Archives pour la catégorie Lettres de Serge

Lettre aux amis: collaborateur depuis 50 ans

Il y a déjà plus de 50 ans que je collabore aux publications de notre société missionnaire», confie le missionnaire Julien Cormier dans Lettre aux amis, une publication des Missionnaires d’Afrique.

RÉDIGÉ PAR AMéCO

«Vers 1971-72, à Québec, j’apportais quelques idées de mise-en-page au père Adrien Fontaine, alors rédacteur du Bulletin des Pères Blancs d’Afrique, diffusé à 50,000 exemplaires dans tous les milieux du Québec, des Maritimes, de l’Ontario, de l’Ouest canadien.»

«En 1975, je vins m’initier au journalisme dans l’équipe de rédaction du nouveau magazine Mission des Missionnaires d’Afrique. Parmi les publications d’importance, il y avait alors celles des Missions ÉtrangèresLe Précurseur des Sœurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception, Univers de la Propagation de la Foi, Apostolat des Oblats de Marie-Immaculée. Nous avons renouvelé le genre annales missionnaires.»

Le mémorial de Mandela à Howick

Serge St-Arneault, MAfr

J’ai eu la chance de me rendre en Afrique du Sud au mois de janvier 2014. À environ 24 km de Pietermaritzburg, la capitale du KwaZulu-Natal (482 km de Pretoria), se trouve un musée dédié au légendaire Nelson Mandela (1918-2013). À l’origine, il s’agissait d’une ferme située à 5 km de la ville de Howick sur la route R103. C’est là que Nelson Mandela a été arrêté le 5 août 1962 après 17 mois de cavale. Il fut ensuite condamné et emprisonné pendant 27 ans avant de devenir président de l’Afrique du Sud.

Le mémorial qui lui est dédié est remarquable à plusieurs égards. En plus du vaste musée situé au haut de la colline, un sentier mène les visiteurs en direction de la route où Mandela fut arrêté.

À première vue, s’élève une étrange sculpture. Le site ressemble à un bosquet de tiges de fer. En se rapprochant, elles laissent progressivement apparaitre le profil de Mandela.

Cette sculpture, l’œuvre de Marco Cianfanelli et de Jeremy Rose, souligne le 50e anniversaire de l’arrestation de Mandela. Elle est composée de 50 colonnes métalliques coupées au laser variant de 6 à 9.5 mètres.

L’article ci-haut est publié dans La lettre aux Amis, septembre 2022. La page couverture montre la gigantesque statue de Nelson Mandela placée devant The Union Buildings, c’est-à-dire le parlement sud-africain à Pretoria. Sans la clairvoyance de Mandela, le pays aurait sombré dans une guerre civile inter-ethnique. Mandela est considéré comme le père de la nation dite arc-en-ciel qui unit tous les Sud-Africains.

Cliquer sur l’image pour ouvrir le lien.

Paroles de sagesse de Nelson Mandela

I dream of an Africa which is in peace with itself.

Je rêve d’une Afrique en paix avec elle-même.

Money won’t crate success; the freedom make it will.

L’argent ne créera pas le succès, ce sont les affranchis qui le feront.

It is never my custom to use words lightly. If 27 years in prison have done anything to us, it was to use the silence of solitude to make us understand how precious words are and how real speech is in its impact on the way people live and die.

Je n’ai jamais l’habitude d’utiliser les mots à la légère. Si 27 ans de prison nous ont fait quelque chose, c’est d’utiliser le silence de la solitude pour nous faire comprendre à quel point les mots sont précieux et à quel point la parole est réelle dans son impact sur la façon dont les gens vivent et meurent.

Gros plan de la statue de Nelson Mandela placée devant The Union Buildings

Soutanes noires et la croix

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Je peux compter sur mes dix doigts le nombre de fois que j’ai porté un col romain depuis mon ordination sacerdotale le 28 juin 1987. J’ai conservé une photo, en souvenir. En revanche, Dieu merci, je n’ai jamais porté une soutane noire quoique je suis bien fier de porter occasionnellement ma gandoura.

En compagnie d’André Duchesneau, maire de La Tuque, en 1987.

Portant ma gandoura en compagnie de Papa Diop, sénégalais

Je mentionne la soutane noire que les curés portaient autrefois, semblable aux habits religieux chez les Sœurs et les Frères, à la suite du témoignage d’une autochtone dans les médias : « Je n’ai eu que du dégout, dit-elle, lorsque j’ai vu ces soutanes noires », en référence avec les membres du clergé qui accompagnaient le pape François lors de sa récente venue en sol canadien.

Pour elle, ce vêtement est synonyme d’agression. Elle en garde un mauvais souvenir. Elle a aussi ajouté que le symbole de la croix représentait l’oppression.

Symbole des premiers chrétiens

La croix n’était pourtant pas le symbole des premiers chrétiens. « Ils utilisaient plutôt les symboles du poisson et des pains en souvenir de la multiplication de ces aliments par Jésus, représentant du même coup le rassemblement eucharistique ainsi que la présence du Christ ressuscité. Le symbole du poisson était accompagné des lettres « ICHTUS » (ἰχθύς) qui peuvent se traduire par « Jésus Christ, Fils de Dieu Sauveur. (1) »

Que faut-il donc faire maintenant au sujet des croix qui font partie du patrimoine culturel du Québec ? Faut-il les enlever de tous les lieux publics comme cela s’est fait à l’Assemblée nationale ?

De fait, il y a eu deux croix. La première datait de 1936 et la second de 1982. Elles sont maintenant réunies et bien visibles près de la porte d’entrée du Salon Bleu (2) que j’ai visité en 2019.

