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Mon quartier Saint-Roch, premier chapitre, juin 2026

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Quatre mois se sont écoulés depuis notre arrivée dans le quartier Saint-Roch de Québec. Je commence tout juste à réaliser où j’habite. De bruyants chantiers de construction ont cours dès 7h00 sur notre étroite rue où le seul vénérable arbre a été abattu pour laisser place à une nouvelle construction domiciliaire. Nos voisins immédiats occupent les plus anciennes demeures du coin. Seront-ils, comme ce fut le cas pour bien d’autres habitants du quartier, expulsés par des promoteurs immobiliers ? Serons-nous les suivants ?

Page couverture du livre

J’ai mis la main sur une analyse intitulée Portrait de Saint-Roch 20251 et j’y découvre qu’au moment son âge d’or au début du XXe siècle, les quartiers Saint-Roch avec celui de Saint-Sauveur composaient les deux tiers de la population de Québec. La démolition d’une partie du quartier juif et chinois autour de 1970 a fait chuter cette population de 20,000 à 5,000. Celle-ci a maintenant remonté à 8380 et semble être en augmentation.

Faits intéressants, 41% des résidents ont un diplôme universitaire, 18% sont issus de l’immigration et, fait surprenant, 64% des ménages sont constitués d’une seule personne avec un âge moyen de 41,7 ans.

Centre Hub Créatif

Le 27 mai dernier, j’ai eu la chance de découvrir le Centre Hub Créatif 2 situé à dix minutes de marche. J’ai adoré ! Je suis comme un enfant qui fait une découverte excitante. Il s’agit d’un espace de création et de collaboration interdisciplinaire mis à la disposition des artistes et entrepreneurs culturels.

Dans le cadre du « ciné-concert » de cette soirée, Simon-Olivier Gagnon a souligné qu’il ne s’agissait pas d’un film, mais « d’une espèce d’expérimentation dans la lignée du théâtre documentaire. Mi-documentaire radiophonique, mi-soutenu par des images ».

Il était question du projet Mémoires à faire3 quidocumente l’histoire militante de l’ancien centre communautaire du 570, rue du Roi construit en 1875. C’est un lieu emblématique des luttes populaires et féministes du quartier Saint-Roch.

570, rue du Roi

Cette petite maison est un édifice emblématique du mouvement populaire de la Basse-Ville de Québec. Elle est située sur la rue où nous vivons et voisine de l’église Saint-Roch. Le projet consiste à rassembler autant d’archives que possible sur cet endroit qui a logé des dizaines d’associations4 communautaires pendant plus d’un demi-siècle entre 1954 et 2014.

Je ne sais pas combien nous étions dans la salle du Centre Hub Créatif, mais il n’y avait aucune place libre. J’ai été séduit par la simplicité et la vive émotion suscitée par la présentation qui alliait photos d’archives, cours extraits vidéos, poèmes, accompagnement musical. Les plus anciens locataires présents dans la salle qui ont tant travaillé au 570 rue du Roi ont été comblés de souvenirs. L’émotion était palpable.

C’est là que j’ai rencontré François G. Couillard. Il est blogueur et spécialiste du quartier Saint-Roch. Son blogue contient des anecdotes historiques présentées sur balado. Il décrit, par exemple, la statue de Saint-Roch, maintenant disparue depuis quelques années, qui surplombait la façade de l’église devant le parvis.

Le parvis de Saint-Roch

Méchouis – Traiteur – Le braisé – Québec

En compagnie de Jean-Paul Guibila, M.Afr (à droite), Valérie, qui a généreusement organisé le repas, et Raymond, son père qui connaît bien le Burkina Faso.
Le Braisé, Méchoui & BBC à domicile depuis 2010. Tel : 1-855-mechoui.

Vendredi midi, de généreux donateurs ont offert un méchoui festif gratuitement à tous les itinérants. J’y ai rencontré Diane, une vénérable dame qui connaît ce quartier depuis sa jeunesse. Quelle chance ! Elle m’a parlé du Relais, un endroit où les itinérants peuvent trouver un espace de repos sécuritaire.

C’est juste ici, sur la rue, dit-elle.

J’aimerais bien connaître l’endroit.

Viens avec moi, je te montrerai.

Je suis passé devant la porte de nombreuses fois sans jamais me douter que c’était LÀ ! Je savais qu’il y avait un endroit dans le sous-sol de l’église que la Ville de Québec envisage d’aménager pour les itinérants. Bien sûr, j’ai fait le tour du sous-sol, qui est à l’image de l’église elle-même, c’est-à-dire IMMENSE ! Mais, ce coin-là, je ne l’avais pas vu. Et bien oui, Le Relais est situé dans un coin du sous-sol de l’église !

À première vue, ça semble plutôt délabré. Mon instinct me dit de ne pas aller trop loin. Il y a un va-et-vient constant. Heureusement, les intervenants sont présents. Je fais connaissance avec James, Christian, Serge et Malo. Christian est d’origine togolaise. Il y a aussi Laure, burkinabé, agente de sécurité.

Le local est ouvert le jour seulement pendant l’été et la nuit pendant l’hiver. Je découvre les racoins où les itinérants dorment. Il y a un peu de nourriture disponible. J’écoute et j’observe. En peu de temps, je réalise les lourdes séquelles qui terrassent cette population marginalisée et leurs problématiques de santé mentale.

– Combien de gens viennent ici quotidiennement ?

– Environ 150.

Un cahier de statistiques permet aux intervenants de prendre des notes. Ils sont aux aguets des tensions ou agitations qui surgissent occasionnellement entre itinérants.

Êtes-vous de Québec ?

Non, je suis nouveau dans le quartier.

N’hésitez pas à revenir. Nous sommes ouverts tous les jours, sauf les mercredis pour notre réunion d’équipe hebdomadaire.

Merci de l’invitation.

Je songeais aux 150 personnes qui fréquentent quotidiennement Le Relais5 alors que nous avons à peine quelques dizaines de chrétiens qui assistent à la messe du dimanche à 11h00. La maison de Dieu accueille chaque jour plus de monde dans son sous-sol délabré que dans son vaste espace situé ‘en haut’ pendant toute une semaine !

Je reviendrai encore, c’est certain. Pour le moment je travaille ‘en haut’.

Êtes-vous prêtre ?

Oui.

– Justement, les Sœurs viendront cet après-midi apporter de la nourriture.

Quelles Sœurs ?

Des Sœurs de l’Église !

Librairie St-Jean-Baptiste : Refuge hors du temps

Je ne peux pas terminer mon chapitre en omettant cette librairie6 qui n’est pas facile à trouver du premier coup. Juxtaposées, différentes portes prêtent à confusion. Celle que je cherche est située au 565 rue St-Jean.

De vieilles marches mènent à l’étage où de sombres pièces submergées de livres empilés côtoient des étagères ornementales jusqu’au plafond. Il y a aussi un coin avec de moelleux divans pour siroter une boisson ou prendre un café. J’ai l’impression de vivre à une autre époque où les anarchistes côtoyaient des révolutionnaires. J’aime ça !

