Mon point de vue sur la récente tuerie en Nouvelle-Écosse

Il y a quelques jours, un journaliste anglophone canadien m’a demandé de lui accorder une interview en lien avec la tragédie survenue en Nouvelle-Écosse récemment; la plus meurtrière tuerie de masse jamais survenue au Canada. Ne me sentant pas à l’aise de le faire par téléphone, ce journaliste à accepté que je lui réponde par écrit. Vous trouverez le texte intégral au bas de la traduction suivante. Je signale simplement que mon témoignage n’a été retenu. Ainsi, rien de ce que j’exprime ici n’a été diffusé. Je vous le partage en exclusivité, si j’ose dire, à la lumière de l’annonce faite aujourd’hui à savoir que le gouvernement fédéral s’apprête à agir bientôt par règlement pour le bannissement de certaines armes d’assaut de type militaire.

TRADUCTION DE: Three points about the shooting in Nova Scotia

Il y a trente ans, la tragédie de l’École polytechnique a choqué tout le pays en apprenant que le meurtrier ciblait (exclusivement) des femmes. Jusqu’à maintenant, je ne connais pas le mobile de celui qui a assassiné 22 personnes en Nouvelle-Écosse. Cela ravive beaucoup de douleur.

Depuis 1989, notre expérience en tant que famille me permet de dire que nous avons acquis une nouvelle identité associée à la tragédie de la Polytechnique. Ainsi, je suis le frère d’Annie St-Arneault, une des premières victimes. Depuis cet événement, nous sommes souvent identifiés par les gens comme étant la mère, le père, le frère, la sœur, l’ami de l’une de ces femmes qui ont péri dans la fusillade. Nous avons dû accepter cela contre notre volonté. En effet cet événement n’était pas limité au domaine du privé, mais public à l’échelle du pays. Je présume qu’il se passe quelque chose de semblable pour les membres des familles qui sont directement liés à la récente fusillade en Nouvelle-Écosse.

Deuxième point. La fusillade qui a eu lieu en Nouvelle-Écosse est un signal d’alarme pour passer à l’action, pour participer à notre effort collectif pour atteindre un meilleur contrôle des armes à feu au Canada. Ce débat se poursuit depuis 1989 et il est difficile. Pourtant, il est plus que jamais essentiel. Je ne sais pas comment le meurtrier de la Nouvelle-Écosse a obtenu ses armes, mais nous devrions nous en inquiéter. D’ailleurs, d’après ce que j’ai compris, il a planifié son action. Quel type d’armement a-t-il utilisé? S’il s’agit d’armes de type militaire, pourquoi permettons-nous toujours la vente de telles armes dans des magasins spécialisés au Canada comme cela se fait aux États-Unis? Ce débat est une question de sécurité publique.

Troisième point. Le fait que la police n’ait pas agi rapidement et efficacement fera l’objet d’une enquête, comme cela s’est produit en 1989 à Montréal. À mon avis, il ne faut pas blâmer trop rapidement les policiers. Personne, y compris eux, ne s’attendait à ce qu’une telle tragédie se produise dans une région rurale et paisible comme en Nouvelle-Écosse. Mais, j’espère que ceux qui sont responsables de notre sécurité amélioreront leurs capacités ou leurs compétences en apprenant comment réagir si un événement semblable devait se reproduire. À Montréal, au moins, de nouvelles méthodes d’intervention de la police ont empêché de plus grandes tragédies comme celle de l’École Polytechnique.

Enfin, je prie pour tous les membres des familles qui pleurent leurs proches. Nous devons rester forts dans notre foi et exprimer notre solidarité. La question n’est pas tant de savoir pourquoi cela s’est produit, car il n’y aura jamais de réponse adéquate. Notre défi est plutôt de trouver des moyens de porter ce lourd fardeau de douleur que nous allons subir pour toujours. Bien sûr, en ce qui me concerne, la douleur n’est plus aussi vive aujourd’hui qu’il y a trente ans. Mais ma sœur me manque depuis. Cela fait partie de mon nouvel être, de ma nouvelle identité. Par conséquent, je profite de toutes les occasions pour dénoncer la violence faite aux femmes.

TEXTE INTÉGRAL EN ANGLAIS

Three points about the shooting in Nova Scotia

The Polytechnic tragedy thirty years ago shocked the entire country as the murderer was targeting women. Up to now, I don’t know the motive of the one who shot the people in Nova Scotia. This is really painful.

