Archives pour la catégorie Lettres de Serge

Décès du Cardinal Richard Baawobr Kuia

C’est avec la gorge nouée que je vous partage le décès inopiné du Cardinal Richard Baawobr Kuia en début de soirée de ce dimanche 27 novembre 2022.

Nous étions ensemble à Totteridge à Londres, Angleterre, entre 1985 et 1987. Nous avons été ordonnés diacres ensemble le 6 décembre 1986 par le Cardinal Basil Hume. D’ailleurs, un article vient au sujet de Richard tout juste d’être publié dans la reçue « La Lettre aux Amis » du mois de décembre 2022.

Richard a bien connu mes parents et ma sœur Annie lorsqu’ils sont venus me rendre visite à Londres. Mon papa Bastien et Annie l’ont bien accueilli auprès du Père céleste.

Nous sommes sous le choc car nous avons énormément apprécié sa compagnie et son leadership. Il était un homme extraordinaire aux multiples talents. Que son âme repose en paix !

Lien sur le site Internet des Missionnaires d’Afrique en Suisse

Décès du Cardinal Richard Baawobr

Bulletin du comité de Justice et Paix de Tanzanie

Par Elvis Ng’andwe, M.Afr

Discours de haine sur les réseaux sociaux

Le Bureau des Nations Unies pour la prévention du génocide a appelé tous les États à légiférer pour empêcher tout ce qui pourrait conduire à un génocide. C’est ainsi que la Tanzanie a adopté des lois et a mis en place un comité national de prévention du génocide.

En raison de notre implication dans le dialogue interreligieux, nous, les Missionnaires d’Afrique en Tanzanie, agissant au nom du bureau de Justice & Paix, avons été invités à devenir l’un des membres permanents du Comité anti-génocide de Tanzanie.

En 2022, nous nous sommes concentrés sur la meilleure façon d’utiliser les médias sociaux. Ceux-ci peuvent alimenter des conflits politiques et ethniques. Par conséquent, nous avons décidé de mener sur pied des programmes de sensibilisation pour éduquer et sensibiliser les gens à l’utilisation des médias sociaux. Nous avons insisté sur l’importance d’une approche holistique pour lutter contre le discours de haine, notamment en nous attaquant à ses causes profondes et à son impact.

Bien qu’il n’existe pas de définition juridique internationale sur le discours de haine, le droit international définit l’incitation à la discrimination, à l’hostilité et à la violence.

Les discours de haine ne sont pas des événements sporadiques, mais plutôt des sentiments profondément enracinés et intégrés dans des récits répétés de « nous » contre « eux ». Nous sommes invités à utiliser nos activités pastorales, y compris les sermons, pour unir les gens.

Le remède de base contre le discours de haine est la tolérance. Il s’agit aussi de promouvoir la diversité des cultures, des groupes ethniques et des opinions politiques différentes. Finalement, nous avons tous intérêt à partager équitablement nos ressources nationales.

Note : Le rapport sur les droits de l’homme et les affaires judiciaires (2022) en Tanzanie indiquent que la plupart des enfants qui ont subi des abus sexuels ont pris contact avec leurs agresseurs via les réseaux sociaux.

Migration

Les flux migratoires ont été et continuent d’être des facteurs importants de changement social, économique et culturel. Tous les pays sont touchés d’une manière ou d’une autre par la migration. Celle-ci est une composante essentielle, inévitable et bénéfique de la vie économique et sociale de chaque État et de chaque région.

Le véritable problème est celui d’une « migration forcée ». Elle conduit à la traite des êtres humains et à de nombreuses autres atrocités contre l’humanité. C’est pourquoi le Réseau des migrations de l’Afrique australe (SAMIN) a été lancé. Celui-ci s’étend maintenant jusqu’à la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAP).

Célébration de Charles Cardinal Lavigerie notre fondateur

Par Julien Cormier, 26 novembre 2022

Charles Cardinal Lavigerie, « un géant de la mission », un homme qui « pensait globalement » et « passait à l’action localement » (Think globally, Act locally). Il était profondément engagé (et souvent en opposition) que ce soit dans l’Église ou dans la France politique de son temps.

Il n’avait pas que des amis… Imaginez : condamner ceux qui profitaient de la traite et de la mise en esclavage des Africains ! Imaginez : dire qu’un « bon catholique » français n’avait pas à être « royaliste » de droite mais pouvait être « républicain » de gauche.

Les Pères Blancs et les Sœurs Blanches n’ont jamais essayé de faire « canoniser » leur fondateur. Charles Lavigerie dépasse les clichés sur « la sainteté » (disons que comme Jésus de Nazareth, il provoquait les bien-pensants de son époque à la manière dont Dom Helder Camara, 100 ans plus tard, provoquait l’ordre social des dictateurs du Brésil).

Comme a dit une catholique américaine, Dorothy Day, combattante pour action sociale progressiste, à l’encontre des « bonnes manières » et des « bonnes paroles charitables » des évêques américains : « N’essayez pas de dire de moi que je suis une sainte… ce serait me marginaliser (me mettre sur la touche) ».

26 novembre, anniversaire du décès du Cardinal Charles Lavigerie (1825-1892), archevêque d’Alger et de Carthage, Primat d’Afrique, fondateur de la Société des Missionnaires d’Afrique qui comprend des prêtres et des frères (« Pères Blancs »), et de la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique (« Sœurs Blanches »).

