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Elsa Iskander, Mercredi, 6 novembre 2019

Le parti d’opposition Ensemble Montréal propose de mettre en place un programme de rachat volontaire d’armes à feu par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Conférence de presse. PDF.

«De façon tout à fait anonyme, nous inviterions les citoyens à remettre les armes qu’ils ont en leur possession au SPVM en échange d’un montant d’argent», a proposé le chef du parti, Lionel Perez.

«La police ne pose aucune question, ne fait aucun contrôle d’identité, remet l’argent sur-le-champ et détruit lesdites armes», a-t-il décrit, mercredi, un mois avant le 30e anniversaire de la tuerie de Polytechnique, survenue le 6 décembre 1989.

Au printemps dernier, la police de Toronto a mis en place un tel programme qui a permis le rachat de 3100 armes à feu via un programme de rachat financé à hauteur de 750 000 $.

Selon l’administration Plante, il est toutefois préférable d’attendre l’instauration d’un programme de rachat à l’échelle nationale, puisque la responsabilité ne devrait pas incomber à la Ville de Montréal à elle seule. Le SPVM n’a pas voulu commenter la sortie d’Ensemble Montréal.

Les deux types d’armes

Les deux partis pressent le gouvernement fédéral d’interdire les armes d’assaut et les armes de poing.

En campagne électorale, le premier ministre Justin Trudeau avait promis de bannir les armes d’assaut, mais a mentionné qu’il laisserait les municipalités la tâche de restreindre l’utilisation des armes à poing. C’est un non-sens aux yeux des élus municipaux montréalais.

«Il nous faut une interdiction de la possession privée des armes de poing et des armes d’assaut à l’échelle canadienne. Une mosaïque de règlements municipaux serait tout à fait inefficace», a résumé Alex Norris, président de la Commission de la sécurité publique et élu de Projet Montréal.

Polytechnique

C’est aussi l’avis de Heidi Rathjen, témoin de la tuerie et coordonnatrice de PolySeSouvient, qui accompagnait Lionel Perez lors de sa sortie mercredi.

Demander aux municipalités d’interdire les armes de poing serait «inefficace, mais aussi irréaliste compte tenu des luttes politiques longues et acrimonieuses contre le lobby des armes auxquelles ferait face tout maire», estime-t-elle.

Serge St-Arneault, le frère d’Annie St-Arneault, l’une des victimes de la tuerie de Polytechnique, abonde dans le même sens. «Les armes à feu, c’est fait pour tuer. Qu’on laisse des armes militaires aux mains des militaires ou des gens responsables de la protection civile», a-t-il plaidé, ajoutant que la même logique vaut pour les armes de poing.

Pour celui qui vient de La Tuque, une «région de chasseurs», il est normal que les carabines ne soient pas concernées par ces discussions. «Les chasseurs sont des gens responsables. On ne va pas à la chasse au caribou ou à l’orignal avec des armes militaires.»

Il faut mieux surveiller la frontière, selon Maria Mourani

Pour réduire le nombre d’armes en circulation dans les milieux criminels, il faut s’attaquer plus vigoureusement à l’entrée illégale de ces produits de contrebande via la frontière américaine, fait valoir la criminologue Maria Mourani.

Celle-ci croit qu’il faut lutter contre l’entrée des armes des États-Unis en y consacrant du financement et en haussant la surveillance. «Malheureusement, pour l’instant, c’est des vraies passoires nos frontières, a-t-elle déploré. Juste au Québec, on a plus d’une centaine de routes non surveillées.»

Dans les milieux criminels, la majorité des armes sont acquises illégalement, a expliqué Mme Mourani, ajoutant que «80 % des armes illégales viennent des États-Unis et vont dans le marché noir».

Plus d’armes

Cela dit, «il y a une proportion croissante de crimes violents qui sont commis à l’aide d’armes légalement acquises, a indiqué Alex Norris, président de la Commission de la sécurité publique. Nous avons besoin de mesures plus costaudes à l’échelle nationale.»

Le nombre d’armes de poing en circulation est passé de 465 000 en 2012 à 935 000 actuellement, selon Statistique Canada, et elles ont été utilisées dans près d’un quart des homicides au pays.

Ces données peuvent signifier que plus d’armes sont détectées, a nuancé Mme Mourani. «Le nombre d’armes en circulation dans le marché noir au Canada est beaucoup plus élevé.»

