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La Palestine : terre promise pour qui?

Par Serge St-Arneault, M.Afr, Montréal, 23 mai 2021

C’est le titre d’un article que j’ai écrit pour le journal étudiant « Le Point », organe officiel de l’AGEUQTR, vol 3, no 2 du 5 février 1979. Cette question est toujours d’actualité 42 ans plus tard. Les récents bombardements à Gaza et les roquettes lancées par le Hamas illustrent bien l’impasse de ce conflit.

Quelques citations de cet article

« Je sais, pour y avoir été et vérifié moi-même, que la vie quotidienne des Arabes est très difficile. J’oserais même affirmer que les Arabes d’aujourd’hui ont remplacé les Juifs qui hier encore subissaient l’oppression et les Juifs d’aujourd’hui remplacent les envahisseurs d’hier. Pour minimiser les affrontements, chacun reste dans son coin et refuse l’autre, … »

« D’un côté, il y a chez les Juifs un désir profond de sauvegarder une terre espérée depuis deux mille ans… . D’un autre côté, il y a les Palestiniens qui ont été chassés d’une partie de leur pays qui leur appartenait en propre … depuis longtemps ».

« Il n’est pas impossible de voir un jour les Juifs profondément divisés et même s’affronter sur des questions concernant l’avenir du pays. Les Juifs sont loin de former une entité cohérente de pensée si bien que les conditions sociales des Juifs dits orientaux se comparent aisément aux conditions des Palestiniens. De l’autre côté, l’on voit les Palestiniens eux-mêmes profondément divisés. »

« Un gouvernement israélien dirigé par des Juifs dits orientaux, parce qu’étant déjà en Palestine avant 1948 ou venant des pays d’Afrique du Nord, faciliterait les choses. Le gouvernement actuel (du premier ministre Begin), par ses politiques très occidentalisées, ne fait que s’éloigner de ses pays voisins… . … ce qu’il faudrait, c’est un abandon du fanatisme tant politique que religieux des deux parties. À ces conditions minimales, la Palestine peut devenir une terre promise pour tous ».

Vingt-trois ans plus tard en 2001

Globalement, la situation n’avait pas véritablement changé depuis mon premier voyage en Israël en 1978. Les pourparlers de paix entre Begin et Sadate, sous le patronage de Jimmy Carter, président des États-Unis, s’étaient soldés en queue de poisson. Dirigeant du Likoud, Ariel Sharon venait d’être élu premier ministre du pays en mars 2001, après le déclenchement de la seconde Intifada. J’ai séjourné précisément en Israël entre le 15 mars et le 8 juin 2001.

La première Intifada Al-Aqsa avait débuté en septembre 2000 tout juste en face de notre maison située près de la Porte des Lions. Depuis lors, l’esplanade des mosquées est interdite aux touristes.

Le sionisme

De mes nombreuses notes de voyage, je retiens tout particulièrement notre rencontre avec le rabbin Henri Noach. À cette époque, il était professeur au département des relations internationales de l’Université hébraïque de Jérusalem. Il assumait également plusieurs fonctions au sein des communautés juives de la diaspora.

Appartenant lui-même au mouvement conservateur, le rabbin nous a alors souligné que le judaïsme contemporain était composé de trois courants religieux principaux; les orthodoxes, les conservateurs et les réformistes. Ceci constitue un important élément afin de saisir les enjeux sociopolitiques des différentes communautés juives d’Israël.

Selon le rabbin Noach, l’identité fondamentale du peuple juif est basée sur le double aspect national et religieux qui constitue la Morasha (מורשה), c’est-à-dire « l’héritage ». Premièrement, les Juifs sont les héritiers de la communauté de Jacob centrée autour de la Tora. Et deuxièmement, d’un point de vue politique, le peuple est l’héritier de la TERRE DE CANAAN, don et promesse de Dieu : « Je vous ferai entrer dans le pays que j’ai juré de vous donner, lorsque je parlais à Abraham, à Isaac et à Jacob; je vous le donnerai et il sera à vous, car je suis Dieu ». (Exode 6,8)

Ferment de l’identité de l’État d’Israël, le sionisme fonde aussi sa conception nationaliste sur la loi traditionnelle du (Midrash (מִדרָשׁ) = littérature) Halakah (הלכה) qui inclus les restrictions alimentaires (référence; Lévitique 20, 24-26).

