Archive for janvier, 2019


Par Serge St-Arneault, M.Afr

J’ai été invité par le maire d’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, Monsieur Dimitrios Jim Beis, à un point de presse pour souligner le deuxième anniversaire de la tragédie de la Grande Mosquée de Québec du 29 janvier 2017. En compagnie de Sylvie Haviernick, j’y figurais en tant que représentant de « Polysesouvient ». Les Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique, Monique Bonnefoy et Rita Toutant, m’accompagnaient.

L’attachée politique du maire, Sophie Mohsen, m’a encouragé pour la circonstance à vêtir notre habit ‘Pères Blancs’; la gandoura, le burnous et le rosaire. En effet, l’événement se voulait aussi œcuménique. Plusieurs imams du secteur de Pierrefonds-Roxboro ainsi qu’une pasteure-prêtre anglicane étaient présents. Les photos montrent bien la variété de gens présents; politiciens, agents de paix, médias.

 En plus du maire, quelques personnes ont pris la parole pour affirmer l’importance du vivre-ensemble harmonieux. Pierrefonds-Roxboro est d’ailleurs très cosmopolite. La tragédie du 29 janvier 2017 à Québec a eu comme impact positif de non seulement dénoncer les actes de haine liés à l’islamolphobie, mais aussi d’affirmer haut et fort que nous appartenons tous à une seule et même humanité malgré nos différences raciales, culturelles ou religieuses. Privément, en compagnie de deux imams dont l’un d’origine indonésienne, j’ai apporté mon soutien au fait que nous appartenons à la même humanité. Notre conversation s’est tenue en anglais, mais, pour l’essentiel, voici ce que j’ai ajouté : « Lorsque des musulmans sont assassinés à cause de leur religion, moi qui suis chrétien, je vois en eux des sœurs et des frères injustement tués. C’est le même genre de fanatisme qui est la source de la tragédie de la Polytechnique du 6 décembre 1989. Tout cela me peine grandement. Il en est de même pour vous lorsque des extrémistes musulmans assassinent des chrétiens à cause de leur foi. Eux aussi sont vos sœurs et vos frères injustement tués. Nous devons à juste titre dénoncer l’islamophobie. Nous devons également dénoncer la christianophobie. » Les imams ont hoché la tête en signe d’approbation.

Le maire de Pierrefonds-Roxboro invite ses résidents à signer le livre de solidarité dans le cadre de la Journée de commémoration et d’action contre l’islamophobie et toutes formes de discrimination

Pour commémorer le deuxième anniversaire de l’attentat de la Grande Mosquée de Québec du 29 janvier 2017, et dans le souci de poursuivre la construction du vivre-ensemble, le maire de Pierrefonds-Roxboro, M. Dimitrios (Jim) Beis, convie ses citoyens et citoyennes, dans la salle du Conseil d’arrondissement entre 8 h et 19 h pour signer le livre de solidarité afin de témoigner leur sympathie.

Cet événement fait suite à l’engagement que s’est donné le maire, avec le support de son conseil d’arrondissement, de souligner annuellement la « Journée de commémoration et d’action contre l’islamophobie et toutes formes de discrimination », afin de non seulement perpétuer la mémoire des 6 victimes canado-musulmanes de l’attentat du 29 janvier 2017, mais aussi pour sensibiliser la population au respect des différences.

« Nous ne pouvons ignorer les derniers rapports de Statistiques Canada démontrant l’augmentation considérable des crimes haineux à travers le pays, qui visent différentes minorités. Aujourd’hui, nous nous tenons ensemble pour dénoncer la violence motivée par la haine et la peur de l’autre » déclare M. Beis.

« J’ai l’honneur d’avoir parmi nous des citoyens de tous horizons et de toutes croyances, tant des représentants de différentes communautés religieuses que des organismes locaux luttant contre différentes formes de discriminations (sur la base de la religion, le sexe, la race, l’orientation sexuelle, et la déficience). Nous avons même des membres de « PolySeSouvient », ajoute M. Beis.

