POUR l’unité nationale et NON à la fratricide cultivée

Par Freddy Kyombo Senga[i]

Une nation ne peut pas se bâtir grâce à la démonstration des « muscles » ou par la volonté de domination des uns sur les autres.

Le respect mutuel et l’utilisation du cerveau peuvent aboutir à des résultats d’une qualité insoupçonnée, que l’invective et l’insulte ne pourraient obtenir.

Au Québec

J’aimerais commencer par une expérience. Dès mon arrivée au Québec, dans ma communauté ; dans l’église locale et en lisant la documentation venant de l’immigration canadienne, un mot revenait souvent : « l’intégration » ! Des sessions sont organisées à temps et à contretemps, pour que tous les nouveaux arrivants apprennent la façon de vivre du Québec. Ils insistent pour que vous appreniez le plus tôt possible leur histoire, leurs lois, leurs coutumes afin de vous faciliter la vie chez eux. Ils estiment qu’une personne qui apprend tout cela sera un bon voisin, un bon citoyen, une personne avec qui ils pourraient vivre dans la tranquillité.

J’ai rencontré des compatriotes dans ce milieu et ils semblent fiers d’avoir adopté le mode de vie des Québécois. Est-ce le complexe du nègre qui veut ressembler au « Maître » ? Est-ce une question de civilité ou bien c’est juste l’instinct de survie ? Pour ma part je mettrais cela au compte du respect envers les hôtes. Car dans nos différentes cultures, nos proverbes disent que quand on arrive dans un milieu, c’est mieux d’apprendre « les pas des danses » c’est-à-dire les « bonnes manières » du milieu et d’imiter le savoir-vivre de l’habitant.

En République Démocratique du Congo

Dans nos contrées, chaque milieu a son chef coutumier. Celui-ci veille à ce que les coutumes soient respectées pour que les gens vivent dans la paix avec leurs ancêtres et avec les vivants de la communauté. Cela n’a jamais posé de problème à personne. Comme missionnaire, je voyais combien les gens étaient contents et heureux de me voir apprendre leur langue et comprendre leurs coutumes. Même quand je n’arrivais pas à parler comme eux, ils appréciaient les efforts et le respect que je montrais à leur coutume. Cela ne veut pas dire que tout était parfait et qu’il n’y avait rien à critiquer ; mais je savais garder ma place de celui qui est accueilli et qui est accepté. Quand ils avaient besoin de mon point de vue, il le demandait, car il savait que je le donnerais franchement, avec respect, et de bonne foi.

L’interculturalité

C’est ici que j’aimerais parler de la notion de l’interculturalité qui est bien différente de celle de la multiculturalité. Habituellement nous vivons dans des espaces multiculturels où plusieurs cultures vivent côte à côte sans nécessairement se connaître et se côtoyer. Leur connaissance mutuelle est souvent basée sur des stéréotypes et des préjugés.

L’interculturalité suppose que des personnes des différentes cultures fassent une démarche du vivre ensemble avec les autres. Ceci consistera à faire l’effort de connaître la culture de l’autre pour mieux l’apprécier, sans vouloir la juger. Derrière chaque culture il y a des personnes réelles à aimer, avec qui l’on partage un espace vital. Ne reprochons-nous pas à nos colonisateurs d’avoir fait table-rase de nos cultures pour nous imposer leur culture supposée plus civilisée ?

Nous jugeons donc qu’il est très important que nous respections les cultures des uns et des autres et que nous vivions en bonne entente entre les différentes cultures. Tant de gens nous témoignent de la bienveillance de leurs voisins, provenant d’autres cultures, qui les ont sauvés à un moment de détresse. Cela est possible quand des personnes sont conscientes que nous partageons la même humanité malgré le fait d’être nés dans diverses cultures et espaces géographiques.

Conflit à Malemba-Nkulu

Localisation du Haut-Lomami à l’intérieur de la République démocratique du Congo (1)

Dernièrement, des frères historiques Luba se sont entre-tués à Malemba-Nkulu[ii]. Quelles sont les causes réelles de leur conflit ? Les enquêtes de la justice nous le diront[iii]. La faute étant « individuelle » devant la loi, il vaut mieux s’abstenir de stigmatiser des ensembles tribaux ou géographiques. Ces genres de « raccourcis » dans le discours ont causé tant de mal partout où ils ont été utilisés. La police doit faire des enquêtes selon les prescrits de la justice et non pas pour plaire à ceux qui sont au pouvoir.

Quand il y a altercation, il faut, dans un premier temps, interpeller les protagonistes et c’est seulement après une interrogation judicieuse et équitable que l’on peut situer les responsabilités. Les médias, surtout sociaux, ne sont pas la meilleure référence pour une justice équitable. Le but sera, bien sûr, celui d’enlever aux violents toute envie ou velléité de reproduire les actes qu’on leur reproche. Nous ne sommes pas un peuple de « tueurs » et nous ne devrions tolérer personne qui croit pouvoir tuer son prochain impunément.

Si l’État congolais a renoncé à son droit d’exécuter la sentence de la condamnation à mort des vrais criminels et l’a commuée en condamnation à perpétuité, alors aucun citoyen congolais n’a le droit de prendre sur lui l’exécution d’un compatriote qui l’aurait offensé de quelque manière que ce soit. Une justice qui fonctionne sait faire la différence entre les crimes imprescriptibles et les autres genres de crime. C’est à elle d’agir dans une véritable équité, honnêtement et sans aucune influence extérieure, pour dire le droit et faire exécuter les sentences.

Questions identitaires

Nous avons tous observé et constaté la montée des « identités exacerbées » qui ont conduit aux déclarations blessantes de part et d’autre. Les uns clamant d’être les « détenteurs » actuels du « pouvoir » et demandant aux autres de « la fermer » tout simplement ; et les autres fustigeant, de façon péjorative et dédaigneuse, les « habitudes alimentaires » de ceux qui se délectent de la chair de « Milou ». Des incongruités qui n’ont rien à voir avec les vrais problèmes auxquels notre nation devrait faire face pour subvenir aux besoins de ses citoyens et pour se classer parmi les pays émergents. Ce « rush » identitaire n’est souvent que prétexte pour des petits « leaders », en manque de positionnement et de reconnaissance, afin de faire parler d’eux pour se faire remarquer par ceux qui gèrent le pouvoir.

