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Contrôle des armes : pression sur le Sénat pour adopter C-71

Un meilleur contrôle des armes à feu exigé

TVA Nouvelles, PolySeSouvient, Publié le 3 décembre 2018 à 13:43

Le groupe PolySeSouvient, s’est rendu à Ottawa lundi pour rappeler l’urgence d’adopter un plus grand contrôle des armes à feu. Il dénonce que le projet de loi C-71, présenté au début de l’année, ne soit toujours pas en vigueur.

À la veille du 29e anniversaire de la tragédie de Polytechnique, le groupe craint que le lobby contre le contrôle des armes à feu ne fasse pression sur les sénateurs.

«Ne faites pas de compromis et montrez aux députés comment on se tient debout quand on n’a pas peur du lobby des armes», a affirmé Serge St-Arneault, frère d’une victime de Polytechnique, en s’adressant aux sénateurs.

De plus, PolySeSouvient estime que ce projet de loi ne va pas assez loin et que des amendements sont nécessaires.

Conférence de presse 3 décembre 2018 Ottawa 4

L’Actualité

OTTAWA — Les sénateurs doivent ignorer le «très bruyant» lobby pro-armes et adopter sans plus tarder le projet de loi C-71, implorent des représentants de groupes qui militent pour un meilleur contrôle des armes à feu.

Contrôle des armes : pression sur le Sénat pour adopter C-71

Mélanie Marquis, La Presse canadienne, 3 décembre 2018

Cinq d’entre eux étaient à Ottawa lundi pour déplorer la lenteur du processus d’adoption de la mesure législative déposée il y a plus de sept mois. Adoptée aux Communes le 24 septembre dernier, elle n’a pas encore franchi l’étape de la deuxième lecture au Sénat.

«Le lobby des armes au Canada est bien organisé, bien financé et très bruyant. Nous avons constaté leur influence sous les conservateurs», a exposé en ouverture la porte-parole du groupe Polysesouvient, Heidi Rathjen.

Elle a évoqué l’influence de ce lobby pour expliquer la progression qu’elle juge trop lente de C-71: «On sait que les sénateurs ont été noyés dans des courriels, des appels, des lettres, contre le projet de loi».

Or, les sénateurs sont nommés; ils ne sont donc pas soumis aux mêmes pressions que les députés qui cherchent à se faire réélire, a argué à ses côtés Serge St-Arneault, le frère d’Annie, tombée sous les balles du tireur de Polytechnique le 6 décembre 1989.

Il a ainsi mis au défi les membres de la chambre haute. «Priorisez la sécurité publique. Ne faites pas de compromis. Et montrez aux députés comment on se tient debout quand on n’a pas peur du lobby des armes», a-t-il lancé.

Pas de compromisLe président de la mosquée de Québec, Boufelda Benabdallah, s’est aussi adressé aux sénateurs.

«Je le rappelle aux nobles et aux gentils sénateurs, en dedans de deux minutes, c’est plusieurs vies qui sont parties, c’est plusieurs blessés», a-t-il déclaré au micro, faisant référence à l’attentat qui a été perpétré le soir du 29 janvier 2017.

Armes de poing et d’assaut

On croise aussi les doigts pour que gouvernement de Justin Trudeau bouge rapidement dans le dossier des armes de poing et d’assaut, dont on envisage une interdiction.

Autrement, les libéraux auront rompu un engagement contenu dans leur plateforme électorale de 2015, a insisté Heidi Rathjen.

«C’est une promesse électorale pour le mandat présent. Les libéraux ont promis de sortir de nos rues les armes de poing et les armes d’assaut», a-t-elle fait valoir.

Le gouvernement a lancé en octobre dernier une consultation sur cet enjeu.

La démarche arrive «très tard dans le processus», mais «c’est techniquement possible d’avoir des changements avant les prochaines élections», a suggéré Mme Rathjen.

Pratte veut rassurer

Le sénateur indépendant André Pratte, qui parraine le projet de loi au Sénat, dit comprendre le sentiment d’urgence exprimé lundi, mais il juge que C-71 progresse somme toute assez bien.

Il est confiant que la mesure législative sera envoyée en comité avant le congé des Fêtes, et qu’elle sera adoptée à l’hiver ou au printemps.

«C’est sûr qu’on s’impatiente, et que ça concerne la vie des gens, donc on voudrait tous que ce soit adopté le plus rapidement possible et que ce soit le régime le plus fort possible», a-t-il dit.

Selon lui, le projet de loi jouit d’un très bon appui dans le camp des sénateurs indépendants. En revanche, dans les banquettes conservatrices, on est «fermement opposé», a-t-il convenu.

Le sénateur Pratte a par ailleurs confirmé que le lobby pro-armes s’est «beaucoup activé» en «inondant» de courriels et de lettres les membres de la chambre haute.

«Ils ont même publié un livre à ce sujet-là, « The Bill C-71 Book », alors ils ont travaillé très fort», a-t-il illustré.

Au bureau du sénateur Peter Harder, représentant du gouvernement au Sénat, on a soutenu que C-71 «continue d’être une priorité au Sénat» et qu’il «est d’une grande importance pour les sénateurs, considérant le nombre de discours à ce sujet».

Amendements: Goodale sceptique

En même temps qu’ils réclamaient l’adoption rapide de C-71, les représentants des groupes venus à Ottawa priaient les sénateurs de le «renforcer» avec trois amendements.

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a dit craindre que l’ajout d’amendements puisse retarder l’adoption du projet de loi.

