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Les conservateurs défendent le lobby des armes, point final 

Le 13 septembre 2006, juste après le dîner, Kathlene Dixon avait un rendez-vous prévu à l’Hôpital de Montréal pour enfants, situé à l’époque à côté du collège Dawson. « Nous étions en avance, alors nous avons décidé de passer par le collège que fréquentait notre fille pour voir ses amis. »

JUDITH LACHAPELLE, LA PRESSE, 14 septembre 2021

« Nous étions sur le trottoir, sur le boulevard de Maisonneuve, se souvient sa fille, Meaghan Hennegan. J’ai vu arriver un homme portant un long manteau noir. Et le temps de l’apercevoir, il avait sorti son arme et a tiré. »

« Je me suis jetée sur ma fille », enchaîne Kathlene Dixon. « Elle a été la première personne qui a été blessée ce jour-là, elle a reçu deux balles. »

« Une dans le bras droit, l’autre dans la hanche droite, dit Meaghan. Après, c’était le chaos. »

Un chaos qui durera encore de longues minutes, avant que le tireur retranché dans la cafétéria et encerclé par les policiers ne retourne son arme contre lui vers 13 h. Près de lui gisait au sol Anastasia De Sousa, une élève de 18 ans, atteinte mortellement par neuf projectiles.

« Aujourd’hui, je voudrais que les gens se souviennent que ma fille était belle, qu’elle avait un sourire et un rire merveilleux, dit Louise De Sousa, au bout du fil. Elle avait son propre caractère… Mais elle était une fille formidable. »

C’est un jour triste pour tant de gens, et en premier lieu, pour la famille De Sousa. Et pour les 19 autres blessés dont la vie a changé ce jour-là, pour toujours.

  • Kathlene Dixon, mère d’une victime de la tuerie du collège Dawson

Ce que Mme Dixon retient également, c’est que dans l’état actuel de la législation sur le contrôle des armes à feu au Canada, « rien n’a changé qui pourrait empêcher ce drame de survenir encore aujourd’hui ».

Le tireur avait deux armes en sa possession, pour lesquelles il détenait un permis en règle : un fusil semi-automatique Beretta Cx4 et une arme de poing. La première figure parmi les 1500 modèles d’armes à feu dont la vente est interdite au Canada depuis le décret de mai 2020.

Pour Kathlene Dixon, qui fait partie de la coalition PolySeSouvient qui milite pour un plus grand contrôle des armes à feu, la législation actuelle « est un très petit pas » dans la bonne direction, mais demeure incomplète. « Ces armes qui ont été interdites en mai 2020 sont toujours entre les mains de leurs propriétaires. Elles sont toujours là, elles sont toujours fonctionnelles. Le rachat obligatoire n’a pas été mis en place, tout comme l’obligation de les rendre inopérables. Ces armes sont donc toujours là, prêtes à être utilisées. »

Tout sauf les conservateurs

Dans une première version de son programme, le Parti conservateur promettait « d’abolir le projet de loi C-71 et le décret de mai 2020 ». La semaine dernière, le programme a été modifié pour préciser que « toutes les armes à feu actuellement interdites le resteront ». « On va maintenir les interdictions en place et avoir une revue transparente sur le système de classification », avait précisé le chef conservateur Erin O’Toole. Lundi, M. O’Toole a réitéré son intention de « maintenir toutes les restrictions » sur les armes à feu en place en « enlevant la politique » de cet enjeu et en donnant plus d’outils aux services policiers pour « combattre le crime organisé ».

« Les conservateurs défendent le lobby des armes, point final », réagit Kathlene Dixon. « Qui passera les restrictions en revue ? Tout ce que les conservateurs veulent restreindre, ce sont les armes qu’ils disent “illégales” », ajoute-t-elle, rappelant que le tireur de Dawson détenait un permis en règle.

La hausse des fusillades remarquée cet été dans certains quartiers de Montréal est-elle une preuve que la législation actuelle est inefficace ? Non, dit Meaghan Hennegan. Certaines armes sont légalement enregistrées, d’autres pas. « Il ne faut pas se baser sur ces fusillades pour remettre en question toute la législation sur les armes à feu. Oui, il faut empêcher les armes illégales d’être mises en circulation. Mais il faut aussi s’assurer que les personnes qui peuvent se procurer des armes soient surveillées. »

Meaghan Hennegan

Je n’ai aucun doute que si les conservateurs gagnent, ils détruiront tout le travail accompli depuis 15 ou 30 ans.

  • Meaghan Hennegan, victime de la tuerie du collège Dawson

« Si les gens sont préoccupés par l’enjeu du contrôle des armes à feu, alors, le Parti conservateur n’est pas pour eux », dit Kathlene Dixon.

Louise De Sousa, pour sa part, dit espérer que les libéraux, s’ils sont réélus, « termineront le travail » entrepris pour limiter l’accès aux armes. En attendant, sa famille comptait se réunir lundi pour commémorer le souvenir d’Anastasia. « Serrez vos proches et embrassez-les », a-t-elle voulu laisser comme message. « Et profitez de la belle journée. »

Communiqué de SolySeSouvient à l’occasion du 15e anniversaire de la tuerie au Collège Dawson 

13 SEPT – DAWSON

CPAC – O’Toole clarifying his mistake

https://cpac.ca/episode?id=c167d17d-10d7-40f7-88dc-09e3707cbf01

Survol français METRO

TVA entrevue Louise

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/12/il-y-a-15-ans-une-fusillade-eclatait-au-college-dawson-1

Radio-Canada Louise

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1823764/fusillade-dawson-15e-anniversaire-armes-feu

La Presse – erreur de OToole

https://www.lapresse.ca/elections-federales/2021-09-13/tuerie-du-college-dawson/o-toole-clarifie-ses-propos-des-familles-appellent-a-ne-pas-voter-pour-lui.php

The Gazette

https://montrealgazette.com/news/national/election-2021/survivors-of-dawson-college-shootings-urge-voters-to-shun-conservatives

Canadian press with video

https://nationalpost.com/pmn/news-pmn/canada-news-pmn/survivors-of-2006-dawson-college-shooting-urge-voters-not-to-pick-conservatives-2

Le Devoir

https://www.ledevoir.com/politique/canada/631842/quinze-ans-apres-la-fusillade-a-dawson-ne-votez-pas-conservateur-disent-des-familles

CultMtl

CTV – Videos

article: https://montreal.ctvnews.ca/survivors-of-2006-dawson-college-shooting-urge-voters-not-to-pick-conservatives-1.5583729 

Meaghan & Valerie Plante

https://montreal.ctvnews.ca/video?clipId=2280776&jwsource=em

Donna Varrica

https://montreal.ctvnews.ca/video?clipId=2280554&jwsource=em

Global – Video Meaghan

Radio Canada – Erreur OToole

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1823912/parti-conservateur-tuerie-college-dawson-beretta-assault-

Revue de presse sur l’enjeu électoral des armes à feu selon la position de PolySeSouvient vis-à-vis des Partis politiques fédéraux

Plusieurs étudiants de l’École Polytechnique, ainsi que plusieurs autres associations étudiantes, ont activement participé à la conférence de presse organisé par PolySeSouvient. Voici quelques manchettes.

