Archive for octobre, 2018


Conférence de presse Sheraton 5bDe nombreux journalistes ont interviewé les membres de PolySeSouvient ainsi que des représentants étudiants de l’École Polytechnique de Montréal dans le cadre de la consultation du gouvernement fédéral sur l’interdiction des armes de poing et d’assaut au Canada.

Conférence de presse Sheraton 7bVoici une série d’articles et d’extraits vidéo illustrant ces entrevues. Le Devoir, par exemple, a publié un excellent éditorial sur la question de la consultation, qui résume bien la position de PolySeSouvient : «Rien ne justifie que des particuliers possèdent des armes ne servant qu’à tuer.» À vous de choisir la suite de vos lectures en cliquant sur les images ci-jointes, tout particulièrement l’article publier dans le journal Métro que voici.

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La fondatrice de PolySeSouvient, Heidi Rathjen, le président de l’Association des étudiants de Polytechnique, Manuel Klaseen, et la présidente de la Confédération pour le rayonnement étudiant en ingénierie au Québec, Wendy Vasquez. PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Publié le 25 octobre 2018

ISABELLE GRIGNON-FRANCKE, La Presse

Des associations de victimes de tueries craignent que les élections fédérales à venir ne reportent la réalisation des engagements du gouvernement Trudeau à interdire les armes d’assaut et de poing. Elles ont souligné leur impatience à leur sortie d’une rencontre avec des représentants du ministère de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, ce matin à Montréal.

En août 2018, Trudeau dépêchait le ministre Blair d’étudier la question. « Vous devrez vous pencher sur la possibilité d’interdire complètement les armes de poing et les armes d’assaut au Canada, sans entraver l’utilisation légitime d’armes à feu par les Canadiens », précisait la lettre de mandat envoyé au ministre Bill Blair.

En mars dernier, le projet de loi C71 présenté n’incluait pas de clause interdisant complètement les armes d’assaut et de poing, le statut de certaines d’entre elles est maintenu comme armes à « autorisation restreinte ». Une consultation a été lancée après les fusillades de Fredericton et de Toronto cet été. Cette rencontre était la troisième d’une série de 8 rencontres menées par le gouvernement.

« Il y a un dialogue, mais ce n’est pas fini! Nous ne sommes pas dans un pays de guerre, les armes de poing doivent être prohibées! », a souligné M.  Boufeldja Benabdallah, cofondateur de la mosquée de Québec. Il a martelé l’importance d’éduquer les plus jeunes au danger des armes à feu. Il s’est également indigné de la répétition des tueries et de l’« inaction des gouvernements » depuis la tuerie de Polytechnique en 1989.

Un lobby puissant    

« Je pense que les Canadiens ne réalisent pas à quel point le lobby est puissant au Canada », a souligné Heidi Rathjen, Fondatrice de PolySeSouvient et témoin du massacre de ses consœurs.

Elle a souligné l’adhésion de la majorité de l’opinion publique à des mesures d’interdiction des armes d’assaut et de poing, soulignant que ceux qui s’y opposent ne sont que « la minorité de la minorité qui ont des intérêts personnels, idéologiques et financiers. »

Milieu scolaire   

Des associations étudiantes étaient également sur place pour souligner leur désir de maintenir les campus sans armes. « On a peur pour la communauté étudiante, pour nos campus. On pense que ça a pas de bon sang que ça soit accessible aussi facilement », affirme Manuel Klaseen, Président, Association des étudiants de Polytechnique.

Les armes à feu ont également été pointées du doigt comme des outils permettant le suicide dans les milieux étudiants.

Accès et législation   

Depuis le démantèlement du régime des armes à feu, en 2012 par le gouvernement Harper, les armes sans restriction ne sont enregistrées dans aucune des provinces canadiennes, sauf le Québec. Le Québec dispose d’un système d’immatriculation des armes à feu, qui n’encadre que les armes d’épaules, comme celles utilisées pour la chasse.

Les solutions proposées concernent l’enregistrement des armes à feu, leur reclassification entre les diverses catégories d’accès, des formations plus exhaustives et le suivi des personnes possédant un permis de port d’arme.

