Montréal, le 6 août 2026 — L’église Saint-Barnabas de Saint-Lambert résonnera des chants éthérés des complies le dimanche 16 août 2026, à partir de 20h, alors que le Chœur de Complies de Montréal présentera cet office du soir. Sous la direction artistique de Francine Nguyen-Savaria et Matthieu Latreille, cet événement promet d’être une expérience inoubliable pour les amateurs de musique et les personnes en quête de spiritualité.
Le Chœur de Complies de Montréal perpétue la tradition millénaire de la Liturgie des Heures au sein de la communauté du grand Montréal. Inspirés par leurs expériences lors de complies à Los Angeles et au Royaume-Uni, Francine et Matthieu s’engagent à partager ce trésor.
Les complies, dernier office de la journée dans la liturgie des heures, résonnent depuis des siècles auprès des Chrétiens. Issu du latin “completorium”, signifiant “achèvement”, cet office offre une conclusion empreinte de sérénité à la journée. Le répertoire, comprenant du plain-chant en anglais, du chant grégorien, ainsi que des motets des compositeurs baroques et de la Renaissance Henry Purcell, Daniel Purcell et William Byrd, transportera le public dans une atmosphère de paix intérieure. Toutes les performances sont “a cappella”, favorisant ainsi une intimité entre le chœur, le public et le divin.
Tous sont chaleureusement invités à cette expérience, offerte sous forme d’entrée libre avec contribution volontaire, rendant ainsi l’événement accessible et inclusif pour tous.
Du 26 août au 3 septembre prochain, les fidèles de partout sont invités à vivre une neuvaine en ligne consacrée à la bienheureuse Dina Bélanger, accessible gratuitement sur la WebTV diocésaine ECDQ.tv.
Cette année, la neuvaine sera animée par Mgr Juan Carlos Londoño, évêque auxiliaire du diocèse de Québec, qui proposera une réflexion spirituelle autour du thème : « Tous appelés à la sainteté ».
À travers neuf (9) jours de prière et de méditation, les participants seront invités à approfondir la vie, le message et la spiritualité de cette grande figure spirituelle québécoise. Née à Québec, dans le quartier Saint-Roch, en 1897, Dina Bélanger a marqué son époque par son parcours de musicienne, d’enseignante, d’écrivaine et de mystique. Religieuse de Jésus-Marie, elle a consacré sa vie à Dieu et au service des autres. Surnommée la « Petite Thérèse de l’Enfant-Jésus du Canada » en raison de la profondeur de sa vie spirituelle et de sa confiance absolue en Dieu, elle a été béatifiée par le pape Jean-Paul II le 20 mars 1993.
Cette neuvaine permettra de découvrir différentes facettes de son chemin de foi, notamment l’appel à la sainteté dans la vie ordinaire, l’Eucharistie comme cœur de toute vie spirituelle, l’abandon à la volonté de Dieu, la souffrance offerte avec amour, la vie religieuse et la consécration, l’humilité joyeuse, l’amour filial envers la Vierge Marie, l’apostolat par la prière et le sacrifice ainsi que la joie dans l’espérance du ciel.
Chaque jour, les participants pourront approfondir un aspect de la spiritualité de Dina Bélanger et se laisser accompagner par son témoignage lumineux sur le chemin de la sainteté.
« La vie de Dina Bélanger nous rappelle que la sainteté est accessible à tous et qu’elle se construit dans les gestes simples du quotidien, par l’amour, la confiance en Dieu et le don de soi », souligne Mgr Londoño.
La neuvaine sera diffusée quotidiennement du mercredi 26 août au jeudi 3 septembre 2026 sur la WebTV diocésaine : https://ecdq.tv/
Tous sont invités à participer à cette démarche spirituelle qui permettra de mieux connaître cette bienheureuse québécoise et de s’inspirer de son message toujours actuel. Pour information n’hésitez pas à communiquer avec :
Louis-Martin Lanthier, Directeur général du Centre Dina-Bélanger, 2049, Chemin Saint-Louis, Québec, Québec, G1P 1T2. Bureau: (418) 687-9260. Mobile : (418) 440-5760
Quatre mois se sont écoulés depuis notre arrivée dans le quartier Saint-Roch de Québec. Je commence tout juste à réaliser où j’habite. De bruyants chantiers de construction ont cours dès 7h00 sur notre étroite rue où le seul vénérable arbre a été abattu pour laisser place à une nouvelle construction domiciliaire. Nos voisins immédiats occupent les plus anciennes demeures du coin. Seront-ils, comme ce fut le cas pour bien d’autres habitants du quartier, expulsés par des promoteurs immobiliers ? Serons-nous les suivants ?
Page couverture du livre
J’ai mis la main sur une analyse intitulée Portrait de Saint-Roch 20251 et j’y découvre qu’au moment son âge d’or au début du XXe siècle, les quartiers Saint-Roch avec celui de Saint-Sauveur composaient les deux tiers de la population de Québec. La démolition d’une partie du quartier juif et chinois autour de 1970 a fait chuter cette population de 20,000 à 5,000. Celle-ci a maintenant remonté à 8380 et semble être en augmentation.
Faits intéressants, 41% des résidents ont un diplôme universitaire, 18% sont issus de l’immigration et, fait surprenant, 64% des ménages sont constitués d’une seule personne avec un âge moyen de 41,7 ans.
Le 27 mai dernier, j’ai eu la chance de découvrir le Centre Hub Créatif 2 situé à dix minutes de marche. J’ai adoré ! Je suis comme un enfant qui fait une découverte excitante. Il s’agit d’un espace de création et de collaboration interdisciplinaire mis à la disposition des artistes et entrepreneurs culturels.
Dans le cadre du « ciné-concert » de cette soirée, Simon-Olivier Gagnon a souligné qu’il ne s’agissait pas d’un film, mais « d’une espèce d’expérimentation dans la lignée du théâtre documentaire. Mi-documentaire radiophonique, mi-soutenu par des images ».
Il était question du projet Mémoires à faire3 quidocumente l’histoire militante de l’ancien centre communautaire du 570, rue du Roi construit en 1875. C’est un lieu emblématique des luttes populaires et féministes du quartier Saint-Roch.
570, rue du Roi
Cette petite maison est un édifice emblématique du mouvement populaire de la Basse-Ville de Québec. Elle est située sur la rue où nous vivons et voisine de l’église Saint-Roch. Le projet consiste à rassembler autant d’archives que possible sur cet endroit qui a logé des dizaines d’associations4 communautaires pendant plus d’un demi-siècle entre 1954 et 2014.
