Lettre de PolySeSouvient au Premier ministre du Canada

PolySeSouvient demande au gouvernement de respecter sans tarder ses engagements électoraux sur les armes à feu et de nommer un ou une ministre qui appuie formellement le contrôle des armes.

Monsieur le Premier Ministre,

Permettez-nous d’abord de vous féliciter pour la réélection du Parti libéral et la vôtre, accédant pour un troisième mandat au poste de Premier Ministre du Canada. Comme vous le savez, PolySeSouvient a encouragé le vote libéral au cours de cette campagne. En effet, vos décrets de mai 2020 prohibant 1,500 modèles d’armes d’assaut ainsi que la précision et la clarté de vos promesses pour un programme de rachat obligatoire ont eu raison de notre déception devant l’approche faible privilégiée par le Parti libéral depuis 2012 en lien avec le contrôle des armes.

En fait, l’importance qu’a pris la question du contrôle des armes dans le cadre de la campagne électorale et la conviction que vous et vos candidats avez démontrée nous ont donné confiance quant à la concrétisation d’une véritable interdiction des armes d’assaut et des chargeurs à grande capacité sous un prochain gouvernement libéral. Comme vous le savez, l’interdiction des armes paramilitaires constitue notre premier objectif depuis 1989.

Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous exposer les conditions nécessaires, de notre point de vue, pour concrétiser vos engagements électoraux en matière de contrôle des armes de façon sincère, sérieuse et déterminée. Nous osons croire que le public canadien, dont le vote a manifestement été influencé par la question, s’attend autant que nous à des actions rapides et audacieuses en vue de renforcer nos lois sur les armes à feu.

Nous n’insisterons pas sur la faiblesse du projet de loi C-71 du ministre Ralph Goodale, qui prétendait remplir vos promesses de 2015 alors que la plupart ne l’ont guère été, incluant la vérification de la validité du permis d’un acheteur potentiel. Comme nous ne reviendrons pas en détail sur la vacuité du projet de loi C-21 du ministre Bill Blair, une législation pratiquement vide de mesures efficaces qui allait non seulement à l’encontre d’une promesse clé de 2019, mais qui aurait aussi empiré la situation en lançant la balle aux municipalités pour interdire les armes de poing et en proposant une mesure « drapeau rouge » qui aurait augmenté le fardeau pour les victimes et victimes potentielles.

Pour assurer une approche à la hauteur des attentes des Canadiens, nous vous demandons de nommer un ou une ministre de la Sécurité publique ou de la Justice (qui détenait le dossier par le passé) qui appuie réellement le contrôle des armes, soit à l’image du ministre Alan Rock qui avait piloté l’adoption en 1995 du projet de loi C-68, une loi révolutionnaire qui était complète et solide avant qu’elle n’ait été détruite par le gouvernement de Stephen Harper. Par exemple, un.e ministre ou député.e qui a publiquement défendu le projet de loi C-21 ne serait pas digne de confiance pour livrer sur le contrôle des armes à nos yeux.

En somme, nous vous demandons de nommer un ministre sur lequel vous pouvez compter pour :

1) effectuer de véritables consultations avant la rédaction de législation et de réglementation, notamment auprès des directeurs de police, représentants policiers, regroupements luttant contre la violence conjugale, intervenants en santé public et prévention du suicide, experts en droit, etc., en plus des groupes de victimes et d’usagers dont les chasseurs et commerçants d’armes (les lobbys dont le principal objectif est de défendre des « droits » inexistants ou qui prônent la désobéissance civile ne sont pas des parties prenantes crédibles à nos yeux),

2) instaurer un programme de rachat obligatoire et de modification d’armes en vue de les rendre inopérantes de manière permanente le plus tôt possible étant donné que l’amnistie pour les propriétaires actuels prend fin le 30 avril 2022, et refuser tout délai de mise en œuvre associé aux contestations juridiques par les intérêts pro-armes,

3) compléter les décrets afin de prohiber de nombreux modèles ayant échappé à la réglementation (ex : WK180, IWI Tavor, SKS, Deyra MK, Type 97, etc.)

4) enchâsser dans la loi une nouvelle définition des armes « prohibées » de manière à rendre l’interdiction des armes d’assaut complète et permanente, et instituer un système de pré-autorisation pour tout nouveau modèle d’arme à feu,

5) éliminer les échappatoires, exemptions et exceptions relatives aux chargeurs afin d’assurer le respect universel des limites légales de 5/10 cartouches, tout en considérant les bénéfices de sécurité publique d’une limite de 5 pour l’ensemble des chargeurs comme le souhaitent 7 Canadien sur 10,

6) prioriser la mise en œuvre de la loi C-71 adoptée il y a deux ans et demi,

7) amender le projet de réglementation déposé avant les élections habilitant la mise en œuvre de la loi C-71 de manière à assurer la vérification systématique de la validité du permis d’un acheteur potentiel tel que promis en 2015,

8) écarter tout délestage de responsabilité (notamment aux provinces) quant au contrôle des armes de poing pour plutôt instaurer une interdiction fédérale comme le souhaitent 7 Canadian sur 10, et immédiatement instituer un moratoire sur les nouvelles acquisitions d’armes de poing (ou, au minimum, interdire toute nouvelle importation et fabrication),

9) renforcer les critères dans la loi menant au refus automatique d’un permis de possession, investir des ressources substantielles dans le dépistage des candidats aux permis ainsi que dans la formation des agents et des tribunaux à l’égard de l’importance des mesures préventives (pour prioriser l’approche précautionnaire en lien avec les refus et révocations de permis, et les confiscations d’armes), et éliminer la période de grâce de six mois pour les propriétaires qui ne renouvellent pas leur permis,

10) bonifier l’accès des policiers aux registres de vente pour permettre la compilation des données, notamment en éliminant l’obligation d’obtenir un mandat de la cour, afin de leur permettre de mieux repérer l’origine d’une arme non restreinte et de détecter des patrons de transactions suspectes comme les achats massifs et

11) mettre en œuvre la réglementation sur le marquage international des armes à feu conformément aux obligations du Canada en vertu de deux traités internationaux contre le trafic illégal — au lieu de les reporter continuellement.

