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Engagements électoraux 2022 sur le contrôle des armes à feu

Seuls les partis d’opposition de l’Assemblée nationale s’engagent à améliorer le contrôle des armes

Pour votre information, voici le bilan des réponses reçues de la part des partis politiques du Québec au sujet du contrôle des armes.

Montréal, 21 septembre 2022

En vue des élections provinciales du 3 octobre prochain, le collectif PolySeSouvient tient à informer les électeurs soucieux de sécurité publique au sujet des différentes positions des partis politiques sur la question du contrôle des armes sur la base de leurs réponses au questionnaire envoyé aux partis il y a deux semaines. « Compte tenu de l’augmentation généralisée des crimes et des homicides impliquant des armes à feu, les Québécois sont inquiets et s’interrogent quant aux engagements des partis en matière de contrôle des armes à feu sur leur territoire, » affirme Nathalie Provost, survivante du massacre à l’École Polytechnique de Montréal.

Parti Conservateur

Tous les principaux partis ont répondu au questionnaire sur le contrôle des armes sauf le Parti conservateur du Québec, « ce qui n’est pas surprenant étant donné qu’il était le seul à ne pas répondre en 2018, » commente Nathalie Provost, survivante et porte-parole de PolySeSouvient. « Pourtant, il y a deux semaines, monsieur Duhaime avait publiquement promis de le faire. Peut-être n’ose-t-il pas exposer davantage sa vive opposition au contrôle des armes, une cause qui est invariablement appuyée par la majorité des Québécois. Monsieur Duhaime et le Parti conservateur du Québec se sont systématiquement opposés aux diverses mesures qui encadrent l’accès et l’usage des armes à feu, le chef ayant en plus traité les survivantes de la tragédie à Polytechnique qui militent pour la cause de “filles qui braillent devant Polytechnique” et qui mentent. »

Coalition Avenir Québec

« Non seulement le parti n’a-t-il pas répondu aux questions, mais en voulant prioriser uniquement la lutte contre le trafic illégal, le parti ignore toutes les crimes commis à l’aide d’armes de poing légales, comme les tragédies à la Mosquée de Québec, à Concordia, au Collège Dawson, au Metropolis et bien d’autres. Les Québécois demandent la même chose que nous : oui luttons contre le trafic illégal, mais en même temps 8 sur 10 souhaitent l’interdiction des armes de poing légales. Par ailleurs, en prétendant que les armes d’assaut de style militaire sont déjà interdites au Canada, la CAQ démontre que le parti au pouvoir ne maîtrise pas la question et ignore la multitude d’armes d’assaut comme l’arme militaire russe “SKS” qui échappent aux prohibitions fédérales, signalant que notre collectif sera seul, sans l’appui d’un gouvernement caquiste, à se battre à Ottawa pour interdire ce type d’armes. Enfin, en ce qui concerne le registre des armes longues au Québec, la Coalition Avenir Québec se montre satisfaite des résultats : une conformité de 2/3 des armes, trois ans et demi après son entrée en vigueur, leur apparaît “rapide” et “très encourageante”. Or selon nous, le rôle d’un gouvernement est de légiférer pour atteindre des résultats, pas pour des apparences. Pour un enjeu tel que la sécurité de la population, est-ce qu’un résultat au 2/3 est suffisant ? Poser la question, c’est y répondre. Notre collectif ne se contente pas si facilement. »

Parti Libéral, Québec Solidaire, Parti québécois, Parti vert

« L’ensemble des partis d’opposition à l’Assemblée nationale propose des engagements généralement solides et proactifs pour le contrôle des armes. Ces partis s’engagent notamment à appuyer le renforcement du projet de loi fédéral (C-21) afin que soient interdites toutes les armes d’assaut de type militaire, comme le souhaitent 89 % des Québécois. Ils s’engagent également à agir pour augmenter la conformité au registre des armes québécois, ce que favorisent 78 % de la population. »

Rappel des statistiques sur les crimes armés et la source des armes saisies par les forces policières :

Rappel des statistiques sur les crimes armés et la source des armes saisies par les forces policières : Bien que plusieurs prétendent que ce sont les armes de poing illégales qui constituent le principal problème, le plus récent rapport de Statistique Canada (voir survol ici) montre qu’au niveau du pays, c’est 6 % des crimes violents avec arme à feu qui sont liés à une organisation criminelle ou à un gang de rue. De plus, de récentes statistiques de la GRC déposées à la Chambre des Communes (voir survol ici) montrent que le problème est loin de se limiter aux armes importées illégalement : dans l’ensemble, 68 % des armes à feu saisies par les forces policières à travers le pays, incluant 40 % des armes de poing, proviennent du Canada. En d’autres mots, la violence armée est un phénomène complexe qui exige un large éventail de mesures, qui touchent autant le marché légal que le trafic illégal – tout en poursuivant avec la lutte contre les causes sociétales de la détresse et la criminalité.

Lire le Communiqué de presse complet ICI

Voici aussi notre questionnaire électoral, qui présente un portrait de la situation actuelle.

Questionnaire électoral – contrôle des armes

QUESTIONS

  1. Interdiction des armes de poing

Qu’allez-vous faire pour réduire le nombre ou pour éliminer les armes de poing sur le territoire du Québec ? Par exemple, est-ce que vous prévoyez de demander au gouvernement fédéral une partie des sommes promises à cet effet pour lancer un programme de rachat (volontaire ou obligatoire) des armes de poing au Québec ?

  • Lutte contre le trafic illégal

Est-ce que votre gouvernement permettra aux forces policières d’intervenir tout au long du « pipeline de fer » par lequel transitent les armes de poing illégales, y compris auprès d’entrepôts qui se trouvent sur une réserve autochtone ?

  • Interdiction fédérale des armes d’assaut (de style militaire)

Votre gouvernement appuiera-t-il proactivement un amendement au projet de loi C-21 pour assurer une interdiction totale des armes d’assaut au Canada ?

