Communiqué de presse, samedi 19 septembre 2015 – Bibliothèque Annie-St-Arneault

C’est en présence de plusieurs membres de la famille, dont ses parents, ses deux frères et sa sœur, d’amis et de nombreux citoyens réunis pour l’occasion, que les dirigeants de Ville de La Tuque ont procédé aujourd’hui à une cérémonie spéciale pour rebaptiser l’édifice de la bibliothèque à la mémoire d’Annie St-Arneault. Cette Latuquoise qui aimait l’art, la poésie, ainsi que tout ce qui entoure le savoir et la connaissance, est l’une des 14 victimes de la tragédie du 6 décembre 1989 à l’École Polytechnique de Montréal. Par ce geste, le conseil municipal de La Tuque désire lui rendre hommage et s’assurer que son histoire traversera le temps.

« Nous avons travaillé ce projet en étroite collaboration avec la famille, parce que c’était important pour nous de poser un geste significatif qui aurait leur approbation. Il y avait plusieurs options possibles pour lui rendre hommage, mais il nous est vite apparu que la bibliothèque était le lieu le plus approprié pour le faire, étant donné qu’elle aimait la poésie et qu’elle avait une grande soif d’apprendre. Le conseil municipal est très fier, car nous vivons aujourd’hui un beau moment dans l’histoire latuquoise, même si ce geste est relié à une tragédie. Comme sa poésie, son nom sur cet édifice de La Tuque pourra traverser le temps, afin de perpétuer sa mémoire et rappeler à tous que la violence envers les femmes n’a pas lieu d’être dans le monde. Nous remercions les membres de sa famille qui ont généreusement accepté que cet hommage lui soit rendu », a souligné le maire de La Tuque, M. Normand Beaudoin dans le cadre de cette cérémonie.

Le nouvel affichage de l’édifice a été dévoilé à l’extérieur de la bibliothèque. Sur l’affiche, le mot municipale a laissé sa place à Annie-St-Arneault. Il y a aussi maintenant un espace à l’intérieur de la bibliothèque dédié à la mémoire de cette étudiante en génie mécanique décédée à 23 ans en assistant à son dernier cours avant l’obtention de son diplôme. En 2011, son frère, le Père Serge St-Arneault missionnaire en Afrique, a publié un recueil de poèmes qu’elle avait rédigé à l’âge de 11 ans et à l’âge de 23 ans. Ce recueil fait partie des objets exposés à sa mémoire à la Bibliothèque Annie-St-Arneault de La Tuque. Le logo, ainsi que le signet de la bibliothèque ont aussi été modifiés. Les gens présents à la cérémonie ont reçu le nouveau signet en guise de souvenir de cette journée très spéciale.

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Source : Hélène Langlais, directrice des communications, Ville de La Tuque.

La bibliothèque Annie-St-Arneault est inaugurée

Michel Scarpino, Publié le 19 septembre 2015

HOMMAGE. Il y avait beaucoup d’émotion dans l’air, lors de l’inauguration de la bibliothèque municipale qui portera désormais le nom d’Annie-St-Arneault.

Parents, amis, plus d’une centaine de personnes ont été témoins du dévoilement de la nouvelle enseigne, qui témoigne que La Tuque se souviendra de cette Latuquoise décédée à 23 ans, lors de la tuerie de la polytechnique, en décembre 1989.

Ville de La Tuque souhaitait vraiment associer le nom d’Annie St-Arneault à un établissement de culture.

Le père Serge St-Arneault, missionnaire en Afrique, a ainsi résumé la pensée de sa mère Laurette en 2009. «Elle était belle, vaillante, déterminée, avec une soif d’apprendre en semant autour d’elle la joie et l’amour. Étudiante en sciences, elle mettait beaucoup d’efforts pour comprendre les formules mathématiques au lieu de simplement les apprendre par cœur. La bibliothèque municipale, rebaptisée à son nom, est donc un choix judicieux, puisqu’elle est un lieu de savoir, comme le soulignait M. Luc Martel». Dès l’adolescence, Annie St-Arneault a écrit de la poésie. Un recueil de ses poèmes a d’ailleurs été publié en 2011.

