Washington D.C. d’hier à aujourd’hui – mon expérience

L’assaut populaire du 6 janvier 2021 au Capitole de Washington est encore frais dans nos mémoires. Je m’y suis rendu le 25 octobre dernier sans y déceler la moindre trace de ce tragique épisode si ce n’est les barricades qui empêchent les gens de s’en approcher.

C’était en 1977

L’abbé Gilles Marchand en 1977

Ce n’était pas ainsi en 1977 lorsque j’ai visité le Capitole en compagnie d’un groupe d’étudiants, majoritairement africains, de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Notre aumônier, l’abbé Gilles Marchand avait préparé ce périple pour permettre aux étudiants étrangers de mieux connaître les États-Unis. Plus de quarante ans plus tard, je garde néanmoins la même impression; celle d’un grandiose pays aux pieds d’argile.

Polarisations

Les polarisations ethniques, culturelles et économiques attirent mon attention . Les extrêmes se côtoient au grand jour. Ce n’est certes pas un phénomène unique aux États-Unis. Mais, en touriste que je suis, cela me semble profondément associé à l’environnement culturel américain hyper productif et compétitif, source d’insécurité et de violence. La prolifération des armes à feu contribue à ce phénomène.

Heureusement pour nous, notre maison est située dans un quartier sécurisé où siègent beaucoup d’ambassades. Il est possible de circuler sans crainte, même le soir. Ce qui n’est pas le cas dans un quartier voisin, m’a-t-on dit.

Chicago en 1999

En compagnie de monsieur Justin McCarthy en 1999

J’avais déjà compris cela lorsque je suis allé rendre visite à Julien Cormier à Chicago en 1999. À l’époque, nous avions une communauté de missionnaires dans le quartier d’Austin. Sa particularité était qu’elle était composée exclusivement d’Afro-Américains. J’avais interviewé chez lui monsieur Justin McCarthy, le dernier résident Blanc du quartier. Il y était depuis 1963 et il avait 86 ans à cette époque. Il a assisté à la migration progressive des Afro-Américains dans un quartier historiquement composé d’immigrants irlandais catholiques. Justin a été le premier président d’une association appelée Organisation for Better Austin (O.B.A.) qui avait pour objectif de faciliter une transition pacifique des institutions locales à une époque où les tensions raciales provoquaient des émeutes dans d’autres villes américaines.

La panique s’est emparée des Blancs, de m’avouer Justin, qui ont tous quitté sous la pression d’appels téléphoniques de spéculateurs fonciers.

Reportage publié dans la revue Univers, mars/avril 1999, page 11 à 16.

« N’attendez pas une dévaluation plus grande de votre propriété et vendez dès aujourd’hui. C’est ma dernière offre. »

Systématiquement, d’une rue à l’autre, les gens ont vendu leur maison et migré vers les banlieues de Chicago en pleine croissance. La détérioration du quartier s’est alors accélérée et la méfiance a prévalu. Non seulement le quartier d’Austin a vu une partie sa population s’exiler, mais la ville de Chicago est passée de 3,6 millions d’habitants en 1950 à 2,7 millions depuis 1990 jusqu’à aujourd’hui.

Du mémorial Lincoln au Capitole

Tous ces souvenirs me sont revenus lorsque je marchais le long de la vaste étendue verdâtre et presque désertique entre le Capitole et le Mémorial de Lincoln avec, au centre, l’emblématique obélisque du monument de Washington. Je me questionnais sur la propension des Américains à prendre possession de lieux et de territoires par vagues migratoires. À bien y penser, c’est l’histoire de l’humanité.

Photos de 2021

Le quartier Queens à Brooklyn, New York

J’ai constaté la même chose quelques jours plus tard lorsque nous sommes allés dans le quartier Queens à Brooklyn. Vous pouvez lire l’article que j’ai publié à ce sujet sur mon blogue; « Brooklyn, Queens, 30 octobre 2021 ». Ce qui n’est pas dit dans ce reportage est le fait que les populations afrodescendantes de courte ou de longue date ont migré dans cette partie de la ville de New York d’une manière très semblable à celle du quartier d’Austin à Chicago.

« Nous sommes chanceux, de me dire mon confrère Bartholomew Mrosso, car nous sommes dans une zone sécurisée. Mais, plus loin, il est préférable de ne pas s’y aventurer. »

Ce conseil est valide pour tous, sans distinction radiale. Pourtant, je me suis senti tout à fait à l’aise là où vivent mes confrères. Les maisons sont certes modestes, mais ces propriétés et les rues sont propres, bien entretenues. C’est bien loin des images désolantes du quartier Queens projetées dans le film Coming to America, produit en 1988 et mettant en vedette Eddie Murphy. La fiction caricature la réalité. Excusez-moi, c’est vrai! Je n’ai séjourné que 24 heures aux Queens. C’est trop peu pour connaître un endroit aussi vaste que Brooklyn.

De retour à Chicago en 1999

Ça me rappelle encore une fois le quartier d’Austin de Chicago, souvenez-vous, entièrement peuplé d’Afro-Américains. Je m’étonnais du regard apeuré des enfants lorsque je prenais le métro pour me rendre au centre-ville. Revenant d’Afrique, me retrouver entouré de Noirs était pour moi tout à fait normal. Mais un Blanc, marchant le long des rues d’Austin, éveillait des suspicions.

« Que faites-vous dans la rue en pleine nuit, avait demandé un policier à Julien?  »

Un Blanc rodant la nuit dans un quartier renommé pour être « dangereux » ne peut prendre ce risque que pour vendre de la drogue.

