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La Palestine : terre promise pour qui?

Par Serge St-Arneault, M.Afr, Montréal, 23 mai 2021

C’est le titre d’un article que j’ai écrit pour le journal étudiant « Le Point », organe officiel de l’AGEUQTR, vol 3, no 2 du 5 février 1979. Cette question est toujours d’actualité 42 ans plus tard. Les récents bombardements à Gaza et les roquettes lancées par le Hamas illustrent bien l’impasse de ce conflit.

Quelques citations de cet article

« Je sais, pour y avoir été et vérifié moi-même, que la vie quotidienne des Arabes est très difficile. J’oserais même affirmer que les Arabes d’aujourd’hui ont remplacé les Juifs qui hier encore subissaient l’oppression et les Juifs d’aujourd’hui remplacent les envahisseurs d’hier. Pour minimiser les affrontements, chacun reste dans son coin et refuse l’autre, … »

« D’un côté, il y a chez les Juifs un désir profond de sauvegarder une terre espérée depuis deux mille ans… . D’un autre côté, il y a les Palestiniens qui ont été chassés d’une partie de leur pays qui leur appartenait en propre … depuis longtemps ».

« Il n’est pas impossible de voir un jour les Juifs profondément divisés et même s’affronter sur des questions concernant l’avenir du pays. Les Juifs sont loin de former une entité cohérente de pensée si bien que les conditions sociales des Juifs dits orientaux se comparent aisément aux conditions des Palestiniens. De l’autre côté, l’on voit les Palestiniens eux-mêmes profondément divisés. »

« Un gouvernement israélien dirigé par des Juifs dits orientaux, parce qu’étant déjà en Palestine avant 1948 ou venant des pays d’Afrique du Nord, faciliterait les choses. Le gouvernement actuel (du premier ministre Begin), par ses politiques très occidentalisées, ne fait que s’éloigner de ses pays voisins… . … ce qu’il faudrait, c’est un abandon du fanatisme tant politique que religieux des deux parties. À ces conditions minimales, la Palestine peut devenir une terre promise pour tous ».

Vingt-trois ans plus tard en 2001

Globalement, la situation n’avait pas véritablement changé depuis mon premier voyage en Israël en 1978. Les pourparlers de paix entre Begin et Sadate, sous le patronage de Jimmy Carter, président des États-Unis, s’étaient soldés en queue de poisson. Dirigeant du Likoud, Ariel Sharon venait d’être élu premier ministre du pays en mars 2001, après le déclenchement de la seconde Intifada. J’ai séjourné précisément en Israël entre le 15 mars et le 8 juin 2001.

La première Intifada Al-Aqsa avait débuté en septembre 2000 tout juste en face de notre maison située près de la Porte des Lions. Depuis lors, l’esplanade des mosquées est interdite aux touristes.

Le sionisme

De mes nombreuses notes de voyage, je retiens tout particulièrement notre rencontre avec le rabbin Henri Noach. À cette époque, il était professeur au département des relations internationales de l’Université hébraïque de Jérusalem. Il assumait également plusieurs fonctions au sein des communautés juives de la diaspora.

Appartenant lui-même au mouvement conservateur, le rabbin nous a alors souligné que le judaïsme contemporain était composé de trois courants religieux principaux; les orthodoxes, les conservateurs et les réformistes. Ceci constitue un important élément afin de saisir les enjeux sociopolitiques des différentes communautés juives d’Israël.

Selon le rabbin Noach, l’identité fondamentale du peuple juif est basée sur le double aspect national et religieux qui constitue la Morasha (מורשה), c’est-à-dire « l’héritage ». Premièrement, les Juifs sont les héritiers de la communauté de Jacob centrée autour de la Tora. Et deuxièmement, d’un point de vue politique, le peuple est l’héritier de la TERRE DE CANAAN, don et promesse de Dieu : « Je vous ferai entrer dans le pays que j’ai juré de vous donner, lorsque je parlais à Abraham, à Isaac et à Jacob; je vous le donnerai et il sera à vous, car je suis Dieu ». (Exode 6,8)

Ferment de l’identité de l’État d’Israël, le sionisme fonde aussi sa conception nationaliste sur la loi traditionnelle du (Midrash (מִדרָשׁ) = littérature) Halakah (הלכה) qui inclus les restrictions alimentaires (référence; Lévitique 20, 24-26).

Historiquement, la destruction de Jérusalem par l’armée romaine remonte à l’an 70 de notre ère. Près de deux millénaires plus tard, le « retour » sur la terre promise s’est matérialisé avec la création de l’État d’Israël en 1948.

Sans tarder, la « loi de retour » fut l’une des premières lois adoptées au parlement qui accorde automatiquement la citoyenneté israélienne à toute personne d’appartenance juive désireuse d’immigrer en Israël. La population juive provient de 108 pays différents. Cela a une signification théologique significative.

Selon le rabbin Noach, la coexistence fraternelle et l’acceptation des différences entre Juifs sont un microcosme de l’histoire de l’humanité. Selon lui, « le rassemblement des exilés, c’est-à-dire des enfants d’Israël dispersés depuis 2000 ans à travers le monde, est ce qui permet la RECRÉATION de la NATION d’Israël sur la TERRE et devient le véhicule de l’ultime rédemption de l’humanité où cesseront toutes les guerres et marquera la venue du Messie. Ainsi se réaliseront les prophéties du rassemblement de tous les peuples. Aucun autre peuple qu’Israël ne peut être la lumière des nations. L’État d’Israël est l’avant-stade de l’ultime aboutissement de la rédemption de l’humanité. Il s’agit de la volonté divine. Israël ne mérite pas cet honneur. C’est Dieu qui l’a choisi. La nécessité théologique de la rédemption de l’humanité passe nécessairement par le retour des enfants d’Israël sur SA TERRE PROMISE ».

Tout devient clair! La justification du CONTRÔLE DES TERRITOIRES PALESTINIENS est basée sur la conviction qu’Israël doit rester fidèle au plan de Dieu et ainsi devenir le chemin incontournable du salut de l’humanité.

Cela dit, il est bien de souligner qu’une fraction importante du courant fondamentaliste protestant, particulièrement américain, a développé une théologie chrétienne sioniste. Pour les adeptes de ce courant fondamentaliste, la création et l’expansion de l’État d’Israël sont les conditions du retour du Christ.

Ce que je comprends du sionisme

Je me rappelle être intervenu à la fin de l’exposé du rabbin Henri Noach avec cette double observation. Primo, les oppositions entre Juifs sont souvent virulentes, particulièrement au niveau des partis politiques, mais aussi entre les trois principaux courants religieux qu’il avait lui-même décrits. Secundo, quelle est la place juridique des 21% d’Arabes détenteurs de la citoyenneté israélienne vivant en Israël? Note : les Arabes israéliens comprennent des chrétiens et des musulmans, identifiés comme Palestiniens. Sont exclus les réfugiés juifs dits orientaux immigrés de pays arabe.