Le 26 novembre 1892, le cardinal Lavigerie meurt dans sa résidence épiscopale de Saint-Eugène, à Alger. Il avait 67 ans. Autour de son lit de mort étaient réunis les représentants de toutes ses œuvres d’Afrique : entre autres, Mgr Livinhac et le Père Michel de Jérusalem, le P. Delattre et l’abbé Bombard représentant Carthage et Tunis, Mère Salomé, Supérieure des Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique, le P. Buffet, supérieur des Jésuites d’Alger, en plus de son secrétaire et de son médecin.

Cette mort, immédiatement connue en France, puis dans le monde entier, prit les proportions d’un deuil national et universel. Le Pape Léon XIII, apprenant la triste nouvelle, leva les mains au ciel, et rappela tout ce que l’Église perdait dans ce grand homme : « Et moi, je sens ce que je perds. Ce cardinal Lavigerie, je l’aimais comme un frère, comme l’apôtre Pierre aimait son frère André. »

Dans son testament spirituel, après avoir rappelé son obéissance et dévouement pour le Pape, Lavigerie redit son amour pour l’Afrique. Il écrit ceci : « C’est à toi que je viens maintenant, ô ma chère Afrique ! Je t’ai tout sacrifié, il y a 17 ans, lorsque j’ai tout quitté pour me donner à ton service…

Fête des jubilaires 2022 à Montréal

En ce même jour du 26 novembre, deux Missionnaires d’Afrique ont souligné leur 60e anniversaire de serment missionnaire. Il s’agit des pères Jean-Louis Mathieu et de Gaëtan Thériault. Voici un extrait de leur parcourt de vie à l’occasion de leur fête jubilaire.

Bref parcours de Jean-Louis Mathieu : Ouganda de 1964 à 1970 = 6 ans. Haute-Volta (Burkina Faso en 1980) de 1977 à 2001 = 24 ans). Au Canada depuis 1999 à Ottawa et Montréal

Extrait d’une lettre écrite en Ouganda en janvier 1966 ; « Après quatre mois passés au centre de langues de Kisubi, je me suis dirigé allègrement, sur une motocyclette toute neuve vers Mwera, ma première paroisse. Là, j’ai pu y pratiquer le luganda à mon aise. C’est une langue harmonieuse que j’ai beaucoup aimé apprendre. »

Extrait d’une lettre écrite au Burkina Faso en 1977; « Un samedi après-midi vers 14h00, la sieste terminée, je lisais tranquillement sur la véranda de notre maison. Tout à coup, un vent violent se mit à souffler et en quelques minutes, l’horizon fut recouvert d’un voile opaque de poussière. Et la pluie – mon Dieu, la pluie que nous attendions depuis sept mois – s’est mise à tomber. J’en étais là à admirer la force de Dieu dans l’ouragan lorsqu’une tôle s’arracha du toit et piqua vers le sol, juste devant moi. D’autres suivirent, ce qui mit fin à ma contemplation. »

Bref parcours de Gaëtan Thériault : Irlande = Higher Diploma in Education en 1963. Ghana = étude la langue à Buri, professeur à Navrongo, puis à Wiagha, plus à Tamale (école secondaire pendant 10 ans). Sabbatique au Canada en 1981. Études au PISAI à Rome pendant deux ans. Nigéria = étude de la langue à Ibe-Ife, puis curé à Otan-Ayegbaju en 1985 en plus d’être secrétaire et professeur à Ipetu-Ijesha pendant 6 ans. À Oshogbo, curé et professeur à l’École des catéchistes jusqu’en 1997. En 1999, responsable pour le dialogue interreligieux à Montréal. En 2001, membre du conseil d’administration et conseiller au Service aux Immigrants du MRCI (Ministère des Relations Interculturelles du gouvernement au Québec), etc.

Comme une boucle, Gaëtan a commencé son ministère en éducation. Il a enseigné et étudié toute sa vie pour se retrouver de nouveau étudiant à l’UQAM à l’âge vénérable de 85 ans.

SÉJOUR DE SOLIDARITÉ INTERNATIONALE EN TANZANIE

Par Jean-Pierre Coljon | Facebook 

Dans une soixantaine de dodos, je m’envolerai vers l’aéroport international du Kilimandjaro situé à Arusha en Tanzanie pour un 17e séjour de solidarité internationale.

Nous serons une petite équipe de huit personnes et notre travail bénévole consistera à diviser ce bâtiment en quatre ou cinq chambres de repos pour les jeunes mères après leur accouchement dans la maternité.

Grâce à un financement de 15,000$ reçu de la Fondation Lavigerie (Jean-Jacques et Francine Allaire), nous prévoyons l’ajout d’une salle d’accouchement. Puis, nous peindrons l’intérieur et l’extérieur du bâtiment et des pièces.

Dépendant du financement à venir, nous pourrions aussi prévoir une salle de formation pour les jeunes mamans.

VOIR AUSSI LE LIEN SUIVANT POUR PLUS D’INFORMATION

MICROPROJET HIVER 2023 EN TANZANIE DU 11 JANVIER AU 11 FÉVRIER

Coordonnées de Jocelyne Martin, coordonnatrice du projet :

Par courriel : jocemartin@yahoo.com
ou par téléphone au 438-888-0821

Conférence sur l’interculturalité. Suite.

Par Serge St-Arneault, MAfr

Organisée par le regroupement Canada-Afrique pour le développement durable (CADD), la conférence du 7 octobre 2022 fait suite de la précédente rencontre qui a eu lieu le 29 janvier dernier intitulée : CONFÉRENCE VIRTUELLE SUR LE THÈME DE LA DIVERSITÉ CULTURELLE ET L’INTÉGRATION DES IMMIGRANTS.

Le but de la présente conférence est de démystifier le concept du RACISME SYSTÉMIQUE en tenant compte du principe de Joyce.

