Archives du mot-clé Contrôle des armes à feu

Un père ayant perdu son fils interpelle Biden sur les armes à feu, Quatre ans après Parkland

PHOTO STEFANI REYNOLDS, AGENCE FRANCE-PRESSE

Manuel Oliver a suspendu à une grue une bannière appelant le gouvernement de Joe Biden à agir contre les armes à feu, près de la Maison-Blanche à Washington, le 14 février 2022. Le fils d’Oliver, Joaquin Oliver, a été tué dans la fusillade de l’école Parkland il y a quatre ans aujourd’hui.

AGENCE FRANCE-PRESSE, Le Devoir, 14 février 2022

(Washington) Le père d’un élève tué par balle en 2018, dans l’une des pires fusillades scolaires ayant endeuillé les États-Unis, a grimpé lundi au sommet d’une grue près de la Maison-Blanche pour appeler Joe Biden à agir contre les armes a feu.

« 45 000 personnes ont été tuées par des armes à feu depuis que vous assumez la responsabilité » du pays, pouvait-on lire sur une large banderole suspendue par Manuel Oliver à une grue de chantier, en plein centre de la capitale, avec un dessin de son fils Joaquin, tué il a quatre ans jour pour jour.

Le 14 février 2018, jour de la Saint-Valentin, un ancien élève du lycée Marjory Stoneman Douglas à Parkland, en Floride, était entré dans l’établissement avec un fusil semi-automatique, tuant 17 personnes et en blessant une quinzaine d’autres, dans ce qui fut l’un des pires massacres commis en milieu scolaire aux États-Unis.

Au pied de la grue toute proche de la Maison-Blanche, la mère de Joaquin a confié ressentir toujours « une douleur, partout », celle de son fils mort.

Mais « cela nous pousse à faire quelque chose » contre les armes à feu, a expliqué à l’AFP Patricia Oliver, pendant que son mari entamait sa descente de la structure.

Il a ensuite été arrêté par la police.

« Nous montrons cela au président, parce que nous avons besoin qu’il prenne des mesures », a-t-elle ajouté, « nous avons besoin d’actions qui fonctionnent réellement ».

En décembre, le couple avait passé trois semaines devant la Maison-Blanche pour demander un rendez-vous avec Joe Biden. Ils n’ont finalement pu que rencontrer un conseiller, « mais depuis, il ne s’est rien passé ».

Avec cette action est lancée une campagne, « Shock market », qui doit « montrer en temps réel combien de personnes meurent en Amérique en raison de la violence par arme à feu », a poursuivi Patricia Oliver.

« Le président Biden n’a pas été à la hauteur des réformes sur les armes à feu qu’il avait promises durant sa campagne » dénonce « Shock Market » sur son site internet.

De son côté, la Maison-Blanche a publié lundi matin un communiqué où Joe Biden « prie » pour les victimes et leurs familles. « Nous nous souvenons de ceux disparus à Parkland, et nous nous tenons aux côtés des Américains dans chaque coin du pays qui ont perdu un proche en raison des violences par armes à feu », une « pandémie », ajoute le communiqué.

L’attaque de Parkland avait déclenché aux États-Unis un mouvement de protestation contre les armes d’une ampleur historique, aiguillé par les jeunes, sans que cela se traduise par des mesures fortes sur le plan législatif fédéral, notamment en raison de l’influence du lobby des armes au Congrès.  

À part quelques initiatives périphériques menées par son administration, le président démocrate a donc pour l’instant déçu les militants favorables à un encadrement renforcé des armes à feu, en échouant à faire adopter une loi majeure depuis son arrivée au pouvoir.

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Des membres du Centre culturel islamique de Québec dénoncent l’inaction d’Ottawa

Cinq ans après l’attentat à la grande mosquée de Québec, « rien n’a été fait » pour empêcher l’accès ou le maintien des armes à feu qu’avait en sa possession le tueur, déplorent des membres du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) et des groupes de contrôle des armes.

PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL. Boufeldja Benabdallah, porte-parole du Centre culturel islamique de Québec, est l’un des signataires de la lettre.

FRÉDÉRIC LACROIX-COUTURE, LA PRESSE CANADIENNE, 27 janvier 2022

À quelques jours des commémorations de la tragédie du 29 janvier 2017, ils interpellent à la fois Québec et Ottawa dans deux lettres distinctes obtenues par La Presse Canadienne.

L’une s’adresse au premier ministre François Legault et à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. L’autre a été envoyée au premier ministre Justin Trudeau et à son ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino.

La vingtaine de signataires mentionnent qu’il « est toujours pénible de savoir » que le tueur de la grande mosquée avait utilisé une arme (de la marque Glock) et cinq chargeurs de dix balles achetés légalement pour commettre son crime, qui a fait six morts et huit blessés. Il avait aussi en toute légalité au moins cinq autres armes et trois armes d’assaut.

Ils soutiennent qu’un « individu avec le même profil pourrait aujourd’hui posséder les mêmes armes et accessoires ».

« Il est absolument néfaste et honteux de constater qu’en cinq ans, RIEN n’a été fait pour changer les circonstances ayant permis à cet individu d’acquérir ou de garder un tel arsenal », dénoncent les principaux signataires Boufeldja Benabdallah, porte-parole du CCIQ, et Mohamed Khabar, l’une des victimes de la fusillade.

Ils sont appuyés par 18 autres personnes représentant entre autres PolySeSouvient, l’Association des Étudiants de Polytechnique, la Coalition pour le contrôle des armes, Ensemble pour Thomas et les Familles liées à Dawson.

Ils avancent que les ventes d’armes de poing atteignent des « niveaux records ». Le fabricant de la marque Glock a même rapporté une hausse de ses ventes canadiennes en 2020, mentionnent les auteurs des lettres, et ce, « grâce à la demande élevée pour le même modèle utilisé pour tuer et blesser nos confrères ».

« Selon nous, cette situation est entièrement due à l’inaction du gouvernement fédéral, qui détient la responsabilité du Code criminel qui classifie les armes “ sans restrictions ”, “ à autorisation restreinte ” ou encore “ prohibées ”, cette dernière étant la catégorie dans laquelle les armes de poing devraient se retrouver », écrivent-ils.

La responsabilité d’Ottawa

Les signataires réclament que le contrôle des armes de poing reste dans les mains du fédéral.

L’hiver dernier, le gouvernement Trudeau proposait dans son projet de loi C-21 — mort au feuilleton avec le déclenchement des élections — de donner le pouvoir aux municipalités d’interdire les armes de poing, ce qui a été mal accueilli par l’Assemblée nationale.

En campagne électorale, les libéraux ont promis d’étendre ce pouvoir aux provinces et territoires.

Dans la lettre adressée au premier ministre Legault, ils demandent au gouvernement québécois « de ne pas permettre au fédéral de se déresponsabiliser dans le dossier des armes de poing ».

Dans celle envoyée au premier ministre Trudeau, ils invitent Ottawa à prendre ses responsabilités pour adopter une législation qui sera mise en œuvre d’un océan à l’autre.

« Même si le gouvernement du Québec décidait d’interdire les armes de poing sur son territoire, leur prolifération dans le reste du Canada se poursuivrait : il s’agirait, après tout, d’une interdiction auprès d’une seule des treize juridictions canadiennes », écrivent les signataires.