Aujourd’hui, monsieur le premier ministre, toutes les conditions gagnantes sont rassemblées pour que vous puissiez répondre aux attentes des Canadiens en manière de contrôle des armes : un mandat électoral clair, l’appui majoritaire et solide du public, un lobby proarmes politiquement discrédité et l’appui de deux partis de l’opposition, surtout le Bloc québécois en plus du NPD.

Il ne reste que de nommer un ministre qui est à la hauteur de la tâche.

Comme vous le savez, les crimes et les actes de violence commis à l’aide d’armes à feu continuent d’être en hausse au Canada, et la vente d’armes de poing augmente de façon exponentielle. Ces tristes statistiques ne changeront pas aussi longtemps qu’il n’y aura pas de changements concrets et considérables sur le terrain, ce que nous n’avons pas vu depuis que vous avez pris pouvoir il y a six ans.

 En espérant fermement pouvoir collaborer avec vous et votre prochain gouvernement pour protéger la population et les générations futures contre la violence armée, nous vous prions de bien vouloir agréer nos sentiments les plus respectueux,

Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique, survivante et porte-parole de PolySeSouvient

Heidi Rathjen, diplômée de Polytechnique et Coordonnatrice de PolySeSouvient

Citation :

« Au cours des six dernières années, il y a eu très peu de progrès concret et visible. Par exemple, même les faibles mesures du projet de loi C-71, vieux de deux ans, n’ont pas encore été mises en œuvre, et les décrets de 2020 interdisant les armes d’assaut n’ont rien changé sur le terrain puisque toutes ces armes restent entre les mains de leurs propriétaires. J’ai vu cette approche timide et fragmentaire de première main lorsque j’étais membre du Comité consultatif sur les armes à feu du ministre Ralph Goodale. C’est une approche gagnante pour le lobby des armes puisqu’elle empêche toute réforme significative tout en fournissant de bons points de discussion au gouvernement. C’est précisément cette approche qui doit changer fondamentalement. Et pour que cela se produise, nous avons besoin d’un ou d’une ministre qui n’a pas peur d’agir avec audace, ce que nous n’avons pas vu depuis qu’Alan Rock était ministre de la Justice dans les années 1990. »

Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique, survivante et porte-parole de PolySeSouvient

En appui à notre demande, voici un aperçu de l’approche libérale en matière de contrôle des armes (depuis 2012) qui doit changer de manière fondamentale (en anglais):

Autres liens :

Respect de vos engagements électoraux sur le contrôle des armes à brève échéance.

The Liberal Party’s Shift on Gun Control 2012 – 2021

Couverture médiatique

https://lactualite.com/actualites/polysesouvient-demande-a-justin-trudeau-de-faire-avancer-ses-promesses-sur-les-armes/

https://www.thestar.com/politics/2021/09/29/gun-control-group-urges-trudeau-to-name-new-minister-to-advance-liberal-promises.html

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/29/poly-se-souvient-reclame-un-nouveau-ministre-de-la-securite-publique-1

Survol de propos d’experts en opinion publique et de leaders d’opinion dans les médias concernant l’enjeu déterminant du contrôle des armes à feu lors de la campagne électorale :

POST-ELECTION ANALYSIS RE GUN CONTROL TWEETS / IN THE MEDIA

Coup d’œil de la mauvaise gestion d’O’Toole sur cette question :

Complément d’information publié par le Globe and Mail : 

https://www.theglobeandmail.com/opinion/editorials/article-erin-otoole-and-the-wrong-way-to-pick-a-party-leader/ )

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Les homicides ont augmenté de 30 % aux États-Unis – Statistiques de l’année 2020

(Washington) Les États-Unis ont enregistré plus de 21 500 homicides en 2020, en hausse de 30 % sur un an, selon des statistiques publiées lundi par la police fédérale (FBI).

AGENCE FRANCE-PRESSE,  27 septembre 2021

Ce pic avait déjà été rapporté par plusieurs grandes villes, mais il s’agit des premiers chiffres officiels et consolidés à partir des données de près de 16 000 des 18 000 agences des forces de l’ordre qui existent dans le pays.

Ils montrent que la hausse des homicides, particulièrement marquée à partir de juin, n’a épargné aucun pan du territoire américain, même si la Louisiane reste en tête des États les plus meurtriers.

Cette augmentation est la plus rapide depuis le début de la collecte des données par le FBI dans les années 1960 et porte le total des homicides à un niveau inédit depuis 25 ans, mais encore en deçà du pic des années 1980.

Les experts peinent à expliquer ce phénomène que certains lient à la pandémie et à ses effets déstabilisateurs, tandis que d’autres insistent sur l’impact des grandes manifestations contre les violences policières ou sur la hausse des ventes d’armes à feu.

Selon le rapport du FBI, 77 % des homicides ont été commis avec des armes à feu en 2020, contre 74 % en 2019.

La police fédérale n’a pas encore publié de données pour 2021, mais les chiffres préliminaires communiqués par les grandes villes du pays ne montrent pas de reflux.

Il y a eu 6,5 homicides pour 100 000 habitants en 2020 aux États-Unis. À titre de comparaison, il y en avait eu, en 2018, 35 au Mexique, 27 au Brésil, 8 en Russie et 1 en France ou en Allemagne, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale.

Québec déclenche un Carcajou 2,0 à l’échelle provinciale

(Montréal) Ajout de 110 nouvelles ressources dont plus de 70 policiers, 90 millions de plus versés à la Sûreté du Québec (SQ), à des corps de police municipaux et au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, des agents de renseignements dans les réserves autochtones de Kahnawake et d’Akwesasne, le retour de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au sein des escouades mixtes : Québec lance l’opération Centaure, une ambitieuse stratégie nationale de lutte aux armes à feu qui s’attaquera en priorité aux fournisseurs d’armes pour ne pas que Montréal devienne un autre Toronto.