Premier point : PRINCIPES DE BASE

Quelques rappels sur les PRINCIPES DE BASE DE L’INTERCULTURALITÉ évoqués lors de la première conférence.

  1. La préservation de l’unité dans la pluralité exige un effort constant. Cet esprit d’unité fait référence à une prise de conscience de nos différentes façons de réfléchir ou de prendre ensemble des décisions. Un double mouvement oscillant entre une appartenance à un groupe et le sentiment subjectif d’unicité, cette altérité donc, permet l’acceptation de la dépendance réciproque. Notre identité se construit sur la base de notre diversité.
  2. Notre identité doit demeurer plurielle. En cas contraire, il y a un risque du refus de l’autre au détriment de la vie communautaire. Il y a aussi un danger d’assimilation culturelle menant à des formes d’aliénation et, ultimement, le développement de zones conflictuelles. C’est pourquoi la consolidation d’une véritable identité plurielle est seulement atteignable que dans un climat de dialogue.
  3. L’identité de la personne ou d’un groupe est une composition multiple soutenue par une ouverture mentale. À l’exemple d’un pont, la pluralité est source du développement identitaire en reliant les individus tout autant que les peuples. En toute chose, il faut éviter la pensée unique.
  4. Notre diversité culturelle n’est pas une menace, elle est plutôt une richesse.
  5. L’émergence d’une HOSPITALITÉ SOLIDAIRE favorisera l’acceptation d’une dépendance réciproque comme fondement identitaire.

Deuxième point : MULTICULTURALISME OU INTERCULTURALISME

L’opposition idéologique entre le Canada prônant le multiculturalisme et le Québec soucieux de l’interculturalisme est régulièrement débattue non seulement dans les milieux politiques, mais aussi dans les médias. Comme il n’est pas rare de confondre l’une et l’autre, une définition des termes s’impose.

Le MULTIculturalisme se caractérise principalement par la coexistence de plusieurs cultures dans un même pays ou encore par le maintien du caractère distinctif des cultures multiples au sein d’une société. Ce concept est enchâssé dans la Charte canadienne des droits et libertés et incluse dans la Constitution du Canada depuis 1982.

L’INTERculturalisme se réfère à l’échange réciproque entre des normes et des visions culturelles qui interagissent, non pas dans une logique de compétition, mais plutôt dans le cadre d’une compréhension culturelle et d’un système de valeurs mutuelles.

Un nouveau concept est récemment apparu pour éviter la confusion apparente entre MULTI et INTER.  Il s’agit de la « LA CONVERGENCE CULTURELLE ». Ce concept a pour ambition de tenir compte de la constante évolution de l’impact du flux migratoire au Québec et de l’émergence culturelle grandissante des communautés des Premières Nations.

Troisième point : RACISME SYSTÉMIQUE

Lors de l’émission du 2 octobre 2022 à Tout le monde en parle, Carol Dubé (l’époux de Joyce Echaquan) et Patrick Martin-Ménard (avocat) ont évoqué le drame qu’a vécu Joyce Echaquan qui est morte quelques heures après avoir publié sur Facebook une vidéo dans laquelle on la voyait souffrante et victime d’insultes racistes de la part de membres du personnel hospitalier.

Selon Régis Labeaume qui participait à cette émission, ce drame est une illustration du RACISME SYSTÉMIQUE : « La tragédie entourant le décès de Joyce Echaquan est la preuve que le racisme systémique existe. Le nier est incroyable. (…) Le racisme systémique, c’est un environnement social où on diminue des gens du regard, comme les Afro-Américains le vivent aux États-Unis. C’est ça qui est systémique. Ce n’est pas que l’organisation gouvernementale décide qu’il y a (ou non) du racisme. »

Selon Carol Dubé, « Nier le racisme systémique est nourrir le racisme. »

Quatrième point : UN PROBLÈME SYSTÉMIQUE

Ces jours-ci, il est souvent question du scandale à Hockey Canada. Le professeur André Richelieu, de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM fait appel à une réflexion plus large entourant la culture du hockey. Le problème, dit-il, « m’apparaît systémique ». « On ne le réglera pas en se focalisant uniquement sur Hockey Canada et en faisant de ce dernier un bouc émissaire pour se donner bonne conscience. Le problème est sans doute beaucoup plus large », affirme M. Richelieu. (Source : Trudeau hausse le ton, Canadian Tire coupe les ponts)

En fait, il s’agit de la « culture du silence » où les langues se taisent pour s’autoprotéger ou pour tolérer l’intolérable. Les pratiques maffieuses en sont un bel exemple.

Cinquième point : LE « PRINCIPE DE JOYCE »

Le conseil des Atikamekw de Manawan et le conseil de la Nation atikamekw ont remis le 16 novembre un mémoire intitulé « Principe de Joyce » au cabinet du premier ministre François Legault.

Énoncé du principe de Joyce

Le Principe de Joyce vise à garantir à tous les Autochtones un droit d’accès équitable, sans aucune discrimination, à tous les services sociaux et de santé, ainsi que le droit de jouir du meilleur état possible de santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle.

Le Principe de Joyce requiert obligatoirement la reconnaissance et le respect des savoirs et connaissances traditionnels et vivantes des autochtones en matière de santé.

Le gouvernement québécois reconnait qu’il y ait du racisme dans la société, mais refuse d’accepter que ce soit une composante systématique incrustée dans l’appareil gouvernemental.