« Je reviens de la pharmacie, de répondre Julien. »

« Êtes-vous de ce quartier ? »

« Oui. Je suis le curé de la paroisse St-Martin-de-Porrès. L’église est à deux pas d’ici. »

Le racisme

Je comprends que les questions raciales sont toujours complexes, partout sur la planète. Elles me semblent cependant omniprésentes dans la fabrique sociale américaine. Pourtant, la diversité est source de créativité, d’innovation. Il y a des exemples remarquables de réussite de coexistence interraciale aux États-Unis.

En revanche, et l’exemple l’assaut populaire du 6 janvier 2021 au Capitole de Washington le montre bien, les États-Unis ont atteint un très haut degré de polarisation alimenté par un discours politique haineux. Que penser de ceux qui prônent une nouvelle guerre civile?

Sur les marches du Capitole en 1977 et en 2021

Quel contraste entre une manifestation de chrétiens sur les marches du Capitole en 1977 dénonçant le soutien du gouvernement américain à des régimes tortionnaires et la meute en furie s’apprêtant à assaillir le même endroit en 2021. Aujourd’hui, la meilleure vue rapprochée de ces lieux se situe derrière un plan d’eau.

Notre témoignage

Que ce soit à Chicago, aux Queens de Brooklyn ou ailleurs, notre témoignage missionnaire est le même; nous affirmons qu’au-delà de nos différences raciales, culturelles et même religieuses, nous sommes tous des enfants de Dieu, égaux en toutes choses, car aimés sans distinction d’un même Père. Amen!

Québec presse Ottawa d’agir

Photo: Jacques Boissinot (Archives) La Presse canadienne Québec demande à Ottawa d’en faire plus pour lutter contre la violence par armes à feu après la mort d’un adolescent de 16 ans à Montréal dimanche dernier. 

Marie Vastel et Alexandre Robillard, respectivement à Québec et à Washington, Le Devoir, 18 novembre 2021

Le premier ministre François Legault a pressé mercredi le gouvernement fédéral de lutter plus activement contre la violence par armes à feu.

M. Legault a fait cette déclaration trois jours après le décès d’un adolescent de 16 ans, à Montréal, qui a été tué par balle. « C’est terrible, a-t-il dit. Je ne reconnais plus Montréal. »

Juste avant de présider une réunion du Conseil des ministres, M. Legault a envoyé un message au gouvernement de Justin Trudeau. « Il faut qu’il en fasse plus », a-t-il affirmé, avant de s’engouffrer dans l’édifice. 

Quelques minutes plus tôt, la ministre québécoise de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, avait demandé au gouvernement fédéral de passer à l’action dans la lutte contre les armes à feu.

Mme Guilbault a souligné mercredi que le ministère fédéral de la Sécurité publique avait été pourvu de deux ministres lors de la dernière formation du Conseil des ministres de Justin Trudeau. Dans un point de presse, à Québec, Mme Guilbault a demandé à Ottawa d’être « un partenaire incontournable dans la lutte contre cette violence ».

« On comprend tous qu’il y a eu une élection, il y a deux ministres de la Sécurité publique qui ont été nommés en plus au fédéral, a-t-elle dit. Je leur ai envoyé une lettre avec les demandes du Québec, dont une très claire en ce qui concerne la violence liée aux armes à feu. J’ai fait une demande de rencontre et j’attends une réponse. »

Mme Guilbault a souligné que le contrôle des armes à feu commençait par le blocage de leur trafic aux frontières, et que la gestion des frontières est de compétence fédérale. Le Code criminel et les peines qu’il contient dépendent également des décisions des législateurs fédéraux.

« Quand tu possèdes une arme, légalement ou non, et que tu t’en sers, il faut que la peine que tu reçois soit proportionnelle avec la gravité de l’acte et surtout, à l’origine, dissuasive, a-t-elle dit. Si je sais que je peux me servir d’une arme et que je vais avoir quelques mois [de prison] comparativement à quelques années, ça peut peut-être en dissuader certains. »

Quant aux armes de poing, Mme Guilbault croit que le fédéral doit avoir une position claire. « La fameuse question des armes de poing, il y avait eu un projet de loi pour donner ça aux Villes, et les Villes étaient contre. Nous aussi. Il faut une fois pour toutes qu’il se positionne contre ou qu’il soit clair pour qu’on bannisse les armes de poing, avec une position claire là-dessus », a affirmé la ministre.

Elle a aussi fait valoir les efforts faits par le gouvernement québécois avec l’opération Centaure, qui regroupe 55 corps policiers du Québec dans la lutte contre la violence par armes à feu.

« Nos 55 corps policiers sont là-dessus, ils échangent du renseignement, il y a plein d’affaires qui se font, mais on a besoin du renseignement fédéral, a souligné la ministre. […] Il faut que le fédéral call la shot et décide qu’on déploie des ressources de la Gendarmerie royale du Canada. »

La prochaine mise à jour économique du gouvernement québécois prévoira des fonds pour des initiatives de prévention.

Au nom du gouvernement et en son nom personnel, Mme Guilbault a présenté ses condoléances à la famille de Thomas Trudel, tué par arme à feu dimanche sur la rue Villeray, à Montréal. Elle comprend l’angoisse que cet acte suscite chez les voisins et l’ensemble de la population, compte tenu de larecrudescence de la violence à Montréal ces dernières semaines. « Depuis dimanche soir, on est tous déchirés et un peu traumatisés par cette situation qui est survenue », a-t-elle dit avant de participer à la réunion du Conseil des ministres.

Nécessité d’agir

À Washington, à la veille d’un sommet avec ses homologues américain et mexicain, le premier ministre Justin Trudeau n’a pas précisé si le contrôle des armes à la frontière serait ajouté à l’ordre du jour de ses rencontres. « On a pris les mesures aux frontières, on a pris les mesures pour éliminer les armes d’assaut, a dit M. Trudeau en point de presse. Mais on comprend qu’il y a encore beaucoup plus à faire. »

Le premier ministre a répété son engagement électoral d’interdire les armes de poing. Son nouveau ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, est chargé de ce dossier.

