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Aux amis de PolySeSouvient. Mise à jour : Élections / Appel à l’action / Levée de fonds urgente

À l’approche du 32e anniversaire du féminicide à Polytechnique (6 décembre), les survivants, témoins et familles de victimes continuent leur lutte pour un meilleur contrôle des armes, et plus particulièrement l’interdiction des armes d’assaut. Nous sommes proches de but! 

Lors des dernières élections, les Libéraux sont revenus sur leur recul du printemps dernier et ont promis de nouveau un programme de rachat *obligatoire* des armes d’assaut! Étant donné l’attention sans précédent que les médias ont consacrée à ce dossier pendant la campagne électorale, nous pouvons cette fois être un peu plus optimistes… Pour ce qui est des armes de poing, cela augure plutôt mal en ce moment, avec les deux paliers de gouvernement qui se lancent la balle. Somme toute, il est clair qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. 

Voici donc une mise à jour depuis notre dernière en mars, une proposition d’action concrète et une demande spéciale :

LISEZ notre mise à jour qui présente toutes nos actions et l’impact qu’elles ont eu sur l’issue des élections. Vous pourrez alors constater à quel point la question du contrôle des armes et les actions de PolySeSouvient ont été déterminantes autant quant aux promesses des partis qu’aux résultats finaux du vote:
https://polysesouvient.ca/Documents/DOCU_21_11_29_MiseAJour.pdf

AGISSEZ en envoyant un courriel réclamant des mesures concrètes au premier ministre, au nouveau ministre de la Sécurité publique et à votre député (ou députée) à l’aide de ce simple module en ligne (bilingue) qui ne nécessite qu’une minute de votre temps:
https://polysesouvient.ca/appelaction/

AIDEZ-NOUS à poursuivre la lutte en faisant un don à PolySeSouvient. Cette fois, notre levée de fonds bisannuelle est particulièrement cruciale. En effet, notre site web a été victime d’un vicieux sabotage, ce qui a fait qu’il a complètement disparu – en pleine campagne électorale! C’est seulement avec l’aide d’une firme spécialisée que nous avons réussi à le rebâtir en toute urgence (ce dernier étant un outil essentiel à nos campagnes). Cette immense dépense imprévue de plusieurs milliers de dollars s’ajoute à nos frais habituels. Nous espérons donc pouvoir compter sur votre support pour nous aider à acquitter de cette facture exceptionnelle pour que nous puissions continuer à accomplir notre travail.

Par virement Interac au info@polysesouvient.ca ou par carte de crédit à l’aide du bouton de don (PayPal) sur notre site web au https://polysesouvient.ca/

Solidairement,
Heidi, Nathalie, Serge, Meaghan, Kathlene et bien d’autres…

Washington D.C. d’hier à aujourd’hui – mon expérience

L’assaut populaire du 6 janvier 2021 au Capitole de Washington est encore frais dans nos mémoires. Je m’y suis rendu le 25 octobre dernier sans y déceler la moindre trace de ce tragique épisode si ce n’est les barricades qui empêchent les gens de s’en approcher.

C’était en 1977

L’abbé Gilles Marchand en 1977

Ce n’était pas ainsi en 1977 lorsque j’ai visité le Capitole en compagnie d’un groupe d’étudiants, majoritairement africains, de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Notre aumônier, l’abbé Gilles Marchand avait préparé ce périple pour permettre aux étudiants étrangers de mieux connaître les États-Unis. Plus de quarante ans plus tard, je garde néanmoins la même impression; celle d’un grandiose pays aux pieds d’argile.

Polarisations

Les polarisations ethniques, culturelles et économiques attirent mon attention . Les extrêmes se côtoient au grand jour. Ce n’est certes pas un phénomène unique aux États-Unis. Mais, en touriste que je suis, cela me semble profondément associé à l’environnement culturel américain hyper productif et compétitif, source d’insécurité et de violence. La prolifération des armes à feu contribue à ce phénomène.

Heureusement pour nous, notre maison est située dans un quartier sécurisé où siègent beaucoup d’ambassades. Il est possible de circuler sans crainte, même le soir. Ce qui n’est pas le cas dans un quartier voisin, m’a-t-on dit.

Chicago en 1999

En compagnie de monsieur Justin McCarthy en 1999

J’avais déjà compris cela lorsque je suis allé rendre visite à Julien Cormier à Chicago en 1999. À l’époque, nous avions une communauté de missionnaires dans le quartier d’Austin. Sa particularité était qu’elle était composée exclusivement d’Afro-Américains. J’avais interviewé chez lui monsieur Justin McCarthy, le dernier résident Blanc du quartier. Il y était depuis 1963 et il avait 86 ans à cette époque. Il a assisté à la migration progressive des Afro-Américains dans un quartier historiquement composé d’immigrants irlandais catholiques. Justin a été le premier président d’une association appelée Organisation for Better Austin (O.B.A.) qui avait pour objectif de faciliter une transition pacifique des institutions locales à une époque où les tensions raciales provoquaient des émeutes dans d’autres villes américaines.

La panique s’est emparée des Blancs, de m’avouer Justin, qui ont tous quitté sous la pression d’appels téléphoniques de spéculateurs fonciers.

Reportage publié dans la revue Univers, mars/avril 1999, page 11 à 16.

« N’attendez pas une dévaluation plus grande de votre propriété et vendez dès aujourd’hui. C’est ma dernière offre. »

Systématiquement, d’une rue à l’autre, les gens ont vendu leur maison et migré vers les banlieues de Chicago en pleine croissance. La détérioration du quartier s’est alors accélérée et la méfiance a prévalu. Non seulement le quartier d’Austin a vu une partie sa population s’exiler, mais la ville de Chicago est passée de 3,6 millions d’habitants en 1950 à 2,7 millions depuis 1990 jusqu’à aujourd’hui.

