Tous les articles par Serge St-Arneault, M.Afr

Membre de la Société Missionnaire d'Afrique depuis 1986. A vécu en République Démocratique du Congo, au Malawi et en Zambie. Membre de l'équipe du Centre Afrika à Montréal depuis 2017.

Polytechnique : un triste anniversaire au terme d’une année ternie par les féminicides

Morgan Lowrie – La Presse canadienne, 5 décembre 2021

Trente-deux ans après qu’un homme armé, obsédé par sa haine des féministes, eut ouvert le feu sur le campus de Polytechnique Montréal, tuant 14 femmes et en blessant d’autres, la liste des femmes assassinées par des hommes continue de s’allonger au Québec.

Alors que les Québécois se préparent à observer un moment de silence ainsi qu’à participer à des cérémonies solennelles pour commémorer la tragédie survenue le 6 décembre 1989, des militantes soulignent que la vague de féminicides observée au Québec prouve que la violence misogyne n’est pas une affaire du passé.

Depuis le début de l’année 2021, le décompte non officiel s’élève à au moins 18 féminicides survenus sur le territoire québécois.

Nathalie Provost, elle-même blessée par quatre balles tirées par le tueur de la Polytechnique, est bien placée pour savoir que chacun de ces décès est une tragédie.

Si le drame de la Polytechnique demeure l’une des pires tueries de l’histoire du Canada, pour Mme Provost, cette histoire va bien au-delà des statistiques.

En entrevue avec La Presse canadienne, elle souligne que les victimes n’étaient pas des inconnues ou des visages sur des photos. Pour elles, ces femmes étaient ses collègues, des yeux qu’elle croisait, des voix qu’elle connaissait.

Devant la série de meurtres commis contre des femmes, Nathalie Provost se dit inquiète parce qu’elle voit des similitudes entre les difficultés économiques et le marché du travail en 1989, puis le climat d’incertitude provoqué par la pandémie de COVID-19.

« De mon point de vue, en temps de crise, les premiers à en payer le prix sont les femmes et les enfants. J’en suis absolument convaincue », dit-elle.

Louise Riendeau, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, abonde dans le même sens. À son avis, l’année 2021 a été particulièrement difficile en matière de violence envers les femmes et la pandémie de COVID-19 n’y est pas étrangère.

Elle souligne que le confinement visant à limiter la propagation du virus a aussi eu pour effet de piéger certaines femmes chez elle, sous le joug de leurs agresseurs.

Puis, au moment du retour progressif à la vie normale, ces mêmes agresseurs ont vu leur contrôle sur leur victime s’effriter, entraînant du même coup une hausse de leur niveau de violence.

Lorsqu’elle pense aux victimes de la tragédie de la Polytechnique, Louise Riendeau se dit attristée par le fait qu’elles ont été tuées pour le simple fait qu’elles rêvaient d’occuper les mêmes emplois que des hommes.

« Elles voulaient devenir ingénieures et quelqu’un a voulu les en empêcher », résume-t-elle en soulignant que la violence des hommes envers les femmes vise encore aujourd’hui à les empêcher de s’épanouir pleinement.

Toutefois, malgré tous les parallèles que l’on peut imaginer, Mme Riendeau tient à rappeler que la plus grande menace à laquelle les femmes sont confrontées n’est pas celle d’un tireur inconnu, mais se trouve près d’elles, voire dans leur propre maison.

Des 18 féminicides recensés au Québec cette année, 17 auraient été commis par un conjoint actuel ou passé.

La représentante du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale prévient que les signes de danger les plus clairs sont des antécédents de violence conjugale chez un conjoint et des tendances manipulatrices.

En avril dernier, le gouvernement du Québec a annoncé des investissements supplémentaires de 223 millions $ pour lutter contre la violence conjugale. Plus récemment, on a annoncé un projet de loi dans le but de créer un tribunal spécialisé pour entendre les affaires de violence sexuelle. Québec a aussi dévoilé un projet pour forcer des agresseurs à porter des bracelets électroniques anti-rapprochement.

Louise Riendeau estime que certaines choses se sont améliorées pour les victimes, incluant la manière dont elles sont traitées par les policiers et les procureurs. Elle se réjouit aussi d’une plus grande conscientisation de la jeune génération.

Il reste que c’est par l’éducation et par la création d’une société égalitaire que l’on peut enfin espérer mettre fin à la maltraitance des femmes, selon elle.

La cérémonie de commémoration de la tragédie de 1989 aura lieu lundi soir avec l’illumination sur le mont Royal de 14 faisceaux s’élevant vers le ciel et représentant les victimes du drame. En raison de la pandémie, on demande toutefois aux gens de ne pas se rassembler sur place.

Autre lien du même article ICI

Aux amis de PolySeSouvient. Mise à jour : Élections / Appel à l’action / Levée de fonds urgente

À l’approche du 32e anniversaire du féminicide à Polytechnique (6 décembre), les survivants, témoins et familles de victimes continuent leur lutte pour un meilleur contrôle des armes, et plus particulièrement l’interdiction des armes d’assaut. Nous sommes proches de but! 

Lors des dernières élections, les Libéraux sont revenus sur leur recul du printemps dernier et ont promis de nouveau un programme de rachat *obligatoire* des armes d’assaut! Étant donné l’attention sans précédent que les médias ont consacrée à ce dossier pendant la campagne électorale, nous pouvons cette fois être un peu plus optimistes… Pour ce qui est des armes de poing, cela augure plutôt mal en ce moment, avec les deux paliers de gouvernement qui se lancent la balle. Somme toute, il est clair qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. 

