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Djely Tapa – Dankoroba (Influente)

Je connais Djely Tapa depuis mon retour de la Zambie en 2017. Nouvellement nommé directeur du Centre Afrika, c’est Jean-François Bégin, qui était à cette époque le coordonnateur du centre, qui m’a présenté Djely. Elle l’accompagnant avec enthousiasme lors de visites dans les écoles dans le but d’initier les élèves à quelques aspects de la richesse culturelle africaine tels que la musique et les comptes.

Djely Tapa répétait sans cesse qu’elle était la griotte du Centre Afrika. Elle était présente lorsque nous recevions des élèves à notre centre pour une journée d’initiation aux valeurs culturelles africaines. Un jour que nous attendions un large groupe d’écoliers, arrivant directement de l’aéroport, Djely s’est présentée au Centre Afrika tôt le matin après un long voyage. Elle avait quitté le Mali la veille. Malgré la fatigue du voyage, elle a tenu sa promesse d’être avec nous ce jour-là. Elle est extraordinaire !

Nommée Révélation Radio-Canada en musique du monde en 2019

Djely Tapa est issue d’une longue lignée de griots, ces poètes gardiens de traditions. Elle est de plus en plus connue sur la scène internationale comme interprète. Sa voix haute-perchée caractérise sa vocalise racée accompagnée d’envolées vertigineuses. La griotte du Centre Afrika a ainsi pris le large tel un oiseau. Elle a d’ailleurs toujours rêvé de devenir pilote d’avion.

Bref, je veux aujourd’hui vous présenter son plus récent album intitulé Dankoroba qui peut se traduire par le terme ‘influente‘. Je vous invite à visionner sa chanson de qualité hautement professionnelle. Elle chante en bambara. Vous trouverez la traduction en français après les photos illustrant sa vidéoclip. Mais, auparavant, un aperçu historique est nécessaire pour bien comprendre la signification de la chanson. Revenons à l’époque de l’empire du Mali.

L’Empire du Mali, ou l’Empire mandingue

Soundjata Keïta

Le Mandé est la province d’origine de l’empire du Mali, ou l’Empire mandingue. Celui-ci fut fondé sous l’impulsion de Soundjata Keïta au 13e siècle. L’autorité de ce souverain s’étalait du Ghana jusqu’à l’océan du côté occidental de l’Afrique. Les petits royaumes de l’empire étaient dirigés par des chefs qui assuraient la chasse, la capture et la revente d’esclaves.

L’empire du Mali a connu son apogée au XIVe siècle. Il englobait une grande partie du territoire actuel du Mali, de la Guinée, du Sénégal, et de plusieurs autres États africains.

Le dialecte mandingue

Le mandingue est un continuum de dialectes recouvrant de vastes territoires au Mali, en Guinée, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Gambie, en Guinée-Bissau, au Liberia et en Sierra Leone. De nos jours, les principales langues mandingues sont le bambara au Mali, le dioula en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso, le mandinka au Sénégal et en Gambie et le mandinka en Guinée et au Mali.

Soundjata Keïta

Soundiata Keïta, également connu sous le nom de Mari Diata Konaté. Né en 1190 à Niani, dans le royaume du Manding, Soundiata Keïta a ainsi joué un rôle essentiel dans l’histoire de la région. Il a régné comme un empereur entre 1235 et 1240. De nos jours encore, l’histoire de Soundiata est transmise à travers une épopée légendaire racontée de génération en génération par les griots. En somme, Soundiata Keïta est une figure emblématique de l’Afrique de l’Ouest, dont l’héritage perdure à travers les récits et les traditions.

La charte du Manden

C’est au moment de son intronisation en 1236, au nom de la confrérie des chasseurs, l’empereur Soundiata Keita aurait proclamé la charte du Manden.

Cette charte est une déclaration des droits de l’homme de portée universelle, remontant à 1222, attribuée à la confrérie des chasseurs malinkés (une société africaine traditionnelle et initiatique), transmise par la tradition orale et retranscrite au milieu des années 60 par l’anthropologue et historien Youssouf Tata Cissé.

La Charte du Manden, plusieurs siècles avant la reconnaissance de valeurs aujourd’hui défendues par le monde occidental, affirme de manière universelle le droit à la vie, à la liberté et à l’égalité, et aux réparations en cas d’offense à ces principes. Elle dénonce formellement l’esclavage et la discrimination.

Elle est suffisamment dérangeante – aux yeux de ceux qui cherchent à démontrer l’infériorité intellectuelle et morale de l’Afrique et de sa diaspora et son prétendu attachement traditionnel à l’esclavage – pour que plusieurs scientifiques occidentaux (dont l’historien français néo-conservateur Francis Simonis) aient cherché à en nier l’authenticité.

Pourtant, en 2009, l’UNESCO a inscrit la Charte du Manden au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Le texte de la Charte du Manden

(Version transcrite en 1965 par Youssouf Tata Cissé, à partir d’un récit de Fa-Djimba Kanté)

Préambule

Le Manden fut fondé sur l’entente et l’amour, la liberté et la fraternité. Cela signifie qu’il ne saurait y avoir de discrimination ethnique ni raciale au Manden. Tel fut le sens de notre combat. Par conséquent, les enfants de Sanenè et Kòntròn font, à l’adresse des douze parties du monde et au nom du Manden tout entier, la proclamation suivante :

Article 1

Les chasseurs déclarent que toute vie [humaine] est une vie. Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre vie. Mais une vie n’est pas plus « ancienne », plus respectable, qu’une autre vie. De même qu’une vie n’est pas supérieure à une autre vie.

Article 2

Les chasseurs déclarent que toute vie étant une vie, tout tort causé à une vie exige réparation. Par conséquent, que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin, que nul ne cause du tort à son prochain, que nul ne martyrise son semblable.

Article 3

Les chasseurs déclarent que chacun veille sur son prochain, que chacun vénère ses géniteurs, que chacun éduque comme il faut ses enfants, que chacun « entretienne » autrement dit pourvoit aux besoins des membres de sa famille.

