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Témoignage de Serge, 24 juin 2017

Plusieurs personnes m’ont demandé de vous parler ‘de ce que j’ai fait’ pendant ma vie missionnaire. Ma présentation se divisera en trois étapes; le Zaïre/Congo, le Malawi et la Zambie.

Serge St-Arneault JPEGLe Zaïre/Congo

J’avais 26 ans lorsque je suis arrivé au Zaïre, plus précisément à Bukavu, ville frontalière avec le Rwanda. Ce fut ma première expérience en sol africain et mon premier choc culturel. Mes trois premiers mois m’ont permis de m’initier à la langue kiswahili. De là, je suis allé vivre à Mongbwalu situé dans la zone minière de Kilo-Moto au nord de Bunia. J’y suis resté deux ans pour compléter mon stage pastoral.

De retour à La Tuque en juin 1983, je me suis retrouvé à l’hôpital avec une grave hépatite de type A qui m’a obligé à interrompre ma formation pour deux ans. Après un bref séjour infructueux à Londres et six mois de convalescence à Toronto, j’ai poursuivi mes études en anthropologie en Angleterre. J’ai obtenu mon diplôme au mois de mai 1987 et j’ai été ordonné prêtre le 28 juin suivant à La Tuque par Mgr. Martin Veillette.

Je suis donc retourné au Zaïre et vivre au milieu du peuple Indru, plus précisément à Géty. Difficile d’accès et isolé, ce pays montagneux est par contre splendide et la nature verdoyante toute l’année. Je peux le dire sans hésiter que ce furent mes plus belles années de vie missionnaire. Nous visions dans des conditions modestes, mais tout compte fait confortables. Par contre, il m’arrivait souvent de dormir sur la paille dans les villages que je visitais. Nous restions quatre jours en tournée pastorale toutes les deux semaines, du jeudi au dimanche. Les routes étaient souvent très vaseuses, surtout en saison des pluies. Nous marchions souvent plusieurs heures par monts et vallées pour atteindre les villages éloignés avec l’aide de porteurs.

Bref, je me suis retrouvé aumônier de sept écoles primaires et de toutes les chorales composées majoritairement d’adolescents et de jeunes adultes. Comme nous avions au-delà d’une centaine de chapelles, avec en moyenne une quinzaine de membres par chorale, cela représentait autour de 2000 chantres. À eux seuls, ils prenaient parfois la moitié de l’espace disponible dans les églises de brousse. Lorsque la température le permettait, la prière avait lieu à l’extérieur.

Un jour, nous avons reçu l’autorisation du gouvernement de construire une école secondaire sans pour cela obtenir de subvention. Nous n’avions aucun donc budget, pas outils et aucune d’expérience. On a tout de même trouvé quelques travailleurs qui s’y connaissaient un brin en construction. J’ai alors tracé un plan sur une feuille de papier et choisi le site selon l’avis des gens. Puis, des tranchées ont été creusées pour y élever les fondations. Il n’y avait pas d’ordinateur à l’époque et je ne disposais que de $3000. Cela correspondait aux prix de 30 machines à écrire que j’ai immédiatement commandées, car il s’agissait d’une école de type ‘commercial’. Providentiellement, sans le demander, les Missionnaires d’Afrique au Canada m’ont crédité de $3000 pour soutenir mon projet. C’est comme ça que l’aventure a commencé. Avec un compte bancaire frôlant constamment le zéro, les dons d’argent se sont poursuivis ainsi pendant cinq ans.

Lentement, nous avons acquis de l’expérience. Le sable pour faire les blocs de ciment était extrait de la rivière et les pierres d’une colline avoisinante. On transportait de l’eau avec des dizaines de jerricanes de 20 litres. On devait néanmoins acheter des sacs de ciment à Bunia au prix de $25.00 l’unité. Puis, est arrivée la tragédie de la Polytechnique le 6 décembre 1989. À l’époque, il n’y avait pour ainsi dire aucun moyen de communication avec le monde extérieur. La nouvelle m’a été confirmée une semaine plus tard. Il m’a fallu une autre semaine pour revenir au Canada.