Ils déplorent aussi que les armes de style arme d’assaut devenues illégales en 2020 puissent encore se retrouver entre les mains de ceux les ayant achetées avant l’interdiction. Un programme de rachat a été promis par les libéraux fédéraux, mais il se fait toujours attendre.

Lettres signées par :

Boufeldja Benabdallah Mohamed Khabar, Mosquée de Québec

Avec l’appui de :

Maxime Riera, Association des Étudiants de Polytechnique et Mouvement étudiant Pas_Ici

Wendy Cukier, Coalition pour le contrôle des armes

Ken Price, Claire Smith, Danforth Families for Safe Communities

Luna Vadlamudy, Émile Tremblay, Raphael Laurence et Alice Benoit, Ensemble pour Thomas Louise de Sousa,

Kathlene Dixon, Meaghan Hennegan, Familles liées à Dawson

Nathalie Provost, Serge St-Arneault, Suzanne Laplante-Edward, Jim Edward, Jimmy Edward, Sylvie Haviernick, Heidi Rathjen, PolySeSouvient

LIENS – PUBLICATIONS

https://www.lapresse.ca/actualites/2022-01-26/controle-des-armes/des-membres-du-centre-culturel-islamique-de-quebec-denoncent-l-inaction-d-ottawa.php

https://montreal.ctvnews.ca/quebec-muslim-leaders-call-for-federal-handgun-ban-in-letters-to-legault-trudeau-1.5756345 (in over a hundred publications)

https://www.lesoleil.com/2022/01/27/controle-des-armes-linaction-dottawa-denoncee-0d45100d630d71dbeaf12e89f8196603

VIDEO https://montreal.ctvnews.ca/video?clipId=2369980&jwsource=em 

https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/quebec-city-muslim-community-more-action-needed-1.6329785

Lettre intégrale dans Québec Hebdo:

PolySeSouvient se dit fatigué, mais non moins déterminé

Marco Bélair-Cirino, Le Devoir, 11 décembre 2021

Lundi 6 décembre 2021. La lumière de gyrophares éclabousse les arbres de part et d’autre du chemin Olmsted, qui serpente autour du mont Royal. Le convoi du premier ministre Justin Trudeau s’éloigne lentement du belvédère Kondiaronk, d’où 14 faisceaux lumineux s’élancent vers le ciel tourmenté, rappelant la mémoire des étudiantes tuées par balles lors de l’attentat antiféministe perpétré à l’École Polytechnique de Montréal, 32 ans plus tôt.

Passé en coup de vent, le chef du gouvernement canadien a laissé derrière lui une rose blanche et la promesse de soutenir la lutte contre la violence par armes à feu.

Plus de trois décennies après la tragédie du 6 décembre 1989, les figures de proue du groupe pour le contrôle des armes PolySeSouvient, Nathalie Provost et Heidi Rathjen, ne demandent qu’à croire Justin Trudeau, notamment lorsqu’il promet de retirer les armes à feu de style militaire opérationnelles des mains des Canadiens en échange d’une compensation financière.

« Il y a la fatigue, la frustration qui s’installent », fait remarquer Heidi Rathjen, après des années de batailles pour un contrôle accru des armes à feu au Canada durant lesquelles les avancées et les reculs ont été nombreux. « Même quand on gagne, on perd », dit la témoin de la tuerie du 6 décembre 1989, ayant en tête les « promesses électorales brisées » et les mesures de contrôle « anéanties par des tricheries réglementaires ».

« On ne peut pas faire cela pour l’éternité », lâche Heidi Rathjen. Pourtant, « beaucoup reste encore à faire », constate la coordonnatrice de PolySeSouvient, tout en pointant la recrudescence de la violence liée aux armes à feu et les 18 féminicides survenus au Québec depuis le début de l’année.

L’« adrénaline » ayant gagné Nathalie Provost le jour du 32e anniversaire de l’attaque antiféministe à Polytechnique au gré des entrevues avec des journalistes, des entretiens avec des personnes dont la vie a aussi été bouleversée par une arme à feu, des activités de commémoration, dont celle à laquelle elle a participé en compagnie des premiers ministres canadien, Justin Trudeau, et québécois, François Legault, s’estompe. « Je reviens au neutre, comme disait mon père », mentionne-t-elle dans un échange avec Le Devoir jeudi soir.

Nathalie Provost dit être « un peu tannée » de se battre pour interdire les armes d’assaut et de poing ainsi que les chargeurs de grande capacité, 32 ans après avoir été atteinte par les projectiles de Marc Lépine, qui avait fait irruption dans sa classe de l’École Polytechnique, porté par une haine antifemmes et armé d’une carabine semi-automatique Ruger Mini-14, pour y tuer le plus de femmes possible. « Je ne trouve pas ça facile. Puis, en même temps, j’ai la sensation que les probabilités qu’on s’approche de quelque chose de vrai, puis d’important, sont tellement grandes là », affirme la survivante de la tuerie du 6 décembre 1989, près de trois mois après les dernières élections fédérales. « Si les Canadiens avaient élu Erin O’Toole, même minoritaire, je ne sais pas ce que j’aurais fait », laisse tomber Nathalie Provost. « Mais ce n’est pas Erin O’Toole qui est au pouvoir, c’est un gouvernement libéral [qui s’y trouve] avec le Bloc québécois et le NPD, avec qui on peut travailler », poursuit-elle.

La femme de 55 ans n’hésite plus à dire aux décideurs politiques leurs quatre vérités, comme elle l’a fait avec Justin Trudeau après avoir lu le projet de loi C-21 sur les armes à feu déposé à la Chambre des communes en février dernier. Tant pis si son approche frontale nuit à ses ambitions, se dit-elle. « Vous dites que vous partagez la peine et la souffrance que nous vivons. C’est faux, Monsieur le Premier Ministre. Car si tel était véritablement le cas, vous auriez eu le courage d’aller au bout de vos convictions », avait écrit Nathalie Provost au premier ministre « un dimanche soir sur [sa] table de cuisine ». « Si vous poursuivez avec ce projet de loi, plus jamais nous n’accepterons de vous recevoir à nos côtés lorsque nous pleurerons la mort de nos filles, de nos sœurs, de nos amies, lors des commémorations annuelles », l’avertissait-elle. « Ça m’a pris une heure, une heure et quart l’écrire. On l’a fait vérifier par quelques stratèges qui ont dit “Ouf, ouais, OK”, puis on l’a envoyée par courriel à toute la gang de PolySeSouvient. Les réponses ont été instantanées : “Oui, oui, oui, oui, oui…” » raconte Nathalie Provost.

L’étude du projet de loi C-21 s’est arrêtée net après la publication de la lettre au bas de laquelle une quarantaine de survivants, témoins, parents de disparues avaient apposé leur signature.

« C’était pas mal extrême, mais nécessaire », souligne Heidi Rathjen, tout en rappelant que « la mesure principale pour laquelle [PolySeSouvient] se bat, c’est l’interdiction des armes d’assaut ».

Au cours de l’été, le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a réitéré sa promesse de neutraliser les armes à feu de style militaire au pays. « Ou bien [les propriétaires] revendent ces armes au gouvernement pour qu’il les détruise ou bien on se charge de les rendre inutilisables », avait-il déclaré en campagne électorale à la satisfaction des signataires de la lettre.