If I recall our experience as a family, back in 1989, I realized that we got a new identity associated to the tragedy. For instance, I am the brother of Annie St-Arneault, one of the first victims of Polytechnic. Soon after that event, we became known by everyone as the mother, the father, the brother, the sister, the friend of one of those women who perished in the shooting. This fact was against our will. But we had to accept it as the event was not only a private one but a public one at the scale of the entire country.

I presume that something similar is happening to the family members who are directly related to the recent shooting in Nova Scotia.

Second point. The shooting which took place in Nova Scotia is a wake up call to take action, to get involved in our social search for a better gun control in Canada. This debate is going on since 1989 and it is a tough one. But it is an essential one too. For instance, I don’t know how the murderer in Nova Scotia got his guns but we should be worried about that. Moreover, as far as I understood, he planned his action well in advance. Which type of armaments did he use? For sure, if military types of guns were used by him, why do we still allow the sale of such guns in specialized shops in Canada as it is done in the United States? It is primarily a question of public safety.

Third point. The failure of the police to act promptly and efficiently will be investigated as it happened in 1989 in Montreal. In my view, we should not blame too quickly the Police officers. Nobody, included them, was expecting such a tragedy to happen in a rural and peaceful country side like in Nova Scotia. But, it is my hope, that those who are in charge of our safety will improve their ability or skills by learning how to react if a similar event is to occur again. In Montreal, at least, new methods of intervention from the Police force prevented a larger scale of casualties like the one at the Polytechnic.

Lastly, I pray for all the family members who are mourning their love ones. We need to remain strong in our faith and express our solidarity. The question is not so much why it happened as no proper answer will ever be found. Our challenge is rather to find ways to carry this heavy burden of pain we are going to bear forever. Of course, as far as I am concerned, the pain is no longer as sharp today as it was thirty years ago. But I am missing my sister ever since. This is part of my new being, my new identity. Consequently, I am taking every opportunity to denounce violence against women.

Armes à feu : Ottawa veut agir bientôt par règlement

Louis Blouin (accéder à la page de l’auteur) 29 avril 2020

Le gouvernement Trudeau s’apprête à implanter par la voie réglementaire une partie de la réforme promise sur les armes à feu, a appris Radio-Canada. Ottawa pourrait agir aussi tôt que cette semaine pour interdire certaines armes.

Alors qu’une autre tragédie liée aux armes à feu vient de secouer le pays, les libéraux semblent déterminés à concrétiser rapidement cet élément crucial de leur plateforme électorale. Des changements réglementaires pourraient être publiés dans la Gazette officielle du Canada aussi tôt que vendredi. Le ministre de la Sécurité publique a soumis une recommandation au premier ministre du Canada, qui doit y donner l’approbation finale. Selon nos informations, cette proposition vise notamment à interdire 11 types d’armes. Justin Trudeau pourrait donner son aval aujourd’hui, alors que les discussions finales sont toujours en cours.

Lors de la dernière campagne électorale, les libéraux ont promis d’interdire les armes d’assaut de type militaire, y compris le fusil AR-15.

Impossible de connaître pour l’instant la date de mise en application de ces éventuels changements ni s’il est prévu qu’ils soient accompagnés d’un programme de rachat à court terme. Le Bureau du premier ministre n’a pas voulu commenter le dossier.

Promesses électorales des libéraux

  • Interdire les armes d’assaut de style militaire, y compris l’AR-15;
  • Mettre sur pied un programme de rachat pour toutes les armes d’assaut de style militaire achetées légalement au Canada;
  • Collaborer avec les provinces et les territoires pour donner aux municipalités la capacité de restreindre davantage les armes à feu ou de les interdire.

Source : plateforme libérale 2019

PolySeSouvient aux aguets

Le groupe de pression Poly se souvient attend avec impatience la réforme proposée. Sa porte-parole Heidi Rathjen écrit : Nous espérons voir une approche similaire à celle de la Nouvelle-Zélande, ce qui inclurait le Ruger Mini-14, soit l’arme qui a été utilisée lors de la tuerie à l’École polytechnique. Pour l’instant, Radio-Canada n’a pas pu confirmer quelles sont les armes visées par l’interdiction. Le groupe prévient aussi que cette interdiction devra s’accompagner de changements plus en profondeur.