Lors de la récente campagne électorale, le premier ministre François Legault a mis en valeur les mesures instaurées à l’hôpital de Joliette pour contrer le racisme contre les Atikamekw. Il a ajouté qu’il « ne fallait pas jouer sur les mots ». Mais, les mots ont une grande importance.

Cette reconnaissance permettrait :

  1. D’établir une meilleure réciprocité de Nation à Nation (les Québécois et les Atikamekw).
  2. De progresser vers l’interculturalisme (ou la convergence culturelle) et vers l’émergence d’une hospitalité solidaire avec l’acceptation d’une dépendance réciproque comme fondement identitaire.
  3. De briser le cycle du silence qui engendre le racisme systémique.

Sixième point : QUÉBÉCOIS DE SOUCHE (?) ET LES NOUVEAUX ARRIVANTS OU IMMIGRANTS

Les nouveaux arrivants ou les immigrés connaissent-ils les traumatismes historiques des Québécois que l’on qualifie ‘de souches’, c’est-à-dire les Canadiens français devenus des Québécois ?

Que connaissent les Québécois des traumas vécus par les immigrés : fuite de pays en guerre, difficultés d’intégration au Québec, le difficile apprentissage de la langue française ?

Il y a de part et d’autre beaucoup d’ignorance malgré la longue présence de vagues successives d’immigrés : Français, Italiens, Grecs, Haïtiens, Irlandais, Anglais, etc.

Sur ce sujet, je vous invite à regarder un court métrage de 25 minutes produit par OURHQ Studios de Serine Bentaya intitulé immiGRANDS (également disponible sur YouTube)

Or, il y a peu de chance que les Québécois de souche puissent construire avec les immigrés une HOSPITALITÉ SOLIDAIRE sans connaître en premier lieu le vécu de nos ancêtres réciproques qui ont façonné des identités personnelles et culturelles extrêmement variées. Mais, en partageant nos drames collectifs, il y a une chance de favoriser petit à petit l’acceptation de nos dépendances réciproques comme nouveau fondement identitaire ICI AU QUÉBEC.

BREFS JALONS HISTORIQUES DES QUÉBÉCOIS DE SOUCHE

  1. Arrivée de premiers Français en 1534 avec Jacques Cartier.
  2. Établissement d’une colonie autour de 1608 à Québec.
  3. Conquête anglaise en 1759 avec la défaite aux plaines d’Abraham à Québec.
  4. Répression armée du régime anglais contre les patriotes en 1837.
  5. Émancipation collective des ‘Canadiens-français’ avec la Révolution tranquille entre 1960 et 1975 et l’émergence de l’identité ‘québécoise’.
  6. Échec de deux référendums sur l’indépendance; 1980 et 1995.
  7. Le multiculturalisme adopté et incorporé dans la nouvelle constitution canadienne de 1982.
  8. Seconde élection d’un gouvernement caquiste le 3 octobre 2022.

ET LES NOUVEAUX ARRIVANTS

  1. D’une grande diversité de cultures, de races, de langues, etc.
  2. Comment et pourquoi les accueille-t-on au Canada, au Québec ? Est-ce par besoin de mains-d’œuvre seulement ? Pour quoi d’autre ?
  3. Les Québécois de souche les connaissent-ils ?
    Lire le lien suivant du journal La Presse du 9 octobre 2022 pour mieux comprendre : Qui sont les immigrants au Québec ?

ET LES AUTOCTHONES

  1. Les perceptions commencent à changer depuis quelques années : reconnaissance de l’État et des Églises des politiques désastreuses des tentatives d’assimilation des enfants dans les pensionnats. Des efforts sur le chemin de la réconciliation sont déployés.
  2. Ces communautés sont elles-mêmes d’une grande diversité : langues, coutumes, etc.
  3. Malgré leur poids démographique minoritaire, leur taux de natalité est très élevé. Que leur réserve l’avenir ?

Septième point : CONDITIONS POUR LE SUCCÈS D’UNE HOSPITALITÉ SOLIDAIRE

Les Québécois de souche font face à d’immenses peurs liées à leur histoire et leur statut minoritaire francophone. Que connaissent-ils des nouveaux arrivants, sinon des stéréotypes discriminatoires ? Exemple : le voile musulman (référence : Vers une respectueuse neutralité religieuse). Le nœud du problème n’est pas vraiment le voile, mais l’Islam radical.

Propositions :

  • Accepter nos dépendances réciproques comme nouveau fondement identitaire. C’est une longue et exigeante entreprise.
  • Voter de nouvelles lois gouvernementales sont nécessaires, comme la reconnaissance du Principe de Joyce.
  • Reconnaitre que la diversité de notre patrimoine religieux mondial est une richesse spirituelle commune.

Huitième point : VERS UNE SPIRITUALITÉ INTERCULTURELLE OU DE LA CONVERGENCE CULTURELLE

Tout comme les éléments culturels propres aux peuples, le patrimoine religieux mondial est une richesse universelle à partager sur le chemin d’une hospitalité solidaire. Comment pouvons-nous alors intégrer la spiritualité de l’interculturalité dans notre quotidien ?

