Commémoration du 30e anniversaire de l’ordination sacerdotal de Serge St-Arneault, M.Afr.

Témoignage de Serge, 24 juin 2017

Plusieurs personnes m’ont demandé de vous parler ‘de ce que j’ai fait’ pendant ma vie missionnaire. Ma présentation se divisera en trois étapes; le Zaïre/Congo, le Malawi et la Zambie.

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Le Zaïre/Congo

J’avais 26 ans lorsque je suis arrivé au Zaïre, plus précisément à Bukavu, ville frontalière avec le Rwanda. Ce fut ma première expérience en sol africain et mon premier choc culturel. Mes trois premiers mois m’ont permis de m’initier à la langue kiswahili. De là, je suis allé vivre à Mongbwalu situé dans la zone minière de Kilo-Moto au nord de Bunia. J’y suis resté deux ans pour compléter mon stage pastoral.

De retour à La Tuque en juin 1983, je me suis retrouvé à l’hôpital avec une grave hépatite de type A qui m’a obligé à interrompre ma formation pour deux ans. Après un bref séjour infructueux à Londres et six mois de convalescence à Toronto, j’ai poursuivi mes études en anthropologie en Angleterre. J’ai obtenu mon diplôme au mois de mai 1987 et j’ai été ordonné prêtre le 28 juin suivant à La Tuque par Mgr. Martin Veillette.

Je suis donc retourné au Zaïre et vivre au milieu du peuple Indru, plus précisément à Géty. Difficile d’accès et isolé, ce pays montagneux est par contre splendide et la nature verdoyante toute l’année. Je peux le dire sans hésiter que ce furent mes plus belles années de vie missionnaire. Nous visions dans des conditions modestes, mais tout compte fait confortables.

Par contre, il m’arrivait souvent de dormir sur la paille dans les villages que je visitais. Nous restions quatre jours en tournée pastorale toutes les deux semaines, du jeudi au dimanche. Les routes étaient souvent très vaseuses, surtout en saison des pluies. Nous marchions souvent plusieurs heures par monts et vallées pour atteindre les villages éloignés avec l’aide de porteurs.

Bref, je me suis retrouvé aumônier de sept écoles primaires et de toutes les chorales composées majoritairement d’adolescents et de jeunes adultes. Comme nous avions au-delà d’une centaine de chapelles, avec en moyenne une quinzaine de membres par chorale, cela représentait autour de 2000 chantres. À eux seuls, ils prenaient parfois la moitié de l’espace disponible dans les églises de brousse. Lorsque la température le permettait, la prière avait lieu à l’extérieur.

Un jour, nous avons reçu l’autorisation du gouvernement de construire une école secondaire sans pour cela obtenir de subvention. Nous n’avions aucun donc budget, pas outils et aucune d’expérience. On a tout de même trouvé quelques travailleurs qui s’y connaissaient un brin en construction. J’ai alors tracé un plan sur une feuille de papier et choisi le site selon l’avis des gens.

Puis, des tranchées ont été creusées pour y élever les fondations. Il n’y avait pas d’ordinateur à l’époque et je ne disposais que de $3000. Cela correspondait aux prix de 30 machines à écrire que j’ai immédiatement commandées, car il s’agissait d’une école de type ‘commercial’. Providentiellement, sans le demander, les Missionnaires d’Afrique au Canada m’ont crédité de $3000 pour soutenir mon projet. C’est comme ça que l’aventure a commencé. Avec un compte bancaire frôlant constamment le zéro, les dons d’argent se sont poursuivis ainsi pendant cinq ans.

Lentement, nous avons acquis de l’expérience. Le sable pour faire les blocs de ciment était extrait de la rivière et les pierres d’une colline avoisinante. On transportait de l’eau avec des dizaines de jerricanes de 20 litres. On devait néanmoins acheter des sacs de ciment à Bunia au prix de $25.00 l’unité. Puis, est arrivée la tragédie de la Polytechnique le 6 décembre 1989. À l’époque, il n’y avait pour ainsi dire aucun moyen de communication avec le monde extérieur. La nouvelle m’a été confirmée une semaine plus tard. Il m’a fallu une autre semaine pour revenir au Canada.

