Archives pour la catégorie Témoignages chrétiens

Leçons de la pandémie de la Covid-19

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Collectivement, mais aussi au niveau de chaque individu que nous sommes, l’expérience de la pandémie de la Covid-19 nous force à redéfinir nos valeurs et nos priorités. Notre vulnérabilité a été, et demeure, étroitement liée à notre capacité de résistance. Certes, nous avons fait preuve de résilience, mais nous constatons aussi, par exemple, la fragilité de notre système de santé.

Une prise de conscience collective surgit de cette épreuve, celle de notre étroite et mutuelle humanité. Un minuscule virus venant du bout du monde peut aisément se propager sans frontières à la vitesse de l’éclair. Si ce problème est mondial, la solution doit, elle aussi, être planétaire.

Un rappel de la vaccination contre la Covid-19 deviendra, semble-t-il, annuel. Le danger de nouvelles vagues meurtrières persistera tant et aussi longtemps que la vaste majorité des habitants de notre planète ne sera pas immunisée. En fait, nous sommes entrées dans une ère d’incertitude où les points de vue se polarisent de façon inquiétante.

À son niveau, l’Église institutionnelle est elle aussi infectée par son passé ombrageux, ses erreurs. Elle donne l’impression d’être paralysée et en soin intensif. Nous sommes devenus une minorité de croyants en attente d’un vaccin spirituel pour nous protéger. Or, ce vaccin est déjà disponible.

« Nous gardons toujours confiance, tout en sachant que (…) nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision » (Cor, 5.6).

De fait, notre vie personnelle et collective est constamment ponctuée de profondes transformations. L’être humain a cette exceptionnelle habilité de s’adapter à pratiquement toutes les circonstances, même à un âge avancé. Notre vaccin spirituel est la confiance. Nous persistons à cheminer dans la foi même si nous ne voyons pas clairement où nous allons. Cette attitude nous conduira au-delà de la mort.

Pour le moment, nous sommes encore de ce monde. Profitons-en pour garder le cap malgré notre manque de claire vision. En fin de compte, le plus important n’est pas de savoir où nous allons, mais plutôt de nous assurer de la qualité des petits pas de bienveillance que nous traçons sur la route de la vie. Sans plus!

Éruption du volcan Nyiragongo à Goma, République Démocratique du Congo

Par Serge St-Arneault, M.Afr.

Vous avez eu connaissance de la récente éruption du volcan Nyiragongo à Goma, en RDC. J’y ai séjourné plusieurs fois lors de mes premières années dans ce pays, appelé à l’époque le Zaïre. L’actuelle éruption n’est pas la première. Alors, pourquoi vivre si proche d’un volcan? Cette question se répète partout dans le monde où les populations vivent près de ces géants fumants. Au-delà du danger, Goma est un petit paradis; terre fertile, climat idyllique et magnifiques paysages.

Voici une photo que j’ai prise en 1981 à Nyabibwe situé entre Bukavu et Goma.

Bref, je vous partage une lettre écrite par le père Emmanuel Ngona en date du 28 mai 2021 que j’ai rencontré la première fois à Bukavu en 1981.

« Bonjour de Bunia où je suis bloqué à la suite à l’éruption volcanique du 22 mai à Goma. Ce malheur nous arrive dans cette province du Nord Kivu qui est aussi en état de siège depuis le 6 mai pour essayer d’endiguer les groupes armés qui sèment morts, violence, viols, pillages. Ainsi, à partir du 27 mai, plusieurs quartiers de Goma ont été évacués, menacés par le volcan Nyiragongo en activité. Nos trois communautés de Goma se trouvent dans ces quartiers rouges que le gouvernement demande de quitter. C’est la panique et le choc émotionnel.

Tous nos confrères et aspirants ont quitté Goma pour Bukavu via le Rwanda, sauf nos confrères de la paroisse de Katoy qui sont restés en solidarité avec les gens qui ne savent où aller. Ils leur portent secours avec leurs faibles moyens.

Le premier convoi est bien arrivé le 27 mai vers 22 heures à Bukavu et le second a passé la nuit à la frontière à cause d’une panne de voiture et de la fermeture des frontières. Mais vers 23 heures, une communauté de religieuses les a hébergés. Chacun a eu son lit, a pu manger et boire. Le deuxième convoi comprend 25 personnes.

Tous ces confrères et aspirants sont répartis entre nos trois communautés de Bukavu dans un esprit de solidarité et de style de vie simple. Nos confrères et candidats gardent la joie d’être missionnaires dans ce contexte incertain.

Quant à la situation de l’Ituri, où je suis bloqué à cause de cette situation, c’est aussi l’état de siège pour stopper l’activisme de quatre groupes armés qui tuent, brûlent, volent et paralysent la province de l’Ituri. Dans notre paroisse de Yambi-Yaya ici à Bunia, les infrastructures de quatre secteurs ruraux ont été détruites et pillées par la milice Codeco : les tôles enlevées, les instruments volés, les portes cassées, etc. Voilà en bref la situation que la population et les confrères vivent dans nos deux provinces, Ituri et Nord Kivu en état de siège.

Merci de penser à nous dans vos prières et votre solidarité. »

Nous sollicitons votre générosité

Un compte « Catastrophe naturelle – Goma » a été ouvert chez les Missionnaires d’Afrique à Montréal pour recueillir vos dons pour soutenir la population de Goma. Nous vous invitons à le faire grâce à notre lien internet suivant : https://mafr.net/don-en-ligne/30-projet-special-projet-special-catastrophe-naturelle-goma-30/personal.

Quelques photos prises par nos confrères à Goma

Contempler le crucifié.

