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Armes à feu. Les commerces devront tenir un registre

PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Dès le 18 mai, tout vendeur d’armes à feu, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’un commerce, devra vérifier l’identité de l’acheteur et vérifier qu’il possède bien son permis d’armes à feu au moyen d’une base de données en ligne.

(Ottawa) Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a annoncé une série de mesures mercredi pour contrôler la vente d’armes à feu. Il s’agit des dernières étapes de la mise en œuvre de la loi C-71 adoptée en 2019.

MYLÈNE CRÊTE

MYLÈNE CRÊTE, LA PRESSE, 11 mai 2022

Les commerces auront l’obligation de tenir un registre sur l’achat de chaque arme à feu comme ils le faisaient jusqu’en 2005. Cette exigence était alors devenue redondante avec la création du registre des armes d’épaule sept ans plus tôt. Ce registre national avait par la suite été aboli dans la controverse à cause de son coût trop élevé.

Dès le 18 mai, tout vendeur d’armes à feu, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’un commerce, devra vérifier l’identité de l’acheteur et vérifier qu’il possède bien son permis d’armes à feu au moyen de la base de données en ligne du Programme canadien des armes à feu.

« Ces nouvelles règles garantiront que les personnes qui ne sont pas autorisées ou ne devraient pas avoir accès à une arme à feu ne pourront pas en obtenir une et empêcheront les armes de tomber entre de mauvaises mains », a affirmé M. Mendicino en conférence de presse.

Actuellement, les vendeurs peuvent vérifier si l’acheteur d’une arme à feu sans restriction détient un permis valide, mais ils n’en ont pas l’obligation. De plus, les commerces sont seulement obligés de tenir un registre des transactions pour les armes à feu prohibées ou à autorisation restreinte.

La situation est différente au Québec où les armes à feu sans restriction, comme les armes d’épaule, doivent être immatriculées depuis 2019.

Le ministre Mendicino a fait valoir que le registre permettra aux forces policières de retrouver le propriétaire d’une arme avec laquelle un crime aurait été commis. « C’est de cette façon que la police a pu trouver Marc Lépine », a avancé le ministre. En fait, les policiers avaient utilisé le numéro de série de l’arme utilisée pour perpétrer la tuerie de l’École polytechnique pour l’identifier après qu’il se soit enlevé la vie.

Le collectif PolySeSouvient estime que le gouvernement corrige ainsi une faille. « Compte tenu de l’opposition continue du Parti conservateur au projet de loi C-71 et de ses manœuvres passées visant à saper la mise en œuvre de contrôles sur les armes à feu, nous craignions qu’un futur gouvernement conservateur ne profite d’un passage vague du règlement proposé pour faire en sorte que les demandes de transferts soient systématiquement approuvées sans que le permis ne soit réellement validé par le système, a réagi l’une de ses porte-parole, Heidi Rathjen. L’amendement empêche effectivement un tel scénario. »

Le Parti conservateur accuse le gouvernement libéral de réintroduire le registre des armes d’épaule « qui n’a pas permis de lutter contre la violence armée à l’époque et qui ne permettra pas de lutter contre la violence armée aujourd’hui ».

« La réalité est que la grande majorité des crimes commis avec des armes à feu le sont avec des armes obtenues illégalement et le registre des armes à feu de Trudeau ne fait absolument rien pour arrêter le flux d’armes acquises illégalement qui se retrouvent dans les mains de gangs et de criminels », a indiqué la députée Rachel Dancho, porte-parole en matière de sécurité publique.

L’annonce du ministre Mendicino survient au lendemain d’une fusillade qui a fait un blessé dans un quartier résidentiel de Laval. Il s’agit du troisième incident du genre à survenir dans cette ville depuis dimanche. La nouvelle a été saluée par la mairesse de Montréal Valérie Plante, dont la ville connaît aussi une recrudescence de fusillades.

« C’est un pas dans la bonne direction, a-t-elle écrit sur Twitter. Comme nous l’avons rappelé au Forum montréalais, nous continuerons à appuyer tous les efforts menant à l’interdiction des armes de poing. La sécurité des Montréalais-es est une priorité. »

AUTRES LIENS

7,4 millions pour améliorer la qualité de vie des jeunes. Lutte contre la violence armée

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE – La mairesse de Montréal, Valérie Plante

À l’issue du Forum montréalais pour la lutte contre la violence armée, qui s’est terminé jeudi, la Ville de Montréal investira 7,4 millions pour des initiatives ciblant les jeunes et leurs familles

ISABELLE DUCAS, LA PRESSE, 31 mars 2022

« Au-delà de la réponse immédiate aux évènements violents, il faut se pencher sur les conditions qui améliorent la qualité de vie et le parcours des jeunes, et qui peuvent les maintenir loin de la criminalité et des armes », a expliqué la mairesse Valérie Plante, en annonçant cet investissement, en fin de journée jeudi.

Une somme de 2 millions servira à soutenir des projets initiés « par et pour les jeunes », a indiqué Mme Plante. Il permettra de financer des projets tels que des campagnes de sensibilisation, des évènements ou des activités sociales, sportives et culturelles, en collaboration avec les organismes communautaires.

De plus, la Ville de Montréal réservera 5 millions provenant de son budget participatif à des projets d’infrastructures qui répondent aux besoins des jeunes, tels que « des plateaux sportifs, des projets de ruelles vertes ou d’agriculture urbaine », a cité la mairesse.

