Category: Témoignages chrétiens


Commémoration du 150e anniversaire de fondation de la famille des Missionnaires d’Afrique à l’église Saint-Laurent de Trois-Rivières le 26 mai 2019.

150 ans d’histoire commune! C’est bien ce que célèbrent ce soir les Missionnaires d’Afrique et les Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique, deux familles d’apôtres fondées en Algérie par le Cardinal Lavigerie en 1868 et 1869 respectivement – sans oublier les laïques missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, présents avec nous ce soir.

Merci d’être avec nous pour partager notre joie et notre reconnaissance à Dieu – en tout premier lieu – lui qui nous a appelés à le faire connaître et aimer des peuples africains ! 

Et bien sûr, reconnaissance à l’Église canadienne qui, dès le début, a collaboré à notre mission par la prière, les dons et de nombreux missionnaires – des Canadiens et Canadiennes qui ont répondu à l’appel de quitter leur pays pour l’évangélisation de l’Afrique !

150 ans d’histoire, ça se fête et ça se prépare !  Pour nous, cette année jubilaire est l’aboutissement d’un cheminement spirituel que nous avons voulu vivre ensemble – pères, frères et sœurs, sur trois années successives pour :

  • Faire mémoire du passé avec gratitude  
  • Vivre le présent avec passion    
  • Embrasser l’avenir avec Espérance !   

Un des premiers fruits de ces 150 ans a donc été d’approfondir ensemble notre charisme de fondation.  Nous avons été des initiateurs de la Bonne Nouvelle par un choix tout à fait gratuit de Dieu … et nous lui en rendons grâce! 

Mais notre mission n’est pas terminée pour autant ! Le « TOUT À TOUS » que nous a légué notre fondateur fait de nous des femmes et des hommes qui veulent vivre la proximité avec leurs frères et sœurs en humanité. « Hélas, disait-il, il y a peu de gens qui vivent cette vocation à l’humanité ».  

Et notre vocation première demeure précisément de vivre l’humanité, la fraternité, d’être présents là où les personnes souffrent et ont besoin avant tout d’une présence humaine compatissante, de quelqu’un qui soit avec eux, qui peuvent leur dire qu’elles sont aimées, qu’elles sont précieuses, qu’elles ont du prix.

Ce message n’est pas entendu partout. C’est pourtant le message de Jésus qui s’est donné lui-même, jusqu’au bout. 

Beaucoup de personnes et d’organisations humanitaires donnent d’une manière ou d’une autre; c’est bien et même nécessaire. Mais le monde a aussi besoin de personnes qui vivent avec ces populations défavorisées, et par le fait même dévalorisées, afin qu’elles sachent qu’elles ont une valeur, qu’elles sont aimées ! Là est la racine de notre vocation, et elle a plus que jamais sa raison d’être ! 

Les gens ont besoin avant tout d’une présence humaine, évangélique, à la manière du Christ Jésus. De par notre vocation, l’Amour de Jésus-Christ doit être vécu et visible tout au long des différentes étapes de notre vie !

Nous sommes donc toujours en mission, comme le pape François l’a écrit dans sa première lettre d’exhortation apostolique de novembre 2013 : « Je suis une mission sur cette terre, et pour cela, je suis dans ce monde … afin d’éclairer, de bénir, de vivifier, de soulager, de guérir, de libérer. »

Au matin de sa résurrection, Jésus n’avait rien de plus pressant que d’envoyer les saintes femmes et ses apôtres en Galilée, ce carrefour des nations et des cultures : « C’est là que vous me verrez », leur dit-il. Allez ! Je vous envoie ! » Ce sont pour ainsi dire ses dernières paroles. Elles résonnent toujours en nous !

Oui, vraiment : comme disait encore le Pape François : « La Parole de Dieu est vivante ! Elle reste jeune, nous préserve du vieillissement intérieur et fait de nous des SEMEUSES et des semeurs D’ESPÉRANCE pour notre monde ! »

Quelle belle mission!

MERCI à vous toutes, à vous tous, de la POURSUIVRE AVEC NOUS !

Liste des Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique originaire du diocèse de Trois-Rivières.

Les Missionnaires d’Afrique, frères, sœurs et pères, étaient les hôtes de la cathédrale catholique d’Ottawa les 11 et 12 mai dernier pour célébrer leur 150e anniversaire de fondation. En effet, le Cardinal Lavigerie a fondé la Société des Missionnaires d’Afrique en 1868 et la Congrégation des Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique en 1869.

« Ils sont partis,  sans connaître ce qui les attendait, ils ont signé un chèque en blanc et ils l’ont fait avec leur cœur et  pour la vie. Forts de la parole du Christ : « Je suis avec vous tous les jours… » Ils ont fait confiance! Et ils n’ont pas été déçus. » Ces paroles prononcées par Sœur Jacqueline Picard ont retenti dans l’enceinte de la cathédrale dès le début de la célébration eucharistique. « Nous disons aussi MERCI  à l’Afrique qui nous a beaucoup apporté, qui nous a enrichis de ses valeurs humaines incroyables. L’Afrique nous a aimés et transformés, a-t-elle ajouté. »

La raison principale du témoignage des missionnaires était de remercier l’Église d’Ottawa, les chrétiens et les autorités ecclésiastiques, « pour leur support matériel et spirituel  pendant toutes ces années. Nous les missionnaires nous avons la joie de réaliser notre rêve en partant, mais pour les parents, c’est un sacrifice qu’ils referont à chaque fois que nous repartirons après un congé », d’ajouter sœur Jacqueline. 

