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Optional gun buyback programs more likely than compulsory ones to miss mark: expert

Author of the article: The Canadian Press, Jim Bronskill, Feb 15, 2021 

OTTAWA — The Trudeau government is expected to introduce gun-control legislation this week that gives owners the choice of keeping recently outlawed firearms under strict conditions instead of turning them in for compensation. However a gun-control expert who has studied buyback initiatives says optional programs, as opposed to compulsory ones, have a greater chance of missing the mark of making communities safer.

“The empirical evidence, the studies, show that a voluntary buyback is the most likely to fail,” said Philip Alpers, an adjunct associate professor at the University of Sydney’s school of public health in Australia. Alpers points to major gun buyback programs in Australia and New Zealand that not only prohibited certain guns but included stiff penalties for not turning them in.

“It was the penalty that made the difference with the success of both the Australian and New Zealand gun buybacks,” he said in an interview. “If you make it voluntary, you’re making it optional.”

The Canadian government outlawed an array of firearms by cabinet order in May, saying they were designed for the battlefield, not hunting or sport-shooting. The ban covers some 1,500 models and variants of what the government considers assault-style weapons, meaning they can no longer be legally used, sold or imported.The coming bill is believed to propose a program to buy back these firearms for a fair price, but allow owners to hang on to them if certain conditions are met. Many gun-control advocates have been pressing the Liberals to make the buyback mandatory, warning that firearms that remain with owners could be misused or stolen.

When 35 people were gunned down at the Port Arthur Historic Site in Tasmania in 1996, Australia banned semi-automatic and pump-action rifles and shotguns, buying back some 650,000 from owners. The National Firearms Agreement also toughened licensing, registration and safe-storage provisions. More than a dozen mass shootings occurred in Australia in the 25 years before the reforms, but after the buyback there were none until 2014.

“For Australia, the NFA seems to have been incredibly successful in terms of lives saved,” said a 2011 assessment by Harvard University’s Injury Control Research Center.

New Zealand implemented a buyback following the March 2019 shootings at two mosques that killed 51 people and injured many others. Before the initiative, police estimated there were between 55,000 and 240,000 newly outlawed firearms in the country, based on a consulting firm’s analysis. More than 61,000 firearms were handed in or modified.

A gun group criticized the buyback, saying there were 170,000 prohibited firearms in New Zealand, but the group Gun Control NZ says it has seen no credible evidence to support this figure. Group co-founder Philippa Yasbek says she is concerned the Canadian government has been misled by the discredited number.

The compromise solution of a voluntary buyback in Canada would antagonize the gun lobby without yielding the desired “good safety outcomes,” Yasbek said in an interview.

“I definitely think they should be going for a mandatory buyback and following the Australia and New Zealand model.”

Alpers said if the Trudeau Liberals cite the New Zealand or Australian programs as reasons to avoid a mandatory buyback, “the information they’ve been given, is inaccurate at best and malicious at worst.”

“By and large, those who claim that the New Zealand and Australian gun buybacks are failures are those who claim that all gun control is a failure,” he said. “And so if the Liberal government listens to those people, they will be falling victim to misinformation.”

Aside from fleshing out last spring’s ban of many firearms, the long-promised Liberal bill would propose stricter storage provisions and target illegal gun smuggling.

The bill is also expected to:

— Enhance the ability of doctors, victims of domestic abuse and families to raise red flags on those with guns who pose risks to themselves or an identifiable group;

— Include new penalties for gun purchases by a licensed buyer on behalf of an unlicensed one;

— Maintain current firearm magazine limits, which are generally five bullets for hunting rifles and shotguns and 10 for handguns, but crack down on the sale of magazines that can be modified to hold more cartridges.

This report by The Canadian Press was first published Feb. 15, 2021.

Projet de loi fédéral sur les armes d’assaut – revue journalistique du 16 et 17 février 2021

Pour plusieurs, le projet de loi fédéral sur les armes d’assaut ne passe pas

Radio-Canada, publié le 16 février 2021

Tant l’opposition que les groupes opposés aux armes à feu se sont fait entendre après l’annonce, mardi, par le premier ministre Justin Trudeau, du projet de loi C-21. Le caractère facultatif du programme de rachat d’armes d’assaut est notamment la cible de nombreuses critiques.

D’après le gouvernement Trudeau, ce projet de loi, qui aura pour effet de modifier le Code criminel et la Loi sur les armes à feu, permettra de combattre la violence par arme à feu au pays tout en respectant les propriétaires légitimes d’armes à feu.

Les mesures annoncées mardi comprennent un programme, non obligatoire, de rachat des armes d’assaut. Les propriétaires d’armes qui décideront de conserver leurs armes seront assujettis à des conditions très strictes, entre autres pour leur entreposage. En vertu des nouvelles mesures, ces armes ne pourront pas légalement être utilisées, transportées, vendues, transférées ou léguées au Canada.