Radio-Canada

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1822882/poly-feminicide-vote-elections-federales-armes-otoole-trudeau

Le Devoir

https://www.ledevoir.com/societe/631041/elections-federales-un-vote-pour-les-conservateurs-c-est-un-vote-pour-le-lobby-des-armes-a-feu-previent-polysesouvient

Montreal Gazette

https://montrealgazette.com/news/national/election-2021/polytechnique-gun-control-group-warns-tories-will-gut-firearms-limits

https://windsorstar.com/news/national/election-2021/polytechnique-gun-control-group-warns-tories-will-gut-firearms-limits

QMI

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/09/voter-pour-les-conservateurs-equivaut-a-voter-pour-le-lobby-des-armes-selon-polysesouvient

CTV

https://montreal.ctvnews.ca/dawson-shooting-and-polytechnique-massacre-survivors-urge-federal-parties-to-focus-on-gun-control-1.5579132

Global:

Metro

https://journalmetro.com/actualites/politique/2692458/conservateurs-vote-pour-lobby-armes-polysesouvient/amp/

Polarisation

Par Serge St-Arneault, M.Afr

La conférence de presse de PolySeSouvient était sur le point de commencer sous le vaste chapiteau aménagé sur le terrain de l’École Polytechnique. Quelques caméras étaient déjà en place devant le podium où les personnes désignées pour cette conférence allaient parler. Devant ce podium, à mes côtés, se tenaient des jeunes qui représentaient les associations étudiantes.

Les photographes étaient aussi à l’œuvre.

— Bonjour, dis-je à l’un d’entre eux. Comment allez-vous?

— Je vais bien merci, répondit-il. J’étais à Ottawa hier pour suivre la campagne électorale. Je n’ai jamais vu autant de mesure de sécurité de toute ma carrière journalistique.

— C’est peut-être dû au phénomène de polarisation.

— Vous avez raison. Il y avait un homme accompagné de son fils de huit ans qui m’injuriait. Pour lui, les médias « sont les mauvais ». Je lui ai alors dit que j’avais moi aussi un fils de l’âge du sien et que je prenais soin, en sa présence, de faire preuve de respect pour mon prochain. Après tout, comme parents, nous devons bien éduquer nos enfants. Et il s’est alors tu.

La polarisation! Voilà où nous sommes rendus. Le juste milieu semble avoir disparu du radar! Dans le contexte des armes d’assaut de type militaire, nous n’avons d’autre choix que d’exiger le bannissement complet de telles armes de guerre des mains de simples citoyens. Ces armes sont essentiellement conçues pour tuer. Étant une question de sécurité publique, nous ne voulons pas connaître la prolifération des armes à feu comme cela est actuellement le cas aux États-Unis.

Vous êtres trop émotifs

J’ai reçu un message sur les réseaux sociaux me disant que je fais honte aux femmes qui ont été assassinés lors de la tragédie de la Poly parce que je milite pour un contrôle effectif ou, mieux encore, le bannissement des armes d’assaut dans notre pays. J’ai compris que celui qui m’a envoyé ce message est vraiment attaché à son arme à feu, un attachement émotif. Émotif! Oui, je le suis aussi mais pour une autre raison; ma sœur Annie est l’une des quatorze victimes de Poly.

Cela me rappelle un événement que j’ai vécu il y a plus de vingt ans. J’avais été invités par une congrégation religieuse de Bellechasse pour leur parler du contrôle des armes à feu qui était alors en vigueur. Une heure plus tard, j’ai demandé aux religieuses pourquoi le curé, présent au début de ma présentation, avait quitté les lieux si tôt.

— C’est qu’il possède une arme à feu et il pense que vous la lui enlèverez, m’ont-elles confié.

Pourtant, les armes de chasse n’ont jamais été prohibées au Canada. À force de propager la fausse nouvelle (Fake News) que les honnêtes chasseurs ne pourront plus utiliser leurs armes, même les curés paniquent, du moins ceux qui pratiquent la chasse sportive.

Édouard Montpetit

Après la conférence de presse, je suis descendu à pied en direction du Boulevard Édouard Montpetit. J’y découvre pour la première fois un bronze du premier secrétaire de l’Université de Montréal en 1929 : Édouard Montpetit.

Place du 6 décembre

Ensuite, j’ai poursuivi ma marche en direction de la Place du 6 décembre. J’ai pris le temps de déchiffrer le nom de chacune des quatorze femmes inscrites sur le sol. J’ai prié et revécu en mémoire les nombreuses fois où j’y étais venu, tout particulièrement lors de la visite de l’Honorable Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères.

Ensuite, j’ai poursuivi ma prière à l’Oratoire Saint-Joseph où d’importants travaux d’aménagement sont en cours d’exécution. J’ai suivi la route sinueuse ascendante menant à la chapelle du Frère André.

D’une grande sobriété, celle-ci semble hors contexte à côté de l’immense oratoire. Curieusement, j’y vois de nouveau cette polarisation qui, cette fois-ci, s’exprime dans le style architectural. J’ai pris plusieurs photos dans la plus grande de deux, mais j’ai prié dans la petite chapelle.

« Un vote pour les Conservateurs, c’est un vote pour le lobby des armes à feu », prévient ​PolySeSouvient

Zacharie Goudreault, Le Devoir, 9 septembre 2021

L’organisme PolySeSouvient appréhende un accès plus facile aux armes à feu et aux armes d’assaut pour les Canadiens si les élections fédérales du 20 septembre menaient à la victoire du Parti conservateur, menaçant ainsi les minces gains effectués par le pays en matière de contrôle de celles-ci au cours des dernières années.