Voici ce qu’écrivait le Cardinal Lavigerie aux premières religieuses : « malgré le zèle des missionnaires (hommes), leurs efforts ne produiront jamais des fruits suffisants s’ils ne sont aidés par des femmes-apôtres auprès des femmes. Les femmes doivent être les plus puissantes missionnaires du peuple africain. »

Les pères Serge St-Arneault et Gilles Barrette ont animé les liturgies tout en appréciant la décoration appropriée dont une bannière illustrant les différents pays où les missionnaires œuvrent en Afrique. La mission se poursuit grâce à la venue de jeunes filles et garçons, principalement africains, qui poursuivent leur formation en vue de suivre les traces de leurs prédécesseurs, toutes et tous engagés pour témoigner de leur foi au nom de Jésus-Christ.

Un grand merci à l’Archevêque du diocèse d’Ottawa Mgr Terrence Prendergast, s.j. pour son hospitalité.

Notons la présence remarqué du père Walter Vogels, M.Afr de passage à Ottawa. Le père Vogels a enseigné au-delà d’une quarantaine d’années dans les universités d’Ottawa. Il réside maintenant en Belgique.

Entrevue exclusive avec Mgr Christian Lépine et le père Réal Doucet, Provincial des Missionnaires d’Afrique.

Source : https://diocesemontreal.org/fr/actualites/nouvelles/150e-anniversaire-missionnaires-dafrique

Nombreux étaient les pères, frères, sœurs et laïcs venus, le mardi 30 avril dernier, souligner le 150e anniversaire des Missionnaires d’Afrique à la cathédrale Marie-Reine-du-monde, au cours duquel Mgr Lépine a célébré l’Eucharistie avec environ 30 prêtres.

« Comme dans toutes les fêtes africaines, le chef du village est là! », a lancé le Père Réal Doucet, supérieur provincial des Amériques, au moment d’accueillir Mgr Lépine.

Devant une assemblée en grande partie composée de sœurs missionnaires, c’est ensuite la sœur supérieure des Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique qui a pris la parole et présenté un mot d’accueil plein de reconnaissance. Après être revenue sur l’histoire de la Société des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) et des Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique (Sœurs Blanches), Sœur Elisabeth Villemure a fait part de sa joie et de sa reconnaissance à Dieu « qui nous a envoyés en Afrique et nous a faits aimer d’elle ». S’adressant à de nombreux pères et sœurs désormais établis au Canada, elle leur a souhaité d’embrasser l’avenir avec espérance : « De par notre vocation, l’Amour de Jésus-Christ doit être visible et vécu durant toutes les étapes de notre vie. »

Faisant référence aux nombreux Africains réfugiés au Canada, Sœur Elisabeth a rappelé la mission de chacun et de chacune auprès de ces populations : « où que ce soit, le monde a besoin de personnes qui vivent avec les populations défavorisées et dévalorisées, afin de leur dire qu’elles sont aimées ; c’est la racine même de notre vocation. »

Sœur Elisabeth a terminé son mot d’accueil en chantant Allez je vous envoie porter la bonne nouvelle accompagnée de toutes les Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique présentes.

Un « oui » inconditionnel

Dans son homélie, Mgr Lépine est revenu sur ces 150 ans de fidélité à Dieu, à l’Afrique et à la mission. Il s’est dit émerveillé par cette capacité qu’ont les missionnaires d’Afrique à dire « oui » sans connaître ce qui les attend. Ce « oui » inconditionnel, c’est exactement ce qu’incarne le Père Prosper, vêtu d’une colorée chemise africaine, lequel de retour d’Afrique raconte en souriant : « je ne sais pas ce que je vais faire après, mais je suis quelqu’un depuis 60 ans et Lui me dira ce que je dois faire. J’ai confiance en Lui. »

Comme le rappelait Mgr Lépine, la seule chose que nous connaissons dans la mission, c’est que nous sommes appelés par le Seigneur : « Dieu est présent dans l’appel, mais il est aussi toujours présent dans la mission. »

Un « oui » pour toujours et partout

« La mission est devenue mondiale, et les pères, frères et sœurs de la mission africaine sont appelés en mission partout », rappelait l’archevêque. À la fin de la célébration, le Père Doucet exhortait ainsi ses frères et sœurs à continuer leur mission dans ce village un peu particulier qu’est Montréal : « comme le disait le chef de notre village, nous avons signé un chèque en blanc, mais nous l’avons signé avec le cœur, alors continuons ici malgré l’éloignement de cette Afrique qui nous est si chère ».

Nombreux sont ceux et celles qui effectivement continuent leur mission. Après avoir connu la guerre et la famine en Éthiopie pendant tant d’années, une sœur de retour au Canada s’occupe désormais de ses sœurs malades ; c’est un exemple parmi d’autres. Dans leur sillage, les Missionnaires d’Afrique entraînent de nombreux laïcs, comme Francine et Jacques, lesquels étaient présents à la célébration et aux festivités qui ont suivi. « Nous avons été formés par les sœurs, car nous avions le désir de faire du bénévolat en Afrique avec une foi chrétienne », ont-ils dit. En 2003, de retour au Canada après avoir passé un an en Tanzanie, ils forment une association avec d’autres missionnaires : les Laïcs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique au Canada. Cette association leur permet d’être indépendants financièrement et de partager la même spiritualité que les Sœurs Blanches. Chaque année Francine et Jacques retournent en Tanzanie pour s’occuper d’enfants handicapés dans une clinique sur le lac Victoria, dans un contexte de partage, de don, de convivialité et de prière.

« Et si la mission change, l’Évangile ne change pas; le cœur humain qui aime ne change pas », rappelait Mgr Lépine. La joie de l’Afrique ne change pas non plus, comme en ont témoigné les sœurs, lesquelles n’ont pas hésité à la fin de la célébration à danser au son du djembé et des chants de la chorale Afrika Instshiyetu.

Les Canadiens attendent depuis de nombreuses années une action réelle et concrète dans ce domaine.

