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Voter PCC c’est voter pour le lobby des armes, selon PolySeSouvient

La Presse.ca, Mis à jour le 15 octobre 2019 à 14h15

Des familles des victimes de tueries au Québec estiment que voter pour le Parti conservateur, le 21 octobre, équivaudra à voter pour le lobby des armes.

LIA LÉVESQUE, LA PRESSE CANADIENNE

Si le Parti conservateur gagne lors du scrutin de lundi prochain, le lobby des armes aura gagné, estime Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient et diplômée de l’École polytechnique de Montréal en 1980.

Presque 30 ans après la tuerie de Polytechnique, en 1989, des familles des victimes et des survivants de tueries ont rencontré la presse, mardi dans l’institution universitaire, pour expliquer la lecture qu’ils font des engagements des partis politiques quant au contrôle des armes à feu.

« Ce que nous disons aux Canadiens, c’est qu’un vote pour les conservateurs, c’est un vote pour le lobby des armes. Si les conservateurs rentrent, le lobby des armes va avoir gagné au niveau du contrôle des armes », a lancé Mme Rathjen.

À ses côtés se trouvaient d’autres victimes, parmi lesquelles Nathalie Provost, qui avait été blessée lors de la tuerie de Polytechnique, Suzanne Laplante-Edward, qui a aujourd’hui 80 ans et qui se bat encore, au nom de sa fille Anne-Marie, morte lors de la même tuerie, et Boufeldja Benabdallah, président de la Grande Mosquée de Québec. Une troisième génération se trouvait à leurs côtés, des jeunes en faveur d’un meilleur contrôle des armes à feu.

« Un gouvernement conservateur va sonner le glas du contrôle des armes ; ça va être fini », s’est exclamée Mme Laplante-Edward, la gorge nouée en rappelant la mémoire de sa fille.

« Nous connaissons les conséquences d’un faible contrôle. Et tout ce que nous souhaitons, c’est empêcher que d’autres vivent la même terreur que Polytechnique a connue, que Dawson (le Collège) a connue, que la Grande Mosquée de Québec a connue », a lancé à son tour M. Benabdallah.

Après 30 années de combat, Mme Rathjen estime que « c’est vraiment un moment critique pour le contrôle des armes à feu. Trente ans plus tard, avec les cycles électoraux, on recule, on n’avance pas — même avec le peu de progrès qu’on a fait la dernière fois ».

Par son expression « dernière fois », elle fait référence au mandat du gouvernement Trudeau, pendant lequel il a fait adopter la loi C-71, qui a notamment permis de renforcer la vérification des antécédents et d’exiger des vendeurs qu’ils vérifient la validité du permis d’armes à feu avant de vendre une arme sans restriction.

Elle juge donc le dernier mandat de M. Trudeau « positif mais décevant » en la matière. Il a franchi quelques pas, mais pas suffisamment, a-t-elle résumé.

Aux yeux du groupe, c’est le Parti libéral du Canada qui a maintenant les engagements les plus précis en la matière, comme une interdiction totale des armes d’assaut, sans clause grand-père, avec un engagement de racheter les modèles existants qui ont été acquis légalement.

Bien qu’il n’ait pas mis ces engagements précis en vigueur durant ses quatre années de pouvoir, Mme Rathjen estime que son engagement d’aujourd’hui est sincère.

Mme Rathjen relève que le Bloc québécois, le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert appuient aussi un meilleur contrôle des armes en général et interdiraient les armes d’assaut.

« Les autres partis, le Parti libéral, le Nouveau Parti démocratique, le Bloc québécois et le Parti vert sont tous en appui au contrôle des armes, mais la plateforme libérale est la plus forte », a résumé Mme Rathjen.

Quant au Parti populaire de Maxime Bernier, elle estime qu’il augmenterait l’accès aux armes d’assaut et légiférerait pour protéger les intérêts des propriétaires d’armes.

Anniversaire de l’attentat de la Grande Mosquée: «J’ai été très impressionné»

AUDREY TREMBLAY, Le Nouvelliste, 31 janvier 2018

La Tuque — Serge St-Arneault, qui a perdu sa sœur Annie lors de la tragédie de l’école Polytechnique, s’est rendu à Québec dans les derniers jours avec des membres du mouvement PolySeSouvient en soutien aux victimes et aux survivants de la tuerie au Centre culturel islamique de Québec. Il a assisté à plusieurs événements en lien avec le triste anniversaire de la tragédie.