  • Registre québécois des armes d’épaule

Est-ce que votre gouvernement déploiera les moyens nécessaires pour faire augmenter la conformité de la Loi sur l’immatriculation des armes à feu à un niveau acceptable, soit au moins 95 % ?

Lire les résultats complets du questionnaire ICI

L’ITURI est de plus en plus plongé dans l’abîme

J’ai vécu en Ituri entre les années 1981 et 1996, avec une absence entre 1983 et 1987 pour terminer mes études en Angleterre. Le régime dictatorial du Maréchal Mobutu-Sese Seco s’est écroulé quelques mois après mon départ. À cette époque, les structures étatiques étaient déjà largement défectueuses. Depuis, une succession de conflits plonge le pays, la République Démocratique du Congo, dans une spirale chaotique. Voici un reportage du journaliste Roger Adirodu.

Par Roger Adirodu en République Démocratique du Congo

Depuis un certain temps, un climat de tensions s’observe entre la communauté Ìndrŭ et celle de Bira qui habitent le territoire d’Irumu dans la province de l’Ituri vers le Nord-Est de la République Démocratique du Congo.

La notabilité de la chefferie des Walendu Bindi dénonce la menace des miliciens FPIC surnommés « Chini ya Kilima » (« Loup de la montagne ») composé par les membres de la communauté Bira qui menacent et tuent les membres de la communauté Ìndrŭ, localement connues au nom de Ngiti, qui sont à Kindia, Dele, Lengabo et dans la ville de Bunia.

Notables de la chefferie traditionnelle de Walendu-Bindi

Les miliciens de la Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC)sonten opposition avec ceux de la Force de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI). À cela s’ajoute les miliciens de la Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC) ainsi que la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) qui est généralement associée avec l’Union des Révolutionnaires pour la Défense du Peuple Congolais (URDPC).

Pourtant, toutes ces milices ont signé une déclaration de cessez-le-feu. Zedecias Angaika Mbado, le président de la FRIP, invite occasionnellement les communautés Bira et Ngiti à cultiver la paix et la cohésion sociale pour l’intérêt général de la province de l’Ituri.

Malgré cela, les conflits sont fréquents et chaque partie jette le blâme sur l’autre. Sous une connotation communautaire ou tribale, ces groupes armés se disputent le contrôle d’une carrière minière en s’accusant mutuellement de vol de bétail.

Pour sa part, le porte-parole des Forces Armées de la République du Congo (FARDC) en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo appelle ces deux groupes armés au calme. Le programme du Désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et réinsertion (DDRC-S) se fait toujours attendre.

Entre-temps, des miliciens des groupes armés URDPC/CODECO et FPIC sont visibles dans plusieurs entités dans les territoires de Djugu et d’Irumu (Ituri). Un mouvement des assaillants de la CODECO a été aperçu dans les villages Datule, Penyi et Ezekere dans le secteur de Tatsi, dans le territoire de Djugu. Plusieurs sources concordantes affirment que ces rebelles circulent avec leurs armes parmi la population.

Plusieurs de ces milices érigent des barrières le long des routes pour rançonner la population qui doit payer entre 1000 et 2000 Francs Congolais (50 sous à 1 dollar). Il est fréquent que les marchés publics soient visités par les milices qui pillent les vivres des marchands.

La population est inquiète de cette anarchie et désillusionnée des faux engagements de ces milices armées à respecter leur engagement pour ne pas saper le processus de paix en cours.

Causes de la persistance de l’insécurité

Plusieurs facteurs nuisent à la mise en place des accords de paix :

  1. L’incapacité des Forces Armées de la République du Congo (FARDC), malgré l’état de siège décrété par l’État, de maîtriser les groupes armés et de leur contraindre à répondre au programme de Désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et réinsertion (DDRC-S)
  2. Le manque de sincérité de la part de ces groupes armés à s’engager résolument dans le processus de paix
  3. Le retard dans la mise en place du programme DDRC-S, dû au manque de moyens
  4. La ruée vers l’exploitation illégale de minerais qui pousse les groupes armés à s’affronter
  5. La stigmatisation, la communautarisation des faits criminels et privés et la banalisation des discours haineux et ethnicistes par la propagande
  6. L’incompétence du gouvernement central de Kinshasa, son ignorance, sa déconsidération, sa déconnexion de la réalité
  7. La course vers l’enrichissement facile où chacun vient puiser à son gré
  8. L’absence d’un dialogue franc pour la résolution des conflits entre les communautés Ìndrŭ et Bira et entre les milices armées
  9. Le déni par certaines communautés de la réalité

Efforts du gouvernement

Sous l’initiative du Chef de l’état de la République, Félix Tshisekedi, le gouvernement a fait de nombreuses tentatives pour trouver une solution durable. Il y a eu une tentative de dialogue suivi par une intervention militaire ratée. Des émissaires du Chef de l’État ont été dépêchés sans plus de résultat. Puis, l’état de siège a été décrété suivi d’une autre tentative de dialogue, d’une autre intervention militaire, d’un autre envoi d’émissaires, puis d’un retour à l’état de siège couplé d’une autre intervention militaire inutile.

Bref, c’est l’impasse. Chose certaine, le nœud du problème se situe au niveau des populations vivant en Ituri. Une solution ne viendra pas de l’extérieur.

