Un colloque sur les migrants et les réfugiés

10 Colloque Immigrants et réfugiés mai 2018

Par Serge St-Arneault, M.Afr

J’ai eu l’opportunité de participer à un colloque organisé par l’Archidiocese de Montréal du 14 au 16 mai dernier. Ce colloque a été rendu possible en collaboration avec le Grand Séminaire de Montréal sur les enjeux sociaux et ecclésiologiques de l’accueil des migrants et réfugiés dont le thème était : « Plus de ponts moins de Murs ».

Le discours qui se propage autour de nous est souvent celui-ci : accueillons les migrants tant qu’ils sont utiles et productifs. Cela laisse sous-entendre qu’ils seront expulsés ou rejetés après usage comme à la manière d’un objet qui a perdu son utilité ou sa valeur.

Pourtant, nous bénéficions largement par l’accueil des migrants et des réfugiés bien au-delà des craintes alimentées par certains courants idéologiques et par certains politiciens. Cette peur est régulièrement associée à notre perte ou appauvrissement identitaire. Cela est particulièrement le cas ici au Québec.

Or, le Pape François milite pour la « globalisation des solidarités » en prenant comme principe qu’il n’y a pas d’amour sincère sans une part de sacrifice. L’esprit chrétien incite à offrir un espace d’accueil aux peuples étrangers et à leurs expressions culturelles. C’est cette attitude qui permet une croissance bénéfique de sa propre identité appelée à se transformer, à mûrir, à s’épanouir.

En effet, aucune identité culturelle n’est statique. Chaque identité, personnelle et collective, s’enrichit par l’accueil de l’autre. Étrangement, c’est la société d’accueil qui s’enrichit le plus.

La question que nous devrions nous poser est celle-ci : comment puis-je faciliter l’accueil de l’étranger? Agir ainsi, c’est un peu comme court-circuiter le langage alarmiste et négatif d’une fictive invasion migratoire. La préoccupation du croyant devrait être celle du bien commun pour tous où le « vivre ensemble » inclut tout le monde.

Cela nécessité le courage de réviser nos modèles économiques pour favoriser l’intégration des immigrants et réfugiés. Ce problème est avant tout mental et spirituel. Les croyants doivent se rappeler sans cesse que tout être humain, de quelque horizon culturel il provient, est un enfant de Dieu.

L’enjeu migratoire est une question difficile. La Bible en relate de nombreux exemples. Jésus lui-même a dû réajuster son identité juive dans ses nombreuses rencontres avec les non-juifs. L’épisode de la Sino-Phénicienne (Jn, 4, 1-42) montre finalement que Jésus a consenti à changer son regard vers cette femme et envers les Samaritains. Il a fait preuve d’universalité.

L’avenir de nos communautés chrétiennes au Québec, et dans une certaine mesure pour l’ensemble des Québécois que l’on nomme « de souche », réside dans leur capacité à élargir l’espace d’accueil pour favoriser l’éclosion de « communautés en mouvement ». Là est la vie. Là se trouvent des lieux d’espérance. Il n’y a plus alors de place pour une pensée sclérosée, repliée par la peur, paralysée par les discours trompeurs des alarmistes de tout genre. Pratiquer l’hospitalité est fondamentalement un signe sacramentel. Cela veut dire que le Christ se dévoile dans le visage de l’étranger accueilli.

QUESTIONS :

  1. Comment pourrions-nous mieux respecter la dignité humaine sous toutes ses formes, incluant l’immigrant et le réfugié.
  2. Comment devrions-nous promouvoir le bien commun pour les gens d’ici et ceux qui viennent d’ailleurs?
  3. Comment militer pour une meilleure répartition des richesses planétaires pour permettre à tous de vivre décemment là où ils habitent?
  4. Pouvons-nous ici et ailleurs militer en faveur de l’option préférentielle pour et avec les pauvres?
  5. Comment soutenir les principes démocratiques de toutes les sociétés en soutenant une action citoyenne engagée?
  6. Comment enraciner la solidarité au plan moral où « tous deviennent responsables de tous » dans la lutte pour la justice sociale qui inclut la dénonciation des abus des personnes en autorité et la lutte contre la traite humaine.

La réponse à toutes ces questions émerge d’un seul principe : la rencontre respectueuse, l’accueil juste et sincère de l’autre, particulièrement de l’étranger et du réfugié.

