Controverses entourant le projet de loi C-21

Grâce à ses talents sportifs et ses origines autochtones, Carey Price inspire la fierté. Il est un modèle de réussite. Nous avons tous été touchés par ses absences à cause de ses blessures et de son retrait du jeu pour raison médicale.

Comme tous les citoyens de notre pays, Carey a le droit d’émettre ses opinions sur le projet de loi C-21 sur les armes à feu. Malheureusement, sa sortie publique sur les médias sociaux a provoqué un profond malaise et suscité beaucoup de questionnement. Pourquoi avoir choisi ce moment-ci qui coïncide avec les commémorations entourant la tragédie du féminicide du 6 décembre 1989 à la Polytechnique de Montréal ? Pourquoi s’associer avec une organisation qui prône la vente d’un calendrier avec le code promotionnel ‘Poly’ ? Nous en sommes vivement offensés.

The opinion of an anglo columnist doesn’t matter much in this town. But on behalf of 14 murdered women who can’t speak for themselves, I will fight any attempt to retire Carey Price’s number with everything I have. That’s a promise.
Il y a aussi eu beaucoup de confusion avec la déclaration du club de hockey du Canadien qui s’est excusé en son nom, affirmant qu’il ne savait pas ce qui s’était passé il y a 33 ans, et Carey Price affirmant le contraire le lendemain.
Quoiqu’il en soit, l’arme de chasse qu’il affiche dans ses mains n’est pas prohibée et ne figure pas sur la liste des armes qui seront prohibées dans le projet de loi C-21. Son indignation contre ce projet de loi est injustifiée. A-t-il été encouragé d’agir comme il l’a fait par quelqu’un d’autre ? Il semble pourtant défendre sa déclaration.
Loi C-21
La position de PolySeSouvient est claire et sans ambiguïté. La loi C-21 et les récents amendements proposés par le gouvernement fédéral respectent les engagements du ministre Marco Mendicino annoncés au mois de mai dernier.
En bref, la loi C-21 vise à l’interdiction globale et permanente des armes de style militaire. Ce type d’arme inclut les armes d’assaut ainsi que les armes semi-automatiques de grande capacité ou modifiables incluant celles soi-disant adaptées pour la chasse, mais conçues par les fabricants.
Les armes de chasse légalement utilisées pour les chasseurs consciencieux et respectueux des lois ne sont pas prohibées. Leur chasse demeure un sport. Étant donné son caractère de dangerosité, la possession et l’utilisation d’armes à feu nécessitent des mesures de sécurité rigoureuses.

La chasse sportive

Jeune, à La Tuque, je me rappelle une autre conversation que j’ai eue avec un chasseur lorsque je travaillais à l’usine de papier de la C.I.P.
– La chasse est un sport. Comme dans tous les sports, il faut donner une chance à l’adversaire selon les règles du jeu. À la chasse, l’animal doit avoir sa chance. Il en tient au chasseur d’être habile.
Dans le sport compétitif, il est normal que les équipements se perfectionnent pour espérer une victoire. Mais les armes de chasse doivent-elles se perfectionner au point de ne laisser aucune chance de survie à l’animal chassé ?
Au Canada, la possession d’une arme à feu est un privilège, pas un droit. Il est légitime d’exiger que ce droit s’exerce uniquement pour des chasseurs munis d’une arme à feu moins létale que celles utilisées par des militaires, conçues pour tuer, ou celles de type semi-automatique ou modifiables.
33e commémoration du féminicide du 6 décembre 1989
Comme chaque année, nous nous sommes rassemblés au belvédère Kondiaronk, une vaste terrasse panoramique sur le mont Royal. Contrairement aux autres années, et à cause de la forte pluie, la cérémonie a eu lieu à l’intérieur du chalet. La solennité de l’événement a fait place à la sobriété. Selon le rituel, les noms des 14 femmes assassinées, dont ma sœur Annie, ont été nommés au moment où les faisceaux bleus étaient allumés sur le belvédère.
Puis, les dignitaires ont déposé en silence une rose blanche sur une table placée en face d’un tableau où figurait une photo des 14 femmes honorées. Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a été le premier à faire quelques pas supplémentaires pour se diriger à l’extérieur du chalet pour voir les faisceaux. Quelques-uns l’ont suivi tels que François Legault et son épouse.
Autour de moi, je n’ai pas reconnu d’autres membres des familles des victimes. Peut-être étais-je le seul ? En revanche, j’étais entouré de plusieurs dizaines de jeunes étudiantes et étudiants en génie provenant de différents centres universitaires. Cette jeunesse est un signe d’espérance. La relève est là!