J’y rencontre Lou, Mathieu, Sara et Marie-Hélène Boucher, qui propose de visionner La Salle de Dance (2015) (Jimmy’s Hall) de Ken Loach7.

Derrière cette romance se dévoile une réalité sociale de l’entre-deux-guerres où l’institution de l’Église exerce une emprise démesurée sur la population. Le vicaire du curé Sheridan le met en garde que sa rigidité doctrinale fera fuir les jeunes. Jimmy Gralton le confronte dans le confessionnal en déclarant au curé que celui-ci avait plus de haine que d’amour au cœur pour réprimer une jeunesse qui veut simplement danser pour alléger le poids de la pauvreté. Un incendie criminel de la salle de danse mettra un point final à ce rêve et Jimmy sera expulsé de son propre pays par les autorités et retournera aux États-Unis.

  1. Portrait de Saint-Roch 2025, L’Engrenage Saint-Roch, 2025, 175 pages. 560, rue Saint-Joseph Est, Québec QC G1K 3B8
    Note : Depuis plus de quinze ans, l’Engrenage Saint-Roch rassemble des personnes et des groupes communautaires pour réfléchir, échanger et agir afin d’améliorer la qualité de vie dans le quartier pour ceux et celles qui l’habitent, le fréquentent ou y travaillent. En favorisant la participation citoyenne, l’Engrenage initie et accompagne des actions collectives visant à renforcer le tissu social, à améliorer la réponse aux besoins du quartier et à favoriser l’appropriation des espaces publics, en tenant compte des inégalités sociales et économiques. ↩︎
  2. Le Centre Hub Créatif est un espace de création et de collaboration interdisciplinaire mis à la disposition des artistes et entrepreneurs culturels de la ville de Québec, dont le but est de favoriser l’émergence de projets innovants en rendant accessibles et abordables ses lieux, son matériel et ses services. Lieu : 100-729 côte d’Abraham, Québec, QC G1R 1A2
    Autre lien : Offrir un espace ouvert, pluridisciplinaire et inclusif aux artistes de Québec ↩︎
  3. Le projet Mémoires à faire documente l’histoire militante et communautaire de l’ancien centre communautaire du 570, rue du Roi (construit en 1875), un lieu emblématique des luttes populaires et féministes du quartier Saint-Roch à Québec.
    Ce projet a commencé par une mise en commun des fruits de la recherche avec les cinéastes David B. Ricard et David Nadeau Bernatchez, du studio Entours, ainsi qu’avec l’artiste Gabrielle Bouthillier.
    Autres liens :
    Réactiver la mémoire d’un lieu emblématique des luttes populaires de la Basse-Ville
    – 570 rue du Roi : Mémoires à faire
    – Requiem pour le 570, rue du Roi ↩︎
  4. Lise partielles des organismes communautaires qui ont utilisé les locaux du 570 rue du Roi : Ciné-Vidéobec, comité citoyen de l’Aire 10, clinique d’assistance maternelle, contre communautaire du centre-ville de Québec, groupe de défense des droits des détenus (Alter Justice), union des forces Progressistes (UFP), Plume Rouge (ancêtre de Centraide), radio Basse-Ville CKIA-FM, bureau d’animation et information logement du Québec métropolitain (BAIL), l’Association coopérative d’économie familiale (AMEF) de Québec, Parti de la démocratie socialiste (PDS), conseil de Œuvres et du Bien-être, clinique populaire d’architecture, Droit de Parole (journal toujours actif), etc. ↩︎
  5. Liens pour Le relais, sous-sol de l’église Saint-Roch (L’organisme Répit Basse-Ville)
    Itinérance: de nouveaux espaces communautaires au sous-sol de l’église Saint-Roch
    Le coût des travaux a été évalué de manière préliminaire à 11,9 millions $, alors que l’échéancier prévoit une mise en service à la fin 2028.
    Cet endroit stratégique est devenu depuis quelques années un lieu de répit d’une cinquantaine de places où les personnes en situation d’itinérance peuvent se protéger du froid en hiver ou de la chaleur en été. Il abrite présentement trois organismes communautaires.
    « La Ville souhaite créer un lieu multifonctionnel avec des espaces polyvalents pour y accueillir des organismes et des projets communautaires, culturels et de loisirs. Elle vise à répondre aux besoins de la communauté, dynamiser le secteur, favoriser un sentiment d’appartenance et contribuer à l’épanouissement de chacun et au renforcement de la cohésion sociale », explique le porte-parole Jean-Pascal Lavoie.
    Itinérance : la Ville devient locataire principal du sous-sol de l’église Saint-Roch
    La Ville de Québec devient locataire principal du sous-sol de l’église Saint-Roch. La municipalité et ses partenaires y offriront un lieu de répit pour les personnes vulnérables, dont celles en situation d’itinérance.
    La Ville de Québec reprend le contrôle du sous-sol de l’église Saint-Roch
    La Ville de Québec devient locataire du sous-sol de l’église Saint-Roch, où elle souhaite, entre autres, offrir un lieu de répit aux personnes itinérantes du quartier. ↩︎
  6. Lenteur et ravissement. La Librairie Saint-Jean-Baptiste paraît dix fois plus vieille qu’elle ne l’est vraiment. Un lieu sans âge, romantique, photogénique à souhait. ↩︎
  7. Synopsis. En 1932, pendant la Grande Dépression, Jimmy Gralton est de retour dans son village natal en Irlande rurale après dix années d’exil à New York. Sitôt arrivé, Gralton renoue avec sa mère et ses vieux amis, il se remet au travail sur la terre et organise des soirées de danse très courues chez les paroissiens. Son retour remarqué dans le paisible comté de Leitrim inquiète vivement le prêtre Sheridan qui voit d’un très mauvais œil la reprise des activités sociales à la salle de danse désaffectée. Véritable lieu d’échanges et d’apprentissages pour tous, la salle communautaire est démonisée par les pouvoirs en place qui mettent tout en œuvre pour fermer cet endroit de débauche une fois pour toutes. ↩︎

Dialogue interreligieux, interculturalité et laïcité. Regard contemporain au Québec.

Chaque année, la Fédération pour la paix universelle du Québec confère le titre d’« Ambassadeur de paix » à personnalités exemplaires qui vivent pour les autres et se dévouent à des activités afin de promouvoir des valeurs morales universelles, une vie de famille solide, la coopération interreligieuse, l’harmonie entre les nations, le renouveau de l’Organisation des Nations unies, des médias responsables et l’établissement d’une culture de paix.

En transcendant les frontières raciales, nationales et confessionnelles, les ambassadeurs de la paix contribuent à la réalisation d’un rêve ancien de l’humanité : un monde uni et paisible où les dimensions matérielles et spirituelles de la vie s’harmonisent.

C’est dans cet esprit que la Fédération pour la paix du Québec a décerné à six personnes, dont moi-même, le titre d’Ambassadeur de paix.