Je ne sais pas combien nous étions dans la salle du Centre Hub Créatif, mais il n’y avait aucune place libre. J’ai été séduit par la simplicité et la vive émotion suscitée par la présentation qui alliait photos d’archives, cours extraits vidéos, poèmes, accompagnement musical. Les plus anciens locataires présents dans la salle qui ont tant travaillé au 570 rue du Roi ont été comblés de souvenirs. L’émotion était palpable.
C’est là que j’ai rencontré François G. Couillard. Il est blogueur et spécialiste du quartier Saint-Roch. Son blogue contient des anecdotes historiques présentées sur balado. Il décrit, par exemple, la statue de Saint-Roch, maintenant disparue depuis quelques années, qui surplombait la façade de l’église devant le parvis.
En compagnie de Jean-Paul Guibila, M.Afr (à droite), Valérie, qui a généreusement organisé le repas, et Raymond, son père qui connaît bien le Burkina Faso. Le Braisé, Méchoui & BBC à domicile depuis 2010. Tel : 1-855-mechoui.
Vendredi midi, de généreux donateurs ont offert un méchoui festif gratuitement à tous les itinérants. J’y ai rencontré Diane, une vénérable dame qui connaît ce quartier depuis sa jeunesse. Quelle chance ! Elle m’a parlé du Relais, un endroit où les itinérants peuvent trouver un espace de repos sécuritaire.
– C’est juste ici, sur la rue, dit-elle.
– J’aimerais bien connaître l’endroit.
– Viens avec moi, je te montrerai.
Je suis passé devant la porte de nombreuses fois sans jamais me douter que c’était LÀ ! Je savais qu’il y avait un endroit dans le sous-sol de l’église que la Ville de Québec envisage d’aménager pour les itinérants. Bien sûr, j’ai fait le tour du sous-sol, qui est à l’image de l’église elle-même, c’est-à-dire IMMENSE ! Mais, ce coin-là, je ne l’avais pas vu. Et bien oui, Le Relais est situé dans un coin du sous-sol de l’église !
À première vue, ça semble plutôt délabré. Mon instinct me dit de ne pas aller trop loin. Il y a un va-et-vient constant. Heureusement, les intervenants sont présents. Je fais connaissance avec James, Christian, Serge et Malo. Christian est d’origine togolaise. Il y a aussi Laure, burkinabé, agente de sécurité.
Le local est ouvert le jour seulement pendant l’été et la nuit pendant l’hiver. Je découvre les racoins où les itinérants dorment. Il y a un peu de nourriture disponible. J’écoute et j’observe. En peu de temps, je réalise les lourdes séquelles qui terrassent cette population marginalisée et leurs problématiques de santé mentale.
– Combien de gens viennent ici quotidiennement ?
– Environ 150.
Un cahier de statistiques permet aux intervenants de prendre des notes. Ils sont aux aguets des tensions ou agitations qui surgissent occasionnellement entre itinérants.
– Êtes-vous de Québec ?
– Non, je suis nouveau dans le quartier.
– N’hésitez pas à revenir. Nous sommes ouverts tous les jours, sauf les mercredis pour notre réunion d’équipe hebdomadaire.
– Merci de l’invitation.
Je songeais aux 150 personnes qui fréquentent quotidiennement Le Relais5 alors que nous avons à peine quelques dizaines de chrétiens qui assistent à la messe du dimanche à 11h00. La maison de Dieu accueille chaque jour plus de monde dans son sous-sol délabré que dans son vaste espace situé ‘en haut’ pendant toute une semaine !
– Je reviendrai encore, c’est certain. Pour le moment je travaille ‘en haut’.
– Êtes-vous prêtre ?
– Oui.
– Justement, les Sœurs viendront cet après-midi apporter de la nourriture.
Je ne peux pas terminer mon chapitre en omettant cette librairie6 qui n’est pas facile à trouver du premier coup. Juxtaposées, différentes portes prêtent à confusion. Celle que je cherche est située au 565 rue St-Jean.
De vieilles marches mènent à l’étage où de sombres pièces submergées de livres empilés côtoient des étagères ornementales jusqu’au plafond. Il y a aussi un coin avec de moelleux divans pour siroter une boisson ou prendre un café. J’ai l’impression de vivre à une autre époque où les anarchistes côtoyaient des révolutionnaires. J’aime ça !
J’y rencontre Lou, Mathieu, Sara et Marie-Hélène Boucher, qui propose de visionner La Salle de Dance (2015) (Jimmy’s Hall) de Ken Loach7.
Derrière cette romance se dévoile une réalité sociale de l’entre-deux-guerres où l’institution de l’Église exerce une emprise démesurée sur la population. Le vicaire du curé Sheridan le met en garde que sa rigidité doctrinale fera fuir les jeunes. Jimmy Gralton le confronte dans le confessionnal en déclarant au curé que celui-ci avait plus de haine que d’amour au cœur pour réprimer une jeunesse qui veut simplement danser pour alléger le poids de la pauvreté. Un incendie criminel de la salle de danse mettra un point final à ce rêve et Jimmy sera expulsé de son propre pays par les autorités et retournera aux États-Unis.