AP PHOTO/MARK BAKER. Les émotions sont fortes lors d’un service commémoratif national à Hagley Park en l’honneur des victimes de l’attaque terroriste perpétrée contre la mosquée à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le vendredi 29 mars 2019.

Ce texte est l’allocution présentée par l’auteur, M.Afr, membre de PolySeSouvient, lors de la conférence de presse organisée le 3 avril 2019, à l’hôpital général de Montréal, par un regroupement de médecins, de partout au Canada, favorable à un contrôle plus strict des armes à feu.

J’ai vécu en zone de guerre en République Démocratique du Congo (à l’époque le Zaïre) dans les années 1990. Le chaos s’était progressivement propagé dans tout le pays avec son lot de pillages et de conflits tribaux.

Dans la brousse où j’étais, on avait déjà eu la visite de militaires pour intervenir dans un conflit entre chefs coutumiers. Ce jour-là, revenant à la maison, j’ai été directement menacé par un militaire. Il m’a simplement dit: «Lors du prochain conflit, c’est moi qui vais te tuer.» («Siku y vita ingine, miye nitawa weye»).

J’ai immédiatement senti comme un boulet me tomber dans l’estomac. Je m’en rappelle très bien. De fait, les rivalités tribales se sont accélérées. Les paramilitaires sont revenus, soi-disant pour rétablir la paix, en brûlant les villages. La plupart des expatriés avaient déjà quitté le pays. Quant à moi, je suis resté avec mes confrères pratiquement jusqu’au moment de la chute du régime dictatorial du président Mobutu.

En 2010, Marc Rochette, un journaliste pour le Nouvelliste de Trois-Rivières, m’a demandé dans une interview s’il y avait des risques à vivre dans la brousse africaine. Ce à quoi j’ai répondu: «Qu’est-ce qui est le plus dangereux: être missionnaire en Afrique dans un pays en guerre ou être étudiante à l’École Polytechnique de Montréal?»

Le rapport d’investigation du coroner indique que le décès est attribué à de multiples lésions graves au niveau du crâne, du cerveau, en plus de l’aorte sectionnée, des hiles pulmonaires et l’éclatement du foie; le tout secondaire au passage dans la tête et dans le thorax de trois projectiles d’arme à feu.

Vous êtes médecins et professionnels de la santé. Vous comprenez mieux que moi de quoi il s’agit. Nous sommes réunis ici pour une cause commune. Nous voulons, de fait nous exigeons des lois plus sévères sur les armes à feu au Canada.

Une journée nationale d’action a eu lieu le 3 avril dans 13 villes du pays. Tous s’entendent pour dire que les armes à feu représentent une menace croissante pour la santé publique. Selon Statistique Canada, le nombre de crimes violents commis avec une arme à feu a augmenté de 43% depuis 2013, soit depuis l’abolition du registre national des armes à feu par le gouvernement de Steven Harper en 2012, suivi par l’affaiblissement d’une série d’autres mesures en 2015.

À peine une semaine après la tragédie de Christchurch en Nouvelle-Zélande, la première ministre Jacinda Ardern a annoncé l’interdiction imminente de «toutes les armes semi-automatiques de style militaire», de «tous les fusils d’assaut», de «tous les chargeurs à grande capacité» et de «tous les accessoires ayant la capacité de convertir une arme à feu en arme semi-automatique de type militaire». Elle a également émis une ordonnance de reclassification pour les armes semi-automatiques afin de dorénavant empêcher leur vente à la plupart des détenteurs de permis actuels.

Voilà une preuve de leadership politique.

Soulignons aussi l’action du Gouvernement du Québec qui a instauré son propre registre des armes en réaction à l’abolition du registre fédéral. Le Québec est maintenant l’une des trois seules juridictions en Amérique du Nord (avec Hawaï et le District de Columbia, aux États-Unis) qui enregistrent les armes sur son territoire — bien que ce soit la norme en Europe et la plupart des pays industrialisés.

Mais qu’en est-il du gouvernement Trudeau?

Les Canadiens attendent depuis de nombreuses années une action réelle et concrète dans ce domaine.

Tout ce que ce gouvernement offre aux Canadiens pour corriger la quasi-destruction de l’ensemble des gains législatifs par le gouvernement antérieur, c’est le projet de loi C-71. D’ailleurs, celui-ci ne rétablit que quelques faibles mesures comparativement à ce qu’elles étaient avant leur élimination. Ceci dit, ce projet de loi C-71 est un pas dans la bonne direction et nous l’appuyons. Malheureusement, son adoption avance à pas de tortue au Sénat.

Combien de fois encore faudra-t-il rappeler que le même type d’armes légalement accessible, c’est-à-dire des armes semi-automatiques de type militaire, a été utilisé lors de la tragédie à la Mosquée de Québec et récemment à Christchurch où 50 Néo-Zélandais innocents ont été assassinés?

Je réitère les paroles que j’ai prononcées à Ottawa au début du mois de décembre 2018 que j’adressais au premier ministre Justin Trudeau: «Ne faites pas de compromis. Montrer aux Canadiens comment on se tient debout quand on n’a pas peur du lobby des armes».

Ouvrez le lien YouTube pour voir cette entrevue : https://youtu.be/nZKSaZWRw1k

UGO GIGUÈRE, La Presse Canadienne – GABRIEL DELISLE, Le Nouvelliste

MONTRÉAL — Chaque semaine, l’équipe de traumatologie du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) doit traiter au moins un patient victime d’une blessure par arme à feu. Mercredi, les médecins et autres professionnels de la santé sont sortis dans la rue pour joindre leur voix à celles de leurs collègues de 13 hôpitaux à travers le Canada afin de dire haut et fort qu’ils en ont assez. À leurs côtés, on retrouvait le père Serge St-Arneault, le frère d’Annie St-Arneault de La Tuque, une des victimes de la tuerie de la Polytechnique.

