Joe Biden réclame l’interdiction des fusils d’assaut

(Boulder) Le président Joe Biden a réclamé mardi l’interdiction des fusils d’assaut après une nouvelle tuerie qui a relancé le débat sur la prolifération des armes à feu aux États-Unis et dont l’auteur présumé, un jeune homme de 21 ans, a été inculpé.

Publié le 23 mars 2021 

LAURENT BANGUET, AGENCE FRANCE-PRESSE

Ce massacre lundi, qui a fait 10 morts dont un policier dans un supermarché de Boulder, dans le Colorado, est intervenu moins d’une semaine après qu’un homme a abattu huit personnes dans des salons de massage asiatiques d’Atlanta, en Géorgie. Une répétition qui a suscité des appels pressants envers l’administration démocrate et les élus à agir.

Identifié comme Ahmad Al Aliwi Alissa, le suspect a été blessé à la jambe et hospitalisé. Il se trouve dans un « état stable », a déclaré Maris Herold, la cheffe de la police de Boulder. « Il a été inculpé de dix meurtres », a-t-elle précisé.

Les motivations de cet homme, décrit comme « asocial » et « paranoïaque » par des proches qui pour certains ont évoqué des troubles psychiques, ne sont pas encore connues.  

Le jeune homme, issu d’une famille d’immigrants syriens et revendiquant sa religion musulmane, avait fait l’acquisition d’une arme semi-automatique Ruger AR-556 moins d’une semaine avant la fusillade.

Toutes les victimes ont été identifiées et étaient âgées de 20 à 65 ans. Parmi elles figure notamment un policier de 51 ans, Eric Talley, premier arrivé sur place pendant la fusillade. Des dizaines de personnes lui ont rendu hommage mardi en recouvrant de fleurs et de ballons sa voiture de patrouille, garée devant le poste de police de Boulder, pour honorer sa mémoire. Trois autres victimes étaient des employés du supermarché King Soopers.

Le président Biden a ordonné que les drapeaux soient mis en berne dans tous les bâtiments publics. « Je n’ai pas besoin d’attendre une minute de plus, encore moins une heure, pour prendre des mesures de bon sens qui sauveront des vies à l’avenir et pour exhorter mes collègues à la Chambre et au Sénat à agir », a-t-il dit. « Nous devons aussi bannir les fusils d’assaut », a-t-il ajouté.

« Bang, bang, bang »

Le suspect est accusé d’avoir abattu 10 personnes lundi après-midi dans ou autour du magasin King Soopers de Boulder.

Des images diffusées en direct ont montré un homme, seulement vêtu d’un short de sport et les mains menottées dans le dos, emmené par des policiers hors du magasin. Selon les enquêteurs, le suspect s’était dévêtu avant de se livrer aux policiers d’élite qui avaient pénétré dans le supermarché.

Des témoins avaient indiqué avoir d’abord entendu plusieurs coups de feu sur le stationnement du King Soopers, où Ahmad Al Aliwi Alissa aurait commencé par tuer un homme de plusieurs balles avant de poursuivre ses tirs à l’intérieur après l’arrivée de la police.  

Nevin Sloan, qui en a réchappé de peu avec sa femme Quinlan, a décrit la panique grandissante à mesure que les détonations se rapprochaient.

« Soudain, on a entendu plus de “bang, bang, bang, bang”. J’ai couru vers elle (sa femme) et je lui ai dit “Eh, il faut qu’on sorte d’ici” », a-t-il raconté à la chaîne CBS. Ils ont ensuite aidé d’autres clients à fuir par une sortie de secours, selon lui.

« Il faut agir »

Les fusillades de ce type, notamment dans les écoles, les centres commerciaux ou les lieux de culte, sont un mal récurrent des États-Unis que les gouvernements successifs ont été impuissants à endiguer.

« Nous devrions pouvoir faire nos courses sans crainte… Mais en Amérique, c’est impossible », a déploré mardi l’ancien président Barack Obama, appelant dans un communiqué à « surmonter l’opposition de politiciens lâches et la pression du lobby des armes à feu ».

« Il faut agir maintenant pour empêcher ce fléau de continuer à ravager notre population », a dit la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a de son côté dénoncé « une épidémie continue de violence par armes à feu qui vole des vies innocentes avec une alarmante régularité ».

Mais l’hypothèse d’un durcissement des lois sur les armes reste improbable compte tenu de l’opposition des républicains.

Le Colorado a déjà connu deux des pires tueries de l’histoire américaine. En 1999, deux adolescents avaient tué 12 camarades de classe et un enseignant dans leur lycée de Columbine. Et en 2012, un homme lourdement armé avait abattu 12 personnes dans un cinéma d’Aurora.

La ville de Boulder avait décrété une interdiction sur les « armes de type fusil d’assaut » et les chargeurs à grande capacité après une fusillade dans une école secondaire de Parkland (17 morts), en Floride en 2018. Mais selon le journal Denver Post, un juge a suspendu cette interdiction la semaine dernière, une décision saluée par la National Rifle Association (NRA), le premier lobby des armes.

Cette organisation a publié sur Twitter après la fusillade de Boulder une reproduction du deuxième amendement de la Constitution américaine protégeant le droit des citoyens à porter les armes.

LIEN

Au sujet du deuxième amendement sans cesse répété par les partisans de la NRA, je vous propose de lire l’article suivant que j’ai écrit à ce sujet :

L’ÉPINEUSE QUESTION DU CONTRÔLE DES ARMES À FEU AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE.

Extrait :

Contempler le crucifié.

Père Serge St-Arneault, M.Afr

La croix est le symbole représentatif des chrétiens comme l’est aujourd’hui le croissant pour les musulmans ou l’étoile de David pour les juifs.

