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Extrait d’une vidéo produite par le créateur numérique Jay Vail sur Facebook au sujet des armes à feu aux États-Unis

Début à 4 minutes 17 secondes

Une autre question concerne le problème des fusillades. Il s’agit évidemment d’un sujet très triste. Je ne m’étendrai donc pas trop dessus Tout le monde sait que les États-Unis sont confrontés à un problème par rapport aux autres pays du monde développé. En grandissant, on enseigne très clairement aux Américains que le deuxième amendement, le droit de porter des armes, est l’un de nos principaux droits constitutionnels. (Il est communément compris que) seules les personnes qui souhaitent un gouvernement tyrannique voudraient nous priver de ce droit.

On vous apprend donc dès le départ à vous méfier de quiconque voudrait, faute d’une meilleure expression, vous retirer vos armes. Mais la réalité, comme je l’ai appris au fil des ans, c’est que tous les pays du monde développé dotés d’une législation stricte sur les armes à feu constatent que le taux de décès et d’homicides par arme à feu y est très faible. Or, parmi ces pays du monde développé, les États-Unis affichent les pires statistiques.

Mais encore une fois, quand on vous inculque cela dès l’enfance, il est difficile de se défaire de cette croyance. C’est presque comme une secte. Et cela vaut aussi pour ce que j’appelle l’exceptionnalisme américain ou l’ultra-patriotisme. On peut même parler de nationalisme quand on en arrive là. Chaque matin à l’école, nous récitions le serment d’allégeance. Et même si je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose d’être patriote, je trouve formidable d’aimer son pays et d’aimer le drapeau de son pays.

Quand on commence à croire que son pays est supérieur à tous les autres, on en vient à considérer les frontières invisibles du monde comme bien plus importantes qu’elles ne le sont en réalité, et on s’aventure alors en terrain dangereux. C’est quelque chose qui a radicalement changé depuis que j’ai quitté les États-Unis.

Je partage la conviction d’Einstein selon laquelle le nationalisme est une maladie infantile. Je ne vois plus le patriotisme de la même manière qu’à l’époque où je vivais aux États-Unis. Pour moi, le patriotisme, c’est se soucier de son pays et vouloir ce qu’il y a de mieux pour lui. Cela implique de le critiquer. Mais quand on est aveuglé par le nationalisme, au point de considérer la critique d’un pays comme une attaque, on n’est pas patriote. C’est du nationalisme.

Et encore une fois, je tiens à préciser que tout le monde aux États-Unis n’est pas comme ça. Il est facile de se focaliser sur l’administration actuelle et de se rappeler que 70 millions de personnes ont voté pour elle. On pourrait croire que tous les Américains se situent à l’extrême droite de l’échiquier politique et font partie de la secte de Trump. Ce n’est tout simplement pas vrai. (…)

Vidéo produite par le créateur numérique Jay Vail sur Facebook

From a video produced by digital creator Jay Vail on Facebook regarding firearms in the United States

It starts at 4 minutes and 17 seconds

Another issue is the problem with shootings. Obviously, this is a very sad topic, so I won’t go too deep into it, but everybody around the world knows that the US has a problem compared to other First World countries. Growing up as Americans are very much so taught that the Second Amendment, the right to bear arms, is one of our main constitutional rights. (It is understood that) only people who want a tyrannical government would want to take that right away from us.

So, you’re taught from the beginning to mistrust anybody who would want to, for lack of a better term, take your guns away. But the reality, as I have learned over the years, is that every First World nation that has strict gun laws finds that the rate of deaths and murders by guns is very low. Whereas with First World countries, the US has the worst of any of those nations.

But again, when you are taught this growing up, it is hard to get out of that belief. It is almost like a cult. And that goes for, what I call, American exceptionalism or ultra patriotism. And you even can call it nationalism at the point where it comes to that. Every single morning at school, we would say the Pledge of Allegiance. And although I do not think it is a bad thing to be patriotic, I think it is great to love your country and love the flag of your country.

When you start to believe that your country is superior to all others. You start to look at the invisible borders of the world as far more important than they actually are, then you get into some dangerous territory. This is something that has changed drastically since I left the US.

I stand with the belief of Einstein that nationalism is an infantile disease. I no longer look at patriotism the same way I did when I was in the US. Patriotism, to me, is caring about your country and wanting what is best for it. That includes critiquing it. But, when you are blinded by nationalism, to where you look at critiquing a country as an attack, you are not being patriotic. That is nationalism.

And again, just to make sure I put this in here, not everyone in the US is this way. It is easy to see the current administration and knowing that 70 million people voted for it. To think that everyone in the US is super far right on the political spectrum, and all belong to the cult of Trump. This is simply not true. (…)

AUTRES LIENS :

Les origines racistes du deuxième amendement

L’épineuse question du contrôle des armes à feu aux États-Unis d’Amérique.

Un leadership plus fort est nécessaire pour éviter un échec coûteux du programme de rachat

« La mise en œuvre inefficace de ce programme gouvernemental de 742 millions de dollars va à l’encontre de la promesse électorale du Premier ministre Mark Carney de ‘relancer rapidement’ et ‘compléter’ le rachat des armes de type militaire et expose les communautés à un risque accru de fusillades de masse. »

MONTRÉAL, le 26 mars 2026 – À l’approche de la fin de la période d’enregistrement du programme de rachat, PolySeSouvient émet la déclaration suivante :

« La faible participation au programme de rachat destiné à retirer de la circulation les armes d’assaut prohibées détenues par des particuliers, tel qu’a signalé lundi dernier le ministre fédéral de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, témoigne d’un manque de leadership politique et d’une réaction timide face à la désinformation généralisée diffusée par le lobby des armes ainsi qu’aux manigances juridiques et politiques de certaines provinces.

