Archives pour la catégorie Témoignages chrétiens

Jacques Gauthier a rencontré Dieu

Julien Cormier

Par Julien Cormier, alias Jimi Cor sur Facebook

J’ai rencontré Jacques Gauthier et sa famille lors d’un lancement de son autobiographie spirituelle qui s’est déroulé le 12 octobre à la Librairie Paulines de Montréal. Jacques Gauthier a écrit « EN SA PRÉSENCE, une autobiographie spirituelle », Éditions Novalis-Éditions Artège au prix d’environ 30 dollars. Mes confrères Freddy Kyombo et Serge St-Arneault m’accompagnaient. D’ailleurs, Serge connait Jacques depuis leurs études en théologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières à la fin des années 1970.

L’auteur de 80 livres sur des sujets humains et spirituels est plus lu et interviewé en France et en Belgique qu’au Québec. Il a écrit en profondeur sur la crise « de la quarantaine », sur la poésie de Patrice de la Tour du Pin (sa thèse de doctorat). Il a publié sur sa rencontre avec l’expérience religieuse de Saint Paul, de Thérèse de Lisieux, Charles de Foucauld, Dina Bélanger, le Frère André… Il a rencontré Dieu ?

Peu de lecteurs québécois sont prêts à lui donner le bénéfice du doute. Pourquoi : parce que tout ce qui touche à la “religion” et à l’institution “église” fait lever le cœur des Québécois. Les grands médias y contribuent allégement. C’est ainsi. Nous savons pourquoi.

Et voilà que dans la salle au sous-sol de la Librairie Pauline, Jacques Gauthier nous parle de spiritualité devant sa femme, ses filles et quelques amis. Un exercice d’écriture dont tous nous avons besoin puisque nous nous posons des questions sur la réalité de l’expérience spirituelle, même en dehors des chapelles, des églises… j’allais écrire même en dehors des religions. Ah, si c’était vrai ?

Jacques Gauthier est un homme vrai, humble, “solitaire et solidaire”, professeur d’université plus à l’aise devant une page blanche que devant un auditoire, un homme marié et grand-père qui dans son cœur est un contemplatif et un poète ayant la nostalgie de son noviciat à la Trappe d’Oka.

Revenons sur terre et dans notre monde québécois. Jacques Gauthier a lancé son livre en mettant à contribution son épouse et ses filles qui sont entrées dans le jeu des questions-réponses avec joie, avec amour pour leur père. L’une disait – je cite de mémoire – : « Nous sommes d’une autre génération. Nous ne comprenons pas toutes ses allusions et références culturelles d’autrefois, mais nous l’aimons. C’est pourquoi nous le croyons. » Et nous avons entendu : « Je crois au récit de mon père parce qu’il est un homme vrai. »

Et nous voilà au cœur de la démarche vitale de Jacques Gauthier (je résume ce que j’ai compris) : « J’ai rencontré Dieu… sa PRÉSENCE en moi, dans la nature, dans les autres, je l’ai EXPÉRIEMENTÉ plusieurs fois. J’ai expérimenté son amour. J’ai senti la joie de cette rencontre. Cette expérience spirituelle (vieux mot ancien, on dit “mystique”) m’a donné de vivre dans la joie et l’amour. Comme le don reçu à ma naissance, c’est celui d’écrire. Arrivé à 70 ans, j’ai été poussé à écrire ma vie, ma vie d’amour pour ma femme et ma famille, ma vie d’amour en Dieu ! »

Reste que si l’expérience de Dieu est réelle, les mots techniques de la théologie pour l’exprimer ne font plus partie du vocabulaire québécois. Comment écrire “Dieu” alors que ce mot a tellement été déformé que pour beaucoup il signifie un “faux dieu” qui est rejeté avec raison (mais c’est un autre sujet…). Les Juifs, comme Jésus et Saint Paul, n’utilisaient jamais le mot « dieu », un mot païen ! Mais plutôt, ils écrivaient YHVH, qu’ils ne prononçaient pas et que nous traduisons en français par « Le Seigneur ».

Blaise Pascal précisait sa conversion au « Dieu de Jésus Christ », pas à n’importe quelle idole philosophique. Jacques Gauthier est ouvertement un ami du Dieu de Jésus Christ. Et, malgré la difficulté de mettre en mots cette expérience, il le fait spontanément en utilisant la poésie amoureuse comme média. « Que serais-je sans toi, qui vins à ma rencontre » (chant de Jean Ferrat)

Je recommande le livre de Jacques Gauthier à tous ceux qui ont 50 ans et plus. Avec le vocabulaire et les symboles de leur jeunesse, ils et elles comprendront le langage codé. Je souhaiterais que les moins de 50 ans puissent rencontrer l’auteur en personne, et si possible, comme nous, en compagnie de son épouse et de ses filles. Là, le “témoignage” passe. Osons une comparaison : C’est la vie de Jésus de Nazareth jusqu’à sa mort qui donne témoignage, qui est PAROLE du Dieu-vivant. Ainsi pour la vie de Jacques Gauthier. Son témoignage de rencontre de l’AUTRE – de Dieu – ne peut se dissocier de la BONNE NOUVELLE de sa vie !