Portrait de Saint-Roch 2025, L’Engrenage Saint-Roch, 2025, 175 pages. 560, rue Saint-Joseph Est, Québec QC G1K 3B8 Note : Depuis plus de quinze ans, l’Engrenage Saint-Roch rassemble des personnes et des groupes communautaires pour réfléchir, échanger et agir afin d’améliorer la qualité de vie dans le quartier pour ceux et celles qui l’habitent, le fréquentent ou y travaillent. En favorisant la participation citoyenne, l’Engrenage initie et accompagne des actions collectives visant à renforcer le tissu social, à améliorer la réponse aux besoins du quartier et à favoriser l’appropriation des espaces publics, en tenant compte des inégalités sociales et économiques.↩︎
Lise partielles des organismes communautaires qui ont utilisé les locaux du 570 rue du Roi : Ciné-Vidéobec, comité citoyen de l’Aire 10, clinique d’assistance maternelle, contre communautaire du centre-ville de Québec, groupe de défense des droits des détenus (Alter Justice), union des forces Progressistes (UFP), Plume Rouge (ancêtre de Centraide), radio Basse-Ville CKIA-FM, bureau d’animation et information logement du Québec métropolitain (BAIL), l’Association coopérative d’économie familiale (AMEF) de Québec, Parti de la démocratie socialiste (PDS), conseil de Œuvres et du Bien-être, clinique populaire d’architecture, Droit de Parole (journal toujours actif), etc. ↩︎
Liens pour Le relais, sous-sol de l’église Saint-Roch (L’organisme Répit Basse-Ville) Itinérance: de nouveaux espaces communautaires au sous-sol de l’église Saint-Roch Le coût des travaux a été évalué de manière préliminaire à 11,9 millions $, alors que l’échéancier prévoit une mise en service à la fin 2028. Cet endroit stratégique est devenu depuis quelques années un lieu de répit d’une cinquantaine de places où les personnes en situation d’itinérance peuvent se protéger du froid en hiver ou de la chaleur en été. Il abrite présentement trois organismes communautaires. « La Ville souhaite créer un lieu multifonctionnel avec des espaces polyvalents pour y accueillir des organismes et des projets communautaires, culturels et de loisirs. Elle vise à répondre aux besoins de la communauté, dynamiser le secteur, favoriser un sentiment d’appartenance et contribuer à l’épanouissement de chacun et au renforcement de la cohésion sociale », explique le porte-parole Jean-Pascal Lavoie. Itinérance : la Ville devient locataire principal du sous-sol de l’église Saint-Roch La Ville de Québec devient locataire principal du sous-sol de l’église Saint-Roch. La municipalité et ses partenaires y offriront un lieu de répit pour les personnes vulnérables, dont celles en situation d’itinérance. La Ville de Québec reprend le contrôle du sous-sol de l’église Saint-Roch La Ville de Québec devient locataire du sous-sol de l’église Saint-Roch, où elle souhaite, entre autres, offrir un lieu de répit aux personnes itinérantes du quartier.↩︎
Lenteur et ravissement. La Librairie Saint-Jean-Baptiste paraît dix fois plus vieille qu’elle ne l’est vraiment. Un lieu sans âge, romantique, photogénique à souhait. ↩︎
Synopsis. En 1932, pendant la Grande Dépression, Jimmy Gralton est de retour dans son village natal en Irlande rurale après dix années d’exil à New York. Sitôt arrivé, Gralton renoue avec sa mère et ses vieux amis, il se remet au travail sur la terre et organise des soirées de danse très courues chez les paroissiens. Son retour remarqué dans le paisible comté de Leitrim inquiète vivement le prêtre Sheridan qui voit d’un très mauvais œil la reprise des activités sociales à la salle de danse désaffectée. Véritable lieu d’échanges et d’apprentissages pour tous, la salle communautaire est démonisée par les pouvoirs en place qui mettent tout en œuvre pour fermer cet endroit de débauche une fois pour toutes.↩︎
Alors que la question de la laïcité continue d’alimenter le débat public au Québec, Alexandrina Diac, directrice générale de la Fondation du Grand Séminaire de Montréal, signe une lettre ouverte invitant à élargir la réflexion.
Ayant grandi dans un régime communiste où la liberté de conscience et d’expression était limitée, elle propose un regard personnel sur l’importance de préserver ces libertés dans une société démocratique. Sa lettre souligne que la laïcité ne se résume pas à un cadre juridique, mais qu’elle repose aussi sur une culture de dialogue et de respect permettant un véritable vivre-ensemble.
Mme Diac est disponible pour des entrevues afin de discuter du rôle du dialogue dans les débats sur la laïcité et du défi de concilier neutralité de l’État et pluralité des convictions dans la société québécoise.
La question de la laïcité occupe une place importante dans notre débat public. Elle touche à des réalités sensibles : la neutralité de l’État, la liberté de conscience, l’expression des convictions dans l’espace public. Mais, au fond, elle me renvoie à une question profondément humaine : comment voulons-nous vivre ensemble?
Cette question n’est pas théorique pour moi. Ayant grandi dans un pays communiste, j’ai connu ce que signifie le manque de liberté de conscience et d’expression. J’ai compris très tôt que lorsque ces libertés sont restreintes, c’est toute la dignité humaine qui est fragilisée. Cette expérience nourrit mes convictions aujourd’hui : une société juste doit protéger non seulement la neutralité de ses institutions, mais aussi la capacité des personnes à exprimer ce qu’elles sont, dans le respect des autres.
Le Québec a profondément transformé son rapport à la religion depuis la Révolution tranquille. Cette évolution s’est construite à partir d’un héritage réel, façonné notamment par l’engagement des communautés religieuses dans le domaine de l’éducation, la santé et l’action sociale. Ces assises ont contribué à bâtir les institutions publiques que nous connaissons aujourd’hui. La laïcité de l’État s’est affirmée progressivement dans cette continuité, comme une manière d’assurer que l’État serve tous les citoyens de façon équitable.
Je suis convaincue que la laïcité ne peut pas se réduire à un cadre juridique. Elle est aussi une culture, un équilibre fragile qui exige discernement, écoute et respect.
Dans mon rôle à la Fondation du Grand Séminaire de Montréal, je constate chaque jour que les communautés de foi, comme de nombreuses organisations de la société civile, contribuent concrètement au bien commun : accompagnement des personnes vulnérables, accueil des nouveaux arrivants, engagement auprès des jeunes. Ainsi, les convictions spirituelles ou morales ne sont pas uniquement des opinions privées; elles peuvent être de puissantes sources d’engagement et de solidarité. Reconnaître cette réalité ne remet pas en cause la laïcité de l’État. Au contraire, cela rappelle que le bien commun se construit avec la participation de tous.
Les réflexions de plusieurs évêques québécois sur la clause dérogatoire et les droits fondamentaux, notamment la liberté religieuse et la liberté d’expression, me touchent particulièrement. Elles rappellent que l’équilibre entre neutralité institutionnelle et respect des libertés individuelles reste fragile et mérite une attention constante.
Le Québec a une occasion unique de montrer qu’il est possible de conjuguer une laïcité réelle avec une ouverture authentique à la pluralité des convictions humaines. Ces deux exigences ne s’opposent pas, elles se complètent.
Je souhaite que les débats sur la laïcité nous rapprochent plutôt qu’ils ne nous divisent. Qu’ils deviennent des espaces de dialogue plutôt que des lieux d’affrontement. Une société confiante n’est pas une société qui efface les différences, mais une société capable de les accueillir tout en cultivant ce qui nous unit : la dignité de chaque personne, la solidarité et le respect mutuel.
Le vivre-ensemble ne se décrète pas par des lois seules. Il se construit, jour après jour, par la rencontre, l’écoute et une volonté sincère de se comprendre.
Alexandrina Diac Directrice générale Fondation du Grand Séminaire de Montréal
La Fondation du Grand Séminaire tiendra un panel d’experts sur le sujet de la laïcité, le 9 mai prochain.
Détails :
Date : 9 mai 2026 | Heure : 13 h 30 | Accueil dès 13 h
Lieu : Grand Séminaire de Montréal (6895, rue Boyer, Montréal)
Laïcité au Québec : des experts mettent en garde contre une marginalisation du religieux
Montréal, le 13 mai 2026 – La Fondation du Grand Séminaire de Montréal a tenu le 9 mai dernier un panel réunissant quatre experts afin de discuter de la laïcité et de ses effets sur le vivre-ensemble au Québec. L’événement, cinquième rencontre de la série Dialogue et espérance, a rassemblé des membres du clergé, universitaires, enseignants, séminaristes ainsi que citoyens de divers horizons.
