Archive for février, 2020


Comme annoncé au Colloque de Sensibilisation à l’Amélanisme de Paris (CSAP-2020) et sur les antennes d’Africa 24 et de TV5MONDE, les travaux préparatifs des États généraux de l’Amélanisme en Afrique s’ouvrent à Kinshasa et à Brazzaville respectivement le 27 et le 28 mars 2020. C’est une grande première en matière des droits humains des Amélaniques, des personnes vivant sans mélanine appelées communément albinos. Nous devons trouver une solution africaine à cette problématique africaine qui déshumanise le Continent.

Voyez et écoutez par vous-même comment André-Man Mbombo explique à Denise Époté le rôle que joue le Centre Canadien de Sensibilisation à l’amélanisme pour promouvoir l’éducation à l’amélanisme dans tous les domaines éducatifs.

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L’animatrice Denise Époté de TV5 Monde s’entretien avec André-Man Mbombo, président du Centre Canadien de Sensibilisation à l’Amélanisme. Réalisation de Philippe Sommet mis en onde le 23 février 2020, d’une durée de 12 minutes.

​Extrait de l’entrevue​ ​« Et si… vous me disiez toute la vérité »​ :​

— Comment expliquer cette mobilisation au Canada alors qu’en Afrique la sensibilisation peine à se faire?

— Tout ce que je peux dire c’est que j’ai eu de la chance de tomber sur des personnes sensible tel que Serge St-Arneault, un Père Blanc, Missionnaire d’Afrique, un missionnaire au Congo qui avait déjà vu comment les amélaniques étaient traités dans ce pays. Quand je lui en ai parlé et qu’il avait lu mes livres, il m’a dit que nous devions agir ensemble. Nous avons crée le Centre Canadien de Sensibilisation à l’Amélanisme. Nous avons (eu aussi) l’écoute d’une parlementaire sur place, Carole Poirier, qui a pris cette affaire en main et qui a donné la résolution à l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Pétition pour exiger que l’APF (Assemblée parlementaire de la Francophonie) et l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) envoient la « Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine » de juillet 2018, comme l’APF s’était engagée, aux États et gouvernements de l’espace francophone et à l’UNESCO.

En effet, se fondant sur la Déclaration universelle des droits humains des personnes vivant avec albinisme (Montréal, 13 juin 2018), l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) a adopté la Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine (44e session, Québec, juillet 2018).

Depuis 2018, cette résolution est restée lettre morte dans les tiroirs des bureaux de l’AFP à Paris, archivée, sans possibilité d’être consultée par des tiers. Il s’agit d’une résolution importante pour les droits humains des Amélaniques (personnes vivant sans mélanine appelées péjorativement albinos). Elle reconnait aux Amélaniques le droit et la qualité de revendicateurs des droits.

Dispositif de la Résolution de l’APF de juillet 2018

« L’Assemblée parlementaire de la Francophonie réunie à Québec du 5 au 10 juillet 2018, sur proposition de la Commission de l’éducation, de la communication et des affaires culturelles DÉCLARE que les personnes vivant avec amélanisme sont des êtres humains et doivent bénéficier de toutes les dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme; ENCOURAGE les États et gouvernements de l’espace francophone à poursuivre leurs efforts pour protéger et préserver le droit à la vie, le droit à la dignité et le droit à la sécurité des personnes vivant sans mélanine, notamment en fournissant les ressources nécessaires afin de veiller au respect et à la promotion des droits humains des personnes sans mélanine, INCITE à introduire l’enseignement de l’amélanisme dans les systèmes éducatifs de l’espace francophone afin d’éduquer tant le personnel enseignant que les enfants et adolescents, et de faciliter l’intégration des élèves et des étudiants sans mélanine; DEMANDE la substitution du mot albinos par celui d’amélanique et d’albinisme par amélanisme, termes dénués de connotation péjorative et dégradante afin de désigner les personnes vivant sans mélanine; DEMANDE aux États et gouvernements de l’espace francophone d’introduire l’enseignement de l’amélanisme dans leurs systèmes éducatifs et invite l’UNESCO à inciter ses États membres à faire de même; S’ENGAGE à diffuser cette déclaration auprès des instances de l’UNESCO. »

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Le premier Café-Rencontre au Centre Afrika a eu lieu le 8 février avec la venue d’Henri, Mahi, Jean, Serge, Cristobal, Rita, Josée, Sabria, Gabriel, Koffi et Jean-Guy originaires de la Côté d’ivoire, du Cameroon, Burundi, Mexique, Algérie, Tchad, Togo et du Canada.

Dans une ambiance amicale, les histoires de vie et les projets d’entraide ont accompagné le café. Le Centre Afrika rêve de favoriser ainsi ce lieu d’échange qui permettra de mieux nous connaître et, nous l’espérons, faire naître des expressions de solidarité où la diversité culturelle devient véritablement un moteur d’intégration et de créativité.

Prochain rendez-vous le 22 février 2020 à 14h00. Amenez vos amies et amis!