Quelques mois plus tard, papa Bastien m’a remis une partie de la police d’assurance-vie d’Annie. Les Latuquois ont aussi été très généreux. Les gens m’arrêtaient dans les rues pour m’offrir un don. À certains comptoirs de magasin, on me laissait sortir sans payer. Certains ont même discrètement inséré de l’argent dans mes poches pendant que je faisais la queue à la caisse Desjardins pour faire des dépôts bancaires. C’est ainsi que je suis retourné en Afrique avec $10,000. Nous avons alors repris les travaux de construction.

Un autre jour, assis à l’intérieur des murs que nous venions d’élever pour une classe, je regardais de larges oiseaux tournoyer au-dessus de ma tête. Je me suis demandé comment nous allions faire pour exécuter les travaux. Sitôt un peu d’agents encaissés, tout était dépensé. Pourtant, nous n’avons pratiquement jamais arrêté. Cinq ans plus tard, l’école secondaire Abaka, qui signifie ‘père’, comptait sept classes, un bureau pour le préfet, un autre pour les enseignants et huit réservoirs d’eau de pluie protégés par un toit pour les besoins de l’école.

J’ai minutieusement pris note des dépenses. Par contre, j’ai été incapable de retracer avec précision la provenance de tous les fonds. Beaucoup d’argent, je le sais, m’a été donné grâce aux activités scolaires des écoles de La Tuque (lire l’article de journal plus bas). Montant final : $95,000. Un vrai petit miracle. Cette école est la fierté du peuple Indru. L’enseignement n’a jamais cessé même pendant les années de guerre au début des années 2000. En quittant Géty, j’avais dédié l’école Abaka à ma sœur Annie qui veille encore sur celle-ci.

Parlant de troubles sociaux, le Zaïre a connu une descente aux enfers dès le début des années 1990. Rapidement, le pays s’est embrasé. Les pillages dans les villes s’étendaient partout et le chaos politique a fait en sorte que les institutions gouvernementales se sont effondrées. À un certain moment, il n’y avait même plus de papier monnaie en circulation. Puis, la guerre au Rwanda en 1993 a eu ses répercussions jusqu’à Géty où nous vivions.

Sans le vouloir, nous nous sommes retrouvés à agir en tant que médiateurs entre les tribus en conflit. Il nous arrivait souvent d’organiser des convois avec quelques véhicules pour sauver la vie des gens en péril. Nous avons nous-mêmes été menacés par les commandos militaires venus soi-disant ‘pacifier’ le pays en brûlant les villages. Malgré le danger réel, je me sentais à ma place, au bon endroit.

Un autre jour encore, j’ai pris part aux rituels entourant le décès du chef coutumier Katanga. Les masadu, gardiens des traditions et omnipuissants, m’ont accepté et même encouragé à participer à leurs danses guerrières. Une longue histoire! Bref, le jour de mon départ en février 1996, un grand rassemblement a été organisé en mon honneur; un banquet, des cadeaux, des discours et des chants. Une journée grande en émotion dont l’apothéose a été pour moi les paroles d’une vieille maman qui m’a dit en kiswahili : « Mon père, il n’y a qu’une seule chose qui vous manque; la couleur de la peau! »

Le Malawi.

J’ai ensuite séjourné deux ans dans la région de Québec pour l’animation missionnaire et deux autres années à Montréal. J’étais prêt à retourner au Zaïre au tournant du millénaire. Entre temps, suite à l’instauration d’un nouveau régime politique, le Zaïre était redevenu la République Démocratique du Congo comme cela était au début de l’indépendance en 1960. Malheureusement, les rivalités ethniques se poursuivaient. Tout avait profondément changé pendant mes quatre années d’absence. C’est ainsi que mes Supérieurs m’ont proposé d’aller au Malawi. J’ai accepté en songeant qu’à mon âge, 45 ans, il m’était possible de recommencer une nouvelle aventure missionnaire. Mon adaptation s’est avérée beaucoup plus difficultés que je ne l’entrevoyais.