Article 4

Les chasseurs déclarent que chacun veille sur le pays de ses pères. Par pays ou patrie, il faut entendre aussi et surtout les hommes; car tout pays, toute terre qui verrait les hommes disparaître de sa surface deviendrait aussitôt nostalgique [connaîtraient la tristesse et la désolation].

Article 5

Les chasseurs déclarent que la faim n’est pas une bonne chose, que l’esclavage n’est pas une bonne chose, qu’il n’y a pas pire calamité que ces choses-là dans ce bas monde. Tant que nous détiendrons le carquois et l’arc, la faim ne tuera plus personne au Manden. Si d’aventure la famine venait à sévir, la guerre ne détruira plus jamais de village au Manden pour y prélever des esclaves. C’est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable pour aller le vendre. Personne ne sera non plus battu, a fortiori mis à mort, parce qu’il est fils d’esclave.

Article 6

Les chasseurs déclarent que l’essence de l’esclavage est éteinte en ce jour, « d’un mur à l’autre » du Manden. La razzia est bannie à compter de ce jour au Manden. Les tourments nés de ces horreurs sont finis à partir de ce jour au Manden. Quelle épreuve que le tourment, surtout lorsque l’opprimé ne dispose d’aucun recours ! Quelle déchéance que l’esclavage ! L’esclave ne jouit d’aucune considération, nulle part dans le monde.

Article 7

Les gens d’autrefois nous disent que l’homme en tant qu’individu, fait d’os et de chair, de moelle et de nerfs, de peau et de poils qui la recouvrent, se nourrit d’aliments et de boissons. Mais son « âme », son esprit vit de trois choses : a) voir qui il a envie de voir, b) dire ce qu’il a envie de dire, c) et faire ce qu’il a envie de faire.

Si une seule de ces choses venait à manquer à l’âme, elle en souffrirait, et s’étiolerait sûrement. En conséquence, les chasseurs déclarent que chacun dispose désormais de sa personne, chacun est libre de ses actes, dans le respect des « interdits », des lois de la Patrie. Tel est le serment du Manden, à l’adresse des oreilles du monde entier.

La chanson de Djely Tapa intitulée Dankoroba – (Influente) interprétée en bambara

Depuis son ascension artistique en 2019 (année de la COVID-19), nous n’avons plus revu Djely Tapa au Centre Afrika. Notre griotte a étendu ses ailes dans tous les horizons. Nous en sommes très fiers. Elle maintient son désir de transmettre son riche patrimoine culturel. Cette fois-ci, elle chante la grandeur et l’important rôle qu’à jouer neuf femmes à l’époque de l’empereur Soundiata Keïta. Aujourd’hui, nous les appellerions des militantes ou des féministes, ou mieux encore, des influenceuses.

Dankoroba célèbre le pouvoir des individus de façonner positivement le monde, et rend hommage aux Sumusso, neuf femmes impliquées dans le 1er gouvernement de l’Empire mandingue au 13e siècle.

PAROLES EN BAMBARA

Hummm

Tom hum Ko la dön (x2)

Diala ladön torö ladön monifi ladön ya deen ye

Kana siran ngana gnè huki ka siran nganadeen gnè

Hummm dankoroba deen ye ladön ye

Dankorobayi la deen la mœlé huko te ko kolo kè

Djelyké korobayi non deen mi lamœ

Ho te kokolo kè

Djelymousso korobayi la deen lamœlé

Ho te kokolo kè

Ko deen bè dou sumusso karifadeen te doumouna

Deen bè dou gnagamousso karifadeen te doumouna

Sumusso kononton gnagamusso kononton kolou karifadeen te doumouna

Hé Hiye dankoroba la deen la mœlé ye gné Sumusso

Sumusso Kukuba

Sumusso Gnagarigassa

Sumusso Dugubètolo

Sumusso Batiba

Sumusso Soli

Sumusso Siga

Sumusso Nganadjougoulayi

Sumusso Ngnalé

Mbemba sumusso Kiligna Mandé Kouyaté

Djely ya djina boro hawa ye Biriko

Hummmmm nganalou la deen na mœlé ye

Ngana minè ngana la deen na mœlé Hee

Ngana (x3)

Tom hum ko ladön (x4)

Ngana minè ngana han

Té kokolo kè Dankoroba ha si ye gné

Dankoroba ha si ye gné Djaly miniyan si ne bora koloba la

Sanisso térèna si ne bora koloba la

Nganalou la deen mœlé

Kani Soumano si ne bora koloba la

Mbora koloba la

Dankoroba deen na mœle

Deen na mœlé (x2)

Ngana bòda la kolotè Hummm…

Auteure-interprète : Djely Tapa, compositeurs : Jean Massicotte & Atimi Banohro, musiciens : Jean Massicotte, Atimi Banohro, Kandiafa, chorale Afrika Intshiyetu. Produit par Djely Tapa. Production déléguée : Guilaine Royer. Vidéoclip : Jypheal. Disques Nuits d’Afrique-Distribution Believe

En Français

Note : Les sumusso sont considérées comme des ‘sorcières’. Cela peut porter à confusion. En effet, l’appellation de ‘sorcière’ dans ce contexte, comme dans beaucoup d’autres cultures africaines, n’a rien de comparable avec la notion ou la définition des sorcières du moyen-âge en Europe ou dans la pensée populaire encore bien présente dans nos sociétés occidentales où un sorcier ou une sorcière est un personnage qui possède des dons surnaturels, voire méchants et malsains.

Dans le cas des sumusso, il s’agit avant tout de personnes influentes possédant une renommée sociale ou un statut public. Il en est de même chez un chef coutumier qui détient un pouvoir à la fois politique et spirituel. Les gens craignent la compagnie des sorciers ou des sorcières avant tout à cause de leur potentielle influence, soit bénéfique ou maléfique. Pourtant, leur rôle est également associé à la préservation de la paix ou de l’harmonie sociale. Il s’agit donc d’une influence positive. Cela n’a rien à voir avec les ‘méchantes sorcières laides et maléfiques’ que nos lointains ancêtres ont brûlé sur des bûchés.