«À ce moment-ci du processus, il serait potentiellement très difficile de rouvrir le projet de loi dans le sens que cela retarderait (l’adoption)», a-t-il exposé en mêlée de presse, lundi.

Le ministre n’a toutefois pas voulu se prononcer sur les amendements en tant que tels, n’ayant pas eu le temps d’en prendre connaissance au moment de répondre aux questions des médias.

Trois modifications ont été présentées lundi par les représentants des groupes qui militent pour un contrôle plus serré des armes à feu.

Ils réclament notamment de rétablir des contrôles sur les ventes privées et de «permettre l’accès facile et rapide» aux données sur les ventes d’armes pour les autorités policières.

Autres liens :

Contrôle des armes à feu: «Ne faites pas de compromis»

Contrôle des armes - Le Nouvelliste
Serge St-Arneault (à gauche) était à Ottawa, accompagné de représentants de groupes qui militent pour un meilleur contrôle des armes, pour déplorer la lenteur du processus législatif. Photo : Presse Canadienne, Sean Kilpatrick

LA TUQUE — «Nous avons le sentiment que les choses traînent depuis un certain temps. On veut rappeler aux membres du Sénat l’urgence de cette loi.» Le Latuquois Serge St-Arneault, qui a perdu sa sœur Annie lors de la tragédie de Polytechnique, s’est rendu aux côtés de plusieurs représentants de groupes qui militent pour un meilleur contrôle des armes, lundi, à Ottawa pour déplorer la lenteur du processus législatif. À la veille du 29e anniversaire de la tuerie de Polytechnique, les sénateurs se font presser d’adopter le projet de loi sur le contrôle des armes à feu.

(…) « Constamment, on doit revenir pour parler de la question des armes à feu. C’est la nécessité qui nous oblige à venir ici, ce n’est pas parce qu’on le veut vraiment. On n’est pas un club qui se réunit pour le plaisir de se réunir. On vient ici parce qu’il y a une cause à défendre», soutient Serge St-Arneault.

La porte-parole du groupe Polysesouvient, Heidi Rathjen, considère le projet de loi comme «un strict minimum», mais elle souhaite le voir adopté «le plus rapidement possible».

Elle n’a pas trop voulu spéculer sur les raisons qui expliquent cette progression qu’elle juge trop lente, mais elle a pointé du doigt le lobby pro-armes.

Mais les sénateurs sont nommés, et ne sont donc pas soumis aux mêmes pressions que les députés qui cherchent à se faire réélire, ont argué tour à tour les représentants des groupes. Serge St-Arneault les a donc mis au défi.

«Ne faites pas de compromis. Et montrez aux députés comment on se tient debout quand on n’a pas peur du lobby des armes», a plaidé M. St-Arneault.

Ce dernier soutien également les chasseurs n’ont rien à craindre de cette loi.

«Ce que l’on dénonce c’est la vente, pratiquement libre sur le marché, d’armes d’assaut, d’armes de guerre, d’armes militaires… Ce type d’armes peut être vendu pratiquement sans contrôle. C’est une aberration. (…) Les chasseurs n’utilisent pas des armes d’assaut pour aller à la chasse. Ce serait complètement stupide. On ne tue pas un orignal avec une mitraillette. Il faut être logique. Cette loi est pour protéger la population», note M. St-Arneault. (…)

Le Latuquois Serge St-Arneault a également invité la population à se manifester afin de soutenir leur démarche.

«On invite les gens à soutenir notre cause et militer pour un meilleur contrôle des armes à feu et retirer surtout du marché légal, la vente d’armes d’assaut et de poings qui sont de portée militaire», a-t-il lancé. (…)

Contrôle des armes à feu: pression sur le Sénat

Contrôle des armes: pression sur le Sénat pour adopter le projet de loi

Pression sur le Sénat pour un meilleur contrôle des armes

Pression sur le Sénat pour adopter le projet de loi sur le contrôle des armes

Contrôle des armes à feu: le Sénat se fait presser d’adopter le projet de loi

Survivors implore Senate to pass gun reform bill despite ‘loud’ lobby resistanceederal firearms bill

Gun control activists impatient with process to pass government’s firearms bill

Vidéo de la conférence de presse

Gun control 'do not compromise'
Des proches de victimes des tueries survenues à l’école Polytechnique et à la grande mosquée de Québec lancent un cri du cœur pour un meilleur contrôle des armes à feu. https://twitter.com/icimontreal/status/1069615736081903623

En route vers une Église authentique

En route vers une Église authentique

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Selon le document de travail de la XVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques qui se tient à Rome, les jeunes aspirent à une «Église authentique » qui puisse briller par «exemplarité, coresponsabilité et solidité culturelle» «une Église moins institutionnelle, et plus relationnelle, capable d’accueillir sans juger préalablement, amie et proche, accueillante et miséricordieuse».

Nous sommes tous tributaires de structures pour notre survie individuelle et collective au risque de dégénérer ou, pire encore, de nous autodétruire. J’en ai fait l’expérience au Zaïre au début des années 1990 lorsque le pays s’est effondré dans le pillage et la guerre civile. Les repaires sociaux disparaissent alors à la même vitesse que la sécurité des personnes. C’est ce qu’on appelle le chaos.

Ici, nous avons raison d’être fiers de nos structures politiques, juridiques et économiques. Nous avons nos chartes, nos constitutions, nos institutions et nos valeurs. Pourtant, en tant que citoyens et croyants, nous nous sentons bousculés par l’évolution des mœurs, la complexification des relations internationales et les enjeux écologiques.