Nathalie Provost dit avoir croisé un premier ministre « mal à l’aise » sur le sommet du mont Royal lundi dernier. « Je l’ai salué. Il nous a remerciés de l’accueillir. J’ai dit : “Maintenant, on attend que vous livriez les promesses”. Il a répondu : “oui” », relate-t-elle.

Les porte-parole de PolySeSouvient, Nathalie Provost et Heidi Rathjen — qui se sont rencontrées pour la première fois le jour de leur rentrée à l’École Polytechnique, en septembre 1985 —, disent continuer de mener bataille notamment parce qu’elles ont la certitude de faire écho aux demandes non seulement des victimes des violences par armes à feu, mais de la majorité de la population canadienne.

En compétition avec un lobby proarmes les accusant de « pleurnicher », les deux bénévoles ainsi que les survivants et les témoins de la violence par armes à feu qui gravitent autour d’elles comme Meaghan Hennegan (survivante de la fusillade au Collège Dawson, en 2006) et Boufeldja Benabdallah (témoin des contrecoups de l’attentat de la grande mosquée de Québec en 2017), ont l’oreille de la population, des médias et des hommes et femmes politiques.

« Les familles des victimes ont une crédibilité énorme parce qu’elles n’ont rien à gagner. Elles ont déjà tout perdu », explique Heidi Rathjen.

« On ne lâche pas, on continue, même si c’est exigeant », dit Nathalie Provost qui concilie, elle aussi, travail, famille et activisme.

« Toutes les deux on est fatiguées. Mais on s’appuie l’une sur l’autre, et sur les autres membres de notre petit collectif, et on est rendues d’une efficacité redoutable », fait-elle remarquer.

Comptez-vous sur une relève ? « La relève, on la prépare, on la prépare », indique l’ex-administratrice de l’École Polytechnique, tout en soulignant que « tu ne peux pas forcer » d’autres victimes à monter sur la ligne de front.

Cela dit, PolySeSouvient voit d’un très bon œil l’implication de la mairessede Montréal, Valérie Plante, qui a pris à bras-le-corps la lutte contre la violence armée.

Comme elle, le groupe continue de presser Justin Trudeau de renoncer à son idée de sous-traiter aux provinces et aux municipalités l’imposition de nouvelles restrictions sur les armes de poing pour interdire plutôt les armes de poing d’un océan à l’autre… comme son prédécesseur Paul Martin le promettait il y a plus de 15 ans.

« On est moins protégés en 2021 qu’en 1989 »

Entretien avec Nathalie Provost, survivante de Polytechnique

Le souvenir de la tuerie de Polytechnique, il y a 32 ans ce lundi, prend une couleur particulière pour des survivantes et des témoins cette année, dans la foulée d’une série de meurtres de femmes partout au Québec et de fusillades aux quatre coins de Montréal. Et plus que jamais, le collectif PolySeSouvient dénonce l’inaction du fédéral pour s’attaquer aux armes de poing.

MAYSSA FERAH, LA PRESSE, 6 décembre 2021

« C’est une catastrophe. On est moins protégés en 2021 qu’en 1989 », estime Nathalie Provost. Elle a reçu quatre projectiles le 6 décembre 1989, quand 14 femmes ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes.

Bien sûr, il n’y a pas de lien entre le meurtre de Meriem Boundaoui, tuée en février dernier par une balle perdue, et le drame de Polytechnique. Mais les multiples évènements impliquant des armes à feu dans la métropole tourmentent la survivante de la tuerie.

Au moment d’évoquer la mort de Thomas Trudel, tué par balle en novembre, Nathalie Provost lance un soupir lourd de sens. Puis après un bref silence, elle dit : « Ce que ça provoque chez moi, c’est le retour de la peur. Je suis triste de ce retour-là dans ma vie. On ne redevient jamais complètement fonctionnel après un évènement impliquant une arme. La peur de la balle perdue, c’est affreux. »

Chaque année, Nathalie Provost est sollicitée pour parler du drame de Polytechnique. Et chaque année, elle reprend la parole dans l’espoir d’éliminer la violence par armes à feu.

Il y a des années où c’est pesant, et je le fais pareil. Cette année, je suis assez positive. J’ai le sentiment qu’on fait une différence. Notre discours fait écho dans le climat actuel.

Nathalie Provost, survivante de la tuerie de Polytechnique

À chaque commémoration, son mécontentement face à l’inaction du fédéral augmente.

« Essayez donc de me trouver une action forte et permanente des libéraux par rapport aux armes à feu. Les armes de poing, c’est une responsabilité fédérale. Il faut arrêter de se lancer la balle et envoyer un message clair : on n’en veut pas. »

Loin du but

Le collectif PolySeSouvient n’est pas tendre envers le gouvernement de Justin Trudeau. Le groupe dénonce la vacuité du projet de loi C-21 sur le contrôle des armes. Il ne va pas assez loin, plaide-t-il.

Le groupe qui se bat pour un meilleur contrôle des armes à feu, en particulier les armes de poing, critique l’absence d’un programme de rachat forcé pour les armes d’assaut interdites. Rien n’oblige pour le moment les propriétaires à les rendre aux autorités, malgré les promesses en ce sens du parti de Justin Trudeau.

Jusqu’à présent, Ottawa demeure campé sur l’idée de laisser aux villes le soin de les interdire.

Tout est mis sur la table pour nourrir le marché de la revente, estime Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient.

Ce qui avait été gagné après le drame de Poly, notamment un registre fédéral des armes à feu, a été détruit sous l’administration Harper, soutient le collectif. « Mais ça n’a jamais été reconstruit sous les libéraux. Il y a un affaiblissement du contrôle des armes alors qu’on assiste à une hausse des féminicides et à plusieurs fusillades. »

Selon le collectif, en reculant sur sa promesse de forcer les points de vente à s’assurer que les acheteurs d’armes à feu non restreintes possèdent un permis valide, les libéraux nourrissent le statu quo.

Il faut envoyer un message clair et resserrer le contrôle. La job n’est pas finie.

Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient

Le gouvernement fédéral n’a rien fait de concret sur le terrain, répète-t-elle. Les armes d’assaut sont théoriquement prohibées, mais la plupart demeurent entre les mains de leur propriétaire.

Vérifier le permis d’un acheteur, c’est la base d’une politique de contrôle des armes à feu efficace, estiment les membres de PolySeSouvient.

Culture des armes

« Le climat d’insécurité pousse de plus en plus de monde à s’armer. On ne veut pas se diriger dans une direction qui ne correspond pas aux valeurs des Canadiens. On ne veut pas de la culture des armes qui prolifère », juge Heidi Rathjen.

Interdire les armes de poing et ne pas tout laisser aux municipalités enverraient donc un message clair à l’ensemble de la population, qu’il s’agisse d’individus liés à la criminalité ou pas, pense la porte-parole.

« Le lobby des armes à feu fait la promotion de l’usage de l’arme pour la défense personnelle. Ils ne le font pas ouvertement, mais militent pour qu’on commence à voir l’arme comme un instrument de protection. Entre ce discours partagé par les criminels et le lobby des armes à feu, il n’y a qu’un pas. »

Pour stopper le fléau, il faut un certain courage politique, plaide-t-elle. Ça passe par la volonté de rendre les pistolets moins accessibles.