Historiquement, la destruction de Jérusalem par l’armée romaine remonte à l’an 70 de notre ère. Près de deux millénaires plus tard, le « retour » sur la terre promise s’est matérialisé avec la création de l’État d’Israël en 1948.

Sans tarder, la « loi de retour » fut l’une des premières lois adoptées au parlement qui accorde automatiquement la citoyenneté israélienne à toute personne d’appartenance juive désireuse d’immigrer en Israël. La population juive provient de 108 pays différents. Cela a une signification théologique significative.

Selon le rabbin Noach, la coexistence fraternelle et l’acceptation des différences entre Juifs sont un microcosme de l’histoire de l’humanité. Selon lui, « le rassemblement des exilés, c’est-à-dire des enfants d’Israël dispersés depuis 2000 ans à travers le monde, est ce qui permet la RECRÉATION de la NATION d’Israël sur la TERRE et devient le véhicule de l’ultime rédemption de l’humanité où cesseront toutes les guerres et marquera la venue du Messie. Ainsi se réaliseront les prophéties du rassemblement de tous les peuples. Aucun autre peuple qu’Israël ne peut être la lumière des nations. L’État d’Israël est l’avant-stade de l’ultime aboutissement de la rédemption de l’humanité. Il s’agit de la volonté divine. Israël ne mérite pas cet honneur. C’est Dieu qui l’a choisi. La nécessité théologique de la rédemption de l’humanité passe nécessairement par le retour des enfants d’Israël sur SA TERRE PROMISE ».

Tout devient clair! La justification du CONTRÔLE DES TERRITOIRES PALESTINIENS est basée sur la conviction qu’Israël doit rester fidèle au plan de Dieu et ainsi devenir le chemin incontournable du salut de l’humanité.

Cela dit, il est bien de souligner qu’une fraction importante du courant fondamentaliste protestant, particulièrement américain, a développé une théologie chrétienne sioniste. Pour les adeptes de ce courant fondamentaliste, la création et l’expansion de l’État d’Israël sont les conditions du retour du Christ.

Ce que je comprends du sionisme

Je me rappelle être intervenu à la fin de l’exposé du rabbin Henri Noach avec cette double observation. Primo, les oppositions entre Juifs sont souvent virulentes, particulièrement au niveau des partis politiques, mais aussi entre les trois principaux courants religieux qu’il avait lui-même décrits. Secundo, quelle est la place juridique des 21% d’Arabes détenteurs de la citoyenneté israélienne vivant en Israël? Note : les Arabes israéliens comprennent des chrétiens et des musulmans, identifiés comme Palestiniens. Sont exclus les réfugiés juifs dits orientaux immigrés de pays arabe.

Le rabbin a alors admis qu’il y avait, à cette époque, 17 différents partis politiques à la Knesset. Par contre, il a choisi la voie de l’évitement en ce qui concerne le deuxième point.

Il apparaît clairement, selon lui, que la coexistence fraternelle des peuples et du respect de leurs diversités culturelles ne concerne que les Juifs regroupés autour de la « loi du retour ». Son interprétation des textes bibliques est de type fondamentaliste. Ainsi donc, la TERRE est un droit exclusif d’Israël. En d’autres mots, LA RECONQUÊTE DU TERRITOIRE est une volonté divine et un préalable obligatoire pour la venue du Messie (Juif). Ce n’est qu’une question de temps. Finalement, la présence des Palestiniens est un obstacle à la réalisation du plan de rédemption de Dieu pour l’humanité.

À mon avis, si Israël imagine être à lui seul la lumière des nations, il ne réussit malheureusement qu’à s’aveugler lui-même.

Conclusion

Parlant de lumière, s’il en est une, je conclus que les récents troubles dans cette partie du monde sont le résultat d’une très longue tragédie. Celle-ci se répète continuellement. Rien ne semble être en mesure de l’arrêter.