La sœur d’Annie St-Arneault, Lucie, trouve «doublement touchant», le fait que ce soit le premier bâtiment municipal à porter le nom d’une personne. «Ça place un baume sur la tragédie de la perte de ma sœur et c’est très apprécié de la part de Ville de La Tuque», a-t-elle indiqué.

« Nous avons travaillé ce projet en étroite collaboration avec la famille, parce que c’était important pour nous de poser un geste significatif qui aurait leur approbation. Il y avait plusieurs options possibles pour lui rendre hommage, mais il nous est vite apparu que la bibliothèque était le lieu le plus approprié pour le faire, étant donné qu’elle aimait la poésie et qu’elle avait une grande soif d’apprendre. Le conseil municipal est très fier, car nous vivons aujourd’hui un beau moment dans l’histoire latuquoise, même si ce geste est relié à une tragédie. Comme sa poésie, son nom sur cet édifice de La Tuque pourra traverser le temps, afin de perpétuer sa mémoire et rappeler à tous que la violence envers les femmes n’a pas lieu d’être dans le monde. Nous remercions les membres de sa famille qui ont généreusement accepté que cet hommage lui soit rendu », a pour sa part indiqué le maire Normand Beaudoin.

Un signet a d’ailleurs été produit pour l’occasion et le logo de la bibliothèque a été modifié.

«Nous sommes et resterons toujours fiers d’être latuquois», a lancé Serge St-Arneault.

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«Annie St-Arneault restera gravée dans l’histoire»

Publié le 19 septembre 2015 à 15h21 | Mis à jour le 21 septembre 2015 à 08h31

«Annie St-Arneault restera gravée dans l’histoire»

(La Tuque) La Latuquoise Annie St-Arneault, l’une des 14 victimes de la tragédie à l’École Polytechnique de Montréal, restera gravée dans la mémoire collective des citoyens du Haut Saint-Maurice. Entourés des membres de sa famille et d’amis, les dirigeants de Ville de La Tuque ont procédé, samedi, à une cérémonie spéciale pour rebaptiser l’édifice de la bibliothèque à la mémoire d’Annie St-Arneault.

«Annie St-Arneault restera ainsi gravée dans l’histoire de La Tuque, et l’événement insensé qui lui a coûté la vie, jamais oublié […] Ce grand hommage apporte un baume sur une douleur que nous ressentons encore 25 ans après la tragédie», a mentionné son frère, le père Serge St-Arneault.

La Latuquoise aimait l’art, la poésie, ainsi que tout ce qui entoure le savoir et la connaissance. D’ailleurs, Lucie St-Arneault a lu, avec beaucoup d’émotion, un des poèmes de sa sœur devant les dizaines de personnes venues pour le grand dévoilement.

«Ce sont des belles émotions», a-t-elle tenu à préciser.

Par ce geste, le conseil municipal désirait rendre hommage à Annie St-Arneault et s’assurer que son histoire traversera le temps. C’était d’ailleurs le premier bâtiment municipal baptisé au nom d’une personne à La Tuque.

«Nous avons travaillé ce projet en étroite collaboration avec la famille, parce que c’était important pour nous de poser un geste significatif qui aurait leur approbation. Il y avait plusieurs options possibles pour lui rendre hommage, mais il nous est vite apparu que la bibliothèque était le lieu le plus approprié pour le faire, étant donné qu’elle aimait la poésie et qu’elle avait une grande soif d’apprendre», a souligné le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.

D’ailleurs, la famille a été très touchée par cet honneur. Un honneur qui a ravivé un mélange d’émotions. «Un mélange d’émotions et un mélange de fierté. Ça nous remet un peu dans le drame, ça nous fait un peu de peine, mais ce qui ressort c’est le côté positif. […] Ça touche encore des gens après 25 ans, et ça m’impressionne. Les gens n’ont pas oublié et c’est très touchant», a affirmé sa sœur.

