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Réouverture du Centre Afrika le 7 janvier 2023

Par Julien Cormier, M.Afr

Depuis avril 2020, notre Centre Afrika, rue St-Hubert à Montréal, avait cessé de recevoir des groupes africains ou des personnes … COVID-19, bien sûr ! Le Centre Africa est ouvert à toutes les demandes « des Afriques » à Montréal, de l’Afrique dans sa grande diversité de peuples, de religions, de cultures. Sans jamais prendre la direction des groupes ou associations africaines de Montréal, mais en appui aux divers besoins personnels (il ne s’agit pas d’argent) ou d‘organisations en prêtant des salles de réunion, en donnant quelques conseils ou quelques adresses pour faciliter l’intégration des nouveaux arrivants au Québec et en favorisant les rencontres entre Québécois de souche et les Africains d’immigration récente, dont certains sont déjà bien intégrés.

Un Canadien, Serge St-Arneault de La Tuque, est le directeur du Centre Afrika. Il a été missionnaire au Congo RDC, au Malawi et en Zambie. Serge fait équipe avec deux sœurs Missionnaires d’Afrique, SMNDA (sœurs Blanches), Monique Bonnefoy et Rita Toutant, toutes missionnaires en nombreux pays d’Afrique tel que l’Algérie, le Ghana, le Mali, la Tanzanie, l’Ouganda et le Kenya. Nouveaux dans l’équipe, deux confrères Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) ont été récemment nommés en mission au Canada, Freddy Kyombo Senga, un Congolais de la République Démocratique du Congo qui fut en mission au Mali, en France et à Rome. Et David Gnadouwa, un Togolais qui fut en mission en Tunisie.

On se dira… pourquoi des Missionnaires d’Afrique « africains » au Québec ? Les Québécois peuvent-ils recevoir quelque chose de ces Africains alors que, dit-on, l’Afrique est le continent qui a besoin d’aide ?

Je vous laisse comme réponse cette petite histoire qui date du début de décembre. Un des deux confrères africains va dans une petite boutique du centre-ville de Montréal (nous gardons l’anonymat, mais il est important de souligner qu’il vient d‘arriver au Canada, à Montréal). Dans la boutique, un vendeur, une dame québécoise et sa petite fille d’environ 5 ou 6 ans et notre confrère africain. Soudain, la petite fille commence à se gratter les côtes, en poussant des ou-ou-ou… (parlons clairement : à imiter un singe). Le vendeur dit immédiatement à la petite fille que ça ne se fait pas. La maman québécoise intervient et commence à gronder fortement sa fille, à s’expliquer en disant : « Mais elle ne fait jamais cela à la maison. » Et le confrère africain de dire à la maman : « Madame, il ne faut pas disputer votre petite en public. C‘est à la maison que vous devez lui expliquer, car c’est peut-être à la maison… ou dans la cour de son école qu’elle a appris à se moquer des Noirs. »

Alors, je répète la question : à qui sert le Centre Afrika ? Seulement aux Africains de Montréal ? Les Québécois de souche peuvent-ils ouvrir leur cœur et sortir de leurs préjugés parfois inconscients ? D’ailleurs, beaucoup d’organismes québécois du centre-ville sont venus appuyer de leur présence la réouverture du Centre Afrika devenu un point de rencontre et d’échange entre citoyens canadiens et nouveaux Canadiens venant d’Afrique, entre Québécois « de souche » comme on dit, et Québécois d’immigration récente en provenance de l’Afrique.

Le Centre Afrika est encore appelé à évoluer comme il l’a fait depuis sa fondation il y a une trentaine d’années. Il s’adapte et essaye de répondre à certains besoins ressentis dans les communautés africaines de Montréal. Bonne « mission » à la nouvelle équipe, à Serge, Freddy, David, Monique et Rita!

Grand merci au journal Le Montréal Africain, bientôt 15 ans d’existence, qui a mis en onde la cérémonie de la réouverture officielle du Centre Afrika le 7 janvier 2023.

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Bon visionnement

Controverses entourant le projet de loi C-21

Carey ne doit pas être instrumentalisé par les lobbys « proarmes » qui pourraient facilement le mettre dans l’embarras en faisant de lui un porte-étendard de la culture républicaine américaine jurant la victoire du deuxième amendement tout en défaisant les démocraties.

Grâce à ses talents sportifs et ses origines autochtones, Carey Price inspire la fierté. Il est un modèle de réussite. Nous avons tous été touchés par ses absences à cause de ses blessures et de son retrait du jeu pour raison médicale.

Plus notre voix porte, plus il faut l’utiliser avec prudence pour s’assurer de faire une contribution solide et constructive. Parce que les vedettes ont des voix fortes, il est parfois important de leur répondre. C’est le cas ici.

Comme tous les citoyens de notre pays, Carey a le droit d’émettre ses opinions sur le projet de loi C-21 sur les armes à feu. Malheureusement, sa sortie publique sur les médias sociaux a provoqué un profond malaise et suscité beaucoup de questionnement. Pourquoi avoir choisi ce moment-ci qui coïncide avec les commémorations entourant la tragédie du féminicide du 6 décembre 1989 à la Polytechnique de Montréal ? Pourquoi s’associer avec une organisation qui prône la vente d’un calendrier avec le code promotionnel ‘Poly’ ? Nous en sommes vivement offensés.

There is no way the Canadiens can propose to retire Price’s number without sparking significant outrage. There is simply no way he deserves to have his number raised to the rafters at the Bell Centre, not after this.
The opinion of an anglo columnist doesn’t matter much in this town. But on behalf of 14 murdered women who can’t speak for themselves, I will fight any attempt to retire Carey Price’s number with everything I have. That’s a promise.