Le rabbin a alors admis qu’il y avait, à cette époque, 17 différents partis politiques à la Knesset. Par contre, il a choisi la voie de l’évitement en ce qui concerne le deuxième point.

Il apparaît clairement, selon lui, que la coexistence fraternelle des peuples et du respect de leurs diversités culturelles ne concerne que les Juifs regroupés autour de la « loi du retour ». Son interprétation des textes bibliques est de type fondamentaliste. Ainsi donc, la TERRE est un droit exclusif d’Israël. En d’autres mots, LA RECONQUÊTE DU TERRITOIRE est une volonté divine et un préalable obligatoire pour la venue du Messie (Juif). Ce n’est qu’une question de temps. Finalement, la présence des Palestiniens est un obstacle à la réalisation du plan de rédemption de Dieu pour l’humanité.

À mon avis, si Israël imagine être à lui seul la lumière des nations, il ne réussit malheureusement qu’à s’aveugler lui-même.

Conclusion

Parlant de lumière, s’il en est une, je conclus que les récents troubles dans cette partie du monde sont le résultat d’une très longue tragédie. Celle-ci se répète continuellement. Rien ne semble être en mesure de l’arrêter.

De mon journal de voyage, je note ce passage écrit à Jérusalem le 9 mai 2001. Abel était un berger comme Moise. Son offrande à Dieu est agréable. Il offre les premiers-nés de son bétail avec générosité et librement. L’offrande de Caïn est différente. Ce n’est pas tellement parce qu’il s’agit des fruits de son potager, mais à cause de ses intentions cachées, accessoires, manipulées, compétitives. En fait, il cherche sa propre satisfaction.

Abel tourne son regard contemplatif vers le Dieu ICÔNE. Caïn tourne son regard vers lui-même, vers son ÉGO IDOLÂTRÉ. C’est ainsi qu’il se jette sur son frère et le tue.

Tout est question de regard. Toute chose, toute personne, tout événement a le potentiel d’être une ICÔNE ou une IDOLE. La croix du Christ, par exemple, est pour moi une ICÔNE dans la mesure où la souffrance de Jésus m’invite à marcher sur ses pas pour un bien supérieur à ma propre personne. Cette attitude est libératrice du CYCLE DE LA VIOLENCE. Par contre, la même croix peut devenir une IDOLE si je l’utilise et la manipule pour imposer une idéologue religieuse.

Similairement, le voile islamique porté par les musulmanes peut symboliser une attitude iconique ou alimenter une idéologie. Ce choix croisé varie selon celle qui porte ce voile et moi, ou toi, qui la jugeons ou non.

En 2001, de la fenêtre de ma chambre, posant précisément mon regard sur les toits du quartier arabe de la vieille ville de Jérusalem, j’écrivais :

Toi! Jérusalem! Qui es-tu à mes yeux ?

Peux-tu être une ICÔNE malgré tes déchirures, ton histoire tragique, tes traumatismes violents et répétitifs que tu tètes comme le lait maternel d’un nourrisson ?

« Il nous faut cesser de condamner ceux et celles qui nous entourent, supprimer nos projections par rapport à ceux et celles que nous mésestimons, et accepter que le problème réside en fait en nous ».

Robin Roberson

Version PDF de cet article.

LIENS :

Cessons de nous illusionner et figeons au moins les frontières actuelles

SÉBASTIEN BOUSSOIS, DOCTEUR EN SCIENCES POLITIQUES, CHERCHEUR MOYEN-ORIENT EN RELATIONS EURO-ARABES, TERRORISME ET RADICALISATION, 23 mai 2021

Il n’y aura pas cet État palestinien tant rêvé, tant vendu, tant espéré et attendu depuis 1947. Il faut, dans des situations de gestion de conflit sans fin, faire le deuil de certaines choses et voir la réalité en face. C’est comme en amour, cela ne sert à rien de forcer, mieux vaut feinter ou abandonner.

Becoming Intercultural: Perspectives on Mission

Par Serge St-Arneault

Le 30 avril dernier, grâce à un webinaire, l’équipe du Centre Afrika a assisté au lancement du livre intitulé « Becoming Intercultural: Perspectives on Mission ». Ce livre s’adresse en particulier aux missionnaires de l’Évangile et s’articule autour du concept de l’interculturalité. Pour en savoir plus, je vous invite à lire les précédents articles que j’ai écrits en cliquant ICI.

En quelques mots, la diversité culturelle est un enrichissement, non une menace. De plus, l’émergence d’une hospitalité solidarité entre tous et chacun favorise l’acceptation d’une dépendance réciproque qui construit véritablement une identité commune. Ainsi donc, devenir interculturel est à la fois un défi et une opportunité qui enrichit la mission à laquelle nous avons consacré notre vie.

Aujourd’hui, j’aimerais vous partager quelques points marquants de ce lancement de livre animé par trois panélistes.

Stephen Bevans, SVD

Sous l’angle de la foi chrétienne, Stephen Bevans, SVD, propose une danse entre l’interculturalité et le dialogue prophétique. Dans un monde de plus en plus critique vis-à-vis des religions, pour être reconnu dans sa vérité, le témoin de la foi doit avant tout vivre son engagement de façon authentique avant de se soucier de la proclamation d’un quelconque enseignement doctrinaire.  

Nous ne sommes plus à l’époque de la simple transmission d’un héritage. Nous devons faire preuve d’imagination et de créativité dans notre effort de contextualisation du message que nous voulons proclamer. De plus, nous sommes constamment confrontés avec un quotidien qui échappe à notre contrôle. Pourtant, cette confrontation est nécessaire si nous souhaitons favoriser l’inclusion. Notre engagement ne s’oriente donc pas vers la sauvegarde d’une institution. Notre intérêt est plutôt de favoriser le « KIN-DOM of God » au lieu de l’établissement du « KINGDOM of God ». Le « KIN » fait référence à la proximité que nous partageons avec les autres en opposition à l’imposition d’un ROYAUME juridique et  dogmatique.

L’Église structure la mission depuis longtemps par le canal de ses pasteurs et missionnaires. Inversement, c’est la mission qui doit plutôt structurer l’Église. Ainsi, la dénonciation des injustices et tout ce qui est présentement associé aux effets de la pandémie de la Covid-19 (contagion, mesures de confinement, soutien aux personnes isolées, santé mentale, environnement, etc.), tout cela constitue les éléments de la contextualisation du message chrétien pour aujourd’hui.

