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Ottawa sommé d’adopter un projet de loi

À quelques jours du 6 décembre, qui marquera le 31e anniversaire de la tuerie de Polytechnique, des survivants et des familles de victimes demandent au gouvernement Trudeau de respecter ses promesses et d’agir rapidement pour rendre « complètes et permanentes » les interdictions des armes d’assaut et des armes de poing.

Publié le 30 novembre 2020

ÉRIC-PIERRE CHAMPAGNE, LA PRESSE

Des survivants et des familles de victimes des tueries au Collège Dawson (2006), à la mosquée de Québec (2017) et dans le quartier Danforth, à Toronto (2018), se sont joints au groupe PolySeSouvient lundi pour réclamer des mesures plus musclées du gouvernement fédéral.

« Nous sommes très heureux du progrès concernant les armes d’assaut, soit les décrets annoncés le 1er mai dernier interdisant quelque 1500 modèles spécifiques, en plus de ceux qui ont été ajoutés à la liste en fonction de certains critères », signale Heidi Rathjen, témoin de la fusillade survenue à l’École Polytechnique, le 6 décembre 1989.

Mais le gouvernement Trudeau ne doit pas se limiter à des décrets. Mme Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient, rappelle que le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, avait promis le printemps dernier de déposer un projet de loi avant l’été.

Aucune annonce n’a été faite, aucune consultation n’a été menée, déplore Heidi Rathjen. « Nous ne percevons aucune indication comme quoi le processus législatif aurait été entamé ou qu’il soit à la veille de l’être. »

Les groupes qui demandent un plus grand contrôle des armes à feu s’inquiètent notamment qu’un éventuel gouvernement conservateur puisse annuler facilement les décrets mis en place par les libéraux.

Mme Rathjen demande également à ce que le programme de rachat des armes proscrites, qui devait débuter cette année, entre en vigueur le plus rapidement possible.

Colère et impatience

« Je suis fatiguée et impatiente. On doit encore répéter des évidences », a déclaré Nathalie Provost, qui a été blessée par balle le 6 décembre 1989.

« J’ai fait face à un tireur qui avait un Ruger Mini-14 semi-automatique équipé de deux chargeurs de 30 balles », poursuit la survivante de la tuerie. « J’ai vu six camarades de classe périr à mes côtés et j’ai moi-même été atteinte quatre fois, le tout en quelques secondes. Oui, l’arme change la donne. La force des coups de feu a joué un rôle déterminant ainsi que la capacité de tirer en rafale. »

Une colère et une impatience partagées par le cofondateur de la mosquée de Québec, Boufeldja Benabdallah. « On a perdu des gens extraordinaires, le 29 janvier 2017. Deux minutes ont suffi au tueur parce qu’il a eu accès à des armes de guerre. »

Un mémorial sera d’ailleurs dévoilé mardi à Québec pour rappeler la tragédie. Un évènement qui attriste le porte-parole de la mosquée. « Nous en avons assez de voir des hommes et des femmes pleurer encore. Attendons-nous qu’il y ait encore d’autres commémorations ? »

Règlement sur le marquage des armes reporté

Le ministère fédéral de la Sécurité publique et de la Protection civile a annoncé lundi le report d’un règlement sur le marquage des armes qui devait entrer en vigueur le 1er décembre. Le règlement entrera plutôt en vigueur le 1er décembre 2023.

« Le gouvernement utilisera la période de report pour continuer à consulter ses partenaires et élaborer un régime de marquage efficace qui convient au Canada, en équilibrant les besoins de l’application de la loi et les répercussions sur les entreprises et les propriétaires d’armes à feu, tout en accordant la priorité à la sécurité publique », indique-t-on.

En souvenir du 6 décembre

Partant de la trame sonore du documentaire Ce qu’il reste du 6 décembre, qu’elle a composée, Viviane Audet a construit un « récit pianistique » sans paroles. Son évocation de la tragédie de Polytechnique est tout en pudeur et en délicatesse.

Publié le 27 novembre 2020 

ALEXANDRE VIGNEAULT, LA PRESSE

Elle n’avait pas 10 ans quand 14 femmes sont tombées à l’École polytechnique de Montréal, mais Viviane Audet s’en souvient très bien. Elle se rappelle notamment que sa gardienne connaissait une fille qui était sur place et qu’elle lui a parlé au téléphone au lendemain de la tuerie. « Ça marque, dit la musicienne. Chaque 6 décembre, j’y pense depuis que je suis petite. »

L’année dernière, alors qu’on soulignait les 30 ans de la tragédie, Viviane Audet signait la musique du documentaire Ce qu’il reste du 6 décembre, de Judith Plamondon. Son piano délicat s’y pose comme un baume sur les images et les souvenirs terribles de femmes et d’hommes touchés directement ou indirectement par l’attentat.

L’idée de miser sur le piano vient de la réalisatrice, qui voulait quelque chose de « sobre ». La commande tombait à point. « Le piano, c’est vraiment mon instrument », dit Viviane Audet.

Je me suis aussi mise dernièrement à composer plus de musique instrumentale, plus classique. C’était déjà dans l’air, dans mon désir de pousser plus loin ma création au piano.

Viviane Audet

Un « récit pianistique »

Des mois après avoir enregistré ces musiques et après la diffusion du documentaire, la compositrice a senti qu’elle n’avait pas tout dit. « J’avais le feeling que ces musiques-là pouvaient vivre sans le film », dit-elle. Plus encore, elle avait la conviction qu’elle pouvait raconter une histoire avec les enregistrements qu’elle avait faits.

Musique

Alors elle s’y est replongée, a remis de l’ordre dans ses notes et concocté Les filles montagnes, qu’elle présente comme un « récit pianistique » autour de la tragédie de Polytechnique. Un récit sans paroles où seuls les titres – sobres, eux aussi – servent d’ancrages narratifs : Les ballerines, Le piège, Le chandail rouge

Cette pudeur s’entend tout au long des 11 morceaux. Jamais Viviane Audet ne renforce le drame. « Je ne pouvais me permettre de faire trop de sparages, parce que cette tragédie est déjà inimaginable. J’avais envie de rester dans l’évocation, dans le désir de garder ces filles-là vivantes à travers ma musique », raconte-t-elle.