Père Serge St-Arneault, M.Afr

La croix est le symbole représentatif des chrétiens comme l’est aujourd’hui le croissant pour les musulmans ou l’étoile de David pour les juifs.

Les premières communautés chrétiennes utilisaient les symboles du poisson et des pains en souvenir de la multiplication de ces aliments par Jésus, représentant du même coup le rassemblement eucharistique ainsi que la présence du Christ ressuscité.

Signifiant l’abondance promise aux chrétiens, le symbole du poisson était accompagné des lettres « ICHTUS » (ἰχθύς) qui peuvent se traduire par « Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur. » Or, la croix, qui désormais représente la foi chrétienne, commémore l’atroce mort de l’homme Jésus.

Depuis quand la croix est-elle le symbole des chrétiens?

D’un point de vue historique, selon la tradition chrétienne, c’est sainte Hélène, la mère de l’empereur Constantin 1er, qui aurait découvert la croix de Jésus ainsi que celles des deux larrons, lors d’un pèlerinage en Palestine entrepris en 326.

L’Empereur Constantin a par la suite érigé une basilique sur l’emplacement du Golgotha. L’Empire romain triomphant imposait depuis longtemps déjà le sigle SPQR (Senatus populusque romanus) qui signifie « le Sénat et le peuple romain ». Il fut l’emblème de la République romaine, puis de la tradition de l’Empire romain. Ces quatre lettres représentaient le pouvoir politique romain.

Constantin a-t-il senti le besoin de modifier le signe SPQR par celui de la croix ? Peut-être pas! Cependant, choisir entre le symbole de la croix et celui des poissons, le plus saisissant ou impressionnant est sans conteste celui de la croix. La force dramatique de la mort sanglante de Jésus correspondait mieux à la culture romaine basée sur la coercition que quelques poissons et bouts de pain suggérant le partage. Or, les Romains étaient des conquérants peu soucieux de partager leurs richesses. Le christianisme, en tant que nouvelle religion d’État, n’a pas changé les vieilles habitudes impériales. Tout cela n’est qu’une hypothèse, la mienne!

Ce qui est plus certain, c’est que depuis le VIe siècle, c’est-à-dire après la chute de l’Empire romain, la croix est régulièrement associée aux représentations du Christ. Celle-ci a été implantée un peu partout et a incorporé au long des siècles une autre signification; celui de la prise de possession de territoires au nom d’un roi chrétien ou peut-être même de la papauté. À titre d’exemple, Jacques Cartier a planté une croix à Gaspé et sur le sommet du mont Royal à Montréal. D’après les recherches historiques récentes, il semble bien que les autochtones qui ont accueilli Jacques Cartier aient compris la portée symbolique de cette croix et s’y soient opposés, en vain.

D’un autre côté, la croix de Jésus a fait naitre un vaste éventail de richesse spirituelle. La vie sur terre a été et demeure un chemin de croix pour la vaste majorité de l’humanité, et pour nous aussi. La croix de Jésus est souvent une source de réconfort spirituel lorsque nous traversons les moments difficiles. Puisque l’homme Jésus a porté sa croix, puisqu’il s’est relevé trois fois et qu’il a atteint le sommet du Golgotha, ce même Jésus nous enseigne que la souffrance n’est pas une malédiction, mais une réalité intrinsèque à notre condition mortelle. Ce que Jésus nous enseigne est qu’au-delà de la croix, la sienne et la nôtre, il y a une rédemption.

L’enseignement fondamental de la croix de Jésus est le pardon total à ses bourreaux. La croix est le symbole par excellence du pardon radical et de la proclamation de l’amour divin. Notre ambition, comme chrétiens, est d’être crucifiés avec Jésus (Gal 2,19).

Contempler la croix.

La contemplation de la croix est donc un moyen de nous rappeler que le chemin du parfait amour est le don de soi qui peut, dans certains cas, être douloureux. Une libération profonde et sincère de nos cœurs meurtris n’est possible que par le pardon. Nous ne parvenons pas à atteindre cette profondeur libératrice par nos propres forces. Cela n’est possible que par l’exemple courageux et la force du pouvoir d’absolution de l’homme Jésus sur la croix. Jésus a remis sa vie entre les mains de Dieu, son père.

« Maintenant mon âme est bouleversée, de dire Jésus. Que vais-je dire? « Père, sauve-moi de cette heure »? – Mais non! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci! Père glorifie ton nom! »

Quelques présentations du Christ en croix.

Les représentations de Jésus sur la croix sont innombrables. La croix a inspiré les artistes selon leur époque et leur contexte culturel. Voici quelques exemples du Malawi.

L’hospitalité solidaire comme fondement spirituel de nos communautés interculturelles

Par Serge St-Arneault, article publié à l’intention des membres de la Société des Missionnaires d’Afrique de partout dans le monde.

Il n’est pas si simple de concevoir l’hospitalité solidaire comme fondement spirituel de nos communautés interculturelles. Cette notion apparaît trop abstraite à première vue. Pourtant, je suis convaincu de son exactitude depuis ma participation à l’atelier « Vivre en communauté interculturelle comme témoignage apostolique aujourd’hui » qui s’est déroulé à Rome en 2019.

« Plus que jamais », ai-je écrit après la session dans le Petit Écho, « nous tenons compte de notre diversité culturelle perçue non pas comme une menace, mais plutôt comme une richesse. Notre désir profond est de témoigner de notre unité dans la diversité. »

Un exemple particulier : le Centre Afrika

Le Centre Afrika a ouvert ses portes en 1988 au sous-sol de la maison des Missionnaires d’Afrique à Montréal dans le but de favoriser l’intégration et la participation des Africains à leur société d’accueil. Depuis lors, de nombreuses associations collaborent à la vitalité du centre qui sert de relais auprès des nouveaux arrivants dans le but de les orienter vers les services dont ils ont besoin grâce à un réseau tissé au long des années avec d’autres organismes privés, communautaires et gouvernementaux.