Le bannissement par Ottawa des armes de poing et d’assaut, excepté pour les policiers et les militaires, s’impose, selon Mme Mourani. Un programme de rachat d’armes par les policiers doit s’accompagner de mesures rendant la possession de ces armes illégales, selon elle.

«Au Québec, on a toujours été les champions dans le contrôle des armes; Polytechnique, ç’a choqué», a-t-elle noté.

Simplement cliquer sur l’image suivante pour télécharger la vidéo.

OPINIONS / L’auteur, Serge St-Arneault, est originaire de La Tuque. Il est le frère d’Annie, une des victimes de la tuerie de Polytechnique.

Une culture des armes à feu existe bel et bien au Canada, qui se classe au cinquième rang mondial pour le nombre d’armes à feu en circulation. L’organisme «Small arms Survey» estime que ce nombre à 13 millions d’armes à feu soit 35 armes par 100 habitants.

Une précision s’impose. Il y a trois catégories d’armes à feu: les carabines et fusils de chasse classés sous l’appellation «sans restriction», les armes de poing ou pistolets et les armes d’assaut «à autorisation restreinte» et les armes automatiques et certaines armes d’assaut «prohibées».

Les statistiques montrent que 60 % des homicides sont commis par les armes de poing et que leur nombre a augmenté de 100 % entre 2013 et 2017, en plus de celles qui sont illégales. Le trafic de ces armes provient de deux principales sources: des États-Unis et celles volées de propriétaires légaux canadiens.

Le contrôle des armes à feu est de fait un enjeu incontournable dans la campagne électorale qui a cours en ce moment. En parler ne relève pas de la propagande politique. En effet, il s’agit avant tout d’un enjeu de santé et de sécurité publique. Les médecins dénoncent de plus en plus les conséquences dévastatrices des blessures causées par les projectiles d’armes à feu, toutes catégories confondues.

Les armes semi-automatiques de style militaires sont particulièrement dangereuses. En fait, leurs mécanismes peuvent parfois être modifiés de manière à les transformer en fusil automatique ou capable de tirer 20, 30 et même 50 balles en rafale.

À bien y penser, les chasseurs et fermiers ont intérêt eux aussi à demander la mise au rancart des armes d’assaut si destructrices. Leurs armes d’utilité sportive, bien entreposées et manipulées de manière responsable, ne représentent pas un risque déraisonnable pour la sécurité publique et peuvent donc rester entre les mains de citoyens responsables. La plupart des propriétaires d’armes sont des chasseurs et, selon les sondages, n’endossent pas l’accès légal aux armes d’assaut de type militaire.

Quelle était donc la position des partis politiques sur ce sujet?

Basé sur leur bilan et leurs promesses électorales, le Parti conservateur entendait continuer à démanteler la loi sur le contrôle des armes conformément aux vœux du lobby des armes à feu.

Le Parti populaire aurait augmenté l’accès aux armes d’assaut et leurs accessoires et légiférerait pour protéger les intérêts des propriétaires d’armes.

Le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois sont généralement en faveur d’un contrôle plus strict des armes à feu et appuieraient l’instauration d’une interdiction des armes d’assaut ainsi que des chargeurs modifiables.

Or, la proposition du Parti libéral d’interdire les armes d’assaut sans clauses «grand-père» et attachée à un budget substantiel pour racheter les modèles existants représente l’engagement le plus complet et le plus solide quant à cette mesure, attendue depuis 30 ans par les familles des victimes de la tuerie à Polytechnique.

Il faut maintenant espérer que le Parti libéral, qui forme maintenant un gouvernement minoritaire, passe de la parole aux actes concernant la question critique de l’accessibilité des armes d’assaut de type militaire encore légalement vendues au Canada. Souhaitons, si le gouvernement présente des mesures de contrôle plus strict, qu’il puisse compter sur l’appui des partis qui se disaient favorables à de telles mesures.