DANIEL RENAUD et PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD, LA PRESSE, 24 septembre 2021

« C’est une force de frappe sans précédent. La violence liée aux armes à feu qui inquiète les citoyens et nos familles, c’est assez. À l’époque de la guerre des motards, l’escouade Carcajou, c’était 44 enquêteurs et 10 millions. Ce qu’on annonce aujourd’hui, c’est beaucoup plus important. C’est l’opération ultime de la lutte aux armes à feu », a déclaré la ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault.

Mme Guilbault a fait l’annonce de cette nouvelle stratégie nationale vendredi matin au Palais des congrès de Montréal, entourée de la ministre responsable de la métropole, Chantal Rouleau, de la directrice de la SQ, Johanne Beausoleil, du directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Sylvain Caron, du président de l’Association des directeurs de police du Québec et directeur du Service de police de Laval, Pierre Brochet, et de plusieurs représentants de corps de police municipaux et autochtones.

Selon cette nouvelle stratégie, toutes les escouades mixtes actuellement en place pour lutter contre le crime organisé, telles l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENRCO) et les escouades régionales mixtes (ERM), et les équipes de lutte contre les stupéfiants et les armes que l’on retrouve déjà dans les villes, comme celles du SPVM, seront mises à contribution pour lutter contre les armes à feu, sous la supervision de la Sûreté du Québec.

L’équipe intégrée de lutte aux armes à feu (EILTA) est fusionnée à cette structure déjà existante pour s’attaquer principalement aux importateurs et aux fournisseurs d’armes à feu au Québec.

La Sûreté du Québec reçoit 74 des 90 millions supplémentaires annoncés vendredi matin. Avec cette somme, elle ajoutera plus de 60 policiers dans la lutte contre les armes à feu, dont un nouveau groupe tactique d’intervention (GTI). Les polices de Longueuil et de Laval recevront également quelques millions et pourront embaucher des policiers.

Le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale recevra 15 millions et pourra embaucher 15 employés, lui qui a de la difficulté à répondre aux demandes d’expertises pour toutes les armes à feu saisies au cours des derniers mois et années.

Avec la collaboration des corps de police locaux (Peacekeepers), un agent de renseignements sera en poste dans chacune des réserves d’Akwesasne et de Kahnawake, par où transitent beaucoup d’armes à feu illégales qui se retrouvent dans les rues de Montréal. C’est la première fois que les corps de police de ces deux réserves participent à une stratégie provinciale de lutte contre le crime organisé d’une telle envergure.

La police provinciale de l’Ontario, le Département de la sécurité intérieure des États-Unis et même les services frontaliers américains participent à l’Opération Centaure.

Les candidats à la mairie satisfaits

Même si l’essentiel des fonds annoncés vendredi matin ira à la SQ plutôt qu’au SPVM, les deux principaux candidats à la mairie de Montréal se sont dits satisfaits par l’annonce de Québec.

« Je suis très contente, a dit Valérie Plante, en marge d’une annonce électorale dans l’est de Montréal. Je vois ça d’un très bon œil que le gouvernement du Québec décide d’investir pour protéger les frontières, pour être beaucoup plus proactif. On y arrivera pas seuls. »

« Le fait que tous les corps policiers travaillent ensemble – dont ceux qui se trouvent sur des réserves autochtones – c’est une très très bonne nouvelle », a-t-elle ajouté.

La mairesse Plante ne participait pas à l’annonce de ce matin. Elle a expliqué qu’en campagne électorale municipale, le gouvernement du Québec préfère ne pas s’afficher aux côtés d’un des candidats.

« Je me réjouis de l’annonce du gouvernement du Québec qui se mobilise pour enrayer la violence par armes à feu », a réagi Denis Coderre dans une déclaration transmise par écrit. « Encore une fois, la Ville n’assume aucunement son leadership en matière de lutte contre la violence. Cette stratégie nationale démontre l’urgence d’agir pendant que la mairesse Plante se met la tête dans le sable. »

« Il y a une disproportion inquiétante entre la répression et la prévention dans l’approche de la ministre Guilbault. La ministre vient de mettre plus de 90 millions sur la table pour soutenir les corps policiers, mais n’a annoncé aucune nouvelle somme pour soutenir le milieu communautaire et les intervenants qui travaillent auprès des jeunes. C’est incompréhensible », a pour sa part déclaré le député de Laurier-Dorion Andrés Fontecilla, de Québec solidaire.

« L’augmentation des actes de violence commis au cours des derniers mois est assez inquiétante. C’est pourquoi on ne peut que saluer la présente stratégie gouvernementale qui permettra notamment de mieux outiller nos corps policiers et surtout d’agir en amont et en étroite collaboration avec nos organismes communautaires. », a notamment réagi le président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Gaspé, Daniel Côté.

Sur Twitter, la Fraternité des policiers et policières de Montréal a salué « le leadership et la vision de la ministre de la Sécurité publique et du gouvernement du Québec dans la lutte contre la violence par armes à feu, une stratégie porteuse laissant espérer des résultats notables ».

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.

L’AJOUT DES RESSOURCES

Sûreté du Québec : 74 millions

  • 78 policiers et civils
  • Un nouveau groupe tactique d’intervention
  • Des civils en soutien aux enquêtes

Service de police de Laval : 5,2 millions

  • 5 enquêteurs

Service de police de l’agglomération de Longueuil : 3 millions

  • 4 enquêteurs

QUELQUES CHIFFRES

Selon la SQ, 29 % des armes à feu illégales saisies au Québec proviennent de la province et 44 % de l’extérieur du Québec et de l’Ontario

Selon une compilation de La Presse, au moins 96 évènements de coups de feu étaient survenus à Montréal cette année, au 9 septembre.

Selon le SPVM, 400 armes à feu ayant servi à des crimes avaient été saisies à Montréal cette année, au 31 août dernier.