«Mes parents vivent cette journée d’une façon unique, que je ne peux malheureusement pas décrire, mais le sentiment est profond. Pour ma mère particulièrement, le fait que la Ville honore sa fille, c’est vraiment un honneur. Un honneur partagé par la famille, la population de La Tuque, le Québec, le pays…», a ajouté son frère.

Le nouvel affichage de l’édifice a été dévoilé à l’extérieur de la bibliothèque. Sur l’affiche, le mot ‘municipale’ a laissé sa place à ‘Annie-St-Arneault’. Il y a aussi maintenant un espace, à l’intérieur de la bibliothèque, dédié à la mémoire de cette étudiante en génie mécanique décédée à 23 ans en assistant à son dernier cours avant l’obtention de son diplôme.

En 2011, son frère, le père Serge St-Arneault, missionnaire en Afrique, a publié un recueil de poèmes qu’elle avait rédigé à l’âge de 11 ans et à l’âge de 23 ans. Ce recueil fait partie des objets exposés à sa mémoire à la Bibliothèque Annie-St-Arneault de La Tuque.

«J’ai espoir que les générations futures qui viendront à la bibliothèque, qui auront accès à sa poésie et à d’autres documents et qui verront le nom d’Annie, s’interrogent sur la tragédie qu’ils n’ont pas connue. Que cela devienne une mobilisation contre la violence et particulièrement celle faite aux femmes», a souligné son frère.

Le logo, ainsi que le signet de la bibliothèque ont aussi été modifiés. Les gens présents à la cérémonie ont reçu le nouveau signet en guise de souvenir de cette journée très spéciale.

«Le conseil municipal est très fier, car nous vivons aujourd’hui un beau moment dans l’histoire latuquoise, même si ce geste est relié à une tragédie. Comme sa poésie, son nom sur cet édifice de La Tuque pourra traverser le temps, afin de perpétuer sa mémoire et rappeler à tous que la violence envers les femmes n’a pas lieu d’être dans le monde. Nous remercions les membres de sa famille qui ont généreusement accepté que cet hommage lui soit rendu», a mentionné le maire de La Tuque.

Fiche PDF

Discours du père Serge St-Arneault lors de l’inauguration de la bibliothèque « Annie St-Arneault »

Bibliothèque « Annie St-Arneault »

La Tuque, 19 septembre 2015

Monsieur Normand Beaudoin, Maire de Ville de La Tuque

Monsieur Luc Martel, Conseiller municipal

Conseillère et conseillers municipaux de Ville de La Tuque

Monsieur Alain Michaud, Bibliothécaire

Parents, amis, membres de ma communauté des Missionnaires d’Afrique

ainsi que de l’Association de famille Paul Bertrand dit St-Arnaud.

Distingués invités et visiteurs

Latuquoises et Latuquois

C’est une grande joie pour nous tous d’être ici aujourd’hui. Cela est particulièrement vrai pour mes parents Laurette et Bastien, ma sœur Lucie et mon frère Sylvain, ainsi que leurs conjoins Daniel et Guylaine et leurs enfants Roxanne, Vincent, Isabelle et Mathieu.

Nous nous préparons pour ce grand jour depuis le mois de mai alors que Monsieur Beaudoin adressait une lettre à mes parents leur demandant s’ils seraient d’accord à ce que Ville de La Tuque rende hommage à titre posthume à leur fille en nommant la bibliothèque municipale à son nom. Annie St-Arneault resterait ainsi gravée dans l’histoire de La Tuque et l’événement insensé qui lui a coûté la vie, jamais oublié. Mes parents n’ont pas tardé à donner leur accord avec le consentement unanime des enfants.