L’interdiction de modèles existants par règlement devrait être suivie par une réforme plus générale du système de classification, qui permet toujours l’introduction de nouveaux modèles d’assaut, affirme Mme Rathjen.

À lire aussi :

Les États Généraux de l’amélanisme en Afrique

Note de Serge : André-Man Mbombo, ami du Centre Afrika, a courageusement pris l’avion le 10 mars dernier en direction de Kinshasa en République Démocratique du Congo. André-Man porte une cause qui lui tient profondément à cœur, celle du sort des amélaniques, particulièrement Africains. Espérons qu’il puisse revenir au Canada dans les prochaines semaines malgré la crise planétaire causée par le Covid 19.

Cliquez ici pour ouvrir le CAHIER DES QUESTIONS ET THEMES DES ETATS GENERAUX DE L’AMELANISME EN AFRIQUE

André-Man Mbombo

Par André-Man Mbombo

Les travaux ont commencé avec une conférence de presse du mardi 17 mars 2020 à l’hôtel PULMAN Grand-Hôtel de Kinshasa. Après les exposés des représentants des associations des personnes vivant sans mélanine de la République du Congo et de République Démocratique du Congo, les journalistes des organes de presse présents dans la salle ainsi que le public ont obtenu des réponses à toutes leurs questions concernant la tenue des États généraux de l’Amélanisme en Afrique (EGAA) de la part d’André-Man Mbombo, président du Centre Canadien de Sensibilisation à l’Amélanisme (CCSAM-OBNL), initiateur de l’événement. C’est à cette occasion que l’orateur a expliqué l’approche de l’École de Montréal, de l’albinisme à l’Amélanisme. En outre, l’orateur a fait l’analyse de la « Déclaration universelle des droits humains des personnes vivant avec albinisme » (Montréal, 13 juin 2020) et souligné le caractère révolutionnaire de la « Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine » adoptée par l’APF (44e Session, 5-10 juillet 2018).

Cela dit, le Centre Canadien se félicite et se réjouit de l’acceptation de Son Excellence Madame la Ministre Déléguée aux Affaires Sociales en charge des Personnes Handicapées et autres Personnes Vulnérables, Me Irène ESAMBO, de procéder au lancement officiel des États généraux de l’Amélanisme en Afrique.

L’initiateur des États généraux remercie l’Association Jhony Chancel pour Albinos (Ajca) de Brazzaville, la Fondation Mwimba Texas et la Fondation Pauline Albinos de la R.D.C. ainsi que toutes personnes qui étaient présentées à la Conférence de presse notamment : les petits anges de la Fondation Pauline, les Amélaniques congolais, Brigitte Sifuentes et Richard Maheu du Canada-ICDI, Me Martin Tshialu, Me François Mpolesha, Me Ilunga Coco, Prof Roger Bilika Mondo et le modérateur du jour, Ben-Clet Kankonde Dambu du Journal LePotentiel.

À lire également l’article suivant de Lucien Dianzenza publié sur le site internet de l’Agence d’Information d’Afrique Centrale.

Café-Rencontre au Centre Afrika – 22 février 2020

Par Sabria Mebarek

Vingt-deux personnes se sont réunies au Centre Afrika pour le deuxième Café-Rencontre de l’année. Le père Serge St-Arneault nous a parlé brièvement de son association pour abolir les armes à feu au Québec et au Canada (PolySeSouvient). Ce projet suit son petit chemin depuis les trente dernières années.

Sylvie Bergeron, une romancière, nous a raconté l’histoire de sa tante CÉCILIA BERGERON, Sœur  Blanche d’Afrique, qui est partie en Algérie à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Celle-ci y a vécu 50 ans avant de rentrer définitivement au Québec où elle y est décédée à l’âge de 100 ans.

Sylvie Bergheron a écrit un livre intitulé « Journal d’une humaniste » grâce à des lettres laissées par sa tante.