Quelques mois plus tard, papa Bastien m’a remis une partie de la police d’assurance-vie d’Annie. Les Latuquois ont aussi été très généreux. Les gens m’arrêtaient dans les rues pour m’offrir un don. À certains comptoirs de magasin, on me laissait sortir sans payer. Certains ont même discrètement inséré de l’argent dans mes poches pendant que je faisais la queue à la caisse Desjardins pour faire des dépôts bancaires. C’est ainsi que je suis retourné en Afrique avec $10,000. Nous avons alors repris les travaux de construction.

Un autre jour, assis à l’intérieur des murs que nous venions d’élever pour une classe, je regardais de larges oiseaux tournoyer au-dessus de ma tête. Je me suis demandé comment nous allions faire pour exécuter les travaux. Sitôt un peu d’agents encaissés, tout était dépensé. Pourtant, nous n’avons pratiquement jamais arrêté. Cinq ans plus tard, l’école secondaire Abaka, qui signifie ‘père’, comptait sept classes, un bureau pour le préfet, un autre pour les enseignants et huit réservoirs d’eau de pluie protégés par un toit pour les besoins de l’école.

J’ai minutieusement pris note des dépenses. Par contre, j’ai été incapable de retracer avec précision la provenance de tous les fonds. Beaucoup d’argent, je le sais, m’a été donné grâce aux activités scolaires des écoles de La Tuque (lire l’article de journal plus bas). Montant final : $95,000. Un vrai petit miracle. Cette école est la fierté du peuple Indru. L’enseignement n’a jamais cessé même pendant les années de guerre au début des années 2000. En quittant Géty, j’avais dédié l’école Abaka à ma sœur Annie qui veille encore sur celle-ci.

Parlant de troubles sociaux, le Zaïre a connu une descente aux enfers dès le début des années 1990. Rapidement, le pays s’est embrasé. Les pillages dans les villes s’étendaient partout et le chaos politique a fait en sorte que les institutions gouvernementales se sont effondrées. À un certain moment, il n’y avait même plus de papier monnaie en circulation. Puis, la guerre au Rwanda en 1993 a eu ses répercussions jusqu’à Géty où nous vivions. Sans le vouloir, nous nous sommes retrouvés à agir en tant que médiateurs entre les tribus en conflit. Il nous arrivait souvent d’organiser des convois avec quelques véhicules pour sauver la vie des gens en péril. Nous avons nous-mêmes été menacés par les commandos militaires venus soi-disant ‘pacifier’ le pays en brûlant les villages. Malgré le danger réel, je me sentais à ma place, au bon endroit.

Un autre jour encore, j’ai pris part aux rituels entourant le décès du chef coutumier Katanga. Les masadu, gardiens des traditions et omnipuissants, m’ont accepté et même encouragé à participer à leurs danses guerrières. Une longue histoire! Bref, le jour de mon départ en février 1996, un grand rassemblement a été organisé en mon honneur; un banquet, des cadeaux, des discours et des chants. Une journée grande en émotion dont l’apothéose a été pour moi les paroles d’une vieille maman qui m’a dit en kiswahili : « Mon père, il n’y a qu’une seule chose qui vous manque; la couleur de la peau! »

Le Malawi.