Les premières communautés chrétiennes utilisaient les symboles du poisson et des pains en souvenir de la multiplication de ces aliments par Jésus, représentant du même coup le rassemblement eucharistique ainsi que la présence du Christ ressuscité.

Signifiant l’abondance promise aux chrétiens, le symbole du poisson était accompagné des lettres « ICHTUS » (ἰχθύς) qui peuvent se traduire par « Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur. » Or, la croix, qui désormais représente la foi chrétienne, commémore l’atroce mort de l’homme Jésus.

Depuis quand la croix est-elle le symbole des chrétiens?

D’un point de vue historique, selon la tradition chrétienne, c’est sainte Hélène, la mère de l’empereur Constantin 1er, qui aurait découvert la croix de Jésus ainsi que celles des deux larrons, lors d’un pèlerinage en Palestine entrepris en 326.

L’Empereur Constantin a par la suite érigé une basilique sur l’emplacement du Golgotha. L’Empire romain triomphant imposait depuis longtemps déjà le sigle SPQR (Senatus populusque romanus) qui signifie « le Sénat et le peuple romain ». Il fut l’emblème de la République romaine, puis de la tradition de l’Empire romain. Ces quatre lettres représentaient le pouvoir politique romain.

Constantin a-t-il senti le besoin de modifier le signe SPQR par celui de la croix ? Peut-être pas! Cependant, choisir entre le symbole de la croix et celui des poissons, le plus saisissant ou impressionnant est sans conteste celui de la croix. La force dramatique de la mort sanglante de Jésus correspondait mieux à la culture romaine basée sur la coercition que quelques poissons et bouts de pain suggérant le partage. Or, les Romains étaient des conquérants peu soucieux de partager leurs richesses. Le christianisme, en tant que nouvelle religion d’État, n’a pas changé les vieilles habitudes impériales. Tout cela n’est qu’une hypothèse, la mienne!

Ce qui est plus certain, c’est que depuis le VIe siècle, c’est-à-dire après la chute de l’Empire romain, la croix est régulièrement associée aux représentations du Christ. Celle-ci a été implantée un peu partout et a incorporé au long des siècles une autre signification; celui de la prise de possession de territoires au nom d’un roi chrétien ou peut-être même de la papauté. À titre d’exemple, Jacques Cartier a planté une croix à Gaspé et sur le sommet du mont Royal à Montréal. D’après les recherches historiques récentes, il semble bien que les autochtones qui ont accueilli Jacques Cartier aient compris la portée symbolique de cette croix et s’y soient opposés, en vain.

D’un autre côté, la croix de Jésus a fait naitre un vaste éventail de richesse spirituelle. La vie sur terre a été et demeure un chemin de croix pour la vaste majorité de l’humanité, et pour nous aussi. La croix de Jésus est souvent une source de réconfort spirituel lorsque nous traversons les moments difficiles. Puisque l’homme Jésus a porté sa croix, puisqu’il s’est relevé trois fois et qu’il a atteint le sommet du Golgotha, ce même Jésus nous enseigne que la souffrance n’est pas une malédiction, mais une réalité intrinsèque à notre condition mortelle. Ce que Jésus nous enseigne est qu’au-delà de la croix, la sienne et la nôtre, il y a une rédemption.

L’enseignement fondamental de la croix de Jésus est le pardon total à ses bourreaux. La croix est le symbole par excellence du pardon radical et de la proclamation de l’amour divin. Notre ambition, comme chrétiens, est d’être crucifiés avec Jésus (Gal 2,19).

Contempler la croix.

La contemplation de la croix est donc un moyen de nous rappeler que le chemin du parfait amour est le don de soi qui peut, dans certains cas, être douloureux. Une libération profonde et sincère de nos cœurs meurtris n’est possible que par le pardon. Nous ne parvenons pas à atteindre cette profondeur libératrice par nos propres forces. Cela n’est possible que par l’exemple courageux et la force du pouvoir d’absolution de l’homme Jésus sur la croix. Jésus a remis sa vie entre les mains de Dieu, son père.

« Maintenant mon âme est bouleversée, de dire Jésus. Que vais-je dire? « Père, sauve-moi de cette heure »? – Mais non! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci! Père glorifie ton nom! »

Quelques présentations du Christ en croix.

Les représentations de Jésus sur la croix sont innombrables. La croix a inspiré les artistes selon leur époque et leur contexte culturel. Voici quelques exemples du Malawi.

Des survivantes de Polytechnique ne veulent plus être vues avec Trudeau

Extrêmement déçues par le nouveau projet de loi d’Ottawa sur le contrôle des armes à feu, une trentaine de survivantes et proches de victimes de la tuerie de Polytechnique demandent à Justin Trudeau de ne plus apparaître à leurs côtés lors des commémorations futures.

TRISTAN PÉLOQUIN, LA PRESSE, Publié le 18 mars 2021

« Ça suffit, les belles photos de monsieur Trudeau avec le regard larmoyant à nos côtés », lance Nathalie Provost, une survivante de la tuerie qui a cosigné la lettre ouverte acheminée au premier ministre mercredi.

« Si vous poursuivez avec ce projet de loi, plus jamais nous n’accepterons de vous recevoir à nos côtés lorsque nous pleurerons la mort de nos filles, de nos sœurs, de nos amies, lors des commémorations annuelles », promet la lettre envoyée au premier ministre.

Les 33 signataires reprochent au gouvernement d’essayer de « duper » la population avec du « verbiage politique et des slogans accrocheurs » avec son nouveau projet de loi C-21, qu’ils décrivent comme une « trahison ». Ce projet de loi, déposé en février, permettra aux propriétaires de plus de 1500 modèles d’armes à feu « de type militaire » de conserver leurs armes selon des conditions plus strictes. Il leur sera notamment interdit de les utiliser dans des champs de tir, de les léguer ou de les vendre, d’en acquérir de nouvelles ou d’en importer. Ils devront aussi obtenir un permis de possession d’arme à autorisation restreinte, les enregistrer et se conformer à des règles d’entreposage plus contraignantes.

