Lors de sa conférence du lundi 16 février, tenue au pavillon Laurentienne de l’Université Laval, les orateurs ont examiné l’évolution historique de la Révolution tranquille, tout en analysant les défis contemporains liés à la laïcité au Québec.
Jean-Samuel Lapointe
Jean-Samuel Lapointe situe la Révolution tranquille entre le décès du premier ministre Maurice Duplessi, en 1959, et la fin de l’État-providence, en 1983. Cet épisode est cependant intimement lié à toute l’histoire du Québec. De la Nouvelle-France, identifiée à « Une foi, une loi, un Roi », à la guerre de la Conquête, puis au traité de Québec (1774), à l’Acte d’Union (1840) et, finalement, à l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (1867), l’Église catholique a joué un rôle important, allant même jusqu’à s’immiscer dans les affaires sociales et culturelles.
D’autres moments historiques ont pavé le chemin du peuple canadien-français : la survivance, la revanche des berceaux, la Jeunesse étudiante catholique (JEC), le Refus global, pour aboutir à la réforme de l’éducation avec l’apparition des polyvalentes, des Cégeps et du réseau de l’Université du Québec. Sans oublier la Loi 101 sur la Charte de la langue française et l’émancipation des femmes.
Jean-Philippe Perreault
Jean-Philippe Perreault pose une question cruciale : « Que manque-t-il dans les débats actuels sur la laïcité ? » La réponse est simple : on évite soigneusement de mentionner la « religion ». Le gouvernement légifère sans considérer les groupes religieux comme des interlocuteurs légitimes.
Cela me fait penser au commentaire du rabbi Reuben Poupko, qui soulignait qu’au Québec, cela (la séparation de l’Église et de l’État) en Amérique du Nord, à l’exception du Québec, signifie que nous protégeons la religion de l’intervention du gouvernement. » « Au Québec, cela signifie que nous protégeons le gouvernement de l’intervention de la religion1. »
Selon Perreault, la laïcité ne se définit pas comme un concept impartial. Elle est plutôt une entité concrète qui prend forme dans un contexte culturel donné. Elle constitue un élément central des sociétés et une réponse à l’absence de sens. Il est crucial que la laïcité accueille favorablement d’autres quêtes de sens, telles que celles proposées par les croyances religieuses. La laïcité doit assurer la diversité.
En réalité, au Québec, la religion est souvent considérée comme une affaire personnelle et intime, reléguée à la sphère privée. Cependant, la religion est avant tout un phénomène social qui façonne une vision particulière du monde. Même dans un contexte de sécularisation croissante, la religion ne peut pas être réduite à une relique insignifiante et marginale. Sinon, la laïcité perd son caractère de neutralité et devient elle-même une sorte de religion.
Il est donc essentiel de protéger la liberté de conscience des croyants et des non-croyants. Or, au Québec, on observe un paradoxe : la laïcité est utilisée comme un outil de propagande politique.
“One of the difficulties of this conversation is that when you use the expression ‘separation of church and state’ anywhere in North America, besides Quebec, it means we will protect religion from the intervention of government,” Poupko said. “In Quebec, it means we will protect the government from the intervention of religion.” Rabbi Reuben Poupko↩︎
Sous la présidence d’honneur du peintre Gabriel Landry originaire de Natashquan et résident de Longueuil
Longueuil, le 16 février 2026
Lancée à l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs, c’est le samedi 7 février dernier qu’avait lieu, à Montréal, le vernissage de l’exposition collective Divers Cités.
Tout en favorisant le dialogue interculturel et la visibilité des artistes issus de la diversité, cette exposition collective vise également à souligner le lancement d’une dizaine d’autres expositions d’arts visuels, qui seront présentées d’ici le 30 juin prochain dans des galeries d’art et des musées de Montréal.
Ces expositions ont lieu dans le cadre du 30 ème Rallye-Expos Vues d’Afrique 2026, lequel se déroule cette année sous la présidence d’honneur du peintre Gabriel Landry, originaire de Natashquan et résident de Longueuil. Présentée par le collectif Nouvim-Arts Expos, l’exposition Divers Cités à laquelle Gabriel Landry participe également comme artiste exposant et qui regroupe une vingtaine d’autres artistes, se poursuit jusqu’au 14 mars prochain, au Centre NA-RIVÉ situé au 6971 de la rue Saint-Denis à Montréal (QC) H2S 2S5.
