Éditorial de l’édition du mois de juin 2026 de la Lettre aux Amis, numéro 73
Que ce soit à Jérusalem, dans le quartier Saint-Roch de Québec ou là où vous vous trouvez en ce moment, nous sommes au bon endroit en raison du Christ ressuscité.
Le révérend Gilles Routhier, théologien éminent de renommée mondiale affilié au diocèse de Québec, expert du concile Vatican II et de la synodalité, enseignant à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval depuis 1992, a mis l’accent sur la nécessité de préserver l’unité ou «l’esprit de corps» en valorisant la variété des dons spirituels au sein de la communauté sacerdotale lors de la réunion générale du clergé de l’archidiocèse de Québec qui s’est déroulée le 6 mai 2026.
Le risque de division est bel et bien réel dans un monde polarisé, tel que nous le vivons chaque jour. Ce danger, c’est le retour aux « tribus » sociales, unies par des intérêts communs et dominées par des leaders d’opinion.
Dans l’Église, il est crucial d’écarter les conflits en se concentrant sur l’essence même de notre foi chrétienne : l’amour du Christ. C’est cela qui constitue notre choix essentiel.
Au-delà de nos sensibilités ou de nos colorations spirituelles, qui sont les manifestations de notre diversité, nous appartenons avant tout à une communauté de croyants en Église. Le piège à éviter est l’isolement, qui consiste à agir seul.
Notre mission commune est de promouvoir l’unité en embrassant notre diversité. C’est là l’œuvre de l’Esprit-Saint.
L’édition de La Lettre aux Amis que vous tenez entre vos mains nous emmène à Jérusalem et dans le diocèse de Québec, mais nous proclamons tous le même message : l’Évangile.
Bonne lecture,
Document PDF de l’édition de la revue La Lettre aux Amis du mois de juin 2026, numéro 73.
INSTALLATION D’UN SYSTÈME SOLAIRE AU COLLÈGE SAINT FRANCIS DE KYANAMIRA, DANS LE DIOCÈSE DE KABALE EN OUGANDA
Ce projet consiste à produire de l’électricité à partir d’un système solaire. En effet, l’approvisionnement en électricité fourni par la compagnie publique n’est pas stable. C’est pourquoi, compte tenu des besoins en électricité du collège Saint-Francis de Kyanamira, nous avons pris conscience de la nécessité absolue de disposer d’une alimentation solaire capable d’assurer le bon fonctionnement de l’établissement, en particulier pour les élèves. En cas de coupure de courant, ceux-ci ne peuvent plus accéder à la salle informatique pour leurs travaux pratiques. De plus, la nuit, lorsque l’électricité fournie par le gouvernement est coupée, les élèves ne peuvent pas étudier.
De plus, le collège de Saint-Francis de Kyanamira est le seul établissement secondaire de notre nouvelle paroisse du diocèse de Kabale : la paroisse SaintFrançois-d’Assise de Kyanamira. Cet établissement est situé dans une zone semi-rurale, non loin de la ville de Kabale, dans l’ouest de l’Ouganda.
Il s’agit d’un établissement mixte proposant à la fois un enseignement de niveau ordinaire et un enseignement supérieur, en internat et en externat. Il s’inscrit aussi dans le cadre de l’enseignement secondaire universel et de l’enseignement et de la formation post-secondaires universels.
L’établissement compte six bâtiments, à savoir le bâtiment principal abritant les bureaux administratifs et la salle informatique, le laboratoire, le foyer pour garçons et le foyer pour filles.
En ce qui concerne les effectifs, l’établissement compte actuellement trois cent quatre-vingts élèves qui sont encadrés par 34 enseignants diplômés et 18 membres du personnel de soutien.
La population locale, en particulier le comité des parents d’élèves, participe à ce projet en apportant sa contribution locale. À ce jour, quatre millions de shillings ougandais (4 000 000 UGX) ont été collectés à cette fin. Cela correspond à mille quatre cent quatre-vingt-sept dollars canadiens (1 487 CAD).
Toutefois, le montant que nous sollicitons grâce à votre générosité s’élève à vingt-six mille dollars canadiens (26 000 CAD).
Mille fois merci pour votre aide.
Père Grace B. Baltazar , M.Afr Père Armel Somda, M.Afr
Originaire du Burkina Faso et membre de la société des Missionnaires d’Afrique, Jean-Paul Guibila vient de poser ses valises à Québec afin de participer au nouvel élan entrepris pour relancer l’église Saint-Roch. Présence est allé à sa rencontre pour faire le point sur les dessous de sa venue et sur son implication dans le projet de revitalisation de l’une des plus anciennes paroisses de la Province.
