Category: Articles de journal


Montréal, le 20 mai 2020 – Un nouveau sondage par Environics Research réalisé pour le compte de PolySeSouvient montre que la majorité des Canadiens (61 %) veut que le gouvernement Libéral respecte sa promesse électorale de racheter toutes les armes d’assaut existantes. Moins d’un Canadien sur quatre (23 %) est en désaccord avec un tel programme de rachat, tandis que 16 % n’ont pas exprimé d’opinion[i].

Dans le cadre des dernières élections fédérales, le parti Libéral a promis d’interdire toutes les armes d’assaut semi-automatiques de style militaire, comme l’AR-15, et de racheter toutes les armes d’assaut achetées légalement qui sont actuellement en circulation. Toutefois, le 1er mai, pendant que le gouvernement entreprenait l’interdiction de 1500 modèles existants, il semblait reculer sur sa promesse alors que certaines autorités gouvernementales indiquaient que le gouvernement songeait à mettre en place un programme permettant aux propriétaires actuels de conserver leurs armes nouvellement prohibées – bien que leur usage, transport et vente en seraient interdits.

L’appui à un programme de rachat de toutes les armes d’assaut achetée légalement est majoritaire autant dans les régions urbaines (62%) que dans les régions rurales (55%), avec un soutien plus élevé au Québec (74%), en Colombie Britannique (62%) et en Ontario (61%), et moins élevé en Alberta (43%) et au Saskatchewan (38%). Près de la moitié (46%) de ceux qui vivent dans un foyer détenant une ou plusieurs armes à feu souhaite également voir le gouvernement procéder à un programme de rachat obligatoire. (Les sondages montrent invariablement que la grande majorité des Canadiens appuie l’interdiction des armes d’assaut.)

Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique, survivante et porte-parole de PolySeSouvient affirme: « Un programme de rachat volontaire qui offre des droits acquis pour les armes d’assaut actuellement détenues est presque équivalent à ne pas avoir de programme de rachat. En effet, des milliers d’armes à feu ayant bénéficié de clauses grand-père des années 90 demeurent encore en circulation aujourd’hui. Sans programme de rachat obligatoire, des dizaines de milliers d’armes semi-automatiques de type militaire resteront entre des mains privées pendant des générations et, avec eux, leurs risques inhérents pour la sécurité publique. En effet, un programme de rachat partiel constituerait une immense concession au lobby pro-armes et encore une autre déception dans le cadre de notre combat de 30 ans pour enfin débarrasser nos rues et nos communautés de ce type d’armes. »

Heidi Rathjen, diplômée de Polytechnique et coordonnatrice de PolySeSouvient ajoute: « Notre collectif a appuyé les Libéraux lors des dernières élections précisément parce qu’ils avaient fait une promesse très forte et très précise concernant les armes d’assaut, qui spécifiait notamment le retrait de celles présentement en circulation, comme l’ont fait l’Australie et la Nouvelle-Zélande. En termes de sécurité publique, il existe un monde de différence entre une interdiction totale et une interdiction incomplète. Les Libéraux ont non seulement été élus en promettant un programme de rachat obligatoire, mais il est maintenant clair que la majorité des Canadiens appuie cette mesure.

« Revenir sur la promesse de retirer les armes d’assaut existantes serait aussi une grande victoire pour le lobby des armes, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, avec un nombre importants d’armes d’assaut détenues par leurs propriétaires actuels, il sera plus facile pour un prochain gouvernement de renverser l’interdiction. D’ailleurs, plusieurs candidats à la chefferie du parti Conservateur ont déjà promis d’annuler la mesure, dont les coureurs de tête Peter Mackay et Erin O’Toole. C’est la raison derrière les directives des lobbys pro-armes à leurs membres, soit de ‘gardez vos armes’ et ‘demeurez patients’.

« Deuxièmement, permettre la détention des armes d’assaut en vertu de clauses grand-père inciterait les propriétaires actuels à les garder et à soutenir les groupes pro-armes les plus extrémistes, c’est-à-dire ceux qui défendent les intérêts des manufacturiers d’armes d’assaut, des collectionneurs et des tireurs ‘tactiques’ qui profitent de la vente ou qui font usage des armes de style militaire. Ces lobbys continueront donc à être bien financés, seront davantage énergisés et poursuivront leurs efforts pour normaliser la possession privée des armes d’assaut ainsi que l’idéologie américaine ‘à la NRA’ qui s’y rattache.