Centaure est un acronyme formé des mots : Coordination, efforts, national, trafic, arme, unifiée, répression et enquête

Et si la solution passait par d’ex-gangsters réhabilités ?

LE MONDE EN SOI : un tableau du peintre Gabriel Landry dédié à la Paix dans le Monde et à la Protection de l’Environnement

Longueuil, le 17 septembre 2021

Désireux de souligner l’édition 2021 des JOURNÉES DE LA PAIX qui se déroulent sur 12 jours, soit du 21 septembre au 2 octobre, le peintre Gabriel Landry vient de réaliser un tableau qu’il dédie à la Paix dans le Monde et à la Protection de l’Environnement.

LE MONDE EN SOI : tableau du peintre Gabriel Landry, soulignant l’édition 2021 DES JOURNÉES DE LA PAIX qui ont lieu du 21 septembre au 2 octobre. L’artiste dédie cette œuvre à la Paix dans le Monde et à la Protection de l’Environnement.

Revenant sur ce qui lui a servi de source d’inspiration pour réaliser ce tableau, l’artiste s’exprime en ces termes : « Toute l’eau de la Terre, dit-on, est concentrée dans une seule goutte d’eau. Dans cet esprit, on peut aussi dire de l’humanité toute entière, qu’elle est concentrée dans un seul être humain. Voilà ce qui m’a inspiré ce tableau qui a pour titre LE MONDE EN SOI et que je dédie à la Paix dans le Monde et à la Protection de l’Environnement ». Ce à quoi il ajoute à sa réflexion personnelle ces paroles de la militante du Green Belt Movement et Prix Nobel de la Paix 2004, Wangari Maathai : « « La Paix sur Terre dépend de notre capacité à protéger notre environnement », ce qui, plus que jamais, en 2021, semble bien être le cas » ».

Quant aux divers éléments qui composent son tableau, Gabriel Landry, tout en laissant à chacun.e le soin d’y aller de sa propre interprétation, propose quelques pistes de réflexion que l’on peut lire comme suit :

« La Femme est l’avenir de l’Homme », a écrit le poète Louis Aragon dans ce vers célèbre devenu maxime. D’où la présence, dans ce tableau, d’une femme enceinte…  de la Terre et ses continents.

Tout comme le Soleil se lève sur un nouveau jour, cette femme, symbolisant « notre mère la Terre » et l’humanité toute entière, s’apprête à donner naissance à un monde nouveau, celui de la planète verte!

La scène se déroulant sous le regard de l’oiseau, celui-ci symbolise l’amitié des dieux envers les hommes. Ici, en l’occurrence le retour de la cigogne, laquelle, outre le fait qu’on lui prête le pouvoir, par son seul regard, d’être la cause de la conception, correspondrait au réveil de la nature.

Enfin, contrairement à la Belle-de-nuit, cette fleur qui s’ouvre la nuit et se referme au lever du jour, puissions-nous, 24 heures sur 24, ces milliards d’humains que nous sommes, le jour comme la nuit, individuellement et collectivement, porter LE MONDE EN SOI.

Pour la Paix dans le Monde et la Protection de l’Environnement, comme le dit si bien le proverbe africain : « seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ».

On peut visiter le site de l’artiste au www.gabriellandry.com

Source : Gabriel Landry. Tél. : 450 445-3649 Cell. : 514 894-0440 –Courr. : glandry@gabriellandry.com

Justin Trudeau répond à vos questions

Harcèlement sexuel dans l’armée, PCRE, rachat des armes d’assaut, hydro-électricité : l’équipe éditoriale de La Presse a profité d’une rencontre avec le chef du Parti libéral du Canada pour lui poser vos questions. Celles-ci avaient été récoltées lors d’un appel à tous, auquel vous avez répondu en grand nombre. Voici les réponses.

Publié le 17 septembre 2021 dans La Presse

Vous dites que le problème du harcèlement dans l’armée vous préoccupe, alors pourquoi n’avez-vous pas mis en application les excellentes recommandations de Marie Deschamps au lieu de reporter le problème en nommant Louise Arbour pour faire le même travail ?

Réal Thuot, Saint-Jean-sur-Richelieu

Justin Trudeau : On a implanté plusieurs des recommandations de Mme Marie Deschamps, mais ça prend des changements profonds. Il n’y a aucun doute qu’on doive transformer nos forces armées, mais comment le faire de la bonne façon ? C’est ce que j’ai demandé à Mme Arbour de regarder. Je peux vous dire qu’on va absolument amener toutes les recommandations qu’elle met de l’avant. Ce sont des changements de fond qui vont faire la différence.

Alors qu’il manque de main-d’œuvre partout, comment pouvez-vous justifier la continuité de la PCRE ?

Gilles Carrière

J. T. : D’abord la pénurie de main-d’œuvre a été aggravée par la pandémie, mais elle existait bien avant. La PCRE est rendue à 300 $ par semaine, c’est moins que ce que gagnerait quelqu’un qui travaille toute une semaine au salaire minimum, donc ce n’est pas ce qui empêche les gens de travailler. De plus, il y a encore bien des industries – je pense aux artistes ou au milieu touristique – qui n’ont pas repris le cours des choses et on continue à les appuyer. Mais il y a aussi des gens qui ont pris cette année et demie pour réfléchir au genre de travail ou de carrière qu’ils voulaient. Ils ont repris leurs études ou cherché d’autres pistes. C’est pour cette raison qu’on veut augmenter l’immigration – pour compenser la période où les frontières étaient fermées. On va aussi investir dans la formation pour que les gens aient de meilleurs emplois.

Qu’est-il arrivé de la promesse officielle d’exiger le rachat sans condition par le gouvernement de toutes les armes d’assaut à travers le Canada ? Voilà maintenant presque 32 ans que nous demandons cette mesure élémentaire pour la sécurité des Canadiennes et des Canadiens.