« Un vote pour les conservateurs, c’est un vote pour le lobby des armes à feu », a lancé jeudi avant-midi la coordonnatrice de PolySeSouvient, Heidi Rathjen, lors d’une conférence de presse tenue dans un chapiteau aménagé sur le site de Polytechnique Montréal, où 14 femmes ont été tuées lors d’une fusillade survenue le 6 décembre 1989.

Près de 32 ans plus tard, certains gains ont été accomplis en matière de contrôle des armes à feu. Le gouvernement libéral a notamment interdit l’an dernier environ 1500 modèles d’armes d’assaut de type militaire et mis en place un programme de rachat volontaire visant celles-ci. La formation de Justin Trudeau s’est d’ailleurs engagée dans la présente campagne électorale à rendre obligatoire la remise de ces armes par leurs propriétaires, en plus d’interdire les chargeurs à haute capacité.

Le Parti conservateur, pour sa part, a prévu dans sa plateforme électorale d’annuler l’interdiction des armes d’assaut visées par la loi C-71 et le décret de mai 2020, un engagement qu’a ensuite contredit à quelques reprises son chef, Erin O’Toole. « Toutes les armes à feu actuellement interdites le resteront », indique d’ailleurs une note de bas de page ajoutée depuis à la plateforme du parti. Une volte-face qui laisse Heidi Rathjen dubitative.

« Malheureusement pour les Canadiens, quand il est question du contrôle des armes à feu, les conservateurs respectent leurs promesses. […] Ils vont même plus loin », a-t-elle lancé au micro, en présence de plus d’une dizaine d’étudiants et de proches de survivants de la tuerie de Polytechnique. Mme Rathjen rappelle à cet effet la décision de l’ancien gouvernement de Stephen Harper d’abolir en 2012 le registre des armes d’épaule, contre vents et marées.

« Au lieu de continuer à rebâtir notre loi, un prochain gouvernement conservateur continuera à le détruire davantage, au point où ce ne sera plus récupérable. Le lobby proarmes aura le contrôle, comme il l’a aux États-Unis », appréhende la survivante de la tragédie de Polytechnique Nathalie Provost, qui s’inquiète de la perspective que les armes d’assaut deviennent plus facilement accessibles au pays.

Dans ce contexte, elle presse les électeurs canadiens à voter pour le Parti libéral en vue du scrutin du 20 septembre.

« Le Parti libéral est le seul parti qui est en position de renforcer le contrôle des armes. Aujourd’hui, nous sommes convaincus qu’au minimum, un gouvernement libéral livrera l’interdiction des accessoires et des armes de type militaire », a-t-elle renchéri.

Mme Provost, qui accuse le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert de manquer de « leadership » sur l’enjeu du contrôle des armes à feu, salue d’autre part les prises de position du Bloc québécois à cet égard. Le parti nationaliste a notamment fait pression sur le gouvernement libéral sortant en faveur d’un programme obligatoire de rachat pour les propriétaires d’armes d’assaut de type militaire, en plus de réclamer l’interdiction des chargeurs à grande capacité. « Ce sont toutes des mesures solides et attendues depuis longtemps », estime Mme Rathjen.

« Nous sommes très confiants que le Bloc québécois restera un allié fort et fiable pour le contrôle des armes, comme il l’a été depuis le début », a déclaré Mme Provost.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a pour sa part incité jeudi les « nationalistes québécois » à se « méfier » de Justin Trudeau, une prise de position que Heidi Rathjen a préféré ne pas commenter, tout en rappelant que son organisme oriente ses appuis dans cette campagne électorale uniquement en fonction de la lutte contre la violence par armes à feu.

Garder espoir, malgré « la fatigue »

Dans les dernières années, PolySeSouvient a pourtant critiqué à maintes reprises les mesures prises par le gouvernement libéral en matière de contrôle des armes à feu. C’est aussi le cas de plusieurs municipalités, incluant Montréal et Québec, qui déplorent qu’Ottawa leur relègue pour l’instant la tâche d’interdire les armes de poing sur leur territoire au lieu d’appliquer une interdiction à l’échelle du pays.

Malgré tout, Mme Provost garde espoir qu’un gouvernement libéral réélu irait de l’avant avec les mesures qu’il propose pour resserrer le contrôle des armes à feu, notamment en raison de « l’ensemble de l’intérêt qui a été porté par les Canadiens sur cette question » dans les dernières semaines.

« On est surpris de l’ampleur que le dossier a prise dans le cadre des élections », a d’ailleurs soulevé Heidi Rathjen.

Un sondage mené à la fin août par la firme Léger pour le compte de l’Association d’études canadiennes fait notamment état d’un taux de 51 % d’électeurs qui soutiendraient davantage un parti fédéral entendant renforcer le contrôle des armes à feu. Ce pourcentage tombe à 9 % chez les répondants canadiens qui souhaiteraient un allègement des règles en la matière. Les autres personnes sondées ont indiqué être en faveur du statu quo ou ne pas voir dans le contrôle des armes à feu un enjeu important dans le cadre de ces élections.

« Le gouvernement libéral nous donne espoir que les choses vont se faire. Mais je souligne qu’on a été à quelques reprises déçus par les promesses libérales, alors on a des raisons de penser qu’on peut à nouveau être déçus », a pour sa part soulevé Serge St-Arneault, rencontré par Le Devoir en marge de cet événement. Sa sœur a péri pendant la tuerie de Polytechnique en 1989.

Plus de trente ans après cet événement, on en est encore à débattre de l’importance de bannir les armes d’assaut, s’exaspère M. St-Arneault, qui garde toutefois espoir.

« C’est sûr que physiquement et mentalement, il y a une fatigue. Les années passent et on voit qu’on ne sait pas encore très bien où l’on va. Mais là, les signes sont prometteurs », a ajouté le prêtre, qui puise la motivation nécessaire pour continuer ses démarches en faveur d’un meilleur contrôle des armes à feu dans l’amour et « l’attachement » qu’il conserve pour sa sœur. « Je pense que je ne lâcherai jamais jusqu’à la fin de ma propre vie. »

CONTRÔLE DES ARMES À FEU : UN TEST DE CRÉDIBILITÉ POUR LES CHEFS FÉDÉRAUX

O’Toole assure qu’il va « maintenir l’interdiction » sur les armes d’assaut – Contradiction avec la plateforme

Le chef Erin O’Toole a réitéré vendredi sa volonté de « maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut » au Canada, malgré la volonté de son parti — écrite dans sa plateforme – de renverser les restrictions adoptées à ce chapitre par le gouvernement libéral.