Laissons parler les experts
La variété des opinions est souhaitable. Elle est source de progrès et mène à des solutions. Sur des sujets complexes, l’avis des experts est une aide précieuse. Émettre une opinion sans fondement sur un enjeu important risque de mener à la désinformation.
La question de la définition des catégories d’armes à feu est difficile, même entre les experts. Malgré tout, de nombreux pays ont adopté des mesures restrictives sur la possession d’armes à feu; la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Suède, la France, le Royaume-Uni et Israël. Le président Joe Biden promet à nouveau d’interdire les fusils d’assaut aux États-Unis où il y a un puissant lobby des armes à feu.
Comme individu, il nous incombe de faire des choix librement et en connaissance de cause. Nous sommes responsables de nos décisions. Il en est de même pour la société que nous formons qui est dirigée par des gouvernements élus démocratiquement. Il faut maintenant saisir le momentum et faire des choix collectifs à la hauteur des immenses défis qui nous attendent : changement climatique, propagation de nouveaux virus, menace à l’écosystème, migration de populations menacées, etc.
La crise financière que nous connaissons en ce moment est le résultat des effets dévastateurs de la pandémie de la Covid-19 et de la guerre en Ukraine, prélude de plus grandes menaces à venir. Plus que jamais nous devons nous mettre à l’écoute des scientifiques et prendre collectivement des mesures pénibles mais nécessaires qui affecteront notre style ou notre niveau de vie. Le contrôle des armes à feu, particulièrement le bannissement des armes d’assaut, s’inscrit dans ce grand mouvement de changement civilisationnel.
Le Nouvelliste, vendredi 9 décembre
«Ç’a été une réaction très forte», avoue-t-il en entrevue avec Le Nouvelliste.
Il souligne que les propos de Carey Price ont provoqué un malaise, mais également beaucoup de questionnements.
«Est-ce que ça vient de son propre gré, ou bien est-ce qu’il a été influencé par quelqu’un ou par un groupe pour faire cette déclaration à ce moment-ci? On peut se poser la question, mais je n’ai pas de réponse. On se demande pourquoi.»
Même s’il convient que l’athlète a le droit à son opinion sur le projet de loi C-21, il soutient que la notoriété de Carey Price, le fait qu’il soit une figure publique respectée, un modèle et une référence sportive, accentue le malaise et la confusion dans un débat qui est «extrêmement sensible et extrêmement important».
«Ce qu’il dit a des impacts, bien évidemment.»
«Ça nous fait mal une déclaration comme celle-là. D’autant plus que l’arme qu’il tient dans ses mains ce n’est pas une arme qui sera bannie dans le projet de loi. C’est une arme qui sera acceptée. […] Il n’a jamais été question de bannir toutes les armes de chasse», précise M. St-Arneault qui est également membre du mouvement PolySeSouvient.
Dans les derniers jours, le gardien de but du Canadien de Montréal s’est affiché très clairement contre le projet de loi C-21 sur les réseaux sociaux. Il a également manifesté son soutien à la Coalition canadienne pour les droits des armes à feu (CCDAF) qui a, elle aussi, suscité de vives réactions pour avoir utilisé l’acronyme «POLY» comme code promotionnel. Un geste qui passe mal.
«Je me sens insulté», lance M. St-Arneault.
«C’est une insulte carrément. Je pense que c’est intentionnel. Ils se sont sentis vexés qu’on s’en prenne aux armes à feu. C’est d’une maladresse… C’est un manque de sensibilité, un manque de respect, un manque total de considération… pour les femmes en particulier. C’est une espèce de provocation», ajoute-t-il.
Pour Serge St-Arneault, l’indignation du joueur de hockey est injustifiée. Le Latuquois estime qu’il faut laisser parler les experts.
«La variété des opinions est souhaitable. Elle est source de progrès et mène à des solutions. Sur des sujets complexes, l’avis des experts est une aide précieuse. Émettre une opinion sans fondement sur un enjeu important risque de mener à la désinformation.»
«La question de la définition des catégories d’armes à feu est difficile, même entre les experts. Malgré tout, de nombreux pays ont adopté des mesures restrictives sur la possession d’armes à feu: la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Suède, la France, le Royaume-Uni et Israël», fait-il remarquer.
Rappelons que le gouvernement libéral a déposé, au printemps dernier, le projet de loi C-21 sur le contrôle des armes à feu au Canada. Un moment historique selon Serge St-Arneault.
«C’était un événement extrêmement fort, c’était électrique.»
Pour lui, les récents amendements proposés par le gouvernement fédéral respectent les engagements du ministre Marco Mendicino.
«Les armes de chasse légalement utilisées pour les chasseurs consciencieux et respectueux des lois ne sont pas prohibées. Leur chasse demeure un sport. Étant donné son caractère de dangerosité, la possession et l’utilisation d’armes à feu nécessitent des mesures de sécurité rigoureuses», note M. St-Arneault.
