L’hospitalité solidaire comme fondement spirituel de nos communautés interculturelles

Par Serge St-Arneault, article publié à l’intention des membres de la Société des Missionnaires d’Afrique de partout dans le monde.

Il n’est pas si simple de concevoir l’hospitalité solidaire comme fondement spirituel de nos communautés interculturelles. Cette notion apparaît trop abstraite à première vue. Pourtant, je suis convaincu de son exactitude depuis ma participation à l’atelier « Vivre en communauté interculturelle comme témoignage apostolique aujourd’hui » qui s’est déroulé à Rome en 2019.

« Plus que jamais », ai-je écrit après la session dans le Petit Écho, « nous tenons compte de notre diversité culturelle perçue non pas comme une menace, mais plutôt comme une richesse. Notre désir profond est de témoigner de notre unité dans la diversité. »

Un exemple particulier : le Centre Afrika

Le Centre Afrika a ouvert ses portes en 1988 au sous-sol de la maison des Missionnaires d’Afrique à Montréal dans le but de favoriser l’intégration et la participation des Africains à leur société d’accueil. Depuis lors, de nombreuses associations collaborent à la vitalité du centre qui sert de relais auprès des nouveaux arrivants dans le but de les orienter vers les services dont ils ont besoin grâce à un réseau tissé au long des années avec d’autres organismes privés, communautaires et gouvernementaux.

Les groupes qui viennent au Centre Afrika sont très variés. Certaines associations représentent un pays africain déterminé, d’autres s’orientent vers des formes d’engagement. Il y a aussi des groupes de danse et des chorales. L’expérience montre qu’il n’y a pas vraiment d’interaction entre ces différents groupes. À vrai dire, le Centre Afrika est avant tout un agréable lieu de service décoré avec des œuvres d’art africains qui plaît beaucoup. Sa qualité d’accueil est particulièrement appréciée.

Changement nécessaire

Il faut pourtant aller plus loin et bâtir des ponts. Mon rêve est de favoriser le développement d’une appartenance basée sur l’entraide mutuelle entre les individus et les associations grâce à l’émergence d’une hospitalité solidaire qui favorisera l’acceptation d’une dépendance réciproque comme fondement identitaire.

Ainsi, l’association togolaise ne se limitera pas aux seuls Togolais vivants à Montréal pour soutenir une levée de fond pour une école au Togo. Toutes les autres associations se joindront à cet effort collectif. Un autre jour, nous assisterons ensemble à une conférence organisée par une association algérienne. Il en sera de même pour participer à un spectacle organisé par l’une de nos chorales. Nous sommes à la recherche d’un cadre où la pluralité devient le ciment unificateur du développement identitaire qui relie aussi bien les individus que les groupes.

L’identité « Centre Afrika »

Je souhaite que le Centre Afrika développe sa propre identité basée sur une interculturalité compatible avec une spiritualité de la communion. Celle-ci se doit d’être une démarche constructive favorisant la complémentarité. Les groupes qui se réunissent au Centre Afrika ne se menacent pas. Au contraire, ils deviennent un don réciproque. En élargissant notre cercle de fraternité, nous avons alors une chance de voir un jour le Centre Afrika devenir véritablement un lieu d’hospitalité solidaire.

Nos communautés missionnaires

La session que nous avons vécue à Rome s’adressait avant tout à nos communautés missionnaires dites internationales. Elles sont aussi interraciales.

Voilà une excellente opportunité pour approfondir notre « identité missionnaire » dans le cadre d’une spiritualité interculturelle. Nos communautés peuvent-elles devenir des lieux d’hospitalité solidaires ?

Comme je le mentionnais l’année dernière, nous vivons l’hospitalité depuis notre fondation. De plus, la solidarité fait déjà partie de notre façon de vivre. C’est largement inscrit dans nos Constitutions. Pouvons-nous alors allier d’une manière plus créative ces deux concepts qui constituent la base de l’interculturalité?

Nos limites

Mon expérience missionnaire m’a appris qu’il n’est pas si facile de se parler, de partager notre vécu entre confrères. Certes, nous nous répartissons le fardeau du travail apostolique, vivons parfois dans des conditions de vie difficile ou tendue. Heureusement, nous nous soutenons dans nos moments de prière. Par contre, que savons-nous vraiment de nos confrères ?

Comme pour tout autre être humain, inévitablement, nos stéréotypes et préjugés reposent sur des codes culturels liés à nos expériences collectives particulières avec la nature, le temps, l’espace, la maladie, la mort, le pouvoir, les traumatismes historiques, etc. La variété de nos comportements culturels est presque infinie.

La chance que nous avons d’être ce que nous sommes

Dès leur origine, les Pères Blancs européens ont dû relever les défis du « vivre ensemble » au-delà des guerres dévastatrices du XXe siècle. Pour en avoir fait l’expérience moi-même, il y a véritablement un choc culturel entre l’Amérique et l’Europe, plus profond à certains égards que celui entre l’Amérique et l’Afrique. Depuis maintenant trois ou quatre décennies, les Pères Blancs s’africanisent. À eux, s’ajoutent aussi nos confrères indiens et philippins. Quels défis !

Pourtant, nous avons fait la preuve, au-delà de nos erreurs et maladresses, que nous pouvons vivre en communautés interculturelles. En effet, nous avons développé un esprit de famille unique inspiré de notre fondateur, Charles Lavigerie, qui a insisté sur notre fameux « esprit de corps ». Nous pouvons à juste titre en être fiers.

Et nous aujourd’hui ?

Lavigerie n’a pas parlé en termes d’interculturalité, car ce mot n’existait pas. Ce qu’il a préconisé est tout de même similaire. Notre spiritualité en est une de communion fraternelle respectueuse des différences culturelles. Être disciples du Christ présuppose que nous sommes tous complémentaires les uns des autres. Comment cela peut-il alors s’exprimer concrètement au sein de nos communautés missionnaires majoritairement composées en Afrique de confrères africains et indiens? Comment peuvent-elles devenir des lieux d’hospitalité solidaire ?

