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Par Jacques Gauthier, écrivain

Quand arrive le 6 décembre, c’est inévitable, je me rappelle la tuerie de l’École polytechnique de Montréal. C’était en 1989, j’avais rencontré à la maison, quelques mois avant la tragédie, Annie St-Arneault, âgée de dix-huit ans, sœur de mon ami Serge, missionnaire d’Afrique. Elle sera tuée avec treize jeunes femmes par Marc Lépine, blessant quatorze autres personnes, avant de se suicider.Vingt-neuf ans plus tard, je me souviens. Chaque année, nous commémorons ce triste événement, pour ne pas oublier l’inoubliable? La blessure ne se referme pas aisément au cœur des amis et des familles qui sont proches des victimes. Ce devoir de mémoire est vital; il permet de ne pas oublier et il suscite désengagements comme celui d’un meilleur contrôle des armes à feu. Je dédie ce poème à mes quatorze sœurs à peine éteintes.

L’étudiante du 6 décembre

fixe l’horizon qui s’assombrit 

larmes de sang sur la neige

le tireur marque le pas

fauchant dans l’ombre

des fleurs à peine écloses

Le soir frisquet tombe

retour à la demeure du cœur 

l’aumône d’un requiem

ferveur des respirations

chant fraternel et silencieux

des fruits à peine ouverts

Tant de peurs et de cris

transmis de mères en filles

les armes s’entrechoquent

on entend l’écho des pleurs

ces secrets qui s’échappent

des vies à peine mûries

L’Avent presse le jour

brûle avec l’encens

le cortège s’arrête

cierges à la main

la cire fondue au feu

des âmes à peine éteintes 

Pour aller plus loin: voir le site Polysesouvient et celui de Serge St-Arneault.
Lire aussi sur le blogue de Jacques Gauthier : La tuerie de Newtown.

Un meilleur contrôle des armes à feu exigé

TVA Nouvelles, PolySeSouvient, Publié le 3 décembre 2018 à 13:43

Conférence de presse 3 décembre 2018 Ottawa 4

Le groupe PolySeSouvient, s’est rendu à Ottawa lundi pour rappeler l’urgence d’adopter un plus grand contrôle des armes à feu. Il dénonce que le projet de loi C-71, présenté au début de l’année, ne soit toujours pas en vigueur.

À la veille du 29e anniversaire de la tragédie de Polytechnique, le groupe craint que le lobby contre le contrôle des armes à feu ne fasse pression sur les sénateurs.

«Ne faites pas de compromis et montrez aux députés comment on se tient debout quand on n’a pas peur du lobby des armes», a affirmé Serge St-Arneault, frère d’une victime de Polytechnique, en s’adressant aux sénateurs.

De plus, PolySeSouvient estime que ce projet de loi ne va pas assez loin et que des amendements sont nécessaires.

L’Actualité

Contrôle des armes : pression sur le Sénat pour adopter C-71

Mélanie Marquis, La Presse canadienne, 3 décembre 2018

OTTAWA — Les sénateurs doivent ignorer le «très bruyant» lobby pro-armes et adopter sans plus tarder le projet de loi C-71, implorent des représentants de groupes qui militent pour un meilleur contrôle des armes à feu.

Cinq d’entre eux étaient à Ottawa lundi pour déplorer la lenteur du processus d’adoption de la mesure législative déposée il y a plus de sept mois. Adoptée aux Communes le 24 septembre dernier, elle n’a pas encore franchi l’étape de la deuxième lecture au Sénat.

«Le lobby des armes au Canada est bien organisé, bien financé et très bruyant. Nous avons constaté leur influence sous les conservateurs», a exposé en ouverture la porte-parole du groupe Polysesouvient, Heidi Rathjen.

Elle a évoqué l’influence de ce lobby pour expliquer la progression qu’elle juge trop lente de C-71: «On sait que les sénateurs ont été noyés dans des courriels, des appels, des lettres, contre le projet de loi».

Or, les sénateurs sont nommés; ils ne sont donc pas soumis aux mêmes pressions que les députés qui cherchent à se faire réélire, a argué à ses côtés Serge St-Arneault, le frère d’Annie, tombée sous les balles du tireur de Polytechnique le 6 décembre 1989.

Il a ainsi mis au défi les membres de la chambre haute. «Priorisez la sécurité publique. Ne faites pas de compromis. Et montrez aux députés comment on se tient debout quand on n’a pas peur du lobby des armes», a-t-il lancé.

Pas de compromisLe président de la mosquée de Québec, Boufelda Benabdallah, s’est aussi adressé aux sénateurs.