La question suscite beaucoup de controverses comme c’est le cas pour les statues des colonialistes qui sont périodiquement déboulonnées. Que devrions-nous faire des croix comme celle du Mont-Royal (3) qui est devenu une marque de commerce de la Ville de Montréal, visible sur de nombreuses publicités touristiques (4) ?

De plus, des croix surplombent de nombreuses montagnes comme celle à La Tuque où j’ai grandi.

Photos de Simon Pageau, 2021

Le récent voyage apostolique du pape François au Canada se voulait être ‘pénitentiel’, une demande de pardon pour les sévices infligés aux enfants et familles des Premières Nations. La réussite de ce voyage se démontrera avec les suites qui naîtront de cette audacieuse tentative de réconciliation.

Lors de son passage à Québec, le pape François a souligné qu’il serait erroné d’être nostalgique d’un monde sacralisé, d’une société d’autrefois où l’Église et ses ministres avaient plus de pouvoir et d’importance sociale. Selon lui, « la diminution de l’importance sociale de l’Église ou la perte de richesse matérielle et de privilèges demande de réfléchir aux changements dans la société qui ont influencé la façon dont les gens pensent et organisent leur vie (5). »

Toujours selon le pape François, il s’agit de construire une Église « humble, douce, miséricordieuse, qui accompagne les processus, qui travaille avec détermination et sérénité à l’inculturation, qui valorise chacun et chaque diversité culturelle et religieuse. »

Et le symbole de la croix alors ?

Les Premières Nations ont été progressivement dépossédées et relayées dans des ‘réserves’ (6). Pouvons-nous réparer les tords qu’elles ont subit ? Pouvons-nous considérer la demande des femmes mohawks de retirer la croix du Mont-Royal ? Oserions-nous nous déposséder à notre tour d’un puissant symbole qui représente le sacrifice de Jésus-Sauveur ? Ne devons-nous pas nous déposséder de ce puissant symbole comme signe tangible de réconciliation si celui-ci représente l’oppression ?

Pour éviter de sombrer dans une forme de « catholicisme bashing » comme nous subissons souvent le « Québec bashing » au Canada, nous pourrions prendre librement, en tant qu’Église Catholique, l’initiative de revisiter nos symboles publics, éventuellement les modifier, dans le but, toujours selon le pape François, de « promouvoir des relations fraternelles avec tous, avec nos frères et sœurs autochtones, avec chaque sœur et frère que nous rencontrons, parce que dans le visage de chacun se reflète la présence de Dieu. »

La tombe de Maurice Le Noblet Duplessis (1890-1959)

Maurice Le Noblet Duplessis, autrefois Premier Ministre du Québec, décédé le 7 septembre 1959 à Schefferville, est enterré au cimetière Saint-Louis à Trois-Rivières. Sa pierre tombale est particulièrement représentative d’une époque où le politique, le social et le religieux cohabitaient étroitement.

Mais, pourquoi y avoir érigé une si grande croix ? Certes, d’autres pierres tombales portent une croix, mais pas aussi volumineuse. Je présume qu’à cette époque, socialement parlant, un personnage d’État méritait qu’on souligne son statut avec une plus grande croix.

Aujourd’hui, notre sensibilité n’est plus la même. La pierre tombale de René Lévêque au cimetière Saint-Michel de Sillery à Québec ne porte aucune trace d’une croix. Voilà la nouvelle normalité.

Tout compte fait, il est périlleux de retirer les symboles du passé même si elles évoquent l’oppression. Une blessure ne doit pas en engendrer une autre. Cependant, nous bénéficierions tous de revisiter respectueusement le pouvoir des symboles qui ont façonné et qui façonnent différemment maintenant notre vie collective et publique.

Le génocide culturel

Le drame vécu par l’ensemble des Premières Nations est plus profond que les symboles rattachés aux soutanes noires ou aux croix. Il est reconnu que le gouvernement fédéral a mis en place un système de suppression des éléments culturels de ces populations avec le consentement des Églises (Catholiques et Anglicanes). Il s’agit d’une tentative d’assimilation et de génocide culturel. La question est de savoir pourquoi les Églises ne se sont pas opposées à cette idéologie. Le prix à payer pour cette collaboration entre l’État et l’Église est maintenant très lourd.

Prêtre incognito

Je considère la laïcité comme une bénédiction. Mon identité est intimement liée à mon engagement comme prêtre missionnaire. Je suis également heureux de ne pas devoir m’identifier par un habit religieux ou un col romain, sauf pour des fonctions pastorales comme la célébration de la messe.

La séparation de l’État et de l’Église est aussi une bénédiction. Historiquement, l’Église Catholique, tout comme les autres Églises, a tiré profit du pouvoir qu’elle exerçait, même au nom du service évangélique commandé par Jésus.

La diminution du nombre de prêtres et la disparition des certaines communautés religieuses sont également une bénédiction. Les croyants chrétiens catholiques, laïcs et religieux, ont une chance historique pour renouveler la profondeur de leurs expériences spirituelles et d’en témoigner sans recherche de prestige, égaux avec toutes les personnes de bonne foi de toutes les orientations spirituelles et religieuses. L’avenir de nos communautés croyantes et non-croyantes s’oriente vers l’interculturalité, une notion qui affirme que notre diversité culturelle est une richesse, non une menace.

Vers une spiritualité interculturelle

Comment pouvons-nous intégrer la spiritualité de l’interculturalité dans notre quotidien ?

