« Apprenez à faire le bien, recherchez la justice » (Isaïe 1,17)

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Dans le cadre de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2023, plusieurs Églises et groupes chrétiens se sont rassemblés le 22 janvier à l’église arménienne Apostolique Saint-Grégoire l’Illuminateur située au 615 avenue Stuart à Outremont, Montréal.

Le thème de cette année a été choisi par les chrétiens du Minnesota, États-Unis. Ce thème est inspiré d’Isaïe 1, 17 : « Apprenez à faire le bien, recherchez la justice ».

J’ai particulièrement apprécié l’appel au rassemblement du père David Margaryan de l’Église Arménienne.

Par les eaux du baptême, nous sommes devenus membres du Corps du Christ, mais par nos péchés, nous nous sommes blessés et fait souffrir les uns les autres. Nous avons échoué à faire le bien.

Face à l’oppression cruelle, nous n’avons pas recherché la justice, ni tenu compte du commandement de Dieu de prendre la défense de la veuve et de l’orphelin (Isaïe 1,17).

Ici rassemblés, réfléchissions à nos actions et à nos inactions et apprenons à faire le bien et à rechercher la justice. Nous avons besoin de la grâce de Dieu pour surmonter nos divisions et pour éradiquer les systèmes et les structures qui ont contribué à désunir nos communautés.

Nous sommes réunis pour prier ensemble et renforcer l’unité que nous avons en Christ pour « ouvrir nos cœurs, afin que nous ayons l’audace de découvrir les richesses e l’inclusion et des trésors de la diversité parmi nous. Prions avec ferveur. »

À tour de rôle, les autres pasteurs des Églises ont présenté des demandes de pardon pour notre manque d’humilité, pour nos complicités dans les maux engendrés par le colonialisme à travers le monde, pour notre complicité dans l’injustice et l’oppression qui étouffent la riche harmonie de la création.

Prière

Seigneur Dieu, nos cœurs et nos corps te rendent grâce pour cette occasion qui nous est donnée de nous présenter à toi pour confesser nos péchés d’injustice et de division.

Ensemble, nous formons une sainte famille et venons à toi, unis dans la belle diversité de ta création. Certains d’entre nous sont issues de Premières Nations, d’autres encore des descendants d’esclavagistes, certains des migrants ou encore des réfugiés, mais nous faisons tous partie de l’unique Corps du Christ.

Nous te louons, car par les eaux vives du baptême, nos péchés, rouge comme l’écarlate, ont été lavés et nous avons été guéris en devenant membres de la communauté d’amour, la famille de Dieu. Nous te rendons grâce et te louons, Dieu créateur.

Faisant route tous ensemble, nous célébrons le cœur et les yeux ouverts pour comprendre et grandir dans la sainte sagesse que partagent et transmettent tous les peuples entre eux. Aide-nous à choisir l’unité entre nous et rappelle-nous que nous faisons partie d’une seule et même famille, rassemblée par ton Esprit-Saint, au milieu de ta création.

Amen.

Les chants étaient animés par les étudiants du centre Benoît-Lacroix, sous la direction de Gustavo Garay. Des témoignages et prédications ont également meublé cette heure de rassemblement.

Liste des représentants des Églises

Rev. Joel Amis de l’Église Anglicane, Rev. Glenn Gray de l’Église Baptiste, His Grace Bishop Abgar Hovakimian de l’Église Arménienne, Bishop Ioan Casian de l’Église Roumaine Orthodoxe, Diacre Kami de l’Église Arménienne, Père Paul Kara de l’Église Orthodoxe des Amériques, le père Komitas de l’Église Arménienne, Rev. Rosemary Lambie de l’Église Unie, Archevêque Christian Lépine ainsi que Mgr. Alain Faubert de l’Église Catholique, père David Margaryan de l’Église Arménienne et Bishop Mary Irwin-Gibson de l’Église Anglicane.

L’événement a été rendu possible grâce au Centre Canadien d’Œcuménisme, téléphone : 514 937-9176.

Rappelons que les dates de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens ont été proposées en 1908 par le prêtre américain Paul Wattson (1863-1940), entre la fête de saint Pierre et celle de saint Paul.

Lien : Semaine de prière pour l’unité des chrétiens : « Apprenez à faire le bien, recherchez la justice »

Attaque des rebelles de l’Allied Democratic Forces (ADF) au village Janda en République Démocratique du Congo

Par Adirodu Roger Androzo

La situation sécuritaire préoccupe les autorités politico-administratives du groupement Bukiringi après une attaque des rebelles de l’Allied Democratic Forces (ADF) d’idéologie salafiste djihadiste et actif depuis 1995 au village de Janda situé vers la partie ouest de l’agglomération de Bukiringi-Centre.

Janda est situé au sud de l’Ituri en territoire d’Irumu, chefferie traditionnelle de Walendu-Bindi. La situation reste préoccupante après une attaque sanglante des rebelles ADF qui a fait deux morts côté civils le 17 janvier 2023. Plusieurs autres personnes sont portées disparues.

La plupart des habitants contactés regrettent la manière dont le gouvernement congolais gère la situation sachant que les rebelles de L’ADF sont bien identifiés et leurs positions bien localisées. De leur côté, les forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) soutiennent que les militaires sont intervenues et poursuivent l’ennemi dans sa fuite.