L’exposition Divers Cités est ouverte au public les vendredis et samedis de 11:00h à 17:00h.
Le vernissage de l’exposition Divers Cités auquel ont assisté quelque 125 personnes, s’est déroulé en présence de plusieurs des artistes exposant.e.s ainsi que du commissaire de l’exposition, Bousmaha Seddiki et du président-fondateur du festival de cinéma Vues d’Afrique, Gérard Le Chêne. S’adressant à titre de président d’honneur du Rallye-Expos aux personnes présentes au vernissage, Gabriel Landry a tenu à souligner que l’honneur qu’on lui attribue dans le cadre de cet événement, revenait avant tout à chacun.e des artistes exposant.e.s ainsi qu’aux visiteur.euse.s de l’exposition.
À cela il ajoutait : « dans l’esprit de toute cette belle diversité d’humains dont nous faisons tous.tes partie, je profite de l’occasion pour citer ce proverbe africain dont l’humanité, à mon sens, a tant besoin qu’on se rappelle : « seul.e on va plus vite, ensemble on va plus loin » ».
Qualifiant son art de « symbolisme-cloisonniste », Gabriel Landry, à travers les tableaux qu’il présente à l’exposition Divers Cités, a tenu entre autres à rappeler cette belle universalité qui lui est si chère et à laquelle il associe son art.
De Natashquan, ce pays de neige et son village d’origine, aux déserts de sables; en passant par le Vivre-Ensemble et la Paix dans le monde, on peut y voir une association entre ces différents thèmes et les tableaux qu’il présente à cette exposition.
Trois de ces œuvres, à titre d’exemples, ont pour titre :
LES GALETS DE MON ENFANCE (un tableau rappelant l’hiver et son enfance à Natashquan).
LA ROSE DU TEMPS (faisant ainsi référence au désert et sa rose des sables)
et PASSERELLE DE LA PAIX (tableau associé au 16 mai – Journée Internationale du Vivre-Ensemble en Paix (JIVEP- 2024)
Un documentaire sur le parcours artistique de Gabriel Landry
Pendant le vernissage de l’exposition Divers Cités, la bande-annonce d’un documentaire était présentée aux visiteurs. Réalisé et produit par Akim Kermiche (AK Médias), ce documentaire, qui a pour titre C’EST DANS LE NOIR QUE LA LUMIÈRE EST LA PLUS BELLE et porte sur le parcours artistique Gabriel Landry, sera présenté à compter de mars prochain dans des endroits tels que : des maisons de la culture, des bibliothèques et autres. Ce même documentaire sera entre autres projeté lors du Festival Portugal International de Montréal (FPIM) 2026 qui se tiendra les 10, 11 et 12 juillet prochains, au 60 de la rue Rachel Ouest, coin Saint-Urbain à Montréal. Pour visionner la bande-annonce, cliquer ici :
À la projection de la bande-annonce du documentaire, s’en est suivi une conférence sur l’art africain contemporain, présentée par DR Fatih BOUZIDA.
Pour plus d’information :
Bousmaha Seddiki, Commissaire aux expositions et Leila Lyadini, Chargée de Projets artistiques
Conférence ce lundi 16 février 2026 de 20h à 22h à la salle Jean-Paul-Tardif (LAU-1334) du pavillon La Laurentienne de l’Université Laval situé au 1030 Av. du Séminaire, Québec, QC G1V 0A6.
Le Dialogue islamo-chrétien de Québec est un groupe citoyen créé à la suite de l’attentat du 29 janvier 2017 à Québec. Dans un contexte marqué par la douleur, l’incompréhension et la peur, des citoyens musulmans et chrétiens ont choisi de se rencontrer, de dialoguer et de bâtir ensemble des ponts durables.