Ce dernier se souvient d’ailleurs de certaines conversations avec des chasseurs alors qu’il travaillait à l’usine de papier de la C.I.P à La Tuque, sa ville natale. Un d’eux lui avait alors souligné que «la chasse est un sport. Comme dans tous les sports, il faut donner une chance à l’adversaire selon les règles du jeu. À la chasse, l’animal doit avoir sa chance. Il en tient au chasseur d’être habile».
Serge St-Arneault rappelle qu’au Canada, la possession d’une arme à feu est un privilège, pas un droit, et soutient qu’il est légitime d’«exiger que ce droit s’exerce uniquement pour des chasseurs munis d’une arme à feu moins létale que celles utilisées par des militaires, conçues pour tuer, ou celles de type semi-automatique ou modifiable».
Commémoration du féminicide du 6 décembre 1989
Comme chaque année, Serge St-Arneault a participé à la cérémonie au belvédère Kondiaronk sur le mont Royal. Des roses blanches ont été déposées devant les photos des 14 femmes décédées. Leurs noms ont été prononcés au moment où les faisceaux bleus se sont allumés sur le belvédère.
«Contrairement aux autres années, et à cause de la forte pluie, la cérémonie a eu lieu à l’intérieur du chalet. La solennité de l’événement a fait place à la sobriété. […] Ce n’est pas mauvais. Ça permet de goûter le silence et la gravité de l’événement qui s’est déroulé il y a déjà 33 ans», commente-t-il.
«J’étais entouré de plusieurs dizaines de jeunes étudiantes et étudiants en génie provenant de différents centres universitaires. Cette jeunesse est un signe d’espérance. La relève est là!», se réjouit-il.
Si l’émotion est différente d’un 6 décembre à l’autre, il s’agit toujours d’une occasion de rendre hommage à sa sœur. Nathalie Provost, une survivante de la tuerie, écrivait d’ailleurs dans une lettre ouverte publiée récemment dans les médias qu’Annie St-Arneault était femme lumineuse, le genre de personne qu’on ne peut pas s’empêcher d’aimer, et qu’elle faisait l’unanimité.
Elle soutient qu’elle était une femme douce, curieuse, et ouverte d’esprit, ce à quoi acquiesce le frère d’Annie St-Arneault.
«C’est une très belle définition d’Annie», a-t-il conclu.
Peut-on conclure que plus il y a d’armes à feu en circulation, plus il y a de morts accidentelles ?
Oui, évidemment. « Mais c’est surtout l’encadrement légal qui fait la différence », note Francis Langlois, professeur au cégep de Trois-Rivières et chercheur associé à l’Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand.
DAVANTAGE D’ACCIDENTS MORTELS AUX ÉTATS-UNIS
En 2020 aux États-Unis, près de 500 personnes ont été tuées par un coup de feu accidentel. C’est beaucoup plus qu’au Canada, même en tenant compte de la population. Selon Statistique Canada, le nombre de personnes tuées au pays par une décharge accidentelle d’arme à feu a connu des hauts et des bas depuis 20 ans. Entre 2000 et 2004, il se situait entre 18 et 20 par année, avant d’amorcer une diminution qui allait atteindre seulement 2 décès en 2014 (le fameux Registre des armes à feu a été aboli en 2012). Depuis huit ans, le nombre de morts a recommencé à augmenter, atteignant 15 décès en 2020 (dernière année pour laquelle les données sont disponibles).
Que dirait-elle ?
Par Nathalie Provost
En troisième année de Poly, en génie mécanique, je me suis fait une nouvelle amie. Comme moi, elle avait perdu le groupe d’origine et nous nous retrouvions dans la même classe. Je ne sais pas si elle était de ce groupe parce qu’elle passait comme moi trop de temps au local étudiant ou bien parce qu’elle était entrée à Poly à la session d’hiver, mais nous nous sommes retrouvées dans la même classe à mon grand bonheur.
C’était une fille lumineuse. Vous savez ? De ces personnes qu’on ne peut pas s’empêcher d’aimer. Moi, mon gros caractère et mes idées arrêtées sur tous les sujets, je me trouvais confrontée à la douceur, à la curiosité, à l’ouverture d’esprit. On avait envie d’étudier avec elle, d’être en équipe avec elle. Elle faisait l’unanimité.
Le 6 décembre 1989, cette fille était dans ma classe. À la pause, nous sommes allées ensemble au bureau étudiant pour savoir si Alcan (aujourd’hui Rio Tinto) l’avait embauchée comme ingénieure junior. Il me semble que oui. Ils avaient fait le bon choix. Elle saurait rallier ses collègues peu importe leur rôle.