Suzanne Laplante Edward, mère d’Anne-Marie Edward (1968-1989)

J. T. : On l’a fait l’année passée, on a banni les armes d’assaut. On a écouté PolySeSouvient qui nous a dit d’aller une coche plus loin. C’est un rachat obligatoire et si les gens ne veulent pas donner au gouvernement leur arme d’assaut, qui est maintenant illégale, ils vont devoir accepter qu’elle soit inutilisable de façon permanente. Donc fini les armes d’assaut dans ce pays… à moins que les conservateurs rentrent.

Comment se fait-il que le gouvernement fédéral ait aidé, avec des milliards de dollars, une province de 500 000 habitants – Terre-Neuve-et-Labrador – à vendre de l’électricité aux États-Unis, la plaçant ainsi en compétition avec le Québec ? À ce que je sache, le fédéral n’a jamais aidé le Québec pour ses barrages hydro-électriques. Ne serait-il pas sain que le Canada ait une stratégie hydro-électrique coopérative et unifiée ?

Yvon Pelletier

J. T. : On est justement en train de travailler avec les provinces de l’Atlantique et le Québec sur un réseau d’hydro-électricité qui va remplacer du charbon aux États-Unis. On a reconnu qu’avec les défis liés à l’industrie pétrolière, et à cause des décisions erronées qu’ont prises les gouvernements conservateurs à Terre-Neuve durant plusieurs années, ils avaient besoin d’un soutien financier important. On était là pour eux.

Propos recueillis par Nathalie Collard

Note : Les questions et réponses ont été légèrement éditées pour en faciliter la lecture.

O’Toole s’appuie sur de « faux arguments », dit PolySeSouvient

En affirmant qu’il refuse de « blâmer » les propriétaires d’armes à feu qui « suivent les règles », le chef conservateur Erin O’Toole s’appuie sur de « faux arguments » et parle « des deux côtés de la bouche », martèle une survivante de la tuerie de Polytechnique.

HENRI OUELLETTE-VÉZINA, LA PRESSE, 16 septembre 2021

« Nous non plus, on ne veut pas blâmer les propriétaires d’armes. La réalité, c’est qu’il y a une foule d’armes beaucoup trop dangereuses pour être entre les mains des Canadiens, qu’ils soient honnêtes ou non », explique Nathalie Provost, qui est aussi porte-parole de l’organisme PolySeSouvient.

Elle réagissait ainsi aux propos du chef conservateur qui a indiqué mercredi, en entrevue avec La Presse, qu’il est « injuste de blâmer les Canadiens qui suivent les règles pour des fusillades, par exemple à Montréal, avec des gangs de rue ». Il a accusé au passage Justin Trudeau de « diviser les Canadiens, en appelant à un « processus public, avec tous les groupes concernés, pour améliorer notre système de classification ».

Mais Nathalie Provost ne croit pas une seconde à cette « ouverture » des conservateurs. « Erin O’Toole a joué avec le feu, il a tenté de parler des deux côtés de la bouche. Il a trouvé une position que certains ont acheté, d’autres pas, mais ça reste clair que la pelure de banane pour lui, c’est les armes à feu », dit-elle.

« Les propriétaires d’armes qu’étaient Marc Lépine, Kimveer Gil, Alexandre Bissonnette, Valery Fabrikant et Richard Henry Bain étaient tous d’honnêtes propriétaires d’armes jusqu’à au jour où ils ont commis d’horribles fusillades. C’est aussi eux que M. O’Toole ne veut pas pénaliser », ajoute Mme Provost par courriel.

À ses yeux, le problème réside surtout dans l’utilisation publique d’armes « pour se protéger ». « Dans les mouvements de propriétaires d’armes honnêtes, il y a toujours ce souhait de s’armer pour se protéger. Ils veulent tous légalement les acquérir, mais l’intention reste de se protéger. Or, ceux et celles qui doivent avoir une puissance de feu, ce sont les policiers et les forces armées, point final. La finalité pour les citoyens, ça ne devrait pas être de se protéger, mais bien d’aller à la chasse », insiste la survivante.

PolySeSouvient rappelle par ailleurs que M. O’Toole a entretenu des liens de proximité, notamment au cours de sa campagne au leadership, avec la Coalition pour les armes canadiennes, un lobby comptant plus de 20 000 membres qui s’oppose au programme de rachat obligatoire proposé par le gouvernement Trudeau. Le groupe appelle d’ailleurs clairement à voter pour les libéraux, ou au minimum, pour le Bloc, le NPD ou les Verts, bref tout sauf les conservateurs et le Parti populaire de Maxime Bernier.

« Le citoyen régulier n’a pas le droit de s’acheter un tank, d’acquérir un char d’assaut. Ce n’est pas ça, le mode de vie en commun. Quand on veut contrôler les armes et sortir les armes des mains des citoyens, c’est n’est pas pour pénaliser les citoyens. C’est là qu’est le faux argument », ajoute Nathalie Provost.

À Erin O’Toole, qui dit vouloir « entendre le point de vue » des victimes et de leurs familles, la porte-parole rétorque « qu’il aurait pu le faire avant ou pendant la campagne électorale ». « On est disponibles. Et ils sont capables de parler à n’importe quelle victime s’ils le veulent », conclut-elle.

Le contrôle des armes à feu est un enjeu délicat depuis le début de la campagne pour Erin O’Toole, que les libéraux accusent de défendre le « lobby pro-armes ». La semaine dernière, le Parti conservateur a ajouté une note en bas de page à sa plateforme, qui promet l’abolition du décret interdisant quelque 1500 modèles d’armes à feu. « Toutes les armes à feu actuellement interdites le resteront », peut-on y lire. Justin Trudeau avait alors taxé M. O’Toole de vouloir « berner les Canadiens » par son « manque de clarté ».

