeu est tellement capital. En mémoire de celles qui ont été victimes d’armes à feu, c’est un devoir de continuer ce combat. C’est comme un appel», affirme en entrevue le frère d’Annie St-Arneault, une des étudiantes assassinées lors de la tuerie de la Polytechnique.

Pour le prêtre originaire de La Tuque, il est «indéniable» que les armes à feu représentent une crise de santé publique. «Compte tenu du nombre élevé de personnes qui sont atteintes d’armes à feu, qui sont handicapées pour leur vie, c’est évident qu’il s’agit d’une question de santé publique», a précisé Serge St-Arneault lors du point de presse tenu en marge de la manifestation de Montréal.

«Le projet de loi C-71 [pour le contrôle des armes à feu] est un pas dans la bonne direction, mais c’est loin d’être suffisant.»

Le père Serge St-Arneault, le frère d’Annie St-Arneault, une des victimes de la tuerie de la Polytechnique, a pris la parole publiquement en marge de la manifestation.

Serge St-Arneault prône le bannissement pur et simple des armes d’assaut et des armes de poings. «L’exemple de la Nouvelle-Zélande et de sa première ministre est extraordinaire et remarquable. On devrait le suivre au Canada.»

Militant au sein du regroupement Poly se souvient, Jean-François Larrivée a salué l’appui des médecins dans ce combat pour restreindre l’accès aux armes. Celui-ci a perdu sa jeune épouse dans la tuerie survenue à Polytechnique Montréal en 1989.

«Je milite depuis 30 ans pour le souvenir de Maryse et des autres filles. Les médecins ont une voix qui porte. Ils sont pragmatiques, ils ont une influence intellectuelle, ils ont un leadership», se réjouit-il.

«Je veux aider les autres femmes à ne pas subir le même drame et si on peut sauver une vie ça aura valu la peine», souligne M. Larrivée.

Le personnel soignant du CUSM est exaspéré au point où l’équipe de prévention commence à enseigner au public les techniques de premiers soins en cas de blessures par balles.

Tara Grenier, coordonnatrice du programme de prévention des blessures au CUSM, transmet aux élèves du secondaire, à des employés d’usine et au public en général des méthodes pour stopper l’hémorragie causée par une balle ou une arme blanche.

«Ce sont des techniques de guerre qu’on emploie dans le monde civil. On est rendu là. Peut-être qu’on pourra sauver des gens au lieu qu’ils meurent au bout de leur sang», mentionne la thérapeute sportive.

Ottawa tend l’oreille

Le Dr Tarek Razek espère sincèrement que sa voix et celles de ses collègues soient entendues. Selon lui, le fait qu’ils soient en première ligne pour constater les ravages causés par les armes donne du poids à leurs arguments.

Sur la colline parlementaire à Ottawa, le ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, a dit tendre l’oreille aux revendications des médecins.

«J’ai rencontré plusieurs fois des regroupements de médecins. Leur point de vue est pertinent, ils sont en première ligne pour traiter des victimes de blessures par armes à feu. Je crois qu’il y a des choses que l’on doit faire pour protéger nos communautés et nous sommes prêts à considérer des mesures qui empêcheraient les gens mal intentionnés de se procurer des armes pour blesser ou tuer», a-t-il commenté.

Le ministre n’a cependant pas l’intention d’accélérer le processus comme l’ont fait les élus de Nouvelle-Zélande à la suite de la tuerie de Christchurch.

«Je pense que les Canadiens s’attendent à ce qu’on écoute les différentes opinions de la population afin de trouver le meilleur moyen de rendre nos communautés plus sécuritaires», a mentionné M. Blair.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle

Allocution présenté par Serge St-Arneault, M.Afr, Directeur du Centre Afrika, Montréal, lors de la conférence de presse organisée par les médecins et autres professionnels de la santé à l’Hôpital Général de Montréal aujourd’hui à 12h00. Les médecins réclament une interdiction complète des armes de poing et armes d’assaut ainsi que l’adoption du projet de loi C-71 qui renforce l’encadrement des armes à feu.

J’ai vécu en zone de guerre en République Démocratique du Congo (à l’époque le Zaïre) dans les années 1990. Le chaos s’était progressivement propagé dans tout le pays avec son lot de pillages et de conflits tribaux.

Dans la brousse où j’étais, on avait déjà eu la visite de militaires pour intervenir dans un conflit entre chefs coutumiers. Ce jour-là, revenant à la maison, j’ai été directement menacé par un militaire. Il m’a simplement dit :

  • « Siku y vita ingine, miye nitawa weye ».