« Il y a des armes restreintes qui devraient être interdites, avec lesquelles on a vu des massacres. Il y a même des armes non-restreintes comme le Ruger Mini-14, qui a tué mon épouse, qui est encore non-restreinte! », explique Jean Françoise Larrivée, époux d’une des victimes de Polytechnique.

Journal La Presse, publié le 24 octobre 2018 à 18h39 | Mis à jour à 18h39

SIDHARTHA BANERJEE, La Presse Canadienne, Montréal

Des groupes représentant les survivants et les familles des victimes de fusillades meurtrières survenues au Québec depuis trente ans remettent en question l’engagement du gouvernement Trudeau à éliminer les armes de poing et les armes d’assaut, alors que se tient une consultation en privé à Montréal, à un an des élections.

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Le projet de loi C-71, déposé en mars dernier pour modifier la législation canadienne sur les armes à feu, prévoit une vérification accrue des antécédents avant l’obtention d’un permis d’armes à feu, et la conservation obligatoire de ces dossiers par les vendeurs. Le projet de loi n’interdit pas les armes de poing et les armes d’assaut. PHOTO KEVIN FRAYER, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Des partisans du contrôle des armes à feu ayant des liens avec l’École polytechnique, le Collège Dawson et le Centre culturel islamique de Québec – qui ont tous connu des tueries sanglantes – ont accepté de rencontrer jeudi à huis clos des représentants du gouvernement libéral de Justin Trudeau. Mais ils craignent qu’il ne soit trop tard pour accomplir quoi que ce soit à ce moment-ci du calendrier électoral.

Heidi Rathjen, coordinatrice de l’organisme PolySeSouvient, craint que les libéraux ne reportent ce « dossier controversé » après les prochaines élections, alors qu’ils avaient promis en campagne électorale, en 2015, d’interdire les armes de poing et les armes d’assaut.

« La dernière année avant les élections, on se retrouve avec une consultation, note Mme Rathjen, qui a été elle-même témoin de la tuerie de Polytechnique en 1989. Pourtant, le projet de loi qui a été déposé en lien avec cette promesse ne touche en rien l’accès légal à ces types d’armes à feu. Et c’est seulement après les tueries de Fredericton et de Toronto, cet été, que le gouvernement lance une consultation. »

Le projet de loi C-71, déposé en mars dernier pour modifier la législation canadienne sur les armes à feu, prévoit une vérification accrue des antécédents avant l’obtention d’un permis d’armes à feu, et la conservation obligatoire de ces dossiers par les vendeurs. Le projet de loi n’interdit pas les armes de poing et les armes d’assaut.

« On a vu ce qui s’est passé tout récemment à la mosquée de Québec, plaide Mme Rathjen. Un individu qui était propriétaire légal d’armes de poing et d’armes d’assaut, qui était membre d’un club de tir, a décidé que, pour les raisons qu’il avait, de faire du mal à beaucoup de personnes – six morts et plusieurs blessés graves en moins de deux minutes. »

« Suffisamment de tragédies »

Le ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, n’a annoncé que ce mois-ci les consultations à huis clos, sur invitation seulement. Il souhaite que ces consultations soient achevées d’ici la fin de l’année, et qu’un rapport soit publié au début de 2019 – donc à quelques mois du déclenchement des élections générales.

Pour Boufeldja Benabdallah, cofondateur de la mosquée de Québec, où six fidèles ont été abattus en janvier 2017, l’interdiction des armes de poing et des armes d’assaut est essentielle. M. Benabdallah avait écrit en mai au premier ministre Trudeau pour exprimer sa déception devant le contenu du projet de loi C-71. Il estime que le Canada a connu suffisamment de tragédies pour que les législateurs trouvent les motifs d’agir.

Trudeau avait demandé au ministre Blair d’envisager une possible interdiction de ces armes après une série de fusillades meurtrières cette année, dont l’attentat dans le quartier grec de Toronto en juillet, au cours duquel une femme de 18 ans et une fille de 10 ans ont été tuées, et 13 autres personnes ont été blessées.

Les conseils municipaux de Montréal et de Toronto ont demandé à Ottawa d’interdire les armes de poing et les armes d’assaut. Mais les opposants à cette interdiction – y compris les conservateurs à Ottawa – soutiennent qu’elle ne contribuerait guère à améliorer la sécurité publique.