Le gouvernement fédéral a estimé qu’environ 150 000 armes à feu existantes sont concernées par l’interdiction et a alloué près de 250 millions de dollars pour indemniser leurs propriétaires. Cependant, moins d’une semaine avant la date limite (le 31 mars), seules 51 000 armes à feu ont été enregistrées en lien avec une demande d’indemnisation.

Communication inefficace pour contrer la désinformation et les manœuvres provinciales

Si le lobby des armes à feu se félicite du nombre important de propriétaires d’armes qui, jusqu’à présent, se sont abstenus d’enregistrer leurs armes prohibées, y voyant une sorte de victoire, il n’en reste pas moins que le refus de participer au programme de rachat n’exempte personne de la loi. Cela signifie simplement que les propriétaires qui ne participent pas ne recevront aucune compensation financière pour les armes dont la détention sera illégale après le 30 octobre 2026 – quel que soit le taux de participation au programme de rachat.

L’Alberta, le Manitoba et la Saskatchewan ont fait part de leur « refus » de contribuer à la mise en œuvre du programme de rachat, la Saskatchewan allant jusqu’à proposer de délivrer des ‘certificats d’exemption’ aux propriétaires d’armes interdites afin qu’ils puissent les conserver et entreposer ‘au nom de la province’. De telles manœuvres ont sans doute induit en erreur de nombreux propriétaires d’armes, notamment en leur faisant croire qu’ils seront exemptés de la loi – ce qui contribue à une faible participation.

En effet, le ministre Anandasangaree n’a pas fourni aux propriétaires d’armes une perspective réaliste de la faisabilité ou de la constitutionnalité de telles manœuvres politiques et juridiques. Il devrait, à tout le moins et sans délai, s’engager à ce qu’Ottawa conteste toute mesure législative qui porterait atteinte au pouvoir fédéral d’interdire la détention privée de certaines armes à feu.

À ces résultats décevants du programme de rachat s’ajoute le refus du gouvernement à mettre fin à la vente du SKS

Cette arme est actuellement classée comme arme sans restriction, et sa vente et sa détention demeurent légales au Canada, même si sa létalité est sur le radar du gouvernement depuis des années. Le SKS figurait sur la liste des armes que le gouvernement Trudeau cherchait à interdire par le biais du projet de loi C-21 en 2023 (sans y parvenir). Il y a plus d’un an, le ‘Comité consultatif d’experts sur les armes à feu’ a signalé au gouvernement que le SKS peut ‘servir à causer des dommages considérables à la population et aux forces de l’ordre’. En effet, c’est le modèle le plus souvent utilisé dans les fusillades de masse et les meurtres de policiers au Canada. L’auteure de la tragédie à Tumbler Ridge avait accès à un SKS et a exprimé un attachement particulier pour cette arme (nous ne savons toujours pas si elle a été utilisée lors de la fusillade, car la GRC continue de refuser de divulguer cette information).

Afin de garantir que le programme atteigne ses objectifs en matière de sécurité publique, PolySeSouvient et d’autres associations militant pour le contrôle des armes à feu ont préconisé des mesures de compromis, tel que l’arrêt immédiat des ventes de nouveaux fusils SKS, tout en exemptant les modèles actuellement utilisés par les chasseurs autochtones.

Si l’on ne met pas un terme aux nouvelles ventes de SKS, les propriétaires qui remettent leurs armes à feu prohibées pourraient utiliser l’argent du rachat pour acheter de nouvelles armes d’assaut SKS. Il s’agit là d’une politique publique irrationnelle et contre-productive qui mènera inévitablement à l’échec de l’interdiction des armes d’assaut. De plus, les fabricants d’armes d’assaut SKS bénéficieront vraisemblablement d’une forte augmentation de leurs ventes – gracieuseté des contribuables – ce qui renforcera davantage le lobby des armes. En d’autres mots : une gestion déplorable de fonds publics qui va à l’encontre des objectifs de sécurité publique du gouvernement.

Depuis plus de 35 ans, les Canadiens se sont prononcés en faveur d’une interdiction totale des armes d’assaut, soit depuis le massacre à l’École Polytechnique en 1989 jusqu’à la fusillade de Tumbler Ridge cette année. Alors que nous pleurons ces victimes, les survivants de fusillades de masse, aux côtés des associations de femmes, des médecins d’urgence et des associations étudiantes, se battent depuis des décennies pour faire interdire les armes conçues pour tuer des humains en grand nombre.

La plupart des Canadiens rejettent catégoriquement la culture des armes à feu à l’américaine, qui entraîne plus de fusillades de masse qu’il n’y a de jours dans une année. À ce jour, cependant, la mise en œuvre inefficace de ce programme de 742 millions de dollars va à l’encontre de la promesse électorale du Premier ministre Mark Carney de ‘relancer rapidement’ et ‘compléter’ le rachat des armes de type militaire, et expose les communautés à un risque accru de telles tragédies. Si les ventes de SKS ne cessent pas d’ici le déblocage des fonds destinés à compenser les propriétaires d’armes d’assaut, le Premier ministre risque d’échouer dans sa mission déclarée d’assurer la sécurité de la population canadienne.