«C’était une communion spirituelle autour d’un événement tragique et c’est tout le monde qui est venu soutenir les éprouvés avec une prière. J’ai été très impressionné. […] Des enfants ont chanté, des membres des Premières Nations ont aussi participé», a lancé Serge St-Arneault.

C’est ainsi qu’il a décrit le recueillement spirituel en mémoire des victimes de l’attentat de la Grande Mosquée de Québec qui a eu lieu au courant du dernier week-end. Une soirée qui regroupait à la fois des témoignages des familles et une deuxième partie plus spirituelle.

«C’est quand même remarquable que tous ces gens de diverses communautés de foi prient ensemble pour les familles éprouvées qui sont musulmanes et prient pour les défunts musulmans également. Cela a été un moment très fort. Chacun venait avec sa coloration spirituelle pour prier et soutenir la communauté éprouvée», a-t-il raconté.

Serge St-Arneault a également participé au grand rassemblement pour commémorer l’attentat du 29 janvier 2017 à la Grande Mosquée de Québec. Outre les messages livrés de part et d’autre par les familles touchées, deux grandes choses sont ressorties de cette soirée selon M. St-Arneault. D’abord le témoignage de Nathalie Provost, survivante du massacre de Polytechnique et membre du mouvement PolySeSouvient.

«C’était un discours très personnel, mais qui a touché beaucoup de gens […] On se retrouve ensemble meurtri autour d’une blessure. Il y a un lien entre la polytechnique et la tragédie de Québec. C’était important qu’on soit là»

Puis il y a eu le discours de Justin Trudeau qui s’est démarqué par «sa force et son message» selon M. St-Arneault. «J’ai été renversé par la force et le charisme de Justin Trudeau. Je l’ai trouvé extraordinaire. J’ai été ébahi par son discours qui était à un autre niveau. Il y a des discours politiques qui sont bons, mais celui de Justin Trudeau était extraordinaire. […] C’était inspirant, et pour moi ç’a été le point tournant»

«Il a interpellé toute la population à se regarder et à faire une vérité en nous. On devrait se diriger vers une société harmonieuse dans les respects des uns et des autres et faire face à ces peurs qui nous habitent. Il est ensuite rentré dans l’épineux problème d’islamophobie», se souvient-il.

CONTRÔLE DES ARMES À FEU

La nouvelle Loi sur l’immatriculation des armes à feu est entrée en vigueur lundi. Serge St-Arneault, qui se bat aux côtés de PolySeSouvient pour le contrôle des armes à feu, se réjouit évidemment de l’annonce le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux. Par contre, il est encore possible de faire mieux selon M. St-Arneault.

«C’est un débat qui va continuer encore, ce n’est pas terminé», a-t-il noté.

«Les nouveaux règlements du gouvernement viennent combler une lacune et le but essentiel c’est la sécurité publique. Par contre, nous sommes conscients que l’éducation à la responsabilité civile est fondamentale. On ne peut pas simplement imaginer que la société va être sécuritaire strictement avec un meilleur contrôle des armes à feu. Il faut s’engager dans l’éducation et la prévention», a conclu M. St-Arneault.

J'ai été impressionné

Commémoration citoyenne de l’attentat du 29 janvier 2017 à Québec.

Ensuite, il y a le discours du Premier Ministre Justin Trudeau qui a été remarquable. Je n’ai trouvé qu’un bref passage sur Internet qui, à mon avis, ne transmet pas l’essentiel de son allocution. Justin a beaucoup insisté sur les peurs qui nous paralysent. Il a fait appel à l’esprit d’accueil des Québécois et Canadiens dans le respect de nos différences.

Le premier ministre est également revenu sur la réflexion qui dure depuis un an.

«On est unis dans une réflexion de comment, comment on va continuer de construire une société ouverte, généreuse, respectueuse de nos différences, qui célèbre nos différences. Cette réflexion continue.»

Autre liens :

Je remercie Gabrielle, bénévole qui nous a accueillis, et je salue Michel Leroux, Heidi Rathjen et Benoit Laganière qui représentaient avec moi Polysesouvient.