Quelques éléments anthropologiques

Les Ìndrŭ constituent la majorité de la population. Ils sont associés au groupe des Walendu. L’appellation Bindi leur permet de se différencier des autres Walendu. Avant même l’époque coloniale belge, le symbole culturel des Ìndrŭ était un léopard pour signifier leur ascendant guerrier. Encore de nos jours, ils jouissent d’une mauvaise réputation.

Les Ìndrŭ forment une société fondée sur le partage qui a toujours vécu à l’écart des autres tribus. Elle vit en symbiose avec la savane et la forêt tropicale. Ses contes et légendes illustrent une culture basée sur un rapport étroit avec la nature nourricière.

Même de nos jours, la plupart des personnes vivant dans la chefferie de Walendu-bindi évoquent leur environnement comme faisant partie du monde primordial. La superposition des traditions anciennes par la modernité est perçue comme une agression extérieure. Afin de se protéger de celle-ci, les valeurs ancestrales et les connaissances médicinales traditionnelles sont transmises de génération à génération. L’ombre de Bernard Kakado, prophète pour les uns, chef de guerre pour les autres, plane sur l’identité des Ìndrŭ.

L’esprit de solidarité des populations Ìndrŭ

L’opinion publique finira par accepter et croire que le peuple Ìndrŭ a reçu une bénédiction spéciale de Dieu et de ses ancêtres. En effet, malgré une longue histoire conflictuelle, les Ìndrǔs sont habités d’une joie de vivre incontestable. Les visiteurs le constatent chaque fois; la société Ìndrŭ est solidaire dans le bonheur comme dans le malheur.

Autres liens

L’ITURI EST DE PLUS EN PLUS PLONGÉ DANS L’ABÎME

L’INSTITUT SUPÉRIEUR PÉDAGOGIQUE (ISP/GETY) À LA CHEFFERIE DE WALENDU-BINDI EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

MAUVAISES NOUVELLES DE GÉTY EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

TRAVAUX COMMUNAUTAIRES, COMMUNÉMENT APPELÉS « SALONGO » DANS LA CHEFFERIE DE WALENDU-BINDI EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Des œuvres du peintre Gabriel Landry

Gabriel Landry originaire de Natashquan en exposition dans l’arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce à Montréal

Longueuil, le 16 janvier 2023

C’est sous le thème « Survol d’un monde imaginaire » que le peintre Gabriel Landry, originaire de Natashquan et qui habite à Longueuil, présente sa prochaine exposition. Celle-ci se tiendra du 22 janvier au 2 mars prochains, à L’Espace-Galerie de la résidence CORNELIUS située au 6235 avenue de Darlington, arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce à Montréal. Le vernissage aura lieu le dimanche 22 janvier de 14h à 17h30.

Qualifiant son art de symbolisme-cloisonniste, Gabriel Landry résume ainsi sa démarche artistique : « mon œuvre est un kaléidoscope dirigé vers un monde sans frontières, un monde de rêve, réfléchissant à l’infini ma passion pour la peinture et la mise en symbole de la pensée et des valeurs humaines, par la ligne droite, par la ligne courbe et par la couleur pure ». L’exposition« Survol d’un monde imaginaire »compte une quinzaine d’œuvres conçues et réalisées dans cet esprit. Ce à quoi l’artiste ajoute : « si pour la majeure partie des tableaux qui sont présentés dans cette exposition j’y puise mon inspiration d’un monde sans frontières et universel, quelques-uns de ces tableaux, lesquels pour moi constituent en quelque sorte un retour aux sources, m’ont été inspirés de mon village natal.

Il y a 60 ans il réalisait sa première peinture

C’est à Natashquan, ce petit village légendaire du Québec qui l’a vu naître, que Gabriel Landry passe son enfance et ses étés d’adolescence. Dans ce coin de pays où la nature encore à l’état sauvage lui laisse percevoir des horizons lointains, il développe dès son jeune âge le goût et l’espoir de vivre dans un univers sans frontières où tous les genres se confondent et où les plus beaux rêves sont permis. Durant son adolescence, il découvre Picasso et le cubisme. Dès lors, il s’initie à cette nouvelle forme d’art qui lui permet de percevoir la réalité autrement que l’œil peut la voir.

En 1962, à l’âge de 12 ans, il peint son premier tableau et la peinture devient vite le mode d’expression à travers lequel il souhaite se réaliser. À 16 ans, il participe à un concours de peinture régional à Sainte-Foy (Québec) et remporte le premier prix. Le peintre Francesco Iacurto était président du jury. C’est son éveil au cubisme qui aura permis à Gabriel Landry de développer, au fil des ans, cette approche artistique qui lui est propre. Trois ans d’études en art publicitaire (de 1969 à 1972) le mènent par la suite à participer à un autre concours dont il sort gagnant, celui de l’affiche officielle du Carnaval de Québec (1973). S’en suivent au fil du temps plusieurs autres reconnaissances, des réalisations diffusées à l’international et de nombreuses expositions tant solo que collectives qui lui ont permis de voir ses œuvres exposées de Natashquan à New York, en passant par Québec, Trois-Rivières, Montréal et divers autres endroits à travers le Québec, ainsi qu’à Halifax, dans le cadre du Sommet du partenariat pour les océans du G7. S’ajoute à cela la publication d’un livre portant sur 22 de ses œuvres, dont six d’entre-elles ont fait la une pour le lancement d’un magazine. On peut consulter le site Web de l’artiste au : http://www.gabriellandry.com