Public Safety Requires Transparency from RCMP re Guns Used in Tumbler Ridge Mass Shooting

March 10, 2026.

Commissioner Mike Duheme Royal Canadian Mounted Police

Dear Commissioner Duheme,

Today marks one month since the tragic mass shooting at the school in Tumbler Ridge which took the lives of eight innocent people, including six children. As leading advocates for gun violence prevention in Canada, we are alarmed and disappointed that the RCMP has not yet disclosed basic information about the models and legal status of the firearms used, given the potential for this information to strengthen public safety and prevent more mass shootings in Canada.

As gun control historian R. Blake Brown wrote in this recent opinion piece, published in The Globe and Mail on March 9, 2026, “keeping this information from the public prevents important debates about Canada’s gun control regime”.

The RCMP’s reputation and public trust were significantly damaged by the force’s handling of the 2020 Nova Scotia mass shooting. Among the failures by the force cited in the Mass Casualty Commission final March 2023 report was an institutional mindset that “undervalues community relationships” as well as “senior leadership’s initial refusal to admit mistakes”.

We urge you and all members of the RCMP to demonstrate that the lessons learned from Nova Scotia are being applied to the Tumbler Ridge investigation, that is, by being transparent with the public about the guns used in this school shooting – information Canadians expect and deserve.

Respectfully, we ask you to confirm:

  1. When will the RCMP release information about the models of guns used in the Tumbler Ridge mass shooting? The RCMP has this information and there is no discernible reason to not immediately disclose it.
  2. When will the RCMP release what they know about the legal status and source of the guns used in the Tumbler Ridge mass shooting? Unlike the model of the guns used, precise information regarding the trajectory of non-restricted firearms is likely not readily available, given the 2012 dismantling of the long gun registry and the obstacles associated with access to commercial sales records that accompanied their reintroduction in 2019 under (former) Bill C-71. This being said, the validity of someone’s PAL (Possession and Acquisition Licence) is a worthy indicator of the legality of nonrestricted firearms under the licensee’s control.
  3. If this information is not disclosed by the end of this month, what is the public safety rationale for further delaying the release of this essential information?

Details related to the reasons that firearms were removed from the home and the justifications to return them are also of great interest to the victims’ families and the public.

Releasing verified information now – at the very least regarding the firearms used – will strengthen citizens’ trust and confidence in the RCMP. Also, it may well help prevent more mass shootings and gun violence in communities across Canada.

Respectfully,

Heidi Rathjen, PolySeSouvient

with Brian Sweeney, Angies Angels

Dr Najma Ahmed, Canadian Doctors for Protection Against Guns

Ken Price, Danforth Families for Safe Communities

Boufeldja Benabdallah, Quebec Mosque

Le ministre Anandasangaree dévoile les détails du programme de rachat d’armes

À Montréal, au siège de la GRC, le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, accompagné de la secrétaire d’État Nathalie Provost et du ministre de la Sécurité publique du Québec, Ian Lafrenière, annonce les détails du programme national de rachat d’armes à feu prohibées, visant à indemniser les propriétaires d’environ 2 500 types d’armes interdites depuis 2020. Ottawa affirme que le plan, qui bénéficie d’une enveloppe pouvant atteindre plus de 740 millions $, offrira une juste compensation, malgré les critiques suscitées par des députés conservateurs et des propriétaires d’armes. Le Québec est la première province à participer au programme. Le ministre Lafrenière souligne que la Sûreté du Québec supervisera son application. Le ministre Anandasangaree est aussi accompagné de représentants policiers. (17 janvier 2026) (Aucune interprétation simultanée)

Mes hommages aux journalistes

Dans un moment d’insomnie la nuit dernière, je me suis remémoré des entrevues que j’ai accordées à des journalistes.  Ce fut encore le cas samedi dernier, 6 décembre 2025, lors de la 36e commémoration de la tragédie de Polytechnique de 1989. Je suis très reconnaissant pour le professionnalisme de tous les journalistes que j’ai eus la chance de rencontrer, comme ce fut le cas avec Geneviève Garon samedi matin à 7 h 30 lors de l’émission D’abord l’info week-end sur RDI.

Photo au studio de RDI : Marilaure Lambert

Honnêtement, je me disais intérieurement que peu de gens regardent une émission de nouvelles si tôt un samedi matin. Tel fut ma surprise de recevoir des messages de téléspectateurs, comme ma cousine Myriam, de Jocelyne, une amie, et d’une inconnue du nom de Diane : « Bonsoir M. St-Arneault. Je prends le temps de vous écrire pour vous dire comment j’ai apprécié votre entrevue ce matin à RDI (…), vous avez donné une entrevue pleine d’espérance. (…) Ce sont avec de merveilleux porte-paroles comme vous qui font avancer les causes qui sont si importantes pour notre société. »

Je suis vraiment reconnaissant envers Geneviève Garon qui a animé notre échange avec beaucoup d’humanisme. Elle a centré ses questions sur ma sœur Annie en me permettant également de souligner notre demande, celle de PolySeSouvient que je représentais, auprès du gouvernement fédéral. Nous demandons des actions concrètes pour mettre en place les mécanismes requis prévus dans leurs propres lois déjà adoptées dans le cadre du retrait complet des armes semi-automatiques de type militaire en libre circulation au Canada.