Les groupes qui viennent au Centre Afrika sont très variés. Certaines associations représentent un pays africain déterminé, d’autres s’orientent vers des formes d’engagement. Il y a aussi des groupes de danse et des chorales. L’expérience montre qu’il n’y a pas vraiment d’interaction entre ces différents groupes. À vrai dire, le Centre Afrika est avant tout un agréable lieu de service décoré avec des œuvres d’art africains qui plaît beaucoup. Sa qualité d’accueil est particulièrement appréciée.

Changement nécessaire

Il faut pourtant aller plus loin et bâtir des ponts. Mon rêve est de favoriser le développement d’une appartenance basée sur l’entraide mutuelle entre les individus et les associations grâce à l’émergence d’une hospitalité solidaire qui favorisera l’acceptation d’une dépendance réciproque comme fondement identitaire.

Ainsi, l’association togolaise ne se limitera pas aux seuls Togolais vivants à Montréal pour soutenir une levée de fond pour une école au Togo. Toutes les autres associations se joindront à cet effort collectif. Un autre jour, nous assisterons ensemble à une conférence organisée par une association algérienne. Il en sera de même pour participer à un spectacle organisé par l’une de nos chorales. Nous sommes à la recherche d’un cadre où la pluralité devient le ciment unificateur du développement identitaire qui relie aussi bien les individus que les groupes.

L’identité « Centre Afrika »

Je souhaite que le Centre Afrika développe sa propre identité basée sur une interculturalité compatible avec une spiritualité de la communion. Celle-ci se doit d’être une démarche constructive favorisant la complémentarité. Les groupes qui se réunissent au Centre Afrika ne se menacent pas. Au contraire, ils deviennent un don réciproque. En élargissant notre cercle de fraternité, nous avons alors une chance de voir un jour le Centre Afrika devenir véritablement un lieu d’hospitalité solidaire.

Nos communautés missionnaires

La session que nous avons vécue à Rome s’adressait avant tout à nos communautés missionnaires dites internationales. Elles sont aussi interraciales.

Voilà une excellente opportunité pour approfondir notre « identité missionnaire » dans le cadre d’une spiritualité interculturelle. Nos communautés peuvent-elles devenir des lieux d’hospitalité solidaires ?

Comme je le mentionnais l’année dernière, nous vivons l’hospitalité depuis notre fondation. De plus, la solidarité fait déjà partie de notre façon de vivre. C’est largement inscrit dans nos Constitutions. Pouvons-nous alors allier d’une manière plus créative ces deux concepts qui constituent la base de l’interculturalité?

Nos limites

Mon expérience missionnaire m’a appris qu’il n’est pas si facile de se parler, de partager notre vécu entre confrères. Certes, nous nous répartissons le fardeau du travail apostolique, vivons parfois dans des conditions de vie difficile ou tendue. Heureusement, nous nous soutenons dans nos moments de prière. Par contre, que savons-nous vraiment de nos confrères ?

Comme pour tout autre être humain, inévitablement, nos stéréotypes et préjugés reposent sur des codes culturels liés à nos expériences collectives particulières avec la nature, le temps, l’espace, la maladie, la mort, le pouvoir, les traumatismes historiques, etc. La variété de nos comportements culturels est presque infinie.

La chance que nous avons d’être ce que nous sommes

Dès leur origine, les Pères Blancs européens ont dû relever les défis du « vivre ensemble » au-delà des guerres dévastatrices du XXe siècle. Pour en avoir fait l’expérience moi-même, il y a véritablement un choc culturel entre l’Amérique et l’Europe, plus profond à certains égards que celui entre l’Amérique et l’Afrique. Depuis maintenant trois ou quatre décennies, les Pères Blancs s’africanisent. À eux, s’ajoutent aussi nos confrères indiens et philippins. Quels défis !

Pourtant, nous avons fait la preuve, au-delà de nos erreurs et maladresses, que nous pouvons vivre en communautés interculturelles. En effet, nous avons développé un esprit de famille unique inspiré de notre fondateur, Charles Lavigerie, qui a insisté sur notre fameux « esprit de corps ». Nous pouvons à juste titre en être fiers.

Et nous aujourd’hui ?

Lavigerie n’a pas parlé en termes d’interculturalité, car ce mot n’existait pas. Ce qu’il a préconisé est tout de même similaire. Notre spiritualité en est une de communion fraternelle respectueuse des différences culturelles. Être disciples du Christ présuppose que nous sommes tous complémentaires les uns des autres. Comment cela peut-il alors s’exprimer concrètement au sein de nos communautés missionnaires majoritairement composées en Afrique de confrères africains et indiens? Comment peuvent-elles devenir des lieux d’hospitalité solidaire ?

Liban – Beyrouth – De l’aide d’urgence pour la nourriture

Par John Pontifex, AED International – Traduction AED Canada

Königstein – Montréal, Mercredi le 5 août 2020 L’organisme de charité Aide à l’Église en Détresse envoie de toute urgence une somme de 362 500 $ à Beyrouth suite aux explosions colossales d’hier (4 août).

L’aide acheminée par Aide à l’Église en Détresse (AED) visera les familles pauvres les plus affectées par les explosions qui ont dévasté la région du port dans la capitale libanaise. Au moins 100 personnes sont mortes et 4 000 autres blessées lorsque les 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium d’un entrepôt ont explosé.

Le père Raymond Adbod a indiqué à l’organisme que « les explosions avaient les airs d’une bombe atomique avec de la fumée rouge partout et des dommages considérables ».