Je reviendrai bientôt dans mon profil Facebook sur cette expérience du Dieu-vivant car elle me ramène à ma vie, à mon expérience de VIE, aux expériences de l’Esprit de Jésus dont les récits des Évangiles nous parlent, souvent en parabole, en poésie. Exemple : le récit de la naissance de Jésus, plein de symboles poétiques tirés de la Bible juive : dans Matthieu, avec le point de vue de Joseph, dans Luc, avec celui de Marie.

Ce ne sont pas des reportages historiques à prendre à la lettre, mais des « histoires poétiques » à propos d’un personnage historique, Jésus de Nazareth, et d’une expérience de Dieu par ses premiers disciples. Et comme ces récits sont « poétiques », ils ont capté l’imagination populaire et font partie de l’ambiance des Fêtes, Noël et Jour de l’An. Ils sont devenus patrimoine commun de l’humanité. Comme disait Umberto Eco (Le Nom de la Rose) : « Devant un texte, entends ce qu’il dit, mais surtout comprends, demande-toi ce qu’il veut dire. »

JEUDI 13 OCTOBRE 2022

Entretien dans La Croix sur mon parcours de vie

Entretien avec Clémence Houdaille pour La Croix, Paris, vendredi 14 octobre 2022 : « L’Église ne peut être que résurrection ».

Photo: Édouard Monfrais-Albertini pour La Croix

JACQUES GAUTHIER

Jacques Gauthier. Conférencier, poète et essayiste, le Québécois a publié plus de 80 ouvrages de spiritualité. Il se livre aujourd’hui dans une « autobiographie spirituelle ».

Site Web: www.jacquesgauthier.com
Blogue: www.jacquesgauthier.com/blog.html
Facebook: www.facebook.com/jacques.gauthier.921

Twitter: https://twitter.com/jacgauthier
YouTube: https://www.youtube.com/c/JacquesGauthier04/videos

AUTRE LIEN : « Grandir avec sainte Thérèse » : Jacques Gauthier — KTOTV

« Grandir avec sainte Thérèse » : Jacques Gauthier — KTOTVAlors que la Semaine thérésienne bat son plein, Jacques Gauthier, auteur d’une dizaine de livres sur la sainte, …

LE CHŒUR DE COMPLIES DE MONTRÉAL CHANTERA À L’ÉGLISE SAINT-PIERRE-APÔTRE

Le Chœur de complies de Montréal (s.e.n.c.) chantera complies le dimanche 16 octobre à 21h à l’église Saint-Pierre-Apôtre (1201, rue de la Visitation, Montréal). 

Matthieu Latreille et Francine Nguyen-Savaria

Le Chœur de complies de Montréal est un ensemble vocal semi-professionnel sous la direction de Matthieu Latreille et Francine Nguyen-Savaria. Le couple a eu l’occasion d’assister à complies durant leurs années à Los Angeles ainsi qu’au Royaume-Uni. Ils souhaitent partager ce trésor de la tradition catholique avec la population de la région métropolitaine.

On appelle « complies » le dernier office de la liturgie des Heures qui est chanté par les Chrétiens depuis des siècles. Il « complète » la journée comme son nom l’indique. L’office doit une grande partie de sa forme actuelle à saint Benoît. Les complies sont chantées quotidiennement dans les monastères et aussi dans de nombreuses églises et cathédrales.

Le répertoire comprendra du chant grégorien, du plain-chant en français et de la musique de la Renaissance. Le tout sera chanté a cappella, c’est-à-dire sans accompagnement instrumental.

« C’est une magnifique rencontre avec le sacré », dit Francine Nguyen-Savaria qui chantera comme mezzo-soprano dans l’ensemble. « On peut participer simplement en écoutant et en se laissant prendre par la sérénité de l’office. Mon expérience personnelle de complies entièrement chantées est celle d’un office qui apaise et libère. »

Les offrandes recueillies à la sortie serviront à soutenir la paroisse Saint-Pierre-Apôtre et aideront le Chœur à couvrir ses dépenses.

Source : Matthieu Latreille, (438) 921-0920 – RMLatreille@gmail.com

The Montreal Compline Choir (G.P.) will sing the office of compline (in French) on Sunday, October 16th at 9 p.m. at the Church of St. Peter the Apostle (Église Saint-Pierre-Apôtre, 1201 rue de la Visitation, Montreal.)

The Montreal Compline Choir is a semi-professional vocal ensemble under the direction of Matthieu Latreille and Francine Nguyen-Savaria. The couple had the opportunity to attend Compline during their years in Los Angeles as well as in the United Kingdom. They wish to share this treasure of the Catholic tradition with the people of the metropolitan area.

The last office of the Liturgy of the Hours, which has been sung by Christians for centuries, is called “compline.” It “completes” the day as its name suggests. The Office owes much of its current form to Saint Benedict. Compline is sung daily in monasteries and also in many churches and cathedrals around the world.

The repertoire will include Gregorian chant, plainsong in French and music from the Renaissance era. Everything will be sung a cappella, i.e. without instrumental accompaniment.

« It is a beautiful encounter with the sacred,” says Francine Nguyen-Savaria, who will sing in the ensemble as a mezzo soprano. “One can participate simply by listening and letting the serenity of this service touch us. My personal experience of Compline is that of a service that both comforts and frees us.”

The offerings collected will be used to support the parish of Saint-Pierre-Apôtre and will help the Choir in covering its expenses.

Le Pape François au Kazakhstan

Du 13 au 15 septembre 2022, le pape François s’est rendu à Nur-Sultan, anciennement Astana, capitale du Kazakhstan. Il a pris part au VIIe Congrès des responsables des religions mondiales et traditionnelles.