« Enfin, maintenir la possession d’armes d’assaut garantit à toutes fins pratiques que ce débat ne sera jamais clôt. Les Libéraux continueront à être critiqués pour n’avoir pas accompli la tâche alors qu’ils en avaient l’opportunité et les Conservateurs continueront à être aux prises avec une base extrémiste pro-armes contraignant chaque nouveau chef à soutenir une position répréhensible aux yeux de la plupart des Canadiens. En plus de servir l’intérêt public, il nous semble que clôturer ce débat une fois pour toutes serait bénéfique pour l’ensemble des partis politiques. Et cela n’aura pas lieu avant la mise en place d’une interdiction complète et finale des armes d’assaut au Canada. »

Boufeldja Benabdallah, cofondateur de la Grande Mosquée de Québec, ajoute: « Lors de notre première apparition devant la Chambre des communes sur les armes à feu quelques mois à peine après l’attaque de notre mosquée, nous avons insisté et même implorer les politiciens présents à promulguer des lois et des règles de bannissement total des armes de guerre, ces armes qu’on appelle communément « armes d’assaut », demande que nous avons répété maintes fois par la suite. Aujourd’hui, nous apprécions énormément les progrès concrets du Gouvernement Trudeau sur la question des armes de guerre. Cependant, nous les exhortons à ne pas reculer sur le programme de rachat obligatoire qui nous a été promis, ainsi qu’à tous les Canadiens. Nous voulons une interdiction TOTALE sur le sol canadien. Comme l’a fait remarquer le Ministre de la Justice lui-même, les armes conçues pour les champs de bataille n’ont pas leur place dans nos rues et nos communautés. Nous sommes entièrement d’accord. Nous attendons maintenant du gouvernement qu’il complète cette action historique et qu’il protège le public de ces armes de guerre. »

Suzanne Laplante-Edward, mère d’Anne-Marie Edward, une des quatorze victimes de Polytechnique renchérit : « Si le gouvernement ne tient pas sa promesse concernant le programme de rachat, ce serait une grande déception pour moi et ma famille. On nous avait promis une interdiction totale lors des dernières élections et c’est pour cette raison que mon mari et moi avons vanté la plateforme libérale devant tous les Canadiens. Obtenir une demi-mesure après tout cela ressemblerait à une trahison. Nous nous sommes ardemment battus pour obtenir la loi sur le contrôle des armes adoptée après le massacre de 1989 qui nous a enlevé notre fille, mais la plupart de ces mesures ont été affaiblie ou éliminée. Est-ce trop de demander une seule mesure solide? Avons-nous encore besoin de nous demander si nous allons voir de notre vivant l’interdiction complète de l’arme utilisée pour tuer notre fille et treize autres de ses consœurs? »

Son fils, Jim Edward, frère d’Anne-Marie, conclut : « Nous sommes optimistes de pouvoir compter sur l’appui du NPD, du Bloc Québécois et du Parti Vert pour instaurer un programme de rachat obligatoire. Ces derniers se sont tous engagés à appuyer une interdiction des armes d’assaut et, jusqu’à maintenant, n’ont pas pris la part du lobby proarmes en lien avec les décrets annoncés le 1er mai. Nous espérons que ce sondage les convaincra de défendre la volonté de la majorité des Canadiens. »


[i] Environics Research, pour PolyRemembers/PolySeSouvient. Sondage en ligne du 11 au 14 mai 2020 parmi un échantillon représentatif 1511 Canadiens âgés de 18 ans et plus. Résultats : http://polysesouvient.ca/Documents/POLL_20_05_11_to_14_Environics_MandatoryBuyBack.pdf ; Question: « Lors des dernières élections fédérales, l’une des promesses de la plateforme du parti libéral était d’interdire toutes les armes d’assaut semi-automatiques de type militaire, telles que le AR-15, et de racheter toutes celles ayant été achetées légalement et qui sont actuellement en circulation. Récemment, le gouvernement libéral a semblé revenir sur cette promesse en indiquant qu’il pourrait créer un programme qui permettrait plutôt aux propriétaires actuels de conserver leurs armes nouvellement prohibées – bien que leur utilisation, leur transport et leur vente seraient interdits. Dans quelle mesure êtes-vous en accord ou en désaccord avec la déclaration suivante ? ‘Le gouvernement libéral devrait tenir sa promesse électorale et initier un programme de rachat pour toutes les armes d’assaut achetées légalement.’ »

Dans la foulée de la fusillade de Portapique, en Nouvelle-Écosse, où 22 personnes ont été tuées dans l’un des actes de violence les plus meurtriers de l’histoire canadienne, le gouvernement fédéral a interdit, par décret, la vente, l’achat, le transport, l’importation et l’utilisation de plus de 1500 types d’armes d’assaut. Des mesures similaires avaient déjà fait partie des promesses de campagne du Parti libéral, mais l’annonce et la mise en application ont été devancées pour répondre à la tragédie de Portapique.