C’est sur le parvis de l’église de Saint-Roch que nous lui avons donné rendez-vous. D’emblée, il faut reconnaître que les températures glaciales des dernières semaines n’ont pas facilité l’installation du père Jean-Paul Guibila. «J’ai quitté un four pour rentrer dans un congélateur», plaisante celui qui a passé les sept dernières années à la maison généralice de Rome.
Rendre la pareille
À l’heure du 125e anniversaire de l’arrivée des Missionnaires d’Afrique à Québec (autrefois connus comme les Pères Blancs), Jean-Paul Guibila a reçu le mandat d’assurer une présence pastorale à temps plein à l’église Saint-Roch avec ses confrères Serge St-Arneault et Denis Walsh.
Serge St-Arneault, Jean-Paul Guibila et Denis Walsh
«Nous avons beaucoup reçu de l’Église canadienne spirituellement, humainement, moralement, et je dirais même matériellement. Maintenant, l’évangélisation ne va pas seulement du Nord au Sud, mais aussi du Sud au Nord. Si nous avons été capables de recevoir, nous pouvons apporter quelque chose à l’Église de Québec. Mes supérieurs hiérarchiques, qui sont le provincial des Amériques et le supérieur général, m’ont demandé si j’accepterais de venir à Québec pour relancer l’église Saint-Roch. Et me voici !», relate le père Guibila sans cacher une pointe d’appréhension et faisant écho à une certaine «peur de l’inconnu».
Dans un contexte où l’église Saint-Roch n’a bénéficié que d’une présence par intermittence dans les dernières années, ce renfort est une excellente nouvelle pour l’archevêque de Québec, le cardinal Lacroix. «Déjà, des prêtres et des communautés venus d’ailleurs collaborent à notre mission pastorale ; ils sont une réponse à nos prières, et nous les recevons avec une profonde gratitude et une grande joie. Par leur visite et leurs paroles, les Missionnaires d’Afrique nous ont manifesté leur désir sincère de se mettre au service des besoins de notre communauté diocésaine», a-t-il réagi par courriel.
Selon l’archevêque de Québec, ces arrivées viendront pallier «le manque de ministres ordonnés dont nous disposons pour répondre adéquatement aux besoins pastoraux de notre archidiocèse» tout en permettant une diversité qu’il qualifie de «don précieux» pour l’Église.
Être une présence dans Saint-Roch
Définitivement installé dans la capitale nationale depuis le 2 février, Jean-Paul Guibila poursuit ce qu’il appelle sa «période de stage», où la découverte du quartier et de ses enjeux est essentielle pour sa prise de repères. «En lisant un dépliant, j’ai vu que Saint-Roch est le patron des exclus. J’ai mis cela en lien avec la présence importante d’itinérants dans le quartier», fait remarquer celui qui est originaire du diocèse de Ouahigouya.
Pour le moment, il est encore trop tôt pour savoir comment s’articulera concrètement cette présence à temps plein à l’église Saint-Roch. Néanmoins, le père Guibila est sûr d’une chose : «Qu’est-ce que je vais apporter de neuf ? Rien. Le plus important pour moi, c’est d’aller à la rencontre de l’autre, de l’accueillir tel qu’il est, de tendre une oreille, de sourire, d’adresser une parole chaleureuse au milieu de cet hiver.»
Sous une nouvelle rafale d’un vent saisissant, il reprend une inspiration avant d’enchaîner : «Dans l’article d’une revue, j’ai lu que des touristes étaient venus pour visiter l’église. Ils sont repartis déçus, parce qu’ils n’ont pas pu y avoir accès. Ce genre de situation ne devrait pas se produire dans ce quartier historique, où l’église est un symbole».
Dans cette optique, le cardinal Lacroix espère que le virage qui s’amorce aura pour effet de conduire à une «relance sociale et humaine» pour l’ensemble de la population, qui s’appuie sur la proximité et la solidarité. «Fidèle à sa vocation d’accueil, de charité et de promotion de la dignité de toute personne, la paroisse peut devenir un véritable point d’ancrage en offrant écoute, accompagnement, aide matérielle et orientation vers les ressources communautaires», adresse ce dernier en misant sur la présence de l’équipe missionnaire au cœur du quartier.