Le Centre Canadien de Sensibilisation à l’Amélanisme (CCSAM-OBNL) et le Centre Afrika de Montréal ont eu l’honneur de recevoir ce vendredi 25 octobre 2019 de 12h00 à 14h00 l’épidémiologiste de réputation mondiale, le Dr J.-J. MUYEMBE, venu parler de la problématique de la maladie d’Ébola à la diaspora congolaise et africaine, en présence des scientifiques du Canada dont les Professeurs Dr Michel CHRÉTIEN et Dr Majambu Mbikay de l’IRCM, et des médecins congolais membres de la délégation dont le Dr Sele YEMBA SELEMANI, Conseiller du Chef de l’État. La salle de conférence était pleine des docteurs en médecine et en sciences de l’éducation, condisciples du Dr MUYEMBE à l’Université Lovanium : Rémi BIAKABUTUKA, Ndia-Bintu KAYEMBE, TSHIBEMBA, Paul KANAMBI, Charles KASANGANA, Gustave KIYANDA. Dr Akier ASSANDJA, Dr NKANU et l’épidémiologiste TSHIENDE ainsi que tous les participants ont eu des réponses à toutes leurs questions même celles concernant la situation sécuritaire dans la partie du pays touchée par l’épidémie.

Toutes les questions ont été abordées sans tabou et en toute transparence. Le Dr YEMBA SELEMANI, représentant du Chef de l’État a eu des mots justes sur les questions sanitaires, sécuritaires et politiques du pays de Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO.

Le Dr Michel CHRÉTIEN a précisé la contribution que la RDC est en droit d’attendre du Canada et a souligné les ententes conclues entre l’Institut Nationale de Recherche Biomédicale (INRB) de Kinshasa et l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM).

Serge ST-ARNEAULT, M.Afr, directeur du Centre Afrika de Montréal et André-Man MBOMBO, président du Centre Canadien de Sensibilisation à l’Amélanisme (CCSAM) remercient le Prof Dr Jean-Jacques MUYEMBE et sa délégation, le Prof Dr Michel CHRÉTIEN et le Prof Dr Majambu Mbikay pour leur générosité de cœur et d’esprit pour ce moment d’échange et de partage.

Ebola en RDC : Jean-Jacques Muyembe plus mobilisé que jamais

Pionnier dans les années 70 de la lutte contre Ebola, le Dr Jean-Jacques Muyembe se bat pour éviter la propagation du virus dans la ville de Goma à l’est du pays. Nommé par le président Félix Tshisekedi, l’épidémiologiste souhaite mettre en place des campagnes de vaccination d’ampleur, et sensibiliser les populations aux mesures d’hygiènes indispensables pour prévenir la transmission de la maladie.

Par Serge St-Arneault

Une culture des armes à feu existe bel et bien au Canada qui se classe au cinquième rang mondial pour le nombre d’armes à feu en circulation. L’organisme ‘Small arms Survey’ estime que ce nombre à 13 millions d’armes à feu soit 35 armes par 100 habitants.

Une précision s’impose. Il y a trois catégories d’armes à feu : les carabines et fusils de chasse classés sous l’appellation ‘sans restriction’, les armes de poing ou pistolets et les armes d’assaut ‘à autorisation restreinte’ et les armes automatiques et certaines armes d’assaut ‘prohibées’.

Les statistiques montrent que 60% des homicides sont commis par les armes de poing et que leur nombre a augmenté de 100% entre 2013 et 2017, en plus de celles qui sont illégales. Le trafic de ces armes provient de deux principales sources : des États-Unis et celles volées de propriétaires légaux canadiens.

Le contrôle des armes à feu est de fait un enjeu incontournable dans la campagne électorale qui a cours en ce moment. En parler ne relève pas de la propagande politique. En effet, il s’agit avant tout d’un enjeu de santé et de sécurité publique. Les médecins dénoncent de plus en plus les conséquences dévastatrices des blessures causées par les projectiles d’armes à feu, toutes catégories confondues.

Les armes semi-automatiques de style militaires sont particulièrement dangereuses. En fait, leurs mécanismes peuvent parfois être modifiés de manière à les transformer en fusil automatique ou capable de tirer 20, 30 et même 50 balles en rafale.

À bien y penser, les chasseurs et fermiers ont intérêt eux aussi à demander la mise au rancart des armes d’assaut si destructrices. Leurs armes d’utilité sportive, bien entreposées et manipulées de manière responsable, ne représentent pas un risque déraisonnable pour la sécurité publique et peuvent donc rester entre les mains de citoyens responsables. La plupart des propriétaires d’armes sont des chasseurs et, selon les sondages, n’endossent pas l’accès légal aux armes d’assaut de type militaire.

Quelle est donc la position des parties politiques à ce sujet dans le débat électoral qui a cours présentement?

Basé sur leur bilan et leurs promesses électorales, le Parti conservateur continuerait de démanteler la loi sur le contrôle des armes conformément aux vœux du lobby des armes à feu.