Extrait du site internet de l’Archidiocèse de Montréal :

Grâce à la présence du Père Fabio Baggio, sous-secrétaire de la Section « Migrants et Réfugiés » du Dicastère pour le Service de développement humain intégral, de nombreux prêtres et participants ont eu la possibilité de réfléchir sur les 4 verbes que le pape François nous propose face aux défis complexes que représentent les flux migratoires contemporains pour les autorités politiques, la société civile et l’Église, qui exigent que l’on réponde de façon encore plus urgente et de manière coordonnée et efficace.

Ces verbes sont :

ACCUEILLIR : 

Signifie avant tout offrir aux migrants et aux réfugiés un accès sécuritaire et légal dans les pays d’accueil. Un changement d’attitude est urgent, pour surmonter l’indifférence et préférer aux craintes une attitude généreuse d’accueil envers ceux qui frappent à nos portes.

PROTÉGER : 

Désigne une série d’actions pour la défense des droits et de la dignité des migrants ainsi que des réfugiés, indépendamment de leur statut migratoire. Protéger ces frères et sœurs est un impératif moral à traduire en adoptant des instruments juridiques, internationaux et nationaux, clairs et pertinents.

PROMOUVOIR : 

Veut dire la mise en place d’un environnement où les migrants, les réfugiés ainsi que les communautés d’accueil peuvent s’épanouir selon toutes les dimensions composant l’humanité voulue par le Créateur. La promotion humaine des migrants et de leurs familles commence par les communautés d’origine, là où doit être garanti, avec le droit de pouvoir émigrer, également le droit de ne pas devoir émigrer, c’est-à-dire le droit de trouver dans sa patrie des conditions qui permettent une réalisation digne de l’existence.

INTÉGRER : 

Corresponds à l’occasion d’enrichissement interculturel présenté par les migrants et les réfugiés. L’intégration n’est pas l’assimilation qui conduit à supprimer ou à oublier sa propre identité culturelle. Le contact avec l’autre doit au contraire viser à en découvrir le «secret», à s’ouvrir à lui pour en accueillir les aspects valables et contribuer ainsi à une plus grande connaissance de chacun.

La migration est un phénomène pas un problème. Nous ne pouvons pas ignorer les défis, mais nous pouvons reconnaître les opportunités. Les migrants et les réfugiés nous aident à renouveler notre mission et la mission de nos communautés !

See the translation of this article here: Symposium about migrants and refugees.

Autres liens sur les images du grand séminaire de Montréal:

Les Vestiges de l’un des bastions de l’ancien fort de la Montagne.

La chapelle

Bref bilan de la 14e édition des Journées Africaines 2018

Pour la première fois, les Journées Africaines du Centre Afrika ont été inaugurées cette année à l’Espace Mushagalusa. Animées avec brio par la griotte Djely Tapa et les musiciens Jean-Claude R9 à la guitare et Adama Daou aux balafons,  l’atmosphère était réellement festive.

Le Musée du fier monde a de nouveau accueilli les Journées Africaines. Le directeur René Binette en était ravi. Une panoplie d’artistes s’est succédé en plus des ateliers de création, la présence d’artisans et de créateurs. Il y en avait pour tout le monde et tous les goûts.

Le Marché Saint-Jacques situé en face du musée a aussi permis d’offrir de bons repas préparés par le service Bijoux Fusion.

La journée du dimanche a laissé place à l’exposition des œuvres des peintres de la Réminiscence. À cela s’est ajouté le don du livre d’Or, œuvre de création collective des citoyens de la circonscription Sainte-Marie-Saint-Jacques. Ce don a été signé entre la députée Manon Massé et le directeur du Musée du fier monde, René Binette.

Au plaisir de se retrouver pour la 15e édition 2019.

Les armes d’assaut au Canada : les jeux sont-ils déjà faits?

01 Ottawa 22 mai 2018

Les belles tulipes étalées sur les parterres longeant les rues de la capitale n’ont pas modifié le ciel gris d’Ottawa qui se reflétait dans le local du Comité Permanent de la Sécurité Publique et Nationale situé au 197 rue Sparks. En présence des parlementaires qui représentaient leurs partis politiques d’affiliation, la Commission nous avait convoqués pour 11h00 le 22 mai 2018 afin d’entendre notre point de vue dans la foulée du projet de loi C-71 sur le contrôle des armes à feu.