Liban – Beyrouth – De l’aide d’urgence pour la nourriture

Par John Pontifex, AED International – Traduction AED Canada

Königstein – Montréal, Mercredi le 5 août 2020 L’organisme de charité Aide à l’Église en Détresse envoie de toute urgence une somme de 362 500 $ à Beyrouth suite aux explosions colossales d’hier (4 août).

L’aide acheminée par Aide à l’Église en Détresse (AED) visera les familles pauvres les plus affectées par les explosions qui ont dévasté la région du port dans la capitale libanaise. Au moins 100 personnes sont mortes et 4 000 autres blessées lorsque les 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium d’un entrepôt ont explosé.

Le père Raymond Adbod a indiqué à l’organisme que « les explosions avaient les airs d’une bombe atomique avec de la fumée rouge partout et des dommages considérables ».

Selon le père Samer Nassif, expert de l’AED au Liban, la zone chrétienne de Beyrouth a été « complètement dévastée » avec au moins 10 églises détruites, 300 000 personnes devenues sans domicile et beaucoup d’autres qui souffrent d’avoir perdu leurs moyens de subsistance aussi « totalement détruits » par l’explosion.  Il a ajouté qu’hier « en une seconde, plus de dommages ont été infligés au quartier chrétien de Beyrouth que dans les longues années de guerre civile.  Il faudra reconstruire à partir de zéro. »

Les pères Abdo et Nassif ont affirmé qu’après la longue crise économique et le coronavirus, le Liban est mal équipé pour faire face à cette situation urgente et demandent sans délai de l’aide d’urgence pour aider la population avec leurs besoins de base.

Dans un « appel aux pays du monde » envoyé aujourd’hui le patriarche maronite, le cardinal Bechara Boutros Rai, président de la Conférence des patriarches et évêques catholiques du Liban, a dit que « Beyrouth est une ville dévastée.  Beyrouth, la fiancée de l’Orient et le phare de l’Occident, est blessée.  C’est une scène de guerre – la destruction et la désolation règnent dans les rues, les districts et les maisons. »

Le père Abdo a également décrit comment dans un couvent non loin de son monastère, une relieuse âgée et malade est morte des blessures causées par l’explosion.  Le prêtre carmélite ajoute qu’elle était la seule qui n’était pas à la salle à manger du couvent au moment des explosions et, que si les autres avaient été dans leurs chambres, plusieurs seraient également décédées ou sérieusement blessées.

Aide à l’Église en Détresse appelle à prier pour les victimes et leurs familles.

L’AED est une Œuvre internationale catholique de bienfaisance et une œuvre pontificale de charité qui soutient les fidèles partout où ils sont persécutés, opprimés ou en détresse. Aujourd’hui, l’Œuvre aide l’Église à travers des projets d’information, de prière et d’assistance dans plus de 140 pays où elle est persécutée ou bien ne dispose pas de ressources suffisantes pour ses tâches pastorales.

Mme Marie-Claude Lalonde est disponible pour des entrevues. Pour toutes demandes à ce sujet, merci de me contacter : Mario Bard, responsable de l’information, AED Canada

(514) 932-0552, poste 224, ou sans frais, au 1-800-585-6333, poste 223.              

mcl@acn-canada.org

*Les articles et communiqués de l’AED sont offerts gratuitement pour publication partielle ou totale, à la seule condition que la source, Aide à l’Église en Détresse (AED), soit mentionnée.

Aide à l’Église en Détresse (AED) est une œuvre pontificale de charité catholique internationale qui a pour mandat « le service de la charité fraternelle envers les Églises locales les plus souffrantes et nécessiteuses », par l’information, la prière et l’action.

Fondée par le Père Werenfried van Straaten en 1947, elle aide spirituellement et matériellement, grâce à 23 bureaux nationaux, dont celui du Canada, l’Église en détresse dans plus de 139 pays (Rapport annuel 2019).

Caritas Internationalis appelle à des mesures urgentes contre la traite

En vue de la Journée mondiale contre la traite des êtres humains, célébrée le 30 juillet, Caritas Internationalis demande aux gouvernements d’intensifier leurs efforts pour identifier les victimes de la traite et de l’exploitation. En cette période de pandémie de Covid-19, le nombre de victimes de ce phénomène augmente de façon alarmante.

Caritas Internationalis et Coatnet, un réseau de 46 organisations chrétiennes engagées dans la lutte contre la traite des êtres humains, élèvent la voix à l’approche de la Journée mondiale contre la traite des êtres humains. «En ce temps de propagation de la Covid-19, déclare le Secrétaire général de Caritas Internationalis Aloysius John dans ce communiqué commun, nous dénonçons une réalité inquiétante pour les personnes vulnérables qui risquent davantage de devenir victimes de la traite». En effet, l’attention portée à la pandémie «ne doit pas nous empêcher de prendre soin des personnes les plus exposées à l’exploitation», en leur fournissant des «filets de sécurité» et un «soutien matériel, médical, juridique et psychologique» pour «les accompagner dans leurs difficultés». Les gouvernements devraient donc davantage tenir compte des «dommages collatéraux de la pandémie mondiale, en particulier sur les migrants et les travailleurs informels, désormais plus vulnérables à la traite».

Appel aux gouvernements et à la bonne volonté de chacun

Par conséquent, Caritas Internationalis et Coatnet appellent à «des mesures urgentes et ciblées pour soutenir ceux qui travaillent dans les secteurs informels, y compris les travailleurs domestiques, les travailleurs agricoles et du bâtiment, les migrants sans papiers». «Nous demandons instamment aux gouvernements, poursuit Aloysius John, de fournir à ces personnes un accès à la justice et aux services de base, tels que des abris et des lignes d’assistance téléphonique spécialisées. Nous appelons également les institutions et les organisations de la société civile à protéger les enfants contre les abus et l’exploitation, notamment par internet et les nouveaux moyens de communication, et nous invitons toutes les personnes de bonne volonté à être vigilantes et à signaler de tels cas». Pendant la pandémie, les cas de violence contre les enfants et le nombre d’enfants victimes d’exploitation en ligne ont en effet augmenté. En Inde, par exemple, «92 000 cas de maltraitance d’enfants ont été signalés aux autorités en seulement 11 jours», et de nombreux enfants courent le risque de devoir mendier dans la rue.