Serge St-Arneault est prêtre et citoyen engagé. Il est le frère d’Annie St-Arneault, décédée lors de la fusillade de Polytechnique le 6 décembre 1989. Il est impliqué dans le collectif PolySeSouvient, un groupe citoyen en faveur du contrôle resserré des armes à feu établi par des survivantes du drame, depuis sa création. Voici sa perspective sur les mesures annoncées.

Question : Au sein de PolySeSouvient, vous luttez pour un contrôle resserré des armes depuis trois décennies. Pourriez-vous nous donner un peu de perspective historique?

Réponse : Quelques années après la tragédie à Polytechnique [en 1995, NDLR] le gouvernement de l’époque a voté une loi sur le contrôle des armes à feu qui a interdit une vaste gamme d’armes. Nous avions lutté pour cette loi pendant plusieurs années. Cette loi a eu un impact important sur le nombre des personnes tuées et blessées par des armes à feu. Malheureusement, en 2012, le gouvernement Harper a aboli cette loi et détruit toute l’information qui avait été recueillie dans le cadre de son renforcement. Quand ces données ont été détruites, il y a eu trahison de la volonté du peuple canadien.

Q. : Qu’est-ce que ces nouvelles mesures changent?

R. : Ces mesures ont pour but de retirer les armes d’assaut du marché parce que ce sont des armes militaires. L’argument des lobbyistes, c’est que ça ne sert à rien de légiférer sur les armes parce que les bandits et les gangs de rue n’obéiront pas à la loi. Ce que nous disons, c’est que tant et aussi longtemps que ces armes seront en circulation, il y aura plus de risques, plus de victimes de violence et plus de suicides. Ces armes sont faites pour tuer.

Q. : Pourquoi pensez-vous que ç’a pris tant de temps, et un autre massacre, pour mettre en place ces nouvelles restrictions?

R. : C’est un combat de longue haleine. Il faut faire appel non seulement à la raison, mais aussi à une conversion du regard pour rejoindre le cœur des gens. Il s’agit d’une nouvelle perception du réel qui déconstruit un schéma mental. Il y a des parallèles avec les questions environnementales – quel est le déclic qui permet à une société de consentir à payer le prix pour sauver la planète?

Un autre facteur crucial est la force du lobby des armes à feu. Ce lobby puissant entretient la peur viscérale qui fait croire que la seule façon de se protéger est de posséder une arme à feu. En plus, ce lobby contribue substantiellement aux caisses électorales de certains partis politiques.

Q. : Pour vous comme humain et comme proche d’une victime, qu’est-ce que ça fait de voir la prise de position du fédéral?

R. : C’est très émotionnel. Je suis content de la prise de position courageuse du gouvernement. C’est une combinaison de joie et de regrets, parce que ce n’est pas tout ce qu’on espérait.

Q. : Où sont les lacunes dans les mesures annoncées?

R. : Il ne faut pas que le programme de rachat demeure facultatif. Si c’est le cas, des dizaines de milliers d’armes d’assaut resteront entre les mains de leurs propriétaires actuels, pendant des générations. Le prochain projet de loi doit imposer le retour de toutes ces armes. Le Parti libéral avait d’ailleurs promis de le faire lors de la dernière campagne électorale. La deuxième lacune concerne l’absence de mesures appropriées pour régler le contrôle des armes détenues par les gangs de rues.

Q. : Qu’est-ce que vous comptez faire comme veille pour assurer que les mesures sont mises en pratique et ont les effets escomptés?

R. : On doit continuer de faire du lobbying avec le gouvernement pour que le programme de rachat devienne obligatoire. Nous voulons aussi appuyer des villes qui demandent de l’aide fédéral pour interdire les armes à poing. Le gouvernement fédéral parle de laisser cette décision aux villes, mais ils ont aussi leur rôle à jouer. Les armes d’assaut sont des armes de guerre qui n’ont pas leur place dans notre société.

Cette entrevue a été révisée et condensée.

Ruby Irene Pratka est journaliste indépendante et porte un intérêt particulier aux questions d’immigration, d’intégration et de diversité culturelle. Immigrante elle-même et nomade invétérée, elle arrive à Montréal en passant par Baltimore, Ottawa, Saint-Pétersbourg, Ljubljana, Berne, Bujumbura, Bruxelles, Québec et Winnipeg. Elle a passé son été en tant que responsable des communications à bord d’un bateau qui portait secours aux migrant-es en mer. Elle rêve d’un monde sans frontières.

Les propriétaires de telles armes bénéficient d’une amnistie jusqu’au 30 avril 2022. Un programme de rachat sera créé, mais le gouvernement n’entend pas le rendre obligatoire. Le premier ministre pourrait présenter un projet pour interdire certaines armes à feu.

