Tous les articles par Serge St-Arneault, M.Afr

Membre de la Société Missionnaire d'Afrique depuis 1986. A vécu en République Démocratique du Congo, au Malawi et en Zambie. Membre de l'unité pastorale missionnaire Limoilou-Basse-Ville-Vanier à Québec depuis février 2026.

Féministicides

Jean-François Lisée, Le Devoir, 20 septembre 2023
(Reproduction avec l’autorisation de l’auteur)

Jean-François Lisée

Mais à quelle heure et dans quelle salle a lieu mon prochain cours ? Pourquoi est-il désormais impossible de trouver cette information pratique sur le site de l’université ? Parce que nous sommes en 2023. Parce que c’est dangereux. Parce que des enragés, antiféministes, parfois nostalgiques de Marc Lépine (l’auteur de la tuerie de Polytechnique) peuvent surgir dans un cours, arme à la main. Paranoïa ? Parlez-en à Katy Fulfer.

Le 14 juin dernier, elle donnait le cours Philosophie 102 à une quarantaine d’étudiants de l’Université de Waterloo. Selon la description du cours jusque-là affichée sur le site, il s’agissait d’examiner « la construction du genre dans l’histoire de la philosophie à travers des discussions contemporaines. Qu’est-ce que le genre ? Comment “faire” le genre ? Comment pouvons-nous “défaire” le genre — et le voulons-nous ? »

C’était trop pour le jeune Geovanny Villalba-Aleman, 24 ans. À 15 h 30, il est entré dans la classe et a demandé à l’enseignante : « C’est un cours de psychologie ? » Non, a-t-elle répondu, « c’est un cours de philosophie, on parle du genre ». Elle lui a demandé de partir. Il a posé son sac, en a retiré un long couteau, l’a sorti de son étui et, avec un sourire haineux, selon un étudiant, a bondi sur la prof.

Ella a couru vers le fond de la salle. Il l’a poursuivie. Un étudiant lui a lancé une chaise, « au moins pour le blesser », a-t-il raconté. D’autres ont tenté de s’interposer. Il en a blessé deux, une jeune femme et un jeune homme, et a tenté d’en atteindre un troisième. Il a quitté la pièce et voulu se fondre dans la foule. Il connaissait bien les lieux, lui qui y avait fait son bac en physique. Les policiers l’ont facilement retrouvé. Il est notamment accusé de tentative de meurtre et de terrorisme. Les blessures étaient graves, mais non létales.

Pour les policiers et des amis interrogés par les journalistes locaux, sa motivation était claire : il visait les féministes et les gais. Le choix de la classe, et du prof, était délibéré. Pourquoi ? Des proches signalent qu’il venait d’une famille équatorienne conservatrice — il a immigré en 2018 —, qu’il avait les gais en aversion et qu’il éprouvait de la difficulté à nouer des liens sociaux. En plus, on était, en juin, en pleine célébration du Mois de la fierté gaie. Mais de là à vouloir tuer ?

On a beaucoup parlé, en France et ici, de l’assassinat de Samuel Paty, l’enseignant français mort pour avoir voulu enseigner la tolérance à la critique en montrant dans un lycée des caricatures de Mahomet, celles-là mêmes qui ont valu la mort aux rédacteurs de la revue Charlie Hebdo. On trouve ici un cas semblable, issu d’une autre forme d’intolérance extrême. Le féministicide ou, dans ce cas, la tentative de féministicide.

Les mots ont un sens. Notre décision collective d’appeler « féminicides » les assassinats de femmes ne date que de quelques années. Ce simple changement projette dans l’esprit collectif une prise de conscience. Ce qui était hier occulté, minoré, est maintenant sous la cruelle lumière du projecteur sémantique. Un premier pas.

Je n’oublierai jamais l’endroit où j’étais le matin du jeudi 7 décembre 1989, lendemain du jour où Marc Lépine a fauché la vie de 14 jeunes femmes dans une rage, non antiféminine, mais antiféministe. J’avais cours. Féminisme et communication. À l’UQAM. Mes camarades de classe étaient atterrées. Mais elles se sentaient dangereusement proches du genre de cible qu’avait cherché la veille le tueur et que pourrait encore viser, demain, un autre enragé de sa trempe.

« Vous êtes toutes des féministes », avait fameusement crié Lépine avant de tirer, laissant derrière lui une note où il fantasmait d’éliminer 19 personnalités féministes : journalistes, personnalités de l’écran, syndicalistes. S’il avait connu l’existence du cours Féminisme et communication, nous disions-nous ce matin-là, ou si un de ses émules voulait venir y sévir, que ferions-nous ?