Les « filles montagnes », c’est bien sûr les 14 femmes assassinées auxquelles elle a voulu rendre hommage. « Elles étaient jeunes, elles étaient belles. Avec le documentaire, j’ai eu l’impression d’aller à leur rencontre », raconte la compositrice. Elle a aussi compris que la blessure était encore vive, même si le temps a passé.

Un projet légitime

Ne désirant pas s’approprier la tragédie et inquiète de la légitimité de son projet, elle a pris contact avec le Comité mémoire du 6 décembre. Qui l’a encouragée à poursuivre, dit-elle, et même à publier son disque peu avant la date symbolique, ce qu’elle n’aurait jamais osé faire sinon.

Viviane Audet croit que ce projet instrumental ouvre une nouvelle porte dans sa vie de compositrice. « C’est la première fois que je sors un truc qui est juste moi au piano. Pour moi, c’est le début de quelque chose », songe-t-elle.

Mais avant de se consacrer à son prochain disque, elle présente, le 3 décembre, un concert virtuel où elle interprétera les morceaux de son album Les filles montagnes. Les revenus de billetterie seront remis à la Semaine de la rose blanche, qui vise à amasser des fonds pour intéresser les filles aux sciences.

Les filles montagnes, de Viviane Audet, en vente dès le 27 novembre, concert lancement virtuel le 3 décembre.

Des victimes d’armes à feu interpellent Trudeau pour qu’il respecte ses promesses

Actualités, Par Stéphane Blais, La Presse Canadienne, 30 novembre 2020

MONTRÉAL — Des survivants et des familles de victimes de tueries qui ont organisé une conférence de presse, lundi matin, demandent au gouvernement fédéral de légiférer pour rendre permanente l’interdiction des armes d’assaut et d’interdire la vente d’armes de poing.   

Au mois de mai dernier, le Canada a banni pas moins de 1500 modèles d’armes d’assaut de type militaire, mais pour Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient, «ce n’est que le premier pas pour l’interdiction des armes d’assaut».  

«Il est nécessaire de compléter l’interdiction (d’armes d’assaut de type militaire) et de la rendre permanente par voie législative, en plus d’instaurer un programme de rachat qui initialement devait commencer cette année. Ce programme devrait aussi être obligatoire, selon la promesse électorale des libéraux.»  

Heidi Rathjen demande également que Justin Trudeau envoie un message clair qui confirmera que l’éventuelle législation «confrontera la question des chargeurs modifiables qui peuvent être facilement convertis à leur pleine capacité illégale».  

Celle qui a été témoin de la tuerie à l’école  Polytechnique en 1989 a souligné que les témoignages au procès de Matthew Raymond, qui a tué quatre personnes à Fredericton le 10 août 2018, ont récemment permis d’apprendre que le tueur avait modifié son fusil semi-automatique, pour tirer plus de balles. 

«C’est le quatrième tueur de masse qui l’a fait, à notre connaissance, en plus des auteurs des tueries à Moncton, au Métropolis lors de l’attentat contre Pauline Marois et à la Mosquée de Québec.»  

Interdiction des armes de poing  

Les victimes et proches de victimes qui ont participé à la conférence de presse réclament également des mesures de contrôle plus sévères concernant les armes de poing.  Idéalement, ils souhaiteraient une interdiction à l’échelle nationale de ce type d’arme.  

«Mais au minimum, il faudrait au moins fermer le robinet et arrêter l’importation», a fait valoir Heidi Rathjen. Selon PolySeSouvient, il y a 1 million d’armes de poing au pays et pour Heidi Rathjen, «un compromis potentiel serait de restreindre les armes de poing dans les clubs de tirs».  

Dans le discours du Trône du 23 septembre dernier, le gouvernement Trudeau avait réaffirmé son intention de donner aux municipalités «la capacité de restreindre ou d’interdire les armes de poing».  

«Mais il faut arrêter de mettre ça dans la cour des municipalités», a indiqué Ken Prince lundi matin. Sa fille a été blessée par une balle lors de la fusillade en juillet 2018 sur l’avenue Danforth à Toronto.  

«Cela fait plus de deux ans que notre fille a été blessée et il n’y a eu aucun progrès législatif sur les armes de poing et la situation ne cesse de s’aggraver», a indiqué M. Price.  

Il voudrait voir le fédéral s’inspirer des lois au Royaume-Uni et en Australie plutôt que de laisser le fardeau aux municipalités, qui, selon lui, n’ont pas les moyens de mettre en place des mesures qui fonctionneraient. «Est-ce que le hobby des amateurs de tirs est plus important que la sécurité du public?» a-t-il demandé.  

Boufeldja Benabdallah, cofondateur et porte-parole de la Mosquée de Québec qui a été le théâtre d’un massacre le 27 janvier 2017, prône également le resserrement des lois.  

«C’est grâce à l’accès facile aux armes à feu qu’un jeune homme troublé et rempli de haine a pu faire six morts, cinq blessés graves et 25 personnes traumatisées à vie, dont quatre enfants, en moins de deux minutes. Voilà à quoi peut servir un pistolet ‘Glock’ avec cinq chargeurs de 10 balles»,  a fait valoir Boufeldja Benabdallah.  

«Rien n’a changé quant à la disponibilité légale des armes de poing, dont une a été suffisante pour causer ce massacre. Pas de progrès, malgré le fait que sept Canadiens sur 10 appuient leur interdiction», a ajouté le porte-parole de la Mosquée en faisant référence à un sondage de la firme Angus Reid. Selon ce sondage réalisé au printemps 2019, 72 % des Québécois veulent plus de limites pour l’accès aux armes de poing.

Plante invite Trudeau à bannir lui-même les armes de poing

(Ottawa) La Ville de Montréal exhorte le gouvernement Trudeau à jeter aux orties son projet de déléguer aux municipalités le pouvoir de restreindre ou d’interdire les armes de poing sur leur territoire. Un tel plan serait inefficace et entraînerait une balkanisation en matière de mesures de contrôle de ce type d’arme au pays.