Traduction littérale :

  • « Lors du prochain conflit, c’est moi qui vais te tuer. »

J’ai immédiatement senti comme un boulet me tomber dans l’estomac. Je m’en rappelle très bien. De fait, les rivalités tribales se sont accélérées. Les paracommandos sont revenus, soi-disant pour rétablir la paix, en brulant les villages. La plupart des expatriés avaient déjà quitté le pays. Quant à moi, je suis resté avec mes confrères pratiquement jusqu’au moment de la chute du régime dictatorial du Président Mobutu.

En 2010, Marc Rochette, un journaliste du journal Le Nouvelliste de Trois-Rivières, m’a demandé dans une interview s’il y avait des risques de vivre dans la brousse africaine. Ce à quoi j’ai répondu :

  • « Qu’est-ce qui est le plus dangereux? Être missionnaire en Afrique ou étudiante à l’École Polytechnique de Montréal ».

Ma sœur Annie a été l’une des premières victimes du drame de la Poly du 6 décembre 1989. Le rapport d’investigation du coroner indique que le décès est attribué à des lésions multiples graves au niveau du crâne, du cerveau, section de l’aorte et des hiles pulmonaires et éclatement du foie, le tout secondaire au passage dans la tête et dans le thorax de trois projectiles d’arme à feu.

Vous êtes médecins et professionnels de la santé. Vous comprenez mieux que moi de quoi il s’agit. Nous sommes réunis ici pour une cause commune. Nous voulons, de fait nous exigeons des lois plus sévères sur les armes à feu au Canada. Une journée nationale d’action a lieu aujourd’hui dans 13 villes du pays. Tous s’entendent pour dire que les armes à feu représentent une menace croissante pour la santé publique. Selon Statistique Canada, le nombre de crimes violents commis avec une arme à feu a augmenté de 43% depuis 2013, soit depuis l’abolition du registre national des armes à feu par le gouvernement de Steven Harper en 2012, suivi par l’affaiblissement d’une série d’autres mesures en 2015.

À peine une semaine après la tragédie de Christchurch en Nouvelle-Zélande, la première ministre Jacinda Ardern a annoncé l’interdiction imminente de « toutes les armes semi-automatiques de style militaire », de « tous les fusils d’assaut », de « tous les chargeurs à grande capacité » et de « tous les accessoires ayant la capacité de convertir une arme à feu en arme semi-automatique de type militaire ». Elle a également émis une ordonnance de reclassification pour les armes semi-automatiques afin de dorénavant empêcher leur vente à la plupart des détenteurs de permis actuels.

Voilà une preuve de leadership politique.

Soulignons aussi l’action du Gouvernement du Québec qui a instauré son propre registre des armes en réaction à l’abolition du registre fédéral. Le Québec est maintenant l’une des trois seules juridictions en Amérique du Nord (avec Hawaï et le District de Columbia) qui enregistrent les armes sur son territoire – bien que c’est la norme en Europe et la plupart des pays industrialisés.

Mais qu’en est-il du gouvernement Trudeau?

Les Canadiens attendent depuis de nombreuses années une action réelle et concrète dans ce domaine.

Tout ce que ce gouvernement offre aux Canadiens pour corriger la quasi-destruction de l’ensemble des gains législatifs par le gouvernement antérieur, c’est le projet de loi C-17. D’ailleurs, celui-ci ne rétablit que quelques faibles mesures comparativement à ce qu’elles étaient avant leur élimination. Ceci dit, ce projet de loi C-71 est un pas dans la bonne direction et nous l’appuyons. Malheureusement, son adoption avance à pas de tortue au Sénat.

De plus, ce projet de loi ne modifie en rien l’accès légal aux armes de poing et aux armes d’assaut. Nous le savons, celles-ci sont conçues pour tuer efficacement et rapidement.

Combien de fois encore faudra-t-il rappeler que le même type d’armes légalement accessible, c’est-à-dire des armes semi-automatiques de type militaire,  a été utilisé lors de la tragédie à la Mosquée de Québec et tout récemment à Christchurch où 50 Néo-Zélandais innocents ont été assassinés?

Je réitère les paroles que j’ai prononcées à Ottawa au début du mois de décembre 2018 que j’adressais au premier ministre Justin Trudeau;

  •  « Ne faites pas de compromis. Montrer aux Canadiens comment on se tient debout quand on n’a pas peur du lobby des armes ».

Membres de PolySeSouvient présent lors de la marche pour soutenir les médecins dans leur manifestation contre les armes à feu.