Enfin, 400 000 $ seront consacrés à la création d’une ligne d’accompagnement téléphonique offerte aux familles qui veulent agir pour la prévention de la violence.

Crise de santé publique

Le Forum montréalais pour la lutte contre la violence armée, qui s’est déroulé sur trois jours au cours des trois derniers mois, a permis à une centaine de personnes de discuter des meilleures pratiques pour combattre la criminalité.

Valérie Plante a promis, aux côtés du chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, que ces discussions mèneront à d’autres pistes d’action en vue d’une deuxième série d’engagements.

Au cours du forum, on a notamment soulevé le fait que la violence armée devait être traitée comme une crise de santé publique, qui est exacerbée par la pandémie, par les inégalités sociales et par les réseaux sociaux.

« Pour en arriver à une bonne couverture vaccinale chez les jeunes, on est allé les chercher là où ils étaient, alors il faut faire la même chose pour d’autres types de problématiques », a noté la directrice de santé publique de Montréal, Mylène Drouin, qui participait à l’évènement.

Les participants ont aussi soulevé le problème de la glorification de la violence sur les réseaux sociaux, le besoin de soutien pour les parents, la nécessité pour les jeunes d’avoir accès à des intervenants de confiance, le manque de financement des organismes communautaires et l’importance de mieux contrôler les armes à feu.

Interdire les armes de poing

À ce sujet, Valérie Plante a directement interpellé le ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino, présent à ses côtés en conférence de presse, en réitérant sa demande pour une interdiction des armes de poing au Canada.

L’interdiction des armes, c’est primordial pour moi et pour d’autres acteurs, dont le SPVM. Parce que si à chaque fois qu’on retire une arme, il y en a dix autres qui apparaissent, soit en provenance d’une autre province ou des États-Unis, c’est difficile.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

« On sera là pour prendre plus d’actions », a répondu le ministre Mendicino, sans toutefois prendre d’engagement concret à ce sujet.

Du côté de l’opposition à l’hôtel de ville, on déplore que les engagements de l’administration Plante manquent de sérieux.

« Il est ironique de voir la mairesse piger dans le budget participatif de la Ville de Montréal en pensant que c’est avec des projets de ruelles vertes qu’on va enrayer la violence armée », a déploré Abdelhaq Sari, porte-parole de l’opposition en matière de sécurité publique et vice-président de la Commission sur la sécurité publique. « En décembre dernier, nous lui avions proposé d’allouer plutôt une somme de ce budget participatif pour le projet de centre sportif à Montréal-Nord. Cette solution, beaucoup plus concrète et attendue par les organismes et les citoyens, nous a été refusée. »

AUTRES LIENS

Jean Charest ne toucherait pas aux lois sur le contrôle des armes à feu

PHOTO TODD KOROL, ARCHIVES REUTERS

(Ottawa) Le candidat à la direction du parti conservateur Jean Charest a déclaré jeudi qu’il ne modifierait pas les lois canadiennes actuelles sur les armes à feu, y compris en ce qui concerne l’interdiction des armes à feu « d’assaut ».

STEPHANIE TAYLORLA, PRESSE CANADIENNE, 17 mars 2022

Lors d’une entrevue de fond, M. Charest a déclaré qu’en matière de contrôle des armes à feu, l’accent devrait être mis sur le trafic d’armes de poing en provenance des États-Unis. Il a souligné le nombre élevé de fusillades qui ont eu lieu récemment à Montréal et à Toronto.

Selon M. Charest, c’est là-dessus qu’Ottawa devrait consacrer son énergie et ses ressources, plutôt que de réglementer les chasseurs et les agriculteurs. « Je ne possède pas d’arme à feu, mais j’ai aimé chasser. Et je pense qu’il devrait simplement y avoir une approche de gros bon sens dans tout ça. »

Interrogé spécifiquement sur l’interdiction par le gouvernement libéral de quelque 1500 modèles d’armes à feu, M. Charest a répondu qu’il « ne cherchait pas à modifier les lois » actuelles. « Ce n’est pas à mon programme », a-t-il dit.

La position de M. Charest semble aller à l’encontre de celle du Parti conservateur. Des opposants à cette interdiction ont récemment demandé qu’elle soit supprimée et que tout l’argent qui y est consacré soit redirigé vers les services policiers et frontaliers.

Des propos en ce sens ont été tenus jeudi soir par le candidat à la direction Patrick Brown.

« Je suis maire dans le Grand Toronto. Je sais d’expérience que les milliards que Justin Trudeau dépensera pour enlever des armes à feu détenues légalement seraient mieux investis auprès des forces policières qui en ont désespérément besoin », a-t-il écrit sur Twitter.

Une question chaude

La course à la direction des conservateurs a ravivé la question de savoir ce que les propriétaires d’armes à feu attendent d’Ottawa, car ils constituent une part importante de la base militante du parti, fortement concentrée dans l’Ouest canadien. Les groupes de défense connexes sont également bien mobilisés et attendent déjà de pied ferme M. Charest sur cette question.