Voici donc une mise à jour depuis notre dernière en mars, une proposition d’action concrète et une demande spéciale :

LISEZ notre mise à jour qui présente toutes nos actions et l’impact qu’elles ont eu sur l’issue des élections. Vous pourrez alors constater à quel point la question du contrôle des armes et les actions de PolySeSouvient ont été déterminantes autant quant aux promesses des partis qu’aux résultats finaux du vote:
https://polysesouvient.ca/Documents/DOCU_21_11_29_MiseAJour.pdf

AGISSEZ en envoyant un courriel réclamant des mesures concrètes au premier ministre, au nouveau ministre de la Sécurité publique et à votre député (ou députée) à l’aide de ce simple module en ligne (bilingue) qui ne nécessite qu’une minute de votre temps:
https://polysesouvient.ca/appelaction/

AIDEZ-NOUS à poursuivre la lutte en faisant un don à PolySeSouvient. Cette fois, notre levée de fonds bisannuelle est particulièrement cruciale. En effet, notre site web a été victime d’un vicieux sabotage, ce qui a fait qu’il a complètement disparu – en pleine campagne électorale! C’est seulement avec l’aide d’une firme spécialisée que nous avons réussi à le rebâtir en toute urgence (ce dernier étant un outil essentiel à nos campagnes). Cette immense dépense imprévue de plusieurs milliers de dollars s’ajoute à nos frais habituels. Nous espérons donc pouvoir compter sur votre support pour nous aider à acquitter de cette facture exceptionnelle pour que nous puissions continuer à accomplir notre travail.

Par virement Interac au info@polysesouvient.ca ou par carte de crédit à l’aide du bouton de don (PayPal) sur notre site web au https://polysesouvient.ca/

Solidairement,
Heidi, Nathalie, Serge, Meaghan, Kathlene et bien d’autres…

Washington D.C. d’hier à aujourd’hui – mon expérience

L’assaut populaire du 6 janvier 2021 au Capitole de Washington est encore frais dans nos mémoires. Je m’y suis rendu le 25 octobre dernier sans y déceler la moindre trace de ce tragique épisode si ce n’est les barricades qui empêchent les gens de s’en approcher.

C’était en 1977

L’abbé Gilles Marchand en 1977

Ce n’était pas ainsi en 1977 lorsque j’ai visité le Capitole en compagnie d’un groupe d’étudiants, majoritairement africains, de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Notre aumônier, l’abbé Gilles Marchand avait préparé ce périple pour permettre aux étudiants étrangers de mieux connaître les États-Unis. Plus de quarante ans plus tard, je garde néanmoins la même impression; celle d’un grandiose pays aux pieds d’argile.

Polarisations

Les polarisations ethniques, culturelles et économiques attirent mon attention . Les extrêmes se côtoient au grand jour. Ce n’est certes pas un phénomène unique aux États-Unis. Mais, en touriste que je suis, cela me semble profondément associé à l’environnement culturel américain hyper productif et compétitif, source d’insécurité et de violence. La prolifération des armes à feu contribue à ce phénomène.

Heureusement pour nous, notre maison est située dans un quartier sécurisé où siègent beaucoup d’ambassades. Il est possible de circuler sans crainte, même le soir. Ce qui n’est pas le cas dans un quartier voisin, m’a-t-on dit.

Chicago en 1999

En compagnie de monsieur Justin McCarthy en 1999

J’avais déjà compris cela lorsque je suis allé rendre visite à Julien Cormier à Chicago en 1999. À l’époque, nous avions une communauté de missionnaires dans le quartier d’Austin. Sa particularité était qu’elle était composée exclusivement d’Afro-Américains. J’avais interviewé chez lui monsieur Justin McCarthy, le dernier résident Blanc du quartier. Il y était depuis 1963 et il avait 86 ans à cette époque. Il a assisté à la migration progressive des Afro-Américains dans un quartier historiquement composé d’immigrants irlandais catholiques. Justin a été le premier président d’une association appelée Organisation for Better Austin (O.B.A.) qui avait pour objectif de faciliter une transition pacifique des institutions locales à une époque où les tensions raciales provoquaient des émeutes dans d’autres villes américaines.

La panique s’est emparée des Blancs, de m’avouer Justin, qui ont tous quitté sous la pression d’appels téléphoniques de spéculateurs fonciers.

Reportage publié dans la revue Univers, mars/avril 1999, page 11 à 16.

« N’attendez pas une dévaluation plus grande de votre propriété et vendez dès aujourd’hui. C’est ma dernière offre. »

Systématiquement, d’une rue à l’autre, les gens ont vendu leur maison et migré vers les banlieues de Chicago en pleine croissance. La détérioration du quartier s’est alors accélérée et la méfiance a prévalu. Non seulement le quartier d’Austin a vu une partie sa population s’exiler, mais la ville de Chicago est passée de 3,6 millions d’habitants en 1950 à 2,7 millions depuis 1990 jusqu’à aujourd’hui.

Du mémorial Lincoln au Capitole

Tous ces souvenirs me sont revenus lorsque je marchais le long de la vaste étendue verdâtre et presque désertique entre le Capitole et le Mémorial de Lincoln avec, au centre, l’emblématique obélisque du monument de Washington. Je me questionnais sur la propension des Américains à prendre possession de lieux et de territoires par vagues migratoires. À bien y penser, c’est l’histoire de l’humanité.

Photos de 2021

Le quartier Queens à Brooklyn, New York

J’ai constaté la même chose quelques jours plus tard lorsque nous sommes allés dans le quartier Queens à Brooklyn. Vous pouvez lire l’article que j’ai publié à ce sujet sur mon blogue; « Brooklyn, Queens, 30 octobre 2021 ». Ce qui n’est pas dit dans ce reportage est le fait que les populations afrodescendantes de courte ou de longue date ont migré dans cette partie de la ville de New York d’une manière très semblable à celle du quartier d’Austin à Chicago.

« Nous sommes chanceux, de me dire mon confrère Bartholomew Mrosso, car nous sommes dans une zone sécurisée. Mais, plus loin, il est préférable de ne pas s’y aventurer. »

Ce conseil est valide pour tous, sans distinction radiale. Pourtant, je me suis senti tout à fait à l’aise là où vivent mes confrères. Les maisons sont certes modestes, mais ces propriétés et les rues sont propres, bien entretenues. C’est bien loin des images désolantes du quartier Queens projetées dans le film Coming to America, produit en 1988 et mettant en vedette Eddie Murphy. La fiction caricature la réalité. Excusez-moi, c’est vrai! Je n’ai séjourné que 24 heures aux Queens. C’est trop peu pour connaître un endroit aussi vaste que Brooklyn.

