Israël sans masque – le vrai visage d’un état colonial

Un sujet dont nous parlons tous 

Par Julien Cormier, M.Afr

Julien Cormier, M.Afr

Le lancement du livre de Gilles Bibeau sur Israël. Titre de cette brique de 500 pages (vraiment une encyclopédie sur le sujet, passionnante à lire), « ISRAËL SANS MASQUE. Le vrai visage d’un État colonial ». Édité en Tunisie par les Éditions Tamam et au Canada par Sikelli, la maison d’édition de la librairie Port de Tête (proche du métro Mont-Royal) de Montréal. 

Je n’ai pas encore lu ce livre, mais il me passionne déjà. J’en ai entendu parler pendant deux heures et demie. Et je l’ai acheté. À la soirée de vendredi, à la librairie indépendante Port de Tête, nous étions plus de 70 personnes, une moitié assisse sur des chaises, l’autre debout, qui avons tenu à entendre la présentation du livre ISRAËL SANS MASQUE de Gilles Bibeau par Madame la Ministre Louise Harel et par le Professeur Samir Saul. Et leurs réponses et celles de Gilles Bibeau à une douzaine de questions sur ce l’État d’Israël actuel, qui bombarde les Palestiniens et les Libanais, « complexe de la victime » qui fait de l’Autre son ennemi et veut le détruire ? 

Un sujet qui touche à l’histoire, à l’économie mondiale, à la géopolitique, à l’anthropologie, à la psychologie des peuples, à l’archéologie des sites bibliques, à l’étude de la bible au niveau universitaire (et non pas au niveau de la recherche des formules de la foi et des dogmes de morale). 

Gilles Bibeau, au dire des nombreux universitaires présents, est un maître en toutes ces sciences. Il est professeur émérite de l’Université de Montréal et de l’UQÀM. Il mérite tout mon respect et mon amitié depuis que, comme il le dit à chaque conférence publique où je suis présent, nous avons fait ensemble le noviciat chez les Pères Blancs d’Afrique, du mois d’août 1961 au mois de juillet 1962, pour ensuite prendre le même paquebot transatlantique, lui en direction d’études en Belgique, moi en France. Gilles a continué sa vie en revenant à l’état laïc et moi en m’engageant à vie dans la Société des Missionnaires d’Afrique. 

Exemple de questions traitées hier soir et dont on trouvera l’histoire détaillée et l’explication dans ce livre : 

  • Historiquement, les « 12 tribus d’Israël » sont une création théologique, les rattachant au mythique Père Abraham, pour manifester l’unité des diverses cultures et tribus qui habitaient une même région de la terre. Un peu comme la création du mythe Adam et Ève, vérité théologique, pour manifester l’unité du genre humain. 
  • L’État d’Israël est une création des « Impérialistes », l’Angleterre d’abord, les États-Unis maintenant, pour maintenir leur puissance politique et leurs intérêts économiques au Proche-Orient, à la suite de la disparition de l’Empire Ottoman. 
  • Les puissances impérialistes ont inventé un slogan publicitaire auquel même les Juifs les plus pratiquants, sépharades ou azkanases ne croyaient pas au début : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». La terre sans peuple, ce serait la Palestine et le peuple sans terre, ce serait les Juifs enracinés en d’autres terres de par le monde, des États-Unis à la Russie, d’Allemagne, de France ou du Maroc.
  • Mauvaise interprétation de l’expression biblique « la Terre que Dieu a donnée à notre père Abraham », à son fils Isaac (mais pas à son fils Ismaël, ancêtre mythique des Arabes), à Jacob, surnommé ISRAËL, fils d’Isaac, père des 12 patriarches, des 12 tribus d’Israël. Comment dire ? Selon la Bible, Dieu donne à TOUT ÊTRE HUMAIN la terre à cultiver, à exploiter, tout comme il donne l’eau à boire et l’air à respirer. Mais au contraire du communautarisme que l’on trouve dans la bible, c’est le système typique du « capitalisme » qui fait d’un bien commun une marchandise privée que les riches s’approprient et qu’ils savent vendre aux pauvres, au-delà de leurs besoins et de leurs moyens. Oui, oui, dans le système capitaliste, on nous vend déjà l’eau et l’air en bouteilles ! À plus forte raison la terre a été appropriée non pas par ceux qui la cultivent où y font paître leurs troupeaux, mais par ceux qui ont de l’argent (et des armes) pour en prendre possession. Mêmes trafics avec l’appropriation des océans et des richesses halieutiques (ça veut dire des poissons). 