La langue chichewa n’est pas aussi facile que le kiswahili. Il m’a fallu beaucoup d’effort pour m’ajuster à la mentalité des Chewa. Elle est pour ainsi dire diamétralement opposée à celle des Indru. Alors que ces derniers forment un peuple de guerriers, mais solidaire, la société Chewa en est une d’évitement conflictuel. Cela s’explique par l’histoire des invasions successives qui ont profondément traumatisé cette tribu à commencer par les Ngoni venant d’Afrique du Sud, la colonisation anglaise et la dictature du premier Président du Malawi; Kamuzu Banda.

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C’est dans ce contexte historique que la culture « Gulé Wamkulu » est née. Il s’agit d’une société secrète liée à l’omniprésence des « esprits ». J’y ai découvert un univers culturel totalement différent de celui du Congo. Seuls les initiés peuvent comprendre le sens des danses, des chants et des symboles utilisés dans les rituels. Les « Gulé Wamkulu » sont des « personnages » masqués, mais perçus comme étant des « esprits »; généralement associé aux esprits des ancêtres, bons ou mauvais. Ces derniers sont appelés des « ziwanda », c’est-à-dire des « esprits maléfiques » coutumièrement associés aux sorciers.

J’ai tout de même eu la chance d’être initié bien que je sois un prêtre missionnaire ‘blanc’. Cela m’a permis non seulement de mieux saisir (je ne dis pas comprendre) l’univers mental et la manière de voir la réalité du monde selon la vision Chewa. Mon séjour à Mua pendant six ans a été à cet égard une opportunité extraordinaire de m’approcher des gens, de leur identité profonde.

Puis, je me suis retrouvé à la paroisse de Chézi située entre la capitale Lilongwe et le lac Malawi. Les « Gulé Wamkulu » sont également présents dans cette région montagneuse. J’ai participé à quelques reprises à leurs cérémonies. Grâce à un ami du nom de Chiponda (un pasteur pentecôtiste autoproclamé), j’ai établi une relation de cordialité avec les chefs coutumiers. Ma présence leur était devenue normale.

Sachant mon départ imminent, les chefs se sont réunis et, d’un commun accord’, j’ai reçu l’initiation pour devenir moi-même « chef ». Entendons-nous qu’il s’agissait d’un geste symbolique et honorifique. Néanmoins, je porte désormais le titre de Mfumu Chimphopo, c’est-à-dire ‘chef Chimphopo’ bien que je préfère conserver le nom que j’ai reçu à Mua, celui de Mbéwé qui est associé à l’un des nombreux clans des Chewa.

La Zambie.

Dernière étape; la Zambie. Les membres du conseil provincial de la Province d’Afrique Australe des Missionnaires d’Afrique comprenant le Malawi, le Mozambique, l’Afrique du Sud et la Zambie, m’ont demandé de devenir le secrétaire provincial de cette partie de l’Afrique. J’ai débuté dans la première moitié de 2012. Mon rôle consistait à mettre à jour les dossiers du secrétariat, de rédiger les rapports de réunions et de développer les communications entre la centaine de confrères que compose la Province communément appelée la SAP (Southern Africa Province). Tout compte fait, j’ai vécu pendant une vingtaine d’années dans un environnement anglophone.

Parallèlement, je suis devenu l’aumônier de la communauté catholique francophone de Lusaka. Celle-ci se rassemble chaque premier dimanche du mois pour la messe en français.

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Un peu par hasard, je me suis aussi retrouvé à accompagner un groupe de trois femmes, célibataires ou veuves, pour les soutenir à mettre sur pied leur propre compagnie. L’idée est de mettre en commun leurs ressources et talents pour créer une entreprise qui pourvoira à leurs besoins.

La compagnie « Colour of Love » (la couleur de l’amour) est une petite entreprise de traiteurs offrant des services de décoration et repas. Elles ont défini elles-mêmes la structure et élaboré la constitution selon les recommandations du département des registres nationaux de la Zambie. Elles ont ouvert un compte bancaire au nom de la compagnie et elles progressent lentement avec la consolidation de celle-ci. Les défis sont très nombreux et le but à atteindre l’autosuffisance semble encore lointain. Malgré tout, l’ardeur et la foi sont au rendez-vous.