Le Parti populaire augmenterait l’accès aux armes d’assaut et leurs accessoires et légiférerait pour protéger les intérêts des propriétaires d’armes.

Le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois sont généralement en faveur d’un contrôle plus strict des armes à feu et appuieraient l’instauration d’une interdiction des armes d’assaut ainsi que des chargeurs modifiables.

Or, la proposition du Parti libéral d’interdire les armes d’assaut sans clauses « grand-père » et attaché à un budget substantiel pour racheter les modèles existants représente l’engagement le plus complet et le plus solide quant à cette mesure, attendue depuis 30 ans par les familles des victimes de la tuerie à Polytechnique.

À chacun maintenant de faire son choix électoral en tenant compte de la position des Partis politiques concernant la question critique de l’accessibilité des armes d’assaut de type militaire encore légalement vendues au Canada.

Des familles des victimes de tueries au Québec estiment que voter pour le Parti conservateur, le 21 octobre, équivaudra à voter pour le lobby des armes.

La Presse.ca, Mis à jour le 15 octobre 2019 à 14h15

LIA LÉVESQUE, LA PRESSE CANADIENNE

Si le Parti conservateur gagne lors du scrutin de lundi prochain, le lobby des armes aura gagné, estime Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient et diplômée de l’École polytechnique de Montréal en 1980.

Presque 30 ans après la tuerie de Polytechnique, en 1989, des familles des victimes et des survivants de tueries ont rencontré la presse, mardi dans l’institution universitaire, pour expliquer la lecture qu’ils font des engagements des partis politiques quant au contrôle des armes à feu.

« Ce que nous disons aux Canadiens, c’est qu’un vote pour les conservateurs, c’est un vote pour le lobby des armes. Si les conservateurs rentrent, le lobby des armes va avoir gagné au niveau du contrôle des armes », a lancé Mme Rathjen.

À ses côtés se trouvaient d’autres victimes, parmi lesquelles Nathalie Provost, qui avait été blessée lors de la tuerie de Polytechnique, Suzanne Laplante-Edward, qui a aujourd’hui 80 ans et qui se bat encore, au nom de sa fille Anne-Marie, morte lors de la même tuerie, et Boufeldja Benabdallah, président de la Grande Mosquée de Québec. Une troisième génération se trouvait à leurs côtés, des jeunes en faveur d’un meilleur contrôle des armes à feu.

« Un gouvernement conservateur va sonner le glas du contrôle des armes ; ça va être fini », s’est exclamée Mme Laplante-Edward, la gorge nouée en rappelant la mémoire de sa fille.

« Nous connaissons les conséquences d’un faible contrôle. Et tout ce que nous souhaitons, c’est empêcher que d’autres vivent la même terreur que Polytechnique a connue, que Dawson (le Collège) a connue, que la Grande Mosquée de Québec a connue », a lancé à son tour M. Benabdallah.

Après 30 années de combat, Mme Rathjen estime que « c’est vraiment un moment critique pour le contrôle des armes à feu. Trente ans plus tard, avec les cycles électoraux, on recule, on n’avance pas — même avec le peu de progrès qu’on a fait la dernière fois ».

Par son expression « dernière fois », elle fait référence au mandat du gouvernement Trudeau, pendant lequel il a fait adopter la loi C-71, qui a notamment permis de renforcer la vérification des antécédents et d’exiger des vendeurs qu’ils vérifient la validité du permis d’armes à feu avant de vendre une arme sans restriction.

Elle juge donc le dernier mandat de M. Trudeau « positif mais décevant » en la matière. Il a franchi quelques pas, mais pas suffisamment, a-t-elle résumé.

Aux yeux du groupe, c’est le Parti libéral du Canada qui a maintenant les engagements les plus précis en la matière, comme une interdiction totale des armes d’assaut, sans clause grand-père, avec un engagement de racheter les modèles existants qui ont été acquis légalement.

Bien qu’il n’ait pas mis ces engagements précis en vigueur durant ses quatre années de pouvoir, Mme Rathjen estime que son engagement d’aujourd’hui est sincère.

Mme Rathjen relève que le Bloc québécois, le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert appuient aussi un meilleur contrôle des armes en général et interdiraient les armes d’assaut.

« Les autres partis, le Parti libéral, le Nouveau Parti démocratique, le Bloc québécois et le Parti vert sont tous en appui au contrôle des armes, mais la plateforme libérale est la plus forte », a résumé Mme Rathjen.