« Cette tragédie à Montréal nous brise le cœur, a affirmé M. Trudeau. Surtout qu’elle suit plein d’autres tragédies [qui ont démontré] qu’il faut qu’on agisse. On va, comme je l’ai promis en campagne électorale, travailler avec Québec, avec Montréal, avec tout le monde qui veut bannir les armes de poing pour s’assurer que ça se fasse. »

La députée du Bloc québécois Kristina Michaud a demandé à M. Trudeau de déployer immédiatement toutes les ressources financières et humaines nécessaires pour enrayer le trafic d’armes aux frontières. « C’est hier qu’il fallait agir, a-t-elle déclaré dans un communiqué. Justin Trudeau doit malheureusement aujourd’hui réagir. »

Brooklyn, Queens, 30 octobre 2021

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Nous quittons notre maison de Washington dès 4h40 du matin pour nous rendre à Brooklyn, New York. La circulation automobile s’intensifie rapidement au fur et à mesure que nous rejoignons l’autoroute MD295 N qui nous conduira vers Baltimore. Ensuite, direction nord-est vers Brooklyn; là est notre destination que nous atteignons plus de quatre heures plus tard.

Mon confrère Barthélémy Bazemo connaît bien la route. Réal Doucet et moi l’accompagnons pour la première fois. Un peu avant 9h00, nous trouvons un stationnement sur la rue Pacific, bloquée pour la circonstance. En effet, la messe présidée par Mgr Nicolas DiMarzio débutera à la Co-Cathédrale Saint-Joseph à 10h00 pour souligner son jubilé d’argent d’ordination épiscopale dont dix-huit ans en tant que septième évêque de Brooklyn. Nouvellement retraité, c’est aussi le moment de dire adieu aux chrétiens de son diocèse. Son successeur sera Mgr Robert J. Brennan.

Une trentaine d’évêques, une centaine de prêtres, des dizaines de séminaristes et une foule nombreuse participent à cette grandiose liturgie télévisée grâce aux studios professionnels installés au sous-sol de l’église.

La beauté de cette co-cathédrale de style colonial espagnol, pouvant facilement accueillir 1500 fidèles, a risqué de disparaître il y a quelques années dues aux importants coûts associés à sa rénovation. Aujourd’hui, le journal diocésain « The Tablet » a élu domicile à cet endroit. Fondé en 1908, ce journal de 36 pages est également imprimé en langue espagnole.

Mais là n’était pas le but de notre visite. Nous avions rendez-vous avec nos confrères engagés en pastorale paroissiale dans un quartier populaire de Brooklyn. Les Missionnaires d’Afrique ont offert leurs services pour l’accompagnement spirituel des populations d’origine africaine ou afro-descendantes qui se concentrent dans le quartier Queens.

Nos confrères Yago Abeledo, espagnol, Gazena Haile, éthiopien et Bartholomew Mrosso, tanzanien, exercent leur ministère à la paroisse « Our Lady of Light » qui comprend deux lieux de culte; St. Pascal Baylon et St. Catherine of Sienna, éloignées l’une de l’autre d’environ deux kilomètres.

Notre Société missionnaire a pris l’engagement d’être au service des populations africaines; nous sommes les Missionnaires d’Afrique. Or, ces populations, et plus largement afro-descendantes, ont développé des communautés partout dans le monde. C’est particulièrement le cas à Brooklyn.

C’est dans ce contexte que nous avons pris contact avec Mgr Paul R. Sanchez, vicaire épiscopal de Queens et Mgr. Raymond Chappetto du diocèse de Brooklyn pour leur proposer d’établir une communauté de missionnaires. C’est le retour du balancier. Pendant des décennies, les missionnaires étaient issus des pays occidentaux. Maintenant, nous envoyons des missionnaires d’origine africaine en Europe et en Amérique. Par cela, nous exprimons l’universalité de l’Église. D’ailleurs, dès le début de la nouvelle année 2022, deux confrères africains se joindront à l’équipe du Centre Afrika à Montréal. À suivre!

Réal Doucet, provincial des Amériques, Bartholomew Mrosso, curé à Brooklyn,
et Barthélémy Bazemo, délégué du provincial aux États-Unis.
Réal Doucet, provincial des Amériques, Mgr. Raymond Chappetto, vicaire général,
et Barthélémy Bazemo, délégué du provincial aux États-Unis.

La Cour suprême des États-Unis divisée sur le port des armes hors du domicile

(Washington) Les Américains disposent-ils d’un droit absolu à sortir armés de chez eux pour assurer leur propre protection ? La question a divisé la Cour suprême des États-Unis mercredi lors d’une audience qui pourrait aboutir à une remise en cause de nombreuses régulations.

CHARLOTTE PLANTIVE, AGENCE FRANCE-PRESSE, 3 novembre 2021

Les neuf juges, dont six conservateurs, ont débattu pendant deux heures d’une loi de l’État de New York qui, depuis 1913, limite le droit de porter une arme dissimulée hors du domicile aux personnes pouvant montrer qu’elles encourent un risque spécifique.

Deux propriétaires d’armes, qui se sont vus refuser des permis, et une filiale du puissant lobby des armes National Rifle Association (NRA) demandent à la haute Cour d’invalider cette loi. « Porter une arme à feu hors de son domicile est un droit constitutionnel fondamental », a plaidé mercredi leur avocat Paul Clement.  

Il a reçu le soutien appuyé du juge conservateur Samuel Alito qui a livré un plaidoyer en faveur du droit des « gens ordinaires et honnêtes qui travaillent tard le soir », comme concierge, serveur ou infirmière, et qui n’ont pas le droit de s’armer pour assurer leur sécurité « alors que les stars, les juges et les policiers à la retraite ont un droit à l’autodéfense ».