Intensification des guerres et des nationalismes

Le pape François s’est désolé que l’histoire montre des signes de régression, après des progrès en matière de respect des droits de l’homme depuis l’après 1945. « Non seulement les conflits anachroniques s’intensifient, mais on assiste à la résurgence de nationalismes fermés, exaspérés et agressifs, ainsi qu’à de nouvelles guerres de domination, qui touchent les civils, les personnes âgées, les enfants et les malades, et provoquent partout des destructions. »

Ces jours-ci, le conflit entre la Russie et l’Ukraine fait nos manchettes quotidiennes. À plus petite échelle, un conflit peu connu fait rage depuis des décennies en Ituri. L’un est aussi tragique que l’autre. Et il y en a d’autres en ce moment; en Éthiopie, au Yémen, le Myanmar, sans oublier les milices armées en Haïti, également la Syrie et les différents groupes de militants islamiques en Afrique comme au Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Somalie, le Congo et le Mozambique. Finalement, il y a encore l’Afghanistan et, depuis quelques jours, la crise frontalière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

LIENS

RDC : les miliciens CODECO et FIPC se rapprochent de Bunia

Le gouverneur de l’Ituri appelle les miliciens de la FRPI et du FPIC à cultiver la paix et à respecter leur engagement

Ituri : des miliciens des URDPC/CODECO et FPIC extorquent les civils à Djugu et d’Irumu

RDC : le programme DDRC-S totalise une année d’existence

Contrôle d’armes et programmes de rachat: des militants sondent les partis au Québec

Par La Presse Canadienne, 2022

EXTRAIT

PolySeSouvient, un groupe de défense qui comprend des survivants et des familles du féminicide de masse de 1989, a envoyé le questionnaire aux parties cette semaine. Le groupe, qui milite pour un contrôle plus strict des armes à feu, est aussi composé de survivants et de familles de survivants des fusillades au Collège Dawson, de Montréal, et au Centre culturel islamique de Québec.

Nathalie Provost signale que le groupe vise à fournir aux électeurs une meilleure idée de la position des partis sur le contrôle des armes à feu. « L’autre objectif est de montrer aux politiciens qu’il s’agit d’un vrai problème. Avec l’été que nous venons de vivre, nous n’avons pas à le leur rappeler. »

LIEN EN FRANÇAIS : NÉOMÉDIA, LAVAL

Contrôle d’armes et programmes de rachat: des militants sondent les partis au Québec

LIEN EN ANGLAIS : TORONTO STAR

Quebec election: gun control advocates to sound out parties on handgun ban, buybacks

Déclaration de l’Aide à l’Église en Détresse (AED-ACN) sur le massacre de la Pentecôte dans l’église Saint-François-Xavier d’Owo, au Nigeria

PAR MARIA LOZANO, AED INTERNATIONALE, JUIN 6, 2022

L’œuvre pontificale de charité internationale Aide à l’Église en Détresse (AED) est profondément choquée par l’horrible attaque qui a eu lieu à l’église catholique Saint-François-Xavier, à Owo, dans l’État d’Ondo, situé au sud-ouest du Nigeria, pendant les célébrations du dimanche de la Pentecôte, le 5 juin, et qui a causé la mort de nombreuses personnes, dont des enfants. 

Les pensées et les prières de l’AED vont aux victimes, aux blessés, à leurs familles et à toute la communauté catholique d’Ondo.  

« C’est le dimanche de Pentecôte, un moment où chaque catholique est censé être à l’église pour commémorer la solennité. Il est si triste de dire que, pendant la Sainte Messe, des hommes d’origine inconnue, armés de fusils, ont attaqué l’église catholique Saint-François-Xavier », a déclaré le père Augustine Ikwu, directeur des communications du diocèse d’Ondo, dans une déclaration envoyée à l’Aide à l’Église en Détresse.  

« On craint de nombreux morts, de nombreux blessés et la violation de l’église », a-t-il ajouté. « L’identité des auteurs reste inconnue et la situation a laissé la communauté dévastée », a ajouté le prêtre catholique. 

« Tous les prêtres de la paroisse sont sains et saufs et aucun n’a été kidnappé », affirme le prêtre, dissipant les rumeurs en ce sens qui circulaient sur les médias sociaux.  

« L’évêque nous demande de rester calmes, de respecter la loi et de prier pour que la paix et la normalité reviennent dans notre communauté, notre état et notre pays », conclut le communiqué.  

L’Occident complice 

L’AED dénonce ce déchaînement de violence, un nouvel acte terroriste au Nigeria, un de plus sur la longue liste des crimes perpétrés contre les chrétiens. Au cours des dernières décennies, le pays a été secoué par des épisodes de violence, de banditisme et d’enlèvements qui, bien que touchant tous les groupes ethniques et religieux de la nation, ont conduit à une longue liste d’attaques majeures contre la communauté chrétienne.  

La semaine dernière, l’Aide à l’Église en Détresse a organisé une conférence de presse avec l’archevêque de Kaduna, Matthew Man-Oso Ndagoso, afin de parler de l’insécurité et de la violence au Nigeria. Bien que les problèmes viennent de diverses directions, l’archevêque Matthew a été très clair : « Le gouvernement nous a complètement laissé tomber ; c’est l’absence de bon gouvernement qui en est la cause. Les bandits, Boko Haram, les enlèvements, ce sont tous des symptômes de l’injustice, de la corruption du système. Si nous ne parvenons pas à nous attaquer à la racine du problème, nous mènerons une bataille perdue d’avance. » 

Le massacre a eu lieu dans le sud-ouest du Nigeria, un endroit qui n’a pas été touché jusqu’à présent par l’insécurité et la violence qui affectent généralement le nord et la Middle Belt (Ceinture du milieu).  

Selon Mgr Ndagoso, si le problème est surtout interne, l’Occident est également à blâmer. « Il faut être deux pour danser le tango. Nos dirigeants volent notre argent et l’emmènent en Occident, en Suisse, à Paris, à Londres, à Francfort. Si l’Occident n’acceptait pas leur argent, ils le laisseraient chez eux. Les gouvernements occidentaux collaborent avec nos dirigeants. » 

LAide à lÉglise en Détresse appelle tous les dirigeants politiques et religieux du monde à condamner fermement et sans équivoque cette attaque terroriste à léglise catholique Saint-François-Xavier d’Owo, dans lÉtat dOndo (sud-ouest du Nigeria), pendant les célébrations du dimanche de la Pentecôte2022. 