Elles vont devenir pour ainsi dire inutiles en tant qu’armes à feu, a déclaré le ministre de la Sécurité publique du Canada, Bill Blair. Selon ce dernier, le plan fédéral constitue la manière la plus efficace de contrôler ces armes.

En mai 2020, quelque 1500 modèles d’armes d’assaut avaient été prohibés par le gouvernement fédéral.

Cependant, aux yeux du chef de l’opposition officielle, le conservateur Erin O’Toole, M. Trudeau trompe la population. En substance, le chef conservateur soutient que le fait de racheter ces armes aux chasseurs et aux autres Canadiens qui respectent la loi ne résoudra pas le problème des fusillades et de l’activité des gangs criminels dans les grandes villes du pays.

Cette façon de faire passe à côté du véritable problème et divise les Canadiens, affirme Erin O’Toole, qui s’inquiète en outre du coût du programme de rachat prévu par le gouvernement libéral. Le chef conservateur rappelle que deux milliards de dollars avaient été dépensés pour le registre des armes d’épaule, qui a ensuite été démantelé par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Selon le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, l’aspect non contraignant du programme de rachat des armes d’assaut rend l’exercice inutile à moult égards. Un programme de rachat facultatif, c’est comme un panneau de vitesse fixé à 100 km/h sur l’autoroute qu’on n’est pas obligé de respecter, affirme le chef bloquiste.

Les villes et les armes de poing

Par ailleurs, le projet de loi C-21, plutôt que d’interdire les armes de poing à l’échelle du pays, promet un appui aux villes qui le feront, en faisant de la violation de futurs règlements municipaux une infraction passible de deux ans de prison et d’une révocation du permis d’arme à feu.

Mais la mairesse de Montréal, Valérie Plante, continue de presser Ottawa d’exercer lui-même un meilleur contrôle sur les armes de poing. Montréal, à l’instar d’autres grandes villes du pays, considère que les municipalités n’ont pas à gérer ce dossier.

En fin de journée, mardi, le premier ministre du Québec, François Legault, a aussi réagi à ce volet du projet de loi C-21. La première chose qui nous achale, c’est qu’on délègue des pouvoirs aux 1100 municipalités au Québec. Techniquement, il y aurait 1100 règlements différents; ça, je ne comprends pas, a-t-il dit. M. Legault a ajouté que son gouvernement était prêt à prendre ce pouvoir-là.

Quant au reste du projet de loi, le premier ministre du Québec pense qu’il s’agit sûrement d’un pas dans la bonne direction.

Une trahison

Colère et consternation : ce sont les sentiments que le groupe PolySeSouvient a exprimés par voie de communiqué, mardi, à la suite de l’annonce du gouvernement Trudeau. Peu importe que les propriétaires d’armes ne soient pas autorisés à les utiliser, dénonce Nathalie Provost, survivante de la tuerie de Polytechnique, au sujet des armes d’assaut. Le fait est qu’ils le peuvent. Et ça n’en prend qu’un seul pour provoquer un massacre.

C’est une trahison totale, affirme Suzanne Laplante-Edward, dont la fille, Anne-Marie, a été assassinée à Polytechnique Montréal en décembre 1989.

Pour sa part, l’Association canadienne des médecins d’urgence (ACMU) se dit déçue des drapeaux rouges dont le gouvernement fédéral affirme se doter pour combattre la violence conjugale, la violence fondée sur le sexe et l’automutilation au moyen d’une arme à feu. Selon l’ACMU, les nouvelles mesures n’ajoutent rien à la loi actuelle, qui permet déjà à toute personne de signaler aux autorités qu’un individu est à risque d’utiliser une arme à feu de manière inappropriée.

L’ACMU dit réclamer depuis 25 ans une législation souple et adaptée qui rendrait obligatoire le signalement d’une personne à risque et le retrait temporaire, par la police, des armes dont disposerait cette personne.

Complètement illusoire

Ça va être un échec total, a pour sa part lancé Guy Morin, président de Tous contre un registre québécois des armes à feu. C’est complètement illusoire de penser que ces gens-là vont aller chercher leurs permis d’armes […] avec toutes les exigences qui viennent avec, pour être capables de les garder dans leur coffre-fort et ne jamais s’en servir, a déclaré M. Morin.

De son côté, la Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu (CCFR) avait fait savoir, la semaine dernière, qu’elle allait s’opposer à ce que l’on confisque les armes que possèdent en toute légalité les propriétaires d’armes à feu.

Contrer le trafic d’armes

Pour Francis Langlois, membre de la Chaire Raoul-Dandurand et professeur d’histoire à l’Université du Québec à Trois-Rivières, le gouvernement canadien déplaît à tout le monde avec ce projet de loi. Il déplaît forcément aux propriétaires d’armes à feu, qui ne seront pas contents de ne pas pouvoir utiliser leurs armes […] et il ne plaît pas, non plus, au lobby en faveur d’un meilleur contrôle des armes à feu, a déclaré le professeur à l’émission Isabelle Richer, sur ICI RDI.