À titre de partenaire de la Semaine de sensibilisation Musulmane, l’arrondissement invite aussi la population à prendre part aux différents événements qui se dérouleront localement jusqu’au 31 janvier 2019. Dans le cadre de cette semaine de sensibilisation, des citoyens, des centres communautaires, des églises, des mosquées, des synagogues et divers organismes se sont rassemblés dans le but de promouvoir et d’encourager ce sentiment collectif de cohésion. « Ici, à Pierrefonds-Roxboro, nous avons à cœur le respect des différences et organisons continuellement des évènements qui visent à sensibiliser et à prévenir la discrimination et la violence. L’été dernier nous avions justement tenu la Marche du Maire sous le thème de la Lutte contre la violence faite aux femmes. C’est à travers des initiatives de ce type que nous réussirons ensemble à éliminer les crimes haineux et maintenir la paix et l’harmonie qui règnent dans notre arrondissement », conclut le maire.

Cliquer sur l’image pour ouvrir le lien PDF.

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Cette soirée de prière a eu lieu à la chapelle Notre-Dame de Lourdes, Montréal, le 25 janvier. Elle rassemblait des membres du Centre Afrika, le groupe des étudiants chrétiens à l’UQAM (IKTUS), des membres de la communauté de l’Emmanuel et un témoin du groupe Cenacolo.

Paix et Justice s’embrasse : chemin d’Unité.

Sœurs, frères et prêtres, nous sommes présents en Algérie depuis 150 ans, lieu de notre fondation par le Cardinal Lavigerie. Le 8 décembre dernier à Oran, nous avons commémoré la béatification de 19 personnalités chrétiennes à titre posthume. Il s’agissait de six religieuses, un frère mariste, quatre pères blancs à Tizi-Ouzou, les sept moines trappistes de l’Atlas (certains se souviendront du film intitulé « Des Hommes et des Dieux ») et de Pierre Claverie, l’évêque d’Oran.

Il faut placer ceci dans le contexte de la guerre civile qui s’est déroulée dans les années 90 en Algérie. L’extrémisme musulman a ensanglanté le pays. Plus de 150 000 Algériennes et Algériens ont été tués dont 114 imams qui se sont opposé à suivre la dérive sectaire et meurtrière des extrémistes.

Là, comme dans plusieurs autres pays limitrophes de l’Algérie, les chrétiens ont été assassinés pour le seul fait d’être chrétiens sans aucune distinction ecclésiale. Orthodoxe, Protestants, Coptes ou Catholiques, cela n’avait aucune importance. Toutes les confessions chrétiennes portent le même sang du martyre pour la foi en Jésus-Christ. L’unité des chrétiens s’exprime clairement par le sang versé. On pourrait appeler cela : l’œcuménisme spirituel.

Pour revenir à l’Algérie, lors de la cérémonie du 8 décembre à Oran, le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa a déclaré que « cette cérémonie de béatification sera une preuve supplémentaire que l’Islam en Algérie n’exclut pas les autres croyances et noue des contacts pour la paix et le vivre ensemble. » Prier pour l’unité des chrétiens n’exclu pas de prier aussi pour nos frères et sœurs de religion musulmane. En effet, le « vivre ensemble » est une œuvre de l’Esprit de Dieu et cet esprit agit de façon particulière dans le corps du Christ qui est constitué de l’ensemble de tous les chrétiens, peu importe leurs dénominations ou la variété de leurs rites, de leurs liturgies ou leurs manières de partager ou de célébrer la Parole de Dieu.

En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, souvenons-nous de nos frères et sœurs chrétiens qui ont donné leur vie pour témoigner de l’amour de Jésus pour toute l’humanité. L’amour, en effet, est un langage déraisonnable et incompréhensible pour qui n’est pas submergé par sa folie.

La tragédie des 19 récents martyres en Algérie met en valeur non pas l’héroïsme humain, mais la certitude d’être là où Dieu veut. C’est une certitude intérieure que tout retourne vers Celui qui est l’Amour et la Vie. Pour l’Église du Christ, l’important n’est pas de savoir « comment », mais « pour qui » la mort a eu lieu.

