Tous les articles par Serge St-Arneault, M.Afr

Membre de la Société Missionnaire d'Afrique depuis 1986. A vécu en République Démocratique du Congo, au Malawi et en Zambie. Membre de l'équipe du Centre Afrika à Montréal depuis 2017.

PolySeSouvient reproche à Ottawa de reculer sur sa promesse

Réglementation pour C-71: Piètres mesures affaiblies encore plus

À tous les groupes et individus ayant appuyé le projet de loi C-71, soit la législation pilotée par l’ancien ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, déposée en 2018 et adoptée en 2019 en réponse aux promesses électorales des Libéraux de 2015 sur le contrôle des armes à feu. Malheureusement, si les règlements récemment proposés sont adoptés tels quels, même les gains très modestes en matière de sécurité publique auxquels nous nous attendions ne se concrétiseront pas.

Nous vous invitons à consulter notre mémoire détaillé  (veuillez-nous excusez: en anglais seulement).

JIM BRONSKILLLA, PRESSE CANADIENNE, 8 août 2021 

(Ottawa) Le groupe PolySeSouvient accuse le gouvernement fédéral de mettre en danger la sécurité publique en reculant sur sa promesse de trouver un moyen pour s’assurer que les acheteurs d’armes à feu possèdent un permis valide.

Dans un mémoire uniquement rédigé en anglais remis au gouvernement, le groupe affirme que les règlements proposés pour étoffer les lois fédérales ne vont pas assez loin pour empêcher les armes à feu de tomber entre de mauvaises mains.

« Une analyse approfondie des règlements proposés montre que le gouvernement a décidé d’édulcorer davantage une législation déjà faible. Les détails fournis par les règlements proposés soulignent non seulement la faiblesse des principales mesures du projet de loi C-71, mais ils rendent également certaines d’entre elles pratiquement sans force », peut-on lire dans un extrait remis à La Presse Canadienne.

En 2019, après que le projet de loi C-71 eut reçu la sanction royale, le gouvernement avait déclaré qu’il exigerait aux commerçants de vérifier la validité du permis de leurs clients avant de leur vendre une arme à feu sans restriction comme une carabine ou un fusil de chasse.

Selon PolySeSouvient, la validation d’un permis d’un acheteur potentiel est un élément fondamental de tout régime crédible de contrôle, car les documents volés, révoqués ou contrefaits peuvent être utilisés pour acheter illégalement des armes à feu.

Le groupe craint que la réglementation envisagée n’empêche pas de tels abus. Selon lui, elle n’oblige pas le commerçant à vérifier auprès du registraire fédéral des armes à feu si un acheteur potentiel a réellement un permis valide.

Si le projet de règlement précise qu’un acheteur doit fournir à un vendeur tous les renseignements figurant sur le permis, il n’est indiqué nulle part que celui-ci doit ensuite les transmettre au registre.

« C’est exactement ce que veut le lobby des armes à feu : que le gouvernement ait le moins d’informations possible sur les transactions d’armes à feu sans restriction », souligne la porte-parole de PolySeSouvient, Nathalie Provost, qui avait été atteinte de quatre balles lors de l’attaque féminicide de 1989. « On dirait qu’il a réalisé son souhait, encore une fois, au détriment de la sécurité publique. »

Le registraire attribue un numéro de référence donnant le feu vert à une vente que s’il est convaincu que l’acheteur peut détenir un permis, dit Tim Warmington, un porte-parole de Sécurité publique Canada.

Il reconnaît que les règlements proposés « ne précisent pas explicitement quelles informations le vendeur doit fournir » au registraire lorsqu’un numéro de référence est demandé.

Parmi les renseignements qui pourraient être requis par le registraire, M. Warmington mentionne le numéro du permis du vendeur afin de s’assurer que celui-ci en possède un valide. Il cite aussi le numéro et la date d’expiration de celui de l’acheteur afin de garantir sa validité.

Le vendeur devra également confirmer qu’il a vérifié de manière raisonnable sur l’acheteur était titulaire du permis présenté, ajoute M. Warmington.

PolySeSouvient concède que le bureau d’enregistrement peut demander des informations sur le permis avant d’accorder un numéro de référence. Toutefois, il dit que cette mesure est discrétionnaire et n’est pas requise par la loi. « La vérification du permis d’un acheteur potentiel par le Directeur des armes à feu n’est plus une option et repose uniquement sur la bonne foi du vendeur, comme auparavant », peut-on lire dans le mémoire.

Le groupe dit craindre qu’un futur gouvernement s’appuyant sur le lobby des armes à feu demande à ses fonctionnaires d’approuver automatiquement de telles demandes ou applications, « d’où l’importance de spécifier ces détails dans la loi ».

La loi oblige maintenant à vérifier tout l’historique des comportements de l’acheteur, pas seulement ceux des cinq années précédant la demande de permis. Une personne ayant des antécédents de violence conjugale ou ayant proféré des menaces sur l’internet n’est pas admissible.

Elle oblige les commerçants à conserver des registres des ventes d’armes à feu sans restriction. Les propriétaires d’armes à feu à autorisation restreinte et prohibée doivent se munir d’une autorisation de transport sauf s’ils se rendent dans un centre de tir approuvé. « Enfin, l’autorisation de transporter des armes de poing ne s’applique pas dans 96,5 % des cas, tout en gardant l’échappatoire qui peut être invoquée par toute personne transportant son arme de poing presque n’importe où dans une province », note le groupe.

PolySeSouvient a également exprimé d’autres inquiétudes concernant ces éléments. Notamment, il estime que l’efficacité des registres des ventes est minée par la nécessité pour les policiers d’obtenir un mandat de perquisition pour y accéder, « une exigence qui n’existait pas auparavant ».