«Je le rappelle aux nobles et aux gentils sénateurs, en dedans de deux minutes, c’est plusieurs vies qui sont parties, c’est plusieurs blessés», a-t-il déclaré au micro, faisant référence à l’attentat qui a été perpétré le soir du 29 janvier 2017.

Armes de poing et d’assaut

On croise aussi les doigts pour que gouvernement de Justin Trudeau bouge rapidement dans le dossier des armes de poing et d’assaut, dont on envisage une interdiction.

Autrement, les libéraux auront rompu un engagement contenu dans leur plateforme électorale de 2015, a insisté Heidi Rathjen.

«C’est une promesse électorale pour le mandat présent. Les libéraux ont promis de sortir de nos rues les armes de poing et les armes d’assaut», a-t-elle fait valoir.

Le gouvernement a lancé en octobre dernier une consultation sur cet enjeu.

La démarche arrive «très tard dans le processus», mais «c’est techniquement possible d’avoir des changements avant les prochaines élections», a suggéré Mme Rathjen.

Pratte veut rassurer

Le sénateur indépendant André Pratte, qui parraine le projet de loi au Sénat, dit comprendre le sentiment d’urgence exprimé lundi, mais il juge que C-71 progresse somme toute assez bien.

Il est confiant que la mesure législative sera envoyée en comité avant le congé des Fêtes, et qu’elle sera adoptée à l’hiver ou au printemps.

«C’est sûr qu’on s’impatiente, et que ça concerne la vie des gens, donc on voudrait tous que ce soit adopté le plus rapidement possible et que ce soit le régime le plus fort possible», a-t-il dit.

Selon lui, le projet de loi jouit d’un très bon appui dans le camp des sénateurs indépendants. En revanche, dans les banquettes conservatrices, on est «fermement opposé», a-t-il convenu.

Le sénateur Pratte a par ailleurs confirmé que le lobby pro-armes s’est «beaucoup activé» en «inondant» de courriels et de lettres les membres de la chambre haute.

«Ils ont même publié un livre à ce sujet-là, « The Bill C-71 Book », alors ils ont travaillé très fort», a-t-il illustré.

Au bureau du sénateur Peter Harder, représentant du gouvernement au Sénat, on a soutenu que C-71 «continue d’être une priorité au Sénat» et qu’il «est d’une grande importance pour les sénateurs, considérant le nombre de discours à ce sujet».

Amendements: Goodale sceptique

En même temps qu’ils réclamaient l’adoption rapide de C-71, les représentants des groupes venus à Ottawa priaient les sénateurs de le «renforcer» avec trois amendements.

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a dit craindre que l’ajout d’amendements puisse retarder l’adoption du projet de loi.

«À ce moment-ci du processus, il serait potentiellement très difficile de rouvrir le projet de loi dans le sens que cela retarderait (l’adoption)», a-t-il exposé en mêlée de presse, lundi.

Le ministre n’a toutefois pas voulu se prononcer sur les amendements en tant que tels, n’ayant pas eu le temps d’en prendre connaissance au moment de répondre aux questions des médias.

Trois modifications ont été présentées lundi par les représentants des groupes qui militent pour un contrôle plus serré des armes à feu.

Ils réclament notamment de rétablir des contrôles sur les ventes privées et de «permettre l’accès facile et rapide» aux données sur les ventes d’armes pour les autorités policières.

Autres liens :

Contrôle des armes à feu: «Ne faites pas de compromis»

Contrôle des armes - Le Nouvelliste

Serge St-Arneault (à gauche) était à Ottawa, accompagné de représentants de groupes qui militent pour un meilleur contrôle des armes, pour déplorer la lenteur du processus législatif. Photo : Presse Canadienne, Sean Kilpatrick

LA TUQUE — «Nous avons le sentiment que les choses traînent depuis un certain temps. On veut rappeler aux membres du Sénat l’urgence de cette loi.» Le Latuquois Serge St-Arneault, qui a perdu sa sœur Annie lors de la tragédie de Polytechnique, s’est rendu aux côtés de plusieurs représentants de groupes qui militent pour un meilleur contrôle des armes, lundi, à Ottawa pour déplorer la lenteur du processus législatif. À la veille du 29e anniversaire de la tuerie de Polytechnique, les sénateurs se font presser d’adopter le projet de loi sur le contrôle des armes à feu.

(…) « Constamment, on doit revenir pour parler de la question des armes à feu. C’est la nécessité qui nous oblige à venir ici, ce n’est pas parce qu’on le veut vraiment. On n’est pas un club qui se réunit pour le plaisir de se réunir. On vient ici parce qu’il y a une cause à défendre», soutient Serge St-Arneault.