De mon journal de voyage, je note ce passage écrit à Jérusalem le 9 mai 2001. Abel était un berger comme Moise. Son offrande à Dieu est agréable. Il offre les premiers-nés de son bétail avec générosité et librement. L’offrande de Caïn est différente. Ce n’est pas tellement parce qu’il s’agit des fruits de son potager, mais à cause de ses intentions cachées, accessoires, manipulées, compétitives. En fait, il cherche sa propre satisfaction.

Abel tourne son regard contemplatif vers le Dieu ICÔNE. Caïn tourne son regard vers lui-même, vers son ÉGO IDOLÂTRÉ. C’est ainsi qu’il se jette sur son frère et le tue.

Tout est question de regard. Toute chose, toute personne, tout événement a le potentiel d’être une ICÔNE ou une IDOLE. La croix du Christ, par exemple, est pour moi une ICÔNE dans la mesure où la souffrance de Jésus m’invite à marcher sur ses pas pour un bien supérieur à ma propre personne. Cette attitude est libératrice du CYCLE DE LA VIOLENCE. Par contre, la même croix peut devenir une IDOLE si je l’utilise et la manipule pour imposer une idéologue religieuse.

Similairement, le voile islamique porté par les musulmanes peut symboliser une attitude iconique ou alimenter une idéologie. Ce choix croisé varie selon celle qui porte ce voile et moi, ou toi, qui la jugeons ou non.

En 2001, de la fenêtre de ma chambre, posant précisément mon regard sur les toits du quartier arabe de la vieille ville de Jérusalem, j’écrivais :

Toi! Jérusalem! Qui es-tu à mes yeux?

Peux-tu être une ICÔNE malgré tes déchirures, ton histoire tragique, tes traumatismes violents et répétitifs que tu tètes comme le lait maternel d’un nourrisson?

« Il nous faut cesser de condamner ceux et celles qui nous entourent, supprimer nos projections par rapport à ceux et celles que nous mésestimons, et accepter que le problème réside en fait en nous ».

Robin Roberson

Version PDF de cet article.

Becoming Intercultural: Perspectives on Mission

Le 30 avril dernier, grâce à un webinaire, l’équipe du Centre Afrika a assisté au lancement du livre intitulé « Becoming Intercultural: Perspectives on Mission ». Ce livre s’adresse en particulier aux missionnaires de l’Évangile et s’articule autour du concept de l’interculturalité. Pour en savoir plus, je vous invite à lire les précédents articles que j’ai écrits en cliquant ICI.

En quelques mots, la diversité culturelle est un enrichissement, non une menace. De plus, l’émergence d’une hospitalité solidarité entre tous et chacun favorise l’acceptation d’une dépendance réciproque qui construit véritablement une identité commune. Ainsi donc, devenir interculturel est à la fois un défi et une opportunité qui enrichit la mission à laquelle nous avons consacré notre vie.

Aujourd’hui, j’aimerais vous partager quelques points marquants de ce lancement de livre animé par trois panélistes.

Stephen Bevans, SVD

Sous l’angle de la foi chrétienne, Stephen Bevans, SVD, propose une danse entre l’interculturalité et le dialogue prophétique. Dans un monde de plus en plus critique vis-à-vis des religions, pour être reconnu dans sa vérité, le témoin de la foi doit avant tout vivre son engagement de façon authentique avant de se soucier de la proclamation d’un quelconque enseignement doctrinaire.  

Nous ne sommes plus à l’époque de la simple transmission d’un héritage. Nous devons faire preuve d’imagination et de créativité dans notre effort de contextualisation du message que nous voulons proclamer. De plus, nous sommes constamment confrontés avec un quotidien qui échappe à notre contrôle. Pourtant, cette confrontation est nécessaire si nous souhaitons favoriser l’inclusion. Notre engagement ne s’oriente donc pas vers la sauvegarde d’une institution. Notre intérêt est plutôt de favoriser le « KIN-DOM of God » au lieu de l’établissement du « KINGDOM of God ». Le « KIN » fait référence à la proximité que nous partageons avec les autres en opposition à l’imposition d’un ROYAUME juridique et  dogmatique.