Le Mexique poursuit des fabricants d’armes américains

Agence France-Presse, 4 août 2021 

Le Mexique a intenté mercredi une action en justice sans précédent aux États-Unis contre les plus gros fabricants d’armes américains accusés d’encourager la violence des narcotrafiquants mexicains.

Le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a annoncé mercredi qu’une plainte contre ces entreprises avait été déposée devant un tribunal fédéral de Boston, dans le nord-est des États-Unis.

Il a dénoncé un commerce illicite sur le territoire mexicain qui cause des dommages directs au pays.

Nous sommes convaincus de la qualité juridique de ce que nous présentons, nous allons plaider avec tout le sérieux nécessaire. Nous gagnerons ce procès et nous réussirons à réduire considérablement le trafic illicite d’armes au Mexique, a ajouté M. Ebrard lors d’une conférence de presse.

M. Ebrard a affirmé que la participation d’un gouvernement mexicain à un litige de cette nature devant un tribunal américain était sans précédent, et que la démarche avait reçu l’aval du président Andrés Manuel López Obrador.

Plus d’un demi-million d’armes par an

Parmi les entreprises accusées par le Mexique figurent Smith & Wesson, Beretta, Colt, Glock, Century Arms, Ruger et Barrett, qui produisent plus de 68 % des plus d’un demi-million d’armes introduites clandestinement au Mexique chaque année, selon les informations figurant dans la plainte mexicaine.

Le ministre des Affaires étrangères a expliqué que l’action en justice visait à ce que les fabricants dédommagent le gouvernement mexicain pour les dommages causés par leurs pratiques négligentes.

La plainte demande également des mesures pour surveiller et mettre au pas les fabricants et les distributeurs d’armes.

M. Ebrard a même accusé les fabricants américains de développer des types d’armes spécialement pour les trafiquants de drogue mexicains.

C’est pour cela que ces armes sont faites : être achetées. Elles ont plus de valeur, elles ont une autre esthétique et s’utilisent différemment.
Une citation de : Le ministre des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard

Le trafic illégal d’armes figure au centre des relations bilatérales entre le Mexique et son voisin américain qui constitue le principal marché des puissants cartels de la drogue.

Des armes importées illégalement depuis les États-Unis ont été utilisées dans plus de 17 000 meurtres commis au Mexique en 2019, selon des données du gouvernement mexicain.

L’équipe juridique du ministère des Affaires étrangères est soutenue par les avocats américains spécialisés dans les droits civils et la prévention de la violence armée Steve Shadowen et Jonathan Lowy.

300 000 meurtres depuis 2006

L’historien et analyste Lorenzo Meyer a confirmé qu’il n’y avait pas de précédent à une telle action du Mexique devant les tribunaux américains, bien qu’il ait peu d’espoir qu’elle se solde par un succès.

Une armée d’avocats va se dresser contre nous durant le procès. Je vois cela plus comme un acte symbolique, un élément destiné à mettre la pression sur les fabricants d’armes et l’administration américaine, a déclaré Meyer à l’AFP.

L’expert a rappelé que les demandes mexicaines s’étaient jusqu’à présent limitées à des revendications rhétoriques, notamment sous le gouvernement du président Felipe Calderón (2006-2012), qui avait lancé une offensive militaire antidrogue controversée.

Depuis 2006, le Mexique a recensé quelque 300 000 meurtres, la plupart liés au crime organisé.

Le Mexique poursuit les fabricants d’armes basés aux États-Unis et réclame 10 milliards de dollars de dommages et intérêts pour trafic d’armes illégal – RT USA News

Fusillades à Montréal. Une équipe intégrée pour lutter contre les armes à feu

La Sûreté du Québec (SQ) et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) formeront une équipe pour lutter contre le trafic d’armes à feu dans la région du Grand Montréal, a annoncé mercredi la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

CORALIE LAPLANTE, LA PRESSE, Publié le 4 août 2021

Cette annonce survient deux jours après que trois hommes ont été tués lors d’une fusillade, dans le secteur de Rivière-des-Prairies. Deux personnes ont aussi été blessées.

En réaction à cet évènement, l’hypothèse d’une aide de la SQ au SPVM avait été soulevée. Cette collaboration se traduira par « une équipe intégrée qui va lutter contre le trafic d’armes à feu et contre la violence liée aux armes à feu, à moyen et à long terme », a déclaré Mme Guilbault. L’équipe sera coordonnée par la SQ.

« C’est inquiétant […], la succession d’évènements violents n’importe où et n’importe quand depuis quelque temps », a affirmé la ministre de la Sécurité publique, en conférence de presse devant l’hôtel de ville de Montréal.

L’Équipe dédiée à la lutte contre le trafic d’armes (ELTA) du SPVM sera élargie, a précisé le directeur général du SPVM, Sylvain Caron.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
Sylvain Caron, directeur général du SPVM

L’apport en effectifs de la SQ « nous permettra de retirer un certain nombre de personnes du groupe ELTA, et de les affecter dans les régions nord-est et sud-ouest [de Montréal] en enquête, pour travailler sur les évènements de violence impliquant des armes à feu », a expliqué M. Caron.

Plus spécifiquement, ces nouvelles équipes s’attarderont aux violences par arme à feu, aux tentatives de meurtre et à la possession d’armes à feu. Elles seront affectées à cette tâche à temps plein, et feront partie de la section du crime organisé du SPVM, a précisé le directeur général du corps policier.

« La Sûreté du Québec va permettre [d’apporter] oui des ressources humaines, mais aussi beaucoup au niveau du soutien technique, technologique, de la cyber[sécurité] », a ajouté la directrice générale de la SQ, Johanne Beausoleil.

