Archives du mot-clé Armes de poing et d’assaut

Justin Trudeau répond à vos questions

Harcèlement sexuel dans l’armée, PCRE, rachat des armes d’assaut, hydro-électricité : l’équipe éditoriale de La Presse a profité d’une rencontre avec le chef du Parti libéral du Canada pour lui poser vos questions. Celles-ci avaient été récoltées lors d’un appel à tous, auquel vous avez répondu en grand nombre. Voici les réponses.

Publié le 17 septembre 2021 dans La Presse

Vous dites que le problème du harcèlement dans l’armée vous préoccupe, alors pourquoi n’avez-vous pas mis en application les excellentes recommandations de Marie Deschamps au lieu de reporter le problème en nommant Louise Arbour pour faire le même travail ?

Réal Thuot, Saint-Jean-sur-Richelieu

Justin Trudeau : On a implanté plusieurs des recommandations de Mme Marie Deschamps, mais ça prend des changements profonds. Il n’y a aucun doute qu’on doive transformer nos forces armées, mais comment le faire de la bonne façon ? C’est ce que j’ai demandé à Mme Arbour de regarder. Je peux vous dire qu’on va absolument amener toutes les recommandations qu’elle met de l’avant. Ce sont des changements de fond qui vont faire la différence.

Alors qu’il manque de main-d’œuvre partout, comment pouvez-vous justifier la continuité de la PCRE ?

Gilles Carrière

J. T. : D’abord la pénurie de main-d’œuvre a été aggravée par la pandémie, mais elle existait bien avant. La PCRE est rendue à 300 $ par semaine, c’est moins que ce que gagnerait quelqu’un qui travaille toute une semaine au salaire minimum, donc ce n’est pas ce qui empêche les gens de travailler. De plus, il y a encore bien des industries – je pense aux artistes ou au milieu touristique – qui n’ont pas repris le cours des choses et on continue à les appuyer. Mais il y a aussi des gens qui ont pris cette année et demie pour réfléchir au genre de travail ou de carrière qu’ils voulaient. Ils ont repris leurs études ou cherché d’autres pistes. C’est pour cette raison qu’on veut augmenter l’immigration – pour compenser la période où les frontières étaient fermées. On va aussi investir dans la formation pour que les gens aient de meilleurs emplois.

Qu’est-il arrivé de la promesse officielle d’exiger le rachat sans condition par le gouvernement de toutes les armes d’assaut à travers le Canada ? Voilà maintenant presque 32 ans que nous demandons cette mesure élémentaire pour la sécurité des Canadiennes et des Canadiens.

Suzanne Laplante Edward, mère d’Anne-Marie Edward (1968-1989)

J. T. : On l’a fait l’année passée, on a banni les armes d’assaut. On a écouté PolySeSouvient qui nous a dit d’aller une coche plus loin. C’est un rachat obligatoire et si les gens ne veulent pas donner au gouvernement leur arme d’assaut, qui est maintenant illégale, ils vont devoir accepter qu’elle soit inutilisable de façon permanente. Donc fini les armes d’assaut dans ce pays… à moins que les conservateurs rentrent.

Comment se fait-il que le gouvernement fédéral ait aidé, avec des milliards de dollars, une province de 500 000 habitants – Terre-Neuve-et-Labrador – à vendre de l’électricité aux États-Unis, la plaçant ainsi en compétition avec le Québec ? À ce que je sache, le fédéral n’a jamais aidé le Québec pour ses barrages hydro-électriques. Ne serait-il pas sain que le Canada ait une stratégie hydro-électrique coopérative et unifiée ?

Yvon Pelletier

J. T. : On est justement en train de travailler avec les provinces de l’Atlantique et le Québec sur un réseau d’hydro-électricité qui va remplacer du charbon aux États-Unis. On a reconnu qu’avec les défis liés à l’industrie pétrolière, et à cause des décisions erronées qu’ont prises les gouvernements conservateurs à Terre-Neuve durant plusieurs années, ils avaient besoin d’un soutien financier important. On était là pour eux.

Propos recueillis par Nathalie Collard

Note : Les questions et réponses ont été légèrement éditées pour en faciliter la lecture.

O’Toole s’appuie sur de « faux arguments », dit PolySeSouvient

En affirmant qu’il refuse de « blâmer » les propriétaires d’armes à feu qui « suivent les règles », le chef conservateur Erin O’Toole s’appuie sur de « faux arguments » et parle « des deux côtés de la bouche », martèle une survivante de la tuerie de Polytechnique.

HENRI OUELLETTE-VÉZINA, LA PRESSE, 16 septembre 2021

« Nous non plus, on ne veut pas blâmer les propriétaires d’armes. La réalité, c’est qu’il y a une foule d’armes beaucoup trop dangereuses pour être entre les mains des Canadiens, qu’ils soient honnêtes ou non », explique Nathalie Provost, qui est aussi porte-parole de l’organisme PolySeSouvient.

Elle réagissait ainsi aux propos du chef conservateur qui a indiqué mercredi, en entrevue avec La Presse, qu’il est « injuste de blâmer les Canadiens qui suivent les règles pour des fusillades, par exemple à Montréal, avec des gangs de rue ». Il a accusé au passage Justin Trudeau de « diviser les Canadiens, en appelant à un « processus public, avec tous les groupes concernés, pour améliorer notre système de classification ».

Mais Nathalie Provost ne croit pas une seconde à cette « ouverture » des conservateurs. « Erin O’Toole a joué avec le feu, il a tenté de parler des deux côtés de la bouche. Il a trouvé une position que certains ont acheté, d’autres pas, mais ça reste clair que la pelure de banane pour lui, c’est les armes à feu », dit-elle.