Une situation qui s’aggrave, en particulier au Moyen-Orient

Il faut rappeler que, selon l’Organisation internationale du travail, il y a aujourd’hui dans le monde plus de 40 millions de victimes de la traite et de l’exploitation des êtres humains, actuellement encore plus menacées en raison de la pandémie. Le manque de liberté de mouvement causé par les mesures de quarantaine et les restrictions de voyage, explique Caritas Internationalis, «a fait que les victimes de la traite ont moins de chances de s’échapper et de trouver de l’aide». La situation est particulièrement préoccupante au Liban et dans d’autres pays du Moyen-Orient. Comme le constate Gabriel Hatti, président du bureau Moyen-Orient et Afrique du Nord de Caritas, «de nombreux Philippins et autres travailleurs étrangers luttent pour rentrer chez eux après avoir perdu leur emploi à cause de la Covid-19 et de la crise économique actuelle. Aujourd’hui, ils font la queue devant leur ambassade, sans aucun soutien social ni protection psychologique et beaucoup d’entre eux sont même sans aucun statut juridique».

La Journée mondiale contre la traite des êtres humains a été établie au 30 juillet par l’Assemblée générale des Nations unies en 2013, avec la résolution A/RES/68/192. L’objectif de cette initiative est de sensibiliser la communauté internationale à la situation des victimes de ce fléau multiforme et de promouvoir la défense de leurs droits.

Vatican News Service – IP

Déménager la bibliothèque dans l’église Saint-Zéphirin: la Ville veut l’avis des citoyens

AUDREY TREMBLAY, Le Nouvelliste, 22 juillet 2020

LA TUQUE — La bibliothèque municipale pourrait s’installer à l’église Saint-Zéphirin. C’est du moins ce qu’envisage la Ville de La Tuque. Les citoyens seront invités à donner leur opinion sur cette idée qui a été dévoilée mardi soir lors de l’assemblée publique du conseil municipal, sans même que le Conseil de la Fabrique soit au courant des plans de la Ville.

«On aimerait présenter un projet à la population de La Tuque. Il y a beaucoup de conditions. La première condition ce serait probablement de devenir propriétaire de la bâtisse et d’y ériger la bibliothèque municipale. Ce n’est pas nouveau, ç’a été déjà pensé lorsqu’il y a eu la transformation des deux églises», lance la maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Il faut dire que l’option avait déjà été analysée avec l’église Marie-Médiatrice avant de finalement se tourner vers le projet qui a donné naissance à la résidence des bâtisseurs.

À LIRE Marie-Médiatrice ne sera pas transformée en bibliothèque

«On ne veut pas voir disparaître le bâtiment de l’église Saint-Zéphirin, c’est un bâtiment qui a une valeur patrimoniale», indique le maire.

La Ville souligne également que des investissements majeurs, qui nécessiteront plusieurs millions, doivent être faits à la bibliothèque Annie-St-Arneault.

Les élus municipaux veulent un mandat clair de la population pour mettre en place toutes les conditions favorables à élaborer ce projet à caractère «culturel, historique, touristique».

«Une des premières conditions, c’est de consulter la population, les jeunes et les moins jeunes. Je vais mandater le greffier pour trouver une formule où je peux consulter tous les gens. Là-dedans, ça va nous prendre un mandat de la population», note le maire Tremblay.

«Ce que l’on s’engage à faire, c’est de créer les conditions pour le faire. Je ne suis pas l’homme le plus patient. Je ne veux pas faire ça sur 15 ans. J’aimerais créer un comité de travail», a-t-il ajouté.

Le personnel de la bibliothèque a été rencontré à ce sujet et la Ville soutient qu’ils sont emballés par le projet et qu’ils se sentent très concernés.

Le maire Tremblay a également tenu à rassurer la population, il n’est pas question de faire concurrence au Complexe culturel Félix-Leclerc.

Il sera également possible de partager l’endroit pour des services sacramentels pendant un certain temps.

Impossible pour le moment de chiffrer le projet, mais chose certaine la ville «ne va pas acheter ça à 600 000 $».

«Il faudra que ce soit acceptable», insiste le maire.

Ce dernier n’a toutefois pas encore rencontré les gens de la Fabrique. La Ville avait demandé à la Fabrique de montrer patte blanche au niveau des états financiers avant d’ouvrir la discussion.

«Cette condition-là n’a toujours pas été établie, mais comme je vous dis, je me propose pour communiquer avec Mme Fréchette et de voir ce qu’il peut être fait. Il devra y avoir des discussions d’ordre technique, financier et d’organisation aussi sur le comité. Ce que j’aimerais aussi, c’est qu’on rejoigne tous les gens», indique M. Tremblay.

Le maire voulait avant tout informer et consulter la population. Le conseiller municipal, Jean Duchesneau, a toutefois indiqué qu’il ne fallait pas le faire au détriment des autres projets qui sont sur pause à l’heure actuelle.

«Ce n’est pas une mauvaise idée, mais il ne faudra pas non plus négliger les autres projets qui sont en attente ou en manque de subventions parce qu’on n’a pas d’argent pour les compléter, je pense au parc du lac Saint-Louis», a-t-il fait valoir.

Surprise

La présidente du conseil de Fabrique, Lise Fréchette, a été surprise d’apprendre la nouvelle via la diffusion du Conseil municipal mardi soir.

«J’ai été surprise. Il me semble que ç’aurait été décent de nous en parler avant», avoue-t-elle.

«Moi je n’ai pas à prendre position, ce sont les marguilliers qui doivent le faire […] Je ne sais pas si tout le monde est au courant, je n’ai pas le point de vue des marguilliers, mais je ne crois pas que ce soit négatif. On souhaite devenir des partenaires. On n’était pas partenaires avec la Ville, et ça fait longtemps qu’on dit qu’on doit l’être. On va le devenir selon leurs intentions», ajoute-t-elle.

