LA PAROLE AUX LECTEURS
6 juillet 2026
Depuis 1996, l’Australie a interdit catégoriquement l’utilisation d’armes de guerre, telles que des fusils d’assaut, des fusils à pompe et des fusils semi-automatiques, dans le domaine civil. De plus, le gouvernement australien a lancé un programme national obligatoire et financé par une taxe spéciale pour racheter et détruire environ 650 000 armes illégales.
À cela s’est ajoutée, depuis 2021, une amnistie nationale permanente permettant aux citoyens de remettre à la police, sans crainte de poursuites, les armes non enregistrées ou illégales.
Cette mesure a eu des effets positifs: le taux de criminalité liée aux armes à feu est nettement inférieur à celui du Canada. De plus, l’Australie a connu une baisse significative des fusillades de masse et une diminution de 80 % des suicides par arme à feu.
Il est indéniable que la géographie insulaire de l’Australie constitue un atout en matière de contrôle des frontières, en particulier par rapport à celles avec les États-Unis. Cependant, cela ne devrait pas servir d’excuse pour expliquer la réticence persistante du gouvernement fédéral à réglementer strictement les armes à feu de type militaire, y compris les SKS, qui sont toujours légales à ce jour.
Néanmoins, le gouvernement fédéral a élargi l’interdiction de plusieurs armes à feu semi-automatiques, prolongé les périodes de grâce, mis en place un programme d’indemnisation et renforcé la réglementation pour limiter leur circulation et leur utilisation dans un contexte civil. Alors, qu’est-ce qui cloche ?
Fusillade dans Côte-des-Neiges
Après la fusillade du 22 juin dans le quartier de Côte-des-Neiges, l’opinion de Mark Carney sur la décision du gouvernement d’interdire la SKS, une arme semi-automatique, au Canada est restée floue. Il admet « qu’il faut faire plus », mais ajoute que « c’est un enjeu complexe ».
La formation « d’un groupe consultatif élargi » correspond à une sorte d’inertie volontaire quasi chronique qui entrave la réalisation législative d’une politique ferme et résolue.
Les consultations interminables nécessaires à ce processus retardent toujours davantage la mise en œuvre de la loi C-21.
Bien que cette loi ait entraîné des avancées, son application reste malheureusement limitée. Pour tirer pleinement parti de son potentiel, il est crucial d’assurer une application rigoureuse de mesures concrètes et une coopération étroite entre les services de police, les tribunaux et les organismes de santé publique.
Que devrions-nous faire ?
Comme il s’agit de sa décision, le gouvernement devrait s’empresser d’organiser des consultations plus rapides, qui sont actuellement retardées de manière alarmante. Les consultations menées précédemment par le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, n’ont jamais abouti à un consensus avec les agriculteurs, les organisations de chasse, les communautés autochtones et les clubs de tir sportif.
Il est grand temps d’agir résolument dans ce dossier, comme le gouvernement le fait actuellement pour faire face au nouvel ordre politique et économique instauré par nos voisins américains.
À ce propos, à la différence des Australiens, la perméabilité de notre frontière est une réalité inéluctable. Toutefois, notre nation a la capacité de renforcer la sécurité des frontières, l’immigration et la lutte contre la criminalité transnationale, comme l’a démontré la Loi visant une sécurité rigoureuse à la frontière déposée en juin 2025 par le gouvernement libéral.
Cela souligne l’importance cruciale que les forces policières canadiennes doivent accorder à l’appui sans faille de toutes les décisions du gouvernement en matière de collecte ou de saisie d’armes d’assaut illégales.
La mise en place de mesures de sécurité publique relève principalement de la compétence des autorités fédérales. Cependant, à l’heure actuelle, ce sont les municipalités qui se sont engagées dans cette voie. Toutefois, elles manquent de ressources financières pour atteindre leurs objectifs. Elles ne peuvent pas obliger les détenteurs d’armes à feu à se délester de leurs armes.
Le gouvernement Carney s’engage avec détermination et efficacité dans de multiples domaines, en adoptant une perspective à long terme visant à renforcer le pays. Une grande majorité de Canadiens soutiennent ces initiatives. Nous tenons à souligner que pas moins de 80 % de la population canadienne approuve la demande de PolySeSouvient depuis la tragédie de la Poly en 1989, réclamant l’interdiction totale sur le territoire national des armes d’assaut de type militaire.
Sylvie Haviernick, sœur de Maude Haviernick, victime de la tragédie de Polytechnique du 6 décembre 1989
Serge St-Arneault, frère d’Annie St-Arneault, victime de la tragédie de Polytechnique du 6 décembre 1989
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