Mme Rathjen indique par ailleurs que les intervenants ont été prévenus environ une semaine à l’avance de la consultation fédérale, empêchant ainsi certains experts d’y participer.

« Ça fait 29 ans, maintenant, qu’on demande l’interdiction des armes d’assaut, plaide-t-elle. On espère qu’enfin, compte tenu de toutes les tragédies dont on a été témoins dans le passé – et tout dernièrement -, le gouvernement va prendre la part de l’intérêt public au lieu de céder devant le lobby des armes, aussi puissant soit-il. »

Liens : Contrôle des armes à feu

Festival chasse 2018 La Tuque 02J’ai invité Adama Daou, Cathy Mbuyi Tzaisweka et Jean-Marie Mousenga, amis du Centre Afrika, à visiter La Tuque et à participer aux célébrations du Festival de chasse qui a lieu chaque année en pareilles dates. La première découverte a été celle du parc des Chutes-de-la-Petite-Rivière-Bostonnais à l’entrée de la ville. 200 marches mènent à la passerelle qui offre une splendide vue de la chute. Le froid avait chassé tous les moustiques!

Les activités ont lieu sous la tente du chasseur, ou chapiteau, érigé en plein centre-ville; messe du chasseur, déjeuner des placoteux; danse et rassemblement. La messe présidée par Marc Lahaie a été animée non seulement par la chorale de la paroisse, mais aussi par un groupe de Brésiliens, amis de Marc, ainsi que par Adama Daou avec une mélodie sur balafon.

Festival chasse 2018 La Tuque 01

Nos amis africains ont eu la chance aussi d’être interviewés à la radio de CFLM. Adama y est allé encore de son jam de balafon, en direct. Autre moment émouvant; la rencontre avec le Grand Chef Constant Awashish et le Coordonateur du Secrétariat au territoire Dany Chilton du Conseil de la Nation atikamekw. Un échange très fructueux d’où naîtra peut-être une amitié Afrique-Atikamekw.

Festival chasse 2018 La Tuque 16Tout cela a été rendu possible grâce à l’invitation du Conseil municipal de Ville La Tuque et son maire Pierre-David Tremblay. Chacun a eu la chance de griffonner son nom sur la page spécialement préparée du Livre d’Or.

Malgré le froid qui sévissait, les rencontres et les échanges ont été chaleureux. Grand merci à toutes les familles qui ont hébergé nos aventureux africains qui ont aussi rendu hommage à Annie St-Arneault devant la bibliothèque qui porte désormais son nom.

 

 

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L’Écho La Tuque / Haute-Mauricie, le lundi 22 octobre 2018.

Michel Scarpino, texte et photos

FESTIVAL. Le père Serge St-Arneault, originaire de La Tuque, a fait connaître le Festival de chasse à trois visiteurs originaires d’Afrique qui vivent à Montréal. Les visiteurs, Adama Daou, Cathy Mbuyi Tzaisweka et Jean-Marie Mousenga ont assisté à la messe du chasseur ainsi qu’un déjeuner des placoteux avant d’être reçus à l’hôtel de ville par le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay ainsi que ses homologues de Lac-Édouard et de La Bostonnais, Larry Bernier et Michel Sylvain. Constant Awashish et Dany Chilton du Conseil de la nation atikamekw ont aussi tenu à les saluer.

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Sur la photo, on reconnaît Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque, Michel Sylvain, maire de La Bostonnais, Adama Daou, Constant Awashish et Danny Chilton, du Conseil de la nation atikamekw, le père Serge St-Arneault, Cathy Mbuyi Tzaisweka, Jean-Marie Mousenga et Larry Bernier, maire de Lac-Édouard.

«La messe était très chaleureuse. C’est une activité rassembleuse», a relaté Adama Daou. Il a tout de suite remarqué la proximité entre les gens de La Tuque, ce qu’on retrouve moins à Montréal : «Les gens se connaissent, c’est comme une famille élargie». À la fin de la messe, il a joué du balafon, un instrument de musique originaire d’Afrique occidentale. Il a répété une performance lundi matin, lors du déjeuner des placoteux.

