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Être là où il se doit au nom du Christ ressuscité

Éditorial de l’édition du mois de juin 2026 de la Lettre aux Amis, numéro 73

Que ce soit à Jérusalem, dans le quartier Saint-Roch de Québec ou là où vous vous trouvez en ce moment, nous sommes au bon endroit en raison du Christ ressuscité.

Le révérend Gilles Routhier, théologien éminent de renommée mondiale affilié au diocèse de Québec, expert du concile Vatican II et de la synodalité, enseignant à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval depuis 1992, a mis l’accent sur la nécessité de préserver l’unité ou «l’esprit de corps» en valorisant la variété des dons spirituels au sein de la communauté sacerdotale lors de la réunion générale du clergé de l’archidiocèse de Québec qui s’est déroulée le 6 mai 2026.

Le risque de division est bel et bien réel dans un monde polarisé, tel que nous le vivons chaque jour. Ce danger, c’est le retour aux « tribus » sociales, unies par des intérêts communs et dominées par des leaders d’opinion.

Dans l’Église, il est crucial d’écarter les conflits en se concentrant sur l’essence même de notre foi chrétienne : l’amour du Christ. C’est cela qui constitue notre choix essentiel.

Au-delà de nos sensibilités ou de nos colorations spirituelles, qui sont les manifestations de notre diversité, nous appartenons avant tout à une communauté de croyants en Église. Le piège à éviter est l’isolement, qui consiste à agir seul.

Notre mission commune est de promouvoir l’unité en embrassant notre diversité. C’est là l’œuvre de l’Esprit-Saint.

L’édition de La Lettre aux Amis que vous tenez entre vos mains nous emmène à Jérusalem et dans le diocèse de Québec, mais nous proclamons tous le même message : l’Évangile.

Bonne lecture,

Document PDF de l’édition de la revue La Lettre aux Amis du mois de juin 2026, numéro 73.

Soutenez le projet 83 :

INSTALLATION D’UN SYSTÈME SOLAIRE AU COLLÈGE SAINT FRANCIS DE KYANAMIRA, DANS LE DIOCÈSE DE KABALE EN OUGANDA

Ce projet consiste à produire de l’électricité à partir d’un système solaire. En effet, l’approvisionnement en électricité fourni par la compagnie publique n’est pas stable. C’est pourquoi, compte tenu des besoins en électricité du collège Saint-Francis de Kyanamira, nous avons pris conscience de la nécessité absolue de disposer d’une alimentation solaire capable d’assurer le bon fonctionnement de l’établissement, en particulier pour les élèves. En cas de coupure de courant, ceux-ci ne peuvent plus accéder à la salle informatique pour leurs travaux pratiques. De plus, la nuit, lorsque l’électricité fournie par le gouvernement est coupée, les élèves ne peuvent pas étudier.

De plus, le collège de Saint-Francis de Kyanamira est le seul établissement secondaire de notre nouvelle paroisse du diocèse de Kabale : la paroisse SaintFrançois-d’Assise de Kyanamira. Cet établissement est situé dans une zone semi-rurale, non loin de la ville de Kabale, dans l’ouest de l’Ouganda.

Il s’agit d’un établissement mixte proposant à la fois un enseignement de niveau ordinaire et un enseignement supérieur, en internat et en externat. Il s’inscrit aussi dans le cadre de l’enseignement secondaire universel et de l’enseignement et de la formation post-secondaires universels.

L’établissement compte six bâtiments, à savoir le bâtiment principal abritant les bureaux administratifs et la salle informatique, le laboratoire, le foyer pour garçons et le foyer pour filles.

En ce qui concerne les effectifs, l’établissement compte actuellement trois cent quatre-vingts élèves qui sont encadrés par 34 enseignants diplômés et 18 membres du personnel de soutien.

La population locale, en particulier le comité des parents d’élèves, participe à ce projet en apportant sa contribution locale. À ce jour, quatre millions de shillings ougandais (4 000 000 UGX) ont été collectés à cette fin. Cela correspond à mille quatre cent quatre-vingt-sept dollars canadiens (1 487 CAD).

Toutefois, le montant que nous sollicitons grâce à votre générosité s’élève à vingt-six mille dollars canadiens (26 000 CAD).

Mille fois merci pour votre aide.

Père Grace B. Baltazar , M.Afr Père Armel Somda, M.Afr

Contrôle des armes à feu semi-automatiques: ce que le gouvernement fédéral peut faire

LA PAROLE AUX LECTEURS

6 juillet 2026

Depuis 1996, l’Australie a interdit catégoriquement l’utilisation d’armes de guerre, telles que des fusils d’assaut, des fusils à pompe et des fusils semi-automatiques, dans le domaine civil. De plus, le gouvernement australien a lancé un programme national obligatoire et financé par une taxe spéciale pour racheter et détruire environ 650 000 armes illégales.

À cela s’est ajoutée, depuis 2021, une amnistie nationale permanente permettant aux citoyens de remettre à la police, sans crainte de poursuites, les armes non enregistrées ou illégales.

Cette mesure a eu des effets positifs: le taux de criminalité liée aux armes à feu est nettement inférieur à celui du Canada. De plus, l’Australie a connu une baisse significative des fusillades de masse et une diminution de 80 % des suicides par arme à feu.

Il est indéniable que la géographie insulaire de l’Australie constitue un atout en matière de contrôle des frontières, en particulier par rapport à celles avec les États-Unis. Cependant, cela ne devrait pas servir d’excuse pour expliquer la réticence persistante du gouvernement fédéral à réglementer strictement les armes à feu de type militaire, y compris les SKS, qui sont toujours légales à ce jour.

Néanmoins, le gouvernement fédéral a élargi l’interdiction de plusieurs armes à feu semi-automatiques, prolongé les périodes de grâce, mis en place un programme d’indemnisation et renforcé la réglementation pour limiter leur circulation et leur utilisation dans un contexte civil. Alors, qu’est-ce qui cloche ?

Fusillade dans Côte-des-Neiges

Après la fusillade du 22 juin dans le quartier de Côte-des-Neiges, l’opinion de Mark Carney sur la décision du gouvernement d’interdire la SKS, une arme semi-automatique, au Canada est restée floue. Il admet « qu’il faut faire plus », mais ajoute que « c’est un enjeu complexe ».

La formation « d’un groupe consultatif élargi » correspond à une sorte d’inertie volontaire quasi chronique qui entrave la réalisation législative d’une politique ferme et résolue.

Les consultations interminables nécessaires à ce processus retardent toujours davantage la mise en œuvre de la loi C-21.

Bien que cette loi ait entraîné des avancées, son application reste malheureusement limitée. Pour tirer pleinement parti de son potentiel, il est crucial d’assurer une application rigoureuse de mesures concrètes et une coopération étroite entre les services de police, les tribunaux et les organismes de santé publique.

Que devrions-nous faire ?