Photo 1 – Le peintre Gabriel Landry dans son atelier, posant avec un de ses tableaux qui a pour titre LA LENTE HEURE. Cette œuvre est associée au thème de l’exposition « Survol d’un monde imaginaire » que l’artiste présente à l’Espace-Galerie de la résidence CORNÉLIUS, à Outremont. – (Crédit photo : Mélanie Landry)

Photo 2 – Ce tableau de Gabriel Landry qui a pour titre LA LENTE HEURE, est associé au thème de l’exposition « Survol d’un monde imaginaire » que l’artiste présente à l’Espace-Galerie de la résidence CORNÉLIUS, à Outremont. Il s’agit d’une huile sur toile de format 30 x 30 po.

Photo 3 – Ce tableau de Gabriel Landry a pour titre LES GALETS DE MON ENFANCE. Pour l’artiste originaire de Natashquan, cette œuvre constitue en quelque sorte un voyage dans le temps et illustre « Les Galets de Natashquan », un site patrimonial de son village natal. Cette huile sur toile de format 30 x 24 po. fait partie de l’exposition « Survol d’un monde imaginaire ».

Photo 4 – LE MONDE EN SOI, tel est le titre de ce tableau que le peintre Gabriel Landry dédie à la Paix dans le Monde et à la Protection de l’Environnement. Cette huile sur toile de format 30 x 30 po. fait partie de l’exposition « Survol d’un monde imaginaire ».

Sources : Gabriel Landry, Artiste peintre, Longueuil (QC)

Courr. : glandry@gabriellandry.com
Cell.: 514 894-0440
Site Web : http://www.gabriellandry.com

Aurélie Flauw, Chef de Service – Loisirs, Espace-Galerie de La résidence CORNELIUS – Courr. : csl@residencecornelius.com Tél. : 514 700-3512

Réouverture du Centre Afrika le 7 janvier 2023

Par Julien Cormier, M.Afr

Depuis avril 2020, notre Centre Afrika, rue St-Hubert à Montréal, avait cessé de recevoir des groupes africains ou des personnes … COVID-19, bien sûr ! Le Centre Africa est ouvert à toutes les demandes « des Afriques » à Montréal, de l’Afrique dans sa grande diversité de peuples, de religions, de cultures. Sans jamais prendre la direction des groupes ou associations africaines de Montréal, mais en appui aux divers besoins personnels (il ne s’agit pas d’argent) ou d‘organisations en prêtant des salles de réunion, en donnant quelques conseils ou quelques adresses pour faciliter l’intégration des nouveaux arrivants au Québec et en favorisant les rencontres entre Québécois de souche et les Africains d’immigration récente, dont certains sont déjà bien intégrés.

Un Canadien, Serge St-Arneault de La Tuque, est le directeur du Centre Afrika. Il a été missionnaire au Congo RDC, au Malawi et en Zambie. Serge fait équipe avec deux sœurs Missionnaires d’Afrique, SMNDA (sœurs Blanches), Monique Bonnefoy et Rita Toutant, toutes missionnaires en nombreux pays d’Afrique tel que l’Algérie, le Ghana, le Mali, la Tanzanie, l’Ouganda et le Kenya. Nouveaux dans l’équipe, deux confrères Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) ont été récemment nommés en mission au Canada, Freddy Kyombo Senga, un Congolais de la République Démocratique du Congo qui fut en mission au Mali, en France et à Rome. Et David Gnadouwa, un Togolais qui fut en mission en Tunisie.

On se dira… pourquoi des Missionnaires d’Afrique « africains » au Québec ? Les Québécois peuvent-ils recevoir quelque chose de ces Africains alors que, dit-on, l’Afrique est le continent qui a besoin d’aide ?

Je vous laisse comme réponse cette petite histoire qui date du début de décembre. Un des deux confrères africains va dans une petite boutique du centre-ville de Montréal (nous gardons l’anonymat, mais il est important de souligner qu’il vient d‘arriver au Canada, à Montréal). Dans la boutique, un vendeur, une dame québécoise et sa petite fille d’environ 5 ou 6 ans et notre confrère africain. Soudain, la petite fille commence à se gratter les côtes, en poussant des ou-ou-ou… (parlons clairement : à imiter un singe). Le vendeur dit immédiatement à la petite fille que ça ne se fait pas. La maman québécoise intervient et commence à gronder fortement sa fille, à s’expliquer en disant : « Mais elle ne fait jamais cela à la maison. » Et le confrère africain de dire à la maman : « Madame, il ne faut pas disputer votre petite en public. C‘est à la maison que vous devez lui expliquer, car c’est peut-être à la maison… ou dans la cour de son école qu’elle a appris à se moquer des Noirs. »

Alors, je répète la question : à qui sert le Centre Afrika ? Seulement aux Africains de Montréal ? Les Québécois de souche peuvent-ils ouvrir leur cœur et sortir de leurs préjugés parfois inconscients ? D’ailleurs, beaucoup d’organismes québécois du centre-ville sont venus appuyer de leur présence la réouverture du Centre Afrika devenu un point de rencontre et d’échange entre citoyens canadiens et nouveaux Canadiens venant d’Afrique, entre Québécois « de souche » comme on dit, et Québécois d’immigration récente en provenance de l’Afrique.

