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Déclaration du conseil municipal de la Ville de Montréal du 21 septembre 2026 soulignant l’importance de renforcer le rachat et le retrait des armes de type d’assaut

Attendu que des données de la GRC démontrent que la plupart des armes utilisées pour commettre des crimes, dont des fusillades de masse, sont des armes d’épaule et non des armes de poing illégales;

Attendu qu’une ou des armes de type d’assaut ont été impliquées lors du féminicide de masse à Polytechnique, ainsi que lors des fusillades de masse au Collège Dawson et à la mosquée de Québec;

Attendu que la majorité des policières et policiers tués dans l’exercice de leurs fonctions au Canada l’ont été à l’aide d’armes longues, typiquement de grande puissance, comme ce fut le cas à Côte-des-Neiges en juin 2026, ainsi que dans plusieurs autres villes canadiennes où ont eu lieu des tragédies au cours desquelles des policières et policiers ont été atteints par balle;

Attendu que, malgré les demandes insistantes de divers groupes de personnes victimes ou survivantes de fusillades de masse, notamment PolySeSouvient et les Familles de Dawson pour le contrôle des armes, il est toujours légal d’acheter et de posséder une ou des armes d’assaut de type militaire au Canada avec un permis de possession et d’acquisition canadien (PPA);

Attendu qu’il est de la responsabilité des gouvernements d’adopter des lois qui contribuent à protéger la population civile ainsi que les membres des corps policiers partout au pays, ces derniers acceptant quotidiennement de s’exposer au danger afin d’assurer la sécurité et le bien-être des citoyennes et citoyens;

Attendu qu’après la fusillade de masse de 2020 en Nouvelle-Écosse, Ottawa a interdit 1 500 modèles d’armes de type militaire, et a ajouté des modèles supplémentaires sur la liste des armes prohibées en 2024 et 2025, sans toutefois interdire le SKS, une arme militaire de conception soviétique qui a été le modèle le plus utilisé lors de fusillades de masse et de meurtres de policières et policiers au cours des dernières années au pays;

Attendu qu’en 2022, le gouvernement canadien a tenté, en vain, d’interdire le SKS au moyen de l’amendement G-46 apporté à l’ancien projet de loi C-21;

Attendu que la Nouvelle-Zélande a racheté et retiré les armes d’assaut de la circulation civile moins de six mois après la tuerie à Christchurch et que l’Australie a fait de même dans l’année qui a suivi la tuerie à Port Arthur, alors qu’il y a plus de six ans que le processus a été entamé au Canada.

Il est proposé par Stéphanie Valenzuela, mairesse de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce et responsable du rayonnement international et de l’attractivité, et appuyé par Dimitrios Jim Beis, responsable de la sécurité et de la prévention au comité exécutif de la Ville de Montréal, et Émilie Brière, conseillère de la Ville du district Côte-des-Neiges et vice-présidente du conseil municipal,

Et résolu :

Que le conseil municipal exprime tout son soutien aux victimes, aux familles et aux proches des personnes civiles et des policières et policiers ayant été tués ou blessés lors de fusillades de masse, et offre toutes ses condoléances aux personnes affectées par le deuil;

Que le conseil municipal se joint aux groupes de personnes victimes et survivantes de fusillades de masse pour affirmer que les armes conçues pour la guerre n’ont pas leur place entre les mains de personnes civiles, et que le gouvernement doit poser des gestes concrets afin de privilégier la sécurité publique;

Que le conseil municipal exhorte le gouvernement du Canada à concrétiser ses promesses électorales visant à compléter l’interdiction des armes de type d’assaut, à les retirer de la circulation civile et à limiter l’accès aux chargeurs à grande capacité, et ce, le plus rapidement possible.

Les élus ayant pris la parole sont les suivants :

  • Soraya Martinez Ferrada – Mairesse de Montréal
  • Stéphanie Valenzuela – Mairesse de Côte des Neiges Notre-Dame de Grâce
  • Carla Beauvais – Conseillère de Ville dans Ahuntsic-Cartierville
  • Émilie Brière – Conseil de Ville dans Côte-des-Neiges Notre-Dame-de-Grâce
Stéphanie Valenzuela, Mairesse de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce d’Ensemble Montréal – Équipe Soraya, Stéphane Rouillon, Sylvie Haviernick, Serge St-Arneault, Soraya Martinez Ferrada, Mairesse de la Ville de Montréal, Arrondissement Ville-Marie d’Ensemble Montréal, Heidi Rathjen et Meaghan Hennegan.

LIENS :

7,4 millions pour améliorer la qualité de vie des jeunes. Lutte contre la violence armée

Fusillades à Montréal. Une équipe intégrée pour lutter contre les armes à feu

Armes à feu et violence conjugale : Ensemble Montréal, PolySeSouvient et Halte-Femmes Montréal-Nord unissent leur voix 

Motion adoptée par la Ville de Montréal pour l’interdiction des armes d’assaut et de poing.

