Archives pour la catégorie Lettres de Serge

Éditorial de la Lettre aux Amis du mois de juin 2023

C’est en lui que vous tenez bon (1Cor, 15 1)

J’ai souvent été questionné au sujet de notre choix de vie missionnaire : « pourquoi allez-vous si loin alors que nous manquons de prêtres ici ? » Cette question est plutôt récente, car, au tournant des années 1960, les prêtres étaient nombreux et le nombre de missionnaires canadiens-français avoisinait les 60,000 personnes, femmes et hommes religieux et laïcs.

De nos jours, le nombre de prêtres a beaucoup diminué ainsi que les vocations missionnaires. Pourtant, cet appel missionnaire persiste. Originaire de Beauce, notre confrère Martin Grenier retourne en Afrique, plus précisément au Malawi. En contrepartie, notre confrère Franck Kalala, originaire de la République Démocratique du Congo, est récemment arrivé au Mexique où il s’est mis à l’étude de l’espagnol.

Il en a toujours été ainsi chez les Pères Blancs depuis plus de 150 ans, parfois au prix de leur vie. Zambien d’origine, notre confrère Moses Simukonde, âgé de 35 ans, a perdu la vie tragiquement au moment où il se dirigeait à l’aéroport de Ouagadougou au Burkina Faso. Il a été accidentellement atteint d’une balle perdue, tirée par un militaire. Nous en sommes tous très attristés.

Qu’est-ce qui nous pousse donc à côtoyer le danger en pays étranger, pourquoi nous donner tant de mal à apprendre de nouvelles langues et devoir constamment nous adapter à de nouveaux environnements sociaux ? L’appel missionnaire est plus fort que tout. Il n’est certainement pas rationnel. À vrai dire, il est un élan d’amour pour témoigner de Jésus, de son Évangile, en qui nous tenons bon, comme le souligne l’apôtre Paul.

Malgré toutes les difficultés humaines, la joie est au rendez-vous ainsi que la jeunesse. Nous vous invitons à le découvrir en lisant la revue que vous tenez entre vos mains. Partageons notre espérance et solidarité avec les Sœurs de Saint-Rosaire, maintenant retraitées, qui méritent, elles aussi, de profiter d’un temps de retraite après une longue vie de dévouement.

Bonne lecture,

Père Serge St-Arneault, M.Afr

FEM – nouvelle série de fiction d’Unis TV

Une nouvelle série de fiction est présentement en tournage dans le Grand Montréal pour Unis TV intitulé FEM. Il s’agit d’une nouvelle série de fiction d’Unis TV. Ce drame musical raconte l’histoire de Zav, (Lenni-Kim Lalande) un jeune qui s’interroge sur son identité de genre. Cette série de 10 épisodes de 24 minutes, est une idée originale de Maxime Beauchamp, un jeune artiste franco-ontarien LGBTQ. Produite par Ugo média et réalisée par Marianne FarleyFEM sera diffusée sur Unis TV à l’hiver 2024.

Un musicien en quête de son identité

Dans FEM, prononcé « faime », Zav, un jeune musicien hyperpop de 16 ans, rêve de percer dans l’industrie de la musique. Parallèlement à ce désir, Zav remet en question son identité de genre. Ces questionnements lui font craindre des répercussions sur ses relations avec sa famille et sa communauté franco-ontarienne. C’est pourquoi il utilise les réseaux sociaux pour vivre anonymement sa féminité et partager son art. Toutefois, cette réalité ne pourra demeurer cachée éternellement.

Le terme FEM est l’abréviation du mot « féminin ». Il fait généralement référence à une personne de la communauté LGBTQ qui démontre des comportements stéréotypiquement associés aux femmes. 

Diffusion

Cette série de fiction sera diffusée à l’hiver 2024 sur la chaîne Unis TV incluse dans le forfait télé de base partout au Canada. La série sera également disponible sur TV5Unis. La chaîne Unis TV crée un pont entre les différentes communautés francophones du Canada et met en valeur la richesse et la diversité de la francophonie canadienne.

Scénaristes : Anne-Hélène Prévost, Maxime Beauchamp, William S. Messier, Camille Trudel, Joëlle Bond

Réalisatrice : Marianne Farley

Producteur : Patrick Bilodeau

Les 23 et 24 mai au Centre Afrika

Dix jours après le début du tournage, le Centre Afrika a offert ses locaux aux comédiens, maquilleuses, costumières et autres personnels associés à de cette production. Grâce à sa location, les acteurs et actrices pouvaient ainsi se rendre facilement à pied sur leurs lieux de tournage situés dans le Vieux-Montréal et au parc Lafontaine.

Le tournage de FEM prendra fin vers la mi-juillet. Nous espérons que ce drame fictif portera une semence de bonne nouvelle dans notre monde de plus en plus polarisé.

Patrick Bilodeau et Serge St-Arneault au Centre Afrika, 23 mai 2023

DISCOURS DU DIRECTEUR LORS DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L’AFRIQUE AU CENTRE AFRIKA – 27 MAI 2023

La maison des Missionnaires d’Afrique est heureuse de vous accueillir. En effet, le Centre Afrika a pris naissance dans cette maison en 1988. Au cours de ces 35 dernières années, le Centre Afrika a toujours bénéficié du soutien des Missionnaires d’Afrique. Dix confrères m’ont devancé comme directeur.

Nous avons eu l’immense privilège d’avoir un coordinateur chevronné que plusieurs d’entre vous ont bien connu. Jean-François Bégin a eu le souci de mettre en valeur les talents de nombreux artistes. L’une d’entre elles se nomme Djely Tapa. Un autre que vous connaissez est le balafongiste Adama Daou. Un autre du nom d’artiste RNeuf performe aujourd’hui à Toronto comme guitariste.

Pendant de nombreuses années, le Centre Afrika a développé des liens avec des institutions d’enseignement, des écoles primaires jusqu’aux universités. Nous avons accueilli des classes entières dans nos locaux et partagé notre amour pour l’Afrique. Saandiya Alloui et Jean-Marie Mousenga ont joué un rôle très important dans le service de l’accueil aux nouveaux arrivants. À tous ceux-là, je leur dis du fond du cœur : merci.

La Covid-19 a tout bouleversé

Les activités au Centre Afrika ont pratiquement cessé pendant trois années. Pourtant, les Missionnaires d’Afrique (M.Afr) et les Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique (SMNDA) n’ont jamais cessé de préparer la réouverture du centre qui a finalement eu lieu le 7 janvier dernier.

L’équipe est maintenant composée des Sœurs Monique Bonnefoy et Rita Toutant, de David Gnadouwa, Togolais, de Freddy Kyombo, Congolais de la RDC et Serge St-Arneault, Canadien. Je souligne que sans l’aide des attachés politiques de notre député fédéral Steven Guilbeault, nos deux confrères africains n’auraient pas obtenu leur visa de travail. Nous leur sommes très reconnaissants.

Freddy Kyombo, Serge St-Arneault, Steven Guilbeault, Monique Bonnefoy, Rita Toutant et David Gnadouwa

Nouvelle vision, notre mission

La nouvelle équipe du Centre Afrika s’est mise au travail l’automne dernier pour élaborer une nouvelle vision et définir notre mission. Construisant sur la base de notre expérience de plus de trente ans, nous comprenons qu’il nous est impossible de reproduire ce qui s’est fait dans le passé. Notre réalité n’est plus celle d’avant la pandémie.