En 2019, M. Trudeau avait lui-même promis, lors de la cérémonie commémorative marquant le 30e anniversaire de la tuerie de Polytechnique, de « renforcer le contrôle des armes à feu en éliminant et en interdisant les armes d’assaut de style militaire ». « Nous avons un consensus clair à la Chambre des communes, nous avons un consensus clair à travers le pays », avait-il déclaré, devant une foule largement composée de survivantes du drame et de leurs proches.

Son gouvernement a ensuite annoncé, en mai dernier, qu’il souhaitait interdire ces armes « conçues expressément pour les soldats et pour tuer des gens ». Le Ruger Mini-14, utilisé par le tueur de Polytechnique, et la VZ58, arme que possédait le tueur de la Grande Mosquée de Québec (mais qui s’est enrayée) figurent dans la liste des armes désormais prohibées.

Le gouvernement Trudeau a cependant mis de l’eau dans son vin en février, en annonçant une forme de « clause grand-père » (clause de droits acquis) pour permettre aux propriétaires actuels de ces armes semi-automatiques « de type militaire » de les conserver.

Un programme de rachat de 250 millions de dollars, prévu par le gouvernement pour retirer ces armes des mains des propriétaires, devient de ce fait volontaire.

M. Trudeau a indiqué qu’il « remerci[ait] les signataires de la lettre et leur répondra[it] directement ». « Nous partageons leur volonté de resserrer le contrôle des armes à feu au pays et nous les remercions pour leur travail et leur engagement », a-t-il affirmé dans une déclaration transmise par son attachée de presse Ann-Clara Vaillancourt.

« Ces armes sont des outils qui ont été conçus spécifiquement pour tuer le plus de gens possible, le plus rapidement possible, et elles n’ont pas leur place dans notre société. Depuis le 1er mai 2020, il est illégal d’utiliser, d’acheter, de vendre, de transférer ou de léguer des armes d’assaut de style militaire dans notre pays. Nous allons continuer d’écouter et de travailler avec les provinces, les municipalités, et les parties prenantes qui veulent resserrer le contrôle des armes à feu », ajoute la déclaration.

Influence du lobby des armes

Jean-François Larrivée, l’un des cosignataires de la lettre dont la femme est morte sous les balles lors du drame de Polytechnique, déplore qu’« aucune des tragédies, que ce soit celle de Polytechnique, celle de Dawson ou celle de la mosquée de Québec, n’aurait été empêchée avec ce projet de loi du gouvernement Trudeau ».

« Les tueurs responsables de ces tragédies avaient tous des armes légalement acquises. Si le gouvernement ne rend pas son programme de rachat des armes d’assaut obligatoire, ou s’il n’exige pas qu’elles soient rendues inopérantes, en coulant par exemple du plomb dans le canon, rien n’empêchera une personne dont deux fils se touchent dans la tête de provoquer un drame semblable. Ce n’est pas un simple édit gouvernemental qui interdit leur utilisation qui va empêcher des drames de se produire », croit-il.

Pour Mme Provost, qui milite depuis des années pour l’interdiction des armes d’assaut, « le puissant lobby des armes à feu a fini par gagner ».

Le projet de loi C-21 s’est aussi attiré les critiques de nombreuses municipalités du gouvernement québécois, parce qu’il délègue aux villes le pouvoir d’interdire les armes de poing. La ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, s’est dite « agacée » par cette délégation de pouvoir aux quelque 1100 municipalités de la province, qui risque selon elle de créer de la « confusion ».

« Réalisez-vous que votre projet de loi vise à créer une mosaïque de plus de 3000 législations auprès de municipalités qui n’ont jamais demandé et qui ne veulent pas de ce pouvoir ? », demandent les cosignataires à M. Trudeau, qui y voient un « fardeau inutile sur les épaules des élus municipaux ».

Avec Mélanie Marquis, La Presse

LIENS :

VIDEO Radio-Canada

Canadian Press

Updated – Montreal

Canadian Press: update – Canada

CBC – English

Presse canadienne française

Le Metro – lettre publiée

Metro 

Welland Tribune

RADIO ICI Radio-Canada Hugo Lavoie

Radio 98.5 

Des familles de Polytechnique menacent de déclarer Trudeau « persona non grata »

Des survivantes, des familles et des témoins touchés par le drame de Polytechnique ont l’impression d’avoir été utilisés par le gouvernement libéral.

Louis Blouin, Radio-Canada

Le premier ministre du Canada est accusé « d’abandonner » et de « trahir » les victimes de violence par armes à feu et leurs proches. Dans une lettre cinglante adressée à Justin Trudeau, des survivantes et des proches de femmes tuées lors du drame de Polytechnique lui demandent de revoir de fond en comble son projet de loi C-21 sur le contrôle des armes.

Le ton de la longue missive, dont Radio-Canada a obtenu copie, est très dur.

Nous tenons, par la présente, à vous exprimer notre colère à l’endroit du lamentable projet de loi C-21, peut-on lire d’entrée de jeu dans la lettre envoyée à Justin Trudeau. L’absence d’un programme de rachat obligatoire pour les armes d’assaut interdites au printemps 2020 est au cœur des critiques.

Les signataires accusent le gouvernement libéral d’hypocrisie. Bien que vous et votre gouvernement puissiez sans doute duper une importante partie de la population avec du verbiage politique et des slogans accrocheurs, vous ne pouvez pas duper les familles et les survivants qui se battent depuis plus de 30 ans pour le contrôle des armes, peut-on lire dans la lettre.