« Les propriétaires d’armes qu’étaient Marc Lépine, Kimveer Gil, Alexandre Bissonnette, Valery Fabrikant et Richard Henry Bain étaient tous d’honnêtes propriétaires d’armes jusqu’à au jour où ils ont commis d’horribles fusillades. C’est aussi eux que M. O’Toole ne veut pas pénaliser », ajoute Mme Provost par courriel.

À ses yeux, le problème réside surtout dans l’utilisation publique d’armes « pour se protéger ». « Dans les mouvements de propriétaires d’armes honnêtes, il y a toujours ce souhait de s’armer pour se protéger. Ils veulent tous légalement les acquérir, mais l’intention reste de se protéger. Or, ceux et celles qui doivent avoir une puissance de feu, ce sont les policiers et les forces armées, point final. La finalité pour les citoyens, ça ne devrait pas être de se protéger, mais bien d’aller à la chasse », insiste la survivante.

PolySeSouvient rappelle par ailleurs que M. O’Toole a entretenu des liens de proximité, notamment au cours de sa campagne au leadership, avec la Coalition pour les armes canadiennes, un lobby comptant plus de 20 000 membres qui s’oppose au programme de rachat obligatoire proposé par le gouvernement Trudeau. Le groupe appelle d’ailleurs clairement à voter pour les libéraux, ou au minimum, pour le Bloc, le NPD ou les Verts, bref tout sauf les conservateurs et le Parti populaire de Maxime Bernier.

« Le citoyen régulier n’a pas le droit de s’acheter un tank, d’acquérir un char d’assaut. Ce n’est pas ça, le mode de vie en commun. Quand on veut contrôler les armes et sortir les armes des mains des citoyens, c’est n’est pas pour pénaliser les citoyens. C’est là qu’est le faux argument », ajoute Nathalie Provost.

À Erin O’Toole, qui dit vouloir « entendre le point de vue » des victimes et de leurs familles, la porte-parole rétorque « qu’il aurait pu le faire avant ou pendant la campagne électorale ». « On est disponibles. Et ils sont capables de parler à n’importe quelle victime s’ils le veulent », conclut-elle.

Le contrôle des armes à feu est un enjeu délicat depuis le début de la campagne pour Erin O’Toole, que les libéraux accusent de défendre le « lobby pro-armes ». La semaine dernière, le Parti conservateur a ajouté une note en bas de page à sa plateforme, qui promet l’abolition du décret interdisant quelque 1500 modèles d’armes à feu. « Toutes les armes à feu actuellement interdites le resteront », peut-on y lire. Justin Trudeau avait alors taxé M. O’Toole de vouloir « berner les Canadiens » par son « manque de clarté ».

Contrôle des armes à feu et trafic illégal

Vous avez des questions sur nos éditoriaux ? Des interrogations sur les sujets chauds de l’actualité ? Chaque semaine, l’équipe éditoriale répond aux lecteurs de La Presse.

PHILIPPE MERCURE, LA PRESSE, 12 septembre 2021

Q : À la suite de la lecture de votre éditorial (sur les armes à feu et la campagne électorale), je me pose la question suivante : pensez-vous vraiment que légiférer sur les armes à feu va empêcher quelqu’un de s’en procurer une sur le marché noir ?

Luc B.

R : Luc,

Vous n’êtes pas seul à vous poser cette question. Plusieurs lecteurs nous ont écrit pour plaider que le véritable problème est la contrebande d’armes à feu venant des États-Unis, et que les propriétaires d’armes légales n’ont rien à voir avec les fusillades qui secouent actuellement Montréal et d’autres villes.

À cela, nous répondons qu’il est possible de combattre le trafic d’armes ET de resserrer le contrôle des armes au Canada. En fait, la sécurité des citoyens passe par cette double stratégie.

Il est indiscutable que la contrebande d’armes est un fléau au pays et qu’il faut agir pour la contrer. D’un autre côté, des tueries comme celles de Polytechnique, de Concordia, du collège Dawson et de la Mosquée de Québec ont été perpétrées avec des armes légales. C’est aussi le cas d’une grande proportion d’homicides et de suicides.

Autre problème : les armes légales sont souvent volées et finissent sur le marché noir. En 2017, Statistique Canada a répertorié 3603 évènements pendant lesquels au moins une arme avait été volée.

Ces vols sont d’ailleurs en augmentation au pays. En 2018, la tuerie de l’avenue Danforth à Toronto, qui a fortement secoué la ville et fait 3 morts et 13 blessés, a été perpétrée avec une arme légale volée.

Étienne Blais, professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, souligne que si les membres du crime organisé peuvent s’approvisionner sur le marché noir, d’autres, qui ont moins de contacts, peuvent trouver plus facile de profiter des vérifications laxistes du côté légal pour acheter des armes.

« Si on resserre le contrôle des armes de poing, c’est clair qu’on coupe l’une des sources d’approvisionnement des délinquants. Ça vient aussi augmenter le prix des armes sur le marché noir et ça augmente les efforts que les délinquants doivent déployer pour les acquérir », dit-il.

D’où la pression sur les chefs des partis fédéraux pour accoucher d’une stratégie claire sur le contrôle des armes à feu.

Et les armes à feu, chers politiciens fédéraux ?

PHILIPPE MERCURE, LA PRESSE, 1er septembre 2021

Mardi, la porte d’un appartement criblée de balles a été découverte dans le quartier Villeray, à Montréal.

Le weekend dernier, c’est à Lachine et dans Saint-Michel que les coups de feu avaient retenti.

La semaine précédente, des policiers avaient été pris pour cible dans Notre-Dame-de-Grâce. Un garçon avait été blessé par une balle perdue à Contrecœur. Une famille de Saint-Léonard avait vu sa maison criblée de balles lors de la deuxième fusillade dans le secteur en une semaine.

Des évènements qui s’ajoutent à ceux survenus dans le Vieux-Montréal, dans la Petite-Bourgogne, à Rivière-des-Prairies.