Le sujet sera évidemment à l’ordre du jour des prochaines réunions, et une position sera prise dans les prochains jours.

«Je ne crois pas que ce sera négatif. On est à la recherche d’un partenaire qui a un projet. Depuis le temps qu’on cherche un projet pour faire vivre cette bâtisse-là. Par contre, je n’ai pas encore l’opinion des marguilliers», note Mme Fréchette.

La bibliothèque Annie-St-Arneault, quant à elle, pourrait demeurer disponible pour des organismes communautaires si le projet allait de l’avant.

Église Saint-Zéphirin: Marc Lahaie croit que le projet peut être positif

AUDREY TREMBLAY, Le Nouvelliste, 23 juillet 2020

La Tuque — La Ville de La Tuque a annoncé en début de semaine que la bibliothèque municipale pourrait s’installer à l’église Saint-Zéphirin et que les citoyens seront consultés à cet effet. Le prêtre de la paroisse Saint-Martin-de-Tours, Marc Lahaie, a été surpris d’apprendre la nouvelle, mais il soutient que l’idée semble intéressante.

Marc Lahaie souligne d’entrée de jeu que les marguilliers devraient se prononcer de façon officielle dans les prochaines semaines. Toutefois, de façon personnelle, il pense que l’idée est positive.

«Il y a sûrement un élément très positif pour le patrimoine de La Tuque. […] Autrefois, il y avait beaucoup de prêtre et de personnes impliquées qui veillaient à la structure des bâtiments. Ces années-ci autant pour les presbytères que les églises au Québec, il n’y a plus beaucoup de monde pour veiller au grain. Les prêtres ont des charges immenses et ne peuvent pas tout faire. Il y a de moins en moins de bénévoles et de sous», affirme Marc Lahaie.

«Le meilleur service qu’on peut rendre à la population comme ça, c’est de trouver ce qu’il y a de mieux. Toutefois, il ne faut pas avoir des discussions pendant 15 ans, il va être trop tard. On sait déjà que la paroisse ne peut pas supporter tout ça, ca fait longtemps qu’on le dit. C’est heureux qu’on se pose la question pour la bibliothèque et pour le patrimoine lui-même c’est certain», lance-t-il.

Rappelons que les élus municipaux vont bientôt consulter les citoyens afin de connaître leur opinion sur le sujet. Ils veulent un mandat clair de la population pour mettre en place toutes les conditions favorables à élaborer ce projet à caractère «culturel, historique, touristique».

L’impact de la pandémie sur les croyants en Dieu

Ce n’est pas seulement l’économie qui est affectée par le Covid-19. Une attention est désormais accordée à la santé mentale des citoyens. Incontestablement, nous sommes tous ébranlés par un climat d’incertitude, parfois de peur, relayé quotidiennement par les bulletins de nouvelles. L’inquiétude se fait particulièrement sentir chez les personnes âgées. D’ailleurs, celles-ci détiennent le plus grand nombre de décès.

Les festivals sont annulés. On assiste à la fermeture de restaurants et de magasins. Les aéroports, compagnies aériennes et agences de voyages sont en déroute, etc. Conséquemment, les gouvernements apportent une aide d’urgence aux personnes directement affectées. Cela se chiffre en centaines de milliards de dollars. Pourtant, le sort des églises et autres lieux de culte passe complètement sous le radar. Les croyants en Dieu sont tout simplement ignorés par les autorités civiles.

Déjà, l’incertitude plane sur l’avenir des institutions religieuses, particulièrement les paroisses catholiques. Les allégations et condamnations pour harcèlement sexuel de certains prêtres ou religieux minent sans cesse la crédibilité de l’institution. À vrai dire, le virus du Covid-19 n’est que la cerise sur le gâteau. Un autre genre de virus plus redoutable est à l’œuvre depuis plusieurs années déjà.

L’insignifiance des institutions religieuses

Le débat sur les accommodements raisonnables s’est finalement soldé par une grande « distanciation ». Au sein de l’Église Catholique, les sacrements ont perdu leur sens symbolique aux yeux de la majorité. Ils sont devenus littéralement insignifiants, sans importance.

Cet état de fait est particulièrement mis à jour en cette période de pandémie. Malgré la collaboration des responsables religieux en lien avec les directives gouvernementales, « Le Québec est la seule province qui n’a pas discuté avec les lieux de culte de leurs besoins spécifiques », a déploré Reuben Poupko, du Conseil des rabbins de Montréal. (…) « On nous a imposé le modèle des 50 personnes assises qui ne parlent pas, qui provient des salles de spectacle, ça ne correspond pas à nos pratiques. [1]»

La goutte vient de déborder du vase. Aux dires de l’archevêque de Québec, Gérard Cyprien Lacroix, les autorités québécoises ont « manqué de respect » envers les groupes religieux pendant le confinement. « Jamais M. Legault n’a remercié les sacrifices des fidèles durant Pâques, le ramadan. Si nous voulions avoir des réponses, il nous fallait demander aux journalistes de les poser. Les casinos ont pu rouvrir avant les églises ! [2]»

Ironiquement, nous sommes passés d’une société où le « religieux » était omniprésent et intouchable à une situation où il est presque absent et, par nature, coupable ou blâmable.

Y a-t-il un vaccin?

Des montants d’argent considérables sont investis pour mettre au point un vaccin contre le Covid-19. Mais le vaccin contre le « manque de sens et de respect » ne viendra pas de Chine ou d’ailleurs. Il ne peut venir que d’ici.

La pandémie actuelle offre malgré elle une occasion favorable pour réfléchir sur notre modèle de société. De nouvelles initiatives émergent qui auront de plus en plus d’impact sur nos choix de vie, idéalement plus écologique. À titre d’exemple, notre modèle d’économie basée sur le transport en voiture et le travail dans des tours de bureau s’effondre grâce au télétravail à domicile.