Armes d'assaut dans le journal Le Soleil

Les armes d’assaut ont non seulement été les principales armes à feu récemment utilisées dans les fusillades de masse au États-Unis, mais il en fut de même lors des tragédies que nous avons connues au Canada tel qu’à la Polytechnique en 1989, au Collège Dawson en 2006, au Métropolis à Montréal en 2012, sans oublier la tuerie à la mosquée de Québec l’année dernière.

Malgré le fait que 80% des Canadiens, y compris la majorité des propriétaires d’arme à feu, sont en faveur d’une interdiction de la vente d’armes d’assaut au Canada, le projet de loi C-71 n’aborde pas cette question. Clairement, aux dires du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, un autre projet de loi différent du C-71 devra être présenté aux Communes pour traiter du bannissement des armes d’assaut.

«S’il vous plaît, s’il vous plaît. Aidez-nous, aidez-nous, et aidez la société à ce que ce genre d’arme d’assaut, de guerre ne soit pas dans ce pays. C’est pour le bien de toute la société.» Ce cri du cœur lancé par Boufeldja Benabdallah aux élus aura-t-il été inutile?

Contre les armes d'assaut Radio-Canada nouvelles
Daniel Thibeault, journaliste

Le lobby des armes à feu au Canada est politiquement influent. Les députés sont, semble-t-il, inondés de messages provenant de leurs sympathisants. Le plus troublant est de constater que le public présuppose que notre pays est mieux protégé qu’aux États-Unis en ce qui concerne la vente d’armes à feu. Pourtant, aux dires d’Hélène Buzzetti dans un long article publié dans le journal Le Devoir du 4 mai; obtenir un permis d’armes à feu est d’une facilité désarmante. Les autorités se fient à la bonne foi des demandeurs et croisent les doigts en espérant que les médecins leur signaleront les cas à risque.

En vérité, il est légalement possible d’acheter dans notre pays une arme d’assaut de type militaire sans restriction, c’est-à-dire sans qu’il soit possible de retrouver leurs propriétaires. Le projet de loi C-71 n’aborde pas ce point précis, mais s’adresse seulement à des considérations techniques secondaires telles que le rôle de la Gendarmerie Nationale et l’application de la loi.

Ironiquement, au même moment où se tient ce débat, selon un article publié par Olivier Robichaud dans le Huffpost le 23 mai, le Service de police de la Ville de Laval et de Longueuil est en voie d’offrir des armes d’assaut à leurs patrouilleurs. Cela ne semble pas encore être le cas pour le SPVM à Montréal où seuls les groupes d’intervention tactiques en possèdent une quarantaine.

Sommes-nous en train de créer une psychose sociale aux allures étasuniennes? Le danger accroît avec l’usage du tabac, c’est connu. La prolifération des armes à feu de type militaire n’annonce rien de bon pour les Canadiens incluant les honnêtes propriétaires d’armes à feu consciencieux, responsables dans le maniement de leurs armes et respectueux des lois. Ceux-ci n’utilisent pas d’armes d’assaut pour la chasse au gibier!

La raison ne semble pas prévaloir à ce chapitre. La question de l’accessibilité d’armes d’assaut doit se restreindre aux militaires. C’est pourtant simple! Qu’est-ce qui nous empêche en tant que société qui aspire à vivre en sécurité de mettre hors la loi la vente libre d’armes de guerre? Ce n’est certainement pas la prolifération de ces armes qui assurera une plus grande protection civile. L’exemple de nos voisins américains n’est-il pas suffisant?

Sans trop nous en rendre compte, assistons-nous à une forme lente et sournoise d’acceptabilité sociale de vente libre d’armes d’assaut sans mécanisme de contrôle?

Serge St-Arneault, Membre de Polysesouvient

07 Ottawa 22 mai 2018

Membres présents lors de l’audience au local du Comité Permanent de la Sécurité Publique et Nationale : Heidi Rathjen, Coordonatrice de PolySeSouvient, Michel LeRoux, père du policier Thierry LeRoux abattu à Lac-Simon, Boufeldja Banabdallah, président et cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Nizar Ghali et Mohamed Khabar, survivants de la tragédie à la Mosquée de Québec, Nathalie Provost, survivante de la Polytechnique le 6 décembre 1989, Serge St-Arneault, frère d’Annie St-Arneault assassinée à la Polytechnique de Montréal, Alison Irons, mère de Lindsay qui a été tuée par une arme à feu à Bracebridge, Ontario, en avril 2013, Manuel Klassen, président de l’Association des Étudiants de Polytechnique, Wendy Vasquez, présidente de la Confédération pour le Rayonnement des Étudiants en Ingénierie au Québec, Jade Karim, Coordonnateur à la mobilisation de l’union Étudiante du Québec, Alexandra Laberge, représentante de la Fédération des Femmes du Québec (vidéo conférence), Hélène Thibault, diplômée de Polytechnique et membres de PolySeSouvient, Jérôme Goudreault, directeur, Association Québécoise de prévention du Suicide, et plusieurs autres étudiants de la Polytechnique de Montréal.