Sociologiquement, les institutions, aussi nécessaires soient-elles, mènent parfois vers des formes d’aliénation. Il y a des familles dysfonctionnelles où la peur et la violence engendrent des traumatismes. Les régimes politiques totalitaires engendrent des guerres. C’est pourquoi nul n’est tenu de défendre à tout prix une institution, un régime, un système ou une structure déficiente ou opprimante.

Ce qui compte avant tout au sein de toute forme institutionnelle est de nous permettre de vivre dignement. C’est pour cela que le drame des enfants, pour ne prendre que cet exemple, abusés par les représentants de l’Église fait si mal. Plus douloureux et scandaleux est l’effort des institutions religieuses et cléricales de protéger la réputation de l’Église plutôt que de rendre justice aux plus vulnérables.

L’Église Catholique a plus de 2000 ans d’histoire. Cela a permis la consolidation d’une richesse non seulement matérielle, mais aussi doctrinale et ecclésiale. Par contre, nos structures ne sont plus adaptées à la réalité changeante d’aujourd’hui. Que faire de nos églises désertées ?

Dans un contexte où les appartenances identitaires se diversifient, l’Église au Québec vit un tournant missionnaire. Voilà une opportunité à saisir. Nous devons en profiter pour redéfinir notre vision en tant que communauté croyante en Jésus-Christ. Sans tourner le dos à notre appartenance catholique, nous pouvons désormais témoigner de notre foi en osant mettre à l’écart ce qui nous empêche d’être une «Église authentique » pour reprendre les mots ci-haut mentionnés.

Il est temps de nous alléger du fardeau d’une institution trop lourde à gérer. Le temps est venu de briller par «exemplarité, coresponsabilité et solidité culturelle». Reste à savoir comment définir tout cela.

Église de 3-Riv logo magazine

Article publié dans le Bulletin électronique Église de Trois-Rivières – septembre/octobre/novembre 2018

Trudeau interdira-t-il les armes d’assaut et de poing?

Publié le 25 octobre 2018

ISABELLE GRIGNON-FRANCKE, La Presse

Des associations de victimes de tueries craignent que les élections fédérales à venir ne reportent la réalisation des engagements du gouvernement Trudeau à interdire les armes d’assaut et de poing. Elles ont souligné leur impatience à leur sortie d’une rencontre avec des représentants du ministère de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, ce matin à Montréal.

En août 2018, Trudeau dépêchait le ministre Blair d’étudier la question. « Vous devrez vous pencher sur la possibilité d’interdire complètement les armes de poing et les armes d’assaut au Canada, sans entraver l’utilisation légitime d’armes à feu par les Canadiens », précisait la lettre de mandat envoyé au ministre Bill Blair.

En mars dernier, le projet de loi C71 présenté n’incluait pas de clause interdisant complètement les armes d’assaut et de poing, le statut de certaines d’entre elles est maintenu comme armes à « autorisation restreinte ». Une consultation a été lancée après les fusillades de Fredericton et de Toronto cet été. Cette rencontre était la troisième d’une série de 8 rencontres menées par le gouvernement.

« Il y a un dialogue, mais ce n’est pas fini! Nous ne sommes pas dans un pays de guerre, les armes de poing doivent être prohibées! », a souligné M.  Boufeldja Benabdallah, cofondateur de la mosquée de Québec. Il a martelé l’importance d’éduquer les plus jeunes au danger des armes à feu. Il s’est également indigné de la répétition des tueries et de l’« inaction des gouvernements » depuis la tuerie de Polytechnique en 1989.

Un lobby puissant    

« Je pense que les Canadiens ne réalisent pas à quel point le lobby est puissant au Canada », a souligné Heidi Rathjen, Fondatrice de PolySeSouvient et témoin du massacre de ses consœurs.

Elle a souligné l’adhésion de la majorité de l’opinion publique à des mesures d’interdiction des armes d’assaut et de poing, soulignant que ceux qui s’y opposent ne sont que « la minorité de la minorité qui ont des intérêts personnels, idéologiques et financiers. »

Milieu scolaire   

Des associations étudiantes étaient également sur place pour souligner leur désir de maintenir les campus sans armes. « On a peur pour la communauté étudiante, pour nos campus. On pense que ça a pas de bon sang que ça soit accessible aussi facilement », affirme Manuel Klaseen, Président, Association des étudiants de Polytechnique.

Les armes à feu ont également été pointées du doigt comme des outils permettant le suicide dans les milieux étudiants.

Accès et législation   

Depuis le démantèlement du régime des armes à feu, en 2012 par le gouvernement Harper, les armes sans restriction ne sont enregistrées dans aucune des provinces canadiennes, sauf le Québec. Le Québec dispose d’un système d’immatriculation des armes à feu, qui n’encadre que les armes d’épaules, comme celles utilisées pour la chasse.

Les solutions proposées concernent l’enregistrement des armes à feu, leur reclassification entre les diverses catégories d’accès, des formations plus exhaustives et le suivi des personnes possédant un permis de port d’arme.

« Il y a des armes restreintes qui devraient être interdites, avec lesquelles on a vu des massacres. Il y a même des armes non-restreintes comme le Ruger Mini-14, qui a tué mon épouse, qui est encore non-restreinte! », explique Jean Françoise Larrivée, époux d’une des victimes de Polytechnique.