Comme il s’agit de sa décision, le gouvernement devrait s’empresser d’organiser des consultations plus rapides, qui sont actuellement retardées de manière alarmante. Les consultations menées précédemment par le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, n’ont jamais abouti à un consensus avec les agriculteurs, les organisations de chasse, les communautés autochtones et les clubs de tir sportif.

Il est grand temps d’agir résolument dans ce dossier, comme le gouvernement le fait actuellement pour faire face au nouvel ordre politique et économique instauré par nos voisins américains.

À ce propos, à la différence des Australiens, la perméabilité de notre frontière est une réalité inéluctable. Toutefois, notre nation a la capacité de renforcer la sécurité des frontières, l’immigration et la lutte contre la criminalité transnationale, comme l’a démontré la Loi visant une sécurité rigoureuse à la frontière déposée en juin 2025 par le gouvernement libéral.

Cela souligne l’importance cruciale que les forces policières canadiennes doivent accorder à l’appui sans faille de toutes les décisions du gouvernement en matière de collecte ou de saisie d’armes d’assaut illégales.

La mise en place de mesures de sécurité publique relève principalement de la compétence des autorités fédérales. Cependant, à l’heure actuelle, ce sont les municipalités qui se sont engagées dans cette voie. Toutefois, elles manquent de ressources financières pour atteindre leurs objectifs. Elles ne peuvent pas obliger les détenteurs d’armes à feu à se délester de leurs armes.

Le gouvernement Carney s’engage avec détermination et efficacité dans de multiples domaines, en adoptant une perspective à long terme visant à renforcer le pays. Une grande majorité de Canadiens soutiennent ces initiatives. Nous tenons à souligner que pas moins de 80 % de la population canadienne approuve la demande de PolySeSouvient depuis la tragédie de la Poly en 1989, réclamant l’interdiction totale sur le territoire national des armes d’assaut de type militaire.

Sylvie Haviernick, sœur de Maude Haviernick, victime de la tragédie de Polytechnique du 6 décembre 1989

Serge St-Arneault, frère d’Annie St-Arneault, victime de la tragédie de Polytechnique du 6 décembre 1989

LIEN

Fusillade dans Côte-des-Neiges

Des souvenirs liés à Polytechnique à vif après la fusillade de Montréal

Selon l’article de Marianne Langlois publié dans le Journal de Montréal en ce 23 juin 2026, « La fusillade qui s’est déroulée dans Côte-des-Neiges lundi fait rejaillir de douloureux souvenirs en lien avec Polytechnique à plusieurs personnes qui ont été touchées de près par la tragédie. »

De ma conversation téléphonique avec cette journaliste, celle-ci a retenu ce qui suit :

Cliquer ICI pour ouvrir le document PDF de PolySeSouvient

À la suite de la fusillade survenue lundi dans Côte-des-Neiges, Valérie Beaudoin s’entretient avec Heidi Rathjen, survivante du drame de Polytechnique et coordonnatrice du collectif PolySeSouvient.

Autres liens :

 » (…) son propos (du tueur) est carrément déshumanisant. Les femmes sont pour lui une ressource à gérer, comme le pétrole ou le blé, qu’on peut attribuer à qui on veut en actionnant les manivelles économiques d’une société. Elles n’ont pas leur mot à dire.  » Jeff Yates, journaliste.

Dialogue interreligieux, interculturalité et laïcité. Regard contemporain au Québec.

Chaque année, la Fédération pour la paix universelle du Québec confère le titre d’« Ambassadeur de paix » à personnalités exemplaires qui vivent pour les autres et se dévouent à des activités afin de promouvoir des valeurs morales universelles, une vie de famille solide, la coopération interreligieuse, l’harmonie entre les nations, le renouveau de l’Organisation des Nations unies, des médias responsables et l’établissement d’une culture de paix.

En transcendant les frontières raciales, nationales et confessionnelles, les ambassadeurs de la paix contribuent à la réalisation d’un rêve ancien de l’humanité : un monde uni et paisible où les dimensions matérielles et spirituelles de la vie s’harmonisent.

C’est dans cet esprit que la Fédération pour la paix du Québec a décerné à six personnes, dont moi-même, le titre d’Ambassadeur de paix.

Cet événement s’est déroulé le 18 avril 2026 à l’Hôtel Ruby Foo’s situé au 7655 du boulevard Décarie, près du métro Namur. Le thème principal était le regard contemporain sur le dialogue interreligieux, l’interculturalité et la laïcité.

Le principal conférencier était Pierre LeBel, chercheur associé à l’IERTIMM (Institut d’étude et de recherche théologique en interculturalité, migration et mission).

Voici les éléments clés de son discours :

  • L’INTER encourage une relation marquée par la courtoisie et le respect dans les échanges interconfessionnels et interculturels.
  • Il est crucial pour une société laïque de fournir des espaces neutres qui favorisent la rencontre et la coopération au bénéfice de l’ensemble de la communauté.
  • Une société laïque est une société démocratique qui permet à chacun de se valoriser mutuellement.
  • La déférence invite à l’humilité en évitant de devenir ‘LA’ référence. Cette posture imprégnée de respect mutuel contribue à l’édification d’un lien social marqué par la confiance réciproque. Elle s’oppose à la fragmentation et aux rivalités.
  • Il est révélateur de noter que 92 % des Canadiens font confiance à leurs voisins, tandis que ce taux est inférieur à 50 % aux États-Unis.
  • Une sereine intériorité et une profonde spiritualité favorisent une humanité entièrement tournée vers le respect de la vie, les lieux de liberté et une plus grande assurance grâce à une attitude attentive aux autres.
  • Il est crucial de tirer parti du potentiel humain pour un épanouissement collectif. Cela amène l’humanité à se concentrer sur l’abondance de vie en Dieu, sur cette nature divine qui nous habite tous.
  • Dans le paysage politique québécois actuel, la laïcité ne permet pas aux communautés de foi de participer à la restructuration du monde, car elle écarte les valeurs religieuses axées sur l’unité et la réconciliation. La référence est celle de la plénitude de la relation de Jésus avec son Père, dans l’Esprit saint, lui permettant d’être entièrement disponible aux autres.
  • L’accueil des étrangers, des immigrants, des réfugiés, des personnes sans papiers et des travailleurs temporaires se trouve au cœur de la déférence et du respect de chaque individu, sans distinction.
  • La question fondamentale est de savoir si notre société laïque a la capacité collective de bien accueillir et de fournir les ressources nécessaires pour intégrer les différences religieuses et culturelles.