Publié le 15 octobre 2020

MÉLANIE MARQUIS et JOËL-DENIS BELLAVANCE, LA PRESSE

En lieu et place, la Ville de Montréal presse le gouvernement libéral de prendre une fois pour toutes le taureau par les cornes en adoptant lui-même un train de mesures pour interdire la possession privée, l’importation et la fabrication d’armes de poing d’un bout à l’autre du pays.

Alors que l’on constate une escalade de violence depuis un an dans le secteur nord-est de Montréal marquée par des coups de feu tirés en plein jour, des jeunes qui sont armés et des résidants qui sont terrorisés, la mairesse Valérie Plante doute de l’efficacité du plan des libéraux de Justin Trudeau concernant les armes de poing.

« Montréal a toujours été un chef de file dans la lutte contre la possession et l’utilisation des armes à feu. Tristement, la métropole a trop souvent été le théâtre de graves tragédies et de féminicides lors desquels des armes d’assaut et de poing ont été utilisées », a affirmé Mme Plante dans un courriel à La Presse.

« En mai dernier, le gouvernement fédéral a légiféré dans le dossier des armes d’assaut. J’invite les élus de la Chambre des communes à poursuivre le travail amorcé et [à] inclure rapidement les armes de poing », a-t-elle ajouté.

En coulisses, on fait aussi valoir que même si la Ville de Montréal avait le pouvoir de légiférer pour bannir les armes de poing, rien n’empêcherait un individu de se procurer ce même type d’arme dans une autre ville qui n’aurait pas de telles restrictions.

Lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle, dimanche dernier, la mairesse Plante a exprimé sa vive inquiétude face à une recrudescence des incidents impliquant des armes de poing dans certains quartiers de la métropole, dont Montréal-Nord et le Vieux-Montréal.

« On voit de plus en plus de gens qui ont des armes, qui ont accès à des armes, comme à Toronto, a-t-elle dit. Les armes d’assaut vont être légiférées par le fédéral, mais toutes les armes, les pistolets, ce n’est pas le cas. Moi, je ne trouve pas ça normal qu’on puisse acheter aussi facilement des armes comme celles-là », a-t-elle fait valoir.

Revendications à l’échelle nationale

Et Valérie Plante n’est pas seule parmi les maires à exiger qu’Ottawa prenne davantage les choses en main. À Toronto et à Vancouver, les premiers magistrats John Tory et Kennedy Stewart réclament également une interdiction des armes de poing à l’échelle nationale depuis un bon moment. Il s’agit « d’une mesure parmi plusieurs autres que le gouvernement du Canada devrait mettre en place pour aider à mettre fin à la violence par arme à feu », a déclaré à La Presse le maire John Tory, déterminé à bannir ces armes dans la métropole ontarienne.

Son homologue de la métropole de la Colombie-Britannique est animé de la même ambition. « Si le gouvernement fédéral met en œuvre une législation qui permettrait à la Ville de Vancouver de mettre en place une interdiction des armes de poing, je ferais de mon mieux pour travailler avec le conseil afin de l’implanter », a soutenu M. Stewart dans une déclaration transmise à La Presse.

En dépit des récriminations émanant du camp Plante, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, entend maintenir le cap.

« Nous présenterons un projet de loi qui nous donnera de nouveaux pouvoirs pour garder les armes à feu hors de portée des criminels en mettant fin à la contrebande d’armes à feu au Canada, ainsi qu’au trafic d’armes à feu par détournement et par achat par prête-nom », a ajouté la porte-parole du ministre de la Sécurité publique.

Dans le discours du Trône du 23 septembre dernier, où il a énoncé ses grandes priorités des prochains mois, le gouvernement Trudeau a réaffirmé son intention de donner aux municipalités « la capacité de restreindre ou d’interdire les armes de poing » et de « renforcer les mesures de contrôle du flux d’armes illégales qui entrent au Canada », notamment en provenance des États-Unis.

Pour déléguer un tel pouvoir aux municipalités, le gouvernement Trudeau devra amender le Code criminel et obtenir la collaboration des provinces. Or, cette proposition se heurte à un mur en Saskatchewan, où le gouvernement de Scott Moe a adopté une loi en juin interdisant aux municipalités de la province d’avoir recours à un tel pouvoir si Ottawa devait le leur accorder. L’Alberta s’y oppose aussi farouchement, le premier ministre Jason Kenney affirmant que la démarche d’Ottawa est vouée à l’échec.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, ne s’est pas montré enthousiaste à l’idée de donner le feu vert à Toronto, où les fusillades sont un véritable fléau depuis plusieurs années. Quant au premier ministre britanno-colombien John Horgan, actuellement en campagne électorale, il s’est dit désireux de travailler avec les autres ordres de gouvernement en vue de bannir les armes de poing.

AUTRES LIENS :

Ruée sur les armes

La pandémie de COVID-19 et l’instabilité sociale ayant suivi la mort de George Floyd inquiètent de nombreux Américains qui ont décidé de s’acheter une arme pour se protéger. Les ventes ont même atteint un niveau record en juin sur fond d’élection présidentielle, générant des problèmes de stocks pour certains commerçants assaillis de clients.

Publié le 21 octobre 2020

MARC THIBODEAU, LA PRESSE

Quelques citations de cet article :

Selon les plus récentes données des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), près de 40 000 Américains ont été tués par balle en 2017.

Selon une étude du Center for American Progress, les jeunes Américains sont frappés de plein fouet par la violence liée aux armes. L’organisation relève que bon an, mal an, plus de la moitié des personnes tuées par balle ont moins de 30 ans.

Les Afro-Américains sont particulièrement touchés. L’organisation Everytown for Gun Safety estime qu’en moyenne, 26 membres de cette communauté sont tués et 104 blessés quotidiennement. Dans les grandes villes, 68 % des victimes de meurtre sont afro-américaines.

Malgré l’impasse qui prévaut souvent sur le plan politique, une majorité d’Américains se disent favorables à un resserrement des règles régissant l’accès aux armes. 

Québec injecte 65 millions pour contrer la violence par arme à feu

(Québec) Devant une recrudescence des crimes liés à l’utilisation des armes à feu, les forces policières québécoises redoubleront d’efforts dans leur lutte contre le crime organisé et les « groupes criminels ». Le gouvernement Legault confirme des sommes de 65 millions pour les appuyer dans leurs actions.