Du mémorial Lincoln au Capitole

Tous ces souvenirs me sont revenus lorsque je marchais le long de la vaste étendue verdâtre et presque désertique entre le Capitole et le Mémorial de Lincoln avec, au centre, l’emblématique obélisque du monument de Washington. Je me questionnais sur la propension des Américains à prendre possession de lieux et de territoires par vagues migratoires. À bien y penser, c’est l’histoire de l’humanité.

Photos de 2021

Le quartier Queens à Brooklyn, New York

J’ai constaté la même chose quelques jours plus tard lorsque nous sommes allés dans le quartier Queens à Brooklyn. Vous pouvez lire l’article que j’ai publié à ce sujet sur mon blogue; « Brooklyn, Queens, 30 octobre 2021 ». Ce qui n’est pas dit dans ce reportage est le fait que les populations afrodescendantes de courte ou de longue date ont migré dans cette partie de la ville de New York d’une manière très semblable à celle du quartier d’Austin à Chicago.

« Nous sommes chanceux, de me dire mon confrère Bartholomew Mrosso, car nous sommes dans une zone sécurisée. Mais, plus loin, il est préférable de ne pas s’y aventurer. »

Ce conseil est valide pour tous, sans distinction radiale. Pourtant, je me suis senti tout à fait à l’aise là où vivent mes confrères. Les maisons sont certes modestes, mais ces propriétés et les rues sont propres, bien entretenues. C’est bien loin des images désolantes du quartier Queens projetées dans le film Coming to America, produit en 1988 et mettant en vedette Eddie Murphy. La fiction caricature la réalité. Excusez-moi, c’est vrai! Je n’ai séjourné que 24 heures aux Queens. C’est trop peu pour connaître un endroit aussi vaste que Brooklyn.

De retour à Chicago en 1999

Ça me rappelle encore une fois le quartier d’Austin de Chicago, souvenez-vous, entièrement peuplé d’Afro-Américains. Je m’étonnais du regard apeuré des enfants lorsque je prenais le métro pour me rendre au centre-ville. Revenant d’Afrique, me retrouver entouré de Noirs était pour moi tout à fait normal. Mais un Blanc, marchant le long des rues d’Austin, éveillait des suspicions.

« Que faites-vous dans la rue en pleine nuit, avait demandé un policier à Julien?  »

Un Blanc rodant la nuit dans un quartier renommé pour être « dangereux » ne peut prendre ce risque que pour vendre de la drogue.

« Je reviens de la pharmacie, de répondre Julien. »

« Êtes-vous de ce quartier ? »

« Oui. Je suis le curé de la paroisse St-Martin-de-Porrès. L’église est à deux pas d’ici. »

Le racisme

Je comprends que les questions raciales sont toujours complexes, partout sur la planète. Elles me semblent cependant omniprésentes dans la fabrique sociale américaine. Pourtant, la diversité est source de créativité, d’innovation. Il y a des exemples remarquables de réussite de coexistence interraciale aux États-Unis.

En revanche, et l’exemple l’assaut populaire du 6 janvier 2021 au Capitole de Washington le montre bien, les États-Unis ont atteint un très haut degré de polarisation alimenté par un discours politique haineux. Que penser de ceux qui prônent une nouvelle guerre civile?

Sur les marches du Capitole en 1977 et en 2021

Quel contraste entre une manifestation de chrétiens sur les marches du Capitole en 1977 dénonçant le soutien du gouvernement américain à des régimes tortionnaires et la meute en furie s’apprêtant à assaillir le même endroit en 2021. Aujourd’hui, la meilleure vue rapprochée de ces lieux se situe derrière un plan d’eau.

Notre témoignage

Que ce soit à Chicago, aux Queens de Brooklyn ou ailleurs, notre témoignage missionnaire est le même; nous affirmons qu’au-delà de nos différences raciales, culturelles et même religieuses, nous sommes tous des enfants de Dieu, égaux en toutes choses, car aimés sans distinction d’un même Père. Amen!

Au lendemain de la dernière élection présidentielle américaine, les manifestations pro-Trump étaient devenues routinières à Washington. Tous les mois, ses partisans débarquaient dans la capitale américaine pour dénoncer une fraude électorale qu’aucun d’entre eux ne savait étayer. Mais ce jour-là, le 6 janvier 2021, l’atmosphère était différente. La colère dans les yeux, la rage au ventre, les sympathisants du président sortant se sont transformés en séditieux. Et la ville, ses résidents, ses politiciens et ses journalistes les ont regardés prendre d’assaut le Capitole américain, en état de choc généralisé.

RICHARD HÉTU, COLLABORATION SPÉCIALE, Le Devoir, 2 janvier 2022
La prochaine élection présidentielle américaine se conclura-t-elle… sur un coup d’État ? Pour certains, l’assaut du Capitole par les partisans de Donald Trump, il y aura un an le 6 janvier, annonce le scénario catastrophe. D’ici là, le sort de la démocratie américaine pourrait reposer sur les travaux de la commission d’enquête du Congrès, qui veut faire la lumière sur ce qui s’est passé à la Maison-Blanche pendant l’émeute.

RICHARD HÉTU, COLLABORATION SPÉCIALE, Le Devoir, 3 janvier 2022
Qui sont les partisans de Donald Trump qui ont pris d’assaut le Capitole des États-Unis le 6 janvier dernier ? Le politologue de l’Université de Chicago Robert Pape a tenté de répondre à cette question en analysant avec son équipe le profil de 677 des quelque 700 personnes arrêtées pendant et après l’attaque. Il a également conçu deux grands sondages nationaux pour mesurer le sentiment insurrectionnel aux États-Unis. La Presse s’est entretenue avec lui.