Nomination de nouveaux Ambassadeurs de paix 2026 du Québec

Autres intervenants

Louise Royer et Pierre LeBel

Louise Royer1, directrice de l’Office de la pastorale sociale, Archidiocèse catholique romain de Montréal

Robert Duffy, secrétaire-général – Fédération pour la paix universelle, Canada

Denitsa Tsvetkova2, Ph.D., co-directrice du Centre canadien d’œcuménisme

Père Tiburtius Fernandez, curé des paroisses Saint Augustine of Canterbury, NDG et St. Edward the Confessor, Pointe-Claire

Père Serge St-Arneault

Son engagement missionnaire commence en 1980 – 1981 alors que Serge fait son noviciat chez la Société des missionnaires d’Afrique à Fribourg, Suisse, après une année d’étude en missiologie à l’université St-Paul à Ottawa.

De 1981 à 1983, il est en stage apostolique au zaïre où il étudie le kiswahili.

De 1985 à 1987, il étudie en missiologie (anthropologie) au Missionary Institute of London, England.

Il est ordonné prêtre le 28 juin 1987 à La Tuque, Canada, et s’engage comme missionnaire au Zaïre jusqu’en 1996. Là, au cœur d’un pays en plein conflit, parce qu’avec ses confrères ils n’avaient pris position pour aucune des factions en conflits, ils ont pu faciliter les pourparlers de paix.

Puis en 2001 il est nominé missionnaire au Malawi où il étudie le chichewa et s’engage au Centre d’études sur les questions de justices sociales et collabore au centre culturel et artistique Kungoni situé à Mua.

En 2011, il reçoit une nouvelle nomination en Zambie pour la coordination des communications en Afrique australe.

En 2017 il est nommé directeur du Centre Afrika de Montréal.

Récemment, il a joint une nouvelle équipe pastorale missionnaire dans le quartier St-Roch de Québec.

Depuis le 6 décembre 1989, père St-Arneault est engagé avec Polysesouvient, sa sœur Annie étant l’une des 14 victimes de cette tragédie. Depuis plus de 36 ans, Polysesouvient tente d’interdire la possession et la vente d’armes semi-automatiques de type militaire. Il considère son engagement pour la protection des femmes, trop souvent victimes de féminicide, et aussi des enfants, comme un prolongement de sa vocation consacrée au Royaume de Dieu.

Bref témoignage

Mon engagement pour la paix a été particulièrement significatif lorsque j’étais au Zaïre. Le génocide au Rwanda a eu des répercutions jusque-là où je visais, soit dans un vaste territoire au sud de la ville de Bunia dans le nord-est du pays, près de la frontière avec l’Ouganda. Gety, ce territoire, est peuplé de différentes tribus dont les plus importantes sont celles des Hémas et des Ndruna. Au même moment, le pays traversait des moments de troubles sociaux accompagnés d’émeutes dans les principales villes du pays, une économie dévastée par une inflation de 8000 %. Les rivalités historiques ont refait surface.

L’insécurité était omniprésente au point où tous les expatriés ont fui le pays, à la demande de leur pays respectif, dont le Canada. Le plus grand danger venait des paracommandos qui incendiaient les villages pour, soi-disant, rétablir la paix. J’ai été personnellement menacé à une reprise.

Pourtant, nous sommes restés. Avec mes confrères, nous avons mis en place des convois pour amener les populations menacées en des lieux plus sécuritaires. Parallèlement, nous avons essayé de rétablir les faits pour contredire des rumeurs de massacres, quoiqu’il y en ait eu à quelques reprises.

Finalement, nous avons facilité les pourparlers de paix entre les tribus en conflit sous un manguier situé dans un ‘no man’s land’. Nous pouvions le faire car n’avions pris position pour aucune des fractions en conflits. Néanmoins, pendant plusieurs mois, nous ne savions pas si nous allions survivre ou non.

PolySeSouvient

Je suis engagé avec PolySeSouvient depuis le 6 décembre 1989. Ma sœur Annie est l’une des 14 victimes de cette tragédie qui a profondément marqué les Canadiens. Le souvenir de cet événement est toujours présent. Depuis plus de 36 ans, PolySeSouvent tente d’interdire la possession et la vente d’armes semi-automatiques de type militaire. Ces armes de guerre n’ont pas leur place entre les mains de simples citoyens. Ces mêmes armes sont souvent utilisées dans les tueries de masse.

Mon principal rôle est de témoigner au nom des familles éprouvées. J’ai accordé de nombreuses entrevues et rédigé des articles pour la presse francophone et anglophone. Je considère mon engagement pour la protection des femmes, trop souvent victimes de féminicide, et aussi des enfants, comme un prolongement de ma vocation consacrée au Royaume de Dieu.

Father Serge St-Arneault

His missionary work began in 1980–1981, when Serge completed his novitiate with the Society of Missionaries of Africa in Fribourg, Switzerland, following a year of study in missiology at St. Paul University in Ottawa.

From 1981 to 1983, he was on an apostolic internship in Zaire, where he studied Kiswahili.

From 1985 to 1987, he studied missiology (anthropology) at the Missionary Institute of London, England.

He was ordained a priest on June 28, 1987, in La Tuque, Canada, and served as a missionary in Zaire until 1996. There, in the midst of a country in the throes of conflict, because he and his fellow priests had not taken sides with any of the warring factions, they were able to facilitate peace talks.

Then, in 2001, he was assigned as a missionary to Malawi, where he studied Chichewa and worked at the Center for Studies on Social Justice Issues, while also collaborating with the Kungoni Cultural and Arts Center in Mua.

In 2011, he received a new assignment in Zambia to coordinate communications in Southern Africa.

In 2017, he was appointed director of the Centre Afrika in Montreal.

Recently, he joined a new missionary pastoral team in the St-Roch neighborhood of Quebec City.

Since December 6, 1989, Father St-Arneault has been involved with Polysesouvient, as his sister Annie was one of the 14 victims of that tragedy. For more than 36 years, Polysesouvient has been working to ban the possession and sale of military-style semi-automatic weapons. He views his commitment to protecting women—who are all too often victims of femicide—and children as an extension of his vocation dedicated to the Kingdom of God.

A Brief Account

My commitment to peace was particularly significant during my time in Zaire. The genocide in Rwanda had repercussions even in the area where I was stationed—a vast territory south of the city of Bunia in the northeast of the country, near the border with Uganda. Gety, this territory, is populated by various tribes, the largest of which are the Hema and the Ndruna. At the same time, the country was experiencing social unrest accompanied by riots in the country’s major cities, with an economy devastated by 8,000% inflation. Historical rivalries resurfaced. Insecurity was so pervasive that all expatriates fled the country at the request of their respective governments, including Canada. The greatest danger came from paracommandos who set villages on fire, supposedly to restore peace. I was personally threatened on one occasion.

Yet we stayed. Together with my colleagues, we organized convoys to bring threatened populations to safer locations. At the same time, we tried to set the record straight to counter rumors of massacres, although there had indeed been a few on occasion.

In the end, we facilitated peace talks between the warring tribes under a mango tree located in a “no man’s land.” We were able to do this because we had not taken sides with any of the warring factions.