Seul homme du groupe (nous étions cinq au premier cours, les autres avaient déserté tôt dans la session — des pleutres), je n’osais dire tout haut ce qui me passait par la tête. Ce Lépine 2 ne trouverait-il pas choquant qu’un homme trahisse son genre en se soumettant à cette infâme idéologie, semaine après semaine ? Je me demandais si, pendant l’assaut, j’aurais eu le cran d’intervenir, de m’interposer. De lancer une chaise, au moins.

La volonté de faire taire les féministes, dans les campus et ailleurs, comme la diffusion de la haine envers elles est désormais un phénomène de société inquiétant. Il existe dans les campus, certes. Et le recteur de l’Université de Waterloo, Vivek Goel, a raison d’écrire que l’agresseur a certes visé des personnes, mais « a aussi enfoncé son couteau au coeur de la valeur la plus importante des institutions académiques : la liberté académique ».

Mais il déborde les milieux universitaires. Le blogueur montréalais Jean-Claude Rochefort a incité ses 60 000 abonnés à bien préparer la célébration du « saint Marc Lépine Day », le jour de commémoration de la tuerie, en n’oubliant pas de « polir leurs carabines ». Il purge une peine d’un an de prison pour incitation à la haine.

Une jonction toxique s’opère entre la détresse sexuelle d’hommes qui n’ont pas de succès auprès des femmes, les incels pour « célibataires involontaires », la nostalgie d’une époque où les hommes dominaient, la haine des féministes et des gais.

À Toronto, il y a cinq ans, un Alek Minassian a lancé son véhicule sur un trottoir, fauchant 26 personnes, 11 mortellement. Son objectif : se venger des femmes. Il a dit espérer que son geste serait suivi par d’autres qui, comme lui, sont encore vierges, pas par choix, à 25 ans. Il est en prison pour au moins 25 ans.

Nous ne sommes donc pas à l’abri des émules de Marc Lépine. Au contraire. Ils sont plus nombreux que jamais. La vigilance, la prévention et une vraie stratégie s’imposent. Et entraînons-nous, au moins, au lancer de chaise.

Jean-François Lisée a dirigé le PQ de 2016 à 2018. Il vient de publier Par la bouche de mes crayons (Somme Toute/Le Devoir).

 jflisee@ledevoir.com

Autres liens : Féminicide

Pandémie et complotisme

J’ai reçu un appel téléphonique de Gilles Petel il y a environ deux ans, à l’époque de la pandémie de la Covid-19. Gilles a commencé sa carrière en journalisme à la radio de CKVL-Verdun, où il a occupé le poste de Directeur information et Affaires publiques, pour ensuite travailler pendant 26 ans à la télévision de Radio-Canada.

Gilles Petel

Après sa retraite de Radio-Canada, il a, entre autres, animé une émission d’affaire publique « À vous de juger », pendant sept ans à la télévision communautaire canadienne de « Vidéotron » M. Petel a également réalisé et animé un documentaire d’une heure diffusé sur Vidéotron, intitulé « Drame humain à Gaza ».

Il est alors devenu, pendant plus de 10 ans, le seul journaliste canadien accrédité à l’ONU de Genève, en Suisse, où il y a plus de 350 journalistes représentant 194 pays et où se passe 65% des activités de l’ONU.

Essentiellement, ce livre condamne le complotisme mais en même temps permet aux lecteurs de mieux différencier complot et complotisme. Cette distinction est importante.

Un complot fait référence à un fait de manipulation avéré. On parle de complot pour évoquer une réalité historique où un petit groupe a manipulé l’opinion publique à l’aide d’un faux témoignage. C’est aussi un projet concerté en secret par un groupe restreint avec une intention malveillante.

Le complotisme, pour sa part, décrit une attitude qui implique la recherche systématique des complots, partout tout le temps. Ce terme, apparu il y a environ 200 ans, fait référence à l’attitude de méfiance systématique envers certaines informations provenant d’institutions officielles. Notamment, la presse traditionnelle, les gouvernements ou politiciens, les industries pharmaceutiques ; prétendant qu’elles mentent et que des individus ou des groupes tirent les ficelles de manière plus ou moins secrète dans l’ombre !