Les partisans du candidat Pierre Poilievre dans la course ont eux aussi souligné les positions passées de M. Charest sur le contrôle des armes à feu. Avant même que M. Charest n’entre officiellement dans la course, Jenni Byrne, de l’équipe Poilievre, l’avait traité sur Twitter de « libéral » parce que lorsqu’il était premier ministre du Québec, il s’était opposé à la décision de Stephen Harper de mettre fin au registre fédéral des armes d’épaule.

La cheffe par intérim des conservateurs, Candice Bergen, a acquis une certaine notoriété en promettant de supprimer le registre, en 2009, avec un projet de loi d’initiative parlementaire. Lorsque M. Harper a formé un gouvernement conservateur majoritaire en 2011, la députée manitobaine a contribué à faire démanteler le registre.

O’Toole avait eu du mal

La bataille actuelle contre le contrôle des armes à feu que mènent les conservateurs porte sur l’interdiction de ce que M. Trudeau appelle « les armes de type assaut ».

Le 1er mai 2020, quelques semaines après la fusillade la plus meurtrière de l’histoire du Canada, en Nouvelle-Écosse, le gouvernement libéral a désigné comme prohibés plus de 1500 modèles et variantes d’armes à feu de type « armes d’assaut ». M. Trudeau s’était également engagé à mettre en place un programme de rachat de ces armes d’assaut prohibées.

Le gouvernement avait prévu en mai 2020 une période d’amnistie de deux ans pour les propriétaires d’armes à feu visés par l’interdiction. Cette période d’amnistie devait donc prendre fin en mai prochain, mais Ottawa a annoncé mercredi sa prolongation de 18 mois, soit jusqu’au 30 octobre 2023.

L’élection fédérale de l’an dernier a vu les conservateurs se débattre sur la question du contrôle des armes à feu. Le chef de l’époque, Erin O’Toole, avait courtisé les propriétaires d’armes et leurs défenseurs lors des courses à la direction du parti, en 2017 et 2020.

Mais à mi-chemin de la campagne électorale l’an dernier, le chef a fait marche arrière sur une promesse inscrite dans la plate-forme du parti, qui prévoyait d’abroger l’interdiction libérale des armes de type « assaut ». M. O’Toole a trébuché lorsque M. Trudeau l’a talonné là-dessus lors d’un débat des chefs en direct.

Après avoir dû répondre pendant des jours à des questions des journalistes sur sa position exacte, M. O’Toole a finalement inséré une note en bas de page dans la plate-forme, pour préciser qu’au lieu d’abroger purement et simplement l’interdiction, il la soumettrait à un examen.

Un fusil semi-automatique destiné aux enfants crée la controverse aux États-Unis

PHOTO TIRÉE DU SITE WEE1TACTICAL.COM

Le JR-15 (pour « Junior ») mesure seulement 80 cm de long et pèse moins d’un kilo. Livré avec des chargeurs de 5 ou 10 cartouches de calibre 22 long rifle, il a été commercialisé à la mi-janvier à un prix de 389 dollars.

AGENCE FRANCE-PRESSE, Le Devoir, 18 février 2022

(Washington) Le JR-15, un fusil spécialement conçu pour les enfants sur le modèle d’un fusil d’assaut utilisé dans plusieurs fusillades meurtrières, a fait récemment son apparition sur le marché aux États-Unis, provoquant la colère des associations luttant contre les violences causées par les armes personnelles.

C’est « la première de nombreuses armes qui aideront les adultes à faire découvrir aux enfants le sport de tir en toute sécurité », selon la société WEE1 Tactical, qui salue sur son site internet un fusil « comme l’arme de papa et maman ».

Le JR-15 (pour « Junior ») mesure en effet seulement 80 cm de long et pèse moins d’un kilo. Livré avec des chargeurs de 5 ou 10 cartouches de calibre 22 long rifle, il a été commercialisé à la mi-janvier à un prix de 389 dollars.

Le modèle adulte, l’AR-15, est la version civile d’une arme de type militaire qui a été utilisée dans une série de tueries, notamment en milieu scolaire, qui ont choqué les États-Unis.

Les fusillades sont un fléau récurrent aux États-Unis où le droit de posséder des armes est garanti par la Constitution. Les tentatives de réguler leur vente sont souvent bloquées au Congrès américain, où le puissant lobby des armes NRA exerce une forte influence.

Le 14 décembre 2012, un jeune déséquilibré avait tué 26 personnes, dont 20 enfants, dans l’école primaire Sandy Hook à Newtown, dans le Connecticut, une tragédie qui avait profondément marqué l’opinion publique.

L’AR-15 a également servi dans les fusillades de Las Vegas en 2017, la plus meurtrière de l’histoire récente du pays avec 58 morts, ou de l’école secondaire de Parkland en Floride (17 morts) en 2018.  

« À première vue, ça a l’air d’une farce grotesque. En y regardant de plus près, c’est juste grotesque », a commenté vendredi Josh Sugarmann, directeur général de l’organisation Violence Policy Center, qui lutte contre la violence des armes à feu.

La Newtown Action Alliance, une association favorable à la limitation des armes a condamné le lobby des armes et les fabricants qui font « tout pour continuer à amasser des bénéfices ».

Josh Sugarmann a fustigé l’imagerie utilisée par le manufacturier pour attirer les jeunes clients : un crâne de pirate avec une coupe iroquoise pour les garçons et des couettes blondes pour les filles, une tétine à la bouche.