Cet événement s’est déroulé le 18 avril 2026 à l’Hôtel Ruby Foo’s situé au 7655 du boulevard Décarie, près du métro Namur. Le thème principal était le regard contemporain sur le dialogue interreligieux, l’interculturalité et la laïcité.

Le principal conférencier était Pierre LeBel, chercheur associé à l’IERTIMM (Institut d’étude et de recherche théologique en interculturalité, migration et mission).

Voici les éléments clés de son discours :

  • L’INTER encourage une relation marquée par la courtoisie et le respect dans les échanges interconfessionnels et interculturels.
  • Il est crucial pour une société laïque de fournir des espaces neutres qui favorisent la rencontre et la coopération au bénéfice de l’ensemble de la communauté.
  • Une société laïque est une société démocratique qui permet à chacun de se valoriser mutuellement.
  • La déférence invite à l’humilité en évitant de devenir ‘LA’ référence. Cette posture imprégnée de respect mutuel contribue à l’édification d’un lien social marqué par la confiance réciproque. Elle s’oppose à la fragmentation et aux rivalités.
  • Il est révélateur de noter que 92 % des Canadiens font confiance à leurs voisins, tandis que ce taux est inférieur à 50 % aux États-Unis.
  • Une sereine intériorité et une profonde spiritualité favorisent une humanité entièrement tournée vers le respect de la vie, les lieux de liberté et une plus grande assurance grâce à une attitude attentive aux autres.
  • Il est crucial de tirer parti du potentiel humain pour un épanouissement collectif. Cela amène l’humanité à se concentrer sur l’abondance de vie en Dieu, sur cette nature divine qui nous habite tous.
  • Dans le paysage politique québécois actuel, la laïcité ne permet pas aux communautés de foi de participer à la restructuration du monde, car elle écarte les valeurs religieuses axées sur l’unité et la réconciliation. La référence est celle de la plénitude de la relation de Jésus avec son Père, dans l’Esprit saint, lui permettant d’être entièrement disponible aux autres.
  • L’accueil des étrangers, des immigrants, des réfugiés, des personnes sans papiers et des travailleurs temporaires se trouve au cœur de la déférence et du respect de chaque individu, sans distinction.
  • La question fondamentale est de savoir si notre société laïque a la capacité collective de bien accueillir et de fournir les ressources nécessaires pour intégrer les différences religieuses et culturelles.

Nomination de nouveaux Ambassadeurs de paix 2026 du Québec

Autres intervenants

Louise Royer et Pierre LeBel

Louise Royer1, directrice de l’Office de la pastorale sociale, Archidiocèse catholique romain de Montréal

Robert Duffy, secrétaire-général – Fédération pour la paix universelle, Canada

Denitsa Tsvetkova2, Ph.D., co-directrice du Centre canadien d’œcuménisme

Père Tiburtius Fernandez, curé des paroisses Saint Augustine of Canterbury, NDG et St. Edward the Confessor, Pointe-Claire

Père Serge St-Arneault

Son engagement missionnaire commence en 1980 – 1981 alors que Serge fait son noviciat chez la Société des missionnaires d’Afrique à Fribourg, Suisse, après une année d’étude en missiologie à l’université St-Paul à Ottawa.

De 1981 à 1983, il est en stage apostolique au zaïre où il étudie le kiswahili.

De 1985 à 1987, il étudie en missiologie (anthropologie) au Missionary Institute of London, England.

Il est ordonné prêtre le 28 juin 1987 à La Tuque, Canada, et s’engage comme missionnaire au Zaïre jusqu’en 1996. Là, au cœur d’un pays en plein conflit, parce qu’avec ses confrères ils n’avaient pris position pour aucune des factions en conflits, ils ont pu faciliter les pourparlers de paix.

Puis en 2001 il est nominé missionnaire au Malawi où il étudie le chichewa et s’engage au Centre d’études sur les questions de justices sociales et collabore au centre culturel et artistique Kungoni situé à Mua.

En 2011, il reçoit une nouvelle nomination en Zambie pour la coordination des communications en Afrique australe.

En 2017 il est nommé directeur du Centre Afrika de Montréal.

Récemment, il a joint une nouvelle équipe pastorale missionnaire dans le quartier St-Roch de Québec.

Depuis le 6 décembre 1989, père St-Arneault est engagé avec Polysesouvient, sa sœur Annie étant l’une des 14 victimes de cette tragédie. Depuis plus de 36 ans, Polysesouvient tente d’interdire la possession et la vente d’armes semi-automatiques de type militaire. Il considère son engagement pour la protection des femmes, trop souvent victimes de féminicide, et aussi des enfants, comme un prolongement de sa vocation consacrée au Royaume de Dieu.

Bref témoignage

Mon engagement pour la paix a été particulièrement significatif lorsque j’étais au Zaïre. Le génocide au Rwanda a eu des répercutions jusque-là où je visais, soit dans un vaste territoire au sud de la ville de Bunia dans le nord-est du pays, près de la frontière avec l’Ouganda. Gety, ce territoire, est peuplé de différentes tribus dont les plus importantes sont celles des Hémas et des Ndruna. Au même moment, le pays traversait des moments de troubles sociaux accompagnés d’émeutes dans les principales villes du pays, une économie dévastée par une inflation de 8000 %. Les rivalités historiques ont refait surface.

L’insécurité était omniprésente au point où tous les expatriés ont fui le pays, à la demande de leur pays respectif, dont le Canada. Le plus grand danger venait des paracommandos qui incendiaient les villages pour, soi-disant, rétablir la paix. J’ai été personnellement menacé à une reprise.

Pourtant, nous sommes restés. Avec mes confrères, nous avons mis en place des convois pour amener les populations menacées en des lieux plus sécuritaires. Parallèlement, nous avons essayé de rétablir les faits pour contredire des rumeurs de massacres, quoiqu’il y en ait eu à quelques reprises.

Finalement, nous avons facilité les pourparlers de paix entre les tribus en conflit sous un manguier situé dans un ‘no man’s land’. Nous pouvions le faire car n’avions pris position pour aucune des fractions en conflits. Néanmoins, pendant plusieurs mois, nous ne savions pas si nous allions survivre ou non.

PolySeSouvient

Je suis engagé avec PolySeSouvient depuis le 6 décembre 1989. Ma sœur Annie est l’une des 14 victimes de cette tragédie qui a profondément marqué les Canadiens. Le souvenir de cet événement est toujours présent. Depuis plus de 36 ans, PolySeSouvent tente d’interdire la possession et la vente d’armes semi-automatiques de type militaire. Ces armes de guerre n’ont pas leur place entre les mains de simples citoyens. Ces mêmes armes sont souvent utilisées dans les tueries de masse.

Mon principal rôle est de témoigner au nom des familles éprouvées. J’ai accordé de nombreuses entrevues et rédigé des articles pour la presse francophone et anglophone. Je considère mon engagement pour la protection des femmes, trop souvent victimes de féminicide, et aussi des enfants, comme un prolongement de ma vocation consacrée au Royaume de Dieu.