Mais le 6 décembre 1989, Annie Saint-Arnault est décédée. Elle était mon amie. Je l’ai vue mourir.
Aujourd’hui, nous sommes 33 ans plus tard. Depuis vendredi dernier, nous sommes dans une frénésie assez troublante qui commerce à coup de code promo utilisant l’acronyme POLY, qui instrumentalise un joueur de hockey renommé qui fait figure de symbole national. Diverses opinions sont échangées sans réelle écoute et surtout souvent sans références solides. C’est à qui parlera le plus vite, le plus fort.
Je vous écris et le souvenir d’Annie me revient. Comme se comporterait-elle dans ce débat ? Quelle serait son approche ? Mon amie lumineuse était une pacifique, elle appuierait sûrement notre souhait pour une meilleur contrôle des armes. Cette amie venait d’une région où la chasse est une pratique courante. Je suis certaine qu’elle souhaiterait que ceux qui la pratique puissent poursuivre cette activité.
Annie était une ingénieure (enfin presque). Je suis certaine qu’elle s’appuierait sur la science pour clarifier sa position. Je suis certaine qu’elle prendrait le temps d’écouter les experts. Je crois qu’elle ne s’agiterait pas devant des épouvantails voulant faire croire que la perte de privilège est une perte de droit. Je ne crois pas qu’elle lèverait le ton pour dire clairement ce qu’elle croit juste et acceptable. Je ne crois pas qu’elle chercherait à jeter le bébé avec l’eau du bain. Elle saurait distinguer le bon grain de l’ivrai.
La demande pour un meilleur contrôle des armes a débuté en janvier 1990. J’en étais, au côté des étudiants, des familles des victimes, des professeurs et de la société québécoise et canadienne. Les étudiants ont à l’époque déposé la plus importante pétition demandant un meilleur contrôle des armes à feu. Notre demande centrale : interdire les armes telles celle utilisée par le meurtrier de Polytechnique. Malgré plusieurs tentatives, cette demande initiale n’a toujours pas été satisfaite. Mais plus que jamais en 33 ans, nous, les survivants, les familles des victimes, les étudiants de Polytechnique, la société québécoise et canadienne, nous touchons au but.
Aujourd’hui, en ce 6 décembre, je nous invite tous, moi incluse, à réfléchir comme mon amie Annie Saint-Arnault. A prendre un pas de recul avant de crier à l’imposture, à l’incompétence, à l’improvisation ou à la mauvaise foi. Nous devons ensemble, ceux qui souhaitent un plus grand contrôle comme les chasseurs, discuter posément avec les experts et soutenir nos députés qui sont engagés dans un travail d’analyse important qui demande sagesse et réflexion.
Je crois que nous devons nous inspirer d’Annie. Nous lui devons.
LIENS

Olivier Du Ruisseau, 7 décembre 2022
Lettre aux Amis des Missionnaires d’Afrique, édition décembre 2022
Je vous invite aujourd’hui à feuilleter l’édition du mois de décembre de la Lettre aux Amis des Missionnaires d’Afrique. Simplement cliquer sur l’image ci-jointe qui vous permettra d’ouvrir un document PDF.
Aussi, si je cœur vous en dit en cette période de partage, vous pouvez aussi faire un don en ligne grâce au lien suivant qui vous dirigera sur notre page internet. Merci à chacune et chacun d’entre vous.
« Nous sommes une cible facile, mais nous avons une mission ».
PAR MARIA LOZANO, AED INTERNATIONALE, NOVEMBRE 22, 2022
Le prêtre enlevé au Mali était conscient du danger.
Le missionnaire d’origine allemande est un partenaire de projet de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) et est très engagé dans le dialogue interreligieux.
L’organisme international Aide à l’Église en Détresse (AED) exprime sa douleur et son inquiétude face à la disparition et au probable enlèvement du missionnaire Hans-Joachim Lohre à Bamako, capitale du Mali, où il travaille depuis plus de trente ans.
Le père Lohre, à gauche sur la photo, devant le centre qu’il a contribué à créer. L’AED a financé une partie de ce centre pour la paix.
Le prêtre allemand a disparu dimanche 20 novembre, après avoir célébré une messe dans un couvent de religieuses de la même ville, comme l’a confirmé à la fondation un membre de la congrégation des Missionnaires d’Afrique, également connus sous le nom de Pères blancs.
Selon la même source, il n’y a pas d’autres informations ou détails sur sa disparition, mais tout porte à croire qu’il s’agit d’un enlèvement car la voiture du missionnaire a été retrouvée abandonnée et la croix qu’il portait gisait par terre. On ne sait encore rien des ravisseurs ni de leurs motivations.