  1. Nous devons être prêts à changer notre regard et nos modes de perception.
    • En développement une démarche constructive.
    • En considérant l’autre personne ou l’autre groupe comme une source de complémentarité.
    • En appréciant l’autre comme un don pour moi, non pas une menace.
    • Ainsi, une communauté interculturelle devient un don pour tous.
  2. Nous devons valoriser la diversité qui est voulue par Dieu.
    • À l’exemple de Moïse qui doit se déchausser pour pénétrer dans le lieu sacré de la rencontre, nous aussi, nous nous déchaussons de nos préjugés pour prioriser la spiritualité de l’interculturalité.
    • Nous sommes tous les enfants d’un même créateur.
    • La diversité est un don de Dieu.
    • La diversité est suscitée par l’Esprit de Dieu.
  3. Nous devons chercher à atteindre ou tendre vers la spiritualité de communion.
    • Pour bien jouer son rôle, l’Église devrait avant tout être la maison ou l’école de la communion.
    • À privilégier : le regard du cœur, l’attention à l’autre, la capacité de voir le positif chez l’autre (personne ou groupe) et partager les fardeaux.
  4. Nous devons construire la fraternité (référence : 1 Jean, 4,20).
    • En élargissant notre « cercle de fraternité »
    • En devenant des LIEUX D’HOSPITALITÉ SOLIDAIRES en privilégiant le vrai dialogue et la construction progressive d’une spiritualité interculturelle dans l’accueil de l’autre.

(1) Contempler le crucifié, par Serge St-Arneault, Espace Perso de Serge, 21 mars 2021.

(2) La médaille de l’Assemblée nationale aux victimes de polytechnique, par Serge St-Arneault, Espace Perso de Serge, 6 décembre 2019.

(3) Montréal remise son crucifix, mais gardera la croix du Mont-Royal, Pierre-André Normandin, La Presse, 21 mars 2019.

(4) Site Web : FOODIES! : Découvrez la nouvelle carte illustrée des meilleurs restaurants de Montréal!

(5) François : la sécularisation, « un défi pour notre imagination pastorale ». Texte de Adélaïde Patrignani, Cité du Vatican, 29 juillet 2022.

(6) Selon Wikipédia, au Canada, une réserve indienne (en anglais : Indian reserve) est une partie des terres de la Couronne mise « à l’usage et au profit » d’un groupe autochtone membre des Premières Nations.

MICROPROJET HIVER 2023 EN TANZANIE du 11 janvier au 11 février

Par Serge St-Arneault, M.Afr, 29 juin 2022

Depuis sa retraite du Cégep du Vieux Montréal en 2012, Jocelyne Martin participe à des projets d’aide à l’internationale. Elle a collaboré avec le Centre Amitié de Solidarité Internationale de la région des Appalaches (Casira) à différents projets en Équateur, au Guatemala, au Vietnam, en Indonésie et en Afrique avant de joindre le Centre de solidarité internationale Corcovado en 2018 et 2019 en tant que responsable de projets en Tanzanie.

Dortoir pour adolescentes à Mwanza

Après un intermède de deux ans causés par la pandémie de la Covid-19, voici qu’un nouveau microprojet vient d’être lancé pour appuyer de jeunes mères étudiantes en Tanzanie. Déjà, en 2020, lors de la première expérience dans ce pays grâce au soutien de l’Aide Internationale à l’Enfance (l’AMIE), l’équipe de sept bénévoles de Jocelyne Martin s’était associée avec une congrégation de religieuses tanzaniennes; « The Missionary Sisters of St Theresa of the Child Jesus Congregation » pour la construction d’un dortoir pour adolescentes dans une école secondaire à Mwanza, incluant de jeunes albinos ou amélaniques. Les résultats ont été très éloquents.

Fort de cette première expérience, une nouvelle équipe se prépare pour donner un coup de main pour un autre projet. À Mwanza, Sœur Felista Tango, professeur au Département d’éducation de l’Université de Saint-Augustin[i], avait facilité le succès du projet. Maintenant, à Arusha, situé à plus de 600 km de Mwanza, Sœur Docteure Salomé Nyitalasa assistera les bénévoles et bénéficiera elle-même de ce nouveau projet.

Pavillon d’accueil à Arusha pour jeunes filles-mères

En effet, la docteure Salomé a constaté que plusieurs jeunes filles délaissent l’école lorsqu’elles deviennent enceintes et donnent naissance à leur bébé. Le projet consiste à réaménager un pavillon d’accueil déjà existant et ainsi permettre à ces jeunes mères d’accoucher dans de meilleures conditions, de prendre soin de leur nouveau-né en toute sécurité et poursuivre aussi leur éducation.

Rôle des membres bénévoles de l’équipe de Jocelyne Martin

Le rôle de l’équipe de bénévoles est de réaliser ce microprojet en respectant leurs partenaires tanzaniens dans sa réalisation. Par leur don personnel, chaque bénévole est appelé à débourser une partie des coûts de rénovation du pavillon, payer son propre billet d’avion et ses frais de séjour. Cela représente $4000.

Les dates prévues vont du 11 janvier au 11 février 2023. Jocelyne Martin assurera les préparatifs pour le logement et veillera à l’achat des matériaux avant l’arrivée des bénévoles. Voici la liste des bénévoles déjà recrutés pour ce projet :

De gauche à droite; Solange Massicotte, André Jalbert (l’Amie), Jocelyne Martin, Yves Bisson, Jocelyne Bordeleau et Lise Côté. Sur l’écran : Josette Laliberté et Jean Pierre Coljon. Jean Marc Thoin manquait au moment de la prise de photo, mais fait partie de l’équipe.