Quant au Parti populaire de Maxime Bernier, elle estime qu’il augmenterait l’accès aux armes d’assaut et légiférerait pour protéger les intérêts des propriétaires d’armes.

Le Forum interreligieux pour la Paix a commencé jeudi soir 10 octobre au Centre des Dominicains avec une conférence animée par 5 intervenants.es appartenant à des religions ou mouvements spirituels différents : Nicole Bomsawin, autochtone Abénakis, Sébastien Amedeo, Bahaï, Aishwarya Nair, Hindouisme, Fabien Torres, Justice réparatrice et Franco Famularo, Unificationisme.

La présentation de chacun.e et les échanges qui ont suivi ont clairement montré comment les grands défis actuels liés à l’écologie et à la paix mondiale nécessitent une nouvelle conscience  commune qui transcende les réalités matérielles et tienne compte de la dimension spirituelle.

Les religions peuvent grandement aider à saisir l’interconnexion qui est au cœur de toute la création et  à entrer dans les changements de valeurs et de comportements indispensables à la survie de la planète et à la paix mondiale.

À cette occasion, une œuvre artistique produite par Marisel Segui Zavagno a été dévoilée. Elle se définit comme suit :

Pour les peuples indigènes des Andes, Pachamana représente la terre-mère et une déesse. Ce beau nom englobe tout autant l’aspect religieux qu’une composante écologique. Cette œuvre d’art conceptuel a été exécutée dans le cadre du Festival d’art « Paix maintenant. Sauvons ensemble notre planète ».

Des symboles religieux sont représentés dans cette œuvre, mettant en évidence leurs liens avec la nature. Le tronc d’arbre au centre représente la terre-mère. Un réseau de fils l’entourent symbolisant les interconnections et le dialogue entre les religions. Les fils de coton reposent sur des feuilles, avec l’intention de rappeler aux communautés religieuses notre responsabilité pour la protection de notre planète, et notre rôle partagé pour la promotion d’une croissance écologique.

La lumière, porteuse d’une signification importante dans toutes les religions, brille au travers de la structure translucide du tronc, et vise à apporter une dimension d’espoir à cette image. Enfin la colombe, symbole universel de paix, réunit toutes les communautés dans notre quête pour la sauvegarde de notre planète.

Matériaux : fil de coton, broderie réutilisée, tissus rustique. Technique : broderie, crochet.

Prochain rendez-vous le jeudi 17 octobre 2019 à 18h00 chez les Dominicains au 2715 Chemin de la Côte-Sainte-Catherine pour entendre le point de vue des religions abrahamiques sur leur pratiques écologiques.

En début d’après-midi du 9 septembre, je me mets en marche pour explorer la ville de Rome. Mon ambition est modeste. Quelques rues suffiront. Il ne fait pas trop chaud. C’est un temps idéal.

Notre maison est située sur Via Aurelia (1). Cette rue mène directement aux murs du Vatican pour bifurquer vers la droite. En passant, photo de la porte Pertusa (2) et une autre qui longe le mur d’où on aperçoit le dôme de la Basilique Saint-Pierre (3).

Après une douce descente, il est assez facile de se rendre à la grande place (4) et de poursuivre la route (5) vers le Château Saint-Ange (Castel Sant’Angelo 6-7). Le pont du même nom qui enjambe le Tibre permet de prendre des photos sous un autre angle (8-9-10).

Autres prises de vue (11-12-13) le long de la rivière jusqu’au pont Umberto 1 en direction sud vers la place Navona (14-15-16-17-18). Des rues étroites envahies de touristes (18) mènent à l’incontournable Panthéon (20-21-22-23-24). D’autres ruelles font apparaître les colonnes abîmées du Temple d’Hadrien (25) et finalement la fontaine de Trévi (26-27), un autre lieu incontournable.

Une autre rue étroite (29) débouche sur une grande esplanade, celle de Quirinal (30-31) avec l’impressionnant obélisque du même nom (32). Finalement, une rue en pente laisse apparaître la Torre delle Milizie ainsi que l’église Santa Caterina a Magnanapoli (32). Je me suis alors dirigé vers les marchés de Trajan, un ensemble de forums romains restauré (34-35-36-37-28-39). J’y suis resté plusieurs heures. Au sujet de cet endroit, j’ai écrit sur ‘Google Map’ que « J’oserais dire que c’est un lieu de méditation sur l’effondrement du super centre d’achat de la Rome antique. Cela devait certainement être très beau et impressionnant à en juger par la qualité des vestiges. »

Ma marche prend fin devant le monumental monument d’un blanc immaculé dédié au premier roi d’Italie ( Victor Emmanuel II (40). Tout juste à côté de là, j’ai pris l’autobus 46 pour retourner à Via Aurelia.

