Category: Lettres de Serge


Cendres papa St-Adelphe 1b2Les cendres de papa Bastien ont été conservées depuis ses funérailles qui ont eu lieu l’année dernière le 16 juillet. Il est décédé le 5 du même mois. Ce fut une décision de la famille pour me permettre d’assister à la mise en terre de ses cendres après mon retour au pays. J’en suis très reconnaissant. De fait, je suis de retour depuis le 1er juin et nous avons choisi ensemble une date pour notre dernier rassemblement autour de papa. Celui-ci a eu lieu du village natal de St-Adelphe le dimanche 13 août 2017.

La messe dominicale cadrait bien avec notre prière pour papa Bastien. Nous venons tous de ce coin de pays. C’est comme une grande famille où l’esprit de nos ancêtres habite encore nos cœurs. Nous nous sommes souvenus des Perrons, des Veillettes et des Laquerres pour ne nommer que ceux-là.

La liturgie de ce dimanche nous invitait à saisir la main de Jésus qui est venu au secours de l’apôtre Pierre qui s’enfonçait dans l’eau. Nous lui avons demandé de saisir nos mains lorsque les tempêtes de la vie ébranlent notre foi.

Dans mon homélie, j’ai brièvement parlé de mon périple missionnaire en Afrique qui a débuté en 1981. De mes 30 dernières années, j’en ai vécu 25 en Afrique; en République Démocratique du Congo (autrefois le Zaïre), le Malawi et la Zambie. Si je devais résumer mon expérience, je dirais simplement qu’au-delà de nos différences culturelles, linguistiques et sociales, le cœur humain est identique partout.

Ce que j’ai appris de plus précieux de mes frères et sœurs africains c’est avant tout de mettre ma confiance en Dieu. Les défis sociaux en Afrique sont immenses, mais j’ai très souvent été en admiration devant la résilience, le courage et la ténacité des Africains.

Mais le temps est venu de revenir au Canada et de reprendre contact avec ma terre natale. Librement, j’ai répondu à l’appel de Dieu de devenir missionnaire en Afrique, librement je reviens pour en témoigner.

Plus d’une fois, j’ai été mis à l’épreuve dans mes capacités d’adaptation, mais je n’ai jamais perdu confiance. Avant tout, ici comme ailleurs, ce qui compte est de saisir la main tendue de Jésus. En réfléchissant, je réalise que cet esprit de confiance est l’héritage que nous avons reçu de notre papa Bastien. Nous pouvions toujours avoir confiance en lui. Il l’a prouvé dans son milieu de travail à l’usine de papier, dans ses engagements au sein du syndicat des travailleurs, de ses activités récréatives ou chrétiennes tel que le bénévolat. Papa Bastien était un homme de foi. Il avait peu de mots pour l’exprimer. Tout était dans son agir, son témoignage.

A sa manière, papa Bastien, un peu comme Jésus, a tendu la main à beaucoup de monde; une main solide, une grosse main pleine de tendresse, une main qui n’a jamais frappé, qui n’a jamais fermé le poing.

Les dernières années de la vie de papa Bastien ont été physiquement très pénibles. Il a beaucoup souffert, surtout les tout derniers jours de sa vie. C’est notre espérance qu’il repose maintenant dans les mains de Dieu. Dans son cas, le vent tumultueux de la  vie est définitivement tombé.

Au côté de l’urne funéraire se trouvaient deux roses rouges; une pour papa Bastien et une deuxième pour Annie. Cette urne a trouvé place tout juste à côté de celle d’Annie devant la pierre tombale. Elle y est depuis presque 27 ans.

Pour nous qui sommes encore vivants sur cette terre, nous gardons confiance. Dans nos cœurs, il n’y a pas d’ouragan de doutes, de tremblements de terre effroyables ou encore de feu douloureux. Ces manifestations terrifiantes de la nature où le peuple hébreu espérait ‘rencontrer’ Dieu ont fait place au ‘murmure d’une brise légère’ (1er Roi, 19). Dans l’Évangile (Mt, 14,22-33), il est dit que les disciples étaient bouleversés, ils avaient peur et se mirent à crier. Et bien! S’il reste un relent de doute en nous, Jésus nous adresse ces mots: « Confiance! C’est moi : n’ayez pas peur! »

Merci, papa Bastien, d’avoir eu confiance en nous! Il y a beaucoup d’amour dans la confiance.

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Témoignage de Serge, 24 juin 2017

Plusieurs personnes m’ont demandé de vous parler ‘de ce que j’ai fait’ pendant ma vie missionnaire. Ma présentation se divisera en trois étapes; le Zaïre/Congo, le Malawi et la Zambie.

Serge St-Arneault JPEGLe Zaïre/Congo

J’avais 26 ans lorsque je suis arrivé au Zaïre, plus précisément à Bukavu, ville frontalière avec le Rwanda. Ce fut ma première expérience en sol africain et mon premier choc culturel. Mes trois premiers mois m’ont permis de m’initier à la langue kiswahili. De là, je suis allé vivre à Mongbwalu situé dans la zone minière de Kilo-Moto au nord de Bunia. J’y suis resté deux ans pour compléter mon stage pastoral.