Demande d’aide

Le microprojet présenté aujourd’hui consiste à ajouter un montant de $4000 pour l’achat d’équipement dans la salle d’accouchement, compléter les achats nécessaires pour les rénovations et meubler une salle de classe.

Souhaiteriez-vous soutenir financièrement ce microprojet ou vous joindre au groupe de bénévoles ? Jocelyne Martin se fera un plaisir de répondre à vos questions.

Voici ses coordonnées :

Par courriel : jocemartin@yahoo.com
ou par téléphone au 438-888-0821.

MICROPROJET HIVER 2023 EN TANZANIE
du 11 janvier au 11 février

Ce microprojet est soutenu par l’Aide Internationale à l’Enfance (l’AMIE) dont le directeur est André Jalbert.

Siège social : 840, rue Raoul-Jobin, bureau 300 Québec QC G1N 1S7 – Tél. : 418 653-2409 Courriel : amie@amie.ca

Site Internet : http://www.amie.ca
No d’organisme de charité
: 11900 2228 RR0001 


[i] Fondé en 1998, en tant que successeur du Nyegezi Social Training Institute (NSTI) – s’est fondé en 1960 en tant que Nyegezi Social Training Center par les Pères Blancs catholiques (maintenant appelés les Missionnaires d’Afrique). Statut actuel acquis en 1998. Financement : Privé Accréditation : Tanzania Commission of Universities (TCU). La source : https://fr.uni24k.com/u/14709/

Osire Glacier : Freedom for Morocco: A Family Tale (Le Maroc en quête de liberté : un récit familial)

Née à Agadir dans les années 1960, Osire Glacier (Hadouche) a vécu au Maroc jusqu’à l’âge de 17 ans. Après quelques années en France et au États-Unis, elle a déménagé au Québec pour y réaliser une maîtrise à l’Université Laval, puis un doctorat à l’Université McGill. Spécialiste de l’histoire des femmes et des droits de la personne au Maroc et dans le monde arabe, conférencière et professeure d’histoire et de sciences politiques, elle tente, par ses travaux et ses recherches, d’apporter sa contribution à la connaissance du Maghreb et souhaite collaborer à un meilleur vivre-ensemble en offrant un éclairage constructif au dialogue québécois.

Voici son nouveau livre :

Freedom for Morocco: A Family Tale (Le Maroc en quête de liberté : un récit familial).

Maison d’éditions : Africa World Press/Red Sea Press (Trenton/New Jersey)

Description

Ce livre est un récit autobiographique et historique.  Centré sur la condition des femmes et les luttes populaires pour la démocratisation au Maroc, il prend la forme d’une double chevauchée : l’une individuelle permettant aux lectrices et aux lecteurs de pénétrer dans l’intimité d’un foyer, et l’autre collective les invitant à assister aux combats citoyens. Ainsi, tout en relatant la carrière de mon père en tant qu’opposant politique, le livre couvre les événements historiques clés survenus entre 1921 à nos jours au Maroc, dont les luttes anticoloniales, l’avènement du néocolonialisme sous l’apparence d’une indépendance formelle, l’institutionnalisation du capitalisme prédateur, l’édification d’une façade démocratique, l’éradication du socialisme, les politiques d’islamisation de la société poursuivies par l’élite dirigeante et l’émergence de l’islamisme.  

Originalité

Le livre relate des fragments longtemps effacés de l’histoire du Maroc contemporain. Il procède ainsi à une récriture corrective des concepts et des événements clés véhiculés par l’histoire officielle.

De façon indirecte, le livre déconstruit les croyances erronées qui divisent l’Occident « démocratique » et les terres de l’islam en identités opposées. D’un côté, en dévoilant les combats citoyens, il montre que la population marocaine œuvre avec des ressources limitées et prend des risques personnels pour obtenir de réels droits sociaux, économiques, culturels, civils et politiques. L’objectif ultime de ces luttes citoyennes est, par conséquent, l’avènement de la démocratie. D’un autre côté, les pays occidentaux contribuent à la destruction des forces vives ainsi qu’à la défaite des luttes de démocratisation au Maroc, notamment en vendant à l’élite dirigeante des équipements militaires et une infrastructure électronique de surveillance de masses.

Contribution

Ce livre peut servir de manuel pour les étudiants de premier cycle et des cycles supérieurs dans les domaines des études nord-africaines ; études coloniales et postcoloniales ; Femmes, démocratie et droits humains dans le monde musulman.

Autres publications

Osire Glacier, PhD

www.etudesmarocaines.com

Prof., Département d’histoire, Athabasca University, Athabasca

En l’honneur du Saint Patron des Canadiens français et/ou du Québec

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Selon la nouvelle publiée sur le site internet du diocèse de Montréal, « Le 24 juin, nous célébrons la Saint-Jean, la fête du saint patron du Québec. Cette journée de fête, autant religieuse que civile, unit petits et grands depuis plus de 150 ans. Cette année encore, le Diocèse de Montréal donnera le coup d’envoi aux célébrations par la traditionnelle messe de la Saint-Jean-Baptiste, célébrée à l’église du même nom située sur le Plateau Mont-Royal. »

Le site internet du diocèse ajoute que « Les Fêtes de la Saint-Jean ont une longue histoire dans la province.  C’est le 24 juin 1834 que sera chanté pour la première fois le « Ô Canada! Mon pays, mes amours » de George-Étienne Cartier lors d’un grand banquet patriotique près de l’ancienne Gare Windsor à Montréal. Dès lors, on se promet d’en faire une fête annuelle. En 1842 a lieu une grande procession religieuse, inaugurant ainsi la tradition du défilé de la Saint-Jean.  Cette procession introduit les chars allégoriques en 1874. Arrivera avec ceux-ci l’introduction de la représentation traditionnelle de Saint-Jean-Baptiste sous la forme d’un petit garçon frisé accompagné d’un mouton. Quel honneur pour l’heureux choisi pour jouer ce rôle! »