Judette Gallares, RC

Judette Gallares, RC, enrichit cette réflexion avec l’idée que l’interculturalité est un processus permanent où la compréhension du SOI est unique à chaque personne. En d’autres mots, nous sommes à la fois comme tout le monde, mais différent en même temps. À vrai dire, ce malaise est un élément essentiel de l’interculturalité, car il appelle à une conversion permanente, à l’intégrité, à bien saisir la réalité qui nous entoure, à l’engagement radical et au discernement collectif. Il s’agit d’accroitre la conscience critique à l’égard des questions liées à la diversité et à la pluralité. Pour cela, nous devons sortir de notre zone de confort et de nos réflexes identitaires pour pouvoir véritablement accueillir toute autre personne dans son unicité.

Patricia Murray, IBVM

Patricia Murray, IBVM, relate trois événements majeurs qui secouent notre monde d’aujourd’hui ; la pandémie de la Covid-19, la tragique mort de l’Afro-Américain John Floyd et les courants migratoires.

Selon elle, nous devons créer de nouveaux paradigmes en ce qui concerne les vœux religieux que sont la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Comment pouvons-nous vivre l’interculturalité dans un monde en profonde mutation ? L’engagement religieux nous incite à vivre dans une solidarité globale avec l’humanité. Les vœux religieux ne sont plus une question d’engagement individuel. L’esprit de pauvreté nous oblige à l’accueil inconditionnel de tout autre, particulièrement de l’étranger. D’autre part, la chasteté véritable nous oriente vers un engagement pour contrer le racisme, l’ethnocentrisme, les préjugés et les stéréotypes. Finalement, l’esprit d’obéissance n’est pas envers une structure hiérarchique, mais plutôt dans un effort collectif de discernement où les inspirations naissent dans un environnement culturel variable, donc interculturel.

Voir la conférence sur YOUTUBE. Durée : 2 heures.

en Français

in English

General presentation of the book: minute 11 :00

First intervention, Steven Bevans « Committed to his Mission: minute 14:00 – 35:00

Second intervention, Sr Judette Galllares « Forming intercultural Missionaries »: 36:45 – 57:00

Third intervention, Sr Patricia Murray « Interculturality, leadership and vows: liability or richeness”: 59:00 – 1:23:50 Afterwards: questions-responses

Pour acheter le livre, cliquer sur :

Becoming Intercultural Perspectives on Mission   US  20.00 $

La Cour suprême des États-Unis va se prononcer sur le port des armes à feu

(Washington) La Cour suprême des États-Unis a accepté lundi un recours du puissant lobby des armes NRA et sa décision pourrait peser sur la capacité des autorités à réguler le port des armes à feu hors du domicile.

AGENCE FRANCE-PRESSE, publié le 26 avril 2021

La haute juridiction, qui compte six magistrats conservateurs sur neuf, se penchera à l’automne sur une loi new-yorkaise contestée par la branche locale de la National Rifle Association et deux propriétaires d’armes.

En vertu de cette loi centenaire, l’État de New York a accordé des permis de port d’armes à ces deux hommes, mais uniquement pour se rendre à des stands de tir ou à la chasse, et non à des fins d’autodéfense. Après avoir perdu devant des tribunaux fédéraux, ils avaient fait appel auprès de la Cour suprême.

Celle-ci a annoncé lundi qu’elle acceptait leur recours, mais répondrait uniquement à une question : « Est-ce que le refus de l’État d’accorder aux plaignants des permis de porter des armes dissimulées à des fins d’autodéfense viole le deuxième amendement » de la Constitution ?

Cet amendement, qui fait l’objet d’interprétations divergentes, énonce qu’« une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé ».

Pour les partisans des armes à feu, il garantit un droit au port d’armes pour chaque citoyen. D’autres considèrent toutefois que les auteurs de la Constitution ont seulement voulu protéger le droit de détenir et utiliser des armes dans le cadre d’une force de maintien de l’ordre, comme l’armée ou la police.

Dans un arrêt emblématique pris en 2008, la Cour suprême avait affirmé que le deuxième amendement protégeait le droit à détenir une arme chez soi. Mais elle avait laissé aux villes et aux États le soin de réguler le transport en dehors du domicile, ce qui explique l’existence de grandes disparités dans le pays.

Malgré de nombreuses sollicitations, elle est depuis restée à l’écart de ce sujet très délicat. Mais la Cour a été profondément remaniée par Donald Trump qui, au cours de son mandat à la Maison-Blanche, a nommé trois de ses juges, choisis pour leurs opinions conservatrices censées être favorables aux détenteurs d’armes.

Cette nouvelle donne fait craindre aux partisans d’un meilleur encadrement des armes une lecture extensive du deuxième amendement de la Constitution, qui ferait tomber les restrictions adoptées localement.

L’arrêt de la haute Cour pourrait également contrarier les projets du président démocrate Joe Biden qui, après une série de fusillades meurtrières, a redit vouloir durcir la législation sur les armes aux États-Unis.

Plus de 43 000 personnes ont été tuées par des armes à feu en 2020, en incluant les suicides, selon le site Gun Violence Archive.

Autre lien :

Jeudi Saint 2021, de ma chambre à Montréal

Par Serge St-Arneault

LETTRE DU MALAWI, VENDREDI SAINT, Mua, 10 avril 2009

— Être prêtre, c‘est mystérieux!

C’est avec ces simples mots que Yolande, mon arrière petite-cousine, m’a souhaité le bonjour ce matin. Hier, nous étions allés ensemble avec ma mère au village de Msamala à environ 20 km de Mua. La fête du Jeudi Saint est toujours empreinte d’un cachet particulier et cela s’est manifesté brillamment à Msamala.

Lavement des pieds, chapelle de Msamala, Malawi, 2009

Les jeunes adolescents avaient installé trois ampoules alimentées par une batterie de voiture. Les douze disciples bien alignés en face de l’autel s’harmonisaient bien avec les jeunes filles et les mamans qui dirigeaient les chants et danses selon la progression de la liturgie. L’Évangile fut acté en utilisant une cuvette d’eau et la gourde traditionnelle au moment du lavement des pieds.

La pénombre du soir enveloppait doucement les gestes et paroles créant une douce attention. Rien de dramatique, aucun soubresaut, seulement la retenue du silence pour goûter l’essentiel des mots de Jésus : Voici mon corps! Voici mon sang! Paroles réactualisées en ce soir de pleine lune.

Yolande et Laurette, ma petite maman, n’ont rien compris de la langue Chichéwa mais ont su vibrer au rythme de ce chœur collectif.