L’Église structure la mission depuis longtemps par le canal de ses pasteurs et missionnaires. Inversement, c’est la mission qui doit plutôt structurer l’Église. Ainsi, la dénonciation des injustices et tout ce qui est présentement associé aux effets de la pandémie de la Covid-19 (contagion, mesures de confinement, soutien aux personnes isolées, santé mentale, environnement, etc.), tout cela constitue les éléments de la contextualisation du message chrétien pour aujourd’hui.

Judette Gallares, RC

Judette Gallares, RC, enrichit cette réflexion avec l’idée que l’interculturalité est un processus permanent où la compréhension du SOI est unique à chaque personne. En d’autres mots, nous sommes à la fois comme tout le monde, mais différent en même temps. À vrai dire, ce malaise est un élément essentiel de l’interculturalité, car il appelle à une conversion permanente, à l’intégrité, à bien saisir la réalité qui nous entoure, à l’engagement radical et au discernement collectif. Il s’agit d’accroitre la conscience critique à l’égard des questions liées à la diversité et à la pluralité. Pour cela, nous devons sortir de notre zone de confort et de nos réflexes identitaires pour pouvoir véritablement accueillir toute autre personne dans son unicité.

Patricia Murray, IBVM

Patricia Murray, IBVM, relate trois événements majeurs qui secouent notre monde d’aujourd’hui ; la pandémie de la Covid-19, la tragique mort de l’Afro-Américain John Floyd et les courants migratoires.

Selon elle, nous devons créer de nouveaux paradigmes en ce qui concerne les vœux religieux que sont la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Comment pouvons-nous vivre l’interculturalité dans un monde en profonde mutation ? L’engagement religieux nous incite à vivre dans une solidarité globale avec l’humanité. Les vœux religieux ne sont plus une question d’engagement individuel. L’esprit de pauvreté nous oblige à l’accueil inconditionnel de tout autre, particulièrement de l’étranger. D’autre part, la chasteté véritable nous oriente vers un engagement pour contrer le racisme, l’ethnocentrisme, les préjugés et les stéréotypes. Finalement, l’esprit d’obéissance n’est pas envers une structure hiérarchique, mais plutôt dans un effort collectif de discernement où les inspirations naissent dans un environnement culturel variable, donc interculturel.

Voir la conférence sur YOUTUBE. Durée : 2 heures.

en Français

in English

General presentation of the book: minute 11 :00

First intervention, Steven Bevans « Committed to his Mission: minute 14:00 – 35:00

Second intervention, Sr Judette Galllares « Forming intercultural Missionaries »: 36:45 – 57:00

Third intervention, Sr Patricia Murray « Interculturality, leadership and vows: liability or richeness”: 59:00 – 1:23:50 Afterwards: questions-responses

Pour acheter le livre, cliquer sur :

Becoming Intercultural Perspectives on Mission   US  20.00 $

Des familles de Polytechnique menacent de déclarer Trudeau « persona non grata »

Des survivantes, des familles et des témoins touchés par le drame de Polytechnique ont l’impression d’avoir été utilisés par le gouvernement libéral.

Louis Blouin, Radio-Canada

Le premier ministre du Canada est accusé « d’abandonner » et de « trahir » les victimes de violence par armes à feu et leurs proches. Dans une lettre cinglante adressée à Justin Trudeau, des survivantes et des proches de femmes tuées lors du drame de Polytechnique lui demandent de revoir de fond en comble son projet de loi C-21 sur le contrôle des armes.

Le ton de la longue missive, dont Radio-Canada a obtenu copie, est très dur.

Nous tenons, par la présente, à vous exprimer notre colère à l’endroit du lamentable projet de loi C-21, peut-on lire d’entrée de jeu dans la lettre envoyée à Justin Trudeau. L’absence d’un programme de rachat obligatoire pour les armes d’assaut interdites au printemps 2020 est au cœur des critiques.

Les signataires accusent le gouvernement libéral d’hypocrisie. Bien que vous et votre gouvernement puissiez sans doute duper une importante partie de la population avec du verbiage politique et des slogans accrocheurs, vous ne pouvez pas duper les familles et les survivants qui se battent depuis plus de 30 ans pour le contrôle des armes, peut-on lire dans la lettre.

