Bénédiction des chiens à l’église St-Roch de Québec

Quartier St-Roch, Québec, 16 août 2026

C’est aujourd’hui la fête patronale de l’église St-Roch et, sur le parvis de l’église, le jour de la bénédiction des chiens et autres animaux domestiques.

La tradition catholique met l’accent sur l’importance des animaux en tant que membres de la famille et symbolise le respect de la création divine. À l’occasion de la fête de saint François d’Assise, on célèbre son amour pour la nature et pour toutes les créatures vivantes, perçues comme des sœurs et des frères. Pendant le mois de janvier, certaines régions organisent une bénédiction spéciale pour assurer la protection des animaux de compagnie et de travail lors de la célébration de saint Antoine.

De même, Saint-Roch, réputé pour son rôle de protecteur des chiens et des animaux domestiques, est une figure religieuse vénérée.

Origine de St-Roch

Roch est né à Montpellier, entre 1348 et 1350, pendant la guerre de Cent Ans et la grande période de la peste noire, qui a duré deux ans et décimé un tiers de la population européenne. C’est une période marquée par des famines dévastatrices et des atrocités commises par des mercenaires sans scrupules.

Son père, Jean Roch de La Croix, qui était un dignitaire de la ville de Montpellier, en fut le premier consul en 1363. Sa génitrice, dame Liberia, était originaire de Lombardie. Son père désirait ardemment un fils et pria la Vierge Marie pour qu’elle lui accorde ce souhait. Effectivement, il eut un fils, et le signe d’une croix rouge apparut sur sa poitrine au moment de sa naissance.

Orphelin à 17 ans, il était riche et instruit. Il aurait pu participer à la gouvernance de la ville, mais il choisit plutôt de confier cette responsabilité à son oncle et il préféra distribuer tous ses biens aux pauvres.

Il entreprit alors un pèlerinage vers Rome. C’est pourquoi on le voit toujours représenté en pénitent, vêtu de sa cape et portant son bâton de pèlerin.

Pendant son voyage, il rencontra des malades atteints de la peste et décida de les soigner. Il mit en pratique l’enseignement médical qu’il avait reçu, en l’associant à des signes de croix et à des invocations sur les malades, et obtint rapidement de nombreuses guérisons.

Atteint lui-même par la peste, Roch s’est laborieusement dirigé vers une clairière à la périphérie de la ville fortifiée de Sarmato, résolu à y mourir. C’est là qu’une source d’eau s’est soudainement manifestée. Un chien s’est alors mis à lui apporter chaque jour un pain, probablement envoyé par son propriétaire, peut-être le noble Gothard Pallastrelli, qui deviendra plus tard son disciple.

Roch recouvra la santé et revint immédiatement à Plaisance, près des pestiférés, démontrant un courage et une humanité extraordinaires à leur égard.

La mort de Roch survint le 16 août 1379, à l’âge d’environ 30 ans. Il aurait péri à Voghera, en Lombardie, plutôt qu’à Montpellier. La thèse la plus probable est qu’il était en route vers sa patrie quand il aurait été arrêté injustement et soupçonné d’être un espion du pape Urbain V par le duc de Milan à Anghiera en guerre contre son propre frère, Galeazzo II. Il serait mort cinq ans plus tard en prison à Voghera.

Au 17e siècle, à la toute première heure de la colonisation de la Nouvelle-France, quand les Récollets s’installèrent en basse-ville de Québec et y érigèrent un premier ermitage, ils le consacrèrent à la protection de saint Roch, qui était invoqué en raison d’une épidémie de grippe qui sévissait alors.

Nous nous inscrivons donc dans une tradition européenne qui remonte à plusieurs siècles.

Mot d’accueil sur le parvis de l’église Saint-Roch

Mot d’accueil par Martin Lortie, ocso

Dieu a modelé l’univers et rempli le ciel, la terre et les abysses des mers d’une multitude d’espèces vivantes. Ces êtres vivants sont étroitement liés à notre propre existence. C’est pourquoi nous implorons sa grâce et sa protection sur elles.

Dans votre infinie bonté, Seigneur, répandez vos bienfaits sur toute forme de vie. Vous l’avez démontré dans la Bible en épargnant les animaux du déluge, tout comme vous avez sauvé Noé et sa famille.

Vous avez commandé aux Hébreux de sacrifier un agneau pascal pour célébrer leur libération.