Photo : André-Mam Mbombo

Lien YouTube : https://youtu.be/nZKSaZWRw1k

Le Nouvelliste, 20 février 2019-02-20

Par Audry Tremblay

LA TUQUE — La décision du conseil de La Tuque d’appuyer le registre des armes à feu a soulevé la colère de plusieurs citoyens de cette municipalité. Ils étaient une vingtaine arborant le dossard orange à l’assemblée publique, mardi, pour se faire entendre. Les discussions se sont étirées au-delà de 22 h.

«Vous avez voté pour la loi du registre, c’est aberrant. C’est de l’argent qu’on va dilapider avec ça. J’aurais voulu vous en parler davantage. Je peux vous dire que je souhaite que la Ville vire son capot de bord», a lancé René Goulet.

Le maire de La Tuque a souligné aux citoyens qu’aucune résolution n’avait été faite, le conseil municipal a simplement pris position, et ce, à l’unanimité. «On ne fera pas de résolution ni dans un sens ni dans l’autre. Ça ne relève pas de notre forum, ça relève du gouvernement […] Le véritable enjeu, c’est de protéger des vies humaines», a-t-il lancé.

Des chasseurs, dont René Goulet, se sont fait entendre lors de l’assemblée publique de la Ville de La Tuque, mardi. Photo AUDREY TREMBLAY

«On a décidé d’avoir une position tranchée et unanime […] Personne n’est venu se plaindre à mon bureau», a ajouté M. Tremblay.

Ce dernier a aussi insisté sur le fait que le permis de possession d’armes à feu était un privilège, tout comme le permis de conduire par exemple.

«J’ai des armes, je les ai enregistrés et le registre ne m’empêche pas d’aller à la chasse. En quoi ça vous brime?» a questionné M. Tremblay.

Les échanges ont duré pendant plusieurs dizaines de minutes entre les citoyens, certains en colère, et les élus du conseil municipal. Des jeunes de 18 ans ont également pris la parole. Ils ont fait savoir au maire qu’ils auraient aimé être consultés.

«Vous n’avez pas consulté la population et la population est fâchée de ça. C’est pour ça que je suis ici aujourd’hui», a lancé Josiane Tremblay.

Le maire a rétorqué que c’était la prérogative du maire de ne pas consulter la population et de prendre une décision au nom de cet enjeu de sécurité là. «On comprend votre opinion, mais on n’est pas dans le bon forum […] Dans deux ans et demi si vous n’êtes pas content vous changerez de maire», a-t-il lancé.

«On a été élu pour représenter la population. Nous avons tous une voie et nous débattons beaucoup. La décision n’a pas été prise à la légère, même si la population n’a pas été consultée. On prend la décision qu’on juge la meilleure pour la sécurité de la population», a ajouté la conseillère municipale, Caroline Bérubé.

Rappelons que la vague d’opposition au registre québécois des armes à feu inclut plus d’une centaine de municipalités du Québec, mais également des communautés autochtones qui s’opposent formellement à la loi provinciale obligeant les propriétaires à immatriculer leurs armes à feu auprès du gouvernement. «On ne peut pas voter contre une loi que le gouvernement met en vigueur. Si les autres villes acceptent de le faire, ça les regarde. Moi comme conseiller, j’ai une responsabilité et je n’irai pas à l’encontre des lois du gouvernement. Le débat ne devrait pas être ici. Allez à Québec et manifestez à eux autres. Nous on ne votera pas contre des lois du gouvernement», a commenté le conseiller municipal Roger Mantha.

Le maire Tremblay avait fait référence à son passé de policier lors d’une entrevue avec Le Nouvelliste pour faire valoir que le registre était une bonne chose. «J’ai été policier à Montréal durant 27 ans. À Montréal, 80 % des appels sont à caractère social: disputes, cas de violence conjugale. Le registre apporte un certain contrôle. C’est bon d’en avoir, c’est ce que j’ai vu dans ma pratique. Comme policier, ça m’a servi plusieurs fois dans ma carrière. Plus tu contrôles, moins il y a d’armes en circulation. Et ici, nous avons la bibliothèque Annie-St-Arneault. Il y a toute la symbolique, un respect pour Mme St-Arneault», avait raconté M. Tremblay, en faisant référence à cette victime de la tuerie de la Polytechnique de Montréal survenu en décembre 1989.

Le président du Festival de chasse, Mario Lebel, a également fait savoir que le comité de l’événement commençait à craindre que le festival soit boycotté en raison de la prise de position de la Ville.

Brian Myles

ÉDITORIAL LE DEVOIR, 19 février 2019

Le lobby des chasseurs prend une direction préoccupante. En date du 12 février dernier, moins du tiers des armes à feu en circulation étaient enregistrées au nouveau Service d’immatriculation des armes à feu du Québec, soit 411 095 des 1,4 million d’armes sur le territoire.