Le Centre Afrika est encore appelé à évoluer comme il l’a fait depuis sa fondation il y a une trentaine d’années. Il s’adapte et essaye de répondre à certains besoins ressentis dans les communautés africaines de Montréal. Bonne « mission » à la nouvelle équipe, à Serge, Freddy, David, Monique et Rita!

Grand merci au journal Le Montréal Africain, bientôt 15 ans d’existence, qui a mis en onde la cérémonie de la réouverture officielle du Centre Afrika le 7 janvier 2023.

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Bon visionnement

Controverses entourant le projet de loi C-21

Carey ne doit pas être instrumentalisé par les lobbys « proarmes » qui pourraient facilement le mettre dans l’embarras en faisant de lui un porte-étendard de la culture républicaine américaine jurant la victoire du deuxième amendement tout en défaisant les démocraties.

Grâce à ses talents sportifs et ses origines autochtones, Carey Price inspire la fierté. Il est un modèle de réussite. Nous avons tous été touchés par ses absences à cause de ses blessures et de son retrait du jeu pour raison médicale.

Plus notre voix porte, plus il faut l’utiliser avec prudence pour s’assurer de faire une contribution solide et constructive. Parce que les vedettes ont des voix fortes, il est parfois important de leur répondre. C’est le cas ici.

Comme tous les citoyens de notre pays, Carey a le droit d’émettre ses opinions sur le projet de loi C-21 sur les armes à feu. Malheureusement, sa sortie publique sur les médias sociaux a provoqué un profond malaise et suscité beaucoup de questionnement. Pourquoi avoir choisi ce moment-ci qui coïncide avec les commémorations entourant la tragédie du féminicide du 6 décembre 1989 à la Polytechnique de Montréal ? Pourquoi s’associer avec une organisation qui prône la vente d’un calendrier avec le code promotionnel ‘Poly’ ? Nous en sommes vivement offensés.

There is no way the Canadiens can propose to retire Price’s number without sparking significant outrage. There is simply no way he deserves to have his number raised to the rafters at the Bell Centre, not after this.
The opinion of an anglo columnist doesn’t matter much in this town. But on behalf of 14 murdered women who can’t speak for themselves, I will fight any attempt to retire Carey Price’s number with everything I have. That’s a promise.

Il y a aussi eu beaucoup de confusion avec la déclaration du club de hockey du Canadien qui s’est excusé en son nom, affirmant qu’il ne savait pas ce qui s’était passé il y a 33 ans, et Carey Price affirmant le contraire le lendemain.

Quoiqu’il en soit, l’arme de chasse qu’il affiche dans ses mains n’est pas prohibée et ne figure pas sur la liste des armes qui seront prohibées dans le projet de loi C-21. Son indignation contre ce projet de loi est injustifiée. A-t-il été encouragé d’agir comme il l’a fait par quelqu’un d’autre ? Il semble pourtant défendre sa déclaration.

Loi C-21

La position de PolySeSouvient est claire et sans ambiguïté. La loi C-21 et les récents amendements proposés par le gouvernement fédéral respectent les engagements du ministre Marco Mendicino annoncés au mois de mai dernier.

En bref, la loi C-21 vise à l’interdiction globale et permanente des armes de style militaire. Ce type d’arme inclut les armes d’assaut ainsi que les armes semi-automatiques de grande capacité ou modifiables incluant celles soi-disant adaptées pour la chasse, mais conçues par les fabricants.

Les armes de chasse légalement utilisées pour les chasseurs consciencieux et respectueux des lois ne sont pas prohibées. Leur chasse demeure un sport. Étant donné son caractère de dangerosité, la possession et l’utilisation d’armes à feu nécessitent des mesures de sécurité rigoureuses.

Plus de trente ans après Polytechnique, et alors que d’autres tragédies meurtrières ont mis en scène des armes qu’on gagnerait à exclure du périmètre public, C-21 est essentiel, en dépit du grondement d’opposition propre au lobby des armes qui l’entoure.

La chasse sportive

PolySeSouvient se dit ouvert au compromis. « On n’est pas contre les armes, on n’est pas contre les chasseurs et on n’est pas contre la chasse, affirme Mme Provost. Donc, travaillons ensemble pour avoir une liste qui fait que les armes qui devraient être reconnues comme des armes de chasse raisonnables soient exclues du règlement. »

Jeune, à La Tuque, je me rappelle une autre conversation que j’ai eue avec un chasseur lorsque je travaillais à l’usine de papier de la C.I.P.

–          La chasse est un sport. Comme dans tous les sports, il faut donner une chance à l’adversaire selon les règles du jeu. À la chasse, l’animal doit avoir sa chance. Il en tient au chasseur d’être habile.

