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En signe de gratitude envers le soutien des catholiques canadiens, les « Pères Blancs » d’Afrique redonne vie à une église historique de Québec.

Article traduit et publié avec autorisation. Source : Religious News Services — RNS

Les Missionnaires d’Afrique reprendront la gestion de Saint-Roch alors que la communauté catholique de Québec connaît un regain de ferveur religieuse.

Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, à gauche, préside une célébration interculturelle diocésaine annuelle à l’église catholique Saint-Roch, le 12 janvier 2025, à Québec. Cet événement annuel vise à promouvoir l’intégration des nouveaux arrivants. (Photo de Daniel Abel)

Par Victor Gaetan, le 17 décembre 2025

(RNS) — L’église Saint-Roch, la plus grande de Québec, donne son nom à un quartier branché situé au bord du fleuve Saint-Laurent. Autrefois, les chantiers navals attiraient une population catholique ouvrière dans ce secteur. La quatrième église à occuper ce site a été construite en 1811 dans un style architectural médiéval. Cette vaste structure en pierre est toujours aussi imposante, même si elle abrite aujourd’hui un refuge pour sans-abri dans son sous-sol. Plusieurs organisations communautaires y trouvent également refuge. Le dernier prêtre résident de Saint-Roch a quitté il y a 30 ans.

Au cours des dernières années, l’église Saint-Roch n’était ouverte que le dimanche pour la messe, ce qui a suscité des plaintes de la part des visiteurs sur les sites internet touristiques. « Je suis venu un mercredi et j’ai été déçu de voir qu’elle n’était ouverte que quelques heures le dimanche », a écrit l’un d’eux, « j’ai donc raté l’occasion de voir l’intérieur de l’église où mes ancêtres priaient ».

Mais récemment, l’espoir est arrivé sous la forme d’un groupe de prêtres et de frères venus d’un lointain champ missionnaire qui n’a pas grand-chose à voir avec les cafés et les bars gentrifiés du quartier Saint-Roch.

Mercredi 17 décembre, l’archevêque de Québec, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, a annoncé que les Missionnaires d’Afrique s’engageront à temps plein pour assurer une présence pastorale dans le quartier St-Roch. Cette organisation catholique, active depuis 157 ans, se consacre à la justice sociale et à la création de communautés chrétiennes dans les régions sous-développées. Ses premiers membres provenaient d’Europe, mais à partir de 1901, c’est en grande partie des Québécois qui ont grossi ses rangs. « Des centaines de vocations sont venues de Québec pour servir en Afrique. Certains sont encore en vie, bien qu’ils soient désormais âgés et pour la plupart à la retraite », a déclaré Mgr Lacroix au Religion News Service.

En guise de reconnaissance pour l’appui constant du diocèse de Québec, le cardinal a révélé que les Missionnaires d’Afrique, dont le siège central se trouve à Rome, ont proposé de s’établir à nouveau dans la ville québécoise. Le prélat a partagé leur message : « Vous nous avez tellement assistés. Vous nous avez aidés à former des prêtres, à travailler avec les pauvres, à établir des paroisses dans de nombreux pays d’Afrique. Maintenant, nous savons que vous avez besoin d’aide, et nous voulons venir travailler avec vous. Quelles que soient vos requêtes, peu importe l’endroit où que vous ayez besoin de nous, nous sommes à votre disposition. »

Saint-Roch Catholic Church in Quebec City, Quebec. (Image courtesy of Google Maps)

Église catholique Saint-Roch à Québec, Québec. (Image fournie par Google Maps)

En 1868, le cardinal français Charles Lavigerie, alors évêque d’Alger, a établi la Société des Missionnaires d’Afrique qui fut l’une des premières à propager la foi chrétienne en Afrique orientale et occidentale. Le cardinal était une personnalité importante à son époque. Il conseillait l’empereur français Napoléon III ainsi que les papes Pie IX et Léon XIII. Lavigerie brûlait d’un ardent désir d’évangéliser l’Afrique et d’y mettre fin au trafic d’esclaves. Il a payé la libération de milliers de personnes, tout en exerçant des pressions sur le Vatican pour qu’il s’engage plus résolument dans la lutte contre l’esclavage.

Lavigerie vêtait ses prêtres d’une tuniques blanches, qui rappelaient celles des musulmans d’Afrique du Nord. Un chapelet à gros grains alternant noir et blanc, suspendu à leur cou, témoignait de leur appartenance à l’Église catholique. Les missionnaires étaient surnommés « Pères Blancs », la plupart d’entre eux étant effectivement des Européens.

Aujourd’hui, la majorité des Pères Blancs en activité sont Noirs. Ils exercent leur ministère principalement en Afrique, mais aussi au Mexique et en Asie. Alors que de nombreux séminaires en France et au Canada ont fermé leurs portes, des pays comme le Burkina Faso, le Ghana et le Kenya connaissent une affluence remarquable dans leurs écoles de formation. En Ouganda, en 1911, les missionnaires ont établi le premier séminaire catholique moderne au sud du Sahara, qui est resté en activité jusqu’à ce jour.

Le père Barthélémy Bazemo, supérieur provincial des Missionnaires d’Afrique pour les Amériques et établi à Washington, D.C., a confié que des membres de sa congrégation sont aussi impliqués dans deux autres églises. L’une est située à Brooklyn, dans l’État de New York, et l’autre, à Querétaro, au Mexique.

Le recrutement du personnel à Saint-Roch est particulièrement important, car la communauté catholique de Québec connaît un regain de foi. Entre 2023 et 2025, le nombre de baptêmes dans l’archidiocèse a augmenté de plus de 500 % (principalement chez les adultes de moins de 30 ans). La plupart des personnes ayant reçu le baptême sont originaires d’Afrique ou d’Amérique latine. 

« Nous avons beaucoup de migrants, beaucoup de personnes venues de différents pays, et, parmi elles, de nombreux Africains originaires de différents pays », affirme Mgr Lacroix, qui a exercé son ministère en tant que missionnaire en Colombie pendant huit ans lorsqu’il était jeune prêtre. Ces nouvelles vagues de baptêmes représentent pour lui un « signe d’espoir » pour la ville, car « beaucoup de nouveaux arrivants sont fervents, donnent un bon témoignage et nous aident ».

L’immigration est un facteur démographique crucial. En effet, l’immigration permanente a augmenté en 2024 par rapport à 2023, et plus de 15 % des nouveaux résidents permanents provenaient du Cameroun, un pays d’Afrique centrale, selon l’Institut de la statistique du Québec.

« Ce qui me donne beaucoup d’espoir, c’est de voir ce que le Seigneur accomplit, par l’œuvre du Saint-Esprit, dans différentes régions de notre diocèse », a exprimé Mgr Lacroix. « Certaines de nos paroisses sont en pleine croissance. Les jeunes découvrent la foi. Nous voyons apparaître davantage de groupes de jeunes. Cette année, pendant la période de Pâques, nous avons vu le nombre de catéchumènes plus que doubler. » Actuellement, 17 séminaristes étudient à Québec en vue de devenir prêtres.

« Nous avons traversé des années très difficiles. Il reste encore de nombreux défis à relever, mais je vois de l’espoir. Nous avons également plus de séminaristes que nous n’en avons eu au cours de la dernière décennie », a affirmé le prélat.

À l’instar de Lavigerie, qui envoyait des missionnaires par groupes de trois, une équipe de trois missionnaires francophones « sera une présence pastorale et compatissante à Saint-Roch pour les habitants de la basse-ville de Québec, un quartier historique où les besoins sont nombreux. Nous sommes donc très, très heureux. Nous voulions faire cela depuis longtemps, mais nous n’avions tout simplement pas le personnel nécessaire ».

Deux d’entre eux sont nés au Canada et vivent présentement à Montréal : le père Serge St-Arneault et le frère Dennis Walsh. Le troisième, le père Jean-Paul Guibila, a été missionnaire au Congo et a travaillé jusqu’à tout récemment à Rome. Ayant obtenu dernièrement son visa, il devrait arriver au Canada au début du mois de janvier.