Dans son rapport sur les méthodes des fabricants d’armes américains pour attirer les jeunes, publié en 2016, il dénonçait les armes peintes avec des couleurs vives – rose, rouge, orange ou violet métallisé – appréciées du jeune public, et plus légères à manier.

En 2021, les armes à feu ont fait près de 45 000 morts aux États-Unis, dont environ 24 000 suicides, et plus de 1500 mineurs ont été tués, selon l’organisation Gun Violence Archive.  

Poursuivi en justice, l’armurier Remington va dédommager les familles, Tuerie de Sandy Hook en 2012

PHOTO DON EMMERT, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Des membres des familles des victimes de la tuerie de l’école primaire de Sandy Hook, lors d’une conférence de presse à Newtown, Connecticut, en 2013. Les familles de neuf victimes de la tuerie sont parvenues à un règlement avec Remington, le fabricant du fusil utilisé dans le massacre, selon des documents judiciaires américains publiés le 15 février 2022.

(New York) Le fabricant américain d’armes Remington a accepté de verser 73 millions de dollars de compensation aux familles de neuf victimes de la tuerie dans l’école de Sandy Hook en 2012, une décision qualifiée d’« historique » par les associations de lutte contre les armes à feu.

PETER HUTCHISON, AGENCE FRANCE-PRESSE, La Presse, 15 février 2022

« Les plaignants dans cette action informent qu’un accord en dommages-intérêts a été conclu entre les parties », indiquent dans un document judiciaire publié mardi les familles de victimes.

Selon leurs avocats, c’est la première fois qu’un manufacturier d’armes est tenu responsable d’une fusillade aux États-Unis.

« L’accord porte sur 73 millions de dollars », a précisé lors d’une conférence de presse l’avocat des familles, Joshua Koskoff. « C’est tout ce qu’il restait » après la faillite du groupe Remington, qui s’est placé sous la protection de la Loi américaine sur les faillites en 2021 avant d’être racheté.

Les familles avaient engagé des poursuites contre l’armurier et sa filiale Bushmaster, estimant qu’il avait vendu en connaissance de cause une version du fusil semi-automatique AR-15, une arme de type militaire « pas du tout adaptée » à un usage civil.

« Cela signe le début du processus nécessaire consistant à tenir les manufacturiers d’armes pour responsable de la fabrication d’armes de guerre » et de leur « marketing irresponsable », a souligné le président américain Joe Biden, saluant « un accord historique » dans un communiqué mardi soir.

Créé en 1816 et considéré comme le plus ancien armurier du pays, Remington niait les accusations et n’a pas immédiatement réagi à l’annonce.

Le 14 décembre 2012, Adam Lanza avait utilisé son Bushmaster XM15-E2S pour tuer 26 personnes, dont 20 enfants et six adultes, à l’école primaire Sandy Hook de Newtown, dans le Connecticut.

Le tireur, âgé de 20 ans et qui s’est suicidé, avait auparavant tué sa mère à son domicile.

« Victoire historique »

Le massacre avait stupéfié l’Amérique et provoqué un énième débat sur l’acquisition et la détention des armes personnelles dans un pays où le droit de posséder une arme est garanti par la Constitution.

Mais les fusils de type AR-15 ont également servi dans d’autres fusillades, comme à Las Vegas en 2017 (58 morts) ou à Parkland en Floride (17 morts) en 2018.

En 2021, les armes à feu ont fait près de 45 000 morts aux États-Unis, dont environ 24 000 suicides, selon l’organisation Gun Violence Archive.  

L’association Giffords qui milite pour un durcissement des lois sur les armes individuelles a salué sur Twitter « une victoire historique » pour les familles, qui sonne comme « un avertissement à l’industrie des armes : aucune entreprise n’est au-dessus de la loi ».

« Enfin, un fabricant d’armes est tenu responsable de la crise de la violence par les armes dans ce pays », a commenté Newtown Action Alliance, un autre groupe partisan de la limitation des armes individuelles.  

Matthew Soto, dont la sœur Victoria était l’une des enseignantes tuées à Sandy Hook, a expliqué devant la presse avoir fait une découverte « horrible » en étudiant les documents de Remington.

« Les fabricants d’armes savaient qu’ils faisaient de la publicité pour un produit dangereux et ils exploitaient ces dangers », a-t-il dit.

« Forcer au changement »

« Quand les militaires cherchent la meilleure arme, la plus meurtrière, la plus destructrice et celle qui pourrait être utilisée par nos soldats s’ils devaient tuer les ennemis de notre pays et de notre liberté, ils choisiraient l’AR-15 », a expliqué l’avocat Joshua Koskoff.

Cette arme « n’a pas été utilisée par un soldat hautement entraîné, mais par un jeune très perturbé, pas sur un champ de bataille, mais dans une école primaire, pas pour protéger la liberté, mais pour la tuer », a-t-il ajouté.

Selon l’avocat, les familles n’ont pas intenté ces poursuites pour être dédommagées financièrement, mais « pour forcer au changement » les fabricants d’armes.

Cet accord « ne signifie pas la fin de l’industrie des armes personnelles (qui) fera toujours partie de notre culture », a affirmé M. Koskoff, mais il montre que « l’immunité de cette industrie n’est pas à l’épreuve des balles ».

Une loi protège, depuis 2005, les fabricants d’armes de la plupart des actions en justice visant à engager leur responsabilité dans un acte violent commis avec l’une de leurs armes.