De même, les virus de l’insignifiance et du manque de respect affectant les communautés croyantes offrent une opportunité pour changer leur manière de vivre leur foi. Une audace nouvelle pointe où les lieux de cultes se transforment en profondeur. Sans faire de bruit et bon marché, un vaccin est déjà disponible. Il porte les noms de « confiance dans l’avenir », « abandon dans la foi », « lâcher prise », « défense des plus vulnérables », « ouverture de cœur et d’esprit à la différence », « établissement de ponts entre les cultures », « dialogue interreligieux », « accueil inconditionné de l’étranger », « don de soi par amour », « simplicité volontaire », « protection environnementale », « égalité véridique entre les sexes », « recherche incessante de justice réparatrice », « rejet de toute forme de racisme », « reconnaissance des erreurs commises », « demandes de pardon », « naître, grandir et mourir dans la dignité ».

Ce vaccin est d’ordre spirituel. D’où l’importance pour le gouvernement de tenir compte des spécificités des regroupements de croyants en Dieu. Ayant perdu une large part de sa signification, il n’est pas requis pour autant de manquer de respect par une ignorance à saveur de mépris. Certains diront que ces propos sont exagérés, mais c’est pourtant ce que beaucoup de croyants ressentent, à tort ou à raison. Comme tout autre citoyen qui compose notre société, ils méritent d’être reconnus.

La distanciation ne signifie pas abstraction et la qualité d’une personne n’est pas lié à la beauté de son couvre-visage. De même, la distanciation n’est pas l’absence du désir de vivre en « communion ». Le seul masque à craindre est celui de la honte.


[1] Québec a «manqué de respect» envers la religion, tonne l’archevêque de Québec, Mathieu Perreault, La Presse, 29 juillet 2020

[2] Québec a «manqué de respect» envers la religion, tonne l’archevêque de Québec, Mathieu Perreault, La Presse, 29 juillet 2020

Place des Montréalaises: un an plus tard que prévu

Place des Montréalaises: un an plus tard que prévu: https://lp.ca/loV67X

Le tunnel piétonnier lugubre qui relie la station de métro Champ-de-Mars à l’hôtel de ville de Montréal et au Vieux-Montréal, en passant sous une bretelle d’autoroute et sous la rue Saint-Antoine, sera « déconstruit » au cours des mois qui viennent, avec ses quatre petits bâtiments d’accès (édicules).

BRUNO BISSON, LA PRESSE, Publié le 4 juillet 2020 

Le tunnel sera remplacé d’ici 2022 par une longue passerelle entièrement intégrée au concept d’aménagement de la place des Montréalaises, le vaste espace public créé en 2017 au pied du Champ-de-Mars et de l’hôtel de ville de Montréal avec le recouvrement partiel de l’autoroute Ville-Marie.

Selon la Ville de Montréal, le budget prévu pour la réalisation des aménagements sera de 81 millions, en forte hausse par rapport au budget de 62,5 millions présenté en 2018, au moment du dévoilement du projet. Ces coûts incluent toutefois le démantèlement du tunnel et de ses accès actuels, qui n’étaient pas d’accès universel. La conception et les plans et devis détaillés de la place des Montréalaises devraient être terminés à la fin de l’année, et un appel d’offres sera lancé au début de 2021.

La nouvelle place des Montréalaises entièrement aménagée devait être terminée pour 2022. Ça ira plus tôt à 2023, a confirmé la Ville vendredi dans un courriel à La Presse.

Cet espace de plus de 1500 mètres carrés, déstructuré en raison de la présence d’une bretelle d’autoroute, a été redéfini grâce au recouvrement partiel de l’autoroute Ville-Marie sur une distance d’environ 125 mètres entre l’avenue de l’Hôtel-de-Ville et la rue Sanguinet, complété à la fin de 2017. Cet investissement de 70 millions avait été entièrement financé par le ministère des Transports du Québec, comme un legs à la Ville pour son 375anniversaire.

Sommairement aménagé depuis l’inauguration, le site se transformera peu à peu en un vaste pré fleuri, aménagé sur plan incliné, au bas duquel on construira un amphithéâtre urbain, avec gradins, et bordé par une esplanade publique pouvant accueillir chapiteaux, foires ou autres évènements.

Esquisses du projet

Bureau d’intégration des nouveaux arrivants de Montréal et dévoilement du projet « La Place des Montréalaises »

La place occupera tout l’espace ceinturé par les rues Saint-Antoine, Hôtel-de-Ville et Viger autour de la station de métro Champ-de-Mars, et rendra hommage à 21 femmes ayant marqué l’histoire de la ville, dont la cofondatrice de Montréal, Jeanne Mance, la joueuse de hockey Agnès Vautier, la journaliste et animatrice de radio et de télé d’origine mohawk, Myra Cree, et les 14 femmes victimes de la tuerie de Polytechnique.

Un espace commémorera aussi la vie de Marie-Josèphe-Angélique, esclave noire condamnée à mort et exécutée en 1734.

Les noms de ces 21 femmes seront gravés sur un emmarchement – structure en escalier monumental – au milieu d’un pré fleuri abritant 21 espèces de plantes et de fleurs.

Le concept, élaboré par le bureau d’architectes Lemay, avec SNC-Lavalin et l’artiste visuelle Angela Silver, permettra d’intégrer complètement l’imposante dalle de béton de la future passerelle piétonne. Cette passerelle unira la place aux bâtiments administratifs de la municipalité, dont l’hôtel de ville, en passant au-dessus des voies routières, et non pas dessous, en plus d’assurer l’accès universel au Vieux-Montréal à partir de la station de métro Champ-de-Mars.

De feu, de flammes et d’étincelles.

Le sort de George Floyd, un homme afro-américain de 49 ans tué par un policier de Minneapolis le 25 mai dernier mobilise des milliers de gens indignés. Son crime; être un Noir! En réalité, il se cache quelque chose de plus sordide derrière cette tragédie. Il y a le racisme. Nul ne devrait être sujet au rejet et être assassiné pour une question raciale.

Une puissante mobilisation émerge enfin! Assistons-nous à quelque chose qui va changer la société américaine où le racisme rime avec les extrêmes inégalités sociales?