Le père Serge St-Arneault dans le bureau des médias chez les Missionnaires d’Afrique à Montréal. (Photo de Victor Gaetan)

Serge St-Arneault a été membre de l’équipe d’animation du Centre Afrika de Montréal depuis 2017. Ce centre fournit un service de conseils adapté aux demandes exprimées par les nouveaux immigrants qui viennent y chercher de l’aide. Le centre met également des salles à la disposition de groupes, comme les chorales ou d’autres associations africaines.

Selon les statuts des Missionnaires d’Afrique, le père Serge a affirmé que lui et ses collègues vivaient simplement. Par conséquent, en ce qui concerne le logement à Québec, il a déclaré : « Ce que le diocèse nous fournira nous conviendra. » (Le presbytère de Saint-Roch a été vendu il y a des années.) « Nous nous sentirons chez nous tant que nous pourrons servir l’Église et répondre aux besoins pastoraux de la communauté. » 

Bathélémy Bazemo, né au Burkina Faso, a déclaré à RNS : « Nous sommes convaincus que nous devons nous ouvrir au ministère dans les pays du Nord. Dans le passé, nous étions tournés vers l’Afrique, mais aujourd’hui, le monde africain a évolué. Notre charisme est nécessaire dans le monde entier ».

Serge St-Arneault, qui a travaillé pendant 25 ans au Congo, au Malawi et en Zambie, a affirmé que l’équipe pastorale nouvellement formée ; « s’incluturera exactement de la même manière que tous les Missionnaires d’Afrique font en Afrique ».

(Victor Gaetan, correspondant senior pour le National Catholic Register, est l’auteur de « God’s Diplomats: Pope Francis, Vatican Diplomacy, and America’s Armageddon » (Les diplomates de Dieu : le pape François, la diplomatie du Vatican et l’Armageddon américain) et contributeur au magazine Foreign Affairs. Les opinions exprimées dans ce commentaire ne reflètent pas nécessairement celles de RNS.)

L’Église se réinvestit dans le quartier Saint-Roch pour contribuer sa revitalisation

Québec, le 16 décembre 2025

Dès le début de l’année 2026, trois intervenants bien spéciaux emménageront dans le quartier Saint-Roch et contribueront à redonner vie à l’église du quartier et ses alentours. Deux prêtres et un frère des Missionnaires d’Afrique (connus autrefois comme les Pères Blancs) s’engageront à temps plein pour assurer une présence pastorale dans le quartier St-Roch. Cela permettra d’ouvrir les portes de l’église Saint-Roch davantage, d’accueillir le tout-venant, d’entretenir des liens avec les organismes communautaires. Après l’installation dans l’église du spectacle Aura de Moment Factory, voilà que la communauté chrétienne contribuera d’une façon renouvelée au dynamisme de ce milieu.

Il y a quelques mois, l’archevêque de Québec a reçu une visite surprenante : la communauté des Missionnaires d’Afrique lui annonçait la disponibilité de trois de ses membres pour rendre service. Leur volonté était de redonner à Québec, cette ville qui a longtemps été le port d’attache au pays de cette communauté, d’où ont émergé des centaines de vocations missionnaires. Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, touché et reconnaissant, a évidemment accepté cette offre. Deux Québécois et un Africain seront donc en service sous peu à Saint-Roch : Serge St-Arneault, natif de Trois-Rivières, Denis Walsh de Valleyfield et Jean-Paul Guibila du Burkina Faso.

Le cardinal Lacroix se réjouit de pouvoir accueillir une communauté qui a une grande expérience missionnaire et qui est reconnue pour son dévouement et son respect de toute personne. « L’église Saint-Roch est un lieu d’accueil, d’accompagnement et de célébration de la foi chrétienne. C’est avec gratitude et grande joie que nous accueillons ces collaborateurs. Je suis convaincu qu’ils s’enracineront dans la Basse-Ville et sauront être une présence au service de la vie et des besoins du milieu. Ils y vivront, ce qui leur permettra de créer des liens autant avec la population qu’avec les nombreux organismes communautaires. »

Le supérieur provincial des Amériques de la communauté, le père Barthélémy Bazémo, raconte le discernement qui a mené à cette offre. « Voilà bientôt 125 ans (1901-2026) que les Missionnaires d’Afrique, communément appelés Pères Blancs, ont été accueillis à Québec, sur la rue des Remparts. Au fil du temps, nous avons vu un signe de l’Esprit de Jésus dans l’accueil chaleureux et enthousiaste des Québécois, qui nous ont témoigné affection et soutien, et dont nous gardons un souvenir précieux. Un siècle plus tard, à la faveur du double jubilé (le jubilé 2025 de l’Église universelle et le bicentenaire de la naissance de notre fondateur, le cardinal Charles Lavigerie), du 350e anniversaire de la fondation de l’Église de Québec, et surtout encouragés par les orientations missionnaires de notre chapitre général de 2022, la province des Amériques de la Société des Missionnaires d’Afrique s’est engagée dans un processus de discernement qui a conduit à l’élaboration d’un projet missionnaire dans l’archidiocèse de Québec. L’équipe pourra répondre aux priorités pastorales de l’archidiocèse, avec une ouverture au dialogue interreligieux, sans oublier le service au nombre croissant d’Africains (étudiants et professionnels) qui s’établissent à Québec et dans la région. »

Il n’y avait pas eu de prêtre à temps plein à Saint-Roch depuis 1995! L’église Saint-Roch fait partie maintenant de la paroisse Sainte-Marie-de-l’Incarnation, qui elle-même appartient à l’unité pastorale Limoilou-Basse-Ville-Vanier. L’équipe d’animation de cette communauté élargie se réjouit de l’arrivée des renforts qui seront dédiés à Saint-Roch, où les besoins sont grands. Fondée en 1868, à Alger, par le cardinal Charles Lavigerie, les Missionnaires d’Afrique ou Pères Blancs sont un institut constitué d’hommes de toutes nationalités, prêts à s’engager dans un style de vie marqué par l’esprit de famille et par le travail en commun.

Source : Église catholique de Québec  

Informations : Valérie Roberge-Dion, Directrice des communications

Courriel : vrd@ecdq.org  

Autre lien

Marc-André Gagnon, Le Journal de Québec, lundi, 15 décembre 2025

Redevenu un secteur difficile, Saint-Roch a besoin d’un « effet tremplin » pour sa relance. Inspiré par Jean-Paul L’Allier, le ministre Jean-François Simard a l’ambition d’en faire « un quartier universitaire » et promet une annonce en ce sens en janvier. 

Mes hommages aux journalistes

Dans un moment d’insomnie la nuit dernière, je me suis remémoré des entrevues que j’ai accordées à des journalistes.  Ce fut encore le cas samedi dernier, 6 décembre 2025, lors de la 36e commémoration de la tragédie de Polytechnique de 1989. Je suis très reconnaissant pour le professionnalisme de tous les journalistes que j’ai eus la chance de rencontrer, comme ce fut le cas avec Geneviève Garon samedi matin à 7 h 30 lors de l’émission D’abord l’info week-end sur RDI.

Photo au studio de RDI : Marilaure Lambert

Honnêtement, je me disais intérieurement que peu de gens regardent une émission de nouvelles si tôt un samedi matin. Tel fut ma surprise de recevoir des messages de téléspectateurs, comme ma cousine Myriam, de Jocelyne, une amie, et d’une inconnue du nom de Diane : « Bonsoir M. St-Arneault. Je prends le temps de vous écrire pour vous dire comment j’ai apprécié votre entrevue ce matin à RDI (…), vous avez donné une entrevue pleine d’espérance. (…) Ce sont avec de merveilleux porte-paroles comme vous qui font avancer les causes qui sont si importantes pour notre société. »

Je suis vraiment reconnaissant envers Geneviève Garon qui a animé notre échange avec beaucoup d’humanisme. Elle a centré ses questions sur ma sœur Annie en me permettant également de souligner notre demande, celle de PolySeSouvient que je représentais, auprès du gouvernement fédéral. Nous demandons des actions concrètes pour mettre en place les mécanismes requis prévus dans leurs propres lois déjà adoptées dans le cadre du retrait complet des armes semi-automatiques de type militaire en libre circulation au Canada.