Les conservateurs défendent le lobby des armes, point final 

Le 13 septembre 2006, juste après le dîner, Kathlene Dixon avait un rendez-vous prévu à l’Hôpital de Montréal pour enfants, situé à l’époque à côté du collège Dawson. « Nous étions en avance, alors nous avons décidé de passer par le collège que fréquentait notre fille pour voir ses amis. »

JUDITH LACHAPELLE, LA PRESSE, 14 septembre 2021

« Nous étions sur le trottoir, sur le boulevard de Maisonneuve, se souvient sa fille, Meaghan Hennegan. J’ai vu arriver un homme portant un long manteau noir. Et le temps de l’apercevoir, il avait sorti son arme et a tiré. »

« Je me suis jetée sur ma fille », enchaîne Kathlene Dixon. « Elle a été la première personne qui a été blessée ce jour-là, elle a reçu deux balles. »

« Une dans le bras droit, l’autre dans la hanche droite, dit Meaghan. Après, c’était le chaos. »

Un chaos qui durera encore de longues minutes, avant que le tireur retranché dans la cafétéria et encerclé par les policiers ne retourne son arme contre lui vers 13 h. Près de lui gisait au sol Anastasia De Sousa, une élève de 18 ans, atteinte mortellement par neuf projectiles.

« Aujourd’hui, je voudrais que les gens se souviennent que ma fille était belle, qu’elle avait un sourire et un rire merveilleux, dit Louise De Sousa, au bout du fil. Elle avait son propre caractère… Mais elle était une fille formidable. »

C’est un jour triste pour tant de gens, et en premier lieu, pour la famille De Sousa. Et pour les 19 autres blessés dont la vie a changé ce jour-là, pour toujours.

  • Kathlene Dixon, mère d’une victime de la tuerie du collège Dawson

Ce que Mme Dixon retient également, c’est que dans l’état actuel de la législation sur le contrôle des armes à feu au Canada, « rien n’a changé qui pourrait empêcher ce drame de survenir encore aujourd’hui ».

Le tireur avait deux armes en sa possession, pour lesquelles il détenait un permis en règle : un fusil semi-automatique Beretta Cx4 et une arme de poing. La première figure parmi les 1500 modèles d’armes à feu dont la vente est interdite au Canada depuis le décret de mai 2020.

Pour Kathlene Dixon, qui fait partie de la coalition PolySeSouvient qui milite pour un plus grand contrôle des armes à feu, la législation actuelle « est un très petit pas » dans la bonne direction, mais demeure incomplète. « Ces armes qui ont été interdites en mai 2020 sont toujours entre les mains de leurs propriétaires. Elles sont toujours là, elles sont toujours fonctionnelles. Le rachat obligatoire n’a pas été mis en place, tout comme l’obligation de les rendre inopérables. Ces armes sont donc toujours là, prêtes à être utilisées. »

Tout sauf les conservateurs

Dans une première version de son programme, le Parti conservateur promettait « d’abolir le projet de loi C-71 et le décret de mai 2020 ». La semaine dernière, le programme a été modifié pour préciser que « toutes les armes à feu actuellement interdites le resteront ». « On va maintenir les interdictions en place et avoir une revue transparente sur le système de classification », avait précisé le chef conservateur Erin O’Toole. Lundi, M. O’Toole a réitéré son intention de « maintenir toutes les restrictions » sur les armes à feu en place en « enlevant la politique » de cet enjeu et en donnant plus d’outils aux services policiers pour « combattre le crime organisé ».

« Les conservateurs défendent le lobby des armes, point final », réagit Kathlene Dixon. « Qui passera les restrictions en revue ? Tout ce que les conservateurs veulent restreindre, ce sont les armes qu’ils disent “illégales” », ajoute-t-elle, rappelant que le tireur de Dawson détenait un permis en règle.

La hausse des fusillades remarquée cet été dans certains quartiers de Montréal est-elle une preuve que la législation actuelle est inefficace ? Non, dit Meaghan Hennegan. Certaines armes sont légalement enregistrées, d’autres pas. « Il ne faut pas se baser sur ces fusillades pour remettre en question toute la législation sur les armes à feu. Oui, il faut empêcher les armes illégales d’être mises en circulation. Mais il faut aussi s’assurer que les personnes qui peuvent se procurer des armes soient surveillées. »

Meaghan Hennegan

Je n’ai aucun doute que si les conservateurs gagnent, ils détruiront tout le travail accompli depuis 15 ou 30 ans.

  • Meaghan Hennegan, victime de la tuerie du collège Dawson

« Si les gens sont préoccupés par l’enjeu du contrôle des armes à feu, alors, le Parti conservateur n’est pas pour eux », dit Kathlene Dixon.

Louise De Sousa, pour sa part, dit espérer que les libéraux, s’ils sont réélus, « termineront le travail » entrepris pour limiter l’accès aux armes. En attendant, sa famille comptait se réunir lundi pour commémorer le souvenir d’Anastasia. « Serrez vos proches et embrassez-les », a-t-elle voulu laisser comme message. « Et profitez de la belle journée. »

Communiqué de SolySeSouvient à l’occasion du 15e anniversaire de la tuerie au Collège Dawson 

13 SEPT – DAWSON

CPAC – O’Toole clarifying his mistake

https://cpac.ca/episode?id=c167d17d-10d7-40f7-88dc-09e3707cbf01

Survol français METRO

TVA entrevue Louise

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/12/il-y-a-15-ans-une-fusillade-eclatait-au-college-dawson-1

Radio-Canada Louise

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1823764/fusillade-dawson-15e-anniversaire-armes-feu

La Presse – erreur de OToole

https://www.lapresse.ca/elections-federales/2021-09-13/tuerie-du-college-dawson/o-toole-clarifie-ses-propos-des-familles-appellent-a-ne-pas-voter-pour-lui.php

The Gazette

https://montrealgazette.com/news/national/election-2021/survivors-of-dawson-college-shootings-urge-voters-to-shun-conservatives

Canadian press with video

https://nationalpost.com/pmn/news-pmn/canada-news-pmn/survivors-of-2006-dawson-college-shooting-urge-voters-not-to-pick-conservatives-2