CAMILLE CAMDESSUS, AGENCE FRANCE-PRESSE,
La Presse,  5 janvier 2022

(Washington) Réveiller les souvenirs ou passer à autre chose ? Un an après l’attaque du Congrès par des partisans de Donald Trump, les élus du temple de la démocratie américaine peinent à panser les plaies du « 6 janvier ».

Fabien Deglise, Le Devoir, 5 janvier 2022.

Plus de trois heures. 187 minutes. C’est le temps durant lequel l’ex-président américain Donald Trump a résisté aux nombreux appels de son entourage l’implorant de calmer la foule en train de prendre d’assaut le Capitole, à Washington. Sous les regards interdits du monde. C’était il y a un an, le 6 janvier 2021.

Extrait – Idéologies et polarisation aux États-Unis. La Presse, 9 janvier 2022
Cet essai du professeur de science politique Philippe Fournier jette un regard sur l’extrême polarisation culturelle et politique qui frappe les États-Unis ainsi que sur les transformations importantes du siècle dernier en accordant une attention particulière à deux situations tenaces : les inégalités socioéconomiques et le racisme.

CHARLOTTE PLANTIVE, AGENCE FRANCE-PRESSE,
La Presse, 14 janvier 2022
(Washington) Stewart Rhodes, inculpé de « sédition » pour son rôle dans l’attaque sur le Capitole, illustre le glissement de l’extrême droite américaine, passée de l’opposition au gouvernement fédéral à la défense farouche et en armes de Donald Trump.

Brooklyn, Queens, 30 octobre 2021

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Nous quittons notre maison de Washington dès 4h40 du matin pour nous rendre à Brooklyn, New York. La circulation automobile s’intensifie rapidement au fur et à mesure que nous rejoignons l’autoroute MD295 N qui nous conduira vers Baltimore. Ensuite, direction nord-est vers Brooklyn; là est notre destination que nous atteignons plus de quatre heures plus tard.

Mon confrère Barthélémy Bazemo connaît bien la route. Réal Doucet et moi l’accompagnons pour la première fois. Un peu avant 9h00, nous trouvons un stationnement sur la rue Pacific, bloquée pour la circonstance. En effet, la messe présidée par Mgr Nicolas DiMarzio débutera à la Co-Cathédrale Saint-Joseph à 10h00 pour souligner son jubilé d’argent d’ordination épiscopale dont dix-huit ans en tant que septième évêque de Brooklyn. Nouvellement retraité, c’est aussi le moment de dire adieu aux chrétiens de son diocèse. Son successeur sera Mgr Robert J. Brennan.

Une trentaine d’évêques, une centaine de prêtres, des dizaines de séminaristes et une foule nombreuse participent à cette grandiose liturgie télévisée grâce aux studios professionnels installés au sous-sol de l’église.

La beauté de cette co-cathédrale de style colonial espagnol, pouvant facilement accueillir 1500 fidèles, a risqué de disparaître il y a quelques années dues aux importants coûts associés à sa rénovation. Aujourd’hui, le journal diocésain « The Tablet » a élu domicile à cet endroit. Fondé en 1908, ce journal de 36 pages est également imprimé en langue espagnole.

Mais là n’était pas le but de notre visite. Nous avions rendez-vous avec nos confrères engagés en pastorale paroissiale dans un quartier populaire de Brooklyn. Les Missionnaires d’Afrique ont offert leurs services pour l’accompagnement spirituel des populations d’origine africaine ou afro-descendantes qui se concentrent dans le quartier Queens.

Nos confrères Yago Abeledo, espagnol, Gazena Haile, éthiopien et Bartholomew Mrosso, tanzanien, exercent leur ministère à la paroisse « Our Lady of Light » qui comprend deux lieux de culte; St. Pascal Baylon et St. Catherine of Sienna, éloignées l’une de l’autre d’environ deux kilomètres.

Notre Société missionnaire a pris l’engagement d’être au service des populations africaines; nous sommes les Missionnaires d’Afrique. Or, ces populations, et plus largement afro-descendantes, ont développé des communautés partout dans le monde. C’est particulièrement le cas à Brooklyn.

C’est dans ce contexte que nous avons pris contact avec Mgr Paul R. Sanchez, vicaire épiscopal de Queens et Mgr. Raymond Chappetto du diocèse de Brooklyn pour leur proposer d’établir une communauté de missionnaires. C’est le retour du balancier. Pendant des décennies, les missionnaires étaient issus des pays occidentaux. Maintenant, nous envoyons des missionnaires d’origine africaine en Europe et en Amérique. Par cela, nous exprimons l’universalité de l’Église. D’ailleurs, dès le début de la nouvelle année 2022, deux confrères africains se joindront à l’équipe du Centre Afrika à Montréal. À suivre!

Réal Doucet, provincial des Amériques, Bartholomew Mrosso, curé à Brooklyn,
et Barthélémy Bazemo, délégué du provincial aux États-Unis.
Réal Doucet, provincial des Amériques, Mgr. Raymond Chappetto, vicaire général,
et Barthélémy Bazemo, délégué du provincial aux États-Unis.