« À l’heure où la société québécoise cherche encore ses repères, il nous semblait important d’ouvrir la conversation sur cet enjeu d’actualité, a déclaré Alexandrina Diac, directrice générale de la Fondation du Grand Séminaire de Montréal. Nous sommes heureux que des voix diverses aient accepté de contribuer à cette réflexion. »
Premier panéliste à intervenir, Jean Christophe Jasmin, directeur de l’Institut Cardus pour le Québec, a soutenu que la laïcité québécoise tend aujourd’hui à s’étendre au-delà de la sphère de l’État pour toucher la société civile.
« L’État doit demeurer au service du peuple et agir comme un arbitre juste, a soutenu M. Jasmin. Lorsque les valeurs de l’État deviennent des dogmes imposés, on risque de confondre le bien commun avec le bien de l’État. »
S’appuyant sur les travaux du philosophe Paul Ricœur, il a distingué une « laïcité d’abstention », propre à l’État, d’une « laïcité de pluralisme » qui devrait caractériser la société civile, où différentes conceptions du monde peuvent coexister.
Prenant la parole à son tour, Marie Claude Lalonde, directrice nationale d’Aide à l’Église en Détresse Canada, a présenté un portrait mondial de la liberté religieuse à partir des données recueillies par son organisation, présente dans plus de 140 pays.
« Près de 64 % de la population mondiale vit dans un pays où sévissent discrimination ou persécution à caractère religieux, a rappelé Mme Lalonde. Ce n’est pas un phénomène marginal, c’est une réalité que nous devons prendre au sérieux. La liberté religieuse est fragile et nous devons la défendre, y compris ici, chez nous. »
Elle a souligné que les gouvernements représentent souvent les principales menaces à la liberté religieuse, notamment en Chine, en Corée du Nord, en Birmanie et en Inde. Elle a aussi rappelé que les femmes issues de minorités religieuses sont souvent particulièrement vulnérables dans ces contextes.
Si le Canada ne figure pas officiellement sur la liste de surveillance de l’organisation, Mme Lalonde a indiqué que la situation québécoise suscite néanmoins une certaine attention.
De son côté, Alessandra Santopadre, adjointe au directeur de l’Office des communautés culturelles de l’Archidiocèse de Montréal, a témoigné de la réalité quotidienne des croyants issus de l’immigration, qu’elle côtoie depuis plus de 16 ans.
« Trop souvent, des personnes croyantes issues de l’immigration apprennent à rendre leur foi invisible, non pas parce qu’on le leur demande explicitement, mais parce que les signaux culturels sont clairs, a-t-elle observé. Cette scission intérieure a un coût psychologique que l’on sous-estime. »
Mme Santopadre a défendu le rôle intégrateur des paroisses multiculturelles, qu’elle décrit comme de véritables laboratoires du vivre-ensemble, où des familles d’origines diverses se rassemblent autour de valeurs communes liées à la dignité humaine et à la solidarité. Selon elle, la diversité des communautés et l’expression de leur foi contribuent à enrichir à la fois l’Église et la société.
Dernier à intervenir, Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, a invité l’assemblée à dépasser le seul débat sur les valeurs pour aborder la question de Dieu dans l’Espace public.
« On aimerait que parler de dignité humaine et de vivre-ensemble suffise, a reconnu Mgr Lépine. Mais ça ne suffit pas. Les valeurs détachées de leur source finissent par faner, comme un bouquet coupé de ses racines. Le véritable enjeu n’est pas seulement celui des valeurs, mais aussi la question de Dieu. »
Mgr Lépine a rappelé que la laïcité et la liberté doivent aller de pair, tout en évoquant les réflexions formulées par les évêques du Québec lors du débat entourant la Loi 62.
L’événement s’est conclu par une période de questions avec le public, suivi d’une messe et d’un cocktail. Ce panel s’inscrivait dans la série de rencontres Dialogue et espérance, qui propose des rencontres publiques visant à encourager une réflexion ouverte sur les enjeux sociaux et spirituels qui traversent la société québécoise. L’enregistrement intégral du panel est disponible sur le compte YouTube de la Fondation.
Plus de 80 personnes se sont réunies au Grand Séminaire de Montréal le 9 mai dernier pour assister à un panel réunissant quatre experts sur les enjeux de la laïcité et du vivre-ensemble au Québec. (Photo : Bruno Olivier/Fondation du Grand Séminaire de Montréal)
À propos de la Fondation du Grand Séminaire de Montréal
Créée en 1984, la Fondation soutient la mission et le développement du Grand Séminaire afin d’assurer une formation accessible, actuelle et de qualité à celles et ceux appelé(e)s à servir l’Église et la société. Par l’octroi de bourses, le soutien à la formation et l’organisation d’activités de réflexion et de dialogue, la Fondation contribue à faire du Grand Séminaire un lieu de formation intellectuelle, spirituelle et pastorale reconnu à travers le Québec. Pour en savoir plus, visitez le fgsm.org
Chaque année, la Fédération pour la paix universelle du Québec confère le titre d’« Ambassadeur de paix » à personnalités exemplaires qui vivent pour les autres et se dévouent à des activités afin de promouvoir des valeurs morales universelles, une vie de famille solide, la coopération interreligieuse, l’harmonie entre les nations, le renouveau de l’Organisation des Nations unies, des médias responsables et l’établissement d’une culture de paix.
En transcendant les frontières raciales, nationales et confessionnelles, les ambassadeurs de la paix contribuent à la réalisation d’un rêve ancien de l’humanité : un monde uni et paisible où les dimensions matérielles et spirituelles de la vie s’harmonisent.
C’est dans cet esprit que la Fédération pour la paix du Québec a décerné à six personnes, dont moi-même, le titre d’Ambassadeur de paix.
Cet événement s’est déroulé le 18 avril 2026 à l’Hôtel Ruby Foo’s situé au 7655 du boulevard Décarie, près du métro Namur. Le thème principal était le regard contemporain sur le dialogue interreligieux, l’interculturalité et la laïcité.
L’INTER encourage une relation marquée par la courtoisie et le respect dans les échanges interconfessionnels et interculturels.
Il est crucial pour une société laïque de fournir des espaces neutres qui favorisent la rencontre et la coopération au bénéfice de l’ensemble de la communauté.
Une société laïque est une société démocratique qui permet à chacun de se valoriser mutuellement.
La déférence invite à l’humilité en évitant de devenir ‘LA’ référence. Cette posture imprégnée de respect mutuel contribue à l’édification d’un lien social marqué par la confiance réciproque. Elle s’oppose à la fragmentation et aux rivalités.