Depuis sa création, notre groupe œuvre à promouvoir le vivre-ensemble, la compréhension mutuelle et le respect entre personnes de différentes confessions. Ces échanges ont permis de tisser des liens solides entre musulmans et chrétiens de la ville de Québec, mais aussi au-delà. Ils ont surtout montré que, malgré nos différences, nous partageons des préoccupations communes, notamment face aux récentes lois sur la laïcité adoptées par le gouvernement du Québec, qui touchent à la fois les citoyens musulmans, chrétiens et d’autres croyants.
Dans un souci de mieux informer la population, en particulier les personnes nouvellement immigrantes, notre comité organise une soirée de conférences intitulée : la laïcité québécoise incluant :
La réaction québécoise face à la religion
Un regard historique et sociologique
Deux conférenciers universitaires y proposeront :
• un éclairage sur la Révolution tranquille et la transformation du rapport des Québécois à la religion ;
• une analyse sociologique des enjeux actuels de la laïcité au Québec.
Cette activité s’adresse tout particulièrement :
• aux personnes issues de l’immigration,
• aux étudiants et étudiantes internationaux,
• aux jeunes adultes,
• et à toute personne qui s’interroge sur la place de la religion dans la société québécoise.
Au plaisir de vous rencontrer, Bernard Westerveld & Imed Jarras, au nom du Dialogue islamo-chrétien de Québec
Nous sommes à Québec depuis une semaine environ, Denis, Jean-Paul et moi. Je vous en reparlerai. Pour le moment, je tiens avant tout à remercier toutes les personnes qui sont venus au Centre Afrika le 27 janvier dernier. Vos récits m’ont profondément ému. Cinquante d’entre vous ont répondu à mon invitation, et je vous remercie du fond du cœur d’avoir été présents. Des personnes ont fait le déplacement depuis Trois-Rivières, comme ma sœur Lucie et son mari Daniel, ainsi que mon cher ami Gervais et sa conjointe Nancy. D’autres ont fait un long trajet depuis Châteauguay, tels que Mouna, Assou et leur fils Adam. D’autres encore sont arrivés de la rive nord, comme Sylvie de Deux-Montagnes, ou de Laval, comme Krysteen et Jean-François. Bien sûr, il y avait une grande représentation de Montréal. Je tiens à remercier chaleureusement Julien Cormier et Franck Billaud pour leurs magnifiques clichés, ainsi que Jay, le fils de mon cher ami André-Man, pour la superbe vidéo.
Julien Cormier, M.Afr, a partagé cet article sur sa page Facebook. Je suis profondément reconnaissant envers Julien pour notre rencontre à l’UQTR en 1976, qui m’a fait connaître les Missionnaires d’Afrique.
3 février 2026. Par Julien Cormier, M.Afr
Cela fait déjà quelques jours que cela traîne, mais, ce soir, une bénévole du Centre Afrika me dit : « Nous n’avons pas encore vu les photos de la fête organisée pour remercier et dire au revoir à Serge ? »
Effectivement, Serge St-Arneault, en collaboration avec Denis Walsh et Jean-Paul Guibila, va s’éloigner de Montréal pour une nouvelle aventure dans le quartier Saint-Roch, à Québec La mission rayonnera dans d’autres quartiers voisins (Vanier et Limoilou) et quelques églises encore ouvertes.
J’aurais aimé fournir plus de détails sur cet engagement de notre société missionnaire, mais je n’ai pas tous les renseignements nécessaires et c’est pourquoi j’ai reporté la publication des photos.
Voici quelques informations sur les trois confrères de l’équipe des Pères Blancs qui s’installeront au 345 rue Monseigneur-Gauvreau, dans une maison construite pour les ouvriers d’une usine de la basse-ville vers 1910-1920 :
— Jean-Paul Guibila, né en 1971 au Burkina Faso, a œuvré en tant que missionnaire au Congo, au Mexique et à Rome.
— Denis Walsh (1958) est originaire de Valleyfield. Il est revenu au pays en juillet dernier après une vingtaine d’années passées en mission au Burkina Faso.
— Serge St-Arneault (1955) est originaire de La Tuque et de Trois-Rivières. Il a été missionnaire en République démocratique du Congo, au Malawi et en Zambie. Pendant les dernières années, il a occupé le poste de directeur du Centre Afrika et a tissé de nombreux liens à Montréal.