M. Langlois ajoute que ces armes d’assaut, même bien entreposées, pourraient tomber entre de mauvaises mains en étant volées, perdues ou encore utilisées par le crime organisé. […] On doit absolument renforcer le contrôle des armes qui traversent la frontière du sud vers le nord et mettre sur pied des escouades spéciales contre ce trafic-là, insiste-t-il. M. Langlois conclut qu’il faut, au minimum, tenir un registre de toutes les armes saisies, avec leur modèle et leur provenance.

En mai dernier, Statistique Canada avait annoncé son intention de colliger des données sur l’origine des armes à feu utilisées pour commettre des actes de violence.

Plus d’effectifs sur le terrain

Marcel Savard, ex-directeur adjoint à la Sûreté du Québec (SQ), a déclaré à Isabelle Richer qu’il souhaitait le déploiement d’effectifs, en nombre suffisant et spécifiquement voués au contrôle des armes, sur le terrain : Des équipes qui ne font que ça, qui ont la capacité de connaître le milieu, de connaître les armes [parce que] c’est rendu extrêmement complexe […].

À compter du 22 février, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) disposera d’une nouvelle unité spéciale de 22 agents, l’escouade permanente dédiée à la lutte contre le trafic d’armes (ELTA).

En décembre dernier, Toronto a demandé à son service de police et à la Commission des services policiers de Toronto de se pencher sur le nombre croissant de fusillades et de porter une attention particulière aux fusillades au volant qui se multiplient chaque année.

Le gouvernement Trudeau accusé de « trahison »

(Ottawa) Les familles de victimes de la tuerie de Polytechnique accusent le gouvernement libéral de « trahison totale » après que le premier ministre Justin Trudeau eut annoncé que le programme de rachat des armes d’assaut prohibées s’appuiera sur la bonne foi de leurs propriétaires au lieu d’être obligatoire.

JOËL-DENIS BELLAVANCE, LA PRESSE, publié le 16 février 2021 

Alors que les crimes impliquant des armes à feu sont à la hausse dans certaines villes au pays, notamment à Montréal, le gouvernement Trudeau a déposé mardi le projet de loi C-21 qui propose une série de mesures visant à resserrer le contrôle des armes d’assaut et des armes de poing et à combattre l’influence et l’emprise des gangs de rue dans les milieux urbains.

Ottawa veut agir sur plusieurs fronts pour contrer le fléau de la violence causée par l’utilisation illégale des armes à feu. Le gouvernement Trudeau confirme ainsi la création du programme de rachat des quelque 1500 armes à feu prohibées depuis mai dernier, impose de lourdes pénalités pour ceux qui acquièrent des armes à feu sur le marché noir, et va de l’avant avec son intention d’accorder de nouveaux pouvoirs aux municipalités pour interdire les armes de poing malgré les critiques de plusieurs maires.

« Dans certaines de nos villes, les crimes impliquant des armes à feu sont à la hausse. C’est inacceptable. Personne ne devrait avoir peur d’être victime d’un tireur de masse ou d’une balle perdue », a affirmé le premier ministre Justin Trudeau, en faisant allusion à la mort tragique de Meriem Boundaoui, adolescente de 15 ans tuée à Saint-Léonard il y a deux semaines par une balle perdue lors d’une fusillade entre gangs de rue.

Au lieu de rendre la remise des armes prohibées obligatoire, comme en Nouvelle-Zélande, le gouvernement Trudeau mise sur la bonne foi des propriétaires d’armes d’assaut devenues illégales l’an dernier afin qu’ils les remettent volontairement. Ceux qui décideront de les conserver malgré tout devront obtenir un permis, entreposer les armes dans un endroit sécuritaire et ne pourront pas les transporter, les vendre ou les utiliser.

Les familles des victimes de la tuerie de Polytechnique ont réagi avec colère en apprenant que le programme de rachat des armes d’assaut ne serait pas obligatoire.

« C’est une trahison totale. Ma famille et moi avons lutté pendant trois décennies pour faire interdire ces armes. Nous pensions avoir gagné à l’automne 2019 alors que les libéraux ont annoncé en grande pompe qu’ils allaient interdire et racheter toutes ces machines de guerre. Ils ont menti. Ils nous ont menti et ils ont menti aux Canadiens », a déclaré Suzanne Laplante-Edward, mère d’Anne-Marie Edward, assassinée à Polytechnique en décembre 1989.

« Sans un programme de rachat obligatoire, des dizaines de milliers d’armes d’assaut complètement fonctionnelles resteront en circulation pendant des décennies. Peu importe que les propriétaires d’armes ne seront pas “autorisés” à les utiliser. Le fait est qu’ils le peuvent. Et il n’en faut qu’un seul pour provoquer un massacre », a renchéri Nathalie Provost, qui a survécu à quatre blessures par balle lors du massacre à Polytechnique.

La députée bloquiste Kristina Michaud a fait écho à ces critiques en affirmant que le projet de loi « passe complètement à côté de la cible » en ne rendant pas obligatoire le programme de rachat.