De retour à Chicago en 1999

Ça me rappelle encore une fois le quartier d’Austin de Chicago, souvenez-vous, entièrement peuplé d’Afro-Américains. Je m’étonnais du regard apeuré des enfants lorsque je prenais le métro pour me rendre au centre-ville. Revenant d’Afrique, me retrouver entouré de Noirs était pour moi tout à fait normal. Mais un Blanc, marchant le long des rues d’Austin, éveillait des suspicions.

« Que faites-vous dans la rue en pleine nuit, avait demandé un policier à Julien?  »

Un Blanc rodant la nuit dans un quartier renommé pour être « dangereux » ne peut prendre ce risque que pour vendre de la drogue.

« Je reviens de la pharmacie, de répondre Julien. »

« Êtes-vous de ce quartier ? »

« Oui. Je suis le curé de la paroisse St-Martin-de-Porrès. L’église est à deux pas d’ici. »

Le racisme

Je comprends que les questions raciales sont toujours complexes, partout sur la planète. Elles me semblent cependant omniprésentes dans la fabrique sociale américaine. Pourtant, la diversité est source de créativité, d’innovation. Il y a des exemples remarquables de réussite de coexistence interraciale aux États-Unis.

En revanche, et l’exemple l’assaut populaire du 6 janvier 2021 au Capitole de Washington le montre bien, les États-Unis ont atteint un très haut degré de polarisation alimenté par un discours politique haineux. Que penser de ceux qui prônent une nouvelle guerre civile?

Sur les marches du Capitole en 1977 et en 2021

Quel contraste entre une manifestation de chrétiens sur les marches du Capitole en 1977 dénonçant le soutien du gouvernement américain à des régimes tortionnaires et la meute en furie s’apprêtant à assaillir le même endroit en 2021. Aujourd’hui, la meilleure vue rapprochée de ces lieux se situe derrière un plan d’eau.

Notre témoignage

Que ce soit à Chicago, aux Queens de Brooklyn ou ailleurs, notre témoignage missionnaire est le même; nous affirmons qu’au-delà de nos différences raciales, culturelles et même religieuses, nous sommes tous des enfants de Dieu, égaux en toutes choses, car aimés sans distinction d’un même Père. Amen!

Au lendemain de la dernière élection présidentielle américaine, les manifestations pro-Trump étaient devenues routinières à Washington. Tous les mois, ses partisans débarquaient dans la capitale américaine pour dénoncer une fraude électorale qu’aucun d’entre eux ne savait étayer. Mais ce jour-là, le 6 janvier 2021, l’atmosphère était différente. La colère dans les yeux, la rage au ventre, les sympathisants du président sortant se sont transformés en séditieux. Et la ville, ses résidents, ses politiciens et ses journalistes les ont regardés prendre d’assaut le Capitole américain, en état de choc généralisé.

RICHARD HÉTU, COLLABORATION SPÉCIALE, Le Devoir, 2 janvier 2022
La prochaine élection présidentielle américaine se conclura-t-elle… sur un coup d’État ? Pour certains, l’assaut du Capitole par les partisans de Donald Trump, il y aura un an le 6 janvier, annonce le scénario catastrophe. D’ici là, le sort de la démocratie américaine pourrait reposer sur les travaux de la commission d’enquête du Congrès, qui veut faire la lumière sur ce qui s’est passé à la Maison-Blanche pendant l’émeute.

RICHARD HÉTU, COLLABORATION SPÉCIALE, Le Devoir, 3 janvier 2022
Qui sont les partisans de Donald Trump qui ont pris d’assaut le Capitole des États-Unis le 6 janvier dernier ? Le politologue de l’Université de Chicago Robert Pape a tenté de répondre à cette question en analysant avec son équipe le profil de 677 des quelque 700 personnes arrêtées pendant et après l’attaque. Il a également conçu deux grands sondages nationaux pour mesurer le sentiment insurrectionnel aux États-Unis. La Presse s’est entretenue avec lui.

CAMILLE CAMDESSUS, AGENCE FRANCE-PRESSE,
La Presse,  5 janvier 2022

(Washington) Réveiller les souvenirs ou passer à autre chose ? Un an après l’attaque du Congrès par des partisans de Donald Trump, les élus du temple de la démocratie américaine peinent à panser les plaies du « 6 janvier ».

Fabien Deglise, Le Devoir, 5 janvier 2022.

Plus de trois heures. 187 minutes. C’est le temps durant lequel l’ex-président américain Donald Trump a résisté aux nombreux appels de son entourage l’implorant de calmer la foule en train de prendre d’assaut le Capitole, à Washington. Sous les regards interdits du monde. C’était il y a un an, le 6 janvier 2021.

Extrait – Idéologies et polarisation aux États-Unis. La Presse, 9 janvier 2022
Cet essai du professeur de science politique Philippe Fournier jette un regard sur l’extrême polarisation culturelle et politique qui frappe les États-Unis ainsi que sur les transformations importantes du siècle dernier en accordant une attention particulière à deux situations tenaces : les inégalités socioéconomiques et le racisme.

CHARLOTTE PLANTIVE, AGENCE FRANCE-PRESSE,
La Presse, 14 janvier 2022
(Washington) Stewart Rhodes, inculpé de « sédition » pour son rôle dans l’attaque sur le Capitole, illustre le glissement de l’extrême droite américaine, passée de l’opposition au gouvernement fédéral à la défense farouche et en armes de Donald Trump.

Québec presse Ottawa d’agir

Photo: Jacques Boissinot (Archives) La Presse canadienne Québec demande à Ottawa d’en faire plus pour lutter contre la violence par armes à feu après la mort d’un adolescent de 16 ans à Montréal dimanche dernier. 

Marie Vastel et Alexandre Robillard, respectivement à Québec et à Washington, Le Devoir, 18 novembre 2021

Le premier ministre François Legault a pressé mercredi le gouvernement fédéral de lutter plus activement contre la violence par armes à feu.

M. Legault a fait cette déclaration trois jours après le décès d’un adolescent de 16 ans, à Montréal, qui a été tué par balle. « C’est terrible, a-t-il dit. Je ne reconnais plus Montréal. »

Juste avant de présider une réunion du Conseil des ministres, M. Legault a envoyé un message au gouvernement de Justin Trudeau. « Il faut qu’il en fasse plus », a-t-il affirmé, avant de s’engouffrer dans l’édifice. 