Nous sommes heureux de découvrir de nouveaux visages depuis la réouverture du centre. L’existence de nouvelles associations composées de jeunes africains nous réjouit grandement. Notre centre développe aussi de nouveaux partenariats comme celui avec Montréal la Plus Heureuse.

Pendant 14 ans, les Journées Africaines, la plupart d’entre-elles ayant été tenues au Musée du Fier-Monde, ont été des moments décisifs de notre expérience de solidarité grâce aux artisans et artistes. La Journée Mondiale de l’Afrique, que nous célébrons aujourd’hui, nous permet de renouer avec ce désir de vivre ensemble l’interculturalité dans un esprit d’hospitalité solidaire.

De la même manière que la Journée Mondiale de l’Afrique vise à souligner la nécessité de renforcer l’unité et la solidarité des États africains, nous aussi nous désirons favoriser la rencontre des « Afriques » dans leurs diversités, leurs richesses culturelles et spirituelles. Nous voulons promouvoir l’intégration des Africains dans la société québécoise et contribuer au vivre-ensemble harmonieux où les différences deviennent un enrichissement.

En plus d’offrir un service d’orientation pour les nouveaux arrivants, le Centre Afrika souhaite soutenir les initiatives de ses membres et promouvoir des événements facilitant la création de réseaux fraternels et inclusifs. C’est dans cet esprit que le centre promeut le dialogue interculturel et interreligieux. Pour parvenir à ses objectifs, le centre met à votre disposition trois salles spécialement aménagées aux couleurs africaines. Bientôt, grâce à l’aide de professionnels, amis du centre, nous aurons un portail informatique qui nous permettra d’élargir notre réseau au-delà de nos frontières. Notre devise est toujours la même : vivre ensemble l’interculturalité dans un esprit d’hospitalité solidaire. Voulez-vous vous joindre à cette vision ?

Pour y parvenir, nous avons besoin de vous. Nous espérons que les initiatives viendront de vous. Nous souhaitons que le Centre Afrika devienne votre deuxième maison. Pour que cet esprit d’hospitalité solidaire devienne une réalité, nous comptons sur votre générosité. Pour le moment, presque tout repose sur la générosité des frères, des pères et des sœurs qui vivent dans cette maison, incluant le bénévolat des membres de l’équipe du Centre Afrika. La Société des Missionnaires d’Afrique offre aussi les locaux et toutes les autres facilités dont nous avons besoin pour fonctionner. Or, nous avons aussi besoin de votre soutien financier pour constituer un budget de fonctionnement. À cet effet, une boîte pour recueillir vos dons est disponible.

Le thème de la Journée Mondiale de l’Afrique de cette année est de « bâtir une résilience en matière de sécurité nutritionnelle sur le continent africain ». Pour nous aider à réfléchir sur ce thème, nous accueillons à 14h00 deux panélistes. Il s’agit d’Adrienne Deltorto qui a travaillé principalement en Afrique de l’Ouest pendant vingt ans et de Carole Brunet qui nous présentera le fruit de ses recherches dans le domaine des énergies renouvelables en Afrique.

Nous avons aussi la chance d’accueillir le groupe de dance magrébine Tafsut qui performera à 16h30. Nous terminerons la soirée sous les rythmes musicaux africains.

Entre-temps, nous vous invitons à découvrir nos exposants :

DANS LE DOMAINE VESTIMENTAIRE ET LES BIJOUX : ANNE MILAMEN – MANSSILI FACHION – ANNICETTE NOUMBI – AFRIQUE AU FÉMININ – MARIE RENÉE FAYE et EVELYNE

DANS LE DOMAINE COSMÉTIQUE – HUILES ESSENTIELLES : JEANNE FOREST

DANS LE DOMAINE LITTÉRAIRE : ANDRÉ-MAN MBOMBO – JEANNE FOREST – SYLVIE BERGERON et LUCIE COULIBALI

DANS LE DOMAINE DES SERVICES FINANCIERS : PATRICK MULELA

DANS LE DOMAINE DU BIEN-ÊTRE CORPOREL : BIENVENUE VIHO GBEASSOR, THÉRAPEUTE SPÉCIALISÉE EN MASSAGE

DANS LE DOMAINE D’ACTION SOCIALE : MARIO BARD et DANIEL DARGIS

DANS LE DOMAINE DES ŒUVRES D’ART ET ARTISANAT : MOHAMED MOUSSA et MÈRE DU MONDE EN SANTÉ

DANS LE DOMAINE CULINAIRE : PASCALINE – LYNDA – NUTRICHOIX et FANNA CLISKY

L’imputabilité des grandes entreprises canadiennes à l’international

Dans le cadre des questions de justice sociale et environnementale, je me suis rendu le 20 mai dernier à l’université Concordia, pavillon Hall, pour assister à un débat présenté par un panel autour du comportement et de l’imputabilité de nos entreprises à l’international, notamment la responsabilité des minières en République démocratique du Congo et les risques sur les chaînes d’approvisionnement des compagnies canadiennes.

Ce panel était composé d’Alice Chipot, directrice générale du Regroupement pour la responsabilité sociale des entreprises (RRSE), de Denis Côté (Analyste des politiques à l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) et de Jacques Nzumbu (Jésuite de la République démocratique du Congo et spécialiste de l’exploitation minière et des technologies vertes). Ceux-ci ont participé à la série de conférences de La Grande Transition(1) qui avait pour thème : Lutter en temps de crise globale.

Voici la synthèse de l’équipe du RRSE dans le journal Pivot ainsi qu’une présentation visuelle de Jacques Nzumbu, jésuite congolais et spécialiste des minières, sur les pratiques des minières canadiennes. 

L’article du journal Pivot

L’imputabilité des grandes entreprises canadiennes à l’international : un statu quo à déconstruire

La coalition du Réseau canadien sur la reddition de compte des entreprises (RCRCE) s’est rendue le 25 avril dernier à Ottawa afin d’obtenir la mise en place d’une loi visant à prévenir les abus commis par les entreprises canadiennes à l’égard des personnes à l’échelle mondiale.

Une pétition de 43 000 signatures, adressée aux député·es du Parlement canadien, a été déposée en signe du soutien massif de la population envers un meilleur encadrement des grandes entreprises. Inspirée par les législations françaiseallemande et norvégienne, entre autres, la pétition demande l’adoption d’un cadre obligatoire sur la « diligence raisonnable » en matière de droits humains et d’environnement.

La diligence raisonnable en matière de droits humains est l’obligation pour les entreprises de gérer et prévenir de manière proactive les incidences négatives et réelles de leurs activités sur les droits de la personne. En cas de défaillance, un cadre « complet » de diligence raisonnable donne la possibilité de sanctionner l’entreprise pour son manquement et de la forcer à réparer les préjudices causés aux victimes et à l’environnement.

À l’heure actuelle, il faut rappeler qu’il est très complexe – voire impossible – pour les communautés souffrant des conséquences environnementales (contamination, pollution, accès à l’eau, etc.) ou sociales (exploitation, travail forcé, expropriation, etc.) des activités d’entreprises canadiennes d’obtenir l’arrêt de ces activités et encore plus de recevoir des réparations pour les dommages causés.