Publié le 21 octobre 2020 à 5h00

FANNY LÉVESQUE, LA PRESSE

Quelques citations de cet article :

La ministre Guilbault a confirmé l’ajout de 65 millions pour lutter contre les réseaux criminels et la violence liée aux armes à feu, ce qui comprend un investissement de 32,5 millions sur cinq ans qui avait été annoncé dans le cadre du budget Girard, en mars 2020. S’ajoutent 27,6 millions qui proviennent du Fonds fédéral d’action contre la violence liée aux armes à feu et aux gangs.

Près de 4,5 millions provenant de la distribution annuelle du produit des biens confisqués à la suite d’activités criminelles seront également partagés entre les divers corps de police qui participent à ce genre de programme.

Y aura-t-il une guerre civile?

(Tucson, Arizona) Potrero surgit au milieu de la route sinueuse qui serpente dans le sud de la Californie. Entre deux montagnes, le panneau surgit : Potrero, population : 646. Il se fait tard et j’ai du chemin à faire, mais mon regard est attiré par un petit attroupement devant le « centre communautaire ».

Publié le 22 octobre 2020

YVES BOISVERT, LA PRESSE

Quelques citations de cet article :

À Phoenix, dimanche, je me suis arrêté dans une boutique d’armes à feu. Elle était fermée, mais « John », un ancien de l’armée devenu instructeur, venait y faire un tour. Je suis entré avec lui. Il voulait que je ne le photographie que de dos. Il porte un pistolet Glock bien visible à la ceinture, selon cette règle existant en Arizona et dans plusieurs États qui permet de porter une arme sans permis pourvu qu’on puisse l’apercevoir. C’est pour une arme « cachée » qu’on doit obtenir un permis de port d’arme à feu. Il transporte avec lui un 9 mm d’assaut semi-automatique, « surtout pour dissuader ». « Nos ventes d’armes ont explosé cet été, me dit-il. On a de la difficulté à obtenir certains modèles. Le prix des munitions augmente. »

Pourquoi les gens s’arment-ils ? La peur dans les foyers n’est pas à confondre avec l’armement des milices. Mais difficile de ne pas faire un lien entre le racisme et les « tensions raciales » et les différents motifs d’armement légal.

D’après le Southern Poverty Law Center, le nombre de membres de milices armées de divers ordres s’est multiplié par huit après l’élection de Barack Obama. Il y aurait 100 000 personnes dans l’un ou l’autre des 276 groupes identifiés. Ce n’est pas négligeable, même dans un pays de 330 millions d’habitants. Quand on voit qu’un de ces groupes armés complotait pour kidnapper et assassiner la gouverneure du Michigan, c’est clairement plus qu’un jeu pour grands garçons. Les groupes suprémacistes blancs, qui se recoupent avec ces milices antigouvernement bien souvent, sont considérés par le FBI comme la plus grande menace terroriste intérieure au pays.

PATRICK WHITE
PUBLISHED DECEMBER 13, 2020 in the Globe and Mail

PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD, LA PRESSE. Publié le 17 décembre 2020.

La police de Montréal met en place une escouade de lutte au trafic d’armes à feu devant une « hausse atypique des événements » violents dans le nord-est de la ville.

Des mesures de contrôle des armes à feu ne seraient pas en vigueur avant 2022

(Ottawa) Une note interne du gouvernement fédéral indique que plusieurs mesures de contrôle des armes à feu qui avaient reçu la sanction royale il y a plus d’un an pourraient ne pas entrer en vigueur avant 2022 — notamment la vérification élargie des antécédents.

Publié le 24 août 2020

JIM BRONSKILL, LA PRESSE CANADIENNE

Une note d’information préparée en juin prévient le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, qu’une série de changements réglementaires, administratifs ou techniques doivent être apportés avant que toutes les dispositions de la « Loi modifiant certaines lois et un règlement relatifs aux armes à feu » (projet de loi C-71) soient en vigueur.

Certaines mesures sont entrées en vigueur dès la sanction royale en juin 2019, comme les articles prévoyant que les armes prohibées saisies par la police sont considérées comme « confisquées au profit de la Couronne ».

Mais plusieurs autres mesures nécessiteront des changements réglementaires, administratifs ou techniques avant de pouvoir s’appliquer. C’est notamment le cas pour l’élargissement de la vérification des antécédents pour obtenir un permis d’armes, qui passerait des cinq dernières années à toute la vie d’un demandeur.

La note, rédigée pour aider le ministre Blair à répondre aux questions à la Chambre des communes, mentionne d’autres dispositions qui ne sont pas encore entrées en vigueur :

— Obliger l’acheteur d’une arme à feu sans restrictions, dont de nombreux fusils de chasse, à présenter un permis d’arme à feu, tandis que le vendeur devra s’assurer de la validité du permis ;

— Exiger des vendeurs qu’ils tiennent des registres des ventes d’armes à feu sans restrictions ;

— Retirer au Cabinet le pouvoir de classer certaines armes à feu dans une catégorie moins restreinte, indépendamment des définitions du Code criminel ;

— Exiger une autorisation de transport distincte pour quiconque déplace des armes à feu à autorisation restreinte ou prohibées à n’importe quel endroit, sauf dans un champ de tir approuvé.

Avant que ces dispositions n’entrent en vigueur, le gouvernement doit s’assurer que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ait le financement nécessaire pour mettre à jour ses systèmes de gestion de l’information et ses technologies, et pour tester les systèmes afin de s’assurer que la transition « se fasse sans accrocs pour les propriétaires individuels et les détaillants », indique la note.

La GRC aurait besoin de jusqu’à 24 mois pour mettre en œuvre les nouvelles dispositions, ajoute-t-on.

Un projet de règlement devra également être finalisé, ce qui impliquera des consultations avec les parties concernées, ajoute la note. « Les règlements devraient ensuite être déposés devant les deux chambres du Parlement pendant au moins 30 jours de séance, avant d’être promulgués par décret », peut-on lire.

Mary-Liz Power, porte-parole du ministre Blair, affirme que la mise en œuvre des changements que nécessite cette loi demeure une priorité pour le gouvernement libéral. Elle précise que le gouvernement élabore actuellement une proposition de financement afin de soutenir les nouvelles dispositions de la loi.