Des exemples concrets vous sont présentés afin de bien comprendre les conséquences de la pandémie COVID-19. Pour ce faire, nous avons consulté les plus grands spécialistes ; des microbiologistes, infectiologues et spécialistes de la santé publique.

« Pandémie et complotisme » s’adresse à tous les lecteurs curieux d’en savoir davantage sur la pandémie que nous vivons.

Dans ce livre, Gilles Petel cite des passages (voir les pages 24 et 25, les pages 170 et 171 et surtout le chapitre intitulé « La sorcellerie dans tout ça  », pages 267 à 271) d’un de mes articles publié dans le journal Le Nouvelliste en date du 22 septembre 2020 intitulé « Sorcellerie et théories complotistes » également publié sur mon blogue.

Gilles Petel, Pandémie et complotisme, Édition Crescendo! 2023, 455 pages.

Du même auteur : Ingérence politique dans les médias.

Prochaine publication aux Éditions Crescendo! prévue pour le 24 septembre 2023 : Pique-assiettes

MAIN DANS LA MAIN !

Les Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) ont créé le Centre Afrika en 1988 afin de permettre aux Africains de tisser des liens d’amitié entre eux et favoriser ainsi un vivre ensemble harmonieux dans la société québécoise.

En plus du témoignage du père Joseph Kamwanga, le numéro spécial de la Lettre aux Amis est un prolongement du calendrier 2024 qui illustre en photos les différentes activités qui se tiennent entre ses murs. Cette fois-ci, le calendrier et la revue vont main dans la main.

Une surprise vous attend. En effet, vous découvrirez chacun des membres de la nouvelle équipe du Centre Afrika et les précieux collaborateurs qui rendent la vitalité du centre possible. À cela s’ajoute une brève présentation de trois partenaires corporatifs avec lesquels le centre collabore.

Nous sommes comblés de joie et d’optimisme pour l’avenir du Centre Afrika. De nouveaux équipements informatiques favoriseront bientôt la diffusion du message missionnaire que nous transmettons depuis plus de 150 ans. La vision du cardinal Lavigerie, notre fondateur, est bien vivante. Cette vision est orientée vers l’accueil et le respect des personnes et des peuples dans leurs diversités culturelles et spirituelles.

Dans notre pays, nous avons la chance de profiter de ressources énergétiques fiables pour travailler. Nous sommes heureux de constater à quel point de simples panneaux solaires peuvent changer la vie de jeunes étudiantes en Ouganda (voir le reportage en page 10). Nous espérons qu’il en sera de même pour d’autres étudiants en République Démocratique du Congo (voir le projet 72 à la page 11).

Bonne lecture, 

Père Serge St-Arneault, M.Afr

Viho Bienvenue GBEASSOR, massothérapeute

D’origine togolaise, Viho Bienvenue exprime naturellement sa jovialité contagieuse. Son sens du partage lui a permis de découvrir une aptitude innée au massage jusqu’à lors inconnue. Cela l’orientera en 2012 vers une formation à titre bénévole où elle a offert plus de mille cinq cents heures de traitement en massage de détente au sein de l’organisme communautaire de la Maison Plein Cœur œuvrant auprès des personnes vivant avec le VIH.

En 2013, elle est devenue l’assistante attitrée de Jacques François Aylestock, massothérapeute et fondateur du Massage Toucher Vivant.1 Depuis cette date, Viho Bienvenue partage sa passion pour le massage selon les fondements philosophiques de son mentor centré sur un amour inconditionnel pour les gens et pour la vie.

Viho Bienvenue a finalement perfectionné son art pour devenir une massothérapeute à part entière grâce à un programme d’étude théorique et pratique de l’école de massothérapie energiSens2 qui lui a permis d’obtenir un diplôme de praticienne en massage suédois.

Citation de Viho Bienvenue 

« Avec mes mains bienveillantes et apaisantes, j’offre le bien-être, le contact avec le corps, à travers un toucher-vivant et humain qui accueille, respecte et accepte totalement avec Amour l’être dans son intégralité. C’est un voyage durant lequel le temps est suspendu où seul le bien-être de la personne massée compte. »

La dimension spirituelle de la démarche de Viho Bienvenue

Viho Bienvenue invoque La Flamme d’Amour lorsqu’elle procède à une séance de massage. Il s’agit d’une démarche spirituelle ou d’un état de présence qui incorpore une attention particulière à la présence de Dieu telle une prière qui s’élève comme une flamme chaleureuse et réconfortante. Viho Bienvenue ajoute une « touche » spirituelle au centre de sa massothérapie qui est elle-même axée sur une qualité du toucher et de l’accueil.

