Sachez espérer et croire en dépit de toute réalité contraire.

Le Nouvelliste | Le mercredi I7 Décembre 2011

La mémoire d’Annie St-Arneault toujours vivante à La Tuque

Gabriel Delisle           gabriel.delisle@lenouvelliste.qc.ca              Collaboration spéciale

Sachez espérer et croire en dépit de toute réalité contraire.

Bonsoir à vous tous qui êtes réunis pour cette soirée de récital de poésie.

En effet, ce soir, vous et moi, nous sommes unis dans un même élan du cœur malgré la distance qui nous sépare. Du Malawi, j’ai la chance de vous adresser ces quelques mots grâce à la magie d’Internet.

Je suis très heureux de savoir que cette soirée suscite un grand intérêt et que vous y répondez en grand nombre.

Certes, ce soir, nous commémorons la tragédie de la Polytechnique du 6 décembre 1989. Ce drame est toujours d’actualité et occasionne encore beaucoup de passion, comme c’est maintenant le cas avec le projet de loi du gouvernement fédéral pour l’abolition du registre des armes à feu. À cela, je dis qu’il faut espérer et croire en dépit de toute réalité contraire.

Des drames, il y en a partout, ici en Afrique comme à La Tuque. Mais le drame le plus destructeur est la perte d’espérance. Au-delà des blessures physiques et morales, il y a cette certitude que nous ne sommes pas seuls à surmonter la haine et la violence. Avec le temps et en portant mon regard sur la croix du Jésus, je comprends que seul le pardon en profondeur peut nous guérir. Oui, nous sommes tous invités à espérer et à croire en dépit de toute réalité contraire.

Le 6 décembre, surtout celui-ci, est aussi pour moi une occasion de réjouissance. En effet, c’est le 6 décembre 1986 que j’ai reçu l’ordination diaconale à Londres des mains du cardinal Basil Hume. Cela fait donc 25 ans. Aujourd’hui, je partage avec vous ce jubilé en vous disant combien je vous aime et suis reconnaissant auprès de toute la population de La Tuque, parents et amis, pour le soutien que vous m’avez accordé tout au long de ces années. Que le Seigneur vous bénisse!

                Au-delà de tous les drames,
                Au-delà de toutes les misères du monde,
                Au-delà des violences et de la haine,

Sachez espérer et croire en dépit de toute réalité contraire.

Je profite de cette occasion pour vous souhaiter un joyeux Noël et une bonne et heureuse nouvelle année.

Serge St-Arneault, M.Afr

Entretient radiophonique sur les ondes de CFLM La Tuque, 7 septembre 2011

Yolande St-Arneault et Serge St-Arneault ont participé sur les ondes de la radio de CFLM de La Tuque à un enregistrement de 8 minutes pour présenter la soirée du récital des poèmes d’Annie St-Arneault. Cet entretien amical grâce à l’animateur Réjean Harvey a aussi permis de présenter non seulement le recueil de poésie, mais aussi le récent livre publié par son fils Serge au sujet de son père Bastien. Veillez cliquer sur le lien suivant : Enregistrement CFLM La Tuque – recueil poésie 8 sept 2011

Veillez aussi patienter environ une minute pour permettre au lien de se télécharger. Si ce n’est déjà fait, vous devez installer préalablement iTunes en cliquant sur le lien suivant: QuickTime Player – Apple.
Cela n’est pas difficile à télécharger, mais cela est essentiel pour avoir accès au lien.

Livres disponibles sur blurb.com

L’arbre fièrement enraciné
Ce livre est un hommage à mon père Bastien. Il est comme un arbre fièrement enraciné dont les racines remontent au premier ancêtre à fouler le sol de la Nouvelle-France en 1687, Paul Bertrand dit St-Arnaud. Une dizaine de générations ont trimé dur dans ce coin de pays forestier. De marmiton dans les chantiers forestiers en passant par l’usine de papier de La Tuque, mon père nous lègue un héritage de valeurs sures basées sur un don de soi généreux et loyal.

Une parole pour traverser le temps
Ce recueil de poésie est un hommage à ma sœur Annie. Son tragique décès nous prive de la présence d’une femme exceptionnelle.
Cette poésie, la sienne, nous montre une âme profonde, parfois tourmentée. C’est notre souhait que ce recueil lui redonne un droit de parole qui lui a été injustement enlevé.
En plus de nos souvenirs, il y a ces mots, ce rythme … de vie.