Sur un air mélancolique de Johann Pachelbel

Par Serge St-Arneault

Assis, là où se situait le cloître du Monastère des Ursulines de Trois-Rivières, un air mélancolique de Johann Pachelbel représente bien l’état d’âme qui m’habite. Récemment, ce monastère trois fois centenaire, est devenu la propriété de la Ville de Trois-Rivières. Celle-ci se donne trois ans pour définir la future vocation de cet établissement hautement historique. Je suis témoin non seulement du changement vocationnel de ce lieu mais aussi d’une mutation sociale et d’un style d’Église. Les archives qui remontent à l’époque de la Nouvelle-France, m’a-t-on dit, seront conservés dans un édifice adjacent au monastère.

La photo murale au fond du cloître, datée de 1946, illustre bien ce qui s’est passé. Le cloître bondé de religieuses en prière a fait place à une salle vide, devenue muséale.

Le cloître

En ce dimanche du 12 septembre 2021, les portes étaient toutes ouvertes dans le cadre des Journées du Patrimoine Religieux. Un concert d’orgue se tenait à 14h00 dans la grande chapelle. Une petite assemblée s’y est retrouvée. L’auditoire a apprécié les pièces jouées par Suzanne Bellemare. Le répertoire comprenait John Stanley, Aria Selbaldina et Johann Pachelbel, François Couperin, Jean Sébastien Bach, Johannes Brahms et Nicolas J. Lemmens. L’ensemble mélancolique de ces œuvres a été interrompu par le grand classique de Bach; extrait de la cantate 147.

La chapelle

Le réfectoire avec vue sur la cour arrière et le cimetière

Jalon historique des Ursulines

1535      Fondation des Ursulines à Brescia en Italie

1639 – 1697 Marie de l’Incarnation et les Ursulines à Québec

1697      Arrivée des Ursulines à Trois-Rivières, lieu d’habitation dans la demeure du gouverneur de Ramesay.

1701      Installation des Ursulines au Monastère

1715      Construction de la chapelle, rénovée en 1897

1838      Début de la responsabilité de la direction d’écoles publiques à Trois-Rivières

1900      Présence des Ursulines à Grand-Mère

1908      Les Ursulines à Shawinigan

1935      Consolidation du Collège Marie-de-l’Incarnation

Septembre 2019 : Les Ursulines quittent leur monastère pour emménager dans leur nouvelle résidence Lokia située dans le nouveau quartier Promenade Trois-Rivières sur St-Laurent. C’est là que j’ai salué Sœur Suzanne Julien que j’ai bien connu lorsque nous étions étudiants en théologie à l’UQTR il y a plus de quarante ans. Avec quelques-unes de ses consœurs, elle avait elle aussi assisté au concert d’orgue. Elle m’a confié qu’elle s’était de nouveau sentie chez elle pour un court instant.

« Souhaitons que de beaux fruits surgissent de ce que nous avons semé, m’a-t-elle confié. »

Adresse : Musée des Ursulines, 734, rue des Ursulines, Trois-Rivières,QC G9A 5B5

Téléphone : 819 375-7922

Site internet : www.musee-ursulines.qc.ca

Polarisation

Par Serge St-Arneault, M.Afr

La conférence de presse de PolySeSouvient était sur le point de commencer sous le vaste chapiteau aménagé sur le terrain de l’École Polytechnique. Quelques caméras étaient déjà en place devant le podium où les personnes désignées pour cette conférence allaient parler. Devant ce podium, à mes côtés, se tenaient des jeunes qui représentaient les associations étudiantes.

Les photographes étaient aussi à l’œuvre.

— Bonjour, dis-je à l’un d’entre eux. Comment allez-vous?

— Je vais bien merci, répondit-il. J’étais à Ottawa hier pour suivre la campagne électorale. Je n’ai jamais vu autant de mesure de sécurité de toute ma carrière journalistique.

— C’est peut-être dû au phénomène de polarisation.

— Vous avez raison. Il y avait un homme accompagné de son fils de huit ans qui m’injuriait. Pour lui, les médias « sont les mauvais ». Je lui ai alors dit que j’avais moi aussi un fils de l’âge du sien et que je prenais soin, en sa présence, de faire preuve de respect pour mon prochain. Après tout, comme parents, nous devons bien éduquer nos enfants. Et il s’est alors tu.

La polarisation! Voilà où nous sommes rendus. Le juste milieu semble avoir disparu du radar! Dans le contexte des armes d’assaut de type militaire, nous n’avons d’autre choix que d’exiger le bannissement complet de telles armes de guerre des mains de simples citoyens. Ces armes sont essentiellement conçues pour tuer. Étant une question de sécurité publique, nous ne voulons pas connaître la prolifération des armes à feu comme cela est actuellement le cas aux États-Unis.

Vous êtres trop émotifs

J’ai reçu un message sur les réseaux sociaux me disant que je fais honte aux femmes qui ont été assassinés lors de la tragédie de la Poly parce que je milite pour un contrôle effectif ou, mieux encore, le bannissement des armes d’assaut dans notre pays. J’ai compris que celui qui m’a envoyé ce message est vraiment attaché à son arme à feu, un attachement émotif. Émotif! Oui, je le suis aussi mais pour une autre raison; ma sœur Annie est l’une des quatorze victimes de Poly.

Cela me rappelle un événement que j’ai vécu il y a plus de vingt ans. J’avais été invités par une congrégation religieuse de Bellechasse pour leur parler du contrôle des armes à feu qui était alors en vigueur. Une heure plus tard, j’ai demandé aux religieuses pourquoi le curé, présent au début de ma présentation, avait quitté les lieux si tôt.

— C’est qu’il possède une arme à feu et il pense que vous la lui enlèverez, m’ont-elles confié.

Pourtant, les armes de chasse n’ont jamais été prohibées au Canada. À force de propager la fausse nouvelle (Fake News) que les honnêtes chasseurs ne pourront plus utiliser leurs armes, même les curés paniquent, du moins ceux qui pratiquent la chasse sportive.