De retour à La Tuque en juin 1983, je me suis retrouvé à l’hôpital avec une grave hépatite de type A qui m’a obligé à interrompre ma formation pour deux ans. Après un bref séjour infructueux à Londres et six mois de convalescence à Toronto, j’ai poursuivi mes études en anthropologie en Angleterre. J’ai obtenu mon diplôme au mois de mai 1987 et j’ai été ordonné prêtre le 28 juin suivant à La Tuque par Mgr. Martin Veillette.

Je suis donc retourné au Zaïre et vivre au milieu du peuple Indru, plus précisément à Géty. Difficile d’accès et isolé, ce pays montagneux est par contre splendide et la nature verdoyante toute l’année. Je peux le dire sans hésiter que ce furent mes plus belles années de vie missionnaire. Nous visions dans des conditions modestes, mais tout compte fait confortables. Par contre, il m’arrivait souvent de dormir sur la paille dans les villages que je visitais. Nous restions quatre jours en tournée pastorale toutes les deux semaines, du jeudi au dimanche. Les routes étaient souvent très vaseuses, surtout en saison des pluies. Nous marchions souvent plusieurs heures par monts et vallées pour atteindre les villages éloignés avec l’aide de porteurs.

Bref, je me suis retrouvé aumônier de sept écoles primaires et de toutes les chorales composées majoritairement d’adolescents et de jeunes adultes. Comme nous avions au-delà d’une centaine de chapelles, avec en moyenne une quinzaine de membres par chorale, cela représentait autour de 2000 chantres. À eux seuls, ils prenaient parfois la moitié de l’espace disponible dans les églises de brousse. Lorsque la température le permettait, la prière avait lieu à l’extérieur.

Un jour, nous avons reçu l’autorisation du gouvernement de construire une école secondaire sans pour cela obtenir de subvention. Nous n’avions aucun donc budget, pas outils et aucune d’expérience. On a tout de même trouvé quelques travailleurs qui s’y connaissaient un brin en construction. J’ai alors tracé un plan sur une feuille de papier et choisi le site selon l’avis des gens. Puis, des tranchées ont été creusées pour y élever les fondations. Il n’y avait pas d’ordinateur à l’époque et je ne disposais que de $3000. Cela correspondait aux prix de 30 machines à écrire que j’ai immédiatement commandées, car il s’agissait d’une école de type ‘commercial’. Providentiellement, sans le demander, les Missionnaires d’Afrique au Canada m’ont crédité de $3000 pour soutenir mon projet. C’est comme ça que l’aventure a commencé. Avec un compte bancaire frôlant constamment le zéro, les dons d’argent se sont poursuivis ainsi pendant cinq ans.

Lentement, nous avons acquis de l’expérience. Le sable pour faire les blocs de ciment était extrait de la rivière et les pierres d’une colline avoisinante. On transportait de l’eau avec des dizaines de jerricanes de 20 litres. On devait néanmoins acheter des sacs de ciment à Bunia au prix de $25.00 l’unité. Puis, est arrivée la tragédie de la Polytechnique le 6 décembre 1989. À l’époque, il n’y avait pour ainsi dire aucun moyen de communication avec le monde extérieur. La nouvelle m’a été confirmée une semaine plus tard. Il m’a fallu une autre semaine pour revenir au Canada.

Quelques mois plus tard, papa Bastien m’a remis une partie de la police d’assurance-vie d’Annie. Les Latuquois ont aussi été très généreux. Les gens m’arrêtaient dans les rues pour m’offrir un don. À certains comptoirs de magasin, on me laissait sortir sans payer. Certains ont même discrètement inséré de l’argent dans mes poches pendant que je faisais la queue à la caisse Desjardins pour faire des dépôts bancaires. C’est ainsi que je suis retourné en Afrique avec $10,000. Nous avons alors repris les travaux de construction.

Un autre jour, assis à l’intérieur des murs que nous venions d’élever pour une classe, je regardais de larges oiseaux tournoyer au-dessus de ma tête. Je me suis demandé comment nous allions faire pour exécuter les travaux. Sitôt un peu d’agents encaissés, tout était dépensé. Pourtant, nous n’avons pratiquement jamais arrêté. Cinq ans plus tard, l’école secondaire Abaka, qui signifie ‘père’, comptait sept classes, un bureau pour le préfet, un autre pour les enseignants et huit réservoirs d’eau de pluie protégés par un toit pour les besoins de l’école.

J’ai minutieusement pris note des dépenses. Par contre, j’ai été incapable de retracer avec précision la provenance de tous les fonds. Beaucoup d’argent, je le sais, m’a été donné grâce aux activités scolaires des écoles de La Tuque (lire l’article de journal plus bas). Montant final : $95,000. Un vrai petit miracle. Cette école est la fierté du peuple Indru. L’enseignement n’a jamais cessé même pendant les années de guerre au début des années 2000. En quittant Géty, j’avais dédié l’école Abaka à ma sœur Annie qui veille encore sur celle-ci.