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La fondatrice de PolySeSouvient, Heidi Rathjen, le président de l’Association des étudiants de Polytechnique, Manuel Klaseen, et la présidente de la Confédération pour le rayonnement étudiant en ingénierie au Québec, Wendy Vasquez. PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Couverture médiatique à la suite de la consultation du gouvernement fédéral canadien sur l’interdiction des armes de poing et d’assaut

Conférence de presse Sheraton 5bDe nombreux journalistes ont interviewé les membres de PolySeSouvient ainsi que des représentants étudiants de l’École Polytechnique de Montréal dans le cadre de la consultation du gouvernement fédéral sur l’interdiction des armes de poing et d’assaut au Canada.

Conférence de presse Sheraton 7bVoici une série d’articles et d’extraits vidéo illustrant ces entrevues. Le Devoir, par exemple, a publié un excellent éditorial sur la question de la consultation, qui résume bien la position de PolySeSouvient : «Rien ne justifie que des particuliers possèdent des armes ne servant qu’à tuer.» À vous de choisir la suite de vos lectures en cliquant sur les images ci-jointes, tout particulièrement l’article publier dans le journal Métro que voici.

Métro-société-tranquille-26-10-18d
Contrôle-arme-feu-Le-Devoir
Armes à feu MÉTRO2
Canada News
Global News
CBC
YouTube.com-handguns
CTV-News

Contrôle des armes à feu: des militants déçus d’Ottawa

Journal La Presse, publié le 24 octobre 2018

SIDHARTHA BANERJEE, La Presse Canadienne, Montréal

Des groupes représentant les survivants et les familles des victimes de fusillades meurtrières survenues au Québec depuis trente ans remettent en question l’engagement du gouvernement Trudeau à éliminer les armes de poing et les armes d’assaut, alors que se tient une consultation en privé à Montréal, à un an des élections.

Des partisans du contrôle des armes à feu ayant des liens avec l’École polytechnique, le Collège Dawson et le Centre culturel islamique de Québec – qui ont tous connu des tueries sanglantes – ont accepté de rencontrer jeudi à huis clos des représentants du gouvernement libéral de Justin Trudeau. Mais ils craignent qu’il ne soit trop tard pour accomplir quoi que ce soit à ce moment-ci du calendrier électoral.

Heidi Rathjen, coordinatrice de l’organisme PolySeSouvient, craint que les libéraux ne reportent ce « dossier controversé » après les prochaines élections, alors qu’ils avaient promis en campagne électorale, en 2015, d’interdire les armes de poing et les armes d’assaut.

« La dernière année avant les élections, on se retrouve avec une consultation, note Mme Rathjen, qui a été elle-même témoin de la tuerie de Polytechnique en 1989. Pourtant, le projet de loi qui a été déposé en lien avec cette promesse ne touche en rien l’accès légal à ces types d’armes à feu. Et c’est seulement après les tueries de Fredericton et de Toronto, cet été, que le gouvernement lance une consultation. »

Le projet de loi C-71, déposé en mars dernier pour modifier la législation canadienne sur les armes à feu, prévoit une vérification accrue des antécédents avant l’obtention d’un permis d’armes à feu, et la conservation obligatoire de ces dossiers par les vendeurs. Le projet de loi n’interdit pas les armes de poing et les armes d’assaut.

« On a vu ce qui s’est passé tout récemment à la mosquée de Québec, plaide Mme Rathjen. Un individu qui était propriétaire légal d’armes de poing et d’armes d’assaut, qui était membre d’un club de tir, a décidé que, pour les raisons qu’il avait, de faire du mal à beaucoup de personnes – six morts et plusieurs blessés graves en moins de deux minutes. »

« Suffisamment de tragédies »

Le ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, n’a annoncé que ce mois-ci les consultations à huis clos, sur invitation seulement. Il souhaite que ces consultations soient achevées d’ici la fin de l’année, et qu’un rapport soit publié au début de 2019 – donc à quelques mois du déclenchement des élections générales.

Pour Boufeldja Benabdallah, cofondateur de la mosquée de Québec, où six fidèles ont été abattus en janvier 2017, l’interdiction des armes de poing et des armes d’assaut est essentielle. M. Benabdallah avait écrit en mai au premier ministre Trudeau pour exprimer sa déception devant le contenu du projet de loi C-71. Il estime que le Canada a connu suffisamment de tragédies pour que les législateurs trouvent les motifs d’agir.

Trudeau avait demandé au ministre Blair d’envisager une possible interdiction de ces armes après une série de fusillades meurtrières cette année, dont l’attentat dans le quartier grec de Toronto en juillet, au cours duquel une femme de 18 ans et une fille de 10 ans ont été tuées, et 13 autres personnes ont été blessées.

Les conseils municipaux de Montréal et de Toronto ont demandé à Ottawa d’interdire les armes de poing et les armes d’assaut. Mais les opposants à cette interdiction – y compris les conservateurs à Ottawa – soutiennent qu’elle ne contribuerait guère à améliorer la sécurité publique.

Mme Rathjen indique par ailleurs que les intervenants ont été prévenus environ une semaine à l’avance de la consultation fédérale, empêchant ainsi certains experts d’y participer.