Les libéraux considèrent cette loi comme la première étape d’une série de mesures visant à mettre fin à la violence causée par les armes à feu.

En mai, le gouvernement a promulgué une interdiction couvrant quelque 1500 modèles et variantes de ce qu’il considère comme des armes d’assaut, ce qui signifie qu’elles ne peuvent plus être légalement utilisées, vendues ou importées.

Le chef conservateur nouvellement élu, Erin O’Toole, fait partie de ceux qui ont dénoncé cette nouvelle interdiction.

Les libéraux ont également promis de légiférer afin de :

— Donner aux policiers, aux médecins, aux victimes de violence conjugale et aux familles les moyens de signaler aux autorités les personnes qui présentent un risque pour eux ou pour un groupe identifiable ;

— Renforcer les lois sur l’entreposage sécurisé afin de prévenir le vol d’armes à feu ;

— Accorder plus de ressources aux policiers et aux agents des services frontaliers pour freiner le trafic transfrontalier d’armes, et prévoir des sanctions plus sévères pour les contrevenants.

Liban – Beyrouth – De l’aide d’urgence pour la nourriture

Par John Pontifex, AED International – Traduction AED Canada

Königstein – Montréal, Mercredi le 5 août 2020 L’organisme de charité Aide à l’Église en Détresse envoie de toute urgence une somme de 362 500 $ à Beyrouth suite aux explosions colossales d’hier (4 août).

L’aide acheminée par Aide à l’Église en Détresse (AED) visera les familles pauvres les plus affectées par les explosions qui ont dévasté la région du port dans la capitale libanaise. Au moins 100 personnes sont mortes et 4 000 autres blessées lorsque les 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium d’un entrepôt ont explosé.

Le père Raymond Adbod a indiqué à l’organisme que « les explosions avaient les airs d’une bombe atomique avec de la fumée rouge partout et des dommages considérables ».

Selon le père Samer Nassif, expert de l’AED au Liban, la zone chrétienne de Beyrouth a été « complètement dévastée » avec au moins 10 églises détruites, 300 000 personnes devenues sans domicile et beaucoup d’autres qui souffrent d’avoir perdu leurs moyens de subsistance aussi « totalement détruits » par l’explosion.  Il a ajouté qu’hier « en une seconde, plus de dommages ont été infligés au quartier chrétien de Beyrouth que dans les longues années de guerre civile.  Il faudra reconstruire à partir de zéro. »

Les pères Abdo et Nassif ont affirmé qu’après la longue crise économique et le coronavirus, le Liban est mal équipé pour faire face à cette situation urgente et demandent sans délai de l’aide d’urgence pour aider la population avec leurs besoins de base.

Dans un « appel aux pays du monde » envoyé aujourd’hui le patriarche maronite, le cardinal Bechara Boutros Rai, président de la Conférence des patriarches et évêques catholiques du Liban, a dit que « Beyrouth est une ville dévastée.  Beyrouth, la fiancée de l’Orient et le phare de l’Occident, est blessée.  C’est une scène de guerre – la destruction et la désolation règnent dans les rues, les districts et les maisons. »

Le père Abdo a également décrit comment dans un couvent non loin de son monastère, une relieuse âgée et malade est morte des blessures causées par l’explosion.  Le prêtre carmélite ajoute qu’elle était la seule qui n’était pas à la salle à manger du couvent au moment des explosions et, que si les autres avaient été dans leurs chambres, plusieurs seraient également décédées ou sérieusement blessées.

Aide à l’Église en Détresse appelle à prier pour les victimes et leurs familles.

L’AED est une Œuvre internationale catholique de bienfaisance et une œuvre pontificale de charité qui soutient les fidèles partout où ils sont persécutés, opprimés ou en détresse. Aujourd’hui, l’Œuvre aide l’Église à travers des projets d’information, de prière et d’assistance dans plus de 140 pays où elle est persécutée ou bien ne dispose pas de ressources suffisantes pour ses tâches pastorales.

Mme Marie-Claude Lalonde est disponible pour des entrevues. Pour toutes demandes à ce sujet, merci de me contacter : Mario Bard, responsable de l’information, AED Canada

(514) 932-0552, poste 224, ou sans frais, au 1-800-585-6333, poste 223.              

mcl@acn-canada.org

*Les articles et communiqués de l’AED sont offerts gratuitement pour publication partielle ou totale, à la seule condition que la source, Aide à l’Église en Détresse (AED), soit mentionnée.

Aide à l’Église en Détresse (AED) est une œuvre pontificale de charité catholique internationale qui a pour mandat « le service de la charité fraternelle envers les Églises locales les plus souffrantes et nécessiteuses », par l’information, la prière et l’action.

Fondée par le Père Werenfried van Straaten en 1947, elle aide spirituellement et matériellement, grâce à 23 bureaux nationaux, dont celui du Canada, l’Église en détresse dans plus de 139 pays (Rapport annuel 2019).

Caritas Internationalis appelle à des mesures urgentes contre la traite

En vue de la Journée mondiale contre la traite des êtres humains, célébrée le 30 juillet, Caritas Internationalis demande aux gouvernements d’intensifier leurs efforts pour identifier les victimes de la traite et de l’exploitation. En cette période de pandémie de Covid-19, le nombre de victimes de ce phénomène augmente de façon alarmante.

Caritas Internationalis et Coatnet, un réseau de 46 organisations chrétiennes engagées dans la lutte contre la traite des êtres humains, élèvent la voix à l’approche de la Journée mondiale contre la traite des êtres humains. «En ce temps de propagation de la Covid-19, déclare le Secrétaire général de Caritas Internationalis Aloysius John dans ce communiqué commun, nous dénonçons une réalité inquiétante pour les personnes vulnérables qui risquent davantage de devenir victimes de la traite». En effet, l’attention portée à la pandémie «ne doit pas nous empêcher de prendre soin des personnes les plus exposées à l’exploitation», en leur fournissant des «filets de sécurité» et un «soutien matériel, médical, juridique et psychologique» pour «les accompagner dans leurs difficultés». Les gouvernements devraient donc davantage tenir compte des «dommages collatéraux de la pandémie mondiale, en particulier sur les migrants et les travailleurs informels, désormais plus vulnérables à la traite».