Ce grand hommage apporte un baume sur une douleur que nous ressentons encore 25 ans après la tragédie de la Polytechnique. Votre présence nombreuse, j’en suis persuadé, montre bien que vous partagez le même sentiment.

Dans l’un de ses témoignages en 2009, Laurette disait qu’Annie avait une personnalité unique. Elle était belle, vaillante et déterminée avec une soif d’apprendre en semant autour d’elle la joie et l’amour. Étudiante en sciences au CEGEP de Trois-Rivières, elle mettait beaucoup d’effort pour comprendre les formules mathématiques au lieu de simplement les apprendre par cœur. La bibliothèque municipale rebaptisée à son nom est donc un choix judicieux puisqu’il est un lieu de savoir, comme le soulignait Monsieur Luc Martel.

Annie avait de grands rêves qui resteront à jamais inachevés, dont celui de devenir ingénieure. À la surprise d’une de ses grandes amies, elle avait même envisagé de venir me rejoindre en Afrique. C’était là une autre manière pour elle de repousser les frontières de l’inconnu.

La bibliothèque qui portera désormais le nom de ma sœur est non seulement un geste public, mais également l’occasion d’affirmer l’égalité fondamentale entre nous tous : hommes et femmes engagés pour la promotion des droits universels de la personne.

La tuerie de 14 femmes à l’École Polytechnique de Montréal en 1989 est devenue une référence historique incontournable, certes tragique, mais également mobilisatrice dans nos luttes contre toute forme de discrimination et de violence. Heureux hasard, dans deux jours, soit le 21 septembre, l’Organisation des Nations Unies soulignera la Journée internationale de la paix où nous sommes conviés à exprimer notre solidarité avec les millions de personnes de par le monde qui sont touchées par les persécutions dévastatrices de la violence et des conflits.

Ici, dans notre société, les gains acquis pour un plus grand respect mutuel sont nombreux. Nous pouvons être fiers de qui nous sommes. Cette fierté a des racines profondes qui remontent à nos ancêtres qui ont prôné les valeurs de charité, d’égalité, de compassion et de solidarité dans un effort réel de lutter contre la pauvreté. Ce sont ces valeurs, au dire du sociologue Gérard Bouchard, prêchées par la religion catholique de nos aïeux, qui nous ont permis de devenir l’une des sociétés les plus égalitaires d’Amérique.

Annie s’exprimait par l’écriture. D’ailleurs, son recueil de poésie, intitulé Une parole pour traverser le temps, est ici à la bibliothèque. Dans un extrait du prologue de ce recueil, j’écrivais ceci :

« La rage abusive et meurtrière ne s’explique pas. L’intolérance s’acharne sur des cibles pour la simple raison d’être ce qu’elles sont : des femmes ou des enfants, des gens d’autres races ou de différentes idéologies et religions. Une fausse image de l’autre, exacerbée par une peur aveugle, semble être à l’origine de comportements aussi absurdes que tragiques, comme ce fut le cas le 6 décembre 1989. »

« Avec le passage du temps, à la lumière de l’Esprit de Jésus, nous cessons de nous ronger de l’intérieur et de faire souffrir nos proches avec notre douleur personnelle. Le cycle de la violence prend fin et nos cœurs brûlent de la présence invisible de ceux et celles qui nous ont quittés, comme il nous arrive de saisir un morceau de vie céleste en accueillant spirituellement la présence de Jésus au moment de la fraction du pain eucharistique. »

Annie est née à La Tuque, y a grandi, reçu son éducation, exprimé ses talents de comédienne, de musicienne et de scientifique. La bibliothèque municipale est à l’image de sa soif de connaissance. Il m’arrive parfois de faire un parallèle avec une autre jeune femme que vous connaissez bien; Malala Yousafzai, cette jeune Pakistanaise que des islamistes alliés à Al-Qaïda ont tenté d’assassiner en 2012. Le souhait de Malala est que toutes les filles, où qu’elles soient dans le monde, puissent avoir accès à l’éducation.