Collaboration avec le milieu culturel
Notons que ce projet pastoral s’ajoute à l’installation, en décembre dernier, de l’expérience AURA. Il s’agit d’un spectacle immersif produit par le studio Moment Factory, où son et lumière s’entremêlent pour mettre en valeur l’architecture et l’histoire de l’église Saint-Roch. Le spectacle sera présenté au moins durant les cinq prochaines années et vient avec son lot de promesses vis-à-vis de l’attractivité touristique et économique du quartier. «Cette initiative ouvre la voie à une vision renouvelée, où tradition et innovation peuvent se renforcer mutuellement», affirme l’archevêque de Québec.
Au moment de nos échanges avec Jean-Paul Guibila, nombreux sont les visiteurs qui montent d’ailleurs les marches du parvis pour assister à une représentation de l’expérience AURA. «J’en ai entendu parler et je suis curieux de la découvrir», fait-il remarquer.
«L’avenir de l’église Saint-Roch peut ainsi s’envisager comme celui d’un lieu hybride : avant tout espace de foi, fidèle à sa vocation première, mais également lieu de rencontre, de culture et de dialogue. En conciliant la mission des Missionnaires d’Afrique avec des initiatives innovantes telles qu’AURA, Saint-Roch pourrait devenir un véritable symbole de renouveau, démontrant qu’une église peut rester profondément ancrée dans son identité tout en s’adaptant aux réalités et aux besoins d’aujourd’hui», espère pour sa part le cardinal Lacroix.
Les Missionnaires d’Afrique reprendront la gestion de Saint-Roch alors que la communauté catholique de Québec connaît un regain de ferveur religieuse.
Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, à gauche, préside une célébration interculturelle diocésaine annuelle à l’église catholique Saint-Roch, le 12 janvier 2025, à Québec. Cet événement annuel vise à promouvoir l’intégration des nouveaux arrivants. (Photo de Daniel Abel)
(RNS) — L’église Saint-Roch, la plus grande de Québec, donne son nom à un quartier branché situé au bord du fleuve Saint-Laurent. Autrefois, les chantiers navals attiraient une population catholique ouvrière dans ce secteur. La quatrième église à occuper ce site a été construite en 1811 dans un style architectural médiéval. Cette vaste structure en pierre est toujours aussi imposante, même si elle abrite aujourd’hui un refuge pour sans-abri dans son sous-sol. Plusieurs organisations communautaires y trouvent également refuge. Le dernier prêtre résident de Saint-Roch a quitté il y a 30 ans.
Au cours des dernières années, l’église Saint-Roch n’était ouverte que le dimanche pour la messe, ce qui a suscité des plaintes de la part des visiteurs sur les sites internet touristiques. « Je suis venu un mercredi et j’ai été déçu de voir qu’elle n’était ouverte que quelques heures le dimanche », a écrit l’un d’eux, « j’ai donc raté l’occasion de voir l’intérieur de l’église où mes ancêtres priaient ».
Mais récemment, l’espoir est arrivé sous la forme d’un groupe de prêtres et de frères venus d’un lointain champ missionnaire qui n’a pas grand-chose à voir avec les cafés et les bars gentrifiés du quartier Saint-Roch.
Mercredi 17 décembre, l’archevêque de Québec, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, a annoncé que les Missionnaires d’Afrique s’engageront à temps plein pour assurer une présence pastorale dans le quartier St-Roch. Cette organisation catholique, active depuis 157 ans, se consacre à la justice sociale et à la création de communautés chrétiennes dans les régions sous-développées. Ses premiers membres provenaient d’Europe, mais à partir de 1901, c’est en grande partie des Québécois qui ont grossi ses rangs. « Des centaines de vocations sont venues de Québec pour servir en Afrique. Certains sont encore en vie, bien qu’ils soient désormais âgés et pour la plupart à la retraite, » a déclaré Mgr Lacroix au Religion News Service.