Mais Justin Trudeau a défendu l’efficacité de cette mesure, se disant convaincu qu’elle permettrait de réduire « de façon importante » le nombre d’armes d’assaut en circulation à travers le pays.

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a pour sa part indiqué qu’on estime qu’il y a de 150 000 à 200 000 de ces armes prohibées au pays. Ottawa estime que le coût de rachat moyen par arme serait de 1300 $. La facture atteindrait donc de 300 à 400 millions pour le Trésor fédéral.

« Nous pensons que la grande majorité des armes à feu interdites seront volontairement rendues par leurs propriétaires », a avancé le ministre Bill Blair.

L’exemple de la Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande a adopté un programme de rachat obligatoire à la suite des tueries de mars 2019 dans deux mosquées qui avaient fait 51 morts et de nombreux blessés.

Avant l’initiative, la police estimait qu’il y avait de 55 000 à 240 000 armes à feu nouvellement interdites dans le pays, d’après une analyse d’une firme d’experts-conseils. Plus de 61 000 armes à feu ont été remises ou modifiées.

En conférence de presse, M. Trudeau a aussi défendu la volonté de son gouvernement d’accorder aux municipalités le pouvoir d’interdire les armes de poing sur leur territoire. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a au contraire affirmé que le gouvernement fédéral devrait prendre ses responsabilités en prohibant lui-même ces armes. La Fédération québécoise des municipalités a d’ailleurs critiqué le gouvernement Trudeau de vouloir ainsi transférer la responsabilité du contrôle des armes de poing aux municipalités – une critique qu’a reprise à son compte mardi le premier ministre du Québec, François Legault.

« Nous avons fait la promesse durant la dernière campagne électorale de permettre aux villes de bannir les armes de poing, et c’est exactement ce qu’on est en train de faire », a répondu le premier ministre.

Les municipalités qui le souhaitent pourront donc adopter des règlements qui interdisent les armes de poing en restreignant leur entreposage et leur transport sur leur territoire. Les personnes qui enfreindraient ces règlements s’exposeraient à des sanctions fédérales, notamment la révocation du permis et des sanctions pénales.

Le Parti conservateur fustige les libéraux

Le Parti conservateur a accusé le gouvernement Trudeau de se livrer à des manœuvres électorales en présentant ces mesures. « Il est décevant qu’en pleine pandémie, Justin Trudeau ne pense qu’à sa réélection et à l’ordre du jour idéologique des libéraux, au lieu d’aider les Canadiens à se faire vacciner », a affirmé le député conservateur Richard Martel, qui est aussi le lieutenant politique d’Erin O’Toole au Québec.

Dans le projet de loi C-21, le gouvernement Trudeau veut aussi faciliter le retrait d’armes appartenant à des individus qui représentent un risque. Il propose ainsi de créer des lois « drapeau rouge » et « drapeau jaune ». Ces lois permettraient à des gens, par exemple des amis ou des parents inquiets, de demander aux tribunaux la saisie immédiate des armes à feu d’un individu ou de demander à un contrôleur des armes à feu de suspendre et d’examiner le permis de possession d’arme à feu d’un individu.

Pour contrer l’influence des gangs de rue auprès des jeunes, le gouvernement fédéral propose d’accorder un soutien financier aux municipalités et aux communautés autochtones pour créer des programmes pour les jeunes.

Ottawa resserre ses lois sur les armes à feu, mais déçoit

Marie Vastel à Ottawa, Le Devoir, 17 février 2021

Le gouvernement Trudeau veut permettre à quiconque a des inquiétudes pour sa sécurité de faire saisir une arme à feu, établir des peines plus sévères pour resserrer le contrôle de ces armes et concrétiser l’interdiction des armes d’assaut adoptée l’an dernier. Mais au-delà de ces nouvelles mesures annoncées mardi, ce sont celles qui ne figuraient pas au projet de loi libéral qui ont été dénoncées. Le programme de rachat d’armes d’assaut sera bel et bien volontaire, a confirmé Ottawa, tandis que les villes n’ont aucune garantie qu’elles pourront réellement bannir les armes de poing comme promis.

Le projet de loi C-21 propose une importante modification au Code criminel canadien. « Toute personne » qui craint qu’un propriétaire d’arme à feu ne présente un danger pour autrui ou pour lui-même pourrait désormais demander à un juge de lui retirer l’accès à cette arme pendant un mois. À l’heure actuelle, seules les autorités policières ou de contrôle des armes à feu ont ce pouvoir.

La proposition législative vise aussi à sévir davantage contre la contrebande et le trafic d’armes à feu, de même que la possession d’une arme obtenue à la suite d’une infraction ou celle d’une arme prohibée ou restreinte chargée en faisant passer les peines maximales pour ces infractions de 10 à 14 ans de prison.