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En compagnie du maire de La Tuque, du père Serge St-Arneault et de ses deux compagnons de voyage, Adama Daou a effectué une performance de balafon, sur la scène du Festival de chasse, lors du déjeuner des placoteux de lundi.

Le père Serge St-Arneault

Le père Serge St-Arneault, qui a vécu la moitié de sa vie à La Tuque, les a accompagnés au cours de leur visite, depuis leur arrivée, samedi. Il a consacré environ une trentaine d’années de sa vie comme missionnaire en Afrique, soit au Congo, au Malawi et en Zambie. Revenu au Québec depuis un an, il dirige aujourd’hui le Centre Afrika, un centre communautaire mis sur pied en 1988 pour permettre aux Africains de tisser des liens d’amitié avec le monde africain établi dans la région de Montréal et faciliter leur intégration dans la société québécoise. Même en terre québécoise, il tenait à poursuivre son implication auprès du peuple africain. M. St-Arneault a été ordonné prêtre en juin 1987, en l’église Marie-Médiatrice de La Tuque, après avoir effectué ses études primaires et secondaires en Haute-Mauricie.

«J’ai le sentiment d’être un Noir de race blanche», écrivait-il dernièrement dans une revue des amis des missionnaires d’Afrique.

Même avec moins de feuilles dans le paysage, la route est tout de même magnifique, ont-ils tout de suite remarqué. «J’ai beaucoup admiré cela. C’est superbe. Je me disais que les feuilles sont un peu tombées, mais c’est toujours beau, c’est majestueux. C’est différent de chez nous. On a beaucoup de feuilles chez nous, mais elles sont toujours vertes. Quand elles tombent, elles deviennent brunes et elles chutent, mais ici, ça passe par des transitions de couleurs magnifiques», a observé Cathy Mbuyi Tzaisweka.

Des visiteurs originaires d_Afrique

Des visiteurs originaires d’Afrique au Festival de chasse

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Vers une respectueuse neutralité religieuseLe Nouvelliste, 18 octobre 2018

L’auteur, Serge St-Arneault, est prêtre missionnaire catholique et directeur du Centre Afrika de Montréal. Il est originaire de La Tuque.

Le carrefour des lecteurs est souvent révélateur d’une rage contre l’héritage de l’Église Catholique doctrinaire; « J’ai reçu une influence des femmes voilées et d’un homme en soutane et col romain par qui j’ai été endoctrinée alors que j’étais qu’une jeune adolescente » (Andréa Richard, Le Nouvelliste du 13 octobre 2018). Ou encore; « la population québécoise vient de se départir de l’emprise de l’Église catholique et de son endoctrinement » (Anne-Sylvie Duquette, Le Nouvelliste du 15 octobre 2018).

Ces opinions s’inscrivent dans un plaidoyer en faveur de la neutralité religieuse et de la laïcité. En fait, l’évocation à notre identité catholique d’avant la Révolution tranquille est fréquemment utilisée comme référence pour décrier le port du voile porté par certaines musulmanes.

Selon Andréa Richard; « Le port des signes religieux ostentatoires signifie le fanatisme religieux et la soumission des femmes à une religion; ce qui va à l’encontre de l’évolution de la société ».

La perception générale des gens est que cette tenue vestimentaire représente la subordination des femmes, ce qui porte atteinte au principe de l’égalité des sexes. En plus, les fondamentalismes musulmans font du voile la bannière la plus visible de leur idéologie. Le voile tout comme la réclusion des femmes, selon eux, découlerait d’une loi divine.

L’ardeur que certains déploient à engloutir ce qui est lié à notre culture historique imprégnée de catholicisme les empêche ainsi de rester sereins en voyant certaines femmes musulmanes voilées (car elles ne le sont pas toutes!).

En d’autres mots, le lieu du problème n’est pas tant chez ces femmes « voilées » qu’au niveau de notre perception liée à notre culture historique imprégnée de catholicisme. En parvenant à nous pacifier avec celle-ci, nous pourrions alors nous dégager émotionnellement de la question des signes religieux ostentatoires appartenant à d’autres religions.

De là naîtra une respectueuse neutralité religieuse.