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs invite ses membres à respecter la loi, malgré son opposition. « Jamais on ne va encourager la désobéissance civile », a dit son directeur général, Alain Cossette.

Il semble bien que cet appel au sens des responsabilités tombe à plat. La désobéissance civile est au coeur des stratégies du groupe Tous contre un registre québécois des armes à feu, soucieux de défendre ses prérogatives au détriment de l’intérêt public. Son porte-parole, Guy Morin, clame que ses armes ne sont pas enregistrées et qu’elles ne le seront jamais. Quelque 200 opposants au registre ont manifesté, dimanche à Québec, en exigeant que les sommes consacrées au registre soient investies à la place dans la santé mentale. Sacrés sophistes !

Si tous les lobbies enfreignaient les lois et les règlements qui leur déplaisent, le désordre social l’emporterait sur la primauté du droit. Les chasseurs ne sont pas d’accord avec le registre ? Qu’ils en contestent la validité devant les tribunaux. Dans l’intervalle, qu’ils cessent de se faire justice eux-mêmes en s’appuyant sur de fallacieuses questions de principes ou de divergences idéologiques.

Le gouvernement Legault est dans son droit d’exiger l’enregistrement des armes, au nom de l’intérêt public et de la santé publique. La Fédération des policiers et policières municipaux du Québec appuie cette mesure, tout comme le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale et les spécialistes de l’intervention en santé mentale. Les armes à feu ne sont pas des biens comme les autres. Même les armes d’épaule, que les chasseurs veulent soustraire au registre, doivent être enregistrées.

Pour l’heure, le gouvernement Legault serait bien mal avisé d’imposer des amendes (elles vont de 500 $ à 5000 $) aux récalcitrants. Le zèle bureaucratique est un piètre substitut à la prévention et à la sensibilisation. Québec doit aussi améliorer les imperfections dans son système d’enregistrement des armes, qui prête flanc à la critique, et rassurer les sceptiques sur ses intentions. Le registre n’est pas et ne deviendra pas un nouvel outil de taxation ou de contrôle social des chasseurs. Ceux-ci peuvent-ils exercer en revanche une citoyenneté responsable ?

Un touchant témoignage devant le sénat.

Mélanie Marquis, La Presse Canadienne

Michèle Audette PC/DAVID LIPNOWSKI

OTTAWA — La disponibilité des armes à feu contribue au fléau du suicide dans les communautés autochtones, a témoigné Michèle Audette en comité sénatorial, lundi. Et elle a dit aux sénateurs qu’elle était bien placée pour le savoir, étant passée à un cheveu d’en retourner une contre elle.

La commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a offert à titre personnel un touchant témoignage devant le comité sénatorial de la sécurité nationale et de la défense, qui étudie le projet de loi C-71.

«Si je suis ici aujourd’hui, devant vous, à plaider pour le contrôle des armes à feu, c’est seulement parce que ma dernière tentative n’a pas porté les fruits espérés à l’époque», a-t-elle témoigné dans la salle de comité.

«Qu’est-ce qui m’a sauvée? Le cocktail de substances que j’avais prises m’a fait sombrer dans un coma et m’a empêchée de me rendre jusqu’à l’utilisation de l’arme que je tenais dans les mains, toute prête à la retourner contre moi», a-t-elle laissé tomber.

Selon la militante des droits des femmes autochtones, la disponibilité des armes à feu dans les communautés, dont l’usage y est «répandu», permet «de respecter nos droits ancestraux au niveau de la chasse, certes».

Mais le fait qu’autant d’armes circulent contribue au suicide et «permet la commission d’actes d’une violence inouïe dans nos communautés», surtout compte tenu de la prévalence des cas de violence conjugale et familiale, «une réalité quotidienne pour trop de femmes autochtones».

Et si l’on ajoute à cela la présence des armes à feu, «on a entre les mains tous les outils nécessaires pour nous décimer, nous, les femmes autochtones», a illustré Mme Audette pendant sa comparution.

Le projet de loi C-71 a été déposé par le gouvernement libéral en mars dernier. Les conservateurs y sont farouchement opposés, entre autres parce qu’ils accusent les libéraux de vouloir réinstaurer un registre «par la porte d’en arrière» avec les mesures contenues dans le projet de loi.

Celui-ci oblige les marchands d’armes à conserver pendant au moins 20 ans les données sur les armes à feu sans restriction, et resserre les vérifications de sécurité menées pour déterminer si un acheteur est admissible à un permis d’armes à feu, entre autres.

En décembre dernier, des représentants de groupes qui militent pour un meilleur contrôle des armes sont venus à Ottawa afin d’exhorter les sénateurs à tout faire afin que C-71 soit adopté avant les élections d’octobre prochain.