Tous et toutes du Centre Afrika se sont donné rendez-vous pour une « dernière cène », un repas d’adieu où chacun a pu témoigner de son affection pour Serge.
L’initiative de fonder une résidence pour les Missionnaires de l’Afrique à Québec vient combler un manque que nous avons ressenti depuis la vente de notre maison du 110, chemin Sainte-Foy, il y a près de décennie. Cette communauté s’établit dans un quartier diversifié et animé, où, tout comme dans le reste du Québec, la présence du monde africain est tangible et où notre société missionnaire compte de nombreux alliés et proches.
Les Pères Blancs ont établi leur première résidence au Canada à Québec en 1901. Depuis, plus de 1000 missionnaires d’Afrique, dont plusieurs provenaient du Québec, sont partis pour l’Afrique. Des « Pères Blancs » et des « Sœurs Blanches » (officiellement connues sous le nom de Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, SMNDA)
Notre « supérieur provincial », Bathélémy Bazémo, a signé une entente avec le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, ce qui assure une base solide à notre engagement dans la pastorale du diocèse de Québec.
À Québec, une nouvelle manière d’être ÉGLISE est en train de naître, s’inspirant de l’enseignement du Pape François. Cette ÉGLISE ne se limite pas à la diffusion de l’enseignement de Jésus et à l’administration des sacrements pour ceux qui les demandent. Elle vise à incarner le mode de vie du Seigneur Jésus et à accueillir tous ceux qui viennent à l’église pour dire « merci mon Dieu », pour célébrer la vie (action de grâces, eucharistie). Elle se distingue en offrant une écoute attentive et un accueil solidaire à tous les membres de la communauté, qu’ils soient chrétiens, musulmans ou non croyants. Cette approche s’inspire de l’expérience réussie de l’Église en Afrique depuis 150 ans et au Centre Afrika de Montréal depuis plus de trente ans.
Un bail immobilier a été conclu avec les Religieuses de Jésus-Marie, qui, pendant plusieurs décennies, ont assuré une mission éducative et sociale dans le voisinage de Saint-Roch.
À Montréal, au Centre Afrika, l’équipe a été relancée après l’interruption de la Covid-19. Elle est composée des Missionnaires d’Afrique Freddy Kyombo, directeur (Congolais RDC, ancien du Mali), assisté de Rita Toutant (du Manitoba, Sœur Blanche, missionnaire infirmière en Tanzanie), de David Gnadouwa (Togolais, ancien de Tunisie), de Francisco Javier Ambrosio Vargas, dit Pako (Mexicain, ancien du Congo). Vous les voyez tous dans les photographies ci-dessous.
Photos de Franck Billaud
Photos de Julien Cormier, M.Afr
Hommage à Serge St-Arneault, M.Afr, appelé à un nouveau projet pastoral à Québec
Le Centre Afrika de Montréal a rendu un hommage émouvant et authentique à son directeur Serge St-Arneault, M.Afr, appelé à un nouveau projet pastoral dans le quartier Saint-Roch, à Québec. De Trois-Rivières à Québec en passant par Malawi, République Démocratique du Congo et Montréal, le Révérend Père Serge St-Arneault est un prêtre de la congrégation des Missionnaires d’Afrique ou Pères Blancs.
Vidéo réalisée par Jay Mombo (mombofilm@gmail.com) et Bella Nasrallay (bellanasrallah7@gmail.com).
Un touchant et un bien bel hommage était adressé à Serge St-Arneault au Centre Afrika le 27 janvier dernier. En effet, Serge va s’éloigner de Montréal pour une nouvelle aventure dans le quartier Saint-Roch avec les Missionnaires « Pères Blancs » d’Afrique.
Toutes celles et ceux qui ont été touché par sa chaleur, sons sens de l’accueil et de l’humour, sa sagesse, son écoute… sont venus saluer Serge.
Parmi ses qualités et spécificités, il y a aussi cette capacité à surmonter tous les défis possibles avec une déconcertante sérénité et confiance. Oui Serge dispose d’une sorte de flegme teinté d’humour qui lui est propre. Chaque témoignage soulignait les présents de sa présence et de tout ce qu’il a apporté à tous ceux qui l’ont côtoyé. Ce qui m’a toujours épaté chez Serge est cette douceur enrobée de détermination ou l’inverse ? Quoi qu’il en soit Serge a su donner avec sa dévouée équipe une belle impulsion de renouveau au Centre Afrika après 2020.