Elle contient aussi une mise en garde claire : si Justin Trudeau ne modifie pas substantiellement sa proposition législative sur le contrôle des armes, il ne sera plus le bienvenu aux commémorations du drame de Polytechnique du 6 décembre 1989.

Une trentaine de personnes ont signé la lettre, dont une quinzaine de proches de victimes du drame de Polytechnique, ainsi que des survivantes et des témoins.

Le gouvernement Trudeau maintient que son approche est la bonne en matière de contrôle des armes à feu.

Si Justin Trudeau a participé aux commémorations du 6 décembre ces dernières années à Montréal, l’accueil pourrait être bien différent la prochaine fois. Jean-François Larivée, qui a perdu son épouse Maryse Laganière le 6 décembre 1989, ne mâche pas ses mots envers le premier ministre.

Nathalie Provost, une survivante de la tuerie, en rajoute : Pour moi, il n’est plus le bienvenu là. Je n’irai plus le saluer. Je n’accepterai plus ses bons mots de condoléances ou de sympathie […]. Pour moi, ça devient de l’hypocrisie de le répéter fois après fois et de ne pas faire les gestes qui sont efficaces.

Je dois vous avouer qu’on se sent utilisés, affirme Nathalie Provost.

Un sentiment que partage Jean-François Larivée. Ils se sont servis de ce qu’on disait, de ce qu’on faisait, pour avoir plus de votes et, finalement, ils nous trahissent parce que le projet de loi qui est déposé, là, ce n’est absolument rien. C’est de la poudre aux yeux, c’est un écran de fumée, affirme-t-il.

Un projet de loi critiqué

Le groupe PolySeSouvient aimerait que l’interdiction des armes d’assaut annoncée au printemps dernier soit accompagnée d’un programme de rachat obligatoire, plutôt que facultatif. Selon ce qui est prévu dans le projet de loi C-21, les propriétaires des armes proscrites ne seraient pas forcés de les rendre aux autorités en échange d’une compensation et pourraient les conserver, sans les utiliser, à condition de les entreposer de manière sécuritaire.

Les signataires déplorent que, selon le plan libéral, ces armes demeurent en circulation; ils craignent qu’un éventuel gouvernement conservateur puisse annuler cette interdiction.

Demain, dans une semaine, dans un an, les tueurs de Polytechnique, de Dawson ou de la mosquée, tous détenteurs de permis de possession et propriétaires d’armes d’assaut acquises légalement, pourraient commettre les mêmes massacres avec les mêmes armes et les mêmes chargeurs à grande capacité, est-il écrit dans la lettre. Non, nous ne serons pas plus en sécurité grâce à votre projet de loi.

Ottawa garde le cap

Dans une déclaration écrite, le bureau du premier ministre a remercié les signataires de la lettre et s’est engagé à leur répondre directement. Nous allons continuer d’écouter et de travailler avec les provinces, les municipalités, et les parties prenantes qui veulent resserrer le contrôle des armes à feu, a-t-on ajouté.

Le projet de loi, comme tel, nous sommes persuadés que c’est la bonne approche à prendre, affirme de son côté Joël Lightbound, secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique. Il rappelle que les groupes intéressés pourront s’exprimer en comité parlementaire et assure que le gouvernement sera à l’écoute.

M. Lightbound réitère que des programmes de rachat obligatoire des armes d’assaut ont eu des résultats mitigés dans d’autres pays, comme la Nouvelle-Zélande. Le tiers des armes leur a été rendu, les deux tiers sont toujours en circulation, souligne-t-il.

Au Canada, les propriétaires qui veulent conserver les armes interdites devront les enregistrer et ne pourront pas les utiliser, ajoute-t-il. Je comprends la douleur des familles des victimes qui veulent qu’on en fasse toujours plus, explique-t-il.

PolySeSouvient aimerait aussi voir une interdiction des armes de poing à l’échelle nationale, alors que le gouvernement Trudeau veut laisser le soin aux villes, individuellement, de les interdire sur leur territoire. Ce fardeau n’incombe pas aux villes, selon les signataires. Assumez vos propres responsabilités, monsieur le premier ministre! lancent-ils.