Ainsi, ils manipulent des populations souvent paupérisées pour se donner une visibilité, quitte à les transformer en criminelles occasionnelles. Si nous suivons ces manipulateurs d’un bord ou d’un autre, nous deviendrons autant coupables qu’eux. Cette manipulation a été utilisée pendant longtemps par des gens qui sont encore considérés aujourd’hui comme de vénérables « leaders » alors que leur positionnement a parfois conduit à « l’irréparable ». Fouillez dans notre histoire et vous les trouverez certainement.

La situation récente de Malemba-Nkulu, qui nous fait parler si longuement, n’est que la énième d’une série qui doit s’arrêter. Ces situations sont, malheureusement, souvent liées aux ambitions politiques des uns et des autres. Les populations, souvent ignorantes des enjeux, sont tout simplement instrumentalisées pour créer des « bras de fer identitaires » qui résultent dans des violences, qui finalement les dépassent et débordent.

Baba wa Katanga

Le tristement célèbre « Baba wa Katanga[iv] » s’est finalement repentit en adoubant son « fils béton » en souvenir d’une amitié, « mi-figue, mi-raisin », avec le père de ce dernier, son collègue d’antan. Personne n’était dupe ; et sa fin dramatique en dit long. Mais entretemps, des populations s’étaient entre-tuées et portent encore des blessures que certains malins veulent utiliser encore de nos jours comme « fonds de commerce » sous prétexte de devoir de mémoire. Il n’y a qu’à suivre les réseaux sociaux pour s’en rendre compte. Un devoir de mémoire, il en faut pourtant afin de ne plus répéter perpétuellement la même bêtise criminelle.

Les élections

Les élections qui approchent semblent provoquer une excitation des violences verbales qui ne construisent pas notre nation. C’est comme si la sagesse était en train de déserter la « maison Congo ». Quoi qu’il en soit, c’est une seule personne qui s’engage dans la course pour la magistrature suprême. Même soutenue par son parti et ses militants, elle est la seule qui va répondre de son bilan à la fin de son mandat si elle arrive à vaincre ses adversaires politiques. Elle est la seule qui va gérer le pouvoir qui lui est conféré par les voix des populations des diverses provinces et tribus, à l’issue des élections. Sa seule tribu ne peut pas le placer au pouvoir, à moins d’utiliser la tricherie.

Alors, des slogans fallacieux tels que « c’est notre pouvoir » ne sont que manipulation de mauvais goût, qui enferment le candidat dans sa « tribu », alors qu’il a postulé pour servir « toutes les tribus ». On retrouve cette « ignorance » entretenue, même chez des intellectuels qui sont devenus « pratiquement » incapables de voter autrement que par « appartenance tribale ». Ceci est un « raccourci cognitif » qui nous fait croire que tous ceux qui appartiennent à notre tribu nous veulent forcément du bien, ou qu’ils ont les capacités pour nous mener vers nos aspirations. Et voilà que nous devenons prêts à nous faire des ennemis à vie pour quelqu’un qui ne connaît même pas notre existence et nos vraies préoccupations. Il est temps de nous réveiller tous et de réfléchir autrement.

Le dialogue permanent

La vraie solution résiderait dans un « Dialogue permanent » entre les peuples frères de différentes tribus, afin de regarder en face leur réalité et déraciner toutes les manipulations qui mènent aux situations « irréparables ».

On pourrait, par exemple, construire la fraternité par centre d’intérêt et non pas par l’appartenance à un espace géographique ; ainsi des ingénieurs de tous les horizons, spécialistes dans tel ou tel domaine pourraient partager leurs « intelligences » pour proposer des solutions idoines aux vrais problèmes de développement de notre pays. Les « mutuelles culturelles » mal orientées excellent parfois dans des rivalités insensées.

La pratique de l’interculturalité fait que les « mutuelles culturelles », au lieu d’entrer en compétition les unes avec les autres, apprennent à mieux se connaître, grâce aux échanges culturels, pour mieux s’apprécier réciproquement. Cette démarche est plus fructueuse et enrichissante ; elle n’empêche pas de dénoncer le mal quand il y en a, mais elle aide à dire la vérité paisiblement, sans invective et sans mépris.

Si nous alimentons, par nos commentaires partiaux, ces polarisations extrémistes, nous deviendrons autant d’assassins comme ceux qui seront passés à l’acte. Les pyromanes, il y en a de tous les côtés ! Mais aussi les ouvriers de la paix. Même blessé, on peut toujours aspirer à la paix !

De quel côté es-tu ? C’est l’heure de la vérité pour nous tous !


[i] Freddy Kyombo Senga est membre de la Société des Missionnaires d’Afrique. Il est le nouveau directeur du Centre Afrika à Montréal depuis le 1er juillet 2023.

[ii] Le territoire de Malemba-Nkulu est une entité déconcentrée de la province du Haut-Lomami en république démocratique du Congo.

[iii] RDC: des défenseurs des droits humains réclament des mesures suite aux violences intercommunautaires de Malemba Nkulu

[iv] RDC : Gabriel Kyungu wa Kumwanza, figure politique du Katanga, est décédé

(1) Localisation du Haut-Lomami à l’intérieur de la République démocratique du Congo. Par Derivative work: User:Profoss – Original work: NordNordWest — Cette image vectorielle contient des éléments, éventuellement modifiés, qui ont été extraits de : CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=47013319

Ma tante Justine; « Madame cravate » de 2012

Entrevue avec Justine Perron.

Justine Perron à l’âge de 25 ans

L’histoire remonte au mois de mai 2012. La campagne « Une cravate pour ma prostate » en était à sa deuxième année. Le but de cette campagne était d’amasser de l’argent pour le fonds Gilles-Rousseau du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières (CHRTR) afin d’améliorer le service aux patients atteints du cancer de la prostate. L’idée est venue de Gérald Lafontaine qui avait lui-même bénéficié de ce service. Il voulait « redonner aux suivants », disait-il.

Matelas René, une entreprise familiale qui a vu le jour à Nicolet en 1947, s’était engagé à remettre 1 $ pour chaque cravate. La récolte a été bonne. Une par une, les cravates que les hommes ne portaient plus ont permis de récolter 8360 $ en quatre jours seulement. Par qui ? Par des femmes comme ma tante Justine. Plus précisément, seules 3425 cravates ont été remises pour la campagne de fonds. La différence vient de généreux donateurs sans cravates.