« Ça fait 29 ans, maintenant, qu’on demande l’interdiction des armes d’assaut, plaide-t-elle. On espère qu’enfin, compte tenu de toutes les tragédies dont on a été témoins dans le passé – et tout dernièrement -, le gouvernement va prendre la part de l’intérêt public au lieu de céder devant le lobby des armes, aussi puissant soit-il. »

Liens : Contrôle des armes à feu

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Le projet de loi C-71, déposé en mars dernier pour modifier la législation canadienne sur les armes à feu, prévoit une vérification accrue des antécédents avant l’obtention d’un permis d’armes à feu, et la conservation obligatoire de ces dossiers par les vendeurs. Le projet de loi n’interdit pas les armes de poing et les armes d’assaut. PHOTO KEVIN FRAYER, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Des visiteurs originaires d’Afrique au Festival de chasse

L’Écho La Tuque / Haute-Mauricie, le lundi 22 octobre 2018.

Michel Scarpino, texte et photos

FESTIVAL. Le père Serge St-Arneault, originaire de La Tuque, a fait connaître le Festival de chasse à trois visiteurs originaires d’Afrique qui vivent à Montréal. Les visiteurs, Adama Daou, Cathy Mbuyi Tzaisweka et Jean-Marie Mousenga ont assisté à la messe du chasseur ainsi qu’un déjeuner des placoteux avant d’être reçus à l’hôtel de ville par le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay ainsi que ses homologues de Lac-Édouard et de La Bostonnais, Larry Bernier et Michel Sylvain. Constant Awashish et Dany Chilton du Conseil de la nation atikamekw ont aussi tenu à les saluer.

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Sur la photo, on reconnaît Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque, Michel Sylvain, maire de La Bostonnais, Adama Daou, Constant Awashish et Danny Chilton, du Conseil de la nation atikamekw, le père Serge St-Arneault, Cathy Mbuyi Tzaisweka, Jean-Marie Mousenga et Larry Bernier, maire de Lac-Édouard.

«La messe était très chaleureuse. C’est une activité rassembleuse», a relaté Adama Daou. Il a tout de suite remarqué la proximité entre les gens de La Tuque, ce qu’on retrouve moins à Montréal : «Les gens se connaissent, c’est comme une famille élargie». À la fin de la messe, il a joué du balafon, un instrument de musique originaire d’Afrique occidentale. Il a répété une performance lundi matin, lors du déjeuner des placoteux.

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En compagnie du maire de La Tuque, du père Serge St-Arneault et de ses deux compagnons de voyage, Adama Daou a effectué une performance de balafon, sur la scène du Festival de chasse, lors du déjeuner des placoteux de lundi.

Le père Serge St-Arneault

Le père Serge St-Arneault, qui a vécu la moitié de sa vie à La Tuque, les a accompagnés au cours de leur visite, depuis leur arrivée, samedi. Il a consacré environ une trentaine d’années de sa vie comme missionnaire en Afrique, soit au Congo, au Malawi et en Zambie. Revenu au Québec depuis un an, il dirige aujourd’hui le Centre Afrika, un centre communautaire mis sur pied en 1988 pour permettre aux Africains de tisser des liens d’amitié avec le monde africain établi dans la région de Montréal et faciliter leur intégration dans la société québécoise. Même en terre québécoise, il tenait à poursuivre son implication auprès du peuple africain. M. St-Arneault a été ordonné prêtre en juin 1987, en l’église Marie-Médiatrice de La Tuque, après avoir effectué ses études primaires et secondaires en Haute-Mauricie.

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«J’ai le sentiment d’être un Noir de race blanche», écrivait-il dernièrement dans une revue des amis des missionnaires d’Afrique.

Même avec moins de feuilles dans le paysage, la route est tout de même magnifique, ont-ils tout de suite remarqué. «J’ai beaucoup admiré cela. C’est superbe. Je me disais que les feuilles sont un peu tombées, mais c’est toujours beau, c’est majestueux. C’est différent de chez nous. On a beaucoup de feuilles chez nous, mais elles sont toujours vertes. Quand elles tombent, elles deviennent brunes et elles chutent, mais ici, ça passe par des transitions de couleurs magnifiques», a observé Cathy Mbuyi Tzaisweka.

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Des visiteurs originaires d’Afrique au Festival de chasse

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Vers une respectueuse neutralité religieuse.

L’auteur, Serge St-Arneault, est prêtre missionnaire catholique et directeur du Centre Afrika de Montréal. Il est originaire de La Tuque.

Le carrefour des lecteurs est souvent révélateur d’une rage contre l’héritage de l’Église Catholique doctrinaire; « J’ai reçu une influence des femmes voilées et d’un homme en soutane et col romain par qui j’ai été endoctrinée alors que j’étais qu’une jeune adolescente » (Andréa Richard, Le Nouvelliste du 13 octobre 2018). Ou encore; « la population québécoise vient de se départir de l’emprise de l’Église catholique et de son endoctrinement » (Anne-Sylvie Duquette, Le Nouvelliste du 15 octobre 2018).

Ces opinions s’inscrivent dans un plaidoyer en faveur de la neutralité religieuse et de la laïcité. En fait, l’évocation à notre identité catholique d’avant la Révolution tranquille est fréquemment utilisée comme référence pour décrier le port du voile porté par certaines musulmanes.

Selon Andréa Richard; « Le port des signes religieux ostentatoires signifie le fanatisme religieux et la soumission des femmes à une religion; ce qui va à l’encontre de l’évolution de la société ».

La perception générale des gens est que cette tenue vestimentaire représente la subordination des femmes, ce qui porte atteinte au principe de l’égalité des sexes. En plus, les fondamentalismes musulmans font du voile la bannière la plus visible de leur idéologie. Le voile tout comme la réclusion des femmes, selon eux, découlerait d’une loi divine.