Intentions de prières :

1.    Seigneur nous te rendons grâce pour l’amour jusqu’au bout vécu par tous les chrétiens martyrisés au nom de leur foi. Que leur témoignage soit un appel et un engagement pour avancer vers l’unité de tous ceux et celles qui se reconnaissent disciples du Christ. 

2. Pour que la vie donnée des croyants de toute dénomination au nom de leur foi puisse permettre d’avancer vers un chemin d’unité construit sur la paix et la justice.

3. Dieu d’Amour, bénit soit-tu de nous avoir crées différents. Accorde à tous les chrétiens la grâce de bâtir les ponts qui nous unissent davantage dans nos diversités entre nous comme membres du même corps et à tous les autres croyants.  Seigneur, entends les supplications des enfants.

4. Nous te rendons grâces pour les multiples couleurs, cultures et coutumes qui sont les nôtres en ce monde. Dans nos diversités, rassemble-nous par ton amour. Rends-nous capables d’agir ensemble pour défendre la vie et faire que ce monde soit un foyer de justice et de paix pour toute l’humanité. Aujourd’hui, nous te le demandons : Ô Dieu, entends notre prière et donne-nous ta paix.

Prière

Seigneur Dieu, notre Père, nous te louons pour la passion, la mort et la résurrection de ton Fils Jésus, lui, le martyr par excellence, de qui vient le salut.

Tu as voulu faire partager son martyre à nos frères et sœurs de l’Église d’Algérie : Henri et Paul-Hélène, Caridad et Esther, Jean, Charles, Alain et Christian, Angèle-Marie et Bibiane, Odette, Christian, Luc, Christophe, Michel, Bruno, Célestin et Paul et ton évêque Pierre.

Nous te prions, Père, pour que, par leur intercession, se renforcent le dialogue, le respect et l’amour entre tes enfants chrétiens et musulmans.

Bénis l’Algérie et son peuple, et nous te rendrons gloire, dans la paix.

Père, nous invoquons nos martyrs pour que l’œcuménisme spirituel ouvre le chemin vers l’unité des chrétiens où paix et justice s’embrassent.

Et toi, Marie, que tous ont aimée et qui es vénérée dans la maison de l’Islam, écoute notre prière et intercède auprès de ton Fils, Jésus, notre Seigneur.    Amen.

The Conversation, January 14, 2019

The federal government has asked Bill Blair, the minister of border security and organized crime reduction, to consider whether Canada should ban handguns and “assault-style” rifles.

The media has focused mostly on the possibility of banning handguns. The idea of outlawing assault-style weapons, however, deserves more attention because this proposal could help avoid mass shootings but is extremely controversial among firearm owners.

The federal government’s engagement paper on possible new gun legislation notes that Canada’s current firearms legislation contains no definition of an assault rifle.

The paper instead offers an illustrative description from the United States Department of Justice: “In general, assault weapons are semi-automatic firearms with a large magazine of ammunition that were designed and configured for rapid fire.”

This definition suggests that the federal government is considering a ban on many semi-automatic rifles — that is, guns that can be fired each time the trigger is pulled. Such guns are distinguishable from manual action firearms that require shooters to use a mechanism to reload guns after each discharge, thus limiting rate of fire, and from fully automatic firearms that continue to fire so long as the trigger is depressed.

Canada has long prohibited the possession of automatic guns.

Some semi-automatic firearms are non-restricted, meaning they can be used for hunting and only require purchasers to obtain a basic possession and acquisition licence.

Other semi-automatic guns are classified as “restricted” weapons. Such guns must be registered and are usually only fired at shooting ranges. Owners must possess a different licence and must have authorization to transport such firearms from one location to another.

Historical context of Canadian gun control

The interest in stricter regulations for semi-automatic firearms, particularly guns based on modified military weapons, reflects historic changes in gun design, marketing and ownership in Canada.

At the beginning of the 19th century, long guns were generally single-shot, muzzle-loaded, smooth-bore weapons that were slow to load, inaccurate beyond approximately 100 metres, and often misfired.