À Ottawa, les troupes bloquistes ont déjà laissé entendre qu’elles avaient l’intention de proposer des changements au projet de loi C-21 en comité parlementaire pour que le programme de rachat des armes d’assaut de type militaire soit obligatoire. Selon la députée Kristina Michaud, le gouvernement Trudeau doit faire preuve de courage une fois pour toutesS’il est pour un resserrement du contrôle des armes d’assaut, il doit rendre le programme de rachat obligatoire, comme nous le lui demandons, a-t-elle ajouté.

Le Nouveau Parti démocratique, de son côté, déplore que le projet de loi C-21 manque cruellement de mordant, en matière de lutte contre le trafic d’armes, notamment. Toutefois, il ne fait pas du programme de rachat obligatoire une condition sine qua non pour l’appuyer.

À la mi-février, le Parti conservateur avait réitéré son opposition à un régime d’interdiction des armes d’assaut et à un programme de rachat pour les propriétaires. Le fait de retirer leurs armes aux citoyens respectueux des lois ne fait rien pour arrêter les dangereux criminels et les gangs qui obtiennent leurs armes illégalement, avait alors déclaré le lieutenant politique d’Erin O’Toole au Québec, le député Richard Martel.

Pour Nathalie Provost, c’est la bataille de la dernière chance pour obtenir une loi plus musclée en matière de contrôle des armes. Si ce projet de loi est adopté [dans sa forme actuelle], pour nous, c’est comme un combat perdu complètement. C’est 30 ans de militantisme perdus. Trente ans d’engagement, trente ans de convictions, perdus, dit-elle.

On allait avoir un château en pierre, puis on a fini avec un château de cartes qu’un simple souffle des conservateurs va pouvoir détruire, s’inquiète Jean-François Larivée.

Au sujet de l’interdiction des armes d’assaut de type militaire.

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Le nouveau décret sur les armes à feu annoncé par le gouvernement fédéral en date du 1er mai 2020 prohibe les armes d’assaut de type militaire. Selon le premier ministre Justin Trudeau, il est maintenant interdit « de vendre, d’acheter, de transporter, d’importer ou d’utiliser des armes d’assaut de type militaire au Canada ». Cela représente 1500 modèles et variantes de ce type d’armes.

Les armes utilisées pour le tir sportif et la chasse ne sont pas interdites. Les honnêtes citoyens respectueux de la loi n’ont rien à craindre en ce qui concerne leur passe-temps sportif. À ce titre, le premier ministre a ajouté que « beaucoup de gens utilisent des armes à feu à travers le pays de façon légale et responsable, que ce soit pour travailler ou pour chasser. Mais, vous n’avez pas besoin d’un AR-15 pour abattre un cerf. »

Or, en est-il vraiment ainsi? En effet, il y a une arme à feu de type militaire utilisé par de nombreux amateurs de chasse; le Lee Enfields de calibre 303. Est-ce que ce type d’armement figure sur la liste de classification des armes que le gouvernement promet de mettre constamment à jour?

Ce qu’il faut retenir est que les armes d’assaut n’ont pas leur place dans notre société. Ces armes de guerre sont réservées aux militaires qui protègent notre pays. Or, la militarisation des forces policières est une claire indication d’une militarisation de la société. Il faut inverser cette tendance avant que la prolifération de ces armes devienne irréversible.

Les lacunes

Dans le nouveau décret, le gouvernement prévoit offrir un choix aux propriétaires : ils pourront soit obtenir un droit acquis visant l’arme à feu concernée, soit être indemnisés s’ils remettent cette arme à feu. Le gouvernement annoncera plus de détails plus tard.

Somme toute, il s’agit alors d’un programme partiel. Cela signifie que des dizaines de milliers d’armes d’assaut resteront entre les mains de leurs propriétaires actuels, pendant des générations. Pour être efficace, le prochain projet de loi doit imposer le retour de toutes ces armes. Le Parti Libéral avait d’ailleurs promis de le faire lors de la dernière campagne électorale.