Dans le sport compétitif, il est normal que les équipements se perfectionnent pour espérer une victoire. Mais les armes de chasse doivent-elles se perfectionner au point de ne laisser aucune chance de survie à l’animal chassé ?

Au Canada, la possession d’une arme à feu est un privilège, pas un droit. Il est légitime d’exiger que ce droit s’exerce uniquement pour des chasseurs munis d’une arme à feu moins létale que celles utilisées par des militaires, conçues pour tuer, ou celles de type semi-automatique ou modifiables.

33e commémoration du féminicide du 6 décembre 1989

Comme chaque année, nous nous sommes rassemblés au belvédère Kondiaronk, une vaste terrasse panoramique sur le mont Royal. Contrairement aux autres années, et à cause de la forte pluie, la cérémonie a eu lieu à l’intérieur du chalet. La solennité de l’événement a fait place à la sobriété. Selon le rituel, les noms des 14 femmes assassinées, dont ma sœur Annie, ont été nommés au moment où les faisceaux bleus étaient allumés sur le belvédère. 

Puis, les dignitaires ont déposé en silence une rose blanche sur une table placée en face d’un tableau où figurait une photo des 14 femmes honorées. Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a été le premier à faire quelques pas supplémentaires pour se diriger à l’extérieur du chalet pour voir les faisceaux. Quelques-uns l’ont suivi tels que François Legault et son épouse.

Autour de moi, je n’ai pas reconnu d’autres membres des familles des victimes. Peut-être étais-je le seul ? En revanche, j’étais entouré de plusieurs dizaines de jeunes étudiantes et étudiants en génie provenant de différents centres universitaires. Cette jeunesse est un signe d’espérance. La relève est là!

Laissons parler les experts

La variété des opinions est souhaitable. Elle est source de progrès et mène à des solutions. Sur des sujets complexes, l’avis des experts est une aide précieuse. Émettre une opinion sans fondement sur un enjeu important risque de mener à la désinformation.

La question de la définition des catégories d’armes à feu est difficile, même entre les experts. Malgré tout, de nombreux pays ont adopté des mesures restrictives sur la possession d’armes à feu; la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Suède, la France, le Royaume-Uni et Israël. Le président Joe Biden promet à nouveau d’interdire les fusils d’assaut aux États-Unis où il y a un puissant lobby des armes à feu.

Comme individu, il nous incombe de faire des choix librement et en connaissance de cause. Nous sommes responsables de nos décisions. Il en est de même pour la société que nous formons qui est dirigée par des gouvernements élus démocratiquement. Il faut maintenant saisir le momentum et faire des choix collectifs à la hauteur des immenses défis qui nous attendent : changement climatique, propagation de nouveaux virus, menace à l’écosystème, migration de populations menacées, etc.

La crise financière que nous connaissons en ce moment est le résultat des effets dévastateurs de la pandémie de la Covid-19 et de la guerre en Ukraine, prélude de plus grandes menaces à venir. Plus que jamais nous devons nous mettre à l’écoute des scientifiques et prendre collectivement des mesures pénibles mais nécessaires qui affecteront notre style ou notre niveau de vie. Le contrôle des armes à feu, particulièrement le bannissement des armes d’assaut, s’inscrit dans ce grand mouvement de changement civilisationnel.

Le Nouvelliste, vendredi 9 décembre

«Ç’a été une réaction très forte», avoue-t-il en entrevue avec Le Nouvelliste.

Il souligne que les propos de Carey Price ont provoqué un malaise, mais également beaucoup de questionnements.

«Est-ce que ça vient de son propre gré, ou bien est-ce qu’il a été influencé par quelqu’un ou par un groupe pour faire cette déclaration à ce moment-ci? On peut se poser la question, mais je n’ai pas de réponse. On se demande pourquoi.»

Même s’il convient que l’athlète a le droit à son opinion sur le projet de loi C-21, il soutient que la notoriété de Carey Price, le fait qu’il soit une figure publique respectée, un modèle et une référence sportive, accentue le malaise et la confusion dans un débat qui est «extrêmement sensible et extrêmement important».

«Ce qu’il dit a des impacts, bien évidemment.»

«Ça nous fait mal une déclaration comme celle-là. D’autant plus que l’arme qu’il tient dans ses mains ce n’est pas une arme qui sera bannie dans le projet de loi. C’est une arme qui sera acceptée. […] Il n’a jamais été question de bannir toutes les armes de chasse», précise M. St-Arneault qui est également membre du mouvement PolySeSouvient.

Dans les derniers jours, le gardien de but du Canadien de Montréal s’est affiché très clairement contre le projet de loi C-21 sur les réseaux sociaux. Il a également manifesté son soutien à la Coalition canadienne pour les droits des armes à feu (CCDAF) qui a, elle aussi, suscité de vives réactions pour avoir utilisé l’acronyme «POLY» comme code promotionnel. Un geste qui passe mal.

«Je me sens insulté», lance M. St-Arneault.

«C’est une insulte carrément. Je pense que c’est intentionnel. Ils se sont sentis vexés qu’on s’en prenne aux armes à feu. C’est d’une maladresse… C’est un manque de sensibilité, un manque de respect, un manque total de considération… pour les femmes en particulier. C’est une espèce de provocation», ajoute-t-il.