De là, Monsieur Firid  CHIKHI, a présenté le parcours humain et spirituel du cardinal Charles Lavigerie en  Afrique du Nord et surtout en Algérie. Il s’est entretenu sur ses expériences de terrain en terres berbères et kabyles. Lavigerie a été un précurseur dans l’évolution d’une mentalité plus ouverte à l’égard de la laïcité, ce qui lui a valu bien des difficultés. Monsieur Ferid  a aussi parlé de St Augustin, ce célèbre théologien chrétien et de l’émir Abdelkader, ce grand chef religieux et militaire algérien de l’époque coloniale qui a combattu les Français pendant 17 ans. Il s’est finalement rendu aux autorités coloniales en 1848. Il a alors été transféré à Amboise, en France, pendant quatre ans, puis déporté en Syrie où il y resté jusqu’à sa mort.

Fait glorieux de l’émir Abdelkader: il a sauvé de la mort des chrétiens et des juifs persécutés par les islamistes de cette époque. C’était en 1860. Il a d’ailleurs reçu la croix de la Légion étrangère de la part de Napoléon III.

Monsieur André-Man Mbombo, spécialiste de l’amélanisme, a brièvement partagé ses connaissances sur l’albinisme et ses livres.

Le père St-Arneault a conclu la séance en demandant un sujet pour la prochaine réunion. Il s’agira donc des femmes fortes qui ont marqué l’histoire. Prochain rendez-vous le 14 mars 2020 à 14h00.

Henri, Tex, Firid, Naima, Sabria, Mahi, Sylvie, Jocelyne, Diane, Monique, Romain, Robert, Rita, Sassou, Stéphanie, Jean, Cristobal, André-Man et Serge

Paris débouche sur les états généraux de l’amélanisme en Afrique

Comme annoncé au Colloque de Sensibilisation à l’Amélanisme de Paris (CSAP-2020) et sur les antennes d’Africa 24 et de TV5MONDE, les travaux préparatifs des États généraux de l’Amélanisme en Afrique s’ouvrent à Kinshasa et à Brazzaville respectivement le 27 et le 28 mars 2020. C’est une grande première en matière des droits humains des Amélaniques, des personnes vivant sans mélanine appelées communément albinos. Nous devons trouver une solution africaine à cette problématique africaine qui déshumanise le Continent.

Voyez et écoutez par vous-même comment André-Man Mbombo explique à Denise Époté le rôle que joue le Centre Canadien de Sensibilisation à l’amélanisme pour promouvoir l’éducation à l’amélanisme dans tous les domaines éducatifs.

CLIQUER ICI POUR OUVRIR LE LIEN

L’animatrice Denise Époté de TV5 Monde s’entretien avec André-Man Mbombo, président du Centre Canadien de Sensibilisation à l’Amélanisme. Réalisation de Philippe Sommet mis en onde le 23 février 2020, d’une durée de 12 minutes.

​Extrait de l’entrevue​ ​« Et si… vous me disiez toute la vérité »​ :​

— Comment expliquer cette mobilisation au Canada alors qu’en Afrique la sensibilisation peine à se faire?

— Tout ce que je peux dire c’est que j’ai eu de la chance de tomber sur des personnes sensible tel que Serge St-Arneault, un Père Blanc, Missionnaire d’Afrique, un missionnaire au Congo qui avait déjà vu comment les amélaniques étaient traités dans ce pays. Quand je lui en ai parlé et qu’il avait lu mes livres, il m’a dit que nous devions agir ensemble. Nous avons crée le Centre Canadien de Sensibilisation à l’Amélanisme. Nous avons (eu aussi) l’écoute d’une parlementaire sur place, Carole Poirier, qui a pris cette affaire en main et qui a donné la résolution à l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Importante pétition pour soutenir les droits humains des Amélaniques

Pétition pour exiger que l’APF (Assemblée parlementaire de la Francophonie) et l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) envoient la « Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine » de juillet 2018, comme l’APF s’était engagée, aux États et gouvernements de l’espace francophone et à l’UNESCO.

En effet, se fondant sur la Déclaration universelle des droits humains des personnes vivant avec albinisme (Montréal, 13 juin 2018), l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) a adopté la Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine (44e session, Québec, juillet 2018).

Depuis 2018, cette résolution est restée lettre morte dans les tiroirs des bureaux de l’AFP à Paris, archivée, sans possibilité d’être consultée par des tiers. Il s’agit d’une résolution importante pour les droits humains des Amélaniques (personnes vivant sans mélanine appelées péjorativement albinos). Elle reconnait aux Amélaniques le droit et la qualité de revendicateurs des droits.