Quelques minutes plus tôt, la ministre québécoise de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, avait demandé au gouvernement fédéral de passer à l’action dans la lutte contre les armes à feu.

Mme Guilbault a souligné mercredi que le ministère fédéral de la Sécurité publique avait été pourvu de deux ministres lors de la dernière formation du Conseil des ministres de Justin Trudeau. Dans un point de presse, à Québec, Mme Guilbault a demandé à Ottawa d’être « un partenaire incontournable dans la lutte contre cette violence ».

« On comprend tous qu’il y a eu une élection, il y a deux ministres de la Sécurité publique qui ont été nommés en plus au fédéral, a-t-elle dit. Je leur ai envoyé une lettre avec les demandes du Québec, dont une très claire en ce qui concerne la violence liée aux armes à feu. J’ai fait une demande de rencontre et j’attends une réponse. »

Mme Guilbault a souligné que le contrôle des armes à feu commençait par le blocage de leur trafic aux frontières, et que la gestion des frontières est de compétence fédérale. Le Code criminel et les peines qu’il contient dépendent également des décisions des législateurs fédéraux.

« Quand tu possèdes une arme, légalement ou non, et que tu t’en sers, il faut que la peine que tu reçois soit proportionnelle avec la gravité de l’acte et surtout, à l’origine, dissuasive, a-t-elle dit. Si je sais que je peux me servir d’une arme et que je vais avoir quelques mois [de prison] comparativement à quelques années, ça peut peut-être en dissuader certains. »

Quant aux armes de poing, Mme Guilbault croit que le fédéral doit avoir une position claire. « La fameuse question des armes de poing, il y avait eu un projet de loi pour donner ça aux Villes, et les Villes étaient contre. Nous aussi. Il faut une fois pour toutes qu’il se positionne contre ou qu’il soit clair pour qu’on bannisse les armes de poing, avec une position claire là-dessus », a affirmé la ministre.

Elle a aussi fait valoir les efforts faits par le gouvernement québécois avec l’opération Centaure, qui regroupe 55 corps policiers du Québec dans la lutte contre la violence par armes à feu.

« Nos 55 corps policiers sont là-dessus, ils échangent du renseignement, il y a plein d’affaires qui se font, mais on a besoin du renseignement fédéral, a souligné la ministre. […] Il faut que le fédéral call la shot et décide qu’on déploie des ressources de la Gendarmerie royale du Canada. »

La prochaine mise à jour économique du gouvernement québécois prévoira des fonds pour des initiatives de prévention.

Au nom du gouvernement et en son nom personnel, Mme Guilbault a présenté ses condoléances à la famille de Thomas Trudel, tué par arme à feu dimanche sur la rue Villeray, à Montréal. Elle comprend l’angoisse que cet acte suscite chez les voisins et l’ensemble de la population, compte tenu de larecrudescence de la violence à Montréal ces dernières semaines. « Depuis dimanche soir, on est tous déchirés et un peu traumatisés par cette situation qui est survenue », a-t-elle dit avant de participer à la réunion du Conseil des ministres.

Nécessité d’agir

À Washington, à la veille d’un sommet avec ses homologues américain et mexicain, le premier ministre Justin Trudeau n’a pas précisé si le contrôle des armes à la frontière serait ajouté à l’ordre du jour de ses rencontres. « On a pris les mesures aux frontières, on a pris les mesures pour éliminer les armes d’assaut, a dit M. Trudeau en point de presse. Mais on comprend qu’il y a encore beaucoup plus à faire. »

Le premier ministre a répété son engagement électoral d’interdire les armes de poing. Son nouveau ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, est chargé de ce dossier.

« Cette tragédie à Montréal nous brise le cœur, a affirmé M. Trudeau. Surtout qu’elle suit plein d’autres tragédies [qui ont démontré] qu’il faut qu’on agisse. On va, comme je l’ai promis en campagne électorale, travailler avec Québec, avec Montréal, avec tout le monde qui veut bannir les armes de poing pour s’assurer que ça se fasse. »

La députée du Bloc québécois Kristina Michaud a demandé à M. Trudeau de déployer immédiatement toutes les ressources financières et humaines nécessaires pour enrayer le trafic d’armes aux frontières. « C’est hier qu’il fallait agir, a-t-elle déclaré dans un communiqué. Justin Trudeau doit malheureusement aujourd’hui réagir. »

Lettre aux Amis, édition du mois de décembre 2021

La nouveauté de l’édition du mois de décembre de la revue se cache au niveau des logos et des liens en bleu qui permettent d’accéder à des sites internet. Faites-en l’expérience!

Brooklyn, Queens, 30 octobre 2021

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Nous quittons notre maison de Washington dès 4h40 du matin pour nous rendre à Brooklyn, New York. La circulation automobile s’intensifie rapidement au fur et à mesure que nous rejoignons l’autoroute MD295 N qui nous conduira vers Baltimore. Ensuite, direction nord-est vers Brooklyn; là est notre destination que nous atteignons plus de quatre heures plus tard.

Mon confrère Barthélémy Bazemo connaît bien la route. Réal Doucet et moi l’accompagnons pour la première fois. Un peu avant 9h00, nous trouvons un stationnement sur la rue Pacific, bloquée pour la circonstance. En effet, la messe présidée par Mgr Nicolas DiMarzio débutera à la Co-Cathédrale Saint-Joseph à 10h00 pour souligner son jubilé d’argent d’ordination épiscopale dont dix-huit ans en tant que septième évêque de Brooklyn. Nouvellement retraité, c’est aussi le moment de dire adieu aux chrétiens de son diocèse. Son successeur sera Mgr Robert J. Brennan.

Une trentaine d’évêques, une centaine de prêtres, des dizaines de séminaristes et une foule nombreuse participent à cette grandiose liturgie télévisée grâce aux studios professionnels installés au sous-sol de l’église.

La beauté de cette co-cathédrale de style colonial espagnol, pouvant facilement accueillir 1500 fidèles, a risqué de disparaître il y a quelques années dues aux importants coûts associés à sa rénovation. Aujourd’hui, le journal diocésain « The Tablet » a élu domicile à cet endroit. Fondé en 1908, ce journal de 36 pages est également imprimé en langue espagnole.