Édouard Montpetit

Après la conférence de presse, je suis descendu à pied en direction du Boulevard Édouard Montpetit. J’y découvre pour la première fois un bronze du premier secrétaire de l’Université de Montréal en 1929 : Édouard Montpetit.

Place du 6 décembre

Ensuite, j’ai poursuivi ma marche en direction de la Place du 6 décembre. J’ai pris le temps de déchiffrer le nom de chacune des quatorze femmes inscrites sur le sol. J’ai prié et revécu en mémoire les nombreuses fois où j’y étais venu, tout particulièrement lors de la visite de l’Honorable Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères.

Ensuite, j’ai poursuivi ma prière à l’Oratoire Saint-Joseph où d’importants travaux d’aménagement sont en cours d’exécution. J’ai suivi la route sinueuse ascendante menant à la chapelle du Frère André.

D’une grande sobriété, celle-ci semble hors contexte à côté de l’immense oratoire. Curieusement, j’y vois de nouveau cette polarisation qui, cette fois-ci, s’exprime dans le style architectural. J’ai pris plusieurs photos dans la plus grande de deux, mais j’ai prié dans la petite chapelle.

« Un vote pour les Conservateurs, c’est un vote pour le lobby des armes à feu », prévient ​PolySeSouvient

Zacharie Goudreault, Le Devoir, 9 septembre 2021

L’organisme PolySeSouvient appréhende un accès plus facile aux armes à feu et aux armes d’assaut pour les Canadiens si les élections fédérales du 20 septembre menaient à la victoire du Parti conservateur, menaçant ainsi les minces gains effectués par le pays en matière de contrôle de celles-ci au cours des dernières années.

« Un vote pour les conservateurs, c’est un vote pour le lobby des armes à feu », a lancé jeudi avant-midi la coordonnatrice de PolySeSouvient, Heidi Rathjen, lors d’une conférence de presse tenue dans un chapiteau aménagé sur le site de Polytechnique Montréal, où 14 femmes ont été tuées lors d’une fusillade survenue le 6 décembre 1989.

Près de 32 ans plus tard, certains gains ont été accomplis en matière de contrôle des armes à feu. Le gouvernement libéral a notamment interdit l’an dernier environ 1500 modèles d’armes d’assaut de type militaire et mis en place un programme de rachat volontaire visant celles-ci. La formation de Justin Trudeau s’est d’ailleurs engagée dans la présente campagne électorale à rendre obligatoire la remise de ces armes par leurs propriétaires, en plus d’interdire les chargeurs à haute capacité.

Le Parti conservateur, pour sa part, a prévu dans sa plateforme électorale d’annuler l’interdiction des armes d’assaut visées par la loi C-71 et le décret de mai 2020, un engagement qu’a ensuite contredit à quelques reprises son chef, Erin O’Toole. « Toutes les armes à feu actuellement interdites le resteront », indique d’ailleurs une note de bas de page ajoutée depuis à la plateforme du parti. Une volte-face qui laisse Heidi Rathjen dubitative.

« Malheureusement pour les Canadiens, quand il est question du contrôle des armes à feu, les conservateurs respectent leurs promesses. […] Ils vont même plus loin », a-t-elle lancé au micro, en présence de plus d’une dizaine d’étudiants et de proches de survivants de la tuerie de Polytechnique. Mme Rathjen rappelle à cet effet la décision de l’ancien gouvernement de Stephen Harper d’abolir en 2012 le registre des armes d’épaule, contre vents et marées.

« Au lieu de continuer à rebâtir notre loi, un prochain gouvernement conservateur continuera à le détruire davantage, au point où ce ne sera plus récupérable. Le lobby proarmes aura le contrôle, comme il l’a aux États-Unis », appréhende la survivante de la tragédie de Polytechnique Nathalie Provost, qui s’inquiète de la perspective que les armes d’assaut deviennent plus facilement accessibles au pays.

Dans ce contexte, elle presse les électeurs canadiens à voter pour le Parti libéral en vue du scrutin du 20 septembre.

« Le Parti libéral est le seul parti qui est en position de renforcer le contrôle des armes. Aujourd’hui, nous sommes convaincus qu’au minimum, un gouvernement libéral livrera l’interdiction des accessoires et des armes de type militaire », a-t-elle renchéri.

Mme Provost, qui accuse le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert de manquer de « leadership » sur l’enjeu du contrôle des armes à feu, salue d’autre part les prises de position du Bloc québécois à cet égard. Le parti nationaliste a notamment fait pression sur le gouvernement libéral sortant en faveur d’un programme obligatoire de rachat pour les propriétaires d’armes d’assaut de type militaire, en plus de réclamer l’interdiction des chargeurs à grande capacité. « Ce sont toutes des mesures solides et attendues depuis longtemps », estime Mme Rathjen.

« Nous sommes très confiants que le Bloc québécois restera un allié fort et fiable pour le contrôle des armes, comme il l’a été depuis le début », a déclaré Mme Provost.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a pour sa part incité jeudi les « nationalistes québécois » à se « méfier » de Justin Trudeau, une prise de position que Heidi Rathjen a préféré ne pas commenter, tout en rappelant que son organisme oriente ses appuis dans cette campagne électorale uniquement en fonction de la lutte contre la violence par armes à feu.

Garder espoir, malgré « la fatigue »

Dans les dernières années, PolySeSouvient a pourtant critiqué à maintes reprises les mesures prises par le gouvernement libéral en matière de contrôle des armes à feu. C’est aussi le cas de plusieurs municipalités, incluant Montréal et Québec, qui déplorent qu’Ottawa leur relègue pour l’instant la tâche d’interdire les armes de poing sur leur territoire au lieu d’appliquer une interdiction à l’échelle du pays.