Appel aux gouvernements et à la bonne volonté de chacun

Par conséquent, Caritas Internationalis et Coatnet appellent à «des mesures urgentes et ciblées pour soutenir ceux qui travaillent dans les secteurs informels, y compris les travailleurs domestiques, les travailleurs agricoles et du bâtiment, les migrants sans papiers». «Nous demandons instamment aux gouvernements, poursuit Aloysius John, de fournir à ces personnes un accès à la justice et aux services de base, tels que des abris et des lignes d’assistance téléphonique spécialisées. Nous appelons également les institutions et les organisations de la société civile à protéger les enfants contre les abus et l’exploitation, notamment par internet et les nouveaux moyens de communication, et nous invitons toutes les personnes de bonne volonté à être vigilantes et à signaler de tels cas». Pendant la pandémie, les cas de violence contre les enfants et le nombre d’enfants victimes d’exploitation en ligne ont en effet augmenté. En Inde, par exemple, «92 000 cas de maltraitance d’enfants ont été signalés aux autorités en seulement 11 jours», et de nombreux enfants courent le risque de devoir mendier dans la rue.

Une situation qui s’aggrave, en particulier au Moyen-Orient

Il faut rappeler que, selon l’Organisation internationale du travail, il y a aujourd’hui dans le monde plus de 40 millions de victimes de la traite et de l’exploitation des êtres humains, actuellement encore plus menacées en raison de la pandémie. Le manque de liberté de mouvement causé par les mesures de quarantaine et les restrictions de voyage, explique Caritas Internationalis, «a fait que les victimes de la traite ont moins de chances de s’échapper et de trouver de l’aide». La situation est particulièrement préoccupante au Liban et dans d’autres pays du Moyen-Orient. Comme le constate Gabriel Hatti, président du bureau Moyen-Orient et Afrique du Nord de Caritas, «de nombreux Philippins et autres travailleurs étrangers luttent pour rentrer chez eux après avoir perdu leur emploi à cause de la Covid-19 et de la crise économique actuelle. Aujourd’hui, ils font la queue devant leur ambassade, sans aucun soutien social ni protection psychologique et beaucoup d’entre eux sont même sans aucun statut juridique».

La Journée mondiale contre la traite des êtres humains a été établie au 30 juillet par l’Assemblée générale des Nations unies en 2013, avec la résolution A/RES/68/192. L’objectif de cette initiative est de sensibiliser la communauté internationale à la situation des victimes de ce fléau multiforme et de promouvoir la défense de leurs droits.

Vatican News Service – IP

Déménager la bibliothèque dans l’église Saint-Zéphirin: la Ville veut l’avis des citoyens

AUDREY TREMBLAY, Le Nouvelliste, 22 juillet 2020

LA TUQUE — La bibliothèque municipale pourrait s’installer à l’église Saint-Zéphirin. C’est du moins ce qu’envisage la Ville de La Tuque. Les citoyens seront invités à donner leur opinion sur cette idée qui a été dévoilée mardi soir lors de l’assemblée publique du conseil municipal, sans même que le Conseil de la Fabrique soit au courant des plans de la Ville.

«On aimerait présenter un projet à la population de La Tuque. Il y a beaucoup de conditions. La première condition ce serait probablement de devenir propriétaire de la bâtisse et d’y ériger la bibliothèque municipale. Ce n’est pas nouveau, ç’a été déjà pensé lorsqu’il y a eu la transformation des deux églises», lance la maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Il faut dire que l’option avait déjà été analysée avec l’église Marie-Médiatrice avant de finalement se tourner vers le projet qui a donné naissance à la résidence des bâtisseurs.

À LIRE Marie-Médiatrice ne sera pas transformée en bibliothèque

«On ne veut pas voir disparaître le bâtiment de l’église Saint-Zéphirin, c’est un bâtiment qui a une valeur patrimoniale», indique le maire.

La Ville souligne également que des investissements majeurs, qui nécessiteront plusieurs millions, doivent être faits à la bibliothèque Annie-St-Arneault.

Les élus municipaux veulent un mandat clair de la population pour mettre en place toutes les conditions favorables à élaborer ce projet à caractère «culturel, historique, touristique».

«Une des premières conditions, c’est de consulter la population, les jeunes et les moins jeunes. Je vais mandater le greffier pour trouver une formule où je peux consulter tous les gens. Là-dedans, ça va nous prendre un mandat de la population», note le maire Tremblay.

«Ce que l’on s’engage à faire, c’est de créer les conditions pour le faire. Je ne suis pas l’homme le plus patient. Je ne veux pas faire ça sur 15 ans. J’aimerais créer un comité de travail», a-t-il ajouté.

Le personnel de la bibliothèque a été rencontré à ce sujet et la Ville soutient qu’ils sont emballés par le projet et qu’ils se sentent très concernés.

Le maire Tremblay a également tenu à rassurer la population, il n’est pas question de faire concurrence au Complexe culturel Félix-Leclerc.

Il sera également possible de partager l’endroit pour des services sacramentels pendant un certain temps.

Impossible pour le moment de chiffrer le projet, mais chose certaine la ville «ne va pas acheter ça à 600 000 $».

«Il faudra que ce soit acceptable», insiste le maire.

Ce dernier n’a toutefois pas encore rencontré les gens de la Fabrique. La Ville avait demandé à la Fabrique de montrer patte blanche au niveau des états financiers avant d’ouvrir la discussion.

«Cette condition-là n’a toujours pas été établie, mais comme je vous dis, je me propose pour communiquer avec Mme Fréchette et de voir ce qu’il peut être fait. Il devra y avoir des discussions d’ordre technique, financier et d’organisation aussi sur le comité. Ce que j’aimerais aussi, c’est qu’on rejoigne tous les gens», indique M. Tremblay.

Le maire voulait avant tout informer et consulter la population. Le conseiller municipal, Jean Duchesneau, a toutefois indiqué qu’il ne fallait pas le faire au détriment des autres projets qui sont sur pause à l’heure actuelle.