Le système favorise l’absence d’imputabilité des grandes entreprises.

C’est en réaction à ce statu quo, où tout le système favorise l’absence d’imputabilité des grandes entreprises, que de nombreuses organisations de la société civile et acteurs du milieu politique ont mis de l’avant une approche globale de diligence raisonnable. Celle-ci permettrait de prémunir, identifier et stopper les abus quand ils existent, mais aussi de sanctionner et réparer les dommages causés par les pratiques d’affaires problématiques sur le plan social et environnemental.

C’est uniquement par ce mécanisme exhaustif, qui accorderait une place aux tribunaux, que les comportements corporatifs canadiens s’amélioreront.

Mettre en place des mécanismes correctifs efficaces

Le 3 mai 2023, la loi fédérale S-211 sur le travail forcé et le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement a été adoptée. Cette loi envoie un signal positif, qui vise à reconnaître l’importance d’éradiquer le travail forcé des enfants. Malheureusement, les mécanismes concrets pour assurer l’imputabilité de nos entreprises y brillent une fois de plus par leur absence.

En effet, le texte ne propose qu’une logique de transparence et de reddition de compte et non de sanction réelle des mauvaises pratiques.

De plus, elle dissocie les droits des travailleur·euses sur les chaînes d’approvisionnement des autres droits connexes des communautés concernées. Or, comme l’a démontré le triste anniversaire de l’effondrement du Rana Plaza (voir à ce sujet cette bande dessinée explicative), on tarde encore à apporter les mesures correctives nécessaires et de nombreuses dimensions, comme le droit des femmes ou les droits syndicaux ne sont pas suffisamment protégés.

À l’heure actuelle, il est très complexe – voire impossible – pour les communautés souffrant des conséquences environnementales ou sociales des activités d’entreprises canadiennes d’obtenir des réparations.

Enfin, il est important de souligner un dernier mécanisme canadien défaillant du point de vue des défenseurs des droits humains : le Bureau de l’ombudsman canadien de la responsabilité des entreprises (OCRE). Créé en 2019, ce bureau s’avère être un organe consultatif impuissant, qui ne réalise aucune enquête et n’a sanctionné aucune entreprise malgré les nombreux dossiers déposés décrivant des situations alarmantes en lien avec des entreprises canadiennes.

Mieux protéger les communautés dans un contexte de transition écologique

Au-delà de la nécessité d’imposer des sanctions, déployer une approche globale implique aussi de proposer une loi adaptée aux nouveaux défis qui se présentent à nous. Les besoins de transition énergétique et de décarbonation de l’économie nous incitent à envisager le développement de technologies vertes très gourmandes en « minéraux stratégiques », souvent exploités sur des territoires à l’étranger, principalement en Afrique ou en Amérique du Sud.

La République démocratique du Congo, par exemple, est hôte du plus important gisement de cobalt, un minerai crucial pour les technologies de la transition énergétique mondiale. Or sur place, les minières canadiennes continuent de bafouer les droits des communautés, de contaminer les sols et de fermer les yeux sur le travail des enfants.

Une réputation canadienne entachée, mais la possibilité d’œuvrer pour un meilleur avenir

Bien que 50 % des sociétés d’exploration et d’exploitation minière du monde soient incorporées au Canada, celui-ci ne leur impose que très peu d’obligations. Au contraire, elle leur assure des avantages fiscaux.

Quant à la perspective de poursuivre en justice les entreprises canadiennes actives à l’étranger, elle est presque inenvisageable, alors même que sont régulièrement documentés les cas de destruction environnementale, de pillage, de contrebande, de crimes fiscaux et d’expropriation.         

Les défis climatiques vont nous forcer à repenser nos pratiques d’affaires et notre gouvernance économique.

Sur la base de ces éléments, il nous semble essentiel de moderniser au plus vite la législation canadienne pour rendre imputables les entreprises canadiennes sur l’ensemble de leur chaîne de valeur et d’approvisionnement internationale.

De même, il est contreproductif de dissocier les impacts sociaux des impacts environnementaux, ceux-ci étant totalement imbriqués. Les défis climatiques vont nous forcer inévitablement à repenser la configuration de nos pratiques d’affaires et de notre gouvernance économique.

Ces efforts de transformation structurelle ne peuvent se faire sans la protection et la participation actives des populations des Suds.

Alice Chipot est directrice générale du Regroupement pour la responsabilité sociale des entreprises (RRSE). Abir Samih est chargée de projet au RRSE.

Présentation de Jacques Nzumbu

(1) Afin de passer de la résistance à une transformation sociétale, il faut un véritable projet de transition hors du capitalisme, en s’appuyant sur les savoirs critiques produits tant à l’université que dans les mouvements sociaux. On invite donc les citoyens-nes de divers horizons à réfléchir à cette question avec nos invité.es internationaux, ainsi qu’une centaine de panels et d’activités de conférencier.ères du monde entier.

L’étang Burbank

Une amie m’a suggéré de visiter l’étang Burbank situé à Danville. Quatre kilomètres de sentiers sont aménagés et des passerelles permettent l’observation d’oiseaux. L’étang Burbank est à environ 60 kilomètres de Sherbrooke. Leur site internet donne plus de détails.

Mark Sennett, 1916

Une note historique mentionne que le 2 juin 1904, le Montreal Daily Herald titrait : « Danville, une des plus belles villes de la province de Québec ». Danville est située à la limite des Cantons-de-l’Est et des Bois-Francs. Elle doit son essor à l’arrivée du chemin de fer au milieu du 19e siècle. De magnifiques maisons victoriennes et son carré à l’américaine témoignent encore de cette époque. Danville a vu naître des personnalités connues, dont Daniel Johnson, Premier ministre du Québec de 1966 à 1968 et Mark Sennett, une véritable icône du cinéma muet hollywoodien.  

Quelques photos

Quelle royauté pour Charles III ?

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Rien de mieux qu’une bonne partie de jeu de cartes en famille. Les filles, ma mère Laurette et ma sœur Lucie, contre les gars, mon beau-frère Daniel et moi. Les deux équipes partageaient le même nombre de victoires. Nous étions arrivés à la dernière confrontation et maman prend 9 piques. Vous devinez qu’on jouait au 500. Et les filles ont gagné dans un élan de joie à soulever le toit de la maison. Les gars se sont contentés de perdre honorablement, comme d’habitude!

Je jette alors un coup d’œil sur mon cellulaire et je lis à haute voix : « Invitation to the coronation of King Charles III ».

Et Lucie de s’éclater : « Quoi ? Tu as reçu une invitation pour assister au couronnement du Roi Charles III ! Moi aussi, je veux y aller ». 

Et de lui répondre : « Je m’excuse petite sœur chérie, mais c’est une « invitation to a Festival Evensong in celebration of the coronation of King Charles III at Christ Church Cathedral » à Montréal le 7 mai à 16h00. »

Précision au sujet de l’Evensong

Evensong est un service religieux traditionnellement organisé près du coucher du soleil et axé sur le chant de psaumes et d’autres cantiques bibliques. C’est un direct héritage de la liturgie des heures des cathédrales qui, à l’origine, étaient principalement des fondations bénédictines. Il y a donc de nos jours une grande similitude avec les vêpres ou prières du soir encore célébrées dans les congrégations catholiques romaines.