Table ronde avec 80 responsables de délégations composées de chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, indouistes, taoïstes, zoroastrismes et shintoïstes. Selon le pape François, tous ces représentants sont filles et fils du même ciel.
Étienne Loraillère

Présenté par Étienne Loraillère le 14 septembre 2022 sur KTO

L’IMPORTANCE DES RELIGIONS

Le monde a besoin de religions authentiques, éveillées et d’esprit lucide. Il faut que les religions prennent leur place dans nos sociétés.

Selon le pape François, « l’heure est venue de se réveiller de ce fondamentalisme qui pollue et corrode toutes les croyances, l’heure de rendre le cœur limpide et compatissant. Mais il est également temps de laisser aux seuls livres d’histoire les discours qui, trop longtemps, ici et ailleurs, ont inculqué suspicion et mépris à l’égard de la religion, comme s’il s’agissait d’un facteur de déstabilisation de la société moderne. 

Les religions ne sont pas un problème mais une partie de la solution pour une coexistence plus harmonieuse.

La recherche de la transcendance et la valeur sacrée de la fraternité peuvent inspirer et éclairer les choix à prendre dans les choix géopolitiques, sociaux, économiques, écologiques et même venir au secours des démocraties en péril. La liberté religieuse en est une condition. Cette liberté est un droit fondamental, primaire et inaliénable qu’il faut promouvoir partout et qui ne peut se limiter à la seule liberté de culte. Elle est en effet un droit de toute personne de témoigner publiquement de sa croyance : de la proposer sans jamais l’imposer. »

Grande célébration eucharistique en plein air sur le site futuriste de l’exposition universelle de 2017 situé à Nur-Sultan, la capitale du Kazakhstan.

TÉMOIGNER SANS JAMAIS IMPOSER

La guide touristique que j’ai rencontrée hier à la basilique Notre-Dame-du-Cap à Trois-Rivières m’a confié que les pèlerins ont beaucoup diminué depuis le début de la pandémie de la Covid-19. Mais, cette pandémie n’explique pas tout. La chute de la pratique religieuse, particulièrement au sein de l’Église Catholique, a chuté dramatiquement non seulement chez les francophones au Québec mais aussi en Irlande et en Pologne.

Sans être identique, il est juste de penser qu’il y a beaucoup de similarité dans la forme de pratique religieuse de ces trois bastions catholiques traditionnels. N’y a-t-il pas eu une forme d’imposition de la « pratique religieuse » associée à l’identité nationale ?

J’ai élaboré ce thème dans deux précédents articles : MA RÉVOLUTION TRANQUILLE et MA RÉVOLUTION TRANQUILLE, SUITE.

Je suis heureux que le pape François ait insisté, lors de son voyage au Kazakhstan, sur les droits des croyants qui doivent être respectés tout en s’abstenant d’imposer une religion, où que ce soit. S’adressant à la petite communauté catholique du Kazakhstan, le pape leur a souligné qu’ : « Il y a une grâce cachée en étant une petite Église, un petit troupeau ; au lieu de faire l’étalage de notre force, de notre nombre, de nos structures et de toute autre forme d’importance humaine, nous nous laissons conduire par le Seigneur et nous nous tenons humblement aux côtés des personnes. Riches en rien et pauvres en tout, nous marchons avec simplicité, proches des sœurs et des frères de notre peuple, apportant la joie de l’Évangile dans les situations de la vie. »

La crise des vocations dans l’Église catholique du Québec francophone et la chute vertigineuse de la pratique sacramentelle sont des opportunités et des signes de Dieu sur le chemin d’une spiritualité renouvelée dans le quotidien de la vie mais teintée aux couleurs de l’Évangile; témoigner sans jamais imposer.

Lettre aux amis: collaborateur depuis 50 ans

Il y a déjà plus de 50 ans que je collabore aux publications de notre société missionnaire», confie le missionnaire Julien Cormier dans Lettre aux amis, une publication des Missionnaires d’Afrique.

RÉDIGÉ PAR AMéCO

«Vers 1971-72, à Québec, j’apportais quelques idées de mise-en-page au père Adrien Fontaine, alors rédacteur du Bulletin des Pères Blancs d’Afrique, diffusé à 50,000 exemplaires dans tous les milieux du Québec, des Maritimes, de l’Ontario, de l’Ouest canadien.»

«En 1975, je vins m’initier au journalisme dans l’équipe de rédaction du nouveau magazine Mission des Missionnaires d’Afrique. Parmi les publications d’importance, il y avait alors celles des Missions ÉtrangèresLe Précurseur des Sœurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception, Univers de la Propagation de la Foi, Apostolat des Oblats de Marie-Immaculée. Nous avons renouvelé le genre annales missionnaires.»

Soutanes noires et la croix

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Je peux compter sur mes dix doigts le nombre de fois que j’ai porté un col romain depuis mon ordination sacerdotale le 28 juin 1987. J’ai conservé une photo, en souvenir. En revanche, Dieu merci, je n’ai jamais porté une soutane noire quoique je suis bien fier de porter occasionnellement ma gandoura.

En compagnie d’André Duchesneau, maire de La Tuque, en 1987.