Par Serge St-Arneault, M.Afr

J’ai grandi à La Tuque qui était et demeure très majoritairement francophone. Tout ce que je connaissais des Anglais, à l’époque, était le nom de la rue Beckler, située près de l’usine de papier. Une fois adulte, j’ai poursuivi mes études en anthropologie à Londres, en Angleterre, pendant plus de deux ans. J’ai tout aimé de ce pays. Je m’y sentais bien. J’en suis presque tombé amoureux. Les perceptions changent avec le temps, c’est documenté!

Que dire de l’Afrique? Dans mon cœur d’enfant, ce vaste continent se résumait au célèbre acteur Tarzan. J’aurais voulu être fort comme Tarzan. Comble de mon malheur, en me regardant dans le miroir, je réalisais que je ressemblais davantage à Cheetah, la guenon de Tarzan, qu’à Tarzan lui-même. Mais, ça, c’est un autre problème.

Pendant une dizaine d’années, je me suis laissé humanisé en vivant chez les Indru du Congo de la région de l’Ituri. J’ai découvert chez cette population un esprit combatif et fier qui a fait naître en moi un autre homme. J’ai appris leur langue, quelques-unes de leurs coutumes. Avec mes confrères missionnaires, je suis demeuré avec eux pendant la guerre qui a sévi au début des années 90. J’ai définitivement quitté ce beau pays en 1996 en y laissant une part de mon cœur.

Le plus beau compliment que j’ai reçu le jour de mon départ est celui d’une grand-maman qui m’a dit publiquement que la seule chose qui me manquait était la couleur de la peau. Nos regards s’étaient transformés. Nos différences raciales et culturelles n’avaient plus aucune importance. Il y avait entre nous une forme de communion.

Douloureux souvenir de la tragédie de Poly

Ce n’est pas ce qui s’est passé dans le cœur de Marc Lépine il y a 30 ans. L’image qu’il avait de lui-même et des femmes s’est figée dans un bloc d’étanchéité. La fausse perception de son monde imaginaire s’est comme givrée dans la haine ou le ressentiment. Dans son délire, il a voulu détruire une idole qui l’effrayait. À son insu, il a plutôt défiguré le visage de l’humanité où chaque personne est une histoire sacrée.

Indéniablement, chaque être humain est une histoire sacrée à respecter, peu importe son origine raciale, culturelle ou ses croyances. Nous ne formons qu’une seule famille humaine, la famille de Dieu. En effet, nous sommes tous et toutes les enfants d’un même créateur. L’amour de ce Dieu est le même pour tout le monde. Ça aussi, c’est documenté!

Soirée commémorative à Québec le 29 janvier 2020

À l’invitation du comité citoyen composé de plus de 50 bénévoles, je représentais avec Heidi Rathjen le regroupement PolySeSouvient. Nous nous sommes adressés brièvement aux 300 convives qui s’étaient rassemblés dans l’église Saint-Mathieu de Québec transformée pour l’occasion en une grande salle de convives pour souligner la 3e commémoration du drame de la mosquée de Québec.

Plusieurs représentants de marques figuraient sur la liste des orateurs : le grand chef de la nation huronne-wendat Konrad Sioui, François Legault, Régis Labeaume, l’imam de la Mosquée de la Capitale Abderrahim Qaq et l’actuel président du Centre culturel islamique de Québec Boufeldja Benabdallah.   

Plusieurs autres personnalités étaient également présentes dont Manon Massé et le chef du Nouveau Parti démocratique Jagmeet Singh avec lequel je me suis entretenu brièvement au côté du rappeur Webster.

Il y avait aussi des représentants des autres confessions religieuses : l’évêque catholique auxiliaire Marc Pelchat, l’évêque anglican Bruce Myers, le recteur de la cathédrale de la Sainte-Trinité, Christian Schreiner ainsi que le président de la communauté juive de Québec et cofondateur d’Unité Québec, David Weiser.

Le curé de la paroisse Notre-Dame-de-Foy, Bernard Duquette, a accueilli la foule en soulignant le caractère très symbolique et significatif de cette commémoration; une tragédie survenue dans une mosquée, mais commémorée dans une église. Dans la soirée, le chant de l’imam a retenti en arabe. Qui aurait prédit qu’un clerc musulman chante une prière inspirée du coran dans une église catholique? Je me réjouissais d’admirer cette scène qui se déroulait dessous la statue du Christ glorieux aux bras ouverts. Très symbolique!

Il y a eu aussi à manger pour tout le monde; repas d’inspiration africaine, arabe et québécoise. Malgré le tragique de la commémoration, un esprit de fête transcendait l’événement. Pour un instant, gens de confessions et de diverses provenances puisaient un réconfort dans des discours inspirants et à saveur politiques tout en partageant un réel repas. Plus qu’un symbole, ce soir-là, l’Église a rassemblé tous les enfants de Dieu sous un même toit. C’est maintenant documenté!