« Mon amie Justine est une femme de cœur. Elle s’implique auprès de ses amis et divers regroupements sociaux à La Tuque. Elle est tenace », précisait M. Lafontaine.

Tante Justine a été couronnée « Madame Cravate » pour avoir amassé à elle seule 835 cravates sur un total de 3425, soit 24%.

  • Comment avez-vous fait ça, ma tante ?
  • J’arrêtais tous les hommes que je croisais sur la rue en leur demandant s’ils avaient des cravates à me donner. Je plaçais des bouts de papier sur les tables au Club Latuquois lors des spectacles. Les gens venaient me les remettre à la maison. J’avais des boîtes pleines. Il faut avoir de la gueule pour ramasser 835 cravates. Matelas René a même cessé de soutenir la campagne de soutien en voyant l’ampleur que ça prenait.

Une couturière et amie de Justine a eu l’idée de confectionner une robe avec ces cravates. Tante Justine a même paradé lors d’une assemblée de l’Aféas au village de La Croche. En voici la preuve.

Un autre souvenir douloureux mais nécessaire à l’approche de la 34e commémoration de la tragédie du 6 décembre 1989.

J’ai reçu un appel de l’ex-chef de police Jacques Duchesneau pour m’inviter à assister à une pièce de théâtre qui sera bientôt présentée au Théâtre du Nouveau Monde sur la tragédie du 6 décembre 1989. Cette année marquera la 34e commémoration de l’événement. Le débat sur un meilleur contrôle des armes à feu, plus précisément le bannissement de la vente et de l’utilisation d’armes semi-automatiques de type militaire au Canada, fait toujours rage.

Or, le marché illégal prend de l’ampleur comme l’illustrent les articles suivants. C’est pathétique !

Projet Polytechnique: mieux comprendre la tragédie du 6 décembre

Emmanuel Martinez, Journal de Montréal, samedi, 11 novembre 2023

𝐏𝐑𝐎𝐉𝐄𝐓 𝐏𝐎𝐋𝐘𝐓𝐄𝐂𝐇𝐍𝐈𝐐𝐔𝐄 – 𝐈𝐃É𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐄𝐓 𝐓𝐄𝐗𝐓𝐄 ✨
« Un comédien, une comédienne. Deux âmes sœurs appelées à vivre ensemble une bouleversante aventure, aux confins de l’intime et de l’universel; mais elles ne s’en doutent pas, elles ne se connaissent même pas. » – Annie Gascon, Emporte-Pièces 23-24.
Le tandem créatif derrière Projet Polytechnique : Marie-Joanne Boucher & Jean-Marc Dalphond
📅14 novembre au 13 décembre 2023
Billets 👉 https://zurl.co/eJNL

Projet Polytechnique : Faire face – bande-annonce

Infiltration et maniement d’armes, les deux créateurs de Projet Polytechnique n’ont reculé devant rien pour mieux comprendre cette tragédie qui a coûté la vie à 14 femmes le 6 décembre 1989 à Montréal.

Projet Polytechnique est présentée du 14 novembre au 13 décembre au Théâtre du Nouveau Monde.

Plus de 30 ans après le drame de Polytechnique, certains glorifient toujours le tueur Marc Lépine. Les féminicides s’accumulent, la question du contrôle des armes à feu n’est pas réglée et le web alimente les discours antiféministes. Les comédiens Jean-Marc Dalphond et Marie-Joanne Boucher engagent la conversation et vont à la rencontre de ceux dont la pensée est diamétralement opposée à la leur. Leur recherche pour une pièce de théâtre documentaire se transforme en une démarche citoyenne.

Projet Polytechnique

Christian Saint-Pierre, Le Devoir, 20 novembre 2023

Texte : Marie-Joanne Boucher et Jean-Marc Dalphond. Mise en scène : Marie-Josée Bastien. Une coproduction de Porte Parole, du Théâtre du Nouveau Monde, de Diffusion Inter-Centres et d’Écoumène. Au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 13 décembre, puis en tournée dès janvier dans 17 villes du Québec.

Acheter une arme non enregistrée, un jeu d’enfant

Un groupe Facebook privé a permis pendant plusieurs mois à des propriétaires d’armes à feu de vendre des armes de style militaire, sous le couvert d’un langage codé. Nous en avons acheté une, et avons constaté de nombreuses violations de la loi lors de la transaction.

L’« attitude désinvolte » des gouvernements dénoncée

« Sans surprise, l’approche désinvolte des deux ordres gouvernementaux face à l’application de la loi sur l’immatriculation et la vérification de la validité du permis favorise ce genre de transferts privés illégaux », a dénoncé l’organisme procontrôle des armes à feu PolySeSouvient, informé de notre démarche.

« D’innombrables internautes ont ouvertement dit qu’ils n’enregistreront pas leurs armes, à la vue de tous, y compris la Sûreté du Québec. Nous avons plusieurs fois demandé au gouvernement pourquoi les policiers ne font pas enquête auprès de ces propriétaires. Il est temps que le Québec démontre qu’il est sérieux face à sa loi », a ajouté l’organisme par courriel.

Armes à feu. Un « mini-marché noir » inévitable, croit le responsable de SKS Québec

Tristan Péloquin Équipe d’enquête, La Presse, 12 novembre 2023

Le responsable d’une page Facebook où des armes à feu non immatriculées se vendaient comme des petits pains estime qu’il est impossible d’empêcher l’apparition d’un « mini-marché noir » et avoue avoir lâché prise devant la multiplication des annonces d’armes à vendre.

L’organisme PolySeSouvient, qui milite pour un encadrement plus serré des armes à feu, a dénoncé à plusieurs reprises des propriétaires d’armes qui se vantaient sur les réseaux sociaux de ne pas respecter l’obligation d’immatriculer leur arme dans le registre provincial. « Il est temps que le Québec démontre qu’il est sérieux face à sa ‘Loi sur l’immatriculation des armes’ et qu’il utilise les outils à sa disposition pour en assurer le respect, et ce, de manière proactive. Surveiller les ventes sur les médias sociaux, enquêter auprès de ceux qui s’affichent publiquement comme des délinquants et se servir des données de l’ancien registre fédéral ne sont que quelques pistes évidentes », a réagi l’organisme après avoir été informé des résultats de notre enquête.