Sondage après sondage, une majorité de Canadiens appuient un meilleur contrôle des armes à feu au Canada. PolySeSouvient milite pour un tel contrôle depuis trente ans. Un mot a finalement émergé en décembre dernier. La tragédie de la Polytechnique du 6 décembre 1989 était un féminicide. Ma sœur Annie et ses compagnes d’infortune ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes. Rien de plus!

Racisme et féminicide évoquent le même aveuglement, celui du rejet du mystère sacré de chaque être humain.

Coïncidence ou non, je viens de recevoir un message de Patrick Naud. « Lors des commémorations entourant la tragédie de Polytechnique en décembre dernier, écrit-il j’ai lu quelques articles qui parlaient des jeunes victimes de ce drame insensé. Dans l’un des articles, on faisait mention d’une des victimes – Annie St-Arneault – qui provenait de La Tuque et dont la bibliothèque municipale porte maintenant son nom. Elle était, je pense, une grande lectrice qui aimait beaucoup la poésie. »

« J’écris moi-même dans mes temps libres et plusieurs de mes textes ont pris la forme de poèmes. (…) J’ai relu mon texte dernièrement, étant moi aussi en confinement, et j’ai eu une pensée pour les jeunes victimes de Polytechnique. J’ai eu une pensée particulière pour Mme St-Arneault. (…) Ce texte est peut-être de moi, mais il appartient à toutes ces femmes courageuses qui ont malheureusement eu une vie écourtée par de tels drames. Elles demeureront toujours présentes dans notre mémoire collective. »

Le titre est évocateur de métamorphose : De feu, de flammes et d’étincelles. Aussi bien pour George Floyd que pour ma sœur Annie, pour toutes les victimes de rage meurtrière, de l’intérieur, d’une flamme, d’un rêve, d’une étincelle viendront le feu, la chaleur, les rires, la couleur et surtout le bonheur.

Par Patrick Naud

De feux, de flammes et d’étincelles

Ô qu’elle était belle
Toute petite, si naturelle
Jeune femme d’avenir
Remplie de promesses
Il n’y avait un moment qui passe
Sans que son sourire ne touche les gens autour d’elle
Un jour fortuit
Sur la route menant au collège
Alors qu’elle rêvait
De tout, de rien
De la vie qui serait sienne
L’impensable se produisit
Un face à face avec la haine
Et puis vint le feu
Les éclats, les cris, les pleurs
Et surtout, la douleur

Une violence crue et foudroyante
L’innocence attaquée de plein fouet
D’une balle ardente
Une vie blessée à tout jamais
A cheval entre l’ombre et la lumière
Un chemin vers l’espoir qui se referme
Combien d’autres avant elle
Auront subies ces foudres les plus extrêmes
Mais d’une enfant qu’elle était naguère
Jaillira une flamme, une inspiration universelle
Un courage, un message qui raisonne
Les femmes, elles aussi, ont droit à l’école
Et puis vint le feu
Les éclats, les cris, les pleurs
Et surtout, la douleur
Un autre jour, un autre drame
Aux confins de la terre
Des vies brisées, de la souffrance
Un tel carnage, tellement à faire
Tant de noirceur et d’ignorance
Difficile de faire entrer la lumière
Et arrêter une fois pour toute
Ce fléau, cette rage meurtrière

De l’intérieur peut-être, suffit d’une flamme
D’une enfant, d’un rêve, d’une étincelle
Et puis viendront le feu
La chaleur, les rires, la couleur
Et surtout, le bonheur
D’une enfant qui rêve d’une vie qui sera sienne.

En mémoire et en appui à Annie St-Arneault, ses camarades de classe de Polytechnique et à toutes les femmes qui ont perdues leurs vies en exerçant leur droit fondamental à l’éducation.     

Armes à feu: PolySeSouvient souhaite une limite de cinq balles par chargeur

(Ottawa) Tandis que le gouvernement Trudeau prépare une nouvelle loi sur le contrôle des armes à feu, PolySeSouvient, un groupe de défense des victimes, argue que toutes les armes devraient être limitées à cinq balles, afin de réduire les éventuels dommages qu’un tireur fou pourrait causer.

JIM BRONSKILL, LA PRESSE CANADIENNE – Publié le 4 juin 2020 à 18h18

Les limites actuelles sont de cinq cartouches pour les carabines de chasse et de 10 balles pour les armes de poing. Mais PolySeSouvient estime que les règles concernant les chargeurs sont remplies d’exemptions et de façons de les contourner.

Les armuriers continuent d’ailleurs de vendre des chargeurs excédant ces limites ou qui peuvent être modifiés pour les dépasser, a indiqué l’organisme jeudi, dans une analyse publiée en ligne. Des centaines de milliers de chargeurs illégaux sont toujours en circulation au pays, dont certains contenant plus de 100 munitions, estime PolySeSouvient.

Cette demande survient six ans après la tuerie de Moncton, au Nouveau-Brunswick, qui avait fait trois morts et deux blessés. Le tireur avait une arme semi-automatique avec un chargeur de cinq cartouches, et deux autres armes qui étaient à l’origine d’une capacité de 20 balles, mais limitées à pas plus de cinq chacune, a révélé une enquête indépendante. Or, il appert que ces modifications avaient été retirées, permettant au chargeur de recouvrer sa capacité maximale de 20 cartouches — rendant de facto ces armes illégales au Canada. Un chargeur comme celui-là pouvait être acheté auprès d’une multitude de marchands américains pour 20 $ chacun, a révélé l’enquête indépendante.

En 2017, le tireur de la mosquée de Québec avait commencé son carnage avec une arme équipée de deux chargeurs de 30 balles. Quand l’arme s’est enrayée, il a utilisé une arme de poing pour laquelle il avait cinq chargeurs de 10 balles.

Le gouvernement fédéral a rendu illégaux, le mois dernier, plus de 1500 modèles d’armes à feu « de type assaut » — des armes destinées aux champs de batailles, pas à la chasse ou aux champs de tir, ont plaidé les libéraux. Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a ajouté que le gouvernement allait aussi mettre de l’avant des mesures pour limiter la capacité des chargeurs, ce que PolySeSouvient considère crucial pour un contrôle efficace des armes à feu au pays.