Voir aussi le lien : SORCELLERIE ET THÉORIES COMPLOTISTES 

Hummm

Leurs fleurs (x2)

La fleur de caïlcédrat, la fleur de figuier

La fleur de l’Être s’épanouit en l’enfant

N’ayez pas peur du stratège mais plutôt de son héritier

Oui, l’héritier est le joyau de l’influent

L’héritier des influents stratèges ne fera point d’erreur

L’héritier des vieux griots ne fera point d’erreur

L’héritier des anciennes griottes ne fera point d’erreur

Tous les enfants risquent d’être enjôlés, sauf les protégés de courageuses érudites

Tous les enfants risquent d’être enjôlés, sauf les protégés de sorcières dangereusement éclairées

Un enfant guidé par les neuf sorcières suprêmes ne sera jamais subjugué

Me voici, je suis l’héritière des influentes stratèges

Sorcières :

Sumusso Kukuba

Sumusso Gnagarigassa

Sumusso Dugubètolo

Sumusso Batiba

Sumusso Soli

Sumusso Siga

Sumusso Nganadjougoulayi

Sumusso Ngnalé

Mon ancêtre, Sumusso Kiligna Mandé Kouyate

Hawa avait le génie de Djely ya à Biriko

Je suis l’héritière de femmes de pouvoir

L’héritière de femmes éclairées qui défont les intrigants

Leurs fleurs (x4)

La stratège clairvoyante ne fera point d’erreur

Je suis descendante de glorieuses influentes

Je suis de la lignée solide de Djaly Miniyan

Je suis de la lignée solide de Sanisso Tèrèna

L’héritière d’influentes hautement éclairées

Je suis de la lignée solide de Kani Soumano

Ma lignée est vigoureuse

L’héritière de femmes puissantes au legs éternel

In English

Hummm Their flowers (x2)

The caïlcédrat flower, the fig flower…

The flower of Being blossoms in the child

Don’t fear the strategist, fear the heir

Yes, the heir is the treasure of the influential strategist

The heir of influential strategists will make no mistakes

The heir to the old griots will make no mistakes

The heir of the old female griots will make no mistakes

All children risk being mesmerized except those protected by women of courage and knowledge

All children risk being mesmerized except those protected by dangerously enlightened witches

A child guided by the nine highest witches will never be subjugated

Here I am, heiress of influential women

Witches:

Sumusso Kukuba

Sumusso Gnagarigassa

Sumusso Dugubètolo

Sumusso Batiba

Sumusso Soli

Sumusso Siga

Sumusso Nganadjougoulayi

Sumusso Ngnalé

My ancestor, Sumusso Kiligna Mandé Kouyate

Hawa had the genius of djely ya in Biriko

I am the heiress of powerful women

The heiress of enlightened women who defeat schemers

Their flowers (x4)

The clear-sighted strategist will make no mistake

I am a descendant of glorious women of influence

I come from the solid lineage of Djaly Miniyan

I come from the solid lineage of Sanisso Tèrèna

The heiress of highly enlightened women

I come from the solid lineage of Kani Soumano

My lineage is vigorous

The heiress of powerful women whose legacy is eternal

De Natashquan à Montréal, en passant par l’Afrique, berceau de l’humanité

L’artiste peintre Gabriel Landry présente une exposition sous le thème PASSERELLE DE LA PAIX visant à souligner la 7ème édition de la Journée Internationale du Vivre Ensemble en Paix (JIVEP 2024), l’exposition PASSERELLE DE LA PAIX se tiendra sous la Présidence d’honneur de Raymond Chrétien, ancien diplomate et Président de l’Observatoire international des maires sur le Vivre Ensemble  

Gabriel Landry

Longueuil, le 13 mai 2024 – Originaire de Natashquan et habitant à Longueuil, l’artiste peintre Gabriel Landry, sur invitation de AISA ONG Internationale, initiatrice et porteuse de la Journée Internationale du Vivre Ensemble en Paix (JIVEP), a accepté de réaliser un tableau qu’il dédie à la 7ème édition de la JIVEP qui se tiendra le 16 mai 2024. 

Monsieur Raymond Chrétien

Cette œuvre, à laquelle il a donné le titre de PASSERELLE DE LA PAIX et qui lui a été inspirée du thème L’ÉDUCATION À LA CULTURE DE PAIX associé à la JIVEP, sera dévoilée officiellement le jeudi 16 mai prochain, lors du vernissage de l’exposition du même titre qui se tient sous la Présidence d’honneur de Monsieur Raymond Chrétien, ancien diplomate et Président de l’Observatoire international des maires sur le Vivre Ensemble. L’exposition aura lieu du 16 mai au 2 juin prochains, au Centre Afrika situé au 1644, rue Saint-Hubert à Montréal.

Pour plus d’information : www.centreafrika.com

Parmi la vingtaine d’œuvres présentées dans le cadre de l’exposition PASSERELLE DE LA PAIX, si Gabriel Landry, pour quelques-unes de ces œuvres, puise son inspiration dans ses souvenirs d’enfance à Natashquan, son village natal, on y retrouve aussi plusieurs tableaux qui lui ont été inspirés de divers sujets provenant, comme il l’exprime ici, « de cette belle universalité et ce Vivre-Ensemble que nous tous.tes comme humains sommes appelé.e.s à vivre ». C’est dans ce même esprit d’ailleurs que l’artiste résume son art et sa démarche artistique : « Je me définis comme « libre-pensart ». Mon œuvre, dit-il, « est un kaléidoscope dirigé vers un monde sans frontières, un monde de rêve, réfléchissant à l’infini ma passion pour la peinture et la mise en symbole de la pensée et des valeurs humaines, par la ligne droite, par la ligne courbe et par la couleur pure. »    

Dans les jours qui suivront son dévoilement, il est prévu que le tableau PASSERELLE DE LA PAIX soit mis en valeur sur le site 16mai.org ainsi que les réseaux sociaux, et diffusé lors de certaines activités qui se tiendront à Genève, la ville mise à l’honneur à l’occasion de la JIVEP 2024.