Notre enquête a par ailleurs démontré que, lors de la vaste majorité des transferts d’armes entre particuliers, le vendeur ne vérifiait pas auprès de la GRC la validité du permis de possession et d’acquisition de l’acheteur et n’obtenait pas le numéro de référence obligatoire.

Cette situation facilite l’achat d’armes à feu avec des permis périmés, révoqués ou faux et assure qu’aucune trace de la transaction ne soit enregistrée, déplore PolySeSouvient.

Bambin tué par balle à Bois-des-Filion La Sûreté du Québec fouille les berges pour trouver des indices

La Presse Canadienne, 11 novembre 2023

(Bois-Des-Filion) Les recherches de la Sûreté du Québec (SQ) se sont poursuivies dans l’enquête sur la mort d’un bambin de 3 ans survenue lundi à Bois-des-Filion, dans les Laurentides.

Yves Boisvert, La Presse, 9 décembre 2023

Ce n’est pas à reculons que j’y allais, mais disons que je ne marchais pas très vite vers Projet Polytechnique, mercredi.

50 000 vues depuis 2011 sur le blogue Espace Perso de Serge

Serge St-Arneault, M.Afr

Par Serge St-Arneault, M.Afr

J’ai débuté un blogue en 2011 lorsque j’étais en Zambie où le service internet était efficace. Au début, je décrivais mes impressions sur ce pays qui connaissait de profondes transformations.

Avec le temps, surtout depuis mon retour au Canada, les articles se sont diversifiés. La courbe illustrant le nombre de visiteurs et de vues est en hausse. Les projections pour la fin de l’année indiquent que le nombre de vues atteindra peut-être 10 000. Au total, depuis 2011, le cap des 50 000 vues vient d’être atteint. 

Le blogue contient beaucoup d’articles traitant du contrôle des armes à feu au Canada et mon soutien à PolySeSouvient. La raison première est le militantisme que j’ai développé à la suite de la tragédie de la Poly du 6 décembre 1989 où ma sœur Annie a été l’une des 14 victimes. Plusieurs articles figurent à son sujet.

Il y a aussi beaucoup d’autres sujets tel que l’amélanisme, le Centre Afrika et l’Afrique. Énormément de liens permettent de joindre des articles publiés dans différents journaux. Quelques publications contiennent des vidéos ou des reportages radiophoniques. C’est donc très varié.

Je considère ce blogue comme l’extension de mon témoignage missionnaire. Il a simplement l’avantage d’exister et ne fait aucunement concurrence avec les grands médias. Là, n’est pas le but. L’autre élément, je pense, est celui de pouvoir retracer plus facilement que sur les médias sociaux comme Facebook/Meta, des sujets déjà publiés.

Plus de la moitié des visiteurs sont du Canada (31 880). Puis, en nombre décroissant, viennent des lecteurs des États-Unis (5 017), de la France (3 314), puis du Congo-Kinshasa (1 202), de la Zambie (969), de l’Italie (571), du Brésil (492) et du Burkina Faso (414), etc.

Il est aussi possible de télécharger certains documents.

Je termine en remerciant sincèrement celles et ceux qui me partagent leurs commentaires et appréciations. J’ignore où cela me mènera. Je regarde plutôt le chemin parcouru et j’en suis le premier étonné. Au plaisir d’avoir de vos nouvelles.

En Ituri-RDC, la communauté Nyali de Tchabi s’indigne après une attaque des Allied Democratic Forces (ADF) d’idéologie salafiste djihadiste au village de Bundikumu

Déclaration de la Communauté Nyali de Tchabi suite à l’attaque des ADF de ce dimanche cinq novembre 2023.

Roger Adirolu, journaliste

Nous, communauté Nyali de Tchabi, avons le regret d’annoncer à l’opinion publique que notre territoire vient d’enregistrer une nième attaque des présumés rebelles ougandais des Allied Democratic Forces (ADF) d’idéologie salafiste djihadiste. Cette agression a eu lieu dans l’après-midi du 5 novembre au village de Bundikumu dans le groupement Bwakadi de la chefferie de Banyali Tchabi dans la région de l’Ituri en République Démocratique du Congo.

Le bilan est des deux personnes tuées et une blessée grave dont la vie est en danger. Nous déplorons cette attaque qui survient pendant qu’on observait un retour des déplacés dans cette zone. Cette incursion va décourager ceux qui désiraient y retourner. Une fois de plus, la population doit se déplacer vers les zones sécurisées.

Nous sollicitons l’autorité provinciale à restaurer l’autorité de l’État et d’augmenter les effectifs de l’armée et de la police.

Nous demandons que nos frères qui ont été assassinés puissent être enterrés dignement et la prise en charge de notre sœur qui est grièvement blessée.

Pour la communauté de Nyali Tchabi; Faustin Mboma et Kasuna Awenda J.

Lien :

Attaque des rebelles de l’Allied Democratic Forces (ADF) au village Janda en République Démocratique du Congo

PolySeSouvient réagit au jugement concernant les contestations judiciaires des décrets interdisant les armes d’assaut

« Ce jugement clair et sans équivoque devrait pousser le Gouvernement Trudeau à rapidement procéder à mettre en œuvre ses promesses répétées d’interdire l’ensemble des armes de style militaire qui ne sont pas raisonnablement utilisées pour la chasse. »

Montréal, le 30 octobre 2023 —

PolySeSouvient, un groupe représentant des survivantes et des familles de victimes du massacre à l’École Polytechnique, applaudit le jugement dévoilé aujourd’hui qui confirme l’autorité du gouvernement fédéral d’interdire certaines armes qu’il considère un risque disproportionné pour la sécurité publique.

« Ce jugement devrait pousser le gouvernement Trudeau à rapidement mettre en œuvre ses promesse réitérées lors des trois dernières campagnes électorales à interdire l’ensemble des armes communément appelées des ‘armes d’assaut’, soit de style militaire qui ne sont pas raisonnablement utilisées pour la chasse, » a dit Nathalie Provost, survivante du féminicide à l’École Polytechnique et porte-parole de PolySeSouvient. « Le droit de l’État de limiter le type d’armes qui peut légalement être possédé par les citoyens ordinaires est clair et sans équivoque, » a ajouté Nathalie Provost.