Elle contient aussi une mise en garde claire : si Justin Trudeau ne modifie pas substantiellement sa proposition législative sur le contrôle des armes, il ne sera plus le bienvenu aux commémorations du drame de Polytechnique du 6 décembre 1989.

Une trentaine de personnes ont signé la lettre, dont une quinzaine de proches de victimes du drame de Polytechnique, ainsi que des survivantes et des témoins.

Le gouvernement Trudeau maintient que son approche est la bonne en matière de contrôle des armes à feu.

Si Justin Trudeau a participé aux commémorations du 6 décembre ces dernières années à Montréal, l’accueil pourrait être bien différent la prochaine fois. Jean-François Larivée, qui a perdu son épouse Maryse Laganière le 6 décembre 1989, ne mâche pas ses mots envers le premier ministre.

Nathalie Provost, une survivante de la tuerie, en rajoute : Pour moi, il n’est plus le bienvenu là. Je n’irai plus le saluer. Je n’accepterai plus ses bons mots de condoléances ou de sympathie […]. Pour moi, ça devient de l’hypocrisie de le répéter fois après fois et de ne pas faire les gestes qui sont efficaces.

Je dois vous avouer qu’on se sent utilisés, affirme Nathalie Provost.

Un sentiment que partage Jean-François Larivée. Ils se sont servis de ce qu’on disait, de ce qu’on faisait, pour avoir plus de votes et, finalement, ils nous trahissent parce que le projet de loi qui est déposé, là, ce n’est absolument rien. C’est de la poudre aux yeux, c’est un écran de fumée, affirme-t-il.

Un projet de loi critiqué

Le groupe PolySeSouvient aimerait que l’interdiction des armes d’assaut annoncée au printemps dernier soit accompagnée d’un programme de rachat obligatoire, plutôt que facultatif. Selon ce qui est prévu dans le projet de loi C-21, les propriétaires des armes proscrites ne seraient pas forcés de les rendre aux autorités en échange d’une compensation et pourraient les conserver, sans les utiliser, à condition de les entreposer de manière sécuritaire.

Les signataires déplorent que, selon le plan libéral, ces armes demeurent en circulation; ils craignent qu’un éventuel gouvernement conservateur puisse annuler cette interdiction.

Demain, dans une semaine, dans un an, les tueurs de Polytechnique, de Dawson ou de la mosquée, tous détenteurs de permis de possession et propriétaires d’armes d’assaut acquises légalement, pourraient commettre les mêmes massacres avec les mêmes armes et les mêmes chargeurs à grande capacité, est-il écrit dans la lettre. Non, nous ne serons pas plus en sécurité grâce à votre projet de loi.

Ottawa garde le cap

Dans une déclaration écrite, le bureau du premier ministre a remercié les signataires de la lettre et s’est engagé à leur répondre directement. Nous allons continuer d’écouter et de travailler avec les provinces, les municipalités, et les parties prenantes qui veulent resserrer le contrôle des armes à feu, a-t-on ajouté.

Le projet de loi, comme tel, nous sommes persuadés que c’est la bonne approche à prendre, affirme de son côté Joël Lightbound, secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique. Il rappelle que les groupes intéressés pourront s’exprimer en comité parlementaire et assure que le gouvernement sera à l’écoute.

M. Lightbound réitère que des programmes de rachat obligatoire des armes d’assaut ont eu des résultats mitigés dans d’autres pays, comme la Nouvelle-Zélande. Le tiers des armes leur a été rendu, les deux tiers sont toujours en circulation, souligne-t-il.

Au Canada, les propriétaires qui veulent conserver les armes interdites devront les enregistrer et ne pourront pas les utiliser, ajoute-t-il. Je comprends la douleur des familles des victimes qui veulent qu’on en fasse toujours plus, explique-t-il.

PolySeSouvient aimerait aussi voir une interdiction des armes de poing à l’échelle nationale, alors que le gouvernement Trudeau veut laisser le soin aux villes, individuellement, de les interdire sur leur territoire. Ce fardeau n’incombe pas aux villes, selon les signataires. Assumez vos propres responsabilités, monsieur le premier ministre! lancent-ils.

À Ottawa, les troupes bloquistes ont déjà laissé entendre qu’elles avaient l’intention de proposer des changements au projet de loi C-21 en comité parlementaire pour que le programme de rachat des armes d’assaut de type militaire soit obligatoire. Selon la députée Kristina Michaud, le gouvernement Trudeau doit faire preuve de courage une fois pour toutesS’il est pour un resserrement du contrôle des armes d’assaut, il doit rendre le programme de rachat obligatoire, comme nous le lui demandons, a-t-elle ajouté.

Le Nouveau Parti démocratique, de son côté, déplore que le projet de loi C-21 manque cruellement de mordant, en matière de lutte contre le trafic d’armes, notamment. Toutefois, il ne fait pas du programme de rachat obligatoire une condition sine qua non pour l’appuyer.

À la mi-février, le Parti conservateur avait réitéré son opposition à un régime d’interdiction des armes d’assaut et à un programme de rachat pour les propriétaires. Le fait de retirer leurs armes aux citoyens respectueux des lois ne fait rien pour arrêter les dangereux criminels et les gangs qui obtiennent leurs armes illégalement, avait alors déclaré le lieutenant politique d’Erin O’Toole au Québec, le député Richard Martel.

Pour Nathalie Provost, c’est la bataille de la dernière chance pour obtenir une loi plus musclée en matière de contrôle des armes. Si ce projet de loi est adopté [dans sa forme actuelle], pour nous, c’est comme un combat perdu complètement. C’est 30 ans de militantisme perdus. Trente ans d’engagement, trente ans de convictions, perdus, dit-elle.