HENRI OUELLETTE-VÉZINA, LA PRESSE, Publié le 3 septembre 2021

PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, REUTERS

« On va maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut et en plus, on va travailler en étroite collaboration avec les policiers pour stopper la contrebande », a soutenu le conservateur lors d’une mêlée de presse tenue à Montréal en fin de matinée, où il présentait son plan pour « s’attaquer à la violence liée aux gangs de rue ».

Reste que comme la veille, pendant le débat des chefs, M. O’Toole n’a pas réellement été en mesure d’expliquer vendredi l’apparente contradiction entre cette nouvelle déclaration et le contenu de sa plateforme, qui a d’abord été soulevée jeudi soir par le chef libéral Justin Trudeau.

À la page 96 de la plateforme conservatrice, on mentionne en effet l’intention claire « d’abolir le projet de loi C-71 et le décret de mai 2020 », qui avaient interdit plusieurs types « d’armes à feu de style armes d’assaut », dont le Ruger Mini-14, qui a été utilisé dans la tuerie de Polytechnique. Dans le document, les conservateurs y proposent plutôt de « faire un examen de la Loi sur les armes à feu » pour la « mettre à jour, en créant un système de classification simplifié ».

Alors qu’il était questionné à savoir s’il compte mettre sur pied un programme de rachat obligatoire des armes d’assaut, ou s’il entend obliger les propriétaires à les rendre, le chef conservateur est aussi demeuré très évasif. « Comme j’ai dit, on va maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut », a-t-il simplement offert, en plaidant pour un processus « transparent » et une approche « stratégique » contre la violence.

À Toronto, le chef libéral Justin Trudeau n’a pas manqué d’attaquer « le manque de clarté » du chef conservateur. « Son manque de clarté sur cet enjeu est malheureusement typique d’un chef qui dit une chose aux groupes d’intérêt, les anti-choix, les lobby des armes à feu et ceux qui nient les changements climatiques, pendant qu’il essaie de dire le contraire aux Canadiens », a martelé M. Trudeau. « C’est tout à fait irresponsable », a-t-il insisté.

« Erin O’Toole ment par omission. Il dit à sa base électorale, qui est très pro-armes : je vais dire aux Québécois que je vais interdire les armes à feu, mais en même temps, temps je vais faire en sorte que la définition d’armes d’assaut soit tellement petite que vous allez être bien contents », a réagi la ministre libérale Mélanie Joly lors d’un point de presse vendredi après-midi. « C’est le lobby des armes qui le soutient, le finance et, en même temps, lui envoie des bénévoles », a-t-elle renchéri.

« Stratégie de sortie des gangs »

Dans leur plan pour lutter contre la violence liée aux gangs de rue, les conservateurs proposent entre autres « d’amender le Code criminel » et établir une « liste d’entités des gangs criminelles », ce qui « éliminerait l’obligation pour les procureurs de faire la preuve qu’une organisation est criminelle ».

Erin O’Toole veut aussi « imposer une peine minimale obligatoire de deux ans pour possession d’arme prohibée si la personne a fait l’objet d’une ordonnance d’interdiction ou a auparavant été reconnue coupable d’une infraction relative aux armes à feu ».

Pour « créer une stratégie de sortie des gangs », le chef conservateur promet aussi de « former des partenariats avec des entreprises du secteur privé », via un programme gouvernemental qui permettrait aux membres des gangs de rue « de s’en sortir, de refaire leur vie, de trouver un bon emploi et d’obtenir le soutien pour quitter une vie de crime ».

« Trop de recrues dans les gangs, surtout les jeunes, sont contraints au cycle de la violence parce qu’il n’y a pas d’autres options », a soutenu le chef conservateur. S’il est élu, il compte aussi « ordonner la remise automatique des armes à feu aux forces policières à l’endroit où quelqu’un a été accusé d’une infraction ».

Le parti veut par ailleurs « travailler de près » avec l’Agence des services frontaliers (ASFC) et la GRC pour « cibler les activités de contrebande » avant que les armes « n’atteignent la frontière ». « Les gangs de rue sont prévenues. Comme premier ministre, je vais toujours être du côté des familles, des honnêtes citoyens et des victimes », a martelé M. O’Toole.

Il s’est par ailleurs dit bouleversé par la hausse des fusillades à Montréal, et particulièrement par la fusillade survenue il y a quelques semaines dans Rivière-des-Prairies, faisant trois décès et deux blessés.

AUTRES LIENS

Radio avec Nathalie

Entrevue avec Nathalie Provost, survivante du massacre à Polytechnique et porte-parole de PolySeSouvient : le chef Erin O’Toole a réitéré au débat sa volonté de « maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut » au Canada, malgré le fait qu’il soit écrit dans sa plateforme qu’il souhaite renverser les restrictions adoptées à ce chapitre par le gouvernement libéral. 

Armes à feu : «il faut que les Canadiens soient très méfiants de ce qu’ils lisent derrière les mots des conservateurs»

https://omny.fm/shows/mario-dumont-vincent-dessureault/armes-feu-il-faut-que-les-canadiens-soient-tr-s-m

GLOBE AND MAIL

https://www.theglobeandmail.com/politics/article-conservatives-would-repeal-ban-on-guns-used-in-ecole-polytechnique/

CBC

https://www.cbc.ca/news/politics/erin-otoole-assault-weapons-1.6163698?__vfz=medium%3Dsharebar

Presse canadienne 

https://www.lapresse.ca/elections-federales/2021-09-03/le-contrat-d-erin-o-toole-aux-quebecois-toujours-pas-livre.php

https://www.latribune.ca/actualites/elections-federales/verification-erin-otoole-veut-il-ramener-les-armes-dassaut-au-canada-2c408870d098dd9c69f4162c4e8fe2ba

Le Devoir:

https://www.ledevoir.com/politique/canada/629748/impossible-de-savoir-quelles-armes-d-assaut-interdiraient-les-conservateurs

Canadian Press:

https://www.thestar.com/politics/federal-election/2021/09/03/otoole-promises-to-increase-penalties-for-crimes-involving-guns.html