D’où vient le nom de « Colour of Love » ? Un autre hasard a voulu que j’accompagne le curé de la paroisse Jésuite de Lusaka à une assemblée de prière organisée par les différentes Églises à laquelle étaient invités tous les partis politiques du pays ainsi que les autorités ecclésiales de toutes catégories sans oublier les militaires hauts-gradés.

Le rassemblement a eu lieu dans un stade situé en plein cœur de la capitale. La télévision nationale transmettait cet événement en direct. Le but était de prier Dieu pour la réussite d’élections générales libres et transparentes et surtout sans violence. De fait, les élections générales ont bel et bien eu lieu, mais la violence politique a terni ces élections chaudement contestées.

Bref, le prêtre que j’accompagnais a reçu un texto sur son cellulaire lui disant qu’un autre prêtre qui devait lire une prière était dans l’impossibilité d’être présent. Qui donc pensez-vous l’a remplacé? Il me restait à peine quelques minutes pour griffonner quelques idées sur l’endos d’une feuille déjà utilisée. J’ai emprunté un stylo d’un Pasteur assis à mes côtés et une bible d’une Pasteure assise de l’autre côté. J’étais entouré d’une panoplie d’Évêques ‘protestants’, de ‘Prophètes’ et d‘Apôtres’ aussi bien féminins que masculins. Les Alléluias pleuvaient à profusion. Ma mission était de prier pour les forces de l’ordre; les militaires et les policiers.

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Mon discours se trouve sur Internet; cliquer ici

Que dois-je retenir cet épisode? Je dois tout d’abord vous mettre dans le contexte. Depuis son indépendance en 1964, la Zambie, sous le leadership de son premier Président Kenneth Kaunda, a pour moto : ‘One Zambia, one Nation’. L’idée est de développer une appartenance nationale dans la diversité culturelle et tribale qui caractérise le pays. Comme j’étais l’un des rares ‘Blancs’ présents je jour-là, faisant mémoire de mon expérience au Congo et des paroles de cette vieille maman, j’ai alors ajouté au slogan la notion de couleur; « One Zambia, one Nation, one Colour. The Colour of Love! »

En ce jour de mon 30e anniversaire d’ordination, je nous souhaite également de vivre la couleur de l’amour. Mettons-y la couleur que nous voulons; la joie, la tendresse, l’écoute, le respect. Ce qui compte, c’est la conviction que nous formons une seule famille en étant enfants de Dieu de toutes races et couleurs; Congolais, Malawiens, Zambiens, Canadiens.

Je vous remercie tous, plus particulièrement ma famille proche et mes amis/es, pour le soutien spirituel et pécuniaire que vous m’avez offert tout au long de ces trente années écoulées. Le sacrifice de l’éloignement a été mutuel. Heureusement, l’amour est le plus fort.

Que le Seigneur Jésus vous bénisse! Alléluia! Amen!

Père Serge St-Arneault, M.Afr

Témoignage de Serge – messe du 24 juin 2017

L’opération à l’œil du petit-Serge

Le problème visuel du petit-Serge s’est avéré très compliqué et a nécessité plusieurs séances d’examen. L’opération elle-même a duré trois heures. Le prolongement de l’anesthésie après celle-ci a mis à rude épreuve la patience des parents.

Cette saga a débuté au mois de janvier. Non seulement les examens médicaux ont été nombreux mais les dates de l’opération ont été repoussées plusieurs fois. Heureusement, les parents ont trouvé le courage et la force de persévérer sachant que beaucoup d’amis du Canada priaient pour eux. Ils sont aussi très reconnaissants de l’aide financière qu’ils ont reçue. Sans elle, rien n’aurait été possible.

Quelques précisions sur la famille : la maman s’appelle Donata et est âgée de 29 ans, Robert Kalindiza, le papa, a 37 ans. Finalement, le deuxième garçon a 3 ans alors que le petit-Serge aura 7 ans au mois d’octobre.