Il y a aussi eu beaucoup de confusion avec la déclaration du club de hockey du Canadien qui s’est excusé en son nom, affirmant qu’il ne savait pas ce qui s’était passé il y a 33 ans, et Carey Price affirmant le contraire le lendemain.

Quoiqu’il en soit, l’arme de chasse qu’il affiche dans ses mains n’est pas prohibée et ne figure pas sur la liste des armes qui seront prohibées dans le projet de loi C-21. Son indignation contre ce projet de loi est injustifiée. A-t-il été encouragé d’agir comme il l’a fait par quelqu’un d’autre ? Il semble pourtant défendre sa déclaration.

Loi C-21

La position de PolySeSouvient est claire et sans ambiguïté. La loi C-21 et les récents amendements proposés par le gouvernement fédéral respectent les engagements du ministre Marco Mendicino annoncés au mois de mai dernier.

En bref, la loi C-21 vise à l’interdiction globale et permanente des armes de style militaire. Ce type d’arme inclut les armes d’assaut ainsi que les armes semi-automatiques de grande capacité ou modifiables incluant celles soi-disant adaptées pour la chasse, mais conçues par les fabricants.

Les armes de chasse légalement utilisées pour les chasseurs consciencieux et respectueux des lois ne sont pas prohibées. Leur chasse demeure un sport. Étant donné son caractère de dangerosité, la possession et l’utilisation d’armes à feu nécessitent des mesures de sécurité rigoureuses.

Plus de trente ans après Polytechnique, et alors que d’autres tragédies meurtrières ont mis en scène des armes qu’on gagnerait à exclure du périmètre public, C-21 est essentiel, en dépit du grondement d’opposition propre au lobby des armes qui l’entoure.

La chasse sportive

PolySeSouvient se dit ouvert au compromis. « On n’est pas contre les armes, on n’est pas contre les chasseurs et on n’est pas contre la chasse, affirme Mme Provost. Donc, travaillons ensemble pour avoir une liste qui fait que les armes qui devraient être reconnues comme des armes de chasse raisonnables soient exclues du règlement. »

Jeune, à La Tuque, je me rappelle une autre conversation que j’ai eue avec un chasseur lorsque je travaillais à l’usine de papier de la C.I.P.

–          La chasse est un sport. Comme dans tous les sports, il faut donner une chance à l’adversaire selon les règles du jeu. À la chasse, l’animal doit avoir sa chance. Il en tient au chasseur d’être habile.

Dans le sport compétitif, il est normal que les équipements se perfectionnent pour espérer une victoire. Mais les armes de chasse doivent-elles se perfectionner au point de ne laisser aucune chance de survie à l’animal chassé ?

Au Canada, la possession d’une arme à feu est un privilège, pas un droit. Il est légitime d’exiger que ce droit s’exerce uniquement pour des chasseurs munis d’une arme à feu moins létale que celles utilisées par des militaires, conçues pour tuer, ou celles de type semi-automatique ou modifiables.

33e commémoration du féminicide du 6 décembre 1989

Comme chaque année, nous nous sommes rassemblés au belvédère Kondiaronk, une vaste terrasse panoramique sur le mont Royal. Contrairement aux autres années, et à cause de la forte pluie, la cérémonie a eu lieu à l’intérieur du chalet. La solennité de l’événement a fait place à la sobriété. Selon le rituel, les noms des 14 femmes assassinées, dont ma sœur Annie, ont été nommés au moment où les faisceaux bleus étaient allumés sur le belvédère. 

Puis, les dignitaires ont déposé en silence une rose blanche sur une table placée en face d’un tableau où figurait une photo des 14 femmes honorées. Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a été le premier à faire quelques pas supplémentaires pour se diriger à l’extérieur du chalet pour voir les faisceaux. Quelques-uns l’ont suivi tels que François Legault et son épouse.

Autour de moi, je n’ai pas reconnu d’autres membres des familles des victimes. Peut-être étais-je le seul ? En revanche, j’étais entouré de plusieurs dizaines de jeunes étudiantes et étudiants en génie provenant de différents centres universitaires. Cette jeunesse est un signe d’espérance. La relève est là!

Laissons parler les experts

La variété des opinions est souhaitable. Elle est source de progrès et mène à des solutions. Sur des sujets complexes, l’avis des experts est une aide précieuse. Émettre une opinion sans fondement sur un enjeu important risque de mener à la désinformation.

La question de la définition des catégories d’armes à feu est difficile, même entre les experts. Malgré tout, de nombreux pays ont adopté des mesures restrictives sur la possession d’armes à feu; la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Suède, la France, le Royaume-Uni et Israël. Le président Joe Biden promet à nouveau d’interdire les fusils d’assaut aux États-Unis où il y a un puissant lobby des armes à feu.

Comme individu, il nous incombe de faire des choix librement et en connaissance de cause. Nous sommes responsables de nos décisions. Il en est de même pour la société que nous formons qui est dirigée par des gouvernements élus démocratiquement. Il faut maintenant saisir le momentum et faire des choix collectifs à la hauteur des immenses défis qui nous attendent : changement climatique, propagation de nouveaux virus, menace à l’écosystème, migration de populations menacées, etc.

La crise financière que nous connaissons en ce moment est le résultat des effets dévastateurs de la pandémie de la Covid-19 et de la guerre en Ukraine, prélude de plus grandes menaces à venir. Plus que jamais nous devons nous mettre à l’écoute des scientifiques et prendre collectivement des mesures pénibles mais nécessaires qui affecteront notre style ou notre niveau de vie. Le contrôle des armes à feu, particulièrement le bannissement des armes d’assaut, s’inscrit dans ce grand mouvement de changement civilisationnel.

Le Nouvelliste, vendredi 9 décembre

«Ç’a été une réaction très forte», avoue-t-il en entrevue avec Le Nouvelliste.

Il souligne que les propos de Carey Price ont provoqué un malaise, mais également beaucoup de questionnements.