J’ai ensuite séjourné deux ans dans la région de Québec pour l’animation missionnaire et deux autres années à Montréal. J’étais prêt à retourner au Zaïre au tournant du millénaire. Entre temps, suite à l’instauration d’un nouveau régime politique, le Zaïre était redevenu la République Démocratique du Congo comme cela était au début de l’indépendance en 1960. Malheureusement, les rivalités ethniques se poursuivaient. Tout avait profondément changé pendant mes quatre années d’absence. C’est ainsi que mes Supérieurs m’ont proposé d’aller au Malawi. J’ai accepté en songeant qu’à mon âge, 45 ans, il m’était possible de recommencer une nouvelle aventure missionnaire. Mon adaptation s’est avérée beaucoup plus difficultés que je ne l’entrevoyais. La langue chichewa n’est pas aussi facile que le kiswahili. Il m’a fallu beaucoup d’effort pour m’ajuster à la mentalité des Chewa. Elle est pour ainsi dire diamétralement opposée à celle des Indru. Alors que ces derniers forment un peuple de guerriers, mais solidaire, la société Chewa en est une d’évitement conflictuel. Cela s’explique par l’histoire des invasions successives qui ont profondément traumatisé cette tribu à commencer par les Ngoni venant d’Afrique du Sud, la colonisation anglaise et la dictature du premier Président du Malawi; Kamuzu Banda.

PHOTO 1C’est dans ce contexte historique que la culture « Gulé Wamkulu » est née. Il s’agit d’une société secrète liée à l’omniprésence des « esprits ». J’y ai découvert un univers culturel totalement différent de celui du Congo. Seuls les initiés peuvent comprendre le sens des danses, des chants et des symboles utilisés dans les rituels. Les « Gulé Wamkulu » sont des « personnages » masqués, mais perçus comme étant des « esprits »; généralement associé aux esprits des ancêtres, bons ou mauvais. Ces derniers sont appelés des « ziwanda », c’est-à-dire des « esprits maléfiques » coutumièrement associés aux sorciers.

J’ai tout de même eu la chance d’être initié bien que je sois un prêtre missionnaire ‘blanc’. Cela m’a permis non seulement de mieux saisir (je ne dis pas comprendre) l’univers mental et la manière de voir la réalité du monde selon la vision Chewa. Mon séjour à Mua pendant six ans a été à cet égard une opportunité extraordinaire de m’approcher des gens, de leur identité profonde.

Puis, je me suis retrouvé à la paroisse de Chézi située entre la capitale Lilongwe et le lac Malawi. Les « Gulé Wamkulu » sont également présents dans cette région montagneuse. J’ai participé à quelques reprises à leurs cérémonies. Grâce à un ami du nom de Chiponda (un pasteur pentecôtiste autoproclamé), j’ai établi une relation de cordialité avec les chefs coutumiers. Ma présence leur était devenue normale. Sachant mon départ imminent, les chefs se sont réunis et, d’un commun accord’, j’ai reçu l’initiation pour devenir moi-même « chef ». Entendons-nous qu’il s’agissait d’un geste symbolique et honorifique. Néanmoins, je porte désormais le titre de Mfumu Chimphopo, c’est-à-dire ‘chef Chimphopo’ bien que je préfère conserver le nom que j’ai reçu à Mua, celui de Mbéwé qui est associé à l’un des nombreux clans des Chewa.

PHOTO 2La Zambie.

Dernière étape; la Zambie. Les membres du conseil provincial de la Province d’Afrique Australe des Missionnaires d’Afrique comprenant le Malawi, le Mozambique, l’Afrique du Sud et la Zambie, m’ont demandé de devenir le secrétaire provincial de cette partie de l’Afrique. J’ai débuté dans la première moitié de 2012. Mon rôle consistait à mettre à jour les dossiers du secrétariat, de rédiger les rapports de réunions et de développer les communications entre la centaine de confrères que compose la Province communément appelée la SAP (Southern Africa Province). Tout compte fait, j’ai vécu pendant une vingtaine d’années dans un environnement anglophone.

Parallèlement, je suis devenu l’aumônier de la communauté catholique francophone de Lusaka. Celle-ci se rassemble chaque premier dimanche du mois pour la messe en français.