Le Devoir

https://www.ledevoir.com/politique/canada/631842/quinze-ans-apres-la-fusillade-a-dawson-ne-votez-pas-conservateur-disent-des-familles

CultMtl

CTV – Videos

article: https://montreal.ctvnews.ca/survivors-of-2006-dawson-college-shooting-urge-voters-not-to-pick-conservatives-1.5583729 

Meaghan & Valerie Plante

https://montreal.ctvnews.ca/video?clipId=2280776&jwsource=em

Donna Varrica

https://montreal.ctvnews.ca/video?clipId=2280554&jwsource=em

Global – Video Meaghan

Radio Canada – Erreur OToole

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1823912/parti-conservateur-tuerie-college-dawson-beretta-assault-

Contrôle des armes à feu et trafic illégal

Vous avez des questions sur nos éditoriaux ? Des interrogations sur les sujets chauds de l’actualité ? Chaque semaine, l’équipe éditoriale répond aux lecteurs de La Presse.

PHILIPPE MERCURE, LA PRESSE, 12 septembre 2021

Q : À la suite de la lecture de votre éditorial (sur les armes à feu et la campagne électorale), je me pose la question suivante : pensez-vous vraiment que légiférer sur les armes à feu va empêcher quelqu’un de s’en procurer une sur le marché noir ?

Luc B.

R : Luc,

Vous n’êtes pas seul à vous poser cette question. Plusieurs lecteurs nous ont écrit pour plaider que le véritable problème est la contrebande d’armes à feu venant des États-Unis, et que les propriétaires d’armes légales n’ont rien à voir avec les fusillades qui secouent actuellement Montréal et d’autres villes.

À cela, nous répondons qu’il est possible de combattre le trafic d’armes ET de resserrer le contrôle des armes au Canada. En fait, la sécurité des citoyens passe par cette double stratégie.

Il est indiscutable que la contrebande d’armes est un fléau au pays et qu’il faut agir pour la contrer. D’un autre côté, des tueries comme celles de Polytechnique, de Concordia, du collège Dawson et de la Mosquée de Québec ont été perpétrées avec des armes légales. C’est aussi le cas d’une grande proportion d’homicides et de suicides.

Autre problème : les armes légales sont souvent volées et finissent sur le marché noir. En 2017, Statistique Canada a répertorié 3603 évènements pendant lesquels au moins une arme avait été volée.

Ces vols sont d’ailleurs en augmentation au pays. En 2018, la tuerie de l’avenue Danforth à Toronto, qui a fortement secoué la ville et fait 3 morts et 13 blessés, a été perpétrée avec une arme légale volée.

Étienne Blais, professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, souligne que si les membres du crime organisé peuvent s’approvisionner sur le marché noir, d’autres, qui ont moins de contacts, peuvent trouver plus facile de profiter des vérifications laxistes du côté légal pour acheter des armes.

« Si on resserre le contrôle des armes de poing, c’est clair qu’on coupe l’une des sources d’approvisionnement des délinquants. Ça vient aussi augmenter le prix des armes sur le marché noir et ça augmente les efforts que les délinquants doivent déployer pour les acquérir », dit-il.

D’où la pression sur les chefs des partis fédéraux pour accoucher d’une stratégie claire sur le contrôle des armes à feu.

Et les armes à feu, chers politiciens fédéraux ?

PHILIPPE MERCURE, LA PRESSE, 1er septembre 2021

Mardi, la porte d’un appartement criblée de balles a été découverte dans le quartier Villeray, à Montréal.

Le weekend dernier, c’est à Lachine et dans Saint-Michel que les coups de feu avaient retenti.

La semaine précédente, des policiers avaient été pris pour cible dans Notre-Dame-de-Grâce. Un garçon avait été blessé par une balle perdue à Contrecœur. Une famille de Saint-Léonard avait vu sa maison criblée de balles lors de la deuxième fusillade dans le secteur en une semaine.

Des évènements qui s’ajoutent à ceux survenus dans le Vieux-Montréal, dans la Petite-Bourgogne, à Rivière-des-Prairies.

Montréal et ses environs demeurent sécuritaires si on les compare aux autres grandes villes nord-américaines. Mais ces fusillades déclenchées avec de moins en moins de scrupules suscitent la crainte des citoyens – avec raison.

On sait trop bien qu’au sein des milieux criminels, la peur des armes incite à s’armer. On ne peut écarter l’hypothèse qu’un cercle vicieux soit enclenché.

Au niveau municipal, Valérie Plante et Denis Coderre ont déjà commencé à se crêper le chignon sur la question, s’accusant l’un l’autre d’avoir fait des coupes dans les ressources policières.

Il reste toutefois du temps aux Montréalais pour analyser les propositions des candidats à la mairie. Entre-temps, ceux-ci doivent se choisir un premier ministre fédéral. Or, il se trouve qu’un grand nombre d’enjeux cruciaux touchant les armes à feu se décident justement à la Chambre des communes.

C’est le cas du type d’armes qu’on veut interdire. Des balises encadrant la possession, l’utilisation et le transport des armes. Du contrôle de la frontière américaine, d’où les armes entrent à flots. Le fait que Toronto soit encore plus touché que Montréal par les fusillades montre toute la nécessité de mesures nationales.

Malheureusement, ce sont surtout des bruits de criquets qui nous parviennent de la campagne fédérale. C’est ironique. Alors qu’on assiste à une multiplication des incursions dans les compétences provinciales, voici un dossier résolument fédéral qu’on refuse d’aborder de front.

***

Après six ans de règne, le bilan libéral sur la question des armes est loin d’être convaincant. Oui, les libéraux ont interdit environ 1500 types d’armes d’assaut en 2020. Cela a permis de fermer le robinet sur l’arrivée de nouvelles armes par les voies légales. Il restait à s’occuper de celles qui sont déjà là.

Ici, la déception est grande. Le programme de rachat proposé par les libéraux était volontaire plutôt qu’obligatoire. Et il n’a jamais été adopté, mourant au feuilleton.