« On a des moyens intéressants au niveau de la [SQ], alors on va pouvoir en faire bénéficier le SPVM ». Johanne Beausoleil, directrice générale de la SQ

Plus de détails concernant la nouvelle équipe intégrée seront dévoilés au courant des prochains jours, a assuré Geneviève Guilbault.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE
Cette annonce survient deux jours après que trois hommes ont été tués lors d’une fusillade, dans le secteur de Rivière-des-Prairies. Deux personnes ont aussi été blessées.

Le drame survenu à Rivière-des-Prairies lundi serait relié à un conflit entre des gangs de rue, selon des sources policières. « La violence par armes à feu est un moyen souvent utilisé pour rendre des comptes et exécuter des vengeances entre les groupes criminalisés », a évoqué Sylvain Caron.

En juillet, 20 évènements impliquant des armes à feu, deux homicides et près d’une dizaine de tentatives de meurtre ont été répertoriés sur le territoire du SPVM, a rapporté La Presse mercredi. Deux fusillades se sont déroulées à Montréal depuis le début du mois d’août.

Des actions du fédéral demandées par Plante

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’est attardée à la circulation des armes au sud de la frontière, en conférence de presse. « On le sait que les violences armées sont un enjeu qui est national, et il faut le traiter comme tel », a-t-elle plaidé.

« Malheureusement, le projet de loi C-21 ne répond pas à nos attentes », a déploré Mme Plante. Le projet de loi laisse aux municipalités la responsabilité d’interdire les armes de poing.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
Valérie Plante, mairesse de Montréal, en conférence de presse, mercredi

Il est important d’offrir du soutien aux organismes communautaires et d’investir dans les infrastructures de loisir des arrondissements, selon la mairesse, afin de contrer la flambée de violence des derniers mois. Mais le définancement de la police ne fait pas partie des objectifs de son administration.

« Il n’y a pas eu de définancement avec nous, [et] il n’y en aura pas non plus », a-t-elle souligné. Pour la mairesse, la sécurité des citoyens des différents quartiers passe notamment « par une présence policière pour le travail de prévention [et] de collectes de données ».

La mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles et responsable de la sécurité publique à la Ville de Montréal, Caroline Bourgeois, s’est d’ailleurs dite troublée par le fait que des Montréalais souhaitaient quitter leur quartier parce qu’ils s’inquiétaient pour leur sécurité. « Ça nous brise le cœur, c’est absolument inacceptable », a-t-elle dénoncé.

Avec Mayssa Ferah, La Presse

Mon oncle Albert Perron

Photo d’Albert Perron prise le jour de son mariage et figurant sur le signet commémorant son décès.

Par Serge St-Arneault

Je n’étais pas né lorsque mon oncle Albert Perron est décédé le 15 juillet 1951 à l’âge de 27 ans et 11 mois. Ma mère m’a expliqué qu’il est mort accidentellement à Clova. Il était camionneur. Si je me rappelle bien sa triste histoire, Albert a probablement oublié d’attacher la benne basculante, communément appelé la « dompeuse », de son camion qui s’est abaissée à son insu au moment où il fixait un problème mécanique. Il est mort sur le coup.

Martin, le frère aîné d’Albert, et leur père Éritha se sont rendus à Clova pour l’identification du corps. Il faut se rappeler que les routes, à l’époque, étaient en gravier. Cela fut le cas jusqu’au tournant des années 70. Je me rappelle, enfant, de voir les nuages de poussière s’élever au passage des voitures. Il valait mieux ne pas en suivre une!

Gare ferroviaire de Clova

D’autant plus que ce petit hameau est situé à environ 434 km de St-Adelphe, dont 302 km entre la ville de La Tuque et Clova, par la route forestière RO-451 (25). Il est encore hasardeux d’emprunter ce chemin forestier et il faut compter de nos jours plus de huit heures de route pour s’y rendre. En 1951, le train était de toute évidence le meilleur moyen de transport pour se rendre à Clova. La gare ferroviaire a d’ailleurs été désignée patrimoniale en 1995.

Depuis plusieurs années déjà, le Canadien National (CN) a cessé ses opérations entre Hervey-Jonction et Saint-Marc-des-Carrières. Longue de 47 km, cette voie ferrée desservait le village de Saint-Adelphe où habitaient les familles de mes ancêtres Laquerre et Perron. Il en est de même pour la lignée des Veillette et St-Arneault du côté de mon père Bastien. De hautes herbes poussent désormais entre les rails et le pont qui enjambe la rivière se cache derrière une forêt de plus en plus danse, envahissant ainsi les pâturages de jadis.

Combien de jours ont-ils été nécessaires pour achever le pénible périple aller-retour entre Saint-Adelphe et Clova? Ma tante Justine, sœur d’Albert, m’a simplement expliqué qu’une grande foule attendait au quai de la gare de Saint-Adelphe, aujourd’hui démolie. Les pleurs ont jailli en voyant la « fausse tombe » en bois sortir du wagon.

Le corps du défunt a été exposé au deuxième étage d’une maison située près de l’église. L’été 1951 a été très chaud. Les membres de la famille, les voisins, les amis, se sont constamment relayés pendant trois jours pour s’assurer que quelqu’un veille le mort en tout temps. L’excès de fatigue prenait parfois le dessus au petit matin malgré les nombreuses tasses de café et la récitation fréquente du chapelet. Il arrivait alors que des éclats de rire incontrôlés rompent la pieuse atmosphère.

Pendant toute une année, la veuve, ma grand-mère, ma mère, mes tantes et autres membres de la famille ont porté des vêtements noirs. Même les boutons de la robe de la maman du défunt étaient noirs. Les six mois suivants, il leur était permis de porter du gris, du bleu marine, du brun foncé, du violet ou du blanc.

De plus, ils devaient s’abstenir d’écouter la radio par respect pour le défunt. La radio était le seul divertissement avant l’arrivée de la télévision.