Montréal et ses environs demeurent sécuritaires si on les compare aux autres grandes villes nord-américaines. Mais ces fusillades déclenchées avec de moins en moins de scrupules suscitent la crainte des citoyens – avec raison.

On sait trop bien qu’au sein des milieux criminels, la peur des armes incite à s’armer. On ne peut écarter l’hypothèse qu’un cercle vicieux soit enclenché.

Au niveau municipal, Valérie Plante et Denis Coderre ont déjà commencé à se crêper le chignon sur la question, s’accusant l’un l’autre d’avoir fait des coupes dans les ressources policières.

Il reste toutefois du temps aux Montréalais pour analyser les propositions des candidats à la mairie. Entre-temps, ceux-ci doivent se choisir un premier ministre fédéral. Or, il se trouve qu’un grand nombre d’enjeux cruciaux touchant les armes à feu se décident justement à la Chambre des communes.

C’est le cas du type d’armes qu’on veut interdire. Des balises encadrant la possession, l’utilisation et le transport des armes. Du contrôle de la frontière américaine, d’où les armes entrent à flots. Le fait que Toronto soit encore plus touché que Montréal par les fusillades montre toute la nécessité de mesures nationales.

Malheureusement, ce sont surtout des bruits de criquets qui nous parviennent de la campagne fédérale. C’est ironique. Alors qu’on assiste à une multiplication des incursions dans les compétences provinciales, voici un dossier résolument fédéral qu’on refuse d’aborder de front.

***

Après six ans de règne, le bilan libéral sur la question des armes est loin d’être convaincant. Oui, les libéraux ont interdit environ 1500 types d’armes d’assaut en 2020. Cela a permis de fermer le robinet sur l’arrivée de nouvelles armes par les voies légales. Il restait à s’occuper de celles qui sont déjà là.

Ici, la déception est grande. Le programme de rachat proposé par les libéraux était volontaire plutôt qu’obligatoire. Et il n’a jamais été adopté, mourant au feuilleton.

M. Trudeau a par ailleurs refusé de légiférer sur les armes de poing, tentant de pelleter le dossier dans la cour des villes (qui n’en veulent pas). Une approche qui aurait conduit à une mosaïque de mesures aussi absurde qu’inefficace.

Le Parti conservateur ? Sur cette question, il joue le rôle du loup dans la bergerie. Erin O’Toole a été élu à la tête du parti avec le soutien du lobby proarmes. Son directeur de campagne, Fred DeLorey, est d’ailleurs un ex-lobbyiste de l’Association canadienne des armes à feu. Le plan est clair : défaire les quelques mailles du filet (percé) tricoté par les libéraux.

Le NPD et le Bloc québécois ont des offres plus censées et rassurantes. Cela inclut une définition plus large des armes prohibées, un programme de rachat obligatoire et un meilleur contrôle des frontières pour lutter contre la contrebande.

Malheureusement, le NPD souhaite confier aux provinces le pouvoir de légiférer sur les armes de poing –une position bien commode qui lui évite de se mouiller. Le Bloc, constatant le blocage des autres partis à Ottawa, y voit aussi une solution.

Redisons-le : il s’agirait d’une abdication des responsabilités fédérales, et seule une réglementation uniforme dans l’ensemble du pays peut atteindre ses buts.

Politiciens fédéraux, il vous reste 20 jours pour proposer mieux aux Canadiens. Qui osera dégainer ?

Revue de presse sur l’enjeu électoral des armes à feu selon la position de PolySeSouvient vis-à-vis des Partis politiques fédéraux

Plusieurs étudiants de l’École Polytechnique, ainsi que plusieurs autres associations étudiantes, ont activement participé à la conférence de presse organisé par PolySeSouvient. Voici quelques manchettes.

Radio-Canada

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1822882/poly-feminicide-vote-elections-federales-armes-otoole-trudeau

Le Devoir

https://www.ledevoir.com/societe/631041/elections-federales-un-vote-pour-les-conservateurs-c-est-un-vote-pour-le-lobby-des-armes-a-feu-previent-polysesouvient

Montreal Gazette

https://montrealgazette.com/news/national/election-2021/polytechnique-gun-control-group-warns-tories-will-gut-firearms-limits

https://windsorstar.com/news/national/election-2021/polytechnique-gun-control-group-warns-tories-will-gut-firearms-limits

QMI

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/09/voter-pour-les-conservateurs-equivaut-a-voter-pour-le-lobby-des-armes-selon-polysesouvient

CTV

https://montreal.ctvnews.ca/dawson-shooting-and-polytechnique-massacre-survivors-urge-federal-parties-to-focus-on-gun-control-1.5579132

Global:

Metro

https://journalmetro.com/actualites/politique/2692458/conservateurs-vote-pour-lobby-armes-polysesouvient/amp/

Polarisation

Par Serge St-Arneault, M.Afr

La conférence de presse de PolySeSouvient était sur le point de commencer sous le vaste chapiteau aménagé sur le terrain de l’École Polytechnique. Quelques caméras étaient déjà en place devant le podium où les personnes désignées pour cette conférence allaient parler. Devant ce podium, à mes côtés, se tenaient des jeunes qui représentaient les associations étudiantes.

Les photographes étaient aussi à l’œuvre.

— Bonjour, dis-je à l’un d’entre eux. Comment allez-vous?

— Je vais bien merci, répondit-il. J’étais à Ottawa hier pour suivre la campagne électorale. Je n’ai jamais vu autant de mesure de sécurité de toute ma carrière journalistique.

— C’est peut-être dû au phénomène de polarisation.