1.QUINTESSENCE. Nouvelle approche de massage qui met l’accent beaucoup plus sur l’attitude juste, l’intuition, la créativité et la qualité du toucher et de l’accueil, que sur la rationalité et la scientificité thérapeutique des techniques. Il vise, dans son volet pédagogique, à former des artistes-en-massage qui acceptent de s’approprier une série particulière de valeurs essentielles afin de pouvoir en retour, par le biais de leurs mains, transmettre celles-ci aux personnes qu’elles auront à masser. Le massage Quintessence est une discipline artistique et profondément humaine.

2. La massothérapie énergiSens se distingue par son approche en kinésithérapie (discipline qui emploie le mouvement dans le but de renforcer, maintenir ou rétablir les capacités fonctionnelles) et en orthothérapie (principalement concentré sur les systèmes musculaire et articulaire et vise le bon fonctionnement du système musculosquelettique ou correction de la posture). L’école de massothérapie énergiSens est dirigée par Carolane Dumoulin.

Vidéo 

Référence

Viho Bienvenue GBEASSOR : tel. 514 268-5909

JOURNÉE INTERNATIONAL DE SENSIBILISATION À L’AMÉLANISME DE MONTRÉAL (JISAM-2023)

Célébrée au Café-Rencontre du Centre Afrika de Montréal, la JISAM de cette année fut une occasion de restitution des activités et des actes du Centre Canadien de Sensibilisation à l’Amélanisme (CCSA-OBNL) sous le thème : De l’albinisme à l’amélanisme, une grande aventure humaine.

Toute une aventure humaine. Aventure, du latin, adventura, qui signifie, des choses qui doivent arriver. Le dictionnaire méthodique du français actuel Le Robert méthodique définit le mot aventure de cette manière : ce qui arrive d’imprévu, de surprenant; ensemble d’évènements qui concernent quelqu’un.

En effet, le jour où Père Serge St-Arneault et moi sommes rencontrés au Centre Afrika à l’occasion de la sortie de mon roman « L’Albinos avatar et la Première Dame » (Éd. Solstice Austral, 2015), si quelqu’un nous avait dit que nous allions (1) célébrer chaque année, le 13 Juin, la Journée Internationale de Sensibilisation de l’Albinisme à Montréal, (2) fonder une organisation à but non lucratif (OBNL) dénommée Centre Canadien Sensibilisation à l’Amélanisme; (3) rédiger la Déclaration universelle des Droits humains des personnes vivant avec albinisme (Déclaration de Montréal, 13 juin 2018) et (4) faire adopter la Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine par   (APF/Francophonie/5-10 juillet 2018), c’est sûr et certain que personne ne l’aurait cru.

Nous ne sommes pas des scientifiques ni des savants pour n’expliquent ce que c’est la mélanine ou son importance dans le métabolisme d’un corps humain. Mais nous avons eu la chance de nous entourer dès le départ du Dr Majambu Mbikay, Pharm., Ph.D., un scientifique expert en manipulateur de gènes qui venait de publier ‘La couleur des gènes ou la perversion de la génétique » (Biomesc, 2017) et du consultant en éducation, Dr Ndia-Bintu Kayembe, Ph.D., auteur de plusieurs ouvrages et articles sur les méthodes d’enseignement.

Nous sommes seulement des personnes sensibles à la problématique et à la thématique de l’albinisme ou plutôt de l’amélanisme*, ainsi qu’au défi que relèvent au quotidien les amélaniques** pour vivre dans un environnement qui leur est hostile à tous égards.

Nous voulons attirer l’attention de tout le monde sur le caractère inclusif, la résolution de l’APF est un texte important en matière des droits humains adopté par les nations depuis la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

Outre sa déclaration : « les personnes vivant avec amélanisme sont des êtres humains et doivent bénéficier de toutes les dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme », et la demande de substitution du mot albinos par celui d’amélanique et d’albinisme par amélanisme, termes dénués de connotation péjorative et dégradante afin de désigner les personnes vivant sans mélanine, la Résolution de l’APF a le mérite de demander aux États et gouvernements de l’espace francophone d’introduire l’enseignement de l’amélanisme dans leurs systèmes éducatifs et d’inviter l’UNESCO à inciter ses États Membres à faire de même.