L’exposition PASSERELLE DE LA PAIX est annoncée au :  www.16mai.org
On peut aussi visiter le site de l’artiste au : www.gabriellandry.com

Funérailles du père Roger Bélanger, M.Afr

Julien Cormier

Texte de Julien Cormier, 11 mai 2024.

Sous la présidence de Réal Doucet, supérieur provincial des Missionnaires d’Afrique pour les Amériques, avec une trentaine de membres de sa famille, frères, sœurs, conjoints, neveux et nièces, et autant de confrères et consœurs Pères Blancs, Sœurs Blanches, hommages et célébration de la vie de notre confrère Roger Bélanger, décédé le 24 avril dernier.

« Souviens-toi, o homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ! » (liturgie du mercredi des cendres) – « Je sais moi que mon Rédempteur est vivant et que je reviendrai à la vie » (livre de Job).

En présence de ses cendres (dans un coffret) et avec le sentiment que l’esprit de Roger était avec nous pour dire « Merci mon Dieu de la belle vie que j’ai eu » … que « nos parents nous ont donnée » … que « NOUS avons vécu ensemble, tant sur la ferme d’Amqui, qu’en Afrique au Malawi et au centre Afrika à Montréal », nous avons pu sourire aux différentes anecdotes racontées… Un style de communication de « la Bonne Nouvelle » que Roger pratiquait avec talent. Assez loin des formulations dogmatiques et idéologiques. Dans l’ambiance de l’auteur spirituel Maurice Zundel : « Je ne crois pas en Dieu, je le vis. »

Les différents hommages à la vie de service de Roger et l’homélie de Denis-Paul Hamelin nous ont tous ramenés au chant de la promesse scoute résumant « la religion de Roger ».

Des funérailles dans la simplicité d’une salle du Centre Afrika, comme si nous étions autour d’un feu de camp animé par Roger, le coureur des bois, l’homme qui préférait la brousse, du Québec ou du Malawi, le technicien de la transformation de la sève de l’érable en sirop, en tire, en sucre selon les méthodes ancestrales.

Jean-François Bélanger et conversation avec une religieuse.

Les Québécois reconnaîtront sur quelques photos le neveu Jean-François Bélanger[1], grand reporter international à la télévision de Radio-Canada qui a donné un témoignage bien senti … et plein d’émotion.


[1] Jean-François Bélanger est reporter national. Il fait ses débuts à la télévision de Radio-Canada à Moncton, en 1989, puis poursuit sa carrière à Paris comme correspondant pour Le Téléjournal et Le Point. En 1997, il revient à Montréal, successivement aux émissions Le Point et Zone libre. Il est correspondant en Afrique de 2001 à 2007. De 2007 à 2010, il est reporter national au Téléjournal. De 2010 à 2014, Jean-François Bélanger est correspondant à Moscou, puis à Paris, de 2014 à 2019. Il sera de retour en Amérique, cette fois, comme correspondant au bureau de Washington. Il est depuis 2021 établit à Montréal.

40e anniversaire de la Fondation du Grand Séminaire de Montréal

Des experts se penchent sur les défis de l’Église lors d’un panel offert dans le cadre du 40e anniversaire de la Fondation du Grand Séminaire de Montréal

La Fondation du Grand Séminaire de Montréal a célébré un moment historique le samedi 4 mai 2024 en commémorant son 40e anniversaire avec un panel d’experts éminents. Sous le thème « En Église, à la rencontre des défis contemporains », cet événement a été une opportunité unique de réflexion et de dialogue. Le panel a captivé un public diversifié d’environ 50 personnes, témoignant ainsi de l’intérêt croissant pour ces questions cruciales.

Yves Guérette, Ellen Roderick, Guy Guindon et Édouard Shatov

Montréal, le 9 mai 2024

La Fondation du Grand Séminaire de Montréal a commémoré son 40e anniversaire avec un panel d’experts réunis le samedi 4 mai 2024. Sous le thème « En Église, à la rencontre des défis contemporains », Ellen Roderick, Yves Guérette, Guy Guindon et Édouard Shatov ont abordé différentes pistes de réflexion, le tout animé par Francis Denis.

L’événement a réuni un public diversifié d’environ 50 personnes, témoignant d’un intérêt certain pour l’exploration des enjeux pressants auxquels fait face l’Église et la société. Le panel, qui s’est tenu au Grand Séminaire de l’Archidiocèse de Montréal, a fourni une tribune pour un dialogue engageant et des réflexions éclairantes sur la manière de naviguer dans les complexités des défis contemporains en Église.

« Ce panel incarne très bien l’esprit de la mission de notre fondation au cours des quatre dernières décennies, celle de composer avec les défis de chaque époque afin d’assurer une formation actualisée et de qualité à tous nos leaders catholiques d’aujourd’hui et de demain, explique Alexandrina Diac, directrice générale de la Fondation du Grand Séminaire de Montréal. Ce moment de partage et de discussion nous a donné l’opportunité de remercier nos donateurs et donatrices pour leur fidèle appui au fil des ans, lequel nous permet d’assurer la pérennité d’une institution plus que nécessaire pour notre Église et notre société. »

Ellen Roderick[1], directrice du Centre diocésain pour le mariage, la vie et la famille, à l’archidiocèse de Montréal, a débuté en faisant un retour sur les fondements théologiques et anthropologiques sur la quête de sens et la vie chrétienne, mettant de l’avant la centralité de la famille et l’importance de considérer les parents comme premiers missionnaires.

De son côté, Yves Guérette[2], professeur à la Faculté de sciences religieuses à l’Université Laval, a pris la parole de façon convaincante afin d’aborder le sujet de la conversion missionnaire de l’Église dans le cadre de ce changement d’époque, permettant également à l’auditoire de mieux faire la distinction entre prosélytisme et mission.

Guy Guindon[3], recteur du Grand Séminaire de l’Archidiocèse de Montréal a poursuivi en parlant de la formation des leaders catholiques dans une dynamique missionnaire et de l’importance de voir les défis actuels comme des opportunités.