Le jugement conclut :

« Le décret et le Règlement ne sont pas invalides. Le gouverneur en conseil n’a pas outrepassé les pouvoirs qui lui ont été délégués par le législateur, au titre du paragraphe 117.15(2) du Code criminel. … Le gouverneur en conseil n’a pas sous-délégué son pouvoir de désigner des armes à feu comme étant prohibées. … Le gouverneur en conseil n’est tenu à aucune obligation d’équité procédurale envers les propriétaires d’arme à feu touchés par le Règlement. … Le Règlement ne contrevient pas à l’article 7 de la Charte; le Règlement n’est pas imprécis, de portée excessive ou arbitraire. Subsidiairement, si la Cour avait conclu que le Règlement portait atteinte à l’article 7 d’une manière qui n’est pas conforme aux principes de justice fondamentale, elle aurait jugé que cette atteinte est justifiée au titre de l’article premier de la Charte et s’inscrit dans les limites raisonnables. Le Règlement vise un objectif urgent et réel, et il constitue une réponse proportionnée à cet objectif.

Les restrictions imposées par le Règlement à l’utilisation des armes à feu désormais prohibées – qui présentent un danger inhérent et ont la capacité de causer d’importants dommages et, par conséquent, qui ne peuvent raisonnablement être utilisées pour la chasse et le sport possède un lien rationnel avec l’objectif et porte une atteinte minimale aux droits des propriétaires d’arme à feu garantis à l’article 7. L’atteinte minimale aux droits des propriétaires d’arme à feu, qui disposent désormais d’un choix moindre quant aux armes à feu qu’ils peuvent posséder et utiliser et qui risquent d’être l’objet d’accusations criminelles s’ils continuent d’utiliser les armes à feu maintenant prohibées, est supplantée par l’effet bénéfique du Règlement, soit la réduction des dommages découlant des fusillades de masse et du danger inhérent aux armes à feu prohibées et par l’atteinte de l’objectif plus global d’améliorer la sécurité publique. Le Règlement ne contrevient pas aux articles 8, 11, 15 ou 26 de la Charte. Le Règlement ne contrevient pas à la Déclaration canadienne des droits. »

Interdire l’ensemble des armes d’assaut nécessiterait un nouveau décret pour compléter les interdictions de 2020 qui sont au cœur de la contestation judiciaire, une démarche que le ministre de la Sécurité publique, Dominic Leblanc, s’est engagé à faire alors qu’il témoignait devant le Sénat sur le projet de loi C-21 pas plus tard que la semaine dernière.

En effet, ce jugement vient au moment où l’on trouve toujours offerts sur le marché canadien et présents dans les communautés canadiennes des centaines de modèles d’armes d’assaut que le gouvernement avait tenté, sans succès, d’interdire dans le cadre du processus législatif entourant le projet de loi C-21 (actuellement devant le Sénat). En effet, ces modèles auraient été couverts par les amendements G-4 et G-46 proposée en novembre dernier mais qui ont été retirés à la suite du succès d’une campagne de désinformation menée par les opposants. La plupart de ces modèles font l’objet d’exceptions arbitraires qui leur permettent d’échapper au décret de 2020 (ex : pas « de conception moderne » ou pas « en grand nombre sur le marché canadien »).

« Nous espérons que le langage sans ambiguïté de ce jugement fondé sur un raisonnement solide et réfléchi raffermira la détermination de l’État d’interdire une fois pour toutes l’ensemble des armes d’assaut au Canada, une mesure appuyée par 80 % des Canadiens et Canadiennes, incluant la majorité des propriétaires d’armes, » a conclu la porte-parole.

Pour de plus amples renseignements : Nathalie Provost; 514-796-0142; Heidi Rathjen; 514-816-7818

DERNIÈRES ACTUALITÉS
Contrôle des armes – L’Association Nationale Femmes et Droit soumet un mémoire sur le projet de loi C-21 au Sénat
En octobre, nous avons soumis un mémoire sur le projet de loi C-21 : Loi modifiant certaines lois et d’autres textes en conséquence (armes à feu) au Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale, de la défense et des anciens combattants.  
L’Association nationale Femmes et Droit soutient le projet de loi C-21 et recommande son adoption rapide. Dans notre mémoire, nous expliquons les changements qui ont été apportés au projet de loi à la suite de notre mémoire au Comité permanent de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes, et soulignons quelques problèmes persistants.  
En savoir plus

Mylène Crête, La Presse, 30 octobre 2023

(Ottawa) L’interdiction des armes d’assaut imposée par décret depuis le 1er mai 2020 est maintenue par la Cour fédérale. La Coalition canadienne pour les droits des armes à feu (CCDAF) tentait de la faire invalider. Déçue, elle promet de faire appel tandis que PolySeSouvient presse le gouvernement de tenir ses promesses.

Près de 900 armes à feu ont été saisies cette année dans les 87 points de passages douaniers entre le Québec et les États-Unis, une hausse de 5 % en un an. Des quantités significatives d’opioïdes et de stupéfiants ont aussi été interceptées, montrent des chiffres de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

HENRI OUELLETTE-VÉZINA, LA PRESSE, 5 décembre 2023

Congrès de l’AMéCO, Québec, 25 et 26 octobre 2023

Par Serge St-Arneault, M.Afr

J’ai eu la chance de participer à ce congrès à titre de représentant des médias du Centre Afrika des Missionnaires d’Afrique.

La mision de l’AMéCO[i] est de communiquer la vie des Églises et, dans un esprit d’ouverture, des grandes traditions religieuses du monde.

Dans le monde des médias religieux, les membres de l’AMéCO se demandent continuellement comment, à travers ses moyens de communication, témoigner de l’action bienfaisante de la foi. Le vaste monde numérique nous incite à réfléchir à la créativité que nous devons développer et à l’impact que nous pouvons avoir auprès de nos différents publics. Ayant pour thème « Foi et communication à l’ère numérique, » le congrès 2023 de l’AMéCO a été une occasion d’approfondir cette réflexion.

Le Monastère des Augustines, situé 77 de la rue des Rampart à Québec, était l’hôte de ce congrès annuel les 25 et 26 octobre 2023. Cinq religieuses vivent encore dans ce monastère qui a trouvé une nouvelle vocation en ouvrant ses portes au public. C’est un lieu d’une grande signification historique que les photos suivantes vous permettront de découvrir. Heureux êtes-vous si vous avez la chance de visiter ce monastère.