Comme nous l’avons dit précédemment, c’est une aventure humaine, un ensemble d’évènements qui ont concouru à la réalisation de tout ce que nous avons entrepris pour les droits des amélaniques.

Tout ce que nous avons fait se trouve dans La Mélanine épinglée. Vol.2 : L’École de Montréal et le défi de vivre amélanique, un collectif sous la direction d’André-Man Mbombo (Éd. Solstice Austral, 2019).

Pour que la Résolution de l’APF ne reste pas lettre morte, nous avons consacré la JISAM-2019 à l’éducation afin de rédiger une feuille de route conséquente à l’attention des décideurs, des éducateurs et des intervenants pour la réussite de l’enseignement de l’amélanisme. Il ne s’agira pas d’un cours spécifique d’amélanisme, loin de là, mais plutôt d’une méthode adéquate de disséminer l’amélanisme dans tous les cours au programme. L’enseignement de l’amélanisme ainsi conçu a cette vertu de contribuer à la lutte contre l’ignorance et les superstitions, d’accroitre l’estime de soi et de faciliter l’intégration sociale des amélaniques. Il n’y a pas de doute qu’un élève qui a appris que l’amélanisme n’est pas mystique ni sorcier puisse partager ses cacahuètes avec son camarade amélanique. C’est évident qu’un citoyen éduqué est un citoyen socialement responsable et que les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain.

À Montréal, nous sommes convaincus que l’ignorance est la mère de tous les maux et c’est elle qui fait le lit des superstitions. Les croyances et les superstitions ont la peau dure. Que faut-il faire pour en finir avec les discriminations, les agressions, les mutilations et les meurtres des personnes vivant avec amélanisme ?

L’éducation à l’amélanisme ? Oui, mais… quelle pédagogie? s’est demandé, avec raison et à juste titre, Dr Ndia-Bintu Kayembe (in La Mélanine épinglée, Vol. 2 précité).

—-

* Néologisme : Condition métabolique héréditaire due à un défaut du métabolisme d’un pigment, la mélanine, et caractérisée par l’absence, totale ou partielle, de ce pigment. Amélanisme vient du mot amélanine, nom féminin, signifiant : défaut de mélanine).

**Personnes vivant sans mélanine, communément appelées albinos.

TV5 MONDE Info du 25 février 2020 : Et si vous me disiez toute la vérité : Entretien avec André-Man Mbombo mené par Denise EPOTÉ

Le Centre Afrika – Afrique missionnaire à Montréal, Québec, Canada – Freddy Kyombo prêtre du Congo

Entrevue avec Freddy Kyombo animé par Daniel Dargis

Daniel Dargis

Daniel Dargis a interviewé Freddy Kyombo au sujet de la mission du Centre Afrika ainsi que sa vision là où une équipe de Missionnaires d’Afrique, religieuses et prêtres, anime un centre communautaire pour toute personne désireuse de collaborer à la création d’un espace d’hospitalité solidaire ouverte sur le monde. Que ce soient des associations, regroupements d’entrepreneurs ou personnes d’origine africaine, afrodescendante ou de souche canadienne, toutes et tous sont les bienvenus.

LIENS :

Daniel Dargis reçoit Freddy Kyombo, prêtre #missionnaire d’Afrique, originaire de la République Démocratique du Congo RDC, pour nous parler du Centre Afrika #afrika à Montréal, Québec, Canada.

Vidéo de la Journée Mondiale de l’Afrique au Centre Afrika – 27 mai 2023

Titre : Journée Mondiale de l’Afrique au Centre Afrika

Date : 27 mai 2023

Lieu : Centre Afrika, 1644 rue St-Hubert à Montréal

Production : Mombo Film

DIAPORAMA DE LA VIDÉO :

Texte de Julien Cormier

Un des animateurs du Centre Afrika, le confrère Freddy Kyombo Senga me téléphone,

— « Jimi, viendrais-tu prendre quelques photos. Un petit marché ‘africain’, tenu par des femmes d’Afrique. Ça peut t’intéresser car il y a plusieurs tables avec des dames du Niger. »

J’y ai vu des Nigériennes, des Congolaises RDC, des Maliennes, une Burkinabé… En général, il s’agit de jeunes femmes dynamiques, l’une infirmière, l’autre étudiante à l’université, d’autres dans la fonction publique, au Provincial ou au Fédéral… Presque toutes bien intégrées et avec la citoyenneté canadienne.