Les armes illégales sont déjà illégales, certes. « C’est une question d’opérations policières. Mais il faut aussi un courage politique pour décider d’intervenir dans les secteurs où on sait qu’elles circulent. »

Si on n’intercepte pas ces armes par où elles transitent, elles se retrouvent dans les mains de nos jeunes.

Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient

Elle craint qu’un point de non-retour soit franchi autant en ce qui a trait aux armes légales, prohibées ou à utilisation restreinte.

« J’ai confiance en la nouvelle génération »

Nathalie Provost ne s’oppose pas nécessairement aux peines plus sévères pour possession d’armes à feu. Mais les punitions plus lourdes sont parfois inefficaces pour contrer la montée de la violence, avance-t-elle. « Dans les meurtres conjugaux ou les fusillades actuelles, il y a le facteur impulsivité. La décision de tirer est rapide et émotionnelle, le suspect ne pense pas aux conséquences à ce moment-là. » Un message clair d’Ottawa serait donc le bienvenu, lance-t-elle.

Meurtres de femmes qui se multiplient. Tuerie en Nouvelle-Écosse, la pire de l’histoire moderne du Canada. Règlement de comptes entre de jeunes suspects qui font d’innocentes victimes. Les dernières années sont peu encourageantes pour quiconque milite contre les armes de poing ou les violences envers les femmes, admet Nathalie Provost. L’inaction du fédéral la déconcerte encore plus dans ce contexte. Elle garde espoir malgré tout. Montréal n’est pas devenu dangereux, souligne-t-elle. « Je continue mon combat, car j’ai confiance en la nouvelle génération. Certains ont beau les traiter de woke, la génération des 20 à 30 ans se mobilise beaucoup plus contre la violence. »

Elle salue les marches dans certains quartiers touchés par les fusillades, les prises de position des jeunes sur les réseaux sociaux, le vent de changement et le refus du statu quo. « Peut-être vont-ils nous sauver, en bout de ligne. »

AUTRES LIENS

Montreal, The Tragically Hip

Aujourd’hui, 6 décembre 2021, le groupe musical The Tragically Hip (reconnu mondialement) diffuse officiellement la vidéo d’une chanson que le défunt chanteur Gord Downie avait écrite en 1999 pour souligner la 10e commémoration de la tragédie de la Polytechnique. Gord Downie a performé cette chanson qu’une seule fois à Montréal le 7 décembre 2000 au Centre Molson. Elle est dédiée aux familles des 14 victimes et soutient le travail de PolySeSouvient. 

Voici le message publié par le groupe

Aujourd’hui nous exprimons notre soutien aux familles des 14 victimes et aux survivants du féminicide à l’École Polytechnique de 1989. Nous souhaitons appuyer leurs efforts contre la possession et la vente d’armes d’assaut semi-automatiques.

Visitez https://polysesouvient.ca/polyremembers/ pour plus d’informations et pour faire un don.

Lien qui vous permettra de visionner la chanson

Paroles originales avec traduction française de Montreal, The Tragically Hip

Nous aimerions faire une chanson maintenant sur le processus d’identification
We’d like to do a song now about the identification process
Ça s’appelle Montréal
It’s called Montreal
Elle aimait les tailleurs lavande
She used to like lavender pant suits
Et de longs gants de velours noir
And long black velvet gloves
Les sourires traversent les salles bondées
Smiles cross crowded rooms
Du seul garçon qu’elle aurait jamais aimé
From the only boy she’d ever love
Ne t’inquiète pas
Don’t you worry
Sa mère va la faire bien paraître
Her mother’s gonna make her look good
Ne t’inquiète pas
Don’t you worry
Sa mère va la faire bien paraître
Her mother’s gonna make her look good
Je n’aimais pas les manteaux léopard
Didn’t like leopard coats
Ou de grands millionnaires minces
Or tall thin millionaires
Embrasser tout le monde le soir du Nouvel An
Kissing everybody on New Year’s Eve
Ou envoyer un homme à la chaise électrique
Or send a man to electric chair
Ne t’inquiète pas
Don’t you worry
Sa mère va la faire bien paraître
Her mother’s gonna make her look good
Ne t’inquiète pas
Don’t you worry
Son père va la faire bien paraître
Her father’s gonna make her look good
Donnez-moi la chance d’expliquer
Give me the chance to explain
Eh bien, pourquoi n’expliques-tu pas simplement
Well, why don’t you just explain
Allez, explique-moi
Come on, explain away
La neige est si impitoyable
The snow is so merciless
Sur le pauvre vieux Montréal
On poor old Montreal
Malgré tout ce qui s’est passé
In spite of everything that’s happened
Ouais, malgré tout
Yeah, in spite of it all
Ne t’inquiète pas
Don’t you worry
Sa mère va la faire bien paraître
Her mother’s gonna make her look good
Ne t’inquiète pas
Don’t you worry
Son père va la faire bien paraître
Her father’s gonna make her look good
Source LyricFind
Paroliers : Gord Downie / Gord Sinclair / Johnny Fay / Paul Langlois / Rob Baker
Paroles de Montreal © Peermusic Publishing

Interprétation de la chanson

Ces paroles énigmatiques suggèrent qu’il s’agit bel et bien de la tragédie de la Polytechnique de Montréal du 6 décembre 1989.

Le compositeur décrit ce que les filles aiment; les simples choses de la vie, sans extravagances dans leur habillement. Elles ne recherchent pas de riches manteaux, ni de millionnaires. Elles aiment rire et sont en amour. Tout ce qu’elles demandent, c’est d’être comprises dans leur quête pour devenir ingénieure. Peut-être que le tueur aurait découvert des amies chez ces jeunes femmes s’il avait pris la peine de les écouter au lieu de s’accrocher aux stéréotypes qui l’aveuglaient, qui l’empêchait de voir en elles des êtres humains ayant une histoire sacrée, comme tout autre être humain.

Dès les premières notes, Gord Downie souligne qu’il s’agit d’une chanson au sujet d’un processus d’identification. Il semblerait, selon une interprétation, qu’il s’agit de la mère de l’une des victimes qui a dû identifier la dépouille de sa fille. D’où la lyrique « sa mère (son père) va la faire bien paraître ». Triste image d’une mère et d’un père penchés au-dessus du cercueil de leur fille défigurée.

Mes remerciements au groupe The Tragically Hip

J’aimerais sincèrement remercier le groupe The Tragically Hip d’avoir rendu publique une chanson que le défunt chanteur Gord Downie a écrite il y a plus de vingt ans en hommage aux quatorze victimes du féminicide de l’École Polytechnique en 1989, dont ma sœur Annie.

Cette commémoration est difficile chaque année, mais elle est aussi très importante. Notre devoir de mémoire est ce qui fortifie notre lutte pour un meilleur contrôle des armes au Canada. La solidarité que ce groupe d’artistes mondialement reconnu est ainsi très touchante.

Leur générosité est également vivement appréciée. En effet, même si l’opinion publique est majoritairement de notre côté, notre budget opérationnel est très modeste. Nous n’avons pas les ressources nécessaires pour mettre sur pied des activités d’envergure pour une levée de fonds.