«Est-ce que ça vient de son propre gré, ou bien est-ce qu’il a été influencé par quelqu’un ou par un groupe pour faire cette déclaration à ce moment-ci? On peut se poser la question, mais je n’ai pas de réponse. On se demande pourquoi.»

Même s’il convient que l’athlète a le droit à son opinion sur le projet de loi C-21, il soutient que la notoriété de Carey Price, le fait qu’il soit une figure publique respectée, un modèle et une référence sportive, accentue le malaise et la confusion dans un débat qui est «extrêmement sensible et extrêmement important».

«Ce qu’il dit a des impacts, bien évidemment.»

«Ça nous fait mal une déclaration comme celle-là. D’autant plus que l’arme qu’il tient dans ses mains ce n’est pas une arme qui sera bannie dans le projet de loi. C’est une arme qui sera acceptée. […] Il n’a jamais été question de bannir toutes les armes de chasse», précise M. St-Arneault qui est également membre du mouvement PolySeSouvient.

Dans les derniers jours, le gardien de but du Canadien de Montréal s’est affiché très clairement contre le projet de loi C-21 sur les réseaux sociaux. Il a également manifesté son soutien à la Coalition canadienne pour les droits des armes à feu (CCDAF) qui a, elle aussi, suscité de vives réactions pour avoir utilisé l’acronyme «POLY» comme code promotionnel. Un geste qui passe mal.

«Je me sens insulté», lance M. St-Arneault.

«C’est une insulte carrément. Je pense que c’est intentionnel. Ils se sont sentis vexés qu’on s’en prenne aux armes à feu. C’est d’une maladresse… C’est un manque de sensibilité, un manque de respect, un manque total de considération… pour les femmes en particulier. C’est une espèce de provocation», ajoute-t-il.

Pour Serge St-Arneault, l’indignation du joueur de hockey est injustifiée. Le Latuquois estime qu’il faut laisser parler les experts.

«La variété des opinions est souhaitable. Elle est source de progrès et mène à des solutions. Sur des sujets complexes, l’avis des experts est une aide précieuse. Émettre une opinion sans fondement sur un enjeu important risque de mener à la désinformation.»

«La question de la définition des catégories d’armes à feu est difficile, même entre les experts. Malgré tout, de nombreux pays ont adopté des mesures restrictives sur la possession d’armes à feu: la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Suède, la France, le Royaume-Uni et Israël», fait-il remarquer.

Rappelons que le gouvernement libéral a déposé, au printemps dernier, le projet de loi C-21 sur le contrôle des armes à feu au Canada. Un moment historique selon Serge St-Arneault.

«C’était un événement extrêmement fort, c’était électrique.»

Pour lui, les récents amendements proposés par le gouvernement fédéral respectent les engagements du ministre Marco Mendicino.

«Les armes de chasse légalement utilisées pour les chasseurs consciencieux et respectueux des lois ne sont pas prohibées. Leur chasse demeure un sport. Étant donné son caractère de dangerosité, la possession et l’utilisation d’armes à feu nécessitent des mesures de sécurité rigoureuses», note M. St-Arneault.

Ce dernier se souvient d’ailleurs de certaines conversations avec des chasseurs alors qu’il travaillait à l’usine de papier de la C.I.P à La Tuque, sa ville natale. Un d’eux lui avait alors souligné que «la chasse est un sport. Comme dans tous les sports, il faut donner une chance à l’adversaire selon les règles du jeu. À la chasse, l’animal doit avoir sa chance. Il en tient au chasseur d’être habile».

Serge St-Arneault rappelle qu’au Canada, la possession d’une arme à feu est un privilège, pas un droit, et soutient qu’il est légitime d’«exiger que ce droit s’exerce uniquement pour des chasseurs munis d’une arme à feu moins létale que celles utilisées par des militaires, conçues pour tuer, ou celles de type semi-automatique ou modifiable».

Commémoration du féminicide du 6 décembre 1989

Comme chaque année, Serge St-Arneault a participé à la cérémonie au belvédère Kondiaronk sur le mont Royal. Des roses blanches ont été déposées devant les photos des 14 femmes décédées. Leurs noms ont été prononcés au moment où les faisceaux bleus se sont allumés sur le belvédère.

«Contrairement aux autres années, et à cause de la forte pluie, la cérémonie a eu lieu à l’intérieur du chalet. La solennité de l’événement a fait place à la sobriété. […] Ce n’est pas mauvais. Ça permet de goûter le silence et la gravité de l’événement qui s’est déroulé il y a déjà 33 ans», commente-t-il.

«J’étais entouré de plusieurs dizaines de jeunes étudiantes et étudiants en génie provenant de différents centres universitaires. Cette jeunesse est un signe d’espérance. La relève est là!», se réjouit-il.

Si l’émotion est différente d’un 6 décembre à l’autre, il s’agit toujours d’une occasion de rendre hommage à sa sœur. Nathalie Provost, une survivante de la tuerie, écrivait d’ailleurs dans une lettre ouverte publiée récemment dans les médias qu’Annie St-Arneault était femme lumineuse, le genre de personne qu’on ne peut pas s’empêcher d’aimer, et qu’elle faisait l’unanimité.

Elle soutient qu’elle était une femme douce, curieuse, et ouverte d’esprit, ce à quoi acquiesce le frère d’Annie St-Arneault.

«C’est une très belle définition d’Annie», a-t-il conclu.

Extraits

Peut-on conclure que plus il y a d’armes à feu en circulation, plus il y a de morts accidentelles ?

Oui, évidemment. « Mais c’est surtout l’encadrement légal qui fait la différence », note Francis Langlois, professeur au cégep de Trois-Rivières et chercheur associé à l’Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand. 