Il est révélateur de noter que 92 % des Canadiens font confiance à leurs voisins, tandis que ce taux est inférieur à 50 % aux États-Unis.
Une sereine intériorité et une profonde spiritualité favorisent une humanité entièrement tournée vers le respect de la vie, les lieux de liberté et une plus grande assurance grâce à une attitude attentive aux autres.
Il est crucial de tirer parti du potentiel humain pour un épanouissement collectif. Cela amène l’humanité à se concentrer sur l’abondance de vie en Dieu, sur cette nature divine qui nous habite tous.
Dans le paysage politique québécois actuel, la laïcité ne permet pas aux communautés de foi de participer à la restructuration du monde, car elle écarte les valeurs religieuses axées sur l’unité et la réconciliation. La référence est celle de la plénitude de la relation de Jésus avec son Père, dans l’Esprit saint, lui permettant d’être entièrement disponible aux autres.
L’accueil des étrangers, des immigrants, des réfugiés, des personnes sans papiers et des travailleurs temporaires se trouve au cœur de la déférence et du respect de chaque individu, sans distinction.
La question fondamentale est de savoir si notre société laïque a la capacité collective de bien accueillir et de fournir les ressources nécessaires pour intégrer les différences religieuses et culturelles.
Nomination de nouveaux Ambassadeurs de paix 2026 du Québec
Autres intervenants
Louise Royer et Pierre LeBel
Louise Royer1, directrice de l’Office de la pastorale sociale, Archidiocèse catholique romain de Montréal
Robert Duffy, secrétaire-général – Fédération pour la paix universelle, Canada
Denitsa Tsvetkova2, Ph.D., co-directrice du Centre canadien d’œcuménisme
Père Tiburtius Fernandez, curé des paroisses Saint Augustine of Canterbury, NDG et St. Edward the Confessor, Pointe-Claire
Père Serge St-Arneault
Son engagement missionnaire commence en 1980 – 1981 alors que Serge fait son noviciat chez la Société des missionnaires d’Afrique à Fribourg, Suisse, après une année d’étude en missiologie à l’université St-Paul à Ottawa.
De 1981 à 1983, il est en stage apostolique au zaïre où il étudie le kiswahili.
De 1985 à 1987, il étudie en missiologie (anthropologie) au Missionary Institute of London, England.
Il est ordonné prêtre le 28 juin 1987 à La Tuque, Canada, et s’engage comme missionnaire au Zaïre jusqu’en 1996. Là, au cœur d’un pays en plein conflit, parce qu’avec ses confrères ils n’avaient pris position pour aucune des factions en conflits, ils ont pu faciliter les pourparlers de paix.
Puis en 2001 il est nominé missionnaire au Malawi où il étudie le chichewa et s’engage au Centre d’études sur les questions de justices sociales et collabore au centre culturel et artistique Kungoni situé à Mua.
En 2011, il reçoit une nouvelle nomination en Zambie pour la coordination des communications en Afrique australe.
En 2017 il est nommé directeur du Centre Afrika de Montréal.
Récemment, il a joint une nouvelle équipe pastorale missionnaire dans le quartier St-Roch de Québec.
Depuis le 6 décembre 1989, père St-Arneault est engagé avec Polysesouvient, sa sœur Annie étant l’une des 14 victimes de cette tragédie. Depuis plus de 36 ans, Polysesouvient tente d’interdire la possession et la vente d’armes semi-automatiques de type militaire. Il considère son engagement pour la protection des femmes, trop souvent victimes de féminicide, et aussi des enfants, comme un prolongement de sa vocation consacrée au Royaume de Dieu.
Bref témoignage
Mon engagement pour la paix a été particulièrement significatif lorsque j’étais au Zaïre. Le génocide au Rwanda a eu des répercutions jusque-là où je visais, soit dans un vaste territoire au sud de la ville de Bunia dans le nord-est du pays, près de la frontière avec l’Ouganda. Gety, ce territoire, est peuplé de différentes tribus dont les plus importantes sont celles des Hémas et des Ndruna. Au même moment, le pays traversait des moments de troubles sociaux accompagnés d’émeutes dans les principales villes du pays, une économie dévastée par une inflation de 8000 %. Les rivalités historiques ont refait surface.
L’insécurité était omniprésente au point où tous les expatriés ont fui le pays, à la demande de leur pays respectif, dont le Canada. Le plus grand danger venait des paracommandos qui incendiaient les villages pour, soi-disant, rétablir la paix. J’ai été personnellement menacé à une reprise.
Pourtant, nous sommes restés. Avec mes confrères, nous avons mis en place des convois pour amener les populations menacées en des lieux plus sécuritaires. Parallèlement, nous avons essayé de rétablir les faits pour contredire des rumeurs de massacres, quoiqu’il y en ait eu à quelques reprises.
Finalement, nous avons facilité les pourparlers de paix entre les tribus en conflit sous un manguier situé dans un ‘no man’s land’. Nous pouvions le faire car n’avions pris position pour aucune des fractions en conflits. Néanmoins, pendant plusieurs mois, nous ne savions pas si nous allions survivre ou non.
PolySeSouvient
Je suis engagé avec PolySeSouvient depuis le 6 décembre 1989. Ma sœur Annie est l’une des 14 victimes de cette tragédie qui a profondément marqué les Canadiens. Le souvenir de cet événement est toujours présent. Depuis plus de 36 ans, PolySeSouvent tente d’interdire la possession et la vente d’armes semi-automatiques de type militaire. Ces armes de guerre n’ont pas leur place entre les mains de simples citoyens. Ces mêmes armes sont souvent utilisées dans les tueries de masse.
Mon principal rôle est de témoigner au nom des familles éprouvées. J’ai accordé de nombreuses entrevues et rédigé des articles pour la presse francophone et anglophone. Je considère mon engagement pour la protection des femmes, trop souvent victimes de féminicide, et aussi des enfants, comme un prolongement de ma vocation consacrée au Royaume de Dieu.
Father Serge St-Arneault
His missionary work began in 1980–1981, when Serge completed his novitiate with the Society of Missionaries of Africa in Fribourg, Switzerland, following a year of study in missiology at St. Paul University in Ottawa.
From 1981 to 1983, he was on an apostolic internship in Zaire, where he studied Kiswahili.
From 1985 to 1987, he studied missiology (anthropology) at the Missionary Institute of London, England.
He was ordained a priest on June 28, 1987, in La Tuque, Canada, and served as a missionary in Zaire until 1996. There, in the midst of a country in the throes of conflict, because he and his fellow priests had not taken sides with any of the warring factions, they were able to facilitate peace talks.