Albert Perron s’était marié avec Pauline Vandal le 16 juillet 1949, soit deux ans presque jour pour jour avant l’accident. Leur fils Michel-Eritha est né le 5 mai 1950. Tante Pauline a toujours fait partie de la famille des Perron malgré son veuvage. Je lui ai souvent rendu visite en compagnie de mes parents. Elle est même venue à La Tuque avec son second mari, Armand Plamondon.

Pierre tombale d’Albert Perron

Elle vivait depuis plusieurs années dans une résidence à Saint-Tite. Or, ses funérailles ont eu lieu le mois dernier au village de Saint-Adelphe. Elle avait atteint l’âge très respectable de 96 ans.

Pandémie oblige, changement de mœurs, abandon des traditions, essoufflement des liens familiaux, tante Pauline a été enterrée très sobrement au cimetière du village. Cette fois-ci, il n’y a pas eu de drame, ni de train, ni de foule, ni de veillées funéraires, ni de pleurs, ni même de rassemblement familial.

Son nom est inscrit sur la pierre tombale d’Albert qui gît là depuis 1951. En revanche, son urne a été déposée au côté de celle d’Armand Plamondon qui est, tout compte fait, le papa que Michel-Éritha a connu.

Pour reprendre un adage d’autrefois; « que les âmes des fidèles défunts reposent en paix ».

Amen!

Photo de mariage entre Pauline Vandal et Albert Perron
le 16 juillet 1949 à l’église de St-Adelphe.
Rangée avant : Alice Laquerre, 49 ans, mère d’Albert, Éritha Perron, 54 ans, père d’Albert, sa petite sœur Jacqueline, 11 ans, son frère Martin, 28 ans, Albert Perron, 25 ans, Pauline Vandal, 24 ans, Gertrude Douville, future belle-sœur d’Albert, 24 ans, Sylva Gauthier et Mme Gauthier, les parents adoptifs de Pauline.
Maison ancestrale de la famille d’Alice Laquerre et Éritha Perron où a grandi Albert
situé au 761 Rang du Haut Saint-Émile, communément appelé le Rang de la Lune.

Voyage à La Tuque, 16 juillet 2021

Par Serge St-Arneault

J’étais à La Tuque hier pour présider la messe de funérailles de Madame Alvina Lefebvre, la maman de man chère amie Thérèse Moisan avec laquelle je participais aux activités pastorales à l’école secondaire. Épouse de feu Lionel Moisan, Alvina était âgée de 101 ans.

Il y a environ une quarantaine d’années, Madame Lefebvre a composé un texte en prévision de ses funérailles.

J’éprouve toujours une certaine émotion lorsque je retourne à La Tuque.

La route, grandement améliorée, la rivière St-Maurice, les montagnes et finalement la ville font jaillir en moi tant de souvenirs.

L’église St-Zéphirin est l’église mère. C’est un impressionnant édifice aux allures d’une cathédrale.

Enfant, j’allais généralement prier avec mes parents à l’église Marie-Médiatrice, démolie il y a quelques années. Mais, en famille, nous allions occasionnellement à l’église St-Zéphirin. Les statues accrochées sur les murs m’intimidaient.

Même aujourd’hui, cette église impose sa stature. Ses vitraux illustrant l’esprit missionnaire des Canadiens français, ses colonnes de marbre, son orgue Casavant, ses mosaïques, sa hauteur, tout cela illustre la foi de nos ancêtres qui construisaient avec une vision de mille ans. Aujourd’hui, nos autorités religieuses et politiques cherchent ensemble comment préserver ce lieu de culte déserté. Y verrons-nous un jour s’y installer la bibliothèque municipale?

J’ai profité de mon bref séjour à La Tuque pour me rendre au Lac St-Louis où se tenait jadis la renommée course à la nage des 24 heures qui attirait jusqu’à 30,000 visiteurs. Commencée en 1965, cette compétition de nage a cessé en 1982.

Il ne reste plus rien de cette époque si ce n’est que le réaménagement réduit de l’édifice, qu’on appelait Le 120, devenu maintenant le Centre Sakihikan, un centre d’ancrage culturel autochtone.

Tant qu’à lui, le Lac St-Louis est devenu un petit sanctuaire de pêche urbaine durant la belle saison.

La nature a repris sa place au lieu d’avoir un lac ceinturé de béton. Le chant des oiseaux est constant au côté des bernaches qui se promènent librement.

C’est maintenant votre tour de vous rendre à La Tuque.

Quelques photos supplémentaires et deux vidéos,
gracieuseté de Simon Pageau.

Changement de noms topographiques

Par Serge St-Arneault, M.Afr, 14 juillet 2021

Pendant 25 ans, la République Démocratique du Congo (DRC) est devenue le Zaïre sous la gouvernance du régime totalitaire du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) fondé par le Président Mobutu. Le pays a repris le nom de République Démocratique du Congo après la chute de ce dernier en 1997.

L’une des principales caractéristiques à l’époque du Zaïre fut l’idéologie de l’authenticité qui aboutira à la zaïrianisation des entreprises étrangères qui s’est avérée être un désastre économique. Pourtant, le principe initiateur de cette idéologie basé sur la primauté de la dignité des peuples était bien fondé.

Déjà en 1968, la capitale Léopoldville était devenue Kinshasa, Stanleyville s’appelait Kisangani, Costermansville se nommait Bukavu, etc. Cette affirmation identitaire authentiquement africaine a généré un immense enthousiasme et un élan de fierté résolument nécessaire après des décennies d’humiliation coloniale belge et le chaos social qui a caractérisé les premières années de l’indépendance du pays.

Puis, sous la mouvance d’une plus grande authenticité, les noms chrétiens ont été bannis. Le Président Joseph-Désiré Mobutu a donné l’exemple en devenant Mobutu Sese Seko Kuku Ngendu wa Za Banga. La population a suivi en reprenant des noms ancestraux propres à chaque tribu.