Mais là n’était pas le but de notre visite. Nous avions rendez-vous avec nos confrères engagés en pastorale paroissiale dans un quartier populaire de Brooklyn. Les Missionnaires d’Afrique ont offert leurs services pour l’accompagnement spirituel des populations d’origine africaine ou afro-descendantes qui se concentrent dans le quartier Queens.

Nos confrères Yago Abeledo, espagnol, Gazena Haile, éthiopien et Bartholomew Mrosso, tanzanien, exercent leur ministère à la paroisse « Our Lady of Light » qui comprend deux lieux de culte; St. Pascal Baylon et St. Catherine of Sienna, éloignées l’une de l’autre d’environ deux kilomètres.

Notre Société missionnaire a pris l’engagement d’être au service des populations africaines; nous sommes les Missionnaires d’Afrique. Or, ces populations, et plus largement afro-descendantes, ont développé des communautés partout dans le monde. C’est particulièrement le cas à Brooklyn.

C’est dans ce contexte que nous avons pris contact avec Mgr Paul R. Sanchez, vicaire épiscopal de Queens et Mgr. Raymond Chappetto du diocèse de Brooklyn pour leur proposer d’établir une communauté de missionnaires. C’est le retour du balancier. Pendant des décennies, les missionnaires étaient issus des pays occidentaux. Maintenant, nous envoyons des missionnaires d’origine africaine en Europe et en Amérique. Par cela, nous exprimons l’universalité de l’Église. D’ailleurs, dès le début de la nouvelle année 2022, deux confrères africains se joindront à l’équipe du Centre Afrika à Montréal. À suivre!

Réal Doucet, provincial des Amériques, Bartholomew Mrosso, curé à Brooklyn,
et Barthélémy Bazemo, délégué du provincial aux États-Unis.
Réal Doucet, provincial des Amériques, Mgr. Raymond Chappetto, vicaire général,
et Barthélémy Bazemo, délégué du provincial aux États-Unis.

La Cour suprême des États-Unis divisée sur le port des armes hors du domicile

(Washington) Les Américains disposent-ils d’un droit absolu à sortir armés de chez eux pour assurer leur propre protection ? La question a divisé la Cour suprême des États-Unis mercredi lors d’une audience qui pourrait aboutir à une remise en cause de nombreuses régulations.

CHARLOTTE PLANTIVE, AGENCE FRANCE-PRESSE, 3 novembre 2021

Les neuf juges, dont six conservateurs, ont débattu pendant deux heures d’une loi de l’État de New York qui, depuis 1913, limite le droit de porter une arme dissimulée hors du domicile aux personnes pouvant montrer qu’elles encourent un risque spécifique.

Deux propriétaires d’armes, qui se sont vus refuser des permis, et une filiale du puissant lobby des armes National Rifle Association (NRA) demandent à la haute Cour d’invalider cette loi. « Porter une arme à feu hors de son domicile est un droit constitutionnel fondamental », a plaidé mercredi leur avocat Paul Clement.  

Il a reçu le soutien appuyé du juge conservateur Samuel Alito qui a livré un plaidoyer en faveur du droit des « gens ordinaires et honnêtes qui travaillent tard le soir », comme concierge, serveur ou infirmière, et qui n’ont pas le droit de s’armer pour assurer leur sécurité « alors que les stars, les juges et les policiers à la retraite ont un droit à l’autodéfense ».

40 000 morts par an

Dans un pays où les armes à feu font environ 40 000 morts par an, suicide inclus, les trois magistrats progressistes ont opposé les objectifs de sécurité. « Ce sont des armes dangereuses », « si vous sortez avec une arme dissimulée et que vous l’utilisez, des gens peuvent être tués », a notamment souligné le doyen Stephen Breyer.

Tout en exprimant de vives critiques sur la loi new-yorkaise, certains magistrats conservateurs ont semblé chercher une voie médiane. « Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut certaines régulations », a relevé Amy Coney Barrett, l’une des trois juges nommés par l’ex-président Donald Trump.

Les magistrats ont longuement discuté des critères qui permettraient de définir des « endroits sensibles » où les armes pourraient toujours être bannies si la loi était invalidée, mentionnant le métro, les stades de football américain ou Times Square.  

C’est la première fois en plus de dix ans que la Cour suprême rouvre ce dossier qui divise profondément l’Amérique et sa majorité conservatrice suscite l’inquiétude chez les partisans de régulations renforcées.

« Enjeux très élevés »

« Les enjeux sont très élevés », a lancé Angela Ferrell-Zabala, vice-présidente des organisations Everytown For Gun safety et Moms Demand Action, à un petit groupe de manifestants rassemblés devant la Cour avant l’audience.

La décision des juges « pourrait compliquer l’action des villes et des États pour lutter contre la crise » de la violence par armes à feu, a-t-elle ajouté, avant de céder la parole à des victimes de fusillades.

David Hogg, rescapé de la tuerie dans une école secondaire de Parkland en Floride en 2018, a imploré la Cour suprême de ne pas « faire tomber le peu de protections qui existent dans la loi ». « Nous demandons quelque chose de simple : la sécurité ! ».

La haute Cour a jusqu’à la fin juin pour rendre sa décision.

Si elle invalide la loi de New York, cela fera sans doute tomber des législations comparables en vigueur dans sept autres États, dont certains très peuplés comme la Californie ou le New Jersey, souligne Joseph Blocher, professeur de droit à l’université Duke. « 80 millions d’Américains vivent dans ces États, donc l’impact concret sera énorme », estime-t-il.  

Deuxième amendement

Au-delà, la formulation de l’arrêt sera scrutée car elle pourrait amorcer « un tournant sur la manière dont les tribunaux examinent les dossiers liés au deuxième amendement » de la Constitution, relève Eric Ruben professeur associé à la faculté de droit SMU au Texas.

Ratifié en 1791, il énonce qu’« une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé ».

En 2008, pour la première fois, la Cour suprême avait jugé qu’il garantissait un droit individuel à posséder une arme à son domicile pour se défendre, sans toutefois l’étendre au port d’armes à l’extérieur.  