À l’occasion de cette 32e commémoration de la tragédie de Polytechnique, je me permets de demander aux Canadiens qui appuient le contrôle des armes de visiter le site internet de PolySeSouvient afin d’utiliser notre module permettant d’envoyer un courriel à nos élus en appui avec nos revendications, dont l’interdiction des armes d’assaut.

Lien : https://polysesouvient.ca/appelaction/

Traduction anglaise de mes remerciements

I would like to sincerely thank The Tragically Hip for releasing a song that the late singer Gord Downie wrote more than twenty years ago in honour of the fourteen victims of the 1989 École Polytechnique femicide, including my sister Annie.

This commemoration is difficult every year, but it is also very important. Our duty to remember is what strengthens our fight for better gun control in Canada. The solidarity of this group of world-renowned artists is therefore very touching.

Their generosity is also greatly appreciated. Indeed, even though public opinion is overwhelmingly on our side, our budget is very modest. We do not have the resources to organise large-scale fundraising activities.

On the occasion of this 32nd commemoration of the tragedy at Polytechnique, I would like to ask Canadians who support gun control to visit the PolySeSouvient website to use our online tool to send an email to our elected officials in support of our recommendations, including the banning of assault weapons: 

https://polysesouvient.ca/calltoaction/

Serge St-Arneault
Brother of Annie St-Arneault

Polytechnique : un triste anniversaire au terme d’une année ternie par les féminicides

Morgan Lowrie – La Presse canadienne, 5 décembre 2021

Trente-deux ans après qu’un homme armé, obsédé par sa haine des féministes, eut ouvert le feu sur le campus de Polytechnique Montréal, tuant 14 femmes et en blessant d’autres, la liste des femmes assassinées par des hommes continue de s’allonger au Québec.

Alors que les Québécois se préparent à observer un moment de silence ainsi qu’à participer à des cérémonies solennelles pour commémorer la tragédie survenue le 6 décembre 1989, des militantes soulignent que la vague de féminicides observée au Québec prouve que la violence misogyne n’est pas une affaire du passé.

Depuis le début de l’année 2021, le décompte non officiel s’élève à au moins 18 féminicides survenus sur le territoire québécois.

Nathalie Provost, elle-même blessée par quatre balles tirées par le tueur de la Polytechnique, est bien placée pour savoir que chacun de ces décès est une tragédie.

Si le drame de la Polytechnique demeure l’une des pires tueries de l’histoire du Canada, pour Mme Provost, cette histoire va bien au-delà des statistiques.

En entrevue avec La Presse canadienne, elle souligne que les victimes n’étaient pas des inconnues ou des visages sur des photos. Pour elles, ces femmes étaient ses collègues, des yeux qu’elle croisait, des voix qu’elle connaissait.

Devant la série de meurtres commis contre des femmes, Nathalie Provost se dit inquiète parce qu’elle voit des similitudes entre les difficultés économiques et le marché du travail en 1989, puis le climat d’incertitude provoqué par la pandémie de COVID-19.

« De mon point de vue, en temps de crise, les premiers à en payer le prix sont les femmes et les enfants. J’en suis absolument convaincue », dit-elle.

Louise Riendeau, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, abonde dans le même sens. À son avis, l’année 2021 a été particulièrement difficile en matière de violence envers les femmes et la pandémie de COVID-19 n’y est pas étrangère.

Elle souligne que le confinement visant à limiter la propagation du virus a aussi eu pour effet de piéger certaines femmes chez elle, sous le joug de leurs agresseurs.

Puis, au moment du retour progressif à la vie normale, ces mêmes agresseurs ont vu leur contrôle sur leur victime s’effriter, entraînant du même coup une hausse de leur niveau de violence.

Lorsqu’elle pense aux victimes de la tragédie de la Polytechnique, Louise Riendeau se dit attristée par le fait qu’elles ont été tuées pour le simple fait qu’elles rêvaient d’occuper les mêmes emplois que des hommes.

« Elles voulaient devenir ingénieures et quelqu’un a voulu les en empêcher », résume-t-elle en soulignant que la violence des hommes envers les femmes vise encore aujourd’hui à les empêcher de s’épanouir pleinement.

Toutefois, malgré tous les parallèles que l’on peut imaginer, Mme Riendeau tient à rappeler que la plus grande menace à laquelle les femmes sont confrontées n’est pas celle d’un tireur inconnu, mais se trouve près d’elles, voire dans leur propre maison.

Des 18 féminicides recensés au Québec cette année, 17 auraient été commis par un conjoint actuel ou passé.

La représentante du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale prévient que les signes de danger les plus clairs sont des antécédents de violence conjugale chez un conjoint et des tendances manipulatrices.

En avril dernier, le gouvernement du Québec a annoncé des investissements supplémentaires de 223 millions $ pour lutter contre la violence conjugale. Plus récemment, on a annoncé un projet de loi dans le but de créer un tribunal spécialisé pour entendre les affaires de violence sexuelle. Québec a aussi dévoilé un projet pour forcer des agresseurs à porter des bracelets électroniques anti-rapprochement.

Louise Riendeau estime que certaines choses se sont améliorées pour les victimes, incluant la manière dont elles sont traitées par les policiers et les procureurs. Elle se réjouit aussi d’une plus grande conscientisation de la jeune génération.

Il reste que c’est par l’éducation et par la création d’une société égalitaire que l’on peut enfin espérer mettre fin à la maltraitance des femmes, selon elle.

La cérémonie de commémoration de la tragédie de 1989 aura lieu lundi soir avec l’illumination sur le mont Royal de 14 faisceaux s’élevant vers le ciel et représentant les victimes du drame. En raison de la pandémie, on demande toutefois aux gens de ne pas se rassembler sur place.

Autre lien du même article ICI

Aux amis de PolySeSouvient. Mise à jour : Élections / Appel à l’action / Levée de fonds urgente

À l’approche du 32e anniversaire du féminicide à Polytechnique (6 décembre), les survivants, témoins et familles de victimes continuent leur lutte pour un meilleur contrôle des armes, et plus particulièrement l’interdiction des armes d’assaut. Nous sommes proches de but! 

Lors des dernières élections, les Libéraux sont revenus sur leur recul du printemps dernier et ont promis de nouveau un programme de rachat *obligatoire* des armes d’assaut! Étant donné l’attention sans précédent que les médias ont consacrée à ce dossier pendant la campagne électorale, nous pouvons cette fois être un peu plus optimistes… Pour ce qui est des armes de poing, cela augure plutôt mal en ce moment, avec les deux paliers de gouvernement qui se lancent la balle. Somme toute, il est clair qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. 