— J‘ai vécu une soirée extraordinaire, de dire ma petite maman. Je n’ai jamais rien vu de tel de toute ma vie.

Yolande et Laurette, 2009

Yolande et mamans ont arrivées au Malawi le 26 mars 2009 pour vivre ensemble un mois de découverte au Malawi. C’est la plus belle saison de l’année. Les pluies ont cessé. La nature demeure encore verte. Les récoltes sont bonnes. Que demander de mieux ?

Récemment, neuf jeunes Africains venant de la Zambie, du Mozambique et du Malawi ont suivi un cours s’échelonnant pendant trois jours, offerts par mon confrère Claude Boucher, directeur du centre culturel Kungoni, sur la culture des Achéwa. Ces jeunes ont entrepris leur première année de formation à Balaka en vue de devenir eux aussi des Missionnaires d’Afrique. Yolande a suivi ce cours avec eux. Elle en est revenue toute changée, à la limite de la panique.

— C‘est extraordinaire! Si je regarde l‘évolution de notre société occidentale, je me rends compte que nous avons évolué de la même manière que les Chéwa.

— Évidemment! Tout commence par l‘observation des phénomènes physiologiques, biologiques et de la nature. Puisque nous sommes tous des êtres humains, l‘observation est très semblable même si les interprétations diffèrent. Tout compte fait, tout se rejoint!

Yolande, professeure de mathématique à la retraite, est bien à l’aise dans le monde rationnel. La réalité africaine, tel que nous la connaissons dans notre brousse de Mua, nous force en quelque sorte à sortir de nos sécurités intellectuelles. Le monde n’est pas seulement ce qui est observable.

La réalité est fluctuante selon l’angle d’approche. Elle est énigmatique par le constant questionnement qu’elle impose. La réalité des ‘choses’ est souvent aussi ‘réelle’ que le monde des ‘esprits’, c’est-à-dire inexplicable. Aucun scientifique n’a encore réussi à déterminer la composition de la lumière si ce n’est de dire que c’est à la fois une particule et une onde. Sans savoir quoi, nous savons pourtant qu’elle ‘existe’. Ne la voyons-nous pas? Ne la sentons-nous pas?

Et Dieu! Existe-t-il? Et la vie après la mort? Et les esprits, bons ou mauvais? Et l’amour humain ou divin ? Tout est vrai et tout est faux. Il y a tout et il n’y a rien. La réalité est-elle quelque ‘chose’? Le spirituel est-il autre ‘chose’?

Moi, je crois que Jésus a transformé, nous disons aussi recréé, le monde. Cela n’est possible que par l’Amour, qui est lui aussi indéfinissable. Ce que je sais ‘irrationnellement’, mais ‘réellement’, grâce à mon expérience humaine de l’Amour, est que je suis libéré de toute peur en ce monde et dans l’autre, quel qu’il puisse être, par Celui qui a sacrifié sa vie librement pour que nous soyons éternellement vivants. Jésus a vaincu la mort. Il est ressuscité.

Jeudi Saint, 1er avril 2021

Vous avez compris que le texte que vous avez lu plus haut remonte à 2009. Cela fait exactement 12 ans. Il a été publié en 2011 dans mon livre intitulé; « Rivière de diamants ».

Serge, Jacques et Yolande, 2009

Je ne sais pas trop pourquoi, mais, ce soir, je suis triste. Emmuré par les mesures préventives contre la Covid-19, je suis nostalgique en me remémorant cet épisode vécu avec ma mère, Laurette Perron, et Yolande St-Arneault. Maman et moi, nous nous ennuyons de l’absence de Yolande depuis son décès survenu le 27 mars 2014, à l’âge de 72 ans. J’étais présent avec Jacques, son mari, à Sainte-Thérèse, au nord de Montréal, lorsque Yolande, atteinte d’un cancer, nous a quittés.

« Être prêtre, c‘est mystérieux! » m’avait-elle dit. Je le pense encore sans pour cela m’empêcher de me questionner sur le sens du sacerdoce ministériel, ici au Québec. Tout comme la majorité de mes confrères, je n’exerce pas ou peu de ministères sacramentels. En effet, les églises sont pratiquement fermées depuis un an. Oui, je suis nostalgique de ces moments exceptionnels vécus dans la brousse africaine, celle du Congo comme celle du Malawi.

Le serviteur, par Sakanako, Mua.

Je nous invite à saisir l’opportunité qui nous est offerte en ces temps de pandémie pour exercer le ministère sacerdotal commun offert à tous les baptisés. Le vrai sens de ce ministère est celui du SERVICE. Tous les gestes serviables que nous donnons, prêtres ou laïcs, sont d’ordre ministériel lorsque nous le vivons à la manière de Jésus, bien loin du pouvoir directif ou oppressif.

Gardons les yeux fixés sur Jésus; « Celui qui a sacrifié sa vie librement pour que nous soyons éternellement vivants ».

Christ – The African Victor, by James Samikwa

AIDEZ-NOUS à convaincre Trudeau de revoir le projet de loi C-21

À tous les amis de PolySeSouvient : 

Vous avez sans doute entendu la nouvelle que les Libéraux ont renié leur promesse électorale d’interdire complètement des armes d’assaut et ont, à toute fin pratique, abandonné la cause du contrôle des armes avec leur projet de loi C-21 déposé le 16 février dernier. Cette législation est essentiellement une coquille vide qui va non seulement faire reculer le pays en matière de contrôle des armes mais qui va aussi affaiblir (ou même tuer) le mouvement contemporain pour le contrôle des armes. C’est une trahison totale envers tous ceux et celles qui ont lutté pendant trois décennies pour un meilleur contrôle.

Heureusement, il y a encore de l’espoir et, ce, grâce au courage de plus d’une trentaine de familles de victimes, survivants et témoins proches qui ont cosigné cette lettre à Trudeau, le seul qui a le pouvoir de renverser cette décision, et le même qui nous a fait ces promesses en personne notamment lors des commémorations. La lettre lui dit que s’il ne revoit pas le projet de loi de manière à respecter ses promesses et favoriser la sécurité publique, nous perdrons foi en lui et ne voudrons plus le voir pleurer à nos côtés lors des prochaines cérémonies et commémorations.

L’initiative a indubitablement atteint son objectif : nous avons enfin réussi à capter l’attention du Premier Ministre et son cabinet sera dorénavant impliqué dans la suite des choses. Il a publiquement dit qu’il allait directement communiquer avec nous, et s’il ne l’a pas encore fait, c’est vraisemblablement parce que les Libéraux n’ont pas encore décidé comment gérer la situation. En effet, c’est sans doute rare pour eux de composer avec un groupe qui n’a personnellement rien à perdre et rien à gagner, ayant comme seul et unique objectif la sécurité publique, qui n’a pas peur de dire la vérité et qui a trente ans d’expérience dans le processus législatif et le discours politique!