  1. Nous devons être prêts à changer notre regard et nos modes de perception.
    a) En développant une démarche constructive.
    b) En considérant l’autre personne ou l’autre groupe comme une source de complémentarité.
    c) En appréciant l’autre comme un don pour moi, non pas une menace. Une communauté interculturelle devient ainsi un don pour tous.
  2. Nous devons valoriser la diversité qui est voulue par Dieu.
    a) À l’exemple de Moïse qui doit se déchausser pour pénétrer dans le lieu sacré de la rencontre, nous aussi, nous nous déchaussons de nos préjugés pour prioriser la spiritualité de l’interculturalité.
    b) Nous sommes tous les enfants d’un même créateur.
    c) La diversité est un don de Dieu.
    d) La diversité est suscitée par l’Esprit de Dieu.
  3. Nous devons chercher à tendre vers la spiritualité de communion.
    a) Pour bien jouer son rôle, l’Église devrait avant tout être la maison ou l’école de la communion.
    b) À privilégier : le regard du cœur, l’attention à l’autre, la capacité de voir le positif chez l’autre (personne ou groupe) et partager les fardeaux.
  4. Nous devons construire la fraternité (référence : 1 Jean, 4,20).
    a) En élargissant notre « cercle de fraternité »
    b) En devenant des LIEUX D’HOSPITALITÉ SOLIDAIRES en privilégiant le vrai dialogue et la construction progressive d’une spiritualité interculturelle dans l’accueil de l’autre.

Intéressants liens : VIIe Congrès des responsables des religions mondiales et traditionnelles. LE PAPE FRANÇOIS AU KAZAKHSTAN

Neuvième point : VERS UNE VISION UNIVERSELLE

Nous nous sommes limités à la problématique vécue ici, au Québec. Cependant, au niveau planétaire, nous faisons face à des défis de très grande envergure. Notre planète peut-elle devenir un LIEU D’HOSPITALITÉ SOLIDAIRE MONDIAL ?

Quels sont les problèmes en perspective qui nous affectent tous : changement climatique, immigration climatique, confrontation entre pays pour le contrôle de l’eau potable, impact de nouvelles pandémies, diminution des droits de la personne sous des régimes dictatoriaux, polarisation des idéologies politiques et religieuses par l’extrémisme et le fondamentalisme.

Au niveau planétaire, serons-nous un jour capables d’accepter une dépendance réciproque comme fondement identitaire regroupant tous les peuples, toutes les nations et toutes les religions ?

LE CHŒUR DE COMPLIES DE MONTRÉAL CHANTERA À L’ÉGLISE SAINT-PIERRE-APÔTRE

Le Chœur de complies de Montréal (s.e.n.c.) chantera complies le dimanche 16 octobre à 21h à l’église Saint-Pierre-Apôtre (1201, rue de la Visitation, Montréal). 

Matthieu Latreille et Francine Nguyen-Savaria

Le Chœur de complies de Montréal est un ensemble vocal semi-professionnel sous la direction de Matthieu Latreille et Francine Nguyen-Savaria. Le couple a eu l’occasion d’assister à complies durant leurs années à Los Angeles ainsi qu’au Royaume-Uni. Ils souhaitent partager ce trésor de la tradition catholique avec la population de la région métropolitaine.

On appelle « complies » le dernier office de la liturgie des Heures qui est chanté par les Chrétiens depuis des siècles. Il « complète » la journée comme son nom l’indique. L’office doit une grande partie de sa forme actuelle à saint Benoît. Les complies sont chantées quotidiennement dans les monastères et aussi dans de nombreuses églises et cathédrales.

Le répertoire comprendra du chant grégorien, du plain-chant en français et de la musique de la Renaissance. Le tout sera chanté a cappella, c’est-à-dire sans accompagnement instrumental.

« C’est une magnifique rencontre avec le sacré », dit Francine Nguyen-Savaria qui chantera comme mezzo-soprano dans l’ensemble. « On peut participer simplement en écoutant et en se laissant prendre par la sérénité de l’office. Mon expérience personnelle de complies entièrement chantées est celle d’un office qui apaise et libère. »

Les offrandes recueillies à la sortie serviront à soutenir la paroisse Saint-Pierre-Apôtre et aideront le Chœur à couvrir ses dépenses.

Source : Matthieu Latreille, (438) 921-0920 – RMLatreille@gmail.com

The Montreal Compline Choir (G.P.) will sing the office of compline (in French) on Sunday, October 16th at 9 p.m. at the Church of St. Peter the Apostle (Église Saint-Pierre-Apôtre, 1201 rue de la Visitation, Montreal.)

The Montreal Compline Choir is a semi-professional vocal ensemble under the direction of Matthieu Latreille and Francine Nguyen-Savaria. The couple had the opportunity to attend Compline during their years in Los Angeles as well as in the United Kingdom. They wish to share this treasure of the Catholic tradition with the people of the metropolitan area.

The last office of the Liturgy of the Hours, which has been sung by Christians for centuries, is called “compline.” It “completes” the day as its name suggests. The Office owes much of its current form to Saint Benedict. Compline is sung daily in monasteries and also in many churches and cathedrals around the world.

The repertoire will include Gregorian chant, plainsong in French and music from the Renaissance era. Everything will be sung a cappella, i.e. without instrumental accompaniment.

« It is a beautiful encounter with the sacred,” says Francine Nguyen-Savaria, who will sing in the ensemble as a mezzo soprano. “One can participate simply by listening and letting the serenity of this service touch us. My personal experience of Compline is that of a service that both comforts and frees us.”

The offerings collected will be used to support the parish of Saint-Pierre-Apôtre and will help the Choir in covering its expenses.

Le Pape François au Kazakhstan

Du 13 au 15 septembre 2022, le pape François s’est rendu à Nur-Sultan, anciennement Astana, capitale du Kazakhstan. Il a pris part au VIIe Congrès des responsables des religions mondiales et traditionnelles.

Table ronde avec 80 responsables de délégations composées de chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, indouistes, taoïstes, zoroastrismes et shintoïstes. Selon le pape François, tous ces représentants sont filles et fils du même ciel.
Étienne Loraillère

Présenté par Étienne Loraillère le 14 septembre 2022 sur KTO

L’IMPORTANCE DES RELIGIONS

Le monde a besoin de religions authentiques, éveillées et d’esprit lucide. Il faut que les religions prennent leur place dans nos sociétés.