La porte-parole du groupe Polysesouvient, Heidi Rathjen, considère le projet de loi comme «un strict minimum», mais elle souhaite le voir adopté «le plus rapidement possible».

Elle n’a pas trop voulu spéculer sur les raisons qui expliquent cette progression qu’elle juge trop lente, mais elle a pointé du doigt le lobby pro-armes.

Mais les sénateurs sont nommés, et ne sont donc pas soumis aux mêmes pressions que les députés qui cherchent à se faire réélire, ont argué tour à tour les représentants des groupes. Serge St-Arneault les a donc mis au défi.

«Ne faites pas de compromis. Et montrez aux députés comment on se tient debout quand on n’a pas peur du lobby des armes», a plaidé M. St-Arneault.

Ce dernier soutien également les chasseurs n’ont rien à craindre de cette loi.

«Ce que l’on dénonce c’est la vente, pratiquement libre sur le marché, d’armes d’assaut, d’armes de guerre, d’armes militaires… Ce type d’armes peut être vendu pratiquement sans contrôle. C’est une aberration. (…) Les chasseurs n’utilisent pas des armes d’assaut pour aller à la chasse. Ce serait complètement stupide. On ne tue pas un orignal avec une mitraillette. Il faut être logique. Cette loi est pour protéger la population», note M. St-Arneault. (…)

Le Latuquois Serge St-Arneault a également invité la population à se manifester afin de soutenir leur démarche.

«On invite les gens à soutenir notre cause et militer pour un meilleur contrôle des armes à feu et retirer surtout du marché légal, la vente d’armes d’assaut et de poings qui sont de portée militaire», a-t-il lancé. (…)

Contrôle des armes à feu: pression sur le Sénat

Contrôle des armes: pression sur le Sénat pour adopter le projet de loi

Pression sur le Sénat pour un meilleur contrôle des armes

Pression sur le Sénat pour adopter le projet de loi sur le contrôle des armes

Contrôle des armes à feu: le Sénat se fait presser d’adopter le projet de loi

Survivors implore Senate to pass gun reform bill despite ‘loud’ lobby resistanceederal firearms bill

 

Gun control activists impatient with process to pass government’s firearms bill

Vidéo de la conférence de presse

Gun control 'do not compromise'

Des proches de victimes des tueries survenues à l’école Polytechnique et à la grande mosquée de Québec lancent un cri du cœur pour un meilleur contrôle des armes à feu. https://twitter.com/icimontreal/status/1069615736081903623

Marie-Denise Douyon logo« Nous migrons tous intérieurement… Le parcours d’une vie est un voyage incessant jalonné de défis de reconstruction et de réinvention de soi. »

De Marie-Denise Douyon

À travers l’exposition L’Art de se recréer, Marie-Denise Douyon nous invite à une réflexion sur les enjeux liés à l’exercice de la reconstruction identitaire auxquels elle a fait face en s’établissant en 1991 à Montréal.

L’exposition

Marie-Denise Douyon 00L’élément déclencheur à l’origine de cette vision de l’art pour Marie-Denise Douyon a été un incident douloureux à la fin de sa vingtaine. À travers une arrestation arbitraire en Haïti, des conditions d’incarcération inhumaines et de violence, elle découvre que la création est son exutoire. Cette riche exposition retracera le parcours migratoire de l’artiste de Port-au-Prince à Casablanca, en passant par le Bénin, New York et Montréal et se terminera sur son dernier séjour japonais. Impressionnée par les valeurs citoyennes du Québec, elle désire redonner à cette société qui lui a tant appris. Dans la suite logique de son parcours, ce projet lui parait comme une évidence. Vouloir se réinventer est un passage que bien des gens vivent. Avec cette exposition, « je souhaite inspirer les gens à se connecter avec leur soi profond et emprunter le chemin qui mène vers la reconstruction. », explique-t-elle.

 

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Les invités, Komty Ondoua, chanteuse, chorégraphes Shérane et Aurélie Figaro, Mme Lyne Dubé co-fondatrice de la Galerie Gora et Mme Marie Denise Douyon. Crédits photo : Radu Juster. Ne manquer pas la chance de visiter la Gallery Gora située au 279, Sherbrooke Ouest # 205. Montréal • Métro Place-des-arts (sortie Bleury). Information : 514 879-9694

Présent à ce vernissage, les toiles de Marie-Denise ainsi que la chorégraphie de Shérane et Aurélie Figaro suivi des chants camerounais de Komty Ondoua, tout cela m’a inspiré un poème que je vous partage. J’ose espérer que mes mots s’ajustent bien au parcours dramatique de l’artiste peintre qui culmine vers une chaude clarté de l’espoir aux gestes ascendants, sobres et majestueux.