Justin Trudeau s’est également félicité mardi de réaliser sa promesse « de permettre aux villes d’interdire les armes de poing et c’est précisément ce que nous faisons ». Or, le projet de loi C-21 prévoit simplement que le respect d’éventuels règlements municipaux visant à restreindre fortement « l’entreposage et [le] transport » de ces armes devienne une condition relative au permis fédéral de possession. De ce fait, une violation de cette condition pourrait désormais entraîner la révocation du permis ou une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison. Mais il n’est pas prévu que les municipalités puissent carrément interdire la possession des armes de poing.

Interdiction théorique pour les villes

La mairesse de Montréal a maintes fois réclamé que le fédéral interdise lui-même ces armes, plutôt que de laisser le soin aux villes de le faire sur leur territoire. Valérie Plante a rappelé mardi que de telles « disparités d’application menacent la portée réelle d’une réglementation municipale » et « impose aux villes la gestion d’un enjeu dont la complexité dépasse l’échelle locale ».

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Rien n’oblige, en plus, les provinces à le leur permettre. L’Ontario et l’Alberta s’y opposent, tandis que la Saskatchewan a modifié ses lois pour empêcher ses villes de le faire. Les fonctionnaires du fédéral ont confirmé, en séance d’information, que les provinces conservent le pouvoir constitutionnel de délimiter les règlements que leurs municipalités peuvent adopter.

Le premier ministre François Legault a dit avoir « un gros problème avec le fait que des pouvoirs soient délégués à des municipalités », ce qui laisse présager au Québec 1100 règlements municipaux différents.

Pas de rachat obligatoire

Justin Trudeau a par ailleurs dû se défendre de ne prévoir qu’un programme de rachat volontaire des 1500 armes d’assaut interdites par son gouvernement en mai dernier. Le projet de loi C-21 obligera les propriétaires à obtenir un permis de possession, à enregistrer leur arme et à se conformer à une série de mesures qui les rendent essentiellement inutilisables. Il deviendra impossible de s’en servir, de les transporter, de les vendre ou de les léguer.

Dans un deuxième temps, « dans les prochains mois », le gouvernement compte offrir un programme de rachat à ces propriétaires. Mais ceux qui le souhaitent pourront profiter d’une clause grand-père pour conserver leurs armes tout en acceptant de ne pas les utiliser.

Le premier ministre Trudeau s’est dit convaincu que la « grande majorité » accepterait de les revendre à l’État puisqu’ils « vont se rendre compte que ça ne sert absolument à rien de les garder maintenant ».

Son ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a rapporté, pour défendre son programme volontaire, qu’en Nouvelle-Zélande un programme de rachat obligatoire n’avait permis de récupérer qu’environ 55 000 des 150 000 armes d’assaut estimées en circulation parce que les autorités ne savaient pas où les trouver. D’où l’idée d’Ottawa d’exiger d’abord leur enregistrement en vertu du projet de loi C-21.

Le fédéral estime que son programme de rachat pourrait viser de 150 000 à 200 000 armes d’assaut et coûter entre 300 et 400 millions de dollars, a prédit le ministre Blair.

Déception de tous bords

Nathalie Provost, qui a survécu au massacre de Polytechnique, a déploré qu’un programme de rachat volontaire laisse trop d’armes d’assaut en circulation. « Peu importe que les propriétaires d’armes ne soient pas “autorisés” à les utiliser. Le fait est qu’ils le peuvent. Et ça n’en prend qu’un seul pour provoquer un massacre. »

Dans le camp inverse, la Coalition pour le droit des armes à feu a dénoncé que les libéraux fassent de la sécurité publique « un enjeu purement politique » en ne faisant rien pour prévenir réellement les fusillades perpétrées dans les grandes villes. « Ce projet de loi n’est qu’électoraliste. »

À Ottawa, aucun des partis d’opposition n’a voulu se prononcer et révéler s’il appuierait ou non ce projet de loi qui nécessite l’appui d’au moins l’un d’entre eux pour être adopté.

Un « drapeau rouge » jugé inutile pour les victimes de violence familiale

Contrôle des armes à feu Un « drapeau rouge » jugé inutile pour les victimes de violence familiale

(Ottawa) La plus récente initiative de contrôle des armes à feu du gouvernement Trudeau a été accueillie par une pluie de critiques. Même la section du projet de loi présentée comme un effort pour protéger les victimes de violence familiale ne trouve pas grâce aux yeux de ceux qui militent pour le contrôle des armes à feu.

LINA DIB, LA PRESSE CANADIENNE, publié le 17 février 2021

 « La loi du drapeau rouge », dans le projet de loi C-21, est dénoncée par les représentants d’un groupe de médecins et les militants de Polysesouvient.

C-21, par cette « loi du drapeau rouge », permet à quiconque qui s’inquiète de l’état mental d’un propriétaire d’armes à feu de s’adresser à un juge pour faire saisir des armes.

« On va […] proposer des lois qui permettront aux amis et aux proches qui s’inquiètent d’une situation de demander à la cour de confisquer immédiatement les armes à feu des individus violents et à risque, et de suspendre leur permis d’acquisition », disait le premier ministre Justin Trudeau mardi.

En ce moment, c’est une plainte à la police qui peut conduire à la saisie des armes d’un individu qui n’a commis aucun crime.