D’après la coalition «Doctors for protection from guns», les armes à feu représentent un grave problème de santé publique au pays.

Des chirurgiens traumatologues, chefs de départements, infirmières et préventionnistes du CUSM ont tenu une conférence de presse pour réclamer l’interdiction complète des armes de poing et des fusils d’assaut au Canada. Un message relayé d’un océan à l’autre.

«On voit depuis 2013 une augmentation de 42 pour cent de la mortalité liée à des blessures par armes à feu au Canada. À Montréal, on voit une augmentation du nombre de patients blessés ou morts par des armes à feu. Il est temps qu’on change notre façon de parler des armes à feu. C’est un enjeu de santé publique et il faut qu’on le dise», a déclaré le chirurgien traumatologue Jeremy Grushka.

«Quand on regarde la manière dont on gère cette problématique d’un point de vue de santé publique, je pense qu’on pourrait faire mieux», poursuit le chef du département de traumatologie Tarek Razek.

Celui-ci ne croit pas que le Canada soit allé assez loin pour appliquer les meilleures pratiques de sécurité afin de réduire au minimum les risques que représentent les armes à feu dans la société.

«D’un point de vue de santé publique, c’est comme les voitures. Est-ce qu’il y a toujours des accidents de voiture? Oui. Mais est-ce qu’on réduit le risque au minimum d’avoir des accidents?», compare-t-il.

Le père Serge St-Arneault, qui est membre de Poly se souvient, était aux côtés des médecins lors de la manifestation. Même si chaque présence publique pour réclamer un meilleur contrôle des armes à feu est très difficile pour lui, Serge St-Arneault affirme qu’il ne pouvait refuser l’invitation des médecins.

«L’enjeu est tellement capital. En mémoire de celles qui ont été victimes d’armes à feu, c’est un devoir de continuer ce combat. C’est comme un appel», affirme en entrevue le frère d’Annie St-Arneault, une des étudiantes assassinées lors de la tuerie de la Polytechnique.

Pour le prêtre originaire de La Tuque, il est «indéniable» que les armes à feu représentent une crise de santé publique. «Compte tenu du nombre élevé de personnes qui sont atteintes d’armes à feu, qui sont handicapées pour leur vie, c’est évident qu’il s’agit d’une question de santé publique», a précisé Serge St-Arneault lors du point de presse tenu en marge de la manifestation de Montréal.

«Le projet de loi C-71 [pour le contrôle des armes à feu] est un pas dans la bonne direction, mais c’est loin d’être suffisant.»

Le père Serge St-Arneault, le frère d’Annie St-Arneault, une des victimes de la tuerie de la Polytechnique, a pris la parole publiquement en marge de la manifestation.

Serge St-Arneault prône le bannissement pur et simple des armes d’assaut et des armes de poings. «L’exemple de la Nouvelle-Zélande et de sa première ministre est extraordinaire et remarquable. On devrait le suivre au Canada.»

Militant au sein du regroupement Poly se souvient, Jean-François Larrivée a salué l’appui des médecins dans ce combat pour restreindre l’accès aux armes. Celui-ci a perdu sa jeune épouse dans la tuerie survenue à Polytechnique Montréal en 1989.

«Je milite depuis 30 ans pour le souvenir de Maryse et des autres filles. Les médecins ont une voix qui porte. Ils sont pragmatiques, ils ont une influence intellectuelle, ils ont un leadership», se réjouit-il.

«Je veux aider les autres femmes à ne pas subir le même drame et si on peut sauver une vie ça aura valu la peine», souligne M. Larrivée.

Le personnel soignant du CUSM est exaspéré au point où l’équipe de prévention commence à enseigner au public les techniques de premiers soins en cas de blessures par balles.

Tara Grenier, coordonnatrice du programme de prévention des blessures au CUSM, transmet aux élèves du secondaire, à des employés d’usine et au public en général des méthodes pour stopper l’hémorragie causée par une balle ou une arme blanche.

«Ce sont des techniques de guerre qu’on emploie dans le monde civil. On est rendu là. Peut-être qu’on pourra sauver des gens au lieu qu’ils meurent au bout de leur sang», mentionne la thérapeute sportive.

Ottawa tend l’oreille

Le Dr Tarek Razek espère sincèrement que sa voix et celles de ses collègues soient entendues. Selon lui, le fait qu’ils soient en première ligne pour constater les ravages causés par les armes donne du poids à leurs arguments.

Sur la colline parlementaire à Ottawa, le ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, a dit tendre l’oreille aux revendications des médecins.

«J’ai rencontré plusieurs fois des regroupements de médecins. Leur point de vue est pertinent, ils sont en première ligne pour traiter des victimes de blessures par armes à feu. Je crois qu’il y a des choses que l’on doit faire pour protéger nos communautés et nous sommes prêts à considérer des mesures qui empêcheraient les gens mal intentionnés de se procurer des armes pour blesser ou tuer», a-t-il commenté.

Le ministre n’a cependant pas l’intention d’accélérer le processus comme l’ont fait les élus de Nouvelle-Zélande à la suite de la tuerie de Christchurch.

«Je pense que les Canadiens s’attendent à ce qu’on écoute les différentes opinions de la population afin de trouver le meilleur moyen de rendre nos communautés plus sécuritaires», a mentionné M. Blair.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle

Allocution présenté par Serge St-Arneault, M.Afr, Directeur du Centre Afrika, Montréal, lors de la conférence de presse organisée par les médecins et autres professionnels de la santé à l’Hôpital Général de Montréal aujourd’hui à 12h00. Les médecins réclament une interdiction complète des armes de poing et armes d’assaut ainsi que l’adoption du projet de loi C-71 qui renforce l’encadrement des armes à feu.