Les anciens anglophones ont traduit le mot latin vesperas par æfensang, qui est devenu « evensong » en anglais moderne. Généralement utilisé en référence à la liturgie du soir de la liturgie quotidienne anglicane, il peut également faire référence à la forme pré-Réforme des vêpres ou des services de prière du soir d’autres dénominations, en particulier au sein de la frange anglicane de l’Église catholique.

La cathédrale anglicane Christ Church de Montréal  

La première église érigée entre 1805 et 1821, incendiée en 1856, a été reconstruite sur un nouvel emplacement situé sur un terrain cédé par la succession de Thomas Phillips. La nouvelle église est érigée de 1857 à 1859 sur le modèle des églises gothiques de la campagne anglaise du XIVe siècle selon les plans de l’architecte britannique Frank Wills (1822 † 1857).

L’intérieur de la cathédrale demeure sobre avec un cachet vieillot marqué par l’usure. Le style est sans contredit anglais, évidemment ! Plusieurs autres caractéristiques me font penser à la tradition dite « High Church » que j’ai bien connu lors de mon séjour en Angleterre il y a plus de trente ans. Il s’agit d’un courant de l’anglicanisme qui désigne les fidèles qui militent pour l’observation rigide et précise des règles liturgiques sur la prière et le jeûne, et qui défendent la religion établie contre les tendances à la poursuite de la Réforme protestante.  

La liturgie des vêpres chantées (Choral Evensong)

L’événement est unique : prier à l’occasion du couronnement de leurs majestés le Roi Charles III et la Reine Camilla. Dans la tradition anglicane, les vêpres chantées, les psaumes, les lectures bibliques et la musique ont lieu près du coucher du soleil pour prier pour que le Christ, la lumière du monde, puisse « éclairer nos ténèbres ». 

Les vêpres chantées remontent au seizième siècle, bien que la majeure partie du service liturgique puisse être attribuée à d’anciennes pratiques monastiques. Il provient du livre de prières officiel de la communion anglicane, le Book of Common Prayer (le livre de la prière commune), publié pour la première fois en 1549. Le langage archaïque et poétique pourrait rappeler celui de Shakespeare.

La première lecture du livre d’Isaïe 40, 12-17, 25-31 est suivie par le chant du magnificat à Marie. L’Évangile de Luc 22, 24-27 est suivi par le symbole des Apôtres, identique à celui proclamé dans les églises catholiques tout comme la prière du Notre Père. C’est à ce moment-ci, celui des intentions de prière, que se précise la prière en faveur du Roi Charles III. 

Prière pour le Roi Charles III

Dieu tout-puissant et éternel, ta sainte Parole nous apprend que le cœur des rois est sous ta gouverne et que, par ta sagesse divine, tu le guides et le transforme; nous te prions humblement de disposer et de gouverner le cœur de Charles, ton serviteur, notre roi et notre leader pour que, dans toutes ses pensées, ses paroles et ses œuvres, il recherche sans cesse ton honneur et ta gloire, et s’efforce de préserver ton peuple dont il a la charge dans la prospérité, la paix et la sainteté; nous te le demandons, Père miséricordieux, pour l’amour de ton Fils bien-aimé, JésusChrist notre Seigneur.

Je comprends que cette prière s’inscrit dans la tradition anglicane et elle montre bien le profond attachement que les Anglais accordent en général à la Reine ou le Roi. À cet égard, il y a un fondement biblique: Que chacun soit soumis aux autorités supérieures, car il n’y a d’autorité qu’en dépendance de Dieu (Romain 13,1). Tous doivent être soumis aux gouvernants et aux autorités, qu’ils doivent leur obéir et être prêts à faire tout ce qui est bien (Tite 3, 1).

Plus encore, pendant le Evensong, une antienne dédiée au prêtre Zadok écrite par George Frideric Handel (1685-1759) se lisait comme suit : « Sadoc le prêtre et Nathan le prophète oignirent Salomon pour le faire roi et tout le peuple se réjouissait et disait : « Dieu sauve le roi ! Longue vie au roi ! Que le roi vive pour l’éternité ! Amen ! Amen ! »

D’ailleurs, c’est dans ces mots que le Cardinal de Westminster, primat d’Angleterre et du Pays de Galles, Vincent Gerard Nichols, a prononcés sa bénédiction en présence de plusieurs dirigeants protestants et orthodoxes : « « Que Dieu déverse sur vous les richesses de sa grâce, vous garde dans sa sainte crainte, vous prépare à une éternité heureuse et vous reçoive enfin dans la gloire immortelle. » 

L’institutionnalisation du couronnement royal 

Prier pour que le roi soit un bon roi, pourquoi pas ? L’institutionnalisation du couronnement royal sanctionnée par l’Église Anglicane par une tripe onction (que Charles III a reçu derrière un paravent rouge à l’abri des regards) d’une huile sainte venue de Jérusalem et bénite lors d’une cérémonie spéciale à l’église du Saint-Sépulcre, cette institutionnalisation donc, est significative. Elle a pour but, me semble-t-il, de cadrer le roi pour lui rappeler que son autorité dépend de Dieu. C’est une consécration. 

À vrai dire, il pourrait en être de même pour toute forme d’autorité; parentale, familiale, tribale, sociale, de gouvernance publique et politique, etc. Cependant, le contexte social actuel relayant le spirituel dans la sphère privée, au nom de la laïcité, établi un mur, du moins une claire séparation entre l’Église et l’État. 

Précisons que l’Église d’Angleterre est l’Église établie de l’Angleterre. Ce n’est bien évidemment pas le cas au Canada ou au Québec.  L’Église Anglicane du Canada est une province indépendante de l’Église d’Angleterre, mais qui fait partie de la Communion Anglicane composée de 42 provinces à travers le monde.

Prière d’engagement ou d’allégeance

Après une longue série de prières, l’Evensong s’est terminée par l’hymne national du RoyaumeUni « God save our gracious King » et l’hymne national du Canada qui comprend une prière; « God keep our land glorious and free! »

Dieu est partout! C’est ainsi que la prière d’engagement ou d’allégeance du peuple se lit comme suit : Dieu de grâce, en compagnie de ton serviteur le Roi Charles, nous nous consacrons à nouveau à ton service. Habite nos esprits par tes pensées, utilise nos cœurs et enflamme-les d’amour pour toi et ton royaume afin qu’ici-bas nous ayons la paix et que, dans le monde à venir, nous puissions te voir face à face, par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Je ne m’attendais pas à une telle prière. Je l’ai lu du bout des lèvres. De fait, j’étais embarrassé. Moi, porter allégeance au roi ! En fait, ce n’est pas ça.  Cette prière en est une d’allégeance à Dieu en compagnie du Roi. Le royaume dont il est question n’est pas celui du Roi mais celui de Dieu selon le message de Jésus. 