Malgré tout, Mme Provost garde espoir qu’un gouvernement libéral réélu irait de l’avant avec les mesures qu’il propose pour resserrer le contrôle des armes à feu, notamment en raison de « l’ensemble de l’intérêt qui a été porté par les Canadiens sur cette question » dans les dernières semaines.

« On est surpris de l’ampleur que le dossier a prise dans le cadre des élections », a d’ailleurs soulevé Heidi Rathjen.

Un sondage mené à la fin août par la firme Léger pour le compte de l’Association d’études canadiennes fait notamment état d’un taux de 51 % d’électeurs qui soutiendraient davantage un parti fédéral entendant renforcer le contrôle des armes à feu. Ce pourcentage tombe à 9 % chez les répondants canadiens qui souhaiteraient un allègement des règles en la matière. Les autres personnes sondées ont indiqué être en faveur du statu quo ou ne pas voir dans le contrôle des armes à feu un enjeu important dans le cadre de ces élections.

« Le gouvernement libéral nous donne espoir que les choses vont se faire. Mais je souligne qu’on a été à quelques reprises déçus par les promesses libérales, alors on a des raisons de penser qu’on peut à nouveau être déçus », a pour sa part soulevé Serge St-Arneault, rencontré par Le Devoir en marge de cet événement. Sa sœur a péri pendant la tuerie de Polytechnique en 1989.

Plus de trente ans après cet événement, on en est encore à débattre de l’importance de bannir les armes d’assaut, s’exaspère M. St-Arneault, qui garde toutefois espoir.

« C’est sûr que physiquement et mentalement, il y a une fatigue. Les années passent et on voit qu’on ne sait pas encore très bien où l’on va. Mais là, les signes sont prometteurs », a ajouté le prêtre, qui puise la motivation nécessaire pour continuer ses démarches en faveur d’un meilleur contrôle des armes à feu dans l’amour et « l’attachement » qu’il conserve pour sa sœur. « Je pense que je ne lâcherai jamais jusqu’à la fin de ma propre vie. »

NOUS GARDONS TOUJOURS CONFIANCE

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Nous avons et, dans une moindre mesure, continuons de subir des transformations importantes liées à la pandémie du coronavirus. Nos habitudes de vie et nos rassemblements ne sont plus les mêmes. Nous avons toutes et tous été affectés par les restrictions et les mesures de distanciation sociale. Notre santé mentale a elle aussi été mise à rude épreuve.

D’un autre côté, nous voyons naître de nouvelles initiatives et nous sommes devenus plus conscients de notre humanité commune. Un minuscule virus venant du bout du monde peut aisément se propager sans frontières à la vitesse de l’éclair. Si ce problème est mondial, la solution doit, elle aussi, être planétaire. Il en est de même par rapport aux changements climatiques.

À son niveau, l’Église institutionnelle est elle aussi infectée par son passé ombrageux, par ses erreurs. Elle donne l’impression d’être en soin intensif. Nous sommes devenus une minorité de croyants en attente d’un vaccin spirituel pour nous protéger. Or, ce vaccin est déjà disponible.

« Nous gardons toujours confiance, tout en sachant que (…) nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision » (Cor, 5,6).

De fait, notre vie personnelle et collective est constamment ponctuée de profondes transformations. L’être humain a cette exceptionnelle habilité de s’adapter à pratiquement toutes les circonstances, même à un âge avancé. Notre vaccin spirituel est la confiance. Nous persistons à cheminer dans la foi même si nous ne voyons pas clairement où nous allons. Cette attitude nous conduira au-delà de la mort.

Pour le moment, nous sommes encore de ce monde. Profitons-en pour garder le cap malgré notre manque de claire vision. En fin de compte, le plus important n’est pas de savoir où nous allons, mais plutôt de nous assurer de la qualité des petits pas de bienveillance que nous traçons sur la route quotidienne de la vie. Sans plus!

Au sujet de changements, je vous annonce que le Père Jacques Poirier, qui écrivait la Lettre aux Amis depuis plusieurs années, repart au Burkina Faso, en Afrique. Nous sommes invités à l’accompagner de notre soutien et de nos prières tout en lui disant merci pour les services rendus. Une nouvelle équipe rédactionnelle vous sera annoncée dans la prochaine édition du magazine.

Aujourd’hui, je vous invite à lire le témoignage d’Adrien Sawadogo, un jeune Père Blanc qui a rencontré le Christ vers l’âge de 22 ans. De musulman qu’il était, il est devenu chrétien et Missionnaire d’Afrique. Vous lirez aussi les origines de la basilique Notre-Dame d’Afrique en Algérie, patronne des Missionnaires d’Afrique. Il y a enfin une invitation à participer au projet de meubler l’école d’arts et métiers de Gyedna au Nigéria.

Funérailles du père Pierre Aucoin, 21 août 2021

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Le père Pierre Aucoin est décédé paisiblement vers 19h00 le 29 juillet 2021 au CHSLD Saint-Vincent à Sherbrooke où il recevait de très bons soins. Il y était depuis le déménagement du 21 juillet 2020 de tous les confrères de notre maison de Lennoxville vers Les Terrasses Bowen. Il s’agit d’une nouvelle résidence pour personnes âgées récemment construite à Sherbrooke. La santé précaire de Pierre ne lui permettait pas d’être avec eux.