40 000 morts par an

Dans un pays où les armes à feu font environ 40 000 morts par an, suicide inclus, les trois magistrats progressistes ont opposé les objectifs de sécurité. « Ce sont des armes dangereuses », « si vous sortez avec une arme dissimulée et que vous l’utilisez, des gens peuvent être tués », a notamment souligné le doyen Stephen Breyer.

Tout en exprimant de vives critiques sur la loi new-yorkaise, certains magistrats conservateurs ont semblé chercher une voie médiane. « Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut certaines régulations », a relevé Amy Coney Barrett, l’une des trois juges nommés par l’ex-président Donald Trump.

Les magistrats ont longuement discuté des critères qui permettraient de définir des « endroits sensibles » où les armes pourraient toujours être bannies si la loi était invalidée, mentionnant le métro, les stades de football américain ou Times Square.  

C’est la première fois en plus de dix ans que la Cour suprême rouvre ce dossier qui divise profondément l’Amérique et sa majorité conservatrice suscite l’inquiétude chez les partisans de régulations renforcées.

« Enjeux très élevés »

« Les enjeux sont très élevés », a lancé Angela Ferrell-Zabala, vice-présidente des organisations Everytown For Gun safety et Moms Demand Action, à un petit groupe de manifestants rassemblés devant la Cour avant l’audience.

La décision des juges « pourrait compliquer l’action des villes et des États pour lutter contre la crise » de la violence par armes à feu, a-t-elle ajouté, avant de céder la parole à des victimes de fusillades.

David Hogg, rescapé de la tuerie dans une école secondaire de Parkland en Floride en 2018, a imploré la Cour suprême de ne pas « faire tomber le peu de protections qui existent dans la loi ». « Nous demandons quelque chose de simple : la sécurité ! ».

La haute Cour a jusqu’à la fin juin pour rendre sa décision.

Si elle invalide la loi de New York, cela fera sans doute tomber des législations comparables en vigueur dans sept autres États, dont certains très peuplés comme la Californie ou le New Jersey, souligne Joseph Blocher, professeur de droit à l’université Duke. « 80 millions d’Américains vivent dans ces États, donc l’impact concret sera énorme », estime-t-il.  

Deuxième amendement

Au-delà, la formulation de l’arrêt sera scrutée car elle pourrait amorcer « un tournant sur la manière dont les tribunaux examinent les dossiers liés au deuxième amendement » de la Constitution, relève Eric Ruben professeur associé à la faculté de droit SMU au Texas.

Ratifié en 1791, il énonce qu’« une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé ».

En 2008, pour la première fois, la Cour suprême avait jugé qu’il garantissait un droit individuel à posséder une arme à son domicile pour se défendre, sans toutefois l’étendre au port d’armes à l’extérieur.  

Au cours de la décennie suivante, les tribunaux ont généralement estimé que les restrictions locales pouvaient être justifiées par des préoccupations de sécurité, si bien que les règles sont variables d’un endroit à l’autre.

Les partisans du port d’arme demandent à la Cour de profiter du dossier new-yorkais pour « rejeter cette approche », souligne M. Ruben. Si la Cour leur donnait raison, cela « ouvrirait la porte à une série de nouvelles plaintes contre toutes les régulations existantes », dit-il.

Lettre de PolySeSouvient au Premier ministre du Canada

PolySeSouvient demande au gouvernement de respecter sans tarder ses engagements électoraux sur les armes à feu et de nommer un ou une ministre qui appuie formellement le contrôle des armes.

Monsieur le Premier Ministre,

Permettez-nous d’abord de vous féliciter pour la réélection du Parti libéral et la vôtre, accédant pour un troisième mandat au poste de Premier Ministre du Canada. Comme vous le savez, PolySeSouvient a encouragé le vote libéral au cours de cette campagne. En effet, vos décrets de mai 2020 prohibant 1,500 modèles d’armes d’assaut ainsi que la précision et la clarté de vos promesses pour un programme de rachat obligatoire ont eu raison de notre déception devant l’approche faible privilégiée par le Parti libéral depuis 2012 en lien avec le contrôle des armes.

En fait, l’importance qu’a pris la question du contrôle des armes dans le cadre de la campagne électorale et la conviction que vous et vos candidats avez démontrée nous ont donné confiance quant à la concrétisation d’une véritable interdiction des armes d’assaut et des chargeurs à grande capacité sous un prochain gouvernement libéral. Comme vous le savez, l’interdiction des armes paramilitaires constitue notre premier objectif depuis 1989.

Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous exposer les conditions nécessaires, de notre point de vue, pour concrétiser vos engagements électoraux en matière de contrôle des armes de façon sincère, sérieuse et déterminée. Nous osons croire que le public canadien, dont le vote a manifestement été influencé par la question, s’attend autant que nous à des actions rapides et audacieuses en vue de renforcer nos lois sur les armes à feu.

Nous n’insisterons pas sur la faiblesse du projet de loi C-71 du ministre Ralph Goodale, qui prétendait remplir vos promesses de 2015 alors que la plupart ne l’ont guère été, incluant la vérification de la validité du permis d’un acheteur potentiel. Comme nous ne reviendrons pas en détail sur la vacuité du projet de loi C-21 du ministre Bill Blair, une législation pratiquement vide de mesures efficaces qui allait non seulement à l’encontre d’une promesse clé de 2019, mais qui aurait aussi empiré la situation en lançant la balle aux municipalités pour interdire les armes de poing et en proposant une mesure « drapeau rouge » qui aurait augmenté le fardeau pour les victimes et victimes potentielles.

