Archive for novembre, 2018


Marie-Denise Douyon logo« Nous migrons tous intérieurement… Le parcours d’une vie est un voyage incessant jalonné de défis de reconstruction et de réinvention de soi. »

De Marie-Denise Douyon

À travers l’exposition L’Art de se recréer, Marie-Denise Douyon nous invite à une réflexion sur les enjeux liés à l’exercice de la reconstruction identitaire auxquels elle a fait face en s’établissant en 1991 à Montréal.

L’exposition

Marie-Denise Douyon 00L’élément déclencheur à l’origine de cette vision de l’art pour Marie-Denise Douyon a été un incident douloureux à la fin de sa vingtaine. À travers une arrestation arbitraire en Haïti, des conditions d’incarcération inhumaines et de violence, elle découvre que la création est son exutoire. Cette riche exposition retracera le parcours migratoire de l’artiste de Port-au-Prince à Casablanca, en passant par le Bénin, New York et Montréal et se terminera sur son dernier séjour japonais. Impressionnée par les valeurs citoyennes du Québec, elle désire redonner à cette société qui lui a tant appris. Dans la suite logique de son parcours, ce projet lui parait comme une évidence. Vouloir se réinventer est un passage que bien des gens vivent. Avec cette exposition, « je souhaite inspirer les gens à se connecter avec leur soi profond et emprunter le chemin qui mène vers la reconstruction. », explique-t-elle.

 

Marie-Denise Douyon x4

Les invités, Komty Ondoua, chanteuse, chorégraphes Shérane et Aurélie Figaro, Mme Lyne Dubé co-fondatrice de la Galerie Gora et Mme Marie Denise Douyon. Crédits photo : Radu Juster. Ne manquer pas la chance de visiter la Gallery Gora située au 279, Sherbrooke Ouest # 205. Montréal • Métro Place-des-arts (sortie Bleury). Information : 514 879-9694

Présent à ce vernissage, les toiles de Marie-Denise ainsi que la chorégraphie de Shérane et Aurélie Figaro suivi des chants camerounais de Komty Ondoua, tout cela m’a inspiré un poème que je vous partage. J’ose espérer que mes mots s’ajustent bien au parcours dramatique de l’artiste peintre qui culmine vers une chaude clarté de l’espoir aux gestes ascendants, sobres et majestueux.

Par Serge St-Arneault, M.Afr, Montréal, 1er novembre 2018

Poème inspiré lors du vernissage des toiles de Marie-Denise Douyon

Un vernissage est en soi une exposition,

un dévoilement du soi,

d’une intimité.

Il est une confidence partagée … une révélation du cœur,

un jaillissement de sentiments enfouis, mais toujours sentis.

Les oeuvres exposent l’univers intérieur,

un voyage dans le temps et la mémoire.

Les toiles scandent les époques, les lieux.

Le Maroc, le sable, les chameaux.

La sérénité et l’émerveillement des années de jeunesse.

Le retour en Haïti, lieu du drame,

lieu du combat entre les ombres et les lumineuses couleurs.

Oeuvres littéralement enchaînées,

encerclement de chaînes, tourbillonnantes, étourdissantes.

elles-mêmes prisonnières du cadre figeant sa rotation.

Drames récurrents et répétitifs aux tristes visages abaissés… de toile en toile.

Drames en trois dimensions, juxtaposées, trouées douloureusement avec précision.

Drames étagés où le feu jaillit à la limite de l’anéantissement.

Subtilement, un mouvement ascendant amorce une perpétuelle recréation.

Traumatisme tinté d’espoir à la lueur d’une déchirante mort source de résurrection.

Le blanc éclate. Il se déploie.

Et puis, enfin, la lumière salvatrice émane de l’Orient.

Il était temps. Cette destination est celle de la paix retrouvée, une paix du coeur profond.

Il est le fruit d’une succession, d’une couche de ruptures savamment agencées où les brides de l’ancien monde se noient dans la chaude clarté de l’espoir aux gestes ascendants sobres et majestueux.

Le temps est venu de s’envoler.

Document PDF du poème.

Communiqué de presse

Communiqué de presse.

En route vers une Église authentiquePar Serge St-Arneault, M.Afr

Selon le document de travail de la XVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques qui se tient à Rome, les jeunes aspirent à une «Église authentique » qui puisse briller par «exemplarité, coresponsabilité et solidité culturelle» «une Église moins institutionnelle, et plus relationnelle, capable d’accueillir sans juger préalablement, amie et proche, accueillante et miséricordieuse».

Nous sommes tous tributaires de structures pour notre survie individuelle et collective au risque de dégénérer ou, pire encore, de nous autodétruire. J’en ai fait l’expérience au Zaïre au début des années 1990 lorsque le pays s’est effondré dans le pillage et la guerre civile. Les repaires sociaux disparaissent alors à la même vitesse que la sécurité des personnes. C’est ce qu’on appelle le chaos.

Ici, nous avons raison d’être fiers de nos structures politiques, juridiques et économiques. Nous avons nos chartes, nos constitutions, nos institutions et nos valeurs. Pourtant, en tant que citoyens et croyants, nous nous sentons bousculés par l’évolution des mœurs, la complexification des relations internationales et les enjeux écologiques.

Sociologiquement, les institutions, aussi nécessaires soient-elles, mènent parfois vers des formes d’aliénation. Il y a des familles dysfonctionnelles où la peur et la violence engendrent des traumatismes. Les régimes politiques totalitaires engendrent des guerres. C’est pourquoi nul n’est tenu de défendre à tout prix une institution, un régime, un système ou une structure déficiente ou opprimante.

Ce qui compte avant tout au sein de toute forme institutionnelle est de nous permettre de vivre dignement. C’est pour cela que le drame des enfants, pour ne prendre que cet exemple, abusés par les représentants de l’Église fait si mal. Plus douloureux et scandaleux est l’effort des institutions religieuses et cléricales de protéger la réputation de l’Église plutôt que de rendre justice aux plus vulnérables.

L’Église Catholique a plus de 2000 ans d’histoire. Cela a permis la consolidation d’une richesse non seulement matérielle, mais aussi doctrinale et ecclésiale. Par contre, nos structures ne sont plus adaptées à la réalité changeante d’aujourd’hui. Que faire de nos églises désertées ?

Dans un contexte où les appartenances identitaires se diversifient, l’Église au Québec vit un tournant missionnaire. Voilà une opportunité à saisir. Nous devons en profiter pour redéfinir notre vision en tant que communauté croyante en Jésus-Christ. Sans tourner le dos à notre appartenance catholique, nous pouvons désormais témoigner de notre foi en osant mettre à l’écart ce qui nous empêche d’être une «Église authentique » pour reprendre les mots ci-haut mentionnés.

Il est temps de nous alléger du fardeau d’une institution trop lourde à gérer. Le temps est venu de briller par «exemplarité, coresponsabilité et solidité culturelle». Reste à savoir comment définir tout cela.

Église de 3-Riv logo magazineArticle publié dans le Bulletin électronique Église de Trois-Rivières – septembre/octobre/novembre 2018