J’ai vécu en zone de guerre en République Démocratique du Congo (à l’époque le Zaïre) dans les années 1990. Le chaos s’était progressivement propagé dans tout le pays avec son lot de pillages et de conflits tribaux.

Dans la brousse où j’étais, on avait déjà eu la visite de militaires pour intervenir dans un conflit entre chefs coutumiers. Ce jour-là, revenant à la maison, j’ai été directement menacé par un militaire. Il m’a simplement dit :

  • « Siku y vita ingine, miye nitawa weye ».

Traduction littérale :

  • « Lors du prochain conflit, c’est moi qui vais te tuer. »

J’ai immédiatement senti comme un boulet me tomber dans l’estomac. Je m’en rappelle très bien. De fait, les rivalités tribales se sont accélérées. Les paracommandos sont revenus, soi-disant pour rétablir la paix, en brulant les villages. La plupart des expatriés avaient déjà quitté le pays. Quant à moi, je suis resté avec mes confrères pratiquement jusqu’au moment de la chute du régime dictatorial du Président Mobutu.

En 2010, Marc Rochette, un journaliste du journal Le Nouvelliste de Trois-Rivières, m’a demandé dans une interview s’il y avait des risques de vivre dans la brousse africaine. Ce à quoi j’ai répondu :

  • « Qu’est-ce qui est le plus dangereux? Être missionnaire en Afrique ou étudiante à l’École Polytechnique de Montréal ».

Ma sœur Annie a été l’une des premières victimes du drame de la Poly du 6 décembre 1989. Le rapport d’investigation du coroner indique que le décès est attribué à des lésions multiples graves au niveau du crâne, du cerveau, section de l’aorte et des hiles pulmonaires et éclatement du foie, le tout secondaire au passage dans la tête et dans le thorax de trois projectiles d’arme à feu.

Vous êtes médecins et professionnels de la santé. Vous comprenez mieux que moi de quoi il s’agit. Nous sommes réunis ici pour une cause commune. Nous voulons, de fait nous exigeons des lois plus sévères sur les armes à feu au Canada. Une journée nationale d’action a lieu aujourd’hui dans 13 villes du pays. Tous s’entendent pour dire que les armes à feu représentent une menace croissante pour la santé publique. Selon Statistique Canada, le nombre de crimes violents commis avec une arme à feu a augmenté de 43% depuis 2013, soit depuis l’abolition du registre national des armes à feu par le gouvernement de Steven Harper en 2012, suivi par l’affaiblissement d’une série d’autres mesures en 2015.

À peine une semaine après la tragédie de Christchurch en Nouvelle-Zélande, la première ministre Jacinda Ardern a annoncé l’interdiction imminente de « toutes les armes semi-automatiques de style militaire », de « tous les fusils d’assaut », de « tous les chargeurs à grande capacité » et de « tous les accessoires ayant la capacité de convertir une arme à feu en arme semi-automatique de type militaire ». Elle a également émis une ordonnance de reclassification pour les armes semi-automatiques afin de dorénavant empêcher leur vente à la plupart des détenteurs de permis actuels.

Voilà une preuve de leadership politique.

Soulignons aussi l’action du Gouvernement du Québec qui a instauré son propre registre des armes en réaction à l’abolition du registre fédéral. Le Québec est maintenant l’une des trois seules juridictions en Amérique du Nord (avec Hawaï et le District de Columbia) qui enregistrent les armes sur son territoire – bien que c’est la norme en Europe et la plupart des pays industrialisés.

Mais qu’en est-il du gouvernement Trudeau?

Les Canadiens attendent depuis de nombreuses années une action réelle et concrète dans ce domaine.

Tout ce que ce gouvernement offre aux Canadiens pour corriger la quasi-destruction de l’ensemble des gains législatifs par le gouvernement antérieur, c’est le projet de loi C-17. D’ailleurs, celui-ci ne rétablit que quelques faibles mesures comparativement à ce qu’elles étaient avant leur élimination. Ceci dit, ce projet de loi C-71 est un pas dans la bonne direction et nous l’appuyons. Malheureusement, son adoption avance à pas de tortue au Sénat.

De plus, ce projet de loi ne modifie en rien l’accès légal aux armes de poing et aux armes d’assaut. Nous le savons, celles-ci sont conçues pour tuer efficacement et rapidement.

Combien de fois encore faudra-t-il rappeler que le même type d’armes légalement accessible, c’est-à-dire des armes semi-automatiques de type militaire,  a été utilisé lors de la tragédie à la Mosquée de Québec et tout récemment à Christchurch où 50 Néo-Zélandais innocents ont été assassinés?

Je réitère les paroles que j’ai prononcées à Ottawa au début du mois de décembre 2018 que j’adressais au premier ministre Justin Trudeau;

  •  « Ne faites pas de compromis. Montrer aux Canadiens comment on se tient debout quand on n’a pas peur du lobby des armes ».

Membres de PolySeSouvient présent lors de la marche pour soutenir les médecins dans leur manifestation contre les armes à feu.

Photo : André-Mam Mbombo

Lien YouTube : https://youtu.be/nZKSaZWRw1k

Par Serge St-Arneault, M.Afr

J’ai été invité par le maire d’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, Monsieur Dimitrios Jim Beis, à un point de presse pour souligner le deuxième anniversaire de la tragédie de la Grande Mosquée de Québec du 29 janvier 2017. En compagnie de Sylvie Haviernick, j’y figurais en tant que représentant de « Polysesouvient ». Les Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique, Monique Bonnefoy et Rita Toutant, m’accompagnaient.