Voici donc une mise à jour depuis notre dernière en mars, une proposition d’action concrète et une demande spéciale :

LISEZ notre mise à jour qui présente toutes nos actions et l’impact qu’elles ont eu sur l’issue des élections. Vous pourrez alors constater à quel point la question du contrôle des armes et les actions de PolySeSouvient ont été déterminantes autant quant aux promesses des partis qu’aux résultats finaux du vote:
https://polysesouvient.ca/Documents/DOCU_21_11_29_MiseAJour.pdf

AGISSEZ en envoyant un courriel réclamant des mesures concrètes au premier ministre, au nouveau ministre de la Sécurité publique et à votre député (ou députée) à l’aide de ce simple module en ligne (bilingue) qui ne nécessite qu’une minute de votre temps:
https://polysesouvient.ca/appelaction/

AIDEZ-NOUS à poursuivre la lutte en faisant un don à PolySeSouvient. Cette fois, notre levée de fonds bisannuelle est particulièrement cruciale. En effet, notre site web a été victime d’un vicieux sabotage, ce qui a fait qu’il a complètement disparu – en pleine campagne électorale! C’est seulement avec l’aide d’une firme spécialisée que nous avons réussi à le rebâtir en toute urgence (ce dernier étant un outil essentiel à nos campagnes). Cette immense dépense imprévue de plusieurs milliers de dollars s’ajoute à nos frais habituels. Nous espérons donc pouvoir compter sur votre support pour nous aider à acquitter de cette facture exceptionnelle pour que nous puissions continuer à accomplir notre travail.

Par virement Interac au info@polysesouvient.ca ou par carte de crédit à l’aide du bouton de don (PayPal) sur notre site web au https://polysesouvient.ca/

Solidairement,
Heidi, Nathalie, Serge, Meaghan, Kathlene et bien d’autres…

Lettre de PolySeSouvient au Premier ministre du Canada

PolySeSouvient demande au gouvernement de respecter sans tarder ses engagements électoraux sur les armes à feu et de nommer un ou une ministre qui appuie formellement le contrôle des armes.

Monsieur le Premier Ministre,

Permettez-nous d’abord de vous féliciter pour la réélection du Parti libéral et la vôtre, accédant pour un troisième mandat au poste de Premier Ministre du Canada. Comme vous le savez, PolySeSouvient a encouragé le vote libéral au cours de cette campagne. En effet, vos décrets de mai 2020 prohibant 1,500 modèles d’armes d’assaut ainsi que la précision et la clarté de vos promesses pour un programme de rachat obligatoire ont eu raison de notre déception devant l’approche faible privilégiée par le Parti libéral depuis 2012 en lien avec le contrôle des armes.

En fait, l’importance qu’a pris la question du contrôle des armes dans le cadre de la campagne électorale et la conviction que vous et vos candidats avez démontrée nous ont donné confiance quant à la concrétisation d’une véritable interdiction des armes d’assaut et des chargeurs à grande capacité sous un prochain gouvernement libéral. Comme vous le savez, l’interdiction des armes paramilitaires constitue notre premier objectif depuis 1989.

Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous exposer les conditions nécessaires, de notre point de vue, pour concrétiser vos engagements électoraux en matière de contrôle des armes de façon sincère, sérieuse et déterminée. Nous osons croire que le public canadien, dont le vote a manifestement été influencé par la question, s’attend autant que nous à des actions rapides et audacieuses en vue de renforcer nos lois sur les armes à feu.

Nous n’insisterons pas sur la faiblesse du projet de loi C-71 du ministre Ralph Goodale, qui prétendait remplir vos promesses de 2015 alors que la plupart ne l’ont guère été, incluant la vérification de la validité du permis d’un acheteur potentiel. Comme nous ne reviendrons pas en détail sur la vacuité du projet de loi C-21 du ministre Bill Blair, une législation pratiquement vide de mesures efficaces qui allait non seulement à l’encontre d’une promesse clé de 2019, mais qui aurait aussi empiré la situation en lançant la balle aux municipalités pour interdire les armes de poing et en proposant une mesure « drapeau rouge » qui aurait augmenté le fardeau pour les victimes et victimes potentielles.

Pour assurer une approche à la hauteur des attentes des Canadiens, nous vous demandons de nommer un ou une ministre de la Sécurité publique ou de la Justice (qui détenait le dossier par le passé) qui appuie réellement le contrôle des armes, soit à l’image du ministre Alan Rock qui avait piloté l’adoption en 1995 du projet de loi C-68, une loi révolutionnaire qui était complète et solide avant qu’elle n’ait été détruite par le gouvernement de Stephen Harper. Par exemple, un.e ministre ou député.e qui a publiquement défendu le projet de loi C-21 ne serait pas digne de confiance pour livrer sur le contrôle des armes à nos yeux.

En somme, nous vous demandons de nommer un ministre sur lequel vous pouvez compter pour :

1) effectuer de véritables consultations avant la rédaction de législation et de réglementation, notamment auprès des directeurs de police, représentants policiers, regroupements luttant contre la violence conjugale, intervenants en santé public et prévention du suicide, experts en droit, etc., en plus des groupes de victimes et d’usagers dont les chasseurs et commerçants d’armes (les lobbys dont le principal objectif est de défendre des « droits » inexistants ou qui prônent la désobéissance civile ne sont pas des parties prenantes crédibles à nos yeux),

2) instaurer un programme de rachat obligatoire et de modification d’armes en vue de les rendre inopérantes de manière permanente le plus tôt possible étant donné que l’amnistie pour les propriétaires actuels prend fin le 30 avril 2022, et refuser tout délai de mise en œuvre associé aux contestations juridiques par les intérêts pro-armes,

3) compléter les décrets afin de prohiber de nombreux modèles ayant échappé à la réglementation (ex : WK180, IWI Tavor, SKS, Deyra MK, Type 97, etc.)

4) enchâsser dans la loi une nouvelle définition des armes « prohibées » de manière à rendre l’interdiction des armes d’assaut complète et permanente, et instituer un système de pré-autorisation pour tout nouveau modèle d’arme à feu,

5) éliminer les échappatoires, exemptions et exceptions relatives aux chargeurs afin d’assurer le respect universel des limites légales de 5/10 cartouches, tout en considérant les bénéfices de sécurité publique d’une limite de 5 pour l’ensemble des chargeurs comme le souhaitent 7 Canadien sur 10,

6) prioriser la mise en œuvre de la loi C-71 adoptée il y a deux ans et demi,

7) amender le projet de réglementation déposé avant les élections habilitant la mise en œuvre de la loi C-71 de manière à assurer la vérification systématique de la validité du permis d’un acheteur potentiel tel que promis en 2015,

8) écarter tout délestage de responsabilité (notamment aux provinces) quant au contrôle des armes de poing pour plutôt instaurer une interdiction fédérale comme le souhaitent 7 Canadian sur 10, et immédiatement instituer un moratoire sur les nouvelles acquisitions d’armes de poing (ou, au minimum, interdire toute nouvelle importation et fabrication),

9) renforcer les critères dans la loi menant au refus automatique d’un permis de possession, investir des ressources substantielles dans le dépistage des candidats aux permis ainsi que dans la formation des agents et des tribunaux à l’égard de l’importance des mesures préventives (pour prioriser l’approche précautionnaire en lien avec les refus et révocations de permis, et les confiscations d’armes), et éliminer la période de grâce de six mois pour les propriétaires qui ne renouvellent pas leur permis,

10) bonifier l’accès des policiers aux registres de vente pour permettre la compilation des données, notamment en éliminant l’obligation d’obtenir un mandat de la cour, afin de leur permettre de mieux repérer l’origine d’une arme non restreinte et de détecter des patrons de transactions suspectes comme les achats massifs et

11) mettre en œuvre la réglementation sur le marquage international des armes à feu conformément aux obligations du Canada en vertu de deux traités internationaux contre le trafic illégal — au lieu de les reporter continuellement.