With Video:

https://www.cp24.com/news/liberals-accuse-conservatives-of-trying-to-deceive-canadians-on-firearms-policy-1.5572609?cache=yes%3FclipId%3D86116%3Fot%3DAjaxLayout%3FclipId%3D89680

QMI:

https://www.journaldequebec.com/2021/09/03/armes-dassaut-otoole-rattrape-par-sa-plateforme

L’actualité, bilan:

https://lactualite.com/actualites/jour-20-et-lendemain-de-debat-otoole-contredit-sa-promesse-sur-les-armes-dassaut/

Global

CBC (PSS) 

https://www.cbc.ca/news/politics/erin-otoole-assault-weapons-1.6163698?__vfz=medium%3Dsharebar

L’actualité, bilan: 

https://lactualite.com/actualites/jour-20-et-lendemain-de-debat-otoole-contredit-sa-promesse-sur-les-armes-dassaut/

Radio-Canada: 

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1821531/interdiction-armes-assaut-type-militaire-parti-conservateur

John Ivison 

https://montrealgazette.com/news/politics/election-2021/john-ivison-erin-otooles-promises-may-be-a-matter-of-expediency-in-this-election

QMI – Dominique Vien 

https://www.journaldequebec.com/2021/09/04/les-armes-a-feu-le-grand-ecart-de-dominique-vien

Rachel Benyaden 

https://www.lapresse.ca/elections-federales/2021-09-04/les-liberaux-promettent-de-durcir-les-lois-sur-les-armes-a-feu.php

Presse canadienne suivi 

https://www.ledevoir.com/politique/canada/629958/armes-a-feu-les-liberaux-accusent-erin-o-toole-de-mentir

Canadian Press Rachel follow up 

https://www.ctvnews.ca/politics/federal-election-2021/look-to-conservative-platform-to-fill-in-the-blanks-on-gun-policy-o-toole-1.5573803

Global – O’Toole fill in blanks, upset about US imports 

Macleans Stephen Maher 

RC Rachel 1977 

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1821731/rodriguez-armes-fusils-assaut-lois-pistolets

Opinion Emmanuelle Latravere Otoole / PSS 

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/05/le-grand-brouillard-des-armes-a-feu

La Presse Blanchet Metropolis 

https://www.lapresse.ca/elections-federales/2021-09-04/blanchet-appelle-les-autres-partis-a-durcir-les-lois-sur-les-armes-a-feu.php

No place in Canada, Trudeau says secret deal 

https://www.thestar.com/politics/federal-election/2021/09/05/trudeau-pledges-to-further-tighten-gun-control-laws-in-toronto-area-campaign-stop.html

Canadian press – OToole flip-flops 

https://www.cp24.com/news/o-toole-appears-to-break-with-election-platform-pledges-status-quo-on-firearm-bans-1.5574405

Trudeau OToole entente secrete 

https://www.lapresse.ca/elections-federales/2021-09-05/trudeau-continue-ses-attaques-envers-o-toole-au-sujet-des-armes-a-feu.php

Radio Canada – reaction au flipflop de O’Toole (PSS) 

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1821868/campagne-parti-conservateur-securite-police

La Presse – Rachel demande excuses 

https://www.lapresse.ca/elections-federales/2021-09-05/armes-a-feu/les-liberaux-denoncent-les-contradictions-d-o-toole.php

Canadian press – reaction to O’toole (PSS) 

https://www.theglobeandmail.com/politics/article-erin-otoole-criticizes-defund-the-police-movement-promises-to-hire/

Global – handguns (see end of video for credibility question) 

POUR UN ENCADREMENT RAISONNABLE ET EFFICACE DES ARMES À FEU

POUR UN ENCADREMENT RAISONNABLE ET EFFICACE DES ARMES À FEU.
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Conférence de presse commune des représentants des victimes des attaques de la Mosquée de Québec, du Collège Dawson et de Polytechnique, en 2018.

En réponse au texte d’André Gélinas, « Alors, on change de cible ? »

NATHALIE PROVOST, SURVIVANTE DU FÉMINICIDE À L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE ET PORTE-PAROLE DE POLYSESOUVIENT

Publié le 24 août 2021 sur La Presse +

Le texte d’André Gélinas publié dans La Presse du 13 août montre que les pratiques de désinformation et de diffamation à l’encontre de notre collectif ne sont pas exclusives aux groupes pro-armes. C’est d’autant plus regrettable de voir M. Gélinas, un ancien sergent-détective du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), se prêter à de telles tactiques alors que nous partageons fermement son objectif de contrer le trafic illégal des armes à feu.

En effet, même si notre préoccupation principale concerne les lois régissant les armes, nous appuyons activement la lutte contre le trafic d’armes, notamment pour pousser nos politiciens à autoriser les interventions policières nécessaires afin de rompre le « pipeline de fer » tel qu’exposé par l’émission J.E. il y a quelques mois.

Les mesures de prévention et le combat contre la criminalité ne sont pas deux initiatives mutuellement exclusives. Alors pourquoi attaquer les victimes d’une fusillade de masse qui cherchent à empêcher des tragédies similaires ? La réponse est évidente en ce qui concerne le lobby des armes : miser sur les armes illégales afin d’empêcher les contrôles qui touchent les amateurs d’armes.

Malheureusement, M. Gélinas emploie les mêmes mythes et présomptions couramment avancés par le lobby pro-armes, sans preuves à l’appui, de manière à dresser une cause contre l’autre et porter atteinte à notre crédibilité.

Saisissons-donc l’occasion pour examiner ces arguments erronés – aussi simplistes et séducteurs soient-ils.

« Plus de 99 % des actes criminels impliquant des armes sont le fruit d’un trafic illégal », écrit-il.

Le lobby des armes à feu soutient que le « problème » ne concerne pas les propriétaires légaux. Or, selon Statistique Canada, la moitié des homicides par balle ne sont pas liés aux gangs criminels.

DES ARMES LÉGALES

M. Gélinas doit savoir que ce n’est pas une « arme de poing illégale » qui a causé mes quatre blessures ainsi que la mort de 14 de mes consœurs à Polytechnique en 1989. Comme bien d’autres tueurs de masse (Collège Dawson – 2006, Moncton – 2014, Fredericton – 2018, etc.), le tueur était légalement propriétaire d’une arme longue. Les tireurs à l’Université Concordia (1992) et à la Grande Mosquée de Québec (2017) étaient propriétaires légaux de leurs armes de poing, s’étant même entraînés dans un club de tir avoisinant.