Father Serge St-Arneault

His missionary work began in 1980–1981, when Serge completed his novitiate with the Society of Missionaries of Africa in Fribourg, Switzerland, following a year of study in missiology at St. Paul University in Ottawa.

From 1981 to 1983, he was on an apostolic internship in Zaire, where he studied Kiswahili.

From 1985 to 1987, he studied missiology (anthropology) at the Missionary Institute of London, England.

He was ordained a priest on June 28, 1987, in La Tuque, Canada, and served as a missionary in Zaire until 1996. There, in the midst of a country in the throes of conflict, because he and his fellow priests had not taken sides with any of the warring factions, they were able to facilitate peace talks.

Then, in 2001, he was assigned as a missionary to Malawi, where he studied Chichewa and worked at the Center for Studies on Social Justice Issues, while also collaborating with the Kungoni Cultural and Arts Center in Mua.

In 2011, he received a new assignment in Zambia to coordinate communications in Southern Africa.

In 2017, he was appointed director of the Centre Afrika in Montreal.

Recently, he joined a new missionary pastoral team in the St-Roch neighborhood of Quebec City.

Since December 6, 1989, Father St-Arneault has been involved with Polysesouvient, as his sister Annie was one of the 14 victims of that tragedy. For more than 36 years, Polysesouvient has been working to ban the possession and sale of military-style semi-automatic weapons. He views his commitment to protecting women—who are all too often victims of femicide—and children as an extension of his vocation dedicated to the Kingdom of God.

A Brief Account

My commitment to peace was particularly significant during my time in Zaire. The genocide in Rwanda had repercussions even in the area where I was stationed—a vast territory south of the city of Bunia in the northeast of the country, near the border with Uganda. Gety, this territory, is populated by various tribes, the largest of which are the Hema and the Ndruna. At the same time, the country was experiencing social unrest accompanied by riots in the country’s major cities, with an economy devastated by 8,000% inflation. Historical rivalries resurfaced. Insecurity was so pervasive that all expatriates fled the country at the request of their respective governments, including Canada. The greatest danger came from paracommandos who set villages on fire, supposedly to restore peace. I was personally threatened on one occasion.

Yet we stayed. Together with my colleagues, we organized convoys to bring threatened populations to safer locations. At the same time, we tried to set the record straight to counter rumors of massacres, although there had indeed been a few on occasion.

In the end, we facilitated peace talks between the warring tribes under a mango tree located in a “no man’s land.” We were able to do this because we had not taken sides with any of the warring factions.

Nevertheless, for several months, we didn’t know whether we would survive or not.

PolySeSouvient

I have been involved with PolySeSouvient since December 6, 1989. My sister Annie is one of the 14 victims of this tragedy that deeply affected Canadians. The memory of this event is still very much alive.

For over 36 years, PolySeSouvient has been working to ban the possession and sale of military-style semi-automatic weapons. These weapons of war have no place in the hands of ordinary citizens. These same weapons are often used in mass shootings.

My primary role is to speak out on behalf of the bereaved families. I have given numerous interviews and written articles for both French- and English-language media. I view my commitment to protecting women—who are all too often victims of femicide—and children as an extension of my vocation dedicated to the Kingdom of God.

  1. Louise Royer est directrice de l’Office de la pastorale sociale de l’archidiocèse catholique romain de Montréal depuis juillet 2018. Elle a été l’agente de pastorale sociale de Côte-des-Neiges de 2002 à 2007; adjointe au secrétaire général de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec de 2008 à 2013; et secrétaire générale de l’Institut séculier Les Oblates missionnaires de Marie Immaculée de 2013 à 2018.
    Bachelière en administration (UQTR, 1981), elle a complété un certificat en pastorale, option missionnaire, à la Faculté de théologie de l’Université Laval en 1995 et un diplôme d’études supérieures en développement économique communautaire à l’Université Concordia en 2006. ↩︎
  2. Dr. Denitsa Tsvetkova est co-directrice du Centre canadien d’œcuménisme. Elle est fondatrice et coordinatrice du Forum interreligieux pour la paix. En 2019, elle a terminé son doctorat en théologie pratique à l’Université de Montréal. Sa thèse s’intitulée « Les communautés des immigrants orthodoxes d’origine d’Europe de l’Est à Montréal à la rencontre de la diversité culturelle » fait étude empirico-herméneutique des communautés bulgare, moldave et roumaine et pose les questions de l’isolement communautaire et du rôle des communautés de foi dans le processus d’intégration des nouveaux-arrivants. Elle fait une étude croisée de la théologie trinitaire et de l’interculturalité.
    Denitsa a aussi obtenu une maîtrise en théologie et une maîtrise en sciences européennes et sciences sociales. Son mémoire de maîtrise est intitulé « L’identité orthodoxe (chrétienne) et l’identité européenne culturelle ».
    Elle travaille au Centre canadien d’œcuménisme depuis 2013, où, entre autres, elle est éditrice de la revue Œcuménisme. Elle est membre de plusieurs groupes de dialogue. Elle donne des conférences et avec les membres du Forum interreligieux pour la paix organise le Festival interreligieux. ↩︎

Le Communautaire à Boutte, Québec, le 2 avril 2026

Depuis le 23 mars 1882, 1882 organisations communautaires de tout le Québec mènent une grève pour une justice sociale équitable. Le 2 avril 2026, elles ont convergé vers le Parlement de Québec, représentant plus de 10 000 personnes. Il est à noter que 80-85 % de ces personnes sont des travailleuses.

Je me suis rendu devant le parlement vers 11 h. Cela m’a permis de mieux comprendre les raisons pour lesquelles les gens sont venus d’aussi loin que les Îles-de-la-Madeleine.

Leurs revendications

Le 2 avril est également la commémoration Jeudi Saint lorsque Jésus lave les pieds de ses disciples. Quelle belle coïncidence ! La bénévole au kiosque d’accueil m’a expliqué que la couleur rouge signifiait l’URGENCE. Le rouge représente aussi l’élément vital du sang. J’ai donc accroché un ruban rouge à mon poignet. Ce ruban échiqueté représente le FILET SOCIAL EN TRAIN DE S’ÉFRITER, de TOMBER EN MORCEAU, de se DÉCHIRER comme le sang de Jésus versé sur la croix. C’est dramatique !

En vérité, lors de mon homélie à la messe du soir, j’ai mis en évidence l’importance de l’engagement communautaire et son caractère profondément évangélique. Ce matin-là, une foule de 10 000 personnes, majoritairement composée de jeunes, s’est rassemblée dans un esprit de solidarité. Elles consacrent leur temps et leurs efforts à aider les personnes dans le besoin. Si l’on additionne tous ces pieds, on obtient un total de 20 000 paires. Ce sont ces pieds-là qui méritent d’être nettoyés en ce Jeudi Saint.