Selon le père Samer Nassif, expert de l’AED au Liban, la zone chrétienne de Beyrouth a été « complètement dévastée » avec au moins 10 églises détruites, 300 000 personnes devenues sans domicile et beaucoup d’autres qui souffrent d’avoir perdu leurs moyens de subsistance aussi « totalement détruits » par l’explosion.  Il a ajouté qu’hier « en une seconde, plus de dommages ont été infligés au quartier chrétien de Beyrouth que dans les longues années de guerre civile.  Il faudra reconstruire à partir de zéro. »

Les pères Abdo et Nassif ont affirmé qu’après la longue crise économique et le coronavirus, le Liban est mal équipé pour faire face à cette situation urgente et demandent sans délai de l’aide d’urgence pour aider la population avec leurs besoins de base.

Dans un « appel aux pays du monde » envoyé aujourd’hui le patriarche maronite, le cardinal Bechara Boutros Rai, président de la Conférence des patriarches et évêques catholiques du Liban, a dit que « Beyrouth est une ville dévastée.  Beyrouth, la fiancée de l’Orient et le phare de l’Occident, est blessée.  C’est une scène de guerre – la destruction et la désolation règnent dans les rues, les districts et les maisons. »

Le père Abdo a également décrit comment dans un couvent non loin de son monastère, une relieuse âgée et malade est morte des blessures causées par l’explosion.  Le prêtre carmélite ajoute qu’elle était la seule qui n’était pas à la salle à manger du couvent au moment des explosions et, que si les autres avaient été dans leurs chambres, plusieurs seraient également décédées ou sérieusement blessées.

Aide à l’Église en Détresse appelle à prier pour les victimes et leurs familles.

L’AED est une Œuvre internationale catholique de bienfaisance et une œuvre pontificale de charité qui soutient les fidèles partout où ils sont persécutés, opprimés ou en détresse. Aujourd’hui, l’Œuvre aide l’Église à travers des projets d’information, de prière et d’assistance dans plus de 140 pays où elle est persécutée ou bien ne dispose pas de ressources suffisantes pour ses tâches pastorales.

Mme Marie-Claude Lalonde est disponible pour des entrevues. Pour toutes demandes à ce sujet, merci de me contacter : Mario Bard, responsable de l’information, AED Canada

(514) 932-0552, poste 224, ou sans frais, au 1-800-585-6333, poste 223.              

mcl@acn-canada.org

*Les articles et communiqués de l’AED sont offerts gratuitement pour publication partielle ou totale, à la seule condition que la source, Aide à l’Église en Détresse (AED), soit mentionnée.

Aide à l’Église en Détresse (AED) est une œuvre pontificale de charité catholique internationale qui a pour mandat « le service de la charité fraternelle envers les Églises locales les plus souffrantes et nécessiteuses », par l’information, la prière et l’action.

Fondée par le Père Werenfried van Straaten en 1947, elle aide spirituellement et matériellement, grâce à 23 bureaux nationaux, dont celui du Canada, l’Église en détresse dans plus de 139 pays (Rapport annuel 2019).

L’impact de la pandémie sur les croyants en Dieu

Ce n’est pas seulement l’économie qui est affectée par le Covid-19. Une attention est désormais accordée à la santé mentale des citoyens. Incontestablement, nous sommes tous ébranlés par un climat d’incertitude, parfois de peur, relayé quotidiennement par les bulletins de nouvelles. L’inquiétude se fait particulièrement sentir chez les personnes âgées. D’ailleurs, celles-ci détiennent le plus grand nombre de décès.

Les festivals sont annulés. On assiste à la fermeture de restaurants et de magasins. Les aéroports, compagnies aériennes et agences de voyages sont en déroute, etc. Conséquemment, les gouvernements apportent une aide d’urgence aux personnes directement affectées. Cela se chiffre en centaines de milliards de dollars. Pourtant, le sort des églises et autres lieux de culte passe complètement sous le radar. Les croyants en Dieu sont tout simplement ignorés par les autorités civiles.

Déjà, l’incertitude plane sur l’avenir des institutions religieuses, particulièrement les paroisses catholiques. Les allégations et condamnations pour harcèlement sexuel de certains prêtres ou religieux minent sans cesse la crédibilité de l’institution. À vrai dire, le virus du Covid-19 n’est que la cerise sur le gâteau. Un autre genre de virus plus redoutable est à l’œuvre depuis plusieurs années déjà.

L’insignifiance des institutions religieuses

Le débat sur les accommodements raisonnables s’est finalement soldé par une grande « distanciation ». Au sein de l’Église Catholique, les sacrements ont perdu leur sens symbolique aux yeux de la majorité. Ils sont devenus littéralement insignifiants, sans importance.

Cet état de fait est particulièrement mis à jour en cette période de pandémie. Malgré la collaboration des responsables religieux en lien avec les directives gouvernementales, « Le Québec est la seule province qui n’a pas discuté avec les lieux de culte de leurs besoins spécifiques », a déploré Reuben Poupko, du Conseil des rabbins de Montréal. (…) « On nous a imposé le modèle des 50 personnes assises qui ne parlent pas, qui provient des salles de spectacle, ça ne correspond pas à nos pratiques. [1]»

La goutte vient de déborder du vase. Aux dires de l’archevêque de Québec, Gérard Cyprien Lacroix, les autorités québécoises ont « manqué de respect » envers les groupes religieux pendant le confinement. « Jamais M. Legault n’a remercié les sacrifices des fidèles durant Pâques, le ramadan. Si nous voulions avoir des réponses, il nous fallait demander aux journalistes de les poser. Les casinos ont pu rouvrir avant les églises ! [2]»

Ironiquement, nous sommes passés d’une société où le « religieux » était omniprésent et intouchable à une situation où il est presque absent et, par nature, coupable ou blâmable.