De plus, selon diverses enquêtes officielles au pays, la source des armes saisies dans le cadre d’activités criminelles varie substantiellement d’un endroit à l’autre. Par exemple, alors qu’à Toronto la majorité des armes saisies proviennent des États-Unis, c’est seulement une minorité pour l’ensemble des provinces de l’Ouest.

Bien que les armes de poing illégales règnent au sein des gangs de rue, la majorité des homicides conjugaux, des suicides, des tueries de masse et des meurtres de policiers par balle sont commis avec des fusils et des carabines sans restrictions.

Toujours selon M. Gélinas, il est obligatoire de communiquer avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avant la transaction afin de vérifier la validité du permis d’un acheteur potentiel.

Il est vrai qu’acheter une arme sans permis constitue un crime, mais ce n’est pas aussi clair quant à la vente d’une arme à quelqu’un sans permis.

De 2003 à 2012, alors que toutes les armes étaient enregistrées au Canada, chaque transaction passait par le système, ce qui garantissait le transfert d’un vendeur agréé à un acheteur agréé. Or, dans le cadre de la destruction du registre en 2012, le gouvernement Harper a aussi éliminé la vérification de la validité des permis : un vendeur n’a qu’à croire qu’un acheteur détient un permis valide (« le cédant n’a aucun motif de croire que le cessionnaire n’est pas autorisé… ») – ce qui constitue une immense échappatoire : « Mais je le croyais sincèrement… Prouvez le contraire ! »

C’est pourquoi, en 2015, le Parti libéral a promis d’obliger de nouveau « les vendeurs à en vérifier la validité avant de conclure la vente ». Malheureusement, la législation des libéraux (C-71) adoptée en 2018 n’impose rien de tel. Il n’est écrit nulle part ni dans la loi ni dans la réglementation qu’un vendeur doit communiquer à la GRC des renseignements associés au permis d’un acheteur potentiel afin de faire autoriser une transaction (une absurdité que le gouvernement a dû récemment admettre, à reculons). En ce qui concerne les ventes privées notamment, le nouveau système continuera de reposer entièrement sur la bonne foi des vendeurs.

« Pour ces groupes de pression, la simple idée qu’un citoyen puisse posséder légalement une arme pour des activités sportives hautement encadrées est simplement inconcevable et injustifiable. »

Que dire face à cette accusation farfelue ? Nous mettons au défi M. Gélinas et tous nos détracteurs qui prétendent que nous visons l’interdiction de l’ensemble des armes à feu de parcourir les centaines de communiqués, mémoires, documents synthèses et citations que nous avons produits au fil des ans pour trouver un seul exemple en ce sens. Impossible.

Nous ne sommes pas contre la possession d’armes à feu, ni contre la lutte contre les armes illégales. Certes, nous sommes contre les armes les plus meurtrières comme les armes d’assaut, mais notre principale revendication est un encadrement raisonnable et efficace des armes à feu en vue de prévenir les traumatismes, les blessures et les morts causés par leur mauvais usage.

Justin Trudeau critique la position des conservateurs sur les armes à feu

(Montréal) Tandis que la campagne électorale bat son plein, le groupe PolySeSouvient dénonce les récentes publicités du Parti libéral qui s’enorgueillit de son bilan sur le contrôle des armes à feu. Or, les efforts des libéraux apportent peu de changements concrets, selon les victimes de l’attaque de Polytechnique.

JESSICA BEAUPLAT, LA PRESSE CANADIENNE, 18 août 2021

PolySeSouvient craint également de se retrouver face à d’autres « promesses brisées » ou pire encore de voir « le peu de progrès réalisé par les libéraux » anéanti si le pouvoir changeait de main lors du prochain scrutin, explique en entrevue téléphonique la porte-parole du groupe, Nathalie Provost.

En effet, le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, a promis d’abolir la loi qui interdit quelque 1500 modèles d’armes à feu de type d’assaut, depuis mai 2020. Ce qui signifie qu’ils ne peuvent ni être utilisés, vendus ou importés légalement au pays.

En campagne à Vancouver mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé qu’il est inconcevable, à un moment où les Canadiens sont préoccupés par la violence armée, que les conservateurs s’engagent à renverser la mesure.

Le programme des conservateurs indique que le parti abolirait et réviserait la loi sur les armes à feu avec la contribution de la police, des propriétaires d’armes à feu, des fabricants et du public.

« La sensation qu’on a, c’est qu’on approche de la dernière heure », indique Mme Provost. « Dans cinq ans je ne serai plus là, je n’aurai plus l’énergie de me battre comme ça », explique celle qui milite depuis plus de 30 ans pour un contrôle plus strict des armes à feu.

De récents incidents impliquant des armes de poing, dans la plupart des grandes villes du pays — Toronto, Montréal, Québec — ramènent le débat sur les armes à feu à l’avant-plan.

En plus d’annonces publicitaires à la télé et à la radio, pour promouvoir le travail des libéraux en matière de protection contre les armes, une publicité vidéo du parti de Justin Trudeau s’est récemment attaquée à Erin O’Toole sur les médias sociaux pour ses positions en faveur des propriétaires d’armes.

Or, PolySeSouvient estime que les efforts des libéraux n’ont pas mené à des mesures très concrètes au cours des dernières années.

« Les mesures adoptées ou introduites ne sont qu’un pâle reflet de ce qui aurait pu constituer des progrès considérables et efficaces », peut-on lire dans un communiqué publié lundi.

Le professeur émérite à l’Université d’Ottawa Irvin Waller, auteur du livre Science and Secrets of Ending Violent Crimes (La science et les secrets pour mettre fin aux crimes violents), est plutôt d’accord avec les critiques du groupe.

« Oui, les libéraux ont avancé un peu avec l’interdiction de vente des armes [à feu, de style militaire] », avance M. Waller, mais il se montre perplexe face au programme de rachat optionnel qu’Ottawa avait l’intention d’offrir aux détenteurs d’armes récemment bannies.

Le projet de loi C-21 (mort au feuilleton avec la dissolution récente du Parlement) aurait permis au gouvernement de racheter les armes à feu de type arme d’assaut entre les mains des propriétaires.

Ceux-ci auraient également eu le droit de les garder s’ils le désirent sous des conditions strictes qui incluent l’enregistrement et le rangement sécuritaire.