LIENS :

Le communautaire à boutte. Mouvement national de grève et de revendications du milieu communautaire

Plus de 10 000 personnes mobilisées pour le milieu communautaire

Dans le quartier Saint-Roch, l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de Québec 

Vidéo du 2 octobre 2025 :

Ce jeudi, le 2 octobre 2025, une trentaine de personnes issues d’une cinquantaine de groupes communautaires de Québec et de Chaudière-Appalaches se sont rassemblées devant l’Assemblée nationale. Leur message : exiger un meilleur financement pour la défense collective des droits sociaux, un secteur fragilisé par l’absence d’indexation et la montée des besoins liés à la crise économique, au logement et aux services publics.

Le communautaire (et le Québec) à boutte

Table nationale des Corporations de développement communautaire

Ligne d’écoute pour tout le Québec | Obtenir des ressources d’aide

Maison des jeunes Capitale-Nationale

La laïcité québécoise – suite

Référence : La laïcité québécoise : La réaction québécoise face à la religion. Un regard historique et sociologique

Lors de sa conférence du lundi 16 février, tenue au pavillon Laurentienne de l’Université Laval, les orateurs ont examiné l’évolution historique de la Révolution tranquille, tout en analysant les défis contemporains liés à la laïcité au Québec.

Jean-Samuel Lapointe

Jean-Samuel Lapointe situe la Révolution tranquille entre le décès du premier ministre Maurice Duplessi, en 1959, et la fin de l’État-providence, en 1983. Cet épisode est cependant intimement lié à toute l’histoire du Québec. De la Nouvelle-France, identifiée à « Une foi, une loi, un Roi », à la guerre de la Conquête, puis au traité de Québec (1774), à l’Acte d’Union (1840) et, finalement, à l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (1867), l’Église catholique a joué un rôle important, allant même jusqu’à s’immiscer dans les affaires sociales et culturelles.

D’autres moments historiques ont pavé le chemin du peuple canadien-français : la survivance, la revanche des berceaux, la Jeunesse étudiante catholique (JEC), le Refus global, pour aboutir à la réforme de l’éducation avec l’apparition des polyvalentes, des Cégeps et du réseau de l’Université du Québec. Sans oublier la Loi 101 sur la Charte de la langue française et l’émancipation des femmes.

Jean-Philippe Perreault

Jean-Philippe Perreault pose une question cruciale : « Que manque-t-il dans les débats actuels sur la laïcité ? » La réponse est simple : on évite soigneusement de mentionner la « religion ». Le gouvernement légifère sans considérer les groupes religieux comme des interlocuteurs légitimes.

Cela me fait penser au commentaire du rabbi Reuben Poupko, qui soulignait qu’au Québec, cela (la séparation de l’Église et de l’État) en Amérique du Nord, à l’exception du Québec, signifie que nous protégeons la religion de l’intervention du gouvernement. » « Au Québec, cela signifie que nous protégeons le gouvernement de l’intervention de la religion1. »

Selon Perreault, la laïcité ne se définit pas comme un concept impartial. Elle est plutôt une entité concrète qui prend forme dans un contexte culturel donné. Elle constitue un élément central des sociétés et une réponse à l’absence de sens. Il est crucial que la laïcité accueille favorablement d’autres quêtes de sens, telles que celles proposées par les croyances religieuses. La laïcité doit assurer la diversité.

En réalité, au Québec, la religion est souvent considérée comme une affaire personnelle et intime, reléguée à la sphère privée. Cependant, la religion est avant tout un phénomène social qui façonne une vision particulière du monde. Même dans un contexte de sécularisation croissante, la religion ne peut pas être réduite à une relique insignifiante et marginale. Sinon, la laïcité perd son caractère de neutralité et devient elle-même une sorte de religion.

Il est donc essentiel de protéger la liberté de conscience des croyants et des non-croyants. Or, au Québec, on observe un paradoxe : la laïcité est utilisée comme un outil de propagande politique.

LIENS : La laïcité

  1. “One of the difficulties of this conversation is that when you use the expression ‘separation of church and state’ anywhere in North America, besides Quebec, it means we will protect religion from the intervention of government,” Poupko said. “In Quebec, it means we will protect the government from the intervention of religion.” Rabbi Reuben Poupko ↩︎

30ème Rallye Expos Vues d’Afrique – 2026  

Sous la présidence d’honneur du peintre Gabriel Landry originaire de Natashquan et résident de Longueuil

Longueuil, le 16 février 2026

Lancée à l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs, c’est le samedi 7 février dernier qu’avait lieu, à Montréal, le vernissage de l’exposition collective Divers Cités.

Tout en favorisant le dialogue interculturel et la visibilité des artistes issus de la diversité, cette exposition collective vise également à souligner le lancement d’une dizaine d’autres expositions d’arts visuels, qui seront présentées d’ici le 30 juin prochain dans des galeries d’art et des musées de Montréal.

Ces expositions ont lieu dans le cadre du 30 ème Rallye-Expos Vues d’Afrique 2026, lequel se déroule cette année sous la présidence d’honneur du peintre Gabriel Landry, originaire de Natashquan et résident de Longueuil. Présentée par le collectif Nouvim-Arts Expos, l’exposition Divers Cités à laquelle Gabriel Landry participe également comme artiste exposant et qui regroupe une vingtaine d’autres artistes, se poursuit jusqu’au 14 mars prochain, au Centre NA-RIVÉ situé au 6971 de la rue Saint-Denis à Montréal (QC) H2S 2S5.

L’exposition Divers Cités est ouverte au public les vendredis et samedis de 11:00h à 17:00h.

Le vernissage de l’exposition Divers Cités auquel ont assisté quelque 125
personnes, s’est déroulé en présence de plusieurs des artistes exposant.e.s ainsi que du commissaire de l’exposition, Bousmaha Seddiki et du président-fondateur du festival de cinéma Vues d’Afrique, Gérard Le Chêne. S’adressant à titre de président d’honneur du Rallye-Expos aux personnes présentes au vernissage, Gabriel Landry a tenu à souligner que l’honneur qu’on lui attribue dans le cadre de cet événement, revenait avant tout à chacun.e des artistes exposant.e.s ainsi qu’aux visiteur.euse.s de l’exposition.

À cela il ajoutait : « dans l’esprit de toute cette belle diversité d’humains dont nous faisons tous.tes partie, je profite de l’occasion pour citer ce proverbe africain dont l’humanité, à mon sens, a tant besoin qu’on se rappelle : « seul.e on va plus vite, ensemble on va plus loin » ».

Qualifiant son art de « symbolisme-cloisonniste », Gabriel Landry, à travers les tableaux qu’il présente à l’exposition Divers Cités, a tenu entre autres à rappeler cette belle universalité qui lui est si chère et à laquelle il associe son art.

De Natashquan, ce pays de neige et son village d’origine, aux déserts de sables; en passant par le Vivre-Ensemble et la Paix dans le monde, on peut y voir une association entre ces différents thèmes et les tableaux qu’il présente à cette exposition.