Nevertheless, for several months, we didn’t know whether we would survive or not.

PolySeSouvient

I have been involved with PolySeSouvient since December 6, 1989. My sister Annie is one of the 14 victims of this tragedy that deeply affected Canadians. The memory of this event is still very much alive.

For over 36 years, PolySeSouvient has been working to ban the possession and sale of military-style semi-automatic weapons. These weapons of war have no place in the hands of ordinary citizens. These same weapons are often used in mass shootings.

My primary role is to speak out on behalf of the bereaved families. I have given numerous interviews and written articles for both French- and English-language media. I view my commitment to protecting women—who are all too often victims of femicide—and children as an extension of my vocation dedicated to the Kingdom of God.

  1. Louise Royer est directrice de l’Office de la pastorale sociale de l’archidiocèse catholique romain de Montréal depuis juillet 2018. Elle a été l’agente de pastorale sociale de Côte-des-Neiges de 2002 à 2007; adjointe au secrétaire général de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec de 2008 à 2013; et secrétaire générale de l’Institut séculier Les Oblates missionnaires de Marie Immaculée de 2013 à 2018.
    Bachelière en administration (UQTR, 1981), elle a complété un certificat en pastorale, option missionnaire, à la Faculté de théologie de l’Université Laval en 1995 et un diplôme d’études supérieures en développement économique communautaire à l’Université Concordia en 2006. ↩︎
  2. Dr. Denitsa Tsvetkova est co-directrice du Centre canadien d’œcuménisme. Elle est fondatrice et coordinatrice du Forum interreligieux pour la paix. En 2019, elle a terminé son doctorat en théologie pratique à l’Université de Montréal. Sa thèse s’intitulée « Les communautés des immigrants orthodoxes d’origine d’Europe de l’Est à Montréal à la rencontre de la diversité culturelle » fait étude empirico-herméneutique des communautés bulgare, moldave et roumaine et pose les questions de l’isolement communautaire et du rôle des communautés de foi dans le processus d’intégration des nouveaux-arrivants. Elle fait une étude croisée de la théologie trinitaire et de l’interculturalité.
    Denitsa a aussi obtenu une maîtrise en théologie et une maîtrise en sciences européennes et sciences sociales. Son mémoire de maîtrise est intitulé « L’identité orthodoxe (chrétienne) et l’identité européenne culturelle ».
    Elle travaille au Centre canadien d’œcuménisme depuis 2013, où, entre autres, elle est éditrice de la revue Œcuménisme. Elle est membre de plusieurs groupes de dialogue. Elle donne des conférences et avec les membres du Forum interreligieux pour la paix organise le Festival interreligieux. ↩︎

Un repas d’adieu avec témoignages en l’honneur de Serge St-Arneault, M.Afr.

10 février 2026

Nous sommes à Québec depuis une semaine environ, Denis, Jean-Paul et moi. Je vous en reparlerai. Pour le moment, je tiens avant tout à remercier toutes les personnes qui sont venus au Centre Afrika le 27 janvier dernier. Vos récits m’ont profondément ému. Cinquante d’entre vous ont répondu à mon invitation, et je vous remercie du fond du cœur d’avoir été présents. Des personnes ont fait le déplacement depuis Trois-Rivières, comme ma sœur Lucie et son mari Daniel, ainsi que mon cher ami Gervais et sa conjointe Nancy. D’autres ont fait un long trajet depuis Châteauguay, tels que Mouna, Assou et leur fils Adam. D’autres encore sont arrivés de la rive nord, comme Sylvie de Deux-Montagnes, ou de Laval, comme Krysteen et Jean-François. Bien sûr, il y avait une grande représentation de Montréal. Je tiens à remercier chaleureusement Julien Cormier et Franck Billaud pour leurs magnifiques clichés, ainsi que Jay, le fils de mon cher ami André-Man, pour la superbe vidéo.

Julien Cormier, M.Afr, a partagé cet article sur sa page Facebook. Je suis profondément reconnaissant envers Julien pour notre rencontre à l’UQTR en 1976, qui m’a fait connaître les Missionnaires d’Afrique.

3 février 2026. Par Julien Cormier, M.Afr

Cela fait déjà quelques jours que cela traîne, mais, ce soir, une bénévole du Centre Afrika me dit : « Nous n’avons pas encore vu les photos de la fête organisée pour remercier et dire au revoir à Serge ? »

Effectivement, Serge St-Arneault, en collaboration avec Denis Walsh et Jean-Paul Guibila, va s’éloigner de Montréal pour une nouvelle aventure dans le quartier Saint-Roch, à Québec La mission rayonnera dans d’autres quartiers voisins (Vanier et Limoilou) et quelques églises encore ouvertes.

J’aurais aimé fournir plus de détails sur cet engagement de notre société missionnaire, mais je n’ai pas tous les renseignements nécessaires et c’est pourquoi j’ai reporté la publication des photos.

Voici quelques informations sur les trois confrères de l’équipe des Pères Blancs qui s’installeront au 345 rue Monseigneur-Gauvreau, dans une maison construite pour les ouvriers d’une usine de la basse-ville vers 1910-1920 :

— Jean-Paul Guibila, né en 1971 au Burkina Faso, a œuvré en tant que missionnaire au Congo, au Mexique et à Rome.

— Denis Walsh (1958) est originaire de Valleyfield. Il est revenu au pays en juillet dernier après une vingtaine d’années passées en mission au Burkina Faso.

— Serge St-Arneault (1955) est originaire de La Tuque et de Trois-Rivières. Il a été missionnaire en République démocratique du Congo, au Malawi et en Zambie. Pendant les dernières années, il a occupé le poste de directeur du Centre Afrika et a tissé de nombreux liens à Montréal.

Tous et toutes du Centre Afrika se sont donné rendez-vous pour une « dernière cène », un repas d’adieu où chacun a pu témoigner de son affection pour Serge.

L’initiative de fonder une résidence pour les Missionnaires de l’Afrique à Québec vient combler un manque que nous avons ressenti depuis la vente de notre maison du 110, chemin Sainte-Foy, il y a près de décennie. Cette communauté s’établit dans un quartier diversifié et animé, où, tout comme dans le reste du Québec, la présence du monde africain est tangible et où notre société missionnaire compte de nombreux alliés et proches.

Les Pères Blancs ont établi leur première résidence au Canada à Québec en 1901. Depuis, plus de 1000 missionnaires d’Afrique, dont plusieurs provenaient du Québec, sont partis pour l’Afrique. Des « Pères Blancs » et des « Sœurs Blanches » (officiellement connues sous le nom de Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, SMNDA)

Notre « supérieur provincial », Bathélémy Bazémo, a signé une entente avec le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, ce qui assure une base solide à notre engagement dans la pastorale du diocèse de Québec.