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Armes à feu: des victimes de la mosquée de Québec écrivent à Trudeau

Plus de 75 personnes déplorent que le nouveau projet de loi du gouvernement libéral n’interdise pas les armes d’assaut comme celle qu’a utilisée le tireur de la mosquée, Alexandre Bissonnette.

The Canadian Press/Jacques Boissinot – 07/05/2018 (HUFFPOST.COM)

Des gens tiennent des photographies des victimes de la tuerie de la mosquée de Québec à l’occasion du premier anniversaire de la tragédie, le 29 janvier 2018.

Des blessés de l’attentat de la mosquée de Québec, ainsi que les familles des victimes, demandent à Justin Trudeau d’interdire les armes d’assaut.

Dans une lettre envoyée au premier ministre Trudeau, plus de 75 personnes déplorent que le nouveau projet de loi du gouvernement libéral n’interdise pas les armes d’assaut comme celle qu’a utilisée le tireur de la mosquée, Alexandre Bissonnette.

« Mais dans quelle société vivons-nous pour tolérer qu’un citoyen ordinaire puisse se donner un pouvoir aussi destructeur et profiter de la faiblesse de nos lois sur la possession d’armes à feu? », écrivent-ils.

Bissonnette, âgé de 28 ans, a plaidé coupable en mars à six accusations de meurtre au premier degré et six accusations de tentative de meurtre.

En janvier 2017, Alexandre Bissonnette est arrivé sur les lieux de la mosquée avec une arme longue semi-automatique « Small Arms VZ58 Sporter », qui est légale et non restreinte, ainsi qu’avec deux chargeurs de 30 balles qui, eux, sont illégaux. Lorsque l’arme longue s’est enrayée en tirant sa première balle, le tireur a eu recours à un pistolet et à cinq cartouches de dix balles.

Dans leur lettre, les blessés et les familles des victimes se demandent ce qui aurait pu arriver si l’arme du jeune homme ne s’était pas enrayée.

« Armé uniquement d’un pistolet et de cinq chargeurs, le tueur a pu tirer jusqu’à 10 coups en rafale, d’une telle force que les projectiles ont traversé les murs et d’une telle dangerosité qu’il a ainsi fait 6 morts, 5 blessés graves, et 39 personnes, dont 4 enfants, traumatisées à vie en moins de deux minutes », soulignent-ils dans leur missive.

Les signataires jugent qu’il est « regrettable » que le gouvernement « ignore complètement » les armes d’assaut dans son projet de loi, et ce, « malgré les pertes en vies humaines à la mosquée, l’assassinat de trois agents de la GRC à Moncton, la tuerie

à Dawson et celle au soir des élections québécoises , toutes impliquant des armes et accessoires d’assaut légalement acquis ».

des victimes de la mosquée de Québec écrivent à Trudeau

Un projet de loi critiqué

Le projet de loi présenté en mars est jugé trop timide par les partisans du contrôle des armes à feu, alors que certains propriétaires estiment qu’il s’agit d’une tentative masquée pour ressusciter le registre des armes à feu.

Si elle est adoptée, la loi élargirait l’étendue des vérifications d’antécédents pour toute personne qui voudrait acheter une arme à feu. En outre, l’ensemble des antécédents d’un potentiel acheteur seraient révisés, plutôt que ceux des cinq dernières années seulement.

Selon le gouvernement, ces nouvelles mesures permettront d’éloigner les armes à feu des mauvaises mains.

Le projet de loi édicte que les vendeurs d’armes devraient garder les registres de leur inventaire et de leurs ventes pendant au moins 20 ans afin d’aider la police dans ses enquêtes.

La lettre envoyée au premier ministre laisse entendre que le gouvernement a plié devant le lobby des armes à feu.

« Monsieur le premier ministre, pourquoi agir ainsi? Découragés de voir les choses s’envenimer, nous sommes tentés de dire, est-ce parce qu’une minorité d’amateurs d’armes qui se considèrent « victimes » d’une législation « draconienne » font peur à vos députés en vue des prochaines élections? », demandent-ils.