Portant ma gandoura en compagnie de Papa Diop, sénégalais

Je mentionne la soutane noire que les curés portaient autrefois, semblable aux habits religieux chez les Sœurs et les Frères, à la suite du témoignage d’une autochtone dans les médias : « Je n’ai eu que du dégout, dit-elle, lorsque j’ai vu ces soutanes noires », en référence avec les membres du clergé qui accompagnaient le pape François lors de sa récente venue en sol canadien.

Pour elle, ce vêtement est synonyme d’agression. Elle en garde un mauvais souvenir. Elle a aussi ajouté que le symbole de la croix représentait l’oppression.

Symbole des premiers chrétiens

La croix n’était pourtant pas le symbole des premiers chrétiens. « Ils utilisaient plutôt les symboles du poisson et des pains en souvenir de la multiplication de ces aliments par Jésus, représentant du même coup le rassemblement eucharistique ainsi que la présence du Christ ressuscité. Le symbole du poisson était accompagné des lettres « ICHTUS » (ἰχθύς) qui peuvent se traduire par « Jésus Christ, Fils de Dieu Sauveur. (1) »

Que faut-il donc faire maintenant au sujet des croix qui font partie du patrimoine culturel du Québec ? Faut-il les enlever de tous les lieux publics comme cela s’est fait à l’Assemblée nationale ?

De fait, il y a eu deux croix. La première datait de 1936 et la second de 1982. Elles sont maintenant réunies et bien visibles près de la porte d’entrée du Salon Bleu (2) que j’ai visité en 2019.

La question suscite beaucoup de controverses comme c’est le cas pour les statues des colonialistes qui sont périodiquement déboulonnées. Que devrions-nous faire des croix comme celle du Mont-Royal (3) qui est devenu une marque de commerce de la Ville de Montréal, visible sur de nombreuses publicités touristiques (4) ?

De plus, des croix surplombent de nombreuses montagnes comme celle à La Tuque où j’ai grandi.

Photos de Simon Pageau, 2021

Le récent voyage apostolique du pape François au Canada se voulait être ‘pénitentiel’, une demande de pardon pour les sévices infligés aux enfants et familles des Premières Nations. La réussite de ce voyage se démontrera avec les suites qui naîtront de cette audacieuse tentative de réconciliation.

Lors de son passage à Québec, le pape François a souligné qu’il serait erroné d’être nostalgique d’un monde sacralisé, d’une société d’autrefois où l’Église et ses ministres avaient plus de pouvoir et d’importance sociale. Selon lui, « la diminution de l’importance sociale de l’Église ou la perte de richesse matérielle et de privilèges demande de réfléchir aux changements dans la société qui ont influencé la façon dont les gens pensent et organisent leur vie (5). »

Toujours selon le pape François, il s’agit de construire une Église « humble, douce, miséricordieuse, qui accompagne les processus, qui travaille avec détermination et sérénité à l’inculturation, qui valorise chacun et chaque diversité culturelle et religieuse. »

Et le symbole de la croix alors ?

Les Premières Nations ont été progressivement dépossédées et relayées dans des ‘réserves’ (6). Pouvons-nous réparer les tords qu’elles ont subit ? Pouvons-nous considérer la demande des femmes mohawks de retirer la croix du Mont-Royal ? Oserions-nous nous déposséder à notre tour d’un puissant symbole qui représente le sacrifice de Jésus-Sauveur ? Ne devons-nous pas nous déposséder de ce puissant symbole comme signe tangible de réconciliation si celui-ci représente l’oppression ?

Pour éviter de sombrer dans une forme de « catholicisme bashing » comme nous subissons souvent le « Québec bashing » au Canada, nous pourrions prendre librement, en tant qu’Église Catholique, l’initiative de revisiter nos symboles publics, éventuellement les modifier, dans le but, toujours selon le pape François, de « promouvoir des relations fraternelles avec tous, avec nos frères et sœurs autochtones, avec chaque sœur et frère que nous rencontrons, parce que dans le visage de chacun se reflète la présence de Dieu. »

La tombe de Maurice Le Noblet Duplessis (1890-1959)

Maurice Le Noblet Duplessis, autrefois Premier Ministre du Québec, décédé le 7 septembre 1959 à Schefferville, est enterré au cimetière Saint-Louis à Trois-Rivières. Sa pierre tombale est particulièrement représentative d’une époque où le politique, le social et le religieux cohabitaient étroitement.

Mais, pourquoi y avoir érigé une si grande croix ? Certes, d’autres pierres tombales portent une croix, mais pas aussi volumineuse. Je présume qu’à cette époque, socialement parlant, un personnage d’État méritait qu’on souligne son statut avec une plus grande croix.

Aujourd’hui, notre sensibilité n’est plus la même. La pierre tombale de René Lévêque au cimetière Saint-Michel de Sillery à Québec ne porte aucune trace d’une croix. Voilà la nouvelle normalité.

Tout compte fait, il est périlleux de retirer les symboles du passé même si elles évoquent l’oppression. Une blessure ne doit pas en engendrer une autre. Cependant, nous bénéficierions tous de revisiter respectueusement le pouvoir des symboles qui ont façonné et qui façonnent différemment maintenant notre vie collective et publique.