Aujourd’hui nous célébrons la courte vie d’une jeune et talentueuse femme  dont le nom est désormais associé à un édifice public dédié au savoir. Annie est devenue une source d’inspiration pour les jeunes femmes ainsi que les hommes qui rêvent d’un monde meilleur.

De retour d’Afrique pour mes vacances, je remercie de tout cœur les organisateurs de cet événement pour avoir patienté afin de me permettre d’être avec vous en ce moment.

Un merci spécial aussi à ma petite maman Laurette qui a été notre porte-parole dans les nombreux courriels échangés pour préparer l’inauguration de la bibliothèque « Annie St-Arneault ». Cela lui a fait revivre beaucoup d’émotion et a aussi accru sa fierté d’être la maman d’Annie.

Votre nombreuse présence est le gage de votre amitié, de votre amour et de votre fraternité. Certains d’entre vous venez d’aussi loin que Québec et Montréal. Nous vous remercions infiniment.

Plus spécialement, la population de La Tuque a toujours manifesté sa sympathie et son affection auprès de notre famille St-Arneault. Nous sommes et resterons toujours fiers d’être Latuquois.

Je termine avec ces quelques mots de maman qui ont été publiés dans le journal Le Nouvelliste au mois de décembre dernier : « Annie, tes rêves ne se réaliseront pas, tes poèmes resteront inachevés, mais notre amour pour toi durera toujours. Tu es notre étoile qui éclaire nos nuits, puisse ta joie de vivre nous inspirer toujours. »

 Père Serge St-Arneault, M.Afr, Missionnaire en Zambie

Cliquer ici pour télécharger le discours et visionner préférablement avec Windows Media ou VLC Media Player 

Arrêt à Washington DC – 22 août 2015

Washington-08-2015-19b

La ville de Washington est peuplée de nombreuses statues, les unes plus fameuses que les autres. Mais les quelques heures que j’y ai passées le 22 août dernier en route vers Montréal m’ont seulement permis de croiser les moins connues; celles d’Andrew Jackson (7e Président des États-Unis) et de l’Amiral David G. Farragut (érigée par le Président James A. Garfield, 20e Président Américain).

Elles sont situées sur les quelques rues séparant notre maison à celle de la Maison Blanche de l’actuel Président Américain Barack Obama. Au passage, nous nous sommes arrêtés à la Cathédrale de l’Apôtre St-Mathieu qui est le siège épiscopal de l’Archevêque de Washington, Mgr. Donald Wuerl. Un grand merci au père Barthélémy Bazemo, M.Afr, qui m’a accompagné.

La bibliothèque municipale rebaptisée « Annie St-Arneault »

Echo La Tuque Logo

Écho de La Tuque Haut-St-Maurice, mercredi 9 septembre 2015. Volume 78 No 35.

Michel Scarpino

Hommage. TC Media a appris que Ville de La Tuque s’apprête à rebaptiser sa bibliothèque municipale à la mémoire d’Annie St-Arneault, victime latuquoise de la tuerie de la Polytechnique du 6 décembre 1989.

La municipalité organisera une grande cérémonie, le 19 septembre prochain, au cours de laquelle la  bibliothèque municipale affichera son nouveau nom.

C’est le conseiller municipal Luc Martel qui a amené l’idée au conseil municipal, puisqu’Annie St-Arneault aspirait à un grand rêve : celui de devenir ingénieure.

« La bibliothèque est un lieu du savoir et de la connaissance, ça entre beaucoup dans ce qu’Annie St-Arneault souhaitait devenir » a expliqué M. Martel. Également, Annie St-Arneault appréciait beaucoup l’écriture.

Aussitôt apporté à la table du conseil, la proposition a été adaptée de façon unanime par les élus. Également et plus que tout, soulignait M. Martel, « il y a le fait que la violence faite aux femmes ne sera jamais acceptable et il faut s’en rappeler. »

La bibliothèque municipale de La Tuque rebaptisée

© Photo TC Média-Michel Scarpino, Bibliothèque municipale

Par Michel Scarpino       Publié le 01 septembre 2015

TC Média a appris que Ville de La Tuque s’apprête à rebaptiser sa bibliothèque municipale.