L’attachée politique du maire, Sophie Mohsen, m’a encouragé pour la circonstance à vêtir notre habit ‘Pères Blancs’; la gandoura, le burnous et le rosaire. En effet, l’événement se voulait aussi œcuménique. Plusieurs imams du secteur de Pierrefonds-Roxboro ainsi qu’une pasteure-prêtre anglicane étaient présents. Les photos montrent bien la variété de gens présents; politiciens, agents de paix, médias.

 En plus du maire, quelques personnes ont pris la parole pour affirmer l’importance du vivre-ensemble harmonieux. Pierrefonds-Roxboro est d’ailleurs très cosmopolite. La tragédie du 29 janvier 2017 à Québec a eu comme impact positif de non seulement dénoncer les actes de haine liés à l’islamolphobie, mais aussi d’affirmer haut et fort que nous appartenons tous à une seule et même humanité malgré nos différences raciales, culturelles ou religieuses. Privément, en compagnie de deux imams dont l’un d’origine indonésienne, j’ai apporté mon soutien au fait que nous appartenons à la même humanité. Notre conversation s’est tenue en anglais, mais, pour l’essentiel, voici ce que j’ai ajouté : « Lorsque des musulmans sont assassinés à cause de leur religion, moi qui suis chrétien, je vois en eux des sœurs et des frères injustement tués. C’est le même genre de fanatisme qui est la source de la tragédie de la Polytechnique du 6 décembre 1989. Tout cela me peine grandement. Il en est de même pour vous lorsque des extrémistes musulmans assassinent des chrétiens à cause de leur foi. Eux aussi sont vos sœurs et vos frères injustement tués. Nous devons à juste titre dénoncer l’islamophobie. Nous devons également dénoncer la christianophobie. » Les imams ont hoché la tête en signe d’approbation.

Le maire de Pierrefonds-Roxboro invite ses résidents à signer le livre de solidarité dans le cadre de la Journée de commémoration et d’action contre l’islamophobie et toutes formes de discrimination

Pour commémorer le deuxième anniversaire de l’attentat de la Grande Mosquée de Québec du 29 janvier 2017, et dans le souci de poursuivre la construction du vivre-ensemble, le maire de Pierrefonds-Roxboro, M. Dimitrios (Jim) Beis, convie ses citoyens et citoyennes, dans la salle du Conseil d’arrondissement entre 8 h et 19 h pour signer le livre de solidarité afin de témoigner leur sympathie.

Cet événement fait suite à l’engagement que s’est donné le maire, avec le support de son conseil d’arrondissement, de souligner annuellement la « Journée de commémoration et d’action contre l’islamophobie et toutes formes de discrimination », afin de non seulement perpétuer la mémoire des 6 victimes canado-musulmanes de l’attentat du 29 janvier 2017, mais aussi pour sensibiliser la population au respect des différences.

« Nous ne pouvons ignorer les derniers rapports de Statistiques Canada démontrant l’augmentation considérable des crimes haineux à travers le pays, qui visent différentes minorités. Aujourd’hui, nous nous tenons ensemble pour dénoncer la violence motivée par la haine et la peur de l’autre » déclare M. Beis.

« J’ai l’honneur d’avoir parmi nous des citoyens de tous horizons et de toutes croyances, tant des représentants de différentes communautés religieuses que des organismes locaux luttant contre différentes formes de discriminations (sur la base de la religion, le sexe, la race, l’orientation sexuelle, et la déficience). Nous avons même des membres de « PolySeSouvient », ajoute M. Beis.

À titre de partenaire de la Semaine de sensibilisation Musulmane, l’arrondissement invite aussi la population à prendre part aux différents événements qui se dérouleront localement jusqu’au 31 janvier 2019. Dans le cadre de cette semaine de sensibilisation, des citoyens, des centres communautaires, des églises, des mosquées, des synagogues et divers organismes se sont rassemblés dans le but de promouvoir et d’encourager ce sentiment collectif de cohésion. « Ici, à Pierrefonds-Roxboro, nous avons à cœur le respect des différences et organisons continuellement des évènements qui visent à sensibiliser et à prévenir la discrimination et la violence. L’été dernier nous avions justement tenu la Marche du Maire sous le thème de la Lutte contre la violence faite aux femmes. C’est à travers des initiatives de ce type que nous réussirons ensemble à éliminer les crimes haineux et maintenir la paix et l’harmonie qui règnent dans notre arrondissement », conclut le maire.

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Par Serge St-Arneault, M.Afr

Cette soirée de prière a eu lieu à la chapelle Notre-Dame de Lourdes, Montréal, le 25 janvier. Elle rassemblait des membres du Centre Afrika, le groupe des étudiants chrétiens à l’UQAM (IKTUS), des membres de la communauté de l’Emmanuel et un témoin du groupe Cenacolo.

Paix et Justice s’embrasse : chemin d’Unité.

Sœurs, frères et prêtres, nous sommes présents en Algérie depuis 150 ans, lieu de notre fondation par le Cardinal Lavigerie. Le 8 décembre dernier à Oran, nous avons commémoré la béatification de 19 personnalités chrétiennes à titre posthume. Il s’agissait de six religieuses, un frère mariste, quatre pères blancs à Tizi-Ouzou, les sept moines trappistes de l’Atlas (certains se souviendront du film intitulé « Des Hommes et des Dieux ») et de Pierre Claverie, l’évêque d’Oran.

Il faut placer ceci dans le contexte de la guerre civile qui s’est déroulée dans les années 90 en Algérie. L’extrémisme musulman a ensanglanté le pays. Plus de 150 000 Algériennes et Algériens ont été tués dont 114 imams qui se sont opposé à suivre la dérive sectaire et meurtrière des extrémistes.