Mais il existe des exceptions, notamment pour négligence du vendeur, sur lesquelles entendaient jouer les familles.

En mars 2019, la Cour suprême du Connecticut avait statué que Remington pouvait être jugé pour déterminer si ses publicités sur son fusil semi-automatique avaient une responsabilité dans les tueries faisant un grand nombre de victimes.

À l’audience, en novembre 2017, M. Koskoff s’était notamment appuyé sur le marketing de Bushmaster qui, selon lui, avait présenté dans une publicité son fusil de type AR-15 comme une arme d’assaut.

Des membres du Centre culturel islamique de Québec dénoncent l’inaction d’Ottawa

Cinq ans après l’attentat à la grande mosquée de Québec, « rien n’a été fait » pour empêcher l’accès ou le maintien des armes à feu qu’avait en sa possession le tueur, déplorent des membres du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) et des groupes de contrôle des armes.

PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL. Boufeldja Benabdallah, porte-parole du Centre culturel islamique de Québec, est l’un des signataires de la lettre.

FRÉDÉRIC LACROIX-COUTURE, LA PRESSE CANADIENNE, 27 janvier 2022

À quelques jours des commémorations de la tragédie du 29 janvier 2017, ils interpellent à la fois Québec et Ottawa dans deux lettres distinctes obtenues par La Presse Canadienne.

L’une s’adresse au premier ministre François Legault et à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. L’autre a été envoyée au premier ministre Justin Trudeau et à son ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino.

La vingtaine de signataires mentionnent qu’il « est toujours pénible de savoir » que le tueur de la grande mosquée avait utilisé une arme (de la marque Glock) et cinq chargeurs de dix balles achetés légalement pour commettre son crime, qui a fait six morts et huit blessés. Il avait aussi en toute légalité au moins cinq autres armes et trois armes d’assaut.

Ils soutiennent qu’un « individu avec le même profil pourrait aujourd’hui posséder les mêmes armes et accessoires ».

« Il est absolument néfaste et honteux de constater qu’en cinq ans, RIEN n’a été fait pour changer les circonstances ayant permis à cet individu d’acquérir ou de garder un tel arsenal », dénoncent les principaux signataires Boufeldja Benabdallah, porte-parole du CCIQ, et Mohamed Khabar, l’une des victimes de la fusillade.

Ils sont appuyés par 18 autres personnes représentant entre autres PolySeSouvient, l’Association des Étudiants de Polytechnique, la Coalition pour le contrôle des armes, Ensemble pour Thomas et les Familles liées à Dawson.

Ils avancent que les ventes d’armes de poing atteignent des « niveaux records ». Le fabricant de la marque Glock a même rapporté une hausse de ses ventes canadiennes en 2020, mentionnent les auteurs des lettres, et ce, « grâce à la demande élevée pour le même modèle utilisé pour tuer et blesser nos confrères ».

« Selon nous, cette situation est entièrement due à l’inaction du gouvernement fédéral, qui détient la responsabilité du Code criminel qui classifie les armes “ sans restrictions ”, “ à autorisation restreinte ” ou encore “ prohibées ”, cette dernière étant la catégorie dans laquelle les armes de poing devraient se retrouver », écrivent-ils.

La responsabilité d’Ottawa

Les signataires réclament que le contrôle des armes de poing reste dans les mains du fédéral.

L’hiver dernier, le gouvernement Trudeau proposait dans son projet de loi C-21 — mort au feuilleton avec le déclenchement des élections — de donner le pouvoir aux municipalités d’interdire les armes de poing, ce qui a été mal accueilli par l’Assemblée nationale.

En campagne électorale, les libéraux ont promis d’étendre ce pouvoir aux provinces et territoires.

Dans la lettre adressée au premier ministre Legault, ils demandent au gouvernement québécois « de ne pas permettre au fédéral de se déresponsabiliser dans le dossier des armes de poing ».

Dans celle envoyée au premier ministre Trudeau, ils invitent Ottawa à prendre ses responsabilités pour adopter une législation qui sera mise en œuvre d’un océan à l’autre.

« Même si le gouvernement du Québec décidait d’interdire les armes de poing sur son territoire, leur prolifération dans le reste du Canada se poursuivrait : il s’agirait, après tout, d’une interdiction auprès d’une seule des treize juridictions canadiennes », écrivent les signataires.

Ils déplorent aussi que les armes de style arme d’assaut devenues illégales en 2020 puissent encore se retrouver entre les mains de ceux les ayant achetées avant l’interdiction. Un programme de rachat a été promis par les libéraux fédéraux, mais il se fait toujours attendre.