Elles ont comme leurs sœurs, « les Maman Benz » d’Afrique, un talent pour faire du commerce, pour lancer une petite distribution de produits typiques. Comme ces deux amies du Niger, que je revois, qui ont un commerce de viande séchée, façon Niger, le kilishi (ou kilichi).

Plusieurs ont des tables où se vendent des bijoux, des pagnes, des robes et des parfums. Après un petit tour, je dis à l’une d’elle :

— « Mais, à part les brochettes, vous n’avez que des produits pour les femmes ! »

Elle me regarde avec un sourire,

— « Plusieurs de nos parfums, si nous les vendons aux femmes, c’est pour les aider à donner de la force à leurs maris. »

Et une autre dame, une Guadeloupéenne, me dit en me donnant son feuillet :

— « Nous nous occupons d’aider les familles dans leur adaptation… et ceux qui ont souvent besoin d’accompagnement sont les hommes, parfois perdus devant le nouveau style de vie et le comportement de leurs épouses… et encore plus de leurs enfants qui adoptent les manières, les politesses (vues comme des impolitesses en Afrique) influencées par les écoles et le milieu de vie du Québec. Les maris et les papas sont les premiers désemparés. Pas tous. Mais plusieurs. »

PHOTOS DE L’ÉVÉNEMENT

Éditorial de la Lettre aux Amis du mois de juin 2023

C’est en lui que vous tenez bon (1Cor, 15 1)

J’ai souvent été questionné au sujet de notre choix de vie missionnaire : « pourquoi allez-vous si loin alors que nous manquons de prêtres ici ? » Cette question est plutôt récente, car, au tournant des années 1960, les prêtres étaient nombreux et le nombre de missionnaires canadiens-français avoisinait les 60,000 personnes, femmes et hommes religieux et laïcs.

De nos jours, le nombre de prêtres a beaucoup diminué ainsi que les vocations missionnaires. Pourtant, cet appel missionnaire persiste. Originaire de Beauce, notre confrère Martin Grenier retourne en Afrique, plus précisément au Malawi. En contrepartie, notre confrère Franck Kalala, originaire de la République Démocratique du Congo, est récemment arrivé au Mexique où il s’est mis à l’étude de l’espagnol.

Il en a toujours été ainsi chez les Pères Blancs depuis plus de 150 ans, parfois au prix de leur vie. Zambien d’origine, notre confrère Moses Simukonde, âgé de 35 ans, a perdu la vie tragiquement au moment où il se dirigeait à l’aéroport de Ouagadougou au Burkina Faso. Il a été accidentellement atteint d’une balle perdue, tirée par un militaire. Nous en sommes tous très attristés.

Qu’est-ce qui nous pousse donc à côtoyer le danger en pays étranger, pourquoi nous donner tant de mal à apprendre de nouvelles langues et devoir constamment nous adapter à de nouveaux environnements sociaux ? L’appel missionnaire est plus fort que tout. Il n’est certainement pas rationnel. À vrai dire, il est un élan d’amour pour témoigner de Jésus, de son Évangile, en qui nous tenons bon, comme le souligne l’apôtre Paul.

Malgré toutes les difficultés humaines, la joie est au rendez-vous ainsi que la jeunesse. Nous vous invitons à le découvrir en lisant la revue que vous tenez entre vos mains. Partageons notre espérance et solidarité avec les Sœurs de Saint-Rosaire, maintenant retraitées, qui méritent, elles aussi, de profiter d’un temps de retraite après une longue vie de dévouement.

Bonne lecture,

Père Serge St-Arneault, M.Afr

FEM – nouvelle série de fiction d’Unis TV

Une nouvelle série de fiction est présentement en tournage dans le Grand Montréal pour Unis TV intitulé FEM. Il s’agit d’une nouvelle série de fiction d’Unis TV. Ce drame musical raconte l’histoire de Zav, (Lenni-Kim Lalande) un jeune qui s’interroge sur son identité de genre. Cette série de 10 épisodes de 24 minutes, est une idée originale de Maxime Beauchamp, un jeune artiste franco-ontarien LGBTQ. Produite par Ugo média et réalisée par Marianne Farley, FEM sera diffusée sur Unis TV à l’hiver 2024.