Cette mesure volontaire s’appuyait sur la bonne foi des propriétaires au lieu d’être obligatoire, déplorent les membres du groupe PolySeSouvient.

Comme les familles de victimes et les survivantes, M. Waller est aussi d’avis que les actions des libéraux auraient pu se traduire en mesure plus concrètes.

Par ailleurs certaines mesures manquaient de clarté, selon le professeur. Comme celle voulant octroyer plus de pouvoir aux municipalités pour qu’elles puissent interdire les armes de poing sur leurs territoires.

Cette proposition assortie d’une enveloppe de 50 millions sur cinq ans n’était pourtant pas suffisante pour l’ensemble des villes canadiennes, estime M. Waller.

PolySeSouvient ajoute qu’en voulant accorder plus de pouvoir aux villes quant à la réglementation des armes à feu, le gouvernement Trudeau s’est défilé devant ses responsabilités et s’est incliné devant le lobby des armes à feu.

Le groupe a exprimé d’autres inquiétudes par rapport au projet de loi C-21 présenté en février.

Celui-ci visait notamment à protéger les potentielles victimes de violence conjugale en leur permettant de demander aux tribunaux une ordonnance pour la saisie immédiate des armes appartenant à un proche ou la suspension de permis.

Une aberration, selon Mme Provost, qui ne comprend pas pourquoi « une femme qui a peur » devrait se lancer « dans des procédures judiciaires ».

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

LIENS

CBC overview

https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/gun-control-quebec-federal-parties-election-1.6133579

Comment Matt Gurney

https://nationalpost.com/opinion/matt-gurney-on-gun-control-and-other-issues-liberals-are-big-on-promises-but-rarely-deliver

QMI Libs vs Cons

https://www.journaldemontreal.com/2021/08/16/otoole-accuse-par-les-liberaux-de-vouloir-legaliser-les-armes-dassaut

Video – Nathalie on CTV

https://montreal.ctvnews.ca/liberals-failing-to-keep-canadians-safe-from-gun-violence-says-polytechnique-survivor-1.5549578

Audio -Nathalie Radio 15-18 français

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/le-15-18/episodes/561142/rattrapage-du-mardi-17-aout-2021/9

Groupe de victimes réagit aux publicités gouvernementales sur le contrôle des armes à feu alors que les élections sont déclenchées

Montréal, 16 août 2021 — Au début du mois d’août, le gouvernement libéral a lancé une campagne publicitaire à la radio et à la télé de plusieurs millions de dollars vantant son bilan sur le contrôle des armes à feu. Une autre annonce publiée sur les médias sociaux s’attaque à Erin O’Toole relativement à sa promesse d’abroger les lois sur le contrôle des armes.

Les familles de victimes et les survivants du féminicide à l’École Polytechnique qui militent depuis plus de 30 ans en faveur de contrôles plus stricts ont réagi avec consternation et désarroi face à ce qu’ils considèrent une tentative complètement malhonnête et clairement politique, financée par des fonds publics, de faire croire aux Canadiens que le gouvernement libéral a tenu tête aulobby des armes et qu’il a réalisé des progrès concrets et importants en matière de contrôle des armes à feu.

« D’abord, les Canadiens doivent comprendre que seule une minorité des mesures adoptées par les libéraux découlant des promesses de 2015 et de 2019 ont été mises en œuvre, y compris la plupart des mesures associées à la campagne de 2015 qui ont été adoptées il y a plus de deux ans, » explique Nathalie Provost, survivante du massacre à Polytechnique.

« Mais surtout, les mesures adoptées ou introduites ne sont qu’un pâle reflet de ce qui aurait pu constituer des progrès considérables et efficaces. Ce que nous avons vu jusqu’à présent ne représente que des demi-mesures ou des mesures creuses truffées de concessions au lobby des armes. »

Voir ici notre Bilan des principales promesses libérales sur le contrôle des armes (2015-2021) : https://polysesouvient.ca/Documents/DOCU_21_08_16_PromessesLiberaleArmes.pdf

Ces annonces laissent présager que le contrôle des armes fera partie de la plateforme des libéraux de Trudeau pour une troisième fois. Cependant, étant donné la succession de promesses non tenues, les Canadiens sont en droit de se demander s’ils peuvent croire monsieur Trudeau cette fois-ci. En quoi de nouvelles promesses se distingueront-elles des deux dernières séries de promesses?

« Les libéraux doivent trancher entre faire semblant d’appuyer le contrôle des armes à feu et le faire progresser de manière concrète et importante. Au moins lorsque les Canadiens votent pour les Conservateurs, ils savent qu’ils votent en faveur des intérêts du lobby des armes parce que la position du parti est claire : abroger le peu de progrès réalisé par les Libéraux, entre autres. En comparaison, les libéraux de Trudeau sont extrêmement malhonnêtes quant à leurs engagements et leur bilan. »

« Nous espérons que les médias qui couvriront cette campagne électorale ne s’arrêteront pas aux points de discussion des Libéraux, mais examineront ce qu’ils ont réellement accompli. Car en scrutant les détails des lois et règlements, on s’aperçoit que pas grand-chose n’a changé depuis que le gouvernement Harper a anéanti nos lois sur le contrôle des armes : des dizaines de milliers d’armes d’assaut restent entre les mains de propriétaires privés ; les chargeurs à grande capacité sont toujours facilement accessibles ; les armes de poing continuent à proliférer de façon exponentielle ; et d’importantes lacunes concernant les vérifications d’antécédents et les mesures préventives (en cas de suicide et de violence conjugale) se traduisent en tragédie sur tragédie, » conclut madame Provost.

PolySeSouvient se tourne contre les libéraux

Autrefois enthousiaste, le regroupement PolySeSouvient a déchanté par rapport aux promesses des libéraux.

Dans deux longs communiqués, ceux-ci reviennent sur les propositions des libéraux faites depuis l’entrée au pouvoir de Justin Trudeau au poste de premier ministre.

«D’abord, les Canadiens doivent comprendre que seule une minorité des mesures adoptées par les libéraux découlant des promesses de 2015 et de 2019 ont été mises en œuvre, y compris la plupart des mesures associées à la campagne de 2015 qui ont été adoptées il y a plus de deux ans», a déclaré Nathalie Provost, une survivante de l’attentat de Polytechnique.