Questionnement

Tout compte fait, prier pour les dirigeants et même les souverains me semble une bonne chose. En revanche, un discernement est essentiel lorsqu’il s’agit de ‘vénérer’ un roi, une reine ou tout autre dirigeant politique. Plutôt que servir leur peuple, certains d’entre eux sont devenus des tirants ou des dictateurs selon leurs idéologies politiques ou religieuses. Même des anti-royaux comme Napoléon Bonaparte qui s’est autoproclamé Empereur ont brillé par leur tyrannie. 

Homélie du très révérend Bertrand Olivier à l’occasion de la “Coronation Evensong”

Je termine avec l’homélie du très révérend Bertrand Olivier qui a accepté très amicalement que je la reproduise. Les mots soulignés sont de moi pour mettre en évidence ce que j’ai dit plus haut. Cette homélie partiellement en français et en anglais est exactement celle qu’il a prononcée.

“The greatest among you must become like the youngest, and the leader like one who serves”.

Après le couronnement d’hier (6 mai 2023) à l’abbaye de Westminster, nous sommes réunis ici à la cathédrale Christ Church, dans le cadre de l‘Evensong, pour prier pour le nouveau monarque – qui a un rôle constitutionnel non seulement au Royaume-Uni, mais aussi dans de nombreux territoires à travers le monde, y compris le Canada.

By all account, a transition after a very long-standing and wellbeloved predecessor is not without challenges and, taking on a new glittering role in a not inexpensive way, in a context of recession, division and increasing gap between rich and poor was not going to be an easy task.

Whether you are in favour of the monarchy or not, it is clear that our times are very different to those when Elizabeth was crowned.  A heightened sensitivity and urgency to the resolution of reconciliation with indigenous people, dealing with the legacy of slavery, demands for apologies and reparation, and even campaigns to change constitutional systems: all these mean that the newly enthroned Monarch is finding himself in the middle of a minefield, and that he will only be able to surmount these urgent questions by the Grace of God.

C’est pourquoi cette cathédrale prie pour Charles III et la reine Camilla à l’occasion de leur couronnement.

Le thème choisi par le Roi pour cet événement était « Service ».  

Sous son impulsion, l’événement avait été conçu pour être délibérément inclusif et a accueilli des représentants d’autres confessions chrétiennes, d’autres religions du monde, des hommes et des femmes, des jeunes et des personnes âgées, de tout un kaléidoscope d’origines ethniques.

At the beginning, the new Monarch made a pledge to the youngest member of the congregation: “In his name, and after his example, I come not to be served but to serve.”

A promise to future generations.

There was much historical symbolism in the liturgy, marrying both the spiritual and the constitutional, providing opportunity for Charles III to think about the awesome responsibilities placed upon his shoulders.

This was especially true at the point when he was anointed with holy oil – with the invocation of the Holy Spirit to help him “govern and preserve the People committed to your charge in wealth, peace, and godliness.”  

Bien sûr, il est difficile de savoir exactement dans quelle mesure un monarque constitutionnel peut réellement apporter des changements dans le monde, étant donné qu’il est si limité dans l’expression publique de son opinion.

Pourtant, Charles, lorsqu’il était prince de Galles, était réputé pour son implication dans les questions d’environnement et d’urbanisme, entre autres.  Nous avons appris hier qu’il avait rencontré, deux jours avant le couronnement, des représentants de nos peuples indigènes, afin de préparer la voie à suivre.  Nous ne pouvons que prier pour qu’il puisse continuer à exercer son influence positive sur ces questions et sur d’autres questions urgentes de notre époque. 

For Christians, the religious context of the Coronation reminds us that even Kings are not a law unto themselves, but they are subject to a higher spiritual authority to whom they will give an account in the end, as we will too.

For some, it has been an occasion to celebrate, for others it has reopened wounds grounded in history.

Today, we pray God’s blessings on the King and Queen as they set off to serve the world in all its complexities today, that with the guidance of the Holy Spirit, they may during their reign find a way forward which will reconcile and bring people together rather than divide, working to heal old wounds and to foster prosperity, justice and peace for all. – in the UK and throughout the Commonwealth.

Amen !

Le dernier mot

— « Je réalise aujourd’hui combien il est important pour les Anglicans de souligner le couronnement de Charles III. Tout ce que je vois ici, dans cette cathédrale, est intimement lié à votre histoire ».

Et Bertrand Olivier de me répondre.

— « Je suis heureux de votre présence aux vêpres chantés à l’occasion du couronnement du Roi Charles III et de la Reine Camilla. Désolé que ce n’était pas Westminster Abbey! Cela dit, les temps changent. Les Anglais ne sont pas tous royalistes ».

Sept candidats et candidates pour le poste d’évêque coadjuteur.

Dans six semaines, le nom du prochain évêque coadjuteur du diocèse anglican de Montréal sera connu.

C’est le 3 mai 2025 que les membres du synode électoral  vont choisir celle ou celui qui, parmi les sept candidatures reçues, succédera à l’évêque actuelle Mgr Mary Irwin-Gibson lorsqu’elle prendra sa retraite.

Parmi les sept candidats, figure Bertrand Olivier (recteur de la cathédrale Christ Church de Montréal).

LIENS :

Sept candidats et candidates pour le poste d’évêque coadjuteur

The Very Rev Bertrand Olivier

La gâchette (et le gâchage) néodémocrate

En mars 2021 PolySeSouvient avait envoyé une lettre à Trudeau lui demandant de ne pas se présenter à nos côtés lors des prochaines commémorations parce qu’il avait brisé sa promesse d’éliminer les armes d’assaut sur le marché canadien. PolySeSouvient lui avait pardonné à la suite de sa promesse de 2021 de ramener le programme de rachat obligatoire.

Trudeau et Mendicino ont également promis en mai 2022 que le projet de loi C-21 serait amendé afin d’assurer une interdiction complète, car de nombreux modèles échappaient aux décrets de 2020 à cause d’exemptions arbitraires. Ce sont ces armes qui auraient été interdites par les amendements retirés G-4 et G-46, pas les armes de chasse.

Le 1er mai dernier, les Libéraux se sont pliés aux standards lamentables du NPD afin de maintenir leur entente politique. Ils ont accepté de proposer un nouvel amendement qui en pratique ne servira à presque rien (une définition qui s’applique seulement pour des futurs modèles et facilement contournable). Des centaines de modèles d’armes d’assaut (qui représentent des dizaines de milliers d’armes en circulation) demeureront légaux et même sans restriction. Le programme de rachat obligatoire perd tout son sens car les propriétaires d’armes prohibées en 2020 n’auront qu’à prendre l’argent et s’acheter un autre modèle légal.

À lire ici-bas la chronique d’Hélène Buzzetti publié aujourd’hui qui résume bien le gâchis actuel. Seul le Bloc Québécois grâce au travail remarquable de la député Kristina Michaud, porte-parole pour la Sécurité publique et la Protection civile, a priorisé l’intérêt public plutôt que les intérêts partisans comme l’ont fait le Parti Libéral du Canada et le Nouveau Parti Démocratique.