DAVANTAGE D’ACCIDENTS MORTELS AUX ÉTATS-UNIS

En 2020 aux États-Unis, près de 500 personnes ont été tuées par un coup de feu accidentel. C’est beaucoup plus qu’au Canada, même en tenant compte de la population. Selon Statistique Canada, le nombre de personnes tuées au pays par une décharge accidentelle d’arme à feu a connu des hauts et des bas depuis 20 ans. Entre 2000 et 2004, il se situait entre 18 et 20 par année, avant d’amorcer une diminution qui allait atteindre seulement 2 décès en 2014 (le fameux Registre des armes à feu a été aboli en 2012). Depuis huit ans, le nombre de morts a recommencé à augmenter, atteignant 15 décès en 2020 (dernière année pour laquelle les données sont disponibles).

Un combat juridique contre la prolifération d’armes à feu

Par Freddy Kyombo, MAfr

La délégation de PolySeSouvient composée de témoins et victimes de la tuerie de l’École polytechnique de Montréal du 6 décembre 1989, de représentants de familles et de rescapés, de diplômés de Polytechnique et bénévoles et de représentants d’associations étudiantes a été reçue à Ottawa par le Comité permanent de la sécurité publique et nationale, une commission de la Chambre des communes.

Celle-ci a écouté les principales propositions de la délégation de PolySeSouvient sur des amendements sur les lois concernant la détention, par les civils, d’armes à feu létales (fusils d’assaut et armes de poing).

Les membres de la commission, composés de différents représentants de partis politiques fédéraux, ont posé de nombreuses questions et écouté attentivement l’argumentation des représentants de PolySeSouvient, puis celle de détaillants d’armes à but sportif qui ne souhaitent pas être frappés par des mesures restrictives qui affecteraient les sportifs et leur industrie. Après examen, les propositions de la commission seront acheminées à la Chambre des Communes.

Freddy Kyombo et Serge St-Arneault lors des audiences du Comité permanent de la sécurité publique et nationale dans l’édifice Wellington à Ottawa le 1er novembre 2022.

Freddy Kyombo et Serge St-Arneault lors des audiences du Comité permanent de la sécurité publique et nationale dans l’édifice Wellington à Ottawa le 1er novembre 2022.

Aux amis de PolySeSouvient et aux partenaires du contrôle des armes

Le projet de loi C-21 continue d’aller bon train. Après avoir été déposé le 30 mai dernier, il a été adopté en principe par la Chambre des Communes le 23 juin et fait maintenant l’objet de l’étude détaillée devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale.

Le 1er novembre, une délégation de PolySeSouvient s’est rendue à Ottawa pour témoigner. Merci à Nathalie et Heidi pour leur témoignage (qui peut être visionné ici), à Serge (frère d’Annie St-Arneault) pour avoir représenté les familles, à Stéphane et Hélène pour avoir représenté les rescapés, diplômés de Poly et bénévoles, et à William et Juliette pour avoir représenté les associations étudiantes en génie du Québec (CRÉIQ) et le mouvement étudiant PAS_ICI.

Et un grand merci spécial à Meaghan, survivante de la tuerie à Dawson, qui a témoigné par téléconférence avec son père Ken et ses deux jeunes enfants en arrière-plan! Rappelons que sa mère, Kathlene Dixon, est décédée en mars dernier sans avoir été en mesure de constater l’aboutissement de ses 15 années de plaidoyer sans relâche pour un meilleur contrôle des armes (en collaboration avec PolySeSouvient). Kathlene a été une alliée critique dans cette lutte et elle nous manque à tous les jours.

En tant que témoins et victimes d’une fusillade de masse commise à l’aide d’une arme à feu légale, c’est à la prévention de ce phénomène que nous avons accordé la priorité – d’où l’importance d’interdire les armes et accessoires qui sont conçus pour permettre de tuer rapidement et efficacement.

Le projet de loi C-21 est un projet de loi fort qui introduit de nombreuses mesures importantes, mais il manque toujours l’interdiction des armes d’assaut. On se rappelle que PolySeSouvient a appuyé le C-21 lors de son dépôt uniquement sur la base de la promesse du ministre Mendicino d’amender le projet de loi en ce sens.

De plus, certains articles devraient être renforcés et des affaiblissements bloqués. La prochaine étape, c’est justement le processus « article-par-article » qui déterminera quels amendements seront retenus…

Voici deux bons articles de la presse canadienne (en français et en anglais) qui couvrent notre témoignage. Bonne nouvelle : les Libéraux confirment que l’amendement interdisant toutes les armes d’assaut s’en vient !

Vous trouverez ici-bas les principales recommandations que nous avons présentées aux députés. Vous pouvez aussi voir notre mémoire détaillé ici : la version française (traduction) et la version en anglais. Pour tout nouveau développement, suivez-nous sur Twitter.

Comme toujours, nous apprécions énormément chaque petit don pour nous aider à poursuivre la lutte… (via le bouton rose PayPal sur notre site web ou par virement Interact au info@polysesouvient.ca).

Solidairement,

Heidi, Nathalie, Serge, Meaghan, Stéphane et Hélène

DIVERSITÉ CULTURELLE ET INTÉGRATION DES IMMIGRANTS – SUITE. RACISME SYSTÉMIQUE

INVITATION
CONFERERENCE VIRTUELLE

THÈME:  DIVERSITÉ CULTURELLE
ET INTÉGRATION DES IMMIGRANTS – SUITE

SOUS-THÈME : RACISME SYSTÉMIQUE

CONFERENCIER : LE PÈRE SERGE ST-ARNEAULT, MAfr
DIRECTEUR DU CENTRE AFRIKA, MONTRÉAL

Le 7 octobre de 13h-14h

Bien cordialement,

Gabriel K. NGARLEM, coordonnateur

(438) 936 3697

Lettre aux amis: collaborateur depuis 50 ans

Il y a déjà plus de 50 ans que je collabore aux publications de notre société missionnaire», confie le missionnaire Julien Cormier dans Lettre aux amis, une publication des Missionnaires d’Afrique.