Le bâtiment sera renommé à la mémoire d’Annie St-Arneault, victime Latuquoise de la tuerie de la polytechnique du 6 décembre 1989. La municipalité organisera une grande cérémonie, le 19 septembre prochain, au cours de laquelle la bibliothèque municipale arborera son nouveau nom.

C’est le conseiller municipal Luc Martel qui a amené l’idée au conseil municipal, puisqu’Annie St-Arneault aspirait à un grand rêve : celui de devenir ingénieure.

«La bibliothèque est un lieu du savoir et de la connaissance, ça entre beaucoup dans ce qu’Annie St-Arneault voulait devenir», a expliqué M. Martel. Également, Annie St-Arneault appréciait beaucoup l’écriture.

Aussitôt apportée à la table du conseil, la proposition a été acceptée de façon unanime par les élus. Également et plus que tout, soulignait M. Martel, «il y a le fait que la violence faite aux femmes ne sera jamais acceptable et il faut s’en rappeler».

La famille d’Annie St-Arneault s’est dite enchantée de la proposition de Ville de La Tuque. Toute la population pourra d’ailleurs assister à cette inauguration.

Pensées Sapientiales

Pensées Sapientiales

Pensées Sapientiales cover

Né le 27 décembre 1980, Jean-Claude Mayeba Nkonde a grandi et terminé ses études pré-universitaires aux établissements primaires et secondaires de Kavida à Kansenia, une mission catholique de l’Archidiocèse de Lubumbashi en République Démocratique du Congo, province du Katanga. Il obtient son diplôme d’ingénieur civil métallurgiste en 2008 à l’Université Officielle de Lubumbashi, faculté de Polytechnique.

Il est engagé la même année chez Tenke Fungumure Mining, une filiale de l’entreprise internationale Freeport McMoran où il travaillera pendant quatre ans au sein du département de formation et de développement en tant que superviseur général chargé de la formation technique. Marié en novembre 2010 avec Huguette Betu, il est depuis 2012 employé de la compagnie Frontier S.P.R.L, une autre entreprise minière dans laquelle il exerce la fonction de directeur de formation et de développement.

Éditeur : Serge St-Arneault, M.Afr, 2014erge St-

Disponible sur B

Annie et Lucie, 25 ans plus tard

ISABELLE LÉGARÉ
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le soir du 6 décembre 1989, Lucie St-Arneault a appelé sa soeur Annie comme elle avait l’habitude de le faire chaque semaine. Lucie, 21 ans, venait de terminer ses études au Cégep de Trois-Rivières alors qu’Annie, 23 ans, poursuivait les siennes à l’École polytechnique, à Montréal.

«Qu’est-ce qui se passe dans ta vie?» Leurs conversations démarraient toujours avec cette question en apparence anodine. Les deux complices pouvaient y répondre en dix minutes ou, lorsqu’elles se laissaient aller à la confidence, raccrocher au bout d’une heure.

Vingt-cinq ans après la tuerie de l'École polytechnique, Lucie St-Arneault parle avec tendresse de sa soeur Annie. Elle accepte de plonger dans ses souvenirs avec l'espoir qu'on n'oublie jamais les quatorze jeunes femmes qui y ont laissé leur vie. PHOTO: STÉPHANE LESSARD
Vingt-cinq ans après la tuerie de l’École polytechnique, Lucie St-Arneault parle avec tendresse de sa soeur Annie. Elle accepte de plonger dans ses souvenirs avec l’espoir qu’on n’oublie jamais les quatorze jeunes femmes qui y ont laissé leur vie.
PHOTO: STÉPHANE LESSARD

Lucie n’a pas réussi à joindre Annie ce soir-là. Ni après. Plus jamais en fait. Depuis 25 ans, elle est condamnée au silence à perpétuité de sa soeur aînée dont la voix, le rire, les conseils et la poésie lui manquent toujours aussi cruellement.