De fait, je remercie l’ensemble des journalistes que j’ai croisés ces dernières années, francophones et anglophones, qui ont relayé notre message depuis trente-six ans. Je réitère ma reconnaissance envers ces femmes et ces hommes soucieux de diffuser de ‘vraies’ nouvelles basées sur des sources fiables et vérifiables.

J’en énumère ici quelques-uns.

Royal St-Arnaud (Radio Ville-Marie), Réjean Harvey  (radio de CFLM de La Tuque), Michel Scarpino (L’Écho – Haute-Mauricie), Alison Northcott (CBC News), Andy Riga (Gazette), Ben Mussett (Toronto Star), Ben O’Hara Byrne (Global News), Marie Vastel (Le Devoir), Brian Myles (Le Devoir), Francois Gloutnay (Présence Information religieuse et AMéCO), Gilles Petel (Journaliste à la retraite de Radio-Canada), Jean-François Bélanger (Radio-Canada), Kate Malloy (The Hill Times), Kenneth Armstrong (Multimedia Journalist), Levi Garber (Associate Producer – CBC Radio), Rugby Irene Pratka (Journaliste indépendante – Membre AJIQ), Sidhartha Banerjee (La Presse Canadienne), Yves Casgrain (Journaliste indépendant – Spécialisé dans le fait religieux), Audrey Tremblay (Le Nouvelliste), Marc Rochette (Le Nouvelliste), Martin Francoeur (Le Nouvelliste), Brigitte Trahan, (Le Nouvelliste), Sébastien Lacroix (Le Nouvelliste), Zacharie Goudreault, (Le Devoir), Mario Bard (Radio VM), Jean-Philippe Trottier (Radio VM),

MÉDIAS : Windsor Star, Ottawa Citizen, City News Everywhere, Ville de Montréal – Cabinet de la mairesse et du comité exécutif, The Gazette, Toronto Star, Huffpost, La Presse, Le Devoir, Le Nouvelliste, Présence Information religieuse, The Hill Times

BONUS DE DERNIÈRE MINUTE

Merci à Judith Plascencia-Limon, Journaliste à la recherche à Radio-Canada Acadie pour cette entrevue qui a été diffusée samedi matin le 6 décembre 2025.

Porter le ruban blanc serait « hypocrite » de la part de Carney, dit PolySeSouvient

Témoin de la tuerie survenue à Polytechnique, Heidi Rathjen estime que le gouvernement Carney se traîne les pieds en matière de contrôle des armes à feu. (Photo d’archives). Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Valérie Gamache, Info Radio-Canada, 15 novembre 2025

« Environ 2500 marques et modèles sont interdits au Canada, mais le gouvernement Carney, tout comme son prédécesseur, refuse d’inclure dans son programme de rachat la carabine semi-automatique SKS. (…)

Le projet pilote est terminé et au cabinet du ministre de la Sécurité publique, on espère déployer le programme de rachat des armes prohibées à l’échelle du pays d’ici Noël. Mais avant de l’étendre, on n’écarte pas la possibilité d’y apporter certains ajustements. Ce serait une occasion à saisir, selon les militants pour le contrôle des armes à feu. On a perdu beaucoup de batailles, mais on est toujours combatifs et notre objectif, c’est de gagner la guerre contre la guerre, parce que ‘ce sont des armes de guerre, rappelle Serge St-Arneault. »

« Le premier ministre du Canada, Mark Carney, et les membres de son caucus pourraient bien ne pas être les bienvenus aux cérémonies de commémoration de la tuerie survenue à Polytechnique, le 6 décembre prochain, s’ils ne tiennent pas leurs promesses en matière de contrôle des armes à feu d’ici là. » Heidi Rathjen

LIENS :

L’Actualité :

PolySeSouvient réclame qu’Ottawa interdise complètement les armes d’assaut

Toronto Star:

Gun control group warns of Liberal ‘inaction’ ahead of Polytechnique anniversary

The letter to Carney says “it would be disingenuous and even hypocritical for you and your Liberal caucus MPs to wear white ribbons or to participate in memorial events across Canada commemorating the victims of the femicides at Polytechnique,” given the remaining work to be done.

This report by The Canadian Press was first published Nov. 15, 2025.

Montréal 2024 – Au-delà du Festival

Par Jazz Police, 21 mai 2025 avec autorisation de traduction et publication.

Cet article a d’abord paru dans la revue « Jazz Police ».

Chaque été, pendant le Festival International de Jazz de Montréal, la ville s’anime d’une foule d’événements musicaux qui se poursuivent bien après la fin du festival. L’un d’eux a eu lieu le dimanche 30 juin 2024.

Le professeur Norman Cornett, expert renommé en études religieuses et amateur d’art, est également passionné de musique. Il a récemment organisé une messe inspirée du jazz ainsi qu’une exposition artistique intitulée « Jjaazexpo » au Centre Afrika. Cette organisation caritative aide les nouveaux arrivants africains à s’intégrer dans la communauté montréalaise. Le bâtiment abrite également des missionnaires à la retraite. Pour en savoir plus, veuillez consulter le site web : www.centreafrika.com.

Professeur Norman Cornett © Kevin R. Mason

Le professeur Cornett a abordé la question de la diversité, notant que les membres du public venaient de divers horizons culturels et parlaient différentes langues. Il a exprimé sa gratitude envers le public pour l’accueil chaleureux réservé à l’exposition. Il a expliqué que celle-ci avait été conçue en collaboration avec des artistes originaires de tous les coins du globe. Le thème central de la messe de jazz et de l’exposition était l’exploration de la relation entre le jazz et la spiritualité.

Père Serge St-Arneault © Kevin R. Mason

Pendant la cérémonie, le père Serge St-Arneault, qui présidait, a expliqué que le style musical choisi, le jazz, mettait l’accent sur l’improvisation. Par conséquent, il n’était pas impossible qu’il y eût des improvisations durant cette messe. Il a aussi abordé l’importance de l’harmonie dans les arts et la musique, ainsi que la puissance de la prière.

Susie Arioli © Kevin R. Mason

En 2009, la diva du jazz, Susie Arioli, a été récompensée du prix Oscar Peterson lors Festival International de Jazz de Montréal. Ce prestigieux prix met en lumière les artistes qui ont marqué de leur empreinte l’essor du jazz canadien. Pour débuter sa performance, elle a entonné avec brio et sans accompagnement musical, la célèbre chanson « Stormy Weather ».

Ensuite, on a diffusé un diaporama, suivi d’un hymne magnifique célébrant la bonté de Jésus-Christ, sa miséricorde pour les humains. La cérémonie s’est continuée avec une performance inspirée d’un rituel congolais. Un chant captivant en swahili, « Sifa Kwa Mungu », qui se traduit par « Gloire à Dieu », a retenti, ainsi que des danses entraînantes. Finalement, le père St-Arneault a conclu la séance par une fervente prière.

Le professeur Cornett a lu avec beaucoup d’émotion le psaume 30. Par la suite, le père St-Arneault a présenté l’écrivain et poète H. Nigel Thomas, qui a exprimé sa gratitude envers le professeur Cornett pour avoir organisé cette rencontre. Il a débuté avec le poème « They Call It Human », puis il a enchaîné avec « Apartheid ».