Ceci est très intéressant. Le chant patriotique Ô Canada de 1834 et la grande procession religieuse du défilé de la Saint-Jean de 1842 encadrent la révolte des patriotes de 1837-38. Avec ces simples dates, il est permis d’imaginer le climat hautement tendu, tant social que religieux, de cette époque. La fête de la Saint-Jean s’est associée à une revendication d’ordre politique, avec la bénédiction de l’Église Catholique. Ce n’est pas rien!

Qui dit défilé dit marche et revendication! C’est encore la même chose de nos jours. Pensons simplement aux marches pour la protection de l’environnement, etc.

Mais, le défilé de la Saint-Jean, c’est spécial. Au tournant du nouveau millénaire, j’ai assisté au défilé de la Saint-Jean qui s’est déroulé dans les rues du Vieux-Montréal en pleine nuit débutant de l’est vers le centre-ville. Une semaine plus tard, j’ai aussi participé du défilé de la fête du Canada du 1er juillet. Le cortège prit son élan au coin des rues Berry et Sherbrooke, vers l’ouest et en plein jour. Deux visions diamétralement opposées!

La récente pandémie a calmé toutes les ardeurs, quelles soient patriotiques, climatiques ou autres. Cette année, à Montréal, il n’y a pas de défilé de la Saint-Jean. Il y a plutôt des fêtes de quartiers et des spectacles. La nouveauté, c’est le « défilé stationnaire » situé sur le boulevard Maisonneuve où les gens sont invités à défiler devant les « chars » allégoriques.

En ce beau vendredi après-midi, ensoleillé et relaxant, les gens défilent. Ils deviennent les acteurs de la marche au lieu de regarder sans broncher le passage d’un défilé. La dynamique a complètement changé. Il n’y a plus de direction est-ouest. Le défilé stationnaire se poursuivra ce soir. Il n’y a donc plus de jour ou de nuit. Les oppositions laissent place à une participation active des gens non seulement en regardant, mais aussi en touchant à un défilé dit stationnaire. Voilà une intéressante nouveauté presque contradictoire !

Note finale du site internet du diocèse de Montréal : « En 1908, le pape Pie X proclame Saint-Jean-Baptiste, le patron des Canadiens français. En 1925, le gouvernement du Québec fera du 24 juin un jour férié. Finalement, le 11 mai 1977, le 24 juin devient officiellement le jour de la Fête nationale du Québec. »

La politique n’a pas récupéré la fête religieuse. Il s’agit plutôt de deux aspects d’une même fête intimement associés depuis 1842. La nouveauté, c’est qu’au niveau institutionnel, elle est devenue «stationnaire » ou figée en termes politique, constitutionnel et religieux. Mais, au niveau populaire, la manière de fêter permet aux gens de marcher à leur rythme, quand et comme ils le veulent; de l’est ou de l’ouest, de jour ou de nuit. D’une certaine façon, c’est une brillante manière d’éviter la confrontation dans un climat politique, social et religieux de plus en plus enclin à la polarisation.

Bonne fête nationale.
Bonne fête de la Saint-Jean.

Un doctorat honorifique pour Nathalie Provost, survivante de Polytechnique

Félicitations, chère Nathalie, pour ce grand parcours et cette reconnaissance hautement méritée. (Boufeldja)

Seul on va peut-être vite, mais ensemble on va loin. (Nathalie Provost)

Lire les liens suivants

https://www.tvanouvelles.ca/2022/06/16/polytechnique-montreal-un-doctorat-honorifique-remis-a-nathalie-provost-1

https://www.journaldequebec.com/2022/06/16/polytechnique-montreal-un-doctorat-honorifique-remis-a-nathalie-provost

https://www.journaldemontreal.com/2022/06/16/polytechnique-montreal-un-doctorat-honorifique-remis-a-nathalie-provost

https://www.lapresse.ca/actualites/2022-06-16/survivante-de-la-tuerie/nathalie-provost-recevra-un-doctorat-honorifique-de-polytechnique.php

https://www.theglobeandmail.com/canada/article-ecole-polytechnique-shooting-survivor-nathalie-provost-to-receive/

https://montreal.citynews.ca/2022/06/16/polytechnique-shooting-survivor-nathalie-provost-to-receive-honorary-doctorate/

VIDEO 

https://globalnews.ca/video/8927056/polytechnique-shooting-survivor-advocate-awarded-honorary-doctorate/

Nos personnes aînées vulnérables et isolées

Par Serge St-Arneault, M.Afr

J’ai eu le privilège d’être invité à prendre part à une discussion de groupe sur le thème des personnes aînées vulnérables et isolées. J’ai apprécié les échanges d’expérience. J’ai découvert des personnes blessées par les épreuves et, en même temps, d’une grande humanité. L’entraide existe. Le souci de l’autre et de son bien-être est une belle valeur. Le seul fait de trouver un endroit pour en parler est très bénéfique. Osons espérer que cet échange permettra aux organisateurs d’améliorer leur approche auprès de nos personnes aînées vulnérables et seules.