C’est la première fois que Lucie St-Arneault accepte de parler publiquement du drame qui a frappé sa famille. Le 6 décembre 1989, sa soeur Annie était dans la classe où Marc Lépine est entré, a séparé les femmes des hommes, a déversé sa haine envers les féministes et a fait feu sur des étudiantes qui avaient l’avenir devant elles.

Originaire de La Tuque, Annie St-Arneault est au nombre des 14 victimes, toutes des femmes, de ce qui est devenu dans notre mémoire collective la tuerie de Polytechnique. Elle en était à sa quatrième et dernière année d’études en génie mécanique.

Annie est la troisième des quatre enfants de Bastien St-Arneault et de Laurette Perron, maintenant établis à Trois-Rivières. Le 6 décembre 1989, ils savaient leur fille en classe à l’heure fatidique. Pendant des heures, ses parents ont attendu désespérément son appel.

Lucie aussi. Frappée d’un sentiment d’impuissance et d’incrédulité, la plus jeune des St-Arneault était blottie dans son appartement de Trois-Rivières, les yeux rivés sur son téléviseur qui retransmettait les images d’un véritable cauchemar.

Pendant que son grand frère Sylvain faisait la tournée des hôpitaux de Montréal, à la recherche d’Annie dont tout le monde était sans nouvelle, Lucie s’accrochait à l’espoir que son aînée avait eu le temps de se mettre à l’abri. Annie allait rappliquer auprès des siens aussitôt que possible.

L’annonce de sa mort est venue durant la nuit. Le choc a été aussi violent que le geste de folie d’un homme envers 14 femmes. Vingt-cinq ans se sont écoulés, mais force est d’admettre que la douleur d’une telle déchirure ne peut jamais disparaître.

«Plus jeunes, on se ressemblait beaucoup toutes les deux. On nous confondait souvent. À l’école surtout. Je me faisais appeler Annie…», se remémore Lucie St-Arneault en retenant difficilement les larmes qui coulent à la seule évocation du prénom de sa grande soeur adorée.

Dans sa maison du secteur Pointe-du-Lac, Mme St-Arneault revient sur ce deuil avec lequel il faut apprendre à vivre malgré les cérémonies commémoratives et les reportages. D’année en année, on revient sur cette tragédie qui soulèvera toujours des pourquoi.

«C’est sûr que ça fait mal. Parfois, je voudrais qu’on arrête de m’en parler, mais en même temps, il ne faut pas oublier. Il faut continuer d’en parler. La violence faite aux femmes est encore très d’actualité», souligne-t-elle avant d’exprimer sa reconnaissance envers les gens qui ont une pensée pour les femmes qui ont laissé leur vie à Polytechnique.

Au lendemain du drame, Lucie St-Arneault admet avoir traversé une période de révolte et de repli. On ne pouvait pas comprendre sa souffrance à moins de l’avoir vécue. Cette réaction s’est adoucie avec le temps et la force tranquille de son conjoint des 25 dernières années, Daniel Viviers.

«Il a eu le temps de connaître Annie», se réjouit-elle en ajoutant que les membres de la famille St-Arneault ont toujours été très unis dans les épreuves comme dans les moments de joie.

Il arrive que durant la période des Fêtes, Lucie lève son verre à sa grande soeur. Chaque fois, l’émotion la gagne et elle devine, dans le regard embué de sa mère vieillissante, qu’il en sera probablement toujours ainsi.

«On se comprend sans se parler», dit-elle simplement.

«J’aurais aimé que ma soeur et ma fille se connaissent»

Publié le 05 décembre 2014 dans le journal Le Nouvelliste.