M. Trudeau a par ailleurs refusé de légiférer sur les armes de poing, tentant de pelleter le dossier dans la cour des villes (qui n’en veulent pas). Une approche qui aurait conduit à une mosaïque de mesures aussi absurde qu’inefficace.

Le Parti conservateur ? Sur cette question, il joue le rôle du loup dans la bergerie. Erin O’Toole a été élu à la tête du parti avec le soutien du lobby proarmes. Son directeur de campagne, Fred DeLorey, est d’ailleurs un ex-lobbyiste de l’Association canadienne des armes à feu. Le plan est clair : défaire les quelques mailles du filet (percé) tricoté par les libéraux.

Le NPD et le Bloc québécois ont des offres plus censées et rassurantes. Cela inclut une définition plus large des armes prohibées, un programme de rachat obligatoire et un meilleur contrôle des frontières pour lutter contre la contrebande.

Malheureusement, le NPD souhaite confier aux provinces le pouvoir de légiférer sur les armes de poing –une position bien commode qui lui évite de se mouiller. Le Bloc, constatant le blocage des autres partis à Ottawa, y voit aussi une solution.

Redisons-le : il s’agirait d’une abdication des responsabilités fédérales, et seule une réglementation uniforme dans l’ensemble du pays peut atteindre ses buts.

Politiciens fédéraux, il vous reste 20 jours pour proposer mieux aux Canadiens. Qui osera dégainer ?

Sur un air mélancolique de Johann Pachelbel

Par Serge St-Arneault

Assis, là où se situait le cloître du Monastère des Ursulines de Trois-Rivières, un air mélancolique de Johann Pachelbel représente bien l’état d’âme qui m’habite. Récemment, ce monastère trois fois centenaire, est devenu la propriété de la Ville de Trois-Rivières. Celle-ci se donne trois ans pour définir la future vocation de cet établissement hautement historique. Je suis témoin non seulement du changement vocationnel de ce lieu mais aussi d’une mutation sociale et d’un style d’Église. Les archives qui remontent à l’époque de la Nouvelle-France, m’a-t-on dit, seront conservés dans un édifice adjacent au monastère.

La photo murale au fond du cloître, datée de 1946, illustre bien ce qui s’est passé. Le cloître bondé de religieuses en prière a fait place à une salle vide, devenue muséale.

Le cloître

En ce dimanche du 12 septembre 2021, les portes étaient toutes ouvertes dans le cadre des Journées du Patrimoine Religieux. Un concert d’orgue se tenait à 14h00 dans la grande chapelle. Une petite assemblée s’y est retrouvée. L’auditoire a apprécié les pièces jouées par Suzanne Bellemare. Le répertoire comprenait John Stanley, Aria Selbaldina et Johann Pachelbel, François Couperin, Jean Sébastien Bach, Johannes Brahms et Nicolas J. Lemmens. L’ensemble mélancolique de ces œuvres a été interrompu par le grand classique de Bach; extrait de la cantate 147.

La chapelle

Le réfectoire avec vue sur la cour arrière et le cimetière

Jalon historique des Ursulines

1535      Fondation des Ursulines à Brescia en Italie

1639 – 1697 Marie de l’Incarnation et les Ursulines à Québec

1697      Arrivée des Ursulines à Trois-Rivières, lieu d’habitation dans la demeure du gouverneur de Ramesay.

1701      Installation des Ursulines au Monastère

1715      Construction de la chapelle, rénovée en 1897

1838      Début de la responsabilité de la direction d’écoles publiques à Trois-Rivières

1900      Présence des Ursulines à Grand-Mère

1908      Les Ursulines à Shawinigan

1935      Consolidation du Collège Marie-de-l’Incarnation

Septembre 2019 : Les Ursulines quittent leur monastère pour emménager dans leur nouvelle résidence Lokia située dans le nouveau quartier Promenade Trois-Rivières sur St-Laurent. C’est là que j’ai salué Sœur Suzanne Julien que j’ai bien connu lorsque nous étions étudiants en théologie à l’UQTR il y a plus de quarante ans. Avec quelques-unes de ses consœurs, elle avait elle aussi assisté au concert d’orgue. Elle m’a confié qu’elle s’était de nouveau sentie chez elle pour un court instant.

« Souhaitons que de beaux fruits surgissent de ce que nous avons semé, m’a-t-elle confié. »

Adresse : Musée des Ursulines, 734, rue des Ursulines, Trois-Rivières,QC G9A 5B5

Téléphone : 819 375-7922

Site internet : www.musee-ursulines.qc.ca

Revue de presse sur l’enjeu électoral des armes à feu selon la position de PolySeSouvient vis-à-vis des Partis politiques fédéraux

Plusieurs étudiants de l’École Polytechnique, ainsi que plusieurs autres associations étudiantes, ont activement participé à la conférence de presse organisé par PolySeSouvient. Voici quelques manchettes.

Radio-Canada

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1822882/poly-feminicide-vote-elections-federales-armes-otoole-trudeau

Le Devoir

https://www.ledevoir.com/societe/631041/elections-federales-un-vote-pour-les-conservateurs-c-est-un-vote-pour-le-lobby-des-armes-a-feu-previent-polysesouvient

Montreal Gazette

https://montrealgazette.com/news/national/election-2021/polytechnique-gun-control-group-warns-tories-will-gut-firearms-limits

https://windsorstar.com/news/national/election-2021/polytechnique-gun-control-group-warns-tories-will-gut-firearms-limits

QMI

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/09/voter-pour-les-conservateurs-equivaut-a-voter-pour-le-lobby-des-armes-selon-polysesouvient

CTV

https://montreal.ctvnews.ca/dawson-shooting-and-polytechnique-massacre-survivors-urge-federal-parties-to-focus-on-gun-control-1.5579132

Global:

Metro

https://journalmetro.com/actualites/politique/2692458/conservateurs-vote-pour-lobby-armes-polysesouvient/amp/

Missionnaire sans frontières

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