Lorsque le sable devient cristal
Le centre culturel et artistique de Kungoni situé à Mua au Malawi recèle de beautés historiques, architecturales et muséales en plein cœur d’un vaste jardin botanique.
Le mystère de la société secrète des Gulé wamkulu du peuple Chéwa est légèrement dévoilé pour rehausser la profondeur de la spiritualité africaine.
Abondamment illustré, ce livre est un hommage au père Claude Boucher qui a consacré 40 ans de sa vie à ce projet.
Rivière de diamants
Comme la rosée du matin étale ses perles sur une toile d’araignée en évoquant une rivière de diamants sous les rayons du soleil, ainsi les lettres du Malawi se transforment en une rivière de diamants sur la vaste toile d’Internet.
Ce journal de voyage d’une décennie au Malawi évoque les expériences, les découvertes, les difficultés et les joies vécues dans ce petit pays d’Afrique australe.
Suivant les inspirations du moment, le père Mbéwé, ainsi connu au Malawi, vous invite à entreprendre non seulement un voyage, mais aussi le sentier intérieur où Jésus sans cesse guide nos pas.
Mettons-nous en route vers l’inconnu avec confiance. Inutile de savoir d’avance où la route mène. Allons!

Salon du livre: un fort sentiment d’appartenance

Gabriel Delisle, Le Nouvelliste, 30 juin 2011

(La Tuque) Les ambassadeurs culturels qui font rayonner La Tuque au Québec étaient à l’honneur hier lors de la huitième journée des Fêtes du centenaire.
Des auteurs de tous les styles comme Gaston Croisetière, Odette Leclerc, Jacques Bronsard, Mathieu Fortin, Yvan Savignac, Serge St-Arneault, Roger Côté, Gaston Hamel et Françoise Bélanger étaient sur place avec leurs oeuvres.
«C’est formidable de rencontrer nos lecteurs et d’avoir leurs commentaires sur le livre. Nous sommes une petite maison d’édition et je n’ai pas la chance de faire les gros salons. J’apprécie l’expérience», explique Odette Leclerc, auteure et éditrice du roman Le pelican.
Outre le salon du livre, deux films sur des artistes d’origine latuquoise étaient également projetés hier. Les visiteurs ont eu la chance de visionner le film sur la pianiste Rachel Martel intitulé Et que la musique continue… Frédéric Chopin sur toile et au piano ainsi que le documentaire Mon ami Pierrot, Le dernier homme libre sur la vie du chansonnier latuquois Pierre Rochette des réalisatrices Véronique Leduc et de Geneviève Vézina-Montplaisir. Les deux documentaristes et Rachel Martel étaient d’ailleurs sur place pour présenter les deux productions.
La grande pianiste Rachel Martel a reçu tout un accueil mercredi à La Tuque. Émus, de nombreux spectateurs l’ont chaleureusement saluée après la présentation du film. «L’accueil est formidable», a-t-elle lancé.
L’arrêt d’un autobus avec à son bord une cinquantaine de personnes de la MRC des Chenaux a, pour quelques minutes, fait bondir substantiellement le nombre de visiteurs. «Nous sommes venus pour le centenaire de La Tuque. Nous visitons tout ce qu’il y a aujourd’hui», souligne une des responsables de l’Association québécoise des retraités (AQDR) de la MRC des Chenaux.
L’organisatrice du salon du livre Lynn Bérubé était très satisfaite de la fréquentation des visiteurs mercredi. «On sent que les Latuquois ont un fort sentiment d’appartenance envers les auteurs d’ici», précise-t-elle.
La directrice générale de la Corporation de développement des arts et de la culture de La Tuque aimerait que davantage d’activités dédiées à la poésie et à la littérature aient lieu au Complexe culturel Félix-Leclerc.
«Nous voulons qu’il y ait plus de lancements ainsi que plus de rencontres et d’ateliers littéraires», souligne Christiane Giguère.