Pour Serge St-Arneault, l’indignation du joueur de hockey est injustifiée. Le Latuquois estime qu’il faut laisser parler les experts.

«La variété des opinions est souhaitable. Elle est source de progrès et mène à des solutions. Sur des sujets complexes, l’avis des experts est une aide précieuse. Émettre une opinion sans fondement sur un enjeu important risque de mener à la désinformation.»

«La question de la définition des catégories d’armes à feu est difficile, même entre les experts. Malgré tout, de nombreux pays ont adopté des mesures restrictives sur la possession d’armes à feu: la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Suède, la France, le Royaume-Uni et Israël», fait-il remarquer.

Rappelons que le gouvernement libéral a déposé, au printemps dernier, le projet de loi C-21 sur le contrôle des armes à feu au Canada. Un moment historique selon Serge St-Arneault.

«C’était un événement extrêmement fort, c’était électrique.»

Pour lui, les récents amendements proposés par le gouvernement fédéral respectent les engagements du ministre Marco Mendicino.

«Les armes de chasse légalement utilisées pour les chasseurs consciencieux et respectueux des lois ne sont pas prohibées. Leur chasse demeure un sport. Étant donné son caractère de dangerosité, la possession et l’utilisation d’armes à feu nécessitent des mesures de sécurité rigoureuses», note M. St-Arneault.

Ce dernier se souvient d’ailleurs de certaines conversations avec des chasseurs alors qu’il travaillait à l’usine de papier de la C.I.P à La Tuque, sa ville natale. Un d’eux lui avait alors souligné que «la chasse est un sport. Comme dans tous les sports, il faut donner une chance à l’adversaire selon les règles du jeu. À la chasse, l’animal doit avoir sa chance. Il en tient au chasseur d’être habile».

Serge St-Arneault rappelle qu’au Canada, la possession d’une arme à feu est un privilège, pas un droit, et soutient qu’il est légitime d’«exiger que ce droit s’exerce uniquement pour des chasseurs munis d’une arme à feu moins létale que celles utilisées par des militaires, conçues pour tuer, ou celles de type semi-automatique ou modifiable».

Commémoration du féminicide du 6 décembre 1989

Comme chaque année, Serge St-Arneault a participé à la cérémonie au belvédère Kondiaronk sur le mont Royal. Des roses blanches ont été déposées devant les photos des 14 femmes décédées. Leurs noms ont été prononcés au moment où les faisceaux bleus se sont allumés sur le belvédère.

«Contrairement aux autres années, et à cause de la forte pluie, la cérémonie a eu lieu à l’intérieur du chalet. La solennité de l’événement a fait place à la sobriété. […] Ce n’est pas mauvais. Ça permet de goûter le silence et la gravité de l’événement qui s’est déroulé il y a déjà 33 ans», commente-t-il.

«J’étais entouré de plusieurs dizaines de jeunes étudiantes et étudiants en génie provenant de différents centres universitaires. Cette jeunesse est un signe d’espérance. La relève est là!», se réjouit-il.

Si l’émotion est différente d’un 6 décembre à l’autre, il s’agit toujours d’une occasion de rendre hommage à sa sœur. Nathalie Provost, une survivante de la tuerie, écrivait d’ailleurs dans une lettre ouverte publiée récemment dans les médias qu’Annie St-Arneault était femme lumineuse, le genre de personne qu’on ne peut pas s’empêcher d’aimer, et qu’elle faisait l’unanimité.

Elle soutient qu’elle était une femme douce, curieuse, et ouverte d’esprit, ce à quoi acquiesce le frère d’Annie St-Arneault.

«C’est une très belle définition d’Annie», a-t-il conclu.

Extraits

Peut-on conclure que plus il y a d’armes à feu en circulation, plus il y a de morts accidentelles ?

Oui, évidemment. « Mais c’est surtout l’encadrement légal qui fait la différence », note Francis Langlois, professeur au cégep de Trois-Rivières et chercheur associé à l’Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand. 

DAVANTAGE D’ACCIDENTS MORTELS AUX ÉTATS-UNIS

En 2020 aux États-Unis, près de 500 personnes ont été tuées par un coup de feu accidentel. C’est beaucoup plus qu’au Canada, même en tenant compte de la population. Selon Statistique Canada, le nombre de personnes tuées au pays par une décharge accidentelle d’arme à feu a connu des hauts et des bas depuis 20 ans. Entre 2000 et 2004, il se situait entre 18 et 20 par année, avant d’amorcer une diminution qui allait atteindre seulement 2 décès en 2014 (le fameux Registre des armes à feu a été aboli en 2012). Depuis huit ans, le nombre de morts a recommencé à augmenter, atteignant 15 décès en 2020 (dernière année pour laquelle les données sont disponibles).

Que dirait-elle ?

Par Nathalie Provost

En troisième année de Poly, en génie mécanique, je me suis fait une nouvelle amie. Comme moi, elle avait perdu le groupe d’origine et nous nous retrouvions dans la même classe. Je ne sais pas si elle était de ce groupe parce qu’elle passait comme moi trop de temps au local étudiant ou bien parce qu’elle était entrée à Poly à la session d’hiver, mais nous nous sommes retrouvées dans la même classe à mon grand bonheur.