Then, in 2001, he was assigned as a missionary to Malawi, where he studied Chichewa and worked at the Center for Studies on Social Justice Issues, while also collaborating with the Kungoni Cultural and Arts Center in Mua.
In 2011, he received a new assignment in Zambia to coordinate communications in Southern Africa.
In 2017, he was appointed director of the Centre Afrika in Montreal.
Recently, he joined a new missionary pastoral team in the St-Roch neighborhood of Quebec City.
Since December 6, 1989, Father St-Arneault has been involved with Polysesouvient, as his sister Annie was one of the 14 victims of that tragedy. For more than 36 years, Polysesouvient has been working to ban the possession and sale of military-style semi-automatic weapons. He views his commitment to protecting women—who are all too often victims of femicide—and children as an extension of his vocation dedicated to the Kingdom of God.
A Brief Account
My commitment to peace was particularly significant during my time in Zaire. The genocide in Rwanda had repercussions even in the area where I was stationed—a vast territory south of the city of Bunia in the northeast of the country, near the border with Uganda. Gety, this territory, is populated by various tribes, the largest of which are the Hema and the Ndruna. At the same time, the country was experiencing social unrest accompanied by riots in the country’s major cities, with an economy devastated by 8,000% inflation. Historical rivalries resurfaced. Insecurity was so pervasive that all expatriates fled the country at the request of their respective governments, including Canada. The greatest danger came from paracommandos who set villages on fire, supposedly to restore peace. I was personally threatened on one occasion.
Yet we stayed. Together with my colleagues, we organized convoys to bring threatened populations to safer locations. At the same time, we tried to set the record straight to counter rumors of massacres, although there had indeed been a few on occasion.
In the end, we facilitated peace talks between the warring tribes under a mango tree located in a “no man’s land.” We were able to do this because we had not taken sides with any of the warring factions.
Nevertheless, for several months, we didn’t know whether we would survive or not.
PolySeSouvient
I have been involved with PolySeSouvient since December 6, 1989. My sister Annie is one of the 14 victims of this tragedy that deeply affected Canadians. The memory of this event is still very much alive.
For over 36 years, PolySeSouvient has been working to ban the possession and sale of military-style semi-automatic weapons. These weapons of war have no place in the hands of ordinary citizens. These same weapons are often used in mass shootings.
My primary role is to speak out on behalf of the bereaved families. I have given numerous interviews and written articles for both French- and English-language media. I view my commitment to protecting women—who are all too often victims of femicide—and children as an extension of my vocation dedicated to the Kingdom of God.
Louise Royer est directrice de l’Office de la pastorale sociale de l’archidiocèse catholique romain de Montréal depuis juillet 2018. Elle a été l’agente de pastorale sociale de Côte-des-Neiges de 2002 à 2007; adjointe au secrétaire général de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec de 2008 à 2013; et secrétaire générale de l’Institut séculier Les Oblates missionnaires de Marie Immaculée de 2013 à 2018. Bachelière en administration (UQTR, 1981), elle a complété un certificat en pastorale, option missionnaire, à la Faculté de théologie de l’Université Laval en 1995 et un diplôme d’études supérieures en développement économique communautaire à l’Université Concordia en 2006. ↩︎
Dr. Denitsa Tsvetkova est co-directrice du Centre canadien d’œcuménisme. Elle est fondatrice et coordinatrice du Forum interreligieux pour la paix. En 2019, elle a terminé son doctorat en théologie pratique à l’Université de Montréal. Sa thèse s’intitulée « Les communautés des immigrants orthodoxes d’origine d’Europe de l’Est à Montréal à la rencontre de la diversité culturelle » fait étude empirico-herméneutique des communautés bulgare, moldave et roumaine et pose les questions de l’isolement communautaire et du rôle des communautés de foi dans le processus d’intégration des nouveaux-arrivants. Elle fait une étude croisée de la théologie trinitaire et de l’interculturalité. Denitsa a aussi obtenu une maîtrise en théologie et une maîtrise en sciences européennes et sciences sociales. Son mémoire de maîtrise est intitulé « L’identité orthodoxe (chrétienne) et l’identité européenne culturelle ». Elle travaille au Centre canadien d’œcuménisme depuis 2013, où, entre autres, elle est éditrice de la revue Œcuménisme. Elle est membre de plusieurs groupes de dialogue. Elle donne des conférences et avec les membres du Forum interreligieux pour la paix organise le Festival interreligieux. ↩︎
La joie se prolonge, car nous voilà dans l’Octave de Pâques ! Voici une revue de presse rassemblant plusieurs reportages parus récemment dans les médias. Vous y découvrirez des articles qui mettent en lumière des femmes et des hommes engagés au sein de notre diocèse, dont la parole, l’action et le témoignage parlent au cœur. Des baptisés qui y partagent leur expérience avec authenticité, témoignant d’une foi incarnée, enracinée dans l’espérance pascale.
À travers ces reportages se dessine une Église bien vivante, attentive aux personnes et en dialogue avec la société. Ces articles et reportages audio ou télévisuels sont de belles occasions de reconnaître le travail pastoral accompli sur le terrain et de rendre visible tout ce qui se vit de beau, de vrai et de porteur de sens dans nos communautés chrétiennes. Laissez-vous inspirer par ces voix qui, chacune à leur manière, annoncent une Bonne Nouvelle toujours actuelle !
Après des années de déclin, l’Église catholique québécoise vit un soubresaut inattendu : un engouement soudain des jeunes pour la foi, phénomène attribuable notamment aux réseaux sociaux.
Touchée par le sermon d’un prêtre diffusé sur les réseaux sociaux, Pauline s’est intéressée à la religion catholique et recevra même le baptême cette année. Margo Brard, quant à elle, ne prie jamais sans son cellulaire.
Trois religieux des Missionnaires d’Afrique, deux Québécois et un Africain, viennent de s’établir dans le quartier Saint‑Roch. Après avoir œuvré sur le continent africain, ils tenteront de redonner vie à cette paroisse et d’aider les plus démunis. Guylaine Bussière les a rencontrés.
Lors de la Veillée pascale, des adolescents ont été baptisés dans une paroisse de Loretteville, à Québec. Depuis six ans, le nombre de baptêmes est en hausse.
Plus du quart des nouveaux arrivants au Canada sont de confession catholique, provoquant une transition dans une Église délaissée par de nombreux Québécois. Dans la paroisse de Limoilou, une rencontre multiculturelle se prépare. Les abbés Paolo Maheux et Martin Lortie accompagnent régulièrement ces nouveaux arrivants.