« Nous demandons à tous nos bienfaiteurs et amis de prier pour la libération rapide du père Ha-Jo, comme on l’appelle amicalement, un bâtisseur de paix dans un contexte de violence et de terrorisme. Notre œuvre a soutenu sa mission ces dernières années. Il a maintenant besoin de nos prières et de notre solidarité. Nous étendons notre soutien à sa famille spirituelle, la congrégation des Missionnaires d’Afrique, et à la famille du Père Hans-Joachim Lohre en Allemagne. Vous pouvez compter sur nos prières », déclare Thomas Heine-Geldern, président du conseil exécutif de l’AED.
« Outre les prières, l’AED encourage la communauté internationale à tout faire pour arrêter le drame djihadiste que subissent les populations du Sahel, non seulement au Mali, mais aussi dans les pays voisins. C’est une tragédie, une plaie ouverte dans ce monde », déclare Thomas Heine-Geldern.
Le Père Ha-Jo est un partenaire de projet de l’AED et a participé à plusieurs événements organisés par l’œuvre. Lors d’une visite du missionnaire en Suisse, il y a moins de six mois, il a parlé aux bienfaiteurs locaux de la situation au Mali. « Les djihadistes viennent en groupe, sur des motos, et les communautés locales doivent passer des accords avec eux. Il leur est interdit de sonner les cloches des églises, de boire de l’alcool et les femmes doivent porter le voile ».
L’AED a attiré l’attention à plusieurs reprises sur la situation endurée par les chrétiens dans le pays, notamment dans le centre du Mali, où opère le groupe djihadiste Katiba Macina, lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Le groupe disposerait également d’un centre opérationnel dans la capitale Bamako.
Le missionnaire était bien conscient du danger auquel il était confronté chaque jour dans son travail : « Vous ne savez pas quand, ni où cela peut vous arriver. En tant qu’Européen et Blanc, nous sommes une cible facile, et on nous a dit que les djihadistes nous observaient ». Mais, dans plusieurs entrevues accordées à l’Aide à l’Église en Détresse, il a expliqué pourquoi le danger imminent ne l’empêchait pas de rester dans le pays. « La question nous est donnée dans l’Évangile, ‘qui dites-vous que je suis ?’, c’est le sens de notre vie, et nous voyons que ce qui est important, ce n’est pas combien de temps nous vivons, ou combien de choses nous accomplissons, mais si ce que nous faisons a un sens et peut rendre le monde meilleur ».
Au début de la pandémie, alors que le père Lohre participe
à la conception et la diffusion de messages sur la COVID-19.
Le père Ha-Jo était également très conscient du sens de sa mission, qui consistait à promouvoir le dialogue entre chrétiens et musulmans en formant des laïcs et des religieux aux études islamiques. « En ce moment, il y a de forts courants fondamentalistes au Mali, mais la plupart des gens veulent simplement vivre en paix. Il est donc crucial que nous entretenions de bonnes relations avec les musulmans qui nous entourent. Nous transmettons une connaissance approfondie de l’Islam aux chrétiens de sorte que lorsqu’ils retournent ensuite dans leur communauté, ils peuvent aider à construire des ponts et établir des contacts avec les mosquées environnantes », a-t-il expliqué à l’AED lors de sa dernière visite au siège international en Allemagne.
Aide à l’Église en Détresse a soutenu plus de 70 projets au cours des trois dernières années au Mali, dont un programme de formation et de sensibilisation pour les responsables de l’évangélisation pour les quatre prochaines années, comprenant des journées de rencontre organisées par l’Institut de Formation Islamo-Chrétien (IFIC) en collaboration avec le Père Hans-Joachim Lohre.
Décès du Cardinal Richard Baawobr Kuia
C’est avec la gorge nouée que je vous partage le décès inopiné du Cardinal Richard Baawobr Kuia en début de soirée de ce dimanche 27 novembre 2022.
Nous étions ensemble à Totteridge à Londres, Angleterre, entre 1985 et 1987. Nous avons été ordonnés diacres ensemble le 6 décembre 1986 par le Cardinal Basil Hume. D’ailleurs, un article vient au sujet de Richard tout juste d’être publié dans la reçue « La Lettre aux Amis » du mois de décembre 2022.
Richard a bien connu mes parents et ma sœur Annie lorsqu’ils sont venus me rendre visite à Londres. Mon papa Bastien et Annie l’ont bien accueilli auprès du Père céleste.
Nous sommes sous le choc car nous avons énormément apprécié sa compagnie et son leadership. Il était un homme extraordinaire aux multiples talents. Que son âme repose en paix !