Dispositif de la Résolution de l’APF de juillet 2018

« L’Assemblée parlementaire de la Francophonie réunie à Québec du 5 au 10 juillet 2018, sur proposition de la Commission de l’éducation, de la communication et des affaires culturelles DÉCLARE que les personnes vivant avec amélanisme sont des êtres humains et doivent bénéficier de toutes les dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme; ENCOURAGE les États et gouvernements de l’espace francophone à poursuivre leurs efforts pour protéger et préserver le droit à la vie, le droit à la dignité et le droit à la sécurité des personnes vivant sans mélanine, notamment en fournissant les ressources nécessaires afin de veiller au respect et à la promotion des droits humains des personnes sans mélanine, INCITE à introduire l’enseignement de l’amélanisme dans les systèmes éducatifs de l’espace francophone afin d’éduquer tant le personnel enseignant que les enfants et adolescents, et de faciliter l’intégration des élèves et des étudiants sans mélanine; DEMANDE la substitution du mot albinos par celui d’amélanique et d’albinisme par amélanisme, termes dénués de connotation péjorative et dégradante afin de désigner les personnes vivant sans mélanine; DEMANDE aux États et gouvernements de l’espace francophone d’introduire l’enseignement de l’amélanisme dans leurs systèmes éducatifs et invite l’UNESCO à inciter ses États membres à faire de même; S’ENGAGE à diffuser cette déclaration auprès des instances de l’UNESCO. »

SIGNER LA PÉTITION ICI

Café-Rencontre au Centre Afrika

Le premier Café-Rencontre au Centre Afrika a eu lieu le 8 février avec la venue d’Henri, Mahi, Jean, Serge, Cristobal, Rita, Josée, Sabria, Gabriel, Koffi et Jean-Guy originaires de la Côté d’ivoire, du Cameroon, Burundi, Mexique, Algérie, Tchad, Togo et du Canada.

Dans une ambiance amicale, les histoires de vie et les projets d’entraide ont accompagné le café. Le Centre Afrika rêve de favoriser ainsi ce lieu d’échange qui permettra de mieux nous connaître et, nous l’espérons, faire naître des expressions de solidarité où la diversité culturelle devient véritablement un moteur d’intégration et de créativité.

Prochain rendez-vous le 22 février 2020 à 14h00. Amenez vos amies et amis!

Chaque personne est une histoire sacrée.

Par Serge St-Arneault, M.Afr

J’ai grandi à La Tuque qui était et demeure très majoritairement francophone. Tout ce que je connaissais des Anglais, à l’époque, était le nom de la rue Beckler, située près de l’usine de papier. Une fois adulte, j’ai poursuivi mes études en anthropologie à Londres, en Angleterre, pendant plus de deux ans. J’ai tout aimé de ce pays. Je m’y sentais bien. J’en suis presque tombé amoureux. Les perceptions changent avec le temps, c’est documenté!

Que dire de l’Afrique? Dans mon cœur d’enfant, ce vaste continent se résumait au célèbre acteur Tarzan. J’aurais voulu être fort comme Tarzan. Comble de mon malheur, en me regardant dans le miroir, je réalisais que je ressemblais davantage à Cheetah, la guenon de Tarzan, qu’à Tarzan lui-même. Mais, ça, c’est un autre problème.

Pendant une dizaine d’années, je me suis laissé humanisé en vivant chez les Indru du Congo de la région de l’Ituri. J’ai découvert chez cette population un esprit combatif et fier qui a fait naître en moi un autre homme. J’ai appris leur langue, quelques-unes de leurs coutumes. Avec mes confrères missionnaires, je suis demeuré avec eux pendant la guerre qui a sévi au début des années 90. J’ai définitivement quitté ce beau pays en 1996 en y laissant une part de mon cœur.

Le plus beau compliment que j’ai reçu le jour de mon départ est celui d’une grand-maman qui m’a dit publiquement que la seule chose qui me manquait était la couleur de la peau. Nos regards s’étaient transformés. Nos différences raciales et culturelles n’avaient plus aucune importance. Il y avait entre nous une forme de communion.