« Corrigez nos sérieux sentiments quant à la question électoraliste qui freine les gouvernements successifs à prendre au sérieux le dossier des armes à feu. Il est pourtant question de « vie et de mort ». »

Une priorité «urgente»

Les signataires disent avoir fait part de leurs inquiétudes au secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique, Mark Holland, sur l’implantation de groupes d’extrême-droite qui pourraient vouloir s’en prendre aux musulmans.

Holland a tenté de les rassurer en leur parlant des programmes gouvernementaux pour contrer la radicalisation, selon la lettre.

« Nous avons dû respectueusement l’interrompre pour insister sur le fait que, malgré notre appui évident et enthousiaste à la lutte contre la radicalisation, la priorité la plus urgente devrait être de limiter le pouvoir destructeur que détiennent les milices actuelles ainsi que tout autre citoyen ordinaire », indiquent-ils.

Scott Bardsley, le porte-parole de Ralph Goodale, a récemment dit que le ministre avait hâte d’entendre l’opinion des différents groupes sur son projet de loi.

Le ministre « est ouvert aux propositions constructives pour renforcer la loi », a-t-on dit.

Ralph Goodale doit comparaître devant le comité de la sécurité publique de la Chambre des communes, mardi.

Reportage télévision de Radio-Canada – Violences politiques au Congo.

Par Julien Cormier, M.Afr

Nous avons des confrères M.Afr à Kinshasa, au Katanga, au Kivu. Et à Montréal, au début de reportage on entrevoit notre confrère Serge St-Arneault, parmi les prêtres à la Mission Notre-Dame d’Afrique (25 mars 2018). Où est la place de l’Église congolaise quand le puissant massacre les petits? Quand les forces de l’état tirent sur la foule après la messe du dimanche? Quand les enfants meurent en travaillant à mains nues dans les mines de cobalt et de coltan (nécessaires pour nos appareils électroniques, iPhone, iPad, iPod, pour nos futures voitures électriques)? Et que font les gouvernements du Canada et du Québec pour soutenir le retour à la bonne gouvernance, le départ des dictateurs, l’exploitation légale des richesses naturelles en toute équité au profit du peuple congolais (infrastructures, santé, éducation) et non pas de la famille présidentielle ou de celles des ministres vendus aux intérêts des pays étrangers?

Crise Congo N-D Afrique MTL

Voir le lien suivant sur le compte Twitter de Céline Galipeau en date du 1er mai 2018 : Les violences politiques reprennent de plus belle en République démocratique du Congo. Les détails avec @SRCLanglois au #tj22h

Nouvelle édition du recueil de poésie d’Annie St-Arneault – 2018

Ce recueil de poésie est un hommage à ma sœur Annie. Son tragique décès nous prive de la présence d’une femme exceptionnelle.

Cette poésie, la sienne, nous montre une âme profonde, parfois tourmentée. C’est notre souhait que ce recueil lui redonne un droit de parole qui lui a été injustement enlevé.

NOUVELLE ÉDITION

Une parole pour traverser le temps - cover

La « Marche pour nos vies » de Montréal – samedi 24 mars 2018.

Témoignage de Serge St-Arneault.

J’étais un peu perdu en sortant du métro Atwater. Cette sortie mène à un vaste centre d’achat souterrain. Je finis par trouver la sortie qui mène au Square Cabot. Il y a déjà une foule autour du monument de Jean Cabot, navigateur et explorateur vénitien au service de l’Angleterre en 1497. Ce n’est pas étonnant. Après tout, le square est situé du côté ouest de la ville de Montréal.

Marche pour nos vies MTL 04

Les messages transmis sur des pancartes sont surtout rédigés en anglais. L’un d’eux est retentissant : « Depuis les cinq dernières années, le nombre de décès par armes à feu (aux États-Unis) est de 156,993 alors que celui des jeunes qui croquent par défi des capsules de détergent Tide est de 8, dû à l’empoisonnement. Le défi Tide (Tide Pods) est interdit, mais ce n’est pas le cas de la prolifération d’armes d’assaut. »

Les organisateurs de la marche, Phil Lord et Sophie Rose Saidmehr ont pris la parole en évoquant la grande solidarité qui mobilise plus de 800 rassemblements semblables un peu partout dans le monde. Un étudiant de l’école secondaire de Parkland, en Floride, a évoqué le drame qu’il a vécu. De même qu’une mère de famille.