NOTE : L’Aide à l’Église en Détresse a reçu des vidéos de l’attaque de l’Église catholique Saint-François-Xavier, qui confirment les affirmations contenues dans cet article. En raison de la nature sensible et graphique des images, lorganisation caritative a choisi de ne pas les partager.  

LIENS :

Parc nommé à la mémoire de Maud Haviernick

« Aller au bout de ses rêves, peu importe », telle était sa devise.

Par la création de ce parc, la Ville de Deux-Montagnes honore la mémoire de Maud Haviernick, fille très chère d’une citoyenne de Deux-Montagnes, ayant perdu la vie dans la tragédie de l’École polytechnique de Montréal.

Maud Haviernick détenait un diplôme en Design de l’environnement de l’Université du Québec à Montréal. Elle terminait des études en Génie métallurgique à l’École Polytechnique, rendant possible son rêve de devenir ingénieure. Elle a été reçue membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec en avril 1990, à titre posthume.

L’avenir de Maud Haviernick était rempli de possibilités. Par cette commémoration, elle restera une source d’inspiration pour tous et toutes.

Tante Maud, persévérante et déterminée, tu nous inspireras toujours. »
– Tes neveux et nièces

Le 29 mai 2022 – Parc Maud Haviernick

Concours de poésie Mémoire Complice 2022

Allez au bout de ses rêves, peu importe

Deux-Montagnes, 29 mai 2022, … Enfin!

Chers Invité.es

C’est un immense plaisir de vous accueillir ici, en ces lieux inspirants pour vous offrir ces magnifiques recueils de mots qui nous ont ébloui et qui, je l’espère, feront de même pour vous lorsque qu’ils seront lus par nos jeunes poètes et poétesses avec enthousiasme, j’en suis certaine.

Pour ce premier concours de poésie de Mémoire Complice, le thème abordé a été – Allez au bout de ses rêves, peu importe!

Thème inscrit sur cette plaque honorifique soulignant le nom d’une jeune femme de notre région, de nos lieux de vie à tous et toutes, pour la plupart d’entre nous depuis plusieurs années.

Ce nom, Maud Haviernick, ma sœur cadette, qui à un tournant de sa vie a perdu la sienne en un lieu pourtant capteur de rêves – Polytechnique, le 6 décembre 1989.

Que faisait-elle là-bas, ce jour là? Elle poursuivait un rêve, celui de devenir ingénieure. Pourquoi ingénieure? Pourquoi ce rêve?

Simplement pour être capable de pouvoir créer des lieux de vie à son goût, ici et ailleurs.

La porte de ce projet de vie s’était entr’ouverte à l’École de Design de l’Université du Québec à Montréal. Mais après quelques années, force était d’admettre que pour aller au bout de ce rêve, il fallait aller plus loin, plus haut, en fait, en haut de la Montagne – à l’École Polytechnique de l’Université de Montréal.

Et sa devise, chère à nos mémoires – Aller au bout de ses rêves, peu importe, vous jeunes auteurs, autrices vous y avez été fidèles.

Car peu importe, l’effort d’écrire, les craintes de vous exposer devant l’inconnu, les émotions en sentant remonter des sentiments parfois troubles, vous êtes ici aujourd’hui avec nous, en ce lieu serein, inspirant, ouvert vers le rêve, le vôtre.

Que cet espace puisse encore aider nos jeunes à s’arrêter, respirer et rêver toujours.

Un grand Merci pour vos écrits!
Sylvie Haviernick, sœur de Maud pour toujours

Le 6 décembre 1989 – La Mouvance, Centre de Femmes à Saint-Eustache

Honorer la mémoire de ces 14 femmes,

contrer la violence envers les femmes, toutes les femmes !

Montréal, 6 décembre 1989,… 30 ans déjà !

Avant ce triste après-midi, le 6 décembre était une journée parmi tant d’autres. Mais, il y a 30 ans, cette journée est devenue une date que beaucoup d’entre nous n’oublieront jamais. Le 6 décembre 1989 marquait un point tournant dans l’histoire des femmes d’ici, un moment d’une rare VIOLENCE dans notre société québécoise moderne.

Que reste-t-il du 6 décembre 1989 ?

Certains diront quelques monuments, une Place du 6 décembre 1989, quelques œuvres d’art, un film marquant, des écrits, nombreux,…

Il nous reste surtout une promesse, celle de ne jamais oublier cette date, mais surtout, de ne jamais oublier ces quatorze femmes, fauchées par la haine d’un homme, pourtant jeune.

Que me reste-t-il du 6 décembre 1989 ?

Un souvenir, non, de nombreux souvenirs,…

Je me rappelle ce que ma mère me disait; Sylvie, c’est toi l’aînée, mon double, la deuxième mère. Tu sais ma fille, je connais ta nature un peu téméraire, mais n’oublie jamais, et peu importe ce que ça demande, de toujours ramener ton monde, avec tous leurs morceaux, à la maison.

Ce soir du 6 décembre 1989, malgré l’effort, je n’ai pas pu, je n’ai pas su, …

Ce soir du 6 décembre 1989, le temps s’est arrêté pour moi.

Que reste-t-il de toi, ma sœur tant aimée? Des souvenirs, des rêves inachevés, les tiens, les miens, les nôtres,…

Le plus important, il me reste ton immense sourire, gravé dans ma mémoire.

Ce sourire, qui m’a toujours, pas seulement moi, mais combien d’autres, fait craquer et amener à faire plein de choses, parfois assez étranges.