C’était une fille lumineuse. Vous savez ? De ces personnes qu’on ne peut pas s’empêcher d’aimer. Moi, mon gros caractère et mes idées arrêtées sur tous les sujets, je me trouvais confrontée à la douceur, à la curiosité, à l’ouverture d’esprit. On avait envie d’étudier avec elle, d’être en équipe avec elle. Elle faisait l’unanimité.

Le 6 décembre 1989, cette fille était dans ma classe. À la pause, nous sommes allées ensemble au bureau étudiant pour savoir si Alcan (aujourd’hui Rio Tinto) l’avait embauchée comme ingénieure junior. Il me semble que oui. Ils avaient fait le bon choix. Elle saurait rallier ses collègues peu importe leur rôle.

Mais le 6 décembre 1989, Annie Saint-Arnault est décédée. Elle était mon amie. Je l’ai vue mourir.

Aujourd’hui, nous sommes 33 ans plus tard. Depuis vendredi dernier, nous sommes dans une frénésie assez troublante qui commerce à coup de code promo utilisant l’acronyme POLY, qui instrumentalise un joueur de hockey renommé qui fait figure de symbole national. Diverses opinions sont échangées sans réelle écoute et surtout souvent sans références solides. C’est à qui parlera le plus vite, le plus fort.

Je vous écris et le souvenir d’Annie me revient. Comme se comporterait-elle dans ce débat ? Quelle serait son approche ? Mon amie lumineuse était une pacifique, elle appuierait sûrement notre souhait pour une meilleur contrôle des armes. Cette amie venait d’une région où la chasse est une pratique courante. Je suis certaine qu’elle souhaiterait que ceux qui la pratique puissent poursuivre cette activité.

Annie était une ingénieure (enfin presque). Je suis certaine qu’elle s’appuierait sur la science pour clarifier sa position. Je suis certaine qu’elle prendrait le temps d’écouter les experts. Je crois qu’elle ne s’agiterait pas devant des épouvantails voulant faire croire que la perte de privilège est une perte de droit. Je ne crois pas qu’elle lèverait le ton pour dire clairement ce qu’elle croit juste et acceptable. Je ne crois pas qu’elle chercherait à jeter le bébé avec l’eau du bain. Elle saurait distinguer le bon grain de l’ivrai.

La demande pour un meilleur contrôle des armes a débuté en janvier 1990. J’en étais, au côté des étudiants, des familles des victimes, des professeurs et de la société québécoise et canadienne. Les étudiants ont à l’époque déposé la plus importante pétition demandant un meilleur contrôle des armes à feu. Notre demande centrale : interdire les armes telles celle utilisée par le meurtrier de Polytechnique. Malgré plusieurs tentatives, cette demande initiale n’a toujours pas été satisfaite. Mais plus que jamais en 33 ans, nous, les survivants, les familles des victimes, les étudiants de Polytechnique, la société québécoise et canadienne, nous touchons au but.

Aujourd’hui, en ce 6 décembre, je nous invite tous, moi incluse, à réfléchir comme mon amie Annie Saint-Arnault. A prendre un pas de recul avant de crier à l’imposture, à l’incompétence, à l’improvisation ou à la mauvaise foi. Nous devons ensemble, ceux qui souhaitent un plus grand contrôle comme les chasseurs, discuter posément avec les experts et soutenir nos députés qui sont engagés dans un travail d’analyse important qui demande sagesse et réflexion.

Je crois que nous devons nous inspirer d’Annie. Nous lui devons.

LIENS

Olivier Du Ruisseau, 7 décembre 2022

Lettre aux Amis des Missionnaires d’Afrique, édition décembre 2022

Je vous invite aujourd’hui à feuilleter l’édition du mois de décembre de la Lettre aux Amis des Missionnaires d’Afrique. Simplement cliquer sur l’image ci-jointe qui vous permettra d’ouvrir un document PDF.

Aussi, si je cœur vous en dit en cette période de partage, vous pouvez aussi faire un don en ligne grâce au lien suivant qui vous dirigera sur notre page internet. Merci à chacune et chacun d’entre vous.

PROJET 69 :
QUE LA LUMIÈRE SOIT !

« Nous sommes une cible facile, mais nous avons une mission ».

PAR MARIA LOZANO, AED INTERNATIONALE, NOVEMBRE 22, 2022

Le prêtre enlevé au Mali était conscient du danger.

Le missionnaire d’origine allemande est un partenaire de projet de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) et est très engagé dans le dialogue interreligieux.

L’organisme international Aide à l’Église en Détresse (AED) exprime sa douleur et son inquiétude face à la disparition et au probable enlèvement du missionnaire Hans-Joachim Lohre à Bamako, capitale du Mali, où il travaille depuis plus de trente ans. 

Le père Lohre, à gauche sur la photo, devant le centre qu’il a contribué à créer. L’AED a financé une partie de ce centre pour la paix.

Le prêtre allemand a disparu dimanche 20 novembre, après avoir célébré une messe dans un couvent de religieuses de la même ville, comme l’a confirmé à la fondation un membre de la congrégation des Missionnaires d’Afrique, également connus sous le nom de Pères blancs.