Plus près de nous, plusieurs étudiants de la Polytechnique de Montréal ont voulu témoigner de leur soutien indéfectible qui se transmet d’une génération d’étudiants à l’autre depuis la tragédie du 6 décembre 1989. Le message est le même partout : « Protégeons nos enfants. Pas les armes à feu. »

Pour moi, l’entrevue qu’Heidi Rathjen a accordée à l’Associated Press est d’une clarté limpide. Elle a rappelé que son combat se poursuit puisque les armes d’assaut demeureront légales au Canada malgré le projet de loi C-71 déposé le mardi 20 mars 2018 à la Chambre des communes.

Marche pour nos vies MTL 10«La plupart des tueurs de masse qu’on connaît — à Concordia, à Dawson, à Moncton, la soirée des élections, à la mosquée — étaient des propriétaires légaux d’armes restreintes. Ce n’est pas parce qu’elles sont restreintes qu’elles sont plus difficiles à obtenir. Elles devraient être prohibées».

Beaucoup d’Américains ont encore l’impression que les lois canadiennes sont plus efficaces qu’aux États-Unis. On oublie trop souvent que nous avions au Canada un registre d’armes qui, malgré ses lacunes, distinguait notre pays des autres pour son haut niveau de sécurité en faveur des citoyens. Cela a été détruit par le gouvernement Harpeur en 2012. L’annonce du prochain projet de loi C-71 réintroduit des mesures sans pour cela interdire les armes d’assaut ‘non restreinte’ tel que le Kel-Tec RDB.

Marche pour nos vies MTL 18Finalement, j’ai rattrapé en courant la foule de 700 personnes qui s’était mise en marche en empruntant les rues Sainte-Catherine, Saint-Mathieu et le boulevard René-Lévesque jusqu’à la rue St-Alexandre où se trouve le Consulat général des États-Unis, tout juste derrière l’église du Gesu.

Nous entrerons demain dans la Semaine sainte avec la messe des Rameaux qui commémore la passion de Jésus. Soudainement, je vois une similarité avec la « Marche pour nos vies ». En effet, la passion de Jésus a aussi été une marche jusqu’au calvaire. Celle-ci n’est-elle pas aujourd’hui nos propres douloureuses marches vers l’exigence de lois qui protègent les enfants de tueries effroyables dans les écoles? Avec un peu plus d’imagination, on pourrait même associer les clous qui ont transpercé la chair de Jésus aux balles tirées par des armes à feu qui causent d’effroyables blessures et pertes de vie.

Pour nous, croyants, la croix de Jésus est un étendard et une source d’espérance, car, par elle, au-delà de la mort, pointe une promesse de vie éternelle. Celle-ci sera possible dans la mesure où dès maintenant nous décidions de marcher, c’est-à-dire de nous engager, pour un monde meilleur exempt d’armes d’assaut légalement en vente ici au Canada pour quiconque a les moyens financiers d’en acheter.

Liens : Journal Métro, 24 mars 2018 : Une «March for Our Lives» montréalaise.

Également sur Huffingtonpost.ca

Projet de loi C-71 Victimes déplorent un projet de loi qui ne prévoit que le strict minimum et ne priorise pas la sécurité publique

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Montréal, 20 mars 2018 – Les témoins, survivants et familles des victimes des tueries à l’École Polytechnique, au Collège Dawson et à la Mosquée de Québec appuient prudemment le dépôt du projet de loi C-71, la réforme de la Loi sur les armes à feu promise lors de la dernière campagne électorale par le Parti libéral. Un examen préliminaire du projet de loi révèle un ensemble de mesures inutilement faibles.

armes d'assaut

« Bien que le gouvernement semble respecter la lettre de ses engagements électoraux, il n’en a pas respecté l’esprit. Les mesures contenues dans le projet de loi ne consistent qu’en un strict minimum afin de remplir ‘techniquement’ ses promesses. Il nous semble très clair que l’objectif premier n’est pas de maximiser la sécurité publique, mais de minimiser le mécontentement du lobby des armes à feu tout en donnant l’impression de passer à l’action », explique Heidi Rathjen, diplômée de Polytechnique et porte-parole de PolySeSouvient. Au cours des derniers jours, des reportages 2 médiatiques ont relaté comment la législation sur les armes à feu « donnait une sacrée trouille au caucus libéral » (“scaring the hell out of the Liberal caucus”) en raison de leur crainte du lobby des armes à feu.