Les poèmes d’une victime de Polytechnique publiés

Gabriel Delisle, Le Nouvelliste, 29 juin 2011

(La Tuque) «Je veux redonner à Annie son droit de parole qu’on lui a enlevé lorsqu’on l’a assassinée», affirme son frère Serge St-Arneault. «Son oeuvre poétique est très touchante et profonde. Ces textes sont bouleversants et mettent en valeur ses sentiments, ses pensées, sa personnalité, sa spiritualité.»
L’oeuvre d’Annie St-Arneault, une des quatorze victimes de la tuerie de l’École Polytechnique, vivra plus de 20 ans après sa mort. Son frère, Serge St-Arneault, réunit quelques-uns des poèmes qu’elle a écrits de son adolescence à ses études universitaires.

Une découverte qui a tout changé
Serge St-Arneault avait déjà, il y a une dizaine d’années, réalisé un recueil des poèmes de sa soeur Annie retrouvés ici et là dans ses affaires. Ce livre n’était toutefois destiné qu’à des membres de la famille et à des proches. Toutefois, la récente découverte faite par hasard de nouveaux textes a changé les choses.
«Il y avait d’autres poèmes dans un cahier que nous n’avions jamais vu», dit-il toujours émerveillé et profondément touché par cette découverte.
«J’ai eu envie de me pencher sur l’ensemble de son oeuvre et de la partager avec le public», avoue Serge St-Arneault. «Je n’aurais jamais été en mesure de publier un livre semblable il y a dix ans, mais les années passent et on prend du recul sur les évènements

Un travail d’écriture exigeant
En tout, Serge St-Arneault a plongé dans une cinquantaine de poèmes de sa soeur. Il a voyagé au plus profond de son intimité. Il avoue que ce travail l’a profondément bouleversé.
Annie a écrit de la poésie dès l’âge de 11 ans. Les thèmes abordés sont ceux d’une adolescente qui construit son identité, qui découvre la beauté et l’angoisse. «Dès 15 ans, elle plonge dans le secret du coeur.» Les derniers textes ont été écrits alors qu’elle terminait ses études universitaires avant d’être assassinée à l’âge de 23 ans.
La famille d’Annie St-Arneault n’accordait plus d’entrevues depuis plusieurs années sur le drame de la Polytechnique. La douleur était encore vive. Toutefois, après mures réflexions, la famille accepte la publication des poèmes d’Annie.
«On se donne le droit d’éveiller la douleur de son absence même si cela nous bouleverse encore. Nous avons comme famille le devoir de cheminer dans notre deuil», dit-il. «Je découvre en travaillant sur le recueil que je n’ai pas terminé le mien
Serge St-Arneault est prêtre catholique et membre des missionnaires d’Afrique. Il oeuvre depuis plusieurs années comme prêtre missionnaire au Malawi. Le pardon est bien sûr une valeur centrale dans sa foi. Il estime même qu’il n’y a nulle guérison sans pardon. «Le pardon est associé à la guérison physique et intérieur. Le souvenir et la blessure demeurent. Il ne s’agit absolument pas d’évacuer le meurtre», dit-il.

L’auteur
Serge St-Arneault célèbre aujourd’hui son 56e anniversaire de naissance, au lendemain de l’anniversaire de son ordination le 28 juin 1987 à La Tuque. Il sera de 10h30 à 21h aujourd’hui au Salon du livre des ambassadeurs culturels tenu au Complexe culturel Félix-Leclerc. Il y présentera ses deux précédents ouvrages qu’il a écrits, édités et publiés.
Le premier Lorsque le sable devient cristal, un guide vers Mua et le centre artistique et culturel de Kungoni au Malawi-Afrique australe, s’intéresse à la culture et à l’art traditionnel du Malawi particulièrement des masques alors que le second, Rivière de diamants, Journal d’une décennie au Malawi, est le récit de l’oeuvre missionnaire.