On allait avoir un château en pierre, puis on a fini avec un château de cartes qu’un simple souffle des conservateurs va pouvoir détruire, s’inquiète Jean-François Larivée.

L’épreuve de la Covid-19

Par Serge St-Arneault, M.Afr

« Parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de la Passion, Jésus est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve. » Hébreux 2, 18

Au moment d’écrire ces quelques lignes, le couvre-feu a été imposé sur tout le territoire du Québec. Cela ne s’était jamais vu. La raison est bien connue : réduire la propagation du virus de la Covid-19. La capacité des hôpitaux pour accueillir les malades a atteint sa limite et le vaccin n’a pas encore été largement administré. Bref, nous vivons des temps difficiles. Le monde entier vit des heures dramatiques.

« Nous étions si bien avant la pandémie. Pourquoi cela nous arrive-t-il? » Tel est le cri du cœur de beaucoup de personnes. Ce ne sont pas seulement les aînés qui déplorent l’isolement et les restrictions, le port du masque et les mesures de distanciation. La santé mentale des plus jeunes est aussi affectée. C’est difficile pour tout le monde.

« Pourquoi cela nous arrive-t-il? » À vrai dire, le plus troublant est de ne pas savoir d’où provient ce virus et comment il se propage. Chose certaine, nos habitudes de vie, notre joie de vivre, nos accolades ont cédé leur place à la morosité, la peur ou la colère.

Dans ces circonstances, oserons-nous transformer cet immense défi en opportunité? En effet, nous avons, pour ainsi dire, la chance de remettre en question nos choix personnels et de sociétés. La pandémie nous oblige à revisiter nos valeurs et nos priorités sous le regard de Dieu. Il est temps d’amorcer une nouvelle conversion, du moins, nous sommes invités à le faire. Si le Verbe de Dieu s’est fait chair, selon notre foi, cela est encore plus vrai en ce moment de notre existence. Nous ne sommes pas laissés à nous-mêmes pour surmonter l’épreuve qui nous accable.

Puisqu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de la Passion, Jésus est capable de nous porter secours dans l’épreuve que nous subissons. Il n’y a pas de réponse adéquate à celle du pourquoi. L’essentiel est de nous interroger sur notre réaction face à la réalité. Jésus, ne l’oublions pas, a subi la Passion. Le fait qu’il a porté JUSQU’AU BOUT cette épreuve nous certifie que Jésus, en partageant notre condition humaine, a réduit la mort à l’impuissance.

Munissons-nous de patience et de confiance pour surmonter ensemble, JUSQU’AU BOUT, la pandémie actuelle. C’est là notre manière de faire Église au moment même où les églises sont fermées. Notre partage eucharistique, à défaut d’être le pain consacré, est celui de la communion fraternelle, somme toute distancée, mais profondément spirituelle. Le corps du Christ est ce peuple de Dieu en marche que nous formons même en période de confinement.

Dans le numéro d’aujourd’hui de la Lettre aux Amis, le frère René nous donne l’exemple d’un homme qui va JUSQU’AU BOUT de sa mission. Le père Boivin nous invite à un pèlerinage intérieur selon les saisons. Nous sollicitons aussi votre aide pour un projet de construction d’une ferme moderne aqua-agro-pastorale au Togo. Vous verrez aussi l’importance du chant sacré dans l’évangélisation des Sénoufos en Côte d’Ivoire.

Bill C-21; « An elephant giving birth to a mouse. »

By Serge St-Arneault

On the last day of classes of the fall school semester, my sister Annie was assassinated in a classroom with a legal military-style assault weapon at the Montréal Polytechnique engineering university.

Since that day, my family and many others have been working to remove assault weapons from our communities and our streets. This has never been achieved, not even during the decade-long period when the long-gun registry was in effect (which was later abolished by Stephen Harper’s Conservative government).

Since then, many innocent people have been injured or killed by assault weapons, most of them legally acquired and owned under Canadian law, including the one used in the Dawson College school shooting.

In any sane world, these weapons would be limited to the military.

Of course, we are not close to experiencing the gun carnage that is ravaging communities across the United States. Nearly 40,000 Americans are killed by guns every year. That’s one murder every fifteen minutes. Unfortunately for Canadians, we have our own home-grown “NRA” and are increasingly mimicking the US culture that values guns over lives.

Both shootings of a 15-year-old girl in Montreal on February 7th and of a 14-year-old girl in Toronto on February 12th testify to that.

In 2019 fall election, the Liberal Party of Canada finally committed to banning military-style assault weapons. They also promised to buy-back “all” existing ones. The families cheered and told Canadians the Liberals had the strongest position of all political parties. They got elected on those commitments.

Six months later, on May 1st, Prime Minister Trudeau unveiled a series of Orders in Council that made it illegal “to buy, sell, transport, import or use military-grade assault weapons in this country”. This was to be followed by an “evergreen law” to complete the ban and make it permanent.

We thought we had won. Canada was heading in the right direction, reflecting the polls that invariably show 80% of Canadians support banning these weapons. One mid-May Environics Research poll showed that even despite the pandemic, a clear majority still want the Liberals to move forward with the mandatory buyback — as was done in New Zealand and Australia following their own mass shootings.

« An elephant giving birth to a mouse. » This pretty much sums up what happened on the morning of February 16th.

Bill C-21 was going to pave the way for a bold long-awaited reform that would lead to a complete and permanent removal from the Canadian landscape of the weapons of choice for mass murders.

Sadly, all the pomp and circumstance, assorted with dramatic talking points, were nothing but hollow theatrics and a missed opportunity to finally end the protracted and painful national gun control debate.