Y a-t-il un vaccin?

Des montants d’argent considérables sont investis pour mettre au point un vaccin contre le Covid-19. Mais le vaccin contre le « manque de sens et de respect » ne viendra pas de Chine ou d’ailleurs. Il ne peut venir que d’ici.

La pandémie actuelle offre malgré elle une occasion favorable pour réfléchir sur notre modèle de société. De nouvelles initiatives émergent qui auront de plus en plus d’impact sur nos choix de vie, idéalement plus écologique. À titre d’exemple, notre modèle d’économie basée sur le transport en voiture et le travail dans des tours de bureau s’effondre grâce au télétravail à domicile.

De même, les virus de l’insignifiance et du manque de respect affectant les communautés croyantes offrent une opportunité pour changer leur manière de vivre leur foi. Une audace nouvelle pointe où les lieux de cultes se transforment en profondeur. Sans faire de bruit et bon marché, un vaccin est déjà disponible. Il porte les noms de « confiance dans l’avenir », « abandon dans la foi », « lâcher prise », « défense des plus vulnérables », « ouverture de cœur et d’esprit à la différence », « établissement de ponts entre les cultures », « dialogue interreligieux », « accueil inconditionné de l’étranger », « don de soi par amour », « simplicité volontaire », « protection environnementale », « égalité véridique entre les sexes », « recherche incessante de justice réparatrice », « rejet de toute forme de racisme », « reconnaissance des erreurs commises », « demandes de pardon », « naître, grandir et mourir dans la dignité ».

Ce vaccin est d’ordre spirituel. D’où l’importance pour le gouvernement de tenir compte des spécificités des regroupements de croyants en Dieu. Ayant perdu une large part de sa signification, il n’est pas requis pour autant de manquer de respect par une ignorance à saveur de mépris. Certains diront que ces propos sont exagérés, mais c’est pourtant ce que beaucoup de croyants ressentent, à tort ou à raison. Comme tout autre citoyen qui compose notre société, ils méritent d’être reconnus.

La distanciation ne signifie pas abstraction et la qualité d’une personne n’est pas lié à la beauté de son couvre-visage. De même, la distanciation n’est pas l’absence du désir de vivre en « communion ». Le seul masque à craindre est celui de la honte.


[1] Québec a «manqué de respect» envers la religion, tonne l’archevêque de Québec, Mathieu Perreault, La Presse, 29 juillet 2020

[2] Québec a «manqué de respect» envers la religion, tonne l’archevêque de Québec, Mathieu Perreault, La Presse, 29 juillet 2020

Chaque personne est une histoire sacrée.

Par Serge St-Arneault, M.Afr

J’ai grandi à La Tuque qui était et demeure très majoritairement francophone. Tout ce que je connaissais des Anglais, à l’époque, était le nom de la rue Beckler, située près de l’usine de papier. Une fois adulte, j’ai poursuivi mes études en anthropologie à Londres, en Angleterre, pendant plus de deux ans. J’ai tout aimé de ce pays. Je m’y sentais bien. J’en suis presque tombé amoureux. Les perceptions changent avec le temps, c’est documenté!

Que dire de l’Afrique? Dans mon cœur d’enfant, ce vaste continent se résumait au célèbre acteur Tarzan. J’aurais voulu être fort comme Tarzan. Comble de mon malheur, en me regardant dans le miroir, je réalisais que je ressemblais davantage à Cheetah, la guenon de Tarzan, qu’à Tarzan lui-même. Mais, ça, c’est un autre problème.

Pendant une dizaine d’années, je me suis laissé humanisé en vivant chez les Indru du Congo de la région de l’Ituri. J’ai découvert chez cette population un esprit combatif et fier qui a fait naître en moi un autre homme. J’ai appris leur langue, quelques-unes de leurs coutumes. Avec mes confrères missionnaires, je suis demeuré avec eux pendant la guerre qui a sévi au début des années 90. J’ai définitivement quitté ce beau pays en 1996 en y laissant une part de mon cœur.

Le plus beau compliment que j’ai reçu le jour de mon départ est celui d’une grand-maman qui m’a dit publiquement que la seule chose qui me manquait était la couleur de la peau. Nos regards s’étaient transformés. Nos différences raciales et culturelles n’avaient plus aucune importance. Il y avait entre nous une forme de communion.

Douloureux souvenir de la tragédie de Poly

Ce n’est pas ce qui s’est passé dans le cœur de Marc Lépine il y a 30 ans. L’image qu’il avait de lui-même et des femmes s’est figée dans un bloc d’étanchéité. La fausse perception de son monde imaginaire s’est comme givrée dans la haine ou le ressentiment. Dans son délire, il a voulu détruire une idole qui l’effrayait. À son insu, il a plutôt défiguré le visage de l’humanité où chaque personne est une histoire sacrée.

Indéniablement, chaque être humain est une histoire sacrée à respecter, peu importe son origine raciale, culturelle ou ses croyances. Nous ne formons qu’une seule famille humaine, la famille de Dieu. En effet, nous sommes tous et toutes les enfants d’un même créateur. L’amour de ce Dieu est le même pour tout le monde. Ça aussi, c’est documenté!

Soirée commémorative à Québec le 29 janvier 2020

À l’invitation du comité citoyen composé de plus de 50 bénévoles, je représentais avec Heidi Rathjen le regroupement PolySeSouvient. Nous nous sommes adressés brièvement aux 300 convives qui s’étaient rassemblés dans l’église Saint-Mathieu de Québec transformée pour l’occasion en une grande salle de convives pour souligner la 3e commémoration du drame de la mosquée de Québec.