Au nom de la famille Kalindiza, je vous remercie du fond du cœur pour votre soutien moral et monétaire. Les cas semblables se chiffrent par millions. Nous nous sommes mobilisés autour d’un seul, celui du petit-Serge que nous avons appris à connaître et à aimer. Encore une fois, merci.

Ordinations sacerdotales Lusaka-Montréal.

Ordinations sacerdotales Lusaka-Montréal.

Par Serge St-Arneault, M.Afr, directeur du centre Afrika, Montréal.

J’ai eu le privilège de prendre part à une ordination sacerdotale de 14 nouveaux prêtres le 27 mai 2017. Parmi eux se trouvaient des jésuites, des capucins et des prêtres diocésains. Deux mille chrétiens s’étaient rassemblés dans la cathédrale de l’Enfant-Jésus à Lusaka. La liturgie fut remplie de vibrations joyeuses, en particulier lors de la présentation de ces ‘beaux hommes’ comme l’exprimait l’un des orateurs.

Cela s’est produit la veille de mon départ définitif de la Zambie. J’ai repris l’avion le mercredi suivant pour arriver à Montréal le jeudi vers midi bien loin de l’Afrique où j’y ai vécu 25 de mes 30 dernières années.

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Je me suis rendu chez ma mère qui habite Trois-Rivières après quelques jours de repos à notre maison sur la rue Saint-Hubert. C’est là que j’assumerai mes prochaines responsabilités en tant que directeur du centre Afrika. Même en vacance, je tenais à revenir à Montréal pour assister à l’ordination d’un Camerounais qui est incardiné à l’archidiocèse de Montréal. Le père Claude Ngodji a été ordonné par l’Archevêque Christian Lépine à l’église de Notre-Dame d’Afrique.

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Cette mission catholique célèbre sa quatrième année d’existence. Elle rassemble des Africains d’expression française originaire de toute l’Afrique, mais vivant aux quatre coins de l’île de Montréal. Les activités pastorales s’orientent autour de quatre axes : la communion fraternelle, la liturgie, l’éducation à la foi et la transformation du monde.

Je suis plein de reconnaissance de pouvoir prendre part à ces moments importants de la vie de l’Église. Je suis allé en Afrique en toute liberté à l’âge de 26 ans en 1981. Je suis libre aujourd’hui de revenir vers ma terre natale. Ma joie est de voir que l’Afrique n’est plus une réalité éloignée et inconnue. Elle est dorénavant implantée à Montréal avec sa foi vibrante et son espoir.

Ordiantion Claude Ngodji

Ordinations sacerdotales Lusaka-Montréal.

Au sujet du petit Serge.

Aux dernières nouvelles, le petit Serge a subi d’autres examens dans un hôpital propriété de l’African Bible College situé à Lusaka. Robert Kalindiza, le papa, m’a expliqué au téléphone que les médecins spécialistes venus d’Angleterre ont jugé préférable d’offrir au petit Serge des traitements plutôt que d’opter pour une chirurgie qui sera performée seulement si nécessaire.

La famille est confiante malgré les inquiétudes. Pour le moment, les coûts associés à ce projet se sont limités au premier déplacement et hébergement à Blantyre. Voilà où nous en sommes.

Je reste à l’écoute des nouvelles et je m’associe à vos prières pour cet enfant. Espérons pour le mieux. Encore une fois merci pour votre générosité.

Au sujet du petit Serge

Voici quelques photos du voyage de la famille de Robert Kalindiza à Blantyre la semaine dernière. L’opération n’a pas eu lieu à cause d’une autre complication. D’après les premières analyses, il semble que le problème visuel du petit Serge se situe au niveau de son oreille. Les médecins veulent plus de tests avant de procéder à une opération. Un nouvel examen médical aura lieu le vendredi 3 février à Lilongwe suivi d’un autre voyage à Blantyre pour une autre évaluation qui, celle-là, aura lieu le 9 février. Blantyre est situé à environ 300 km de Lilongwe. La maman est inquiète, cela va s’en dire, mais le moral est bon. On espère tous pour le mieux.