While Chrystia Freeland tweeted that with Bill C-21, “the government introduced legislation that will fulfill our commitment to take the most dangerous guns off our streets and out of our communities”, the Liberals decided to back out of their promise and instead rely on the goodwill of gun owners to surrender their assault weapons or to keep them and never, ever shoot them again, as that would no longer be “allowed”.

The same weapons that Trudeau described as being « designed for one purpose and one purpose only: to kill the largest number of people in the shortest amount of time”, adding, “There is no use and no place for such weapons in Canada.”

Of all people, Mr. Trudeau should know that as long as these weapons remain in circulation, they represent an unacceptable safety risk. Indeed, Corey Hurren, the 46-year-old Manitoba Reservist, licensed gun owner and avowed QAnon follower had in possession at least one of these newly prohibited weapons — part of the arsenal he had with him as he rammed his truck through the gates of Rideau Hall last July. His plan was to “arrest” the Prime Minister because of COVID-19 restrictions and … the recent prohibition of assault weapons. This man left behind a letter in which he wrote that “he hopes his children would understand his actions”.

With Bill C-21, tens of thousands of semi-automatic assault-style weapons will remain in private hands. Similar tragedies can and will happen again.

If owners choose to keep their weapons, it won’t be because they will have accepted that from now on these will forever be useless “souvenirs” from the good old days. No. They will keep them because they know full well that, armed with a little patience, the day will come when an O’Toole-led Conservative government will repeal the ban, as he has already pledged he would do.

And when that happens, we will be back at square one.

Except, we have no more energy to fight. We cannot continue to engage in this never-ending battle.

If passed, Bill C-21 will bring about the end of our three-decade-long battle for gun control that began on December 6, 1989.

And from then on, at every anniversary, during every commemorative ceremony, gun victims and their families — past, present and future — will remember the Trudeau government’s ominous capitulation to the gun lobby.

On pourra bouquiner à nouveau à la bibliothèque Annie-St-Arneault

5 février 2021

Suite à la récente annonce au sujet des nouvelles mesures sanitaires par le gouvernement du Québec, Ville de La Tuque confirme que la bibliothèque Annie-St-Arneault pourra ouvrir davantage au public à compter du mardi 9 février.

Voici les nouvelles mesures :

  • Ouverture au public avec distanciation physique, port du masque et lavage de mains.
  • Accès libre aux collections.
  • Accès au mobilier collectif.
  • Accès aux postes informatiques.
  • Service de prêts et retour de documents.
  • Service de référence et d’aide au lecteur.
  • Services en ligne.
  • Activités en ligne.

Québec pourrait déjà légiférer sur les armes de poing

Marco Bélair-Cirino et Marie Vastel à Ottawa et à Québec, Le Devoir, 25 février 2021

Le gouvernement québécois et l’Assemblée nationale réclament qu’Ottawa leur délègue le pouvoir d’interdire les armes de poing sur tout le territoire. Mais le gouvernement caquiste a déjà tout le loisir d’agir en ce sens, s’il le souhaite réellement, notent une source fédérale et des experts consultés par Le Devoir. La CAQ n’a cependant pas l’intention d’aller de l’avant pour l’instant.

Les élus québécois ont répliqué la semaine dernière au projet de loi fédéral C-21, visant à resserrer le contrôle des armes à feu, en déplorant qu’il passe par les municipalités pour leur permettre d’interdire à la pièce les armes de poing. Ottawa ferait mieux de confier ce pouvoir au Québec, ont-ils argué en adoptant une motion en ce sens à l’unanimitéJustin Trudeau s’était montré prêt à collaborer, vendredi, en rétorquant qu’il avait « hâte de travailler » avec le Québec.

Or, les champs de compétence partagés permettent actuellement au gouvernement québécois de légiférer en ce sens. « La réalité, d’un point de vue légal, c’est que n’importe quelle province a ce pouvoir », fait remarquer une source fédérale bien au fait du dossier. « C’est dans la Constitution. Le gouvernement québécois pourrait demain matin interdire les armes de poing partout sur le territoire. »

Le constitutionnaliste Pierre Thibault confirme, avec une nuance. « Le pouvoir d’interdire les armes à feu relève en exclusivité du Parlement fédéral, en vertu de la Constitution [qui lui accorde l’autorité exclusive de légiférer sur] la loi criminelle », note le doyen adjoint de la faculté de droit de l’Université d’Ottawa. « Mais si l’on parle de réglementer l’usage des armes à feu, là ce sont les provinces qui ont cette compétence. »

En d’autres mots, le Québec pourrait dès maintenant réglementer l’utilisation des armes de poing, leur entreposage, leur transport ou leur vente, en tout respect de ses champs de compétence actuels. La Cour suprême l’a d’ailleurs décidé, en 2000, en confirmant « la capacité des provinces de réglementer la propriété et les droits civils relativement aux armes à feu ».

« La réglementation pourrait resserrer tout, sauf la possession », résume M. Thibault. « Le Québec pourrait réglementer à un point tel que cela pourrait conduire à une interdiction dans les faits, mais pas en droit. Car si on fait indirectement ce qu’on ne peut pas faire directement et que cela aboutit à une interdiction, il y va y avoir des contestations judiciaires. »

Le professeur de droit Patrick Taillon, de l’Université Laval, l’atteste. « Il ne faut pas créer d’infraction criminelle. Mais le gouvernement pourrait créer une interdiction pénale dont la finalité de la loi se rattache à des sujets de compétences que le Québec a déjà. » La preuve que ce pouvoir existe, c’est que le Québec réglemente des permis de chasse, par exemple, et s’est créé un registre des armes à feu — à la suite de l’abolition du registre fédéral des armes d’épaules.

La CAQ préfère un autre scénario

À Québec, le gouvernement caquiste a cependant rétorqué qu’il jugeait prématuré d’envisager un tel scénario même s’il ne donne pas cher de la peau du projet de loi C-21 — qui est porté par un gouvernement minoritaire alors qu’une odeur d’élections flotte dans l’air.