Par Serge St-Arneault, M.Afr, Montréal, 1er novembre 2018

Poème inspiré lors du vernissage des toiles de Marie-Denise Douyon

Un vernissage est en soi une exposition,

un dévoilement du soi,

d’une intimité.

Il est une confidence partagée … une révélation du cœur,

un jaillissement de sentiments enfouis, mais toujours sentis.

Les oeuvres exposent l’univers intérieur,

un voyage dans le temps et la mémoire.

Les toiles scandent les époques, les lieux.

Le Maroc, le sable, les chameaux.

La sérénité et l’émerveillement des années de jeunesse.

Le retour en Haïti, lieu du drame,

lieu du combat entre les ombres et les lumineuses couleurs.

Oeuvres littéralement enchaînées,

encerclement de chaînes, tourbillonnantes, étourdissantes.

elles-mêmes prisonnières du cadre figeant sa rotation.

Drames récurrents et répétitifs aux tristes visages abaissés… de toile en toile.

Drames en trois dimensions, juxtaposées, trouées douloureusement avec précision.

Drames étagés où le feu jaillit à la limite de l’anéantissement.

Subtilement, un mouvement ascendant amorce une perpétuelle recréation.

Traumatisme tinté d’espoir à la lueur d’une déchirante mort source de résurrection.

Le blanc éclate. Il se déploie.

Et puis, enfin, la lumière salvatrice émane de l’Orient.

Il était temps. Cette destination est celle de la paix retrouvée, une paix du coeur profond.

Il est le fruit d’une succession, d’une couche de ruptures savamment agencées où les brides de l’ancien monde se noient dans la chaude clarté de l’espoir aux gestes ascendants sobres et majestueux.

Le temps est venu de s’envoler.

Document PDF du poème.

Communiqué de presse

Communiqué de presse.

En route vers une Église authentiquePar Serge St-Arneault, M.Afr

Selon le document de travail de la XVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques qui se tient à Rome, les jeunes aspirent à une «Église authentique » qui puisse briller par «exemplarité, coresponsabilité et solidité culturelle» «une Église moins institutionnelle, et plus relationnelle, capable d’accueillir sans juger préalablement, amie et proche, accueillante et miséricordieuse».

Nous sommes tous tributaires de structures pour notre survie individuelle et collective au risque de dégénérer ou, pire encore, de nous autodétruire. J’en ai fait l’expérience au Zaïre au début des années 1990 lorsque le pays s’est effondré dans le pillage et la guerre civile. Les repaires sociaux disparaissent alors à la même vitesse que la sécurité des personnes. C’est ce qu’on appelle le chaos.

Ici, nous avons raison d’être fiers de nos structures politiques, juridiques et économiques. Nous avons nos chartes, nos constitutions, nos institutions et nos valeurs. Pourtant, en tant que citoyens et croyants, nous nous sentons bousculés par l’évolution des mœurs, la complexification des relations internationales et les enjeux écologiques.

Sociologiquement, les institutions, aussi nécessaires soient-elles, mènent parfois vers des formes d’aliénation. Il y a des familles dysfonctionnelles où la peur et la violence engendrent des traumatismes. Les régimes politiques totalitaires engendrent des guerres. C’est pourquoi nul n’est tenu de défendre à tout prix une institution, un régime, un système ou une structure déficiente ou opprimante.

Ce qui compte avant tout au sein de toute forme institutionnelle est de nous permettre de vivre dignement. C’est pour cela que le drame des enfants, pour ne prendre que cet exemple, abusés par les représentants de l’Église fait si mal. Plus douloureux et scandaleux est l’effort des institutions religieuses et cléricales de protéger la réputation de l’Église plutôt que de rendre justice aux plus vulnérables.

L’Église Catholique a plus de 2000 ans d’histoire. Cela a permis la consolidation d’une richesse non seulement matérielle, mais aussi doctrinale et ecclésiale. Par contre, nos structures ne sont plus adaptées à la réalité changeante d’aujourd’hui. Que faire de nos églises désertées ?