Liens :

Présentation de l’ouvrage du Pr Gilles Bibeau « Israël sans masque. Le vrai visage d’un État colonial », 23 octobre 2025

Résumé :
Cette communication mêlera compte-rendu archéologique, analyse ethno-historique et témoignage autobiographique, pour interroger le processus à travers lequel l’État d’Israël s’est construit sur une terre déjà habitée par le peuple palestinien. L’auteur montrera que la construction de l’État actuel d’Israël s’est appuyée, pour une part, sur les résultats des recherches archéologiques et d’autre part sur l’idéologie du sionisme. Il se centrera notamment sur l’impact de cette idéologie sur les sciences de la mémoire – archéologie, histoire et biographie – qui ont conduit à définir l’identité juive en lien avec les Israélites dont parle la Bible. Deux questions traverseront la communication : Quel rôle ces disciplines de la mémoire ont-elles joué, et jouent-elles encore, dans l’occupation israélienne des terres habitées par les Palestiniens ? Les Palestiniens doivent-ils disparaître en tant que peuple pour que les Juifs puissent habiter la terre d’Eretz Israel dite être celle des ancêtres des Israéliens d’aujourd’hui ? Le conflit actuel donne à ces questions une actualité brûlante.
Gilles BIBEAU, Professeur émérite
Département d’anthropologie
Université de Montréal (Canada)

Autre lien : Gilles Bibeau : un livre courageux qui bouscule les certitudes

Publication de Alexandra Milliard – Sous Silence

L’équipe de production de Sous Silence tient à remercier sincèrement Serge St-Arneault pour son soutien au projet, notamment en nous ayant permis d’utiliser les locaux du Centre Afrika à Montréal pour le tournage.

Le Centre Afrika joue un rôle essentiel dans la communauté en offrant un espace de rencontre, de partage et de développement, favorisant l’inclusion, la solidarité et l’engagement collectif.

En plus de son implication en tant que partenaire, Serge St-Arneault a également contribué au projet à titre d’acteur, apportant sa présence et son engagement à l’écran.

À travers ses réflexions et son engagement, il met de l’avant l’importance du leadership, du dialogue et de la responsabilité face aux enjeux qui touchent nos sociétés.

Dans la continuité des conversations que nous souhaitons ouvrir avec Sous Silence, ces valeurs rappellent l’importance de ne pas rester silencieux, mais de contribuer, chacun à sa manière, à faire évoluer les choses.

Merci pour votre accueil, votre ouverture et votre contribution précieuse à ce projet.

Alexandra Milliard

Revue de presse pascale : Une Église vivante, ici et maintenant !

Par Service des communications, Église Catholique de Québec, 7 avril 2026

La joie se prolonge, car nous voilà dans l’Octave de Pâques ! Voici une revue de presse rassemblant plusieurs reportages parus récemment dans les médias. Vous y découvrirez des articles qui mettent en lumière des femmes et des hommes engagés au sein de notre diocèse, dont la parole, l’action et le témoignage parlent au cœur. Des baptisés qui y partagent leur expérience avec authenticité, témoignant d’une foi incarnée, enracinée dans l’espérance pascale.

À travers ces reportages se dessine une Église bien vivante, attentive aux personnes et en dialogue avec la société. Ces articles et reportages audio ou télévisuels sont de belles occasions de reconnaître le travail pastoral accompli sur le terrain et de rendre visible tout ce qui se vit de beau, de vrai et de porteur de sens dans nos communautés chrétiennes. Laissez-vous inspirer par ces voix qui, chacune à leur manière, annoncent une Bonne Nouvelle toujours actuelle !