L’ardeur que certains déploient à engloutir ce qui est lié à notre culture historique imprégnée de catholicisme les empêche ainsi de rester sereins en voyant certaines femmes musulmanes voilées (car elles ne le sont pas toutes!).

En d’autres mots, le lieu du problème n’est pas tant chez ces femmes « voilées » qu’au niveau de notre perception liée à notre culture historique imprégnée de catholicisme. En parvenant à nous pacifier avec celle-ci, nous pourrions alors nous dégager émotionnellement de la question des signes religieux ostentatoires appartenant à d’autres religions.

De là naîtra une respectueuse neutralité religieuse.

LIEN

Même au Québec, cette société qui se vante de promouvoir l’égalité entre hommes et femmes, ce deux poids, deux mesures est saisissant. Avez-vous entendu, lors du débat sur la laïcité de l’État, des arguments contre le port par des enseignants du kaftan et d’autres vêtements traditionnels des hommes musulmans de l’Afrique du Nord ?

Par contre, quand il s’agit des jeunes femmes qui décident de porter le voile, on ne leur demande pas si elles le font pour maintenir la tradition de leur famille, leur village ou leur tribu.

On suppose aveuglément que c’est pour manifester leur religion, avec le préjugé aussi misogyne qu’opportuniste que ce choix leur est imposé par des hommes en autorité.

Ma rencontre avec Chrystia Freeland et Federica Mogherini.

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© Martin Ouellet-Diotte, AFP | Une quinzaine de femmes ministres des Affaires étrangères posent pour une photo de famille, le 21 septembre 2018 à Montréal.

Par Serge St-Arneault

À l’initiative du Cabinet de la Ministre des Affaires étrangères du Gouvernement du Canada et avec l’aide du Service des communications et des relations publiques de la Polytechnique Montréal, j’ai été invité à assister à une commémoration voulue par les femmes ministres des Affaires étrangères réunies pour un sommet historique à Montréal les 21 et 22 septembre 2018.

Je suis allé au Parc du 6 décembre[1] tôt dans l’après-midi de samedi où allait se dérouler l’événement. Je me suis aussitôt dirigé près de la stèle illustrant la lettre ‘A’ et le nom de ma sœur Annie gravé sur le sol. La température était splendide. Sylvie Haviernick, la sœur de Maud, m’a ensuite rejoint. Ensemble, nous avons attendu l’arrivée de la ministre Chrystia Freeland ainsi que Federica Mogherini, représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères. Notre rôle consistait à les accueillir officiellement. De fait, les premières voitures à apparaître ont été celles de la ministre des Affaires étrangères suédoise et de la République d’Andorre.

Tout compte fait, il y avait peu de monde présent si ce n’est les officiels du gouvernement et les journalistes tenus à distance. Sylvie et moi avons donc conduit nos hôtes le long du tracé séparant les 14 noms étalés sur le sol. Toutes les autres femmes ministres de leur différent pays ont suivi le cortège en déposant les roses blanches. J’accompagnais Federica Mogherini. Elle était très touchée par le lieu et la symbolique des fleurs. Elle a improvisé un discours après celui de Chrystia Freeland.

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Après la séance de photos, les voitures protocolaires noires étaient vites au rendez-vous pour le départ des femmes ministres. Federica Mogherini était elle-même un peu nerveuse car elle devait prendre son vol à 16h00 à l’aéroport en direction de New York dans le cadre de la 73e Assemblée générale de l’ONU.

─ « Je vous souhaite bon voyage. Revenez nous voir. Il y a beaucoup de belles choses à découvrir à Montréal. »

─ « Je n’y manquerai pas. Merci pour votre accueil. »

─ « Oh! Madame Freeland, permettez-moi de vous dire une chose. »

─ « Oui! Je vous écoute. »

─ « J’aime votre nom. Je l’aime vraiment. »

Elle s’est mise à rire. Freeland signifie littéralement ‘libre pays’.

─ « Nous savons tous que les discussions que vous menez pour un nouvel accord commercial avec les États-Unis ne sont pas faciles. Mais courage. Nous sommes fiers de vous. »

Je vous laisse le soin de deviner ce qu’elle m’a répondu. C’est maintenant un ‘secret d’État’. Je vous le dirai au creux de l’oreille mais pas plus. Enfin, je me suis surpris de lui dire à haute voix : « On vous aime! »

En un rien de temps, presque tout le monde était parti. Pourtant, il restait encore une voiture protocolaire. (Question : pourquoi sont-elles toujours noires?)

Je m’adresse alors au responsable du service protocolaire qui n’en finissait plus de nous remercier d’être venu.

─ « En tout cas, lui dis-je, si vous voulez que nous revenions, je pose une condition. »

─ « Laquelle, me dit-il. »

─ « Et bien! La prochaine fois, je veux moi aussi être reconduit à mon domicile dans l’une de vos voitures protocolaires noires. »

Je suis certain qu’il a déjà oublié.

Ma dernière bise, je l’ai donnée à Sylvie en nous promettant mutuellement de nous revoir bientôt. Puis, j’ai pris le métro à deux coins de rue plus loin.

Ceci dit, je suis donc profondément touché par le geste de ces femmes qui ont insisté pour se recueillir un bref moment au Parc du 6 décembre en mémoire de celles qui ont été tuées lors de la tragédie de la Poly il y aura bientôt 29 ans. Selon les reportages journalistiques, je note que l’élimination de la violence fondée sur le genre était l’un des thèmes discutés par ces femmes ministres. C’est leur désir d’établir une tradition de coopération. Je leur souhaite bonne chance.

