Pendant 25 ans, la République Démocratique du Congo (DRC) est devenue le Zaïre sous la gouvernance du régime totalitaire du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) fondé par le Président Mobutu. Le pays a repris le nom de République Démocratique du Congo après la chute de ce dernier en 1997.
L’une des principales caractéristiques à l’époque du Zaïre fut l’idéologie de l’authenticité qui aboutira à la zaïrianisation des entreprises étrangères qui s’est avérée être un désastre économique. Pourtant, le principe initiateur de cette idéologie basé sur la primauté de la dignité des peuples était bien fondé.
Déjà en 1968, la capitale Léopoldville était devenue Kinshasa, Stanleyville s’appelait Kisangani, Costermansville se nommait Bukavu, etc. Cette affirmation identitaire authentiquement africaine a généré un immense enthousiasme et un élan de fierté résolument nécessaire après des décennies d’humiliation coloniale belge et le chaos social qui a caractérisé les premières années de l’indépendance du pays.
Puis, sous la mouvance d’une plus grande authenticité, les noms chrétiens ont été bannis. Le Président Joseph-Désiré Mobutu a donné l’exemple en devenant Mobutu Sese Seko Kuku Ngendu wa Za Banga. La population a suivi en reprenant des noms ancestraux propres à chaque tribu.
Un problème s’est alors posé. Les amis ou voisins ne connaissaient pas les nouveaux noms adoptés par tout un chacun. C’est alors que les Pierre, Jean, Jacques et Marie sont devenus des ex-Pierre, ex-Jean, ex-Jacques et ex-Marie. Le résultat n’a pas toujours été celui recherché. En effet, les lettres « L » et « R » en langue bantu sont facilement interchangeables. Il est généralement difficile de distinguer ces deux consonnes. Je vous laisse le soin de prononcer le nom d’ex-Clément avec la sonorisation d’un « R » plutôt que d’un « L ».
Or, le retour à l’authenticité a connu un renversement spectaculaire. Ainsi, les Lacs Idi Amin et Mobutu, situés à la frontière de l’Ouganda et du Zaïre, sont redevenus le Lac Victoria et le Lac Édouard, noms donnés par les colonialistes, après l’écroulement de ces régimes dictatoriaux. La monnaie, le fleuve et le pays qui portaient tous le nom de Zaïre sont redevenus le franc congolais, le fleuve Congo et la DRC. Il en est de même du drapeau et de l’hymne national. Même la cravate a détrôné l’abacost (abat costume); emblème vestimentaire par excellence du Mobutisme.
Cela étant dit, l’initiative initiale d’un retour à l’authenticité par un changement topographique était non seulement louable, mais avant tout inspirante, mobilisatrice et propice à une réappropriation identitaire socialement génératrice de fierté nationale retrouvée.
EXEMPLES AU CANADA
Assisterons-nous à une forme d’autochtonisation de nos lieux historiques et topographiques? Le fleuve St-Jean au Nouveau-Brunswick deviendra-t-il le fleuve Wolastoq? Montréal deviendra-t-il Tiohtià:ke? Allons-nous effacer dans l’indifférence les noms de Saints chrétiens qui ornent les rues à l’exemple des récentes églises catholiques incendiées?
Rappelons-nous simplement que nous avons conservé beaucoup de noms issus des Premières Nations. Pour n’en nommer que quelques-uns de la région de la Mauricie, ces noms sont intégrés dans nos gènes identitaires tels que Shawinigan, Matawin, Wayagamac et Mékinac et j’en passe.
UNE TENDANCE
La rue Amherst à Montréal est récemment devenue la rue Atateken. Ce n’est pas anodin. Les recherches historiques nous révèlent que l’officier Jeffrey Amherst de l’armée britannique et administrateur colonial, anobli par le roi George III, s’opposait farouchement, parfois avec mépris, à tout ce qui était contraire à son identité coloniale et sa religion.
Derrière ce changement de nom, il y a une volonté sincère de reconnaître les torts causés. Il peut s’agir d’un général anglais tout aussi bien que nos propres ancêtres ou nos Églises. À certains égards, nous assistons à une forme de confession publique, certes humiliante, mais, espérons-le, réconciliatrice.
Cette réconciliation est due depuis trop longtemps. Les conditions semblent maintenant être rassemblées pour y arriver sans pour autant aggraver un sentiment d’excessive culpabilisation. De fait, nous bénéficierions de reconnaître notre patrimoine autochtone commun. En effet, nous avons tous un ou des ancêtres autochtones qui sommeillent dans nos lignées généalogiques. Lorsque possible, une reconfiguration topographique de nos lieux communs avec des noms issus des Premières Nations nous aiderait à cheminer vers une guérison mutuelle. Notre histoire est commune au-delà de sa diversité. Ce fait, cette diversité est notre richesse … à découvrir.
Collectivement, mais aussi au niveau de chaque individu que nous sommes, l’expérience de la pandémie de la Covid-19 nous force à redéfinir nos valeurs et nos priorités. Notre vulnérabilité a été, et demeure, étroitement liée à notre capacité de résistance. Certes, nous avons fait preuve de résilience, mais nous constatons aussi, par exemple, la fragilité de notre système de santé.
Une prise de conscience collective surgit de cette épreuve, celle de notre étroite et mutuelle humanité. Un minuscule virus venant du bout du monde peut aisément se propager sans frontières à la vitesse de l’éclair. Si ce problème est mondial, la solution doit, elle aussi, être planétaire.
Un rappel de la vaccination contre la Covid-19 deviendra, semble-t-il, annuel. Le danger de nouvelles vagues meurtrières persistera tant et aussi longtemps que la vaste majorité des habitants de notre planète ne sera pas immunisée. En fait, nous sommes entrées dans une ère d’incertitude où les points de vue se polarisent de façon inquiétante.