Comme, marcher dans la rue pour le respect de la vie des femmes,…

Comme, écrire des pages et des pages pour rappeler une date précise, toujours la même, et solliciter l’harmonie entre les hommes et les femmes,…

Comme, obliger les représentants de nos sociétés à prendre position pour le maintien de la paix dans nos vies, sans armes,…

Comme, raconter nos aventures à tes nombreux neveux et nièces qui rêvent de t’avoir connu, et d’avoir pu participer à toutes ces folles rencontres de famille, même si d’autres ont eu lieu après ton départ, avec je l’avoue, un peu moins de folie,…

Longtemps, j’ai cru t’avoir perdu, mais une personne d’une grande bonté m’a dit un jour; vous cherchez dans la mauvaise direction, ne regardez pas derrière, c’est le passé. Regardez devant, c’est l’avenir!

Cette personne ajoutera, vous, l’aînée, votre sœur cadette vous a dépassé, elle marche devant maintenant.

Voilà, ce que tu es devenue, mon guide, ma lumière, et tu marches devant pour ouvrir le sentier.

Comme j’ai appris en forêt, il y a très longtemps, j’ai promis, et oui, en tout premier lieu à notre maman, que je serais un bon serre-file et que jamais je ne laisserais personne derrière moi,…

Et au cours de ces années, enfin, j’ai su retrouver le chemin du retour pour Toi et Moi car hier après-midi, au bord du Lac des Deux-Montagnes, je t’ai vu sourire.

Bon retour à la maison dans notre région tant aimée! Sylvie, ta grande sœur qui t’aime encore comme au matin de ce 6 décembre 1989, et peut-être plus encore!

Contrôle des armes – Premier pas concret vers une grande victoire!

GEL DU MARCHÉ DES ARMES DE POING ET ENGAGEMENT POUR INTERDIRE LES ARMES D’ASSAUT

Aux amis et partenaires de PolySeSouvient :
Lundi, nous étions plusieurs à Ottawa : Nathalie Provost, Suzanne Edward, Jean-François Larivée, Serge St-Arneault, Sylvie Haviernick, Heidi Rathjen (Polytechnique), avec nos amis Louise de Sousa (Dawson), Boufeldja Benabdallah (Mosquée) et Luna Vadlamudy (Ensemble pour Thomas). Meaghan Hennegan était parmi nous d’esprit et de cœur(!) Aux côtés de nos collègues – dont les familles de Danforth (Toronto), des groupes de femmes et la Coalition pour le contrôle des armes – nous avons assisté au dépôt du projet de loi C-21, version 2.0!

Si nous avons accepté de nous joindre au premier ministre Trudeau et au ministre la Sécurité publique Marco Mercidino, c’est parce que, cette fois-ci, ils ont livré la marchandise :
1) lancement du programme de rachat obligatoire des armes d’assaut prohibées (liste de 2020) à l’automne 2022
2) gel du marché des armes de poing et élimination progressive des celles en circulation (clauses grand-père)
3) révocation automatique du permis de possession d’armes pour tout individu faisant l’objet d’une ordonnance de protection associée à des menaces ou la violence intime
4) engagement pour inclure dans le projet de loi une interdiction complète et permanente des armes d’assaut
5) interdiction des chargeurs modifiables (qui peuvent atteindre leur pleine capacité illégale).
Nous voulions rapidement vous transmettre la nouvelle, bien qu’il aurait été difficile de manquer ces développements dans les médias! Les détails viendront plus tard. D’ici là, voici le survol des nos demandes ainsi que notre réaction officielle. Vous trouverez aussi quelques liens vers des reportages médiatiques. Nous aimerions cependant profiter de cette occasion pour souligner le travail en coulisse indispensable et sans relâche de la députée d’Outrement, Rachel Bendayan : rappelez-vous de son nom! 
Certes, il faut poursuivre nos efforts: il faut notamment veiller à améliorer la législation (surtout au niveau de l’amendement promis pour interdire toutes les armes d’assaut), à freiner les achats d’armes de poing en attendant l’interdiction de leur vente, et à faire adopter le projet de loi dans le contexte d’un gouvernement minoritaire.
Mais, aujourd’hui, nous pouvons célébrer cet énorme point tournant!

MERCI à vous tous qui avez répondu à nos appels
à l’action ou qui avez contribué financièrement!
Ensemble, avec beaucoup de patience et de détermination,
nous avons réussi à convaincre le gouvernement libéral 
de se ranger du côté de la majorité des Canadiens
qui souhaitent un meilleur contrôle.

Vous pouvez continuer à nous appuyer en faisant une petite contribution financière via le bouton PayPal qui se trouve sur notre site web . Les prochains mois seront cruciaux et nous aimerions commanditer des sondages pour montrer l’appui des Canadiens pour des mesures et renforcements spécifiques (ça coûte cher…). Compte tenu des événements récents aux États-Unis, ce serait maintenant le moment optimal pour sonder nos concitoyens.

Solidairement,
Heidi, Nathalie, Boufeldja, Serge, Jean-François, Suzanne, Sylvie, Louise et bien d’autres

Contrôle des armes à feu: une avancée majeure pour Serge St-Arneault

Sur la photo : le Ministre fédéral de la Santé publique Marco Mendicino, Serge St-Arneault et Alison Irons

SÉBASTIEN LACROIX, Le Nouvelliste, 30 mai 2022

«C’est un discours historique. Ça va vraiment dans le sens que l’on a toujours rêvé.» C’est en ces termes qu’a réagi le Latuquois Serge St-Arneault qui avait fait le voyage à Ottawa, lundi, où il a rencontré le ministre fédéral de la Sécurité publique Marco Mendicino et le premier ministre Justin Trudeau avant la présentation du nouveau projet de loi sur le contrôle des armes à feu, en compagnie d’autres militants.

«C’est sûr que c’est une étape. Il y en aura d’autres à suivre», a souligné celui qui se bat depuis plus de 30 ans pour le contrôle des armes à feu, lui qui a perdu sa sœur Annie lors de la tragédie de Polytechnique.

Il faut dire que les annonces respectent pratiquement en tout point ce que proposait le groupe PolySeSouvient, qui revendique un plus grand contrôle des armes à feu, si ce n’est «certains détails» qui demeurent à régler. «On a le sentiment que nous progressons de manière significative», a mentionné M. St-Arneault lorsque joint par Le Nouvelliste.