Autres liens :

Huffpost - Chrystia Freeland

Canada : première réunion de femmes ministres des Affaires étrangères

Sommet historique de femmes ministres des Affaires étrangères à Montréal

Ottawa créera un poste d’ambassadeur pour les femmes, la paix et la sécurité

Monument 6 déc 01b

[1] La place du 6 décembre a été inaugurée en 1999 pour souligner le 10e anniversaire de la tragédie de la Polytechnique où 14 femmes ont été assassinées. Cette œuvre de l’artiste Rose-Marie Goulet est une initiative de la Fondation des victimes du 6 décembre contre la violence. Les matériaux sont choisis de telle sorte que le passant doit s’attarder pour déchiffrer le nom de la femme sur l’un des sept arcs de cercle. Annie St-Arneault et Maud Haviernick sont deux des quatorze victimes, sœurs de Serge et de Sylvie respectivement.

(Source :http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/3899.html)

Bureau d’intégration des nouveaux arrivants de Montréal et dévoilement du projet « La Place des Montréalaises »

Le Bureau d’intégration des nouveaux arrivants de Montréal (BINAM), qui s’est donné comme mission de créer les conditions permettant d’accélérer le processus d’intégration des nouveaux arrivants afin de maximiser leur participation à la vie collective montréalaise, avait invité le Centre Afrika a participer à deux jours de formation les 5 et 6 septembre 2018 pour « développer des projets intégrés à impact social fort » en prévision du dépôt de nouveaux appels à projets qui seront cruciaux pour la continuité de nos services pour les deux prochaines années.

Cette rencontre avait lieu dans les locaux de l’ancienne usine de métallurgie[1] La Fonderie Darling située dans quartier de la Cité du Multimédia de Montréal. Quelques coins de rue suffisent pour offrir des points de vue vraiment disparates : les hauts édifices de Montréal (2), le parc Éphémère (3) et un vieil édifice en démolition (4). On y trouve même un traiteur ambulant de cuisine indienne.

Le métro Square-Victoria-OACI au pied de la Tour de la Bourse est à quelques minutes de marche de la Fonderie Darling. Or, le soir du 5 septembre, je reçois une invitation de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, pour assister au dévoilement du lauréat du concours international d’architecture de paysage pluridisciplinaire Place des Montréalaises[2]. L’événement avait lieu le 6 septembre vers 13h30 sur la terrasse de l’Hôtel de Ville.

BINAM-FORMATION-19

Je n’étais même pas au courant de ce projet! Il s’agit d’un projet d’envergure qui surplombera la bretelle de l’autoroute Ville-Marie et la rue Saint-Antoine pour éliminer la brisure avec le Vieux-Montréal. Les noms de 21 Montréalaises qui ont marqué l’histoire de la ville, comme Jeanne-Mance et Marie-Josèphe Angélique de même que les 14 victimes du drame de la Polytechnique, seront bien visibles. Le concours lancé en 2017 privilégiait cette commémoration.

Je me sentais perdu au milieu de tous ces journalistes et caméras de télévision. Discrètement, je me suis adressé à une adjointe de ma mairesse si je pouvais lui parler une petite minute.

— « Bonsoir, je suis le frère d’Annie St-Arneault, l’une des victimes de la Poly. Nous nous sommes brièvement croisés lors de la présentation de la motion votée unanimement par le conseil de ville pour bannir la vente d’armes de poing et d’assaut. »

— « Oui, je me souviens. »

— « Saviez-vous que vous êtes une arrière-petite-cousine d’Annie qui figure parmi celles que vous voulez honorer la mémoire à la Place des Montréalaises? »

— « Non! D’ailleurs, beaucoup de gens me demandent qui sont mes ancêtres et je ne le sais pas. »

— « Et bien, vous êtes de la lignée de Paul Bertrand dit St-Arnaud qui est venu en Nouvelle-France autour de 1690. Celui-ci a épousé Gabrielle Barideau. Ils ont conçu Marguerite Bertrand dit St-Arnaud en 1712. Là est votre lignée, onzième génération à partir de notre ancêtre commun. »

J’ai promis de lui remettre bientôt son arbre généalogique complet compilé grâce au travail bénévole des membres de l’Association des descendants de Paul-Bertrand dit St-Arnaud.

De la terrasse de l’Hôtel de Ville, je suis retourné à La Fonderie Darling. Une heure plus tard, Valérie Plante était là aussi pour remercier les 120 personnes réunis et conclure la formation offerte par le BINAM.

________________________

[1] La fonderie Darling construite en 1880 par les Frères Darling (Darling Brothers) dans le but de répondre à la demande de métal pour la machinerie, la construction navale et l’industrie ferroviaire. Le complexe agrandi en 1888 et 1818 contenait 4 édifices et était le deuxième en importance à Montréal. Il a atteint sa pleine capacité en 1970 et employait 800 personnes. Achetée par la Pumps & Softener Company en 1971, la fonderie fermera définitivement ses portes en 1991.

[2] La place des Montréalaises sera aménagée dans le quadrilatère formé par l’avenue de l’Hôtel-de-Ville, la rue Saint-Antoine Est, la rue Sanguinet et l’avenue Viger Est.

Document PDF : article publié sur ICI Radio-Canada.

La place des Montréalaise PDF

Éditorial. Un rapprochement des cœurs qui se vit depuis 150 ans.