«La tuerie de l’École Polytechnique est un drame national»
Le drame de l’École Polytechnique de Montréal est un événement qui a marqué profondément la société québécoise. Le 6 décembre 1989 peu après 17 h, un homme armé fait éruption dans l’école. Le bilan est lourd. Marc Lépine a assassiné ce jour-là 14 femmes.
«La tuerie de l’École Polytechnique est un drame national. C’est un événement qui a bouleversé tout le Canada et qui a éveillé les consciences. On s’attaquait aux femmes juste parce qu’elles étaient des femmes», lance Serge St-Arneault, le frère d’Annie, une des victimes de Marc Lépine.
«Vous êtes une gang de féministes. J’haïs les féministes», avait alors dit le meurtrier.
«C’est un point de référence. Il y a avant et il y a après la polytechnique», souligne SergeSt-Arneault.
«La tragédie a eu des impacts positifs notamment sur le contrôle des armes à feu bien que le registre sera vraisemblablement modifié par le gouvernement de Stephen Harper», souligne Serge St-Arneault qui ajoute que la situation est bien mieux que celle de nos voisins du sud où le droit à la possession d’arme à feu est un droit protégé par la constitution.
Depuis 1989, le massacre de l’École polytechnique est commémoré par des groupes qui luttent contre la violence faite aux femmes.
«Nous espérons que cela aura permis de sauver la vie d’autres femmes», avoue M. St-Arneault.
La famille d’Annie croit que la publication du recueil de ses poèmes en septembre prochain pourra aider d’autres personnes à cheminer dans leur deuil. L’auteur prévoit consacrer quelques pages à la fin de ce recueil sur les évènements de l’École Polytechnique.
«On peut peut-être aider des gens à surmonter ainsi leur deuil. C’est pour cela que nous partageons les poèmes de ma soeur. C’est pour apporter de l’espoir.»

Rivières de Diamants

Vous pouvez visionner les 15 premières pages du livre Lorsque le sable devient cristal en cliquant sur le lien suivant: RIVIÈRE DE DIAMANTS

Journal d'une décennie au Malawi
Page couverture

Comme la rosée du matin étale ses perles sur une toile d’araignée en évoquant une rivière de diamants sous les rayons du soleil, ainsi les lettres du Malawi se transforment en une rivière de diamants sur la vaste toile d’Internet.

Ce journal de voyage d’une décennie au Malawi évoque les expériences, les découvertes, les difficultés et les joies vécues dans ce petit pays d’Afrique australe.

Le père Mbéwé, ainsi connu au Malawi, vous invite à entreprendre non seulement un voyage, mais aussi le sentier intérieur où Jésus sans cesse guide nos pas. Mettons-nous en route vers l’inconnu avec confiance. Inutile de savoir d’avance

où la route mènera. Allons!

Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour témoigner de notre foi en Jésus?

Le film « Des Hommes et des Dieux » s’inscrit sans contredit aux antipodes des films à sensation. Pourtant, il obtient un succès remarquable. L’histoire dramatique de ces moines soulève une interrogation qui confond plusieurs d’entre nous.  Malgré les requêtes répétés de partir, les moines ont en effet décidé de rester malgré le danger qui les menaçait. S’agit-il d’un entêtement suicidaire?

Au jardin de Gethsémani, Jésus a lui aussi fait face à ce choix. Il aurait pu décider de remonter la colline, se rendre à Béthanie et, de là, s’enfuir avec ses disciples. Sachant ce qui allait bientôt lui arriver, submerger d’une angoisse indescriptible, s’agissait-il là aussi d’un entêtement suicidaire?

Au début de 1993, au Zaïre, mes confrères et moi, nous nous sommes retrouvés au cœur d’un conflit tribal alors que sévissait l’anarchie généralisée dans le pays. Les pillages avaient lieu partout et n’épargnaient pas non plus les maisons religieuses. Toutes les radios onde courte diffusaient des messages aux ressortissants étrangers leur demandant de fuir le pays sans tarder. D’ailleurs, un avion militaire français devait atterrir à Bunia dans les jours suivants. Que faire?

Les rumeurs ont vite fait de se répandre. Les paras-commandos allaient-ils venir « pacifier » la région en incendiant les villages? L’année précédente, d’autres militaires étaient intervenus suite à une dispute entre deux chefs de village. Un de ces militaires m’avait pointé en affirmant qu’il serait celui qui me tuerait si jamais il y avait de nouveaux incidents. Je sentis alors un boulet m’appesantir le ventre. Allait-il revenir?

des-hommes-et-des-dieux-de-xavier-beauvois-cannes-2010-4554339aqozmL’urgence nous a poussés à intervenir. Nous formions des convois pour sauver la vie des gens appartenant à la tribu ennemie et les acheminions en sécurité dans leur territoire situé à 60 km de distance. Au retour, nous prenions de là-bas des familles entières, elles aussi en danger, pour les ramener là d’où nous venions. Les routes sinueuses et rocailleuses nous obligeaient à conduire très lentement et offraient des embuscades idéales. Le soir venu, en prière dans l’église, je demandais au Seigneur si je serais là le lendemain pour le prier encore. Puis, j’allais me coucher sans jamais m’inquiéter.