Au cours de la décennie suivante, les tribunaux ont généralement estimé que les restrictions locales pouvaient être justifiées par des préoccupations de sécurité, si bien que les règles sont variables d’un endroit à l’autre.

Les partisans du port d’arme demandent à la Cour de profiter du dossier new-yorkais pour « rejeter cette approche », souligne M. Ruben. Si la Cour leur donnait raison, cela « ouvrirait la porte à une série de nouvelles plaintes contre toutes les régulations existantes », dit-il.

Lettre de PolySeSouvient au Premier ministre du Canada

PolySeSouvient demande au gouvernement de respecter sans tarder ses engagements électoraux sur les armes à feu et de nommer un ou une ministre qui appuie formellement le contrôle des armes.

Monsieur le Premier Ministre,

Permettez-nous d’abord de vous féliciter pour la réélection du Parti libéral et la vôtre, accédant pour un troisième mandat au poste de Premier Ministre du Canada. Comme vous le savez, PolySeSouvient a encouragé le vote libéral au cours de cette campagne. En effet, vos décrets de mai 2020 prohibant 1,500 modèles d’armes d’assaut ainsi que la précision et la clarté de vos promesses pour un programme de rachat obligatoire ont eu raison de notre déception devant l’approche faible privilégiée par le Parti libéral depuis 2012 en lien avec le contrôle des armes.

En fait, l’importance qu’a pris la question du contrôle des armes dans le cadre de la campagne électorale et la conviction que vous et vos candidats avez démontrée nous ont donné confiance quant à la concrétisation d’une véritable interdiction des armes d’assaut et des chargeurs à grande capacité sous un prochain gouvernement libéral. Comme vous le savez, l’interdiction des armes paramilitaires constitue notre premier objectif depuis 1989.

Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous exposer les conditions nécessaires, de notre point de vue, pour concrétiser vos engagements électoraux en matière de contrôle des armes de façon sincère, sérieuse et déterminée. Nous osons croire que le public canadien, dont le vote a manifestement été influencé par la question, s’attend autant que nous à des actions rapides et audacieuses en vue de renforcer nos lois sur les armes à feu.

Nous n’insisterons pas sur la faiblesse du projet de loi C-71 du ministre Ralph Goodale, qui prétendait remplir vos promesses de 2015 alors que la plupart ne l’ont guère été, incluant la vérification de la validité du permis d’un acheteur potentiel. Comme nous ne reviendrons pas en détail sur la vacuité du projet de loi C-21 du ministre Bill Blair, une législation pratiquement vide de mesures efficaces qui allait non seulement à l’encontre d’une promesse clé de 2019, mais qui aurait aussi empiré la situation en lançant la balle aux municipalités pour interdire les armes de poing et en proposant une mesure « drapeau rouge » qui aurait augmenté le fardeau pour les victimes et victimes potentielles.

Pour assurer une approche à la hauteur des attentes des Canadiens, nous vous demandons de nommer un ou une ministre de la Sécurité publique ou de la Justice (qui détenait le dossier par le passé) qui appuie réellement le contrôle des armes, soit à l’image du ministre Alan Rock qui avait piloté l’adoption en 1995 du projet de loi C-68, une loi révolutionnaire qui était complète et solide avant qu’elle n’ait été détruite par le gouvernement de Stephen Harper. Par exemple, un.e ministre ou député.e qui a publiquement défendu le projet de loi C-21 ne serait pas digne de confiance pour livrer sur le contrôle des armes à nos yeux.

En somme, nous vous demandons de nommer un ministre sur lequel vous pouvez compter pour :

1) effectuer de véritables consultations avant la rédaction de législation et de réglementation, notamment auprès des directeurs de police, représentants policiers, regroupements luttant contre la violence conjugale, intervenants en santé public et prévention du suicide, experts en droit, etc., en plus des groupes de victimes et d’usagers dont les chasseurs et commerçants d’armes (les lobbys dont le principal objectif est de défendre des « droits » inexistants ou qui prônent la désobéissance civile ne sont pas des parties prenantes crédibles à nos yeux),

2) instaurer un programme de rachat obligatoire et de modification d’armes en vue de les rendre inopérantes de manière permanente le plus tôt possible étant donné que l’amnistie pour les propriétaires actuels prend fin le 30 avril 2022, et refuser tout délai de mise en œuvre associé aux contestations juridiques par les intérêts pro-armes,

3) compléter les décrets afin de prohiber de nombreux modèles ayant échappé à la réglementation (ex : WK180, IWI Tavor, SKS, Deyra MK, Type 97, etc.)

4) enchâsser dans la loi une nouvelle définition des armes « prohibées » de manière à rendre l’interdiction des armes d’assaut complète et permanente, et instituer un système de pré-autorisation pour tout nouveau modèle d’arme à feu,

5) éliminer les échappatoires, exemptions et exceptions relatives aux chargeurs afin d’assurer le respect universel des limites légales de 5/10 cartouches, tout en considérant les bénéfices de sécurité publique d’une limite de 5 pour l’ensemble des chargeurs comme le souhaitent 7 Canadien sur 10,

6) prioriser la mise en œuvre de la loi C-71 adoptée il y a deux ans et demi,

7) amender le projet de réglementation déposé avant les élections habilitant la mise en œuvre de la loi C-71 de manière à assurer la vérification systématique de la validité du permis d’un acheteur potentiel tel que promis en 2015,

8) écarter tout délestage de responsabilité (notamment aux provinces) quant au contrôle des armes de poing pour plutôt instaurer une interdiction fédérale comme le souhaitent 7 Canadian sur 10, et immédiatement instituer un moratoire sur les nouvelles acquisitions d’armes de poing (ou, au minimum, interdire toute nouvelle importation et fabrication),

9) renforcer les critères dans la loi menant au refus automatique d’un permis de possession, investir des ressources substantielles dans le dépistage des candidats aux permis ainsi que dans la formation des agents et des tribunaux à l’égard de l’importance des mesures préventives (pour prioriser l’approche précautionnaire en lien avec les refus et révocations de permis, et les confiscations d’armes), et éliminer la période de grâce de six mois pour les propriétaires qui ne renouvellent pas leur permis,

10) bonifier l’accès des policiers aux registres de vente pour permettre la compilation des données, notamment en éliminant l’obligation d’obtenir un mandat de la cour, afin de leur permettre de mieux repérer l’origine d’une arme non restreinte et de détecter des patrons de transactions suspectes comme les achats massifs et

11) mettre en œuvre la réglementation sur le marquage international des armes à feu conformément aux obligations du Canada en vertu de deux traités internationaux contre le trafic illégal — au lieu de les reporter continuellement.