En guise de reconnaissance pour l’appui constant du diocèse de Québec, le cardinal a révélé que les Missionnaires d’Afrique, dont le siège central se trouve à Rome, ont proposé de s’établir à nouveau dans la ville québécoise. Le prélat a partagé leur message : « Vous nous avez tellement assistés. Vous nous avez aidés à former des prêtres, à travailler avec les pauvres, à établir des paroisses dans de nombreux pays d’Afrique. Maintenant, nous savons que vous avez besoin d’aide, et nous voulons venir travailler avec vous. Quelles que soient vos requêtes, peu importe l’endroit où que vous ayez besoin de nous, nous sommes à votre disposition. »
Saint-Roch Catholic Church in Quebec City, Quebec. (Image courtesy of Google Maps)
En 1868, le cardinal français Charles Lavigerie, alors évêque d’Alger, a établi la Société des Missionnaires d’Afrique qui fut l’une des premières à propager la foi chrétienne en Afrique orientale et occidentale. Le cardinal était une personnalité importante à son époque. Il conseillait l’empereur français Napoléon III ainsi que les papes Pie IX et Léon XIII. Lavigerie brûlait d’un ardent désir d’évangéliser l’Afrique et d’y mettre fin au trafic d’esclaves. Il a payé la libération de milliers de personnes, tout en exerçant des pressions sur le Vatican pour qu’il s’engage plus résolument dans la lutte contre l’esclavage.
Lavigerie vêtait ses prêtres d’une tuniques blanches, qui rappelaient celles des musulmans d’Afrique du Nord. Un chapelet à gros grains alternant noir et blanc, suspendu à leur cou, témoignait de leur appartenance à l’Église catholique. Les missionnaires étaient surnommés « Pères Blancs », la plupart d’entre eux étant effectivement des Européens.
Aujourd’hui, la majorité des Pères Blancs en activité sont Noirs. Ils exercent leur ministère principalement en Afrique, mais aussi au Mexique et en Asie. Alors que de nombreux séminaires en France et au Canada ont fermé leurs portes, des pays comme le Burkina Faso, le Ghana et le Kenya connaissent une affluence remarquable dans leurs écoles de formation. En Ouganda, en 1911, les missionnaires ont établi le premier séminaire catholique moderne au sud du Sahara, qui est resté en activité jusqu’à ce jour.
Le père Barthélémy Bazemo, supérieur provincial des Missionnaires d’Afrique pour les Amériques et établi à Washington, D.C., a confié que des membres de sa congrégation sont aussi impliqués dans deux autres églises. L’une est située à Brooklyn, dans l’État de New York, et l’autre, à Querétaro, au Mexique.
Le recrutement du personnel à Saint-Roch est particulièrement important, car la communauté catholique de Québec connaît un regain de foi. Entre 2023 et 2025, le nombre de baptêmes dans l’archidiocèse a augmenté de plus de 500 % (principalement chez les adultes de moins de 30 ans). La plupart des personnes ayant reçu le baptême sont originaires d’Afrique ou d’Amérique latine.
« Nous avons beaucoup de migrants, beaucoup de personnes venues de différents pays, et, parmi elles, de nombreux Africains originaires de différents pays », affirme Mgr Lacroix, qui a exercé son ministère en tant que missionnaire en Colombie pendant huit ans lorsqu’il était jeune prêtre. Ces nouvelles vagues de baptêmes représentent pour lui un « signe d’espoir » pour la ville, car « beaucoup de nouveaux arrivants sont fervents, donnent un bon témoignage et nous aident. »
L’immigration est un facteur démographique crucial. En effet, l’immigration permanente a augmenté en 2024 par rapport à 2023, et plus de 15 % des nouveaux résidents permanents provenaient du Cameroun, un pays d’Afrique centrale, selon l’Institut de la statistique du Québec.
« Ce qui me donne beaucoup d’espoir, c’est de voir ce que le Seigneur accomplit, par l’œuvre du Saint-Esprit, dans différentes régions de notre diocèse », a exprimé Mgr Lacroix. « Certaines de nos paroisses sont en pleine croissance. Les jeunes découvrent la foi. Nous voyons apparaître davantage de groupes de jeunes. Cette année, pendant la période de Pâques, nous avons vu le nombre de catéchumènes plus que doubler. » Actuellement, 17 séminaristes étudient à Québec en vue de devenir prêtres.
« Nous avons traversé des années très difficiles. Il reste encore de nombreux défis à relever, mais je vois de l’espoir. Nous avons également plus de séminaristes que nous n’en avons eu au cours de la dernière décennie », a affirmé le prélat.
À l’instar de Lavigerie, qui envoyait des missionnaires par groupes de trois, une équipe de trois missionnaires francophones « sera une présence pastorale et compatissante à Saint-Roch pour les habitants de la basse-ville de Québec, un quartier historique où les besoins sont nombreux. Nous sommes donc très, très heureux. Nous voulions faire cela depuis longtemps, mais nous n’avions tout simplement pas le personnel nécessaire. »
Deux d’entre eux sont nés au Canada et vivent présentement à Montréal : le père Serge St-Arneault et le frère Dennis Walsh. Le troisième, le père Jean-Paul Guibila, a été missionnaire au Congo et a travaillé jusqu’à tout récemment à Rome. Ayant obtenu dernièrement son visa, il devrait arriver au Canada au début du mois de janvier.