Lettre aux amis No 41, juin 2018. Par Serge St-Arneault, M.Afr

La Mission de Notre-Dame d’Afrique située près du Parc olympique à Montréal était littéralement ‘noire de monde’ à la messe des Rameaux que je présidais au mois de mars dernier. Cette église ouvre ses portes à toute la communauté africaine de l’île de Montréal. Débutée vers 11h00, cette célébration liturgique s’est terminée à 13h30 sans que personne ne s’en étonne. Il est vrai que la lecture de la passion de Jésus-Christ ce jour-là était longue.

Néanmoins, malgré le caractère dramatique des lectures, les chants et leurs rythmes ont ravivé les ferveurs. J’ai vécu de nombreuses fois ce genre de célébration tout au long de mes années en Afrique. Le temps alloué n’est jamais minuté à la seconde comme c’est souvent la réalité dans notre société d’ici. En effet, nous insistons sur la bonne utilisation de notre temps en citant le proverbe: « le temps, c’est de l’argent ». Le temps devient une commodité précieuse. C’est le cas lorsque nous l’offrons pour un ami, un membre de la famille, voire même un étranger. Et que dire de la louange ou de la prière offerte au Seigneur?

NDD'Afrique

C’est ce que mes sœurs et frères africains m’ont enseigné. Là réside la forme du soutien communautaire qui s’exprime aussi bien dans le deuil qu’au moment des réjouissances. Je leur serai éternellement reconnaissant. Ce jour-là, à la messe des Rameaux, je me suis surpris moi-même à leur dire que je me sentais être « un Africain de race blanche ». Et pourquoi pas? La couleur de la peau n’est qu’un accident de la nature. Mais ce qui construit l’identité est d’un autre ordre, celui du cœur. Ce rapprochement des cœurs se vit depuis 150 ans au sein des Missionnaires d’Afrique.

Nous le célébrerons plus particulièrement dans les prochains mois. Notre joie est de savoir qu’une autre célébration aura lieu dans 150 ans grâce à la croissance de notre Société missionnaire qui forme présentement 500 jeunes qui désirent vivre le même charisme missionnaire que celui de nos prédécesseurs. Réjouissons-nous et bon anniversaire!

La Province des Amériques : une Province – quatre Secteurs

En décembre 2018, la Société des Missionnaires d’Afrique célèbrera le 150e anniversaire de sa fondation. Plusieurs d’entre vous se demande peut-être à quand remonte la présence des Pères Blancs au Canada et comment nous sommes arrivés à parler aujourd’hui d’une Province des Amériques et de quatre Secteurs. Voici quelques éléments de réponse :

1875 : à cette époque, Mgr Lavigerie (notre Fondateur) envoie des Pères Blancs au Québec pour parler du projet missionnaire africain et pour sensibiliser les gens aux besoins de sa nouvelle fondation.

1886 : le 12 août 1886, John Forbes, né à l’Île Perrot (Montréal), quitte le Canada pour Alger afin de commencer sa formation missionnaire chez les Pères Blancs. Il a 22 ans. Le 25 septembre 1888, il prononce son serment missionnaire. Il est ordonné prêtre le 6 octobre 1888.

1900-1901 : premier Père Blanc canadien, le Père Forbes est envoyé par la Société au Canada. En mars 1901, Mgr Bégin, archevêque de Québec, lui donne l’autorisation d’ouvrir une maison. Elle sera la première maison de formation des futurs Pères Blancs canadiens. Le Père John Forbes quittera le Canada pour l’Afrique en 1914. D’autres maisons seront ouvertes à Québec, Montréal, Sherbrooke, St-Boniface, Ottawa, Toronto, etc.

1929 : Mgr Joseph Shrembs, évêque du diocèse de Cleveland (Ohio-USA), ami de Mgr Forbes, accepte de recevoir les Pères Blancs dans son diocèse.

1943 : le Canada devient officiellement la Province de la Société des Missionnaires d’Afrique en Amérique.

1948 : la Province des États-Unis est créée. Jusqu’en 1997, se succéderont sept provinciaux.

1984 : la Société des Missionnaires d’Afrique s’implante au Mexique et au Brésil. Ces nouvelles fondations dépendent directement du Conseil général à Rome.

1997 : les effectifs diminuant, les Missionnaires d’Afrique décident d’unifier le Canada et les États-Unis en une seule Province. Le 1er juillet 1997, la Province du Canada et celle des États-Unis deviennent une seule entité appelée la Province de l’Amérique du Nord.

2006 : le 1er juillet, le Mexique est officiellement rattaché à la Province de l’Amérique du Nord.

2008 : Pour plus d’efficacité, le Conseil général décide d’intégrer les fondations du Mexique et du Brésil au Canada et aux États-Unis en créant une nouvelle entité appelée la Province des Amériques. Elle comprend alors 3 secteurs : le Canada, les États-Unis et le Mexique-Brésil.

2012 : le Brésil, est détaché du Mexique et devient le 4e secteur. Chez les Missionnaires d’Afrique les structures ne sont pas un absolu. Elles sont toujours au service de la mission et du bien-être des membres. Elles sont donc appelées à s’ajuster aux réalités du moment. Que nous réserve l’avenir ?

L’Équipe responsable de la « Lettre aux Amis », Jacques Poirier, Marc Beaudry et Serge St-Arneault

Article tirée du site internet des Missionnaires d’Afrique en Amérique

Translation into English: A get closer of hearts lived for 150 years