La gâchette (et le gâchage) néodémocrate

Par Hélène Buzzetti, 5 mai 2023

CHRONIQUE / Justin Trudeau devra dorénavant meubler son horaire du 6 décembre autrement qu’en prenant part aux commémorations de la fusillade misogyne de Polytechnique. Car PolySeSouvient ne veut plus le voir là. Le groupe ne décolère pas que le gouvernement libéral minoritaire ait édulcoré l’interdiction des armes d’assaut pour plaire à son partenaire néodémocrate. Les nouvelles mesures dévoilées cette semaine constituent en effet un recul majeur, pour lequel il faudra demander des comptes à Jagmeet Singh aussi.


Comme promis, le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a inséré lundi dans son projet de loi C-21 une définition technique de ce qui constitue une arme d’assaut afin de trancher à l’avenir, de manière neutre et non partisane, quelles armes seront interdites. Pour être qualifiée « d’assaut », une arme devra: ne pas être une arme de poing, tirer des munitions à percussion centrale, être semi-automatique et avoir été conçue à l’origine avec un chargeur détachable d’une capacité de six cartouches ou plus.

L’idée paraît attrayante et est accueillie avec enthousiasme par les députés néodémocrates. « On va tarir le problème à la source », s’est ainsi félicité Alexandre Boulerice.

Il y aurait en effet de quoi se réjouir si c’était vrai. Mais voilà: ce ne l’est pas. Car il y a un « détail » de taille. Cette définition se veut « prospective ». Elle s’appliquera seulement aux futures armes de nouvelle conception, pas à celles qui existent déjà. Et c’est là que la concession accordée au NPD prend toute son importance.

En 2020, Ottawa a interdit par décret 1500 armes (qui se déclinent en 2000 modèles environ). Puis cet automne, il a ajouté à cette liste 482 autres modèles, qui remplissent les quatre critères de la définition, mais qui avaient été exemptées en 2020 pour des raisons contestées. Du lot, il y avait la SKS, qui a été utilisée pour une fusillade de Fredericton en 2018, une cavale meurtrière en Colombie-Britannique en 2019 et l’assassinat de deux policiers à Toronto en 2022. La concession, c’est qu’Ottawa a renoncé cette semaine à interdire ces 482 modèles, incluant la SKS.

Comprenons-nous bien. Il ne s’agit pas d’une clause grand-père permettant à ceux possédant déjà ces armes de les conserver. Si tel était le cas, on gèlerait au moins leur nombre. Mais non. Ces anciens modèles pourront continuer d’être vendus en magasin à n’importe qui détenant le droit d’acheter des armes. C’est ça, une définition prospective: les vieux modèles, même flambant neufs, pourront continuer de proliférer.

C’est un peu comme si, au nom des changements climatiques, on exigeait que toutes les voitures soient électriques à partir de l’année-modèle 2025, mais qu’on laissait les GM, Toyota et consorts manufacturer leurs modèles à essence 2024 pour l’éternité.

On appelle ça une brèche béante.

Comme le souligne PolySeSouvient, on peut questionner dans ce contexte l’utilité du programme de rachat obligatoire devant voir le jour sous peu. Les propriétaires « dépossédés » n’auront qu’à utiliser l’argent gouvernemental empoché pour se racheter en magasin l’un ou l’autre des 482 modèles encore disponibles! À ce compte, vaut-il la peine de dépenser tous ces milliards? Voilà pourquoi PolySeSouvient est si en colère. Il n’y aura pas moins d’armes d’assaut en circulation, il y aura juste moins de diversité.

Le gouvernement rétorque qu’il conserve sa capacité d’interdire à tout moment d’autres armes, incluant les 482, par décret. C’est vrai. Il mettra d’ailleurs sur pied un panel d’experts qui le conseillera à ce sujet. Mais PolySeSouvient rappelle qu’un comité similaire a déjà existé et que la diversité des intérêts y étant représentés ne permettait pas d’en arriver à des consensus satisfaisants.

L’autre problème de la réforme Mendicino est que la définition parle de la conception d’origine de l’arme d’assaut et non de sa capacité réelle. Ainsi, une arme conçue avec un petit chargeur sera autorisée même si elle peut théoriquement en accueillir un plus gros. Les fonctionnaires ont expliqué qu’il s’agit d’éviter que des armes deviennent rétroactivement interdites si des manufacturiers concevaient par la suite des chargeurs à grande capacité qui s’adonnaient à être compatibles.

Tout n’est pas noir pour autant. D’abord, Ottawa obligera désormais les manufacturiers à faire classifier par la GRC, en amont, les nouveaux modèles qu’ils entendent mettre sur le marché. Cela évitera que certains échappent aux mailles du filet. L’interdiction des chargeurs à grande capacité sera renforcée. Ottawa maintient aussi une disposition législative faisant en sorte qu’un futur gouvernement ne pourra pas retourner en arrière et rendre plus accessible une arme classifiée.

Il faut aussi admettre que PolySeSouvient ne détient pas le monopole de la vérité en matière d’armes à feu. Il se trouve des militants ayant une position moins rigide. C’est le cas de la Coalition pour le contrôle des armes à feu. Sa cofondatrice Wendy Cukier a ainsi salué les nouvelles dispositions. Est-elle entièrement satisfaite? Non, et pour des raisons similaires à celles de PolySeSouvient. Mais elle rappelle qu’en société, il faut parfois faire des compromis si on ne veut pas rebuter ses adversaires au point de faire avorter la réforme espérée.

Sur le fond, force est quand même d’admettre que ces concessions ont été faites pour des raisons partisanes. Le gouvernement aurait pu procéder seulement avec l’appui du Bloc québécois, qui ne réclamait pas autant de compromis. Mais les libéraux voulaient absolument obtenir l’aval du NPD, leur partenaire de quasi-coalition, question de ne pas compromettre l’entente leur permettant de demeurer au pouvoir.

Justin Trudeau en a lui-même fait un enjeu partisan mardi en réagissant ainsi à la sortie de PolySeSouvient: « Les Canadiens auront un choix clair lors de l’élection entre un parti qui a posé des gestes significatifs pour resserrer le contrôle des armes […] et un parti qui veut former le gouvernement et qui veut affaiblir le contrôle des armes ». Bref, il faut se contenter de ce compromis pour éviter le pire, c’est-à-dire les « méchants » conservateurs.

Si le gouvernement s’est montré si sensible aux arguments du NPD, c’est notamment parce que le parti de Jagmeet Singh, représentant plusieurs circonscriptions rurales ou nordiques, a entendu la colère des chasseurs autochtones. Ces derniers craignaient de voir leurs armes de prédilection désormais interdites. On a évoqué les droits ancestraux.

Pourtant, même le ministre responsable des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, a reconnu que si « les peuples autochtones ont un droit de chasser et cueillir, ils n’ont pas nécessairement un droit constitutionnel d’avoir un type d’arme spécifique ». Le ministre a rappelé à juste titre que des groupes de femmes autochtones avaient aussi demandé l’interdiction de certaines armes ayant été utilisées contre elles. « On a certains éléments de friction », a-t-il admis pudiquement.

Mais voilà, le gouvernement Trudeau s’est dégonflé parce qu’il craint comme la peste de se faire accuser de manquer de sensibilité envers les Premières Nations. Faut-il s’en étonner quand on sait qu’il a accordé dans la convention collective de ses fonctionnaires deux jours de congé de chasse payés pour les Autochtones, mais pas les autres?