— Vous avez raison. Il y avait un homme accompagné de son fils de huit ans qui m’injuriait. Pour lui, les médias « sont les mauvais ». Je lui ai alors dit que j’avais moi aussi un fils de l’âge du sien et que je prenais soin, en sa présence, de faire preuve de respect pour mon prochain. Après tout, comme parents, nous devons bien éduquer nos enfants. Et il s’est alors tu.

La polarisation! Voilà où nous sommes rendus. Le juste milieu semble avoir disparu du radar! Dans le contexte des armes d’assaut de type militaire, nous n’avons d’autre choix que d’exiger le bannissement complet de telles armes de guerre des mains de simples citoyens. Ces armes sont essentiellement conçues pour tuer. Étant une question de sécurité publique, nous ne voulons pas connaître la prolifération des armes à feu comme cela est actuellement le cas aux États-Unis.

Vous êtres trop émotifs

J’ai reçu un message sur les réseaux sociaux me disant que je fais honte aux femmes qui ont été assassinés lors de la tragédie de la Poly parce que je milite pour un contrôle effectif ou, mieux encore, le bannissement des armes d’assaut dans notre pays. J’ai compris que celui qui m’a envoyé ce message est vraiment attaché à son arme à feu, un attachement émotif. Émotif! Oui, je le suis aussi mais pour une autre raison; ma sœur Annie est l’une des quatorze victimes de Poly.

Cela me rappelle un événement que j’ai vécu il y a plus de vingt ans. J’avais été invités par une congrégation religieuse de Bellechasse pour leur parler du contrôle des armes à feu qui était alors en vigueur. Une heure plus tard, j’ai demandé aux religieuses pourquoi le curé, présent au début de ma présentation, avait quitté les lieux si tôt.

— C’est qu’il possède une arme à feu et il pense que vous la lui enlèverez, m’ont-elles confié.

Pourtant, les armes de chasse n’ont jamais été prohibées au Canada. À force de propager la fausse nouvelle (Fake News) que les honnêtes chasseurs ne pourront plus utiliser leurs armes, même les curés paniquent, du moins ceux qui pratiquent la chasse sportive.

Édouard Montpetit

Après la conférence de presse, je suis descendu à pied en direction du Boulevard Édouard Montpetit. J’y découvre pour la première fois un bronze du premier secrétaire de l’Université de Montréal en 1929 : Édouard Montpetit.

Place du 6 décembre

Ensuite, j’ai poursuivi ma marche en direction de la Place du 6 décembre. J’ai pris le temps de déchiffrer le nom de chacune des quatorze femmes inscrites sur le sol. J’ai prié et revécu en mémoire les nombreuses fois où j’y étais venu, tout particulièrement lors de la visite de l’Honorable Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères.

Ensuite, j’ai poursuivi ma prière à l’Oratoire Saint-Joseph où d’importants travaux d’aménagement sont en cours d’exécution. J’ai suivi la route sinueuse ascendante menant à la chapelle du Frère André.

D’une grande sobriété, celle-ci semble hors contexte à côté de l’immense oratoire. Curieusement, j’y vois de nouveau cette polarisation qui, cette fois-ci, s’exprime dans le style architectural. J’ai pris plusieurs photos dans la plus grande de deux, mais j’ai prié dans la petite chapelle.

« Un vote pour les Conservateurs, c’est un vote pour le lobby des armes à feu », prévient ​PolySeSouvient

Zacharie Goudreault, Le Devoir, 9 septembre 2021

L’organisme PolySeSouvient appréhende un accès plus facile aux armes à feu et aux armes d’assaut pour les Canadiens si les élections fédérales du 20 septembre menaient à la victoire du Parti conservateur, menaçant ainsi les minces gains effectués par le pays en matière de contrôle de celles-ci au cours des dernières années.

« Un vote pour les conservateurs, c’est un vote pour le lobby des armes à feu », a lancé jeudi avant-midi la coordonnatrice de PolySeSouvient, Heidi Rathjen, lors d’une conférence de presse tenue dans un chapiteau aménagé sur le site de Polytechnique Montréal, où 14 femmes ont été tuées lors d’une fusillade survenue le 6 décembre 1989.

Près de 32 ans plus tard, certains gains ont été accomplis en matière de contrôle des armes à feu. Le gouvernement libéral a notamment interdit l’an dernier environ 1500 modèles d’armes d’assaut de type militaire et mis en place un programme de rachat volontaire visant celles-ci. La formation de Justin Trudeau s’est d’ailleurs engagée dans la présente campagne électorale à rendre obligatoire la remise de ces armes par leurs propriétaires, en plus d’interdire les chargeurs à haute capacité.

Le Parti conservateur, pour sa part, a prévu dans sa plateforme électorale d’annuler l’interdiction des armes d’assaut visées par la loi C-71 et le décret de mai 2020, un engagement qu’a ensuite contredit à quelques reprises son chef, Erin O’Toole. « Toutes les armes à feu actuellement interdites le resteront », indique d’ailleurs une note de bas de page ajoutée depuis à la plateforme du parti. Une volte-face qui laisse Heidi Rathjen dubitative.

« Malheureusement pour les Canadiens, quand il est question du contrôle des armes à feu, les conservateurs respectent leurs promesses. […] Ils vont même plus loin », a-t-elle lancé au micro, en présence de plus d’une dizaine d’étudiants et de proches de survivants de la tuerie de Polytechnique. Mme Rathjen rappelle à cet effet la décision de l’ancien gouvernement de Stephen Harper d’abolir en 2012 le registre des armes d’épaule, contre vents et marées.

« Au lieu de continuer à rebâtir notre loi, un prochain gouvernement conservateur continuera à le détruire davantage, au point où ce ne sera plus récupérable. Le lobby proarmes aura le contrôle, comme il l’a aux États-Unis », appréhende la survivante de la tragédie de Polytechnique Nathalie Provost, qui s’inquiète de la perspective que les armes d’assaut deviennent plus facilement accessibles au pays.