Parlant de troubles sociaux, le Zaïre a connu une descente aux enfers dès le début des années 1990. Rapidement, le pays s’est embrasé. Les pillages dans les villes s’étendaient partout et le chaos politique a fait en sorte que les institutions gouvernementales se sont effondrées. À un certain moment, il n’y avait même plus de papier monnaie en circulation. Puis, la guerre au Rwanda en 1993 a eu ses répercussions jusqu’à Géty où nous vivions. Sans le vouloir, nous nous sommes retrouvés à agir en tant que médiateurs entre les tribus en conflit. Il nous arrivait souvent d’organiser des convois avec quelques véhicules pour sauver la vie des gens en péril. Nous avons nous-mêmes été menacés par les commandos militaires venus soi-disant ‘pacifier’ le pays en brûlant les villages. Malgré le danger réel, je me sentais à ma place, au bon endroit.

Un autre jour encore, j’ai pris part aux rituels entourant le décès du chef coutumier Katanga. Les masadu, gardiens des traditions et omnipuissants, m’ont accepté et même encouragé à participer à leurs danses guerrières. Une longue histoire! Bref, le jour de mon départ en février 1996, un grand rassemblement a été organisé en mon honneur; un banquet, des cadeaux, des discours et des chants. Une journée grande en émotion dont l’apothéose a été pour moi les paroles d’une vieille maman qui m’a dit en kiswahili : « Mon père, il n’y a qu’une seule chose qui vous manque; la couleur de la peau! »

Le Malawi.

J’ai ensuite séjourné deux ans dans la région de Québec pour l’animation missionnaire et deux autres années à Montréal. J’étais prêt à retourner au Zaïre au tournant du millénaire. Entre temps, suite à l’instauration d’un nouveau régime politique, le Zaïre était redevenu la République Démocratique du Congo comme cela était au début de l’indépendance en 1960. Malheureusement, les rivalités ethniques se poursuivaient. Tout avait profondément changé pendant mes quatre années d’absence. C’est ainsi que mes Supérieurs m’ont proposé d’aller au Malawi. J’ai accepté en songeant qu’à mon âge, 45 ans, il m’était possible de recommencer une nouvelle aventure missionnaire. Mon adaptation s’est avérée beaucoup plus difficultés que je ne l’entrevoyais. La langue chichewa n’est pas aussi facile que le kiswahili. Il m’a fallu beaucoup d’effort pour m’ajuster à la mentalité des Chewa. Elle est pour ainsi dire diamétralement opposée à celle des Indru. Alors que ces derniers forment un peuple de guerriers, mais solidaire, la société Chewa en est une d’évitement conflictuel. Cela s’explique par l’histoire des invasions successives qui ont profondément traumatisé cette tribu à commencer par les Ngoni venant d’Afrique du Sud, la colonisation anglaise et la dictature du premier Président du Malawi; Kamuzu Banda.

PHOTO 1C’est dans ce contexte historique que la culture « Gulé Wamkulu » est née. Il s’agit d’une société secrète liée à l’omniprésence des « esprits ». J’y ai découvert un univers culturel totalement différent de celui du Congo. Seuls les initiés peuvent comprendre le sens des danses, des chants et des symboles utilisés dans les rituels. Les « Gulé Wamkulu » sont des « personnages » masqués, mais perçus comme étant des « esprits »; généralement associé aux esprits des ancêtres, bons ou mauvais. Ces derniers sont appelés des « ziwanda », c’est-à-dire des « esprits maléfiques » coutumièrement associés aux sorciers.

J’ai tout de même eu la chance d’être initié bien que je sois un prêtre missionnaire ‘blanc’. Cela m’a permis non seulement de mieux saisir (je ne dis pas comprendre) l’univers mental et la manière de voir la réalité du monde selon la vision Chewa. Mon séjour à Mua pendant six ans a été à cet égard une opportunité extraordinaire de m’approcher des gens, de leur identité profonde.

Puis, je me suis retrouvé à la paroisse de Chézi située entre la capitale Lilongwe et le lac Malawi. Les « Gulé Wamkulu » sont également présents dans cette région montagneuse. J’ai participé à quelques reprises à leurs cérémonies. Grâce à un ami du nom de Chiponda (un pasteur pentecôtiste autoproclamé), j’ai établi une relation de cordialité avec les chefs coutumiers. Ma présence leur était devenue normale. Sachant mon départ imminent, les chefs se sont réunis et, d’un commun accord’, j’ai reçu l’initiation pour devenir moi-même « chef ». Entendons-nous qu’il s’agissait d’un geste symbolique et honorifique. Néanmoins, je porte désormais le titre de Mfumu Chimphopo, c’est-à-dire ‘chef Chimphopo’ bien que je préfère conserver le nom que j’ai reçu à Mua, celui de Mbéwé qui est associé à l’un des nombreux clans des Chewa.