Le père Serge St-Arneault dans le bureau des médias chez les Missionnaires d’Afrique à Montréal. (Photo de Victor Gaetan)
Serge St-Arneault a été membre de l’équipe d’animation du Centre Afrika de Montréal depuis 2017. Ce centre fournit un service de conseils adapté aux demandes exprimées par les nouveaux immigrants qui viennent y chercher de l’aide. Le centre met également des salles à la disposition de groupes, comme les chorales ou d’autres associations africaines.
Selon les statuts des Missionnaires d’Afrique, le père Serge a affirmé que lui et ses collègues vivaient simplement. Par conséquent, en ce qui concerne le logement à Québec, il a déclaré : « Ce que le diocèse nous fournira nous conviendra. » (Le presbytère de Saint-Roch a été vendu il y a des années.) « Nous nous sentirons chez nous tant que nous pourrons servir l’Église et répondre aux besoins pastoraux de la communauté. »
Bathélémy Bazemo, né au Burkina Faso, a déclaré à RNS : « Nous sommes convaincus que nous devons nous ouvrir au ministère dans les pays du Nord. Dans le passé, nous étions tournés vers l’Afrique, mais aujourd’hui, le monde africain a évolué. Notre charisme est nécessaire dans le monde entier. »
Serge St-Arneault, qui a travaillé pendant 25 ans au Congo, au Malawi et en Zambie, a affirmé que l’équipe pastorale nouvellement formée ; « s’incluturera exactement de la même manière que tous les Missionnaires d’Afrique font en Afrique. »
(Victor Gaetan, correspondant senior pour le National Catholic Register, est l’auteur de « God’s Diplomats: Pope Francis, Vatican Diplomacy, and America’s Armageddon » (Les diplomates de Dieu : le pape François, la diplomatie du Vatican et l’Armageddon américain) et contributeur au magazine Foreign Affairs. Les opinions exprimées dans ce commentaire ne reflètent pas nécessairement celles de RNS.)
Le fondateur des Missionnaires d’Afrique et des Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique : le cardinal Charles Martial Lavigerie, ne cessait de rappeler aux membres qui l’on rejoint, de demeurer des personnes de foi, proches de Dieu qui les a appelés. C’est à partir de cette identité, qu’ils pourront valablement se lancer dans les différentes tâches telles que l’enseignement de la foi, les œuvres de charité, l’éducation scolaire, les soins médicaux, les travaux de développement, l’engagement pour la dignité humaine, etc.
Le témoignage du père Pierre Benson, un Missionnaire d’Afrique, illustre bien les propos de notre fondateur. En effet, la Société des Missionnaires d’Afrique a toujours œuvré pour la dignité du peuple de Dieu, en s’engageant dans la lutte contre l’esclavage en Afrique à l’époque où ce n’était pas si évident. Les Missionnaires d’Afrique ont une option claire pour : la justice et paix, et l’intégrité de la création.
Le salut (dont parle l’Évangile de Mathieu au chapitre 25, 31-46), commence dès ici-bas, dans l’engagement en faveur des peuples opprimés, des victimes des injustices sociaux et de tous les marginalisés de nos sociétés modernes. Ceux et celles qui s’engagent à soulager les souffrances des autres, à redonner l’espoir et le sourire aux personnes sur leur chemin, à montrer leur empathie à ceux qui n’en peuvent plus, reflètent mieux « l’humanité » tel que le créateur l’a imaginé.
Père Freddy Kyombo Senga, Missionnaire d’Afrique.
Ils sont proclamés « bénis » pour le bien qu’ils ont fait même sans le savoir.
Chacune et chacun est capable de faire preuve d’humanité autour de nous. Soyons « bénis » pour la bonté en nous.
Lampadaire du quartier populaire Loma de Casa Blanca
Il est 20h00 au cœur du quartier populaire Loma de Casa Blanca de Querétaro1 où je me trouve en ce moment. Le bruit de la rue est incessant; passage des voitures, aboiement des chiens, haut-parleurs diffusant des chants mexicains. La nuit, ce sont plutôt les chants des coqs qui dominent.