Un problème s’est alors posé. Les amis ou voisins ne connaissaient pas les nouveaux noms adoptés par tout un chacun. C’est alors que les Pierre, Jean, Jacques et Marie sont devenus des ex-Pierre, ex-Jean, ex-Jacques et ex-Marie. Le résultat n’a pas toujours été celui recherché. En effet, les lettres « L » et « R » en langue bantu sont facilement interchangeables. Il est généralement difficile de distinguer ces deux consonnes. Je vous laisse le soin de prononcer le nom d’ex-Clément avec la sonorisation d’un « R » plutôt que d’un « L ».

Or, le retour à l’authenticité a connu un renversement spectaculaire. Ainsi, les Lacs Idi Amin et Mobutu, situés à la frontière de l’Ouganda et du Zaïre, sont redevenus le Lac Victoria et le Lac Édouard, noms donnés par les colonialistes, après l’écroulement de ces régimes dictatoriaux. La monnaie, le fleuve et le pays qui portaient tous le nom de Zaïre sont redevenus le franc congolais, le fleuve Congo et la DRC. Il en est de même du drapeau et de l’hymne national. Même la cravate a détrôné l’abacost (abat costume); emblème vestimentaire par excellence du Mobutisme.

Cela étant dit, l’initiative initiale d’un retour à l’authenticité par un changement topographique était non seulement louable, mais avant tout inspirante, mobilisatrice et propice à une réappropriation identitaire socialement génératrice de fierté nationale retrouvée.

EXEMPLES AU CANADA

Assisterons-nous à une forme d’autochtonisation de nos lieux historiques et topographiques? Le fleuve St-Jean au Nouveau-Brunswick deviendra-t-il le fleuve Wolastoq? Montréal deviendra-t-il Tiohtià:ke? Allons-nous effacer dans l’indifférence les noms de Saints chrétiens qui ornent les rues à l’exemple des récentes églises catholiques incendiées?

Rappelons-nous simplement que nous avons conservé beaucoup de noms issus des Premières Nations. Pour n’en nommer que quelques-uns de la région de la Mauricie, ces noms sont intégrés dans nos gènes identitaires tels que Shawinigan, Matawin, Wayagamac et Mékinac et j’en passe.

UNE TENDANCE

La rue Amherst à Montréal est récemment devenue la rue Atateken. Ce n’est pas anodin. Les recherches historiques nous révèlent que l’officier Jeffrey Amherst de l’armée britannique et administrateur colonial, anobli par le roi George III, s’opposait farouchement, parfois avec mépris, à tout ce qui était contraire à son identité coloniale et sa religion.

Derrière ce changement de nom, il y a une volonté sincère de reconnaître les torts causés. Il peut s’agir d’un général anglais tout aussi bien que nos propres ancêtres ou nos Églises. À certains égards, nous assistons à une forme de confession publique, certes humiliante, mais, espérons-le, réconciliatrice.

Cette réconciliation est due depuis trop longtemps. Les conditions semblent maintenant être rassemblées pour y arriver sans pour autant aggraver un sentiment d’excessive culpabilisation. De fait, nous bénéficierions de reconnaître notre patrimoine autochtone commun. En effet, nous avons tous un ou des ancêtres autochtones qui sommeillent dans nos lignées généalogiques. Lorsque possible, une reconfiguration topographique de nos lieux communs avec des noms issus des Premières Nations nous aiderait à cheminer vers une guérison mutuelle. Notre histoire est commune au-delà de sa diversité. Ce fait, cette diversité est notre richesse … à découvrir.

Pensionnats autochtones: « Il y a de la tristesse et de la colère »

AUDREY TREMBLAY, Le Nouvelliste, 11 juillet 2021 

Les récentes découvertes faites sur les sites de pensionnats autochtones soulèvent plusieurs sentiments de part et d’autre selon le prêtre de la Paroisse Saint-Martin de Tours en Haute-Mauricie, Marc Lahaie. Ce dernier serait en faveur que des fouilles aient lieu à La Tuque si les anciens pensionnaires en font eux-mêmes la demande.

« Je pense que les Premières Nations s’attendent à ça et qu’ils veulent des réponses à leurs questions. C’est à eux qu’il faudrait toutefois poser la question », lance-t-il.

Marc Lahaie côtoie les Atikamekw depuis une dizaine d’années dans le secteur de la Haute-Mauricie. Il estime que c’est un privilège de pouvoir côtoyer les membres des Premières nations et il en compte d’ailleurs parmi ses amis. Pour lui, la meilleure façon d’aller de l’avant avec une réconciliation c’est « de marcher ensemble et surtout en sachant qu’on n’a pas tous les mêmes points de repère ».

« C’est tout un processus », avoue-t-il.

Marc Lahaie avait assisté aux audiences de la Commission de vérité et réconciliation du Canada lors de son passage à La Tuque en 2013. « Après cette journée-là, j’étais allé prendre une marche sur la rive ouest. Je n’étais plus capable de rien faire de la journée. Quand tu écoutes des gens qui racontent ce qu’ils ont vécu, tu n’es pas dans l’intellectuel ou dans l’analyse: ça vient te toucher profondément. »

Marc Lahaie

Le prêtre Lahaie ajoute « qu’il n’y a rien à défendre et qu’il faut prendre le coup et arrêter de mettre des nuances. Non, non, c’est vrai, il y a des choses qui se sont passées. Il faut avouer et s’excuser. »

Les plus récentes découvertes touchent également les mêmes cordes sensibles que celles de la tristesse et de la colère, selon le prête originaire du Cap-de-la-Madeleine. « Il y a de la tristesse et de la colère pour ce que les Premières Nations ont vécu, et aussi pour tant de religieux et de religieuses qui ne peuvent pas dire un mot, qui ne sont pas tous des pareils », estime Marc Lahaie.