Selon le pape François, « l’heure est venue de se réveiller de ce fondamentalisme qui pollue et corrode toutes les croyances, l’heure de rendre le cœur limpide et compatissant. Mais il est également temps de laisser aux seuls livres d’histoire les discours qui, trop longtemps, ici et ailleurs, ont inculqué suspicion et mépris à l’égard de la religion, comme s’il s’agissait d’un facteur de déstabilisation de la société moderne. 

Les religions ne sont pas un problème mais une partie de la solution pour une coexistence plus harmonieuse.

La recherche de la transcendance et la valeur sacrée de la fraternité peuvent inspirer et éclairer les choix à prendre dans les choix géopolitiques, sociaux, économiques, écologiques et même venir au secours des démocraties en péril. La liberté religieuse en est une condition. Cette liberté est un droit fondamental, primaire et inaliénable qu’il faut promouvoir partout et qui ne peut se limiter à la seule liberté de culte. Elle est en effet un droit de toute personne de témoigner publiquement de sa croyance : de la proposer sans jamais l’imposer. »

Grande célébration eucharistique en plein air sur le site futuriste de l’exposition universelle de 2017 situé à Nur-Sultan, la capitale du Kazakhstan.

TÉMOIGNER SANS JAMAIS IMPOSER

La guide touristique que j’ai rencontrée hier à la basilique Notre-Dame-du-Cap à Trois-Rivières m’a confié que les pèlerins ont beaucoup diminué depuis le début de la pandémie de la Covid-19. Mais, cette pandémie n’explique pas tout. La chute de la pratique religieuse, particulièrement au sein de l’Église Catholique, a chuté dramatiquement non seulement chez les francophones au Québec mais aussi en Irlande et en Pologne.

Sans être identique, il est juste de penser qu’il y a beaucoup de similarité dans la forme de pratique religieuse de ces trois bastions catholiques traditionnels. N’y a-t-il pas eu une forme d’imposition de la « pratique religieuse » associée à l’identité nationale ?

J’ai élaboré ce thème dans deux précédents articles : MA RÉVOLUTION TRANQUILLE et MA RÉVOLUTION TRANQUILLE, SUITE.

Je suis heureux que le pape François ait insisté, lors de son voyage au Kazakhstan, sur les droits des croyants qui doivent être respectés tout en s’abstenant d’imposer une religion, où que ce soit. S’adressant à la petite communauté catholique du Kazakhstan, le pape leur a souligné qu’ : « Il y a une grâce cachée en étant une petite Église, un petit troupeau ; au lieu de faire l’étalage de notre force, de notre nombre, de nos structures et de toute autre forme d’importance humaine, nous nous laissons conduire par le Seigneur et nous nous tenons humblement aux côtés des personnes. Riches en rien et pauvres en tout, nous marchons avec simplicité, proches des sœurs et des frères de notre peuple, apportant la joie de l’Évangile dans les situations de la vie. »

La crise des vocations dans l’Église catholique du Québec francophone et la chute vertigineuse de la pratique sacramentelle sont des opportunités et des signes de Dieu sur le chemin d’une spiritualité renouvelée dans le quotidien de la vie mais teintée aux couleurs de l’Évangile; témoigner sans jamais imposer.

Lettre aux amis: collaborateur depuis 50 ans

Il y a déjà plus de 50 ans que je collabore aux publications de notre société missionnaire», confie le missionnaire Julien Cormier dans Lettre aux amis, une publication des Missionnaires d’Afrique.

RÉDIGÉ PAR AMéCO

«Vers 1971-72, à Québec, j’apportais quelques idées de mise-en-page au père Adrien Fontaine, alors rédacteur du Bulletin des Pères Blancs d’Afrique, diffusé à 50,000 exemplaires dans tous les milieux du Québec, des Maritimes, de l’Ontario, de l’Ouest canadien.»

«En 1975, je vins m’initier au journalisme dans l’équipe de rédaction du nouveau magazine Mission des Missionnaires d’Afrique. Parmi les publications d’importance, il y avait alors celles des Missions ÉtrangèresLe Précurseur des Sœurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception, Univers de la Propagation de la Foi, Apostolat des Oblats de Marie-Immaculée. Nous avons renouvelé le genre annales missionnaires.»

Le mémorial de Mandela à Howick

Serge St-Arneault, MAfr

J’ai eu la chance de me rendre en Afrique du Sud au mois de janvier 2014. À environ 24 km de Pietermaritzburg, la capitale du KwaZulu-Natal (482 km de Pretoria), se trouve un musée dédié au légendaire Nelson Mandela (1918-2013). À l’origine, il s’agissait d’une ferme située à 5 km de la ville de Howick sur la route R103. C’est là que Nelson Mandela a été arrêté le 5 août 1962 après 17 mois de cavale. Il fut ensuite condamné et emprisonné pendant 27 ans avant de devenir président de l’Afrique du Sud.

Le mémorial qui lui est dédié est remarquable à plusieurs égards. En plus du vaste musée situé au haut de la colline, un sentier mène les visiteurs en direction de la route où Mandela fut arrêté.

À première vue, s’élève une étrange sculpture. Le site ressemble à un bosquet de tiges de fer. En se rapprochant, elles laissent progressivement apparaitre le profil de Mandela.