La deuxième lacune concerne l’absence dans le décret de mesures appropriées pour régler le contrôle des armes à feu détenues par les gangs de rues. Il est indéniable que les criminels, les motards criminalisés et les diverses mafias ne se plieront pas au nouveau décret. De plus, les statistiques montrent que la plupart des crimes de masse, incluant celui récemment commis en Nouvelle-Écosse, l’ont été avec des armes acquises illégalement.

À vrai dire, sur ce point, il ne peut pas y avoir de mesures pour contrôler des armes à feu de groupes criminels dans un décret comme celui qui vient d’être proposé par le gouvernement. Il faut donc songer à d’autres mesures préventives qui relèvent du Code criminel, c’est-à-dire d’une législation par un règlement.

En résumé, le décret n’est nullement une forme abstraite d’idéologie de contrôle pour offenser les collectionneurs, les chasseurs et autres sportifs de tir de précision ou de compétition. Étant une question de sécurité publique nationale, malgré leur coût, il s’avère néanmoins impératif d’instaurer des mesures radicales à l’exemple de l’actuelle pandémie du Covid 19.

Trente ans d’attente

La trentième commémoration de la tragédie de la tuerie de la Polytechnique de 1989 qui a eu lieu au mois de décembre dernier a enfin permis de mettre un mot, jusque là non prononcé, sur la vérité de ce drame. Il s’agit d’un féminicide. Ce jour-là, quatorze femmes ont été tuées pour la seule raison d’être femmes. Comme société, il nous a fallu trente années pour employer ce mot qui s’est finalement imposé qu’en 2019.

Il s’agit d’un combat de longue haleine. Il fait appel non seulement à la raison, mais aussi à une conversion du regard pour rejoindre le cœur. Il s’agit d’une nouvelle perception du réel qui déconstruit un schéma mental. N’en est-il pas ainsi avec les questions environnementales. Quel est le déclic qui permet à une société de consentir à payer le prix pour sauver la planète? Curieusement, c’est de nouveau le Covid 19 qui nous ouvre les yeux : le pétrole ne vaut rien dans une société qui ne consomme pas!

Un autre facteur crucial est la force du lobby des armes à feu. Puissant, riche et vocal, ce lobby entretient la peur viscérale qui fait croire que la seule façon de se protéger est de posséder une arme à feu… préférablement d’assaut ou arme de poing. C’est aussi une question d’argent. Il est connu que ce lobby contribue substantiellement aux caisses électorales de certains partis politiques.

Ce qui nous attend

Il est à espérer que le gouvernement fédéral trouvera le courage politique de mettre en exécution avec rigueur le bannissement et la possession d’armes d’assaut et ainsi répondre à la voix de 80% des Canadiens qui sont en faveur d’une telle politique. Celle-ci doit s’accompagner d’une volonté encore plus ferme pour extirper des mains des criminels de tout genre leurs armes meurtrières.

Notre pays a besoin d’une législation sur les armes de poing relevant de lois fédérales au lieu d’être maladroitement légiféré au niveau des municipalités canadiennes. Celles-ci n’ont ni l’expertise ni les moyens d’appliquer des lois coercitives contre ces armes. Les recours juridiques contre ces mesures étoufferont vraisemblablement la volonté des villes pour mettre en application leur législature sur un contrôle des armes de poing.

Ceci dit, de sévères mesures sur l’utilisation, l’entreposage et le maniement sécuritaire des armes sportives demeurent nécessaires. Pour s’en convaincre, il faut se rappeler qu’un nombre trop élevé de femmes, souvent conjointes de propriétaires d’armes à feu, sont assassinées au Canada presque quotidiennement.

1ère Journée Internationale de Sensibilisation à l’Albinisme à Montréal.

L’albinisme est une anomalie métabolique héréditaire due au défaut d’un pigment, la mélamine, il n’est pas mystique ni sorcier. La persécution des albinos est tributaire de l’ignorance et de la superstition.