PHOTO 2La Zambie.

Dernière étape; la Zambie. Les membres du conseil provincial de la Province d’Afrique Australe des Missionnaires d’Afrique comprenant le Malawi, le Mozambique, l’Afrique du Sud et la Zambie, m’ont demandé de devenir le secrétaire provincial de cette partie de l’Afrique. J’ai débuté dans la première moitié de 2012. Mon rôle consistait à mettre à jour les dossiers du secrétariat, de rédiger les rapports de réunions et de développer les communications entre la centaine de confrères que compose la Province communément appelée la SAP (Southern Africa Province). Tout compte fait, j’ai vécu pendant une vingtaine d’années dans un environnement anglophone.

Parallèlement, je suis devenu l’aumônier de la communauté catholique francophone de Lusaka. Celle-ci se rassemble chaque premier dimanche du mois pour la messe en français.

PHOTO 6.jpgUn peu par hasard, je me suis aussi retrouvé à accompagner un groupe de trois femmes, célibataires ou veuves, pour les soutenir à mettre sur pied leur propre compagnie. L’idée est de mettre en commun leurs ressources et talents pour créer une entreprise qui pourvoira à leurs besoins. La compagnie « Colour of Love » (la couleur de l’amour) est une petite entreprise de traiteurs offrant des services de décoration et repas. Elles ont défini elles-mêmes la structure et élaboré la constitution selon les recommandations du département des registres nationaux de la Zambie. Elles ont ouvert un compte bancaire au nom de la compagnie et elles progressent lentement avec la consolidation de celle-ci. Les défis sont très nombreux et le but à atteindre l’autosuffisance semble encore lointain. Malgré tout, l’ardeur et la foi sont au rendez-vous.

D’où vient le nom de « Colour of Love » ? Un autre hasard a voulu que j’accompagne le curé de la paroisse Jésuite de Lusaka à une assemblée de prière organisée par les différentes Églises à laquelle étaient invités tous les partis politiques du pays ainsi que les autorités ecclésiales de toutes catégories sans oublier les militaires hauts-gradés. Le rassemblement a eu lieu dans un stade situé en plein cœur de la capitale. La télévision nationale transmettait cet événement en direct. Le but était de prier Dieu pour la réussite d’élections générales libres et transparentes et surtout sans violence. De fait, les élections générales ont bel et bien eu lieu, mais la violence politique a terni ces élections chaudement contestées.

Bref, le prêtre que j’accompagnais a reçu un texto sur son cellulaire lui disant qu’un autre prêtre qui devait lire une prière était dans l’impossibilité d’être présent. Qui donc pensez-vous l’a remplacé? Il me restait à peine quelques minutes pour griffonner quelques idées sur l’endos d’une feuille déjà utilisée. J’ai emprunté un stylo d’un Pasteur assis à mes côtés et une bible d’une Pasteure assise de l’autre côté. J’étais entouré d’une panoplie d’Évêques ‘protestants’, de ‘Prophètes’ et d‘Apôtres’ aussi bien féminins que masculins. Les Alléluias pleuvaient à profusion. Ma mission était de prier pour les forces de l’ordre; les militaires et les policiers.

PHOTO 5Mon discours se trouve sur Internet; cliquer ici

Que dois-je retenir cet épisode? Je dois tout d’abord vous mettre dans le contexte. Depuis son indépendance en 1964, la Zambie, sous le leadership de son premier Président Kenneth Kaunda, a pour moto : ‘One Zambia, one Nation’. L’idée est de développer une appartenance nationale dans la diversité culturelle et tribale qui caractérise le pays. Comme j’étais l’un des rares ‘Blancs’ présents je jour-là, faisant mémoire de mon expérience au Congo et des paroles de cette vieille maman, j’ai alors ajouté au slogan la notion de couleur; « One Zambia, one Nation, one Colour. The Colour of Love! »

En ce jour de mon 30e anniversaire d’ordination, je nous souhaite également de vivre la couleur de l’amour. Mettons-y la couleur que nous voulons; la joie, la tendresse, l’écoute, le respect. Ce qui compte, c’est la conviction que nous formons une seule famille en étant enfants de Dieu de toutes races et couleurs; Congolais, Malawiens, Zambiens, Canadiens.

Je vous remercie tous, plus particulièrement ma famille proche et mes amis/es, pour le soutien spirituel et pécuniaire que vous m’avez offert tout au long de ces trente années écoulées. Le sacrifice de l’éloignement a été mutuel. Heureusement, l’amour est le plus fort.

Que le Seigneur Jésus vous bénisse! Alléluia! Amen!