Plusieurs représentants de marques figuraient sur la liste des orateurs : le grand chef de la nation huronne-wendat Konrad Sioui, François Legault, Régis Labeaume, l’imam de la Mosquée de la Capitale Abderrahim Qaq et l’actuel président du Centre culturel islamique de Québec Boufeldja Benabdallah.   

Plusieurs autres personnalités étaient également présentes dont Manon Massé et le chef du Nouveau Parti démocratique Jagmeet Singh avec lequel je me suis entretenu brièvement au côté du rappeur Webster.

Il y avait aussi des représentants des autres confessions religieuses : l’évêque catholique auxiliaire Marc Pelchat, l’évêque anglican Bruce Myers, le recteur de la cathédrale de la Sainte-Trinité, Christian Schreiner ainsi que le président de la communauté juive de Québec et cofondateur d’Unité Québec, David Weiser.

Le curé de la paroisse Notre-Dame-de-Foy, Bernard Duquette, a accueilli la foule en soulignant le caractère très symbolique et significatif de cette commémoration; une tragédie survenue dans une mosquée, mais commémorée dans une église. Dans la soirée, le chant de l’imam a retenti en arabe. Qui aurait prédit qu’un clerc musulman chante une prière inspirée du coran dans une église catholique? Je me réjouissais d’admirer cette scène qui se déroulait dessous la statue du Christ glorieux aux bras ouverts. Très symbolique!

Il y a eu aussi à manger pour tout le monde; repas d’inspiration africaine, arabe et québécoise. Malgré le tragique de la commémoration, un esprit de fête transcendait l’événement. Pour un instant, gens de confessions et de diverses provenances puisaient un réconfort dans des discours inspirants et à saveur politiques tout en partageant un réel repas. Plus qu’un symbole, ce soir-là, l’Église a rassemblé tous les enfants de Dieu sous un même toit. C’est maintenant documenté!

Missionnaires d’Afrique (Prêtres, Frères et Sœurs) à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec

Par Sr Madeleine Bédard, 29 novembre 2019, Beauport, (Québec)

Le 26 novembre 2019, à 19h00, le cardinal Gérald C. Lacroix, archevêque de Québec, a présidé l’Eucharistie clôturant cette année jubilaire à la basilique-cathédrale Notre-Dame, reflet de l’histoire de tout notre peuple. Nous étions honoré(e)s par la présence de Mgr Marc Pelchat et Mgr Martin Laliberté, évêques auxiliaires, et de M. l’abbé Mario Duchesne, vicaire général. Une douzaine de Missionnaires d’Afrique et l’abbé Gérard Sylvain étaient là comme concélébrants. Nos familles, amis et connaissances étaient invités à vivre cet événement mémorable.

Dans l’action de grâce

C’est l’occasion de rendre grâce pour notre mission commune passée, présente et à venir. Quelle joie profonde de nous retrouver ensemble comme disciples de Jésus et apôtres envoyés sur les pas du cardinal Lavigerie et de Mère Marie-Salomé !

Cliquer sur l’image pour ouvrir la vidéo.

La procession d’entrée avec les célébrants et tous les missionnaires marque le début de l’Eucharistie. Dans le mot de bienvenue, le P. Armand Galay, délégué provincial des Missionnaires d’Afrique, et dans le mot de la fin, Sr Elisabeth Villemure, responsable des SMNDA pour l’Amérique, expriment notre gratitude envers les Africains qui nous ont accueillis, nos Églises d’origine, nos familles, nos amis et nos bienfaiteurs qui nous ont soutenu(e)s au cours de notre vie missionnaire. Ils sont venus nombreux. Quelle joie aussi d’avoir parmi nous quelques amis africains accompagnant si bien les chants de la Messe au rythme du tambour : de quoi rappeler d’heureux souvenirs aux missionnaires ayant vécu tant d’années en Afrique !

Cliquer sur l’image pour ouvrir la vidéo.

À la lumière de l’Évangile, le Cardinal témoigne avec ardeur de sa foi en Jésus plein de compassion pour les foules et donnant sa vie pour tous. Il nous rejoint aussi en évoquant notre histoire et notre fondateur. Il nous laisse entendre encore la dernière recommandation du cardinal Lavigerie : « …restez unis, unis de cœur, unis de pensées… » Il communie aussi à notre amour profond pour l’Afrique et le monde africain, ainsi qu’au désir de Dieu que beaucoup de jeunes entendent son appel pour continuer sa mission dans le monde.

À l’offertoire, des symboles très significatifs pour nous sont apportés en procession et servent à exprimer nos offrandes et nos intercessions : deux cadres avec la photo du cardinal Lavigerie et de Mère Marie-Salomé, le globe terrestre, une corbeille de fruits, le rosaire des M.Afr et notre croix, et finalement le pain et le vin.

Cliquer sur l’image pour ouvrir la vidéo.

Après la communion, nous écoutons attentivement la lecture de quatre paroles du cardinal Lavigerie à ses missionnaires : elles sont une source d’inspiration et d’orientation pour nous comme héritiers de son charisme et disciples missionnaires de Jésus.

« Allez-vous en sur les places et soyez mes témoins chaque jour » : telles sont les paroles d’envoi du dernier chant qui projettent une lumière sur l’avenir !

À l’arrière de la cathédrale, le Cardinal et les évêques saluent tous les participants par une chaleureuse poignée de mains.