In the mid- to late 19th century, however, breech-loading guns replaced muzzle-loaded weapons. New ammunition and rifled barrels made guns more accurate at long ranges. Manufacturers also developed firearms with magazines that could hold several rounds of ammunition to allow more rapid firing. Typically, these guns used “lever action” or “bolt action” designs to load fresh cartridges into the chamber of the barrel.

When many Canadians think of a hunting rifle, what comes to mind is one of these guns, such as a lever-action Winchester rifle. Generations of Canadians used such guns to hunt deer, moose and other game.

Historic department store catalogues suggest that the popularity of semi-automatic guns among hunters is quite new. Stores like Eaton’s, Simpson’s and Army & Navy sold mostly manual-action firearms.

In 1975, for instance, Eaton’s advertised few semi-automatic rifles. As semi-automatic firearms entered the marketplace in larger numbers, however, some Canadians began to express concern about their availability.

Semi-automatic rifles have been used in many of the most infamous mass murders in Canadian history, including the murder of 14 women in the 1989 Montreal Massacre, the murder of four RCMP officers in Mayerthorpe, Alberta in 2005, the murder of three RCMP officers in Moncton in 2014, and the Quebec mosque shooting of 2017.

Perhaps the first fight over the classification of semi-automatic guns in Canada concerned the AR-15, the firearm used in several recent mass shootings in the United States.

AR-15 restricted in Canada

In 1977, Ottawa made the AR-15 a restricted weapon. Prime Minister Joe Clark’s government reversed that decision, although Ottawa again declared it a restricted firearm in the 1990s. In 2016, Conservative MP Bob Zimmer sponsored a parliamentary petition asking that the AR-15 be reclassified as a non-restricted firearm. The AR-15, however, remains in the restricted category.

Canadians must decide how available modern semi-automatic rifles should be.

Many semi-automatic firearms based on military gun designs are now sold in Canada at stores such as Cabela’s. Manufacturers and retailers often call such weapons “modern sporting rifles” to make them sound less threatening.

Several gun groups like the Canadian Coalition for Firearm Rights argue that all semi-automatics with barrels of a certain length should be non-restricted. They suggest that guns like the AR-15 are restricted simply because of their physical resemblance to military weapons, and have urged politicians to make such guns non-restricted.

In 2016, the Conservative Party considered this change at its national convention, and Maxime Bernier has made this proposal part of his People’s Party platform.

Gun control advocates, meanwhile, question why many semi-automatics, including the Ruger Mini-14 used in the Montreal Massacre, are non-restricted.

The federal government may prove reluctant to prohibit such guns because of opposition from gun groups.

Another option

Another option is possible, however. Ottawa could make all semi-automatic rifles restricted weapons. This would force owners to pass a more rigorous screening process, require the registration of such guns and place limits on how they’re used and transported.

This is not a new idea. In 1977, the Canadian Association of Chiefs of Police claimed that semi-automatic guns were “basically designed as an instrument of war” and that they had “no sporting use either in the cultural or recreational sense.” The association thus urged Ottawa “to restrict all semi-automatic weapons as a category.”

Ottawa refused to do it. But recent mass shootings in Canada have shown that such guns, if misused, are dangerous to the public and to law enforcement.

Legislators might well keep in mind the words of A.J. Somerset, author of Arms: The Culture and Credo of the Gun. He warns that as long as semi-automatic, assault-style rifles are widely available in Canada, a massacre like the 2016 nightclub shooting in Orlando, Fla., “is not simply a U.S. nightmare on the news; it’s a shadow falling over us, a possibility we can’t ignore.”

Dans cette émission d’une demi-heure, je tente un parallèle entre la tragédie de la Polytechnique du 6 décembre 1989 et celle de Jésus assassiné sur une croix. Je fais référence aux symboles qui nous relient aux événements tragiques et l’importance de les commémorer.

Brièvement, j’aborde aussi le sens de mon engagement politique en faveur de l’abolition de la vente légale d’armes de guerre au Canada. Je considère que cet engagement est également d’ordre spirituel. Vous découvrirez comment.