C’est mon deuxième séjour dans cette ville d’environ 2 millions d’habitants. D’autres quartiers de la ville sont bien aménagés. Pour vous donner une idée, voici quelques photos des avenues de la ville permettant d’atteindre le haut d’une colline surplombant la ville.
Vidéo
Le 30 mars, nous participons à la messe du dimanche à l’église Sainte-Monique, l’une des trois églises de la paroisse de la Très-Sainte-Trinité2, puis nous quittons Querétaro à 12h30 pour nous rendre à Guadalajara distante de 420 km.
Devant l’église Sainte-Monique; le frère Rafael Santana de Azevedo et les pères Barthélémy Bazemo et Paul Johnston, tous Missionnaires d’Afrique.
Nous empruntons une autoroute payante peu achalandée et arrivons à destination à 16h20 pour une moyenne de 130 km à l’heure avec des pointes de vitesse de 160 km/hre. En route, nous avons croisé cinq barrages routiers et déboursé environ $100.
Barrage routierTrajet entre Querétaro et Guadalajara
Guadalajara
C’est mon deuxième séjour. Nous avons cinq ou six jours de réunion et l’ambiance est déjà bonne. Le design de cette maison est particulier. Les grands espaces intérieurs sont magnifiquement illuminés grâce au recouvrement entier d’un toit de verre qui crée un vaste puis de lumière. Les décorations sont magnifiques.
Cette vaste maison est dédiée aux jeunes mexicains désireux de devenir missionnaires. Ceux-ci consacrent trois années pour les études en philosophie et suivent une formation adaptée pour l’engagement missionnaire en Afrique. Aussi, la maison accueille la Famille Lavigerienne, un regroupement de laïcs qui partage la spiritualité des Missionnaires d’Afrique. C’est donc une maison ouverte où il fait bon vivre.
Retour à Querétaro le 5 avril.
Le mot Querétaro signifie « le lieu des rochers » en langue tarasque du peuple Purépecha ou bien « le plus grand jeu de balle » en otomi. La ville est fondée en 1531, pendant la conquête du Mexique, par le conquistador espagnol Hernán Pérez Bocanegra y Córdoba et l’Indien otomí Conín (es). Santiago de Querétaro est situé à 1,900 m d’altitude. Située dans le centre-nord du Mexique, Santiago de Querétaro, également appelée Querétaro (prononcé en espagnol : keˈɾetaɾo), est une ville culturelle qui compte 878 931 habitants et une agglomération de plus de 1,5 million d’habitants. Elle fut longtemps considérée comme la troisième plus grande ville de la nouvelle Espagne et le théâtre de drames politiques majeurs de la préparation de la Révolution à la signature du traité de Guadalupe Hidalgo qui céda la moitié du territoire mexicain aux États-Unis. L’empereur Maximilien y fut fusillé. Querétaro est située au centre de la fertile plaine du Bajio et se consacre essentiellement à la viticulture, à l’agriculture en général et à l’élevage. Ville industrielle de premier plan, elle n’en garde pas moins un immense centre historique de toute beauté inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Belle et paisible ville, Querétaro est un joyau colonial mêlant le baroque au style mudéjar. Sources : Wikipedia – UNESCO – Site Web : https://www.queretaro.gob.mx/↩︎
Les Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) ont créé le Centre Afrika en 1988 afin de permettre aux Africains de tisser des liens d’amitié entre eux et favoriser ainsi un vivre ensemble harmonieux dans la société québécoise.
En plus du témoignage du père Joseph Kamwanga, le numéro spécial de la Lettre aux Amisest un prolongement du calendrier 2024 qui illustre en photos les différentes activités qui se tiennent entre ses murs. Cette fois-ci, le calendrier et la revue vont main dans la main.
Une surprise vous attend. En effet, vous découvrirez chacun des membres de la nouvelle équipe du Centre Afrika et les précieux collaborateurs qui rendent la vitalité du centre possible. À cela s’ajoute une brève présentation de trois partenaires corporatifs avec lesquels le centre collabore.
Nous sommes comblés de joie et d’optimisme pour l’avenir du Centre Afrika. De nouveaux équipements informatiques favoriseront bientôt la diffusion du message missionnaire que nous transmettons depuis plus de 150 ans. La vision du cardinal Lavigerie, notre fondateur, est bien vivante. Cette vision est orientée vers l’accueil et le respect des personnes et des peuples dans leurs diversités culturelles et spirituelles.