Dans un contexte où les appartenances identitaires se diversifient, l’Église au Québec vit un tournant missionnaire. Voilà une opportunité à saisir. Nous devons en profiter pour redéfinir notre vision en tant que communauté croyante en Jésus-Christ. Sans tourner le dos à notre appartenance catholique, nous pouvons désormais témoigner de notre foi en osant mettre à l’écart ce qui nous empêche d’être une «Église authentique » pour reprendre les mots ci-haut mentionnés.

Il est temps de nous alléger du fardeau d’une institution trop lourde à gérer. Le temps est venu de briller par «exemplarité, coresponsabilité et solidité culturelle». Reste à savoir comment définir tout cela.

Église de 3-Riv logo magazineArticle publié dans le Bulletin électronique Église de Trois-Rivières – septembre/octobre/novembre 2018

Conférence de presse Sheraton 5bDe nombreux journalistes ont interviewé les membres de PolySeSouvient ainsi que des représentants étudiants de l’École Polytechnique de Montréal dans le cadre de la consultation du gouvernement fédéral sur l’interdiction des armes de poing et d’assaut au Canada.

Conférence de presse Sheraton 7bVoici une série d’articles et d’extraits vidéo illustrant ces entrevues. Le Devoir, par exemple, a publié un excellent éditorial sur la question de la consultation, qui résume bien la position de PolySeSouvient : «Rien ne justifie que des particuliers possèdent des armes ne servant qu’à tuer.» À vous de choisir la suite de vos lectures en cliquant sur les images ci-jointes, tout particulièrement l’article publier dans le journal Métro que voici.

Métro-société-tranquille-26-10-18d

Contrôle-arme-feu-Le-Devoir

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Canada News

Global News

CBC

YouTube.com-handguns

CTV-News

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La fondatrice de PolySeSouvient, Heidi Rathjen, le président de l’Association des étudiants de Polytechnique, Manuel Klaseen, et la présidente de la Confédération pour le rayonnement étudiant en ingénierie au Québec, Wendy Vasquez. PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Publié le 25 octobre 2018

ISABELLE GRIGNON-FRANCKE, La Presse

Des associations de victimes de tueries craignent que les élections fédérales à venir ne reportent la réalisation des engagements du gouvernement Trudeau à interdire les armes d’assaut et de poing. Elles ont souligné leur impatience à leur sortie d’une rencontre avec des représentants du ministère de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, ce matin à Montréal.

En août 2018, Trudeau dépêchait le ministre Blair d’étudier la question. « Vous devrez vous pencher sur la possibilité d’interdire complètement les armes de poing et les armes d’assaut au Canada, sans entraver l’utilisation légitime d’armes à feu par les Canadiens », précisait la lettre de mandat envoyé au ministre Bill Blair.

En mars dernier, le projet de loi C71 présenté n’incluait pas de clause interdisant complètement les armes d’assaut et de poing, le statut de certaines d’entre elles est maintenu comme armes à « autorisation restreinte ». Une consultation a été lancée après les fusillades de Fredericton et de Toronto cet été. Cette rencontre était la troisième d’une série de 8 rencontres menées par le gouvernement.

« Il y a un dialogue, mais ce n’est pas fini! Nous ne sommes pas dans un pays de guerre, les armes de poing doivent être prohibées! », a souligné M.  Boufeldja Benabdallah, cofondateur de la mosquée de Québec. Il a martelé l’importance d’éduquer les plus jeunes au danger des armes à feu. Il s’est également indigné de la répétition des tueries et de l’« inaction des gouvernements » depuis la tuerie de Polytechnique en 1989.

Un lobby puissant    

« Je pense que les Canadiens ne réalisent pas à quel point le lobby est puissant au Canada », a souligné Heidi Rathjen, Fondatrice de PolySeSouvient et témoin du massacre de ses consœurs.

Elle a souligné l’adhésion de la majorité de l’opinion publique à des mesures d’interdiction des armes d’assaut et de poing, soulignant que ceux qui s’y opposent ne sont que « la minorité de la minorité qui ont des intérêts personnels, idéologiques et financiers. »

Milieu scolaire   

Des associations étudiantes étaient également sur place pour souligner leur désir de maintenir les campus sans armes. « On a peur pour la communauté étudiante, pour nos campus. On pense que ça a pas de bon sang que ça soit accessible aussi facilement », affirme Manuel Klaseen, Président, Association des étudiants de Polytechnique.

Les armes à feu ont également été pointées du doigt comme des outils permettant le suicide dans les milieux étudiants.

Accès et législation   

Depuis le démantèlement du régime des armes à feu, en 2012 par le gouvernement Harper, les armes sans restriction ne sont enregistrées dans aucune des provinces canadiennes, sauf le Québec. Le Québec dispose d’un système d’immatriculation des armes à feu, qui n’encadre que les armes d’épaules, comme celles utilisées pour la chasse.