Au grand salon du Séminaire, un délicieux goûter nous attend. Ce sont de joyeuses retrouvailles avec nos familles, nos amis et connaissances. On circule dans tous les côtés de la magnifique salle, autour de tables garnies de délicieuses bouchées à déguster et à partager. Puis, c’est le mot d’au revoir : « Avec le Christ, nous voulons rester fidèles à l’Afrique et demeurer dans la gratitude. »

Une corbeille de fruits à offrir

Gratitude et joie partagées ! Un regard du cœur plein de compassion sur les foules ! Disciples de Jésus et apôtres envoyés ! Paroles de Lavigerie, sources d’inspiration et d’orientation ! Le monde africain partout où il se trouve et parmi nous aujourd’hui ! « Restez unis de cœur, unis de pensées ! » Une poignée de mains chaleureuse à l’autre et à tous ! Vivre ta mission d’amour !

Soyez mes témoins chaque jour !

L’Église du Québec se mobilise contre la violence envers les femmes

« Se souvenir pour mieux agir », publié par le Conseil Église et Société de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, est une déclaration faite dans le contexte du tragique 30e anniversaire de la tuerie de 14 jeunes femmes à Polytechnique Montréal. Sabrina Di Matteo est très fière de voir que cette déclaration (qu’elle a contribué à rédiger) est diffusée par Vatican News. 

C’est l’occasion de rappeler l’étendue des violences contre les femmes qui perdurent, que ce soit dans la sphère conjugale, dans le monde numérique, par l’exploitation sexuelle et la traite humaine, dans le contexte autochtone et d’oser interpeller notre Église sur les abus dont elle est responsable et sur la place des femmes qui doit progresser.

Déclaration  sur la violence  envers les femmes  et les personnes vulnérables

L’Église du Québec se mobilise contre la violence envers les femmes

L’Assemblée des évêques catholiques du Québec a publié une déclaration intitulée “Se souvenir pour mieux agir”, sur la violence envers les femmes et les personnes vulnérables. Ce message s’inscrit dans le cadre de la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, célébrée chaque année le 6 décembre au Canada.

Ce 6 décembre 2019 marquera un triste anniversaire: 30 ans plus tôt, 14 jeunes femmes étaient assassinées à l’École Polytechnique de Montréal. Un évènement «qui a tragiquement marqué l’histoire du Québec» lit-on dans cette déclaration signée par des responsables diocésaines et les membres du Conseil Église et société de l’Assemblée des évêques québécois.

Une multiplication des formes de violence

«Face au constat que les violences envers les femmes perdurent, nous avons toutes et tous, individuellement et collectivement, des responsabilités à prendre. Pour nous, catholiques signataires de cette déclaration, il importe de se souvenir pour mieux agir», est-il écrit. Les signataires relatent les efforts déjà entrepris par l’Église catholique québécoise, mais constatent que les violences subsistent et que «plusieurs autres formes de violence affectent les femmes et les personnes vulnérables, en dehors de la sphère conjugale»: les signataires se réfèrent à la «cyberintimidation, à l’exploitation sexuelle de personnes mineures, à la prolifération de la pornographie, aux abus psychologiques et physiques, et à la traite humaine interne et internationale». «L’expérience des violences subies par des femmes autochtones nous interpelle de façon particulière. Le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées recense l’ampleur de la violence systémique qui leur a été infligée», alertent les auteurs, qui souhaitent «envisager des chemins de guérison» avec d’autres composantes de la société.

Dénonciation des abus commis au sein de l’Église

Les représentants de l’Église québécoise appellent ensuite «à faire mémoire», une démarche qui «se situe au cœur de notre foi», foi dans le Christ Jésus «qui fut la victime de l’ultime violence, celle de la mise à mort sur une croix». Les Évangiles montrent aussi «le rôle fondamental» qu’ont joué les femmes «dans le christianisme naissant». «Ce rappel nous invite à porter un regard sur l’institution religieuse qui nous rassemble», expliquent les signataires. «Nous sommes conscientes et conscients que notre Église a contribué à la violence subie par diverses personnes, ici et ailleurs» déclarent-ils, avant de se dire scandalisés par «les agressions, les abus sexuels, les abus de pouvoir et les abus spirituels qui ont été perpétrés par des membres du clergé et des religieux».

Agir ensemble pour susciter l’espérance

Plusieurs recommandations sont alors formulées à l’adresse de l’institution ecclésiale: «poursuivre l’analyse des causes de ces abus, son engagement en faveur de leur prévention et le développement de formes de réparation et de guérison. Le cléricalisme, identifié par le pape François comme une cause qui engendre et perpétue les abus, doit être dénoncé avec détermination. Nous avons ensemble le devoir d’écouter les femmes et les personnes victimes de violence. Nous devons agir en matière de prévention, d’éducation et de mobilisation. Les hommes doivent être les alliés des femmes dans cette lutte». Comme l’affirme l’Église québécoise, «se souvenir de la violence faite aux femmes et aux personnes vulnérables devrait nous conduire à agir, afin de relever dans la dignité toutes celles et ceux qui souffrent, susciter l’espérance et ressusciter des relations de paix et d’unité».

L’hospitalité solidaire comme fondement de nos communautés interculturelles

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Inspiré par une résolution du dernier chapitre, l’atelier sur la vie en communautés interculturelles comme témoignage apostolique a réuni 18 confrères, incluant les animateurs Freddy Kyombo, Andreas Göpfert ainsi que le secrétaire Jean-Paul Guibila, du 1er au 8 septembre 2019 à la Maison Généraliste.

L’objectif global de ce rassemblement était de définir une spiritualité interculturelle avec comme objectif d’aider nos communautés M.Afr à améliorer leur témoignage communautaire. C’est à ce niveau que l’hospitalité solidaire apparaît être la notion qui définit le mieux le fondement de nos communautés interculturelles.