PHOTO 6.jpgUn peu par hasard, je me suis aussi retrouvé à accompagner un groupe de trois femmes, célibataires ou veuves, pour les soutenir à mettre sur pied leur propre compagnie. L’idée est de mettre en commun leurs ressources et talents pour créer une entreprise qui pourvoira à leurs besoins. La compagnie « Colour of Love » (la couleur de l’amour) est une petite entreprise de traiteurs offrant des services de décoration et repas. Elles ont défini elles-mêmes la structure et élaboré la constitution selon les recommandations du département des registres nationaux de la Zambie. Elles ont ouvert un compte bancaire au nom de la compagnie et elles progressent lentement avec la consolidation de celle-ci. Les défis sont très nombreux et le but à atteindre l’autosuffisance semble encore lointain. Malgré tout, l’ardeur et la foi sont au rendez-vous.

D’où vient le nom de « Colour of Love » ? Un autre hasard a voulu que j’accompagne le curé de la paroisse Jésuite de Lusaka à une assemblée de prière organisée par les différentes Églises à laquelle étaient invités tous les partis politiques du pays ainsi que les autorités ecclésiales de toutes catégories sans oublier les militaires hauts-gradés. Le rassemblement a eu lieu dans un stade situé en plein cœur de la capitale. La télévision nationale transmettait cet événement en direct. Le but était de prier Dieu pour la réussite d’élections générales libres et transparentes et surtout sans violence. De fait, les élections générales ont bel et bien eu lieu, mais la violence politique a terni ces élections chaudement contestées.

Bref, le prêtre que j’accompagnais a reçu un texto sur son cellulaire lui disant qu’un autre prêtre qui devait lire une prière était dans l’impossibilité d’être présent. Qui donc pensez-vous l’a remplacé? Il me restait à peine quelques minutes pour griffonner quelques idées sur l’endos d’une feuille déjà utilisée. J’ai emprunté un stylo d’un Pasteur assis à mes côtés et une bible d’une Pasteure assise de l’autre côté. J’étais entouré d’une panoplie d’Évêques ‘protestants’, de ‘Prophètes’ et d‘Apôtres’ aussi bien féminins que masculins. Les Alléluias pleuvaient à profusion. Ma mission était de prier pour les forces de l’ordre; les militaires et les policiers.

PHOTO 5Mon discours se trouve sur Internet; cliquer ici

Que dois-je retenir cet épisode? Je dois tout d’abord vous mettre dans le contexte. Depuis son indépendance en 1964, la Zambie, sous le leadership de son premier Président Kenneth Kaunda, a pour moto : ‘One Zambia, one Nation’. L’idée est de développer une appartenance nationale dans la diversité culturelle et tribale qui caractérise le pays. Comme j’étais l’un des rares ‘Blancs’ présents je jour-là, faisant mémoire de mon expérience au Congo et des paroles de cette vieille maman, j’ai alors ajouté au slogan la notion de couleur; « One Zambia, one Nation, one Colour. The Colour of Love! »

En ce jour de mon 30e anniversaire d’ordination, je nous souhaite également de vivre la couleur de l’amour. Mettons-y la couleur que nous voulons; la joie, la tendresse, l’écoute, le respect. Ce qui compte, c’est la conviction que nous formons une seule famille en étant enfants de Dieu de toutes races et couleurs; Congolais, Malawiens, Zambiens, Canadiens.

Je vous remercie tous, plus particulièrement ma famille proche et mes amis/es, pour le soutien spirituel et pécuniaire que vous m’avez offert tout au long de ces trente années écoulées. Le sacrifice de l’éloignement a été mutuel. Heureusement, l’amour est le plus fort.

Que le Seigneur Jésus vous bénisse! Alléluia! Amen!

Père Serge St-Arneault, M.Afr

Témoignage de Serge – messe du 24 juin 2017

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À l’âge de 31 ans, le 5 décembre 1986, j’ai prononcé mon serment missionnaire au Collège de St-Édouard, à Londres, en compagnie de Clyde Marklew, d’Angleterre, Stan Dye, d’Angleterre, Claudio Zuccala, d’Italie, Richard Baawobr, du Ghana, Matthew Pathilcirayil, de l’Inde, Michael Mawelera, du Malawi, Damien Rawbukamba, de la DRCongo et Serge St-Arneault, du Canada.