Pour assurer une approche à la hauteur des attentes des Canadiens, nous vous demandons de nommer un ou une ministre de la Sécurité publique ou de la Justice (qui détenait le dossier par le passé) qui appuie réellement le contrôle des armes, soit à l’image du ministre Alan Rock qui avait piloté l’adoption en 1995 du projet de loi C-68, une loi révolutionnaire qui était complète et solide avant qu’elle n’ait été détruite par le gouvernement de Stephen Harper. Par exemple, un.e ministre ou député.e qui a publiquement défendu le projet de loi C-21 ne serait pas digne de confiance pour livrer sur le contrôle des armes à nos yeux.

En somme, nous vous demandons de nommer un ministre sur lequel vous pouvez compter pour :

1) effectuer de véritables consultations avant la rédaction de législation et de réglementation, notamment auprès des directeurs de police, représentants policiers, regroupements luttant contre la violence conjugale, intervenants en santé public et prévention du suicide, experts en droit, etc., en plus des groupes de victimes et d’usagers dont les chasseurs et commerçants d’armes (les lobbys dont le principal objectif est de défendre des « droits » inexistants ou qui prônent la désobéissance civile ne sont pas des parties prenantes crédibles à nos yeux),

2) instaurer un programme de rachat obligatoire et de modification d’armes en vue de les rendre inopérantes de manière permanente le plus tôt possible étant donné que l’amnistie pour les propriétaires actuels prend fin le 30 avril 2022, et refuser tout délai de mise en œuvre associé aux contestations juridiques par les intérêts pro-armes,

3) compléter les décrets afin de prohiber de nombreux modèles ayant échappé à la réglementation (ex : WK180, IWI Tavor, SKS, Deyra MK, Type 97, etc.)

4) enchâsser dans la loi une nouvelle définition des armes « prohibées » de manière à rendre l’interdiction des armes d’assaut complète et permanente, et instituer un système de pré-autorisation pour tout nouveau modèle d’arme à feu,

5) éliminer les échappatoires, exemptions et exceptions relatives aux chargeurs afin d’assurer le respect universel des limites légales de 5/10 cartouches, tout en considérant les bénéfices de sécurité publique d’une limite de 5 pour l’ensemble des chargeurs comme le souhaitent 7 Canadien sur 10,

6) prioriser la mise en œuvre de la loi C-71 adoptée il y a deux ans et demi,

7) amender le projet de réglementation déposé avant les élections habilitant la mise en œuvre de la loi C-71 de manière à assurer la vérification systématique de la validité du permis d’un acheteur potentiel tel que promis en 2015,

8) écarter tout délestage de responsabilité (notamment aux provinces) quant au contrôle des armes de poing pour plutôt instaurer une interdiction fédérale comme le souhaitent 7 Canadian sur 10, et immédiatement instituer un moratoire sur les nouvelles acquisitions d’armes de poing (ou, au minimum, interdire toute nouvelle importation et fabrication),

9) renforcer les critères dans la loi menant au refus automatique d’un permis de possession, investir des ressources substantielles dans le dépistage des candidats aux permis ainsi que dans la formation des agents et des tribunaux à l’égard de l’importance des mesures préventives (pour prioriser l’approche précautionnaire en lien avec les refus et révocations de permis, et les confiscations d’armes), et éliminer la période de grâce de six mois pour les propriétaires qui ne renouvellent pas leur permis,

10) bonifier l’accès des policiers aux registres de vente pour permettre la compilation des données, notamment en éliminant l’obligation d’obtenir un mandat de la cour, afin de leur permettre de mieux repérer l’origine d’une arme non restreinte et de détecter des patrons de transactions suspectes comme les achats massifs et

11) mettre en œuvre la réglementation sur le marquage international des armes à feu conformément aux obligations du Canada en vertu de deux traités internationaux contre le trafic illégal — au lieu de les reporter continuellement.

Aujourd’hui, monsieur le premier ministre, toutes les conditions gagnantes sont rassemblées pour que vous puissiez répondre aux attentes des Canadiens en manière de contrôle des armes : un mandat électoral clair, l’appui majoritaire et solide du public, un lobby proarmes politiquement discrédité et l’appui de deux partis de l’opposition, surtout le Bloc québécois en plus du NPD.

Il ne reste que de nommer un ministre qui est à la hauteur de la tâche.

Comme vous le savez, les crimes et les actes de violence commis à l’aide d’armes à feu continuent d’être en hausse au Canada, et la vente d’armes de poing augmente de façon exponentielle. Ces tristes statistiques ne changeront pas aussi longtemps qu’il n’y aura pas de changements concrets et considérables sur le terrain, ce que nous n’avons pas vu depuis que vous avez pris pouvoir il y a six ans.

 En espérant fermement pouvoir collaborer avec vous et votre prochain gouvernement pour protéger la population et les générations futures contre la violence armée, nous vous prions de bien vouloir agréer nos sentiments les plus respectueux,

Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique, survivante et porte-parole de PolySeSouvient

Heidi Rathjen, diplômée de Polytechnique et Coordonnatrice de PolySeSouvient

Citation :

« Au cours des six dernières années, il y a eu très peu de progrès concret et visible. Par exemple, même les faibles mesures du projet de loi C-71, vieux de deux ans, n’ont pas encore été mises en œuvre, et les décrets de 2020 interdisant les armes d’assaut n’ont rien changé sur le terrain puisque toutes ces armes restent entre les mains de leurs propriétaires. J’ai vu cette approche timide et fragmentaire de première main lorsque j’étais membre du Comité consultatif sur les armes à feu du ministre Ralph Goodale. C’est une approche gagnante pour le lobby des armes puisqu’elle empêche toute réforme significative tout en fournissant de bons points de discussion au gouvernement. C’est précisément cette approche qui doit changer fondamentalement. Et pour que cela se produise, nous avons besoin d’un ou d’une ministre qui n’a pas peur d’agir avec audace, ce que nous n’avons pas vu depuis qu’Alan Rock était ministre de la Justice dans les années 1990. »

Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique, survivante et porte-parole de PolySeSouvient

En appui à notre demande, voici un aperçu de l’approche libérale en matière de contrôle des armes (depuis 2012) qui doit changer de manière fondamentale (en anglais):

Autres liens :

Respect de vos engagements électoraux sur le contrôle des armes à brève échéance.