François Messier (accéder à la page de l’auteur) – 1er mai 2020

Il est maintenant interdit « de vendre, d’acheter, de transporter, d’importer ou d’utiliser des armes d’assaut de type militaire au Canada », a annoncé vendredi le premier ministre Justin Trudeau.

Au total, 1500 modèles et variantes de ce type d’armes sont interdites en vertu d’une version révisée du Règlement sur la classification qui a été décrétée par le gouvernement. Les propriétaires de telles armes, au nombre de plus de 100 000, selon le gouvernement profiteront toutefois d’une période d’amnistie allant jusqu’au 30 avril 2022 pour se conformer au règlement.

Le premier ministre dit par ailleurs vouloir s’assurer que le système de classification des armes soit constamment mis à jour pour assurer que de nouvelles armes ne viennent pas se substituer à celles qui sont maintenant prohibées. Ces armes n’ont été conçues qu’à une seule et unique fin : tuer le plus grand nombre de personnes le plus rapidement possible, a déclaré le premier ministre. Elles n’ont aucune utilité, et elles n’ont pas leur place chez nous.

À travers le pays, beaucoup de gens utilisent des armes à feu de façon légale et responsable, que ce soit pour travailler ou pour chasser. Mais vous n’avez pas besoin d’un AR-15 pour abattre un cerf.
(Justin Trudeau, premier ministre du Canada)

La vice-première ministre Chrystia Freeland, aussi présente pour la conférence de presse, a fait valoir que ces armes mettent particulièrement en danger certaines populations vulnérables, dont les femmes. Le ministre de la Justice, David Lametti, a pour sa part souligné, le nombre de crimes commis à l’aide d’armes à feu a malheureusement augmenté ces dernières années. Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a pour sa part rappelé que les armes désormais interdites ont d’abord été conçues à des fins militaires, afin de faire le maximum de victimes possible, le plus rapidement possible.

Quelques armes désormais bannies :

  • Carabine M16, M4, AR-10 et AR-15 (drames de Sandy Hook, Las Vegas et Orlando, aux États-Unis, et celui de Christchurch, en Nouvelle-Zélande / nombre estimé en circulation : 83 572)
  • Carabine Ruger mini-14 (drame de Polytechnique / nombre estimé en circulation : 16 859)
  • Swiss Arms, modèle Classic Green (nombre estimé en circulation : 1342)
  • Carabine M14 (drame de Moncton / nombre estimé en circulation : 5229)
  • Carabine Vz58 (drame de la Mosquée de Québec / nombre estimé en circulation : 11 593)
  • Carabine pistolet Cz Scorpion EVO 3 (nombre estimé en circulation : 1813)
  • Carabine Beretta CX4 Storm (Collège Dawson / nombre estimé en circulation : 1513)
  • Carabine et pistolet SIG Sauer SIG MCX et SIG MPX (nombre estimé en circulation : 1000)
  • Armement Robinson XCR (nombre estimé en circulation : 1834)

Le Règlement interdit aussi les armes dont l’énergie initiale maximale dépasse les 10 000 joules, soit les fusils dont la chambre est conçue pour des cartouches de calibre .50, et celles dont l’âme du canon mesure au moins 20 millimètres, soit les lance-grenades.

Une clause de droits acquis prévue par le gouvernement

Un programme de rachat visant à offrir une compensation juste aux détenteurs de telles armes sera présenté plus tard, a aussi indiqué M. Trudeau, sans préciser s’il entendait le rendre obligatoire. Un document présenté aux journalistes lors d’une séance subséquente de breffage technique spécifie cependant que les propriétaires d’armes touchés pourraient les conserver en vertu d’un droit acquis.

Le gouvernement prévoit offrir un choix aux propriétaires : ils pourront soit obtenir un droit acquis visant l’arme à feu concernée, soit être indemnisés s’ils remettent cette arme à feu. De l’information plus détaillée sur les droits acquis et l’indemnisation sera annoncée plus tard.
(Extrait du document gouvernemental présenté en séance de breffage technique)

Le secrétaire parlementaire du ministre Blair, Joël Lightbound, a précisé à Radio-Canada qu’il s’agirait d’un droit acquis non permissif, de sorte que les propriétaires d’armes concernés pourraient les conserver, mais pas les utiliser. Il n’a pu dire quels moyens quelles mesures pourraient être prises par le gouvernement pour s’en assurer. Il a aussi souligné qu’il est possible que des partis d’opposition demandent à ce que le programme soit obligatoire, ce qui devrait être considéré par le gouvernement, qui est minoritaire aux Communes.

La prohibition des armes d’assaut avait été promise par les libéraux de Justin Trudeau lors de la dernière campagne électorale, l’automne dernier.