Trois de ces œuvres, à titre d’exemples, ont pour titre :

LES GALETS DE MON ENFANCE (un tableau rappelant l’hiver et son enfance à Natashquan).

LA ROSE DU TEMPS (faisant ainsi référence au désert et sa rose des sables)

et PASSERELLE DE LA PAIX (tableau associé au 16 mai – Journée Internationale du Vivre-Ensemble en Paix (JIVEP- 2024)

Un documentaire sur le parcours artistique de Gabriel Landry

Pendant le vernissage de l’exposition Divers Cités, la bande-annonce d’un documentaire était présentée aux visiteurs. Réalisé et produit par Akim Kermiche (AK Médias), ce documentaire, qui a pour titre C’EST DANS LE NOIR QUE LA LUMIÈRE EST LA PLUS BELLE et porte sur le parcours artistique Gabriel Landry, sera présenté à compter de mars prochain dans des endroits tels que : des maisons de la culture, des bibliothèques et autres. Ce même documentaire sera entre autres projeté lors du Festival Portugal International de Montréal (FPIM) 2026 qui se tiendra les 10, 11 et 12 juillet prochains, au 60 de la rue Rachel Ouest, coin Saint-Urbain à Montréal. Pour visionner la bande-annonce, cliquer ici :

À la projection de la bande-annonce du documentaire, s’en est suivi une conférence sur l’art africain contemporain, présentée par DR Fatih BOUZIDA.

Pour plus d’information :

Bousmaha Seddiki, Commissaire aux expositions et Leila Lyadini, Chargée de Projets artistiques

Gabriel Landry, Artiste peintre

La laïcité québécoise : La réaction québécoise face à la religion. Un regard historique et sociologique

Conférence ce lundi 16 février 2026 de 20h à 22h à la salle Jean-Paul-Tardif (LAU-1334) du pavillon La Laurentienne de l’Université Laval situé au 1030 Av. du Séminaire, Québec, QC G1V 0A6.

Le Dialogue islamo-chrétien de Québec est un groupe citoyen créé à la suite de l’attentat du 29 janvier 2017 à Québec. Dans un contexte marqué par la douleur, l’incompréhension et la peur, des citoyens musulmans et chrétiens ont choisi de se rencontrer, de dialoguer et de bâtir ensemble des ponts durables.

Depuis sa création, notre groupe œuvre à promouvoir le vivre-ensemble, la compréhension mutuelle et le respect entre personnes de différentes confessions. Ces échanges ont permis de tisser des liens solides entre musulmans et chrétiens de la ville de Québec, mais aussi au-delà. Ils ont surtout montré que, malgré nos différences, nous partageons des préoccupations communes, notamment face aux récentes lois sur la laïcité adoptées par le gouvernement du Québec, qui touchent à la fois les citoyens musulmans, chrétiens et d’autres croyants.

Dans un souci de mieux informer la population, en particulier les personnes nouvellement immigrantes, notre comité organise une soirée de conférences intitulée : la laïcité québécoise incluant :

La réaction québécoise face à la religion

Un regard historique et sociologique

Deux conférenciers universitaires y proposeront :

• un éclairage sur la Révolution tranquille et la transformation du rapport des Québécois à la religion ;

• une analyse sociologique des enjeux actuels de la laïcité au Québec.

Cette activité s’adresse tout particulièrement :

• aux personnes issues de l’immigration,

• aux étudiants et étudiantes internationaux,

• aux jeunes adultes,

• et à toute personne qui s’interroge sur la place de la religion dans la société québécoise.

Au plaisir de vous rencontrer, Bernard Westerveld & Imed Jarras, au nom du Dialogue islamo-chrétien de Québec

Un repas d’adieu avec témoignages en l’honneur de Serge St-Arneault, M.Afr.

10 février 2026

Nous sommes à Québec depuis une semaine environ, Denis, Jean-Paul et moi. Je vous en reparlerai. Pour le moment, je tiens avant tout à remercier toutes les personnes qui sont venus au Centre Afrika le 27 janvier dernier. Vos récits m’ont profondément ému. Cinquante d’entre vous ont répondu à mon invitation, et je vous remercie du fond du cœur d’avoir été présents. Des personnes ont fait le déplacement depuis Trois-Rivières, comme ma sœur Lucie et son mari Daniel, ainsi que mon cher ami Gervais et sa conjointe Nancy. D’autres ont fait un long trajet depuis Châteauguay, tels que Mouna, Assou et leur fils Adam. D’autres encore sont arrivés de la rive nord, comme Sylvie de Deux-Montagnes, ou de Laval, comme Krysteen et Jean-François. Bien sûr, il y avait une grande représentation de Montréal. Je tiens à remercier chaleureusement Julien Cormier et Franck Billaud pour leurs magnifiques clichés, ainsi que Jay, le fils de mon cher ami André-Man, pour la superbe vidéo.

Julien Cormier, M.Afr, a partagé cet article sur sa page Facebook. Je suis profondément reconnaissant envers Julien pour notre rencontre à l’UQTR en 1976, qui m’a fait connaître les Missionnaires d’Afrique.

3 février 2026. Par Julien Cormier, M.Afr

Cela fait déjà quelques jours que cela traîne, mais, ce soir, une bénévole du Centre Afrika me dit : « Nous n’avons pas encore vu les photos de la fête organisée pour remercier et dire au revoir à Serge ? »

Effectivement, Serge St-Arneault, en collaboration avec Denis Walsh et Jean-Paul Guibila, va s’éloigner de Montréal pour une nouvelle aventure dans le quartier Saint-Roch, à Québec La mission rayonnera dans d’autres quartiers voisins (Vanier et Limoilou) et quelques églises encore ouvertes.

J’aurais aimé fournir plus de détails sur cet engagement de notre société missionnaire, mais je n’ai pas tous les renseignements nécessaires et c’est pourquoi j’ai reporté la publication des photos.

Voici quelques informations sur les trois confrères de l’équipe des Pères Blancs qui s’installeront au 345 rue Monseigneur-Gauvreau, dans une maison construite pour les ouvriers d’une usine de la basse-ville vers 1910-1920 :

— Jean-Paul Guibila, né en 1971 au Burkina Faso, a œuvré en tant que missionnaire au Congo, au Mexique et à Rome.

— Denis Walsh (1958) est originaire de Valleyfield. Il est revenu au pays en juillet dernier après une vingtaine d’années passées en mission au Burkina Faso.

— Serge St-Arneault (1955) est originaire de La Tuque et de Trois-Rivières. Il a été missionnaire en République démocratique du Congo, au Malawi et en Zambie. Pendant les dernières années, il a occupé le poste de directeur du Centre Afrika et a tissé de nombreux liens à Montréal.

Tous et toutes du Centre Afrika se sont donné rendez-vous pour une « dernière cène », un repas d’adieu où chacun a pu témoigner de son affection pour Serge.