 Dr. H. Nigel Thomas. © Kevin R. Mason

Il a affirmé que l’apartheid semblait prendre fin vers le milieu des années 1990, mais il a remarqué que, malheureusement, nous en sommes à nouveau témoins dans certaines tragédies actuelles à travers le monde. Son poème, intitulé « I Am Not Your Negro », est une référence au long métrage éponyme réalisé par Raoul Peck, qui met en scène les écrits de James Baldwin. Ses performances poétiques étaient remarquables, suscitant profondeur et réflexion.

Le père Cornett a lu un extrait de la deuxième épître aux Corinthiens, au chapitre 8. Il a ensuite demandé au père St-Arneault de lire l’Évangile en anglais et en français, avec des « Alléluia » entonnés à intervalles réguliers. Le père St-Arneault a également abordé des préoccupations mondiales telles que le changement climatique, en soulignant que Jésus avait vécu à une époque difficile, marquée par la violence et les conflits.

Il a souligné que la mission de Jésus consiste à nous élever, et qu’il est crucial pour nous de saisir l’importance du pardon des fautes. Les chrétiens doivent demeurer fermes dans leur foi en dépit des perturbations et des angoisses qui assaillent le monde. Il a affirmé que notre mission consiste à nous apporter mutuellement du soutien, à tendre la main aux gens avec confiance, et à nous relever lorsque nous tombons. Malheureusement, notre foi se trouve trop souvent endormie, il est donc crucial que nous la ramenions à la vie. Il a demandé aux personnes présentes de partager leurs prières et la plupart d’entre elles étaient des prières pour la paix.

Le professeur Cornett a invité à nouveau Susie Arioli, déclarant : « C’est vraiment du jazz, à bien des égards. » Avant de reprendre le microphone pour une seconde chanson, Arioli a partagé son point de vue selon lequel, si les hommes abandonnent leur domination, nous pourrions tous communiquer harmonieusement. Elle a ensuite chanté une merveilleuse ballade intitulée « Now I Know », avec une touche de jazz captivante.

Père Serge St-Arneault prepares communion © Kevin R. Mason

Le père St-Arneault a conduit les participants dans la prière eucharistique et il a conduit l’auditoire dans la récitation du « Notre Père » en déclarant : « Nous formons une seule entité, car nous partageons un lien spirituel profond. » Ensuite, M. St-Arneault a offert le pain consacré à l’assemblée.

 Père St-Arneault & Rev. Joseph Tuitt © Kevin R. Mason

M. Cornett a chaleureusement accueilli Susie Arioli pour une troisième prestation en soulignant que chanter a cappella, c’est tout mettre en jeu, sans aucun accompagnement musical. Arioli a interprété « Spring », imprégnant la chanson d’une énergie dynamique. Le révérend Joseph Tuitt, un photographe américain couvrant le Festival International de Jazz de Montréal (FIJM), a eu l’honneur d’offrir une bénédiction pour conclure l’événement.

Avant de commencer, il a exprimé sa gratitude envers ceux qui l’ont invité. Il a profité de cette occasion pour exhorter tous ceux présents à remplir leurs cœurs de foi en passant une belle journée. De plus, il les a exhortés à admirer les chefs-d’œuvre artistiques exposés, car, selon lui, l’art constitue une forme d’expression spirituelle matérialisée.

Inauguration officielle de la Place des Montréalaises, Montréal, 16 mai 2025

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Nous attendons le dévoilement officiel de la Place des Montréalaises depuis septembre 2018. Après plusieurs reports, le jour tant attendu a eu lieu ce matin.

Mon confrère Julien Cormier m’accompagne. Il a très bien connu ma sœur Annie à la fin des années 70. Il a pris une photo d’une affiche électronique dans la station de métro Champ-de-Mars, tout juste à côté du CHUM, qui illustre l’endroit où a lieu l’événement. Un soleil de plomb nous tombe dessus bien avant 10h00. Il y a encore peu de monde. Pour cette occasion, je porte une chemise qui m’a été offerte par une amie burkinabé, Lucie Coulibaly, en solidarité avec le peuple du Burkina Faso.

Les journalistes et caméramans s’installent vers la pointe sud de la place. J’y retrouve Heidi Rathjen, coordinatrice de PolySeSouvient.

Quelques minutes plus tard, Catherine Bergeron, Jim Edward et Nathalie Provost nous rejoignent pour une prise photo.

Presque trente-cinq ans se sont déroulés depuis la tragédie du 6 décembre 1989 à la Polytechnique de Montréal. Aujourd’hui, en plus de sept illustres femmes qui ont profondément marqué l’histoire de Montréal, les quatorze victimes du féminicide de la Poly figurent également sur le monument qui leur est dédié. Celui-ci est un imposant miroir.

Noms de 7 pionnières de la métropole, issues de différents domaines et différentes époques :

  • Myra Cree (1937-2005) – Culture et communications – autochtone d’origine mohawk qui s’est démarquée dans le domaine des communications, notamment en devenant la première femme à occuper le poste de chef d’antenne au Téléjournal de Radio-Canada.
  • Jessie Maxwell-Smith (1920-2000) – Éducation et développement social – enseignante de la Petite-Bourgogne qui a contribué à ce que la communauté noire de Montréal ait accès à une éducation de qualité.
  • Agnès Vautier (1896-1976) – Sports et loisirs – hockeyeuse du Western de Montréal, l’équipe imbattable en 1917.
  • Ida Roth Steinberg (1885-1942) – Affaires et économie – femme d’affaires, immigrante juive Hongroise, qui a fondé à Montréal la première épicerie Steinberg.
  • Idola Saint-Jean (1880-1945) – Démocratie et société – féministe québécoise, militante pour le droit de vote des femmes.
  • Harriet Brooks (1876-1933) – Sciences et éducation – première physicienne nucléaire canadienne.
  • Jeanne Mance (1606-1673) – Santé et administration – Fondatrice de Montréal.

Inauguration de la place des Montréalaises et de la place Marie-Josèphe-Angélique. La cérémonie a débuté vers 11h00 avec l’arrivée de la mairesse Valérie Plante et de plusieurs femmes marquantes, dont Yvette Bonny, Elisapie Isaac, France Charbonneau, Léa Cousineau, Kim Thúy et Lesley Chesterman. Elles avaient reçu plus tôt les insignes de l’Ordre de Montréal. Pauline Marois et Janette Bertrand ont également reçu cette distinction main n’étaient pas présentes au moment de la cérémonie.

La conceptrice du projet, Patricia Lussier, architecte paysagiste chez Lemay, accompagnait également ces femmes.

Le miroir Situés près de l’avenue Viger-Est, des noms sont gravés dans un immense miroir, illustrant d’un côté « le talent de sept pionnières » et, de l’autre, « 14 femmes à qui on a volé la vie. » (Mme Plante)

Que dire de plus ?

Tout en reconnaissant l’importante contribution des femmes qui ont façonné notre société, il me semble que cet événement s’inscrit parfaitement dans le prolongement de nos efforts pour dénoncer le féminicide.

À ce titre, PolySeSouvient, composé de femmes et d’hommes, de sœurs et frères, de mères et pères, d’étudiantes et étudiants de deux et même trois générations, espère vivement voir l’aboutissement de sa lutte pour un meilleur contrôle des armes à feu au Canada, incluant le bannissement complet de la vente et possession d’armes d’assaut de type militaire.

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Un meilleur contrôle des armes à feu commence avec le bulletin de vote

POINT DE VUE / Alors que les électeurs se rendent aux urnes pour élire le prochain gouvernement fédéral, la sécurité de nos communautés et la prévention des fusillades de masse, des féminicides et des suicides sont des enjeux électoraux majeurs.

Heidi Rathjen, Diplômée de Polytechnique et coordonnatrice de PolySeSouvient

Serge St-Arneault, Frère d’Annie St-Arneault (décédée en 1989 à Polytechnique)

La semaine dernière, PolySeSouvient a partagé avec les Canadiens son analyse des actions et promesses des partis politiques. Le collectif estime que les mesures essentielles de contrôle des armes à feu ont le plus de chances d’être réalisées sous un prochain gouvernement libéral.