FUSSILLADES DE MASSE

Où est la détermination habituelle de Mark Carney ?

Contrôle des armes à feu

Sylvie Haviernick et Serge St-Arneault, qui ont tous deux perdu une sœur dans la tragédie de Polytechnique, expliquent ce que le gouvernement fédéral peut faire pour mettre en place un véritable contrôle des armes à feu semi-automatiques, y compris le SKS, qui a causé la mort récemment à Montréal.

Depuis 1996, l’Australie a interdit catégoriquement l’utilisation d’armes de guerre, telles que des fusils d’assaut, des fusils à pompe et des fusils semi-automatiques, dans le domaine civil. De plus, le gouvernement australien a lancé un programme national obligatoire et financé par une taxe spéciale pour racheter et détruire environ 650 000 armes illégales.

À cela s’est ajoutée, depuis 2021, une amnistie nationale permanente permettant aux citoyens de remettre à la police, sans crainte de poursuites, les armes non enregistrées ou illégales.

Cette mesure a eu des effets positifs : le taux de criminalité liée aux armes à feu est nettement inférieur à celui du Canada. De plus, l’Australie a connu une baisse significative des fusillades de masse et une diminution de 80 % des suicides par arme à feu.

Il est indéniable que la géographie insulaire de l’Australie constitue un atout en matière de contrôle des frontières, en particulier par rapport à celles avec les États-Unis. Cependant, cela ne devrait pas servir d’excuse pour expliquer la réticence persistante du gouvernement fédéral canadien à réglementer strictement les armes à feu de type militaire, y compris les SKS, qui sont toujours légales à ce jour.

Néanmoins, le gouvernement fédéral a élargi l’interdiction de plusieurs armes à feu semi-automatiques, prolongé les périodes de grâce, mis en place un programme d’indemnisation et renforcé la réglementation pour limiter leur circulation et leur utilisation dans un contexte civil. Alors, qu’est-ce qui cloche ?

Fusillade dans Côte-des-Neiges

Après la fusillade du 22 juin dans le quartier de Côte-des-Neiges, l’opinion de Mark Carney sur la décision du gouvernement d’interdire le SKS, une arme semi-automatique, est restée floue. Il admet « qu’il faut faire plus », mais ajoute que « c’est un enjeu complexe ».

La formation « d’un groupe consultatif élargi » correspond à une sorte d’inertie volontaire quasi chronique qui entrave la réalisation législative d’une politique ferme et résolue.

Les consultations interminables nécessaires à ce processus retardent toujours davantage la mise en œuvre de la loi C-21.

Bien que cette loi ait entraîné des avancées, son application reste malheureusement limitée. Pour tirer pleinement parti de son potentiel, il est crucial d’assurer une application rigoureuse de mesures concrètes et une coopération étroite entre les services de police, les tribunaux et les organismes de santé publique.

Que devrions-nous faire ?

Comme il s’agit de sa décision, le gouvernement devrait s’empresser d’organiser des consultations plus rapides. Les consultations menées précédemment par le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, n’ont jamais abouti à un consensus avec les agriculteurs, les organisations de chasse, les communautés autochtones et les clubs de tir sportif. Il est grand temps d’agir résolument dans ce dossier, comme le gouvernement le fait actuellement pour faire face au nouvel ordre politique et économique instauré par nos voisins américains.

À ce propos, à la différence des Australiens, la perméabilité de notre frontière est une réalité inéluctable. Toutefois, notre nation a la capacité de renforcer la sécurité des frontières, l’immigration et la lutte contre la criminalité transnationale, comme l’a démontré la Loi visant une sécurité rigoureuse à la frontière déposée en juin 2025 par le gouvernement libéral.

Cela souligne l’importance cruciale que les forces policières canadiennes doivent appuyer toutes les décisions du gouvernement en matière de collecte ou de saisie d’armes d’assaut illégales.

La mise en place de mesures de sécurité publique relève principalement de la compétence des autorités fédérales. À l’heure actuelle, ce sont les municipalités qui se sont engagées dans cette voie. Toutefois, elles manquent de ressources financières pour atteindre leurs objectifs. Elles ne peuvent pas obliger les détenteurs d’armes à feu à se délester de leurs armes.

Le gouvernement Carney s’engage avec détermination et efficacité dans de multiples domaines, en adoptant une perspective à long terme visant à renforcer le pays. Une grande majorité de Canadiens soutiennent ces initiatives. Nous tenons à souligner que pas moins de 80 % de la population canadienne approuvait en 2018 la demande de PolySeSouvient d’interdire totalement les armes d’assaut de type militaire1.