L’initiative de fonder une résidence pour les Missionnaires de l’Afrique à Québec vient combler un manque que nous avons ressenti depuis la vente de notre maison du 110, chemin Sainte-Foy, il y a près de décennie. Cette communauté s’établit dans un quartier diversifié et animé, où, tout comme dans le reste du Québec, la présence du monde africain est tangible et où notre société missionnaire compte de nombreux alliés et proches.

Les Pères Blancs ont établi leur première résidence au Canada à Québec en 1901. Depuis, plus de 1000 missionnaires d’Afrique, dont plusieurs provenaient du Québec, sont partis pour l’Afrique. Des « Pères Blancs » et des « Sœurs Blanches » (officiellement connues sous le nom de Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, SMNDA)

Notre « supérieur provincial », Bathélémy Bazémo, a signé une entente avec le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, ce qui assure une base solide à notre engagement dans la pastorale du diocèse de Québec.

À Québec, une nouvelle manière d’être ÉGLISE est en train de naître, s’inspirant de l’enseignement du Pape François. Cette ÉGLISE ne se limite pas à la diffusion de l’enseignement de Jésus et à l’administration des sacrements pour ceux qui les demandent. Elle vise à incarner le mode de vie du Seigneur Jésus et à accueillir tous ceux qui viennent à l’église pour dire « merci mon Dieu », pour célébrer la vie (action de grâces, eucharistie). Elle se distingue en offrant une écoute attentive et un accueil solidaire à tous les membres de la communauté, qu’ils soient chrétiens, musulmans ou non croyants. Cette approche s’inspire de l’expérience réussie de l’Église en Afrique depuis 150 ans et au Centre Afrika de Montréal depuis plus de trente ans.

Un bail immobilier a été conclu avec les Religieuses de Jésus-Marie, qui, pendant plusieurs décennies, ont assuré une mission éducative et sociale dans le voisinage de Saint-Roch.

À Montréal, au Centre Afrika, l’équipe a été relancée après l’interruption de la Covid-19. Elle est composée des Missionnaires d’Afrique Freddy Kyombo, directeur (Congolais RDC, ancien du Mali), assisté de Rita Toutant (du Manitoba, Sœur Blanche, missionnaire infirmière en Tanzanie), de David Gnadouwa (Togolais, ancien de Tunisie), de Francisco Javier Ambrosio Vargas, dit Pako (Mexicain, ancien du Congo). Vous les voyez tous dans les photographies ci-dessous.

Photos de Franck Billaud

Photos de Julien Cormier, M.Afr

Hommage à Serge St-Arneault, M.Afr, appelé à un nouveau projet pastoral à Québec

Le Centre Afrika de Montréal a rendu un hommage émouvant et authentique à son directeur Serge St-Arneault, M.Afr, appelé à un nouveau projet pastoral dans le quartier Saint-Roch, à Québec. De Trois-Rivières à Québec en passant par Malawi, République Démocratique du Congo et Montréal, le Révérend Père Serge St-Arneault est un prêtre de la congrégation des Missionnaires d’Afrique ou Pères Blancs.

Vidéo réalisée par Jay Mombo (mombofilm@gmail.com) et Bella Nasrallay (bellanasrallah7@gmail.com).

Publication de Saphir optimiste

Merci Serge !

Que d’émotions !

Un touchant et un bien bel hommage était adressé à Serge St-Arneault au Centre Afrika le 27 janvier dernier. En effet, Serge va s’éloigner de Montréal pour une nouvelle aventure dans le quartier Saint-Roch avec les Missionnaires « Pères Blancs » d’Afrique.

Toutes celles et ceux qui ont été touché par sa chaleur, sons sens de l’accueil et de l’humour, sa sagesse, son écoute… sont venus saluer Serge.

Parmi ses qualités et spécificités, il y a aussi cette capacité à surmonter tous les défis possibles avec une déconcertante sérénité et confiance. Oui Serge dispose d’une sorte de flegme teinté d’humour qui lui est propre. Chaque témoignage soulignait les présents de sa présence et de tout ce qu’il a apporté à tous ceux qui l’ont côtoyé. Ce qui m’a toujours épaté chez Serge est cette douceur enrobée de détermination ou l’inverse ? Quoi qu’il en soit Serge a su donner avec sa dévouée équipe une belle impulsion de renouveau au Centre Afrika après 2020.

Après dix ans d’absence, les Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) ouvrent une nouvelle résidence à Québec, au cœur d’un quartier reflétant la diversité africaine actuelle. Cette implantation marque le retour aux sources d’une congrégation établie au Canada depuis 1901, et qui a déjà envoyé plus de 1 000 missionnaires sur le continent africain.

Il ne fait aucun doute que Serge va continuer à œuvrer et faire rayonner sa joie autant que les actions des missionnaires. Merci pour tout Serge et à bientôt !

Commémoration citoyenne de l’attentat de la Grande Mosquée de Québec du 29 janvier 2026

Cérémonie solennelle à l’invitation du maire de Québec, Bruno Marchand

J’ai été invité par le maire de Québec, Bruno Marchand, pour assister à une cérémonie solennelle en mémoire des six victimes de la tuerie du 29 janvier 2017 à la Grande Mosquée de Québec. Organisé pour la première fois sous l’égide de la Ville de Québec, l’événement a eu lieu dans l’ancien hôtel de Ville de Sainte-Foy. Environ 150 personnes étaient présentes en présence des familles des victimes et de nombreux dignitaires.

Dans le hall d’entrée, j’ai eu un entretien avec le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, au sujet du programme d’achat des armes d’assaut. Le processus est en marche, m’a-t-il dit. Il est confiant que la majorité des propriétaires d’armes à feu prohibées, en tant que bons citoyens soucieux de se conformer aux lois, profiteront du programme.

Tout juste avant le début de la cérémonie officielle, je me suis approché de Bruno Marchand.

— Bonjour, Monsieur le Maire. Nous nous sommes rencontrés l’année dernière à la Grande Mosquée.

— Ah oui ! Vous étiez avec votre nièce Roxanne.

— En effet. Aujourd’hui ! J’ai trois bonnes nouvelles à vous annoncer. La première est que je suis un nouveau citoyen de la Ville de Québec depuis hier matin.

— C’est très bien.

— La deuxième est que je suis un résident du quartier St-Roch.

Ses yeux se sont ouverts dans l’attente de la troisième nouvelle.

— Je suis l’un des trois nouveaux pasteurs de l’église St-Roch. Nous habitons tout près de l’église.

— Wow ! Nous aurons l’occasion de nous revoir. Bienvenue à Québec.

De son allocution, je retiens surtout l’insistance qu’il a accordée sur notre devoir de construire le vivre ensemble dans le respect mutuel. C’est d’ailleurs ce que le journaliste Taïeb Moalla du Journal de Québec a relevé : « Selon lui (Bruno Marchand), cette tragédie a aussi dévasté cette idée qu’à Québec, on peut vivre ensemble. Cette idée précieuse, fondamentale, qu’on peut, ici, vivre en sécurité, dans le respect de nos différences et dans l’amour de nos voisins. Cette idée que nous avons dû rebâtir ».