Cette sculpture, l’œuvre de Marco Cianfanelli et de Jeremy Rose, souligne le 50e anniversaire de l’arrestation de Mandela. Elle est composée de 50 colonnes métalliques coupées au laser variant de 6 à 9.5 mètres.

L’article ci-haut est publié dans La lettre aux Amis, septembre 2022. La page couverture montre la gigantesque statue de Nelson Mandela placée devant The Union Buildings, c’est-à-dire le parlement sud-africain à Pretoria. Sans la clairvoyance de Mandela, le pays aurait sombré dans une guerre civile inter-ethnique. Mandela est considéré comme le père de la nation dite arc-en-ciel qui unit tous les Sud-Africains.

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Paroles de sagesse de Nelson Mandela

I dream of an Africa which is in peace with itself.

Je rêve d’une Afrique en paix avec elle-même.

Money won’t crate success; the freedom make it will.

L’argent ne créera pas le succès, ce sont les affranchis qui le feront.

It is never my custom to use words lightly. If 27 years in prison have done anything to us, it was to use the silence of solitude to make us understand how precious words are and how real speech is in its impact on the way people live and die.

Je n’ai jamais l’habitude d’utiliser les mots à la légère. Si 27 ans de prison nous ont fait quelque chose, c’est d’utiliser le silence de la solitude pour nous faire comprendre à quel point les mots sont précieux et à quel point la parole est réelle dans son impact sur la façon dont les gens vivent et meurent.

Gros plan de la statue de Nelson Mandela placée devant The Union Buildings

Soutanes noires et la croix

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Je peux compter sur mes dix doigts le nombre de fois que j’ai porté un col romain depuis mon ordination sacerdotale le 28 juin 1987. J’ai conservé une photo, en souvenir. En revanche, Dieu merci, je n’ai jamais porté une soutane noire quoique je suis bien fier de porter occasionnellement ma gandoura.

En compagnie d’André Duchesneau, maire de La Tuque, en 1987.

Portant ma gandoura en compagnie de Papa Diop, sénégalais

Je mentionne la soutane noire que les curés portaient autrefois, semblable aux habits religieux chez les Sœurs et les Frères, à la suite du témoignage d’une autochtone dans les médias : « Je n’ai eu que du dégout, dit-elle, lorsque j’ai vu ces soutanes noires », en référence avec les membres du clergé qui accompagnaient le pape François lors de sa récente venue en sol canadien.

Pour elle, ce vêtement est synonyme d’agression. Elle en garde un mauvais souvenir. Elle a aussi ajouté que le symbole de la croix représentait l’oppression.

Symbole des premiers chrétiens

La croix n’était pourtant pas le symbole des premiers chrétiens. « Ils utilisaient plutôt les symboles du poisson et des pains en souvenir de la multiplication de ces aliments par Jésus, représentant du même coup le rassemblement eucharistique ainsi que la présence du Christ ressuscité. Le symbole du poisson était accompagné des lettres « ICHTUS » (ἰχθύς) qui peuvent se traduire par « Jésus Christ, Fils de Dieu Sauveur. (1) »

Que faut-il donc faire maintenant au sujet des croix qui font partie du patrimoine culturel du Québec ? Faut-il les enlever de tous les lieux publics comme cela s’est fait à l’Assemblée nationale ?

De fait, il y a eu deux croix. La première datait de 1936 et la second de 1982. Elles sont maintenant réunies et bien visibles près de la porte d’entrée du Salon Bleu (2) que j’ai visité en 2019.

La question suscite beaucoup de controverses comme c’est le cas pour les statues des colonialistes qui sont périodiquement déboulonnées. Que devrions-nous faire des croix comme celle du Mont-Royal (3) qui est devenu une marque de commerce de la Ville de Montréal, visible sur de nombreuses publicités touristiques (4) ?

De plus, des croix surplombent de nombreuses montagnes comme celle à La Tuque où j’ai grandi.

Photos de Simon Pageau, 2021

Le récent voyage apostolique du pape François au Canada se voulait être ‘pénitentiel’, une demande de pardon pour les sévices infligés aux enfants et familles des Premières Nations. La réussite de ce voyage se démontrera avec les suites qui naîtront de cette audacieuse tentative de réconciliation.

Lors de son passage à Québec, le pape François a souligné qu’il serait erroné d’être nostalgique d’un monde sacralisé, d’une société d’autrefois où l’Église et ses ministres avaient plus de pouvoir et d’importance sociale. Selon lui, « la diminution de l’importance sociale de l’Église ou la perte de richesse matérielle et de privilèges demande de réfléchir aux changements dans la société qui ont influencé la façon dont les gens pensent et organisent leur vie (5). »

Toujours selon le pape François, il s’agit de construire une Église « humble, douce, miséricordieuse, qui accompagne les processus, qui travaille avec détermination et sérénité à l’inculturation, qui valorise chacun et chaque diversité culturelle et religieuse. »

Et le symbole de la croix alors ?

Les Premières Nations ont été progressivement dépossédées et relayées dans des ‘réserves’ (6). Pouvons-nous réparer les tords qu’elles ont subit ? Pouvons-nous considérer la demande des femmes mohawks de retirer la croix du Mont-Royal ? Oserions-nous nous déposséder à notre tour d’un puissant symbole qui représente le sacrifice de Jésus-Sauveur ? Ne devons-nous pas nous déposséder de ce puissant symbole comme signe tangible de réconciliation si celui-ci représente l’oppression ?