Douloureux souvenir de la tragédie de Poly

Ce n’est pas ce qui s’est passé dans le cœur de Marc Lépine il y a 30 ans. L’image qu’il avait de lui-même et des femmes s’est figée dans un bloc d’étanchéité. La fausse perception de son monde imaginaire s’est comme givrée dans la haine ou le ressentiment. Dans son délire, il a voulu détruire une idole qui l’effrayait. À son insu, il a plutôt défiguré le visage de l’humanité où chaque personne est une histoire sacrée.

Indéniablement, chaque être humain est une histoire sacrée à respecter, peu importe son origine raciale, culturelle ou ses croyances. Nous ne formons qu’une seule famille humaine, la famille de Dieu. En effet, nous sommes tous et toutes les enfants d’un même créateur. L’amour de ce Dieu est le même pour tout le monde. Ça aussi, c’est documenté!

Soirée commémorative à Québec le 29 janvier 2020

Heidi Rathjen et Serge St-Arneault

À l’invitation du comité citoyen composé de plus de 50 bénévoles, je représentais avec Heidi Rathjen le regroupement PolySeSouvient. Nous nous sommes adressés brièvement aux 300 convives qui s’étaient rassemblés dans l’église Saint-Mathieu de Québec transformée pour l’occasion en une grande salle de convives pour souligner la 3e commémoration du drame de la mosquée de Québec.

Plusieurs représentants de marques figuraient sur la liste des orateurs : le grand chef de la nation huronne-wendat Konrad Sioui, François Legault, Régis Labeaume, l’imam de la Mosquée de la Capitale Abderrahim Qaq et l’actuel président du Centre culturel islamique de Québec Boufeldja Benabdallah.   

Plusieurs autres personnalités étaient également présentes dont Manon Massé et le chef du Nouveau Parti démocratique Jagmeet Singh avec lequel je me suis entretenu brièvement au côté du rappeur Webster.

Il y avait aussi des représentants des autres confessions religieuses : l’évêque catholique auxiliaire Marc Pelchat, l’évêque anglican Bruce Myers, le recteur de la cathédrale de la Sainte-Trinité, Christian Schreiner ainsi que le président de la communauté juive de Québec et cofondateur d’Unité Québec, David Weiser.

Le curé de la paroisse Notre-Dame-de-Foy, Bernard Duquette, a accueilli la foule en soulignant le caractère très symbolique et significatif de cette commémoration; une tragédie survenue dans une mosquée, mais commémorée dans une église. Dans la soirée, le chant de l’imam a retenti en arabe. Qui aurait prédit qu’un clerc musulman chante une prière inspirée du coran dans une église catholique? Je me réjouissais d’admirer cette scène qui se déroulait dessous la statue du Christ glorieux aux bras ouverts. Très symbolique!

Il y a eu aussi à manger pour tout le monde; repas d’inspiration africaine, arabe et québécoise. Malgré le tragique de la commémoration, un esprit de fête transcendait l’événement. Pour un instant, gens de confessions et de diverses provenances puisaient un réconfort dans des discours inspirants et à saveur politiques tout en partageant un réel repas. Plus qu’un symbole, ce soir-là, l’Église a rassemblé tous les enfants de Dieu sous un même toit. C’est maintenant documenté!

30 years since École Polytechnique massacre in Montreal – Global News

December 6, 2019. It’s been 30 years since a gunman killed 14 women at Montreal’s École Polytechnique. On this National Day of Remembrance and Action on Violence Against Women, the attack is finally being officially recognized as an attack on feminists. Dan Spector explains how the day is being reclaimed.

Link: Vendredi 6 décembre 2019 à la Polytechnique – Présentation du livre « Ce jour-là. Par ce qu’elles étaient des femmes »

Commémoration du 30e anniversaire de la tragédie de l’École Polytechnique, Hôtel du Parlement, 5 décembre 2019.

Au nom du président de l’Assemblée nationale du Québec, nous souhaitons vous transmettre ces photographies prises à l’occasion de la : Commémoration du 30e anniversaire de la tragédie de l’École Polytechnique, Hôtel du Parlement, 5 décembre 2019.

L’Assemblée nationale est détentrice du droit d’auteur des photographies. Elle en autorise la diffusion uniquement lorsqu’il est fait mention: « Collection Assemblée nationale du Québec, Roch Théroux, photographe ».

Cordialement, Le Protocole

Lien : La Médaille de l’Assemblée nationale aux victimes de Polytechnique

Missionnaire sans frontières