La plateforme électorale du parti spécifiait que cela serait assorti d’un programme de rachat pour toutes les armes d’assaut de style militaire achetées légalement au Canada en offrant aux propriétaires des prix correspondant à ceux du marché et en affectant plus de ressources à la gestion du programme par les forces de l’ordre.

PolySeSouvient veut un programme de rachat obligatoire

Le groupe PolySeSouvient, constitué après la tuerie de la Polytechnique, en décembre 1989, n’a pas tardé à faire savoir qu’il se réjouit de l’annonce d’aujourd’hui, mais dit craindre que le prochain programme de rachat des armes ne soit pas obligatoire. Nous applaudissons le gouvernement Trudeau pour avoir enfin agi sur la question des armes semi-automatiques de type militaire. Les mesures annoncées aujourd’hui se font attendre depuis très longtemps, affirme sa porte-parole du groupe, Nathalie Provost, par voie de communiqué.

Malheureusement, ce qui aurait été une victoire totale pour la sécurité publique a été entaché par des reportages non confirmés, mais crédibles selon lesquels le programme de rachat pourrait être volontaire et non obligatoire, ajoute cette survivante de la tragédie.

Mme Provost fait ainsi référence à un article du Globe and Mail qui avançait, sur la foi de sources non identifiées, que le gouvernement pourrait accorder une clause de droits acquis aux propriétaires des armes maintenant interdites. La confirmation que c’est là l’intention du gouvernement n’est venue que par la suite.

Un programme partiel ne serait qu’une déception de plus dans notre bataille de 30 ans pour le contrôle des armes à feu. Cela pourrait signifier que les dizaines de milliers d’armes d’assaut resteront entre les mains de leurs propriétaires actuels, pendant des générations. Ce serait une importance victoire pour le lobby des armes.
(Nathalie Provost, porte-parole de PolySeSouvient)

Boufeldja Benabdallah, cofondateur de la Grande Mosquée de Québec, qui a aussi le théâtre d’une tuerie en janvier 2017, abonde dans le même sens. Nous applaudissons le gouvernement Trudeau et en particulier le ministre de la Sécurité publique Bill Blair pour avoir franchi cette première étape cruciale vers l’interdiction totale des armes d’assaut au Canada, affirme-t-il dans le même communiqué que PolySeSouvient. Nous l’exhortons à ne pas reculer sur le programme de rachat obligatoire qui nous a été promis, ainsi qu’à tous les Canadiens, lors des dernières élections, a-t-il ajouté.

EDITORIAL G&M: https://www.theglobeandmail.com/opinion/editorials/article-trudeaus-hurried-assault-rifle-ban-is-a-weak-half-measure/

EDITORIAL Toronto Star : https://www.thestar.com/opinion/editorials/2020/05/01/canada-bans-military-style-firearms-but-what-about-handguns.html

CHRONIQUE LEDEVOIR https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/578141/les-electeurs-ne-sont-pas-dupes

https://www.theglobeandmail.com/canada/article-liberals-assault-rifle-ban-leaves-both-sides-in-gun-control-debate/

https://www.washingtonpost.com/world/the_americas/canada-bans-military-grade-assault-weapons/2020/05/01/1a5b524c-8bc4-11ea-80df-d24b35a568ae_story.html

ÉTUDIANTS : https://www.kelownanow.com/news/news/National_News/Students_and_gun_associations_respond_to_Trudeau_s_ban_on_military_grade_weapons/ 

https://www.cbc.ca/radio/checkup/canada-firearm-ban-violence-against-women-advocates-1.5553689

MOSQUEE: https://www.journaldequebec.com/2020/05/01/le-centre-islamique-de-quebec-salue-un-grand-geste-historique

HuffP Overview: https://www.huffingtonpost.ca/entry/trudeau-assault-weapons-ban_ca_5eaca538c5b6264c08f33964

Handguns Toronto: https://www.thestar.com/news/crime/2020/05/01/assault-weapons-ban-significant-but-handguns-the-key-to-toronto-gun-violence-say-advocates.html

Gun trolls: https://torontosun.com/opinion/columnists/moore-gun-owners-youre-on-your-own

EDITORIAL LE DEVOIR : https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/578221/interdiction-des-armes-d-assaut-un-gain-modeste

https://nowtoronto.com/news/gun-control-canada-assault-rifle-ban-handguns/

Radio Nat Sophie durocher: https://omny.fm/shows/on-est-pas-oblig-d-tre-d-accord-sophie-durocher/polysesouvient-lacc-s-une-arme-augmente-la-possibi

Radio débat pro-armes a dérapé : https://www.985fm.ca/nouvelles/faits-divers/304728/le-debat-pro-armes-a-derape-meme-au-canada-lise-ravary