VIDÉO https://monastere.ca/

LA MISSION À L’ÈRE NUMÉRIQUE. Présentation de Simon Lessard

Simon Lessard, journaliste et responsable de l’innovation pour Le Verbe médias

Nous assistons à un virage numérique depuis une vingtaine d’années. Ce phénomène n’est pas responsable de la baisse de la pratique religieuse. Nos initiatives dans le domaine numérique ne suffisent donc pas pour réanimer l’évangélisation. Une présence numérique n’est pas nécessaire, peut-être même pas prioritaire, pour transmettre la foi et vitaliser des communautés. Nos initiatives ne sont qu’un MOYEN, un OUTIL. Le plus important est la relation personnelle à un Dieu d’Amour vécu en communauté, en société.

Avantages du numérique

Le numérique permet néanmoins de trouver des sources de formation et d’information pour nourrir efficacement notre foi chrétienne. Il nous permet aussi de pouvoir nous exprimer. Toute personne peut diffuser un contenu numérique à faible coût. Le numérique permet aussi de se réseauter et de briser l’isolement. En fait, le numérique est un retour à l’oralité. La parole retrouve sa puissance, pour le bien comme pour le mal.

Les inconvénients

Cependant, le numérique gère de la surinformation souvent associée à la désinformation. Communiquer n’est pas synonyme de communier et peut engendrer une désincarnation, une forme de rejet du monde réal qui a un impact négatif sur la santé mentale et sociale.

PRINCIPES DE DISCERNEMENT À LA LUMIÈRE DE LA RÉVÉLATION CHRÉTIENNE

Simon Lessard a proposé de s’inspirer de quatre mystères de la foi chrétienne comme éléments de discernement.

La trinité

La trinité nous oriente vers un RÉEL RÉSEAUTAGE où la relation interdépendante commune prime. À ce niveau, une prière à Dieu met l’accent sur l’échange de la PAROLE. Les réseaux sociaux accordent précisément une grande importance au SON et à la VOIX qui sont associés à une IMAGE, un VISAGE. C’est à ce niveau que les plateformes comme Messenger, WhatsApp et même YouTube suivent cette voie pour facilité la communication. Les infolettres et textos peuvent aussi soutenir le réseautage par les clips vidéo.

L’incarnation

Le principe de l’incarnation insiste sur le Verbe fait chair. Ce principe permet d’entrer dans le RÉEL, le concret, dans des histoires et récits où le surnaturel captive les auditeurs si le médium ou la manière de parler rend le christianisme crédible.

C’est ici que se manifeste la tension entre un monde LIMITÉ et ILLIMITÉ. Le virtuel laisse croire qu’il n’y a plus de limites, que tout est accessible, que les limites de la connaissance n’existent plus. Le principe de l’incarnation nous rappelle l’importance de prendre conscience de nos limites, de la vertu du silence.

La rédemption

Le monde virtuel ne peut pas effacer la souffrance et la misère humaine, pas plus que de remplacer la soif d’amour humain et divin. Le cœur de la révélation chrétienne est une bonne nouvelle. Nous annonçons l’amour, non sans parler des souffrances que les gens vivent.

L’apocalypse

Au sens propre, l’apocalypse est la RÉVÉLATION par excellence. C’est de l’ordre de la communication. Or, les médias sociaux et le monde virtuel peuvent techniquement « enfermer » le message. D’où l’importance de diversifier les plateformes informatiques. L’apocalypse est également l’Alpha et l’Oméga où le sens des choses, c’est-à-dire le message divin, est révélé. Cela est différent de mon opinion personnelle, mes idées. Au-delà de la vision apocalyptique de la fin du monde, nous annonçons que le mal sera vaincu. Plus important que nos DÉNONCIATIONS du mal, notre rôle est d’annoncer une RÉALITÉ basée sur la communion. En tant que communicateur, nos efforts dans le domaine des médias sont de tendre vers cet esprit de communion entre les humains et Dieu. Nos mots, nos messages constituent-ils des gestes d’amour ?

VERS UNE PRÉSENCE TOTALE. Présentation de Marybel Mayorga

Maribel Mayorga, participante au projet Faith Communication in the Digital World du Dicastère pour la
Communication au Vatican (2021)

Unique Canadienne à avoir participé au programme Faith Communication in the Digital World initié par le Dicastère de la communication, Marybel Mayorgaaprésenté une réflexion pastorale à propos de l’engagement sur les réseaux sociaux.

Elle a présenté un document qui s’inscrit dans une démarche spirituelle et de discernement, car il est de « notre devoir comme chrétien de mettre notre foi dans le monde digital ».

Il en ressort qu’une approche créatrice dans le monde des réseaux sociaux devrait favoriser les relations. La vision est orientée vers la durée du témoignage pour le bien commun. Une rencontre significative va au-delà des désaccords, car nous sommes tous dignement liés les uns aux autres dans une écoute permettant de toucher la réalité perçue par chacun.

Dans un monde virtuel bruyant et conflictuel, seul le SILENCE permet de trouver le changement espéré. Cela semble une contradiction. Or, la noirceur parfois terrifiante du monde digital a elle aussi besoin d’être éclairée pour cheminer vers une culture de soutien mutuel et la construction d’une communauté virtuelle évangélique. Cet éclairage exige la présence d’un silence méditatif pour inspirer la communication. Comment faire autrement pour atteindre une écoute mutuelle favorisant la réconciliation, promouvant l’hospitalité dans une culture de rencontre ?