Lien sur le site Internet des Missionnaires d’Afrique en Suisse
Bulletin du comité de Justice et Paix de Tanzanie
Par Elvis Ng’andwe, M.Afr
Discours de haine sur les réseaux sociaux
Le Bureau des Nations Unies pour la prévention du génocide a appelé tous les États à légiférer pour empêcher tout ce qui pourrait conduire à un génocide. C’est ainsi que la Tanzanie a adopté des lois et a mis en place un comité national de prévention du génocide.
En raison de notre implication dans le dialogue interreligieux, nous, les Missionnaires d’Afrique en Tanzanie, agissant au nom du bureau de Justice & Paix, avons été invités à devenir l’un des membres permanents du Comité anti-génocide de Tanzanie.
En 2022, nous nous sommes concentrés sur la meilleure façon d’utiliser les médias sociaux. Ceux-ci peuvent alimenter des conflits politiques et ethniques. Par conséquent, nous avons décidé de mener sur pied des programmes de sensibilisation pour éduquer et sensibiliser les gens à l’utilisation des médias sociaux. Nous avons insisté sur l’importance d’une approche holistique pour lutter contre le discours de haine, notamment en nous attaquant à ses causes profondes et à son impact.
Bien qu’il n’existe pas de définition juridique internationale sur le discours de haine, le droit international définit l’incitation à la discrimination, à l’hostilité et à la violence.
Les discours de haine ne sont pas des événements sporadiques, mais plutôt des sentiments profondément enracinés et intégrés dans des récits répétés de « nous » contre « eux ». Nous sommes invités à utiliser nos activités pastorales, y compris les sermons, pour unir les gens.
Le remède de base contre le discours de haine est la tolérance. Il s’agit aussi de promouvoir la diversité des cultures, des groupes ethniques et des opinions politiques différentes. Finalement, nous avons tous intérêt à partager équitablement nos ressources nationales.
Note : Le rapport sur les droits de l’homme et les affaires judiciaires (2022) en Tanzanie indiquent que la plupart des enfants qui ont subi des abus sexuels ont pris contact avec leurs agresseurs via les réseaux sociaux.
Migration
Les flux migratoires ont été et continuent d’être des facteurs importants de changement social, économique et culturel. Tous les pays sont touchés d’une manière ou d’une autre par la migration. Celle-ci est une composante essentielle, inévitable et bénéfique de la vie économique et sociale de chaque État et de chaque région.
Le véritable problème est celui d’une « migration forcée ». Elle conduit à la traite des êtres humains et à de nombreuses autres atrocités contre l’humanité. C’est pourquoi le Réseau des migrations de l’Afrique australe (SAMIN) a été lancé. Celui-ci s’étend maintenant jusqu’à la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAP).
Célébration de Charles Cardinal Lavigerie notre fondateur
Par Julien Cormier, 26 novembre 2022
Charles Cardinal Lavigerie, « un géant de la mission », un homme qui « pensait globalement » et « passait à l’action localement » (Think globally, Act locally). Il était profondément engagé (et souvent en opposition) que ce soit dans l’Église ou dans la France politique de son temps.
Il n’avait pas que des amis… Imaginez : condamner ceux qui profitaient de la traite et de la mise en esclavage des Africains ! Imaginez : dire qu’un « bon catholique » français n’avait pas à être « royaliste » de droite mais pouvait être « républicain » de gauche.
Les Pères Blancs et les Sœurs Blanches n’ont jamais essayé de faire « canoniser » leur fondateur. Charles Lavigerie dépasse les clichés sur « la sainteté » (disons que comme Jésus de Nazareth, il provoquait les bien-pensants de son époque à la manière dont Dom Helder Camara, 100 ans plus tard, provoquait l’ordre social des dictateurs du Brésil).
Comme a dit une catholique américaine, Dorothy Day, combattante pour action sociale progressiste, à l’encontre des « bonnes manières » et des « bonnes paroles charitables » des évêques américains : « N’essayez pas de dire de moi que je suis une sainte… ce serait me marginaliser (me mettre sur la touche) ».
26 novembre, anniversaire du décès du Cardinal Charles Lavigerie (1825-1892), archevêque d’Alger et de Carthage, Primat d’Afrique, fondateur de la Société des Missionnaires d’Afrique qui comprend des prêtres et des frères (« Pères Blancs »), et de la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique (« Sœurs Blanches »).
Le 26 novembre 1892, le cardinal Lavigerie meurt dans sa résidence épiscopale de Saint-Eugène, à Alger. Il avait 67 ans. Autour de son lit de mort étaient réunis les représentants de toutes ses œuvres d’Afrique : entre autres, Mgr Livinhac et le Père Michel de Jérusalem, le P. Delattre et l’abbé Bombard représentant Carthage et Tunis, Mère Salomé, Supérieure des Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique, le P. Buffet, supérieur des Jésuites d’Alger, en plus de son secrétaire et de son médecin.