Bref compte rendu de la réunion tenue au
Centre communautaire Ste-Catherine d’Alexandrie (1700 Atateken)

Parrainé par la Communauté bienveillante envers les personnes aînées du territoire Jeanne-Mance sous la direction de Marie-Josée Dupuis, organisatrice communautaire, Santé publique territoriale et développement des communautés. Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal (CCSMTL), direction des services généraux et des partenariats urbains (DGSPU)

Groupe de discussion; personnes aînées -15 juin de 12h30 à 14h

Animateur : Stéphane Rivard. Nombre de participants : 7

Étape 1. Description d’une personne âgée vulnérable et isolée

Il peut s’agir d’une femme comme d’un homme à mobilité réduite avec un revenu précaire ou modeste, sans conjoint ou enfants. Il arrive qu’une telle personne ait connu ou connaît encore des problèmes de dépendance, problèmes de consommation ou ayant besoin d’une médication pour un trouble important de santé. Il est possible aussi qu’une telle personne soit partiellement analphabète vivant de l’anxiété, du stress, sujet à de la fatigue chronique et manquant de propreté dans son logement, faute d’aide. Ces personnes sont susceptibles de craindre d’être jugées par les autres à cause de leur mobilité réduite utilisant une marchette ou un déambulateur ou encore à cause de leur manque d’estime associé à leur embonpoint ou autre déficience physique. L’isolement s’enracine alors dans la tristesse de vivre et la peur. Ces personnes sont parfois vulnérables aux fraudes ou à la maltraitance ne sachant pas où et comment demander de l’aide.

Finalement, ces personnes hésiteront à demander de l’aide par peur de se retrouver dans un Centre d’Hébergement et de Soins de Longue Durée (CHSLD). La réputation de ces centres d’hébergement a été entachée par les dramatiques reportages diffusés aux nouvelles télévisées, particulièrement au début de la pandémie de la Covid-19.

Un autre aspect à prendre en compte est l’incompétence de certains intervenants ou certaines intervenantes employées dans des immeubles résidentiels. Or, leur but est de venir en aide aux personnes à risque et de trouver des solutions aux problèmes que vivent les personnes seules. Cette crise de confiance est très dommageable.

Étape 2. Comment joindre les personnes seules et vulnérables ?

La crise de confiance évoquée plus haut est le nœud du problème. Il est souhaitable qu’une confiance s’établisse entre les personnes qui vivent dans une même résidence. Un bon voisinage résout bien des problèmes. Mais cela ne règle pas tout. À cause de leur antécédent, il arrive que des gens refusent toute forme d’aide et ferment littéralement leur porte aux visiteurs.

Que faire ?

Il n’est pas facile de répondre à cette question. Idéalement, dans un esprit de confiance entre voisins ou entre personnes seules et leurs intervenants, chacune d’entre elles peut se découvrir des talents cachés. Il ne faut jamais sous-estimer les capacités des gens à mobilité réduite ou isolée de faire preuve de créativité.

Afin de surmonter les manquements, la voie semble être la suivante :

  1. Prendre connaissance des ressources disponibles pour venir en aide aux personnes seules grâce à un bon voisinage, à un professionnalisme au niveau des services offerts dans une résidence, à des services sociaux humains et compétents ou grâce à la bonne humeur d’un pharmacien, etc. 
  2. Se mobiliser dans un esprit d’entraide mutuel afin de trouver de l’aide professionnelle. Celle-ci existe.
  3. Accroître la stimulation malgré les problèmes de surdité, de cécité ou manque d’estime de soi.

Fondamentalement, c’est une question « relationnelle ». Sans relations, nous dépérissons. Certes, la pauvreté entraîne une spirale de problèmes qui s’enracine de plus en plus avec le temps. Or, avoir des relations ne règle pas tout. Le danger des mauvaises relations peut engendrer des tentatives de fraudes ou de maltraitances. Cet aspect a été évoqué plus haut.

Un autre point soulevé par les participants est celui de la vigilance; comment se soucier des uns des autres. Il est très regrettable que des personnes aînées vulnérables et isolées soient découvertes en état de décomposition dans leur appartement des semaines après un décès.

Il faut se rappeler que le bénévolat demeure une œuvre très constructive pour éviter le piège de l’isolement.

Finalement, il a été suggéré d’organiser des visites dans des Centre d’Hébergement et de Soins de Longue Durée (CHSLD) pour les personnes isolées et craintives de se retrouver dans un tel établissement. Le but est de chasser leur peur. Il est très probable qu’elles n’ont pas connaissance des bons soins prodigués par le personnel des CHSLD.

Jubilé d’or sacerdotal du père Jacques Poirier

Plusieurs confrères de Sherbrooke, Luc Perreault, Denis Bergeron et Bernard Bergeron et de Montréal, Julien Cormier, Jacques Charon et Serge St-Arneault ainsi que trois sœurs, Rita Toutant, Daphné Alphonso et Gratienne Ndizeye se sont retrouvés à l’église Saint-Pie X de Drummondville pour le jubilé d’or sacerdotal de Jacques Poirier.

Saint-Pie X

C’est dans cette église que Jacques a été ordonné prêtre il y a 50 ans. Après la messe, plusieurs paroissiens ont visionné le cours métrage intitulé « Où habites-tu ? » réalisé par Radio-Canada en 1979 qui illustrait le travail missionnaire de Jacques. Les membres de la famille, les confrères et consœurs, et les amies et amis de Jacques ont par la suite partager un repas festif au sous-sol de l’église.