«Mais surtout, les mesures adoptées ou introduites ne sont qu’un pâle reflet de ce qui aurait pu constituer des progrès considérables et efficaces. Ce que nous avons vu jusqu’à présent ne représente que des demi-mesures ou des mesures creuses truffées de concessions au lobby des armes», a-t-elle ajouté.

Polysesouvient est un groupe de citoyens bénévoles, dont de nombreux témoins, survivants et familles des victimes du massacre du 6 décembre 1989, qui œuvrent pour un meilleur contrôle des armes et dont les objectifs sont endossés par l’Association des Étudiants de Polytechnique, l’Association des étudiants aux cycles supérieurs de Polytechnique, le CA de l’Association des diplômés de Polytechnique, l’Ordre des ingénieurs du Québec, le Réseau des ingénieurs du Québec, l’École Polytechnique, l’École de technologie supérieure et plusieurs associations étudiantes de génie du Québec.
A/S: 
info@polysesouvient.ca ; téléphone : 514-816-7818 ; @polysesouvient ; www.polysesouvient.ca

PolySeSouvient reproche à Ottawa de reculer sur sa promesse

Réglementation pour C-71: Piètres mesures affaiblies encore plus

À tous les groupes et individus ayant appuyé le projet de loi C-71, soit la législation pilotée par l’ancien ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, déposée en 2018 et adoptée en 2019 en réponse aux promesses électorales des Libéraux de 2015 sur le contrôle des armes à feu. Malheureusement, si les règlements récemment proposés sont adoptés tels quels, même les gains très modestes en matière de sécurité publique auxquels nous nous attendions ne se concrétiseront pas.

Nous vous invitons à consulter notre mémoire détaillé  (veuillez-nous excusez: en anglais seulement).

JIM BRONSKILLLA, PRESSE CANADIENNE, 8 août 2021 

(Ottawa) Le groupe PolySeSouvient accuse le gouvernement fédéral de mettre en danger la sécurité publique en reculant sur sa promesse de trouver un moyen pour s’assurer que les acheteurs d’armes à feu possèdent un permis valide.

Dans un mémoire uniquement rédigé en anglais remis au gouvernement, le groupe affirme que les règlements proposés pour étoffer les lois fédérales ne vont pas assez loin pour empêcher les armes à feu de tomber entre de mauvaises mains.

« Une analyse approfondie des règlements proposés montre que le gouvernement a décidé d’édulcorer davantage une législation déjà faible. Les détails fournis par les règlements proposés soulignent non seulement la faiblesse des principales mesures du projet de loi C-71, mais ils rendent également certaines d’entre elles pratiquement sans force », peut-on lire dans un extrait remis à La Presse Canadienne.

En 2019, après que le projet de loi C-71 eut reçu la sanction royale, le gouvernement avait déclaré qu’il exigerait aux commerçants de vérifier la validité du permis de leurs clients avant de leur vendre une arme à feu sans restriction comme une carabine ou un fusil de chasse.

Selon PolySeSouvient, la validation d’un permis d’un acheteur potentiel est un élément fondamental de tout régime crédible de contrôle, car les documents volés, révoqués ou contrefaits peuvent être utilisés pour acheter illégalement des armes à feu.

Le groupe craint que la réglementation envisagée n’empêche pas de tels abus. Selon lui, elle n’oblige pas le commerçant à vérifier auprès du registraire fédéral des armes à feu si un acheteur potentiel a réellement un permis valide.

Si le projet de règlement précise qu’un acheteur doit fournir à un vendeur tous les renseignements figurant sur le permis, il n’est indiqué nulle part que celui-ci doit ensuite les transmettre au registre.

« C’est exactement ce que veut le lobby des armes à feu : que le gouvernement ait le moins d’informations possible sur les transactions d’armes à feu sans restriction », souligne la porte-parole de PolySeSouvient, Nathalie Provost, qui avait été atteinte de quatre balles lors de l’attaque féminicide de 1989. « On dirait qu’il a réalisé son souhait, encore une fois, au détriment de la sécurité publique. »

Le registraire attribue un numéro de référence donnant le feu vert à une vente que s’il est convaincu que l’acheteur peut détenir un permis, dit Tim Warmington, un porte-parole de Sécurité publique Canada.

Il reconnaît que les règlements proposés « ne précisent pas explicitement quelles informations le vendeur doit fournir » au registraire lorsqu’un numéro de référence est demandé.

Parmi les renseignements qui pourraient être requis par le registraire, M. Warmington mentionne le numéro du permis du vendeur afin de s’assurer que celui-ci en possède un valide. Il cite aussi le numéro et la date d’expiration de celui de l’acheteur afin de garantir sa validité.

Le vendeur devra également confirmer qu’il a vérifié de manière raisonnable sur l’acheteur était titulaire du permis présenté, ajoute M. Warmington.

PolySeSouvient concède que le bureau d’enregistrement peut demander des informations sur le permis avant d’accorder un numéro de référence. Toutefois, il dit que cette mesure est discrétionnaire et n’est pas requise par la loi. « La vérification du permis d’un acheteur potentiel par le Directeur des armes à feu n’est plus une option et repose uniquement sur la bonne foi du vendeur, comme auparavant », peut-on lire dans le mémoire.

Le groupe dit craindre qu’un futur gouvernement s’appuyant sur le lobby des armes à feu demande à ses fonctionnaires d’approuver automatiquement de telles demandes ou applications, « d’où l’importance de spécifier ces détails dans la loi ».

La loi oblige maintenant à vérifier tout l’historique des comportements de l’acheteur, pas seulement ceux des cinq années précédant la demande de permis. Une personne ayant des antécédents de violence conjugale ou ayant proféré des menaces sur l’internet n’est pas admissible.

Elle oblige les commerçants à conserver des registres des ventes d’armes à feu sans restriction. Les propriétaires d’armes à feu à autorisation restreinte et prohibée doivent se munir d’une autorisation de transport sauf s’ils se rendent dans un centre de tir approuvé. « Enfin, l’autorisation de transporter des armes de poing ne s’applique pas dans 96,5 % des cas, tout en gardant l’échappatoire qui peut être invoquée par toute personne transportant son arme de poing presque n’importe où dans une province », note le groupe.

PolySeSouvient a également exprimé d’autres inquiétudes concernant ces éléments. Notamment, il estime que l’efficacité des registres des ventes est minée par la nécessité pour les policiers d’obtenir un mandat de perquisition pour y accéder, « une exigence qui n’existait pas auparavant ».