Dans notre pays, nous avons la chance de profiter de ressources énergétiques fiables pour travailler. Nous sommes heureux de constater à quel point de simples panneaux solaires peuvent changer la vie de jeunes étudiantes en Ouganda (voir le reportage en page 10). Nous espérons qu’il en sera de même pour d’autres étudiants en République Démocratique du Congo (voir le projet 72 à la page 11).
Dans le monde rural des années 1930 au Québec, les discours des politiciens attiraient l’attention de leurs électeurs avec la promesse de l’électrification des campagnes en criant : « Électeurs, électrices, électricité ! » Aujourd’hui, comme au mois de décembre 2022, un appel nous rejoint : « Bienfaiteurs, bienfaitrices, électricité ! » Même besoin d’éclairage grâce aux technologies actuelles des panneaux solaires.
Le premier appel nous venait d’un confrère du Nigéria qui travaille en Ouganda. En voici un autre proposé à votre générosité par Erasto Shayo, un confrère originaire de Tanzanie, en mission au Nigéria à d’Ibadan (ville de 3 millions et demi d’habitants) dans le quartier défavorisé d’Agbowo aux multiples problèmes de pauvreté, d’insécurité, de vie dans des taudis inadéquats…
Erasto Shayo, MAf
Une équipe de trois Pères Blancs (MAfr) est à l’œuvre dans une paroisse. Voici ce que nous écrit le curé, Erasto Shayo.
Comme équipe missionnaire à la Paroisse Saint-Thomas, nous ne pouvions restreindre notre action à l’administration des sacrements et à la célébration des messes. Au cœur de notre foi, il y a cette parole de Jésus : « J’ai donné ma vie – mon corps, mon sang – pour qu’ils aient une vie de qualité. Faites de même, en mémoire de moi. »
Avec notre équipe MAfr, les leaders de notre paroisse organisent différentes activités pour soutenir le développement humain, personnel et communautaire. Nous travaillons ainsi à la formation continue des leaders et à promouvoir la justice et la paix dans notre quartier.
Nous sommes engagés dans une bataille pour la protection de la planète qui est notre maison commune. Pour nous, ici, cela signifie militer pour plus de salubrité.
Nous offrons aussi des salles aux étudiants des écoles et universités pour qu’ils puissent étudier, faire leurs devoirs, apprendre leurs leçons. Sans électricité, nous ne pouvons pas les aider et le faire en toute sécurité après le coucher du soleil en début de soirée.
Branchement illégal
Mais, comment avoir accès à l’électricité ? Voyez la photo ci-jointe à gauche. Dans le quartier, chacun se branche illégalement au réseau. Résultat; surcharge et coupures presque continuelles!
Nous avons deux petites génératrices qui fonctionnent à l’essence. En vérité, non seulement nous n’avons pas assez d’argent, mais les stations-service sont souvent en rupture de carburant.
Nous avions un système rudimentaire de panneaux solaires avec batteries pour accumuler l’électricité. Vous le dirais-je ? La foudre est tombée sur nos installations, et nous devons penser à une installation plus performante et plus sécuritaire !
Amis et bienfaiteurs du Canada, je vous présente ce projet d’environ $19,000 dollars canadiens. Nous avons besoin d’électricité pour accomplir notre mission. Oui, il y a des projets plus spectaculaires dans le monde. Mais à Ibadan, quartier Agbowo, selon nos besoins, c’est l’achat de panneaux solaires et de batteries. Nous nous rappelons que dans la mission, il faut parfois « donner du poisson » pour nourrir l’affamé. Mais mieux encore, il faut lui « apprendre à pêcher. »
Le développement passe par l’éducation des jeunes (photos ci-dessous). Les jeunes hommes et femmes de notre paroisse pourront le faire si nous leur offrons des salles d’études bien éclairées et sécuritaires la nuit.
The magazine « Letter to our Friends » has had a facelift. The year 2022 marks a new stage in our desire to seize new opportunities in the context of the Covid-19 pandemic. The Missionaries of Africa in Canada, like you and the rest of humanity, are wondering about the future of our society, of our world.
Fatjer Robbin Simbeye in Tunisia
The earth continues to turn and so do we. Instead of turning on ourselves, like a whirlwind, our gaze is pointed towards other horizons. In this issue of The Letter to Friends we will go to Tunisia to meet an exceptional community made up of Christians and Muslims where ecumenism and religious dialogue are lived daily with respect for all.