Une réflexion en passant

Pour avoir séjourné à Rome pendant quatre mois il y a presque vingt ans de cela, j’avais été troublé par l’omniprésence des signes papaux représentés par la tiare, symbole de l’autorité, du pouvoir pétrinien. Ma perception a cependant changé. Cette fois-ci, je suis plutôt surpris de reconnaître la marque des institutions de l’Église sur les vestiges de l’antiquité réduits à bien peu de chose comparativement à la splendeur de la Rome impériale d’y il a 2000 ans.

Le Panthéon est une bonne illustration de ce que je veux dire. Construite à l’origine pour vénérer les divinités de la religion antique, ce lieu a été transformé en église au VIIe siècle. Avec le temps, l’Église a de plus en plus laissé sa marque sur les lieux laissés vacants en ajoutant ses propres symboles ; statues, croix, églises, etc. J’ai le sentiment qu’il en est de même au niveau de nos identités individuelles et collectives. Nous nous édifions en premier lieu dans un « espace » récent ou ancien. Nous nous élevons à partir d’une référence physique. Après tout, on ne vit pas dans le vide !

Cela étant dit, l’Église de Rome, enracinée sur les vestiges de l’antiquité romaine, ne me fait plus scandale. Je comprends maintenant que le « temps » est plus crucial que « l’espace ». Dans son aspect évolutif, le « temps » libère « l’espace » de sa fixation. J’associe l’espace à l’histoire et le temps au mouvement.

Les « espaces » qu’occupaient le Panthéon tout comme les marchés de Trajan, pour ne citer que ces deux exemples, ont été relativement ou profondément transformés ou modifiés. Ainsi en sera-t-il de nos « espaces » d’aujourd’hui. Le « temps » fera son œuvre malgré nos efforts pour maintenir nos acquis. L’Esprit du Seigneur agit constamment dans le « temps » qui remodèle sans cesse les « espaces » qui … passent !

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Inspiré par une résolution du dernier chapitre, l’atelier sur la vie en communautés interculturelles comme témoignage apostolique a réuni 18 confrères, incluant les animateurs Freddy Kyombo, Andreas Göpfert ainsi que le secrétaire Jean-Paul Guibila, du 1er au 8 septembre 2019 à la Maison Généraliste.

L’objectif global de ce rassemblement était de définir une spiritualité interculturelle avec comme objectif d’aider nos communautés M.Afr à améliorer leur témoignage communautaire. C’est à ce niveau que l’hospitalité solidaire apparaît être la notion qui définit le mieux le fondement de nos communautés interculturelles.

Grâce à une construction progressive de nos communautés internationales inspirée dès sa fondation par la parole du Cardinal Lavigerie insistant sur « l’esprit de corps » pour témoigner du Christ et des valeurs du Royaume de Dieu, nous sommes à même d’évaluer périodiquement notre identité. Plus que jamais, nous tenons compte de notre diversité culturelle perçue non pas comme une menace, mais plutôt comme une richesse. Notre désir profond est de témoigner notre unité dans la diversité.

Cela pose un sérieux défi. En effet, la préservation de l’unité dans la pluralité exige un effort constant. Cet esprit d’unité fait référence à une prise de conscience de nos différentes façons de réfléchir ou de prendre ensemble des décisions. Un double mouvement oscillant entre une appartenance à un groupe et le sentiment subjectif d’unicité, cette altérité donc, permet l’acceptation de la dépendance réciproque. Notre identité se construit sur la base de notre diversité.

Ainsi donc, notre identité doit demeurer plurielle. En cas contraire, il y a un risque du refus de l’autre au détriment de la vie communautaire, un danger d’assimilation culturelle menant à des formes d’aliénation et un danger de développement de zones conflictuelles. Par contre, la consolidation de l’identité est atteinte dans un climat de dialogue.

Risques qui menacent le développement de l’identité communautaire

Une intoxication du climat relationnel s’accroît avec une exagération des différences ethniques et leur manipulation et instrumentalisation. Une purification des perceptions est donc nécessaire avec le développement d’un sens critique. Celle-ci évitera la violence.