Je tiens à vous remercier infiniment pour votre aide financière qui a déjà dépassé ma demande antérieure de 2000 $. Je vais donc faire parvenir un peu plus d’argent au petit Serge dans l’espoir que cette fois-ci, les chirurgiens pourront procéder à une opération.

Rien n’est facile! On aide comme on peut. Vos dons sont grandement appréciés.

Prions ensemble pour le petit Serge.

Serge demande votre aide pour Serge!

Je connais Robert Kalindiza depuis mon arrivée au Malawi en 2001. C’est un garçon exceptionnel. Il y en a peu comme lui aussi dévoué pour sa famille et sa communauté. Avec acharnement, il a réussi à obtenir un certificat en science électronique et, plus récemment, un diplôme en journalisme. Non seulement intelligent, il a développé un projet de vie basé sur la responsabilité personnelle et sociale. J’ai béni son mariage en 2010 tout juste avant de quitter Mua où j’ai vécu environ six ans.

J’ai revu mon ami Kalindiza au mois de novembre dernier. Je ne l’avais pas vu depuis longtemps. Il a travaillé plusieurs années au centre culturel et d’art de Kungoni comme guide du musée. Il a poursuivi aussi ses études en journalisme qui l’a conduit progressivement à se faire connaître sur le réseau de télévision national, la ‘Malawi Broadcasting Corporation’. Il est capable non seulement de développer une nouvelle, mais d’éditer un reportage aussi bien en anglais qu’en Chichéwa, la langue nationale du Malawi. Il a aussi obtenu un permis de conduire.

─ « Un jour, m’a-t-il dit, je vous conduirai où vous voudrez avec ma voiture. »

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À cette époque, je n’ai croyais pas beaucoup. Depuis lors, il a acheté une voiture de seconde main avec mon assistance financière. Comment faire autrement? Malgré tous ses diplômes et ses qualifications en plus d’être employé aujourd’hui comme journaliste à la télévision nationale produisant des reportages quotidiens hautement appréciés, son salaire journalier est seulement de six dollars par jour, pas de l’heure, par jour!

Cela montre bien l’état lamentable de l’économie du Malawi, l’un des pays les plus pauvres au monde. Cela dit, voyant les besoins d’entretien de sa voiture, particulièrement des pneus, aussi pour raison de sécurité, je lui ai offert de l’aider une nouvelle fois. Je le considère comme mon fils. Toutefois, il y a un autre problème.

Son aîné qui porte mon nom souffre d’un problème visuel. Je ne l’ai su que lorsque je suis allé voir la famille la dernière fois. Son œil gauche ne tourne pas vers la gauche. Le garçon a besoin d’une opération qui ne peut être faite qu’à Blantyre, au sud du pays.

Je vous lance donc une invitation à venir en aide au jeune Serge. Le système de santé du Malawi n’est pas celui du Québec. Il n’y a pas de gratuité pour les services de santé. Ma crainte est qu’il soit déjà trop tard. Au moins, on peut tenter notre chance.

Comme cela m’arrive fréquemment, j’ai avancé l’argent sans pour autant avoir les moyens. Mais, je suis confiant et j’ai la foi que le Seigneur guide les cœurs sincères. Je lance donc un appel auprès de vous tous pour nous venir en aide en vous promettant de vous donner des nouvelles du petit Serge et de la famille de mon ami Kalindiza et son épouse Donata. Le deuxième enfant s’appelle Laurent et l’honneur de ma petite maman Laurette.

Nouvelles en provenance du Secteur Brésilien des Missionnaires d’Afrique

Les Missionnaires d’Afrique du Brésil vous souhaitent une Bonne et Heureuse Année 2017. Nous sommes heureux de vous envoyer quelques nouvelles du Secteur Brésil pour que notre mission soit mieux connue.  Moussa Serge Traore, M.Afr, Supérieur.