Finalement, je présente quelques éléments de la célébration de béatification de 19 martyrs chrétiens qui s’est tenue à Oran en Algérie le 8 décembre 2018. Le tout se termine avec une prière de bénédiction pour l’Algérie et son peuple. Je vous invite donc à écouter cette entrevue en cliquant sur le lien suivant :


Entrevue radiophonique avec le père Serge St-Arneault, M.Afr

Le collectif PolySeSouvient souhaite que le gouvernement Legault resserre l’étau autour des propriétaires délinquants.

Stéphanie Marin La Presse Canadienne

Alors que le registre québécois des armes à feu est plutôt vide à quelques semaines de la date butoir pour l’enregistrement des fusils de chasse et des carabines, PolySeSouvient veut que le gouvernement de François Legault se fasse plus insistant afin qu’il se remplisse. Dans ce but, le collectif dévoile un sondage indiquant que la majorité des Québécois interrogés souhaitent que la loi imposant l’immatriculation de ces armes soit intégralement et immédiatement appliquée _ incluant les amendes pour les récalcitrants.

Si Québec indique clairement que les amendes _ allant de 500 $ à 5000 $ _ seront imposées dès le premier jour, PolySeSouvient croit que cela va contrecarrer le mouvement de protestation en cours. Il est mené par des groupes pro-armes à feu, qui incitent au boycottage du registre, ou à un enregistrement des fusils à la toute dernière minute, histoire de pouvoir démontrer qu’il est inutile tant le nombre d’enregistrements est faible.

Le collectif en faveur du contrôle des armes à feu espère ainsi que le gouvernement québécois leur enverra un message clair en leur disant que la Loi sur l’immatriculation des armes à feu sera appliquée à la lettre.

« Car on est pas mal certains que la majorité des participants au (boycottage) n’ont pas l’intention de payer 500 $ par arme non enregistrée, mais comptent sur peut-être la faiblesse ou la peur du gouvernement, et le fait qu’il céderait à la dernière minute pour dire que les amendes ne s’appliqueront pas », a expliqué en entrevue téléphonique Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient.

Les Québécois ont jusqu’au 29 janvier pour enregistrer leurs armes à feu de catégorie « non restreinte ». On parle ici de façon générale des armes utilisées pour la chasse, comme les fusils ou les carabines, aussi appelées « armes d’épaule ». Les autres types d’armes, soit les armes à feu prohibées et à autorisation restreinte, ne sont pas visés par la Loi sur l’immatriculation des armes à feu.

Il n’y a pas de frais pour l’immatriculation, et elle peut se faire en ligne ou par la poste. Pas besoin d’aller faire la file dans un bureau gouvernemental.

Les armes à feu non restreintes n’ont pas besoin d’être enregistrées ailleurs au Canada, une situation que les groupes québécois anti-registre jugent d’ailleurs discriminatoire. Ils ont d’autres arguments, notamment celui faisant valoir l’échec du défunt registre fédéral qui n’a, selon eux, servi à rien tout en coûtant fort cher.

C’est notamment dans ce contexte de boycottage que PolySeSouvient a requis ce sondage, qui a été réalisé par la firme Léger. « On arrive à un moment critique de la mise en oeuvre de la loi, et on voulait remesurer l’opinion publique pour que le gouvernement sache que ce n’est pas vrai que la majorité du public est contre, mais qu’au contraire, la grande majorité du public est en faveur de l’enregistrement et de l’application de la loi ».

Selon elle, « c’est une chose de dire que les propriétaires d’armes sont contre, et une autre de dire que la population est contre ».

Pour preuve, elle montre les résultats du sondage web qui a été réalisé, du 21 au 26 décembre 2018, auprès d’un échantillon de 1008 Québécois, âgés de 18 ans ou plus. La firme de sondage rapporte que près de huit Québécois sur 10 (78 pour cent) souhaitent l’application de la loi, dès son entrée en vigueur. De ce total, 62 pour cent sont tout à fait en accord et 16 pour cent plutôt en accord avec l’énoncé suivant: « La loi sur l’immatriculation des armes à feu devrait s’appliquer intégralement dès son entrée en vigueur, incluant l’émission d’amendes en cas de non-respect délibéré. »

Par contre, 9 pour cent des répondants étaient tout à fait en désaccord avec l’énoncé, 7 pour cent plutôt en désaccord, et 6 ne savaient pas ou ont refusé de répondre.