AIDEZ-NOUS à poursuivre la lutte :
1) en ENVOYANT UN MESSAGE à Justin Trudeau lui demandant de revoir son projet de loi C-21, à l’aide de ce simple module en ligne
 (Notre campagne a déjà attiré l’attention des médias , alors merci de bâtir sur ce momentum en diffusant cet appel à l’action auprès de vos réseaux!)
2) en CONTRIBUANT un petit montant pour soutenir notre travail (entièrement réalisé par des bénévoles) via le bouton PayPal sur notre site web (ou contactez-nous par courriel si vous préférez envoyer un chèque).

Entretemps, voici une nouvelle mise à jour détaillée  qui vous procure un bon survol de l’ensemble des récents développements et de nos actions depuis notre dernière mise à jour de juillet dernier.
Solidairement,

Nathalie, Heidi, Jeff, Suzanne, Serge, et trente autres…

Aidez-nous à convaincre Trudeau de retirer le C-21

ENVOYEZ UN MESSAGE à Justin Trudeau

Polysesouvient est un groupe de citoyens bénévoles, dont de nombreux témoins, survivants et familles des victimes du massacre du 6 décembre 1989, qui oeuvrent pour un meilleur contrôle des armes et dont les objectifs sont endossés par l’Association des Étudiants de Polytechnique, l’Association des étudiants aux cycles supérieurs de Polytechnique, le CA de l’Association des diplômés de Polytechnique, l’Ordre des ingénieurs du Québec, le Réseau des ingénieurs du Québec, l’École Polytechnique, l’École de technologie supérieure et plusieurs associations étudiantes de génie. A/S:  info@polysesouvient.ca ; téléphone : 514-816-7818 ; Twitter: @polysesouvient; site web: www.polysesouvient.ca 

Joe Biden réclame l’interdiction des fusils d’assaut

(Boulder) Le président Joe Biden a réclamé mardi l’interdiction des fusils d’assaut après une nouvelle tuerie qui a relancé le débat sur la prolifération des armes à feu aux États-Unis et dont l’auteur présumé, un jeune homme de 21 ans, a été inculpé.

Publié le 23 mars 2021 

LAURENT BANGUET, AGENCE FRANCE-PRESSE

Ce massacre lundi, qui a fait 10 morts dont un policier dans un supermarché de Boulder, dans le Colorado, est intervenu moins d’une semaine après qu’un homme a abattu huit personnes dans des salons de massage asiatiques d’Atlanta, en Géorgie. Une répétition qui a suscité des appels pressants envers l’administration démocrate et les élus à agir.

Identifié comme Ahmad Al Aliwi Alissa, le suspect a été blessé à la jambe et hospitalisé. Il se trouve dans un « état stable », a déclaré Maris Herold, la cheffe de la police de Boulder. « Il a été inculpé de dix meurtres », a-t-elle précisé.

Les motivations de cet homme, décrit comme « asocial » et « paranoïaque » par des proches qui pour certains ont évoqué des troubles psychiques, ne sont pas encore connues.  

Le jeune homme, issu d’une famille d’immigrants syriens et revendiquant sa religion musulmane, avait fait l’acquisition d’une arme semi-automatique Ruger AR-556 moins d’une semaine avant la fusillade.

Toutes les victimes ont été identifiées et étaient âgées de 20 à 65 ans. Parmi elles figure notamment un policier de 51 ans, Eric Talley, premier arrivé sur place pendant la fusillade. Des dizaines de personnes lui ont rendu hommage mardi en recouvrant de fleurs et de ballons sa voiture de patrouille, garée devant le poste de police de Boulder, pour honorer sa mémoire. Trois autres victimes étaient des employés du supermarché King Soopers.

Le président Biden a ordonné que les drapeaux soient mis en berne dans tous les bâtiments publics. « Je n’ai pas besoin d’attendre une minute de plus, encore moins une heure, pour prendre des mesures de bon sens qui sauveront des vies à l’avenir et pour exhorter mes collègues à la Chambre et au Sénat à agir », a-t-il dit. « Nous devons aussi bannir les fusils d’assaut », a-t-il ajouté.

« Bang, bang, bang »

Le suspect est accusé d’avoir abattu 10 personnes lundi après-midi dans ou autour du magasin King Soopers de Boulder.

Des images diffusées en direct ont montré un homme, seulement vêtu d’un short de sport et les mains menottées dans le dos, emmené par des policiers hors du magasin. Selon les enquêteurs, le suspect s’était dévêtu avant de se livrer aux policiers d’élite qui avaient pénétré dans le supermarché.

Des témoins avaient indiqué avoir d’abord entendu plusieurs coups de feu sur le stationnement du King Soopers, où Ahmad Al Aliwi Alissa aurait commencé par tuer un homme de plusieurs balles avant de poursuivre ses tirs à l’intérieur après l’arrivée de la police.  

Nevin Sloan, qui en a réchappé de peu avec sa femme Quinlan, a décrit la panique grandissante à mesure que les détonations se rapprochaient.

« Soudain, on a entendu plus de “bang, bang, bang, bang”. J’ai couru vers elle (sa femme) et je lui ai dit “Eh, il faut qu’on sorte d’ici” », a-t-il raconté à la chaîne CBS. Ils ont ensuite aidé d’autres clients à fuir par une sortie de secours, selon lui.

« Il faut agir »

Les fusillades de ce type, notamment dans les écoles, les centres commerciaux ou les lieux de culte, sont un mal récurrent des États-Unis que les gouvernements successifs ont été impuissants à endiguer.

« Nous devrions pouvoir faire nos courses sans crainte… Mais en Amérique, c’est impossible », a déploré mardi l’ancien président Barack Obama, appelant dans un communiqué à « surmonter l’opposition de politiciens lâches et la pression du lobby des armes à feu ».

« Il faut agir maintenant pour empêcher ce fléau de continuer à ravager notre population », a dit la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a de son côté dénoncé « une épidémie continue de violence par armes à feu qui vole des vies innocentes avec une alarmante régularité ».

Mais l’hypothèse d’un durcissement des lois sur les armes reste improbable compte tenu de l’opposition des républicains.

Le Colorado a déjà connu deux des pires tueries de l’histoire américaine. En 1999, deux adolescents avaient tué 12 camarades de classe et un enseignant dans leur lycée de Columbine. Et en 2012, un homme lourdement armé avait abattu 12 personnes dans un cinéma d’Aurora.