RÉDIGÉ PAR AMéCO

«Vers 1971-72, à Québec, j’apportais quelques idées de mise-en-page au père Adrien Fontaine, alors rédacteur du Bulletin des Pères Blancs d’Afrique, diffusé à 50,000 exemplaires dans tous les milieux du Québec, des Maritimes, de l’Ontario, de l’Ouest canadien.»

«En 1975, je vins m’initier au journalisme dans l’équipe de rédaction du nouveau magazine Mission des Missionnaires d’Afrique. Parmi les publications d’importance, il y avait alors celles des Missions ÉtrangèresLe Précurseur des Sœurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception, Univers de la Propagation de la Foi, Apostolat des Oblats de Marie-Immaculée. Nous avons renouvelé le genre annales missionnaires.»

En l’honneur du Saint Patron des Canadiens français et/ou du Québec

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Selon la nouvelle publiée sur le site internet du diocèse de Montréal, « Le 24 juin, nous célébrons la Saint-Jean, la fête du saint patron du Québec. Cette journée de fête, autant religieuse que civile, unit petits et grands depuis plus de 150 ans. Cette année encore, le Diocèse de Montréal donnera le coup d’envoi aux célébrations par la traditionnelle messe de la Saint-Jean-Baptiste, célébrée à l’église du même nom située sur le Plateau Mont-Royal. »

Le site internet du diocèse ajoute que « Les Fêtes de la Saint-Jean ont une longue histoire dans la province.  C’est le 24 juin 1834 que sera chanté pour la première fois le « Ô Canada! Mon pays, mes amours » de George-Étienne Cartier lors d’un grand banquet patriotique près de l’ancienne Gare Windsor à Montréal. Dès lors, on se promet d’en faire une fête annuelle. En 1842 a lieu une grande procession religieuse, inaugurant ainsi la tradition du défilé de la Saint-Jean.  Cette procession introduit les chars allégoriques en 1874. Arrivera avec ceux-ci l’introduction de la représentation traditionnelle de Saint-Jean-Baptiste sous la forme d’un petit garçon frisé accompagné d’un mouton. Quel honneur pour l’heureux choisi pour jouer ce rôle! »

Ceci est très intéressant. Le chant patriotique Ô Canada de 1834 et la grande procession religieuse du défilé de la Saint-Jean de 1842 encadrent la révolte des patriotes de 1837-38. Avec ces simples dates, il est permis d’imaginer le climat hautement tendu, tant social que religieux, de cette époque. La fête de la Saint-Jean s’est associée à une revendication d’ordre politique, avec la bénédiction de l’Église Catholique. Ce n’est pas rien!

Qui dit défilé dit marche et revendication! C’est encore la même chose de nos jours. Pensons simplement aux marches pour la protection de l’environnement, etc.

Mais, le défilé de la Saint-Jean, c’est spécial. Au tournant du nouveau millénaire, j’ai assisté au défilé de la Saint-Jean qui s’est déroulé dans les rues du Vieux-Montréal en pleine nuit débutant de l’est vers le centre-ville. Une semaine plus tard, j’ai aussi participé du défilé de la fête du Canada du 1er juillet. Le cortège prit son élan au coin des rues Berry et Sherbrooke, vers l’ouest et en plein jour. Deux visions diamétralement opposées!

La récente pandémie a calmé toutes les ardeurs, quelles soient patriotiques, climatiques ou autres. Cette année, à Montréal, il n’y a pas de défilé de la Saint-Jean. Il y a plutôt des fêtes de quartiers et des spectacles. La nouveauté, c’est le « défilé stationnaire » situé sur le boulevard Maisonneuve où les gens sont invités à défiler devant les « chars » allégoriques.

En ce beau vendredi après-midi, ensoleillé et relaxant, les gens défilent. Ils deviennent les acteurs de la marche au lieu de regarder sans broncher le passage d’un défilé. La dynamique a complètement changé. Il n’y a plus de direction est-ouest. Le défilé stationnaire se poursuivra ce soir. Il n’y a donc plus de jour ou de nuit. Les oppositions laissent place à une participation active des gens non seulement en regardant, mais aussi en touchant à un défilé dit stationnaire. Voilà une intéressante nouveauté presque contradictoire !

Note finale du site internet du diocèse de Montréal : « En 1908, le pape Pie X proclame Saint-Jean-Baptiste, le patron des Canadiens français. En 1925, le gouvernement du Québec fera du 24 juin un jour férié. Finalement, le 11 mai 1977, le 24 juin devient officiellement le jour de la Fête nationale du Québec. »

La politique n’a pas récupéré la fête religieuse. Il s’agit plutôt de deux aspects d’une même fête intimement associés depuis 1842. La nouveauté, c’est qu’au niveau institutionnel, elle est devenue «stationnaire » ou figée en termes politique, constitutionnel et religieux. Mais, au niveau populaire, la manière de fêter permet aux gens de marcher à leur rythme, quand et comme ils le veulent; de l’est ou de l’ouest, de jour ou de nuit. D’une certaine façon, c’est une brillante manière d’éviter la confrontation dans un climat politique, social et religieux de plus en plus enclin à la polarisation.

Bonne fête nationale.
Bonne fête de la Saint-Jean.

Contrôle des armes – Premier pas concret vers une grande victoire!