À Québec, une nouvelle manière d’être ÉGLISE est en train de naître, s’inspirant de l’enseignement du Pape François. Cette ÉGLISE ne se limite pas à la diffusion de l’enseignement de Jésus et à l’administration des sacrements pour ceux qui les demandent. Elle vise à incarner le mode de vie du Seigneur Jésus et à accueillir tous ceux qui viennent à l’église pour dire « merci mon Dieu », pour célébrer la vie (action de grâces, eucharistie). Elle se distingue en offrant une écoute attentive et un accueil solidaire à tous les membres de la communauté, qu’ils soient chrétiens, musulmans ou non croyants. Cette approche s’inspire de l’expérience réussie de l’Église en Afrique depuis 150 ans et au Centre Afrika de Montréal depuis plus de trente ans.

Un bail immobilier a été conclu avec les Religieuses de Jésus-Marie, qui, pendant plusieurs décennies, ont assuré une mission éducative et sociale dans le voisinage de Saint-Roch.

À Montréal, au Centre Afrika, l’équipe a été relancée après l’interruption de la Covid-19. Elle est composée des Missionnaires d’Afrique Freddy Kyombo, directeur (Congolais RDC, ancien du Mali), assisté de Rita Toutant (du Manitoba, Sœur Blanche, missionnaire infirmière en Tanzanie), de David Gnadouwa (Togolais, ancien de Tunisie), de Francisco Javier Ambrosio Vargas, dit Pako (Mexicain, ancien du Congo). Vous les voyez tous dans les photographies ci-dessous.

Photos de Franck Billaud

Photos de Julien Cormier, M.Afr

Hommage à Serge St-Arneault, M.Afr, appelé à un nouveau projet pastoral à Québec

Le Centre Afrika de Montréal a rendu un hommage émouvant et authentique à son directeur Serge St-Arneault, M.Afr, appelé à un nouveau projet pastoral dans le quartier Saint-Roch, à Québec. De Trois-Rivières à Québec en passant par Malawi, République Démocratique du Congo et Montréal, le Révérend Père Serge St-Arneault est un prêtre de la congrégation des Missionnaires d’Afrique ou Pères Blancs.

Vidéo réalisée par Jay Mombo (mombofilm@gmail.com) et Bella Nasrallay (bellanasrallah7@gmail.com).

Publication de Saphir optimiste

Merci Serge !

Que d’émotions !

Un touchant et un bien bel hommage était adressé à Serge St-Arneault au Centre Afrika le 27 janvier dernier. En effet, Serge va s’éloigner de Montréal pour une nouvelle aventure dans le quartier Saint-Roch avec les Missionnaires « Pères Blancs » d’Afrique.

Toutes celles et ceux qui ont été touché par sa chaleur, sons sens de l’accueil et de l’humour, sa sagesse, son écoute… sont venus saluer Serge.

Parmi ses qualités et spécificités, il y a aussi cette capacité à surmonter tous les défis possibles avec une déconcertante sérénité et confiance. Oui Serge dispose d’une sorte de flegme teinté d’humour qui lui est propre. Chaque témoignage soulignait les présents de sa présence et de tout ce qu’il a apporté à tous ceux qui l’ont côtoyé. Ce qui m’a toujours épaté chez Serge est cette douceur enrobée de détermination ou l’inverse ? Quoi qu’il en soit Serge a su donner avec sa dévouée équipe une belle impulsion de renouveau au Centre Afrika après 2020.

Après dix ans d’absence, les Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) ouvrent une nouvelle résidence à Québec, au cœur d’un quartier reflétant la diversité africaine actuelle. Cette implantation marque le retour aux sources d’une congrégation établie au Canada depuis 1901, et qui a déjà envoyé plus de 1 000 missionnaires sur le continent africain.

Il ne fait aucun doute que Serge va continuer à œuvrer et faire rayonner sa joie autant que les actions des missionnaires. Merci pour tout Serge et à bientôt !

Éditorial de la revue La Lettre aux Amis du mois de décembre 2025

REPORTAGE SUR LES COMMÉMORATIONS DU BICENTENAIRE DE LA NAISSANCE DU CARDINAL CHARLES LAVIGERIE 2025.

Chères lectrices et chers lecteurs, amies et amis de longue date des Missionnaires d’Afrique,

L’édition de votre revue est exceptionnelle à plusieurs égards. Elle vous parvient avec un peu de retard car nous avons pensé vous partager en exclusivité un reportage sur les différentes commémorations qui se sont récemment déroulées pour souligner le bicentenaire de la naissance du Cardinal Charles Lavigerie.

Nous vous invitons à un périple qui nous mènera dans trois pays. Le premier reportage est celui de Brooklyn, New York, le second est à Québec, le troisième à Querétaro, Mexique, et finalement Montréal.

L’année 2025 a donc été pour tous les Missionnaires d’Afrique, Pères Blancs et Sœurs Blanches, une redécouverte de notre appel missionnaire. Nous vous partageons à la fois notre enthousiasme pour la mission, ici et maintenant, ainsi que nos sincères remerciements pour votre soutien inconditionnel à cette même mission.

Nous prions avec vous pour que 2026 soit une année de bénédiction et de renouveau dans un esprit d’espérance.

Nous vous invitons également à soutenir le projet 81 : EAU SOURCE DE VIE, TANZANIE

Hilaire Guinko, un Burkinabé âgé de 49 ans, Elysée Bama, un autre Burkinabé de 34 ans, et Théogène Nibogora, un Burundais de 40 ans, s’efforcent de répondre aux besoins spirituels et humains de l’ensemble de la population de Kasota, en Tanzanie, qui compte environ 30 000 habitants, principalement des agriculteurs. Ces trois jeunes missionnaires de l’Afrique partagent leur quotidien avec les habitants de cette ville.

L’Église catholique Notre-Dame, Reine d’Afrique, est l’unique lieu de culte de cette ville. Malheureusement, la seule source d’eau disponible est la rivière, ce qui rend son accès et son transport difficiles, nécessitant l’utilisation de bidons et un effort physique considérable.

Pendant la période de sécheresse, l’approvisionnement en eau devient encore plus ardu. Comment survivre sans eau, pas seulement pour boire et cuisiner, mais également pour se laver, laver le linge et prendre soin des animaux ?

Bien que la paroisse dispose d’une réserve d’eau d’un millier de litres, celle-ci se révèle insuffisante pour subvenir aux besoins urgents de la communauté lorsqu’elle organise des séminaires de formation pour les dirigeants des communautés chrétiennes. En outre, la paroisse se trouve près de la route et accueille régulièrement un grand nombre de voyageurs ainsi que l’ensemble de la population lors des jours de marché hebdomadaires.

Nos missionnaires demandent votre aide afin de creuser un puits qui subviendra à leurs besoins en eau potable, et à ceux d’une centaine de fermes domestiques environnantes. Cette démarche vise également à favoriser une harmonie entre les résidents, dont environ 45 % sont chrétiens, 55 % sont musulmans ou pratiquent la religion traditionnelle africaine.