La ville de Boulder avait décrété une interdiction sur les « armes de type fusil d’assaut » et les chargeurs à grande capacité après une fusillade dans une école secondaire de Parkland (17 morts), en Floride en 2018. Mais selon le journal Denver Post, un juge a suspendu cette interdiction la semaine dernière, une décision saluée par la National Rifle Association (NRA), le premier lobby des armes.

Cette organisation a publié sur Twitter après la fusillade de Boulder une reproduction du deuxième amendement de la Constitution américaine protégeant le droit des citoyens à porter les armes.

LIEN

Au sujet du deuxième amendement sans cesse répété par les partisans de la NRA, je vous propose de lire l’article suivant que j’ai écrit à ce sujet :

L’ÉPINEUSE QUESTION DU CONTRÔLE DES ARMES À FEU AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE.

Extrait :

Contempler le crucifié.

Père Serge St-Arneault, M.Afr

La croix est le symbole représentatif des chrétiens comme l’est aujourd’hui le croissant pour les musulmans ou l’étoile de David pour les juifs.

Les premières communautés chrétiennes utilisaient les symboles du poisson et des pains en souvenir de la multiplication de ces aliments par Jésus, représentant du même coup le rassemblement eucharistique ainsi que la présence du Christ ressuscité.

Signifiant l’abondance promise aux chrétiens, le symbole du poisson était accompagné des lettres « ICHTUS » (ἰχθύς) qui peuvent se traduire par « Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur. » Or, la croix, qui désormais représente la foi chrétienne, commémore l’atroce mort de l’homme Jésus.

Depuis quand la croix est-elle le symbole des chrétiens?

D’un point de vue historique, selon la tradition chrétienne, c’est sainte Hélène, la mère de l’empereur Constantin 1er, qui aurait découvert la croix de Jésus ainsi que celles des deux larrons, lors d’un pèlerinage en Palestine entrepris en 326.

L’Empereur Constantin a par la suite érigé une basilique sur l’emplacement du Golgotha. L’Empire romain triomphant imposait depuis longtemps déjà le sigle SPQR (Senatus populusque romanus) qui signifie « le Sénat et le peuple romain ». Il fut l’emblème de la République romaine, puis de la tradition de l’Empire romain. Ces quatre lettres représentaient le pouvoir politique romain.

Constantin a-t-il senti le besoin de modifier le signe SPQR par celui de la croix ? Peut-être pas! Cependant, choisir entre le symbole de la croix et celui des poissons, le plus saisissant ou impressionnant est sans conteste celui de la croix. La force dramatique de la mort sanglante de Jésus correspondait mieux à la culture romaine basée sur la coercition que quelques poissons et bouts de pain suggérant le partage. Or, les Romains étaient des conquérants peu soucieux de partager leurs richesses. Le christianisme, en tant que nouvelle religion d’État, n’a pas changé les vieilles habitudes impériales. Tout cela n’est qu’une hypothèse, la mienne!

Ce qui est plus certain, c’est que depuis le VIe siècle, c’est-à-dire après la chute de l’Empire romain, la croix est régulièrement associée aux représentations du Christ. Celle-ci a été implantée un peu partout et a incorporé au long des siècles une autre signification; celui de la prise de possession de territoires au nom d’un roi chrétien ou peut-être même de la papauté. À titre d’exemple, Jacques Cartier a planté une croix à Gaspé et sur le sommet du mont Royal à Montréal. D’après les recherches historiques récentes, il semble bien que les autochtones qui ont accueilli Jacques Cartier aient compris la portée symbolique de cette croix et s’y soient opposés, en vain.

D’un autre côté, la croix de Jésus a fait naitre un vaste éventail de richesse spirituelle. La vie sur terre a été et demeure un chemin de croix pour la vaste majorité de l’humanité, et pour nous aussi. La croix de Jésus est souvent une source de réconfort spirituel lorsque nous traversons les moments difficiles. Puisque l’homme Jésus a porté sa croix, puisqu’il s’est relevé trois fois et qu’il a atteint le sommet du Golgotha, ce même Jésus nous enseigne que la souffrance n’est pas une malédiction, mais une réalité intrinsèque à notre condition mortelle. Ce que Jésus nous enseigne est qu’au-delà de la croix, la sienne et la nôtre, il y a une rédemption.

L’enseignement fondamental de la croix de Jésus est le pardon total à ses bourreaux. La croix est le symbole par excellence du pardon radical et de la proclamation de l’amour divin. Notre ambition, comme chrétiens, est d’être crucifiés avec Jésus (Gal 2,19).

Contempler la croix.

La contemplation de la croix est donc un moyen de nous rappeler que le chemin du parfait amour est le don de soi qui peut, dans certains cas, être douloureux. Une libération profonde et sincère de nos cœurs meurtris n’est possible que par le pardon. Nous ne parvenons pas à atteindre cette profondeur libératrice par nos propres forces. Cela n’est possible que par l’exemple courageux et la force du pouvoir d’absolution de l’homme Jésus sur la croix. Jésus a remis sa vie entre les mains de Dieu, son père.

« Maintenant mon âme est bouleversée, de dire Jésus. Que vais-je dire? « Père, sauve-moi de cette heure »? – Mais non! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci! Père glorifie ton nom! »

Quelques présentations du Christ en croix.

Les représentations de Jésus sur la croix sont innombrables. La croix a inspiré les artistes selon leur époque et leur contexte culturel. Voici quelques exemples du Malawi.

Des familles de Polytechnique menacent de déclarer Trudeau « persona non grata »

Des survivantes, des familles et des témoins touchés par le drame de Polytechnique ont l’impression d’avoir été utilisés par le gouvernement libéral.

Louis Blouin, Radio-Canada

Le premier ministre du Canada est accusé « d’abandonner » et de « trahir » les victimes de violence par armes à feu et leurs proches. Dans une lettre cinglante adressée à Justin Trudeau, des survivantes et des proches de femmes tuées lors du drame de Polytechnique lui demandent de revoir de fond en comble son projet de loi C-21 sur le contrôle des armes.

Le ton de la longue missive, dont Radio-Canada a obtenu copie, est très dur.

Nous tenons, par la présente, à vous exprimer notre colère à l’endroit du lamentable projet de loi C-21, peut-on lire d’entrée de jeu dans la lettre envoyée à Justin Trudeau. L’absence d’un programme de rachat obligatoire pour les armes d’assaut interdites au printemps 2020 est au cœur des critiques.

Les signataires accusent le gouvernement libéral d’hypocrisie. Bien que vous et votre gouvernement puissiez sans doute duper une importante partie de la population avec du verbiage politique et des slogans accrocheurs, vous ne pouvez pas duper les familles et les survivants qui se battent depuis plus de 30 ans pour le contrôle des armes, peut-on lire dans la lettre.