J’ai aussi apprécié les paroles du maire Marchand qui a affirmé que nos différences sont une richesse collective.

À la Grande Mosquée

Samedi, 31 janvier, j’ai assisté à un panel de discussion à la Grande Mosquée. Ce panel, animé par Mohamed Labidi, avait pour thème la lutte contre l’islamophobie, 9 ans après la tragédie de 2017.

Parmi les panélistes figuraient Amel Henchiri, Présidente de la Mosquée de Beauport, Aymen Derbali, l’un des blessés lors de la tuerie à la Mosquée ainsi que Nadia Kendil, psychologue. Cette dernière a brièvement présenté les mécanismes psychologiques qui se manifestent lors de traumatismes. Elle a beaucoup insisté sur la compréhension de ces mécanismes et l’importance des séances de thérapie.

Inévitablement, la question du voile a refait surface. Dans la communauté musulmane, le renforcement de la laïcité dans la sphère publique va à l’encontre du vivre ensemble. J’ai d’ailleurs abordé cette question en octobre 2018. Nous devons, me semble-t-il, retracer l’origine du problème. Je me cite : « le lieu du problème n’est pas tant chez ces femmes « voilées » qu’au niveau de notre perception liée à notre culture historique imprégnée de catholicisme. En parvenant à nous pacifier avec celle-ci, nous pourrions alors nous dégager émotionnellement de la question des signes religieux ostentatoires appartenant à d’autres religions. » (Voir l’article : Vers une respectueuse neutralité religieuse.)

Je fais la même analyse dans l’article suivant : Enseignants : quelle est la source du problème dans le port de signes religieux ? Autre citation : « L’ardeur que certaines personnes déploient à engloutir ce qui est lié à notre culture historique imprégnée de catholicisme les empêche ainsi de rester sereins en voyant certaines femmes musulmanes voilées (car elles ne le sont pas toutes !). En d’autres mots, la source du problème n’est pas tant chez ces femmes « voilées » qu’au niveau de notre perception liée à notre culture historique imprégnée de catholicisme. »

Fondamentalement, c’est une question de perception. Et personne ne peut prétendre avoir l’ultime regard véridique. Nous avons besoin de partager respectueusement nos regards « voilés » pour mieux vivre ensemble !

Premier rang : les panélistes. Seconde rangée : différents membres de la Grande Mosquée de Québec, incluant Boufeldja Benabdalla (deuxième à partir de la gauche), porte parole de la Grande Monquée. À droite : Serge St-Arneault, M.Afr

Nouvelle communauté missionnaire dans le quartier St-Roch à Québec

Reportage de Serge St-Arneault, M.Afr

Selon le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, lors du premier Consistoire extraordinaire du pape Léon XIV, ce dernier affirmait : « Le monde a besoin d’une Église qui soit tranquillement missionnaire, fraternelle et humaine ». Cela ne fait peut-être pas beaucoup de bruit, dit-il, mais cela fait beaucoup de bien et permet d’avancer.

Jean-Paul Guibila, Denis Walsh et Serge St-Arneault, tous Missionnaires d’Afrique, seront responsables d’une nouvelle insertion missionnaire dans le quartier Saint-Roch à Québec, et commenceront leur travail « tranquillement » au cours des prochains mois. Il est fort probable que cela débuteau début du mois de février 2026.

Ils ont la chance d’occuper une vaste résidence, propriété de la Congrégation des Religieuses de Jésus-Marie, sise sur la rue Monseigneur-Gauvreau. Elle est située entre l’église Saint-Roch, et la gare du Palais.

Notre maison située sur la rue Nonseigneur-Gauvreau, Québec.

L’archidiocèse de Québec leur accordera une formation pastorale. La présence de Jean-Paul, Denis et Serge s’insérera dans un vaste effort de revitalisation du quartier, qui est malheureusement renommé pour sa grande pauvreté et ses nombreux défis sociaux, dont le taux élevé d’itinérance. Par conséquent, leur acclimatation se fera « tranquillement ».

Monseigneur Jean Tailleur

Grâce à une initiative du conseil provincial des Amériques, Les Missionnaires d’Afrique ont formé cette équipe de trois confrères pour répondre à un besoin pastoral défini par le diocèse de Québec. Cela arrive à point nommé. En vérité, l’un des évêques auxiliaires, Monseigneur Jean Tailleur, se réjouit d’assister à un élargissement des services pastoraux plutôt qu’à leur réduction. Effectivement, dans plusieurs diocèses du Québec, de nombreuses églises sont mises en vente ou détruites.

Le diocèse a choisi le quartier de Saint-Roch pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’église du même nom possède une architecture patrimoniale remarquable. Construite entre 1914 et 1923, elle est la quatrième église érigée au même endroit depuis 1811. On la considère comme l’une des plus grandes églises de la ville.

Saint-Roch Catholic Church in Quebec City, Quebec. (Image courtesy of Google Maps)
L’intérieur de l’immense église.

Nous apprécions particulièrement une citation du cardinal Lavigerie, qui a affirmé que « rien de ce qui est humain ne m’est étranger ». Au cours de la campagne antiesclavagiste du 23 décembre 1888, il a exprimé son profond respect pour chaque être humain en déclarant que l’injustice envers autrui révoltait son cœur, que l’oppression l’indignait et que la cruauté envers ses semblables ne faisait naître en lui que de l’horreur.

La nouvelle équipe de Missionnaires d’Afrique s’inspirera de son fondateur pour s’engager dans un quartier où se côtoient une mauvaise réputation et le renouveau. Pour la première fois depuis le début de leur présence à Québec il y a 125 ans, les ‘Pères Blancs’ redonneront un peu de vigueur à un diocèse en proie à de constantes transformations, souvent douloureuses. Nous le devons au nom des centaines de missionnaires qui sont originaires de ce diocèse. 

Denis Walsh, M.Afr, Soeur Lourdes et Mgr Gérald Cyprien Lacroix, Archevêque de Québec et Mgr Juan Carlos Londoño, évêque auxiliaire.

LES GALETS DE MON ENFANCE à NATASHQAN

Au Temps des Fêtes et à l’approche du Nouvel An on porte tous.tes en soi nos propres souvenirs… 

Crédit photo : Akim Kermiche (AK Médias)

Pour l’occasion, l’idée m’est venue de vous partager un souvenir d’enfance qui m’est très cher et que je vous livre à travers ce tableau qui a pour titre LES GALETS DE MON ENFANCE à Natashquan. Sur ces mots, je vous souhaite ainsi qu’à vos proches un Heureux Temps des Fêtes et une Bonne Année 2026.

INVITATION à visionner la bande-annonce du documentaire C’EST DANS LE NOIR QUE LA LUMIÈRE EST LA PLUS BELLE. Le documentaire en question qui porte sur mon parcours artistique et mon art, est réalisé par le cinéaste Akim Kermiche (AK Médias).

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Gabriel Landry, Artiste peintre

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