Édouard Shatov[4], directeur du Centre Culture et Foi au Montmartre à Québec, a terminé en invitant les participants à être des témoins crédibles de l’Évangile, en misant toujours sur la vérité, la cohérence, la beauté, l’amour, la confiance afin de passer de l’état de domination à l’état de service et de retrouver la fraicheur de l’Esprit.

Après cette enrichissante discussion et une période de questions avec le public, Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, a présidé une messe, offrant aux participants une occasion de réflexion spirituelle et de communion. Une réception festive s’en est suivie, avec plusieurs prix de présence pour ceux et celles qui se sont déplacés en personne.

À propos de la Fondation du Grand Séminaire de Montréal

Fondée en 1984 par l’Association des Anciens du Grand Séminaire et un groupe de laïcs, la Fondation soutient concrètement le Grand Séminaire de l’Archidiocèse de Montréal afin d’offrir une formation de qualité et adaptée à la réalité de ce monde pour toute personne désirant œuvrer en Église ou pour enrichir leur soif de connaissance et de formation personnelle et chrétienne. La Fondation célèbre en 2024 son 40e anniversaire d’existence. Pour en savoir plus ou pour faire un don, visitez le fgsm.org.

Pour toute question ou demande d’information supplémentaire :

Aline Bedros, Torchia Communications – 514-250-2332 – aline@torchiacom.com


[1] Mme Ellen Roderick, Professeure, Grand Séminaire de l’Archidiocèse de Montréal

[2] Yves Guérette, Directeur de programmes en théologie pratique, Professeur agrégé, Université Laval

[3] M. Guy Guindon, PSS – Recteur, Grand Séminaire de l’Archidiocèse de Montréal

[4] Édouard Shatov, directeur du Centre Culture et Foi au Montmartre à Québec. Un pèlerin russe au XXIe siècle : Entretiens avec Édouard Shatov

Au sujet de PolySeSouvient

PHOTO : En mars 2021, une quarantaine de membres de familles et de survivants du féminicide du 6 décembre 1989 ont publiquement retiré au Très Honorable premier ministre du Canada, Justin Trudeau, son invitation à prendre part à la cérémonie annuelle qui a lieu chaque année sur le mont Royal à Montréal après qu’il eut brisé sa promesse d’éliminer les armes d’assaut sur le marché canadien. (Sean Kilpatrick/La Presse Canadienne)

PAROLE AUX LECTEURS / LE NOUVELLISTE, 5 mai 2024

L’interdiction des armes d’assaut est le cheval de bataille des familles et des étudiants de Polytechnique depuis 35 ans. D’une lenteur proverbiale, le gouvernement fédéral s’est finalement engagé à retirer du marché de nombreuses armes à feu. Il est maintenant embourbé par le récent refus de Poste Canada de participer au programme d’achat de 140 000 de ces armes. Aura-t-il vraiment le courage politique pour d’atteindre ses objectifs en 2025, en pleine année électorale ?

PolySeSouvient a toujours été actif et exprimé son opinion avec de solides études et preuves à l’appui. Beaucoup de gens se posent des questions à son sujet.

Mise à jour historique de PolySeSouvient

L’histoire de PolySeSouvient en est une de dévouement persistant et de l’engagement militant d’une poignée de fervents bénévoles pour une cause titanesque ; notamment l’abolition complète et définitive de la vente libre et de l’utilisation d’armes à feu de type militaire normalement réservées à l’usage professionnel des soldats de l’armée canadienne.

Ce concept est simple à comprendre. Il n’est pas normal que des armes de guerre soient entre les mains de simples citoyens. Depuis la tragédie du 6 décembre 1989, 80 % des Canadiens appuient, sondage après sondage, le bannissement d’armes à feu semi-automatiques à grande capacité. Trop souvent, aux États-Unis, ces mêmes armes sont utilisées lors de tueries de masse.

Aux yeux de PolySeSouvient, il n’a jamais été question d’empêcher l’achat et l’utilisation d’armes de chasse par des citoyens honnêtes et respectueux des lois. Pourtant, les associations pro-armes cherchent par tous les moyens à discréditer PolySeSouvient par une rhétorique qui frôle les théories conspirationnistes. Comment se peut-il, pensent-ils, qu’une poignée de bénévoles leur tiennent tête? C’est ainsi qu’ils menacent constamment de poursuivre PolySeSouvient lorsque nous dévoilons leurs propres comportements odieux quand, par exemple, ils harcèlent les députés ou les employés de firmes qui travaillent pour le gouvernement sur des aspects complexes concernant le contrôle des armes.

Elles-mêmes largement soutenues financièrement par l’industrie de l’armement, les clubs de tirs et les propriétaires d’armes de poing ou d’assaut, les associations pro-armes dénoncent constamment le financement public de PolySeSouvient sans jamais fournir de preuves. Les pro-armes ne peuvent pas croire qu’on peut être aussi efficace sans bureau ni une grande équipe d’employés. Les demandes d’accès à l’information et les recherches sur Internet concernant le financement de PolySeSouvient abondent !

PolySeSouvient est libre de tout autre intérêt. Aucun membre de PolySeSouvient ne profite personnellement de son militantisme. Notre organisation n’a rien à perdre non plus et nous sommes entièrement autonomes. Nous avons exercé cette liberté de façon magistrale au mois de mars 2021 lorsqu’une quarantaine de membres de familles et de survivants du féminicide du 6 décembre 1989 ont publiquement retiré au Très Honorable premier ministre du Canada, Justin Trudeau, son invitation à prendre part à la cérémonie annuelle qui a lieu chaque année sur le Mont-Royal à Montréal après qu’il ait brisé sa promesse d’éliminer les armes d’assaut sur le marché canadien. Nous refusons tout compromis pour la sécurité publique et nous sommes persistants. La voix des familles endeuillées est sans doute la PLUS CRÉDIBLE de toute autre voix dans ce débat. En effet, Justin Trudeau est finalement revenu sur sa décision en déclarant qu’« on a écouté PolySeSouvient ».