En tant que chef libéral, M. Carney a promis d’achever le programme de rachat des armes d’assaut. Il a également promis de mettre en œuvre les mesures adoptées dans le cadre du projet de loi C-21, dont la révocation automatique du permis de possession d’arme d’une personne trouvée coupable de crimes violents ou qui fait l’objet d’une ordonnance de protection liée à la violence conjugale ou au harcèlement criminel. Il s’est également engagé à améliorer la capacité de la GRC à tracer les armes utilisées pour commettre des crimes.

En revanche, le leader conservateur, M. Poilievre, a promis d’abroger toutes les mesures de contrôle des armes adoptées par le gouvernement Trudeau. Cela inclut la loi C-21 qui retire automatiquement les armes à feu aux agresseurs conjugaux et gèle les ventes d’armes de poing, ainsi que le projet de loi C-71 qui rétablit les registres de ventes commerciales et exige la vérification du permis d’un acheteur potentiel.

Plus inquiétant encore, M. Poilievre – qui a voté contre toutes les mesures de contrôle des armes depuis qu’il a été élu député il y a 21 ans – s’est engagé à annuler l’interdiction des armes d’assaut qu’il qualifie de simples «fusils de chasse». Ces armes posent indéniablement un danger majeur pour la sécurité publique. Notons que les chasseurs ont encore le choix entre près de 20 000 modèles de carabines et de fusils qui demeurent légaux.

Le leader conservateur propose aussi une tolérance zéro envers les activités illicites, y compris la prison à vie pour cinq chefs d’accusation ou plus d’importation ou d’exportation de dix armes à feu illégales ou plus, de même que «la Loi des trois coups» à l’américaine. Bien qu’un châtiment approprié soit un objectif louable, des peines plus sévères ne découragent généralement pas la criminalité, en particulier dans les cas de crimes passionnels, tels les homicides conjugaux, ou de crimes motivés par la haine, comme les tueries de masse qui se terminent souvent par un suicide.

La prévention devrait être la priorité absolue, et non la punition, qui arrive après que le mal est fait.

Si le problème du trafic d’armes dans les grands centres urbains comme Toronto est réel et mérite l’attention des autorités, les données probantes montrent que, à travers le pays, la plupart des armes saisies par la police et jusqu’à la moitié des armes à feu utilisées dans les homicides ont été obtenues légalement au Canada. Les conservateurs citent constamment des statistiques sur la criminalité urbaine, mais ils passent sous silence les homicides ruraux, les meurtres familiaux, les fusillades de masse et les suicides par balles.

Comme c’est le cas pour la plupart des fusillades de masse, les tireurs à Polytechnique, à Concordia, à Dawson et dans le cadre des deux massacres dont M. Poilievre a parlé au cours du débat des chefs de jeudi dernier (pour justifier l’utilisation de la clause dérogatoire sur les peines consécutives) possédaient tous légalement les armes qu’ils utilisaient. Il s’agit des événements survenus à la mosquée de Québec et des meurtres de trois agents de la GRC à Moncton.

Le gouvernement doit à la fois s’attaquer au marché illégal et empêcher la mauvaise utilisation des armes légales.

Les électeurs soucieux de la sécurité publique devraient réfléchir attentivement à leurs choix, compte tenu des deux approches radicalement différentes proposées pour lutter contre la violence par armes à feu.

LIENS

À Montréal, un autre combat

Plus de 800 kilomètres séparent la ville de Timmins, dans le nord de l’Ontario, et Montréal, là où est survenu le féminicide de Polytechnique en 1989. Quatorze femmes y avaient perdu la vie.

Deux survivantes de la tuerie – Nathalie Provost, candidate libérale dans Châteauguay–Les Jardins-de-Napierville, et Heidi Rathjen, porte-parole de PolySeSouvient – militent depuis pour le contrôle des armes à feu afin d’éviter d’autres tueries de masse.

PolySeSouvient estime que ses demandes ont de meilleures chances de se concrétiser sous un gouvernement libéral et qu’un vote pour le Bloc québécois garantirait « un appui important de la part d’au moins un parti d’opposition ». Le groupe note que le Nouveau Parti démocratique (NPD) a joué sur les deux tableaux lors de la dernière session législative. L’ensemble du caucus a finalement voté pour la loi C-21 après qu’elle eut été modifiée.

Conférence de presse de PolySeSouvient du 15 avril 2025

LOIC GOYETTE

Bonjour,

Merci à tous d’être ici aujourd’hui. Je suis Loïc Goyette, président de l’Association des étudiants et étudiantes de Polytechnique et porte-parole du Mouvement étudiant PAS_ICI, accompagnés dans la salle par les représentants de la Confédération pour le rayonnement étudiant en ingénierie au Québec (CRÉIQ) et de l’Union étudiante du Québec (UÉQ).

Malheureusement mon confrère Gabriel Comby, vice-président aux affaires externes de l’AEP, a dû s’absenter à cause d’une urgence familiale. Je parlerai donc au nom de l’AEP et du Mouvement étudiant PAS_ICI, qui regroupe 17 associations étudiantes à travers le Canada réunissant plus de 250 000 étudiantes et étudiants.

Le 6 décembre dernier marquait les 35 ans du féminicide de Polytechnique Montréal, au cours duquel 14 femmes furent tuées par un homme armé parce qu’elles étaient des femmes.

Immédiatement après ce tragique événement, l’AEP et la communauté étudiante de Polytechnique se sont engagées fermement, avec des familles de victimes ainsi que d’autres acteurs de la société civile, pour faire bannir les armes d’assaut au Canada. Ces armes, faites pour tuer le plus grand nombre de personnes le plus rapidement possible, n’ont pas leur place dans nos communautés.

Nous voyons malheureusement trop souvent, avec les tragédies ayant lieu jour après jour aux États-Unis, ce qu’un accès facile aux armes d’assaut peut occasionner. Une école, un cégep ou une université est censé être un lieu de partage de la connaissance, d’apprentissage et de camaraderie, pas un lieu de danger. Il est inacceptable que les personnes étudiantes craignent pour leur vie dans leur lieu d’enseignement.

C’est pour cela que des mesures fortes doivent être prises pour assurer la protection de nos communautés, entre autres en retirant les armes d’assaut de la circulation.

« Au cours de ces 35 années, les étudiants de Polytechnique et autres associations étudiantes sont joints aux diplômés de l’époque pour lutter pour cet objectif. Aujourd’hui, nous pouvons dire que nous avons fait la moitié du chemin, avec la prohibition de presque tous les modèles d’armes d’assaut existants. La seconde moitié, c’est-à-dire le retrait de ces armes de la circulation, est un enjeu clé dans cette élection. »

Nous demandons aussi que le prochain gouvernement se dote d’un système de préautorisation des armes à feu avant qu’elles ne rentrent sur le marché canadien. Il est absolument inacceptable que des armes techniquement prohibées se retrouvent en vente sur le marché canadien en tant qu’armes sans restriction due à des erreurs de classification faites par leurs manufacturiers ou importateurs.

Nous attendons aussi depuis longtemps que les chargeurs à grande capacité soient réellement interdits. Trop d’exceptions et d’échappatoires rendent les limites théoriques risibles.

Les victimes du massacre à Polytechnique n’ont pas été choisies au hasard: elles ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes. Il s’agit de féminicides. La loi C-21, adoptée en 2023, contient plusieurs mesures importantes pour la protection des femmes, notamment l’interdiction automatique de posséder des armes pour une personne visée par une ordonnance de protection liée à la violence conjugale. Or, cette mesure n’est pas en vigueur, faute de réglementation habilitante. Nous demandons donc que ces mesures entrent en vigueur le plus rapidement possible.