«Ça résume l’ensemble des préoccupations que nous portons, surtout au niveau des armes d’assaut. La nouveauté, c’est au niveau des armes de poing. C’est un pas qui est significatif, insiste-t-il. C’est une avancée parce que le fédéral a reconnu à voix basse que l’idée de remettre ça dans les mains des municipalités ou même des provinces, ça ne fonctionnerait pas. Ils ont trouvé une manière originale d’au moins arrêter de vendre et d’importer des armes de poing.»

Pour la suite des choses, il restera assurément de s’assurer de l’adoption du projet de loi, alors qu’on s’attend à ce que les partis d’opposition tentent de freiner le processus. Tout de même, Serge St-Arneault a senti une réelle volonté du gouvernement d’aller de l’avant. «J’ai demandé à quelques ministres s’il y avait des dissensions et au contraire, il y a une réelle unanimité. Tous les ministres travaillent dans la même direction. Je pense que c’est un élément à retenir», a-t-il soutenu.

Les prochaines étapes seront les mesures pour appliquer le projet de loi qui sera déposé. Il faudra par exemple s’assurer que la définition d’arme d’assaut soit suffisamment claire pour ne pas que les compagnies cherchent à contourner la loi.

«Une prochaine étape, ce sera la clarification de la définition des armes d’assaut pour bannir de façon catégorique la prolifération des armes d’assaut et la création de nouvelles armes qui ne répondraient pas à la définition actuelle», ajoute Serge St-Arneault. «Il y a de nouveaux modèles d’armes d’assaut qui sont maintenant bannis, continue-t-il. De 1500, on est rendu à 1800, mais je pense que le gouvernement veut améliorer la définition pour éviter l’ambiguïté.»

Si les récents événements au Texas n’ont pas été mentionnés au cours de la journée, Serge St-Arneault croit que ç’a pu être dans les pensées de plusieurs personnes au moment de faire les annonces. «On ne veut surtout pas que le Canada aille dans la même direction que les États-Unis, insiste-t-il. Je pense que ça faisait partie de la pensée cachée. On a été tout le monde été touché par ça, mais je ne pense pas que ce soit un élément direct. Parce que le gouvernement était déjà prêt à l’annonce de son projet de loi.»

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Armes à feu. Les commerces devront tenir un registre

PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Dès le 18 mai, tout vendeur d’armes à feu, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’un commerce, devra vérifier l’identité de l’acheteur et vérifier qu’il possède bien son permis d’armes à feu au moyen d’une base de données en ligne.

(Ottawa) Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a annoncé une série de mesures mercredi pour contrôler la vente d’armes à feu. Il s’agit des dernières étapes de la mise en œuvre de la loi C-71 adoptée en 2019.

MYLÈNE CRÊTE

MYLÈNE CRÊTE, LA PRESSE, 11 mai 2022

Les commerces auront l’obligation de tenir un registre sur l’achat de chaque arme à feu comme ils le faisaient jusqu’en 2005. Cette exigence était alors devenue redondante avec la création du registre des armes d’épaule sept ans plus tôt. Ce registre national avait par la suite été aboli dans la controverse à cause de son coût trop élevé.

Dès le 18 mai, tout vendeur d’armes à feu, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’un commerce, devra vérifier l’identité de l’acheteur et vérifier qu’il possède bien son permis d’armes à feu au moyen de la base de données en ligne du Programme canadien des armes à feu.

« Ces nouvelles règles garantiront que les personnes qui ne sont pas autorisées ou ne devraient pas avoir accès à une arme à feu ne pourront pas en obtenir une et empêcheront les armes de tomber entre de mauvaises mains », a affirmé M. Mendicino en conférence de presse.

Actuellement, les vendeurs peuvent vérifier si l’acheteur d’une arme à feu sans restriction détient un permis valide, mais ils n’en ont pas l’obligation. De plus, les commerces sont seulement obligés de tenir un registre des transactions pour les armes à feu prohibées ou à autorisation restreinte.

La situation est différente au Québec où les armes à feu sans restriction, comme les armes d’épaule, doivent être immatriculées depuis 2019.

Le ministre Mendicino a fait valoir que le registre permettra aux forces policières de retrouver le propriétaire d’une arme avec laquelle un crime aurait été commis. « C’est de cette façon que la police a pu trouver Marc Lépine », a avancé le ministre. En fait, les policiers avaient utilisé le numéro de série de l’arme utilisée pour perpétrer la tuerie de l’École polytechnique pour l’identifier après qu’il se soit enlevé la vie.

Le collectif PolySeSouvient estime que le gouvernement corrige ainsi une faille. « Compte tenu de l’opposition continue du Parti conservateur au projet de loi C-71 et de ses manœuvres passées visant à saper la mise en œuvre de contrôles sur les armes à feu, nous craignions qu’un futur gouvernement conservateur ne profite d’un passage vague du règlement proposé pour faire en sorte que les demandes de transferts soient systématiquement approuvées sans que le permis ne soit réellement validé par le système, a réagi l’une de ses porte-parole, Heidi Rathjen. L’amendement empêche effectivement un tel scénario. »

Le Parti conservateur accuse le gouvernement libéral de réintroduire le registre des armes d’épaule « qui n’a pas permis de lutter contre la violence armée à l’époque et qui ne permettra pas de lutter contre la violence armée aujourd’hui ».

« La réalité est que la grande majorité des crimes commis avec des armes à feu le sont avec des armes obtenues illégalement et le registre des armes à feu de Trudeau ne fait absolument rien pour arrêter le flux d’armes acquises illégalement qui se retrouvent dans les mains de gangs et de criminels », a indiqué la députée Rachel Dancho, porte-parole en matière de sécurité publique.