GEL DU MARCHÉ DES ARMES DE POING ET ENGAGEMENT POUR INTERDIRE LES ARMES D’ASSAUT

Aux amis et partenaires de PolySeSouvient :
Lundi, nous étions plusieurs à Ottawa : Nathalie Provost, Suzanne Edward, Jean-François Larivée, Serge St-Arneault, Sylvie Haviernick, Heidi Rathjen (Polytechnique), avec nos amis Louise de Sousa (Dawson), Boufeldja Benabdallah (Mosquée) et Luna Vadlamudy (Ensemble pour Thomas). Meaghan Hennegan était parmi nous d’esprit et de cœur(!) Aux côtés de nos collègues – dont les familles de Danforth (Toronto), des groupes de femmes et la Coalition pour le contrôle des armes – nous avons assisté au dépôt du projet de loi C-21, version 2.0!

Si nous avons accepté de nous joindre au premier ministre Trudeau et au ministre la Sécurité publique Marco Mercidino, c’est parce que, cette fois-ci, ils ont livré la marchandise :
1) lancement du programme de rachat obligatoire des armes d’assaut prohibées (liste de 2020) à l’automne 2022
2) gel du marché des armes de poing et élimination progressive des celles en circulation (clauses grand-père)
3) révocation automatique du permis de possession d’armes pour tout individu faisant l’objet d’une ordonnance de protection associée à des menaces ou la violence intime
4) engagement pour inclure dans le projet de loi une interdiction complète et permanente des armes d’assaut
5) interdiction des chargeurs modifiables (qui peuvent atteindre leur pleine capacité illégale).
Nous voulions rapidement vous transmettre la nouvelle, bien qu’il aurait été difficile de manquer ces développements dans les médias! Les détails viendront plus tard. D’ici là, voici le survol des nos demandes ainsi que notre réaction officielle. Vous trouverez aussi quelques liens vers des reportages médiatiques. Nous aimerions cependant profiter de cette occasion pour souligner le travail en coulisse indispensable et sans relâche de la députée d’Outrement, Rachel Bendayan : rappelez-vous de son nom! 
Certes, il faut poursuivre nos efforts: il faut notamment veiller à améliorer la législation (surtout au niveau de l’amendement promis pour interdire toutes les armes d’assaut), à freiner les achats d’armes de poing en attendant l’interdiction de leur vente, et à faire adopter le projet de loi dans le contexte d’un gouvernement minoritaire.
Mais, aujourd’hui, nous pouvons célébrer cet énorme point tournant!

MERCI à vous tous qui avez répondu à nos appels
à l’action ou qui avez contribué financièrement!
Ensemble, avec beaucoup de patience et de détermination,
nous avons réussi à convaincre le gouvernement libéral 
de se ranger du côté de la majorité des Canadiens
qui souhaitent un meilleur contrôle.

Vous pouvez continuer à nous appuyer en faisant une petite contribution financière via le bouton PayPal qui se trouve sur notre site web . Les prochains mois seront cruciaux et nous aimerions commanditer des sondages pour montrer l’appui des Canadiens pour des mesures et renforcements spécifiques (ça coûte cher…). Compte tenu des événements récents aux États-Unis, ce serait maintenant le moment optimal pour sonder nos concitoyens.

Solidairement,
Heidi, Nathalie, Boufeldja, Serge, Jean-François, Suzanne, Sylvie, Louise et bien d’autres

« Une étape à la fois, » Justin Trudeau

Serge St-Arneault, M.Afr, Montréal, 31 mai 2022

Jeune, je me rappelle la forte impression que m’a laissée la nouvelle diffusée sur les ondes de la radio locale CFLM de La Tuque : « Le maire Lucien Filion se rendra à Ottawa pour rencontrer de hauts fonctionnaires. » Je ne sais plus de quoi il s’agissait, mais cela devait être très important. Ottawa! La capitale lointaine du Canada et, en plus, il allait rencontrer des gens importants et influents. Wow!

Justin Trudeau et Serge St-Arneault

Dans mon imaginaire, ce monde revêtait une étrangeté presque mystique. Prendre la peine d’aller à Ottawa relevait d’un exploit et comportait des risques. Et voilà que je suis revenu d’Ottawa hier pour la xième fois depuis cinq ans. Rien ne correspondait à mon imaginaire d’enfant. J’ai rencontré plusieurs ministres et députés et même le premier ministre Justin Trudeau avec lequel j’ai eu un bref entretien avec une bonne poignée de main chaleureuse. Je n’ai rencontré que des politiciens attentifs, accueillants, souriants, profondément humains et reconnaissants pour notre présence.

La conférence de presse à laquelle nous étions invités s’est avérée un moment historique sur le chemin d’un contrôle des armes à feu dans notre pays. Le gouvernement annonçait un projet de loi audacieux vers une nouvelle étape pour mettre en place de réelles mesures de protection publique face à la prolifération des armes de poing tout en promettant d’autres mesures pour bannir les armes d’assaut de type militaire. Nous étions euphoriques d’entendre cela.

Conférence de presse
Rachel Bendayen

Avant de nos rendre à la salle de réception du Château Laurier où une importante délégation de journalistes et de caméramans nous attendait, nous avons été accueillis au bureau de Rachel Bendayen, députée et grande partenaire de PolySeSouvient. Puis, nous nous sommes dirigés vers le bureau du ministre de la Santé publique Marco Mendicino. Il m’a expliqué qu’il est avocat de profession. Je l’ai senti ému de constater notre importante délégation pour soutenir le nouveau projet de loi. Le C-21.

Sur cette photo, je suis entre le ministre Marco Mendicino et Alison Irons de Toronto.

Serge et Wendy Cukier

J’ai eu la joie aussi de revoir Wendy Cukier de Toronto et porte-parole de la Coalition pour le contrôle des armes. Notre précédente rencontre remonte à plus de vingt ans.

Ce n’était pas vraiment mon intention de porter ce vêtement. En fait, mon bel habit ne me fait plus. Ou plutôt, mon gabarit n’est plus ajusté à l’habit. Bref, pour une rare fois, tous ensemble, nous étions dans un esprit festif, joyeux. De PolySeSouvient, en plus de moi, il y a eu Heidi, Boufeldja, Jean-François, Nathalie, Sylvie et Suzanne.