Aujourd’hui, nous sommes à une véritable croisée des chemins en matière de contrôle des armes. Si le gouvernement entrant ne met pas en place ces mesures, nous sommes à risque de perdre tous les progrès des dernières années. L’enjeu est aussi réel aujourd’hui qu’il y a 35 ans: les tueries de masse de Fredericton en 2018, de Nouvelle-Écosse en 2020 et les nombreuses victimes de tous ces événements tragiques en sont un rappel douloureux.

C’est pourquoi nous sommes heureux de mettre en lumière les actions et les promesses de tous les partis politiques canadiens sur la question du contrôle des armes, et d’inviter les Canadiens soucieux de la sécurité publique à prendre en considération ces informations lorsqu’ils décideront quel parti représente le mieux leurs valeurs et points de vue en lien avec le contrôle des armes. »

SERGE ST-ARNEAULT

C’est en mémoire de ma sœur Annie St-Arneault et des treize autres victimes que je suis ici pour représenter d’autres membres des familles des victimes – bien que nous sommes de moins en moins nombreux au fil des décennies depuis la tragédie à Polytechnique.

Plus que jamais, les élections fédérales qui ont lieu en ce moment détermineront le sort du contrôle des armes au Canada pour les prochaines décennies. Ayant perdu un être cher dans le cadre d’une violence extrême résultant de l’accès légal à une arme d’assaut, j’invite tous les Canadiens à accorder une attention particulière aux engagements des partis politiques sur la question. 

HEIDI RATHJEN

Sur la base d’une analyse approfondie des réalisations, activités et engagements des partis entre 2021 et 2025, voici l’évaluation de PolySeSouvient quant à la performance de chaque parti en matière de contrôle des armes :

Parti conservateur

Le Parti conservateur n’a pas répondu à notre enquête multipartite sur le contrôle des armes à feu. Cependant, son chef et ses députés ont été très clairs au cours des quatre dernières années quant à leur position sur le contrôle des armes à feu. Le Parti conservateur parle du « droit » (inexistant) des Canadiens de posséder des armes à feu et s’est opposé à toutes les mesures introduites par le gouvernement Trudeau. Le chef du parti, Pierre Poilievre, a également passé les dernières années à dénaturer l’interdiction libérale des armes d’assaut, la qualifiant de « prise d’armes » (« gun grab »), disant aux foules que les libéraux cherchent à « interdire les fusils de chasse » et répétant la rhétorique du lobby des armes qui limite « tous les crimes commis avec des armes à feu » à la contrebande d’armes à feu.

Pourtant, les armes d’assaut que les Conservateurs appellent des « fusils de chasse » et souhaitent rendre légales de nouveau sont des armes de « conception tactique/militaire avec un chargeur de grande capacité […dont le] caractère mortel inhérent les rend impropres à un usage civil et constitue une menace sérieuse pour la sécurité publique », comme le tristement célèbre AR-15. Malgré les récentes prohibitions, les chasseurs ont toujours accès à près de 20 000 modèles de fusils et carabines légaux.

Poilievre a explicitement promis d’abroger toutes les mesures de contrôle des armes adoptées par les libéraux, y compris le projet de loi C-21 (qui retire les armes à feu des agresseurs domestiques et gèle les ventes d’armes de poing), le projet de loi C-71 (qui rétablit les registres des ventes commerciales et oblige la vérification du permis d’un acheteur potentiel) et la prohibition d’armes d’assaut.

Parti libéral

Bien qu’il ait initialement mal géré le dossier des armes d’assaut et qu’il ait permis des retards indéfendables dans la mise en œuvre du projet de loi C-21, le Parti libéral a ultimement réalisé des améliorations majeures et concrètes en termes de contrôle des armes et, ce, sur plusieurs fronts : (1) l’interdiction de presque tous les modèles d’armes d’assaut, (2) l’introduction de mesures révolutionnaires pour protéger les victimes de violence conjugale, (3) un gel sur les ventes d’armes de poing et (4) la mise en place de nouvelles mesures pour lutter contre le trafic illégal.

Le Parti libéral promet de respecter les principaux engagements pris par le passé : (1) le rachat tant attendu des armes prohibées, (2) la recherche d’une solution concernant la classification du modèle SKS et (3) la mise en œuvre des mesures en suspens, y compris celles qui attendent un règlement d’application (ex. : concernant la violence domestique) ou celles qui ont été promises, mais qui n’ont pas encore été livrées (ex. : veiller à ce que la GRC et non les manufacturiers et importateurs américains détermine la classification des nouveaux modèles, veiller à ce que les chargeurs ne puissent pas être modifiés pour contenir plus de cinq cartouches, et combler les lacunes concernant l’exemption olympique du gel sur les ventes d’armes de poing).

Bloc Québécois

Le Bloc Québécois a généralement appuyé tous les efforts du gouvernement, y compris le projet de loi C-21 et l’interdiction des armes d’assaut. Le porte-parole en matière de sécurité publique a fait un travail rigoureux pour améliorer le projet de loi en comité. Contrairement à tous les autres partis, le Bloc Québécois a appuyé les groupes de femmes en votant contre la mesure « ex-parte » qui, selon eux, pourrait nuire aux femmes (la mesure a été adoptée).

Le parti promet d’appuyer les mesures en suspens, comme la mise en œuvre rapide de C-21, l’interdiction des chargeurs modifiables et un système garantissant que la GRC – et non l’industrie – détermine la classification des nouveaux modèles, en plus d’aborder la question de la classification du modèle SKS.

Nouveau Parti Démocratique

Alors que le NPD avait promis d’appuyer l’interdiction des armes d’assaut et une certaine forme d’interdiction des armes de poing, ses actions à l’étape du comité parlementaire ont été l’opposé. Les deux porte-parole du NPD en matière de sécurité publique ont activement saboté les tentatives des libéraux d’inclure une telle interdiction dans le projet de loi C-21, s’attribuant même le mérite du retrait des amendements à cet effet. Ils ont également fait pression pour exempter l’ensemble des « tireurs pratiques » du gel des achats d’armes de poing, ce qui aurait essentiellement annulé le gel, s’attirant les félicitations du lobby des armes.

Ainsi, les promesses du NPD d’achever le rachat des armes prohibées – pour lesquelles ils se sont battus afin qu’elles demeurent légales – et d’empêcher les échappatoires liées à l’exemption olympique en lien avec le gel des armes de poing n’ont pas de crédibilité.

Toutefois, le parti promet d’achever rapidement la mise en œuvre de la loi C-21, d’éliminer les exemptions et les échappatoires qui contrecarrent les restrictions sur la capacité des chargeurs et d’empêcher les fabricants de contourner les règles de classification des armes à feu.

Pour conclure :

« Les Canadiens qui se rangent du côté du lobby des armes et de son idéologie qui veut que la possession d’armes soit un ‘droit’ ont un choix clair : c’est le Parti conservateur. Pour ceux qui veulent que des armes d’assaut semi-automatiques de type militaire soient de nouveau rendues légalement accessibles aux citoyens ordinaires et qui veulent se débarrasser de mesures de sécurité, telles que le retrait automatique des armes à feu aux agresseurs domestiques et la vérification par les vendeurs de la validité du permis d’un acheteur potentiel, le Parti conservateur est le parti pour vous.

Bien que les quatre autres partis se soient engagés à compléter le rachat des armes d’assaut et à mettre en œuvre les mesures en suspens du projet de loi C-21, nous croyons, sur la base des actions passées, que seuls les engagements à cet effet des libéraux, des bloquistes et des verts sont crédibles.

Étant donné que les libéraux ont adopté trois décrets historiques interdisant quelque deux mille modèles d’armes d’assaut (et ce, malgré une opposition massive et une campagne de désinformation extrêmement efficace), qu’ils ont institué un gel sur l’achat de nouvelles armes de poing et qu’ils ont adopté des mesures qui changent la donne en termes de protection pour les femmes et les enfants contre la violence armée, PolySeSouvient croit que les mesures essentielles de contrôle des armes en suspens (retirer les armes d’assaut prohibées de la circulation, interdire les chargeurs de grande capacité et mettre en œuvre les mesures relatives à la violence conjugale) ont les meilleures chances de se concrétiser sous un nouveau gouvernement libéral.