Le génocide culturel

Le drame vécu par l’ensemble des Premières Nations est plus profond que les symboles rattachés aux soutanes noires ou aux croix. Il est reconnu que le gouvernement fédéral a mis en place un système de suppression des éléments culturels de ces populations avec le consentement des Églises (Catholiques et Anglicanes). Il s’agit d’une tentative d’assimilation et de génocide culturel. La question est de savoir pourquoi les Églises ne se sont pas opposées à cette idéologie. Le prix à payer pour cette collaboration entre l’État et l’Église est maintenant très lourd.

Prêtre incognito

Je considère la laïcité comme une bénédiction. Mon identité est intimement liée à mon engagement comme prêtre missionnaire. Je suis également heureux de ne pas devoir m’identifier par un habit religieux ou un col romain, sauf pour des fonctions pastorales comme la célébration de la messe.

La séparation de l’État et de l’Église est aussi une bénédiction. Historiquement, l’Église Catholique, tout comme les autres Églises, a tiré profit du pouvoir qu’elle exerçait, même au nom du service évangélique commandé par Jésus.

La diminution du nombre de prêtres et la disparition des certaines communautés religieuses sont également une bénédiction. Les croyants chrétiens catholiques, laïcs et religieux, ont une chance historique pour renouveler la profondeur de leurs expériences spirituelles et d’en témoigner sans recherche de prestige, égaux avec toutes les personnes de bonne foi de toutes les orientations spirituelles et religieuses. L’avenir de nos communautés croyantes et non-croyantes s’oriente vers l’interculturalité, une notion qui affirme que notre diversité culturelle est une richesse, non une menace.

Vers une spiritualité interculturelle

Comment pouvons-nous intégrer la spiritualité de l’interculturalité dans notre quotidien ?

  1. Nous devons être prêts à changer notre regard et nos modes de perception.
    • En développement une démarche constructive.
    • En considérant l’autre personne ou l’autre groupe comme une source de complémentarité.
    • En appréciant l’autre comme un don pour moi, non pas une menace.
    • Ainsi, une communauté interculturelle devient un don pour tous.
  2. Nous devons valoriser la diversité qui est voulue par Dieu.
    • À l’exemple de Moïse qui doit se déchausser pour pénétrer dans le lieu sacré de la rencontre, nous aussi, nous nous déchaussons de nos préjugés pour prioriser la spiritualité de l’interculturalité.
    • Nous sommes tous les enfants d’un même créateur.
    • La diversité est un don de Dieu.
    • La diversité est suscitée par l’Esprit de Dieu.
  3. Nous devons chercher à atteindre ou tendre vers la spiritualité de communion.
    • Pour bien jouer son rôle, l’Église devrait avant tout être la maison ou l’école de la communion.
    • À privilégier : le regard du cœur, l’attention à l’autre, la capacité de voir le positif chez l’autre (personne ou groupe) et partager les fardeaux.
  4. Nous devons construire la fraternité (référence : 1 Jean, 4,20).
    • En élargissant notre « cercle de fraternité »
    • En devenant des LIEUX D’HOSPITALITÉ SOLIDAIRES en privilégiant le vrai dialogue et la construction progressive d’une spiritualité interculturelle dans l’accueil de l’autre.

(1) Contempler le crucifié, par Serge St-Arneault, Espace Perso de Serge, 21 mars 2021.

(2) La médaille de l’Assemblée nationale aux victimes de polytechnique, par Serge St-Arneault, Espace Perso de Serge, 6 décembre 2019.

(3) Montréal remise son crucifix, mais gardera la croix du Mont-Royal, Pierre-André Normandin, La Presse, 21 mars 2019.

(4) Site Web : FOODIES! : Découvrez la nouvelle carte illustrée des meilleurs restaurants de Montréal!

(5) François : la sécularisation, « un défi pour notre imagination pastorale ». Texte de Adélaïde Patrignani, Cité du Vatican, 29 juillet 2022.

(6) Selon Wikipédia, au Canada, une réserve indienne (en anglais : Indian reserve) est une partie des terres de la Couronne mise « à l’usage et au profit » d’un groupe autochtone membre des Premières Nations.

Focus sur le processus de réconciliation – Autochtones

Vidéo de 10 minutes de Mathieu Lavigne, directeur de Mission chez nous, publiée par ECDQ.tv le 14 juillet 2022.

La visite du pape au Canada se fait en mettant de l’avant l’importance de la vérité de ce qui s’est passé notamment dans les pensionnats, avec l’espérance que cela apporte un vent de réconciliation et de guérison. De nombreux pas sont possibles, mais se connaître davantage entre allochtones et autochtones peut favoriser une plus grande amitié entre nous. Mieux tenir compte de l’expérience historique des autochtones est aussi une autre piste. Comment arriver à faire cela ?

Mathieu Lavigne aborde ces sujets avec nuance et délicatesse tout en proposant des pistes concrètes pour en apprendre toujours davantage sur les Premières Nations! Il est le directeur de Mission chez nous; un organisme de solidarité chrétienne avec les Premières Nations fondé par l’Assemblée des évêques catholiques du Québec.

#Autochtones #VisitePapale #MarcherEnsemble

Thèmes abordés : création de liens, connaître l’autre, le processus du vivre ensemble et les réformes nécessaires pour une possible réconciliation.

Citation : « Il faut se doter d’une histoire à part égale. »
(Gilles Bibeau)

Note : ECDQ.tv est la webtélé de l’Église catholique de Québec. Elle cherche à nourrir la foi vivante en Jésus-Christ de toute personne interpellée.