Les restrictions liées aux mesures sanitaires exigées pendant la pandémie ont eu pour conséquence de limiter le nombre de visiteurs à seulement quelques confrères désignés et l’une de ses nièces : Annie de la Sablonnière. En revanche, Pierre est parvenu à garder un lien étroit avec les membres de sa famille grâce aux appels téléphoniques. Cette proximité familiale s’est manifestée lors du rassemblement au salon funéraire Alfred Dallaire Memoria sur le boulevard Saint-Martin à Laval le samedi 21 août en après-midi.

Une trentaine de personnes composées en grande majorité de ses nièces, neveux et arrière-nièces et arrière-neveux, ainsi que leurs conjoint·e·s, ont présenté leur hommage avec beaucoup de reconnaissance pour leur oncle ou grand-oncle. Déjà, ce matin-là, tous les confrères et consœurs de la rue St-Hubert à Montréal avaient prié pour Pierre lors d’une messe célébrée dans la grande salle du Centre Afrika. Tout comme lors du rassemblement au salon funéraire, deux pièces musicales ont accompagné la prière.

Le premier chant, O Rest in the Lord, composé par Felix Mendelssohn en 1846, inspiré par le Psaume 37, est un appel à faire confiance à Dieu et de l’attendre patiemment. Le lien évangélique est celui de Jean 16, 33 : « Je vous dis ces choses pour que vous possédiez en moi la paix. Dans le monde, vous aurez à souffrir, mais ayez confiance; j’ai vaincu le monde. » Cette victoire, « c’est notre foi en Jésus, Fils de Dieu. » (1 Jn 5).

Selon Annie de la Sablonnière, cette composition musicale est centrale dans la spiritualité de Pierre Aucoin. Violoniste depuis sa jeunesse, ce chant faisait partie du répertoire de la chorale que Pierre dirigeait à Fort Jameson, l’actuel Chipata, en Zambie. C’est là qu’il avait reçu en cadeau de la chorale une baguette de chef en ébène. Celle-ci a été remise à Nathalie Côté, sa petite-nièce et unique filleule.

Un chant plus récent intitulé Je redeviens le vent, composé par Manuel Laroche, musique de Martin Léon et interprétée par Fred Pellerin, a rehaussé la célébration en établissant un très beau lien avec la spiritualité qui habitait le père Aucoin. La confiance que Pierre a mise en son Dieu l’a conduit vers la paix au-delà de ses souffrances. Comme la plupart des missionnaires, il a régulièrement lutté contre la malaria. Maintenant : Il est redevenu le vent après avoir quitté ses amours, ses amis, son parcours, il est invisible à nouveau, car sa vie ne fut qu’un court instant malgré ses 91 ans. Le plus fragile de toute la fratrie, Pierre a pourtant vécu le plus longtemps!

Le violon du père Aucoin

Au salon funéraire, après le mot d’accueil, Charlotte Bertrand, fille d’Isabelle Aucoin, l’une des nièces de Pierre, a joué l’Ave Maria de Schubert en l’interprétant avec le violon fabriqué par le père Aucoin lorsqu’il était à Toronto. À cette époque, il était membre de l’orchestre symphonique d’amateurs de York Symphony Orchestra. Déjà, à l’âge de 10 ou 11 ans, Pierre avait interprété l’Ave Maria de Schubert lors d’un rassemblement au village de St-Colomban.

D’ailleurs, aux dires de Guy Martineau, en plus d’être comédien, Pierre Aucoin aurait bien pu devenir un musicien professionnel. Son talent de violoniste lui a permis de remporter le concours du pain Excel diffusé le samedi au poste radiophonique CKAC.

Cimetière Saint-Martin à Laval

À la demande de la famille, les Missionnaires d’Afrique ont accepté que les cendres soient inhumées au cimetière Saint-Martin à Laval. Cette brève cérémonie a eu lieu le lundi 23 août à 14h00 sous un soleil de plomb en compagnie de quelques membres de la famille et ami·e·s ainsi que Réal Doucet et Serge St-Arneault, M.Afr.

Le lot est celui des Pères Blancs depuis l’époque du noviciat Saint-Martin; un bâtiment qui, entre temps, est devenu le CHSLD St-Jude Inc. Très large, la troisième pierre tombale est déjà à moitié remplie de noms. Le dernier dans la liste est le père Paul Tremblay.

Ancien noviciat devenu le CHSLD St-Jude

Photo de la maman de Pierre

Marie-Anne Lanteigne-Aucoin

Surprise! Une photo de la maman de Pierre Aucoin, offerte par Marie Smith, petite-fille d’Élisabeth Lanteigne, cousine de Marie-Anne, a été placée près des cendres de son fils. La maman s’appelait Marie-Anne Lanteigne-Aucoin (1897-1954). En même temps que son fils Pierre, elle a reçu la bénédiction finale avant la mise en terre de l’urne par son neveu Daniel Aucoin.

Les Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) sont spécialement reconnaissants à deux nièces du père Aucoin : Annie et Lucie de la Sablonnière, pour toutes les démarches entreprises auprès du salon funéraire, pour rejoindre les membres de la famille, pour le programme des funérailles et pour le signet du père Aucoin.

« Que les âmes des fidèles défunts reposent en paix. »

« Par la miséricorde de Dieu. Amen! »

Mémoires d’Afrique de 21 pages du Père Pierre Aucoin aux membres de sa famille.

Travaux communautaires, communément appelés « salongo » dans la chefferie de Walendu-Bindi en République Démocratique du Congo

Par Adirodu Roger, avec la collaboration de Kabaseke Gérmain à Bavi

La chefferie de Walendu-Bindi compte quatre axes principaux :

1) Au nord : axe Walendu-Bindi-Bunia-Kasenyi-Chomia. Celui-ci est utilisé par des véhicules pour le transport des marchandises et passagers.