Court métrage « Où habites-tu ? »

Film d’une quarantaine de minutes tourné au Burundi en 1979 par Radio-Canada, dans le cadre de l’émission Second Regard, sur un jeune homme missionnaire (Jacques Poirier) et ses motivations à consacré sa vie à l’annonce de l’Évangile en Afrique. Quelques jours après la parution de ce film, Jacques était expulsé du Burundi avec 300 autres missionnaires dans un intervalle de huit ans. L’Église du Burundi était alors considérée par le gouvernement comme trop influente auprès des Barundi, ce qui déplaisait aux dirigeants d’alors jusqu’à expulser des missionnaires pour en endiguer le prestige. Jacques faisait partie de la première vague des expulsés. Il était accusé d’être un danger pour la sécurité de l’État pour avoir prêché le pardon des ennemis.

Confrères et consœurs de Jacques Poirier

La famille de Jacques Poirier

Reportage du jubilé d’or du père Jacques Poirier à Ouagadougou au Burkina Faso.

Le père Jacques Poirier vicaire à la paroisse Saint-Jean XXIII de Ouagadougou a célébré le dimanche 22 mai dernier, ses 50 ans de vie sacerdotale. La célébration a connu une ambiance particulière avec les fidèles catholiques de ladite paroisse ainsi que les religieux et religieuses. Le jubilé est rehaussé par la présence de Monseigneur Justin Kientega, évêque du diocèse de Ouahigouya.

C’est l’élu du jour qui a présidé la messe. Sa vocation sacerdotale a débuté quand il était tout jeune élève du primaire dans son pays le Canada. Il raconte que c’est un vieux missionnaire qui est venu parler de l’Afrique, notamment les lions et certains Africains qui ne connaissaient pas Jésus Christ. C’est ainsi qu’il décide de devenir missionnaire d’Afrique avec la communauté des Pères Blancs pour annoncer Jésus aux Africains. Ordonné en 1972, le jeune Jacques est envoyé au Burundi, où il passe sept, avant d’être expulsé du pays, car considéré comme un danger par les autorités du pays.

Après cette étape, ses supérieurs l’envoient en mission en Côte d’Ivoire. Il va y passer onze ans. Le père Poirier rejoindra par la suite le Burkina Faso. Au pays des Hommes Intègres, il s’occupe de la formation des futurs serviteurs de Dieu pendant 12 ans, avant de rejoindre la paroisse Saint-Jean XXIII. Il est vicaire depuis une année.

Dans son homélie, le jubilaire ne cesse d’affirmer avec joie que « le Seigneur ne m’a jamais laissé tomber, il est toujours avec moi ». Le père demande aux chrétiens de toujours continuer à chercher Jésus Christ. « Jésus est là, à côté de vous et il vous accompagne », souligne le père Jacques Poirier.

Après 50 ans de vie au service du Christ, l’homme de Dieu ne compte pas se reposer. Il explique qu’il est missionnaire à vie et il va toujours continuer à servir Dieu partout où le besoin se fera sentir.

Jean Narcisse KOUDOU

BLOGUE DE JACQUES POIRIER

Ô MON AMI

En 1976, au Burundi, je pensais à mes deux sœurs qui venaient de se marier. Elles avaient choisi pour l’ouverture de leur bal la musique de « on ne vit pas sans se dire adieu ». Comme je n’avais pas les paroles, j’en ai composées. Ces paroles, que vous trouvez ci-dessous, vous pouvez les faire vôtres. Elles sont un dialogue entre Jésus et saint Pierre, entre Jésus et moi, entre Jésus et vous.

L’image qui accompagne ce texte est le portrait du visage de Jésus que l’on découvre en regardant bien. Une fois qu’on l’a vu, on ne peut plus l’oublier. C’est la même chose dans notre vie.

Ô mon ami, toi que j’ai choisi,
Est-ce que tu m’aimes plus que tous ceux-ci ?

Tu sais bien, Seigneur, que je t’aime,
Même si parfois je suis loin de toi.

Ô mon ami, je suis mort pour toi :
Va vers les autres apporter ma joie.

Pardonne-moi, Seigneur, je suis un pécheur :
Viens avec moi là où tu m’envoies.

Ô mon ami, reçois mon Esprit :
Il guidera ton chemin vers moi.

Ô merci, Seigneur, tu es avec moi,
Et, avec toi, je prendrai ma croix.

Ô merci, Seigneur, tu es tout pour moi,
Et dans la joie, j’irai vers toi.

AUTRE LIEN

Église catholique Drummondville

Parc nommé à la mémoire de Maud Haviernick

« Aller au bout de ses rêves, peu importe », telle était sa devise.

Par la création de ce parc, la Ville de Deux-Montagnes honore la mémoire de Maud Haviernick, fille très chère d’une citoyenne de Deux-Montagnes, ayant perdu la vie dans la tragédie de l’École polytechnique de Montréal.

Maud Haviernick détenait un diplôme en Design de l’environnement de l’Université du Québec à Montréal. Elle terminait des études en Génie métallurgique à l’École Polytechnique, rendant possible son rêve de devenir ingénieure. Elle a été reçue membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec en avril 1990, à titre posthume.

L’avenir de Maud Haviernick était rempli de possibilités. Par cette commémoration, elle restera une source d’inspiration pour tous et toutes.

Tante Maud, persévérante et déterminée, tu nous inspireras toujours. »
– Tes neveux et nièces

Le 29 mai 2022 – Parc Maud Haviernick

Concours de poésie Mémoire Complice 2022

Allez au bout de ses rêves, peu importe

Deux-Montagnes, 29 mai 2022, … Enfin!