En l’honneur du Saint Patron des Canadiens français et/ou du Québec

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Selon la nouvelle publiée sur le site internet du diocèse de Montréal, « Le 24 juin, nous célébrons la Saint-Jean, la fête du saint patron du Québec. Cette journée de fête, autant religieuse que civile, unit petits et grands depuis plus de 150 ans. Cette année encore, le Diocèse de Montréal donnera le coup d’envoi aux célébrations par la traditionnelle messe de la Saint-Jean-Baptiste, célébrée à l’église du même nom située sur le Plateau Mont-Royal. »

Le site internet du diocèse ajoute que « Les Fêtes de la Saint-Jean ont une longue histoire dans la province.  C’est le 24 juin 1834 que sera chanté pour la première fois le « Ô Canada! Mon pays, mes amours » de George-Étienne Cartier lors d’un grand banquet patriotique près de l’ancienne Gare Windsor à Montréal. Dès lors, on se promet d’en faire une fête annuelle. En 1842 a lieu une grande procession religieuse, inaugurant ainsi la tradition du défilé de la Saint-Jean.  Cette procession introduit les chars allégoriques en 1874. Arrivera avec ceux-ci l’introduction de la représentation traditionnelle de Saint-Jean-Baptiste sous la forme d’un petit garçon frisé accompagné d’un mouton. Quel honneur pour l’heureux choisi pour jouer ce rôle! »

Ceci est très intéressant. Le chant patriotique Ô Canada de 1834 et la grande procession religieuse du défilé de la Saint-Jean de 1842 encadrent la révolte des patriotes de 1837-38. Avec ces simples dates, il est permis d’imaginer le climat hautement tendu, tant social que religieux, de cette époque. La fête de la Saint-Jean s’est associée à une revendication d’ordre politique, avec la bénédiction de l’Église Catholique. Ce n’est pas rien!

Qui dit défilé dit marche et revendication! C’est encore la même chose de nos jours. Pensons simplement aux marches pour la protection de l’environnement, etc.

Mais, le défilé de la Saint-Jean, c’est spécial. Au tournant du nouveau millénaire, j’ai assisté au défilé de la Saint-Jean qui s’est déroulé dans les rues du Vieux-Montréal en pleine nuit débutant de l’est vers le centre-ville. Une semaine plus tard, j’ai aussi participé du défilé de la fête du Canada du 1er juillet. Le cortège prit son élan au coin des rues Berry et Sherbrooke, vers l’ouest et en plein jour. Deux visions diamétralement opposées!

La récente pandémie a calmé toutes les ardeurs, quelles soient patriotiques, climatiques ou autres. Cette année, à Montréal, il n’y a pas de défilé de la Saint-Jean. Il y a plutôt des fêtes de quartiers et des spectacles. La nouveauté, c’est le « défilé stationnaire » situé sur le boulevard Maisonneuve où les gens sont invités à défiler devant les « chars » allégoriques.

En ce beau vendredi après-midi, ensoleillé et relaxant, les gens défilent. Ils deviennent les acteurs de la marche au lieu de regarder sans broncher le passage d’un défilé. La dynamique a complètement changé. Il n’y a plus de direction est-ouest. Le défilé stationnaire se poursuivra ce soir. Il n’y a donc plus de jour ou de nuit. Les oppositions laissent place à une participation active des gens non seulement en regardant, mais aussi en touchant à un défilé dit stationnaire. Voilà une intéressante nouveauté presque contradictoire !

Note finale du site internet du diocèse de Montréal : « En 1908, le pape Pie X proclame Saint-Jean-Baptiste, le patron des Canadiens français. En 1925, le gouvernement du Québec fera du 24 juin un jour férié. Finalement, le 11 mai 1977, le 24 juin devient officiellement le jour de la Fête nationale du Québec. »

La politique n’a pas récupéré la fête religieuse. Il s’agit plutôt de deux aspects d’une même fête intimement associés depuis 1842. La nouveauté, c’est qu’au niveau institutionnel, elle est devenue «stationnaire » ou figée en termes politique, constitutionnel et religieux. Mais, au niveau populaire, la manière de fêter permet aux gens de marcher à leur rythme, quand et comme ils le veulent; de l’est ou de l’ouest, de jour ou de nuit. D’une certaine façon, c’est une brillante manière d’éviter la confrontation dans un climat politique, social et religieux de plus en plus enclin à la polarisation.

Bonne fête nationale.
Bonne fête de la Saint-Jean.

Le 16 novembre prochain, ne fermez pas les yeux sur la persécution des chrétiens

Mercredi Rouge, le 16 novembre 2022

Aide à l’Église en Détresse Canada — À vos agendas !

Montréal, 14 juin 2022 – À vos agendas ! Le mercredi 16 novembre prochain, le bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) tiendra pour une huitième année consécutive le Mercredi Rouge, événement solidaire qui sert à rappeler que la persécution des chrétiens est un phénomène qui ne s’essouffle pas. « Comme l’an dernier, je lance un message spécial à tous les catholiques au Canada : illuminez un édifice ou un monument de votre région en rouge pour l’occasion », demande Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED Canada.