Pour éviter de sombrer dans une forme de « catholicisme bashing » comme nous subissons souvent le « Québec bashing » au Canada, nous pourrions prendre librement, en tant qu’Église Catholique, l’initiative de revisiter nos symboles publics, éventuellement les modifier, dans le but, toujours selon le pape François, de « promouvoir des relations fraternelles avec tous, avec nos frères et sœurs autochtones, avec chaque sœur et frère que nous rencontrons, parce que dans le visage de chacun se reflète la présence de Dieu. »

La tombe de Maurice Le Noblet Duplessis (1890-1959)

Maurice Le Noblet Duplessis, autrefois Premier Ministre du Québec, décédé le 7 septembre 1959 à Schefferville, est enterré au cimetière Saint-Louis à Trois-Rivières. Sa pierre tombale est particulièrement représentative d’une époque où le politique, le social et le religieux cohabitaient étroitement.

Mais, pourquoi y avoir érigé une si grande croix ? Certes, d’autres pierres tombales portent une croix, mais pas aussi volumineuse. Je présume qu’à cette époque, socialement parlant, un personnage d’État méritait qu’on souligne son statut avec une plus grande croix.

Aujourd’hui, notre sensibilité n’est plus la même. La pierre tombale de René Lévêque au cimetière Saint-Michel de Sillery à Québec ne porte aucune trace d’une croix. Voilà la nouvelle normalité.

Tout compte fait, il est périlleux de retirer les symboles du passé même si elles évoquent l’oppression. Une blessure ne doit pas en engendrer une autre. Cependant, nous bénéficierions tous de revisiter respectueusement le pouvoir des symboles qui ont façonné et qui façonnent différemment maintenant notre vie collective et publique.

Le génocide culturel

Le drame vécu par l’ensemble des Premières Nations est plus profond que les symboles rattachés aux soutanes noires ou aux croix. Il est reconnu que le gouvernement fédéral a mis en place un système de suppression des éléments culturels de ces populations avec le consentement des Églises (Catholiques et Anglicanes). Il s’agit d’une tentative d’assimilation et de génocide culturel. La question est de savoir pourquoi les Églises ne se sont pas opposées à cette idéologie. Le prix à payer pour cette collaboration entre l’État et l’Église est maintenant très lourd.

Prêtre incognito

Je considère la laïcité comme une bénédiction. Mon identité est intimement liée à mon engagement comme prêtre missionnaire. Je suis également heureux de ne pas devoir m’identifier par un habit religieux ou un col romain, sauf pour des fonctions pastorales comme la célébration de la messe.

La séparation de l’État et de l’Église est aussi une bénédiction. Historiquement, l’Église Catholique, tout comme les autres Églises, a tiré profit du pouvoir qu’elle exerçait, même au nom du service évangélique commandé par Jésus.

La diminution du nombre de prêtres et la disparition des certaines communautés religieuses sont également une bénédiction. Les croyants chrétiens catholiques, laïcs et religieux, ont une chance historique pour renouveler la profondeur de leurs expériences spirituelles et d’en témoigner sans recherche de prestige, égaux avec toutes les personnes de bonne foi de toutes les orientations spirituelles et religieuses. L’avenir de nos communautés croyantes et non-croyantes s’oriente vers l’interculturalité, une notion qui affirme que notre diversité culturelle est une richesse, non une menace.

Vers une spiritualité interculturelle

Comment pouvons-nous intégrer la spiritualité de l’interculturalité dans notre quotidien ?

  1. Nous devons être prêts à changer notre regard et nos modes de perception.
    • En développement une démarche constructive.
    • En considérant l’autre personne ou l’autre groupe comme une source de complémentarité.
    • En appréciant l’autre comme un don pour moi, non pas une menace.
    • Ainsi, une communauté interculturelle devient un don pour tous.
  2. Nous devons valoriser la diversité qui est voulue par Dieu.
    • À l’exemple de Moïse qui doit se déchausser pour pénétrer dans le lieu sacré de la rencontre, nous aussi, nous nous déchaussons de nos préjugés pour prioriser la spiritualité de l’interculturalité.
    • Nous sommes tous les enfants d’un même créateur.
    • La diversité est un don de Dieu.
    • La diversité est suscitée par l’Esprit de Dieu.
  3. Nous devons chercher à atteindre ou tendre vers la spiritualité de communion.
    • Pour bien jouer son rôle, l’Église devrait avant tout être la maison ou l’école de la communion.
    • À privilégier : le regard du cœur, l’attention à l’autre, la capacité de voir le positif chez l’autre (personne ou groupe) et partager les fardeaux.
  4. Nous devons construire la fraternité (référence : 1 Jean, 4,20).
    • En élargissant notre « cercle de fraternité »
    • En devenant des LIEUX D’HOSPITALITÉ SOLIDAIRES en privilégiant le vrai dialogue et la construction progressive d’une spiritualité interculturelle dans l’accueil de l’autre.

(1) Contempler le crucifié, par Serge St-Arneault, Espace Perso de Serge, 21 mars 2021.

(2) La médaille de l’Assemblée nationale aux victimes de polytechnique, par Serge St-Arneault, Espace Perso de Serge, 6 décembre 2019.

(3) Montréal remise son crucifix, mais gardera la croix du Mont-Royal, Pierre-André Normandin, La Presse, 21 mars 2019.

(4) Site Web : FOODIES! : Découvrez la nouvelle carte illustrée des meilleurs restaurants de Montréal!

(5) François : la sécularisation, « un défi pour notre imagination pastorale ». Texte de Adélaïde Patrignani, Cité du Vatican, 29 juillet 2022.

(6) Selon Wikipédia, au Canada, une réserve indienne (en anglais : Indian reserve) est une partie des terres de la Couronne mise « à l’usage et au profit » d’un groupe autochtone membre des Premières Nations.