  • Trois religieux s’installent dans Saint-Roch – Radio Canada
    • Trois religieux des Missionnaires d’Afrique, deux Québécois et un Africain, viennent de s’établir dans le quartier Saint‑Roch. Après avoir œuvré sur le continent africain, ils tenteront de redonner vie à cette paroisse et d’aider les plus démunis. Guylaine Bussière les a rencontrés.
  • Au Québec, l’immigration redynamisme les églises catholiques – Radio Canada
    • Plus du quart des nouveaux arrivants au Canada sont de confession catholique, provoquant une transition dans une Église délaissée par de nombreux Québécois. Dans la paroisse de Limoilou, une rencontre multiculturelle se prépare. Les abbés Paolo Maheux et Martin Lortie accompagnent régulièrement ces nouveaux arrivants.
  • Jeunes et religion, entre espoir et quête identitaire – Radio Canada Ohdio (14 min)
    • La génération Z semble plus croyante que ses aînés et s’oriente parfois vers une pratique plus fervente de sa foi. Selon un rapport d’Angus Reid, les Canadiens de moins de 25 ans sont le groupe d’âge le plus susceptible d’être classé comme « religieusement engagés » (24 %), dépassant toutes les autres tranches d’âge. Gilles Routhier, professeur titulaire à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval, décrypte ce phénomène.

INITIATIVE DU SAHEL POUR LA PAIX – SAHEL PEACE INITIATIVE (SPI)

Forum Régional de Plaidoyer et de Mobilisation des Ressources pour la Paix, Bamako, 26-27 mars 2026

APPEL DES LEADERS RELIGIEUX ET TRADITIONNELS DU BURKINA FASO, DE LA COTE D’IVOIRE, DU GHANA, DU MALI ET DU NIGER POUR LA PAIX ET LA COHESION SOCIALE AU SAHEL ET EN AFRIQUE DE L’OUEST A TRAVERS L’INITIATIVE DU SAHEL POUR LA PAIX

Une crise profonde et multidimensionnelle persistante

La crise que traverse le Sahel et la sous-région ouest-africaine depuis plus d’une décennie est multidimensionnelle et est alimentée par de nombreux facteurs. Elle est à la fois sécuritaire, humanitaire, socio-politique, géopolitique et forcément économique. Elle trouve un terreau fertile dans la vulnérabilité économique structurelle des populations, l’effritement des cadres de transmission des valeurs favorisant le vivre ensemble, les déficiences du fonctionnement de l’Etat (mauvaise qualité de la gouvernance entrainant entre autres, la corruption, les inégalités sociales et économiques), les conflits d’accès aux ressources naturelles, les conflits entre communautés, l’instrumentalisation des identités culturelles, religieuses et socio-politiques.

Initialement circonscrite au Sahel central (Burkina Faso, Mali et Niger), cette crise s’étend aujourd’hui aux pays côtiers du Golfe de Guinée, exposant des régions auparavant stables à de nouvelles formes de violences. Dans le Sahel central, en particulier, la crise continue de se traduire, en autres, par des atteintes aux personnes et à leurs biens : assassinats ciblés et enlèvements, fermeture de nombreuses écoles et de services de santé, destruction de milliers de foyers de responsables communautaires, déplacements massifs de populations et autres atteintes graves aux droits humains dont la liberté de conscience, de parole et de religion, etc.

Au regard de tout ce qui précède, nous, leaders religieux et traditionnels du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali et du Niger, lançons cet appel :

Aux auteurs des attaques et des massacres, à y mettre fin au nom du respect de la vie qui est un don sacré de Dieu dont personne ne saurait disposer, quels que soient son ressenti, son ambition, son appartenance ethnique, culturelle, politique ou religieuse.