À son niveau, l’Église institutionnelle est elle aussi infectée par son passé ombrageux, ses erreurs. Elle donne l’impression d’être paralysée et en soin intensif. Nous sommes devenus une minorité de croyants en attente d’un vaccin spirituel pour nous protéger. Or, ce vaccin est déjà disponible.
« Nous gardons toujours confiance, tout en sachant que (…) nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision » (Cor, 5.6).
De fait, notre vie personnelle et collective est constamment ponctuée de profondes transformations. L’être humain a cette exceptionnelle habilité de s’adapter à pratiquement toutes les circonstances, même à un âge avancé. Notre vaccin spirituel est la confiance. Nous persistons à cheminer dans la foi même si nous ne voyons pas clairement où nous allons. Cette attitude nous conduira au-delà de la mort.
Pour le moment, nous sommes encore de ce monde. Profitons-en pour garder le cap malgré notre manque de claire vision. En fin de compte, le plus important n’est pas de savoir où nous allons, mais plutôt de nous assurer de la qualité des petits pas de bienveillance que nous traçons sur la route de la vie. Sans plus!
Mon premier séjour à Géty, à l’époque au Zaïre, remonte à 1982. Je n’y étais resté que quelques jours. J’y suis retourné après mon ordination sacerdotale en 1987. Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis mon départ en février 1996, mais une partie de mon cœur y est resté et y restera pour toujours.
Autour de 1992, nous avons connu d’extrêmes tentions tribales entre la tribu des Héma de Boga et celle des Indru (Walendu-Bindi) de Géty. Je me rappelle des séances de négociations de paix que les missionnaires avions facilité sous un manguier situé en zone neutre à mi-chemin entre les tribus ennemies. Bref, la guerre a de nouveau éclaté dans cette région. Il y a cependant une différence. L’ennemi vient de l’Ouganda. Voici un reportage que je viens de recevoir ce matin du journaliste Roger Adirodu.
« Plusieurs déplacés de Boga et Tchabi vivent sans assistance humanitaire. Des centaines de personnes ont fui les atrocités perpétrées par des rebelles ougandais pour se réfugier vers les villages de Bukiringi et de Géty, chef-lieu de la chefferie des Walendu-Bindi, au sud d’Irumu, dans la province de l’Ituri. L’information a été relayée par Gabriel Androzo Nyama, président de la société civile des Walendu-Bindi, le jeudi 10 juin 2021 au cours d’un entretien téléphonique accordée à notre rédaction. Les gens vivent dans des conditions difficiles.
Les déplacées sont hébergées dans des familles d’accueil, dans des écoles et à l’église catholique de Géty. Préoccupé par la résurgence de l’insécurité dans la zone, cet acteur de la Société civile plaide pour une aide urgente. »
Sur cette carte, Boga se situe à une soixantaine de kilomètres sur la gauche.
Ma consolation est de savoir que les Héma sont accueillis chez les Indru, autrefois ennemis. Cela n’enlève rien au drame qui s’y joue en ce moment. De plus, ce conflit est totalement écarté du réseau des nouvelles internationales.
Voici quelques photos prises par Roger Adirodu il y a quelques mois illustrant quelques bâtiments de Géty-Mission où j’ai vécu; l’église, notre maison, les écoles primaires et l’Institut d’enseignement secondaire Abaka. Celui-ci a été construit sur une période de cinq ans, complété tout juste avant mon départ, avec le soutien financier des élèves des écoles primaires de La Tuque.
L’église et école primaine.
Notre maison à Géty-Mission.
Habitations à Géty-Mission.
Institut Abaka.
Ayons une pensée et une prière pour toutes les personnes traumatisées par ce drame.
Vous avez eu connaissance de la récente éruption du volcan Nyiragongo à Goma, en RDC. J’y ai séjourné plusieurs fois lors de mes premières années dans ce pays, appelé à l’époque le Zaïre. L’actuelle éruption n’est pas la première. Alors, pourquoi vivre si proche d’un volcan? Cette question se répète partout dans le monde où les populations vivent près de ces géants fumants. Au-delà du danger, Goma est un petit paradis; terre fertile, climat idyllique et magnifiques paysages.
Voici des photos prises en 1981 à Nyabibwe situé entre Bukavu et Goma.
Bref, je vous partage une lettre écrite par le père Emmanuel Ngona en date du 28 mai 2021 que j’ai rencontré la première fois à Bukavu en 1981.
« Bonjour de Bunia où je suis bloqué à la suite à l’éruption volcanique du 22 mai à Goma. Ce malheur nous arrive dans cette province du Nord Kivu qui est aussi en état de siège depuis le 6 mai pour essayer d’endiguer les groupes armés qui sèment morts, violence, viols, pillages. Ainsi, à partir du 27 mai, plusieurs quartiers de Goma ont été évacués, menacés par le volcan Nyiragongo en activité. Nos trois communautés de Goma se trouvent dans ces quartiers rouges que le gouvernement demande de quitter. C’est la panique et le choc émotionnel.
Tous nos confrères et aspirants ont quitté Goma pour Bukavu via le Rwanda, sauf nos confrères de la paroisse de Katoy qui sont restés en solidarité avec les gens qui ne savent où aller. Ils leur portent secours avec leurs faibles moyens.
Le premier convoi est bien arrivé le 27 mai vers 22 heures à Bukavu et le second a passé la nuit à la frontière à cause d’une panne de voiture et de la fermeture des frontières. Mais vers 23 heures, une communauté de religieuses les a hébergés. Chacun a eu son lit, a pu manger et boire. Le deuxième convoi comprend 25 personnes.