Meaghan Hennegan, qui a survécu à la tuerie de masse au Collège Dawson, ajoute: «Nous sommes particulièrement déçus de l’échec du gouvernement Trudeau à aborder la disponibilité légale des armes d’assaut. L’arme qui a été utilisée pour tirer sur moi et nombreux de mes camarades de classe est plus facilement accessible qu’alors. C’est totalement ridicule! Les Libéraux ont été élus majoritaires sur la base d’une plateforme pro-contrôle et la grande majorité des Canadiens est en faveur d’une interdiction des armes d’assaut, y compris la majorité des propriétaires d’armes à feu! Les seuls qui s’opposent au retrait de ces machines à tuer sont une bruyante minorité d’amateurs d’armes. Sur l’enjeu des armes d’assaut, il semble bien clair que le gouvernement Trudeau se soit rangé du côté du lobby des armes à feu et non de l’intérêt public.»

Un récent sondage d’Environics Research[i] commandé par PolySeSouvient a révélé que 81% des Canadiens sont d’accord que «la propriété privée d’armes d’assaut semi-automatiques à des fins récréatives ne devrait pas être légale au Canada», avec un soutien identique dans les régions urbaines et rurales ainsi que 63% parmi les propriétaires d’armes à feu. Un autre sondage, publié par Policy Options, constatait que 85% des Canadiens soutiennent «l’interdiction de la possession privée d’armes d’assaut militaires et de fusils de tireur d’élite par des civils».

Boufeldja Benabdallah, vice-président du Centre culturel islamique de Québec : « Nous avons vu les dégâts que les armes à feu peuvent causer lorsqu’ils tombent entre de mauvaises mains. Six veuves et 17 enfants pleurent toujours le massacre de leur mari et de leur père. Comment le gouvernement peut-il répliquer avec un projet de loi aussi timide? »

Registres de ventes et inventaires

Le groupe est également choqué par l’approche timide avec laquelle le ministre Goodale a choisi de se pencher sur les registres de ventes, afin de concrétiser la promesse des Libéraux d’obliger les vendeurs à tenir « un inventaire de leurs armes à feu et un registre de leurs ventes afin d’aider la police dans ses enquêtes sur le trafic et autres crimes impliquant des armes. » Plusieurs autorités provinciales et policières avaient témoigné par le passé quant à l’importance de ces registres et inventaires.

« La mesure proposée est plus faible que les exigences qui existaient depuis les années ‘70 et qui n’étaient considérées problématiques par personne. Il n’y avait pas d’obligation pour les policiers d’obtenir une autorisation judiciaire. Même les États-Unis exigent des vendeurs commerciaux qu’ils enregistrent leurs ventes et ces données étant plus facilement accessibles aux autorités. Une mesure véritablement efficace aurait aussi pris en compte tous les transferts d’armes d’individu à individu, non seulement les ventes commerciales, et aurait rendu ces informations accessibles à la police sans obstacles procéduraux, » a expliqué Mme Rathjen.

« Dans quel but veut-on soustraire les données sur les ventes contre la vue du gouvernement? Comment la police est-elle alors censée détecter la constitution d’arsenaux? Comment saura-t-elle dans quel commerce enquêter pour retracer une arme trouvée sur les lieux d’un crime?

« Si l’on se fie à ces dispositions édulcorées, il est difficile de croire que le gouvernement veut vraiment aider la police dans ses enquêtes criminelles et ses efforts pour contrer les ventes illégales. La législation proposée vise clairement à protéger les intérêts de quelqu’un, mais certainement pas ceux du public. »

 En novembre dernier, une importante délégation de survivants et de membres de la famille de victimes de violence armée s’était déplacée jusqu’à la Colline parlementaire pour demander aux députés et au ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale d’instaurer un ensemble exhaustif de mesures de contrôle des armes à feu, généralement conforme à la plateforme électorale des Libéraux, en plus de l’interdiction des armes d’assaut. Depuis lors, la dernière tuerie dans une école, à Parkland en Floride, a fait émerger un mouvement populaire aux États-Unis qui réclame lui aussi à l’interdiction des armes d’assaut.