«Ce n’est pas une mauvaise idée, mais il ne faudra pas non plus négliger les autres projets qui sont en attente ou en manque de subventions parce qu’on n’a pas d’argent pour les compléter, je pense au parc du lac Saint-Louis», a-t-il fait valoir.

Surprise

La présidente du conseil de Fabrique, Lise Fréchette, a été surprise d’apprendre la nouvelle via la diffusion du Conseil municipal mardi soir.

«J’ai été surprise. Il me semble que ç’aurait été décent de nous en parler avant», avoue-t-elle.

«Moi je n’ai pas à prendre position, ce sont les marguilliers qui doivent le faire […] Je ne sais pas si tout le monde est au courant, je n’ai pas le point de vue des marguilliers, mais je ne crois pas que ce soit négatif. On souhaite devenir des partenaires. On n’était pas partenaires avec la Ville, et ça fait longtemps qu’on dit qu’on doit l’être. On va le devenir selon leurs intentions», ajoute-t-elle.

Le sujet sera évidemment à l’ordre du jour des prochaines réunions, et une position sera prise dans les prochains jours.

«Je ne crois pas que ce sera négatif. On est à la recherche d’un partenaire qui a un projet. Depuis le temps qu’on cherche un projet pour faire vivre cette bâtisse-là. Par contre, je n’ai pas encore l’opinion des marguilliers», note Mme Fréchette.

La bibliothèque Annie-St-Arneault, quant à elle, pourrait demeurer disponible pour des organismes communautaires si le projet allait de l’avant.

Église Saint-Zéphirin: Marc Lahaie croit que le projet peut être positif

AUDREY TREMBLAY, Le Nouvelliste, 23 juillet 2020

La Tuque — La Ville de La Tuque a annoncé en début de semaine que la bibliothèque municipale pourrait s’installer à l’église Saint-Zéphirin et que les citoyens seront consultés à cet effet. Le prêtre de la paroisse Saint-Martin-de-Tours, Marc Lahaie, a été surpris d’apprendre la nouvelle, mais il soutient que l’idée semble intéressante.

Marc Lahaie souligne d’entrée de jeu que les marguilliers devraient se prononcer de façon officielle dans les prochaines semaines. Toutefois, de façon personnelle, il pense que l’idée est positive.

«Il y a sûrement un élément très positif pour le patrimoine de La Tuque. […] Autrefois, il y avait beaucoup de prêtre et de personnes impliquées qui veillaient à la structure des bâtiments. Ces années-ci autant pour les presbytères que les églises au Québec, il n’y a plus beaucoup de monde pour veiller au grain. Les prêtres ont des charges immenses et ne peuvent pas tout faire. Il y a de moins en moins de bénévoles et de sous», affirme Marc Lahaie.

«Le meilleur service qu’on peut rendre à la population comme ça, c’est de trouver ce qu’il y a de mieux. Toutefois, il ne faut pas avoir des discussions pendant 15 ans, il va être trop tard. On sait déjà que la paroisse ne peut pas supporter tout ça, ca fait longtemps qu’on le dit. C’est heureux qu’on se pose la question pour la bibliothèque et pour le patrimoine lui-même c’est certain», lance-t-il.

Rappelons que les élus municipaux vont bientôt consulter les citoyens afin de connaître leur opinion sur le sujet. Ils veulent un mandat clair de la population pour mettre en place toutes les conditions favorables à élaborer ce projet à caractère «culturel, historique, touristique».

L’impact de la pandémie sur les croyants en Dieu

Ce n’est pas seulement l’économie qui est affectée par le Covid-19. Une attention est désormais accordée à la santé mentale des citoyens. Incontestablement, nous sommes tous ébranlés par un climat d’incertitude, parfois de peur, relayé quotidiennement par les bulletins de nouvelles. L’inquiétude se fait particulièrement sentir chez les personnes âgées. D’ailleurs, celles-ci détiennent le plus grand nombre de décès.

Les festivals sont annulés. On assiste à la fermeture de restaurants et de magasins. Les aéroports, compagnies aériennes et agences de voyages sont en déroute, etc. Conséquemment, les gouvernements apportent une aide d’urgence aux personnes directement affectées. Cela se chiffre en centaines de milliards de dollars. Pourtant, le sort des églises et autres lieux de culte passe complètement sous le radar. Les croyants en Dieu sont tout simplement ignorés par les autorités civiles.

Déjà, l’incertitude plane sur l’avenir des institutions religieuses, particulièrement les paroisses catholiques. Les allégations et condamnations pour harcèlement sexuel de certains prêtres ou religieux minent sans cesse la crédibilité de l’institution. À vrai dire, le virus du Covid-19 n’est que la cerise sur le gâteau. Un autre genre de virus plus redoutable est à l’œuvre depuis plusieurs années déjà.

L’insignifiance des institutions religieuses

Le débat sur les accommodements raisonnables s’est finalement soldé par une grande « distanciation ». Au sein de l’Église Catholique, les sacrements ont perdu leur sens symbolique aux yeux de la majorité. Ils sont devenus littéralement insignifiants, sans importance.

Cet état de fait est particulièrement mis à jour en cette période de pandémie. Malgré la collaboration des responsables religieux en lien avec les directives gouvernementales, « Le Québec est la seule province qui n’a pas discuté avec les lieux de culte de leurs besoins spécifiques », a déploré Reuben Poupko, du Conseil des rabbins de Montréal. (…) « On nous a imposé le modèle des 50 personnes assises qui ne parlent pas, qui provient des salles de spectacle, ça ne correspond pas à nos pratiques. [1]»

La goutte vient de déborder du vase. Aux dires de l’archevêque de Québec, Gérard Cyprien Lacroix, les autorités québécoises ont « manqué de respect » envers les groupes religieux pendant le confinement. « Jamais M. Legault n’a remercié les sacrifices des fidèles durant Pâques, le ramadan. Si nous voulions avoir des réponses, il nous fallait demander aux journalistes de les poser. Les casinos ont pu rouvrir avant les églises ! [2]»

Ironiquement, nous sommes passés d’une société où le « religieux » était omniprésent et intouchable à une situation où il est presque absent et, par nature, coupable ou blâmable.

Y a-t-il un vaccin?