Grâce à une construction progressive de nos communautés internationales inspirée dès sa fondation par la parole du Cardinal Lavigerie insistant sur « l’esprit de corps » pour témoigner du Christ et des valeurs du Royaume de Dieu, nous sommes à même d’évaluer périodiquement notre identité. Plus que jamais, nous tenons compte de notre diversité culturelle perçue non pas comme une menace, mais plutôt comme une richesse. Notre désir profond est de témoigner notre unité dans la diversité.

Cela pose un sérieux défi. En effet, la préservation de l’unité dans la pluralité exige un effort constant. Cet esprit d’unité fait référence à une prise de conscience de nos différentes façons de réfléchir ou de prendre ensemble des décisions. Un double mouvement oscillant entre une appartenance à un groupe et le sentiment subjectif d’unicité, cette altérité donc, permet l’acceptation de la dépendance réciproque. Notre identité se construit sur la base de notre diversité.

Ainsi donc, notre identité doit demeurer plurielle. En cas contraire, il y a un risque du refus de l’autre au détriment de la vie communautaire, un danger d’assimilation culturelle menant à des formes d’aliénation et un danger de développement de zones conflictuelles. Par contre, la consolidation de l’identité est atteinte dans un climat de dialogue.

Risques qui menacent le développement de l’identité communautaire

Une intoxication du climat relationnel s’accroît avec une exagération des différences ethniques et leur manipulation et instrumentalisation. Une purification des perceptions est donc nécessaire avec le développement d’un sens critique. Celle-ci évitera la violence.

L’identité de la personne ou d’un groupe est une composition multiple soutenue par une ouverture mentale. C’est dans ce cadre que la pluralité est source du développement identitaire qui relie les individus comme les peuples à l’exemple d’un pont. En toute chose, il faut éviter la pensée unique.

Un autre risque ou danger est la propagation de stéréotypes ou étiquettes discriminatoires. En tant que personnes consacrées au Royaume de Dieu, nous sommes particulièrement choisis pour lutter contre cela. La démarche à privilégier est celle d’une spiritualité de la communion fraternelle respectueuse des différences. Être disciple du Christ est d’affirmer que nous sommes tous complémentaires des uns des autres.

Une forte identité, individuelle et collective, est à la fois exigeante et tout à fait compatible avec une spiritualité de la communion. En effet, elle repose sur la volonté affichée d’acquérir une nouvelle vision de soi basée sur le concept de l’interculturalité. C’est dans ce sens que l’interculturalité est perçue par certaines personnes ou groupes comme une grande provocation.

Difficultés liées aux changements constants

Les stéréotypes et préjugés reposent sur des codes culturels liés sur le rapport que l’homme a établi avec la nature, le temps, l’espace, la maladie et la mort, le pouvoir. La variété des comportements culturels est presque infinie. De nos jours, nous devons ajouter la présence de la culture numérique qui pose de nouveaux défis. Une différence notable se fait sentir entre les nouvelles générations et les aînés. Ces derniers ont plus de difficulté à suivre le rythme des nouveautés numériques.

Vers une spiritualité interculturelle

Comment pouvons-nous intégrer la spiritualité de l’interculturalité dans notre quotidien ?

  1. Nous devons être prêts à changer notre regard et nos modes de perception.
    • En développement une démarche constructive.
    • En considérant l’autre personne ou l’autre groupe comme une source de complémentarité.
    • En appréciant l’autre comme un don pour moi, non pas une menace.
    • Ainsi, une communauté interculturelle devient un don pour tous.
  2. Nous devons valoriser la diversité qui est voulue par Dieu.
    • À l’exemple de Moïse qui doit se déchausser pour pénétrer dans le lieu sacré de la rencontre, nous aussi, nous nous déchaussons de nos préjugés pour prioriser la spiritualité de l’interculturalité.
    • Nous sommes tous les enfants d’un même créateur.
    • La diversité est un don de Dieu.
    • La diversité est suscitée par l’Esprit de Dieu.
  3. Nous devons chercher à atteindre ou tendre vers la spiritualité de communion.
    • Pour bien jouer son rôle, l’Église devrait avant tout être la maison ou l’école de la communion.
    • À privilégier : le regard du cœur, l’attention à l’autre, la capacité de voir le positif chez l’autre (personne ou groupe) et partager les fardeaux.
  4. Nous devons construire la fraternité (référence : 1 Jean, 4,20).
    • En élargissant notre « cercle de fraternité »
    • En devenant des LIEUX D’HOSPITALITÉ SOLIDAIRES en privilégiant le vrai dialogue et la construction progressive d’une spiritualité interculturelle dans l’accueil de l’autre.

Conclusion

Nous avons accordé beaucoup d’attention à l’hospitalité depuis notre fondation. La solidarité fait aussi partie de notre façon de vivre en communauté. Sur ce point, il n’y a rien de nouveau. Par contre, en conjuguant plus intimement ces deux dimensions, nous parvenons à incorporer l’interculturalité au sein de nos communautés. C’est alors que l’interculturalité se définit comme une spiritualité, c’est-à-dire un lieu d’expression de l’Esprit, don de Dieu.

Participants à l’atelier « Vivre en communauté interculturelles comme témoignage apostolique aujourd’hui », Rome du 1 au 8 septembre 2019. 1: Freddy Kyombo. 2: Paul Makambi Kitha. 3: Andreas Göpfert. 4: Michael Mpindo. 5: Robert Ubemu. 6: Georges Jacques. 7: Robert Ubemu. 8: Armand Galay. 9: Daniel Nana. 10:  Paul Johnston. 11: Benjamin Jigeesh. 12: Hans Joachim Lohre. 13: Serge St-Arneault. 14: Serge Boroto. 15: Emmanuel Noufé. 16: Robbin Simbeye. 17: Bonaventure Bwanakweri. 18: Alex Manda.