Les solutions proposées concernent l’enregistrement des armes à feu, leur reclassification entre les diverses catégories d’accès, des formations plus exhaustives et le suivi des personnes possédant un permis de port d’arme.

« Il y a des armes restreintes qui devraient être interdites, avec lesquelles on a vu des massacres. Il y a même des armes non-restreintes comme le Ruger Mini-14, qui a tué mon épouse, qui est encore non-restreinte! », explique Jean Françoise Larrivée, époux d’une des victimes de Polytechnique.

Journal La Presse, publié le 24 octobre 2018 à 18h39 | Mis à jour à 18h39

SIDHARTHA BANERJEE, La Presse Canadienne, Montréal

Des groupes représentant les survivants et les familles des victimes de fusillades meurtrières survenues au Québec depuis trente ans remettent en question l’engagement du gouvernement Trudeau à éliminer les armes de poing et les armes d’assaut, alors que se tient une consultation en privé à Montréal, à un an des élections.

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Le projet de loi C-71, déposé en mars dernier pour modifier la législation canadienne sur les armes à feu, prévoit une vérification accrue des antécédents avant l’obtention d’un permis d’armes à feu, et la conservation obligatoire de ces dossiers par les vendeurs. Le projet de loi n’interdit pas les armes de poing et les armes d’assaut. PHOTO KEVIN FRAYER, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Des partisans du contrôle des armes à feu ayant des liens avec l’École polytechnique, le Collège Dawson et le Centre culturel islamique de Québec – qui ont tous connu des tueries sanglantes – ont accepté de rencontrer jeudi à huis clos des représentants du gouvernement libéral de Justin Trudeau. Mais ils craignent qu’il ne soit trop tard pour accomplir quoi que ce soit à ce moment-ci du calendrier électoral.

Heidi Rathjen, coordinatrice de l’organisme PolySeSouvient, craint que les libéraux ne reportent ce « dossier controversé » après les prochaines élections, alors qu’ils avaient promis en campagne électorale, en 2015, d’interdire les armes de poing et les armes d’assaut.

« La dernière année avant les élections, on se retrouve avec une consultation, note Mme Rathjen, qui a été elle-même témoin de la tuerie de Polytechnique en 1989. Pourtant, le projet de loi qui a été déposé en lien avec cette promesse ne touche en rien l’accès légal à ces types d’armes à feu. Et c’est seulement après les tueries de Fredericton et de Toronto, cet été, que le gouvernement lance une consultation. »

Le projet de loi C-71, déposé en mars dernier pour modifier la législation canadienne sur les armes à feu, prévoit une vérification accrue des antécédents avant l’obtention d’un permis d’armes à feu, et la conservation obligatoire de ces dossiers par les vendeurs. Le projet de loi n’interdit pas les armes de poing et les armes d’assaut.

« On a vu ce qui s’est passé tout récemment à la mosquée de Québec, plaide Mme Rathjen. Un individu qui était propriétaire légal d’armes de poing et d’armes d’assaut, qui était membre d’un club de tir, a décidé que, pour les raisons qu’il avait, de faire du mal à beaucoup de personnes – six morts et plusieurs blessés graves en moins de deux minutes. »

« Suffisamment de tragédies »

Le ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, n’a annoncé que ce mois-ci les consultations à huis clos, sur invitation seulement. Il souhaite que ces consultations soient achevées d’ici la fin de l’année, et qu’un rapport soit publié au début de 2019 – donc à quelques mois du déclenchement des élections générales.

Pour Boufeldja Benabdallah, cofondateur de la mosquée de Québec, où six fidèles ont été abattus en janvier 2017, l’interdiction des armes de poing et des armes d’assaut est essentielle. M. Benabdallah avait écrit en mai au premier ministre Trudeau pour exprimer sa déception devant le contenu du projet de loi C-71. Il estime que le Canada a connu suffisamment de tragédies pour que les législateurs trouvent les motifs d’agir.

Trudeau avait demandé au ministre Blair d’envisager une possible interdiction de ces armes après une série de fusillades meurtrières cette année, dont l’attentat dans le quartier grec de Toronto en juillet, au cours duquel une femme de 18 ans et une fille de 10 ans ont été tuées, et 13 autres personnes ont été blessées.

Les conseils municipaux de Montréal et de Toronto ont demandé à Ottawa d’interdire les armes de poing et les armes d’assaut. Mais les opposants à cette interdiction – y compris les conservateurs à Ottawa – soutiennent qu’elle ne contribuerait guère à améliorer la sécurité publique.