Lancement des États Généraux de l’Amélanisme en Afrique (ÉGAA)

COMMUNIQUE DE PRESSE

ANNONCE DE PARTENARIAT ENTRE THE SALIF KEITA GLOBAL FOUNDATION INC. ET LE CENTRE CANADIEN DE SENSIBILISATION A L’AMELANISME (CCSAM-OBNL)

Washington DC, le 21 mai 2020- La Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine(APF/44e Session/5-10 juillet 2018) adoptée par l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF) réitère aux Amélaniques le droit et la qualité de revendicateurs de leurs droits.

Le Centre Canadien de Sensibilisation à l’Amélanisme (CCSAM)est une organisation à but non lucratif qui a pour mission de combattre l’exclusion, les préjudices, les stigmatisations, les agressions verbales et physiques, dont sont victimes les personnes vivant sans mélanine, et ce, en promouvant la sensibilisation à la problématique de l’amélanisme et en proposant des pistes de solution durable.

La Salif Keita Global Foundation INC. (SKGF) est une organisation sans but lucratif de renommée africaine et internationale qui lutte pour le bien-être et les droits humains des personnes vivant sans mélanine en Afrique et dans le monde en dénonçant les discriminations, les mutilations, les meurtres rituels, les violences physiques, verbales, et autres préjudices dont les personnes vivant sans mélanine sont victimes en Afrique.

Le CCSAM et la SKGF annoncent unaccord de partenariat pour objet d’établir entre les partenaires des bases d’une relation de coopération pour la défense et la promotion des droits humains des personnes vivant sans mélanine dans les pays africains et de développer un mécanisme de travail pour l’application de la Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine.

Le CCSAMa initié lesÉtats généraux de l’amélanisme en Afriqueavec l’objectif de rédiger un Cahier des charges de la problématique de l’amélanisme destiné à l’Union Africaine (UA), aux États et gouvernements africains, à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à l’UNESCO et à l’ONU.

Le lancement des États généraux de l’amélanisme en Afriquea été effectué à Kinshasa, le 27 mars 2020. À raison de la COVID-19, un mécanisme de télétravail commencera du 13 juin 2020 au 25 aout 2020.

Le thème général est l’application de la Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (RÉS/APF/44e Session/Québec 5-10 juillet 2018).

L’objectif est de rédiger un Cahier des charges destiné aux États et aux organisations internationales, fondé sur les engagements internationaux et nationaux relativement à la problématique des personnes vivant sans mélanine.

Les référents sont les lois, l’environnement social et culturel, votre vécu personnel, des faits saillants, des faits divers, l’apport des lectures, et cetera, concernant la prise en charge de l’amélanisme en Afrique.

La participation est ouverte aux organisations qui travaillent pour l’amélioration des conditions de vie et droits humains des amélaniques en Afrique. Pour participer, inscrivez-vous sur le Groupe WhatsApp « Amélanisme en Afrique » (+1 438 391-5823) et par courriel à :

afrikamelanisme@gmail.com

Contact : skgf@salifkeita.us

Site internet : www.salifkeita.us

Nouveau sondage : La majorité des Canadiens veut que les Libéraux respectent leur promesse de racheter les armes d’assaut

Montréal, le 20 mai 2020 – Un nouveau sondage par Environics Research réalisé pour le compte de PolySeSouvient montre que la majorité des Canadiens (61 %) veut que le gouvernement Libéral respecte sa promesse électorale de racheter toutes les armes d’assaut existantes. Moins d’un Canadien sur quatre (23 %) est en désaccord avec un tel programme de rachat, tandis que 16 % n’ont pas exprimé d’opinion[i].

Dans le cadre des dernières élections fédérales, le parti Libéral a promis d’interdire toutes les armes d’assaut semi-automatiques de style militaire, comme l’AR-15, et de racheter toutes les armes d’assaut achetées légalement qui sont actuellement en circulation. Toutefois, le 1er mai, pendant que le gouvernement entreprenait l’interdiction de 1500 modèles existants, il semblait reculer sur sa promesse alors que certaines autorités gouvernementales indiquaient que le gouvernement songeait à mettre en place un programme permettant aux propriétaires actuels de conserver leurs armes nouvellement prohibées – bien que leur usage, transport et vente en seraient interdits.

L’appui à un programme de rachat de toutes les armes d’assaut achetée légalement est majoritaire autant dans les régions urbaines (62%) que dans les régions rurales (55%), avec un soutien plus élevé au Québec (74%), en Colombie Britannique (62%) et en Ontario (61%), et moins élevé en Alberta (43%) et au Saskatchewan (38%). Près de la moitié (46%) de ceux qui vivent dans un foyer détenant une ou plusieurs armes à feu souhaite également voir le gouvernement procéder à un programme de rachat obligatoire. (Les sondages montrent invariablement que la grande majorité des Canadiens appuie l’interdiction des armes d’assaut.)

Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique, survivante et porte-parole de PolySeSouvient affirme: « Un programme de rachat volontaire qui offre des droits acquis pour les armes d’assaut actuellement détenues est presque équivalent à ne pas avoir de programme de rachat. En effet, des milliers d’armes à feu ayant bénéficié de clauses grand-père des années 90 demeurent encore en circulation aujourd’hui. Sans programme de rachat obligatoire, des dizaines de milliers d’armes semi-automatiques de type militaire resteront entre des mains privées pendant des générations et, avec eux, leurs risques inhérents pour la sécurité publique. En effet, un programme de rachat partiel constituerait une immense concession au lobby pro-armes et encore une autre déception dans le cadre de notre combat de 30 ans pour enfin débarrasser nos rues et nos communautés de ce type d’armes. »

Heidi Rathjen, diplômée de Polytechnique et coordonnatrice de PolySeSouvient ajoute: « Notre collectif a appuyé les Libéraux lors des dernières élections précisément parce qu’ils avaient fait une promesse très forte et très précise concernant les armes d’assaut, qui spécifiait notamment le retrait de celles présentement en circulation, comme l’ont fait l’Australie et la Nouvelle-Zélande. En termes de sécurité publique, il existe un monde de différence entre une interdiction totale et une interdiction incomplète. Les Libéraux ont non seulement été élus en promettant un programme de rachat obligatoire, mais il est maintenant clair que la majorité des Canadiens appuie cette mesure.