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Olá ! La situation politique et sociale reste tendue et instable. L’impeachment de la présidente a eu lieu. Le vice-président a pris le pouvoir. La chasse aux corrompus continue avec l’arrestation de politiciens. Les mesures et propositions du nouveau président de la république provoquent des manifestations publiques. La Conférence Nationale des Évêques du Brésil s’est prononcée contre certaines propositions du Président. Au niveau ecclésial, les évêques du Brésil ont déclaré l’année 2017, l’année Nationale Mariale car le pays célèbre le Jubilée de 300 ans de la découverte de l’image de Notre Dame dans le fleuve Paraíba en 1717. A cette occasion, l’image de Notre Dame d’Aparecida parcourt les paroisses, et diocèses du pays. C’est l’occasion de grands rassemblements et grandes célébrations.

Les confrères vont très bien. Ils se réjouissent de l’arrivée cette année 2016 du Père Francisco Javier, mexicain, un ancien missionnaire au Congo. Nous avons 2 communautés au Brésil.

La communauté du centre-ville est composée de Moussa Serge Traore, prêtre, Burkinabe, 45 ans, 14 ans de serment ; Luciano Fuchs, Frère, Brésilien, 49 ans, 13 ans de serment ; Francisco Javier Ambrosio Vargas, prêtre, Mexicain, 42 ans, 4 ans de serment, Ethelbert Onyeaghala, stagiaire, Nigérian, 32 ans. Le Père Nazzareno Benacchio, italien, 94 ans vit dans sa maison de retraite á São Paulo. En 2017 il fera 60 ans de serment. Il est rattaché á la communauté de Federation.

La communauté de la périphérie est composée d’Angelo Lee, prêtre, français, 67 ans, 39 ans de serment et Raphael Muteba Ndjibu, prêtre, Congolais, 38 ans, 5 ans de serment.

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Au pays du carnaval et du football, nous, Missionnaires d’Afrique, réalisons notre vocation et notre projet apostolique : être témoins du Règne de Dieu et partager avec ceux qui l’accueillent la grâce de la Bonne Nouvelle. Tous nos engagements, dans leur diversité, sont orientés vers ce but. Nous sommes de plus en plus connus, appréciés et sollicités. Nous sommes très heureux de notre présence missionnaire au Brésil. Nous avons le sentiment profond d’une mission bien remplie. Vive la Mission ! Vive le Brésil ! Sainte Année 2017.

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Fête de maman Marie, fête de toutes nos mamans.

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Madame Petronella Chisanga

J’ai célébré la messe à l’école de Chudleigh à Lusaka le 8 décembre dernier à l’invitation de Madame Petronella Chisanga, la directrice et fondatrice de cette école. J’y étais déjà allé le 23 octobre pour bénir les enfants (voir le lien : Bénédiction des enfants de l’école de Chudleigh). La prière s’est tenue dans l’une des salles de classe. Animée par une chorale, l’ambiance était à la fête puisqu’elle soulignait aussi la fête de l’Immaculée Conception.

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J’en ai profité pour insister sur l’importance de remercier Dieu pour le don de la vie que nous avons reçu de nos mamans. Célébrer la fête de maman Marie, mère de Jésus, c’est aussi la fête de toutes les mamans. Les fruits et légumes encerclaient l’autel. J’ai donc demandé de prier pour notre mère terre qui nous nourrit. Nous devons en prendre soin, car nous dépendons tous d’elle.

Fête de commémoration des 25 ans d’existence de l’école, fête de maman Marie, fête de toutes nos mamans et fête de notre terre nourricière, la joie nous a envahis. Une petite réception nous attendait après la messe et j’ai reçu un beau cadeau : des fruits et un gâteau dont le crémage était une toile de Marie.

Il y a 30 ans aujourd’hui; mon serment missionnaire, Londres, Angleterre.

À l’âge de 31 ans, le 5 décembre 1986, j’ai prononcé mon serment missionnaire au Collège de St-Édouard, à Londres, en compagnie de Clyde Marklew, d’Angleterre, Stan Dye, d’Angleterre, Claudio Zuccala, d’Italie, Richard Baawobr, du Ghana, Matthew Pathilcirayil, de l’Inde, Michael Mawelera, du Malawi, Damien Rawbukamba, de la DRCongo et Serge St-Arneault, du Canada.

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Missionnaire sans frontières

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