Tous ces confrères et aspirants sont répartis entre nos trois communautés de Bukavu dans un esprit de solidarité et de style de vie simple. Nos confrères et candidats gardent la joie d’être missionnaires dans ce contexte incertain.
Quant à la situation de l’Ituri, où je suis bloqué à cause de cette situation, c’est aussi l’état de siège pour stopper l’activisme de quatre groupes armés qui tuent, brûlent, volent et paralysent la province de l’Ituri. Dans notre paroisse de Yambi-Yaya ici à Bunia, les infrastructures de quatre secteurs ruraux ont été détruites et pillées par la milice Codeco : les tôles enlevées, les instruments volés, les portes cassées, etc. Voilà en bref la situation que la population et les confrères vivent dans nos deux provinces, Ituri et Nord Kivu en état de siège.
Merci de penser à nous dans vos prières et votre solidarité. »
Par Serge St-Arneault, M.Afr, Montréal, 23 mai 2021
C’est le titre d’un article que j’ai écrit pour le journal étudiant « Le Point », organe officiel de l’AGEUQTR, vol 3, no 2 du 5 février 1979. Cette question est toujours d’actualité 42 ans plus tard. Les récents bombardements à Gaza et les roquettes lancées par le Hamas illustrent bien l’impasse de ce conflit.
Quelques citations de cet article
« Je sais, pour y avoir été et vérifié moi-même, que la vie quotidienne des Arabes est très difficile. J’oserais même affirmer que les Arabes d’aujourd’hui ont remplacé les Juifs qui hier encore subissaient l’oppression et les Juifs d’aujourd’hui remplacent les envahisseurs d’hier. Pour minimiser les affrontements, chacun reste dans son coin et refuse l’autre, … »
« D’un côté, il y a chez les Juifs un désir profond de sauvegarder une terre espérée depuis deux mille ans… . D’un autre côté, il y a les Palestiniens qui ont été chassés d’une partie de leur pays qui leur appartenait en propre … depuis longtemps ».
« Il n’est pas impossible de voir un jour les Juifs profondément divisés et même s’affronter sur des questions concernant l’avenir du pays. Les Juifs sont loin de former une entité cohérente de pensée si bien que les conditions sociales des Juifs dits orientaux se comparent aisément aux conditions des Palestiniens. De l’autre côté, l’on voit les Palestiniens eux-mêmes profondément divisés. »
« Un gouvernement israélien dirigé par des Juifs dits orientaux, parce qu’étant déjà en Palestine avant 1948 ou venant des pays d’Afrique du Nord, faciliterait les choses. Le gouvernement actuel (du premier ministre Begin), par ses politiques très occidentalisées, ne fait que s’éloigner de ses pays voisins… . … ce qu’il faudrait, c’est un abandon du fanatisme tant politique que religieux des deux parties. À ces conditions minimales, la Palestine peut devenir une terre promise pour tous ».
Vingt-trois ans plus tard en 2001
Globalement, la situation n’avait pas véritablement changé depuis mon premier voyage en Israël en 1978. Les pourparlers de paix entre Begin et Sadate, sous le patronage de Jimmy Carter, président des États-Unis, s’étaient soldés en queue de poisson. Dirigeant du Likoud, Ariel Sharon venait d’être élu premier ministre du pays en mars 2001, après le déclenchement de la seconde Intifada. J’ai séjourné précisément en Israël entre le 15 mars et le 8 juin 2001.
La première Intifada Al-Aqsa avait débuté en septembre 2000 tout juste en face de notre maison située près de la Porte des Lions. Depuis lors, l’esplanade des mosquées est interdite aux touristes.
De mes nombreuses notes de voyage, je retiens tout particulièrement notre rencontre avec le rabbin Henri Noach. À cette époque, il était professeur au département des relations internationales de l’Université hébraïque de Jérusalem. Il assumait également plusieurs fonctions au sein des communautés juives de la diaspora.
Appartenant lui-même au mouvement conservateur, le rabbin nous a alors souligné que le judaïsme contemporain était composé de trois courants religieux principaux; les orthodoxes, les conservateurs et les réformistes. Ceci constitue un important élément afin de saisir les enjeux sociopolitiques des différentes communautés juives d’Israël.
Selon le rabbin Noach, l’identité fondamentale du peuple juif est basée sur le double aspect national et religieux qui constitue la Morasha (מורשה), c’est-à-dire « l’héritage ». Premièrement, les Juifs sont les héritiers de la communauté de Jacob centrée autour de la Tora. Et deuxièmement, d’un point de vue politique, le peuple est l’héritier de la TERRE DE CANAAN, don et promesse de Dieu : « Je vous ferai entrer dans le pays que j’ai juré de vous donner, lorsque je parlais à Abraham, à Isaac et à Jacob; je vous le donnerai et il sera à vous, car je suis Dieu ». (Exode 6,8)
Ferment de l’identité de l’État d’Israël, le sionisme fonde aussi sa conception nationaliste sur la loi traditionnelle du (Midrash (מִדרָשׁ) = littérature) Halakah (הלכה) qui inclus les restrictions alimentaires (référence; Lévitique 20, 24-26).
Historiquement, la destruction de Jérusalem par l’armée romaine remonte à l’an 70 de notre ère. Près de deux millénaires plus tard, le « retour » sur la terre promise s’est matérialisé avec la création de l’État d’Israël en 1948.
Sans tarder, la « loi de retour » fut l’une des premières lois adoptées au parlement qui accorde automatiquement la citoyenneté israélienne à toute personne d’appartenance juive désireuse d’immigrer en Israël. La population juive provient de 108 pays différents. Cela a une signification théologique significative.