Un musicien en quête de son identité

Dans FEM, prononcé « faime », Zav, un jeune musicien hyperpop de 16 ans, rêve de percer dans l’industrie de la musique. Parallèlement à ce désir, Zav remet en question son identité de genre. Ces questionnements lui font craindre des répercussions sur ses relations avec sa famille et sa communauté franco-ontarienne. C’est pourquoi il utilise les réseaux sociaux pour vivre anonymement sa féminité et partager son art. Toutefois, cette réalité ne pourra demeurer cachée éternellement.

Le terme FEM est l’abréviation du mot « féminin ». Il fait généralement référence à une personne de la communauté LGBTQ qui démontre des comportements stéréotypiquement associés aux femmes. 

Diffusion

Cette série de fiction sera diffusée à l’hiver 2024 sur la chaîne Unis TV incluse dans le forfait télé de base partout au Canada. La série sera également disponible sur TV5Unis. La chaîne Unis TV crée un pont entre les différentes communautés francophones du Canada et met en valeur la richesse et la diversité de la francophonie canadienne.

Scénaristes : Anne-Hélène Prévost, Maxime Beauchamp, William S. Messier, Camille Trudel, Joëlle Bond

Réalisatrice : Marianne Farley

Producteur : Patrick Bilodeau

Les 23 et 24 mai au Centre Afrika

Dix jours après le début du tournage, le Centre Afrika a offert ses locaux aux comédiens, maquilleuses, costumières et autres personnels associés à de cette production. Grâce à sa location, les acteurs et actrices pouvaient ainsi se rendre facilement à pied sur leurs lieux de tournage situés dans le Vieux-Montréal et au parc Lafontaine.

Le tournage de FEM prendra fin vers la mi-juillet. Nous espérons que ce drame fictif portera une semence de bonne nouvelle dans notre monde de plus en plus polarisé.

Patrick Bilodeau et Serge St-Arneault au Centre Afrika, 23 mai 2023

DISCOURS DU DIRECTEUR LORS DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L’AFRIQUE AU CENTRE AFRIKA – 27 MAI 2023

La maison des Missionnaires d’Afrique est heureuse de vous accueillir. En effet, le Centre Afrika a pris naissance dans cette maison en 1988. Au cours de ces 35 dernières années, le Centre Afrika a toujours bénéficié du soutien des Missionnaires d’Afrique. Dix confrères m’ont devancé comme directeur.

Nous avons eu l’immense privilège d’avoir un coordinateur chevronné que plusieurs d’entre vous ont bien connu. Jean-François Bégin a eu le souci de mettre en valeur les talents de nombreux artistes. L’une d’entre elles se nomme Djely Tapa. Un autre que vous connaissez est le balafongiste Adama Daou. Un autre du nom d’artiste RNeuf performe aujourd’hui à Toronto comme guitariste.

Pendant de nombreuses années, le Centre Afrika a développé des liens avec des institutions d’enseignement, des écoles primaires jusqu’aux universités. Nous avons accueilli des classes entières dans nos locaux et partagé notre amour pour l’Afrique. Saandiya Alloui et Jean-Marie Mousenga ont joué un rôle très important dans le service de l’accueil aux nouveaux arrivants. À tous ceux-là, je leur dis du fond du cœur : merci.

La Covid-19 a tout bouleversé

Les activités au Centre Afrika ont pratiquement cessé pendant trois années. Pourtant, les Missionnaires d’Afrique (M.Afr) et les Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique (SMNDA) n’ont jamais cessé de préparer la réouverture du centre qui a finalement eu lieu le 7 janvier dernier.

L’équipe est maintenant composée des Sœurs Monique Bonnefoy et Rita Toutant, de David Gnadouwa, Togolais, de Freddy Kyombo, Congolais de la RDC et Serge St-Arneault, Canadien. Je souligne que sans l’aide des attachés politiques de notre député fédéral Steven Guilbeault, nos deux confrères africains n’auraient pas obtenu leur visa de travail. Nous leur sommes très reconnaissants.

Freddy Kyombo, Serge St-Arneault, Steven Guilbeault, Monique Bonnefoy, Rita Toutant et David Gnadouwa

Nouvelle vision, notre mission

La nouvelle équipe du Centre Afrika s’est mise au travail l’automne dernier pour élaborer une nouvelle vision et définir notre mission. Construisant sur la base de notre expérience de plus de trente ans, nous comprenons qu’il nous est impossible de reproduire ce qui s’est fait dans le passé. Notre réalité n’est plus celle d’avant la pandémie.

Nous sommes heureux de découvrir de nouveaux visages depuis la réouverture du centre. L’existence de nouvelles associations composées de jeunes africains nous réjouit grandement. Notre centre développe aussi de nouveaux partenariats comme celui avec Montréal la Plus Heureuse.