Cela dit, un vote pour le Bloc Québécois garantira un appui important de la part d’au moins un parti d’opposition ».

LIENS

PolySeSouvient says Liberals, Bloc Québécois are Canada’s best options for gun control, by News Staff Posted April 15, 2025

Liberals most likely to deliver on gun control, says PolySeSouvient, Jim Bronskill Tue, April 15, 2025

PolySeSouvient vante le bilan libéral en matière de contrôle des armes à feu, Jim Bronskill – La Presse canadienne à Ottawa

AUTRE LIEN

Interdire les armes d’assaut au Canada avant qu’il ne soit trop tard

La mairesse de Montréal, PolySeSouvient et des survivantes de la tragédie de Polytechnique exigent une intervention immédiate du gouvernement du Canada pour compléter l’interdiction des armes d’assaut avant qu’il ne soit trop tard

Nouvelles fournies par la Ville de Montréal – Cabinet de la mairesse et du comité exécutif 

19 novembre 2024

MONTRÉAL, le 19 nov. 2024 /CNW/ – La mairesse de Montréal, Valérie Plante, PolySeSouvient et des survivantes de la tragédie de Polytechnique demandent au gouvernement du Canada d’intervenir rapidement afin d’assurer un meilleur contrôle des armes à feu au pays, plus spécifiquement en vue d’interdire les armes de style militaire. La mairesse était accompagnée, pour l’occasion, de Nathalie Provost, blessée lors du féminicide de 1989 à l’École Polytechnique et principale porte-parole de PolySeSouvient, Heidi Rathjen, témoin de la tuerie et coordonnatrice de PolySeSouvient, Serge St-Arneault, représentant des familles des victimes membres du collectif, ainsi que plusieurs représentants d’associations étudiantes ayant milité pour le contrôle des armes.

« Près de 35 ans après la tragédie de Polytechnique, le gouvernement du Canada doit toujours imposer un contrôle plus ferme des armes à feu au pays. Ottawa a fait un pas dans la bonne direction en prohibant quelque 1 500 modèles, mais des centaines de modèles militaires sont encore exemptés pour des raisons arbitraires. Le gouvernement doit mettre en place des contrôles supplémentaires des armes à feu et participer activement, avec les provinces, à la lutte contre le trafic d’armes prohibées ou illégales, et contribuer à la sécurité de toute la population », a déclaré la mairesse, Valérie Plante.

« Lors de chaque anniversaire, nous nous souvenons de nos consœurs disparues pour honorer leur mémoire et ne jamais oublier leurs sourires, leurs espoirs et leur amour de la vie. Et, comme chaque année, nous ferons le bilan en lien avec le devoir de mémoire découlant de cette tragédie, celui qui comprend entre autres un meilleur contrôle des armes. Cette année, lors du dernier anniversaire avant les prochaines élections fédérales, nous miserons surtout sur l’interdiction des armes d’assaut, qui a été promise aux familles et aux Canadiens trois élections de suite. Mais avec des élections qui pourraient être déclenchées à tout moment, il est minuit moins une à cause du peu de temps qui reste pour compléter le rachat de l’ensemble des armes d’assaut en circulation, alors que des centaines de modèles n’ont pas encore été prohibés », a soutenu Nathalie Provost, survivante et principale porte-parole du collectif PolySeSouvient.

Comme toute métropole, Montréal n’échappe pas à certaines réalités des grands centres urbains. Les tragédies de Polytechnique, de Concordia et de Dawson en témoignent. Depuis 2021, Montréal fait également face au fléau des violences armées. La mairesse rappelle que la sécurité en ville est un élément clé pour garantir d’autres droits, dont la liberté et de l’égalité.

« Chaque jour, la Ville de Montréal travaille à offrir des milieux de vie sécuritaires. Bien que la Ville et le SPVM travaillent quotidiennement à prévenir la violence liée aux armes à feu, les décisions en cette matière demeurent de juridiction fédérale. Montréal assure un leadership sur son territoire, notamment en appliquant les lois édictées par le gouvernement du Canada, mais, à elle seule, la Ville ne peut enrayer le fléau et les conséquences qui découlent de l’utilisation et de la circulation des armes à feu », a ajouté Alain Vaillancourt, responsable de la sécurité publique au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Tout en saluant les avancées réalisées par le gouvernement du Canada, la mairesse Plante estime que le combat pour un meilleur contrôle des armes à feu doit se poursuivre, 35 ans après les événements tragiques de Polytechnique, le 6 décembre 1989, notamment pour répondre à la première demande de la population étudiante de Polytechnique à l’époque, soit d’interdire les armes d’assaut. La pétition des étudiantes et des étudiants qui réclamait cette mesure et qui a récolté plus d’un demi-million de signatures avait été endossée par le maire Jean Doré, en 1990.

En dépit des gains significatifs obtenus par PolySeSouvient, la mairesse Plante estime que le combat pour un meilleur contrôle des armes à feu doit se poursuivre, 35 ans après les événements tragiques de Polytechnique, le 6 décembre 1989.

« Je demande au gouvernement du Canada de remettre à l’ordre du jour l’enjeu de la sécurité urbaine, qui nous concerne toutes et tous. Le gouvernement doit assumer ses responsabilités en matière de contrôle des armes à feu. Cela est nécessaire afin de contrer les tueries de masse et toute forme de violence armée au sein de nos collectivités », a conclu la responsable de la diversité, de l’inclusion sociale, de l’accessibilité universelle, de la condition féminine, de la jeunesse et des personnes aînées, Josefina Blanco.

PHOTOS : VDM – ANNONCE CONTRÔLE DES ARMES À FEU

Photographe : Yvens B. Tel. : 514-652-8315. Still & Motion Creator www.YvensB.cowww.instagram.com/YvensB

SOURCE : Ville de Montréal – Cabinet de la mairesse et du comité exécutif

Source : Simon Charron, Attaché de presse, Cabinet de la mairesse et du comité exécutif de Montréal, 438 864-368, simon.charron@montreal.ca; Renseignements : Direction des affaires publiques et du protocole, Ville de Montréal, relationsmedias@montreal.ca

LIENS :

Notre demande, qui reflète le vœu de la majorité des Canadiens, a été entendu à travers le pays :
Presse canadienne :
https://lactualite.com/actualites/valerie-plante-exhorte-ottawa-a-terminer-la-liste-des-armes-dassaut-interdites/
Canadian Press (multiples publications) :
https://www.thestar.com/news/canada/quebec/montreal-mayor-supports-polytechnique-survivors-call-for-complete-assaultweapon-ban/article_29d87929-7d5e-5ae1-880f-869dc2e52960.html
La Presse :
https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2024-11-19/armes-d-assaut/montreal-reclame-a-ottawa-d-aller-jusqu-aubout.php
Noovo :
https://www.noovo.info/nouvelle/controle-des-armes-a-feu-la-ville-de-montreal-demande-au-federal-dagir-immediatement.html
VIDEO – CTV News :

https://montreal.ctvnews.ca/montreal-wants-assault-weapons-banned-before-buy-back-program-starts-1.7115776
https://montreal.ctvnews.ca/video/c3032726-montreal-wants-a-total-ban-on-all-assault-weapons
The Gazette :

https://montrealgazette.com/news/local-news/plante-joins-call-for-more-gun-control
VIDEO – CityNews :

https://montreal.citynews.ca/2024/11/19/mayor-plante-polytechnique-ottawa-stricter-gun-control/
https://montreal.citynews.ca/video/2024/11/19/montreal-mayor-polytechnique-survivors-call-for-stricter-gun-control/

Fête nationale : un divorce assumé et prometteur 

Il y a 100 ans 

Le 24 juin 1924, les fêtes grandioses de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal étaient principalement associées à une procession patriotique mettant en vedette l’œuvre de la race française en Amérique. Les chars allégoriques qui ont pris part au défilé montraient différents événements historiques tels qu’un hommage à Marguerite Bourgeois et au héros national Pierre LeMoyne d’Iberville. 