« Le Québec est toujours prêt à collaborer avec le gouvernement fédéral pour améliorer le contrôle des armes à feu sur son territoire. Cela dit, nous répétons qu’il s’agit d’une mauvaise idée de donner cette responsabilité aux villes », a fait valoir le cabinet de la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

« Nous avons eu l’occasion d’exprimer la position du Québec ; nous allons laisser le gouvernement fédéral poursuivre ses travaux sur son projet de loi. Tout autre scénario serait hypothétique à l’heure actuelle », a indiqué son bureau mercredi.

Le C-21 propose d’inscrire au Code criminel l’obligation des détenteurs de permis de possession d’armes de poing de respecter les règlements municipaux qui viendraient en restreindre l’entreposage ou le transport. Autrement, ces derniers pourraient se voir révoquer leur permis ou même imposer une peine maximale de deux ans de prison.

Le groupe PolySeSouvient déplore non seulement qu’Ottawa n’interdise pas à l’échelle du Canada la possession d’armes de poing, mais qu’il n’ait rien proposé pour stopper leur prolifération. « Ils auraient pu au minimum geler le marché des armes de poing, soit en interdisant toute nouvelle importation ou fabrication, ce qui limiterait leur nombre à environ un million. Cela n’enlève rien à personne », dit sa porte-parole Heidi Rathjen. Elle déplore une tentative de « déresponsabilisation du gouvernement fédéral sur une question de juridiction fédérale » et préférerait que le C-21 soit modifié en ce sens. À Ottawa, on rétorque qu’on passe par les villes, car certaines provinces s’opposent à cette interdiction.

« S’il n’y a aucun, aucun espoir du fédéral, oui ce serait une avenue à explorer », dit Mme Rathjen de l’éventualité que Québec prenne les choses en main. « Mais, nous ne sommes pas rendus là encore. Il faut continuer de tenir le fédéral responsable. »

Le professeur Taillon observe que le fédéralisme mène habituellement à « des chicanes pour avoir la compétence d’agir. Mais il y a de ces moments où l’on assiste à des chicanes pour s’octroyer le devoir de ne pas s’occuper de quelque chose et de refiler la patate chaude à l’autre ordre de gouvernement ». Ce deuxième scénario semble se profiler, dans ce dossier. Peut-être parce que Justin Trudeau ne veut pas « payer le prix politique » dans certaines régions canadiennes et que la CAQ rassemble une large coalition d’électeurs issus de divers milieux, notamment certaines franges plus conservatrices et rurales, explique-t-il.

L’opposition veut de l’action

L’auteur de la motion de l’Assemblée nationale sur le C-21, le député solidaire Alexandre Leduc, se réjouit de voir que le fédéral semble encourager le Québec à légiférer lui-même. « S’il est en train de nous dire : “Allez-y, les provinces, empiétez sur notre pouvoir fédéral d’encadrer les armes à feu”, moi ça va me faire plaisir de déposer un projet de loi », dit l’élu indépendantiste.

Mais il prévient qu’il « est hors de question » dans l’esprit des députés québécois « qu’il ne se passe rien à la fin de la journée », puisqu’ils ont tous signalé à l’unanimité leur souhait de voir le Québec, et non les villes, appliquer cette interdiction.

Le péquiste Martin Ouellet préférerait aussi qu’Ottawa modifie son projet de loi. « S’il ne le fait pas, le gouvernement du Québec devra légiférer pour assurer un certain contrôle. »

Le libéral Jean Rousselle presse la CAQ d’« entamer rapidement des discussions » non seulement avec le fédéral, mais également avec les municipalités, la Sûreté du Québec, les corps policiers municipaux et le milieu communautaire.

Ottawa semble ouvert à déléguer à Québec le droit d’interdire les armes de poing

Actualités, par Lina Dib et Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne, 19 février 2021

OTTAWA — Déléguer à Québec le pouvoir d’interdire les armes de poing? Justin Trudeau y semble ouvert, mais ceux qui militent pour un plus grand contrôle des armes à feu croient que c’est une fausse bonne idée.

L’Assemblée nationale a adopté unanimement cette semaine une motion d’un député solidaire qui réclame cela. La motion prenait acte du refus des municipalités de se voir coller ce pouvoir dont elles ne veulent pas.

«Québec est prêt à prendre cette responsabilité», a-t-on indiqué, vendredi après-midi, au bureau de la ministre québécoise de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

La ministre parlera à son homologue fédéral Bill Blair la semaine prochaine, lui répétera que Québec voit d’un mauvais œil la délégation de ce pouvoir aux municipalités, et veut bien s’en charger. À son point de presse du vendredi, le premier ministre Trudeau semblait applaudir pareille initiative.

«Je félicite le Québec pour ses intentions et nous avons bien hâte de travailler avec eux et toute autre juridiction qui veut continuer de resserrer le contrôle des armes à feu», a-t-il dit.

«Avec un peu de recul on se rend compte que ça joue le jeu des libéraux qui cherchent désespérément à défendre leur projet de loi et à ressusciter leur crédibilité en lien avec le contrôle des armes», lance Heidi Rathjen de Polysesouvient. Déjà, son groupe dénonce à hauts cris les autres mesures du projet de loi C-21 déposé mardi, texte législatif que ces militants ont accueilli comme «une trahison».

«C’est un piège. C’est encore un acte de déresponsabilisation par le gouvernement fédéral sur un enjeu de juridiction fédérale, et cela permettrait aux libéraux de se dénicher un rare allié crédible en faveur d’au moins un élément dans cette coquille vide», ajoutait-elle vendredi.