2) À l’est : axe Walendu-Bindi-Buguma. Cet axe est un sentier de marche abrupte de mille mètres. Une journée entière est nécessaire pour atteindre les frontières de l’Ouganda.

3) Au sud : axe partiellement carrossable par camion reliant Walendu-Bindi-chefferie de Bahema-Mitego, Bahema-Boga, Banyali-Tchabi et celle du nord Kivu. Cet axe est utilisé pour acheminer le bétail, notamment les vaches, les moutons, chèvres et poules.

4) À l’ouest : axe routier Walendu-Bindi-Andisoma-Komanda qui permet les échanges des produits commerciaux vers les marchés du groupement Bavi.

Tous ces axes, plus ou moins en bon état, nécessitent un entretien constant pour permettre les échanges commerciaux en dehors de la zone enclavée des Walendu-Bindi.

Sauf l’axe de Buguma, des centaines de kilomètres de route comportent de nombreux ponts en mauvais état. Heureusement, la route reliant Bukiringi, Aveba, Gety, Kagaba, Olongba, et Songolo est entretenue par le gouvernement provincial, la MONUSCO, le FONER et l’Office des routes. D’un autre côté, l’impact des pluies sur les autres routes oblige la population à se mobiliser pour maintenir ces voies de communication. Cet exercice s’appelle « le salongo ».


Base de la Monusco, Mission des Nations Unis pour la stabilisation de la RDC implanté à Gety-Mission

Or, il s’avère que certains citoyens, au lieu de participer bénévolement à un « salongo », choisissent d’engager, moyennement compensation financière, quelqu’un d’autre pour travailler à leur place.

Selon le chef intérimaire Maguru, en exercice le 15 mars 2019, le « salongo » débute avec une gestion responsable des déchets domestiques autour de la parcelle de chaque citoyen avant de s’étendre aux axes routiers. Les plus récalcitrants n’en font qu’à leur tête et jettent leur détritus et eau usée chez leurs voisins avec d’énormes conséquences. Le non-respect des travaux communautaires a pour conséquence la propagation de maladies telles que le paludisme, le choléra ou la fièvre typhoïde. Cette attitude cause aussi de violents conflits entre familles.

Une sensibilisation sur les effets négatifs d’un manque de solidarité communautaire est maintenant nécessaire pour permettre un changement de mentalité là où le « salongo » n’existe que de nom. Selon le juge de Badjanga, maître Musaki, les récalcitrants sont transférés à la police de proximité de leur quartier. « Pour bien gérer les déchets, les travaux communautaires sont exercés deux fois la semaine et non une fois comme le souhaite l’arrêté du maire de la ville », fait-t-il savoir.

En 1990, le chef Akobi Tsomi Katorogo, aujourd’hui décédé, avait ordonné la distribution de jetons aux habitants pour indiquer leur participation dans l’exécution des travaux communautaires, cruciaux pour la vie des gens. La preuve a de nouveau été faite en 2020 avec l’arrivée d’un véhicule à la localité de Kelenzi, près de la montagne Maplungulu, accueilli avec acclamation par la population. Bien que cette tâche incombe au pouvoir public, cette joie est le fruit d’un dur labeur fait à mains d’homme avec une simple houe ou des pelles comme outils.

« Le salongo » a démonté que le courage et la solidarité des citoyens a permis de maintenir des voies de communication et aussi prévenir la famine, appelé agayii, grâce aux échanges entre patate douce d’un côté et le manioc lumbe d’un autre. Il est à espérer que cette expérience communautaire se maintienne chez les nouvelles générations malgré le dur labeur qu’il incombe.

fUNÉRAILLES DES PÈRES YVES GAUDReAULT ET MARCEL BOIVIN, m.aFR-10 AOÛT 2021

Par Serge St-Arneault

Les membres des familles Gaudreault et Boivin, ainsi que plusieurs confrères Missionnaires d’Afrique et consœurs SMNDA, se sont retrouvés à l’église Notre-Dame de l’Espérance à Québec le 10 août 2021 pour les funérailles des pères Yves Gaudreault décédé le 16 novembre 2020 et Marcel Boivin décédé le 19 janvier 2021.

Le père Réal Doucet, le président de l’assemblée et provincial des Missionnaires d’Afrique au niveau des Amériques, a prononcé ces mots d’ouverture de la célébration eucharistique.

Père, tu as accompagné pendant toute leur vie nos confrères, frères, oncles et amis Yves et Marcel et tu les as accueillis chez toi dans ta demeure. Nous voulons célébrer dans l’action de grâce leur arrivée auprès de toi en te remerciant pour ces années 92 et 84 respectivement que tu leur as données sur terre et qu’ils ont vécu comme tes bons et fidèles serviteurs en passant par des problèmes de santé de toutes sortes.

Yves et Marcel ont su intégrer ces épreuves et en ont fait un soutien dans l’accompagnement des personnes que tu as mises sur leur chemin tout au long de leur vie missionnaire. Que Yves et Marcel soient comblés auprès de toi de paix et de joie avec tous ceux et celles qu’ils ont retrouvés maintenant, surtout leurs proches et leurs nombreux amis Pères Blancs et autres que tu as déjà accueillis dans ton royaume. Par Jésus-Christ et Seigneur. Amen!

Les Missionnaires d’Afrique remercient vivement toutes les personnes qui ont partagé ce moment de prière, tout particulièrement Jean-François Gaudreault-Desbiens, Claude Tremblay et Francine Boivin pour leurs témoignages ainsi que Caroline Proulx, responsable, et l’animatrice du chant Christine Beaulieu accompagnée de sa maman à l’orgue.