The Liberal Party’s Shift on Gun Control 2012 – 2021

Couverture médiatique

https://lactualite.com/actualites/polysesouvient-demande-a-justin-trudeau-de-faire-avancer-ses-promesses-sur-les-armes/

https://www.thestar.com/politics/2021/09/29/gun-control-group-urges-trudeau-to-name-new-minister-to-advance-liberal-promises.html

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/29/poly-se-souvient-reclame-un-nouveau-ministre-de-la-securite-publique-1

Survol de propos d’experts en opinion publique et de leaders d’opinion dans les médias concernant l’enjeu déterminant du contrôle des armes à feu lors de la campagne électorale :

POST-ELECTION ANALYSIS RE GUN CONTROL TWEETS / IN THE MEDIA

Coup d’œil de la mauvaise gestion d’O’Toole sur cette question :

Complément d’information publié par le Globe and Mail : 

https://www.theglobeandmail.com/opinion/editorials/article-erin-otoole-and-the-wrong-way-to-pick-a-party-leader/ )

Pour suivre tous les développements en temps réel, suivez-nous sur Twitter (pas besoin d’un compte) : https://twitter.com/Polysesouvient 

Les homicides ont augmenté de 30 % aux États-Unis – Statistiques de l’année 2020

(Washington) Les États-Unis ont enregistré plus de 21 500 homicides en 2020, en hausse de 30 % sur un an, selon des statistiques publiées lundi par la police fédérale (FBI).

AGENCE FRANCE-PRESSE,  27 septembre 2021

Ce pic avait déjà été rapporté par plusieurs grandes villes, mais il s’agit des premiers chiffres officiels et consolidés à partir des données de près de 16 000 des 18 000 agences des forces de l’ordre qui existent dans le pays.

Ils montrent que la hausse des homicides, particulièrement marquée à partir de juin, n’a épargné aucun pan du territoire américain, même si la Louisiane reste en tête des États les plus meurtriers.

Cette augmentation est la plus rapide depuis le début de la collecte des données par le FBI dans les années 1960 et porte le total des homicides à un niveau inédit depuis 25 ans, mais encore en deçà du pic des années 1980.

Les experts peinent à expliquer ce phénomène que certains lient à la pandémie et à ses effets déstabilisateurs, tandis que d’autres insistent sur l’impact des grandes manifestations contre les violences policières ou sur la hausse des ventes d’armes à feu.

Selon le rapport du FBI, 77 % des homicides ont été commis avec des armes à feu en 2020, contre 74 % en 2019.

La police fédérale n’a pas encore publié de données pour 2021, mais les chiffres préliminaires communiqués par les grandes villes du pays ne montrent pas de reflux.

Il y a eu 6,5 homicides pour 100 000 habitants en 2020 aux États-Unis. À titre de comparaison, il y en avait eu, en 2018, 35 au Mexique, 27 au Brésil, 8 en Russie et 1 en France ou en Allemagne, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale.

Québec déclenche un Carcajou 2,0 à l’échelle provinciale

(Montréal) Ajout de 110 nouvelles ressources dont plus de 70 policiers, 90 millions de plus versés à la Sûreté du Québec (SQ), à des corps de police municipaux et au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, des agents de renseignements dans les réserves autochtones de Kahnawake et d’Akwesasne, le retour de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au sein des escouades mixtes : Québec lance l’opération Centaure, une ambitieuse stratégie nationale de lutte aux armes à feu qui s’attaquera en priorité aux fournisseurs d’armes pour ne pas que Montréal devienne un autre Toronto.

DANIEL RENAUD et PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD, LA PRESSE, 24 septembre 2021

« C’est une force de frappe sans précédent. La violence liée aux armes à feu qui inquiète les citoyens et nos familles, c’est assez. À l’époque de la guerre des motards, l’escouade Carcajou, c’était 44 enquêteurs et 10 millions. Ce qu’on annonce aujourd’hui, c’est beaucoup plus important. C’est l’opération ultime de la lutte aux armes à feu », a déclaré la ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault.

Mme Guilbault a fait l’annonce de cette nouvelle stratégie nationale vendredi matin au Palais des congrès de Montréal, entourée de la ministre responsable de la métropole, Chantal Rouleau, de la directrice de la SQ, Johanne Beausoleil, du directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Sylvain Caron, du président de l’Association des directeurs de police du Québec et directeur du Service de police de Laval, Pierre Brochet, et de plusieurs représentants de corps de police municipaux et autochtones.

Selon cette nouvelle stratégie, toutes les escouades mixtes actuellement en place pour lutter contre le crime organisé, telles l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENRCO) et les escouades régionales mixtes (ERM), et les équipes de lutte contre les stupéfiants et les armes que l’on retrouve déjà dans les villes, comme celles du SPVM, seront mises à contribution pour lutter contre les armes à feu, sous la supervision de la Sûreté du Québec.

L’équipe intégrée de lutte aux armes à feu (EILTA) est fusionnée à cette structure déjà existante pour s’attaquer principalement aux importateurs et aux fournisseurs d’armes à feu au Québec.

La Sûreté du Québec reçoit 74 des 90 millions supplémentaires annoncés vendredi matin. Avec cette somme, elle ajoutera plus de 60 policiers dans la lutte contre les armes à feu, dont un nouveau groupe tactique d’intervention (GTI). Les polices de Longueuil et de Laval recevront également quelques millions et pourront embaucher des policiers.