L’épisode le plus douloureux a cependant eu lieu avec la perte de la plupart des mesures adoptées à la fin de l’année 1995 à la suite de l’élection d’un gouvernement majoritaire dirigé par le Parti conservateur du Canada. Or, l’abolition du registre national des armes à feu par le gouvernement de Stephen Harper en 2012, suivi par l’affaiblissement d’une série d’autres mesures en 2015, a été suivie par une augmentation de 43% de crimes violents par armes à feu depuis 2013.

Combats réussis de PolySeSouvient

1) l’instauration d’un registre des armes québécois à la suite à l’abolition du registre fédéral par le gouvernement Harper;

2) des mesures solides pour protéger les victimes de violence conjugale (projet de Loi C-21), comme la révocation automatique du permis de possession d’armes pour tout individu dont les autorités ont des doutes raisonnables de croire qu’il est impliqué dans la violence conjugale, y compris le contrôle coercitif;

3) un gel fédéral sur l’acquisition d’armes de poing – c’est-à-dire un « phase-out » sur deux ou trois générations de la possession de telles armes;

4) et la prohibition d’environ 2000 modèles d’armes d’assaut qui demeurent encore chez leurs propriétaires en attendant le programme de rachat.

Malgré les reculs et les récents progrès, nous devons continuer de nous battre pour concrétiser le libellé de la pétition des étudiants de l’École Polytechnique de Montréal de 1990 qui demandait l’interdiction des armes d’assaut. Cette pétition avait récolté plus d’un demi-million de signatures à une époque où les réseaux sociaux sur internet n’existaient pas. Oui, le combat continue, car l’interdiction décrétée par le gouvernement fédéral en 2020 est incomplète et de nouveaux modèles d’armes d’assaut continuent d’être introduits sur le marché.

Serge St-Arneault, membre de PolySeSouvient, blogueur et journaliste à l’AMéCO.

Levée de fonds pour PolySeSouvient

Pour la toute première fois depuis sa création, plus de 80 personnes se sont rassemblées le 25 avril dernier au pavillon Lassonde de l’École Polytechnique de Montréal pour une levée de fonds en faveur de PolySeSouvient.

Dès l’arrivée dans la salle, quatre tableaux commémoratifs avec photos illustrent quelques-uns des moments importants du combat de PolySeSouvient.

Après un mot d’accueil par Stéphane Glorieux, Heidi Rathjen a pris la parole pour le remercier ainsi que Josée Dupuis qui ont rendu cet événement possible. Elle a aussi salué ses amis de la 113e et 114e promotion.

Mot d’accueil par Stéphane Glorieux

Puis, Nathalie Provost a pris la parole pour souligner la solidarité entre les membres de PolySeSouvient. Des représentants de familles des victimes étaient présents ainsi que des survivants et des rescapés.

Parmi les familles des victimes, gravite aussi un petit noyau qui s’implique plus activement dont Suzanne Edward, Serge St-Arneault et Jean-François Larivée. Dès le moment tragique en 1989, Suzanne Edward a soulevé la flamme ardente du combat en parcourant tout le pays pour accorder plus de 2,000 entrevues en mentionnant sans cesse les noms de chacune des quatorze victimes et parler du contrôle des armes. Par hasard, la couleur rouge vif de la salle allouée pour l’événement illustrait à merveille la chaleur de ses propos.

Pour sa part, Serge St-Arneault a insisté sur le fait que nous avions tous adopté une nouvelle identité. Nous sommes la sœur, le frère, la mère, le père, l’ami ou l’amie de l’une des 14 femmes victimes de la Poly. Comme famille, dit-il, nous avons souvent pris la route pour assister aux commémorations. Nous avons donné des entrevues, publié des articles en solidarité avec PolySeSouvient. Nous l’avons fait par amour pour celles qui nous ont quittés. Nous avons constamment trouvé des soutiens et nous nous sommes liés d’amitié avec d’autres personnes lourdement meurtries par un drame semblable au nôtre. C’est tout particulièrement le cas avec notre frère Boufeldja Benabdallah, porte-parole de la Grande Mosquée de Québec.

Ainsi donc, avec de modestes moyens, PolySeSouvient conserve une importante influence dans l’opinion publique pour une simple et primordiale raison : nous menons un juste combat pour assurer la sécurité publique, tout particulièrement la protection des femmes.  

Jean-François Larivée, Suzanne Edward, Heidi Rathjen, Nathalie Provost, Stéphane Rouillon, Hélène Thibeault et Serge St-Arneault.

LIENS

Face aux armes d’assaut, Ottawa est lent à la détente

Marie Vastel, Le Devoir, publié le 27 avril

(…) Les libéraux affirment poursuivre les pourparlers et être à la recherche d’une autre solution. Mais à cinq jours du quatrième anniversaire de l’annonce en grande pompe de cette interdiction — qui demeure théorique puisque, bien que prohibées, ces armes d’assaut n’ont pas été récupérées —, le gouvernement semble surtout toujours aussi embourbé. En effet, il vient ainsi de perdre l’avenue qu’il jugeait la plus efficace (Postes Canada a déjà pignon sur rue partout sur le territoire) et la moins coûteuse (la rémunération de ces employés est bien en deçà de celle des agents de police).

De nos archives : OTTAWA INTERDIT LES ARMES D’ASSAUT DE TYPE MILITAIRE

Ottawa vise le rachat de 140 000 armes à feu en pleine année électorale

Daniel Leblanc, Louis Blouin

Ottawa prévoit maintenant attendre l’année électorale de 2025 pour procéder au rachat obligatoire d’armes à feu de type militaire, après que la mise en place du programme a été ralentie par le refus de Postes Canada d’y participer, a appris Radio-Canada. (…)

Une survivante de cet attentat du 6 décembre 1989, Nathalie Provost, insiste sur le fait que le programme de rachat doit être en branle au moment des prochaines commémorations de la tuerie qui a emporté la vie de 14 femmes.

« Vous savez, en décembre, c’est le 35e anniversaire des événements de Polytechnique. Pour nous, que le programme de rachat soit en place et qu’on puisse déjà parler d’un programme actif et pas qui est en implantation, c’est nécessaire », a-t-elle souligné la semaine dernière.