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Cela fait déjà un mois et demi depuis le décès de papa. Ce sera son anniversaire la semaine prochaine. Il aurait eu 92 ans! Je tiens avant tout à vous remercier pour tout le soutien que vous avez manifesté particulièrement auprès de ma petite maman et aussi de toute ma famille. Un grand merci aussi pour vos prières, votre présence à la messe de funérailles et vos dons. Ici aussi, nous avons prié pour papa en communion avec vous tous. J’ai mis des photos sur mon blogue que vous pouvez visionner. Il y a quelque chose de mystérieux dans tout ça. Maman se porte bien. Elle est entourée de plein d’amour. Nous nous parlons assez souvent sur Skype.

Malgré la distance, je me sens proche de vous. Ce n’est pas qu’on se parle souvent. Même que… cela fait longtemps que je n’ai pas revu la plupart d’entre vous. Mais les liens demeurent. Ce ne sont pas des liens virtuels comme sur Internet. C’est quelque chose d’un peu plus spirituel. Le temps s’écoule. Les distances nous séparent. Je suis ici. Vous êtes là. Et pourtant, nous sommes unis par un amour mystique, une présence plus vaste que nos pensées et même notre mémoire.

Ici, en Zambie, nous venons de vivre des élections générales qui ont reporté au pouvoir le Président Edgar Lungu. Un nouveau gouvernement sera bientôt formé. Mais il y a un sérieux problème. En effet, le pays est divisé pour ainsi dire en deux blocs selon des appartenances tribales. Il y a eu pendant la campagne électorale, et encore, de la violence politique. Ici, gagner ou perdre des élections est parfois une question de vie ou de mort… quelque chose de plus sérieux que les alliances idéologiques ou partisanes. Il y a donc beaucoup d’inquiétude. Beaucoup d’effort a été déployé par les Églises pour la tenue d’élections pacifiques. J’ai moi-même participé à l’une de ces rencontres de prière. Nous prions encore pour que les institutions nationales telles que la Cour Constitutionnelle demeurent suffisamment fortes pour éviter les débordements possibles, ce qui serait catastrophique pour le pays. Je vous invite à vous joindre à nos prières.

Père Serge St-Arneault, M.Afr

 

Mambwe-Mwila 06-08-2016 00  JPEGDéjà trois semaines se sont écoulées depuis mon voyage à Mambwe-Mwela situé au nord-est de la Zambie à la frontière avec la Tanzanie. Un grand rassemblement organisé par l’Église Catholique soulignait l’arrivée des premiers missionnaires il y a 125 ans sur le sol de ce qui allait devenir la Zambie. Presque entièrement oublié pendant des décennies, Mambwe-Mwela a regroupé en une seule journée plus de gens que possiblement ce lieu a accueillis de visiteurs depuis 1891.

L’histoire est pourtant très simple. Les premiers Missionnaires d’Afrique – Pères Blancs, en route depuis Mponda au Malawi vers Karema sur la rive du lac Tanganyika, se sont arrêté à Mambwe-Mwela pour permettre au père Heurtebise, souffrant d’une attaque de malaria, de se reposer. Les deux autres membres de la communauté étaient le père Lechaptois et le frère Antoon Verkuylen. Ils se sont installés dans une vieille maison abandonnée par l’African Lakes Company. Environ deux cents Africains les accompagnaient dans leur voyage. Peu après, Mambwe-Mwela a été abandonné lorsque les missionnaires ont été admis dans le territoire du chef Mambwe chez les Bemba.

Mambwe-Mwila 06-08-2016 19a  JPEGL’Église Catholique veut commémorer cet épisode, car elle considère ce moment comme le point de départ de l’évangélisation en Zambie. Nous étions un bon nombre de confrères présents. Trois évêques étaient aussi présents ainsi qu’une foule très nombreuse. Même le président de la République Edgar Lungu, récemment réélu, y était.