La génération Z semble plus croyante que ses aînés et s’oriente parfois vers une pratique plus fervente de sa foi. Selon un rapport d’Angus Reid, les Canadiens de moins de 25 ans sont le groupe d’âge le plus susceptible d’être classé comme « religieusement engagés » (24 %), dépassant toutes les autres tranches d’âge. Gilles Routhier, professeur titulaire à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval, décrypte ce phénomène.
Au lendemain de l’adoption du projet de loi 9 interdisant les prières de rue, un groupe de fidèles de Québec s’est réuni en basse-ville pour une procession catholique à l’occasion du Vendredi saint.
L’église Notre-Dame-des-Victoires a rouvert pour sa première messe de l’année, dimanche, le jour de Pâques.
Originaire du Burkina Faso et membre de la société des Missionnaires d’Afrique, Jean-Paul Guibila vient de poser ses valises à Québec afin de participer au nouvel élan entrepris pour relancer l’église Saint-Roch. Présence est allé à sa rencontre pour faire le point sur les dessous de sa venue et sur son implication dans le projet de revitalisation de l’une des plus anciennes paroisses de la Province.
C’est sur le parvis de l’église de Saint-Roch que nous lui avons donné rendez-vous. D’emblée, il faut reconnaître que les températures glaciales des dernières semaines n’ont pas facilité l’installation du père Jean-Paul Guibila. «J’ai quitté un four pour rentrer dans un congélateur», plaisante celui qui a passé les sept dernières années à la maison généralice de Rome.
Rendre la pareille
À l’heure du 125e anniversaire de l’arrivée des Missionnaires d’Afrique à Québec (autrefois connus comme les Pères Blancs), Jean-Paul Guibila a reçu le mandat d’assurer une présence pastorale à temps plein à l’église Saint-Roch avec ses confrères Serge St-Arneault et Denis Walsh.
Serge St-Arneault, Jean-Paul Guibila et Denis Walsh
«Nous avons beaucoup reçu de l’Église canadienne spirituellement, humainement, moralement, et je dirais même matériellement. Maintenant, l’évangélisation ne va pas seulement du Nord au Sud, mais aussi du Sud au Nord. Si nous avons été capables de recevoir, nous pouvons apporter quelque chose à l’Église de Québec. Mes supérieurs hiérarchiques, qui sont le provincial des Amériques et le supérieur général, m’ont demandé si j’accepterais de venir à Québec pour relancer l’église Saint-Roch. Et me voici !», relate le père Guibila sans cacher une pointe d’appréhension et faisant écho à une certaine «peur de l’inconnu».
Dans un contexte où l’église Saint-Roch n’a bénéficié que d’une présence par intermittence dans les dernières années, ce renfort est une excellente nouvelle pour l’archevêque de Québec, le cardinal Lacroix. «Déjà, des prêtres et des communautés venus d’ailleurs collaborent à notre mission pastorale ; ils sont une réponse à nos prières, et nous les recevons avec une profonde gratitude et une grande joie. Par leur visite et leurs paroles, les Missionnaires d’Afrique nous ont manifesté leur désir sincère de se mettre au service des besoins de notre communauté diocésaine», a-t-il réagi par courriel.
Selon l’archevêque de Québec, ces arrivées viendront pallier «le manque de ministres ordonnés dont nous disposons pour répondre adéquatement aux besoins pastoraux de notre archidiocèse» tout en permettant une diversité qu’il qualifie de «don précieux» pour l’Église.
Être une présence dans Saint-Roch
Définitivement installé dans la capitale nationale depuis le 2 février, Jean-Paul Guibila poursuit ce qu’il appelle sa «période de stage», où la découverte du quartier et de ses enjeux est essentielle pour sa prise de repères. «En lisant un dépliant, j’ai vu que Saint-Roch est le patron des exclus. J’ai mis cela en lien avec la présence importante d’itinérants dans le quartier», fait remarquer celui qui est originaire du diocèse de Ouahigouya.
Pour le moment, il est encore trop tôt pour savoir comment s’articulera concrètement cette présence à temps plein à l’église Saint-Roch. Néanmoins, le père Guibila est sûr d’une chose : «Qu’est-ce que je vais apporter de neuf ? Rien. Le plus important pour moi, c’est d’aller à la rencontre de l’autre, de l’accueillir tel qu’il est, de tendre une oreille, de sourire, d’adresser une parole chaleureuse au milieu de cet hiver.»
Sous une nouvelle rafale d’un vent saisissant, il reprend une inspiration avant d’enchaîner : «Dans l’article d’une revue, j’ai lu que des touristes étaient venus pour visiter l’église. Ils sont repartis déçus, parce qu’ils n’ont pas pu y avoir accès. Ce genre de situation ne devrait pas se produire dans ce quartier historique, où l’église est un symbole».
Dans cette optique, le cardinal Lacroix espère que le virage qui s’amorce aura pour effet de conduire à une «relance sociale et humaine» pour l’ensemble de la population, qui s’appuie sur la proximité et la solidarité. «Fidèle à sa vocation d’accueil, de charité et de promotion de la dignité de toute personne, la paroisse peut devenir un véritable point d’ancrage en offrant écoute, accompagnement, aide matérielle et orientation vers les ressources communautaires», adresse ce dernier en misant sur la présence de l’équipe missionnaire au cœur du quartier.
Collaboration avec le milieu culturel
Notons que ce projet pastoral s’ajoute à l’installation, en décembre dernier, de l’expérience AURA. Il s’agit d’un spectacle immersif produit par le studio Moment Factory, où son et lumière s’entremêlent pour mettre en valeur l’architecture et l’histoire de l’église Saint-Roch. Le spectacle sera présenté au moins durant les cinq prochaines années et vient avec son lot de promesses vis-à-vis de l’attractivité touristique et économique du quartier. «Cette initiative ouvre la voie à une vision renouvelée, où tradition et innovation peuvent se renforcer mutuellement», affirme l’archevêque de Québec.
Au moment de nos échanges avec Jean-Paul Guibila, nombreux sont les visiteurs qui montent d’ailleurs les marches du parvis pour assister à une représentation de l’expérience AURA. «J’en ai entendu parler et je suis curieux de la découvrir», fait-il remarquer.
«L’avenir de l’église Saint-Roch peut ainsi s’envisager comme celui d’un lieu hybride : avant tout espace de foi, fidèle à sa vocation première, mais également lieu de rencontre, de culture et de dialogue. En conciliant la mission des Missionnaires d’Afrique avec des initiatives innovantes telles qu’AURA, Saint-Roch pourrait devenir un véritable symbole de renouveau, démontrant qu’une église peut rester profondément ancrée dans son identité tout en s’adaptant aux réalités et aux besoins d’aujourd’hui», espère pour sa part le cardinal Lacroix.