L’annonce du ministre Mendicino survient au lendemain d’une fusillade qui a fait un blessé dans un quartier résidentiel de Laval. Il s’agit du troisième incident du genre à survenir dans cette ville depuis dimanche. La nouvelle a été saluée par la mairesse de Montréal Valérie Plante, dont la ville connaît aussi une recrudescence de fusillades.

« C’est un pas dans la bonne direction, a-t-elle écrit sur Twitter. Comme nous l’avons rappelé au Forum montréalais, nous continuerons à appuyer tous les efforts menant à l’interdiction des armes de poing. La sécurité des Montréalais-es est une priorité. »

AUTRES LIENS

Marche contre la violence armée à Laval.
Quelques dizaines de personnes ont marché contre la violence armée samedi à Laval. Elles réclamaient notamment plus de ressources en prévention de la part des différents ordres gouvernementaux.

« On fait fausse route », Hausse de la violence par armes à feu aux États-Unis

PHOTO LUCAS JACKSON, ARCHIVES REUTERS

Devant la hausse des meurtres et des ventes d’armes records, plusieurs États américains éliminent toute exigence pour l’achat et la possession d’armes, laissant présager des années encore plus violentes, dénoncent des experts.

NICOLAS BÉRUBÉ, LA PRESSE, 30 avril 2022

Shannon Freeman chantait et dansait sur la piste de danse du resto-bar The Loaded Slate, à Milwaukee, au Wisconsin, un peu avant 1 h du matin, le 10 avril dernier.

Quelques minutes plus tard, M. Freeman, un père de famille âgé de 30 ans, s’effondrait, atteint mortellement de neuf balles dans le dos alors qu’il marchait vers la sortie du bar après une brève dispute avec un autre client.

« Ce sont des tragédies qui ne devraient pas se produire, ça n’a aucun sens », explique en entrevue Khary Penebaker, militant en faveur d’un meilleur contrôle des armes à feu et résidant de Milwaukee.

Père d’une fillette, Shannon Freeman est l’une des 12 994 victimes des armes à feu répertoriées depuis le début de l’année aux États-Unis, en date du 21 avril, par le site de recherche Gun Violence Database, qui fait état d’une forte hausse des morts au cours des dernières années.

Au Wisconsin, où habitait M. Freeman, 315 homicides ont eu lieu en 2021, une hausse de 70 % par rapport à 2019, avant la pandémie.

Le nombre d’homicides a grimpé de 30 % aux États-Unis en 2020, une hausse record des meurtres qui ne donne aucun signe de vouloir se résorber. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont révélé que 45 000 personnes étaient mortes par arme à feu en 2020, également un record.

Chez les jeunes âgés de 1 à 24 ans, les armes à feu constituent désormais la première cause de mortalité, devant les accidents de véhicules automobiles, une première en plus de 60 ans, selon une étude publiée dans le numéro courant du New England Journal of Medicine.

Devant cette flambée de violence, les élus de nombreux États adoptent des lois qui, loin de restreindre l’accès aux armes à feu, le facilitent, note Thomas Abt, président du groupe de travail sur les crimes violents au Council on Criminal Justice et auteur du livre Bleeding Out : The Devastating Consequences of Urban Violence – and a Bold New Plan for Peace in the Streets.

C’est frustrant et troublant, car les États-Unis devraient aller précisément dans la direction opposée. Par exemple, nous savons que les États qui exigent un permis pour acheter une arme à feu ont des taux plus faibles de violence armée.

Thomas Abt, président du groupe de travail sur les crimes violents au Council on Criminal Justice

Depuis le début de 2022, le Wisconsin, la Caroline du Sud, l’Indiana et le Nebraska ont travaillé à faire avancer des lois sur le port d’armes dissimulées sans permis dans leurs sessions législatives, tandis que les gouverneurs de l’Alabama et de l’Ohio viennent de promulguer des lois analogues. Depuis 2015, 20 États ont éliminé l’exigence d’avoir un permis et de suivre un entraînement avant de pouvoir avoir une arme dissimulée sur soi ou dans son véhicule.

Sur le plan national, les sondages sur le port d’armes sans permis montrent que c’est une idée impopulaire. « Mais dans des États politiquement conservateurs, l’idée est populaire, dit M. Abt. Les élus de ces États voient une augmentation de la violence armée, et considèrent la possession d’armes comme une solution – ce n’est pas le cas, mais idéologiquement, ils ne peuvent pas arriver à d’autres conclusions. »

Même des États qui exigent toujours un permis pour avoir une arme dissimulée sur soi peuvent rendre le processus si vide qu’il frise l’absurdité, dit Khary Penebaker, dont la mère s’est donné la mort avec une arme à feu lorsqu’il était enfant.

« Au Wisconsin, pour obtenir un permis de port d’armes, vous n’avez qu’un coup de fil à passer, c’est tout. Obtenir un permis pour être coiffeur est plus compliqué que d’obtenir un permis pour avoir une arme chargée dissimulée sur soi. »

Augmenter l’anxiété

Résidante du Texas, Nicole Golden, directrice par intérim de Texas Gun Sense, doit depuis le 1er septembre dernier composer avec le fait que quiconque autour d’elle au centre commercial, au restaurant ou dans la rue peut potentiellement être armé, en vertu d’une loi promulguée ce jour-là par Greg Abbott, gouverneur républicain de l’État.

Ce que ça fait, c’est d’augmenter l’anxiété des gens, des familles. Nous ne savons pas si une personne qui porte sur elle une arme chargée en public a quelque expérience que ce soit avec cette arme. N’importe qui peut avoir une arme chargée sur lui, sans même savoir l’utiliser.

Nicole Golden, directrice par intérim de Texas Gun Sense

La loi n’était pas populaire au Texas, et les gens étaient à l’aise avec le fait qu’il y avait des exigences en place pour les gens qui voulaient avoir une arme sur eux, dit-elle. « Mais les républicains l’ont adoptée quand même. »

Bien qu’il soit trop tôt pour avoir une idée des effets de la loi, des chercheurs de l’Université Stanford ont conclu que le fait de retirer l’obligation d’avoir un permis et de suivre une formation pour avoir une arme sur soi produisait une hausse de 13 à 15 % des crimes violents dans la décennie suivant l’adoption du règlement.