L’identité de la personne ou d’un groupe est une composition multiple soutenue par une ouverture mentale. C’est dans ce cadre que la pluralité est source du développement identitaire qui relie les individus comme les peuples à l’exemple d’un pont. En toute chose, il faut éviter la pensée unique.

Un autre risque ou danger est la propagation de stéréotypes ou étiquettes discriminatoires. En tant que personnes consacrées au Royaume de Dieu, nous sommes particulièrement choisis pour lutter contre cela. La démarche à privilégier est celle d’une spiritualité de la communion fraternelle respectueuse des différences. Être disciple du Christ est d’affirmer que nous sommes tous complémentaires des uns des autres.

Une forte identité, individuelle et collective, est à la fois exigeante et tout à fait compatible avec une spiritualité de la communion. En effet, elle repose sur la volonté affichée d’acquérir une nouvelle vision de soi basée sur le concept de l’interculturalité. C’est dans ce sens que l’interculturalité est perçue par certaines personnes ou groupes comme une grande provocation.

Difficultés liées aux changements constants

Les stéréotypes et préjugés reposent sur des codes culturels liés sur le rapport que l’homme a établi avec la nature, le temps, l’espace, la maladie et la mort, le pouvoir. La variété des comportements culturels est presque infinie. De nos jours, nous devons ajouter la présence de la culture numérique qui pose de nouveaux défis. Une différence notable se fait sentir entre les nouvelles générations et les aînés. Ces derniers ont plus de difficulté à suivre le rythme des nouveautés numériques.

Vers une spiritualité interculturelle

Comment pouvons-nous intégrer la spiritualité de l’interculturalité dans notre quotidien ?

  1. Nous devons être prêts à changer notre regard et nos modes de perception.
    • En développement une démarche constructive.
    • En considérant l’autre personne ou l’autre groupe comme une source de complémentarité.
    • En appréciant l’autre comme un don pour moi, non pas une menace.
    • Ainsi, une communauté interculturelle devient un don pour tous.
  2. Nous devons valoriser la diversité qui est voulue par Dieu.
    • À l’exemple de Moïse qui doit se déchausser pour pénétrer dans le lieu sacré de la rencontre, nous aussi, nous nous déchaussons de nos préjugés pour prioriser la spiritualité de l’interculturalité.
    • Nous sommes tous les enfants d’un même créateur.
    • La diversité est un don de Dieu.
    • La diversité est suscitée par l’Esprit de Dieu.
  3. Nous devons chercher à atteindre ou tendre vers la spiritualité de communion.
    • Pour bien jouer son rôle, l’Église devrait avant tout être la maison ou l’école de la communion.
    • À privilégier : le regard du cœur, l’attention à l’autre, la capacité de voir le positif chez l’autre (personne ou groupe) et partager les fardeaux.
  4. Nous devons construire la fraternité (référence : 1 Jean, 4,20).
    • En élargissant notre « cercle de fraternité »
    • En devenant des LIEUX D’HOSPITALITÉ SOLIDAIRES en privilégiant le vrai dialogue et la construction progressive d’une spiritualité interculturelle dans l’accueil de l’autre.

Conclusion

Nous avons accordé beaucoup d’attention à l’hospitalité depuis notre fondation. La solidarité fait aussi partie de notre façon de vivre en communauté. Sur ce point, il n’y a rien de nouveau. Par contre, en conjuguant plus intimement ces deux dimensions, nous parvenons à incorporer l’interculturalité au sein de nos communautés. C’est alors que l’interculturalité se définit comme une spiritualité, c’est-à-dire un lieu d’expression de l’Esprit, don de Dieu.

Participants à l’atelier « Vivre en communauté interculturelles comme témoignage apostolique aujourd’hui », Rome du 1 au 8 septembre 2019. 1: Freddy Kyombo. 2: Paul Makambi Kitha. 3: Andreas Göpfert. 4: Michael Mpindo. 5: Robert Ubemu. 6: Georges Jacques. 7: Robert Ubemu. 8: Armand Galay. 9: Daniel Nana. 10:  Paul Johnston. 11: Benjamin Jigeesh. 12: Hans Joachim Lohre. 13: Serge St-Arneault. 14: Serge Boroto. 15: Emmanuel Noufé. 16: Robbin Simbeye. 17: Bonaventure Bwanakweri. 18: Alex Manda.