ÉDITORIAL Acadie nouvelle: https://www.acadienouvelle.com/editoriaux/2020/05/05/30-ans-plus-tard-enfin/

EDITORIAL La Presse: https://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/202005/04/01-5272154-controle-des-armes-a-feu-surtout-ne-pas-se-degonfler-.php

Lettre d’une épouse d’un propriétaire: https://www.acadienouvelle.com/mon-opinion/2020/05/04/moins-de-fusils-qui-font-peur/

Article d’envergure sur programme de rachat : https://www.ledevoir.com/politique/canada/578246/coronavirus-point-de-presse-trudeau-4-mai

VICE Lobby plan attack: https://www.vice.com/en_ca/article/wxqeq4/gun-owners-plan-to-fight-justin-trudeaus-assault-weapons-ban

Programme rachat: NPD et BQ: https://www.thestar.com/politics/federal/2020/05/05/liberal-governments-assault-weapon-ban-faces-uphill-battle-for-support-in-parliament.html

Wendy vs lobby : https://www.thetelegram.com/news/local/liberal-gun-ban-too-far-or-not-far-enough-446110/

Heidi and law vs regs https://nationalpost.com/pmn/news-pmn/canada-news-pmn/revamp-of-classification-system-seen-as-key-to-cementing-assault-style-rifle-ban

Louis Blouin (accéder à la page de l’auteur)

Le gouvernement Trudeau veut agir rapidement pour interdire 9 types spécifiques d’armes, dont plusieurs sont liées à des drames survenus au pays, et deux importantes catégories, qui permettront de prohiber 1500 variantes d’armes à feu, a appris Radio-Canada.

Ottawa pourrait implanter dès cette semaine un premier volet de la réforme promise lors de la dernière campagne électorale visant à interdire les armes d’assaut de type militaire.

Radio-Canada a pu obtenir la liste d’armes dont le ministre de la Sécurité publique veut interdire l’importation, la vente et le transfert au Canada.

Trois critères ont guidé le gouvernement dans l’élaboration de cette liste. D’abord, il cible les armes disposant d’un « mécanisme semi-automatique ayant un potentiel de tir rapide soutenu (une conception tactique ou militaire pouvant accueillir un chargeur de grande capacité) ». Ensuite, il cible les armes de conception moderne. Enfin, le gouvernement vise les armes présentes en grand volume sur le marché, c’est-à-dire plus de 1000.

Dans le détail, la « liste provisoire des armes à feu dont l’interdiction est recommandée » comprend spécifiquement neuf armes :

  • Carabine M16, M4, AR-10 et AR-15 (drames de Sandy Hook, Las Vegas et Orlando, aux États-Unis, et celui de Christchurch, en Nouvelle-Zélande / nombre estimé en circulation : 83 572)
  • Carabine Ruger mini-14 (drame de Polytechnique / nombre estimé en circulation : 16 859)
  • Swiss Arms, modèle Classic Green (nombre estimé en circulation : 1342)
  • Carabine M14 (drame de Moncton / nombre estimé en circulation : 5229)
  • Carabine Vz58 (drame de la Mosquée de Québec / nombre estimé en circulation : 11 593)
  • Carabine pistolet Cz Scorpion EVO 3 (nombre estimé en circulation : 1813)
  • Carabine Beretta CX4 Storm (Collège Dawson / nombre estimé en circulation : 1513)
  • Carabine et pistolet SIG Sauer SIG MCX et SIG MPX (nombre estimé en circulation : 1000)
  • Armement Robinson XCR (nombre estimé en circulation : 1834)

Et cette liste inclut également deux catégories : calibre de plus de 20 mm et énergie initiale de plus de 10 000 joules.

Sécurité publique Canada a fondé son estimation sur les registres d’armes à feu de 2012, laquelle a été majorée de 25 % pour tenir compte de la croissance du nombre d’armes depuis ce temps.

En combinant ces 9 types d’armes et ces 2 catégories, le gouvernement se trouverait à interdire 1500 variantes d’armes à feu au pays.

Selon nos informations, le gouvernement pourrait agir dès cette semaine pour mettre en place cette interdiction. Des changements réglementaires pourraient être publiés dans la Gazette officielle du Canada aussi tôt que vendredi.

C’est au premier ministre Justin Trudeau de prendre la décision dans ce dossier.

Un programme de rachat

Au cours des prochaines semaines, le gouvernement annoncera les détails d’un programme de rachat promis lors de la dernière campagne électorale qui permettrait aux propriétaires de ces armes de les remettre aux autorités et d’obtenir une indemnité.

Cette portion de la réforme devra probablement recevoir l’aval des parlementaires. Le gouvernement Trudeau espère pouvoir commencer à collecter les armes et effectuer des paiements à compter du printemps 2021.