« Ils mettent le fardeau sur les victimes potentielles. Imaginez une femme qui est battue, qui est dans une maison d’hébergement… Elle ? Elle doit aller en cour convaincre un juge pour enlever les armes de son ex ? Au lieu de maintenant juste appeler la police », s’est indignée Heidi Rathjen, porte-parole de Polysesouvient, en entrevue téléphonique, mercredi. Selon Mme Rathjen, rien dans C-21 n’élargit les critères pour faciliter la saisie d’armes, celle-ci demeurant discrétionnaire.

« Ça ne change pas les critères. Ça fait juste ajouter un processus », a-t-elle souligné.

De son côté, l’Association canadienne des médecins d’urgence (ACMU) rappelle qu’elle réclame depuis 25 ans une loi qui rende obligatoire la signalisation d’un individu armé à risque, signalisation qui conduirait automatiquement à la saisie temporaire des armes jusqu’à ce que la crise, qu’elle soit de santé mentale ou de toute autre nature, soit passée. Le projet de loi C-21, selon l’ACMU, ne fait rien de tel.

« Plutôt qu’une loi du drapeau rouge, le gouvernement fédéral a levé le drapeau blanc de la capitulation », s’est désolée l’ACMU dans un communiqué publié mardi.

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, n’en démord pas : sa loi du drapeau rouge sera utile.

« Cela donne le pouvoir au public, et la responsabilité n’est pas transférée à qui que ce soit », assure-t-il dans une déclaration fournie par courriel, mercredi après-midi.

« Nous ne tentons d’aucune façon de retirer cette responsabilité de la police. Nous faisons entrer davantage de personnes dans un cercle d’intervention […] pour désamorcer une situation dangereuse », a-t-il avancé.

Mme Rathjen cite quantité de tragédies où ni les proches ni les médecins ne sont intervenus à temps pour retirer les armes à feu.

« On veut des mesures concrètes », a-t-elle insisté, en réclamant un élargissement des circonstances où la saisie des armes devient « obligatoire » et « rapide ».

Aux États-Unis, a-t-elle fait remarquer, un ex-conjoint qui fait l’objet d’une ordonnance de protection n’a pas le droit d’avoir des armes à feu. Une telle interdiction automatique n’existe pas au Canada.

Armes à feu: le Québec entier demande une révision du projet de loi

RAPHAËL PIRRO, Le Journal de Montréal, mercredi, 17 février 2021

Le gouvernement Legault et l’Union des municipalités du Québec ne veulent pas d’une loi qui transfère le contrôle des armes de poing aux municipalités comme l’ont proposé les libéraux fédéraux.

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Dans le projet de loi dévoilé mardi, Ottawa propose que chaque municipalité puisse établir ses propres règles en matière de possession d’armes de poing.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) estime que cela créerait un problème majeur de «cohérence», car «il est impensable de réglementer d’une façon dans une municipalité et d’une autre façon dans une municipalité voisine».   

Dans une déclaration diffusée par l’UMQ et cosignée notamment par Valérie Plante et Régis Labeaume, les maires de la province demandent au gouvernement fédéral de «réviser sa position» sur cette question.

«On demande que le gouvernement fédéral ne délaisse pas son pouvoir pour l’envoyer aux villes, a déclaré à l’Agence QMI la présidente de l’UMQ, Suzanne Roy. Si on veut établir des règles claires, harmonisées et efficaces en matière d’armes de poing, il faut que le gouvernement assume ses responsabilités jusqu’au bout et fasse un règlement à cet effet-là.»

Du côté de Québec, les partis ont unanimement soutenu une motion de Québec solidaire demandant la «délégation» de ce pouvoir au gouvernement provincial.

L’idée d’un transfert de ce pouvoir à Québec n’a pas déplu à Suzanne Roy. «Si l’ensemble du Québec prend le dossier et dit: « nous, on va interdire la possession des armes de poing », ça va être clair pour tout le monde. Les citoyens vont savoir à quoi s’en tenir, les villes vont savoir à quoi s’en tenir», a fait valoir la présidente de l’UMQ.

Parallèlement, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbeault, a indiqué que le gouvernement était «agacé» par la volonté du Parti libéral fédéral de «déléguer ce pouvoir-là aux municipalités», même si elle a reconnu que le projet de loi représente «un pas dans la bonne direction».

«Il y a plus de 1100 municipalités au Québec. Donc, imaginez, juste la province du Québec, d’une ville à l’autre aurait ses exigences de permis, sa réglementation, ses exceptions. Ça amène de la confusion potentielle […]», a-t-elle ajouté.

Jointe par l’Agence QMI, l’attachée du ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, est restée vague sur la possibilité de revoir le projet de loi. «Nous accueillons l’intérêt du Québec à vouloir également mettre en œuvre des restrictions sur la disponibilité et l’utilisation des armes de poing», a déclaré Mary-Liz Power.