Pour l’année 2020, 4000 personnes sont mortes par arme à feu au Texas, ce qui est une hausse importante par rapport aux années précédentes, dit Mme Golden. Austin, capitale du Texas, a enregistré 89 homicides en 2021, battant ainsi le record de 59 qui datait de 1984.

« Alors que nous devrions avoir un plus grand contrôle des armes, ce n’est pas un bon sentiment de voir qu’au contraire, on fait l’inverse. On fait fausse route. »

COVID-19, Floyd, ventes d’armes

Thomas Abt estime que la hausse de la violence est le résultat de trois facteurs : la pandémie de COVID-19, les troubles sociaux qui ont suivi le meurtre de George Floyd et l’augmentation massive des ventes d’armes à feu aux États-Unis depuis le début de la pandémie.

En particulier, les émeutes et les manifestations qui ont suivi le meurtre de George Floyd ont eu pour effet de réduire le recours aux forces de l’ordre dans les communautés touchées par des taux élevés de violence armée.

Ce que cela signifie, c’est que lorsqu’il y a un conflit dans une communauté, les résidants sont plus susceptibles de le gérer eux-mêmes, ce qui signifie qu’il est plus susceptible de se terminer par la violence. On pourrait donc faire valoir que la violence policière produit en fin de compte un effet domino qui se traduit par une augmentation de la violence dans la communauté.

Thomas Abt, président du groupe de travail sur les crimes violents au Council on Criminal Justice

Le problème de la violence par arme à feu aux États-Unis peut paraître insoluble. M. Abt note que ce n’est pas le cas : au-delà des problèmes sociaux et structurels à l’origine de la violence, tous les États et toutes les villes ne sont pas touchés de la même manière. Il établit un parallèle entre Philadelphie, qui connaît une explosion de la violence, et Boston, qui s’en sort beaucoup mieux.

« Il y a des choses très spécifiques qui ciblent les individus les plus à risque dans les endroits les plus à risque qui peuvent faire une grande différence sur la criminalité et la violence, maintenant, aujourd’hui, sans avoir besoin de budgets énormes et de nouvelles lois. Le défi est de ne pas baisser les bras et de ne pas désespérer. »

ÉTATS AYANT LE PLUS DE MORTS PAR ARME À FEU (MORTS PAR 100 000 HABITANTS)

  • Mississippi : 28,6
  • Louisiane : 26,3
  • Wyoming : 25,9
  • Missouri : 23,9
  • Alabama : 23,6

ÉTATS AYANT LE MOINS DE MORTS PAR ARME À FEU (MORTS PAR 100 000 HABITANTS)

  • New York : 5,3
  • Rhode Island : 5,1
  • New Jersey : 5,0
  • Massachusetts : 3,7
  • Hawaii : 3,4

Source : Pew Research Center, 2022

93

Nombre d’enfants âgés de 0 à 11 ans qui sont morts par arme à feu aux États-Unis depuis le début de l’année 2022, alors que 209 autres ont été blessés, selon la base de données Gun Violence Archive.

LES FEMMES S’ARMENT DAVANTAGE

Depuis le début de la pandémie, près de 50 % des nouveaux acquéreurs d’armes aux États-Unis ont été des femmes, selon le 2021 National Firearms Survey. Le document note que 3,5 millions de femmes sont devenues de nouvelles propriétaires d’une arme à feu de janvier 2019 à avril 2021, contre 4 millions de nouveaux propriétaires chez les hommes. En 2020, les vérifications des antécédents fédéraux pour les achats d’armes à feu ont atteint le chiffre record de 21 millions aux États-Unis, selon la National Shooting Sports Foundation, qui signale que la tendance s’est poursuivie en 2021.

8 MILLIARDS US

Somme annuelle que les homicides coûtent collectivement à l’économie de Chicago en frais de justice pénale et en frais médicaux, en pertes de salaires et de revenus, en diminution de la valeur des propriétés et en baisse de la qualité de vie. Pas moins de 797 personnes ont été tuées à Chicago en 2021, soit 25 de plus que l’année précédente.

Source : Council on Criminal Justice

LA MAISON-BLANCHE S’ATTAQUE AUX ARMES FANTÔMES

Revolvers qui fonctionnent un peu comme un kit Lego que l’on commande par la poste, et qui prennent environ 30 minutes à assembler, les « armes fantômes » pullulent aux États-Unis. Sans numéro de série, ces armes ne sont pas traçables et permettent à quiconque de contourner les exigences liées au port d’arme ou à l’achat d’une arme à feu. Selon une étude réalisée en Californie, ces armes fantômes sont impliquées dans 30 à 50 % des crimes avec armes à feu dans l’État, et plus de 20 000 de ces armes ont été saisies l’an dernier aux États-Unis, selon le ministère de la Justice. Ce mois-ci, le président Joe Biden a fermé une brèche dans la loi qui permettait la vente d’armes fantômes sous prétexte qu’il ne s’agissait pas techniquement d’armes, car elles n’étaient pas utilisables « immédiatement ». Pour faire son annonce, le président Biden était accompagné de Mia Tretta, une adolescente qui a été blessée par un tireur lors d’une attaque à l’école secondaire Saugus, en Californie, en 2019, dans laquelle deux enfants sont morts. Mia Tretta poursuit aujourd’hui en justice Terrance J. Osman, l’homme qui a vendu sur l’internet l’arme fantôme ayant servi dans ce crime.

EN SAVOIR PLUS

88 %

Proportion d’Américains qui sont d’avis qu’une personne devrait d’abord obtenir un permis avant d’être autorisée à avoir une arme dissimulée.

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