Mme Rathjen indique par ailleurs que les intervenants ont été prévenus environ une semaine à l’avance de la consultation fédérale, empêchant ainsi certains experts d’y participer.

« Ça fait 29 ans, maintenant, qu’on demande l’interdiction des armes d’assaut, plaide-t-elle. On espère qu’enfin, compte tenu de toutes les tragédies dont on a été témoins dans le passé – et tout dernièrement -, le gouvernement va prendre la part de l’intérêt public au lieu de céder devant le lobby des armes, aussi puissant soit-il. »

Liens : Contrôle des armes à feu

Festival chasse 2018 La Tuque 02J’ai invité Adama Daou, Cathy Mbuyi Tzaisweka et Jean-Marie Mousenga, amis du Centre Afrika, à visiter La Tuque et à participer aux célébrations du Festival de chasse qui a lieu chaque année en pareilles dates. La première découverte a été celle du parc des Chutes-de-la-Petite-Rivière-Bostonnais à l’entrée de la ville. 200 marches mènent à la passerelle qui offre une splendide vue de la chute. Le froid avait chassé tous les moustiques!

Les activités ont lieu sous la tente du chasseur, ou chapiteau, érigé en plein centre-ville; messe du chasseur, déjeuner des placoteux; danse et rassemblement. La messe présidée par Marc Lahaie a été animée non seulement par la chorale de la paroisse, mais aussi par un groupe de Brésiliens, amis de Marc, ainsi que par Adama Daou avec une mélodie sur balafon.

Festival chasse 2018 La Tuque 01

Nos amis africains ont eu la chance aussi d’être interviewés à la radio de CFLM. Adama y est allé encore de son jam de balafon, en direct. Autre moment émouvant; la rencontre avec le Grand Chef Constant Awashish et le Coordonateur du Secrétariat au territoire Dany Chilton du Conseil de la Nation atikamekw. Un échange très fructueux d’où naîtra peut-être une amitié Afrique-Atikamekw.

Festival chasse 2018 La Tuque 16Tout cela a été rendu possible grâce à l’invitation du Conseil municipal de Ville La Tuque et son maire Pierre-David Tremblay. Chacun a eu la chance de griffonner son nom sur la page spécialement préparée du Livre d’Or.

Malgré le froid qui sévissait, les rencontres et les échanges ont été chaleureux. Grand merci à toutes les familles qui ont hébergé nos aventureux africains qui ont aussi rendu hommage à Annie St-Arneault devant la bibliothèque qui porte désormais son nom.

 

 

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Retour sur la soirée «Victoire Atikamekw en protection de la jeunesse»

La soirée publique du 26 novembre s’est avérée une grande réussite, autant au niveau de la qualité du contenu que de la participation. Cette soirée nous a permis d’en apprendre davantage sur la victoire Atikamekw en protection de la jeunesse, qui constitue un pas de plus dans la réalisation de leur droit à l’autodétermination. Merci à tous les panélistes, à l’animatrice, à la Fondation Pierre Elliott Trudeau, à la Fondation Léo-Cormier, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont contribué à l’organisation de cette soirée.

Vous avez manqué cette soirée ou souhaitez la réécouter? Cliquez ici pour accéder à l’enregistrement

L’Écho La Tuque / Haute-Mauricie, le lundi 22 octobre 2018.

Michel Scarpino, texte et photos

FESTIVAL. Le père Serge St-Arneault, originaire de La Tuque, a fait connaître le Festival de chasse à trois visiteurs originaires d’Afrique qui vivent à Montréal. Les visiteurs, Adama Daou, Cathy Mbuyi Tzaisweka et Jean-Marie Mousenga ont assisté à la messe du chasseur ainsi qu’un déjeuner des placoteux avant d’être reçus à l’hôtel de ville par le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay ainsi que ses homologues de Lac-Édouard et de La Bostonnais, Larry Bernier et Michel Sylvain. Constant Awashish et Dany Chilton du Conseil de la nation atikamekw ont aussi tenu à les saluer.

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Sur la photo, on reconnaît Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque, Michel Sylvain, maire de La Bostonnais, Adama Daou, Constant Awashish et Danny Chilton, du Conseil de la nation atikamekw, le père Serge St-Arneault, Cathy Mbuyi Tzaisweka, Jean-Marie Mousenga et Larry Bernier, maire de Lac-Édouard.