« Revenir sur la promesse de retirer les armes d’assaut existantes serait aussi une grande victoire pour le lobby des armes, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, avec un nombre importants d’armes d’assaut détenues par leurs propriétaires actuels, il sera plus facile pour un prochain gouvernement de renverser l’interdiction. D’ailleurs, plusieurs candidats à la chefferie du parti Conservateur ont déjà promis d’annuler la mesure, dont les coureurs de tête Peter Mackay et Erin O’Toole. C’est la raison derrière les directives des lobbys pro-armes à leurs membres, soit de ‘gardez vos armes’ et ‘demeurez patients’.

« Deuxièmement, permettre la détention des armes d’assaut en vertu de clauses grand-père inciterait les propriétaires actuels à les garder et à soutenir les groupes pro-armes les plus extrémistes, c’est-à-dire ceux qui défendent les intérêts des manufacturiers d’armes d’assaut, des collectionneurs et des tireurs ‘tactiques’ qui profitent de la vente ou qui font usage des armes de style militaire. Ces lobbys continueront donc à être bien financés, seront davantage énergisés et poursuivront leurs efforts pour normaliser la possession privée des armes d’assaut ainsi que l’idéologie américaine ‘à la NRA’ qui s’y rattache.

« Enfin, maintenir la possession d’armes d’assaut garantit à toutes fins pratiques que ce débat ne sera jamais clôt. Les Libéraux continueront à être critiqués pour n’avoir pas accompli la tâche alors qu’ils en avaient l’opportunité et les Conservateurs continueront à être aux prises avec une base extrémiste pro-armes contraignant chaque nouveau chef à soutenir une position répréhensible aux yeux de la plupart des Canadiens. En plus de servir l’intérêt public, il nous semble que clôturer ce débat une fois pour toutes serait bénéfique pour l’ensemble des partis politiques. Et cela n’aura pas lieu avant la mise en place d’une interdiction complète et finale des armes d’assaut au Canada. »

Boufeldja Benabdallah, cofondateur de la Grande Mosquée de Québec, ajoute: « Lors de notre première apparition devant la Chambre des communes sur les armes à feu quelques mois à peine après l’attaque de notre mosquée, nous avons insisté et même implorer les politiciens présents à promulguer des lois et des règles de bannissement total des armes de guerre, ces armes qu’on appelle communément « armes d’assaut », demande que nous avons répété maintes fois par la suite. Aujourd’hui, nous apprécions énormément les progrès concrets du Gouvernement Trudeau sur la question des armes de guerre. Cependant, nous les exhortons à ne pas reculer sur le programme de rachat obligatoire qui nous a été promis, ainsi qu’à tous les Canadiens. Nous voulons une interdiction TOTALE sur le sol canadien. Comme l’a fait remarquer le Ministre de la Justice lui-même, les armes conçues pour les champs de bataille n’ont pas leur place dans nos rues et nos communautés. Nous sommes entièrement d’accord. Nous attendons maintenant du gouvernement qu’il complète cette action historique et qu’il protège le public de ces armes de guerre. »

Suzanne Laplante-Edward, mère d’Anne-Marie Edward, une des quatorze victimes de Polytechnique renchérit : « Si le gouvernement ne tient pas sa promesse concernant le programme de rachat, ce serait une grande déception pour moi et ma famille. On nous avait promis une interdiction totale lors des dernières élections et c’est pour cette raison que mon mari et moi avons vanté la plateforme libérale devant tous les Canadiens. Obtenir une demi-mesure après tout cela ressemblerait à une trahison. Nous nous sommes ardemment battus pour obtenir la loi sur le contrôle des armes adoptée après le massacre de 1989 qui nous a enlevé notre fille, mais la plupart de ces mesures ont été affaiblie ou éliminée. Est-ce trop de demander une seule mesure solide? Avons-nous encore besoin de nous demander si nous allons voir de notre vivant l’interdiction complète de l’arme utilisée pour tuer notre fille et treize autres de ses consœurs? »

Son fils, Jim Edward, frère d’Anne-Marie, conclut : « Nous sommes optimistes de pouvoir compter sur l’appui du NPD, du Bloc Québécois et du Parti Vert pour instaurer un programme de rachat obligatoire. Ces derniers se sont tous engagés à appuyer une interdiction des armes d’assaut et, jusqu’à maintenant, n’ont pas pris la part du lobby proarmes en lien avec les décrets annoncés le 1er mai. Nous espérons que ce sondage les convaincra de défendre la volonté de la majorité des Canadiens. »


[i] Environics Research, pour PolyRemembers/PolySeSouvient. Sondage en ligne du 11 au 14 mai 2020 parmi un échantillon représentatif 1511 Canadiens âgés de 18 ans et plus. Résultats : http://polysesouvient.ca/Documents/POLL_20_05_11_to_14_Environics_MandatoryBuyBack.pdf ; Question: « Lors des dernières élections fédérales, l’une des promesses de la plateforme du parti libéral était d’interdire toutes les armes d’assaut semi-automatiques de type militaire, telles que le AR-15, et de racheter toutes celles ayant été achetées légalement et qui sont actuellement en circulation. Récemment, le gouvernement libéral a semblé revenir sur cette promesse en indiquant qu’il pourrait créer un programme qui permettrait plutôt aux propriétaires actuels de conserver leurs armes nouvellement prohibées – bien que leur utilisation, leur transport et leur vente seraient interdits. Dans quelle mesure êtes-vous en accord ou en désaccord avec la déclaration suivante ? ‘Le gouvernement libéral devrait tenir sa promesse électorale et initier un programme de rachat pour toutes les armes d’assaut achetées légalement.’ »

Missionnaire sans frontières