Lettres signées par :

Boufeldja Benabdallah Mohamed Khabar, Mosquée de Québec

Avec l’appui de :

Maxime Riera, Association des Étudiants de Polytechnique et Mouvement étudiant Pas_Ici

Wendy Cukier, Coalition pour le contrôle des armes

Ken Price, Claire Smith, Danforth Families for Safe Communities

Luna Vadlamudy, Émile Tremblay, Raphael Laurence et Alice Benoit, Ensemble pour Thomas Louise de Sousa,

Kathlene Dixon, Meaghan Hennegan, Familles liées à Dawson

Nathalie Provost, Serge St-Arneault, Suzanne Laplante-Edward, Jim Edward, Jimmy Edward, Sylvie Haviernick, Heidi Rathjen, PolySeSouvient

LIENS – PUBLICATIONS

https://www.lapresse.ca/actualites/2022-01-26/controle-des-armes/des-membres-du-centre-culturel-islamique-de-quebec-denoncent-l-inaction-d-ottawa.php

https://montreal.ctvnews.ca/quebec-muslim-leaders-call-for-federal-handgun-ban-in-letters-to-legault-trudeau-1.5756345 (in over a hundred publications)

https://www.lesoleil.com/2022/01/27/controle-des-armes-linaction-dottawa-denoncee-0d45100d630d71dbeaf12e89f8196603

VIDEO https://montreal.ctvnews.ca/video?clipId=2369980&jwsource=em 

https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/quebec-city-muslim-community-more-action-needed-1.6329785

Lettre intégrale dans Québec Hebdo:

Aux amis de PolySeSouvient. Mise à jour : Élections / Appel à l’action / Levée de fonds urgente

À l’approche du 32e anniversaire du féminicide à Polytechnique (6 décembre), les survivants, témoins et familles de victimes continuent leur lutte pour un meilleur contrôle des armes, et plus particulièrement l’interdiction des armes d’assaut. Nous sommes proches de but! 

Lors des dernières élections, les Libéraux sont revenus sur leur recul du printemps dernier et ont promis de nouveau un programme de rachat *obligatoire* des armes d’assaut! Étant donné l’attention sans précédent que les médias ont consacrée à ce dossier pendant la campagne électorale, nous pouvons cette fois être un peu plus optimistes… Pour ce qui est des armes de poing, cela augure plutôt mal en ce moment, avec les deux paliers de gouvernement qui se lancent la balle. Somme toute, il est clair qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. 

Voici donc une mise à jour depuis notre dernière en mars, une proposition d’action concrète et une demande spéciale :

LISEZ notre mise à jour qui présente toutes nos actions et l’impact qu’elles ont eu sur l’issue des élections. Vous pourrez alors constater à quel point la question du contrôle des armes et les actions de PolySeSouvient ont été déterminantes autant quant aux promesses des partis qu’aux résultats finaux du vote:
https://polysesouvient.ca/Documents/DOCU_21_11_29_MiseAJour.pdf

AGISSEZ en envoyant un courriel réclamant des mesures concrètes au premier ministre, au nouveau ministre de la Sécurité publique et à votre député (ou députée) à l’aide de ce simple module en ligne (bilingue) qui ne nécessite qu’une minute de votre temps:
https://polysesouvient.ca/appelaction/

AIDEZ-NOUS à poursuivre la lutte en faisant un don à PolySeSouvient. Cette fois, notre levée de fonds bisannuelle est particulièrement cruciale. En effet, notre site web a été victime d’un vicieux sabotage, ce qui a fait qu’il a complètement disparu – en pleine campagne électorale! C’est seulement avec l’aide d’une firme spécialisée que nous avons réussi à le rebâtir en toute urgence (ce dernier étant un outil essentiel à nos campagnes). Cette immense dépense imprévue de plusieurs milliers de dollars s’ajoute à nos frais habituels. Nous espérons donc pouvoir compter sur votre support pour nous aider à acquitter de cette facture exceptionnelle pour que nous puissions continuer à accomplir notre travail.

Par virement Interac au info@polysesouvient.ca ou par carte de crédit à l’aide du bouton de don (PayPal) sur notre site web au https://polysesouvient.ca/

Solidairement,
Heidi, Nathalie, Serge, Meaghan, Kathlene et bien d’autres…

Les homicides ont augmenté de 30 % aux États-Unis – Statistiques de l’année 2020

(Washington) Les États-Unis ont enregistré plus de 21 500 homicides en 2020, en hausse de 30 % sur un an, selon des statistiques publiées lundi par la police fédérale (FBI).

AGENCE FRANCE-PRESSE,  27 septembre 2021

Ce pic avait déjà été rapporté par plusieurs grandes villes, mais il s’agit des premiers chiffres officiels et consolidés à partir des données de près de 16 000 des 18 000 agences des forces de l’ordre qui existent dans le pays.

Ils montrent que la hausse des homicides, particulièrement marquée à partir de juin, n’a épargné aucun pan du territoire américain, même si la Louisiane reste en tête des États les plus meurtriers.

Cette augmentation est la plus rapide depuis le début de la collecte des données par le FBI dans les années 1960 et porte le total des homicides à un niveau inédit depuis 25 ans, mais encore en deçà du pic des années 1980.

Les experts peinent à expliquer ce phénomène que certains lient à la pandémie et à ses effets déstabilisateurs, tandis que d’autres insistent sur l’impact des grandes manifestations contre les violences policières ou sur la hausse des ventes d’armes à feu.

Selon le rapport du FBI, 77 % des homicides ont été commis avec des armes à feu en 2020, contre 74 % en 2019.

La police fédérale n’a pas encore publié de données pour 2021, mais les chiffres préliminaires communiqués par les grandes villes du pays ne montrent pas de reflux.

Il y a eu 6,5 homicides pour 100 000 habitants en 2020 aux États-Unis. À titre de comparaison, il y en avait eu, en 2018, 35 au Mexique, 27 au Brésil, 8 en Russie et 1 en France ou en Allemagne, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale.