Ce dernier regrette qu’on mette tout le monde dans le même panier. Lui qui connaît personnellement des personnes qui ont tout donné pour la société. « Mon autre peine, c’est comme dans les familles et les nations. Dans les religieux et les religieuses, spécialement ceux qui ne sont pas décédés. Il y a eu des gens qui ont été d’une générosité et d’un don de soi inouï, comme on a des grands-parents qui ont été des héros. Ils ont fait ça en silence et ils passent ‘’pour des pareils’’ et ils ne peuvent pas dire un mot », souligne Marc Lahaie.

Est-ce que l’Église devrait présenter des excuses aux Premières nations? La question semble simple, mais la réponse, elle, demeure complexe. « La manchette crée une perception qu’en plus d’avoir fait des dégâts, l’Église ne veut pas s’excuser, ce qui n’est pas le cas », précise M. Lahaie.

« La question a été posée 150 fois dans la Commission de vérité et réconciliation, c’était un des points. L’Église en a pris acte, mais le processus était plus long. C’était déjà en démarche. Avec la nouvelle qui est sortie, les gens vont dire que c’est à cause de la pression et que ce n’est pas sincère, etc. Alors que c’était déjà en processus. […] Au-delà du Pape, l’Église fonctionne beaucoup par diocèses. Dans les endroits, il y a plusieurs évêques qui se sont excusés au nom de l’Église. Il y a beaucoup de communautés religieuses qui l’ont fait », note-t-il.

Dans la paroisse Saint-Martin-de-Tours, il y a un registre paroissial qui date de plus de 100 ans et même si certaines informations sont difficiles à retracer, on met tous les efforts nécessaires pour répondre aux questions des gens. « Je pense que le plus important au-delà de tout ça, c’est d’accompagner les gens qui ont besoin d’avoir des réponses à leurs questions, mais aussi dans le processus de deuil. […] C’est certain que des événements font remonter de la colère, mais il faut en arriver à autre chose pour être en paix. »

« Il faut qu’on chemine, qu’on avance et qu’on trouve le plus de paix possible », a conclu Marc Lahaie

Un week-end de fête meurtrier

Au moins 233 personnes ont été tuées par balle au pays en marge des festivités du 4 juillet

RICHARD HÉTU, collaboration spéciale. Publié par La Presse le 7 juillet 2021

(New York) Aussi américain que la tarte aux pommes. La métaphore est souvent employée pour décrire des phénomènes aussi rassembleurs que le baseball ou le rock & roll. Mais elle s’applique aussi à l’orgie de violence qui a éclaté au cours du long week-end de la fête nationale des États-Unis.

Au moins 233 personnes ont été tuées par balle et 618 ont été blessées durant une période de 72 heures marquée par plus de 540 évènements avec armes à feu, selon les données du groupe de recherche Gun Violence Archive, qui répertorie les cas de violence armée au pays de la National Rifle Association et du 2amendement.

Au nombre des victimes : quatre enfants, âgés de 6 à 16 ans, blessés le 2 juillet à Norfolk, en Virginie, où la police a arrêté et inculpé un garçon de 15 ans en rapport avec cette fusillade.

Et la violence armée qui sévit dans de nombreuses grandes villes depuis 2020 s’est poursuivie de plus belle, y compris à New York et à Chicago, où au moins 35 et 100 personnes respectivement ont été atteintes par balle.

À Chicago, au moins 18 personnes ont succombé à leurs blessures. Il s’agissait du week-end le plus meurtrier depuis au moins 2017 dans cette ville qui en a vu d’autres. Dans l’ensemble du pays, 15 fusillades de masse ont été recensées par Gun Violence Archive, qui fait entrer dans cette catégorie les évènements ayant fait au moins quatre morts ou blessés (à part le tireur).

« Je suis extrêmement préoccupé par le fait que cette année va dérailler », a dit à La Presse Mark Bryant, directeur de Gun Violence Archive. « Elle sera 25 % pire que l’année dernière, qui était 25 % pire que l’année précédente. Cela dit, ce dernier week-end a été bon. Je déteste dire qu’un peu plus de 850 personnes blessées ou tuées par balle, c’est bien, mais c’est mieux que l’année dernière. Considérer cela comme bon est triste. »

L’an dernier, au moins 1 068 personnes ont été blessées ou tuées par balle lors du week-end de la fête nationale américaine.

Mais comment expliquer autant d’événements impliquant des armes à feu d’un bout à l’autre des États-Unis ?

Des ventes d’armes records

Robert Spitzer, politologue à l’Université d’État de New York à Cortland et auteur de plusieurs livres sur les armes à feu, répond en évoquant d’abord le contexte dans lequel son pays évolue depuis plus d’un an.

« Les États-Unis ont connu une recrudescence de la violence armée et des meurtres par arme à feu pendant cette période de pandémie », a-t-il dit en citant comme une des causes probables de ce phénomène les ventes records d’armes à feu.

L’insécurité et l’anxiété ressenties par les Américains sont également des facteurs à prendre en considération, selon Robert Spitzer.

« Pour certains Américains, le remède à l’insécurité et à l’anxiété consiste à sortir et à se procurer une arme. Vous ne pouvez pas tirer sur une bactérie, mais cela fait partie du calcul », a-t-il dit.

Et il y a les retombées du mouvement Black Lives Matter qu’on ne peut pas non plus ignorer, selon lui. Dans beaucoup de villes américaines, des policiers ont choisi de prendre leur retraite ou de quitter le métier en réaction aux critiques dont ils ont été la cible après le meurtre de George Floyd.