Elle contient aussi une mise en garde claire : si Justin Trudeau ne modifie pas substantiellement sa proposition législative sur le contrôle des armes, il ne sera plus le bienvenu aux commémorations du drame de Polytechnique du 6 décembre 1989.

Une trentaine de personnes ont signé la lettre, dont une quinzaine de proches de victimes du drame de Polytechnique, ainsi que des survivantes et des témoins.

Le gouvernement Trudeau maintient que son approche est la bonne en matière de contrôle des armes à feu.

Si Justin Trudeau a participé aux commémorations du 6 décembre ces dernières années à Montréal, l’accueil pourrait être bien différent la prochaine fois. Jean-François Larivée, qui a perdu son épouse Maryse Laganière le 6 décembre 1989, ne mâche pas ses mots envers le premier ministre.

Nathalie Provost, une survivante de la tuerie, en rajoute : Pour moi, il n’est plus le bienvenu là. Je n’irai plus le saluer. Je n’accepterai plus ses bons mots de condoléances ou de sympathie […]. Pour moi, ça devient de l’hypocrisie de le répéter fois après fois et de ne pas faire les gestes qui sont efficaces.

Je dois vous avouer qu’on se sent utilisés, affirme Nathalie Provost.

Un sentiment que partage Jean-François Larivée. Ils se sont servis de ce qu’on disait, de ce qu’on faisait, pour avoir plus de votes et, finalement, ils nous trahissent parce que le projet de loi qui est déposé, là, ce n’est absolument rien. C’est de la poudre aux yeux, c’est un écran de fumée, affirme-t-il.

Un projet de loi critiqué

Le groupe PolySeSouvient aimerait que l’interdiction des armes d’assaut annoncée au printemps dernier soit accompagnée d’un programme de rachat obligatoire, plutôt que facultatif. Selon ce qui est prévu dans le projet de loi C-21, les propriétaires des armes proscrites ne seraient pas forcés de les rendre aux autorités en échange d’une compensation et pourraient les conserver, sans les utiliser, à condition de les entreposer de manière sécuritaire.

Les signataires déplorent que, selon le plan libéral, ces armes demeurent en circulation; ils craignent qu’un éventuel gouvernement conservateur puisse annuler cette interdiction.

Demain, dans une semaine, dans un an, les tueurs de Polytechnique, de Dawson ou de la mosquée, tous détenteurs de permis de possession et propriétaires d’armes d’assaut acquises légalement, pourraient commettre les mêmes massacres avec les mêmes armes et les mêmes chargeurs à grande capacité, est-il écrit dans la lettre. Non, nous ne serons pas plus en sécurité grâce à votre projet de loi.

Ottawa garde le cap

Dans une déclaration écrite, le bureau du premier ministre a remercié les signataires de la lettre et s’est engagé à leur répondre directement. Nous allons continuer d’écouter et de travailler avec les provinces, les municipalités, et les parties prenantes qui veulent resserrer le contrôle des armes à feu, a-t-on ajouté.

Le projet de loi, comme tel, nous sommes persuadés que c’est la bonne approche à prendre, affirme de son côté Joël Lightbound, secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique. Il rappelle que les groupes intéressés pourront s’exprimer en comité parlementaire et assure que le gouvernement sera à l’écoute.

M. Lightbound réitère que des programmes de rachat obligatoire des armes d’assaut ont eu des résultats mitigés dans d’autres pays, comme la Nouvelle-Zélande. Le tiers des armes leur a été rendu, les deux tiers sont toujours en circulation, souligne-t-il.

Au Canada, les propriétaires qui veulent conserver les armes interdites devront les enregistrer et ne pourront pas les utiliser, ajoute-t-il. Je comprends la douleur des familles des victimes qui veulent qu’on en fasse toujours plus, explique-t-il.

PolySeSouvient aimerait aussi voir une interdiction des armes de poing à l’échelle nationale, alors que le gouvernement Trudeau veut laisser le soin aux villes, individuellement, de les interdire sur leur territoire. Ce fardeau n’incombe pas aux villes, selon les signataires. Assumez vos propres responsabilités, monsieur le premier ministre! lancent-ils.

À Ottawa, les troupes bloquistes ont déjà laissé entendre qu’elles avaient l’intention de proposer des changements au projet de loi C-21 en comité parlementaire pour que le programme de rachat des armes d’assaut de type militaire soit obligatoire. Selon la députée Kristina Michaud, le gouvernement Trudeau doit faire preuve de courage une fois pour toutesS’il est pour un resserrement du contrôle des armes d’assaut, il doit rendre le programme de rachat obligatoire, comme nous le lui demandons, a-t-elle ajouté.

Le Nouveau Parti démocratique, de son côté, déplore que le projet de loi C-21 manque cruellement de mordant, en matière de lutte contre le trafic d’armes, notamment. Toutefois, il ne fait pas du programme de rachat obligatoire une condition sine qua non pour l’appuyer.

À la mi-février, le Parti conservateur avait réitéré son opposition à un régime d’interdiction des armes d’assaut et à un programme de rachat pour les propriétaires. Le fait de retirer leurs armes aux citoyens respectueux des lois ne fait rien pour arrêter les dangereux criminels et les gangs qui obtiennent leurs armes illégalement, avait alors déclaré le lieutenant politique d’Erin O’Toole au Québec, le député Richard Martel.

Pour Nathalie Provost, c’est la bataille de la dernière chance pour obtenir une loi plus musclée en matière de contrôle des armes. Si ce projet de loi est adopté [dans sa forme actuelle], pour nous, c’est comme un combat perdu complètement. C’est 30 ans de militantisme perdus. Trente ans d’engagement, trente ans de convictions, perdus, dit-elle.

On allait avoir un château en pierre, puis on a fini avec un château de cartes qu’un simple souffle des conservateurs va pouvoir détruire, s’inquiète Jean-François Larivée.

L’épreuve de la Covid-19

Par Serge St-Arneault, M.Afr

« Parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de la Passion, Jésus est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve. » Hébreux 2, 18

Au moment d’écrire ces quelques lignes, le couvre-feu a été imposé sur tout le territoire du Québec. Cela ne s’était jamais vu. La raison est bien connue : réduire la propagation du virus de la Covid-19. La capacité des hôpitaux pour accueillir les malades a atteint sa limite et le vaccin n’a pas encore été largement administré. Bref, nous vivons des temps difficiles. Le monde entier vit des heures dramatiques.