Père Serge St-Arneault, M.Afr

Témoignage de Serge – messe du 24 juin 2017

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Petit Serge 01Je viens tout juste de recevoir des nouvelles au sujet du petit-Serge. L’opération a finalement eu lieu il y a quelques jours à Blantyre. La famille est maintenant de retour à Lilongwe mais devra retourner régulièrement à Blantyre pour un suivi. Les deux villes sont éloignées l’une de l’autre de 300 kilomètres. Les photos ci-jointes montrent le petit-Serge avec une bandoulière jouant avec son frérot Laurent. Les parents sont soulagés même si tout n’est pas terminé. Entre autre, l’enfant portera des lunettes le temps nécessaire pour la guérison complète.

Le problème visuel du petit-Serge s’est avéré très compliqué et a nécessité plusieurs séances d’examen. L’opération elle-même a duré trois heures. Le prolongement de l’anesthésie après celle-ci a mis à rude épreuve la patience des parents.

Cette saga a débuté au mois de janvier. Non seulement les examens médicaux ont été nombreux mais les dates de l’opération ont été repoussées plusieurs fois. Heureusement, les parents ont trouvé le courage et la force de persévérer sachant que beaucoup d’amis du Canada priaient pour eux. Ils sont aussi très reconnaissants de l’aide financière qu’ils ont reçue. Sans elle, rien n’aurait été possible.

Quelques précisions sur la famille : la maman s’appelle Donata et est âgée de 29 ans, Robert Kalindiza, le papa, a 37 ans. Finalement, le deuxième garçon a 3 ans alors que le petit-Serge aura 7 ans au mois d’octobre.

Au nom de la famille Kalindiza, je vous remercie du fond du cœur pour votre soutien moral et monétaire. Les cas semblables se chiffrent par millions. Nous nous sommes mobilisés autour d’un seul, celui du petit-Serge que nous avons appris à connaître et à aimer. Encore une fois, merci.

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serge-kalindiza-08_jpegVoici quelques photos du voyage de la famille de Robert Kalindiza à Blantyre la semaine dernière. L’opération n’a pas eu lieu à cause d’une autre complication. D’après les premières analyses, il semble que le problème visuel du petit Serge se situe au niveau de son oreille. Les médecins veulent plus de tests avant de procéder à une opération. Un nouvel examen médical aura lieu le vendredi 3 février à Lilongwe suivi d’un autre voyage à Blantyre pour une autre évaluation qui, celle-là, aura lieu le 9 février. Blantyre est situé à environ 300 km de Lilongwe. La maman est inquiète, cela va s’en dire, mais le moral est bon. On espère tous pour le mieux.

Je tiens à vous remercier infiniment pour votre aide financière qui a déjà dépassé ma demande antérieure de 2000 $. Je vais donc faire parvenir un peu plus d’argent au petit Serge dans l’espoir que cette fois-ci, les chirurgiens pourront procéder à une opération.

Rien n’est facile! On aide comme on peut. Vos dons sont grandement appréciés.

Prions ensemble pour le petit Serge.

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lilongwe-nov-2016-05bJe connais Robert Kalindiza depuis mon arrivée au Malawi en 2001. C’est un garçon exceptionnel. Il y en a peu comme lui aussi dévoué pour sa famille et sa communauté. Avec acharnement, il a réussi à obtenir un certificat en science électronique et, plus récemment, un diplôme en journalisme. Non seulement intelligent, il a développé un projet de vie basé sur la responsabilité personnelle et sociale. J’ai béni son mariage en 2010 tout juste avant de quitter Mua où j’ai vécu environ six ans.

J’ai revu mon ami Kalindiza au mois de novembre dernier. Je ne l’avais pas vu depuis longtemps. Il a travaillé plusieurs années au centre culturel et d’art de Kungoni comme guide du musée. Il a poursuivi aussi ses études en journalisme qui l’a conduit progressivement à se faire connaître sur le réseau de télévision national, la ‘Malawi Broadcasting Corporation’. Il est capable non seulement de développer une nouvelle, mais d’éditer un reportage aussi bien en anglais qu’en Chichéwa, la langue nationale du Malawi. Il a aussi obtenu un permis de conduire.

─ « Un jour, m’a-t-il dit, je vous conduirai où vous voudrez avec ma voiture. »

serge-and-kalindiza-family-in-dedza-nov-2016À cette époque, je n’ai croyais pas beaucoup. Depuis lors, il a acheté une voiture de seconde main avec mon assistance financière. Comment faire autrement? Malgré tous ses diplômes et ses qualifications en plus d’être employé aujourd’hui comme journaliste à la télévision nationale produisant des reportages quotidiens hautement appréciés, son salaire journalier est seulement de six dollars par jour, pas de l’heure, par jour!

Cela montre bien l’état lamentable de l’économie du Malawi, l’un des pays les plus pauvres au monde. Cela dit, voyant les besoins d’entretien de sa voiture, particulièrement des pneus, aussi pour raison de sécurité, je lui ai offert de l’aider une nouvelle fois. Je le considère comme mon fils. Toutefois, il y a un autre problème.

Son aîné qui porte mon nom souffre d’un problème visuel. Je ne l’ai su que lorsque je suis allé voir la famille la dernière fois. Son œil gauche ne tourne pas vers la gauche. Le garçon a besoin d’une opération qui ne peut être faite qu’à Blantyre, au sud du pays.