Selon le rabbin Noach, la coexistence fraternelle et l’acceptation des différences entre Juifs sont un microcosme de l’histoire de l’humanité. Selon lui, « le rassemblement des exilés, c’est-à-dire des enfants d’Israël dispersés depuis 2000 ans à travers le monde, est ce qui permet la RECRÉATION de la NATION d’Israël sur la TERRE et devient le véhicule de l’ultime rédemption de l’humanité où cesseront toutes les guerres et marquera la venue du Messie. Ainsi se réaliseront les prophéties du rassemblement de tous les peuples. Aucun autre peuple qu’Israël ne peut être la lumière des nations. L’État d’Israël est l’avant-stade de l’ultime aboutissement de la rédemption de l’humanité. Il s’agit de la volonté divine. Israël ne mérite pas cet honneur. C’est Dieu qui l’a choisi. La nécessité théologique de la rédemption de l’humanité passe nécessairement par le retour des enfants d’Israël sur SA TERRE PROMISE ».
Tout devient clair! La justification du CONTRÔLE DES TERRITOIRES PALESTINIENS est basée sur la conviction qu’Israël doit rester fidèle au plan de Dieu et ainsi devenir le chemin incontournable du salut de l’humanité.
Cela dit, il est bien de souligner qu’une fraction importante du courant fondamentaliste protestant, particulièrement américain, a développé une théologie chrétienne sioniste. Pour les adeptes de ce courant fondamentaliste, la création et l’expansion de l’État d’Israël sont les conditions du retour du Christ.
Ce que je comprends du sionisme
Je me rappelle être intervenu à la fin de l’exposé du rabbin Henri Noach avec cette double observation. Primo, les oppositions entre Juifs sont souvent virulentes, particulièrement au niveau des partis politiques, mais aussi entre les trois principaux courants religieux qu’il avait lui-même décrits. Secundo, quelle est la place juridique des 21% d’Arabes détenteurs de la citoyenneté israélienne vivant en Israël? Note : les Arabes israéliens comprennent des chrétiens et des musulmans, identifiés comme Palestiniens. Sont exclus les réfugiés juifs dits orientaux immigrés de pays arabe.
Le rabbin a alors admis qu’il y avait, à cette époque, 17 différents partis politiques à la Knesset. Par contre, il a choisi la voie de l’évitement en ce qui concerne le deuxième point.
Il apparaît clairement, selon lui, que la coexistence fraternelle des peuples et du respect de leurs diversités culturelles ne concerne que les Juifs regroupés autour de la « loi du retour ». Son interprétation des textes bibliques est de type fondamentaliste. Ainsi donc, la TERRE est un droit exclusif d’Israël. En d’autres mots, LA RECONQUÊTE DU TERRITOIRE est une volonté divine et un préalable obligatoire pour la venue du Messie (Juif). Ce n’est qu’une question de temps. Finalement, la présence des Palestiniens est un obstacle à la réalisation du plan de rédemption de Dieu pour l’humanité.
À mon avis, si Israël imagine être à lui seul la lumière des nations, il ne réussit malheureusement qu’à s’aveugler lui-même.
Conclusion
Parlant de lumière, s’il en est une, je conclus que les récents troubles dans cette partie du monde sont le résultat d’une très longue tragédie. Celle-ci se répète continuellement. Rien ne semble être en mesure de l’arrêter.
De mon journal de voyage, je note ce passage écrit à Jérusalem le 9 mai 2001. Abel était un berger comme Moise. Son offrande à Dieu est agréable. Il offre les premiers-nés de son bétail avec générosité et librement. L’offrande de Caïn est différente. Ce n’est pas tellement parce qu’il s’agit des fruits de son potager, mais à cause de ses intentions cachées, accessoires, manipulées, compétitives. En fait, il cherche sa propre satisfaction.
Abel tourne son regard contemplatif vers le Dieu ICÔNE. Caïn tourne son regard vers lui-même, vers son ÉGO IDOLÂTRÉ. C’est ainsi qu’il se jette sur son frère et le tue.
Tout est question de regard. Toute chose, toute personne, tout événement a le potentiel d’être une ICÔNE ou une IDOLE. La croix du Christ, par exemple, est pour moi une ICÔNE dans la mesure où la souffrance de Jésus m’invite à marcher sur ses pas pour un bien supérieur à ma propre personne. Cette attitude est libératrice du CYCLE DE LA VIOLENCE. Par contre, la même croix peut devenir une IDOLE si je l’utilise et la manipule pour imposer une idéologue religieuse.
Similairement, le voile islamique porté par les musulmanes peut symboliser une attitude iconique ou alimenter une idéologie. Ce choix croisé varie selon celle qui porte ce voile et moi, ou toi, qui la jugeons ou non.
En 2001, de la fenêtre de ma chambre, posant précisément mon regard sur les toits du quartier arabe de la vieille ville de Jérusalem, j’écrivais :
Toi! Jérusalem! Qui es-tu à mes yeux ?
Peux-tu être une ICÔNE malgré tes déchirures, ton histoire tragique, tes traumatismes violents et répétitifs que tu tètes comme le lait maternel d’un nourrisson ?
« Il nous faut cesser de condamner ceux et celles qui nous entourent, supprimer nos projections par rapport à ceux et celles que nous mésestimons, et accepter que le problème réside en fait en nous ».
Cessons de nous illusionner et figeons au moins les frontières actuelles
SÉBASTIEN BOUSSOIS, DOCTEUR EN SCIENCES POLITIQUES, CHERCHEUR MOYEN-ORIENT EN RELATIONS EURO-ARABES, TERRORISME ET RADICALISATION, 23 mai 2021
Il n’y aura pas cet État palestinien tant rêvé, tant vendu, tant espéré et attendu depuis 1947. Il faut, dans des situations de gestion de conflit sans fin, faire le deuil de certaines choses et voir la réalité en face. C’est comme en amour, cela ne sert à rien de forcer, mieux vaut feinter ou abandonner.