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Découvrez finalement le magnifique calendrier 2026 des Missionnaires d’Afrique.

Les « Pères Blancs » d’Afrique redonnent vie à une église historique de Québec.

Article traduit et publié avec autorisation. Source : Religious News Services — RNS

Les Missionnaires d’Afrique reprendront la gestion de Saint-Roch alors que la communauté catholique de Québec connaît un regain de ferveur religieuse.

Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, à gauche, préside une célébration interculturelle diocésaine annuelle à l’église catholique Saint-Roch, le 12 janvier 2025, à Québec. Cet événement annuel vise à promouvoir l’intégration des nouveaux arrivants. (Photo de Daniel Abel)

Par Victor Gaetan, le 17 décembre 2025

(RNS) — L’église Saint-Roch, la plus grande de Québec, donne son nom à un quartier branché situé au bord du fleuve Saint-Laurent. Autrefois, les chantiers navals attiraient une population catholique ouvrière dans ce secteur. La quatrième église à occuper ce site a été construite en 1811 dans un style architectural médiéval. Cette vaste structure en pierre est toujours aussi imposante, même si elle abrite aujourd’hui un refuge pour sans-abri dans son sous-sol. Plusieurs organisations communautaires y trouvent également refuge. Le dernier prêtre résident de Saint-Roch a quitté il y a 30 ans.

Au cours des dernières années, l’église Saint-Roch n’était ouverte que le dimanche pour la messe, ce qui a suscité des plaintes de la part des visiteurs sur les sites internet touristiques. « Je suis venu un mercredi et j’ai été déçu de voir qu’elle n’était ouverte que quelques heures le dimanche », a écrit l’un d’eux, « j’ai donc raté l’occasion de voir l’intérieur de l’église où mes ancêtres priaient ».

Mais récemment, l’espoir est arrivé sous la forme d’un groupe de prêtres et de frères venus d’un lointain champ missionnaire qui n’a pas grand-chose à voir avec les cafés et les bars gentrifiés du quartier Saint-Roch.

Mercredi 17 décembre, l’archevêque de Québec, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, a annoncé que les Missionnaires d’Afrique s’engageront à temps plein pour assurer une présence pastorale dans le quartier St-Roch. Cette organisation catholique, active depuis 157 ans, se consacre à la justice sociale et à la création de communautés chrétiennes dans les régions sous-développées. Ses premiers membres provenaient d’Europe, mais à partir de 1901, c’est en grande partie des Québécois qui ont grossi ses rangs. « Des centaines de vocations sont venues de Québec pour servir en Afrique. Certains sont encore en vie, bien qu’ils soient désormais âgés et pour la plupart à la retraite, » a déclaré Mgr Lacroix au Religion News Service.

En guise de reconnaissance pour l’appui constant du diocèse de Québec, le cardinal a révélé que les Missionnaires d’Afrique, dont le siège central se trouve à Rome, ont proposé de s’établir à nouveau dans la ville québécoise. Le prélat a partagé leur message : « Vous nous avez tellement assistés. Vous nous avez aidés à former des prêtres, à travailler avec les pauvres, à établir des paroisses dans de nombreux pays d’Afrique. Maintenant, nous savons que vous avez besoin d’aide, et nous voulons venir travailler avec vous. Quelles que soient vos requêtes, peu importe l’endroit où que vous ayez besoin de nous, nous sommes à votre disposition. »

Saint-Roch Catholic Church in Quebec City, Quebec. (Image courtesy of Google Maps)

En 1868, le cardinal français Charles Lavigerie, alors évêque d’Alger, a établi la Société des Missionnaires d’Afrique qui fut l’une des premières à propager la foi chrétienne en Afrique orientale et occidentale. Le cardinal était une personnalité importante à son époque. Il conseillait l’empereur français Napoléon III ainsi que les papes Pie IX et Léon XIII. Lavigerie brûlait d’un ardent désir d’évangéliser l’Afrique et d’y mettre fin au trafic d’esclaves. Il a payé la libération de milliers de personnes, tout en exerçant des pressions sur le Vatican pour qu’il s’engage plus résolument dans la lutte contre l’esclavage.

Lavigerie vêtait ses prêtres d’une tuniques blanches, qui rappelaient celles des musulmans d’Afrique du Nord. Un chapelet à gros grains alternant noir et blanc, suspendu à leur cou, témoignait de leur appartenance à l’Église catholique. Les missionnaires étaient surnommés « Pères Blancs », la plupart d’entre eux étant effectivement des Européens.

Aujourd’hui, la majorité des Pères Blancs en activité sont Noirs. Ils exercent leur ministère principalement en Afrique, mais aussi au Mexique et en Asie. Alors que de nombreux séminaires en France et au Canada ont fermé leurs portes, des pays comme le Burkina Faso, le Ghana et le Kenya connaissent une affluence remarquable dans leurs écoles de formation. En Ouganda, en 1911, les missionnaires ont établi le premier séminaire catholique moderne au sud du Sahara, qui est resté en activité jusqu’à ce jour.

Le père Barthélémy Bazemo, supérieur provincial des Missionnaires d’Afrique pour les Amériques et établi à Washington, D.C., a confié que des membres de sa congrégation sont aussi impliqués dans deux autres églises. L’une est située à Brooklyn, dans l’État de New York, et l’autre, à Querétaro, au Mexique.

Le recrutement du personnel à Saint-Roch est particulièrement important, car la communauté catholique de Québec connaît un regain de foi. Entre 2023 et 2025, le nombre de baptêmes dans l’archidiocèse a augmenté de plus de 500 % (principalement chez les adultes de moins de 30 ans). La plupart des personnes ayant reçu le baptême sont originaires d’Afrique ou d’Amérique latine. 

« Nous avons beaucoup de migrants, beaucoup de personnes venues de différents pays, et, parmi elles, de nombreux Africains originaires de différents pays », affirme Mgr Lacroix, qui a exercé son ministère en tant que missionnaire en Colombie pendant huit ans lorsqu’il était jeune prêtre. Ces nouvelles vagues de baptêmes représentent pour lui un « signe d’espoir » pour la ville, car « beaucoup de nouveaux arrivants sont fervents, donnent un bon témoignage et nous aident. »

L’immigration est un facteur démographique crucial. En effet, l’immigration permanente a augmenté en 2024 par rapport à 2023, et plus de 15 % des nouveaux résidents permanents provenaient du Cameroun, un pays d’Afrique centrale, selon l’Institut de la statistique du Québec.

« Ce qui me donne beaucoup d’espoir, c’est de voir ce que le Seigneur accomplit, par l’œuvre du Saint-Esprit, dans différentes régions de notre diocèse », a exprimé Mgr Lacroix. « Certaines de nos paroisses sont en pleine croissance. Les jeunes découvrent la foi. Nous voyons apparaître davantage de groupes de jeunes. Cette année, pendant la période de Pâques, nous avons vu le nombre de catéchumènes plus que doubler. » Actuellement, 17 séminaristes étudient à Québec en vue de devenir prêtres.