Je vous lance donc une invitation à venir en aide au jeune Serge. Le système de santé du Malawi n’est pas celui du Québec. Il n’y a pas de gratuité pour les services de santé. Ma crainte est qu’il soit déjà trop tard. Au moins, on peut tenter notre chance.

Comme cela m’arrive fréquemment, j’ai avancé l’argent sans pour autant avoir les moyens. Mais, je suis confiant et j’ai la foi que le Seigneur guide les cœurs sincères. Je lance donc un appel auprès de vous tous pour nous venir en aide en vous promettant de vous donner des nouvelles du petit Serge et de la famille de mon ami Kalindiza et son épouse Donata. Le deuxième enfant s’appelle Laurent et l’honneur de ma petite maman Laurette.

En tout, j’ai besoin d’environ 2000 $. Il est possible d’obtenir un reçu fiscal pour votre don (voir au bas, après les photos, les coordonnées). En vous remerciant pour tout et vous souhaitant une heureuse et abondante année 2017 avec l’espoir de vous revoir bientôt.

Serge

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Pour reçu fiscal, communiquer avec Annik Gauthier, Comptable, Société des Missionnaires d’Afrique, (514) 849 – 1167, poste 111. Vous pouvez aussi communique directement avec ma petite maman.

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Madame Petronella Chisanga

J’ai célébré la messe à l’école de Chudleigh à Lusaka le 8 décembre dernier à l’invitation de Madame Petronella Chisanga, la directrice et fondatrice de cette école. J’y étais déjà allé le 23 octobre pour bénir les enfants (voir le lien : Bénédiction des enfants de l’école de Chudleigh). La prière s’est tenue dans l’une des salles de classe. Animée par une chorale, l’ambiance était à la fête puisqu’elle soulignait aussi la fête de l’Immaculée Conception. J’en ai profité pour insister sur l’importance de remercier Dieu pour le don de la vie que nous avons reçu de nos mamans. Célébrer la fête de maman Marie, mère de Jésus, c’est aussi la fête de toutes les mamans. Les fruits et légumes encerclaient l’autel. J’ai donc demandé de prier pour notre mère terre qui nous nourrit. Nous devons en prendre soin, car nous dépendons tous d’elle. Fête de commémoration des 25 ans d’existence de l’école, fête de maman Marie, fête de toutes nos mamans et fête de notre terre nourricière, la joie nous a envahis. Une petite réception nous attendait après la messe et j’ai reçu un beau cadeau : des fruits et un gâteau dont le crémage était une toile de Marie.

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mariage-of-marc-and-sarah-oct-28-2016-02Marc Mirindi et Sarah Tembo se sont mariés hier matin à l’église Saint-Ignace à Lusaka. Marc est d’origine congolaise et Sarah est Zambienne de la région de Chipata, dans l’est du pays. C’est le père Jésuite Nicolas qui a béni ce mariage. J’étais également présent avec certains membres de la communauté catholique francophone de Lusaka (CCFL) dont la chorale.

Plusieurs membres de la famille de Marc étaient présents. En premier lieu ses parents; Mr & Mrs Alexandre Mirindi. Ce dernier était ambassadeur de la RDCongo, à l’époque le Zaïre, à Ottawa vers le milieu des années 80. C’est avec ce dernier que j’ai eu le plus long entretien. Maintenant à la retraite, il a été dans le milieu diplomatique pendant de nombreuses années. Il est originaire de Bukavu, au Kivu, où j’ai débuté mon expérience missionnaire en 1981. C’est là où j’ai appris le kiswahili. J’en garde un bon souvenir.

─ « Que pensez-vous des années du régime de Mobutu Sese Seco? » lui ai-je demandé.

Mr Mirindi est bien placé pour en parler puisqu’il a travaillé sous ce régime politique. De notre conversation, je retiens que ce fut une tragique expérience politique et sociale. Son origine remonte à l’époque coloniale ou, contrairement aux autres pouvoirs coloniaux tels que la France ou l’Angleterre, la Belgique n’avait pas formé une classe d’intellectuels et d’hommes politiques pour assumer le rôle de leadership au début de l’indépendance du pays en 1960. Il n’y avait personne de la stature de Léopold Sédar Senghor du Sénégal et de Félix Houphouët-Goigny de la Côte d’Ivoire qui ont été membre du gouvernement français comme ministres. Que dire aussi de Kwame Nkrumah du Ghana, de Jomo Kenyatta du Kenya, Kenneth Kaunda de la Zambie ou encore de Julius Nyerere de la Tanzanie. Sans minimiser les échecs vécus par ces pays, du moins il y avait une certaine conscience politique dans le sens moderne de ce nom.

La suite est de la responsabilité du Mobutisme. Sa politique de zaïrianisation, c’est-à-dire la nationalisation des entreprises, s’est avérée un échec lamentable avec la quasi-destruction des structures économiques héritées du colonialisme. Une fois la confiance perdue, les investisseurs se sont évaporés.