Brian Mulroney – mes souvenirs

De Serge St-Arneault, Montréal, 23 mars 2024

De fait, je n’ai jamais rencontré Brian Mulroney. Néanmoins, comme les éloges le montrent abondamment à la suite de son décès le 29 février 2024, je porte moi aussi une grande admiration pour cet homme d’État.

J’ai même préparé un repas de fête pour souligner sa réélection en 1988. À cette époque, j’étais de retour au Zaïre après mon ordination sacerdotale en 1987. Je lui avais même écrit une lettre de félicitation envoyée de Gety. C’était un peu insensé. Je me suis souvent demandé ce qui m’avait incité à célébrer la victoire électorale de Brian Mulroney. Je ne pense pas un jour trouver une réponse. Il s’agissait d’une réaction spontanée. Toujours est-il que ce jour-là, nous avons bien mangé.

Ce matin, sous une fine neige tombante, je me suis rendu près de la basilique Notre-Dame située au Vieux Port de Montréal. C’est à ce même endroit, le 11 décembre 1989, qu’ont eu lieu les funérailles des 14 victimes de la tragédie de la Polytechnique. J’étais alors absent.

Du fond de la brousse africaine, j’ai eu écho du drame en écoutant les nouvelles radiophoniques sur Radio-Canada International. Faute de moyen de communication rapide à cette époque, ce n’est que deux semaines plus tard que j’ai reçu la nouvelle qu’Annie était l’une de celles qui avaient été tuées. Il m’a fallu deux autres semaines pour organiser un voyage imprévu vers le Canada.

Aujourd’hui donc, j’ai voulu être présent au moment des funérailles de Brian Mulroney même si cela était réservé aux invités de marque sélectionnés par la famille. Néanmoins, de la rue adjacente, j’ai pu voir au loin ce qui se passait. C’est à ce même endroit que le premier ministre du Canada, le très honorable Brian Mulroney, était présent lors des funérailles nationales des victimes du féminicide du 6 décembre 1989. Et c’est grâce à lui que de nouvelles mesures pour un meilleur contrôle des armes à feu ont vu le jour au Canada.

Loi C-17 en 1991

Cette loi a modifié le Code criminel et d’autres lois liées aux armes à feu. Elle a été adoptée en réponse à la fusillade de l’École polytechnique de Montréal en 1989. En faveur du contrôle des armes à feu, le leadership de Brian Mulroney a été déterminant pour l’adoption par son gouvernement en 1991 de la Loi C-17 sur les armes à feu.

Cette loi a introduit des restrictions plus strictes sur la possession et l’utilisation d’armes à feu au Canada. Elle a notamment créé la catégorie des armes restreintes et a imposé des exigences plus rigoureuses pour l’obtention de permis de possession d’armes à feu.

Le registre national des armes à feu au Canada a été mis en place en 1995 en vertu de cette Loi. Cependant, en 2012, le gouvernement fédéral dirigé par Stephen Harper a aboli ce registre. À noter qu’il s’agissait de deux gouvernements de la même formation politique, l’un plus ‘progressiste’ et l’autre ‘réformiste’.

Basilique Saint-Patrick

Je suis allé à la basilique Saint-Patrick vendredi après-midi où reposait en chapelle ardente Brian Mulroney. Le service de sécurité était bien visible, efficace et très courtois. Il n’y avait pas foule.

Cela m’a permis de saluer Mark Mulroney, l’un de ses quatre enfants. Je lui ai brièvement expliqué combien les membres de ma famille avaient apprécié son intervention sur la question du contrôle des armes à feu, lui qui était présent lors des funérailles nationales du 11 décembre 1989 à la basilique Notre-Dame. Mark a apprécié ma confidence; « Je me souviendrai de vos paroles. Merci ».

Je me suis approché du cercueil où était déposé le drapeau du Canada. Une légère émotion sacrée m’a envahie lorsque j’ai brièvement touché ce drapeau.

Merci, Monsieur Brian Mulroney. Que Dieu vous récompense pour le don de votre vie pour un monde meilleur, ici au Canada, et ailleurs dans le monde.

LIENS

À la mémoire du très honorable Brian Mulroney, C.P., C.C., G.O.Q.

Le blasphème de Denis Villeneuve

Le Devoir, 9 mars 2024. Jean-François Lisée, auteur et chroniqueur, a dirigé le PQ de 2016 à 2018.

Le premier thème développé par Jean-François Lisée dans son article est celui du juron « tabarnak » que Denis Villeneuve a cherché en vain à faire dire à l’acteur Josh Brolin. L’authenticité du ton n’y était pas !

Plus sérieusement, selon Lisée, « Villeneuve invente deux fractures (dans son film) : une entre les jeunes, religio-sceptiques, et les vieux, croyants ; une autre entre les nordistes, laïcs, et les sudistes, fondamentalistes. On croirait le Québécois de la loi 21 juger durement l’obscurantisme des Américains de la Bible Belt ».

Villeneuve au micro de Patrick Masbourian précise qu’« une des idées principales de la Révolution tranquille au Québec a été de dissocier cette société laïque là, qui s’est éloignée du joug de l’Église. […] Le Québec a été un laboratoire extraordinaire pour ça, et je pense que c’est là où je pourrais dire que mon adaptation à une sensibilité québécoise ».

Une sensibilité québécoise = un laboratoire extraordinaire !

Lisée ajoute que « l’irrévérence anticatholique des Cyniques de sa jeunesse sourd dans une scène — inimaginable dans le livre — où Villeneuve se moque du discours circulaire religieux ». (…) Villeneuve « en profite pour infuser une œuvre phare de la culture occidentale de convictions laïques, antimonarchistes et féministes forgées dans son Québec natal, ce « laboratoire extraordinaire ».

La Révolution tranquille, toujours et partout !

J’ai souvent abordé le thème de la Révolution tranquille et ce qu’elle a représenté pour moi dans mon adolescence. Un souvenir d’enfance illustre aussi ce propos : Qu’est qu’on est venu faire icitte ?