« Encore une fois cette année, nous prierons tout spécialement pour les chrétiens du continent africain qui sont victimes de violences sans fin », indique Mme Lalonde. « L’identité chrétienne gêne, cela ne fait aucun doute, particulièrement après le massacre encore tout récent du dimanche de la Pentecôte au Nigeria. Nous avons plus que jamais besoin d’être solidaires avec les chrétiens victimes d’attaques régulières, justement parce qu’ils sont chrétiens. »

Elle considère que la situation se détériore année après année. « Depuis plusieurs années — et cela est particulièrement visible cette année — la liberté religieuse régresse partout dans le monde. Plus que jamais, nous devons dénoncer la situation ! », indique-t-elle. « Des informations plus précises seront transmises plus tard, mais nous espérons pouvoir annoncer des activités un peu partout au Canada, dont à Montréal, Toronto et d’autres diocèses du Canada. »

SI vous désirez illuminer un édifice en rouge ou bien annoncer une activité spéciale pour le Mercredi Rouge, merci de contacter Mme Valérie Vulcain, coordonnatrice des événements à l’AED Canada. Courriel : vv@acn-canada.org, ou bien sans frais partout au pays : 1-800-585-6333, poste 227.

Le 16 novembre prochain, ne fermez pas les yeux sur la persécution des chrétiens
Pour des entrevues : 514-967-8340 (cellulaire),
Mario Bard.
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Jubilé d’or sacerdotal du père Jacques Poirier

Plusieurs confrères de Sherbrooke, Luc Perreault, Denis Bergeron et Bernard Bergeron et de Montréal, Julien Cormier, Jacques Charon et Serge St-Arneault ainsi que trois sœurs, Rita Toutant, Daphné Alphonso et Gratienne Ndizeye se sont retrouvés à l’église Saint-Pie X de Drummondville pour le jubilé d’or sacerdotal de Jacques Poirier.

Saint-Pie X

C’est dans cette église que Jacques a été ordonné prêtre il y a 50 ans. Après la messe, plusieurs paroissiens ont visionné le cours métrage intitulé « Où habites-tu ? » réalisé par Radio-Canada en 1979 qui illustrait le travail missionnaire de Jacques. Les membres de la famille, les confrères et consœurs, et les amies et amis de Jacques ont par la suite partager un repas festif au sous-sol de l’église.

Court métrage « Où habites-tu ? »

Film d’une quarantaine de minutes tourné au Burundi en 1979 par Radio-Canada, dans le cadre de l’émission Second Regard, sur un jeune homme missionnaire (Jacques Poirier) et ses motivations à consacré sa vie à l’annonce de l’Évangile en Afrique. Quelques jours après la parution de ce film, Jacques était expulsé du Burundi avec 300 autres missionnaires dans un intervalle de huit ans. L’Église du Burundi était alors considérée par le gouvernement comme trop influente auprès des Barundi, ce qui déplaisait aux dirigeants d’alors jusqu’à expulser des missionnaires pour en endiguer le prestige. Jacques faisait partie de la première vague des expulsés. Il était accusé d’être un danger pour la sécurité de l’État pour avoir prêché le pardon des ennemis.

Confrères et consœurs de Jacques Poirier

La famille de Jacques Poirier

Reportage du jubilé d’or du père Jacques Poirier à Ouagadougou au Burkina Faso.

Le père Jacques Poirier vicaire à la paroisse Saint-Jean XXIII de Ouagadougou a célébré le dimanche 22 mai dernier, ses 50 ans de vie sacerdotale. La célébration a connu une ambiance particulière avec les fidèles catholiques de ladite paroisse ainsi que les religieux et religieuses. Le jubilé est rehaussé par la présence de Monseigneur Justin Kientega, évêque du diocèse de Ouahigouya.

C’est l’élu du jour qui a présidé la messe. Sa vocation sacerdotale a débuté quand il était tout jeune élève du primaire dans son pays le Canada. Il raconte que c’est un vieux missionnaire qui est venu parler de l’Afrique, notamment les lions et certains Africains qui ne connaissaient pas Jésus Christ. C’est ainsi qu’il décide de devenir missionnaire d’Afrique avec la communauté des Pères Blancs pour annoncer Jésus aux Africains. Ordonné en 1972, le jeune Jacques est envoyé au Burundi, où il passe sept, avant d’être expulsé du pays, car considéré comme un danger par les autorités du pays.

Après cette étape, ses supérieurs l’envoient en mission en Côte d’Ivoire. Il va y passer onze ans. Le père Poirier rejoindra par la suite le Burkina Faso. Au pays des Hommes Intègres, il s’occupe de la formation des futurs serviteurs de Dieu pendant 12 ans, avant de rejoindre la paroisse Saint-Jean XXIII. Il est vicaire depuis une année.

Dans son homélie, le jubilaire ne cesse d’affirmer avec joie que « le Seigneur ne m’a jamais laissé tomber, il est toujours avec moi ». Le père demande aux chrétiens de toujours continuer à chercher Jésus Christ. « Jésus est là, à côté de vous et il vous accompagne », souligne le père Jacques Poirier.

Après 50 ans de vie au service du Christ, l’homme de Dieu ne compte pas se reposer. Il explique qu’il est missionnaire à vie et il va toujours continuer à servir Dieu partout où le besoin se fera sentir.

Jean Narcisse KOUDOU

BLOGUE DE JACQUES POIRIER

Ô MON AMI

En 1976, au Burundi, je pensais à mes deux sœurs qui venaient de se marier. Elles avaient choisi pour l’ouverture de leur bal la musique de « on ne vit pas sans se dire adieu ». Comme je n’avais pas les paroles, j’en ai composées. Ces paroles, que vous trouvez ci-dessous, vous pouvez les faire vôtres. Elles sont un dialogue entre Jésus et saint Pierre, entre Jésus et moi, entre Jésus et vous.