Aujourd’hui, monsieur le premier ministre, toutes les conditions gagnantes sont rassemblées pour que vous puissiez répondre aux attentes des Canadiens en manière de contrôle des armes : un mandat électoral clair, l’appui majoritaire et solide du public, un lobby proarmes politiquement discrédité et l’appui de deux partis de l’opposition, surtout le Bloc québécois en plus du NPD.

Il ne reste que de nommer un ministre qui est à la hauteur de la tâche.

Comme vous le savez, les crimes et les actes de violence commis à l’aide d’armes à feu continuent d’être en hausse au Canada, et la vente d’armes de poing augmente de façon exponentielle. Ces tristes statistiques ne changeront pas aussi longtemps qu’il n’y aura pas de changements concrets et considérables sur le terrain, ce que nous n’avons pas vu depuis que vous avez pris pouvoir il y a six ans.

 En espérant fermement pouvoir collaborer avec vous et votre prochain gouvernement pour protéger la population et les générations futures contre la violence armée, nous vous prions de bien vouloir agréer nos sentiments les plus respectueux,

Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique, survivante et porte-parole de PolySeSouvient

Heidi Rathjen, diplômée de Polytechnique et Coordonnatrice de PolySeSouvient

Citation :

« Au cours des six dernières années, il y a eu très peu de progrès concret et visible. Par exemple, même les faibles mesures du projet de loi C-71, vieux de deux ans, n’ont pas encore été mises en œuvre, et les décrets de 2020 interdisant les armes d’assaut n’ont rien changé sur le terrain puisque toutes ces armes restent entre les mains de leurs propriétaires. J’ai vu cette approche timide et fragmentaire de première main lorsque j’étais membre du Comité consultatif sur les armes à feu du ministre Ralph Goodale. C’est une approche gagnante pour le lobby des armes puisqu’elle empêche toute réforme significative tout en fournissant de bons points de discussion au gouvernement. C’est précisément cette approche qui doit changer fondamentalement. Et pour que cela se produise, nous avons besoin d’un ou d’une ministre qui n’a pas peur d’agir avec audace, ce que nous n’avons pas vu depuis qu’Alan Rock était ministre de la Justice dans les années 1990. »

Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique, survivante et porte-parole de PolySeSouvient

En appui à notre demande, voici un aperçu de l’approche libérale en matière de contrôle des armes (depuis 2012) qui doit changer de manière fondamentale (en anglais):

Autres liens :

Respect de vos engagements électoraux sur le contrôle des armes à brève échéance.

The Liberal Party’s Shift on Gun Control 2012 – 2021

Couverture médiatique

https://lactualite.com/actualites/polysesouvient-demande-a-justin-trudeau-de-faire-avancer-ses-promesses-sur-les-armes/

https://www.thestar.com/politics/2021/09/29/gun-control-group-urges-trudeau-to-name-new-minister-to-advance-liberal-promises.html

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/29/poly-se-souvient-reclame-un-nouveau-ministre-de-la-securite-publique-1

Survol de propos d’experts en opinion publique et de leaders d’opinion dans les médias concernant l’enjeu déterminant du contrôle des armes à feu lors de la campagne électorale :

POST-ELECTION ANALYSIS RE GUN CONTROL TWEETS / IN THE MEDIA

Coup d’œil de la mauvaise gestion d’O’Toole sur cette question :

Complément d’information publié par le Globe and Mail : 

https://www.theglobeandmail.com/opinion/editorials/article-erin-otoole-and-the-wrong-way-to-pick-a-party-leader/ )

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Les homicides ont augmenté de 30 % aux États-Unis – Statistiques de l’année 2020

(Washington) Les États-Unis ont enregistré plus de 21 500 homicides en 2020, en hausse de 30 % sur un an, selon des statistiques publiées lundi par la police fédérale (FBI).

AGENCE FRANCE-PRESSE,  27 septembre 2021

Ce pic avait déjà été rapporté par plusieurs grandes villes, mais il s’agit des premiers chiffres officiels et consolidés à partir des données de près de 16 000 des 18 000 agences des forces de l’ordre qui existent dans le pays.

Ils montrent que la hausse des homicides, particulièrement marquée à partir de juin, n’a épargné aucun pan du territoire américain, même si la Louisiane reste en tête des États les plus meurtriers.

Cette augmentation est la plus rapide depuis le début de la collecte des données par le FBI dans les années 1960 et porte le total des homicides à un niveau inédit depuis 25 ans, mais encore en deçà du pic des années 1980.

Les experts peinent à expliquer ce phénomène que certains lient à la pandémie et à ses effets déstabilisateurs, tandis que d’autres insistent sur l’impact des grandes manifestations contre les violences policières ou sur la hausse des ventes d’armes à feu.

Selon le rapport du FBI, 77 % des homicides ont été commis avec des armes à feu en 2020, contre 74 % en 2019.

La police fédérale n’a pas encore publié de données pour 2021, mais les chiffres préliminaires communiqués par les grandes villes du pays ne montrent pas de reflux.

Il y a eu 6,5 homicides pour 100 000 habitants en 2020 aux États-Unis. À titre de comparaison, il y en avait eu, en 2018, 35 au Mexique, 27 au Brésil, 8 en Russie et 1 en France ou en Allemagne, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale.

Québec déclenche un Carcajou 2,0 à l’échelle provinciale

(Montréal) Ajout de 110 nouvelles ressources dont plus de 70 policiers, 90 millions de plus versés à la Sûreté du Québec (SQ), à des corps de police municipaux et au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, des agents de renseignements dans les réserves autochtones de Kahnawake et d’Akwesasne, le retour de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au sein des escouades mixtes : Québec lance l’opération Centaure, une ambitieuse stratégie nationale de lutte aux armes à feu qui s’attaquera en priorité aux fournisseurs d’armes pour ne pas que Montréal devienne un autre Toronto.