« Nous avons traversé des années très difficiles. Il reste encore de nombreux défis à relever, mais je vois de l’espoir. Nous avons également plus de séminaristes que nous n’en avons eu au cours de la dernière décennie », a affirmé le prélat.

À l’instar de Lavigerie, qui envoyait des missionnaires par groupes de trois, une équipe de trois missionnaires francophones « sera une présence pastorale et compatissante à Saint-Roch pour les habitants de la basse-ville de Québec, un quartier historique où les besoins sont nombreux. Nous sommes donc très, très heureux. Nous voulions faire cela depuis longtemps, mais nous n’avions tout simplement pas le personnel nécessaire. »

Deux d’entre eux sont nés au Canada et vivent présentement à Montréal : le père Serge St-Arneault et le frère Dennis Walsh. Le troisième, le père Jean-Paul Guibila, a été missionnaire au Congo et a travaillé jusqu’à tout récemment à Rome. Ayant obtenu dernièrement son visa, il devrait arriver au Canada au début du mois de janvier.

Le père Serge St-Arneault dans le bureau des médias chez les Missionnaires d’Afrique à Montréal. (Photo de Victor Gaetan)

Serge St-Arneault a été membre de l’équipe d’animation du Centre Afrika de Montréal depuis 2017. Ce centre fournit un service de conseils adapté aux demandes exprimées par les nouveaux immigrants qui viennent y chercher de l’aide. Le centre met également des salles à la disposition de groupes, comme les chorales ou d’autres associations africaines.

Selon les statuts des Missionnaires d’Afrique, le père Serge a affirmé que lui et ses collègues vivaient simplement. Par conséquent, en ce qui concerne le logement à Québec, il a déclaré : « Ce que le diocèse nous fournira nous conviendra. » (Le presbytère de Saint-Roch a été vendu il y a des années.) « Nous nous sentirons chez nous tant que nous pourrons servir l’Église et répondre aux besoins pastoraux de la communauté. » 

Bathélémy Bazemo, né au Burkina Faso, a déclaré à RNS : « Nous sommes convaincus que nous devons nous ouvrir au ministère dans les pays du Nord. Dans le passé, nous étions tournés vers l’Afrique, mais aujourd’hui, le monde africain a évolué. Notre charisme est nécessaire dans le monde entier. »

Serge St-Arneault, qui a travaillé pendant 25 ans au Congo, au Malawi et en Zambie, a affirmé que l’équipe pastorale nouvellement formée ; « s’incluturera exactement de la même manière que tous les Missionnaires d’Afrique font en Afrique. »

(Victor Gaetan, correspondant senior pour le National Catholic Register, est l’auteur de « God’s Diplomats: Pope Francis, Vatican Diplomacy, and America’s Armageddon » (Les diplomates de Dieu : le pape François, la diplomatie du Vatican et l’Armageddon américain) et contributeur au magazine Foreign Affairs. Les opinions exprimées dans ce commentaire ne reflètent pas nécessairement celles de RNS.)

L’Église se réinvestit dans le quartier Saint-Roch pour contribuer sa revitalisation

Québec, le 16 décembre 2025

Dès le début de l’année 2026, trois intervenants bien spéciaux emménageront dans le quartier Saint-Roch et contribueront à redonner vie à l’église du quartier et ses alentours. Deux prêtres et un frère des Missionnaires d’Afrique (connus autrefois comme les Pères Blancs) s’engageront à temps plein pour assurer une présence pastorale dans le quartier St-Roch. Cela permettra d’ouvrir les portes de l’église Saint-Roch davantage, d’accueillir le tout-venant, d’entretenir des liens avec les organismes communautaires. Après l’installation dans l’église du spectacle Aura de Moment Factory, voilà que la communauté chrétienne contribuera d’une façon renouvelée au dynamisme de ce milieu.

Il y a quelques mois, l’archevêque de Québec a reçu une visite surprenante : la communauté des Missionnaires d’Afrique lui annonçait la disponibilité de trois de ses membres pour rendre service. Leur volonté était de redonner à Québec, cette ville qui a longtemps été le port d’attache au pays de cette communauté, d’où ont émergé des centaines de vocations missionnaires. Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, touché et reconnaissant, a évidemment accepté cette offre. Deux Québécois et un Africain seront donc en service sous peu à Saint-Roch : Serge St-Arneault, natif de Trois-Rivières, Denis Walsh de Valleyfield et Jean-Paul Guibila du Burkina Faso.

Le cardinal Lacroix se réjouit de pouvoir accueillir une communauté qui a une grande expérience missionnaire et qui est reconnue pour son dévouement et son respect de toute personne. « L’église Saint-Roch est un lieu d’accueil, d’accompagnement et de célébration de la foi chrétienne. C’est avec gratitude et grande joie que nous accueillons ces collaborateurs. Je suis convaincu qu’ils s’enracineront dans la Basse-Ville et sauront être une présence au service de la vie et des besoins du milieu. Ils y vivront, ce qui leur permettra de créer des liens autant avec la population qu’avec les nombreux organismes communautaires. »

Le supérieur provincial des Amériques de la communauté, le père Barthélémy Bazémo, raconte le discernement qui a mené à cette offre. « Voilà bientôt 125 ans (1901-2026) que les Missionnaires d’Afrique, communément appelés Pères Blancs, ont été accueillis à Québec, sur la rue des Remparts. Au fil du temps, nous avons vu un signe de l’Esprit de Jésus dans l’accueil chaleureux et enthousiaste des Québécois, qui nous ont témoigné affection et soutien, et dont nous gardons un souvenir précieux. Un siècle plus tard, à la faveur du double jubilé (le jubilé 2025 de l’Église universelle et le bicentenaire de la naissance de notre fondateur, le cardinal Charles Lavigerie), du 350e anniversaire de la fondation de l’Église de Québec, et surtout encouragés par les orientations missionnaires de notre chapitre général de 2022, la province des Amériques de la Société des Missionnaires d’Afrique s’est engagée dans un processus de discernement qui a conduit à l’élaboration d’un projet missionnaire dans l’archidiocèse de Québec. L’équipe pourra répondre aux priorités pastorales de l’archidiocèse, avec une ouverture au dialogue interreligieux, sans oublier le service au nombre croissant d’Africains (étudiants et professionnels) qui s’établissent à Québec et dans la région. »

Il n’y avait pas eu de prêtre à temps plein à Saint-Roch depuis 1995! L’église Saint-Roch fait partie maintenant de la paroisse Sainte-Marie-de-l’Incarnation, qui elle-même appartient à l’unité pastorale Limoilou-Basse-Ville-Vanier. L’équipe d’animation de cette communauté élargie se réjouit de l’arrivée des renforts qui seront dédiés à Saint-Roch, où les besoins sont grands. Fondée en 1868, à Alger, par le cardinal Charles Lavigerie, les Missionnaires d’Afrique ou Pères Blancs sont un institut constitué d’hommes de toutes nationalités, prêts à s’engager dans un style de vie marqué par l’esprit de famille et par le travail en commun.