Le 30 avril dernier, grâce à un webinaire, l’équipe du Centre Afrika a assisté au lancement du livre intitulé « Becoming Intercultural: Perspectives on Mission ». Ce livre s’adresse en particulier aux missionnaires de l’Évangile et s’articule autour du concept de l’interculturalité. Pour en savoir plus, je vous invite à lire les précédents articles que j’ai écrits en cliquant ICI.
En quelques mots, la diversité culturelle est un enrichissement, non une menace. De plus, l’émergence d’une hospitalité solidarité entre tous et chacun favorise l’acceptation d’une dépendance réciproque qui construit véritablement une identité commune. Ainsi donc, devenir interculturel est à la fois un défi et une opportunité qui enrichit la mission à laquelle nous avons consacré notre vie.
Aujourd’hui, j’aimerais vous partager quelques points marquants de ce lancement de livre animé par trois panélistes.
Stephen Bevans, SVD
Sous l’angle de la foi chrétienne, Stephen Bevans, SVD, propose une danse entre l’interculturalité et le dialogue prophétique. Dans un monde de plus en plus critique vis-à-vis des religions, pour être reconnu dans sa vérité, le témoin de la foi doit avant tout vivre son engagement de façon authentique avant de se soucier de la proclamation d’un quelconque enseignement doctrinaire.
Nous ne sommes plus à l’époque de la simple transmission d’un héritage. Nous devons faire preuve d’imagination et de créativité dans notre effort de contextualisation du message que nous voulons proclamer. De plus, nous sommes constamment confrontés avec un quotidien qui échappe à notre contrôle. Pourtant, cette confrontation est nécessaire si nous souhaitons favoriser l’inclusion. Notre engagement ne s’oriente donc pas vers la sauvegarde d’une institution. Notre intérêt est plutôt de favoriser le « KIN-DOM of God » au lieu de l’établissement du « KINGDOM of God ». Le « KIN » fait référence à la proximité que nous partageons avec les autres en opposition à l’imposition d’un ROYAUME juridique et dogmatique.
L’Église structure la mission depuis longtemps par le canal de ses pasteurs et missionnaires. Inversement, c’est la mission qui doit plutôt structurer l’Église. Ainsi, la dénonciation des injustices et tout ce qui est présentement associé aux effets de la pandémie de la Covid-19 (contagion, mesures de confinement, soutien aux personnes isolées, santé mentale, environnement, etc.), tout cela constitue les éléments de la contextualisation du message chrétien pour aujourd’hui.
Judette Gallares, RC
Judette Gallares, RC, enrichit cette réflexion avec l’idée que l’interculturalité est un processus permanent où la compréhension du SOI est unique à chaque personne. En d’autres mots, nous sommes à la fois comme tout le monde, mais différent en même temps. À vrai dire, ce malaise est un élément essentiel de l’interculturalité, car il appelle à une conversion permanente, à l’intégrité, à bien saisir la réalité qui nous entoure, à l’engagement radical et au discernement collectif. Il s’agit d’accroitre la conscience critique à l’égard des questions liées à la diversité et à la pluralité. Pour cela, nous devons sortir de notre zone de confort et de nos réflexes identitaires pour pouvoir véritablement accueillir toute autre personne dans son unicité.
Patricia Murray, IBVM
Patricia Murray, IBVM, relate trois événements majeurs qui secouent notre monde d’aujourd’hui ; la pandémie de la Covid-19, la tragique mort de l’Afro-Américain John Floyd et les courants migratoires.
Selon elle, nous devons créer de nouveaux paradigmes en ce qui concerne les vœux religieux que sont la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Comment pouvons-nous vivre l’interculturalité dans un monde en profonde mutation ? L’engagement religieux nous incite à vivre dans une solidarité globale avec l’humanité. Les vœux religieux ne sont plus une question d’engagement individuel. L’esprit de pauvreté nous oblige à l’accueil inconditionnel de tout autre, particulièrement de l’étranger. D’autre part, la chasteté véritable nous oriente vers un engagement pour contrer le racisme, l’ethnocentrisme, les préjugés et les stéréotypes. Finalement, l’esprit d’obéissance n’est pas envers une structure hiérarchique, mais plutôt dans un effort collectif de discernement où les inspirations naissent dans un environnement culturel variable, donc interculturel.
Voir la conférence sur YOUTUBE. Durée : 2 heures.
en Français
in English
General presentation of the book: minute 11 :00
First intervention, Steven Bevans « Committed to his Mission: minute 14:00 – 35:00
Second intervention, Sr Judette Galllares « Forming intercultural Missionaries »: 36:45 – 57:00
Third intervention, Sr Patricia Murray « Interculturality, leadership and vows: liability or richeness”: 59:00 – 1:23:50 Afterwards: questions-responses
LETTRE DU MALAWI,VENDREDI SAINT, Mua, 10 avril 2009
— Être prêtre, c‘est mystérieux!
C’est avec ces simples mots que Yolande, mon arrière petite-cousine, m’a souhaité le bonjour ce matin. Hier, nous étions allés ensemble avec ma mère au village de Msamala à environ 20 km de Mua. La fête du Jeudi Saint est toujours empreinte d’un cachet particulier et cela s’est manifesté brillamment à Msamala.