Le gouvernement souhaite aussi mettre en place un régime de « droits acquis non permissifs » pour les propriétaires qui ne souhaitent pas obtenir une compensation.

Une annonce attendue avec impatience

Le groupe Poly se souvient attend depuis longtemps ces changements et surtout l’interdiction du Ruger mini-14 utilisé lors du massacre de Polytechnique, le 6 décembre 1989.

Pour beaucoup de familles des victimes de Polytechnique et des survivants, ce serait une très très bonne chose après 30 ans de voir cette arme à feu interdite, déclarait la porte-parole Heidi Rathjen, à Radio-Canada mercredi, avant de savoir que cette arme figurait dans la liste.

Elle ajoutait que l’interdiction de modèles existants par règlement devrait être suivie par une réforme plus générale du système de classification, qui permet toujours l’introduction de nouveaux modèles d’assaut.

À lire aussi :

Louis Blouin (accéder à la page de l’auteur) 29 avril 2020

Le gouvernement Trudeau s’apprête à implanter par la voie réglementaire une partie de la réforme promise sur les armes à feu, a appris Radio-Canada. Ottawa pourrait agir aussi tôt que cette semaine pour interdire certaines armes.

Alors qu’une autre tragédie liée aux armes à feu vient de secouer le pays, les libéraux semblent déterminés à concrétiser rapidement cet élément crucial de leur plateforme électorale. Des changements réglementaires pourraient être publiés dans la Gazette officielle du Canada aussi tôt que vendredi. Le ministre de la Sécurité publique a soumis une recommandation au premier ministre du Canada, qui doit y donner l’approbation finale. Selon nos informations, cette proposition vise notamment à interdire 11 types d’armes. Justin Trudeau pourrait donner son aval aujourd’hui, alors que les discussions finales sont toujours en cours.

Lors de la dernière campagne électorale, les libéraux ont promis d’interdire les armes d’assaut de type militaire, y compris le fusil AR-15.

Impossible de connaître pour l’instant la date de mise en application de ces éventuels changements ni s’il est prévu qu’ils soient accompagnés d’un programme de rachat à court terme. Le Bureau du premier ministre n’a pas voulu commenter le dossier.

Promesses électorales des libéraux

  • Interdire les armes d’assaut de style militaire, y compris l’AR-15;
  • Mettre sur pied un programme de rachat pour toutes les armes d’assaut de style militaire achetées légalement au Canada;
  • Collaborer avec les provinces et les territoires pour donner aux municipalités la capacité de restreindre davantage les armes à feu ou de les interdire.

Source : plateforme libérale 2019

PolySeSouvient aux aguets

Le groupe de pression Poly se souvient attend avec impatience la réforme proposée. Sa porte-parole Heidi Rathjen écrit : Nous espérons voir une approche similaire à celle de la Nouvelle-Zélande, ce qui inclurait le Ruger Mini-14, soit l’arme qui a été utilisée lors de la tuerie à l’École polytechnique. Pour l’instant, Radio-Canada n’a pas pu confirmer quelles sont les armes visées par l’interdiction. Le groupe prévient aussi que cette interdiction devra s’accompagner de changements plus en profondeur.

L’interdiction de modèles existants par règlement devrait être suivie par une réforme plus générale du système de classification, qui permet toujours l’introduction de nouveaux modèles d’assaut, affirme Mme Rathjen.

À lire aussi :

Note de Serge : André-Man Mbombo, ami du Centre Afrika, a courageusement pris l’avion le 10 mars dernier en direction de Kinshasa en République Démocratique du Congo. André-Man porte une cause qui lui tient profondément à cœur, celle du sort des amélaniques, particulièrement Africains. Espérons qu’il puisse revenir au Canada dans les prochaines semaines malgré la crise planétaire causée par le Covid 19.

André-Man Mbombo

Par André-Man Mbombo

Les travaux ont commencé avec une conférence de presse du mardi 17 mars 2020 à l’hôtel PULMAN Grand-Hôtel de Kinshasa. Après les exposés des représentants des associations des personnes vivant sans mélanine de la République du Congo et de République Démocratique du Congo, les journalistes des organes de presse présents dans la salle ainsi que le public ont obtenu des réponses à toutes leurs questions concernant la tenue des États généraux de l’Amélanisme en Afrique (EGAA) de la part d’André-Man Mbombo, président du Centre Canadien de Sensibilisation à l’Amélanisme (CCSAM-OBNL), initiateur de l’événement. C’est à cette occasion que l’orateur a expliqué l’approche de l’École de Montréal, de l’albinisme à l’Amélanisme. En outre, l’orateur a fait l’analyse de la « Déclaration universelle des droits humains des personnes vivant avec albinisme » (Montréal, 13 juin 2020) et souligné le caractère révolutionnaire de la « Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine » adoptée par l’APF (44e Session, 5-10 juillet 2018).