Source : Église catholique de Québec  

Informations : Valérie Roberge-Dion, Directrice des communications

Courriel : vrd@ecdq.org  

Autre lien

Marc-André Gagnon, Le Journal de Québec, lundi, 15 décembre 2025

Redevenu un secteur difficile, Saint-Roch a besoin d’un « effet tremplin » pour sa relance. Inspiré par Jean-Paul L’Allier, le ministre Jean-François Simard a l’ambition d’en faire « un quartier universitaire » et promet une annonce en ce sens en janvier. 

Mes hommages aux journalistes

Dans un moment d’insomnie la nuit dernière, je me suis remémoré des entrevues que j’ai accordées à des journalistes.  Ce fut encore le cas samedi dernier, 6 décembre 2025, lors de la 36e commémoration de la tragédie de Polytechnique de 1989. Je suis très reconnaissant pour le professionnalisme de tous les journalistes que j’ai eus la chance de rencontrer, comme ce fut le cas avec Geneviève Garon samedi matin à 7 h 30 lors de l’émission D’abord l’info week-end sur RDI.

Photo au studio de RDI : Marilaure Lambert

Honnêtement, je me disais intérieurement que peu de gens regardent une émission de nouvelles si tôt un samedi matin. Tel fut ma surprise de recevoir des messages de téléspectateurs, comme ma cousine Myriam, de Jocelyne, une amie, et d’une inconnue du nom de Diane : « Bonsoir M. St-Arneault. Je prends le temps de vous écrire pour vous dire comment j’ai apprécié votre entrevue ce matin à RDI (…), vous avez donné une entrevue pleine d’espérance. (…) Ce sont avec de merveilleux porte-paroles comme vous qui font avancer les causes qui sont si importantes pour notre société. »

Je suis vraiment reconnaissant envers Geneviève Garon qui a animé notre échange avec beaucoup d’humanisme. Elle a centré ses questions sur ma sœur Annie en me permettant également de souligner notre demande, celle de PolySeSouvient que je représentais, auprès du gouvernement fédéral. Nous demandons des actions concrètes pour mettre en place les mécanismes requis prévus dans leurs propres lois déjà adoptées dans le cadre du retrait complet des armes semi-automatiques de type militaire en libre circulation au Canada.

De fait, je remercie l’ensemble des journalistes que j’ai croisés ces dernières années, francophones et anglophones, qui ont relayé notre message depuis trente-six ans. Je réitère ma reconnaissance envers ces femmes et ces hommes soucieux de diffuser de ‘vraies’ nouvelles basées sur des sources fiables et vérifiables.

J’en énumère ici quelques-uns.

Royal St-Arnaud (Radio Ville-Marie), Réjean Harvey  (radio de CFLM de La Tuque), Michel Scarpino (L’Écho – Haute-Mauricie), Alison Northcott (CBC News), Andy Riga (Gazette), Ben Mussett (Toronto Star), Ben O’Hara Byrne (Global News), Marie Vastel (Le Devoir), Brian Myles (Le Devoir), Francois Gloutnay (Présence Information religieuse et AMéCO), Gilles Petel (Journaliste à la retraite de Radio-Canada), Jean-François Bélanger (Radio-Canada), Kate Malloy (The Hill Times), Kenneth Armstrong (Multimedia Journalist), Levi Garber (Associate Producer – CBC Radio), Rugby Irene Pratka (Journaliste indépendante – Membre AJIQ), Sidhartha Banerjee (La Presse Canadienne), Yves Casgrain (Journaliste indépendant – Spécialisé dans le fait religieux), Audrey Tremblay (Le Nouvelliste), Marc Rochette (Le Nouvelliste), Martin Francoeur (Le Nouvelliste), Brigitte Trahan, (Le Nouvelliste), Sébastien Lacroix (Le Nouvelliste), Zacharie Goudreault, (Le Devoir), Mario Bard (Radio VM), Jean-Philippe Trottier (Radio VM),

MÉDIAS : Windsor Star, Ottawa Citizen, City News Everywhere, Ville de Montréal – Cabinet de la mairesse et du comité exécutif, The Gazette, Toronto Star, Huffpost, La Presse, Le Devoir, Le Nouvelliste, Présence Information religieuse, The Hill Times

BONUS DE DERNIÈRE MINUTE

Merci à Judith Plascencia-Limon, Journaliste à la recherche à Radio-Canada Acadie pour cette entrevue qui a été diffusée samedi matin le 6 décembre 2025.

Porter le ruban blanc serait « hypocrite » de la part de Carney, dit PolySeSouvient

Témoin de la tuerie survenue à Polytechnique, Heidi Rathjen estime que le gouvernement Carney se traîne les pieds en matière de contrôle des armes à feu. (Photo d’archives). Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Valérie Gamache, Info Radio-Canada, 15 novembre 2025

« Environ 2500 marques et modèles sont interdits au Canada, mais le gouvernement Carney, tout comme son prédécesseur, refuse d’inclure dans son programme de rachat la carabine semi-automatique SKS. (…)

Le projet pilote est terminé et au cabinet du ministre de la Sécurité publique, on espère déployer le programme de rachat des armes prohibées à l’échelle du pays d’ici Noël. Mais avant de l’étendre, on n’écarte pas la possibilité d’y apporter certains ajustements. Ce serait une occasion à saisir, selon les militants pour le contrôle des armes à feu. On a perdu beaucoup de batailles, mais on est toujours combatifs et notre objectif, c’est de gagner la guerre contre la guerre, parce que ‘ce sont des armes de guerre, rappelle Serge St-Arneault. »

« Le premier ministre du Canada, Mark Carney, et les membres de son caucus pourraient bien ne pas être les bienvenus aux cérémonies de commémoration de la tuerie survenue à Polytechnique, le 6 décembre prochain, s’ils ne tiennent pas leurs promesses en matière de contrôle des armes à feu d’ici là. » Heidi Rathjen

LIENS :

L’Actualité :

PolySeSouvient réclame qu’Ottawa interdise complètement les armes d’assaut

Toronto Star:

Gun control group warns of Liberal ‘inaction’ ahead of Polytechnique anniversary

The letter to Carney says “it would be disingenuous and even hypocritical for you and your Liberal caucus MPs to wear white ribbons or to participate in memorial events across Canada commemorating the victims of the femicides at Polytechnique,” given the remaining work to be done.

This report by The Canadian Press was first published Nov. 15, 2025.