Cette mort, immédiatement connue en France, puis dans le monde entier, prit les proportions d’un deuil national et universel. Le Pape Léon XIII, apprenant la triste nouvelle, leva les mains au ciel, et rappela tout ce que l’Église perdait dans ce grand homme : « Et moi, je sens ce que je perds. Ce cardinal Lavigerie, je l’aimais comme un frère, comme l’apôtre Pierre aimait son frère André. »
Dans son testament spirituel, après avoir rappelé son obéissance et dévouement pour le Pape, Lavigerie redit son amour pour l’Afrique. Il écrit ceci : « C’est à toi que je viens maintenant, ô ma chère Afrique ! Je t’ai tout sacrifié, il y a 17 ans, lorsque j’ai tout quitté pour me donner à ton service…
Fête des jubilaires 2022 à Montréal
En ce même jour du 26 novembre, deux Missionnaires d’Afrique ont souligné leur 60e anniversaire de serment missionnaire. Il s’agit des pères Jean-Louis Mathieu et de Gaëtan Thériault. Voici un extrait de leur parcourt de vie à l’occasion de leur fête jubilaire.
Bref parcours de Jean-Louis Mathieu : Ouganda de 1964 à 1970 = 6 ans. Haute-Volta (Burkina Faso en 1980) de 1977 à 2001 = 24 ans). Au Canada depuis 1999 à Ottawa et Montréal
Extrait d’une lettre écrite en Ouganda en janvier 1966 ; « Après quatre mois passés au centre de langues de Kisubi, je me suis dirigé allègrement, sur une motocyclette toute neuve vers Mwera, ma première paroisse. Là, j’ai pu y pratiquer le luganda à mon aise. C’est une langue harmonieuse que j’ai beaucoup aimé apprendre. »
Extrait d’une lettre écrite au Burkina Faso en 1977; « Un samedi après-midi vers 14h00, la sieste terminée, je lisais tranquillement sur la véranda de notre maison. Tout à coup, un vent violent se mit à souffler et en quelques minutes, l’horizon fut recouvert d’un voile opaque de poussière. Et la pluie – mon Dieu, la pluie que nous attendions depuis sept mois – s’est mise à tomber. J’en étais là à admirer la force de Dieu dans l’ouragan lorsqu’une tôle s’arracha du toit et piqua vers le sol, juste devant moi. D’autres suivirent, ce qui mit fin à ma contemplation. »
Bref parcours de Gaëtan Thériault : Irlande = Higher Diploma in Education en 1963. Ghana = étude la langue à Buri, professeur à Navrongo, puis à Wiagha, plus à Tamale (école secondaire pendant 10 ans). Sabbatique au Canada en 1981. Études au PISAI à Rome pendant deux ans. Nigéria = étude de la langue à Ibe-Ife, puis curé à Otan-Ayegbaju en 1985 en plus d’être secrétaire et professeur à Ipetu-Ijesha pendant 6 ans. À Oshogbo, curé et professeur à l’École des catéchistes jusqu’en 1997. En 1999, responsable pour le dialogue interreligieux à Montréal. En 2001, membre du conseil d’administration et conseiller au Service aux Immigrants du MRCI (Ministère des Relations Interculturelles du gouvernement au Québec), etc.
Comme une boucle, Gaëtan a commencé son ministère en éducation. Il a enseigné et étudié toute sa vie pour se retrouver de nouveau étudiant à l’UQAM à l’âge vénérable de 85 ans.
SÉJOUR DE SOLIDARITÉ INTERNATIONALE EN TANZANIE
Par Jean-Pierre Coljon | Facebook
Dans une soixantaine de dodos, je m’envolerai vers l’aéroport international du Kilimandjaro situé à Arusha en Tanzanie pour un 17e séjour de solidarité internationale.
Nous serons une petite équipe de huit personnes et notre travail bénévole consistera à diviser ce bâtiment en quatre ou cinq chambres de repos pour les jeunes mères après leur accouchement dans la maternité.
Grâce à un financement de 15,000$ reçu de la Fondation Lavigerie (Jean-Jacques et Francine Allaire), nous prévoyons l’ajout d’une salle d’accouchement. Puis, nous peindrons l’intérieur et l’extérieur du bâtiment et des pièces.
Dépendant du financement à venir, nous pourrions aussi prévoir une salle de formation pour les jeunes mamans.