Lavement des pieds, chapelle de Msamala, Malawi, 2009
Les jeunes adolescents avaient installé trois ampoules alimentées par une batterie de voiture. Les douze disciples bien alignés en face de l’autel s’harmonisaient bien avec les jeunes filles et les mamans qui dirigeaient les chants et danses selon la progression de la liturgie. L’Évangile fut acté en utilisant une cuvette d’eau et la gourde traditionnelle au moment du lavement des pieds.
La pénombre du soir enveloppait doucement les gestes et paroles créant une douce attention. Rien de dramatique, aucun soubresaut, seulement la retenue du silence pour goûter l’essentiel des mots de Jésus : Voici mon corps! Voici mon sang! Paroles réactualisées en ce soir de pleine lune.
Yolande et Laurette, ma petite maman, n’ont rien compris de la langue Chichéwa mais ont su vibrer au rythme de ce chœur collectif.
— J‘ai vécu une soirée extraordinaire, de dire ma petite maman. Je n’ai jamais rien vu de tel de toute ma vie.
Yolande et Laurette, 2009
Yolande et mamans ont arrivées au Malawi le 26 mars 2009 pour vivre ensemble un mois de découverte au Malawi. C’est la plus belle saison de l’année. Les pluies ont cessé. La nature demeure encore verte. Les récoltes sont bonnes. Que demander de mieux ?
Récemment, neuf jeunes Africains venant de la Zambie, du Mozambique et du Malawi ont suivi un cours s’échelonnant pendant trois jours, offerts par mon confrère Claude Boucher, directeur du centre culturel Kungoni, sur la culture des Achéwa. Ces jeunes ont entrepris leur première année de formation à Balaka en vue de devenir eux aussi des Missionnaires d’Afrique. Yolande a suivi ce cours avec eux. Elle en est revenue toute changée, à la limite de la panique.
— C‘est extraordinaire! Si je regarde l‘évolution de notre société occidentale, je me rends compte que nous avons évolué de la même manière que les Chéwa.
— Évidemment! Tout commence par l‘observation des phénomènes physiologiques, biologiques et de la nature. Puisque nous sommes tous des êtres humains, l‘observation est très semblable même si les interprétations diffèrent. Tout compte fait, tout se rejoint!
Yolande, professeure de mathématique à la retraite, est bien à l’aise dans le monde rationnel. La réalité africaine, tel que nous la connaissons dans notre brousse de Mua, nous force en quelque sorte à sortir de nos sécurités intellectuelles. Le monde n’est pas seulement ce qui est observable.
La réalité est fluctuante selon l’angle d’approche. Elle est énigmatique par le constant questionnement qu’elle impose. La réalité des ‘choses’ est souvent aussi ‘réelle’ que le monde des ‘esprits’, c’est-à-dire inexplicable. Aucun scientifique n’a encore réussi à déterminer la composition de la lumière si ce n’est de dire que c’est à la fois une particule et une onde. Sans savoir quoi, nous savons pourtant qu’elle ‘existe’. Ne la voyons-nous pas? Ne la sentons-nous pas?
Et Dieu! Existe-t-il? Et la vie après la mort? Et les esprits, bons ou mauvais? Et l’amour humain ou divin ? Tout est vrai et tout est faux. Il y a tout et il n’y a rien. La réalité est-elle quelque ‘chose’? Le spirituel est-il autre ‘chose’?
Moi, je crois que Jésus a transformé, nous disons aussi recréé, le monde. Cela n’est possible que par l’Amour, qui est lui aussi indéfinissable. Ce que je sais ‘irrationnellement’, mais ‘réellement’, grâce à mon expérience humaine de l’Amour, est que je suis libéré de toute peur en ce monde et dans l’autre, quel qu’il puisse être, par Celui qui a sacrifié sa vie librement pour que nous soyons éternellement vivants. Jésus a vaincu la mort. Il est ressuscité.
Jeudi Saint, 1er avril 2021
Vous avez compris que le texte que vous avez lu plus haut remonte à 2009. Cela fait exactement 12 ans. Il a été publié en 2011 dans mon livre intitulé; « Rivière de diamants ».
Serge, Jacques et Yolande, 2009
Je ne sais pas trop pourquoi, mais, ce soir, je suis triste. Emmuré par les mesures préventives contre la Covid-19, je suis nostalgique en me remémorant cet épisode vécu avec ma mère, Laurette Perron, et Yolande St-Arneault. Maman et moi, nous nous ennuyons de l’absence de Yolande depuis son décès survenu le 27 mars 2014, à l’âge de 72 ans. J’étais présent avec Jacques, son mari, à Sainte-Thérèse, au nord de Montréal, lorsque Yolande, atteinte d’un cancer, nous a quittés.
« Être prêtre, c‘est mystérieux! » m’avait-elle dit. Je le pense encore sans pour cela m’empêcher de me questionner sur le sens du sacerdoce ministériel, ici au Québec. Tout comme la majorité de mes confrères, je n’exerce pas ou peu de ministères sacramentels. En effet, les églises sont pratiquement fermées depuis un an. Oui, je suis nostalgique de ces moments exceptionnels vécus dans la brousse africaine, celle du Congo comme celle du Malawi.
Le serviteur, par Sakanako, Mua.
Je nous invite à saisir l’opportunité qui nous est offerte en ces temps de pandémie pour exercer le ministère sacerdotal commun offert à tous les baptisés. Le vrai sens de ce ministère est celui du SERVICE. Tous les gestes serviables que nous donnons, prêtres ou laïcs, sont d’ordre ministériel lorsque nous le vivons à la manière de Jésus, bien loin du pouvoir directif ou oppressif.
Gardons les yeux fixés sur Jésus; « Celui qui a sacrifié sa vie librement pour que nous soyons éternellement vivants ».
La croix est le symbole représentatif des chrétiens comme l’est aujourd’hui le croissant pour les musulmans ou l’étoile de David pour les juifs.