De fait, je remercie l’ensemble des journalistes que j’ai croisés ces dernières années, francophones et anglophones, qui ont relayé notre message depuis trente-six ans. Je réitère ma reconnaissance envers ces femmes et ces hommes soucieux de diffuser de ‘vraies’ nouvelles basées sur des sources fiables et vérifiables.

J’en énumère ici quelques-uns.

Royal St-Arnaud (Radio Ville-Marie), Réjean Harvey  (radio de CFLM de La Tuque), Michel Scarpino (L’Écho – Haute-Mauricie), Alison Northcott (CBC News), Andy Riga (Gazette), Ben Mussett (Toronto Star), Ben O’Hara Byrne (Global News), Marie Vastel (Le Devoir), Brian Myles (Le Devoir), Francois Gloutnay (Présence Information religieuse et AMéCO), Gilles Petel (Journaliste à la retraite de Radio-Canada), Jean-François Bélanger (Radio-Canada), Kate Malloy (The Hill Times), Kenneth Armstrong (Multimedia Journalist), Levi Garber (Associate Producer – CBC Radio), Rugby Irene Pratka (Journaliste indépendante – Membre AJIQ), Sidhartha Banerjee (La Presse Canadienne), Yves Casgrain (Journaliste indépendant – Spécialisé dans le fait religieux), Audrey Tremblay (Le Nouvelliste), Marc Rochette (Le Nouvelliste), Martin Francoeur (Le Nouvelliste), Brigitte Trahan, (Le Nouvelliste), Sébastien Lacroix (Le Nouvelliste), Zacharie Goudreault, (Le Devoir), Mario Bard (Radio VM), Jean-Philippe Trottier (Radio VM),

MÉDIAS : Windsor Star, Ottawa Citizen, City News Everywhere, Ville de Montréal – Cabinet de la mairesse et du comité exécutif, The Gazette, Toronto Star, Huffpost, La Presse, Le Devoir, Le Nouvelliste, Présence Information religieuse, The Hill Times

BONUS DE DERNIÈRE MINUTE

Merci à Judith Plascencia-Limon, Journaliste à la recherche à Radio-Canada Acadie pour cette entrevue qui a été diffusée samedi matin le 6 décembre 2025.

Porter le ruban blanc serait « hypocrite » de la part de Carney, dit PolySeSouvient

Témoin de la tuerie survenue à Polytechnique, Heidi Rathjen estime que le gouvernement Carney se traîne les pieds en matière de contrôle des armes à feu. (Photo d’archives). Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Valérie Gamache, Info Radio-Canada, 15 novembre 2025

« Environ 2500 marques et modèles sont interdits au Canada, mais le gouvernement Carney, tout comme son prédécesseur, refuse d’inclure dans son programme de rachat la carabine semi-automatique SKS. (…)

Le projet pilote est terminé et au cabinet du ministre de la Sécurité publique, on espère déployer le programme de rachat des armes prohibées à l’échelle du pays d’ici Noël. Mais avant de l’étendre, on n’écarte pas la possibilité d’y apporter certains ajustements. Ce serait une occasion à saisir, selon les militants pour le contrôle des armes à feu. On a perdu beaucoup de batailles, mais on est toujours combatifs et notre objectif, c’est de gagner la guerre contre la guerre, parce que ‘ce sont des armes de guerre, rappelle Serge St-Arneault. »

« Le premier ministre du Canada, Mark Carney, et les membres de son caucus pourraient bien ne pas être les bienvenus aux cérémonies de commémoration de la tuerie survenue à Polytechnique, le 6 décembre prochain, s’ils ne tiennent pas leurs promesses en matière de contrôle des armes à feu d’ici là. » Heidi Rathjen

LIENS :

L’Actualité :

PolySeSouvient réclame qu’Ottawa interdise complètement les armes d’assaut

Toronto Star:

Gun control group warns of Liberal ‘inaction’ ahead of Polytechnique anniversary

The letter to Carney says “it would be disingenuous and even hypocritical for you and your Liberal caucus MPs to wear white ribbons or to participate in memorial events across Canada commemorating the victims of the femicides at Polytechnique,” given the remaining work to be done.

This report by The Canadian Press was first published Nov. 15, 2025.

L’engagement d’un missionnaire blogueur

Je suis comme vous, j’utilise Facebook, même si je n’aime pas cette plateforme numérique. En effet, il est extrêmement difficile de trouver à nouveau des informations ou des documents que j’ai déjà publiés sur ce réseau social. Pour pallier ce problème, j’ai créé des blogues sur lesquels je peux facilement enregistrer des événements, des liens ou des nouvelles.

L’un de ces blogues a été créé en 2012 alors que je publiais des informations concernant la Southern Africa Province (PAC) sur le site Web www.mafrsaprovince.com. À ce moment, j’étais secrétaire provincial à Lusaka.

Bien qu’il soit toujours accessible aujourd’hui, ce blogue n’a pas été mis à jour depuis 2022. Il continuait pourtant de recevoir quotidiennement environ 50 visites, principalement de la part des jeunes confrères en formation.