Selon la même source, il n’y a pas d’autres informations ou détails sur sa disparition, mais tout porte à croire qu’il s’agit d’un enlèvement car la voiture du missionnaire a été retrouvée abandonnée et la croix qu’il portait gisait par terre. On ne sait encore rien des ravisseurs ni de leurs motivations.

« Nous demandons à tous nos bienfaiteurs et amis de prier pour la libération rapide du père Ha-Jo, comme on l’appelle amicalement, un bâtisseur de paix dans un contexte de violence et de terrorisme. Notre œuvre a soutenu sa mission ces dernières années. Il a maintenant besoin de nos prières et de notre solidarité. Nous étendons notre soutien à sa famille spirituelle, la congrégation des Missionnaires d’Afrique, et à la famille du Père Hans-Joachim Lohre en Allemagne. Vous pouvez compter sur nos prières », déclare Thomas Heine-Geldern, président du conseil exécutif de l’AED.

« Outre les prières, l’AED encourage la communauté internationale à tout faire pour arrêter le drame djihadiste que subissent les populations du Sahel, non seulement au Mali, mais aussi dans les pays voisins. C’est une tragédie, une plaie ouverte dans ce monde », déclare Thomas Heine-Geldern.

Le Père Ha-Jo est un partenaire de projet de l’AED et a participé à plusieurs événements organisés par l’œuvre. Lors d’une visite du missionnaire en Suisse, il y a moins de six mois, il a parlé aux bienfaiteurs locaux de la situation au Mali. « Les djihadistes viennent en groupe, sur des motos, et les communautés locales doivent passer des accords avec eux. Il leur est interdit de sonner les cloches des églises, de boire de l’alcool et les femmes doivent porter le voile ».

L’AED a attiré l’attention à plusieurs reprises sur la situation endurée par les chrétiens dans le pays, notamment dans le centre du Mali, où opère le groupe djihadiste Katiba Macina, lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Le groupe disposerait également d’un centre opérationnel dans la capitale Bamako.

Le missionnaire était bien conscient du danger auquel il était confronté chaque jour dans son travail : « Vous ne savez pas quand, ni où cela peut vous arriver. En tant qu’Européen et Blanc, nous sommes une cible facile, et on nous a dit que les djihadistes nous observaient ». Mais, dans plusieurs entrevues accordées à l’Aide à l’Église en Détresse, il a expliqué pourquoi le danger imminent ne l’empêchait pas de rester dans le pays. « La question nous est donnée dans l’Évangile, ‘qui dites-vous que je suis ?’, c’est le sens de notre vie, et nous voyons que ce qui est important, ce n’est pas combien de temps nous vivons, ou combien de choses nous accomplissons, mais si ce que nous faisons a un sens et peut rendre le monde meilleur ».

Au début de la pandémie, alors que le père Lohre participe
à la conception et la diffusion de messages sur la COVID-19.

Le père Ha-Jo était également très conscient du sens de sa mission, qui consistait à promouvoir le dialogue entre chrétiens et musulmans en formant des laïcs et des religieux aux études islamiques. « En ce moment, il y a de forts courants fondamentalistes au Mali, mais la plupart des gens veulent simplement vivre en paix. Il est donc crucial que nous entretenions de bonnes relations avec les musulmans qui nous entourent. Nous transmettons une connaissance approfondie de l’Islam aux chrétiens de sorte que lorsqu’ils retournent ensuite dans leur communauté, ils peuvent aider à construire des ponts et établir des contacts avec les mosquées environnantes », a-t-il expliqué à l’AED lors de sa dernière visite au siège international en Allemagne.

Aide à l’Église en Détresse a soutenu plus de 70 projets au cours des trois dernières années au Mali, dont un programme de formation et de sensibilisation pour les responsables de l’évangélisation pour les quatre prochaines années, comprenant des journées de rencontre organisées par l’Institut de Formation Islamo-Chrétien (IFIC) en collaboration avec le Père Hans-Joachim Lohre.

Prière pour la libération du père Ha-Jo Lohre.

Décès du Cardinal Richard Baawobr Kuia

C’est avec la gorge nouée que je vous partage le décès inopiné du Cardinal Richard Baawobr Kuia en début de soirée de ce dimanche 27 novembre 2022.

Nous étions ensemble à Totteridge à Londres, Angleterre, entre 1985 et 1987. Nous avons été ordonnés diacres ensemble le 6 décembre 1986 par le Cardinal Basil Hume. D’ailleurs, un article vient au sujet de Richard tout juste d’être publié dans la reçue « La Lettre aux Amis » du mois de décembre 2022.

Richard a bien connu mes parents et ma sœur Annie lorsqu’ils sont venus me rendre visite à Londres. Mon papa Bastien et Annie l’ont bien accueilli auprès du Père céleste.

Nous sommes sous le choc car nous avons énormément apprécié sa compagnie et son leadership. Il était un homme extraordinaire aux multiples talents. Que son âme repose en paix !

Lien sur le site Internet des Missionnaires d’Afrique en Suisse

Décès du Cardinal Richard Baawobr

Missionnaire sans frontières

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