Les premières communautés chrétiennes utilisaient les symboles du poisson et des pains en souvenir de la multiplication de ces aliments par Jésus, représentant du même coup le rassemblement eucharistique ainsi que la présence du Christ ressuscité.
Signifiant l’abondance promise aux chrétiens, le symbole du poisson était accompagné des lettres « ICHTUS » (ἰχθύς) qui peuvent se traduire par « Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur. » Or, la croix, qui désormais représente la foi chrétienne, commémore l’atroce mort de l’homme Jésus.
Depuis quand la croix est-elle le symbole des chrétiens?
D’un point de vue historique, selon la tradition chrétienne, c’est sainte Hélène, la mère de l’empereur Constantin 1er, qui aurait découvert la croix de Jésus ainsi que celles des deux larrons, lors d’un pèlerinage en Palestine entrepris en 326.
L’Empereur Constantin a par la suite érigé une basilique sur l’emplacement du Golgotha. L’Empire romain triomphant imposait depuis longtemps déjà le sigle SPQR (Senatus populusque romanus) qui signifie « le Sénat et le peuple romain ». Il fut l’emblème de la République romaine, puis de la tradition de l’Empire romain. Ces quatre lettres représentaient le pouvoir politique romain.
Constantin a-t-il senti le besoin de modifier le signe SPQR par celui de la croix ? Peut-être pas! Cependant, choisir entre le symbole de la croix et celui des poissons, le plus saisissant ou impressionnant est sans conteste celui de la croix. La force dramatique de la mort sanglante de Jésus correspondait mieux à la culture romaine basée sur la coercition que quelques poissons et bouts de pain suggérant le partage. Or, les Romains étaient des conquérants peu soucieux de partager leurs richesses. Le christianisme, en tant que nouvelle religion d’État, n’a pas changé les vieilles habitudes impériales. Tout cela n’est qu’une hypothèse, la mienne!
Ce qui est plus certain, c’est que depuis le VIe siècle, c’est-à-dire après la chute de l’Empire romain, la croix est régulièrement associée aux représentations du Christ. Celle-ci a été implantée un peu partout et a incorporé au long des siècles une autre signification; celui de la prise de possession de territoires au nom d’un roi chrétien ou peut-être même de la papauté. À titre d’exemple, Jacques Cartier a planté une croix à Gaspé et sur le sommet du mont Royal à Montréal. D’après les recherches historiques récentes, il semble bien que les autochtones qui ont accueilli Jacques Cartier aient compris la portée symbolique de cette croix et s’y soient opposés, en vain.
D’un autre côté, la croix de Jésus a fait naitre un vaste éventail de richesse spirituelle. La vie sur terre a été et demeure un chemin de croix pour la vaste majorité de l’humanité, et pour nous aussi. La croix de Jésus est souvent une source de réconfort spirituel lorsque nous traversons les moments difficiles. Puisque l’homme Jésus a porté sa croix, puisqu’il s’est relevé trois fois et qu’il a atteint le sommet du Golgotha, ce même Jésus nous enseigne que la souffrance n’est pas une malédiction, mais une réalité intrinsèque à notre condition mortelle. Ce que Jésus nous enseigne est qu’au-delà de la croix, la sienne et la nôtre, il y a une rédemption.
L’enseignement fondamental de la croix de Jésus est le pardon total à ses bourreaux. La croix est le symbole par excellence du pardon radical et de la proclamation de l’amour divin. Notre ambition, comme chrétiens, est d’être crucifiés avec Jésus (Gal 2,19).
Contempler la croix.
La contemplation de la croix est donc un moyen de nous rappeler que le chemin du parfait amour est le don de soi qui peut, dans certains cas, être douloureux. Une libération profonde et sincère de nos cœurs meurtris n’est possible que par le pardon. Nous ne parvenons pas à atteindre cette profondeur libératrice par nos propres forces. Cela n’est possible que par l’exemple courageux et la force du pouvoir d’absolution de l’homme Jésus sur la croix. Jésus a remis sa vie entre les mains de Dieu, son père.
« Maintenant mon âme est bouleversée, de dire Jésus. Que vais-je dire? « Père, sauve-moi de cette heure »? – Mais non! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci! Père glorifie ton nom! »
Quelques présentations du Christ en croix.
Les représentations de Jésus sur la croix sont innombrables. La croix a inspiré les artistes selon leur époque et leur contexte culturel. Voici quelques exemples du Malawi.
Copyright : Kungoni Centre of Culture and Art, Malawi Copyright : Kungoni Centre of Culture and Art, Malawi Copyright : Kungoni Centre of Culture and Art, Malawi Copyright : Kungoni Centre of Culture and Art, Malawi Copyright : Kungoni Centre of Culture and Art, Malawi
« Parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de la Passion, Jésus est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve. » Hébreux 2, 18
Au moment d’écrire ces quelques lignes, le couvre-feu a été imposé sur tout le territoire du Québec. Cela ne s’était jamais vu. La raison est bien connue : réduire la propagation du virus de la Covid-19. La capacité des hôpitaux pour accueillir les malades a atteint sa limite et le vaccin n’a pas encore été largement administré. Bref, nous vivons des temps difficiles. Le monde entier vit des heures dramatiques.
« Nous étions si bien avant la pandémie. Pourquoi cela nous arrive-t-il? » Tel est le cri du cœur de beaucoup de personnes. Ce ne sont pas seulement les aînés qui déplorent l’isolement et les restrictions, le port du masque et les mesures de distanciation. La santé mentale des plus jeunes est aussi affectée. C’est difficile pour tout le monde.