Pendant 14 ans, les Journées Africaines, la plupart d’entre-elles ayant été tenues au Musée du Fier-Monde, ont été des moments décisifs de notre expérience de solidarité grâce aux artisans et artistes. La Journée Mondiale de l’Afrique, que nous célébrons aujourd’hui, nous permet de renouer avec ce désir de vivre ensemble l’interculturalité dans un esprit d’hospitalité solidaire.

De la même manière que la Journée Mondiale de l’Afrique vise à souligner la nécessité de renforcer l’unité et la solidarité des États africains, nous aussi nous désirons favoriser la rencontre des « Afriques » dans leurs diversités, leurs richesses culturelles et spirituelles. Nous voulons promouvoir l’intégration des Africains dans la société québécoise et contribuer au vivre-ensemble harmonieux où les différences deviennent un enrichissement.

En plus d’offrir un service d’orientation pour les nouveaux arrivants, le Centre Afrika souhaite soutenir les initiatives de ses membres et promouvoir des événements facilitant la création de réseaux fraternels et inclusifs. C’est dans cet esprit que le centre promeut le dialogue interculturel et interreligieux. Pour parvenir à ses objectifs, le centre met à votre disposition trois salles spécialement aménagées aux couleurs africaines. Bientôt, grâce à l’aide de professionnels, amis du centre, nous aurons un portail informatique qui nous permettra d’élargir notre réseau au-delà de nos frontières. Notre devise est toujours la même : vivre ensemble l’interculturalité dans un esprit d’hospitalité solidaire. Voulez-vous vous joindre à cette vision ?

Pour y parvenir, nous avons besoin de vous. Nous espérons que les initiatives viendront de vous. Nous souhaitons que le Centre Afrika devienne votre deuxième maison. Pour que cet esprit d’hospitalité solidaire devienne une réalité, nous comptons sur votre générosité. Pour le moment, presque tout repose sur la générosité des frères, des pères et des sœurs qui vivent dans cette maison, incluant le bénévolat des membres de l’équipe du Centre Afrika. La Société des Missionnaires d’Afrique offre aussi les locaux et toutes les autres facilités dont nous avons besoin pour fonctionner. Or, nous avons aussi besoin de votre soutien financier pour constituer un budget de fonctionnement. À cet effet, une boîte pour recueillir vos dons est disponible.

Le thème de la Journée Mondiale de l’Afrique de cette année est de « bâtir une résilience en matière de sécurité nutritionnelle sur le continent africain ». Pour nous aider à réfléchir sur ce thème, nous accueillons à 14h00 deux panélistes. Il s’agit d’Adrienne Deltorto qui a travaillé principalement en Afrique de l’Ouest pendant vingt ans et de Carole Brunet qui nous présentera le fruit de ses recherches dans le domaine des énergies renouvelables en Afrique.

Nous avons aussi la chance d’accueillir le groupe de dance magrébine Tafsut qui performera à 16h30. Nous terminerons la soirée sous les rythmes musicaux africains.

Entre-temps, nous vous invitons à découvrir nos exposants :

DANS LE DOMAINE VESTIMENTAIRE ET LES BIJOUX : ANNE MILAMEN – MANSSILI FACHION – ANNICETTE NOUMBI – AFRIQUE AU FÉMININ – MARIE RENÉE FAYE et EVELYNE

DANS LE DOMAINE COSMÉTIQUE – HUILES ESSENTIELLES : JEANNE FOREST

DANS LE DOMAINE LITTÉRAIRE : ANDRÉ-MAN MBOMBO – JEANNE FOREST – SYLVIE BERGERON et LUCIE COULIBALI

DANS LE DOMAINE DES SERVICES FINANCIERS : PATRICK MULELA

DANS LE DOMAINE DU BIEN-ÊTRE CORPOREL : BIENVENUE VIHO GBEASSOR, THÉRAPEUTE SPÉCIALISÉE EN MASSAGE

DANS LE DOMAINE D’ACTION SOCIALE : MARIO BARD et DANIEL DARGIS

DANS LE DOMAINE DES ŒUVRES D’ART ET ARTISANAT : MOHAMED MOUSSA et MÈRE DU MONDE EN SANTÉ

DANS LE DOMAINE CULINAIRE : PASCALINE – LYNDA – NUTRICHOIX et FANNA CLISKY