Aux pouvoirs publics, à faire de la protection des populations et de leur développement humain intégral, la priorité absolue, à promouvoir par des actes concrets une gouvernance par l’exemplarité empreinte de justice sociale, d’intégrité, de redevabilité et de recherche du bien commun, au-delà de leurs aspirations légitimes à la souveraineté dans le contexte actuel de reconfiguration géopolitique du monde. A cet effet, leur soutien multiforme aux efforts des leaders religieux et coutumiers en matière de construction de la paix et de la cohésion sociale est vivement attendu, car là où leur légitimité administrative peine à atteindre les cœurs, l’autorité morale de ces derniers peut ouvrir des portes. Pour faire face à la crise sécuritaire, la coopération transfrontalière et régionale est une nécessité, car aucun pays n’est suffisamment fort pour y faire face tout seul.

L’initiative du Sahel pour la Paix (SPI) est un instrument au service de la paix dans les pays du sahel et en Afrique de l’Ouest. Elle demande à être soutenue afin de porter d’autres initiatives et mobiliser les leaders religieux et coutumiers pour des actions collectives en faveur du bien commun.

Aux leaders des communautés coutumières et religieuses, à user de leur autorité morale dans une approche interreligieuse pour éduquer au respect de la dignité humaine, à préserver la liberté religieuse, les valeurs humaines et spirituelles communes à tous les hommes, créés par Dieu, et à promouvoir le dialogue interreligieux fondé sur la bienveillance et la recherche de la paix par la compréhension mutuelle, la prière, les discours et les actes empreints de respect et orientés vers la recherche du bien commun.

Aux acteurs internationaux, à jouer un rôle positif dans la reconfiguration géopolitique actuelle du monde, en respectant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de leurs ressources naturelles locales pour leur propre développement, en soutenant les Etats pour faire face aux défis transnationaux (prolifération nucléaire, changements climatiques, crises migratoires, pauvreté, insécurité, etc.), en mettant fin aux accords injustes qui plombent le développement des pays, en mettant fin à la prolifération des armes et en cessant la création et l’alimentation des conflits.

Aux partenaires techniques et financiers, à soutenir toutes les initiatives de paix. La paix a besoin de ressources, d’un investissement réel, concret, patient, cohérent, durable. Soutenir les efforts de paix, c’est renforcer la prévention, c’est appuyer la cohésion sociale, c’est soutenir la médiation, l’écoute, la résilience locale, la reconstruction de la confiance au plan local et international.

Aux représentations diplomatiques dans nos pays respectifs, à promouvoir une coopération sincère, soucieuse des intérêts des peuples et respectueuse du Droit international.

Aux hommes et femmes de médias, à choisir chaque jour le récit qui éclaire et construit la confiance entre les hommes et les femmes de nos sociétés, plutôt que le scoop qui enflamme, et à s’impliquer dans les réseaux engagés pour SPI et pour transformer le regard sur le Sahel et l’Afrique de l’Ouest.

Aux organisations locales et communautaires, à prendre davantage conscience de leur rôle de veille, de sentinelle dans les communautés et à prendre précocement soin des situations de détresse, en gardant allumée la lampe de l’espérance là où beaucoup ne voient plus d’issue. Qu’elles soient toujours sel et levain dans la pâte, et s’engagent à compter d’abord sur elles-mêmes !

Aux familles, cellules de base et d’avenir de la société, à jouer pleinement leur rôle de promotrices de la vie et des valeurs humaines.

Aux pères, appelés à être avec leurs épouses les piliers de la famille, à travailler au respect de la dignité de tous, à s’ouvrir à la collaboration avec toutes les composantes de la cellule familiale, et à transmettre aux générations futures les valeurs de paix, de cohésion sociale et de la crainte de Dieu.

Aux femmes, qui portent souvent l’essentiel sans bruit, tiennent les familles, portent la mémoire, soutiennent la vie, empêchent parfois que le tissu humain ne se déchire complètement, à jouer un rôle d’équilibre, à favoriser la paix et la cohésion sociale grâce à leur capacité à écouter, à concilier et à créer du lien.