Là, comme dans plusieurs autres pays limitrophes de l’Algérie, les chrétiens ont été assassinés pour le seul fait d’être chrétiens sans aucune distinction ecclésiale. Orthodoxe, Protestants, Coptes ou Catholiques, cela n’avait aucune importance. Toutes les confessions chrétiennes portent le même sang du martyre pour la foi en Jésus-Christ. L’unité des chrétiens s’exprime clairement par le sang versé. On pourrait appeler cela : l’œcuménisme spirituel.

Pour revenir à l’Algérie, lors de la cérémonie du 8 décembre à Oran, le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa a déclaré que « cette cérémonie de béatification sera une preuve supplémentaire que l’Islam en Algérie n’exclut pas les autres croyances et noue des contacts pour la paix et le vivre ensemble. » Prier pour l’unité des chrétiens n’exclu pas de prier aussi pour nos frères et sœurs de religion musulmane. En effet, le « vivre ensemble » est une œuvre de l’Esprit de Dieu et cet esprit agit de façon particulière dans le corps du Christ qui est constitué de l’ensemble de tous les chrétiens, peu importe leurs dénominations ou la variété de leurs rites, de leurs liturgies ou leurs manières de partager ou de célébrer la Parole de Dieu.

En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, souvenons-nous de nos frères et sœurs chrétiens qui ont donné leur vie pour témoigner de l’amour de Jésus pour toute l’humanité. L’amour, en effet, est un langage déraisonnable et incompréhensible pour qui n’est pas submergé par sa folie.

La tragédie des 19 récents martyres en Algérie met en valeur non pas l’héroïsme humain, mais la certitude d’être là où Dieu veut. C’est une certitude intérieure que tout retourne vers Celui qui est l’Amour et la Vie. Pour l’Église du Christ, l’important n’est pas de savoir « comment », mais « pour qui » la mort a eu lieu.

Intentions de prières :

1.    Seigneur nous te rendons grâce pour l’amour jusqu’au bout vécu par tous les chrétiens martyrisés au nom de leur foi. Que leur témoignage soit un appel et un engagement pour avancer vers l’unité de tous ceux et celles qui se reconnaissent disciples du Christ. 

2. Pour que la vie donnée des croyants de toute dénomination au nom de leur foi puisse permettre d’avancer vers un chemin d’unité construit sur la paix et la justice.

3. Dieu d’Amour, bénit soit-tu de nous avoir crées différents. Accorde à tous les chrétiens la grâce de bâtir les ponts qui nous unissent davantage dans nos diversités entre nous comme membres du même corps et à tous les autres croyants.  Seigneur, entends les supplications des enfants.

4. Nous te rendons grâces pour les multiples couleurs, cultures et coutumes qui sont les nôtres en ce monde. Dans nos diversités, rassemble-nous par ton amour. Rends-nous capables d’agir ensemble pour défendre la vie et faire que ce monde soit un foyer de justice et de paix pour toute l’humanité. Aujourd’hui, nous te le demandons : Ô Dieu, entends notre prière et donne-nous ta paix.

Prière

Seigneur Dieu, notre Père, nous te louons pour la passion, la mort et la résurrection de ton Fils Jésus, lui, le martyr par excellence, de qui vient le salut.

Tu as voulu faire partager son martyre à nos frères et sœurs de l’Église d’Algérie : Henri et Paul-Hélène, Caridad et Esther, Jean, Charles, Alain et Christian, Angèle-Marie et Bibiane, Odette, Christian, Luc, Christophe, Michel, Bruno, Célestin et Paul et ton évêque Pierre.

Nous te prions, Père, pour que, par leur intercession, se renforcent le dialogue, le respect et l’amour entre tes enfants chrétiens et musulmans.

Bénis l’Algérie et son peuple, et nous te rendrons gloire, dans la paix.

Père, nous invoquons nos martyrs pour que l’œcuménisme spirituel ouvre le chemin vers l’unité des chrétiens où paix et justice s’embrassent.

Et toi, Marie, que tous ont aimée et qui es vénérée dans la maison de l’Islam, écoute notre prière et intercède auprès de ton Fils, Jésus, notre Seigneur.    Amen.

Par Didier Oti, mercredi 26 décembre, 2018

Les fêtes de fin d’année 2018 ont une résonance particulière pour les Sœurs Blanches et les Pères Blancs d’Afrique. Depuis le 8 décembre 2018 et jusqu’au 8 décembre 2019, ils célèbrent leurs 150 ans d’existence. Ils soulignent un siècle et demi à servir les Africains tant dans leur continent qu’ailleurs dans le monde. Retour sur une aventure qui devait être ponctuelle et qui a su se perpétuer. Mais pour combien de temps encore?

À l’occasion des 150 ans de leurs congrégations respectives, la Sœur Blanche Rita Toutant et le Père Blanc Gilles Barrette du Canada sont venus à Radio Canada International pour nous les faire découvrir.

En 1868, Mgr Charles Lavigerie, alors archevêque d’Alger, crée la Société des Missionnaires d’Afrique. Outre son travail pastoral auprès des chrétiens algériens, le prélat français arrivé un an plus tôt, s’engage dans des causes sociales et humanitaires. L’Algérie est confrontée à une redoutable épidémie de choléra doublée d’une famine qui décime les populations. L’ex-évêque de Nancy sen fait une cause prioritaire. Il sollicite toutes les bonnes volontés disponibles. Des hommes et des femmes d’Église de France, des États-Unis, de plusieurs autres pays d’Europe et bien entendu Canada seront appelés en renfort. En tout, plus de 650 Canadiens répondront à l’appel de Charles Lavigerie.

« La femme est à l’origine de tout puisqu’elle est mère ».