ISABELLE LÉGARÉ
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Lucie St-Arneault s’accroche aux beautés de la vie qui se révèlent même après un drame comme celui de Polytechnique. Parmi elles, l’attachement qui réunit ses parents et ceux d’Anne-Marie Edward.

Leur amitié a pris naissance au lendemain des funérailles communes qui ont été célébrées à la basilique Notre-Dame de Montréal pour neuf des quatorze femmes assassinées.

Les St-Arneault ont été invités au chalet des Edward qui, à leur tour, ont visité leurs amis latuquois. Ensemble, ils pouvaient se consoler de la mort d’Annie et d’Anne-Marie. Ensemble, ils pouvaient essayer d’apprendre à vivre sans leur fille.

Contrairement à son père qui a exprimé le besoin de voir le film Polytechnique, Lucie s’est refusée de plonger au coeur d’une histoire fondée sur les faits réels de la tuerie.

«Je me dis souvent qu’un jour, je serai prête. Si des gens ont pris la peine de faire un film sur Polytechnique, c’est parce qu’ils ont probablement été touchés», ose croire la mère de Vincent, 17 ans, et de Roxanne, 14 ans.

L’an dernier, son fils a eu la délicatesse de l’informer qu’on allait lui présenter ce film en classe. Le garçon a demandé et obtenu la permission de sa mère qui ajoute, comme pour s’excuser d’essuyer de nouveau ses larmes: «Avec mes enfants, je suis capable de parler d’Annie sans pleurer.»

À travers le récit de leur mère, les deux adolescents ont découvert une femme dont la grandeur d’âme était impressionnante, témoigne Lucie St-Arneault avec admiration.

Inspirée par son frère Serge, missionnaire d’Afrique, la future ingénieure envisageait d’aller le rejoindre pour vivre l’expérience de l’aide humanitaire.

Au dire de sa soeur, Annie prenait naturellement la défense des laissés-pour-compte de la société. Artiste et poète, la jeune femme avait tous les talents, dont celui d’aimer et de se faire aimer.

«La petite aussi est comme ça», fait remarquer Lucie dont le visage s’illumine en parlant de sa fille Roxanne. Il lui semble qu’à travers elle se dévoile la bonté d’Annie. «Peut-être que je force ça aussi…», sourit tristement la dame avant de laisser tomber: «J’aurais tellement aimé que ma fille et ma soeur se connaissent.»

Bien avant d’être elle-même une maman, Lucie St-Arneault a ressenti un mélange de tristesse et d’empathie pour Monique Lépine, la mère du tueur.

«Il n’y a pas beaucoup de monde qui ressent de la compassion pour cette femme. Son fils s’est suicidé et a amené des gens avec lui. Ça doit être terriblement difficile pour une mère de vivre ça», se permet-elle de rappeler sans juger, comme l’aurait sans doute fait Annie.

Accepter. Pardonner… Lorsque notre grande soeur nous a été arrachée alors qu’on avait tant à lui raconter, ce sont des mots qu’on ne prononce pas sans mourir un peu aussi.

À l’instar de ses parents, Lucie St-Arneault est croyante. Ses pas la guident parfois jusqu’à l’église où, inévitablement, la prière du Notre Père est récitée. «(…) Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés…»

Vingt-cinq ans après le drame de Polytechnique, elle ne peut plus répéter cette parole comme avant, machinalement. Il lui arrive d’interrompre son appel. «J’ai beaucoup de difficulté à dire cette phrase. Souvent, je la saute… Je ne peux pas la dire si je n’y crois pas. Mais en même temps, ce n’est pas correct. Il faut que je pardonne. Il faut…», murmure celle qui a grandi, comme Annie, à poursuivre sa route en aimant son prochain.

Bouleversée et bouleversante, Lucie St-Arneault est une victime collatérale de la tragédie de Polytechnique. Le 6 décembre 1989, elle a perdu sa soeur, sa belle et grande amie. Vingt-cinq ans plus tard, il n’y a pas une journée où elle n’y pense pas.

Missionnaire sans frontières

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