« Pourquoi cela nous arrive-t-il? » À vrai dire, le plus troublant est de ne pas savoir d’où provient ce virus et comment il se propage. Chose certaine, nos habitudes de vie, notre joie de vivre, nos accolades ont cédé leur place à la morosité, la peur ou la colère.
Dans ces circonstances, oserons-nous transformer cet immense défi en opportunité? En effet, nous avons, pour ainsi dire, la chance de remettre en question nos choix personnels et de sociétés. La pandémie nous oblige à revisiter nos valeurs et nos priorités sous le regard de Dieu. Il est temps d’amorcer une nouvelle conversion, du moins, nous sommes invités à le faire. Si le Verbe de Dieu s’est fait chair, selon notre foi, cela est encore plus vrai en ce moment de notre existence. Nous ne sommes pas laissés à nous-mêmes pour surmonter l’épreuve qui nous accable.
Puisqu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de la Passion, Jésus est capable de nous porter secours dans l’épreuve que nous subissons. Il n’y a pas de réponse adéquate à celle du pourquoi. L’essentiel est de nous interroger sur notre réaction face à la réalité. Jésus, ne l’oublions pas, a subi la Passion. Le fait qu’il a porté JUSQU’AU BOUT cette épreuve nous certifie que Jésus, en partageant notre condition humaine, a réduit la mort à l’impuissance.
Munissons-nous de patience et de confiance pour surmonter ensemble, JUSQU’AU BOUT, la pandémie actuelle. C’est là notre manière de faire Église au moment même où les églises sont fermées. Notre partage eucharistique, à défaut d’être le pain consacré, est celui de la communion fraternelle, somme toute distancée, mais profondément spirituelle. Le corps du Christ est ce peuple de Dieu en marche que nous formons même en période de confinement.
Dans le numéro d’aujourd’hui de la Lettre aux Amis, le frère René nous donne l’exemple d’un homme qui va JUSQU’AU BOUT de sa mission. Le père Boivin nous invite à un pèlerinage intérieur selon les saisons. Nous sollicitons aussi votre aide pour un projet de construction d’une ferme moderne aqua-agro-pastorale au Togo. Vous verrez aussi l’importance du chant sacré dans l’évangélisation des Sénoufos en Côte d’Ivoire.
On the last day of classes of the fall school semester, my sister Annie was assassinated in a classroom with a legal military-style assault weapon at the Montréal Polytechnique engineering university.
Since that day, my family and many others have been working to remove assault weapons from our communities and our streets. This has never been achieved, not even during the decade-long period when the long-gun registry was in effect (which was later abolished by Stephen Harper’s Conservative government).
Since then, many innocent people have been injured or killed by assault weapons, most of them legally acquired and owned under Canadian law, including the one used in the Dawson College school shooting.
In any sane world, these weapons would be limited to the military.
Of course, we are not close to experiencing the gun carnage that is ravaging communities across the United States. Nearly 40,000 Americans are killed by guns every year. That’s one murder every fifteen minutes. Unfortunately for Canadians, we have our own home-grown “NRA” and are increasingly mimicking the US culture that values guns over lives.
Both shootings of a 15-year-old girl in Montreal on February 7th and of a 14-year-old girl in Toronto on February 12th testify to that.
In 2019 fall election, the Liberal Party of Canada finally committed to banning military-style assault weapons. They also promised to buy-back “all” existing ones. The families cheered and told Canadians the Liberals had the strongest position of all political parties. They got elected on those commitments.
Six months later, on May 1st, Prime Minister Trudeau unveiled a series of Orders in Council that made it illegal “to buy, sell, transport, import or use military-grade assault weapons in this country”. This was to be followed by an “evergreen law” to complete the ban and make it permanent.
We thought we had won. Canada was heading in the right direction, reflecting the polls that invariably show 80% of Canadians support banning these weapons. One mid-May Environics Research poll showed that even despite the pandemic, a clear majority still want the Liberals to move forward with the mandatory buyback — as was done in New Zealand and Australia following their own mass shootings.
« An elephant giving birth to a mouse. » This pretty much sums up what happened on the morning of February 16th.
Bill C-21 was going to pave the way for a bold long-awaited reform that would lead to a complete and permanent removal from the Canadian landscape of the weapons of choice for mass murders.
Sadly, all the pomp and circumstance, assorted with dramatic talking points, were nothing but hollow theatrics and a missed opportunity to finally end the protracted and painful national gun control debate.
Of all people, Mr. Trudeau should know that as long as these weapons remain in circulation, they represent an unacceptable safety risk. Indeed, Corey Hurren, the 46-year-old Manitoba Reservist, licensed gun owner and avowed QAnon follower had in possession at least one of these newly prohibited weapons — part of the arsenal he had with him as he rammed his truck through the gates of Rideau Hall last July. His plan was to “arrest” the Prime Minister because of COVID-19 restrictions and … the recent prohibition of assault weapons. This man left behind a letter in which he wrote that “he hopes his children would understand his actions”.
With Bill C-21, tens of thousands of semi-automatic assault-style weapons will remain in private hands. Similar tragedies can and will happen again.
If owners choose to keep their weapons, it won’t be because they will have accepted that from now on these will forever be useless “souvenirs” from the good old days. No. They will keep them because they know full well that, armed with a little patience, the day will come when an O’Toole-led Conservative government will repeal the ban, as he has already pledged he would do.
And when that happens, we will be back at square one.
Except, we have no more energy to fight. We cannot continue to engage in this never-ending battle.
If passed, Bill C-21 will bring about the end of our three-decade-long battle for gun control that began on December 6, 1989.
And from then on, at every anniversary, during every commemorative ceremony, gun victims and their families — past, present and future — will remember the Trudeau government’s ominous capitulation to the gun lobby.