Sans m’en rendre compte, j’ai moi aussi été photographié par un journaliste du Daily Mail. Seul l’Archevêque Chama du diocèse de Kasama me sépare de lui.

Père Serge St-Arneault, M.Afr

Mambwe-Mwila 06-08-2016 20  JPEG President Lungu, Arch Chama and Serge

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Commémoration des premiers Missionnaires d’Afrique – Pères Blancs à Mambwe-Mwela, Zambie.

Day of Prayer Showgrounds July 24, 2016 00Le « National House of Prayer » a invité l’élite politique, militaire et religieuse pour une journée de prière le 24 juillet dernier en plein centre de la capitale Lusaka, à un lieu public appelé ‘showground’. Ce rassemblement avait pour but de prier pour des élections pacifiques qui culmineront le 11 août avec les élections générales pour le choix d’un nouveau Président et d’un nouveau gouvernement.

Des milliers de gens se sont donné rendez-vous pour participer à cette prière animée par des leaders religieux; évêques, pasteurs et prêtres de différentes Églises. Je me suis retrouvé un peu par hasard au cœur de cet événement. J’ai en effet accompagné le père Charles Chilinda, curé de la paroisse de St-Ignace, après la messe de 11h30. Il devait inaugurer la cérémonie en implorant le pardon de Dieu pour les actes de violence politique qui ont entaché la présente campagne électorale. La chorale de St-Ignace était également présente et elle a soutenu les prières d’intercession en compagnie de la chorale des Forces policières de la Zambie.

Assis à côté du père Chilinda, celui-ci reçut un message sur son cellulaire lui disant que le père Lupupa était dans l’impossibilité de joindre les lieux. Il devait faire une prière.

─ « Peux-tu prendre sa place? » me demande-t-il.

Pendant que les chants se succèdent, je me mets à griffonner sur l’endos du papier sur lequel le père Chilinda avait écrit sa propre prière en empruntant un stylo d’un pasteur protestant voisin et une bible d’une pasteure. Le temps de coucher quelques idées sur mon papier, je suis appelé au podium pour m’adresser à cette foule devant une meute de caméra et de journalistes. La célébration était télédiffusée en direct sur le réseau national de la télévision d’État.

─ « Nous invitons maintenant le père Mbéwé à venir prier pour les forces de l’ordre et militaire. »

Comme il y avait changement de nom au programme, il m’a semblé plus simple de donner le surnom de ‘Mbéwé’ que j’ai reçu lorsque j’étais au Malawi. M’inspirant d’un passage des psaumes, j’ai fortement invité les hommes et les femmes engagés dans les forces de sécurité de la Zambie de répondre à leur vocation reçue de Dieu de protéger des plus vulnérables, en premier lieu les veuves et les orphelins. En effet, ce sont les plus pauvres qui subissent le plus cruellement les conséquences de la violence politique.

Étant pratiquement l’un des seuls ‘Blancs’ présents dans cette large assemblée, j’ai été inspiré par le populaire slogan ‘Une Zambie, Une Nation!’

─ « Comme vous le voyez, j’ai la peau blanche et je voudrais vous remercier, vous peuples de la Zambie, pour m’accueillir dans votre pays. Je suis un étranger, mais je me sens en sécurité et heureux d’être avec vous. Je suis fier de vous. Il y a des ‘Noirs’ et des ‘Blancs’, mais la seule vraie couleur est la couleur de l’AMOUR. »

─ «  ‘Une Zambie, Une Nation, Une couleur!’, la couleur de l’AMOUR. »

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Vous pouvez visionner la vidéo (de piètre qualité) qui a été publiée sur le réseau social de Facebook. Ci-joint un extrait sur YouTube : https://youtu.be/aRR-liDZikQ