Mme Rathjen se souvient des six ans de lutte intense pour obtenir un registre québécois des armes d’épaule. Elle ne veut pas remettre l’épaule à la roue, encore. 

«Alors à moins que le gouvernement caquiste ne soit prêt à s’engager à interdire les armes de poing demain matin…», laisse-t-elle tomber. «Les familles sont épuisées. Ceci est notre dernière bataille», confie-t-elle.

Vendredi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, répétait, elle aussi, que l’interdiction des armes de poing, c’est une responsabilité du gouvernement fédéral.

«Il faut qu’il y ait une responsabilisation, une prise en charge du fédéral à tout le moins pour qu’on se sente en sécurité partout à travers le pays. Je suis en désaccord avec l’idée de créer différentes classes de citoyens», a dit Mme Plante alors qu’elle tenait un point de presse avec les maires de Québec et de Gatineau qui, tous deux, ont opiné dans le même sens.

Le projet de loi C-21 donne la possibilité aux municipalités d’interdire l’entreposage des armes de poing sur leurs territoires. Le gouvernement fédéral s’engage à retirer le permis de possession d’armes à quiconque n’obéirait pas à pareil règlement municipal.

Il y aurait alors, de l’avis de Mme Plante, «des villes qui auraient la capacité de légiférer et où on se sentirait en sécurité, d’autres villes qui n’auraient pas cette possibilité parce qu’elles sont plus petites, elles n’ont pas nécessairement de corps de police».

«Imaginez à Québec, si nous légiférions sur les armes à feu et que Stoneham, Lac-Beauport, Lévis, ne légifèrent pas. Voyez-vous le ridicule de la situation?», a renchéri le maire Régis Labeaume.

«Pour réglementer ça, pour gérer ça, ça prend ce qu’on appelle des frontières. À Québec, on ne donne pas de visa pour entrer en ville nous autres. On n’a pas de poste frontière. Alors c’est ridicule de penser de même. Je comprends qu’on veut apaiser l’Ouest avec cette suggestion-là, mais on sait que c’est totalement inapplicable», a tonné le maire de Québec.

Optional gun buyback programs more likely than compulsory ones to miss mark: expert

Author of the article: The Canadian Press, Jim Bronskill, Feb 15, 2021 

OTTAWA — The Trudeau government is expected to introduce gun-control legislation this week that gives owners the choice of keeping recently outlawed firearms under strict conditions instead of turning them in for compensation. However a gun-control expert who has studied buyback initiatives says optional programs, as opposed to compulsory ones, have a greater chance of missing the mark of making communities safer.

“The empirical evidence, the studies, show that a voluntary buyback is the most likely to fail,” said Philip Alpers, an adjunct associate professor at the University of Sydney’s school of public health in Australia. Alpers points to major gun buyback programs in Australia and New Zealand that not only prohibited certain guns but included stiff penalties for not turning them in.

“It was the penalty that made the difference with the success of both the Australian and New Zealand gun buybacks,” he said in an interview. “If you make it voluntary, you’re making it optional.”

The Canadian government outlawed an array of firearms by cabinet order in May, saying they were designed for the battlefield, not hunting or sport-shooting. The ban covers some 1,500 models and variants of what the government considers assault-style weapons, meaning they can no longer be legally used, sold or imported.The coming bill is believed to propose a program to buy back these firearms for a fair price, but allow owners to hang on to them if certain conditions are met. Many gun-control advocates have been pressing the Liberals to make the buyback mandatory, warning that firearms that remain with owners could be misused or stolen.

When 35 people were gunned down at the Port Arthur Historic Site in Tasmania in 1996, Australia banned semi-automatic and pump-action rifles and shotguns, buying back some 650,000 from owners. The National Firearms Agreement also toughened licensing, registration and safe-storage provisions. More than a dozen mass shootings occurred in Australia in the 25 years before the reforms, but after the buyback there were none until 2014.

“For Australia, the NFA seems to have been incredibly successful in terms of lives saved,” said a 2011 assessment by Harvard University’s Injury Control Research Center.

New Zealand implemented a buyback following the March 2019 shootings at two mosques that killed 51 people and injured many others. Before the initiative, police estimated there were between 55,000 and 240,000 newly outlawed firearms in the country, based on a consulting firm’s analysis. More than 61,000 firearms were handed in or modified.

A gun group criticized the buyback, saying there were 170,000 prohibited firearms in New Zealand, but the group Gun Control NZ says it has seen no credible evidence to support this figure. Group co-founder Philippa Yasbek says she is concerned the Canadian government has been misled by the discredited number.

The compromise solution of a voluntary buyback in Canada would antagonize the gun lobby without yielding the desired “good safety outcomes,” Yasbek said in an interview.

“I definitely think they should be going for a mandatory buyback and following the Australia and New Zealand model.”

Alpers said if the Trudeau Liberals cite the New Zealand or Australian programs as reasons to avoid a mandatory buyback, “the information they’ve been given, is inaccurate at best and malicious at worst.”

“By and large, those who claim that the New Zealand and Australian gun buybacks are failures are those who claim that all gun control is a failure,” he said. “And so if the Liberal government listens to those people, they will be falling victim to misinformation.”

Aside from fleshing out last spring’s ban of many firearms, the long-promised Liberal bill would propose stricter storage provisions and target illegal gun smuggling.

The bill is also expected to:

— Enhance the ability of doctors, victims of domestic abuse and families to raise red flags on those with guns who pose risks to themselves or an identifiable group;

— Include new penalties for gun purchases by a licensed buyer on behalf of an unlicensed one;

— Maintain current firearm magazine limits, which are generally five bullets for hunting rifles and shotguns and 10 for handguns, but crack down on the sale of magazines that can be modified to hold more cartridges.

This report by The Canadian Press was first published Feb. 15, 2021.

Missionnaire sans frontières