Des montants d’argent considérables sont investis pour mettre au point un vaccin contre le Covid-19. Mais le vaccin contre le « manque de sens et de respect » ne viendra pas de Chine ou d’ailleurs. Il ne peut venir que d’ici.

La pandémie actuelle offre malgré elle une occasion favorable pour réfléchir sur notre modèle de société. De nouvelles initiatives émergent qui auront de plus en plus d’impact sur nos choix de vie, idéalement plus écologique. À titre d’exemple, notre modèle d’économie basée sur le transport en voiture et le travail dans des tours de bureau s’effondre grâce au télétravail à domicile.

De même, les virus de l’insignifiance et du manque de respect affectant les communautés croyantes offrent une opportunité pour changer leur manière de vivre leur foi. Une audace nouvelle pointe où les lieux de cultes se transforment en profondeur. Sans faire de bruit et bon marché, un vaccin est déjà disponible. Il porte les noms de « confiance dans l’avenir », « abandon dans la foi », « lâcher prise », « défense des plus vulnérables », « ouverture de cœur et d’esprit à la différence », « établissement de ponts entre les cultures », « dialogue interreligieux », « accueil inconditionné de l’étranger », « don de soi par amour », « simplicité volontaire », « protection environnementale », « égalité véridique entre les sexes », « recherche incessante de justice réparatrice », « rejet de toute forme de racisme », « reconnaissance des erreurs commises », « demandes de pardon », « naître, grandir et mourir dans la dignité ».

Ce vaccin est d’ordre spirituel. D’où l’importance pour le gouvernement de tenir compte des spécificités des regroupements de croyants en Dieu. Ayant perdu une large part de sa signification, il n’est pas requis pour autant de manquer de respect par une ignorance à saveur de mépris. Certains diront que ces propos sont exagérés, mais c’est pourtant ce que beaucoup de croyants ressentent, à tort ou à raison. Comme tout autre citoyen qui compose notre société, ils méritent d’être reconnus.

La distanciation ne signifie pas abstraction et la qualité d’une personne n’est pas lié à la beauté de son couvre-visage. De même, la distanciation n’est pas l’absence du désir de vivre en « communion ». Le seul masque à craindre est celui de la honte.


[1] Québec a «manqué de respect» envers la religion, tonne l’archevêque de Québec, Mathieu Perreault, La Presse, 29 juillet 2020

[2] Québec a «manqué de respect» envers la religion, tonne l’archevêque de Québec, Mathieu Perreault, La Presse, 29 juillet 2020

Place des Montréalaises: un an plus tard que prévu

Place des Montréalaises: un an plus tard que prévu: https://lp.ca/loV67X

Le tunnel piétonnier lugubre qui relie la station de métro Champ-de-Mars à l’hôtel de ville de Montréal et au Vieux-Montréal, en passant sous une bretelle d’autoroute et sous la rue Saint-Antoine, sera « déconstruit » au cours des mois qui viennent, avec ses quatre petits bâtiments d’accès (édicules).

BRUNO BISSON, LA PRESSE, Publié le 4 juillet 2020 

Le tunnel sera remplacé d’ici 2022 par une longue passerelle entièrement intégrée au concept d’aménagement de la place des Montréalaises, le vaste espace public créé en 2017 au pied du Champ-de-Mars et de l’hôtel de ville de Montréal avec le recouvrement partiel de l’autoroute Ville-Marie.

Selon la Ville de Montréal, le budget prévu pour la réalisation des aménagements sera de 81 millions, en forte hausse par rapport au budget de 62,5 millions présenté en 2018, au moment du dévoilement du projet. Ces coûts incluent toutefois le démantèlement du tunnel et de ses accès actuels, qui n’étaient pas d’accès universel. La conception et les plans et devis détaillés de la place des Montréalaises devraient être terminés à la fin de l’année, et un appel d’offres sera lancé au début de 2021.

La nouvelle place des Montréalaises entièrement aménagée devait être terminée pour 2022. Ça ira plus tôt à 2023, a confirmé la Ville vendredi dans un courriel à La Presse.

Cet espace de plus de 1500 mètres carrés, déstructuré en raison de la présence d’une bretelle d’autoroute, a été redéfini grâce au recouvrement partiel de l’autoroute Ville-Marie sur une distance d’environ 125 mètres entre l’avenue de l’Hôtel-de-Ville et la rue Sanguinet, complété à la fin de 2017. Cet investissement de 70 millions avait été entièrement financé par le ministère des Transports du Québec, comme un legs à la Ville pour son 375anniversaire.

Sommairement aménagé depuis l’inauguration, le site se transformera peu à peu en un vaste pré fleuri, aménagé sur plan incliné, au bas duquel on construira un amphithéâtre urbain, avec gradins, et bordé par une esplanade publique pouvant accueillir chapiteaux, foires ou autres évènements.

Esquisses du projet

Bureau d’intégration des nouveaux arrivants de Montréal et dévoilement du projet « La Place des Montréalaises »

La place occupera tout l’espace ceinturé par les rues Saint-Antoine, Hôtel-de-Ville et Viger autour de la station de métro Champ-de-Mars, et rendra hommage à 21 femmes ayant marqué l’histoire de la ville, dont la cofondatrice de Montréal, Jeanne Mance, la joueuse de hockey Agnès Vautier, la journaliste et animatrice de radio et de télé d’origine mohawk, Myra Cree, et les 14 femmes victimes de la tuerie de Polytechnique.

Un espace commémorera aussi la vie de Marie-Josèphe-Angélique, esclave noire condamnée à mort et exécutée en 1734.

Les noms de ces 21 femmes seront gravés sur un emmarchement – structure en escalier monumental – au milieu d’un pré fleuri abritant 21 espèces de plantes et de fleurs.

Le concept, élaboré par le bureau d’architectes Lemay, avec SNC-Lavalin et l’artiste visuelle Angela Silver, permettra d’intégrer complètement l’imposante dalle de béton de la future passerelle piétonne. Cette passerelle unira la place aux bâtiments administratifs de la municipalité, dont l’hôtel de ville, en passant au-dessus des voies routières, et non pas dessous, en plus d’assurer l’accès universel au Vieux-Montréal à partir de la station de métro Champ-de-Mars.