Rappelons que la première célébration de la fête nationale canadienne a eu lieu le 24 juin 1834, date choisie par Ludger Duvernay, fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Toutefois, ce n’est qu’en 1908 que le pape Pie X a approuvé le choix de Jean-Baptiste comme patron de tous les Canadiens-français du Canada et de l’étranger. 

Enfant, dans les années 60, je me rappelle ces défilés où figurait nécessairement un jeune garçon aux cheveux bouclés blonds assis imperturbablement en hauteur sur le dernier char allégorique. Il représentait Jean-Baptiste. C’était comme ça ! 

Un siècle plus tard 

En 2024, nous assistons à une profonde transformation. Selon le site officiel du comité de la fête nationale, la priorité de la fête nationale est mise sur une joyeuse célébration de notre vivre-ensemble harmonieux. Cette année, le défilé était une simple parade de fresque vivante, une ode à la tradition, à la modernité, et surtout, à la joie de vivre qui pulse au cœur de chaque Québécoise et Québécois. 

Selon Benoit McGinnis, porte-parole de la 190e édition de la Fête nationale, plus de 6000 activités ont eu lieu sur près de 650 sites, dans toutes les régions. Les festivités ont rejoint plus de 2,5 millions de personnes, qui ont chanté sur tous les tons et avec tous les accents leur attachement au Québec. 

Et la religion catholique dans tout ça ! 

Une messe a été présidée par Mgr Christian Lépine à l’église Saint Jean-Baptiste de Montréal le 24 juin 2024 à 10h00. J’y étais. Au début de la messe, un laïc a souligné que la paroisse célébrait cette année son 150e anniversaire. Or, aucune référence à la fête nationale des Québécois n’a été évoquée pendant toute la cérémonie religieuse. Évidemment, aucune personnalité publique ou politique n’était présente. Les chrétiens se sont rassemblés essentiellement pour prier. À ce titre, Mgr Lépine a parfaitement endossé son rôle de guide spirituel. Dans cette assemblée, j’ai noté qu’il y avait quelques religieuses en habit traditionnel, avec voile.  

Puis, en après-midi, je me suis rendu au parc Maisonneuve où se déroulait les spectacles de la fête nationale. Cela n’avait rien à voir avec l’élan patriotique, selon Gilles Vigneau, et poétique, selon Jean-Pierre Ferland, du grand spectacle 1 x 5 qui a eu lieu sur le mont Royal en 1976. J’avais 21 ans à cette époque. 

Bref, qu’ai-je vu au parc Maisonneuve ? J’ai vu une foule très diversifiée; des familles, des jeunes comme des plus âgés. Il y avait des musulmanes, jeunes et moins jeunes, québécoises portant le voile. À vrai dire, c’est le seul signe religieux ‘ostentatoire’ que j’ai noté. L’ambiance était à la fête, mais sans exaltation ou débordement. Les organisateurs ont atteint leur but; une joyeuse célébration de notre vivre-ensemble harmonieux. 

Le divorce assumé 

Le lien historique entre l’esprit patriotique et la religion catholique est définitivement brisé. Et c’est tant mieux ! Chacun a trouvé sa place. Alors que la société québécoise se diversifie grâce à l’apport de nouveaux immigrants, nous assistons à une transition minoritaire du catholicisme au Québec. Les statistiques indiquent qu’entre 5% et 15% des baptisés assistent aux messes. Aussi, les communautés religieuses et les diocèses ont entrepris un processus de gestion de la décroissance et de liquidation des actifs immobiliers. La visibilité des signes architecturaux catholiques s’évapore de plus en plus. Sur les 2 746 églises du Québec inventoriées en 2003, 713 ont été détruites, fermées ou reconverties

Requiem pour une église (1 : voir le commentaire au bas de l’article.)

Selon Yann Raison et E.-Martin Meunier, le catholicisme a longtemps occupé la grande part de l’espace religieux en France et au Québec. Cette place prépondérante lui procurait une influence indéniable sur la culture et la politique. On observe désormais une diminution de cette influence sociale, ainsi que la perte de son rang de religion majoritaire. 

Selon ces mêmes chercheurs, on assiste à l’émergence de nouvelles structures communautaires, d’organisations et de mouvements laïques qui évoluent dans l’ombre de l’institution diocésaine et qui sont parfois difficiles à distinguer. De plus, l’apport de l’immigration favorise l’émergence d’un ‘nouveau catholicisme’. En effet, les chrétiens issus de l’immigration sont deux fois plus pratiquants en moyenne qu’un Québécois.  

Perspectives 

Sans être prophète, il est raisonnable de penser que l’effacement graduel de la visibilité des institutions religieuses catholiques au Québec ouvrent la voie vers de nouvelles potentialités. Cela permet aux catholiques de devenir de véritables partenaires du vivre-ensemble harmonieux. D’une société tricottée serrées comme je l’ai connu dans mon enfance, je me réjouis désormais de participer et même contribuer à l’essor d’une société basée, non pas sur un nationalisme racial comme en 1924, ni sur une identité religieuse majoritairement catholique, mais sur un accueil mutuel respectueux des diversités ethniques et religieuses, source d’un enrichissement collectif idéalement harmonieux.

À vrai dire, c’est Jean-Pierre Ferland qui avait raison en 1974; la poésie doit primer sur le patriotisme.  

Liens :

Cet article a été publié dans le journal
Le Nouvelliste en date du 7 juillet 2024

(1) Requiem pour une église. Ce numéro présente les cas particuliers de trois églises représentatives de ce qui se trame présentement concernant le patrimoine religieux bâti du Québec. L’église Saint-Jean-Baptiste, située dans la ville de Québec, classée monument patrimonial, est fermée au culte depuis 2015 et n’a fait, en date de l’automne 2021, l’objet d’aucun véritable projet de requalification. L’église Saint-Cœur-de-Marie, située à Québec, classée monument patrimonial, fermée au culte depuis 1997, a finalement été démolie en 2021 par un promoteur immobilier. L’église Saint-Gabriel, située dans la MRC de Bellechasse (25 km à l’est de Québec), a été requalifiée à la fois en mode communautaire et en mode cultuel. Afin de saisir au mieux possible le destin du patrimoine religieux bâti du Québec, nous avons demandé à différents intervenants de nous entretenir de la place qu’occupait et occupe peut-être encore aujourd’hui la présence de ces églises qui ont structuré la vie de tout un peuple pendant plus de 350 ans, et en quoi leur disparation est aussi perte de mémoire et de dissolution de l’ensemble des repères visuels liés à la foi catholique.

Au Canada français, on se plaisait à répéter, dans une formule aux allures de porte tournante, que la langue était la gardienne de la foi et que la foi veillait sur la langue. Ce principe, érigé en une sorte de totem identitaire, servait de baume permettant de croire que, quoi qu’il arrive, cette société persisterait, fidèle à elle-même, dans l’ombre d’une tradition qui, à force de regarder en arrière, confondait l’espoir en l’avenir avec la contemplation béate d’un passé fabulé. (…)

(…) Une société qui se voulait fermée sur elle-même, mais qui, au nom de cette fermeture, se projetait jusqu’en Chine, n’est-ce pas formidablement paradoxal ? L’important semblait de s’accorder sur une image du monde suffisamment commode pour supporter la nôtre. Le catholicisme, au-delà de la foi réelle de ses adeptes, fut sans doute un mécanisme de défense national, une manière de tempérer une réalité difficile qu’il fallait adoucir sur le plan psychologique. Sans surprise, cette passion religieuse s’est évanouie dès lors que la situation politique et matérielle du monde changea. Sans qu’il n’ait été besoin d’aucune loi pour y parvenir.