Justin Trudeau et Luna Vadlamudy

Nous nous sommes donc retrouvés au Château Laurier pour la conférence de presse. Nous avons attendu un bon moment. C’est là que j’ai fait connaissance avec une adolescente de 16 ans, Luna Vadlamudy, d’origine indienne, qui représentait l’organisme « Ensemble pour Thomas », un jeune homme qui a été tué par balle dans le quartier Saint-Michel à Montréal en novembre 2021.

Château Laurier
Serge et Greg Fergus

Je tiens aussi à souligner le député de Hull-Aylmer Greg Fergus. Il est secrétaire parlementaire du premier ministre et de la présidente du Conseil du Trésor. Nous avons eu une très belle conservation. Il m’a certifié qu’il y a une unité au sein du Parti libéral canadien sur la question du contrôle des armes à feu. Peut-être aurons-nous la chance de nous revoir.

Une étape à la fois

J’avais déjà parlé brièvement au premier ministre Justin Trudeau le 6 décembre 2021 sur le Mont-Royal lors de la cérémonie annuelle de commémoration de la tragédie de la Polytechnique. Aux côtés de Nathalie Provost, nous lui demandions pour combien de temps nous devrions attendre pour que le gouvernement agisse. Voici ce qu’il nous a dit : « Nous y arriverons. Nous procéderons pas à pas, une étape à la fois. »

Le mot ÉTAPE est le mot clef que je retiens de mon expérience avec le monde politique, celui de Justin Trudeau. Je commence à comprendre que ce politicien a une vision à plus long terme que les politiciens populistes à courte vue. Nous avons souvent des réprimandes à faire sur son style de leadership, mais je suis maintenant d’avis qu’il est un réel homme politique.

Il procède par étapes. Il a un plan d’avenir. Ce plan englobe beaucoup de points sensibles tels que la réconciliation avec les Peuples autochtones pour ne nommer que celui-là. En plus des enjeux imprévus comme la pandémie de la Covid-19 ou la guerre en Ukraine, le gouvernement fait preuve d’audace, certes calculée, mais également prometteuse pour l’avenir du Canada.

Message de Rachel Bendayen qui s’est adressée à la Chambre des Communes

Bonjour à vous tous,

Merci du fond du cœur pour vos bons mots, mais surtout merci pour tout ce que vous faites et merci de continuer à porter ce combat. Hier nous avons pris un énorme pas en avant, mais notre travail n’est pas terminé. Vous pouvez compter sur moi pour continuer à me battre à vos côtés.

Il y a peine deux heures, je me suis levée en chambre et je tenais à partager ça avec vous

Rachel

Contrôle des armes à feu: une avancée majeure pour Serge St-Arneault

Sur la photo : le Ministre fédéral de la Santé publique Marco Mendicino, Serge St-Arneault et Alison Irons

SÉBASTIEN LACROIX, Le Nouvelliste, 30 mai 2022

«C’est un discours historique. Ça va vraiment dans le sens que l’on a toujours rêvé.» C’est en ces termes qu’a réagi le Latuquois Serge St-Arneault qui avait fait le voyage à Ottawa, lundi, où il a rencontré le ministre fédéral de la Sécurité publique Marco Mendicino et le premier ministre Justin Trudeau avant la présentation du nouveau projet de loi sur le contrôle des armes à feu, en compagnie d’autres militants.

«C’est sûr que c’est une étape. Il y en aura d’autres à suivre», a souligné celui qui se bat depuis plus de 30 ans pour le contrôle des armes à feu, lui qui a perdu sa sœur Annie lors de la tragédie de Polytechnique.

Il faut dire que les annonces respectent pratiquement en tout point ce que proposait le groupe PolySeSouvient, qui revendique un plus grand contrôle des armes à feu, si ce n’est «certains détails» qui demeurent à régler. «On a le sentiment que nous progressons de manière significative», a mentionné M. St-Arneault lorsque joint par Le Nouvelliste.

«Ça résume l’ensemble des préoccupations que nous portons, surtout au niveau des armes d’assaut. La nouveauté, c’est au niveau des armes de poing. C’est un pas qui est significatif, insiste-t-il. C’est une avancée parce que le fédéral a reconnu à voix basse que l’idée de remettre ça dans les mains des municipalités ou même des provinces, ça ne fonctionnerait pas. Ils ont trouvé une manière originale d’au moins arrêter de vendre et d’importer des armes de poing.»

Pour la suite des choses, il restera assurément de s’assurer de l’adoption du projet de loi, alors qu’on s’attend à ce que les partis d’opposition tentent de freiner le processus. Tout de même, Serge St-Arneault a senti une réelle volonté du gouvernement d’aller de l’avant. «J’ai demandé à quelques ministres s’il y avait des dissensions et au contraire, il y a une réelle unanimité. Tous les ministres travaillent dans la même direction. Je pense que c’est un élément à retenir», a-t-il soutenu.

Les prochaines étapes seront les mesures pour appliquer le projet de loi qui sera déposé. Il faudra par exemple s’assurer que la définition d’arme d’assaut soit suffisamment claire pour ne pas que les compagnies cherchent à contourner la loi.

«Une prochaine étape, ce sera la clarification de la définition des armes d’assaut pour bannir de façon catégorique la prolifération des armes d’assaut et la création de nouvelles armes qui ne répondraient pas à la définition actuelle», ajoute Serge St-Arneault. «Il y a de nouveaux modèles d’armes d’assaut qui sont maintenant bannis, continue-t-il. De 1500, on est rendu à 1800, mais je pense que le gouvernement veut améliorer la définition pour éviter l’ambiguïté.»