«La messe était très chaleureuse. C’est une activité rassembleuse», a relaté Adama Daou. Il a tout de suite remarqué la proximité entre les gens de La Tuque, ce qu’on retrouve moins à Montréal : «Les gens se connaissent, c’est comme une famille élargie». À la fin de la messe, il a joué du balafon, un instrument de musique originaire d’Afrique occidentale. Il a répété une performance lundi matin, lors du déjeuner des placoteux.

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En compagnie du maire de La Tuque, du père Serge St-Arneault et de ses deux compagnons de voyage, Adama Daou a effectué une performance de balafon, sur la scène du Festival de chasse, lors du déjeuner des placoteux de lundi.

Le père Serge St-Arneault

Le père Serge St-Arneault, qui a vécu la moitié de sa vie à La Tuque, les a accompagnés au cours de leur visite, depuis leur arrivée, samedi. Il a consacré environ une trentaine d’années de sa vie comme missionnaire en Afrique, soit au Congo, au Malawi et en Zambie. Revenu au Québec depuis un an, il dirige aujourd’hui le Centre Afrika, un centre communautaire mis sur pied en 1988 pour permettre aux Africains de tisser des liens d’amitié avec le monde africain établi dans la région de Montréal et faciliter leur intégration dans la société québécoise. Même en terre québécoise, il tenait à poursuivre son implication auprès du peuple africain. M. St-Arneault a été ordonné prêtre en juin 1987, en l’église Marie-Médiatrice de La Tuque, après avoir effectué ses études primaires et secondaires en Haute-Mauricie.

Visiteurs-africains-à-La-Tuque-copie-3«J’ai le sentiment d’être un Noir de race blanche», écrivait-il dernièrement dans une revue des amis des missionnaires d’Afrique.

Même avec moins de feuilles dans le paysage, la route est tout de même magnifique, ont-ils tout de suite remarqué. «J’ai beaucoup admiré cela. C’est superbe. Je me disais que les feuilles sont un peu tombées, mais c’est toujours beau, c’est majestueux. C’est différent de chez nous. On a beaucoup de feuilles chez nous, mais elles sont toujours vertes. Quand elles tombent, elles deviennent brunes et elles chutent, mais ici, ça passe par des transitions de couleurs magnifiques», a observé Cathy Mbuyi Tzaisweka.

Des visiteurs originaires d_Afrique

Des visiteurs originaires d’Afrique au Festival de chasse

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Vers une respectueuse neutralité religieuseLe Nouvelliste, 18 octobre 2018

L’auteur, Serge St-Arneault, est prêtre missionnaire catholique et directeur du Centre Afrika de Montréal. Il est originaire de La Tuque.

Le carrefour des lecteurs est souvent révélateur d’une rage contre l’héritage de l’Église Catholique doctrinaire; « J’ai reçu une influence des femmes voilées et d’un homme en soutane et col romain par qui j’ai été endoctrinée alors que j’étais qu’une jeune adolescente » (Andréa Richard, Le Nouvelliste du 13 octobre 2018). Ou encore; « la population québécoise vient de se départir de l’emprise de l’Église catholique et de son endoctrinement » (Anne-Sylvie Duquette, Le Nouvelliste du 15 octobre 2018).

Ces opinions s’inscrivent dans un plaidoyer en faveur de la neutralité religieuse et de la laïcité. En fait, l’évocation à notre identité catholique d’avant la Révolution tranquille est fréquemment utilisée comme référence pour décrier le port du voile porté par certaines musulmanes.

Selon Andréa Richard; « Le port des signes religieux ostentatoires signifie le fanatisme religieux et la soumission des femmes à une religion; ce qui va à l’encontre de l’évolution de la société ».

La perception générale des gens est que cette tenue vestimentaire représente la subordination des femmes, ce qui porte atteinte au principe de l’égalité des sexes. En plus, les fondamentalismes musulmans font du voile la bannière la plus visible de leur idéologie. Le voile tout comme la réclusion des femmes, selon eux, découlerait d’une loi divine.

L’ardeur que certains déploient à engloutir ce qui est lié à notre culture historique imprégnée de catholicisme les empêche ainsi de rester sereins en voyant certaines femmes musulmanes voilées (car elles ne le sont pas toutes!).

En d’autres mots, le lieu du problème n’est pas tant chez ces femmes « voilées » qu’au niveau de notre perception liée à notre culture historique imprégnée de catholicisme. En parvenant à nous pacifier avec celle-ci, nous pourrions alors nous dégager émotionnellement de la question des signes religieux ostentatoires appartenant à d’autres religions.

De là naîtra une respectueuse neutralité religieuse.