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La Cour suprême des États-Unis va se prononcer sur le port des armes à feu

(Washington) La Cour suprême des États-Unis a accepté lundi un recours du puissant lobby des armes NRA et sa décision pourrait peser sur la capacité des autorités à réguler le port des armes à feu hors du domicile.

AGENCE FRANCE-PRESSE, publié le 26 avril 2021

La haute juridiction, qui compte six magistrats conservateurs sur neuf, se penchera à l’automne sur une loi new-yorkaise contestée par la branche locale de la National Rifle Association et deux propriétaires d’armes.

En vertu de cette loi centenaire, l’État de New York a accordé des permis de port d’armes à ces deux hommes, mais uniquement pour se rendre à des stands de tir ou à la chasse, et non à des fins d’autodéfense. Après avoir perdu devant des tribunaux fédéraux, ils avaient fait appel auprès de la Cour suprême.

Celle-ci a annoncé lundi qu’elle acceptait leur recours, mais répondrait uniquement à une question : « Est-ce que le refus de l’État d’accorder aux plaignants des permis de porter des armes dissimulées à des fins d’autodéfense viole le deuxième amendement » de la Constitution ?

Cet amendement, qui fait l’objet d’interprétations divergentes, énonce qu’« une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé ».

Pour les partisans des armes à feu, il garantit un droit au port d’armes pour chaque citoyen. D’autres considèrent toutefois que les auteurs de la Constitution ont seulement voulu protéger le droit de détenir et utiliser des armes dans le cadre d’une force de maintien de l’ordre, comme l’armée ou la police.

Dans un arrêt emblématique pris en 2008, la Cour suprême avait affirmé que le deuxième amendement protégeait le droit à détenir une arme chez soi. Mais elle avait laissé aux villes et aux États le soin de réguler le transport en dehors du domicile, ce qui explique l’existence de grandes disparités dans le pays.

Malgré de nombreuses sollicitations, elle est depuis restée à l’écart de ce sujet très délicat. Mais la Cour a été profondément remaniée par Donald Trump qui, au cours de son mandat à la Maison-Blanche, a nommé trois de ses juges, choisis pour leurs opinions conservatrices censées être favorables aux détenteurs d’armes.

Cette nouvelle donne fait craindre aux partisans d’un meilleur encadrement des armes une lecture extensive du deuxième amendement de la Constitution, qui ferait tomber les restrictions adoptées localement.

L’arrêt de la haute Cour pourrait également contrarier les projets du président démocrate Joe Biden qui, après une série de fusillades meurtrières, a redit vouloir durcir la législation sur les armes aux États-Unis.

Plus de 43 000 personnes ont été tuées par des armes à feu en 2020, en incluant les suicides, selon le site Gun Violence Archive.

Autre lien :

La culture de l’arme à feu dénoncée

Publié le 23 juillet 2012 à 09h36

Photo: La Presse

Gabriel Delisle, Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les nouvelles vont vite en 2012. Particulièrement de tragédies qui se propagent à la vitesse de l’éclair sur Internet et les réseaux sociaux. Serge St-Arneault, le frère d’Annie St-Arneault, une des victimes de la tragédie de la Polytechnique, a été très touché par cet autre drame lorsqu’il a appris de l’Afrique qu’un autre tireur fou avait sévi. Aujourd’hui prêtre missionnaire d’Afrique, il dénonce de la Zambie, d’où il œuvre depuis plusieurs années, la culture et le culte de l’arme à feu encore et toujours très présent aux États-Unis.

Serge St-Arneault avait déjà exprimé des réflexions au sujet du droit constitutionnel américain de posséder une arme à feu dans son livre Rivière de diamants.

Après ce qui vient de se passer au Colorado, il dénonce encore une fois le droit fondamental de porter une arme qui est, selon lui, basé sur des considérations historiques qui ne tiennent plus en 2012, plus de 200 ans après la ratification de la constitution américaine.

« Je conteste l’interprétation courante que ce droit soit inscrit comme un droit absolu, injustement interprété par la Nationale Rifle Association (NRA) américaine. Ce droit n’était valable qu’au moment de la création de milices pour assurer la sécurité d’État au moment de la guerre d’indépendance américaine », exprime-t-il deux jours après la fusillade d’Aurora.

« Or, cette urgence historique n’est plus une réalité puisque les États-Unis possèdent la plus forte armée au monde. Il s’agit d’une déformation abusive de l’histoire pour le compte d’un groupe, la NRA, qui impose son idéologie de terreur. La logique est simple: plus il y a d’armes à feu légalement accessible sur le marché, plus il y a de victimes innocentes», estime le prêtre missionnaire qui précise que «toutes les armes à feu utilisées par le «fou» au cinéma du Colorado étaient des armes achetées légalement ».

Serge St-Arneault a longtemps réfléchi sur les évènements de 1989 qui ont coûté la vie à sa sœur Annie ainsi qu’à ses treize compagnes de l’école Polytechnique.

Il a cherché longtemps à comprendre les motivations profondes du geste de Marc Lépine. Le prêtre estime que le tueur d’Aurora vivait lui aussi dans un délire.

« Le fou du cinéma du Colorado vivait dans un délire associé au pouvoir héroïque de Batman. Il a cherché à détruire une image qui l’effrayait, celle de sa propre haine contre ceux et celles qui ne le comprenaient pas. À son insu, il a défiguré le visage de l’humanité où chaque personne est une histoire sacrée. »

Tuerie dans un cinéma au Colorado