Aux jeunes, à ne pas se laisser influencer négativement par les réseaux sociaux, embrigader par les groupes armés ou terroristes, à prendre suffisamment conscience qu’ils ne sont pas condamnés à hériter seulement des crises de notre région. Ils sont des acteurs importants de la société de demain, appelés à devenir des bâtisseurs lucides d’un avenir plus juste et plus fraternel.

Aux acteurs des organisations non-étatiques et à toutes les personnes de bonne volonté, à accompagner les initiatives, pour un monde réconcilié dans la justice et la paix véritable.

Aux populations victimes des violences, aux familles qui ont perdu des êtres chers, aux personnes qui gardent en elles des séquelles des violences, à prendre courage, à rester dignes et à garder confiance sans céder ni à la haine ni à la vengeance malgré l’adversité et tous les facteurs qui incitent au désespoir.

La paix étant un don de Dieu mais aussi le fruit de l’effort des hommes, nous, leaders religieux, traditionnels et coutumiers réunis à Bamako les 26 et 27 mars 2026 autour du thème « la paix au sahel et en Afrique de l’Ouest : un appel des leaders religieux et traditionnels à la cohésion sociale par l’action collective ! », réaffirmons notre engagement à collaborer avec toutes les personnes de bonne volonté. Et ce, pour que cessent toutes les formes de violence et que leurs causes profondes soient éradiquées. Dans cette marche pour la reconquête de la Paix au Sahel, en Afrique de l’Ouest et ailleurs que nous accompagnons de notre prière, l’engagement et la contribution de tous seront précieux et déterminants !

Sur les pays du Sahel, sur l’Afrique de l’Ouest et sur le monde entier, nous implorons la bénédiction de Dieu.

Ont signé :

Le représentant de la Communauté musulmane,

Sheikh Dr. Hazic Hussein ZAKARIA au Ghana

Le représentant de la chefferie coutumière

Sa Majesté Ousmane DICKO, Emir du Liptako au Burkina Faso

Le représentant de la Communauté protestante

Révérend Dr NOUH AG INFA ATTARA, Délégué Général AGEMPEM au Mali

Le représentant de la Communauté catholique

Philippe Cardinal OUEDRAOGO, Archevêque Emérite de Ouagadougou au Burkina Faso

Bureau de Coordination Régionale – SPI 11 BP 1261 CMS, sis au Centre Cardinal Paul Zoungrana, Quartier Dagnoen

SPI – Regional Coordination Office Within the Cardinal Paul Zoungrana Center, Dagnoen District

Site web : https://spiafrica.org/

Email : secretariat@spiafrica.org; Tel : +226 03850022

Le Communautaire à Boutte, Québec, le 2 avril 2026

Depuis le 23 mars 1882, 1882 organisations communautaires de tout le Québec mènent une grève pour une justice sociale équitable. Le 2 avril 2026, elles ont convergé vers le Parlement de Québec, représentant plus de 10 000 personnes. Il est à noter que 80-85 % de ces personnes sont des travailleuses.

Je me suis rendu devant le parlement vers 11 h. Cela m’a permis de mieux comprendre les raisons pour lesquelles les gens sont venus d’aussi loin que les Îles-de-la-Madeleine.

Leurs revendications

Le 2 avril est également la commémoration Jeudi Saint lorsque Jésus lave les pieds de ses disciples. Quelle belle coïncidence ! La bénévole au kiosque d’accueil m’a expliqué que la couleur rouge signifiait l’URGENCE. Le rouge représente aussi l’élément vital du sang. J’ai donc accroché un ruban rouge à mon poignet. Ce ruban échiqueté représente le FILET SOCIAL EN TRAIN DE S’ÉFRITER, de TOMBER EN MORCEAU, de se DÉCHIRER comme le sang de Jésus versé sur la croix. C’est dramatique !