Trois religieux de la communauté des Missionnaires d’Afrique, deux Québécois et un Africain, viennent de s’établir dans le quartier Saint-Roch. Après avoir œuvré sur le continent africain, ils tenteront de redonner vie à cette paroisse et d’aider les plus démunis. Guylaine Bussière les a rencontrés.
Selon le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, lors du premier Consistoire extraordinaire du pape Léon XIV, ce dernier affirmait : « Le monde a besoin d’une Église qui soit tranquillement missionnaire, fraternelle et humaine ». Cela ne fait peut-être pas beaucoup de bruit, dit-il, mais cela fait beaucoup de bien et permet d’avancer.
Être tranquillement missionnaire
Jean-Paul Guibila, Denis Walsh et Serge St-Arneault, tous Missionnaires d’Afrique, seront responsables d’une nouvelle insertion missionnaire dans le quartier Saint-Roch à Québec, et commenceront leur travail « tranquillement » au cours des prochains mois. Il est fort probable que cela débuteau début du mois de février 2026.
Ils ont la chance d’occuper une vaste résidence, propriété de la Congrégation des Religieuses de Jésus-Marie, sise sur la rue Monseigneur-Gauvreau. Elle est située entre l’église Saint-Roch, et la gare du Palais.
Notre maison située sur la rue Nonseigneur-Gauvreau, Québec.
L’archidiocèse de Québec leur accordera une formation pastorale. La présence de Jean-Paul, Denis et Serge s’insérera dans un vaste effort de revitalisation du quartier, qui est malheureusement renommé pour sa grande pauvreté et ses nombreux défis sociaux, dont le taux élevé d’itinérance. Par conséquent, leur acclimatation se fera « tranquillement ».
Être missionnaire
Monseigneur Jean Tailleur
Grâce à une initiative du conseil provincial des Amériques, Les Missionnaires d’Afrique ont formé cette équipe de trois confrères pour répondre à un besoin pastoral défini par le diocèse de Québec. Cela arrive à point nommé. En vérité, l’un des évêques auxiliaires, Monseigneur Jean Tailleur, se réjouit d’assister à un élargissement des services pastoraux plutôt qu’à leur réduction. Effectivement, dans plusieurs diocèses du Québec, de nombreuses églises sont mises en vente ou détruites.
Le diocèse a choisi le quartier de Saint-Roch pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’église du même nom possède une architecture patrimoniale remarquable. Construite entre 1914 et 1923, elle est la quatrième église érigée au même endroit depuis 1811. On la considère comme l’une des plus grandes églises de la ville.
Saint-Roch Catholic Church in Quebec City, Quebec. (Image courtesy of Google Maps)
L’intérieur de l’immense église.
Être humain
Nous apprécions particulièrement une citation du cardinal Lavigerie, qui a affirmé que « rien de ce qui est humain ne m’est étranger ». Au cours de la campagne antiesclavagiste du 23 décembre 1888, il a exprimé son profond respect pour chaque être humain en déclarant que l’injustice envers autrui révoltait son cœur, que l’oppression l’indignait et que la cruauté envers ses semblables ne faisait naître en lui que de l’horreur.
La nouvelle équipe de Missionnaires d’Afrique s’inspirera de son fondateur pour s’engager dans un quartier où se côtoient une mauvaise réputation et le renouveau. Pour la première fois depuis le début de leur présence à Québec il y a 125 ans, les ‘Pères Blancs’ redonneront un peu de vigueur à un diocèse en proie à de constantes transformations, souvent douloureuses. Nous le devons au nom des centaines de missionnaires qui sont originaires de ce diocèse.
Denis Walsh, M.Afr, Soeur Lourdes et Mgr Gérald Cyprien Lacroix, Archevêque de Québec et Mgr Juan Carlos Londoño, évêque auxiliaire.
REPORTAGE SUR LES COMMÉMORATIONS DU BICENTENAIRE DE LA NAISSANCE DU CARDINAL CHARLES LAVIGERIE 2025.
Chères lectrices et chers lecteurs, amies et amis de longue date des Missionnaires d’Afrique,
L’édition de votre revue est exceptionnelle à plusieurs égards. Elle vous parvient avec un peu de retard car nous avons pensé vous partager en exclusivité un reportage sur les différentes commémorations qui se sont récemment déroulées pour souligner le bicentenaire de la naissance du Cardinal Charles Lavigerie.
Nous vous invitons à un périple qui nous mènera dans trois pays. Le premier reportage est celui de Brooklyn, New York, le second est à Québec, le troisième à Querétaro, Mexique, et finalement Montréal.
L’année 2025 a donc été pour tous les Missionnaires d’Afrique, Pères Blancs et Sœurs Blanches, une redécouverte de notre appel missionnaire. Nous vous partageons à la fois notre enthousiasme pour la mission, ici et maintenant, ainsi que nos sincères remerciements pour votre soutien inconditionnel à cette même mission.
Nous prions avec vous pour que 2026 soit une année de bénédiction et de renouveau dans un esprit d’espérance.
Nous vous invitons également à soutenir le projet 81 : EAU SOURCE DE VIE, TANZANIE
Hilaire Guinko, un Burkinabé âgé de 49 ans, Elysée Bama, un autre Burkinabé de 34 ans, et Théogène Nibogora, un Burundais de 40 ans, s’efforcent de répondre aux besoins spirituels et humains de l’ensemble de la population de Kasota, en Tanzanie, qui compte environ 30 000 habitants, principalement des agriculteurs. Ces trois jeunes missionnaires de l’Afrique partagent leur quotidien avec les habitants de cette ville.
L’Église catholique Notre-Dame, Reine d’Afrique, est l’unique lieu de culte de cette ville. Malheureusement, la seule source d’eau disponible est la rivière, ce qui rend son accès et son transport difficiles, nécessitant l’utilisation de bidons et un effort physique considérable.
Pendant la période de sécheresse, l’approvisionnement en eau devient encore plus ardu. Comment survivre sans eau, pas seulement pour boire et cuisiner, mais également pour se laver, laver le linge et prendre soin des animaux ?
Bien que la paroisse dispose d’une réserve d’eau d’un millier de litres, celle-ci se révèle insuffisante pour subvenir aux besoins urgents de la communauté lorsqu’elle organise des séminaires de formation pour les dirigeants des communautés chrétiennes. En outre, la paroisse se trouve près de la route et accueille régulièrement un grand nombre de voyageurs ainsi que l’ensemble de la population lors des jours de marché hebdomadaires.
Nos missionnaires demandent votre aide afin de creuser un puits qui subviendra à leurs besoins en eau potable, et à ceux d’une centaine de fermes domestiques environnantes. Cette démarche vise également à favoriser une harmonie entre les résidents, dont environ 45 % sont chrétiens, 55 % sont musulmans ou pratiquent la religion traditionnelle africaine.