Michael Chilufya Sata

Saviez-vous que, lors de la fête nationale zambienne, célébrée le 24 octobre 2012, le président de ce pays, Michael Chilufya Sata, a mis en lumière les réalisations remarquables de 18 personnes qui ont grandement contribué à son développement. Parmi elles se trouvait notre confrère Léopold Lalonde1 qui s’était installé en Zambie le 1er octobre 1956.

Ce blogue fournissait également des liens vers d’autres missions, telles que Faith and Encounter Centre Zambia (FENZA) en Zambie, le Centre for Social Concern (CFSC) de Kanengo au Malawi, The Kungoni Centre of Culture and Art au Malawi, le Centre Nazaré au Mozambique, les Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique (SMNDA) et les Missionnaires d’Afrique à Rome. Certains autres liens ont disparu. Que deviendra le blogue de la SAP, dont la photo du « nouveau » Conseil Général qui y figure date de 2016 ?

L’Espace Perso de Serge (www.sergestarno.com)

Maintenir un blogue nécessite une vigilance constante pour trouver des informations pertinentes. De plus, le blogueur doit continuer de se tenir au courant des dernières tendances en matière de technologie numérique, qui évoluent constamment. Une fois qu’il aura maîtrisé son logiciel, le choix des nouvelles deviendra l’élément principal de la ligne éditoriale.

Bien que mon texte aborde plusieurs thèmes, je suis convaincu qu’il témoigne fidèlement de mon engagement envers la mission. J’ai donc choisi comme sous-titre : « Missionnaire sans limites ».

En menant vos investigations, vous trouverez des articles de presse sur divers sujets, des liens vers des émissions de télévision ou de radio, des conférences, des vidéos et mes propres écrits, dont plusieurs ont été publiés dans la presse canadienne, francophone et anglophone.

J’aborde souvent le thème du contrôle des armes à feu au Canada. Pourquoi ? Ma famille a été profondément touchée par la mort violente de ma sœur Annie, âgée de 23 ans, le 6 décembre 1989. Alors qu’elle assistait à son dernier cours à l’École polytechnique de Montréal, un jeune homme a tué 14 femmes avec une arme semi-automatique.

Cette tragédie a poussé les familles des victimes à s’unir pour demander l’interdiction totale de ces armes de guerre sur le marché canadien de la vente d’armes à feu. À l’époque, une pétition signée par plus de 500 000 Canadiens a été soumise dans ce but.

Il a fallu 35 ans de combat acharné pour convaincre le gouvernement canadien d’instaurer un programme d’acquisition de toutes les armes à feu semi-automatiques de type militaire, après avoir interdit leur importation, leur fabrication et leur utilisation. Ces armes sont redoutables et destructrices2. Il est clairement démontré que le nombre de décès par arme à feu est directement proportionnel à la quantité d’armes en circulation. Plus il y a d’armes à feu disponibles, et en particulier d’armes semi-automatiques, plus le nombre de morts augmente. Une part importante des victimes sont des femmes et des enfants.

Quelques statistiques

J’ai assez peu publié sur mon blogue entre 2011 et 2017. Cependant, depuis cette période, leur nombre a considérablement augmenté pour atteindre plus de 520. En ce qui a trait au nombre de visites, je compte environ dix à quinze personnes par jour, et plus de 68 700 visites au total. Il est important de noter que chaque visiteur peut effectuer plusieurs visites en lisant différents articles.

Les thèmes

L’Afrique occupe une place de choix sur mon blogue. Il comporte aussi des articles sur le dialogue interreligieux, des témoignages chrétiens et des liens vers le Centre Afrika de Montréal. Avec leur consentement, j’ai aussi intégré des écrits de confrères missionnaires dans ce blogue. J’ai également rédigé plusieurs articles de réflexion sur l’Église au Québec, en tenant compte de son contexte sociohistorique.

Ceci représente une manière différente de continuer ma mission, après 25 ans de vie missionnaire en Afrique.

Quels résultats ?

En définitive, l’audience des lecteurs est relativement restreinte, mais elle est néanmoins présente sur les moteurs de recherche du web. Les lecteurs viennent de divers horizons, notamment le Burkina Faso (501), le Brésil (509), la Belgique (570), l’Italie (671), la Zambie (1,022), l’Allemagne (1,333), la République Démocratique du Congo (1,810), la France (4,517), les États-Unis (6,390) et le Canada (42,607). De plus, je compte 101 abonnés qui reçoivent automatiquement mes publications.

Quel avenir ?

Qui peut vraiment prédire l’avenir ? En vérité, cela n’a pas réellement d’importance. Sauf si vous décidez de vous lancer dans le métier « d’influenceur » et que vous ne faites rien d’autre, un blogue personnel ne peut pas avoir une grande audience. Ce qui est crucial, c’est la capacité de créer des liens entre les gens en partageant un sujet d’intérêt commun.

Contrôle des armes à feu

Mon implication dans la question du contrôle des armes à feu au Canada revêt une dimension politique positive. Je continue d’investir de mon temps pour soutenir le regroupement de PolySeSouvient3 et pour dénoncer le lobby puissant des armes à feu Cela correspond, me semble-t-il, à notre charisme, et c’est une manière de perpétuer l’héritage politique du cardinal Lavigerie qui s’est fermement positionné contre la traite des esclaves.