Le collectif PolySeSouvient souligne que si le coup de sonde indique que l’appui envers l’application de la loi est le plus important dans la grande région de Montréal (84 pour cent), il est aussi majoritaire dans toutes les régions du Québec, quoique dans une moindre mesure: dans l’Est du Québec (78 pour cent), dans le Centre (75 pour cent) et dans l’Ouest (66 pour cent).

À noter que les experts en recherche et en méthodologie jugent qu’il est impossible d’attribuer une marge d’erreur à un sondage réalisé en ligne puisque la méthode d’échantillonnage est non probabiliste.

Pour Guy Morin, porte-parole du groupe « Tous contre un registre québécois des armes à feu », un tel sondage n’est pas fiable, parce qu’il est payé et commandité par PolySeSouvient, qui cherche clairement à orienter le débat. « Un sondage fait pour avoir une réponse claire pour eux », dit-il.

Il note aussi qu’il y a encore « une bataille entre la mentalité urbaine et rurale », puisque les habitants de Montréal sont plus en faveur de l’application de la loi que ceux des régions.

Le registre

Selon les plus récents chiffres du ministère de la Sécurité publique, datant du 20 décembre, 284 125 armes ont été immatriculées jusqu’à maintenant.

Il s’agirait de moins de 20 pour cent du nombre de fusils de chasse et de carabines se trouvant au Québec.

Mais on ignore exactement combien d’armes d’épaule se trouvent dans la province, a fait savoir le ministère de la Sécurité publique. On sait toutefois que lorsque le registre fédéral des armes d’épaule a été démantelé en 2012 par les conservateurs de Stephen Harper, 1,6 million de telles armes à feu étaient entre les mains de Québécois.

Selon M. Morin, des propriétaires sont mal informés de leurs obligations en vertu des lois, ce qui explique en partie le faible nombre de fusils enregistrés. Mais d’autres décident volontairement de ne pas les immatriculer. Ou bien ils vont juste inscrire au registre l’arme qu’ils utilisent le plus, et non pas tous les fusils qu’ils possèdent.

Au 29 janvier, le registre sera incomplet, et donc inutilisable, avance-t-il.

Beaucoup de propriétaires d’armes à feu vont aussi rencontrer leurs députés en ce début du mois de janvier pour faire valoir leur point de vue. Mais aucune action concertée n’est prévue pour le moment: « la meilleure job se fait actuellement par les gens qui n’enregistrent pas », estime M. Morin.

Pour eux, « la seule chose qui est acceptable, c’est l’abolition (de la loi qui oblige l’immatriculation) », rappelle-t-il.

Au bureau de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, on a répété jeudi des propos qu’elle avait tenus en décembre dernier: le gouvernement mise sur la sensibilisation plutôt que sur la répression par amendes pour l’instant, et invite tous les propriétaires à enregistrer leurs armes, a indiqué son directeur des communications Jean-François Del Torchio.

Mais pour Heidi Rathjen, ce n’est pas assez.

Les propriétaires d’armes sont au courant qu’ils doivent les immatriculer, dit-elle. Ce n’est pas par manque d’information qu’ils ne l’ont pas encore fait. C’est parce qu’ils s’y opposent.

PolySeSouvient estime qu’il serait inacceptable pour le gouvernement de reculer et de ne pas imposer les amendes. Car la Loi sur l’immatriculation des armes à feu a été dûment adoptée par l’Assemblée nationale en juin 2016, rappelle-t-elle. Et cela, par une imposante majorité de députés: 99 contre huit.

Sept de ces huit opposants étaient toutefois des députés caquistes. Et deux sont maintenant ministres dans le gouvernement de la CAQ, actuellement au pouvoir.