L’image qui accompagne ce texte est le portrait du visage de Jésus que l’on découvre en regardant bien. Une fois qu’on l’a vu, on ne peut plus l’oublier. C’est la même chose dans notre vie.

Ô mon ami, toi que j’ai choisi,
Est-ce que tu m’aimes plus que tous ceux-ci ?

Tu sais bien, Seigneur, que je t’aime,
Même si parfois je suis loin de toi.

Ô mon ami, je suis mort pour toi :
Va vers les autres apporter ma joie.

Pardonne-moi, Seigneur, je suis un pécheur :
Viens avec moi là où tu m’envoies.

Ô mon ami, reçois mon Esprit :
Il guidera ton chemin vers moi.

Ô merci, Seigneur, tu es avec moi,
Et, avec toi, je prendrai ma croix.

Ô merci, Seigneur, tu es tout pour moi,
Et dans la joie, j’irai vers toi.

AUTRE LIEN

Église catholique Drummondville

Déclaration de l’Aide à l’Église en Détresse (AED-ACN) sur le massacre de la Pentecôte dans l’église Saint-François-Xavier d’Owo, au Nigeria

PAR MARIA LOZANO, AED INTERNATIONALE, JUIN 6, 2022

L’œuvre pontificale de charité internationale Aide à l’Église en Détresse (AED) est profondément choquée par l’horrible attaque qui a eu lieu à l’église catholique Saint-François-Xavier, à Owo, dans l’État d’Ondo, situé au sud-ouest du Nigeria, pendant les célébrations du dimanche de la Pentecôte, le 5 juin, et qui a causé la mort de nombreuses personnes, dont des enfants. 

Les pensées et les prières de l’AED vont aux victimes, aux blessés, à leurs familles et à toute la communauté catholique d’Ondo.  

« C’est le dimanche de Pentecôte, un moment où chaque catholique est censé être à l’église pour commémorer la solennité. Il est si triste de dire que, pendant la Sainte Messe, des hommes d’origine inconnue, armés de fusils, ont attaqué l’église catholique Saint-François-Xavier », a déclaré le père Augustine Ikwu, directeur des communications du diocèse d’Ondo, dans une déclaration envoyée à l’Aide à l’Église en Détresse.  

« On craint de nombreux morts, de nombreux blessés et la violation de l’église », a-t-il ajouté. « L’identité des auteurs reste inconnue et la situation a laissé la communauté dévastée », a ajouté le prêtre catholique. 

« Tous les prêtres de la paroisse sont sains et saufs et aucun n’a été kidnappé », affirme le prêtre, dissipant les rumeurs en ce sens qui circulaient sur les médias sociaux.  

« L’évêque nous demande de rester calmes, de respecter la loi et de prier pour que la paix et la normalité reviennent dans notre communauté, notre état et notre pays », conclut le communiqué.  

L’Occident complice 

L’AED dénonce ce déchaînement de violence, un nouvel acte terroriste au Nigeria, un de plus sur la longue liste des crimes perpétrés contre les chrétiens. Au cours des dernières décennies, le pays a été secoué par des épisodes de violence, de banditisme et d’enlèvements qui, bien que touchant tous les groupes ethniques et religieux de la nation, ont conduit à une longue liste d’attaques majeures contre la communauté chrétienne.  

La semaine dernière, l’Aide à l’Église en Détresse a organisé une conférence de presse avec l’archevêque de Kaduna, Matthew Man-Oso Ndagoso, afin de parler de l’insécurité et de la violence au Nigeria. Bien que les problèmes viennent de diverses directions, l’archevêque Matthew a été très clair : « Le gouvernement nous a complètement laissé tomber ; c’est l’absence de bon gouvernement qui en est la cause. Les bandits, Boko Haram, les enlèvements, ce sont tous des symptômes de l’injustice, de la corruption du système. Si nous ne parvenons pas à nous attaquer à la racine du problème, nous mènerons une bataille perdue d’avance. » 

Le massacre a eu lieu dans le sud-ouest du Nigeria, un endroit qui n’a pas été touché jusqu’à présent par l’insécurité et la violence qui affectent généralement le nord et la Middle Belt (Ceinture du milieu).  

Selon Mgr Ndagoso, si le problème est surtout interne, l’Occident est également à blâmer. « Il faut être deux pour danser le tango. Nos dirigeants volent notre argent et l’emmènent en Occident, en Suisse, à Paris, à Londres, à Francfort. Si l’Occident n’acceptait pas leur argent, ils le laisseraient chez eux. Les gouvernements occidentaux collaborent avec nos dirigeants. » 

LAide à lÉglise en Détresse appelle tous les dirigeants politiques et religieux du monde à condamner fermement et sans équivoque cette attaque terroriste à léglise catholique Saint-François-Xavier d’Owo, dans lÉtat dOndo (sud-ouest du Nigeria), pendant les célébrations du dimanche de la Pentecôte2022. 

NOTE : L’Aide à l’Église en Détresse a reçu des vidéos de l’attaque de l’Église catholique Saint-François-Xavier, qui confirment les affirmations contenues dans cet article. En raison de la nature sensible et graphique des images, lorganisation caritative a choisi de ne pas les partager.  

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