À Toronto, métropole aux prises avec une flambée de violence armée liée aux gangs, le maire John Tory s’est fait moins critique à l’égard de l’approche d’Ottawa. S’il a dit favoriser une interdiction au niveau fédéral, il estime ne pas avoir suffisamment «analysé le dossier».

Notons que la Saskatchewan et l’Alberta ont interdit aux municipalités le pouvoir de légiférer sur les armes à feu l’année dernière.

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CTV news – Published Thursday, December 5, 2019 – Last Updated Friday, December 6, 2019

MONTREAL — Thirty years after the worst mass shooting in Canadian history, official acknowledgment has come that what happened on Dec. 6, 1989 at Montreal’s École Polytechnique was an attack on feminists.

On the eve of Friday’s anniversary, Montreal changed a plaque in a memorial park that previously referred to a « tragic event » — with no mention that the victims were all women. The revised text unveiled on Thursday describes an « anti-feminist attack » that claimed the lives of 14 women. « I think it’s a very good thing, but in a way, I understand why it took so long, » said Catherine Bergeron, who lost her sister, Genevieve, on that day in 1989. « The event was such a shock and so dramatic that it was hard to admit the real origins of it until today. »

Thirty years on, questions continue to swirl about gun control, and violence and discrimination against women persist. Just last year, the man accused of using a rented van to kill 10 people and injured 16 others last year in Toronto told police the attack was a day of retribution because women sexually rejected and ridiculed him.

Nathalie Provost, who was shot four times in the Polytechnique attack, said using the right words to describe the Polytechnique shootings is crucial. « I think it’s very important to bear witness to reality. It was an anti-feminist act. It was obvious from the moment it happened, » Provost said. « I think that for those who will go there and take the time to read it, they’ll better understand what happened exactly on that horrible day. And that’s important for the memory of my friends. »

Claire-Anse Saint-Eloi, who is overseeing a Quebec Women’s Federation campaign to end violence against women, said identifying the attack as one against feminists opens the way to addressing ongoing problems. Three decades later, she said, victims of sexual violence, victims of discriminatory laws and victims of racism still struggle to be believed. « But when we name the violence, we can say what do we next? » she said.

Bergeron, who is head of the committee organizing this year’s commemorative events, said there will be a focus on the lives behind the names.

Those names are well-known and each year they are read out: Genevieve Bergeron, Helene Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznik-Widajewicz, Maryse Laganiere, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michele Richard, Annie St-Arneault and Annie Turcotte.

« We know their names, » Bergeron said. « For the past 30 years, we’ve said them, reminding people that they were women, but who were they? What were their hopes? Where did they want to be? »

A new book written by former Le Devoir editor Josee Boileau looks closely at the events and the victims themselves. Commissioned by the organizing committee, the idea was to give the next generation a reference but also remind that the women were more than victims. « They were all very talented in a lot of fields. They were very energetic and nice and kind, » Bergeron said. « They were women that were curious to try different things — they were rays of sunshine in their respective families — that’s what comes out. »

Provost was a 23-year-old engineering student when Mark Lepine singled out women during his 20-minute shooting rampage. Fourteen women were killed — mostly students — while 13 people were wounded — nine women and four men. In a classroom, Provost came face-to-face with Lepine, armed with a .223-calibre Sturm-Ruger rifle. The shooter made clear he was targeting his victims because he saw them as feminists — people he blamed for his own failings. Provost survived being shot in the forehead, both legs and a foot.

On the 30th anniversary, Provost said she looks at the harrowing events in a different light now that her own children are around the same age she was at the time. « I more fully realize how young I was — I was a kid and we were kids — and it moves me a lot to see my kids and see they are where I was in my life — at the beginning, » she said. « I’m also much more sensitive to how terrible the loss of a child might have been for the families who had to survive after their kids (were killed) — I cannot imagine my grief and I don’t want to imagine it. »

Serge St-Arneault, whose sister Annie was killed that day, views the anniversary as a chance to come to terms with the tragedy. « We finally found the word that was missing — femicide — it was women who were targeted, » he said. St-Arneault was halfway across the world in 1989 doing missionary work at the Congo-Uganda border, and it took him a month to get back home. He was close to his sister — one of four siblings — and in the years that have passed, he has fought for tougher gun laws and an end to violence against women as a way of honouring Annie’s memory. « There was before Dec. 6, 1989, and after, » St-Arneault said. « This moment is a pivotal one in Quebec and Canada, that we must mobilize to build a society where women are safe. »

But for survivors and victims’ families, the fact the weapon used in the mass killing has yet to be banned by Canadian authorities is difficult to fathom. « It’s not easy, especially for the families, to keep fighting after 30 years, to keep facing the fact that the weapon that was used to kill their sisters and daughters is still legal and non-restricted, » said Heidi Rathjen, who was a Polytechnique student the night of the shooting and later became a staunch gun-control advocate.