Je vous encourage à explorer mon blogue en visitant la page « À propos » et à vous abonner. J’ai hâte de lire vos commentaires.

Par Serge St-Arneault, Petit Écho de la Société des Missionnaires d’Afrique, 2025 / 07, No 1163, Italie, pp 431 – 434


  1. Lien : The President’s Insignia of Mercy attributed to Léopold Lalonde: https://mafrsaprovince.com/index.php/2012/12/30/the-presidents-insignia-of-mercy-attributed-to-leopold-lalonde/. Léopold Lalonde est décédé le 10 mars 2017 à Sherbrooke, Canada, à l’âge de 89 ans. ↩︎
  2. À ce jour, le 11 octobre 2025, la bataille ne semble pas encore gagnée. Voir le lien suivant : Contrôle des armes sonnent l’alarme qu’à défaut de la part du gouvernement Carney d’interdire la vente d’armes d’assaut SKS, le programme fédéral de rachat se soldera par un gaspillage d’argent des contribuables. ↩︎
  3. PolySeSouvient est une organisation canadienne de défense du contrôle des armes à feu, fondée en réponse à la tuerie de Polytechnique en 1989 : https://polysesouvient.ca. ↩︎

Les militants pro contrôle des armes sonnent l’alarme qu’à défaut de la part du gouvernement Carney d’interdire la vente d’armes d’assaut SKS, le programme fédéral de rachat se soldera par un gaspillage d’argent des contribuables

Des versions modernes de ce puissant fusil d’assaut utilisé lors d’attaques mortelles contre des policiers et de fusillades de masse inonderont le marché pour remplacer les modèles interdits. Il y aura là une aubaine pour les fabricants d’armes à feu, financée par les contribuables.

MONTRÉAL, le 23 septembre 2025 – PolySeSouvient sonne l’alarme à savoir qu’en l’absence d’un plan concret et imminent pour interdire la vente et la prolifération des armes SKS de conception soviétique, une arme à feu conçue pour un usage militaire, le programme de rachat du gouvernement fédéral pour les armes d’assaut risque d’être un gaspillage de l’argent des contribuables.

Pour garantir une véritable interdiction des armes d’assaut au Canada, le groupe de défense des droits composé de survivants, de témoins et de familles de victimes de fusillades de masse demande au gouvernement fédéral d’adopter les mesures suivantes :
– Interdire immédiatement les nouvelles ventes des SKS
– Retirer de la circulation les versions modernes des SKS qui ont les mêmes caractéristiques de puissance de tir que les armes d’assaut interdites (par exemple, le SK-X est considéré par les experts et amateurs d’armes comme un « quasi-AR-15 »).
– Mettre en œuvre un rachat volontaire des modèles plus anciens et assujettir les modèles qui demeurent en circulation à des clauses « grand-père » (c’est-à-dire rendre leur enregistrement obligatoire et interdire leur transfert).
– Accorder une exemption aux chasseurs autochtones qui utilisent l’arme à feu SKS principalement pour leur subsistance.

Cet avertissement et la demande d’urgentes actions ont lieu alors que le gouvernement fédéral s’apprête à lancer la deuxième phase du programme de rachat conçu pour récupérer les armes d’assaut interdites en mains privées et offrir une compensation financière en échange de celles-ci. Comme le démontrent les résultats de récents sondages, la criminalité et la sécurité publique sont en forte croissance à titre de préoccupation prioritaire chez les Canadiens.

Voir cet aperçu des types et des risques associés au SKS : https://polysesouvient.ca/Documents_2025/DOCU_25_02_03_SKS_Incidents_Versions.pdf

Citations :

« Tant que le SKS n’aura pas été banni, il n’y aura pas d’interdiction d’armes d’assaut au Canada. Les nouveaux modèles de SKS envahiront le marché pour remplacer les modèles interdits. Rien ne changera à long terme, si ce n’est un gaspillage de centaines de millions de dollars des contribuables. Une grande partie des fonds provenant du rachat sera réinjectée dans l’industrie des armes, enrichissant ainsi les fabricants et renforçant le lobby des armes.

« Le SKS est l’arme la plus utilisée lors des récentes fusillades de masse et de meurtres de policiers au Canada. L’absence d’interdiction du SKS et de son retrait du marché par le gouvernement Carney concomitant au déploiement du programme de rachat constituerait un échec sur le plan de la sécurité publique.

« Le maintien de la vente de SKS au Canada mine la mission prioritaire du premier ministre, soit celle d’assurer la sécurité des Canadiens. Dès le lancement du programme, les propriétaires d’armes à feu pourront simplement prendre l’argent reçu en échange d’une arme prohibée et l’utiliser pour acheter un SKS ayant les mêmes caractéristiques de puissance de feu que celle rendue. »

« Le SKS n’est pas seulement un modèle, c’est une plateforme en vertu de laquelle d’autres versions sont construites. Il en existe déjà plusieurs versions différentes, y compris certaines qui sont très proches des armes d’assaut interdites. On trouve actuellement un convertisseur en vente pour transformer un SKS en AR-15 : ‘Votre SKS comprend maintenant une monture, une poignée, un viseur et même le chargeur 7.62×39 de l’AR-15. Le résultat est un quasi-AR15 semi-automatique qui demeure légalement un SKS’ [notre traduction] ».