En vérité, lors de mon homélie à la messe du soir, j’ai mis en évidence l’importance de l’engagement communautaire et son caractère profondément évangélique. Ce matin-là, une foule de 10 000 personnes, majoritairement composée de jeunes, s’est rassemblée dans un esprit de solidarité. Elles consacrent leur temps et leurs efforts à aider les personnes dans le besoin. Si l’on additionne tous ces pieds, on obtient un total de 20 000 paires. Ce sont ces pieds-là qui méritent d’être nettoyés en ce Jeudi Saint.

LIENS :

Le communautaire à boutte. Mouvement national de grève et de revendications du milieu communautaire

Plus de 10 000 personnes mobilisées pour le milieu communautaire

Dans le quartier Saint-Roch, l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de Québec 

Vidéo du 2 octobre 2025 :

Ce jeudi, le 2 octobre 2025, une trentaine de personnes issues d’une cinquantaine de groupes communautaires de Québec et de Chaudière-Appalaches se sont rassemblées devant l’Assemblée nationale. Leur message : exiger un meilleur financement pour la défense collective des droits sociaux, un secteur fragilisé par l’absence d’indexation et la montée des besoins liés à la crise économique, au logement et aux services publics.

Le communautaire (et le Québec) à boutte

Table nationale des Corporations de développement communautaire

Ligne d’écoute pour tout le Québec | Obtenir des ressources d’aide

Maison des jeunes Capitale-Nationale

Les Missionnaires d’Afrique au coeur de la revitalisation de l’église Saint-Roch

Rencontre avec Jean-Paul Guibila

 Par Hugo Saez,  23 février 2026 dans Actualité religieuse

Originaire du Burkina Faso et membre de la société des Missionnaires d’Afrique, Jean-Paul Guibila vient de poser ses valises à Québec afin de participer au nouvel élan entrepris pour relancer l’église Saint-Roch. Présence est allé à sa rencontre pour faire le point sur les dessous de sa venue et sur son implication dans le projet de revitalisation de l’une des plus anciennes paroisses de la Province.

C’est sur le parvis de l’église de Saint-Roch que nous lui avons donné rendez-vous. D’emblée, il faut reconnaître que les températures glaciales des dernières semaines n’ont pas facilité l’installation du père Jean-Paul Guibila. «J’ai quitté un four pour rentrer dans un congélateur», plaisante celui qui a passé les sept dernières années à la maison généralice de Rome.

Rendre la pareille

À l’heure du 125e anniversaire de l’arrivée des Missionnaires d’Afrique à Québec (autrefois connus comme les Pères Blancs), Jean-Paul Guibila a reçu le mandat d’assurer une présence pastorale à temps plein à l’église Saint-Roch avec ses confrères Serge St-Arneault et Denis Walsh.

Serge St-Arneault, Jean-Paul Guibila et Denis Walsh

«Nous avons beaucoup reçu de l’Église canadienne spirituellement, humainement, moralement, et je dirais même matériellement. Maintenant, l’évangélisation ne va pas seulement du Nord au Sud, mais aussi du Sud au Nord. Si nous avons été capables de recevoir, nous pouvons apporter quelque chose à l’Église de Québec. Mes supérieurs hiérarchiques, qui sont le provincial des Amériques et le supérieur général, m’ont demandé si j’accepterais de venir à Québec pour relancer l’église Saint-Roch. Et me voici !», relate le père Guibila sans cacher une pointe d’appréhension et faisant écho à une certaine «peur de l’inconnu».

Dans un contexte où l’église Saint-Roch n’a bénéficié que d’une présence par intermittence dans les dernières années, ce renfort est une excellente nouvelle pour l’archevêque de Québec, le cardinal Lacroix. «Déjà, des prêtres et des communautés venus d’ailleurs collaborent à notre mission pastorale ; ils sont une réponse à nos prières, et nous les recevons avec une profonde gratitude et une grande joie. Par leur visite et leurs paroles, les Missionnaires d’Afrique nous ont manifesté leur désir sincère de se mettre au service des besoins de notre communauté diocésaine», a-t-il réagi par courriel.