Le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale recevra 15 millions et pourra embaucher 15 employés, lui qui a de la difficulté à répondre aux demandes d’expertises pour toutes les armes à feu saisies au cours des derniers mois et années.

Avec la collaboration des corps de police locaux (Peacekeepers), un agent de renseignements sera en poste dans chacune des réserves d’Akwesasne et de Kahnawake, par où transitent beaucoup d’armes à feu illégales qui se retrouvent dans les rues de Montréal. C’est la première fois que les corps de police de ces deux réserves participent à une stratégie provinciale de lutte contre le crime organisé d’une telle envergure.

La police provinciale de l’Ontario, le Département de la sécurité intérieure des États-Unis et même les services frontaliers américains participent à l’Opération Centaure.

Les candidats à la mairie satisfaits

Même si l’essentiel des fonds annoncés vendredi matin ira à la SQ plutôt qu’au SPVM, les deux principaux candidats à la mairie de Montréal se sont dits satisfaits par l’annonce de Québec.

« Je suis très contente, a dit Valérie Plante, en marge d’une annonce électorale dans l’est de Montréal. Je vois ça d’un très bon œil que le gouvernement du Québec décide d’investir pour protéger les frontières, pour être beaucoup plus proactif. On y arrivera pas seuls. »

« Le fait que tous les corps policiers travaillent ensemble – dont ceux qui se trouvent sur des réserves autochtones – c’est une très très bonne nouvelle », a-t-elle ajouté.

La mairesse Plante ne participait pas à l’annonce de ce matin. Elle a expliqué qu’en campagne électorale municipale, le gouvernement du Québec préfère ne pas s’afficher aux côtés d’un des candidats.

« Je me réjouis de l’annonce du gouvernement du Québec qui se mobilise pour enrayer la violence par armes à feu », a réagi Denis Coderre dans une déclaration transmise par écrit. « Encore une fois, la Ville n’assume aucunement son leadership en matière de lutte contre la violence. Cette stratégie nationale démontre l’urgence d’agir pendant que la mairesse Plante se met la tête dans le sable. »

« Il y a une disproportion inquiétante entre la répression et la prévention dans l’approche de la ministre Guilbault. La ministre vient de mettre plus de 90 millions sur la table pour soutenir les corps policiers, mais n’a annoncé aucune nouvelle somme pour soutenir le milieu communautaire et les intervenants qui travaillent auprès des jeunes. C’est incompréhensible », a pour sa part déclaré le député de Laurier-Dorion Andrés Fontecilla, de Québec solidaire.

« L’augmentation des actes de violence commis au cours des derniers mois est assez inquiétante. C’est pourquoi on ne peut que saluer la présente stratégie gouvernementale qui permettra notamment de mieux outiller nos corps policiers et surtout d’agir en amont et en étroite collaboration avec nos organismes communautaires. », a notamment réagi le président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Gaspé, Daniel Côté.

Sur Twitter, la Fraternité des policiers et policières de Montréal a salué « le leadership et la vision de la ministre de la Sécurité publique et du gouvernement du Québec dans la lutte contre la violence par armes à feu, une stratégie porteuse laissant espérer des résultats notables ».

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.

L’AJOUT DES RESSOURCES

Sûreté du Québec : 74 millions

  • 78 policiers et civils
  • Un nouveau groupe tactique d’intervention
  • Des civils en soutien aux enquêtes

Service de police de Laval : 5,2 millions

  • 5 enquêteurs

Service de police de l’agglomération de Longueuil : 3 millions

  • 4 enquêteurs

QUELQUES CHIFFRES

Selon la SQ, 29 % des armes à feu illégales saisies au Québec proviennent de la province et 44 % de l’extérieur du Québec et de l’Ontario

Selon une compilation de La Presse, au moins 96 évènements de coups de feu étaient survenus à Montréal cette année, au 9 septembre.

Selon le SPVM, 400 armes à feu ayant servi à des crimes avaient été saisies à Montréal cette année, au 31 août dernier.

Centaure est un acronyme formé des mots : Coordination, efforts, national, trafic, arme, unifiée, répression et enquête

LE MONDE EN SOI : un tableau du peintre Gabriel Landry dédié à la Paix dans le Monde et à la Protection de l’Environnement

Longueuil, le 17 septembre 2021

Désireux de souligner l’édition 2021 des JOURNÉES DE LA PAIX qui se déroulent sur 12 jours, soit du 21 septembre au 2 octobre, le peintre Gabriel Landry vient de réaliser un tableau qu’il dédie à la Paix dans le Monde et à la Protection de l’Environnement.

LE MONDE EN SOI : tableau du peintre Gabriel Landry, soulignant l’édition 2021 DES JOURNÉES DE LA PAIX qui ont lieu du 21 septembre au 2 octobre. L’artiste dédie cette œuvre à la Paix dans le Monde et à la Protection de l’Environnement.

Revenant sur ce qui lui a servi de source d’inspiration pour réaliser ce tableau, l’artiste s’exprime en ces termes : « Toute l’eau de la Terre, dit-on, est concentrée dans une seule goutte d’eau. Dans cet esprit, on peut aussi dire de l’humanité toute entière, qu’elle est concentrée dans un seul être humain. Voilà ce qui m’a inspiré ce tableau qui a pour titre LE MONDE EN SOI et que je dédie à la Paix dans le Monde et à la Protection de l’Environnement ». Ce à quoi il ajoute à sa réflexion personnelle ces paroles de la militante du Green Belt Movement et Prix Nobel de la Paix 2004, Wangari Maathai : « « La Paix sur Terre dépend de notre capacité à protéger notre environnement », ce qui, plus que jamais, en 2021, semble bien être le cas » ».