« Si le SKS n’est pas interdit, il sera à l’origine d’une gamme de nouvelles versions d’armes d’assaut. Les fabricants et le marché canadien s’adapteront à cette importante faille pour offrir toutes sortes de nouveaux modèles de fusils d’assaut aux amateurs d’armes à feu. Nous nous retrouverons dans la même situation qu’au lendemain des ‘interdictions’ de 1995. En fin de compte, de nouveaux modèles remplaceront ceux ayant été interdits et nous nous retrouverons à la case départ. »

PolySeSouvient.

Heidi Rathjen, coordinatrice, PolySeSouvient / info@polysesouvient.ca

LIENS

Le programme de rachat d’armes à feu pour les particuliers lancé cet automne

Léa Carrier, La Presse, 10 octobre 2025

Les crimes commis à l’aide d’une arme à feu expliquent à eux seuls l’immense écart entre les taux d’homicide aux États-Unis et ceux au Canada, constate Statistique Canada. L’étude montre également que le Québec figure parmi les régions les plus sûres en Amérique du Nord.

Ottawa ne prévoit pas d’interdire les carabines semi-automatiques SKS

Sandrine Vieira, Le Devoir, 9 octobre 2025

Le gouvernement fédéral ne prévoit pas d’interdire les carabines semi-automatiques SKS, a affirmé jeudi le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree. Ses propos diffèrent nettement de ceux de sa collègue, la députée libérale et survivante du féminicide de Polytechnique Nathalie Provost, qui estimait, il y a deux semaines, que leur interdiction figurait parmi les mesures « qu’il reste à faire ».

Inauguration officielle de la Place des Montréalaises, Montréal, 16 mai 2025

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Nous attendons le dévoilement officiel de la Place des Montréalaises depuis septembre 2018. Après plusieurs reports, le jour tant attendu a eu lieu ce matin.

Mon confrère Julien Cormier m’accompagne. Il a très bien connu ma sœur Annie à la fin des années 70. Il a pris une photo d’une affiche électronique dans la station de métro Champ-de-Mars, tout juste à côté du CHUM, qui illustre l’endroit où a lieu l’événement. Un soleil de plomb nous tombe dessus bien avant 10h00. Il y a encore peu de monde. Pour cette occasion, je porte une chemise qui m’a été offerte par une amie burkinabé, Lucie Coulibaly, en solidarité avec le peuple du Burkina Faso.

Les journalistes et caméramans s’installent vers la pointe sud de la place. J’y retrouve Heidi Rathjen, coordinatrice de PolySeSouvient.

Quelques minutes plus tard, Catherine Bergeron, Jim Edward et Nathalie Provost nous rejoignent pour une prise photo.

Presque trente-cinq ans se sont déroulés depuis la tragédie du 6 décembre 1989 à la Polytechnique de Montréal. Aujourd’hui, en plus de sept illustres femmes qui ont profondément marqué l’histoire de Montréal, les quatorze victimes du féminicide de la Poly figurent également sur le monument qui leur est dédié. Celui-ci est un imposant miroir.

Noms de 7 pionnières de la métropole, issues de différents domaines et différentes époques :

  • Myra Cree (1937-2005) – Culture et communications – autochtone d’origine mohawk qui s’est démarquée dans le domaine des communications, notamment en devenant la première femme à occuper le poste de chef d’antenne au Téléjournal de Radio-Canada.
  • Jessie Maxwell-Smith (1920-2000) – Éducation et développement social – enseignante de la Petite-Bourgogne qui a contribué à ce que la communauté noire de Montréal ait accès à une éducation de qualité.
  • Agnès Vautier (1896-1976) – Sports et loisirs – hockeyeuse du Western de Montréal, l’équipe imbattable en 1917.
  • Ida Roth Steinberg (1885-1942) – Affaires et économie – femme d’affaires, immigrante juive Hongroise, qui a fondé à Montréal la première épicerie Steinberg.
  • Idola Saint-Jean (1880-1945) – Démocratie et société – féministe québécoise, militante pour le droit de vote des femmes.
  • Harriet Brooks (1876-1933) – Sciences et éducation – première physicienne nucléaire canadienne.
  • Jeanne Mance (1606-1673) – Santé et administration – Fondatrice de Montréal.

Inauguration de la place des Montréalaises et de la place Marie-Josèphe-Angélique. La cérémonie a débuté vers 11h00 avec l’arrivée de la mairesse Valérie Plante et de plusieurs femmes marquantes, dont Yvette Bonny, Elisapie Isaac, France Charbonneau, Léa Cousineau, Kim Thúy et Lesley Chesterman. Elles avaient reçu plus tôt les insignes de l’Ordre de Montréal. Pauline Marois et Janette Bertrand ont également reçu cette distinction main n’étaient pas présentes au moment de la cérémonie.

La conceptrice du projet, Patricia Lussier, architecte paysagiste chez Lemay, accompagnait également ces femmes.

Le miroir Situés près de l’avenue Viger-Est, des noms sont gravés dans un immense miroir, illustrant d’un côté « le talent de sept pionnières » et, de l’autre, « 14 femmes à qui on a volé la vie. » (Mme Plante)

Que dire de plus ?

Tout en reconnaissant l’importante contribution des femmes qui ont façonné notre société, il me semble que cet événement s’inscrit parfaitement dans le prolongement de nos efforts pour dénoncer le féminicide.