Québec déclenche un Carcajou 2,0 à l’échelle provinciale

(Montréal) Ajout de 110 nouvelles ressources dont plus de 70 policiers, 90 millions de plus versés à la Sûreté du Québec (SQ), à des corps de police municipaux et au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, des agents de renseignements dans les réserves autochtones de Kahnawake et d’Akwesasne, le retour de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au sein des escouades mixtes : Québec lance l’opération Centaure, une ambitieuse stratégie nationale de lutte aux armes à feu qui s’attaquera en priorité aux fournisseurs d’armes pour ne pas que Montréal devienne un autre Toronto.

DANIEL RENAUD et PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD, LA PRESSE, 24 septembre 2021

« C’est une force de frappe sans précédent. La violence liée aux armes à feu qui inquiète les citoyens et nos familles, c’est assez. À l’époque de la guerre des motards, l’escouade Carcajou, c’était 44 enquêteurs et 10 millions. Ce qu’on annonce aujourd’hui, c’est beaucoup plus important. C’est l’opération ultime de la lutte aux armes à feu », a déclaré la ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault.

Mme Guilbault a fait l’annonce de cette nouvelle stratégie nationale vendredi matin au Palais des congrès de Montréal, entourée de la ministre responsable de la métropole, Chantal Rouleau, de la directrice de la SQ, Johanne Beausoleil, du directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Sylvain Caron, du président de l’Association des directeurs de police du Québec et directeur du Service de police de Laval, Pierre Brochet, et de plusieurs représentants de corps de police municipaux et autochtones.

Selon cette nouvelle stratégie, toutes les escouades mixtes actuellement en place pour lutter contre le crime organisé, telles l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENRCO) et les escouades régionales mixtes (ERM), et les équipes de lutte contre les stupéfiants et les armes que l’on retrouve déjà dans les villes, comme celles du SPVM, seront mises à contribution pour lutter contre les armes à feu, sous la supervision de la Sûreté du Québec.

L’équipe intégrée de lutte aux armes à feu (EILTA) est fusionnée à cette structure déjà existante pour s’attaquer principalement aux importateurs et aux fournisseurs d’armes à feu au Québec.

La Sûreté du Québec reçoit 74 des 90 millions supplémentaires annoncés vendredi matin. Avec cette somme, elle ajoutera plus de 60 policiers dans la lutte contre les armes à feu, dont un nouveau groupe tactique d’intervention (GTI). Les polices de Longueuil et de Laval recevront également quelques millions et pourront embaucher des policiers.

Le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale recevra 15 millions et pourra embaucher 15 employés, lui qui a de la difficulté à répondre aux demandes d’expertises pour toutes les armes à feu saisies au cours des derniers mois et années.

Avec la collaboration des corps de police locaux (Peacekeepers), un agent de renseignements sera en poste dans chacune des réserves d’Akwesasne et de Kahnawake, par où transitent beaucoup d’armes à feu illégales qui se retrouvent dans les rues de Montréal. C’est la première fois que les corps de police de ces deux réserves participent à une stratégie provinciale de lutte contre le crime organisé d’une telle envergure.

La police provinciale de l’Ontario, le Département de la sécurité intérieure des États-Unis et même les services frontaliers américains participent à l’Opération Centaure.

Les candidats à la mairie satisfaits

Même si l’essentiel des fonds annoncés vendredi matin ira à la SQ plutôt qu’au SPVM, les deux principaux candidats à la mairie de Montréal se sont dits satisfaits par l’annonce de Québec.

« Je suis très contente, a dit Valérie Plante, en marge d’une annonce électorale dans l’est de Montréal. Je vois ça d’un très bon œil que le gouvernement du Québec décide d’investir pour protéger les frontières, pour être beaucoup plus proactif. On y arrivera pas seuls. »

« Le fait que tous les corps policiers travaillent ensemble – dont ceux qui se trouvent sur des réserves autochtones – c’est une très très bonne nouvelle », a-t-elle ajouté.

La mairesse Plante ne participait pas à l’annonce de ce matin. Elle a expliqué qu’en campagne électorale municipale, le gouvernement du Québec préfère ne pas s’afficher aux côtés d’un des candidats.

« Je me réjouis de l’annonce du gouvernement du Québec qui se mobilise pour enrayer la violence par armes à feu », a réagi Denis Coderre dans une déclaration transmise par écrit. « Encore une fois, la Ville n’assume aucunement son leadership en matière de lutte contre la violence. Cette stratégie nationale démontre l’urgence d’agir pendant que la mairesse Plante se met la tête dans le sable. »

« Il y a une disproportion inquiétante entre la répression et la prévention dans l’approche de la ministre Guilbault. La ministre vient de mettre plus de 90 millions sur la table pour soutenir les corps policiers, mais n’a annoncé aucune nouvelle somme pour soutenir le milieu communautaire et les intervenants qui travaillent auprès des jeunes. C’est incompréhensible », a pour sa part déclaré le député de Laurier-Dorion Andrés Fontecilla, de Québec solidaire.

« L’augmentation des actes de violence commis au cours des derniers mois est assez inquiétante. C’est pourquoi on ne peut que saluer la présente stratégie gouvernementale qui permettra notamment de mieux outiller nos corps policiers et surtout d’agir en amont et en étroite collaboration avec nos organismes communautaires. », a notamment réagi le président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Gaspé, Daniel Côté.