DANIEL RENAUD et PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD, LA PRESSE, 24 septembre 2021

« C’est une force de frappe sans précédent. La violence liée aux armes à feu qui inquiète les citoyens et nos familles, c’est assez. À l’époque de la guerre des motards, l’escouade Carcajou, c’était 44 enquêteurs et 10 millions. Ce qu’on annonce aujourd’hui, c’est beaucoup plus important. C’est l’opération ultime de la lutte aux armes à feu », a déclaré la ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault.

Mme Guilbault a fait l’annonce de cette nouvelle stratégie nationale vendredi matin au Palais des congrès de Montréal, entourée de la ministre responsable de la métropole, Chantal Rouleau, de la directrice de la SQ, Johanne Beausoleil, du directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Sylvain Caron, du président de l’Association des directeurs de police du Québec et directeur du Service de police de Laval, Pierre Brochet, et de plusieurs représentants de corps de police municipaux et autochtones.

Selon cette nouvelle stratégie, toutes les escouades mixtes actuellement en place pour lutter contre le crime organisé, telles l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENRCO) et les escouades régionales mixtes (ERM), et les équipes de lutte contre les stupéfiants et les armes que l’on retrouve déjà dans les villes, comme celles du SPVM, seront mises à contribution pour lutter contre les armes à feu, sous la supervision de la Sûreté du Québec.

L’équipe intégrée de lutte aux armes à feu (EILTA) est fusionnée à cette structure déjà existante pour s’attaquer principalement aux importateurs et aux fournisseurs d’armes à feu au Québec.

La Sûreté du Québec reçoit 74 des 90 millions supplémentaires annoncés vendredi matin. Avec cette somme, elle ajoutera plus de 60 policiers dans la lutte contre les armes à feu, dont un nouveau groupe tactique d’intervention (GTI). Les polices de Longueuil et de Laval recevront également quelques millions et pourront embaucher des policiers.

Le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale recevra 15 millions et pourra embaucher 15 employés, lui qui a de la difficulté à répondre aux demandes d’expertises pour toutes les armes à feu saisies au cours des derniers mois et années.

Avec la collaboration des corps de police locaux (Peacekeepers), un agent de renseignements sera en poste dans chacune des réserves d’Akwesasne et de Kahnawake, par où transitent beaucoup d’armes à feu illégales qui se retrouvent dans les rues de Montréal. C’est la première fois que les corps de police de ces deux réserves participent à une stratégie provinciale de lutte contre le crime organisé d’une telle envergure.

La police provinciale de l’Ontario, le Département de la sécurité intérieure des États-Unis et même les services frontaliers américains participent à l’Opération Centaure.

Les candidats à la mairie satisfaits

Même si l’essentiel des fonds annoncés vendredi matin ira à la SQ plutôt qu’au SPVM, les deux principaux candidats à la mairie de Montréal se sont dits satisfaits par l’annonce de Québec.

« Je suis très contente, a dit Valérie Plante, en marge d’une annonce électorale dans l’est de Montréal. Je vois ça d’un très bon œil que le gouvernement du Québec décide d’investir pour protéger les frontières, pour être beaucoup plus proactif. On y arrivera pas seuls. »

« Le fait que tous les corps policiers travaillent ensemble – dont ceux qui se trouvent sur des réserves autochtones – c’est une très très bonne nouvelle », a-t-elle ajouté.

La mairesse Plante ne participait pas à l’annonce de ce matin. Elle a expliqué qu’en campagne électorale municipale, le gouvernement du Québec préfère ne pas s’afficher aux côtés d’un des candidats.

« Je me réjouis de l’annonce du gouvernement du Québec qui se mobilise pour enrayer la violence par armes à feu », a réagi Denis Coderre dans une déclaration transmise par écrit. « Encore une fois, la Ville n’assume aucunement son leadership en matière de lutte contre la violence. Cette stratégie nationale démontre l’urgence d’agir pendant que la mairesse Plante se met la tête dans le sable. »

« Il y a une disproportion inquiétante entre la répression et la prévention dans l’approche de la ministre Guilbault. La ministre vient de mettre plus de 90 millions sur la table pour soutenir les corps policiers, mais n’a annoncé aucune nouvelle somme pour soutenir le milieu communautaire et les intervenants qui travaillent auprès des jeunes. C’est incompréhensible », a pour sa part déclaré le député de Laurier-Dorion Andrés Fontecilla, de Québec solidaire.

« L’augmentation des actes de violence commis au cours des derniers mois est assez inquiétante. C’est pourquoi on ne peut que saluer la présente stratégie gouvernementale qui permettra notamment de mieux outiller nos corps policiers et surtout d’agir en amont et en étroite collaboration avec nos organismes communautaires. », a notamment réagi le président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Gaspé, Daniel Côté.

Sur Twitter, la Fraternité des policiers et policières de Montréal a salué « le leadership et la vision de la ministre de la Sécurité publique et du gouvernement du Québec dans la lutte contre la violence par armes à feu, une stratégie porteuse laissant espérer des résultats notables ».

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.

L’AJOUT DES RESSOURCES

Sûreté du Québec : 74 millions

  • 78 policiers et civils
  • Un nouveau groupe tactique d’intervention
  • Des civils en soutien aux enquêtes

Service de police de Laval : 5,2 millions

  • 5 enquêteurs

Service de police de l’agglomération de Longueuil : 3 millions

  • 4 enquêteurs

QUELQUES CHIFFRES

Selon la SQ, 29 % des armes à feu illégales saisies au Québec proviennent de la province et 44 % de l’extérieur du Québec et de l’Ontario

Selon une compilation de La Presse, au moins 96 évènements de coups de feu étaient survenus à Montréal cette année, au 9 septembre.

Selon le SPVM, 400 armes à feu ayant servi à des crimes avaient été saisies à Montréal cette année, au 31 août dernier.

Centaure est un acronyme formé des mots : Coordination, efforts, national, trafic, arme, unifiée, répression et enquête