L’impasse et l’instabilité politique d’aujourd’hui sont tributaires d’une série d’erreurs qui obligent des millions de Congolais à vivre pauvrement, voire misérablement.

─ « Le peuple en a assez des politiciens corrompus » de dire Mr Mirindi. « Le jour n’est pas loin ou la dignité du peuple renaîtra en exigeant justice et le droit d’avoir des dirigeants qui ont à cœur le bien-être de la population plutôt que de subir une clique dirigeante qui se préoccupe seulement d’elle-même. »

Au moment du mariage à l’église, le père Nicolas a demandé aux parents de Marc de lui dire qui est Sarah Tembo. Mme Mirindi s’est exclamée en français : « C’est ma fille! »

Voilà qui est bien dit. Marc et Shara ont uni leur famille respective. Il n’y a plus de Congolais ou de Zambien, de francophone ou d’anglophone, il n’y a qu’une famille unie dans la joie de célébrer la naissance d’un couple amoureux.

Mr & Mrs Navyson D. Tembo, parents de Sarah, étaient heureux de dire que leur fille avait ajouté un troisième nom, celui de Mirindi. Marc est aussi devenu leur fils.

Les témoins de Marc étaient Mr Pierre Kilongwe Sadiki et &  Mme Ester Ndaya Sadiki, membre de la CCFL. Ceux de Sarah Tembo étaient ses propres parents.

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serge-in-durban-03Début octobre, je suis allé en Afrique du Sud pour participer aux ordinations diaconales de six nouveaux jeunes confrères qui sont à leur dernière année d’étude théologique à Merrivale situé près de Pietermaritzburg dans le Kwazulu-Natal, 80 km environ au nord de Durban.

jean-pierre-badjanga-2016_jpegJ’ai beaucoup aimé mon bref voyage d’une semaine. J’ai surtout apprécié rencontrer des Congolais. Cela m’a replongé un peu dans mes belles années du ‘Zaïre’, aujourd’hui la République Démocratique du Congo. Jean-Pierre Badjanga est l’un de nos étudiants de deuxième année en théologie. Il est le fils de Pascal avec qui j’ai souvent travaillé pour animer des sessions de liturgie à la paroisse de Géti où j’ai vécu près de neuf ans. Ces années resteront pour moi les plus extraordinaires de ma vie missionnaire. Dire que je suis parti de là il y a déjà vingt ans.

gety1Bref, j’ai eu deux longs entretiens avec Jean-Pierre qui débutait ses études à l’école primaire au moment où je suis parti. Nous avons échangé sur ceux et celles que nous connaissons. Plusieurs sont décédés tels que mon confrère Hervé Hamel et le Chef Akobi. C’est à Geti que Peter Mateso a été ordonné prêtre en 2005. J’y étais. J’ai un pincement au cœur lorsque j’y pense. Nous avons vécu tellement de choses ensemble, souvent exaltantes et parfois menaçantes, telles que l’épisode de la guerre tribale qui nous a menacées vers 1994.

Dieudonné Nyandu Kabongo est d’origine congolaise. Il s’est réfugié en Afrique du Sud  il y a environ dix-huit ans au moment de la guerre civile au Congo. Son épouse Caroline l’a rejoint et ils se sont installés à Durban. Les débuts ont été difficiles, mais la famille a grandi avec les années. Seule la plus jeune, Roxanne, à la nationalité Sud-Africaine. Comme pour les parents, les deux autres enfants, Marianne et Hugues, ont le statut de résidents permanents. Mais cela devrait changer d’ici peu et toute la famille obtiendra la citoyenneté Sud-Africaine.

pietermaritzburg-to-durbanDieudonné travaille pour une compagnie maritime internationale. Il est le directeur de cette compagnie à Lusaka depuis trois ans. Il voyage régulièrement vers Durban où la famille s’est établie. Mon séjour en Afrique du Sud coïncidait avec le congé de Dieudonné. Il est donc venu me chercher à Merrivale. Nous avons pris l’autoroute N3 et nous étions à Durban en moins d’une heure. Quelle chance de voir cette remarquable ville! Dieudonné me l’a fait visiter. En premier, nous avons mangé au port qui accueille les grands bateaux maritimes. Durban est une métropole aux hauts gratte-ciel coincés entre l’océan et les collines avoisinantes qui composent ce relief particulier de la côte du Kwazulu-Natal.

serge-in-sa-oct-2016-25Autre bonne raison de se réjouir; le 14e anniversaire de Marianne, l’aînée des trois enfants. Ses amies sont déjà dans la maison lorsque nous arrivons. C’est une ambiance de fête. Dieudonné s’est arrêté en route pour acheter un gâteau de fête. Je me retrouve dans une ambiance ‘congolaise’ et je me sens chez moi. D’autres amis se sont joints à la fête. Il y a du bruit, à boire, à manger. C’est formidable!