Biden face à l’autre « épidémie »

Le désengagement et le désabusement policiers pourraient donc contribuer à faire de 2021 une année encore pire que 2020, l’une des plus meurtrières depuis des décennies, avec près de 20 000 personnes tuées dans des évènements impliquant des armes à feu et 24 000 autres qui se sont suicidées par balle.

Depuis le début de l’année, des actes de violence armée ont fait 10 318 morts, dont 629 adolescents et 154 enfants de moins de 11 ans, sans compter 12 342 morts par suicide avec une arme à feu, selon les données du groupe Gun Violence Archive.

Le 8 avril dernier, pour combattre ce qu’il a lui-même décrit comme une « épidémie de violence par armes à feu », Joe Biden a signé six décrets de portée réduite, faute de pouvoir convaincre le Sénat d’adopter des mesures plus fortes.

Le 24 juin dernier, il a par ailleurs autorisé les États et les localités à utiliser quelque 350 milliards de dollars accordés dans le cadre de son plan de relance économique pour augmenter les budgets des services policiers et des programmes communautaires.

« Ce n’est pas le moment de tourner le dos aux forces de l’ordre ou à nos communautés », a déclaré le président, dont le parti est accusé à tort par les républicains de vouloir « définancer » la police.

Robert Spitzer estime que l’approche de Joe Biden peut aider. Mais il y a des limites au nombre des problèmes auxquels le président peut s’attaquer. Et cela inclut sans doute la tradition de tirer des coups de feu en l’air pour accompagner les feux d’artifice du 4 juillet.

« C’est un peu comme dans les vieux westerns où les cow-boys tirent au hasard en l’air avec leurs armes », a expliqué l’auteur de Guns Across America. « Bien sûr, ces balles doivent bien retomber quelque part. C’est souvent quelque chose auquel les gens ne pensent pas. »

(New York) Le gouverneur de New York a annoncé mardi des mesures d’« urgence » pour lutter contre les armes à feu, sur fond d’augmentation de la criminalité dans cet État américain comme dans le reste du pays.
La Presse, publié le 6 juillet 2021. AGENCE FRANCE-PRESSE

Lettre de remerciement pour l’aide apporté aux populations de Goma à la suite de l’irruption du volcan Nyiragongo.

Vous avez été nombreux à répondre à l’appel au secours pour venir en aide aux populations de Goma. Voici une lettre de remerciement des membres de notre communauté à Goma.

Bonjour, chers confrères et bienfaiteurs du Canada

Salutations fraternelles de la part des confrères Missionnaires d’Afrique du Secteur Goma en République Démocratique du Congo. Au nom des confrères du secteur Goma : Le père Evans Chama, le père Robert Ouedrago, le père Kanto Hembram, le père Louis Arcos, le père Diedonné Utera, le père Jean-Noël Baraka, le père Xavier Biernaux, le père Jean-Paul Cirhakarhula, Mgr. Willy Ngumbi, je vous dis sincèrement merci pour votre aide financière.

Nous tenons  à vous envoyer ce petit message pour vous remercier de nous avoir aidés avec la somme de 20730.38$ pendant ce temps difficile après l’éruption volcanique de mont Nyiragongo le soir du 22 mai 2021 qui était accompagnée par le tremblement de terre pendant plusieurs jours. Recevoir de l’argent des personnes qu’on aime est comme recevoir un beau poème. Un  beau poème dont les vers poétiques sont des offrandes affectueuses.  Un geste plein de gentillesse et de tendresse, une belle preuve d’amitié qui n’a pas de prix. Ce don d’argent, cette aide financière est un véritable soutien amical qui nous sera très utile.

Après l’éruption de Nyiragongo, les confrères de Goma est les séminaristes de Foyer Godefroid Ngongo (Notre maison de formation qui est à Goma) sont allés se cacher à Bukavu la province voisine de notre province du Nord-Kivu pendant deux semaines. Nous disons merci aux confrères de Bukvu pour le service qu’ils nous ont rendu.

À vrai dire les chrétiens du diocèse de Goma et la population de Nord-Kivu en général traversent un moment très difficile. L’évaluation faite trois jours après l’éruption  indiquait un total de 9548 ménages affectés. Ces chiffres englobent les ménages dont les domiciles ont été détruits complètement et partiellement. 31 morts signalés dont 13 personnes lors de l’évacuation de la ville et 24 personnes brulées par la lave, 40 adultes signalés disparus ; plusieurs enfants disparus et plusieurs hospitalisations. 

Les événements inoubliables qui ont laissés de traces dans la vie des habitants de cette province sont : La maladie à virus Ebola, les différents groupes rebelles qui ne cessent d’enlever et de kidnapper les gens, les tueries perpétuelles, l’éruption volcanique, le Covid-d-19 (la province de Nord-Kivu est la deuxième province la plus touchée par le Covid-19 dans le pays). Chez qui irions ? La mission de missionnaires au milieu de gens qui souffrent  n’est pas facile. Ils besoins de votre soutien spirituel, moral, financier, psychologique, etc.

Union de prière :

Père Elias Peter Kapange, MAfr, Goma

Nouveaux règlements sur le contrôle des armes : Groupe de victimes se réjouit face au début de la mise en œuvre du C-71, adopté il y a plus de 2 ans, mais des questions demeurent

Montréal, 22 juin 2021 — Le groupe de familles de victimes et de survivants se dit heureux de voir enfin entamé le processus réglementaire permettant le début de la mise en œuvre du projet de loi C-71 adopté en mai 2019 tel qu’annoncé par le premier ministre plus tôt aujourd’hui de même que le ministre de la Sécurité publique Bill Blair en après-midi.

En attendant que le groupe ait l’opportunité d’examiner les détails de la réglementation, certaines questions viennent à l’esprit. « Comme d’habitude, mais tout particulièrement dans ce cas-ci, le diable est dans les détails, » déclare Heidi Rathjen, coordinatrice de PolySeSouvient.