Sur Twitter, la Fraternité des policiers et policières de Montréal a salué « le leadership et la vision de la ministre de la Sécurité publique et du gouvernement du Québec dans la lutte contre la violence par armes à feu, une stratégie porteuse laissant espérer des résultats notables ».

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.

L’AJOUT DES RESSOURCES

Sûreté du Québec : 74 millions

  • 78 policiers et civils
  • Un nouveau groupe tactique d’intervention
  • Des civils en soutien aux enquêtes

Service de police de Laval : 5,2 millions

  • 5 enquêteurs

Service de police de l’agglomération de Longueuil : 3 millions

  • 4 enquêteurs

QUELQUES CHIFFRES

Selon la SQ, 29 % des armes à feu illégales saisies au Québec proviennent de la province et 44 % de l’extérieur du Québec et de l’Ontario

Selon une compilation de La Presse, au moins 96 évènements de coups de feu étaient survenus à Montréal cette année, au 9 septembre.

Selon le SPVM, 400 armes à feu ayant servi à des crimes avaient été saisies à Montréal cette année, au 31 août dernier.

Centaure est un acronyme formé des mots : Coordination, efforts, national, trafic, arme, unifiée, répression et enquête

Justin Trudeau répond à vos questions

Harcèlement sexuel dans l’armée, PCRE, rachat des armes d’assaut, hydro-électricité : l’équipe éditoriale de La Presse a profité d’une rencontre avec le chef du Parti libéral du Canada pour lui poser vos questions. Celles-ci avaient été récoltées lors d’un appel à tous, auquel vous avez répondu en grand nombre. Voici les réponses.

Publié le 17 septembre 2021 dans La Presse

Vous dites que le problème du harcèlement dans l’armée vous préoccupe, alors pourquoi n’avez-vous pas mis en application les excellentes recommandations de Marie Deschamps au lieu de reporter le problème en nommant Louise Arbour pour faire le même travail ?

Réal Thuot, Saint-Jean-sur-Richelieu

Justin Trudeau : On a implanté plusieurs des recommandations de Mme Marie Deschamps, mais ça prend des changements profonds. Il n’y a aucun doute qu’on doive transformer nos forces armées, mais comment le faire de la bonne façon ? C’est ce que j’ai demandé à Mme Arbour de regarder. Je peux vous dire qu’on va absolument amener toutes les recommandations qu’elle met de l’avant. Ce sont des changements de fond qui vont faire la différence.

Alors qu’il manque de main-d’œuvre partout, comment pouvez-vous justifier la continuité de la PCRE ?

Gilles Carrière

J. T. : D’abord la pénurie de main-d’œuvre a été aggravée par la pandémie, mais elle existait bien avant. La PCRE est rendue à 300 $ par semaine, c’est moins que ce que gagnerait quelqu’un qui travaille toute une semaine au salaire minimum, donc ce n’est pas ce qui empêche les gens de travailler. De plus, il y a encore bien des industries – je pense aux artistes ou au milieu touristique – qui n’ont pas repris le cours des choses et on continue à les appuyer. Mais il y a aussi des gens qui ont pris cette année et demie pour réfléchir au genre de travail ou de carrière qu’ils voulaient. Ils ont repris leurs études ou cherché d’autres pistes. C’est pour cette raison qu’on veut augmenter l’immigration – pour compenser la période où les frontières étaient fermées. On va aussi investir dans la formation pour que les gens aient de meilleurs emplois.

Qu’est-il arrivé de la promesse officielle d’exiger le rachat sans condition par le gouvernement de toutes les armes d’assaut à travers le Canada ? Voilà maintenant presque 32 ans que nous demandons cette mesure élémentaire pour la sécurité des Canadiennes et des Canadiens.

Suzanne Laplante Edward, mère d’Anne-Marie Edward (1968-1989)

J. T. : On l’a fait l’année passée, on a banni les armes d’assaut. On a écouté PolySeSouvient qui nous a dit d’aller une coche plus loin. C’est un rachat obligatoire et si les gens ne veulent pas donner au gouvernement leur arme d’assaut, qui est maintenant illégale, ils vont devoir accepter qu’elle soit inutilisable de façon permanente. Donc fini les armes d’assaut dans ce pays… à moins que les conservateurs rentrent.

Comment se fait-il que le gouvernement fédéral ait aidé, avec des milliards de dollars, une province de 500 000 habitants – Terre-Neuve-et-Labrador – à vendre de l’électricité aux États-Unis, la plaçant ainsi en compétition avec le Québec ? À ce que je sache, le fédéral n’a jamais aidé le Québec pour ses barrages hydro-électriques. Ne serait-il pas sain que le Canada ait une stratégie hydro-électrique coopérative et unifiée ?

Yvon Pelletier

J. T. : On est justement en train de travailler avec les provinces de l’Atlantique et le Québec sur un réseau d’hydro-électricité qui va remplacer du charbon aux États-Unis. On a reconnu qu’avec les défis liés à l’industrie pétrolière, et à cause des décisions erronées qu’ont prises les gouvernements conservateurs à Terre-Neuve durant plusieurs années, ils avaient besoin d’un soutien financier important. On était là pour eux.

Propos recueillis par Nathalie Collard

Note : Les questions et réponses ont été légèrement éditées pour en faciliter la lecture.