Les commémorations seront virtuelles

La commémoration de la tuerie qui a coûté la vie à 14 femmes à l’École polytechnique est devenue à travers le temps une journée de réflexion et d’appel à l’action pour mettre fin à la violence basée sur le genre, mais cette année, les gens vivront ce triste anniversaire seuls plutôt qu’en groupe.

MORGAN LOWRIE, LA PRESSE CANADIENNE, publié le 5 décembre 2020

La plupart des évènements qui ont lieu chaque année, dont le dépôt de couronnes de fleurs, des discours et une cérémonie pour projeter des faisceaux de lumière dans le ciel depuis le belvédère du mont Royal, se dérouleront virtuellement ou sans foule en cette année qui sera « difficile », de l’aveu de l’une des survivantes de l’attentat.

« Il y a beaucoup de chaleur humaine dans ma vie autour du 6 décembre, beaucoup d’émotions reliées à ces rassemblements, beaucoup de chaleur et cette année, c’est beaucoup plus froid », a relaté Nathalie Provost, qui a été blessée de quatre balles lorsqu’un tireur a fait irruption à l’École polytechnique en 1989.

Quatorze femmes, dont beaucoup étaient des étudiantes en génie, ont été tuées et plus d’une douzaine de personnes ont été blessées dans une attaque motivée par la haine du tireur envers les femmes.

Mme Provost, qui est porte-parole du groupe militant pour le contrôle des armes à feu PolySeSouvient, affirme que les efforts pour se commémorer le drame se sont poursuivis, même si les réglementations sanitaires empêchent les gens de se rassembler en personne.

Plus tôt cette semaine, une bourse de 30 000 $ connue sous le nom de l’Ordre de la rose blanche a été remise à l’étudiante crie Brielle Chanae Thorsen, une étudiante en génie que Mme Provost décrit comme une « jeune femme extraordinaire ».

Et dimanche midi, Nathalie Provost se joindra à un panel de conférenciers dans un parc nommé en l’honneur des victimes pour un évènement qui sera diffusé en ligne. Mais Mme Provost craint que la participation ne soit plus faible cette année, soulignant que les gens sont fatigués de regarder les écrans.

« C’est pourtant important, le rassemblement dans le deuil et la commémoration. Et là, on essaie de les faire virtuellement et l’impression que j’ai, c’est que, c’est beaucoup plus difficile d’atteindre (les gens) », a-t-elle expliqué.

Cette diminution de la participation survient à un moment où la question de la violence basée sur le genre est plus urgente que jamais, selon certains groupes de défense.

Élisabeth Fluet-Asselin, porte-parole de la Fédération des femmes du Québec, a indiqué que la pandémie avait entraîné une demande accrue dans les refuges pour femmes, des difficultés d’accès aux services et des problèmes de santé mentale provoqués par l’isolement. Elle précise que certains groupes sont particulièrement touchés, notamment les femmes autochtones, les membres de la communauté LGBTQ, les femmes handicapées et les détenus.

En plus d’une cérémonie dominicale dans un parc de Montréal, la fédération a organisé plusieurs évènements virtuels dans le cadre de ses 12 jours d’action, dont des baladodiffusions, des vidéos, des tables rondes et des évènements d’art et de poésie – tous conçus pour souligner et dénoncer la nature systémique de la violence basée sur le genre.

« Les violences faites aux femmes, ce n’est pas seulement physique, c’est pas seulement de la violence conjugale ou sexuelle. Il y a plein d’autres formes de violence et il ne faut pas l’oublier surtout dans le contexte présent », a-t-elle soutenu en entrevue.

Pour sa part, Nathalie Provost s’inquiète d’une augmentation de la violence sur les réseaux sociaux, qui, selon elle, peut entraîner des conséquences réelles et violentes.

À travers les années, Mme Provost dit que ses propres émotions entourant la tuerie de Polytechnique ont évolué.

Cette année, elle se sent fatiguée et frustrée de la lenteur des changements législatifs sur le contrôle des armes à feu.

Elle affirme avoir été encouragée par le plan du gouvernement fédéral, qui prévoit interdire quelque 1500 d’armes à feu de style militaire. Mais il y a encore beaucoup de travail à faire, selon elle, dont interdire les armes de poing, doter la police de meilleurs outils pour intervenir dans des situations problématiques et gérer les armes en circulation actuellement.

Éventuellement, elle espère tourner la page sur la fusillade et que la commémoration devienne une journée paisible. Au lieu de cela, elle dit que le contraire semble se produire alors que les victimes de fusillades à Toronto, à Québec et en Nouvelle-Écosse ajoutent leur voix à ceux qui appellent au changement.

« Nous n’avons pas besoin d’autres commémorations, a-t-elle plaidé. Nous ne voulons pas en créer de nouvelles. Nous voulons que ça arrête. »