Conscient de ce que seules des femmes-apôtres seraient en mesure de nourrir et d’élever les orphelins qui affluent à l’évêché, en 1869, Mgr Lavigerie crée, en collabora avec Mère Marie Salomé, la Congrégation des Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique. « Malgré le zèle des Missionnaires, dira Charles Lavigerie, leurs efforts ne produiront jamais des fruits suffisants s’ils ne sont pas aidés par des femmes-apôtres auprès des femmes…Ce que les hommes ne peuvent faire, les femmes le peuvent. On les admet avec facilité, même avec joie. La femme est à l’origine de tout puisqu’elle est mère ».

Pour des raisons d’efficacité, mais aussi d’humilité et d’acceptabilité, ces religieux adoptent les mœurs locales. Ils apprennent à parler arabe. Pour Mgr Lavigerie, «Cette étude est d’une nécessité telle que l’on peut dire qu’elle prime tout le reste car sans la connaissance de la langue, il est impossible de ne rien faire comme apostolat auprès des Africains. » Même entre eux, les Missionnaires doivent parler plus entre eux que la langue des tribus au milieu desquelles ils résident » vont donc manger et s’habiller comme des Arabes ou des Kabyles, etc.

D’ailleurs, c’est en raison de leur habillement, en particulier de la tunique algérienne blanche qu’ils vont se faire appeler «Pères Blancs» et «Sœurs Blanches». Les deux instituts au sein desquels ils œuvrent porteront les mêmes surnoms. À partir de à partir de 1894, lorsqu’ils étendent leurs activités à l’Afrique subsaharienne, ces deux instituts deviendront officiellement la Société des Missionnaires d’Afrique et la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique.

Lutte contre l’esclavage

Confiant en l’avenir des Africains, Mgr Charles Lavigerie s’est battu pour l’abolition de l’esclavage. Pour cela, il a pu compter sur quelques correspondants et bienfaiteurs au Canada. À la fin des années 1880, il est le grand artisan de la prise de position ferme de l’Église catholique dans la condamnation de l’esclavage.

Il prend son bâton de pèlerin afin de sensibiliser les Européens sur ce fléau qu’est l’esclavage. Sa campagne porte fruit puisque sous l’impulsion des Britanniques ayant saisi la pertinence de son message, des représentants de seize puissances vont débattre du sujet.

Et en 1890, ces puissances vont signer la Convention de Bruxelles destinée à « mettre un terme aux crimes et aux dévastations qu’engendre la traite des esclaves africains, afin de protéger efficacement les populations aborigènes de l’Afrique et d’assurer à ce vaste continent les bienfaits de la paix et de la civilisation ».

Une œuvre qui a survécu à son créateur

Deux ans plus tard, le 26 novembre 1892, Mgr meurt à Alger. Mais son œuvre, à travers les Pères Blancs et les Sœurs Blanches, se perpétue. À l’actif des premiers, on peut citer des paroisses, des hôpitaux, des écoles techniques, des séminaires, des dictionnaires, des journaux, la formation des prêtres, le développement et j’en passe.

Les secondes, les Sœurs Blanches, ont quant à elles notamment contribué à la fondation de 22 congrégations religieuses féminines en Afrique. Elles ont œuvré dans l’éducation scolaire et professionnelle, les soins infirmiers, la pastorale et le développement. À l’instar des Pères Blancs., les Sœurs Blanches privilégient également le dialogue islamo-chrétien.

Souvenons-nous que le fondateur du mouvement, le Cardinal Lavigerie, avait tissé de fortes relations avec les musulmans au Liban, en Syrie et en Afrique du nord. Ensuite, la congrégation a vu le jour et s’est développée en Algérie, c’est-à-dire en milieu arabo-islamique. Donc, le rapprochement interreligieux est naturel pour ces missionnaires.

Comme leurs homologues masculins, les Sœurs Blanches ont aussi africanisé leur couleur. Burundaises. Rwandaises, Congolaises, Tanzaniennes et j’en passe, ont intégré la congrégation. Les postes de supérieures générales, maîtresses des novices, économes jadis occupés par des Européennes ou des Canadiennes, sont progressivement passées aux mains des Africaines.

Hors d’Afrique, Au Canada par exemple, ces missionnaires travaillent sans relâche auprès des Africains : aide à l’intégration, soutien aux pauvres et aux migrants, création d’un espace culturel accessible à tous, expositions, conférences, tables-rondes, amélioration du vivre-ensemble, etc.

La crise des vocations : l’épée de Damoclès

En 2018, outre l’Afrique, Sœurs Blanches et Pères Blancs sont toujours actifs en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Asie et en Europe. Mais leurs effectifs sont en baisse constante. En 2013, on comptait 750 Sœurs blanches. Deux ans plus tard, en 2015, elles n’étaient plus que 727. En moins de quarante ans, leurs effectifs ont été divisés par trois. Résultat : la moyenne d’âge des sœurs en Belgique par exemple était de 82 ans en 2011. C’est désormais l’Afrique qui pourvoit à la demande.

Chez les Pères Blancs la tendance est similaire. Au 1er janvier 2018, ils étaient 1,210 soit 22 membres de moins qu’un an plus tôt. À titre de comparaison, dans les années 60, ils étaient plus de 3000. En 1998, ils n’étaient plus que 2098. Si on prend les Prêtres avec Serment perpétuel qui constituent le plus gros des effectifs, ils sont passés de 1,105 en 2017 à 1,066 en 2018. Seuls l’Asie (16) et le continent africain (14) ont connu une légère hausse de leurs effectifs entre 2017 et 2018.

Avec la crise des vocations religieuses que le Pape François en personne qualifiait en 2017 de véritable «hémorragie» qui «affaiblit la vie consacrée et la vie même de l’Église», le principal défi auquel sont confrontées la Société des Missionnaires d’Afrique et les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, c’est le renouvèlement de leurs effectifs. La survie de ce mouvement qui célèbre son 150e anniversaire en dépend.

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