Votre pouvoir a été démontré lorsque Jonas a été miraculeusement sauvé de l’abîme par un énorme poisson, et que vous avez nourri Élie grâce à l’aide d’un corbeau.

Vous avez permis aux bêtes de contribuer à la rédemption du Christ, en harmonie avec toute la création.

Invocation

Avec l’intercession de Saint-Roch, invoquons maintenant la bénédiction divine sur nos compagnons à quatre pattes.

Accordons-nous un moment pour célébrer le Créateur de l’univers tout entier et pour témoigner notre reconnaissance pour nous avoir élevés au-dessus de toutes les autres créatures. Cette dignité, qu’il nous incombe de préserver et de cultiver, est un don précieux.

Chers frères et chères sœurs, en choyant vos petits compagnons à quatre pattes, vous participez à préserver ce merveilleux cadeau de Dieu qu’est notre monde.

Aujourd’hui, devant notre église Saint-Roch, nous accomplissons une tâche simple et belle : nous présentons nos amis à quatre pattes à Dieu pour qu’il les bénisse.

Le récit de la création dans le livre de la Genèse nous enseigne que, dès l’origine, Dieu a souhaité que la vie soit abondante : « Dieu dit : Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèceEt Dieu vit que cela était bon. »

Les animaux font partie du projet de Dieu. Ils ne sont pas seulement utiles ; ils sont aussi des compagnons, des signes d’affection, de fidélité et de joie.

Lorsque nous pensons à saint Roch, patron de notre paroisse, nous réalisons qu’il a vécu des épreuves difficiles, comme la maladie et la solitude. Cependant, c’est précisément dans ces moments difficiles que Dieu s’est révélé à lui grâce à l’intermédiaire d’un chien. Ce compagnon fidèle, guidé par son instinct et son affection, est devenu un messager de la divine providence, apportant à Roch nourriture, réconfort et guérison.

Ainsi, lorsque nous récitons une bénédiction sur nos chiens aujourd’hui, nous exprimons notre gratitude pour :

  • Le don de la création, que Dieu nous a confié;
  • La fidélité de nos compagnons, qui nous consolent dans les moments difficiles ;
  • Et la tendresse de Dieu, qui se dit à travers le lien entre l’humain et l’animal.

Chers amis, en priant pour ces chiens, nous ne faisons pas un geste anodin ou mystique. Nous rappelons que toute vie vient de Dieu et retourne à Dieu. De plus, nous sommes convaincus que l’amour, la loyauté et la gaieté que ces émotions procurent dans nos familles reflètent déjà l’amour divin pour nous.

Par l’intercession de Saint-Roch, demandons à être nous aussi des témoins de fidélité et de bonté, comme nos chiens le sont chaque jour, simplement et gratuitement.

Et que Dieu, source de toute vie, bénisse ces animaux de compagnie et nous garde tous dans son amour.

C’est dans cette optique que nous sommes réunis pour invoquer les faveurs divines sur vos chers compagnons à quatre pattes et sur les liens d’affection et de respect qui vous unissent.

Prière finale de bénédiction

Dieu créateur et ami de la vie, dès l’origine du monde, tu as confié aux hommes et aux femmes la beauté de la terre et la richesse de toutes les créatures vivantes. Dans ta bonté, tu as voulu que les animaux soient pour nous une aide, un réconfort et une joie.

Nous te rendons grâce aujourd’hui pour ces chiens et pour tous nos animaux de compagnie. Ils sont de fidèles compagnons qui nous apprennent la tendresse, la patience et la fidélité.

Par l’intercession de Saint-Roch, qui connut la consolation d’un chien dans sa solitude et sa maladie, nous te demandons de bénir ces animaux, et de bénir aussi ceux et celles qui en prennent soin.

Fais que nous respections toujours la vie, dans toutes ses formes, et qu’à travers la beauté de la création, nous sachions reconnaître ton amour infini.

Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

R/. Amen.

LIENS :

Marc Giguère Photographie

Roch de Montpellier

Saint Roch, protégez-nous des épidémies!

Saint-Roch, « protecteur et guérisseur des maladies contagieuses en raison de son charisme auprès des exclus de son temps : les pestiférés » (Source : Henri Bourbon, Saint Roch : son histoire mêlée à sa légende, son culte, ses représentations.)

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