Après dix ans d’absence, les Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) ouvrent une nouvelle résidence à Québec, au cœur d’un quartier reflétant la diversité africaine actuelle. Cette implantation marque le retour aux sources d’une congrégation établie au Canada depuis 1901, et qui a déjà envoyé plus de 1 000 missionnaires sur le continent africain.
Il ne fait aucun doute que Serge va continuer à œuvrer et faire rayonner sa joie autant que les actions des missionnaires. Merci pour tout Serge et à bientôt !
La Fondation du Grand Séminaire de Montréal, en collaboration avec la Fondation Lucien-Labelle, est heureuse de vous convier à la conférence « Et si la science révélait Dieu ? », deuxième rendez-vous d’une série de huit conférences proposées tout au long de l’année, destinées à nourrir la réflexion théologique, pastorale et spirituelle autour des grands enjeux contemporains de l’Église (voir affiche plus bas).
Dans cette conférence, le Dr Nicholas Newman proposera une réflexion sur les liens entre les découvertes scientifiques modernes, qu’il s’agisse de l’origine de l’univers, de la complexité de la vie cellulaire, des mathématiques ou de la conscience humaine, et l’ouverture qu’elles peuvent susciter sur le mystère d’un Créateur.
Né en Angleterre, Le Dr. Newman a étudié la médecine au Manitoba avant de se spécialiser en chirurgie orthopédique à l’Université McGill. Il a exercé sa profession pendant plus de 40 ans à l’Hôtel-Dieu de Montréal, puis au CHUM (Centre hospitalier de l’Université de Montréal). Professeur agrégé, il a également enseigné et mené des travaux de recherche tout au long de sa carrière. Depuis son enfance, il nourrit un profond intérêt pour la nature, la science et la question du sens, qui l’ont conduit à s’interroger sur l’existence du Créateur.
La conférence est offerte gratuitement, en présentiel au Grand Séminaire, ainsi qu’en diffusion en direct sur YouTube. Les personnes présentes sur place auront l’occasion d’échanger avec le conférencier dans un cadre convivial, autour d’un café, et de découvrir le Séminaire.
Date et heure : 28 février 2026 à 14 h, accueil dès 13h45
Participation en personne : Salle de conférence du Grand Séminaire de l’Archidiocèse de Montréal (GSAM), 6895 rue Boyer Montréal
Participation en virtuel : Diffusion en direct sur YouTube. Le lien sera envoyé suite à l’inscription.
Cérémonie solennelle à l’invitation du maire de Québec, Bruno Marchand
J’ai été invité par le maire de Québec, Bruno Marchand, pour assister à une cérémonie solennelle en mémoire des six victimes de la tuerie du 29 janvier 2017 à la Grande Mosquée de Québec. Organisé pour la première fois sous l’égide de la Ville de Québec, l’événement a eu lieu dans l’ancien hôtel de Ville de Sainte-Foy. Environ 150 personnes étaient présentes en présence des familles des victimes et de nombreux dignitaires.
Dans le hall d’entrée, j’ai eu un entretien avec le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, au sujet du programme d’achat des armes d’assaut. Le processus est en marche, m’a-t-il dit. Il est confiant que la majorité des propriétaires d’armes à feu prohibées, en tant que bons citoyens soucieux de se conformer aux lois, profiteront du programme.
Tout juste avant le début de la cérémonie officielle, je me suis approché de Bruno Marchand.
— Bonjour, Monsieur le Maire. Nous nous sommes rencontrés l’année dernière à la Grande Mosquée.
— En effet. Aujourd’hui ! J’ai trois bonnes nouvelles à vous annoncer. La première est que je suis un nouveau citoyen de la Ville de Québec depuis hier matin.
— C’est très bien.
— La deuxième est que je suis un résident du quartier St-Roch.
Ses yeux se sont ouverts dans l’attente de la troisième nouvelle.