Dans ce contexte, elle presse les électeurs canadiens à voter pour le Parti libéral en vue du scrutin du 20 septembre.

« Le Parti libéral est le seul parti qui est en position de renforcer le contrôle des armes. Aujourd’hui, nous sommes convaincus qu’au minimum, un gouvernement libéral livrera l’interdiction des accessoires et des armes de type militaire », a-t-elle renchéri.

Mme Provost, qui accuse le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert de manquer de « leadership » sur l’enjeu du contrôle des armes à feu, salue d’autre part les prises de position du Bloc québécois à cet égard. Le parti nationaliste a notamment fait pression sur le gouvernement libéral sortant en faveur d’un programme obligatoire de rachat pour les propriétaires d’armes d’assaut de type militaire, en plus de réclamer l’interdiction des chargeurs à grande capacité. « Ce sont toutes des mesures solides et attendues depuis longtemps », estime Mme Rathjen.

« Nous sommes très confiants que le Bloc québécois restera un allié fort et fiable pour le contrôle des armes, comme il l’a été depuis le début », a déclaré Mme Provost.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a pour sa part incité jeudi les « nationalistes québécois » à se « méfier » de Justin Trudeau, une prise de position que Heidi Rathjen a préféré ne pas commenter, tout en rappelant que son organisme oriente ses appuis dans cette campagne électorale uniquement en fonction de la lutte contre la violence par armes à feu.

Garder espoir, malgré « la fatigue »

Dans les dernières années, PolySeSouvient a pourtant critiqué à maintes reprises les mesures prises par le gouvernement libéral en matière de contrôle des armes à feu. C’est aussi le cas de plusieurs municipalités, incluant Montréal et Québec, qui déplorent qu’Ottawa leur relègue pour l’instant la tâche d’interdire les armes de poing sur leur territoire au lieu d’appliquer une interdiction à l’échelle du pays.

Malgré tout, Mme Provost garde espoir qu’un gouvernement libéral réélu irait de l’avant avec les mesures qu’il propose pour resserrer le contrôle des armes à feu, notamment en raison de « l’ensemble de l’intérêt qui a été porté par les Canadiens sur cette question » dans les dernières semaines.

« On est surpris de l’ampleur que le dossier a prise dans le cadre des élections », a d’ailleurs soulevé Heidi Rathjen.

Un sondage mené à la fin août par la firme Léger pour le compte de l’Association d’études canadiennes fait notamment état d’un taux de 51 % d’électeurs qui soutiendraient davantage un parti fédéral entendant renforcer le contrôle des armes à feu. Ce pourcentage tombe à 9 % chez les répondants canadiens qui souhaiteraient un allègement des règles en la matière. Les autres personnes sondées ont indiqué être en faveur du statu quo ou ne pas voir dans le contrôle des armes à feu un enjeu important dans le cadre de ces élections.

« Le gouvernement libéral nous donne espoir que les choses vont se faire. Mais je souligne qu’on a été à quelques reprises déçus par les promesses libérales, alors on a des raisons de penser qu’on peut à nouveau être déçus », a pour sa part soulevé Serge St-Arneault, rencontré par Le Devoir en marge de cet événement. Sa sœur a péri pendant la tuerie de Polytechnique en 1989.

Plus de trente ans après cet événement, on en est encore à débattre de l’importance de bannir les armes d’assaut, s’exaspère M. St-Arneault, qui garde toutefois espoir.

« C’est sûr que physiquement et mentalement, il y a une fatigue. Les années passent et on voit qu’on ne sait pas encore très bien où l’on va. Mais là, les signes sont prometteurs », a ajouté le prêtre, qui puise la motivation nécessaire pour continuer ses démarches en faveur d’un meilleur contrôle des armes à feu dans l’amour et « l’attachement » qu’il conserve pour sa sœur. « Je pense que je ne lâcherai jamais jusqu’à la fin de ma propre vie. »

Armes à feu : les maires de cinq villes du Québec veulent des engagements clairs

La Presse canadienne, 6 septembre 2021

Les maires des cinq plus grandes villes du Québec réclament que les chefs des principaux partis fédéraux s’engagent « clairement et fermement » à lutter contre le trafic d’armes à feu.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, le maire de Québec, Régis Labeaume, le maire de Laval, Marc Demers, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, et la mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, ont convoqué la presse mardi au Vieux-Port de Montréal afin de traiter du sujet dans le but avoué de mettre de la pression sur les chefs à la veille du débat des chefs en français.

Leur sortie survient alors que le sujet des armes d’assaut continuait de hanter le chef conservateur lundi, pour une quatrième journée d’affilée. Erin O’Toole avait renoncé dimanche à une de ses promesses en annonçant qu’il n’abolirait finalement pas un décret interdisant certains types d’armes de style militaire, tout en promettant de revoir la classification de ces armes.

Selon ses adversaires libéraux, un tel exercice vise simplement à autoriser à nouveau la possession de certaines de ces armes.

Dans sa liste de demandes aux partis fédéraux, Montréal réclamait à la fin août une interdiction pancanadienne de la possession privée des armes de poing et d’assaut afin de s’attaquer à la source du problème de la montée des épisodes de violence par armes à feu.

Un projet de loi du gouvernement libéral, déposé en février, envoyait la gestion des armes de poing dans la cour des municipalités, ce qui avait suscité un tollé. Des survivants, des membres de familles des victimes du massacre de 1989 à l’École polytechnique de Montréal et des étudiants de l’époque du carnage avaient même averti le premier ministre Justin Trudeau qu’ils n’accepteraient plus jamais qu’il soit à leurs côtés lors des commémorations annuelles de la fusillade.