Dans le témoignage de MA RÉVOLUTION TRANQUILLE (MA RÉVOLUTION TRANQUILLE, SUITE), j’ai soulevé comment les Cyniques ont joué un rôle crucial à l’époque de la Révolution tranquille qui fut un « laboratoire extraordinaire », aux dires de Denis Villeneuve. À tel point qu’une soixantaine d’année plus tard, l’adaptation d’un roman de science-fiction publié aux États-Unis en 1965 par écrivain Frank Herbert, intitulé Dune, soit imagé par un talentueux metteur en scène qui a grandi dans ce « laboratoire extraordinaire » issue d’une société qui « s’est éloigné du joug de l’Église ».

Frank Herbert a écrit son roman où son imaginaire littéraire créait un monde en transformation qui se déroulait au même moment avec frénésie au Québec. Intéressant !

Le ridicule

Selon Lisée, Villeneuve a réussi à tourner les croyants en ridicule. C’est précisément le rôle qu’ont joué les Cyniques avec brio. Le ridicule provoque le rire, la moquerie, la dérision. À ce titre, le ridicule libère du carcan imposé par une structure dominante. Elle est une soupape qui permet d’évacuer la rancœur et cicatrise les blessures émotionnelles.

Or, la saga romanesque de Dune aborde beaucoup plus de thèmes dont l’écologie planétaire, l’organisation politique et religieuse, les rivalités politiques et économiques, l’accessibilité aux ressources, l’intelligence artificielle, les robots intelligents, les manipulations génétiques, le mysticisme et le contrôle des religions pour guider la population.

Frank Herbert a étonnamment été inspiré pour aborder tant de thèmes qui sont aujourd’hui si cruciaux. En serait-il de même de notre « laboratoire extraordinaire » à la sauce québécoise dont les jurons proverbiaux sont devenus légendaires ?

Le joug de l’Église

Il me semble que le joug de l’Église qui a été dénoncé lors de la Révolution tranquille est précisément cette tentative de tout contrôler, jusqu’à la chambre à coucher. Ce contrôle n’existe plus au Québec. Les gens, même les croyants, gardent maintenant leur distance et se méfient.

Les tentatives de contrôle viennent d’ailleurs, telles que les théories de complots. Gilles Petel l’explique abondamment dans son livre Pandémie et complotisme.

Je crois sincèrement que le message du Christ, son Évangile, est avant tout un message de libération. Aussi lourde soit-elle par ses 2000 ans d’histoire, je constate que l’institution de l’Église évolue. Cette évolution s’accompagne de tensions, voire d’oppositions. Nous devons garder en mémoire que la recherche du contrôle, donc de la domination, sera toujours un danger pour l’Église. N’oublions pas que les idéologies religieuses et politiques sont par définition des mécanismes de contrôle.

Même si les lois sont souhaitables pour forger une cohésion sociale, manifestées par des appropriations culturelles d’une extrême variété et richesse, c’est l’esprit de la loi qui importe.

C’est la loi de l’Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus. (Rm, 8, 2)

C’est par l’Esprit que de la foi nous attendons la justice espérée. (Ga 5, 5)

L’Esprit-Saint, l’avez-vous reçu pour avoir écouté le message de la foi ? (Ga 3, 2)

Armes à feu et violence conjugale : Ensemble Montréal, PolySeSouvient et Halte-Femmes Montréal-Nord unissent leur voix 

Photo : Gabriel Comby, étudiant de Polytechnique, Stephanie Valenzuela, porte-parole de l’Opposition officielle en matière de condition féminine, Nathalie Provost, Heidi Rathjen, Serge St-Arneault, Sophie Lemay, directrice générale de l’organisme Halte-Femmes Montréal-Nord, Stéphane Rouillon et Abdelhaq Sari, porte-parole de l’Opposition officielle en matière de sécurité publique

Comme en 2019, PolySeSouvient était présent lors d’une conférence de presse tenue à l’Hôtel de Ville de Montréal et organisée par le parti municipal Ensemble Montréal à l’occasion de la Journée mondiale des droits des Femmes.  Le but de ce rassemblement était de réclamer une plus forte réglementation et des protocoles efficaces en lien avec la problématique de la violence conjugale, en plus d’interdire les armes d’assaut et d’introduire d’autres mesures pour venir en aide aux victimes.

PolySeSouvient a de nouveau plaidé auprès de la mairesse Valérie Plante de faire pression sur le gouvernement Trudeau pour une interdiction complète des armes d’assaut. On se souvient que les interventions de Valérie Plante ont été déterminantes pour le gel des armes de poing.

LIENS

Local groups call for action on domestic violence and firearms

Prix Shirlez Greenberg pour PolySeSouvient

Nathalie Croteau et Heidi Rathjen sont les récipiendaires, au nom de PolySeSouvient, d’un prix de reconnaissance de l’Association Nationale Femmes et Droit (ANFD) (National Association of Women and the Law). Ce prestigieux « Prix Shirlez Greenberg » est octroyé pour souligner le 50e anniversaire de cette association qui dirige une coalition de groupes de femmes ayant soutenu le projet de loi C-21.

Collaborant de près avec ANFD depuis plusieurs années, ce prix reconnaît officiellement la contribution de PolySeSouvient dans leur soutien à l’ANFD.

Le travail d’intérêt public de PolySeSouvient a pour objectif de soutenir une réflexion soutenue auprès du public et pousser nos gouvernements à légiférer pour un meilleur contrôle des armes à feu au Québec et au Canada. Heidi Rathjen, Nathalie Provost et leur petite équipe de soutien se sont investis dans cette cause depuis 34 ans !

Encourageons PolySeSouvient !

Malgré l’adoption du C-21, la lutte n’est pas finie. PolySeSouvient va continuer de se battre pour interdire, une fois pour toute, les armes d’assaut au Canada. En effet, des centaines de modèles demeurent encore légaux.

LIENS

Polytechnique survivors honoured for making women safer from gun violence.

The Gazette, Feb 29, 2024

Nathalie Provost and Heidi Rathjen have lobbied for stricter gun control for 34 years. « It takes a lot of courage and leadership to be able to achieve what they have done, » says the National Association of Women and the Law.

NAWL celebrates 50 years of feminist law reform. MONDAY, MARCH 4, 2024 | THE HILL TIMES