Cela dit, le Centre Canadien se félicite et se réjouit de l’acceptation de Son Excellence Madame la Ministre Déléguée aux Affaires Sociales en charge des Personnes Handicapées et autres Personnes Vulnérables, Me Irène ESAMBO, de procéder au lancement officiel des États généraux de l’Amélanisme en Afrique.

L’initiateur des États généraux remercie l’Association Jhony Chancel pour Albinos (Ajca) de Brazzaville, la Fondation Mwimba Texas et la Fondation Pauline Albinos de la R.D.C. ainsi que toutes personnes qui étaient présentées à la Conférence de presse notamment : les petits anges de la Fondation Pauline, les Amélaniques congolais, Brigitte Sifuentes et Richard Maheu du Canada-ICDI, Me Martin Tshialu, Me François Mpolesha, Me Ilunga Coco, Prof Roger Bilika Mondo et le modérateur du jour, Ben-Clet Kankonde Dambu du Journal LePotentiel.

À lire également l’article suivant de Lucien Dianzenza publié sur le site internet de l’Agence d’Information d’Afrique Centrale.

Pétition pour exiger que l’APF (Assemblée parlementaire de la Francophonie) et l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) envoient la « Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine » de juillet 2018, comme l’APF s’était engagée, aux États et gouvernements de l’espace francophone et à l’UNESCO.

En effet, se fondant sur la Déclaration universelle des droits humains des personnes vivant avec albinisme (Montréal, 13 juin 2018), l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) a adopté la Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine (44e session, Québec, juillet 2018).

Depuis 2018, cette résolution est restée lettre morte dans les tiroirs des bureaux de l’AFP à Paris, archivée, sans possibilité d’être consultée par des tiers. Il s’agit d’une résolution importante pour les droits humains des Amélaniques (personnes vivant sans mélanine appelées péjorativement albinos). Elle reconnait aux Amélaniques le droit et la qualité de revendicateurs des droits.

Dispositif de la Résolution de l’APF de juillet 2018

« L’Assemblée parlementaire de la Francophonie réunie à Québec du 5 au 10 juillet 2018, sur proposition de la Commission de l’éducation, de la communication et des affaires culturelles DÉCLARE que les personnes vivant avec amélanisme sont des êtres humains et doivent bénéficier de toutes les dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme; ENCOURAGE les États et gouvernements de l’espace francophone à poursuivre leurs efforts pour protéger et préserver le droit à la vie, le droit à la dignité et le droit à la sécurité des personnes vivant sans mélanine, notamment en fournissant les ressources nécessaires afin de veiller au respect et à la promotion des droits humains des personnes sans mélanine, INCITE à introduire l’enseignement de l’amélanisme dans les systèmes éducatifs de l’espace francophone afin d’éduquer tant le personnel enseignant que les enfants et adolescents, et de faciliter l’intégration des élèves et des étudiants sans mélanine; DEMANDE la substitution du mot albinos par celui d’amélanique et d’albinisme par amélanisme, termes dénués de connotation péjorative et dégradante afin de désigner les personnes vivant sans mélanine; DEMANDE aux États et gouvernements de l’espace francophone d’introduire l’enseignement de l’amélanisme dans leurs systèmes éducatifs et invite l’UNESCO à inciter ses États membres à faire de même; S’ENGAGE à diffuser cette déclaration auprès des instances de l’UNESCO. »

SIGNER LA PÉTITION ICI

Au nom du président de l’Assemblée nationale du Québec, nous souhaitons vous transmettre ces photographies prises à l’occasion de la : Commémoration du 30e anniversaire de la tragédie de l’École Polytechnique, Hôtel du Parlement, 5 décembre 2019.

L’Assemblée nationale est détentrice du droit d’auteur des photographies. Elle en autorise la diffusion uniquement lorsqu’il est fait mention: « Collection Assemblée nationale du Québec, Roch Théroux, photographe ».

Cordialement, Le Protocole

Lien : La Médaille de l’Assemblée nationale aux victimes de Polytechnique

December 6, 2019. It’s been 30 years since a gunman killed 14 women at Montreal’s École Polytechnique. On this National Day of Remembrance and Action on Violence Against Women, the attack is finally being officially recognized as an attack on feminists. Dan Spector explains how the day is being reclaimed.

Link: Vendredi 6 décembre 2019 à la Polytechnique – Présentation du livre « Ce jour-là. Par ce qu’elles étaient des femmes »

ANDRÉ-PHILIPPE CÔTÉ – Journal Le Soleil, 7 décembre 2019