Chers Invité.es

C’est un immense plaisir de vous accueillir ici, en ces lieux inspirants pour vous offrir ces magnifiques recueils de mots qui nous ont ébloui et qui, je l’espère, feront de même pour vous lorsque qu’ils seront lus par nos jeunes poètes et poétesses avec enthousiasme, j’en suis certaine.

Pour ce premier concours de poésie de Mémoire Complice, le thème abordé a été – Allez au bout de ses rêves, peu importe!

Thème inscrit sur cette plaque honorifique soulignant le nom d’une jeune femme de notre région, de nos lieux de vie à tous et toutes, pour la plupart d’entre nous depuis plusieurs années.

Ce nom, Maud Haviernick, ma sœur cadette, qui à un tournant de sa vie a perdu la sienne en un lieu pourtant capteur de rêves – Polytechnique, le 6 décembre 1989.

Que faisait-elle là-bas, ce jour là? Elle poursuivait un rêve, celui de devenir ingénieure. Pourquoi ingénieure? Pourquoi ce rêve?

Simplement pour être capable de pouvoir créer des lieux de vie à son goût, ici et ailleurs.

La porte de ce projet de vie s’était entr’ouverte à l’École de Design de l’Université du Québec à Montréal. Mais après quelques années, force était d’admettre que pour aller au bout de ce rêve, il fallait aller plus loin, plus haut, en fait, en haut de la Montagne – à l’École Polytechnique de l’Université de Montréal.

Et sa devise, chère à nos mémoires – Aller au bout de ses rêves, peu importe, vous jeunes auteurs, autrices vous y avez été fidèles.

Car peu importe, l’effort d’écrire, les craintes de vous exposer devant l’inconnu, les émotions en sentant remonter des sentiments parfois troubles, vous êtes ici aujourd’hui avec nous, en ce lieu serein, inspirant, ouvert vers le rêve, le vôtre.

Que cet espace puisse encore aider nos jeunes à s’arrêter, respirer et rêver toujours.

Un grand Merci pour vos écrits!
Sylvie Haviernick, sœur de Maud pour toujours

Le 6 décembre 1989 – La Mouvance, Centre de Femmes à Saint-Eustache

Honorer la mémoire de ces 14 femmes,

contrer la violence envers les femmes, toutes les femmes !

Montréal, 6 décembre 1989,… 30 ans déjà !

Avant ce triste après-midi, le 6 décembre était une journée parmi tant d’autres. Mais, il y a 30 ans, cette journée est devenue une date que beaucoup d’entre nous n’oublieront jamais. Le 6 décembre 1989 marquait un point tournant dans l’histoire des femmes d’ici, un moment d’une rare VIOLENCE dans notre société québécoise moderne.

Que reste-t-il du 6 décembre 1989 ?

Certains diront quelques monuments, une Place du 6 décembre 1989, quelques œuvres d’art, un film marquant, des écrits, nombreux,…

Il nous reste surtout une promesse, celle de ne jamais oublier cette date, mais surtout, de ne jamais oublier ces quatorze femmes, fauchées par la haine d’un homme, pourtant jeune.

Que me reste-t-il du 6 décembre 1989 ?

Un souvenir, non, de nombreux souvenirs,…

Je me rappelle ce que ma mère me disait; Sylvie, c’est toi l’aînée, mon double, la deuxième mère. Tu sais ma fille, je connais ta nature un peu téméraire, mais n’oublie jamais, et peu importe ce que ça demande, de toujours ramener ton monde, avec tous leurs morceaux, à la maison.

Ce soir du 6 décembre 1989, malgré l’effort, je n’ai pas pu, je n’ai pas su, …

Ce soir du 6 décembre 1989, le temps s’est arrêté pour moi.

Que reste-t-il de toi, ma sœur tant aimée? Des souvenirs, des rêves inachevés, les tiens, les miens, les nôtres,…

Le plus important, il me reste ton immense sourire, gravé dans ma mémoire.

Ce sourire, qui m’a toujours, pas seulement moi, mais combien d’autres, fait craquer et amener à faire plein de choses, parfois assez étranges.

Comme, marcher dans la rue pour le respect de la vie des femmes,…

Comme, écrire des pages et des pages pour rappeler une date précise, toujours la même, et solliciter l’harmonie entre les hommes et les femmes,…

Comme, obliger les représentants de nos sociétés à prendre position pour le maintien de la paix dans nos vies, sans armes,…

Comme, raconter nos aventures à tes nombreux neveux et nièces qui rêvent de t’avoir connu, et d’avoir pu participer à toutes ces folles rencontres de famille, même si d’autres ont eu lieu après ton départ, avec je l’avoue, un peu moins de folie,…

Longtemps, j’ai cru t’avoir perdu, mais une personne d’une grande bonté m’a dit un jour; vous cherchez dans la mauvaise direction, ne regardez pas derrière, c’est le passé. Regardez devant, c’est l’avenir!

Cette personne ajoutera, vous, l’aînée, votre sœur cadette vous a dépassé, elle marche devant maintenant.

Voilà, ce que tu es devenue, mon guide, ma lumière, et tu marches devant pour ouvrir le sentier.

Comme j’ai appris en forêt, il y a très longtemps, j’ai promis, et oui, en tout premier lieu à notre maman, que je serais un bon serre-file et que jamais je ne laisserais personne derrière moi,…

Et au cours de ces années, enfin, j’ai su retrouver le chemin du retour pour Toi et Moi car hier après-midi, au bord du Lac des Deux-Montagnes, je t’ai vu sourire.

Bon retour à la maison dans notre région tant aimée! Sylvie, ta grande sœur qui t’aime encore comme au matin de ce 6 décembre 1989, et peut-être plus encore!