Nathalie Provost, qui a survécu au massacre de Polytechnique malgré quatre blessures par balle, conclut: « Malgré notre déception, nous ne voulons pas que ce projet de loi échoue. Bien qu’il soit extrêmement faible, il demeure un pas dans la bonne direction. Nous espérons qu’au cours des jours et semaines à venir, nous pourrons travailler avec le ministre et les membres du Comité permanent de la sécurité publique pour améliorer considérablement le projet de loi C-71, au point où nous pourrons, sincèrement et avec soulagement, féliciter le gouvernement d’avoir enfin fait le nécessaire. »

* Une analyse préliminaire des mesures sera disponible ici au courant de la journée: http://polysesouvient.ca/Documents/DOCU_18_03_20_PreliminaryAnalysisBill.pdf

[i] Environics Research, pour PolySeSouvient, mené en ligne du 6 au 8 mars 2018 parmi 1510 Canadiens de 18 ans et plus.

Résultats :  http://polysesouvient.ca/Documents/STATS_18_03_08_Environics_Poll_Results.pdf ; méthodologie :  http://polysesouvient.ca/Documents/1_ERG_Online_Methodology_n1510_March%208_2018.pdf

Conférence de Gilles Barrette sur l’Islam

Gilles Barrette PNG

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Une cinquantaine de personnes, incluant catéchistes, religieuses et prêtres, se sont réunies au Sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs à Montréal pour participer à un échange-conférence sur l’islam organisé par l’Office d’Éducation à la foi du diocèse de Montréal. L’animateur d’origine laotienne, Lamphone Phonevilay, du Service au Catéchuménat, a introduit Evelyn Candia, d’origine chilienne et musicienne liturgique, pour un moment de prière avant de donner la parole à Gilles Barrette, M.Afr.

Les cinq heures d’échange-conférence ont permis de réitérer la conviction chrétienne que toute personne, quelle que soit sa religion,  est un tremplin pour tout chrétien pour atteindre Dieu. L’essentiel est l’ouverture à l’autre à la manière de Jésus pour nous approcher de l’Autre.

Le père Barrette a par la suite présenté quelques jalons de base de l’Islam. Puis, après un bon repas, un autre échange a eu lieu sur les approches pastorales essentielles pour favoriser le dialogue; tout ce qui fait partie de notre commune humanité est une bonne base pour un dialogue fécond.

BandeFM logo

La prochaine conférence du père Barrette aura lieu à 19h le 16 mai 2018 à la rencontre du mercredi de La Bande FM, l’École Foi et Mission, situé au 4240 rue Drolet à Montréal. Ce groupe s’adresse aux jeunes adultes entre 18 et 35 ans.

Sanctuaire

Dépôt imminent du projet de loi sur les armes à feu du gouvernement canadien

Après deux ans et demi de pressions et d’attente, nous pouvons enfin nous réjouir face au dépôt imminent d’un projet de loi fédéral sur les armes à feu, sans doute la semaine prochaine!

En annonçant la nouvelle, le gouvernement a dit qu’il révisera la loi d’une manière « cohérente » avec ses promesses électorales. Or, bien que la plateforme électorale contienne des mesures positives, ces dernières sont rédigées de manière très générale : leur force ou faiblesse ultime sera déterminée par les libellés spécifiques dans le texte de loi. Nous avons de bonnes raisons pour nous inquiéter …

En effet, les membres du Caucus rural des Libéraux, qui subissent d’énormes pressions des groupes pro-armes, s’opposent activement au resserrement de la loi par peur du lobby des armes, selon certains reportages médiatiques. Il importe donc pour les citoyens du Québec se mobiliser pour qu’au moins nos députés défendent la sécurité des citoyens québécois.

Le dépôt du projet de loi est maintenant sur l’agenda législatif, le lobby des armes entamera sous peu sa campagne d’opposition et, nous, citoyens majoritaires qui appuient un meilleur contrôle, devons aussi nous faire entendre.

Merci pour votre appui! Heidi, Nathalie, Jeff, Kathlene, Meaghan, Louise

PolySeSouvient est un groupe de citoyens bénévoles, dont de nombreux témoins, survivants et familles des victimes du massacre du 6 décembre 1989, qui œuvrent pour un meilleur contrôle des armes et dont les objectifs sont endossés par l’Association des Étudiants de Polytechnique, l’Association des étudiants aux cycles supérieurs de Polytechnique, le CA de l’Association des diplômés de Polytechnique, l’Ordre des ingénieurs du Québec, le Réseau des ingénieurs du Québec, l’École Polytechnique, l’École de technologie supérieure et plusieurs associations étudiantes de génie.

A/S:   info@polysesouvient.ca ; téléphone : 514-816-7818 @polysesouvient; www.polysesouvient.ca 

Missionnaire sans frontières