Si les récents événements au Texas n’ont pas été mentionnés au cours de la journée, Serge St-Arneault croit que ç’a pu être dans les pensées de plusieurs personnes au moment de faire les annonces. «On ne veut surtout pas que le Canada aille dans la même direction que les États-Unis, insiste-t-il. Je pense que ça faisait partie de la pensée cachée. On a été tout le monde été touché par ça, mais je ne pense pas que ce soit un élément direct. Parce que le gouvernement était déjà prêt à l’annonce de son projet de loi.»

À LIRE AUSSI

« Vous devez vous laver les pieds les uns les autres », Jean 13, 14.

Enfant, seul avec mon papa, je me rappelle clairement le jour où il m’a acheté des souliers neufs. Après quelques essais, il a sélectionné une paire d’une valeur équivalente à des souliers pour adulte. Sur le coup, je n’ai pas compris pourquoi, heureux d’avoir de beaux souliers.

Ce souvenir me revient en mémoire à la lecture de l’évangile du Jeudi Saint lorsque Jésus lave les pieds de ses disciples. Il faut prendre soin de ses pieds. Avec l’âge, il est fréquent d’avoir besoin de soins pour les pieds. Des douleurs aux pieds, c’est pénible!

C’est précisément le cas de mon papa Bastien. Pour avoir été mal chaussé lui-même dans sa jeunesse, il avait développé des hallus valgus, communément appelés des ‘oignons’. Il s’agit d’une bosse osseuse sur le côté du pied qui résulte d’une déviation du premier métatarse du pied vers l’intérieur et du gros orteil vers l’extérieur.

Ses enfants ne connaîtront pas cette malformation. Prendre soin de ses pieds est impératif pour se mouvoir librement. Sans de bons pieds, où irions-nous ?

Au Congo en 1988

Cela me ramène à l’époque de mes premières années missionnaires. Tête penchée pour écouter les confessions des chrétiens, mon regard se tournait spontanément vers les pieds des gens; pieds meurtris sur les chemins de brousse, vulnérables aux blessures, craquelés et même crevassés et ongles mal taillés. À vrai dire, j’étais presque le seul à porter des souliers. Je me disais qu’un podiatre y trouverait un endroit incomparable pour exercer sa profession.

Marcher dans la brousse est une agréable sensation. Il est important de suivre le sentier de peur de croiser un serpent au passage. Il faut aussi avoir de bons yeux.

  • « Attention mon père »!
  • « Oui quoi ? »
  • « Là, il y a un serpent! »

J’ai beau regarder partout. Je ne vois rien. Là, c’est où ? Dois-je regarder ici où là-bas ?

  • « Non, regardez en haut. Là sur la branche. »

Mes yeux s’écartent. Je ne vois qu’un amoncellement de feuilles. Dans un environnement si hostile, les enfants apprennent très tôt à détecter les dangers. Personne n’a un tel souci en forêt à La Tuque.

  • « Là, devant vous, il y a un serpent! »

À force d’efforts, j’y parviens enfin. Et la route continue.

La Vallée du Rift

Quelques années plus tard, j’ai eu l’idée d’aller explorer une vaste étendue située au sud de la paroisse de Géty. Il s’agit d’un petit segment de la Vallée du Rift qui s’étend du sud du Mozambique jusqu’en Syrie. Il s’agit d’une profonde crevasse entre deux plaques de la croûte terrestre. Une descente épique nous attendait. Heureusement, nous avions deux bons guides.

C’est un paysage à couper le souffle. Au début, le sentier est relativement facile. Puis, il emprunte les escarpements de pics sculptés par l’érosion depuis des milliers d’années et hauts de plusieurs dizaines de mètres, à droite et à gauche. Nous avons pris toute la journée pour atteindre la rivière Semeliki qui serpente au pied de la montagne.

Épuisés, avec mon confrère Malaki, nous avons trouvé refuge dans un petit village tard la nuit. Le lendemain matin, nous avons eu le privilège de manger quelques petits poissons qu’on appelle kapenta, accompagnés du traditionnel bugali, la pâte de manioc. Nous avons de nouveau dormi le reste de la journée. Au menu du soir, de nouveau des kapenta. Ce sont de petites sardines d’eau douce de la famille des clupéidés. La variété des mets est fortement limitée dans ces lieux de vive chaleur, éloignés des centres urbains et difficiles d’accès. Bref, ce soir-là, jambes allongées, assit à même le sol aux côtés de la maman qui nous accueillait si généreusement, nous entamons une conversation.

  • « Pourquoi ne restez-vous pas avec nous, mon père ? »
  • « Et bien, lui répondis-je, une manière très simple de m’inciter à rester avec vous, c’est de tout simplement cacher mes souliers. Moi, je suis incapable de marcher sans souliers comme vous le faites. Vous marchez pieds nus depuis votre enfance et vous êtes habituée. Dans cette vallée, le sable est tellement chaud que je me brûlerais les pieds sans cesse. Sans souliers, je suis prisonnier, incapable de bouger. »

Pour bien illustrer mon propos, je lui montre le dessous de mon pied gauche et l’invite à me toucher. Un peu craintive, elle approche lentement son doigt et exerce une légère pression. Elle s’éclate de rire.

  • « Oh! C’est comme la peau d’un bébé! »

Nous avons apprécié cette pause de 36 heures avant d’attaquer l’ascension de la montagne aux allures d’un géant, haute de 1000 mètres. En passant, je me réjouis de lire une annonce sur le devant d’un bar. La boisson offerte est une faible bière alcoolisée à base d’un fruit typiquement local. Le nom de ce bar est « Umaskini si zambi! » Traduction : « la pauvreté n’est pas un péché! ».

Prenons soin de nos pieds! Prenons soin des uns des autres, au nom de Jésus.