Cette réforme est certes un début. Mais elle demeure quand même loin de la promesse initiale de M. Trudeau de 2019 de bannir et retirer de la circulation toutes les armes d’assaut. Reste à voir si les électeurs s’en souviendront en 2025, quand même Jagmeet Singh ne pourra plus empêcher la tenue d’un scrutin.

LIEN

(…) Le ministre Mendicino a vanté, durant son point de presse, les mesures incluses dans le C-21, qui vise à renforcer le gel des armes de poing et l’interdiction des armes de type d’assaut. Sur ce dernier volet, l’approche préconisée par le gouvernement est vertement critiquée par des groupes comme PolySeSouvient puisqu’elle ne s’attaque pas aux armes jugées problématiques qui se trouvent déjà sur le marché. (…)

Mylène Crête, La Presse, 18 mai 2023

(Ottawa) Les libéraux ont obtenu l’appui du Nouveau Parti démocratique (NPD) et du Bloc québécois pour l’adoption de leur projet de loi sur le contrôle des armes à feu. Sans surprise, les conservateurs qui s’y opposaient depuis le début ont voté contre.

Le groupe PolySeSouvient a souligné dans un communiqué le progrès que représente C-21 pour protéger les victimes de violence conjugale contre la violence armée, mais il déplore du même souffle que l’interdiction des armes d’assaut dans la législation s’appliquera seulement aux nouvelles armes qui entreront sur le marché canadien, et non à celles qui sont déjà en circulation. Une définition d’armes prohibées et une liste auraient permis de retirer les armes d’assaut existantes et d’empêcher qu’elles soient mises en marché.

PHOTO BRITISH COLUMBIA COMBINED FORCES SPECIAL ENFORCEMENT UNIT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

L’accessibilité des imprimantes 3D et des plans numériques fait en sorte qu’il est désormais plus facile que jamais de se fabriquer une arme à feu fonctionnelle, et ce, à un coût moindre.

(Montréal) La fabrication artisanale des armes à feu est en voie de devenir un véritable fléau, aussi bien au pays que dans la province.

Marie-Ève Martel, La Presse Canadienne, La Presse, 30 juillet 2023

Décès de mon frère Sense Moses SIMUKONDE, M.Afr

Sense Moses SIMUKONDE

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Je suis triste, vraiment triste. Mon frère Sense Moses est tragiquement décédé le 29 mars 2023 à Ouagadougou à l’âge de 35 ans. Je l’ai bien connu au Malawi dans les années 90 lorsqu’il était encore en formation pour devenir un missionnaire. J’ai eu la chance de rencontrer sa mère et l’une de ses sœurs à Lusaka en 2016.

Sense Moses était très doux et profondément convaincu de son appel missionnaire. Son rêve était d’être nommé dans un pays francophone africain. Son désir était si grand qu’il est parvenu à apprendre la langue française pendant ses études. Il a même demandé à ma petite maman Laurette, en visite au Malawi, de lui donner des leçons de français.

Sense Moses SIMUKONDE au Niger

Zambien de nationalité, Sense Moses a étudié au Malawi, en Côte-d’Ivoire et à Nairobi où il a prononcé son serment missionnaire à Nairobi. Il a ensuite vécu au Niger de 2017 à 2021 avant de se retrouver à Koudougou comme responsable des voyages à la maison d’accueil des Missionnaires d’Afrique à Ouagadougou au Burkina Faso.

Climat d’insécurité

Le Burkina Faso, tout comme la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, est aux prises avec des mouvements terroristes et autres violences armées et une sérieuse crise alimentaire.

D’ailleurs, notre confrère Ha-Jo Lohre a été enlevé le 20 novembre 2022 à Bamako au Mali et nous sommes toujours sans nouvelles de lui.

Que s’est-il passé à Ouagadougou ?

D’après un communiqué du tribunal militaire de Ouagadougou, « dans la soirée du 29 mars, aux alentours de 21 heures, des éléments de garde en poste sur l’avenue de l’Indépendance ont fait usage de leurs armes à feu pour arrêter un individu suspect à pied qui aurait refusé d’obtempérer aux sommations. Malheureusement, un usager qui se déplaçait dans un véhicule Nissan dans les environs a été mortellement touché. (…) Une enquête est ouverte pour élucider les circonstances de l’incident. Le parquet militaire présente ses condoléances à la famille de la victime. »

Il semble bien que Sense Moses était à la mauvaise place au mauvais moment. Des tueries semblables arrivent même dans certaines rues de Montréal. Le climat de guerre qui prévaut en ce moment au Burkina Faso amplifie le danger.

Le programme des obsèques du Frère Sense Moses Simukonde

Veillée de prière, mardi 11 avril 2023 à 20h00 (minuit au Québec) à la paroisse Saint Jean XXIII.

Levée du corps, mercredi 12 avril 2023 à 6h30 (10h30 au Québec) à la morgue de l’hôpital Yalgano.

Messe des obsèques, mercredi 12 avril 2023 à 8h30 (12h30 au Québec) à la paroisse Saint Jean XXIII. La messe sera suivi de l’inhumation dans le cimetière de la Maison Lavigerie à Kossoghen.

Repose en paix, bon et fidèle serviteur de la mission… malgré ma peine et celle de nombreuses personnes qui t’ont apprécié et aimé. Nos prières vont surtout pour tes sœurs et ta maman.

LIENS

Final Oath of Moses Sense Simukonde and Elvis Ng’andwe

Suivez en direct la veillée de requiem de frère Moses Sense le mardi 11 avril 2023 à 20h heure de Ouagadougou au Burkina Faso et la messe de l’absoute le mercredi 12 avril 2023 à 8h30 heure de Ouagadougou Burkina Faso.
Follow live the vigil ceremony of our late Brother Moses Sense on April 11, 2023 at 8 p.m. Ouagadougou time in Burkina Faso and the funeral mass on April 12, 2023 at 8:30 a.m. Ouagadougou time.

Commentaire de Julien Cormier, MAfr

12 avril 2023. À Ouagadougou, Burkina Faso, funérailles du Frère missionnaire MAfr Moses Simukonde, de Zambie, décédé le mercredi avant la Semaine Sainte, le 29 mars, à l’âge de 34 ans.

Il a été tué de plusieurs balles d’une arme semi-automatique militaire, au volant de sa voiture, alors qu’il circulait sur une rue de la ville vers 21h30, près de résidences officielles. Ce jour-là, il avait pris le repas de midi avec les confrères de la paroisse Jean XXIII et rencontré notre confrère Jacques Poirier , MAfr canadien.

Notre confrère Dominic Apee , Ghanéen, curé de la paroisse Jean XIII, a souhaité la bienvenue aux nombreuses personnalités présentes, dont l’Ambassadrice de Zambie, le Nonce apostolique, l’Archevêque de Ouagadougou, Philippe Cardinal Ouedraogo, et des délégations officielles des autorités du Burkina et de Zambie. Le Supérieur Général des Pères Blancs Missionnaires d’Afrique, le Père Stanislas Lubungo, Zambien comme Moses Simukonde, est venu de Rome.

Dans l’église paroissiale, plusieurs religieuses, prêtres et frères de la ville étaient présents dont de nombreuses Soeurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique.

La liturgie et l’homélie étaient en français et en anglais.