VOIR AUSSI LE LIEN SUIVANT POUR PLUS D’INFORMATION
MICROPROJET HIVER 2023 EN TANZANIE DU 11 JANVIER AU 11 FÉVRIER
Coordonnées de Jocelyne Martin, coordonnatrice du projet :
Par courriel : jocemartin@yahoo.com
ou par téléphone au 438-888-0821
Les libéraux déposent un amendement qui introduit une interdiction complète des armes d’assaut
Les familles, survivants et témoins de fusillades de masse, dont les tragédies à Polytechnique, Dawson et la Mosquée de Québec, sont heureux de voir enfin des progrès législatifs concrets vers une interdiction complète des armes de type assaut au Canada, soit à la suite de la première séance du Comité permanent de la sécurité publique et nationale (SECU).
Comme l’avait promis le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, lors de la conférence de presse annonçant le projet de loi C-21 en mai dernier, un membre libéral du SECU (Paul Chiang) a déposé un amendement visant à introduire une nouvelle définition pour les armes prohibées dans le Code criminel, laquelle semble couvrir la plupart des armes d’assaut semi-automatiques conventionnelles, sinon toutes.
Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique et survivante, déclare : « Aujourd’hui marque une autre étape critique vers une interdiction complète et permanente des armes d’assaut au Canada. Bien que nous devions encore analyser la mesure ainsi que son impact réel sur le marché des armes d’assaut, notre évaluation préliminaire est que la définition est simple et explicite (comme la loi de la Nouvelle-Zélande) et qu’elle couvre la plupart, sinon toutes les armes d’assaut conventionnelles, y compris le SKS par exemple.
« Nous félicitons et remercions le ministre Mendicino et le premier ministre Trudeau, de même que les députés qui se sont battus en coulisse pour que cela soit possible. »
L’amendement modifie la définition des armes prohibées au paragraphe 84(1) du Code criminel en ajoutant les critères suivants (notre traduction de la transcription de l’amendement lu lors de la séance du SECU) : « est capable de décharger un projectile dont l’énergie est supérieure à 10 000 joules », « a un diamètre d’alésage de 20 mm ou plus » et « est capable de décharger des munitions à percussion centrale de manière semi-automatique et est conçue pour accepter un chargeur de cartouches amovible d’une capacité supérieure à cinq cartouches du type pour lequel l’arme à feu a été originalement conçue ». Il ne semble pas y avoir d’exemptions pour les armes qui ne sont pas « de conception moderne » ou qui ne se retrouvent pas « en grand nombre sur le marché canadien » — exemptions qui existaient dans les décrets de mai 2020.
PolySeSouvient est optimiste quant à l’adoption éventuelle de l’amendement par le Comité SECU et par la Chambre des Commues, étant donné que le NPD et le Bloc Québécois se sont tous deux engagés lors de la dernière campagne électorale à appuyer une nouvelle définition d’armes prohibées afin d’interdire l’ensemble des armes d’assaut. Le Bloc Québécois a même déposé aujourd’hui son propre amendement en ce sens, qui a été rejeté afin de laisser la place à l’amendement libéral.
Pour plus d’information sur d’autres amendements potentiels, voir : https://polysesouvient.ca/Documents_2022/DOCU_22_11_22_C21_AmendementsASurveiller.pdf
LIENS
Dans une rare sortie publique, le gardien du Canadien, dont la carrière est indéfiniment en suspens à cause d’une blessure, Carey Price a joint sa voix à celle d’un lobby proarmes plongé dans la controverse en critiquant le projet de loi remanié du gouvernement Trudeau sur le contrôle des armes à feu.
Extrait : » Dans la foulée, Carey Price a aussi affirmé soutenir la Coalition canadienne pour le droit des armes à feu. Cette organisation a semé la controverse ces derniers jours pour avoir offert jusqu’à récemment des rabais grâce au code promotionnel « Poly », faisant référence à la tuerie de la Polytechnique de Montréal qui avait fait 14 victimes – toutes des femmes – en 1989.
Une promotion qui a fait bondir Nathalie Provost, survivante de la tuerie. « C’est odieux. C’est comme si la tragédie de Poly était une farce », s’est-elle indignée en entrevue vendredi.«
L’arme que tient Carey Price « restera légale »
« Lorsqu’il s’agit du débat sur la manière de lutter contre la violence armée, les faits comptent. D’abord, l’arme à feu illustrée dans la publication de Carey Price n’est pas interdite en ce moment et restera légale », a écrit dans un courriel l’attachée de presse du ministre, Audrey Champoux.
« Notre législation ne cible pas les armes à feu couramment utilisées pour la chasse, et nous respectons entièrement les traditions des chasseurs et des peuples autochtones », a-t-elle ajouté, accusant au passage les politiciens conservateurs et des groupes proarmes de « semer la peur » plutôt que de « participer au débat ».











