Un autre jour, au volant de notre véhicule tout terrain, un lourd silence s’empara de nous tous. Une vingtaine de personnes, dont beaucoup d’enfants, m’accompagnaient. Au bout d’un moment, une conversation intérieure surgit et j’entendis :

— Serge, la situation est vraiment dangereuse! Ne prends plus de risque et laisse-moi faire. Je te prends et je te ramène chez toi au Canada à l’instant même.

Ma réponse fut immédiate.

— Non! Je ne partirai pas même si je dois mourir sur cette route. Je ne veux pas être ailleurs qu’ici.

J’avais la conviction intime que ma mission était d’être là. Le reste n’avait aucune importance. S’agissait-il d’un entêtement suicidaire?

Par la suite, puisque personne d’autre ne pouvait le faire, nous avons contribué à la mise en place de pourparlers de paix entre des deux tribus en conflit. Les victimes innocentes étaient nombreuses de part et d’autre, des villages entiers brûlés. Mais, jamais n’avons-nous, à ce moment-là du moins, songé à partir. L’histoire montrera quelques années plus tard, en 1996, que l’invasion des militaires ougandais obligera un départ précipité des missionnaires.

C’est par amour pour le peuple algérien que les moines de Tibhirine ont décidé de rester. Au nom de ce peuple, une femme transforme également le regard que les moines ont sur eux-mêmes en leur rappelant qu’ils sont la branche sur laquelle les villageois s’appuient dans la tourmente. Ces moines ne contemplaient nullement la gloire du martyre. Aujourd’hui, leur choix nous transforme à notre tour dans la mesure où nous accueillons le choix que Jésus a lui-même fait en donnant sa vie pour changer le monde.

Mon expérience au Zaïre me laisse croire que ce choix n’est pas suicidaire. Au contraire, l’horizon du suicidaire est sans vision. Cette personne n’est plus portée par un projet de vie dans la mesure où le choix se dérobe. La clef de compréhension du choix des moines, comme celle de Jésus, se situe dans une désappropriation de soi qui mène au projet ultime, celui de la liberté intérieure.

L’amour est un langage déraisonnable et incompréhensible pour qui n’est pas submergé par sa folie. La tragédie des moines de Tibhirine met en valeur non pas l’héroïsme humain, mais la certitude d’être là où Dieu veut. Est-ce rationnel? Certes non! C’est plutôt une certitude intérieure que tout retourne vers Celui qui est l’Amour et la Vie.

Serge St-Arneault, M.Afr

Samer, Hayadet et Shahbaz Bhatti sont nos sœurs et notre frère dans la foi en Jésus.

Je vous partage aujourd’hui le témoignage suivant car il illustre la profondeur du mystère chrétien : aimer ses ennemis à la manière de Jésus. Avant ce témoignage se trouve la photo de deux jeunes femmes pakistanaise, Samer et Hayadet, qui viennent de prononcer leurs vœux perpétuels, autre exemple d’un admirable don de vie. Je vous invite à vous solidariser avec elles en ce jour si important de la «journée de la femme». Solidarité qui nous lie aux chrétiens persécutés d’ici et d’ailleurs. Vous trouverez plus de détails sur le site Internet de leur communauté .Père Serge St-Arneault, M.Afr

Samer-et-Hayadet-PakistanLes Sœurs Samer Yousaf et Hayadet Khalida ont célébré leur engagement définitif le 5 mars à Gojra (Pakistan).

« Notre suite de Jésus qui s’exprime dans notre manière de vivre les vœux pour la Mission, puise dans cette vision holistique une grande force pour un engagement dans une transformation au service de la vie. »

Initialement publié en 2008 dans un livre d’entretiens (1), le testament poignant de Shahbaz Bhatti, ministre des minorités du gouvernement pakistanais, revêt aujourd’hui une acuité brûlante, après son assassinat le 2 mars dernier. Depuis Rome, Benoît XVI a salué dimanche le « sacrifice émouvant » de ce catholique, qui avait su s’imposer comme défenseur de la liberté religieuse, en dépit des menaces dont il faisait l’objet dans son pays.