Dans un geste de désaveu, les élus de l’Assemblée nationale avaient alors réclamé, unanimement, qu’Ottawa lui délègue le pouvoir d’interdire les armes de poing. Le gouvernement québécois n’a cependant jamais dit qu’il légiférerait en la matière.

Le Parti libéral du Canada promet désormais de remettre aux provinces le pouvoir de légiférer en matière d’armes de poing, une position qui continue de décevoir le groupe PolySeSouvient, lequel note que l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta n’en veulent pas.

Le coprésident de la campagne libérale pour le Québec, Pablo Rodriguez, avait expliqué samedi qu’il s’agit d’une démonstration de fédéralisme flexible et coopératif.

Selon le Bloc québécois, à défaut d’avoir le courage d’agir, Ottawa devra minimalement donner le pouvoir de bannir les armes de poing au Québec et aux provinces.

Les plateformes du Parti conservateur du Canada et du Nouveau Parti démocratique ne précisent pas une interdiction des armes de poing sur un territoire précis.

Les conservateurs indiquent vouloir chercher à garder les armes à feu loin des mains des criminels, tandis que les néo-démocrates s’engagent à travailler pour garder les armes hors de nos rues et à s’attaquer à la contrebande d’armes à feu et au crime organisé.

La violence par armes à feu a fortement augmenté dans les dernières années au Canada. Selon Statistique Canada, le nombre d’infractions de ce type est passé de 3544 en 2019 à 4137 en 2020, ce qui constitue une augmentation de 15 %, soit la sixième hausse annuelle consécutive.

O’Toole assure qu’il va « maintenir l’interdiction » sur les armes d’assaut – Contradiction avec la plateforme

Le chef Erin O’Toole a réitéré vendredi sa volonté de « maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut » au Canada, malgré la volonté de son parti — écrite dans sa plateforme – de renverser les restrictions adoptées à ce chapitre par le gouvernement libéral.

HENRI OUELLETTE-VÉZINA, LA PRESSE, Publié le 3 septembre 2021

PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, REUTERS

« On va maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut et en plus, on va travailler en étroite collaboration avec les policiers pour stopper la contrebande », a soutenu le conservateur lors d’une mêlée de presse tenue à Montréal en fin de matinée, où il présentait son plan pour « s’attaquer à la violence liée aux gangs de rue ».

Reste que comme la veille, pendant le débat des chefs, M. O’Toole n’a pas réellement été en mesure d’expliquer vendredi l’apparente contradiction entre cette nouvelle déclaration et le contenu de sa plateforme, qui a d’abord été soulevée jeudi soir par le chef libéral Justin Trudeau.

À la page 96 de la plateforme conservatrice, on mentionne en effet l’intention claire « d’abolir le projet de loi C-71 et le décret de mai 2020 », qui avaient interdit plusieurs types « d’armes à feu de style armes d’assaut », dont le Ruger Mini-14, qui a été utilisé dans la tuerie de Polytechnique. Dans le document, les conservateurs y proposent plutôt de « faire un examen de la Loi sur les armes à feu » pour la « mettre à jour, en créant un système de classification simplifié ».

Alors qu’il était questionné à savoir s’il compte mettre sur pied un programme de rachat obligatoire des armes d’assaut, ou s’il entend obliger les propriétaires à les rendre, le chef conservateur est aussi demeuré très évasif. « Comme j’ai dit, on va maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut », a-t-il simplement offert, en plaidant pour un processus « transparent » et une approche « stratégique » contre la violence.

À Toronto, le chef libéral Justin Trudeau n’a pas manqué d’attaquer « le manque de clarté » du chef conservateur. « Son manque de clarté sur cet enjeu est malheureusement typique d’un chef qui dit une chose aux groupes d’intérêt, les anti-choix, les lobby des armes à feu et ceux qui nient les changements climatiques, pendant qu’il essaie de dire le contraire aux Canadiens », a martelé M. Trudeau. « C’est tout à fait irresponsable », a-t-il insisté.

« Erin O’Toole ment par omission. Il dit à sa base électorale, qui est très pro-armes : je vais dire aux Québécois que je vais interdire les armes à feu, mais en même temps, temps je vais faire en sorte que la définition d’armes d’assaut soit tellement petite que vous allez être bien contents », a réagi la ministre libérale Mélanie Joly lors d’un point de presse vendredi après-midi. « C’est le lobby des armes qui le soutient, le finance et, en même temps, lui envoie des bénévoles », a-t-elle renchéri.

« Stratégie de sortie des gangs »

Dans leur plan pour lutter contre la violence liée aux gangs de rue, les conservateurs proposent entre autres « d’amender le Code criminel » et établir une « liste d’entités des gangs criminelles », ce qui « éliminerait l’obligation pour les procureurs de faire la preuve qu’une organisation est criminelle ».

Erin O’Toole veut aussi « imposer une peine minimale obligatoire de deux ans pour possession d’arme prohibée si la personne a fait l’objet d’une ordonnance d’interdiction ou a auparavant été reconnue coupable d’une infraction relative aux armes à feu ».

Pour « créer une stratégie de sortie des gangs », le chef conservateur promet aussi de « former des partenariats avec des entreprises du secteur privé », via un programme gouvernemental qui permettrait aux membres des gangs de rue « de s’en sortir, de refaire leur vie, de trouver un bon emploi et d’obtenir le soutien pour quitter une vie de crime ».

« Trop de recrues dans les gangs, surtout les jeunes, sont contraints au cycle de la violence parce qu’il n’y a pas d’autres options », a soutenu le chef conservateur. S’il est élu, il compte aussi « ordonner la remise automatique des armes à feu aux forces policières à l’endroit où quelqu’un a été accusé d’une infraction ».