À ce titre, PolySeSouvient, composé de femmes et d’hommes, de sœurs et frères, de mères et pères, d’étudiantes et étudiants de deux et même trois générations, espère vivement voir l’aboutissement de sa lutte pour un meilleur contrôle des armes à feu au Canada, incluant le bannissement complet de la vente et possession d’armes d’assaut de type militaire.

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POINT DE VUE / Alors que les électeurs se rendent aux urnes pour élire le prochain gouvernement fédéral, la sécurité de nos communautés et la prévention des fusillades de masse, des féminicides et des suicides sont des enjeux électoraux majeurs.

Heidi Rathjen, Diplômée de Polytechnique et coordonnatrice de PolySeSouvient

Serge St-Arneault, Frère d’Annie St-Arneault (décédée en 1989 à Polytechnique)

La semaine dernière, PolySeSouvient a partagé avec les Canadiens son analyse des actions et promesses des partis politiques. Le collectif estime que les mesures essentielles de contrôle des armes à feu ont le plus de chances d’être réalisées sous un prochain gouvernement libéral.

En tant que chef libéral, M. Carney a promis d’achever le programme de rachat des armes d’assaut. Il a également promis de mettre en œuvre les mesures adoptées dans le cadre du projet de loi C-21, dont la révocation automatique du permis de possession d’arme d’une personne trouvée coupable de crimes violents ou qui fait l’objet d’une ordonnance de protection liée à la violence conjugale ou au harcèlement criminel. Il s’est également engagé à améliorer la capacité de la GRC à tracer les armes utilisées pour commettre des crimes.

En revanche, le leader conservateur, M. Poilievre, a promis d’abroger toutes les mesures de contrôle des armes adoptées par le gouvernement Trudeau. Cela inclut la loi C-21 qui retire automatiquement les armes à feu aux agresseurs conjugaux et gèle les ventes d’armes de poing, ainsi que le projet de loi C-71 qui rétablit les registres de ventes commerciales et exige la vérification du permis d’un acheteur potentiel.

Plus inquiétant encore, M. Poilievre – qui a voté contre toutes les mesures de contrôle des armes depuis qu’il a été élu député il y a 21 ans – s’est engagé à annuler l’interdiction des armes d’assaut qu’il qualifie de simples «fusils de chasse». Ces armes posent indéniablement un danger majeur pour la sécurité publique. Notons que les chasseurs ont encore le choix entre près de 20 000 modèles de carabines et de fusils qui demeurent légaux.

Le leader conservateur propose aussi une tolérance zéro envers les activités illicites, y compris la prison à vie pour cinq chefs d’accusation ou plus d’importation ou d’exportation de dix armes à feu illégales ou plus, de même que «la Loi des trois coups» à l’américaine. Bien qu’un châtiment approprié soit un objectif louable, des peines plus sévères ne découragent généralement pas la criminalité, en particulier dans les cas de crimes passionnels, tels les homicides conjugaux, ou de crimes motivés par la haine, comme les tueries de masse qui se terminent souvent par un suicide.

La prévention devrait être la priorité absolue, et non la punition, qui arrive après que le mal est fait.

Si le problème du trafic d’armes dans les grands centres urbains comme Toronto est réel et mérite l’attention des autorités, les données probantes montrent que, à travers le pays, la plupart des armes saisies par la police et jusqu’à la moitié des armes à feu utilisées dans les homicides ont été obtenues légalement au Canada. Les conservateurs citent constamment des statistiques sur la criminalité urbaine, mais ils passent sous silence les homicides ruraux, les meurtres familiaux, les fusillades de masse et les suicides par balles.

Comme c’est le cas pour la plupart des fusillades de masse, les tireurs à Polytechnique, à Concordia, à Dawson et dans le cadre des deux massacres dont M. Poilievre a parlé au cours du débat des chefs de jeudi dernier (pour justifier l’utilisation de la clause dérogatoire sur les peines consécutives) possédaient tous légalement les armes qu’ils utilisaient. Il s’agit des événements survenus à la mosquée de Québec et des meurtres de trois agents de la GRC à Moncton.

Le gouvernement doit à la fois s’attaquer au marché illégal et empêcher la mauvaise utilisation des armes légales.

Les électeurs soucieux de la sécurité publique devraient réfléchir attentivement à leurs choix, compte tenu des deux approches radicalement différentes proposées pour lutter contre la violence par armes à feu.

LIENS

À Montréal, un autre combat

Plus de 800 kilomètres séparent la ville de Timmins, dans le nord de l’Ontario, et Montréal, là où est survenu le féminicide de Polytechnique en 1989. Quatorze femmes y avaient perdu la vie.

Deux survivantes de la tuerie – Nathalie Provost, candidate libérale dans Châteauguay–Les Jardins-de-Napierville, et Heidi Rathjen, porte-parole de PolySeSouvient – militent depuis pour le contrôle des armes à feu afin d’éviter d’autres tueries de masse.

PolySeSouvient estime que ses demandes ont de meilleures chances de se concrétiser sous un gouvernement libéral et qu’un vote pour le Bloc québécois garantirait « un appui important de la part d’au moins un parti d’opposition ». Le groupe note que le Nouveau Parti démocratique (NPD) a joué sur les deux tableaux lors de la dernière session législative. L’ensemble du caucus a finalement voté pour la loi C-21 après qu’elle eut été modifiée.