— Je suis l’un des trois nouveaux pasteurs de l’église St-Roch. Nous habitons tout près de l’église.
— Wow ! Nous aurons l’occasion de nous revoir. Bienvenue à Québec.
De son allocution, je retiens surtout l’insistance qu’il a accordée sur notre devoir de construire le vivre ensemble dans le respect mutuel. C’est d’ailleurs ce que le journaliste Taïeb Moalla du Journal de Québec a relevé : « Selon lui (Bruno Marchand), cette tragédie a aussi dévasté cette idée qu’à Québec, on peut vivre ensemble. Cette idée précieuse, fondamentale, qu’on peut, ici, vivre en sécurité, dans le respect de nos différences et dans l’amour de nos voisins. Cette idée que nous avons dû rebâtir ».
J’ai aussi apprécié les paroles du maire Marchand qui a affirmé que nos différences sont une richesse collective.
À la Grande Mosquée
Samedi, 31 janvier, j’ai assisté à un panel de discussion à la Grande Mosquée. Ce panel, animé par Mohamed Labidi, avait pour thème la lutte contre l’islamophobie, 9 ans après la tragédie de 2017.
Parmi les panélistes figuraient Amel Henchiri, Présidente de la Mosquée de Beauport, Aymen Derbali, l’un des blessés lors de la tuerie à la Mosquée ainsi que Nadia Kendil, psychologue. Cette dernière a brièvement présenté les mécanismes psychologiques qui se manifestent lors de traumatismes. Elle a beaucoup insisté sur la compréhension de ces mécanismes et l’importance des séances de thérapie.
Inévitablement, la question du voile a refait surface. Dans la communauté musulmane, le renforcement de la laïcité dans la sphère publique va à l’encontre du vivre ensemble. J’ai d’ailleurs abordé cette question en octobre 2018. Nous devons, me semble-t-il, retracer l’origine du problème. Je me cite : « le lieu du problème n’est pas tant chez ces femmes « voilées » qu’au niveau de notre perception liée à notre culture historique imprégnée de catholicisme. En parvenant à nous pacifier avec celle-ci, nous pourrions alors nous dégager émotionnellement de la question des signes religieux ostentatoires appartenant à d’autres religions. » (Voir l’article : Vers une respectueuse neutralité religieuse.)
Je fais la même analyse dans l’article suivant : Enseignants : quelle est la source du problème dans le port de signes religieux ?Autre citation : « L’ardeur que certaines personnes déploient à engloutir ce qui est lié à notre culture historique imprégnée de catholicisme les empêche ainsi de rester sereins en voyant certaines femmes musulmanes voilées (car elles ne le sont pas toutes !). En d’autres mots, la source du problème n’est pas tant chez ces femmes « voilées » qu’au niveau de notre perception liée à notre culture historique imprégnée de catholicisme. »
Fondamentalement, c’est une question de perception. Et personne ne peut prétendre avoir l’ultime regard véridique. Nous avons besoin de partager respectueusement nos regards « voilés » pour mieux vivre ensemble !
Premier rang : les panélistes. Seconde rangée : différents membres de la Grande Mosquée de Québec, incluant Boufeldja Benabdalla (deuxième à partir de la gauche), porte parole de la Grande Monquée. À droite : Serge St-Arneault, M.Afr
Selon le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, lors du premier Consistoire extraordinaire du pape Léon XIV, ce dernier affirmait : « Le monde a besoin d’une Église qui soit tranquillement missionnaire, fraternelle et humaine ». Cela ne fait peut-être pas beaucoup de bruit, dit-il, mais cela fait beaucoup de bien et permet d’avancer.
Être tranquillement missionnaire
Jean-Paul Guibila, Denis Walsh et Serge St-Arneault, tous Missionnaires d’Afrique, seront responsables d’une nouvelle insertion missionnaire dans le quartier Saint-Roch à Québec, et commenceront leur travail « tranquillement » au cours des prochains mois. Il est fort probable que cela débuteau début du mois de février 2026.
Ils ont la chance d’occuper une vaste résidence, propriété de la Congrégation des Religieuses de Jésus-Marie, sise sur la rue Monseigneur-Gauvreau. Elle est située entre l’église Saint-Roch, et la gare du Palais.