Le parti veut par ailleurs « travailler de près » avec l’Agence des services frontaliers (ASFC) et la GRC pour « cibler les activités de contrebande » avant que les armes « n’atteignent la frontière ». « Les gangs de rue sont prévenues. Comme premier ministre, je vais toujours être du côté des familles, des honnêtes citoyens et des victimes », a martelé M. O’Toole.

Il s’est par ailleurs dit bouleversé par la hausse des fusillades à Montréal, et particulièrement par la fusillade survenue il y a quelques semaines dans Rivière-des-Prairies, faisant trois décès et deux blessés.

AUTRES LIENS

Radio avec Nathalie

Entrevue avec Nathalie Provost, survivante du massacre à Polytechnique et porte-parole de PolySeSouvient : le chef Erin O’Toole a réitéré au débat sa volonté de « maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut » au Canada, malgré le fait qu’il soit écrit dans sa plateforme qu’il souhaite renverser les restrictions adoptées à ce chapitre par le gouvernement libéral. 

Armes à feu : «il faut que les Canadiens soient très méfiants de ce qu’ils lisent derrière les mots des conservateurs»

https://omny.fm/shows/mario-dumont-vincent-dessureault/armes-feu-il-faut-que-les-canadiens-soient-tr-s-m

GLOBE AND MAIL

https://www.theglobeandmail.com/politics/article-conservatives-would-repeal-ban-on-guns-used-in-ecole-polytechnique/

CBC

https://www.cbc.ca/news/politics/erin-otoole-assault-weapons-1.6163698?__vfz=medium%3Dsharebar

Presse canadienne 

https://www.lapresse.ca/elections-federales/2021-09-03/le-contrat-d-erin-o-toole-aux-quebecois-toujours-pas-livre.php

https://www.latribune.ca/actualites/elections-federales/verification-erin-otoole-veut-il-ramener-les-armes-dassaut-au-canada-2c408870d098dd9c69f4162c4e8fe2ba

Le Devoir:

https://www.ledevoir.com/politique/canada/629748/impossible-de-savoir-quelles-armes-d-assaut-interdiraient-les-conservateurs

Canadian Press:

https://www.thestar.com/politics/federal-election/2021/09/03/otoole-promises-to-increase-penalties-for-crimes-involving-guns.html

With Video:

https://www.cp24.com/news/liberals-accuse-conservatives-of-trying-to-deceive-canadians-on-firearms-policy-1.5572609?cache=yes%3FclipId%3D86116%3Fot%3DAjaxLayout%3FclipId%3D89680

QMI:

https://www.journaldequebec.com/2021/09/03/armes-dassaut-otoole-rattrape-par-sa-plateforme

L’actualité, bilan:

https://lactualite.com/actualites/jour-20-et-lendemain-de-debat-otoole-contredit-sa-promesse-sur-les-armes-dassaut/

Global

CBC (PSS) 

https://www.cbc.ca/news/politics/erin-otoole-assault-weapons-1.6163698?__vfz=medium%3Dsharebar

L’actualité, bilan: 

https://lactualite.com/actualites/jour-20-et-lendemain-de-debat-otoole-contredit-sa-promesse-sur-les-armes-dassaut/

Radio-Canada: 

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1821531/interdiction-armes-assaut-type-militaire-parti-conservateur

John Ivison 

https://montrealgazette.com/news/politics/election-2021/john-ivison-erin-otooles-promises-may-be-a-matter-of-expediency-in-this-election

QMI – Dominique Vien 

https://www.journaldequebec.com/2021/09/04/les-armes-a-feu-le-grand-ecart-de-dominique-vien

Rachel Benyaden 

https://www.lapresse.ca/elections-federales/2021-09-04/les-liberaux-promettent-de-durcir-les-lois-sur-les-armes-a-feu.php

Presse canadienne suivi 

https://www.ledevoir.com/politique/canada/629958/armes-a-feu-les-liberaux-accusent-erin-o-toole-de-mentir

Canadian Press Rachel follow up 

https://www.ctvnews.ca/politics/federal-election-2021/look-to-conservative-platform-to-fill-in-the-blanks-on-gun-policy-o-toole-1.5573803

Global – O’Toole fill in blanks, upset about US imports 

Macleans Stephen Maher 

RC Rachel 1977 

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1821731/rodriguez-armes-fusils-assaut-lois-pistolets

Opinion Emmanuelle Latravere Otoole / PSS 

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/05/le-grand-brouillard-des-armes-a-feu

La Presse Blanchet Metropolis 

https://www.lapresse.ca/elections-federales/2021-09-04/blanchet-appelle-les-autres-partis-a-durcir-les-lois-sur-les-armes-a-feu.php

No place in Canada, Trudeau says secret deal 

https://www.thestar.com/politics/federal-election/2021/09/05/trudeau-pledges-to-further-tighten-gun-control-laws-in-toronto-area-campaign-stop.html

Canadian press – OToole flip-flops 

https://www.cp24.com/news/o-toole-appears-to-break-with-election-platform-pledges-status-quo-on-firearm-bans-1.5574405

Trudeau OToole entente secrete 

https://www.lapresse.ca/elections-federales/2021-09-05/trudeau-continue-ses-attaques-envers-o-toole-au-sujet-des-armes-a-feu.php

Radio Canada – reaction au flipflop de O’Toole (PSS) 

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1821868/campagne-parti-conservateur-securite-police

La Presse – Rachel demande excuses 

https://www.lapresse.ca/elections-federales/2021-09-05/armes-a-feu/les-liberaux-denoncent-les-contradictions-d-o-toole.php

Canadian press – reaction to O’toole (PSS) 

https://www.theglobeandmail.com/politics/article-erin-otoole-criticizes-defund-the-police-movement-promises-to-hire/

Global – handguns (see end of video for credibility question) 

POUR UN ENCADREMENT RAISONNABLE ET EFFICACE DES ARMES À FEU

POUR UN ENCADREMENT RAISONNABLE ET EFFICACE DES ARMES À FEU.
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Conférence de presse commune des représentants des victimes des attaques de la Mosquée de Québec, du Collège Dawson et de Polytechnique, en 2018.