RÉFÉRENCE

Vers une présence totale

Une réflexion pastorale à propos de l’engagement sur les réseaux sociaux

8) Avec l’avènement du Web 5.0 et d’autres avancées en matière de communication, le rôle de l’intelligence artificielle dans les années à venir aura de plus en plus d’impact sur notre expérience de la réalité. Nous assistons au développement de machines qui travaillent et prennent des décisions à notre place; qui peuvent apprendre et prédire nos comportements; de capteurs sur notre peau qui peuvent mesurer nos émotions; de machines qui répondent à nos questions et apprennent de nos réponses ou qui utilisent les registres de l’ironie et parlent avec la voix et les expressions de personnes décédées. Dans cette réalité en constante évolution, de nombreuses questions restent sans réponse.[8]

14) L’importance croissante accordée à la diffusion et au commerce des connaissances, des données et des informations, a généré un paradoxe: dans une société où l’information joue un rôle aussi essentiel, il est de plus en plus difficile de vérifier les sources et l’exactitude des informations qui circulent numériquement. La surcharge de contenu est résolue par des algorithmes d’intelligence artificielle qui déterminent constamment ce qu’il faut nous montrer en fonction de facteurs que nous percevons ou réalisons à peine: non seulement nos choix, goûts, réactions ou préférences précédents, mais aussi nos absences et distractions, pauses et durées d’attention. L’environnement numérique que chaque personne voit – et même les résultats d’une recherche en ligne – n’est jamais le même que celui de quelqu’un d’autre. En recherchant des informations sur les navigateurs, ou en les recevant dans notre flux pour différentes plates-formes et applications, nous ne sommes généralement pas conscients des filtres qui conditionnent les résultats. La conséquence de cette personnalisation de plus en plus sophistiquée des résultats est une exposition forcée à des informations partielles, qui corroborent nos propres idées, renforcent nos croyances, et nous entraînent ainsi dans un isolement lié aux “bulles de filtres”.

53) Que signifie alors “soigner” les blessures sur les réseaux sociaux ? Comment “lier” ce qui est divisé? Comment construire des environnements ecclésiaux capables d’accueillir et d’intégrer les “périphéries géographiques et existentielles” des cultures d’aujourd’hui ? Des questions comme celles-là sont essentielles pour discerner notre présence chrétienne sur les autoroutes numériques.

“Aujourd’hui, nous nous trouvons face à la grande opportunité de montrer que, par essence, nous sommes frères, l’opportunité d’être d’autres bons samaritains qui prennent sur eux-mêmes la douleur des échecs, au lieu d’accentuer les haines et les ressentiments. Comme pour le voyageur de notre histoire qui passait par hasard, il suffirait juste d’être animé du désir spontané, pur et simple de vouloir constituer un peuple, d’être constant et infatigable dans le travail d’inclure, d’intégrer et de relever celui qui gît à terre”.[28]

Que l’image du Bon Samaritain, qui a soigné les blessures du blessé en y versant de l’huile et du vin, soit notre inspiration. Que notre communication soit un baume qui soulage la douleur et un bon vin qui réjouisse les cœurs. Que la lumière que nous apportons aux autres ne soit pas le résultat de cosmétiques ou d’effets spéciaux, mais plutôt celui d’être des “proches” aimants et miséricordieux envers ceux qui sont blessés et laissés sur le bord de la route.

Cité du Vatican, 28 mai 2023, Solennité de la Pentecôte, Paolo Ruffini, Préfet


[1] C’est en 1968 que les directeurs de publications religieuses du Québec se réunissaient, à l’invitation des pères Onil Perrier, s.m.m., et Gabriel Brien, s. j., pour jeter les bases de l’Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC), qui devient en 2014, l’AMéCO, Association des médias catholiques et œcuméniques. http://ameco-medias.ca/

Le Verbe témoigne de l’espérance chrétienne dans l’espace médiatique en conjuguant foi catholique et culture contemporaine.
Le 25 octobre dernier, avait lieu la remise des prix d’excellence de l’AMéCO (l’Association des médias catholiques et œcuméniques).
Le Verbe médias s’est distingué dans quatre catégories : Mise en page
numéro spécial sur la loi
(Émilie Dubern, Marie-Pier LaRose et Antoine Malenfant); Entrevue/portrait
L’incroyable chemin de Zahra Gomari
(Marie-Jeanne Fontaine, magazine de mai-juin 2023); Émission audio, affaires publiques
On n’est pas du monde: Espérance, différence sexuelle, miracles
(émission du 6 juin 2022 animée par Simon Lessard, avec Ariane Blais-Lacombe, Ariane Beauféray, Jean-Philippe Marceau, abbé Thomas Malenfant); Émission ou segment audiovisuel, spiritualité
Je suis dealer d’espoir – Claude Paradis
(capsule vidéo réalisée par Simon Lessard et Marc-Antoine Beaudette, février 2023). Félicitations à tous les gagnants et finalistes honorés lors de cette magnifique soirée!

LIEN

Il y a huit ans, le Monastère des Augustines a modifié sa vocation. L’entreprise hôtelière est désormais aux prises avec les mêmes préoccupations que celles œuvrant dans le même créneau : pénurie de main-d’œuvre, inflation… Mais dans cet endroit hors du commun, on s’inspire de la philosophie des Augustines pour gérer les affaires et les gens.

TEXTE : STÉPHANIE BÉRUBÉLA PRESSE

PHOTOS : EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTELA PRESSE

Best « Leading Community Based Tourism Organization Excellence Award 2023 »

The Kungoni Center of Culture and Arts has been awarded as the Best « Leading Community Based Tourism Organization Excellence Award 2023 » by the Department of Tourism Malawi.

Mua Mission

Préface du livre d’André-Man Mbombo; Le Congo, un colosse aux pieds d’argile

André-Man Mbombo
André-Man Mbombo

J’ai rencontré André-Man Mbombo pour la première fois en 2018 au Centre Afrika de Montréal[1]. L’année précédente, j’avais été nommé directeur du Centre Afrika de Montréal après une dizaine d’années vécues au Zaïre, l’actuelle République Démocratique du Congo, une autre dizaine d’années au Malawi et cinq ans en Zambie, plus précisément à Lusaka, la capitale.

Je venais de finir de lire son roman « L’albinos avatar et la Première Dame[2]» et je me suis rappelé la réaction de très jeunes enfants qui pleuraient ou qui étaient effrayés en voyant ma peau blanche de « Muzungu[3] ». André-Man m’a alors répondu calmement : « On est tous albinos de quelqu’un d’autre. Tout ce qui est différent ne laisse personne indifférent. » L’albinos avatar était à cette époque une trilogie de trois tomes qui attendaient dans le tiroir de l’éditeur.

En tant qu’avocat et profondément attristé du sort misérable que connaissent tant d’albinos à travers le monde et plus particulièrement en Afrique, André-Man Mbombo se devait de lutter pour la promotion des droits des personnes vivants sans mélanine. Il s’est donné pour mission de rédiger un projet aux Nations Unies avec pour objectif de faire voter une Déclaration universelle des droits humains des personnes vivant avec albinisme.