Notre maison située sur la rue Nonseigneur-Gauvreau, Québec.
L’archidiocèse de Québec leur accordera une formation pastorale. La présence de Jean-Paul, Denis et Serge s’insérera dans un vaste effort de revitalisation du quartier, qui est malheureusement renommé pour sa grande pauvreté et ses nombreux défis sociaux, dont le taux élevé d’itinérance. Par conséquent, leur acclimatation se fera « tranquillement ».
Être missionnaire
Monseigneur Jean Tailleur
Grâce à une initiative du conseil provincial des Amériques, Les Missionnaires d’Afrique ont formé cette équipe de trois confrères pour répondre à un besoin pastoral défini par le diocèse de Québec. Cela arrive à point nommé. En vérité, l’un des évêques auxiliaires, Monseigneur Jean Tailleur, se réjouit d’assister à un élargissement des services pastoraux plutôt qu’à leur réduction. Effectivement, dans plusieurs diocèses du Québec, de nombreuses églises sont mises en vente ou détruites.
Le diocèse a choisi le quartier de Saint-Roch pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’église du même nom possède une architecture patrimoniale remarquable. Construite entre 1914 et 1923, elle est la quatrième église érigée au même endroit depuis 1811. On la considère comme l’une des plus grandes églises de la ville.
Saint-Roch Catholic Church in Quebec City, Quebec. (Image courtesy of Google Maps)
L’intérieur de l’immense église.
Être humain
Nous apprécions particulièrement une citation du cardinal Lavigerie, qui a affirmé que « rien de ce qui est humain ne m’est étranger ». Au cours de la campagne antiesclavagiste du 23 décembre 1888, il a exprimé son profond respect pour chaque être humain en déclarant que l’injustice envers autrui révoltait son cœur, que l’oppression l’indignait et que la cruauté envers ses semblables ne faisait naître en lui que de l’horreur.
La nouvelle équipe de Missionnaires d’Afrique s’inspirera de son fondateur pour s’engager dans un quartier où se côtoient une mauvaise réputation et le renouveau. Pour la première fois depuis le début de leur présence à Québec il y a 125 ans, les ‘Pères Blancs’ redonneront un peu de vigueur à un diocèse en proie à de constantes transformations, souvent douloureuses. Nous le devons au nom des centaines de missionnaires qui sont originaires de ce diocèse.
Denis Walsh, M.Afr, Soeur Lourdes et Mgr Gérald Cyprien Lacroix, Archevêque de Québec et Mgr Juan Carlos Londoño, évêque auxiliaire.
À Montréal, au siège de la GRC, le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, accompagné de la secrétaire d’État Nathalie Provost et du ministre de la Sécurité publique du Québec, Ian Lafrenière, annonce les détails du programme national de rachat d’armes à feu prohibées, visant à indemniser les propriétaires d’environ 2 500 types d’armes interdites depuis 2020. Ottawa affirme que le plan, qui bénéficie d’une enveloppe pouvant atteindre plus de 740 millions $, offrira une juste compensation, malgré les critiques suscitées par des députés conservateurs et des propriétaires d’armes. Le Québec est la première province à participer au programme. Le ministre Lafrenière souligne que la Sûreté du Québec supervisera son application. Le ministre Anandasangaree est aussi accompagné de représentants policiers. (17 janvier 2026) (Aucune interprétation simultanée)
REPORTAGE SUR LES COMMÉMORATIONS DU BICENTENAIRE DE LA NAISSANCE DU CARDINAL CHARLES LAVIGERIE 2025.
Chères lectrices et chers lecteurs, amies et amis de longue date des Missionnaires d’Afrique,
L’édition de votre revue est exceptionnelle à plusieurs égards. Elle vous parvient avec un peu de retard car nous avons pensé vous partager en exclusivité un reportage sur les différentes commémorations qui se sont récemment déroulées pour souligner le bicentenaire de la naissance du Cardinal Charles Lavigerie.
Nous vous invitons à un périple qui nous mènera dans trois pays. Le premier reportage est celui de Brooklyn, New York, le second est à Québec, le troisième à Querétaro, Mexique, et finalement Montréal.