« Nous étions si bien avant la pandémie. Pourquoi cela nous arrive-t-il? » Tel est le cri du cœur de beaucoup de personnes. Ce ne sont pas seulement les aînés qui déplorent l’isolement et les restrictions, le port du masque et les mesures de distanciation. La santé mentale des plus jeunes est aussi affectée. C’est difficile pour tout le monde.

« Pourquoi cela nous arrive-t-il? » À vrai dire, le plus troublant est de ne pas savoir d’où provient ce virus et comment il se propage. Chose certaine, nos habitudes de vie, notre joie de vivre, nos accolades ont cédé leur place à la morosité, la peur ou la colère.

Dans ces circonstances, oserons-nous transformer cet immense défi en opportunité? En effet, nous avons, pour ainsi dire, la chance de remettre en question nos choix personnels et de sociétés. La pandémie nous oblige à revisiter nos valeurs et nos priorités sous le regard de Dieu. Il est temps d’amorcer une nouvelle conversion, du moins, nous sommes invités à le faire. Si le Verbe de Dieu s’est fait chair, selon notre foi, cela est encore plus vrai en ce moment de notre existence. Nous ne sommes pas laissés à nous-mêmes pour surmonter l’épreuve qui nous accable.

Puisqu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de la Passion, Jésus est capable de nous porter secours dans l’épreuve que nous subissons. Il n’y a pas de réponse adéquate à celle du pourquoi. L’essentiel est de nous interroger sur notre réaction face à la réalité. Jésus, ne l’oublions pas, a subi la Passion. Le fait qu’il a porté JUSQU’AU BOUT cette épreuve nous certifie que Jésus, en partageant notre condition humaine, a réduit la mort à l’impuissance.

Munissons-nous de patience et de confiance pour surmonter ensemble, JUSQU’AU BOUT, la pandémie actuelle. C’est là notre manière de faire Église au moment même où les églises sont fermées. Notre partage eucharistique, à défaut d’être le pain consacré, est celui de la communion fraternelle, somme toute distancée, mais profondément spirituelle. Le corps du Christ est ce peuple de Dieu en marche que nous formons même en période de confinement.

Dans le numéro d’aujourd’hui de la Lettre aux Amis, le frère René nous donne l’exemple d’un homme qui va JUSQU’AU BOUT de sa mission. Le père Boivin nous invite à un pèlerinage intérieur selon les saisons. Nous sollicitons aussi votre aide pour un projet de construction d’une ferme moderne aqua-agro-pastorale au Togo. Vous verrez aussi l’importance du chant sacré dans l’évangélisation des Sénoufos en Côte d’Ivoire.

Bill C-21; « An elephant giving birth to a mouse. »

By Serge St-Arneault

On the last day of classes of the fall school semester, my sister Annie was assassinated in a classroom with a legal military-style assault weapon at the Montréal Polytechnique engineering university.

Since that day, my family and many others have been working to remove assault weapons from our communities and our streets. This has never been achieved, not even during the decade-long period when the long-gun registry was in effect (which was later abolished by Stephen Harper’s Conservative government).

Since then, many innocent people have been injured or killed by assault weapons, most of them legally acquired and owned under Canadian law, including the one used in the Dawson College school shooting.

In any sane world, these weapons would be limited to the military.

Of course, we are not close to experiencing the gun carnage that is ravaging communities across the United States. Nearly 40,000 Americans are killed by guns every year. That’s one murder every fifteen minutes. Unfortunately for Canadians, we have our own home-grown “NRA” and are increasingly mimicking the US culture that values guns over lives.

Both shootings of a 15-year-old girl in Montreal on February 7th and of a 14-year-old girl in Toronto on February 12th testify to that.

In 2019 fall election, the Liberal Party of Canada finally committed to banning military-style assault weapons. They also promised to buy-back “all” existing ones. The families cheered and told Canadians the Liberals had the strongest position of all political parties. They got elected on those commitments.

Six months later, on May 1st, Prime Minister Trudeau unveiled a series of Orders in Council that made it illegal “to buy, sell, transport, import or use military-grade assault weapons in this country”. This was to be followed by an “evergreen law” to complete the ban and make it permanent.

We thought we had won. Canada was heading in the right direction, reflecting the polls that invariably show 80% of Canadians support banning these weapons. One mid-May Environics Research poll showed that even despite the pandemic, a clear majority still want the Liberals to move forward with the mandatory buyback — as was done in New Zealand and Australia following their own mass shootings.

« An elephant giving birth to a mouse. » This pretty much sums up what happened on the morning of February 16th.

Bill C-21 was going to pave the way for a bold long-awaited reform that would lead to a complete and permanent removal from the Canadian landscape of the weapons of choice for mass murders.

Sadly, all the pomp and circumstance, assorted with dramatic talking points, were nothing but hollow theatrics and a missed opportunity to finally end the protracted and painful national gun control debate.

While Chrystia Freeland tweeted that with Bill C-21, “the government introduced legislation that will fulfill our commitment to take the most dangerous guns off our streets and out of our communities”, the Liberals decided to back out of their promise and instead rely on the goodwill of gun owners to surrender their assault weapons or to keep them and never, ever shoot them again, as that would no longer be “allowed”.

The same weapons that Trudeau described as being « designed for one purpose and one purpose only: to kill the largest number of people in the shortest amount of time”, adding, “There is no use and no place for such weapons in Canada.”

Of all people, Mr. Trudeau should know that as long as these weapons remain in circulation, they represent an unacceptable safety risk. Indeed, Corey Hurren, the 46-year-old Manitoba Reservist, licensed gun owner and avowed QAnon follower had in possession at least one of these newly prohibited weapons — part of the arsenal he had with him as he rammed his truck through the gates of Rideau Hall last July. His plan was to “arrest” the Prime Minister because of COVID-19 restrictions and … the recent prohibition of assault weapons. This man left behind a letter in which he wrote that “he hopes his children would understand his actions”.

With Bill C-21, tens of thousands of semi-automatic assault-style weapons will remain in private hands. Similar tragedies can and will happen again.

If owners choose to keep their weapons, it won’t be because they will have accepted that from now on these will forever be useless “souvenirs” from the good old days. No. They will keep them because they know full well that, armed with a little patience, the day will come when an O’Toole-led Conservative government will repeal the ban, as he has already pledged he would do.

And when that happens, we will be back at square one.

Except, we have no more energy to fight. We cannot continue to engage in this never-ending battle.

If passed, Bill C-21 will bring about the end of our three-decade-long battle for gun control that began on December 6, 1989.

And from then on, at every anniversary, during every commemorative ceremony, gun victims and their families — past, present and future — will remember the Trudeau government’s ominous capitulation to the gun lobby.