C’est dans ce cadre que le Centre Afrika accueille la toute première Journée Internationale de Sensibilisation à l’Albinisme à Montréal qui se déroulera le 13 juin. C’est un jour important pour notre ami André-Man Mbombo qui s’est donné la mission de changer nos perceptions sur les albinos. Venez vous joindre à nous!

Thème : le défi de vivre sans mélamine. Célébration scientifique et culturelle avec la participation du professeur Majambu Mbikay, Ph.D., biologiste moléculaire et auteur du livre La Couleur des Gènes ainsi que l’auteur de la trilogie L’Albinos avatar André-Man Mbombo, M.A., LL.M.

À lire le mot du directeur du Centre Afrika à l’occasion de cet événement.

La trilogie L’Albinos avatar est une série de trois romans.

Tome 1 Albinos

Le tome 1 fait découvrir les errances d’une albinos aux humeurs colorées qui échappe aux sacrifices rituels et dresse un tableau de la condition humaine dans l’Afrique traditionnelle.

Tome 2 Albinos

Le tome 2 est un plaidoyer contre les croyances sur l’albinisme à travers les témoignages des albinos et fait apparaître une lueur d’espoir.

Le tome 3 qui sort en janvier 2019 présente une albinos épanouie qui s’est prise en charge qui fait de la défense des droits humains de ses semblables un sacerdoce.

Avec les mots et l’écriture, l’auteur veut apporter sa modeste contribution à la stigmatisation des discriminations des albinos.

Nouvelle édition du recueil de poésie d’Annie St-Arneault – 2018

Ce recueil de poésie est un hommage à ma sœur Annie. Son tragique décès nous prive de la présence d’une femme exceptionnelle.

Cette poésie, la sienne, nous montre une âme profonde, parfois tourmentée. C’est notre souhait que ce recueil lui redonne un droit de parole qui lui a été injustement enlevé.

NOUVELLE ÉDITION

Une parole pour traverser le temps - cover

Le Centre Afrika accueille son nouveau directeur.

Centre Afrika – Infolettre Août 2017 – Au cœur de la diversité.

http://www.centreafrika.net/journeesafricaines.html

‘’ Un seul doigt ne peut pas lever un caillou ’’ (proverbe africain)

Pour  connaître les informations et l’actualité du monde africain montréalais; http://www.centreafrika.net/Bulletinnouvelles.html

Nouvellement arrivé à Montréal, je me sens à la fois heureux et curieux. Je suis en effet content de revenir au Canada après un périple africain qui a commencé en 1981. Celui-ci a débuté en République Démocratique du Congo pour se terminer en Zambie en passant par le Malawi.

Depuis mon ordination comme prêtre missionnaire en juin 1987, j’ai vécu 25 de ces 30 dernières années sur le continent africain. Je suis également curieux de découvrir ce qui m’attend au Centre Afrika et j’ai le goût d’avoir du ‘fun’.

Ayant grandi dans une petite ville, celle de La Tuque, située le long de la rivière Saint-Maurice, Montréal m’apparaît immense. Ne pourrait-on pas dire la même chose du continent africain? Pour moi, ce sont nos lieux de rencontre et d’échange qui comptent avant tout. Nul n’a besoin de tout connaître alors que nos partages enrichissent notre commune humanité.

C’est dans cet esprit que je veux orienter mon ministère comme directeur du Centre Afrika. J’ai hâte de vous connaître. Père Serge St-Arneault, M.Afr, Directeur du Centre Afrika.

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Au sujet du petit Serge.

Aux dernières nouvelles, le petit Serge a subi d’autres examens dans un hôpital propriété de l’African Bible College situé à Lusaka. Robert Kalindiza, le papa, m’a expliqué au téléphone que les médecins spécialistes venus d’Angleterre ont jugé préférable d’offrir au petit Serge des traitements plutôt que d’opter pour une chirurgie qui sera performée seulement si nécessaire.

La famille est confiante malgré les inquiétudes. Pour le moment, les coûts associés à ce projet se sont limités au premier déplacement et hébergement à Blantyre. Voilà où nous en sommes.

Je reste à l’écoute des nouvelles et je m’associe à vos prières pour cet enfant. Espérons pour le mieux. Encore une fois merci pour votre générosité.