L’année 2025 a donc été pour tous les Missionnaires d’Afrique, Pères Blancs et Sœurs Blanches, une redécouverte de notre appel missionnaire. Nous vous partageons à la fois notre enthousiasme pour la mission, ici et maintenant, ainsi que nos sincères remerciements pour votre soutien inconditionnel à cette même mission.
Nous prions avec vous pour que 2026 soit une année de bénédiction et de renouveau dans un esprit d’espérance.
Nous vous invitons également à soutenir le projet 81 : EAU SOURCE DE VIE, TANZANIE
Hilaire Guinko, un Burkinabé âgé de 49 ans, Elysée Bama, un autre Burkinabé de 34 ans, et Théogène Nibogora, un Burundais de 40 ans, s’efforcent de répondre aux besoins spirituels et humains de l’ensemble de la population de Kasota, en Tanzanie, qui compte environ 30 000 habitants, principalement des agriculteurs. Ces trois jeunes missionnaires de l’Afrique partagent leur quotidien avec les habitants de cette ville.
L’Église catholique Notre-Dame, Reine d’Afrique, est l’unique lieu de culte de cette ville. Malheureusement, la seule source d’eau disponible est la rivière, ce qui rend son accès et son transport difficiles, nécessitant l’utilisation de bidons et un effort physique considérable.
Pendant la période de sécheresse, l’approvisionnement en eau devient encore plus ardu. Comment survivre sans eau, pas seulement pour boire et cuisiner, mais également pour se laver, laver le linge et prendre soin des animaux ?
Bien que la paroisse dispose d’une réserve d’eau d’un millier de litres, celle-ci se révèle insuffisante pour subvenir aux besoins urgents de la communauté lorsqu’elle organise des séminaires de formation pour les dirigeants des communautés chrétiennes. En outre, la paroisse se trouve près de la route et accueille régulièrement un grand nombre de voyageurs ainsi que l’ensemble de la population lors des jours de marché hebdomadaires.
Nos missionnaires demandent votre aide afin de creuser un puits qui subviendra à leurs besoins en eau potable, et à ceux d’une centaine de fermes domestiques environnantes. Cette démarche vise également à favoriser une harmonie entre les résidents, dont environ 45 % sont chrétiens, 55 % sont musulmans ou pratiquent la religion traditionnelle africaine.
Nous abordons avec enthousiasme ce début d’année, d’autant plus que nous avons pu recruter les services d’un coordonnateur pour l’association.
L’AMéCO est heureuse d’annoncer l’arrivée de Serge Cazelais à titre de coordonnateur. Son rôle consistera essentiellement à traiter la correspondance courriel, offrir une assistance aux membres, rédiger et mettre en ligne du contenu pour le blogue, les réseaux sociaux et l’infolettre de l’AMéCO. Son contrat est d’une durée de 100 heures, au total, répartis entre janvier et octobre 2026.
Titulaire d’un baccalauréat en Études anciennes de l’Université de Montréal et d’une maîtrise en Science des religions de la Faculté de théologie de l’Université Laval, Serge mène depuis plusieurs années une carrière de communicateur, de formateur et de gestionnaire.
Journaliste en Outaouais, il a aussi contribué à des journaux, revues et magazines nationaux dans des domaines aussi diversifiés que la spiritualité, l’agriculture et le sport amateur. Depuis 2012, sa voix s’est fait entendre sur les ondes de Radio VM, d’abord comme co-animateur d’une série consacrée à l’histoire de l’Église, puis comme chroniqueur sur l’actualité.
Il a aussi enseigné dans diverses universités québécoises et ontariennes et a également œuvré au sein du service de la pastorale de l’Archidiocèse d’Ottawa.
En outre, Serge bénéficie d’une solide expérience en communication et en marketing. Il a réalisé plusieurs audits et a rempli divers mandats d’attaché de presse, de rédacteur de contenu web et de rédacteur publicitaire auprès de personnalités publiques et d’entreprises privées.
Nous lui souhaitons la bienvenue alors qu’il débute sa formation pour être pleinement actif rapidement.
Au plaisir de vous réécrire bientôt au sujet du lancement des travaux des diverses équipes de travail !