Selon l’archevêque de Québec, ces arrivées viendront pallier «le manque de ministres ordonnés dont nous disposons pour répondre adéquatement aux besoins pastoraux de notre archidiocèse» tout en permettant une diversité qu’il qualifie de «don précieux» pour l’Église.

Être une présence dans Saint-Roch

Définitivement installé dans la capitale nationale depuis le 2 février, Jean-Paul Guibila poursuit ce qu’il appelle sa «période de stage», où la découverte du quartier et de ses enjeux est essentielle pour sa prise de repères. «En lisant un dépliant, j’ai vu que Saint-Roch est le patron des exclus. J’ai mis cela en lien avec la présence importante d’itinérants dans le quartier», fait remarquer celui qui est originaire du diocèse de Ouahigouya.

Pour le moment, il est encore trop tôt pour savoir comment s’articulera concrètement cette présence à temps plein à l’église Saint-Roch. Néanmoins, le père Guibila est sûr d’une chose : «Qu’est-ce que je vais apporter de neuf ? Rien. Le plus important pour moi, c’est d’aller à la rencontre de l’autre, de l’accueillir tel qu’il est, de tendre une oreille, de sourire, d’adresser une parole chaleureuse au milieu de cet hiver.»

Sous une nouvelle rafale d’un vent saisissant, il reprend une inspiration avant d’enchaîner : «Dans l’article d’une revue, j’ai lu que des touristes étaient venus pour visiter l’église. Ils sont repartis déçus, parce qu’ils n’ont pas pu y avoir accès. Ce genre de situation ne devrait pas se produire dans ce quartier historique, où l’église est un symbole».

Dans cette optique, le cardinal Lacroix espère que le virage qui s’amorce aura pour effet de conduire à une «relance sociale et humaine» pour l’ensemble de la population, qui s’appuie sur la proximité et la solidarité. «Fidèle à sa vocation d’accueil, de charité et de promotion de la dignité de toute personne, la paroisse peut devenir un véritable point d’ancrage en offrant écoute, accompagnement, aide matérielle et orientation vers les ressources communautaires», adresse ce dernier en misant sur la présence de l’équipe missionnaire au cœur du quartier.

Collaboration avec le milieu culturel

Notons que ce projet pastoral s’ajoute à l’installation, en décembre dernier, de l’expérience AURA. Il s’agit d’un spectacle immersif produit par le studio Moment Factory, où son et lumière s’entremêlent pour mettre en valeur l’architecture et l’histoire de l’église Saint-Roch. Le spectacle sera présenté au moins durant les cinq prochaines années et vient avec son lot de promesses vis-à-vis de l’attractivité touristique et économique du quartier. «Cette initiative ouvre la voie à une vision renouvelée, où tradition et innovation peuvent se renforcer mutuellement», affirme l’archevêque de Québec.

Au moment de nos échanges avec Jean-Paul Guibila, nombreux sont les visiteurs qui montent d’ailleurs les marches du parvis pour assister à une représentation de l’expérience AURA. «J’en ai entendu parler et je suis curieux de la découvrir», fait-il remarquer.

«L’avenir de l’église Saint-Roch peut ainsi s’envisager comme celui d’un lieu hybride : avant tout espace de foi, fidèle à sa vocation première, mais également lieu de rencontre, de culture et de dialogue. En conciliant la mission des Missionnaires d’Afrique avec des initiatives innovantes telles qu’AURA, Saint-Roch pourrait devenir un véritable symbole de renouveau, démontrant qu’une église peut rester profondément ancrée dans son identité tout en s’adaptant aux réalités et aux besoins d’aujourd’hui», espère pour sa part le cardinal Lacroix.

Trois religieux s’installent dans Saint-Roch

Trois religieux de la communauté des Missionnaires d’Afrique, deux Québécois et un Africain, viennent de s’établir dans le quartier Saint-Roch. Après avoir œuvré sur le continent africain, ils tenteront de redonner vie à cette paroisse et d’aider les plus démunis. Guylaine Bussière les a rencontrés.

De Le téléjournal Québec, 2 avril 2026 

LIEN :