Au même moment se tenait la 44e session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF) qui s’est venue à Québec en juillet 2018. Il a alors réussi à soumettre un projet de déclaration et a obtenu l’adoption de la Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine[4]. Cette importante résolution d’un parlement planétaire reconnaissait que les personnes vivant sans mélanine, que nous appelons amélaniques[5], sont des êtres humains au sens de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Me Mbombo est un homme de loi qui a le sens du devoir et de la mission. Il ne reste pas indifférent devant l’injustice et les inégalités.

J’ai aussi lu son essai sur la nationalité congolaise, L’Apartheid Légal qui piège le Congo : une diaspora ostracisée à vie[6]. Il s’agit d’un véritable plaidoyer contre le principe constitutionnel de l’unicité et de l’exclusivité de la nationalité congolaise. Il s’est même proposé de déposer une requête devant la Cour constitutionnelle de la République Démocratique du Congo en annulation de ce principe qu’il estime inique, car il prive le Congo d’une partie de sa population du fait du constituant.

Dans le présent essai, Me Mbombo s’attaque à la disposition constitutionnelle qui nie les droits de propriété de l’État congolais sur le sol et le sous-sol congolais ainsi que leurs produits naturels. Il s’agit, il faut le reconnaître, d’un exercice difficile dont l’auteur s’acquitte en comparant les Constitutions et lois d’avant 2006 avec la Constitution en vigueur. Ce fait du constituant a accentué le paradoxe congolais : un pays immensément riche dont les populations sont parmi les plus pauvres au monde.

Optimiste de nature, André-Man Mbombo ne qualifie pas les ressources naturelles du Congo de malédictions et démontre comment les minerais du sang extraits des terres congolaises peuvent servir de vecteur de la paix et éloigner les bruits des bottes et les crépitements des balles du Congo. 

Pour lui, la puissance et l’opulence de la République Démocratique du Congo passent absolument par la croissance de sa démographie avec l’abolition du principe de l’unicité et de l’exclusivité de la nationalité congolaise, et par la récupération par l’État congolais de ses droits de propriété sur ses ressources naturelles.

Il prône en outre le paradigme en matière minière pour passer de l’exploitation minière industrielle à l’industrie minière au Congo. Le Congo doit cesser d’être pourvoyeur des matières premières brutes pour une industrialisation des mines et des carrières de l’extraction à la transformation des minerais bruts en produits semi-finis et en produits finis.

Tout compte fait, je trouve cet essai révolutionnaire surtout lorsqu’il met l’être humain au centre des activités minières avec l’introduction de l’acceptabilité sociale dans le développement des projets miniers. En outre, il suggère la création d’un institut national des générations et d’un fonds de développement local pour aider les populations riveraines.

Sur ce, j’ai eu beaucoup de plaisir à lire cet essai que j’ai trouvé intéressant et instructif à tous égards. Je le conseille à tout le monde surtout à ceux et celles qui n’ont jamais mis pied au Congo.

 Serge St-Arneault, M.Afr

André-Man Mbombo, Le Congo , un collosse aux pieds d’argile ? Une constitution qui a détruit l’État congolais, Essai, Édition Solstice Austral, Montréal, 2023, 263 pages. Prix : $30.00


[1] Les Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) ont créé le Centre Afrika en 1988 afin de permettre aux Africains de tisser des liens d’amitié entre eux et favoriser ainsi un vivre-ensemble harmonieux dans la société québécoise. Le Centre au 1644 rue St-Hubert, Montréal, QC H2L 3Z3 | www.centreafrika.com

[2] André-Man Mbombo, L’Albinos avatar et la Première Dame, Solstice Austral, Montréal, 1er édition, 2015, 493 pages.

[3] Terme swahili pour désigner l’Européen blanc.

[4] APF, 44e Session, Québec (Québec), 5-10/07/2018, Annexe 3.

[5] Ce terme amélanique est un néologisme qui exprime bien ce qu’il veut dire, c’est-à-dire ‘sans’ mélamine. Il est proposé à la place du terme « albinos » qui a une connotation péjorative.

[6] Éditions Solstice Austral, Montréal, 2022, 202 pages.

Dimanche le 10 décembre 2023 de 16h00 à 19h00 à l’Afromusée.

Laissez-nous entrer dans la normalité

Lovejoyce Amavi

Par Lovejoyce Amavi, consultant en communication et auteur, La Presse, 8 octobre 2023

Greg Fergus a été élu président de la Chambre des communes le 3 octobre 2023. Voici un intéressant article de Levejoyce Amavi[i] au sujet de la définition de l’inclusion. Jusqu’à quand aurons-nous encore besoin de classer les êtres humains dans des catégories et pour quelles raisons, demande-t-il ? Que ce soient les premiers Noirs à …, les premiers Autochtones à … comme le nouveau Premier Ministre du Manitoba, Wab Kinew, les premières femmes à …, etc.

Conclusion de l’auteur

Il ne s’agit pas d’atténuer la particularité historique des accomplissements de Greg Fergus et de Wab Kinew, il s’agit d’inviter à considérer cela comme normal tout simplement. Afin que ces millions de gens qui leur ressemblent ne ressentent plus tant l’exclusivité et l’exceptionnalité de ces réalisations. Ce que demande et exige l’idée d’inclusion, c’est la suppression des différences pour ensemble être la normalité. Nous pouvons le faire et ainsi faire société ensemble parce que l’humanité est diversité et nos sociétés doivent cesser de diviser de cette façon parfois si nonchalante.

Ma rencontre avec Greg Fergus

J’ai rencontré Greg Fergus à Ottawa au mois de mai 2022 dans le cadre d’une conférence de presse du gouvernement.

Voir le lien suivant : « UNE ÉTAPE À LA FOIS, » JUSTIN TRUDEAU

Extrait :

Je tiens aussi à souligner le député de Hull-Aylmer Greg Fergus. Il est secrétaire parlementaire du premier ministre et de la présidente du Conseil du Trésor. Nous avons eu une très belle conservation. Il m’a certifié qu’il y a une unité au sein du Parti libéral canadien sur la question du contrôle des armes à feu. Peut-être aurons-nous la chance de nous revoir.


[i] Lovejoyce Amavi vient de publier à compte d’auteur le livre L’art de conjuguer à l’inclusif parfait : pour un vocabulaire adéquat de l’intégration et de l’inclusion.

Missionnaire sans frontières