Vérification de la validité du permis :

La vérification systématique du permis de possession d’un acheteur potentiel a été supprimée en 2012 en même temps que l’abolition du registre des armes d’épaule. Le rétablissement de cette exigence, bien que plus faible sans l’enregistrement de toutes les armes à feu, est un développement positif.

Cependant, des questions subsistent quant à l’obligation pour les vendeurs commerciaux autant que privés de contacter le Directeur des armes à feu afin de vérifier la validité du permis d’un acheteur potentiel (comme c’était le cas pendant toutes les années où le registre des armes d’épaule était en vigueur), c’est-à-dire sans permettre une norme plus faible pour les ventes privées qui représentent une proportion substantielle des transferts d’armes (ex : 4 sur 10 au Québec).

Prenons par exemple ce cas récent : alors que les armes à feu de l’époux séparé avaient été confisquées et son permis vraisemblablement révoqué, il a pu acheter une nouvelle arme à un ami qui ne soupçonnait rien et l’utiliser pour tuer son ex.

MISE À JOUR : Le règlement ne semble pas faire de distinction entre les ventes commerciales et privées.

Registres des ventes :

C’est une excellente nouvelle que les vendeurs d’armes devront tenir des registres de vente pour toutes les armes à feu, mais la police et les autres autorités gouvernementales pourront-elles accéder à ces données de manière efficace?

La police aura-t-elle besoin d’un mandat de perquisition en lien avec une arme à feu spécifique, ou pourra-t-elle examiner les registres de ventes de divers magasins de manière à détecter des schémas d’acquisition suspects (comme l’accumulation d’arsenaux ou les achats par prête-nom), à s’assurer que les inventaires sont complets (pas de détournement) ou à surveiller de manière générale le respect des règles ? Les données sur les ventes peuvent-elles être mises en commun, ou la police doit-elle être « chanceuse » pour trouver le bon magasin qui a vendu une arme spécifique (il y a plus de quatre mille commerces d’armes à feu au Canada) ?

MISE À JOUR : Selon le résumé officiel : « Les organismes d’application de la loi ne pourraient accéder aux documents commerciaux que pour des motifs raisonnables et sur présentation d’une autorisation judiciaire. » Ceci un donc net reçu par rapport aux registres de vente facilement accessibles qui existaient de 1977 à 2012. En outre, les informations sur les ventes pourront être détruites au bout de 20 ans, alors que les armes à feu sont des objets qui peuvent fonctionner pendant de nombreuses décennies. Aux États-Unis. La loi oblige les marchands d’armes à conserver toute transaction de manière indéterminée, et lorsqu’ils ferment leurs portes ils doivent remettre cette documentation au gouvernement.

Vérification des antécédents à vie :

Cette mesure assure que les enquêtes des préposés aux armes à feu ne se limitent pas aux cinq dernières années lorsque ceux-ci effectuent la vérification des antécédents d’un demandeur de permis (il faut toutefois noter que rien ne les empêchait de remonter plus loin dans le temps, et que ces vérifications demeurent optionnelles).

Ici aussi, il est bien sûr bon d’élargir la portée temporelle de la vérification des antécédents. Cependant, ni cette mesure découlant du C-71 ni aucune mesure proposée dans le cadre du projet de loi C-21 (déposé le 16 février dernier) n’aborde le problème beaucoup plus important des policiers ou des tribunaux qui ignorent des risques réels et connus, conférant la priorité à la possession d’armes plutôt qu’à la prévention.

En effet, de trop nombreux cas de ce genre ont été documentés, y compris de nombreux meurtres conjugaux alors que la police avait été avertie mais avait néanmoins décidé de permettre à l’agresseur ou l’agresseur potentiel de posséder des armes à feu (quelques cas notoires: Mark Jones, Gabriel Wortman, Lionel Desmond, Cory Lewis, Kevin Runke). Le pouvoir discrétionnaire très large des autorités d’agir ou de ne pas agir (c’est-à-dire refuser un permis ou de retirer les armes) lorsqu’elles sont confrontées à un individu manifestant des facteurs de risque reste le même.

La question qui se pose est la suivante : le gouvernement entend-t-il compléter cette mesure en renforçant les critères dans la loi et en investissant dans l’éducation des policiers et des tribunaux de même que le nombre de ressources nécessaires pour garantir des enquêtes systématiquement rigoureuses et des décisions qui privilégient la sécurité publique ?

Autorisation de transport des armes restreintes :

Contrairement à ce laissent entendre les dires du gouvernement fédéral, le projet de loi C-71 a maintenu « l’autorisation automatique » de transporter des armes restreintes introduite par le gouvernement conservateur, permettant le transport sans autorisation spécifique pour les déplacements entre la résidence du propriétaire d’une arme restreinte et n’importe quel club ou champ de tir dans la province, même si le propriétaire n’en est pas membre (aussi pour ramener une nouvelle arme à la maison).

En fait, la loi C-71 exige des autorisations spécifiques uniquement dans le cas d’un transport pour « d’autres raisons », les « autres » ne représentant que 4 % de tous les motifs de transport. Cela signifie que pour 96 % des transferts, le C-71 et ses règlements ne requièrent aucune autorisation et, ce, malgré la promesse faite par les libéraux en 2015 « d’abroger les modifications apportées par le projet de loi C-42 qui permettent de transporter librement des armes à autorisation restreinte ou prohibées sans permis ».

MISE À JOUR (général) : Il n’y a pas d’échéancier fixe pour la mise en vigueur de ce règlement.

Information: – Heidi Rathjen : 514-816-7818 (via texto si/if possible) or info@polysesouvient.ca – Nathalie Provost : survivante (Polytechnique) : 514-796-0142