Ce soir-là, j’ai logé dans un motel à deux coins de rue de la maison. Dieudonné m’a conduit à l’aéroport de Durban le lendemain matin. J’étais de retour à Lusaka le 8 octobre 2016 en après-midi. Merci à mes confrères qui m’ont encouragé à aller à Merrivale. Merci à tous les étudiants et confrères de Merrivale qui m’ont accueilli. Il faisait vraiment froid au début de la semaine avec un mercure de 5 degrés, mais l’ambiance était agréable. Un merci particulier à Jean-Pierre avec qui nous avons retracé de beaux souvenirs. Et merci aussi à Dieudonné et toute sa famille qui m’a replongé dans une ambiance de famille heureuse.

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chudleigh-house-school-oct-2016-27Dans la foulée du 20e anniversaire de l’école de Chudleigh qui a eu lieu en 2013, Mme Petronella Chisanga a demandé aux Missionnaires d’Afrique de bénir l’école. Le père Serge St-Arneault, M.Afr, a répondu à cette invitation en bénissant les élèves de maternel, primaire et secondaire. Au-delà de 600 enfants ont été bénis individuellement sachant bien qu’ils sont déjà bénis par la vie reçue, le soutien familial, celui des enseignants et amis. Avec l’aide des enseignants, chaque classe a créé une affiche en y incorporant les noms des filles et garçons pour symboliser l’unité dans la diversité. Tous et toutes, ainsi que les adultes, sont enfants de Dieu. Notre prière est de préserver la bénédiction donnée en manifestant notre amour mutuel et notre respect.

chudleigh-house-school-website-logo-20_jpegL’école de Chudleigh est située dans un quartier résidentiel. Elle a été officiellement ouverte par le recteur de l’Université de la Zambie, Mr John Mupanga Mwanakatwe, le 16 juillet 1993. Cette école est le rêve de Mme Petronella Chisanga avec la participation de Mme Lalita Money, Mme Dorothy Kasanda, Mme Lucy Musonda et Mme Maud Moonzwe.

L’école privée de Chudleigh accueille des étudiants de tout horizon. Le but est d’offrir une éducation complète sur une période de 12 ans. Au total, l’école est composée de 17 classes, d’une salle d’ordinateur, de deux laboratoires scientifiques, d’une bibliothèque, d’une salle de musique et une autre pour l’apprentissage de notions économiques. Une cantine permet aux enfants d’avoir un repas chaud chaque jour. L’école comprend trois catégories; maternelle, primaire et secondaire.

Le taux de réussite a toujours été au-dessus de 90% depuis les 20 dernières années. Prions pour que la bénédiction de Dieu offerte en ce jour sur les étudiants et enseignants permette de maintenir de même résultat de réussite pour les années à venir.

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Traduction de : Blessing of children at Chudleigh House School, Lusaka, Zambia

Cela fait déjà un mois et demi depuis le décès de papa. Ce sera son anniversaire la semaine prochaine. Il aurait eu 92 ans! Je tiens avant tout à vous remercier pour tout le soutien que vous avez manifesté particulièrement auprès de ma petite maman et aussi de toute ma famille. Un grand merci aussi pour vos prières, votre présence à la messe de funérailles et vos dons. Ici aussi, nous avons prié pour papa en communion avec vous tous. J’ai mis des photos sur mon blogue que vous pouvez visionner. Il y a quelque chose de mystérieux dans tout ça. Maman se porte bien. Elle est entourée de plein d’amour. Nous nous parlons assez souvent sur Skype.

Malgré la distance, je me sens proche de vous. Ce n’est pas qu’on se parle souvent. Même que… cela fait longtemps que je n’ai pas revu la plupart d’entre vous. Mais les liens demeurent. Ce ne sont pas des liens virtuels comme sur Internet. C’est quelque chose d’un peu plus spirituel. Le temps s’écoule. Les distances nous séparent. Je suis ici. Vous êtes là. Et pourtant, nous sommes unis par un amour mystique, une présence plus vaste que nos pensées et même notre mémoire.

Ici, en Zambie, nous venons de vivre des élections générales qui ont reporté au pouvoir le Président Edgar Lungu. Un nouveau gouvernement sera bientôt formé. Mais il y a un sérieux problème. En effet, le pays est divisé pour ainsi dire en deux blocs selon des appartenances tribales. Il y a eu pendant la campagne électorale, et encore, de la violence politique. Ici, gagner ou perdre des élections est parfois une question de vie ou de mort… quelque chose de plus sérieux que les alliances idéologiques ou partisanes. Il y a donc beaucoup d’inquiétude. Beaucoup d’effort a été déployé par les Églises pour la tenue d’élections pacifiques. J’ai moi-même participé à l’une de ces rencontres de prière. Nous prions encore pour que les institutions nationales telles que la Cour Constitutionnelle demeurent suffisamment fortes pour éviter les débordements possibles, ce qui serait catastrophique pour le pays. Je vous invite à vous joindre à nos prières.

Père Serge St-Arneault, M.Afr