Quant aux divers éléments qui composent son tableau, Gabriel Landry, tout en laissant à chacun.e le soin d’y aller de sa propre interprétation, propose quelques pistes de réflexion que l’on peut lire comme suit :

« La Femme est l’avenir de l’Homme », a écrit le poète Louis Aragon dans ce vers célèbre devenu maxime. D’où la présence, dans ce tableau, d’une femme enceinte…  de la Terre et ses continents.

Tout comme le Soleil se lève sur un nouveau jour, cette femme, symbolisant « notre mère la Terre » et l’humanité toute entière, s’apprête à donner naissance à un monde nouveau, celui de la planète verte!

La scène se déroulant sous le regard de l’oiseau, celui-ci symbolise l’amitié des dieux envers les hommes. Ici, en l’occurrence le retour de la cigogne, laquelle, outre le fait qu’on lui prête le pouvoir, par son seul regard, d’être la cause de la conception, correspondrait au réveil de la nature.

Enfin, contrairement à la Belle-de-nuit, cette fleur qui s’ouvre la nuit et se referme au lever du jour, puissions-nous, 24 heures sur 24, ces milliards d’humains que nous sommes, le jour comme la nuit, individuellement et collectivement, porter LE MONDE EN SOI.

Pour la Paix dans le Monde et la Protection de l’Environnement, comme le dit si bien le proverbe africain : « seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ».

On peut visiter le site de l’artiste au www.gabriellandry.com

Source : Gabriel Landry. Tél. : 450 445-3649 Cell. : 514 894-0440 –Courr. : glandry@gabriellandry.com

Justin Trudeau répond à vos questions

Harcèlement sexuel dans l’armée, PCRE, rachat des armes d’assaut, hydro-électricité : l’équipe éditoriale de La Presse a profité d’une rencontre avec le chef du Parti libéral du Canada pour lui poser vos questions. Celles-ci avaient été récoltées lors d’un appel à tous, auquel vous avez répondu en grand nombre. Voici les réponses.

Publié le 17 septembre 2021 dans La Presse

Vous dites que le problème du harcèlement dans l’armée vous préoccupe, alors pourquoi n’avez-vous pas mis en application les excellentes recommandations de Marie Deschamps au lieu de reporter le problème en nommant Louise Arbour pour faire le même travail ?

Réal Thuot, Saint-Jean-sur-Richelieu

Justin Trudeau : On a implanté plusieurs des recommandations de Mme Marie Deschamps, mais ça prend des changements profonds. Il n’y a aucun doute qu’on doive transformer nos forces armées, mais comment le faire de la bonne façon ? C’est ce que j’ai demandé à Mme Arbour de regarder. Je peux vous dire qu’on va absolument amener toutes les recommandations qu’elle met de l’avant. Ce sont des changements de fond qui vont faire la différence.

Alors qu’il manque de main-d’œuvre partout, comment pouvez-vous justifier la continuité de la PCRE ?

Gilles Carrière

J. T. : D’abord la pénurie de main-d’œuvre a été aggravée par la pandémie, mais elle existait bien avant. La PCRE est rendue à 300 $ par semaine, c’est moins que ce que gagnerait quelqu’un qui travaille toute une semaine au salaire minimum, donc ce n’est pas ce qui empêche les gens de travailler. De plus, il y a encore bien des industries – je pense aux artistes ou au milieu touristique – qui n’ont pas repris le cours des choses et on continue à les appuyer. Mais il y a aussi des gens qui ont pris cette année et demie pour réfléchir au genre de travail ou de carrière qu’ils voulaient. Ils ont repris leurs études ou cherché d’autres pistes. C’est pour cette raison qu’on veut augmenter l’immigration – pour compenser la période où les frontières étaient fermées. On va aussi investir dans la formation pour que les gens aient de meilleurs emplois.

Qu’est-il arrivé de la promesse officielle d’exiger le rachat sans condition par le gouvernement de toutes les armes d’assaut à travers le Canada ? Voilà maintenant presque 32 ans que nous demandons cette mesure élémentaire pour la sécurité des Canadiennes et des Canadiens.

Suzanne Laplante Edward, mère d’Anne-Marie Edward (1968-1989)

J. T. : On l’a fait l’année passée, on a banni les armes d’assaut. On a écouté PolySeSouvient qui nous a dit d’aller une coche plus loin. C’est un rachat obligatoire et si les gens ne veulent pas donner au gouvernement leur arme d’assaut, qui est maintenant illégale, ils vont devoir accepter qu’elle soit inutilisable de façon permanente. Donc fini les armes d’assaut dans ce pays… à moins que les conservateurs rentrent.

Comment se fait-il que le gouvernement fédéral ait aidé, avec des milliards de dollars, une province de 500 000 habitants – Terre-Neuve-et-Labrador – à vendre de l’électricité aux États-Unis, la plaçant ainsi en compétition avec le Québec ? À ce que je sache, le fédéral n’a jamais aidé le Québec pour ses barrages hydro-électriques. Ne serait-il pas sain que le Canada ait une stratégie hydro-électrique coopérative et unifiée ?

Yvon Pelletier

J. T. : On est justement en train de travailler avec les provinces de l’Atlantique et le Québec sur un réseau d’hydro-électricité qui va remplacer du charbon aux États-Unis. On a reconnu qu’avec les défis liés à l’industrie pétrolière, et à cause des décisions erronées qu’ont prises les gouvernements conservateurs à Terre-Neuve durant plusieurs années, ils avaient besoin d’un soutien financier important. On était là pour eux.

Propos recueillis par Nathalie Collard

Note : Les questions et réponses ont été légèrement éditées pour en faciliter la lecture.

Missionnaire sans frontières

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