Aujourd’hui, monsieur le premier ministre, toutes les conditions gagnantes sont rassemblées pour que vous puissiez répondre aux attentes des Canadiens en manière de contrôle des armes : un mandat électoral clair, l’appui majoritaire et solide du public, un lobby proarmes politiquement discrédité et l’appui de deux partis de l’opposition, surtout le Bloc québécois en plus du NPD.

Il ne reste que de nommer un ministre qui est à la hauteur de la tâche.

Comme vous le savez, les crimes et les actes de violence commis à l’aide d’armes à feu continuent d’être en hausse au Canada, et la vente d’armes de poing augmente de façon exponentielle. Ces tristes statistiques ne changeront pas aussi longtemps qu’il n’y aura pas de changements concrets et considérables sur le terrain, ce que nous n’avons pas vu depuis que vous avez pris pouvoir il y a six ans.

 En espérant fermement pouvoir collaborer avec vous et votre prochain gouvernement pour protéger la population et les générations futures contre la violence armée, nous vous prions de bien vouloir agréer nos sentiments les plus respectueux,

Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique, survivante et porte-parole de PolySeSouvient

Heidi Rathjen, diplômée de Polytechnique et Coordonnatrice de PolySeSouvient

Citation :

« Au cours des six dernières années, il y a eu très peu de progrès concret et visible. Par exemple, même les faibles mesures du projet de loi C-71, vieux de deux ans, n’ont pas encore été mises en œuvre, et les décrets de 2020 interdisant les armes d’assaut n’ont rien changé sur le terrain puisque toutes ces armes restent entre les mains de leurs propriétaires. J’ai vu cette approche timide et fragmentaire de première main lorsque j’étais membre du Comité consultatif sur les armes à feu du ministre Ralph Goodale. C’est une approche gagnante pour le lobby des armes puisqu’elle empêche toute réforme significative tout en fournissant de bons points de discussion au gouvernement. C’est précisément cette approche qui doit changer fondamentalement. Et pour que cela se produise, nous avons besoin d’un ou d’une ministre qui n’a pas peur d’agir avec audace, ce que nous n’avons pas vu depuis qu’Alan Rock était ministre de la Justice dans les années 1990. »

Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique, survivante et porte-parole de PolySeSouvient

En appui à notre demande, voici un aperçu de l’approche libérale en matière de contrôle des armes (depuis 2012) qui doit changer de manière fondamentale (en anglais):

Autres liens :

Respect de vos engagements électoraux sur le contrôle des armes à brève échéance.

The Liberal Party’s Shift on Gun Control 2012 – 2021

Couverture médiatique

https://lactualite.com/actualites/polysesouvient-demande-a-justin-trudeau-de-faire-avancer-ses-promesses-sur-les-armes/

https://www.thestar.com/politics/2021/09/29/gun-control-group-urges-trudeau-to-name-new-minister-to-advance-liberal-promises.html

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/29/poly-se-souvient-reclame-un-nouveau-ministre-de-la-securite-publique-1

Survol de propos d’experts en opinion publique et de leaders d’opinion dans les médias concernant l’enjeu déterminant du contrôle des armes à feu lors de la campagne électorale :

POST-ELECTION ANALYSIS RE GUN CONTROL TWEETS / IN THE MEDIA

Coup d’œil de la mauvaise gestion d’O’Toole sur cette question :

Complément d’information publié par le Globe and Mail : 

https://www.theglobeandmail.com/opinion/editorials/article-erin-otoole-and-the-wrong-way-to-pick-a-party-leader/ )

Pour suivre tous les développements en temps réel, suivez-nous sur Twitter (pas besoin d’un compte) : https://twitter.com/Polysesouvient 

Québec déclenche un Carcajou 2,0 à l’échelle provinciale

(Montréal) Ajout de 110 nouvelles ressources dont plus de 70 policiers, 90 millions de plus versés à la Sûreté du Québec (SQ), à des corps de police municipaux et au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, des agents de renseignements dans les réserves autochtones de Kahnawake et d’Akwesasne, le retour de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au sein des escouades mixtes : Québec lance l’opération Centaure, une ambitieuse stratégie nationale de lutte aux armes à feu qui s’attaquera en priorité aux fournisseurs d’armes pour ne pas que Montréal devienne un autre Toronto.

DANIEL RENAUD et PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD, LA PRESSE, 24 septembre 2021

« C’est une force de frappe sans précédent. La violence liée aux armes à feu qui inquiète les citoyens et nos familles, c’est assez. À l’époque de la guerre des motards, l’escouade Carcajou, c’était 44 enquêteurs et 10 millions. Ce qu’on annonce aujourd’hui, c’est beaucoup plus important. C’est l’opération ultime de la lutte aux armes à feu », a déclaré la ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault.

Mme Guilbault a fait l’annonce de cette nouvelle stratégie nationale vendredi matin au Palais des congrès de Montréal, entourée de la ministre responsable de la métropole, Chantal Rouleau, de la directrice de la SQ, Johanne Beausoleil, du directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Sylvain Caron, du président de l’Association des directeurs de police du Québec et directeur du Service de police de Laval, Pierre Brochet, et de plusieurs représentants de corps de police municipaux et autochtones.

Selon cette nouvelle stratégie, toutes les escouades mixtes actuellement en place pour lutter contre le crime organisé, telles l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENRCO) et les escouades régionales mixtes (ERM), et les équipes de lutte contre les stupéfiants et les armes que l’on retrouve déjà dans les villes, comme celles du SPVM, seront mises à contribution pour lutter contre les armes à feu, sous la supervision de la Sûreté du Québec.

L’équipe intégrée de lutte aux armes à feu (EILTA) est fusionnée à cette structure déjà existante pour s’attaquer principalement aux importateurs et aux fournisseurs d’armes à feu au Québec.

La Sûreté du Québec reçoit 74 des 90 millions supplémentaires annoncés vendredi matin. Avec cette somme, elle ajoutera plus de 60 policiers dans la lutte contre les armes à feu, dont un nouveau groupe tactique d’intervention (GTI). Les polices de Longueuil et de Laval recevront également quelques millions et pourront embaucher des policiers.

Le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale recevra 15 millions et pourra embaucher 15 employés, lui qui a de la difficulté à répondre aux demandes d’expertises pour toutes les armes à feu saisies au cours des derniers mois et années.

Avec la collaboration des corps de police locaux (Peacekeepers), un agent de renseignements sera en poste dans chacune des réserves d’Akwesasne et de Kahnawake, par où transitent beaucoup d’armes à feu illégales qui se retrouvent dans les rues de Montréal. C’est la première fois que les corps de police de ces deux réserves participent à une stratégie provinciale de lutte contre le crime organisé d’une telle envergure.

La police provinciale de l’Ontario, le Département de la sécurité intérieure des États-Unis et même les services frontaliers américains participent à l’Opération Centaure.

Les candidats à la mairie satisfaits

Même si l’essentiel des fonds annoncés vendredi matin ira à la SQ plutôt qu’au SPVM, les deux principaux candidats à la mairie de Montréal se sont dits satisfaits par l’annonce de Québec.