En réponse au texte d’André Gélinas, « Alors, on change de cible ? »

NATHALIE PROVOST, SURVIVANTE DU FÉMINICIDE À L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE ET PORTE-PAROLE DE POLYSESOUVIENT

Publié le 24 août 2021 sur La Presse +

Le texte d’André Gélinas publié dans La Presse du 13 août montre que les pratiques de désinformation et de diffamation à l’encontre de notre collectif ne sont pas exclusives aux groupes pro-armes. C’est d’autant plus regrettable de voir M. Gélinas, un ancien sergent-détective du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), se prêter à de telles tactiques alors que nous partageons fermement son objectif de contrer le trafic illégal des armes à feu.

En effet, même si notre préoccupation principale concerne les lois régissant les armes, nous appuyons activement la lutte contre le trafic d’armes, notamment pour pousser nos politiciens à autoriser les interventions policières nécessaires afin de rompre le « pipeline de fer » tel qu’exposé par l’émission J.E. il y a quelques mois.

Les mesures de prévention et le combat contre la criminalité ne sont pas deux initiatives mutuellement exclusives. Alors pourquoi attaquer les victimes d’une fusillade de masse qui cherchent à empêcher des tragédies similaires ? La réponse est évidente en ce qui concerne le lobby des armes : miser sur les armes illégales afin d’empêcher les contrôles qui touchent les amateurs d’armes.

Malheureusement, M. Gélinas emploie les mêmes mythes et présomptions couramment avancés par le lobby pro-armes, sans preuves à l’appui, de manière à dresser une cause contre l’autre et porter atteinte à notre crédibilité.

Saisissons-donc l’occasion pour examiner ces arguments erronés – aussi simplistes et séducteurs soient-ils.

« Plus de 99 % des actes criminels impliquant des armes sont le fruit d’un trafic illégal », écrit-il.

Le lobby des armes à feu soutient que le « problème » ne concerne pas les propriétaires légaux. Or, selon Statistique Canada, la moitié des homicides par balle ne sont pas liés aux gangs criminels.

DES ARMES LÉGALES

M. Gélinas doit savoir que ce n’est pas une « arme de poing illégale » qui a causé mes quatre blessures ainsi que la mort de 14 de mes consœurs à Polytechnique en 1989. Comme bien d’autres tueurs de masse (Collège Dawson – 2006, Moncton – 2014, Fredericton – 2018, etc.), le tueur était légalement propriétaire d’une arme longue. Les tireurs à l’Université Concordia (1992) et à la Grande Mosquée de Québec (2017) étaient propriétaires légaux de leurs armes de poing, s’étant même entraînés dans un club de tir avoisinant.

De plus, selon diverses enquêtes officielles au pays, la source des armes saisies dans le cadre d’activités criminelles varie substantiellement d’un endroit à l’autre. Par exemple, alors qu’à Toronto la majorité des armes saisies proviennent des États-Unis, c’est seulement une minorité pour l’ensemble des provinces de l’Ouest.

Bien que les armes de poing illégales règnent au sein des gangs de rue, la majorité des homicides conjugaux, des suicides, des tueries de masse et des meurtres de policiers par balle sont commis avec des fusils et des carabines sans restrictions.

Toujours selon M. Gélinas, il est obligatoire de communiquer avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avant la transaction afin de vérifier la validité du permis d’un acheteur potentiel.

Il est vrai qu’acheter une arme sans permis constitue un crime, mais ce n’est pas aussi clair quant à la vente d’une arme à quelqu’un sans permis.

De 2003 à 2012, alors que toutes les armes étaient enregistrées au Canada, chaque transaction passait par le système, ce qui garantissait le transfert d’un vendeur agréé à un acheteur agréé. Or, dans le cadre de la destruction du registre en 2012, le gouvernement Harper a aussi éliminé la vérification de la validité des permis : un vendeur n’a qu’à croire qu’un acheteur détient un permis valide (« le cédant n’a aucun motif de croire que le cessionnaire n’est pas autorisé… ») – ce qui constitue une immense échappatoire : « Mais je le croyais sincèrement… Prouvez le contraire ! »

C’est pourquoi, en 2015, le Parti libéral a promis d’obliger de nouveau « les vendeurs à en vérifier la validité avant de conclure la vente ». Malheureusement, la législation des libéraux (C-71) adoptée en 2018 n’impose rien de tel. Il n’est écrit nulle part ni dans la loi ni dans la réglementation qu’un vendeur doit communiquer à la GRC des renseignements associés au permis d’un acheteur potentiel afin de faire autoriser une transaction (une absurdité que le gouvernement a dû récemment admettre, à reculons). En ce qui concerne les ventes privées notamment, le nouveau système continuera de reposer entièrement sur la bonne foi des vendeurs.

« Pour ces groupes de pression, la simple idée qu’un citoyen puisse posséder légalement une arme pour des activités sportives hautement encadrées est simplement inconcevable et injustifiable. »

Que dire face à cette accusation farfelue ? Nous mettons au défi M. Gélinas et tous nos détracteurs qui prétendent que nous visons l’interdiction de l’ensemble des armes à feu de parcourir les centaines de communiqués, mémoires, documents synthèses et citations que nous avons produits au fil des ans pour trouver un seul exemple en ce sens. Impossible.

Nous ne sommes pas contre la possession d’armes à feu, ni contre la lutte contre les armes illégales. Certes, nous sommes contre les armes les plus meurtrières comme les armes d’assaut, mais notre principale revendication est un encadrement raisonnable et efficace des armes à feu en vue de prévenir les traumatismes, les blessures et les morts causés par leur mauvais usage.