Tout près du cercueil se trouvait le père de Moses venu de Zambie et sa mère du Kenya. Moses sera inhumé à Ouagadougou dans le cimetière au fond du parc qui entoure notre maison où les candidats MAfr font leurs études de philosophie.

Lors de son homélie, notre confrère Didier Sawadogo, supérieur provincial des MAfr d’Afrique de l’Ouest, a offert une réflexion bien pensée et pleine de sens liant le « mystère de la mort de Moses Simukonde » au mystère de la mort de Jésus de Nazareth que nous venons de célébrer dimanche dernier, jour de Pâques.

Avec émotion, parfois en retenant ses larmes, Didier a évoqué le décès tragique de Moses. La mort est souvent incompréhensible. Celle-ci a été brutale. Le « mystère de la mort et de la résurrection » quand on y est initié, quand on le célèbre, nous aide à vivre en profondeur même les drames humains les plus tragiques.

Avec douleur, certes, mais aussi avec paix. Didier a dit du défunt : Moses, tu nous semblais toujours pressé. Expert en développement durable, tu avais des projets et tu travaillais beaucoup. À Zinder et à Niamey au Niger. À Koudougou et Ouagadougou, au Burkina. Six ans de vie missionnaire, après 8 ans de formation et de discernement, avant l’engagement définitif.

Moses, parfois tu nous visitais en n‘éteignant même pas le moteur de ta voiture. Un de tes formateurs au noviciat t’avait dit: « Ne cours pas si vite. Sur les chemins de la mission, tu ne peux pas courir plus vite que Jésus. » Tu venais de Zambie, tu as été pour tous, musulmans et chrétiens de nos deux pays, un frère en Christ, un frère en humanité. Homme au grand sourire, Moses, tu étais généreux et proche des gens.

MONTRÉAL LA + HEUREUSE au Centre Africa

19 mars 2023.

Reportage : Serge St-Arneault

Photos : Franck Billaud de Safir Optimiste

Depuis la fondation de Montréal la + heureuse il y a cinq ans, à laquelle j’étais présent, je rêvais du jour où un événement de Montréal la + heureuse se tiendrait au Centre Afrika. Ce moment historique a eu lieu le 19 mars 2023.

Montréal la + heureuse est une OBNL qui a pour but de contribuer au rayonnement de Montréal et célèbre la joie de vivre dans la diversité culturelle qui la caractérise. Cette vision est tout à fait en diapason avec celle du Centre Afrika, lieu d’hospitalité solidaire.

La grande salle était bondée; enfants, parents, grands-parents venant de tous les horizons. En somme, une belle expérience intergénérationnelle. Les artistes invités reflétaient eux aussi cette magnifique diversité. Plus de deux heures et demie de pur bonheur.

Rossana Bruzzone

Elle est la directrice générale et co-fondatrice de MONTRÉAL LA + HEUREUSE ainsi que la pionnière de l’écriture optimiste, une branche de l’écriture autobiographique qui vise à souligner la beauté que l’on vit au quotidien. Elle a conçu et expérimenté sa méthode en Italie, son pays natal, où elle a été professeure de littérature pendant 20 ans.

Les artistes

Aurore Liang

Citoyenne du monde, Aurore est née et grandie en Chine, elle a vécu en France pendant 5 ans et elle s’est installée à Montréal depuis 12 ans. Formée comme comédienne à son enfance à Pékin, outillée avec des compétences en art oratoire avec Toastmasters à Montréal et en interprétation avec Jingju, l’un des plus anciens théâtres du monde, dynamique et expressive, elle adore échanger avec le monde via des contes. La musicienne Xi-Ao Chen l’accompagnait.

Ricardo Angel Soriano

Ricardo est un artiste mexicain avec plus de 15 ans d’expérience sur la scène musicale mexicaine et internationale. Il a étudié à l’Université Ollin Yoliztli au Mexique. Basé à Montréal depuis 2018, il a donné des concerts de musique classique et de musique populaire au Mexique, à Cuba et au Canada. Il est aussi professeur de piano, de violon et enseigne le chant.

Domlebo (Dominique Lebeau)

Il est un artiste engagé, comme ses œuvres : pour l’environnement, le vivre-ensemble, la paix et la justice sociale, l’ouverture et l’accueil de l’immigration et de toutes les diversités. Il est également administrateur, animateur, conférencier et formateur: sur l’histoire et la chanson québécoise, les droits des artistes, les pratiques écoresponsables, etc.

Deo Munyakazi

Mon confrère Julien Cormier a été touché intérieurement par l’artiste rwandais de l’INANGA, Deo Munyakazi. L’inanga s’apparente à la cithare. Jouée au Rwanda et au Burundi et dans les pays limitrophes, sur un instrument en bois, comme un bouclier creusé, sur lequel sont tendues plusieurs cordes. Musique très douce, intériorisant, accompagnée de chant méditatif, interprété en famille le soir. Julien a revécu ses jeunes années au Burundi.

Festival du Bonheur de MONTRÉAL LA + HEUREUSE au Centre Afrika

L’inauguration de la semaine du Festival du Bonheur se tiendra cette année au Centre Afrika le dimanche 23 avril et se clôturera le dimanche 30 avril 2023. De nouveaux artistes seront invités pour l’ouverture de cet événement et une projection de cours métrages signalera le dernier jour des festivités. C’est à ne pas manquer au 1644 rue St-Hubert.

LIENS

Montréal est la ville la plus heureuse de l’Amérique du Nord. Party!

Festival du bonheur à Montréal : 1re édition réussie !

Journée internationale de la francophonie

Gabriel Landry

En ce 20 mars,
Journée internationale de la francophonie,
c’est avec un clin d’oeil et le plus grand respect pour nos amis et amies de la communauté anglophone,
que j’ose soumettre à votre réflexion ce tableau que j’ai réalisé en hommage à la langue française.
L’oeuvre a pour titre :
En lien « two » les deux par le français.
Celle-ci été conçue dans l’esprit de ce commentaire que Félix Leclerc, chansonnier et poète québécois, faisait en recevant en 1986, du président de la France, la médaille de Chevalier de la Légion d’honneur :
« Que l’anglais garde sa place dans le monde
et que le français reprenne la sienne,
c’est-à-dire la première, comme au temps des rois! »

En lien « two » les deux par le français
(Tableau de Gabriel Landry)

En complément à votre réflexion,
je vous invite également à lire le texte ci-joint portant sur
la symbolique que j’ai voulu personnellement accorder à ce tableau.
Enfin, soucieux et soucieuses de garder bien vivante notre langue française, puissions-nous aussi nous rappeler ces mots d’un autre de nos grands chansonniers et poètes québécois, Gilles Vigneault :
« Si tu apprends bien ton français,
tu verras qu’il t’en apprend beaucoup ».

Gabriel Landry
Artiste peintre
Longueuil (QC)
Tableau de : Gabriel Landry
Titre : En lien « two » les deux par le français
Médium : huile sur toile
Format : 36 x 36 po. ( 91 x 91 cm )
CETTE OEUVRE EST DISPONIBLE POUR ACQUISITION
INFORMATION
Courr. : glandry@gabriellandry.com
Cell.: 514 894-0440
Site Web : http://www.gabriellandry.com