« Je suis très contente, a dit Valérie Plante, en marge d’une annonce électorale dans l’est de Montréal. Je vois ça d’un très bon œil que le gouvernement du Québec décide d’investir pour protéger les frontières, pour être beaucoup plus proactif. On y arrivera pas seuls. »

« Le fait que tous les corps policiers travaillent ensemble – dont ceux qui se trouvent sur des réserves autochtones – c’est une très très bonne nouvelle », a-t-elle ajouté.

La mairesse Plante ne participait pas à l’annonce de ce matin. Elle a expliqué qu’en campagne électorale municipale, le gouvernement du Québec préfère ne pas s’afficher aux côtés d’un des candidats.

« Je me réjouis de l’annonce du gouvernement du Québec qui se mobilise pour enrayer la violence par armes à feu », a réagi Denis Coderre dans une déclaration transmise par écrit. « Encore une fois, la Ville n’assume aucunement son leadership en matière de lutte contre la violence. Cette stratégie nationale démontre l’urgence d’agir pendant que la mairesse Plante se met la tête dans le sable. »

« Il y a une disproportion inquiétante entre la répression et la prévention dans l’approche de la ministre Guilbault. La ministre vient de mettre plus de 90 millions sur la table pour soutenir les corps policiers, mais n’a annoncé aucune nouvelle somme pour soutenir le milieu communautaire et les intervenants qui travaillent auprès des jeunes. C’est incompréhensible », a pour sa part déclaré le député de Laurier-Dorion Andrés Fontecilla, de Québec solidaire.

« L’augmentation des actes de violence commis au cours des derniers mois est assez inquiétante. C’est pourquoi on ne peut que saluer la présente stratégie gouvernementale qui permettra notamment de mieux outiller nos corps policiers et surtout d’agir en amont et en étroite collaboration avec nos organismes communautaires. », a notamment réagi le président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Gaspé, Daniel Côté.

Sur Twitter, la Fraternité des policiers et policières de Montréal a salué « le leadership et la vision de la ministre de la Sécurité publique et du gouvernement du Québec dans la lutte contre la violence par armes à feu, une stratégie porteuse laissant espérer des résultats notables ».

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.

L’AJOUT DES RESSOURCES

Sûreté du Québec : 74 millions

  • 78 policiers et civils
  • Un nouveau groupe tactique d’intervention
  • Des civils en soutien aux enquêtes

Service de police de Laval : 5,2 millions

  • 5 enquêteurs

Service de police de l’agglomération de Longueuil : 3 millions

  • 4 enquêteurs

QUELQUES CHIFFRES

Selon la SQ, 29 % des armes à feu illégales saisies au Québec proviennent de la province et 44 % de l’extérieur du Québec et de l’Ontario

Selon une compilation de La Presse, au moins 96 évènements de coups de feu étaient survenus à Montréal cette année, au 9 septembre.

Selon le SPVM, 400 armes à feu ayant servi à des crimes avaient été saisies à Montréal cette année, au 31 août dernier.

Centaure est un acronyme formé des mots : Coordination, efforts, national, trafic, arme, unifiée, répression et enquête

Justin Trudeau répond à vos questions

Harcèlement sexuel dans l’armée, PCRE, rachat des armes d’assaut, hydro-électricité : l’équipe éditoriale de La Presse a profité d’une rencontre avec le chef du Parti libéral du Canada pour lui poser vos questions. Celles-ci avaient été récoltées lors d’un appel à tous, auquel vous avez répondu en grand nombre. Voici les réponses.

Publié le 17 septembre 2021 dans La Presse

Vous dites que le problème du harcèlement dans l’armée vous préoccupe, alors pourquoi n’avez-vous pas mis en application les excellentes recommandations de Marie Deschamps au lieu de reporter le problème en nommant Louise Arbour pour faire le même travail ?

Réal Thuot, Saint-Jean-sur-Richelieu

Justin Trudeau : On a implanté plusieurs des recommandations de Mme Marie Deschamps, mais ça prend des changements profonds. Il n’y a aucun doute qu’on doive transformer nos forces armées, mais comment le faire de la bonne façon ? C’est ce que j’ai demandé à Mme Arbour de regarder. Je peux vous dire qu’on va absolument amener toutes les recommandations qu’elle met de l’avant. Ce sont des changements de fond qui vont faire la différence.

Alors qu’il manque de main-d’œuvre partout, comment pouvez-vous justifier la continuité de la PCRE ?

Gilles Carrière

J. T. : D’abord la pénurie de main-d’œuvre a été aggravée par la pandémie, mais elle existait bien avant. La PCRE est rendue à 300 $ par semaine, c’est moins que ce que gagnerait quelqu’un qui travaille toute une semaine au salaire minimum, donc ce n’est pas ce qui empêche les gens de travailler. De plus, il y a encore bien des industries – je pense aux artistes ou au milieu touristique – qui n’ont pas repris le cours des choses et on continue à les appuyer. Mais il y a aussi des gens qui ont pris cette année et demie pour réfléchir au genre de travail ou de carrière qu’ils voulaient. Ils ont repris leurs études ou cherché d’autres pistes. C’est pour cette raison qu’on veut augmenter l’immigration – pour compenser la période où les frontières étaient fermées. On va aussi investir dans la formation pour que les gens aient de meilleurs emplois.

Qu’est-il arrivé de la promesse officielle d’exiger le rachat sans condition par le gouvernement de toutes les armes d’assaut à travers le Canada ? Voilà maintenant presque 32 ans que nous demandons cette mesure élémentaire pour la sécurité des Canadiennes et des Canadiens.

Suzanne Laplante Edward, mère d’Anne-Marie Edward (1968-1989)

J. T. : On l’a fait l’année passée, on a banni les armes d’assaut. On a écouté PolySeSouvient qui nous a dit d’aller une coche plus loin. C’est un rachat obligatoire et si les gens ne veulent pas donner au gouvernement leur arme d’assaut, qui est maintenant illégale, ils vont devoir accepter qu’elle soit inutilisable de façon permanente. Donc fini les armes d’assaut dans ce pays… à moins que les conservateurs rentrent.

Comment se fait-il que le gouvernement fédéral ait aidé, avec des milliards de dollars, une province de 500 000 habitants – Terre-Neuve-et-Labrador – à vendre de l’électricité aux États-Unis, la plaçant ainsi en compétition avec le Québec ? À ce que je sache, le fédéral n’a jamais aidé le Québec pour ses barrages hydro-électriques. Ne serait-il pas sain que le Canada ait une stratégie hydro-électrique coopérative et unifiée ?

Yvon Pelletier

J. T. : On est justement en train de travailler avec les provinces de l’Atlantique et le Québec sur un réseau d’hydro-électricité qui va remplacer du charbon aux États-Unis. On a reconnu qu’avec les défis liés à l’industrie pétrolière, et à cause des décisions erronées qu’ont prises les gouvernements conservateurs à Terre-Neuve durant plusieurs années, ils avaient besoin d’un soutien financier important. On était là pour eux.

Propos recueillis par Nathalie Collard

Note : Les questions et réponses ont été légèrement éditées pour en faciliter la lecture.