Artistic expression is an extraordinary way to illustrate the precious gift of love. It is a collective wealth of almost infinite variety. The African world present in our country now has a place to disseminate this wealth. The Afromusée (see on page 6) will build new bridges towards the recognition and enhancement of the history of Afro-descendants, which dates back more than three centuries in Canada.
Sculpture by James Samikwa from Malawi
African art is inspired and inspiring. On the cover page and on page 7, you will notice an exceptional image of Christ; a sculpture by James Samikwa from Malawi. The finesse of the details illustrates the cosmic power par excellence of the healing Christ.
The gift of hope is also to be sought constantly. Read the extraordinary struggle of Sister Marie Stella from Togo. This same hope is celebrated on the occasion of the 150th anniversary of the Basilica of Our Lady of Africa located in Algiers. Once again, this historic gift builds bridges between religions. This sanctuary promotes dialogue and sharing between Christians and Muslims. The same is true from an intellectual point of view with the creation of a new bilingual magazine focusing on Islamic-Christian studies in Africa.
The spiritual gift that we received from our founder, Cardinal Lavigerie leads us to be sensitive to the realities of today’s world and to dare to constantly modify or reassess our mission.
It is in this respect that the encyclical of Pope Francis entitled Fratelli Tutti is particularly significant for us. Despite the numerous confinements, a consequence of the spread of Covid-19, we insist on building bridges.
Finally, we propose today to support a commendable initiative for the protection of albinos in Bukavu in the Democratic Republic of Congo. A lot of effort and ardor have been invested in this project, which has already made it possible to restore dignity to many people who have been discriminated against.
Let us persist together in earnestly seeking the greatest gifts.
Le magazine La lettre aux Amis fait peau neuve. L’année 2022 marque une nouvelle étape dans notre désir de saisir de nouvelles opportunités dans le contexte de la pandémie de la Covid-19. Les Missionnaires d’Afrique au Canada, tout comme vous et le reste de l’humanité, s’interrogent sur le devenir de notre société, de notre monde.
Père Robbin Simbeye en Tunisie.
La terre continue de tourner et nous aussi. Au lieu de tourner sur nous-mêmes, comme un tourbillon, notre regard est pointé vers d’autres horizons. Dans ce numéro de La lettre aux Amis nous irons en Tunisie faire la rencontre d’une communauté exceptionnelle composée de chrétiens et de musulmans où l’œcuménisme et le dialogue religieux se vivent au quotidien dans le respect de tous.
L’expression artistique est une forme extraordinaire pour illustrer le précieux don de l’amour. Il s’agit d’une richesse collective d’une variété presque infinie. Le monde africain présent dans notre pays a maintenant un lieu pour diffuser cette richesse. L’Afromusée (voir la page 6) permettra de bâtir de nouveaux ponts vers la reconnaissance et la valorisation de l’histoire des afrodescendants qui remonte à plus de trois siècles au Canada.
Sculpture de James Samikwa du Malawi.
L’art africain est inspiré et inspirant. Sur la page couverture et à la page 7, vous remarquerez une image exceptionnelle du Christ ; une sculpture de James Samikwa du Malawi. La finesse des détails illustre la puissance cosmique par excellence du Christ guérisseur.
Le don de l’espérance est aussi à rechercher sans cesse. Lisez le combat extraordinaire de sœur Marie Stella du Togo. Cette même espérance est célébrée à l’occasion du 150e anniversaire de la basilique Notre-Dame d’Afrique situé à Alger. De nouveau, ce don historique lance des ponts entre les religions. Ce sanctuaire favorise le dialogue et le partage entre chrétiens et musulmans. Il en est de même d’un point de vue intellectuel avec la création d’un nouveau magazine bilingue axé sur les études islamo-chrétiennes en Afrique.
Le don spirituel que nous avons reçu de notre fondateur, le Cardinal Lavigerie nous porte à être sensibles aux réalités du monde actuel et à oser modifier ou réévaluer sans cesse notre mission.
C’est à ce titre que l’encyclique du pape François intitulée Fratelli Tutti est particulièrement significative pour nous. Malgré les nombreux confinements, conséquence de la propagation de la Covid-19, nous insistons à bâtir des ponts.
Finalement, nous vous proposons aujourd’hui de soutenir une louable initiative pour la protection des albinos à Bukavu en République Démocratique du Congo. Beaucoup d’efforts et d’ardeur sont investis dans ce projet qui permet déjà de redonner la dignité à de nombreuses personnes discriminées.
Persistons ensemble à rechercher avec ardeur les dons les plus grands.