Rathjen says they want to see « comprehensive, bold gun-control measures, » from the re-elected federal Liberals, including a full ban on assault-style weapons and handguns in short order. She pointed to New Zealand, which brought in a ban on assault weapons and rigorous screening and registration measures after a mass shooting at two mosques claimed 51 lives last March.  « If the new government doesn’t act decisively and boldly in the public interest now, 30 years later, after having been elected twice on the basis of a promise to strengthen gun control, then when? » Rathjen asked.

-This report by The Canadian Press was first published on Dec. 5, 2019.

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‘Things haven’t changed enough.’ Polytechnique anniversary prompts reflection

By Sidhartha Banerjee, The Canadian Press — Dec 6 2019

MONTREAL — There were promises to end violence against women and solemn reflection Friday as ceremonies were held to honour the 14 victims of the Dec. 6, 1989, anti-feminist attack at Montreal’s École polytechnique. On the 30th anniversary of Canada’s worst mass shooting, the House of Commons fell silent as members of Parliament remembered the victims who were targeted because they were women.

Conservative MP Marilyn Gladu fought back tears as she listed the names of the 14 murdered women. Gladu said that as the first female engineer elected to the House of Commons, she feels a special bond to the victims. « These women were my sisters, » she said. « I name them now to respect them for the strong women they are and they were. »

In Montreal, several dozen people gathered outside the school under a light morning snowfall as dignitaries and students placed bouquets of white roses in front of a commemorative plaque bearing the victims’ names: Genevieve Bergeron, Helene Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznik-Widajewicz, Maryse Laganiere, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michele Richard, Annie St-Arneault and Annie Turcotte.

Members of the public also paid their respects in front of the campus, and among the first was Jean-Pierre Bernard. Bernard, went to high school in the Gaspe region with one of the victims, Sonia Pelletier. « I came for the 25th anniversary, and every year I wear my (memorial) pin. It’s very important for me, » Bernard said.

Later, families of the victims and survivors gathered inside for the launch of a book written by Montreal journalist Josée Boileau. The book, « Ce jour-la — Parce qu’elles étaient des femmes » (« That Day — Because They Were Women ») is to be translated into English next year. It takes a broader look at the advancement of women in Quebec society.

The families and friends of the 14 women killed at Polytechnique were involved in the book, lending their voices to talk about the lives — determined and full of energy —  cut down too soon.

« When people will read this — particularly young women of today — they will recognize themselves. They’ll say, ‘There’s very little difference between who I am and those women,’  » said Serge St-Arneault, whose sister Annie was killed in the attack. St-Arneault said he’s happy that people are no longer mincing words when it comes to what happened at Polytechnique — declaring clearly that it was an attack against women. « I’m very touched by what I’ve heard today, it gives me some peace, » said St-Arneault, but his mind is not completely at ease. « We are still a society where too many women are being killed every year, especially by guns. »

In the House of Commons, Prime Minister Justin Trudeau said gender-based violence remains a threat. « Each December, as we honour the memories of those 14 women, the survivors and the families, we promise to do better, » Trudeau said. « But the reality is that in 30 years, things haven’t changed enough. »

Trudeau highlighted the Liberal campaign pledge to ban semi-automatic assault rifles, including the weapon used in the Polytechnique killings, as evidence of his government’s commitment to action. « These weapons, designed to kill the largest number of people in the shortest amount of time, have no place in our communities, in our streets, in our country, » he said.

Conservative Leader Andrew Scheer said women should not have to fear for their safety simply because of their gender. « It is unacceptable that violence against women remains an issue to this day, » he said.

NDP Leader Jagmeet Singh warned that the « anti-woman hatred » that led to the massacre in Montreal remains a threat. « Thirty years after Canadians said, ‘Never again,’ following the Polytechnique tragedy, we need to recognize collectively that we still have a long way to go to respect that commitment, » Singh said.

Later Friday, as the clock struck 5:10 p.m. — the time the 1989 attack began — dignitaries, families of victims and the public gathered on Mount Royal for a memorial ceremony.

Fourteen beams of light were projected over the Montreal skyline as the names of the 14 women whose lives were taken were read aloud. Gov. Gen. Julie Payette told the several hundred people gathered that on Dec. 6, 1989, she too, was studying to be an engineer.

« I was in university, like (them), » she said. « By choice. I was there not to change statistics, not because of an ideology or activism — even though I am a feminist — but because I loved the profession and I wanted it to be my career. I am an engineer through and through. »

Catherine Bergeron, whose sister Genevieve was one of the 14 victims, said « it has been 30 years and it’s still important to remember. Tonight, I am reminded that in uniting the spirit of solidarity and tenderness, we all turned the tragedy into a triumph of the human spirit. »

Trudeau, Montreal Mayor Valerie Plante, and Premier Francois Legault also briefly addressed the crowd. The prime minister received strong applause when he repeated his pledge to strengthen gun control.

To mark the 30th anniversary, 14 engineering schools across the country shone a beam of light in honour of the victims as the Montreal ceremony got underway.

On Thursday, the City of Montreal changed the wording on a plaque at the Place du 6-decembre-1989 to declare that the attack was an anti-feminist act.

This report by The Canadian Press was first published Dec. 6, 2019.