Shahbaz Bhatti : «Jusqu’à mon dernier soupir, je continuerai à servir Jésus»clip_image002

« De hautes responsabilités au gouvernement m’ont été proposées et on m’a demandé d’abandonner ma bataille, mais j’ai toujours refusé, même si je sais que je risque ma vie. Ma réponse a toujours été la même : « Non, moi je veux servir Jésus en tant qu’homme du peuple ».

Cette dévotion me rend heureux. Je ne cherche pas la popularité, je ne veux pas de position de pouvoir. Je veux seulement une place aux pieds de Jésus. Je veux que ma vie, mon caractère, mes actions parlent pour moi et disent que je suis en train de suivre Jésus-Christ. Ce désir est si fort en moi que je me considèrerai comme un privilégié si – dans mon effort et dans cette bataille qui est la mienne pour aider les nécessiteux, les pauvres, les chrétiens persécutés du Pakistan – Jésus voulait accepter le sacrifice de ma vie. Je veux vivre pour le Christ et pour Lui je veux mourir. Je ne ressens aucune peur dans ce pays.
À de nombreuses reprises, les extrémistes ont tenté de me tuer et de m’emprisonner ; ils m’ont menacé, poursuivi et ont terrorisé ma famille. Les extrémistes, il y a quelques années, ont même demandé à mes parents, à ma mère et à mon père, de me dissuader de continuer ma mission d’aide aux chrétiens et aux nécessiteux, autrement ils m’auraient perdu. Mais mon père m’a toujours encouragé. Moi, je dis que tant que je vivrai, jusqu’à mon dernier soupir, je continuerai à servir Jésus et cette pauvre humanité souffrante, les chrétiens, les nécessiteux, les pauvres.

Je veux vous dire que je trouve beaucoup d’inspiration dans la Bible et dans la vie de Jésus-Christ. Plus je lis le Nouveau et l’Ancien Testament, les versets de la Bible et la parole du Seigneur et plus ma force et ma détermination sont renforcées. Lorsque je réfléchis sur le fait que Jésus a tout sacrifié, que Dieu a envoyé Son Fils pour notre rédemption et notre salut, je me demande comment je pourrais suivre le chemin du Calvaire. Notre Seigneur a dit : « Prends ta croix et suis-moi ». Les passages que j’aime le plus dans la Bible sont ceux qui disent : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! ». Ainsi, lorsque je vois des personnes pauvres et dans le besoin, je pense que c’est Jésus qui vient à ma rencontre sous leurs traits. »

(1) Cristiani in Pakistan, Nelle prove la speranza, Marcianum Press. Traduction française : OASIS, centre études autour du dialogue inter-religieux, basé à Venise.

Bonjour la vie – émission radio

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. L’émission de radio que nous avons enregistrée à Shawinigan le 1er février dernier s’est très bien déroulée. Voilà la bonne nouvelle. Malheureusement, l’émission n’a pas été diffusée sur le réseau, incluant Internet. Ouin! Voici comment :

Bonsoir Serge, j’ai parlé aujourd’hui au technicien de Radio Ville-Marie, Joe Pacheco. Il m’a confirmé que l’ordinateur de la station-mère de Montréal est tombé en panne dimanche matin, entre 9h et 11h, ce qui fait que l’émission Bonjour la vie n’a pu être entendue entre 10h et 11h,  tout comme l’émission précédente, entre 9h et 10h. Pacheco n’a pu rétablir la situation qu’à 11h.

Merci pour ton encouragement. Bonjour la vie est mon projet de mission, soutenu par une bonne équipe, c’est pourquoi je souhaite pouvoir y travailler le plus longtemps possible.

Tout pour la gloire de Dieu!+               Royal

Ceci pour dire que c’est un peu comme un coup d’épée dans l’eau. Que faire de plus? J’ai songé à transcrire l’émission sur papier. Mais ce n’est pas une bonne idée. En plus du travail que cela exige, lire un texte ne transmet pas si bien l’émotion d’une voix. Je fais donc une nouvelle tentative avec ce nouveau site Internet. Vous devriez pouvoir cliquer sur les liens suivants qui vous permettront d’entendre l’émission.

Première demi-heure et Deuxième demi-heure

Missionnaire sans frontières