L’Encéphalomyélite Myalgique sévère (EM)

Lettre adressée à l’honorable Christian Dubé

Honorable Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux,

Je connais une personne atteinte de l’Encéphalomyélite Myalgique sévère (syndrome de fatigue chronique ou EM/SFC) du nom de Myriam-Rachelle Lopez. Le 19 mai dernier, vous avez fait l’annonce de l’ouverture de 15 cliniques spécialisées pour la prise en charge de la Covid longue et la maladie de Lyme, sans inclure les patients atteints de l’EM. C’est très décevant puisque les similarités entre l’EM et la Covid longue sont connues.

Vous avez aujourd’hui l’opportunité incroyable d’inclure 70 000 de vos concitoyens souffrant de l’EM dans ces 15 cliniques et enfin d’ouvrir un dialogue entre les patients/soignants, les chercheurs et les professionnels de la santé.

Il est temps d’agir pour les patients atteints de l’Encéphalomyélite Myalgique sévère.

Cordialement. Serge St-Arneault, M.Afr

NOUS VOUS INVITONS À ADRESSER UNE COPIE
DE CETTE LETTRE AVEC VOTRE NOM AU MINISTRE DUBÉ

Par courriel : ministre@msss.gouv.qc.ca

Ou par l’adresse postale : Ministère de la Santé et des Services sociaux, Édifice Catherine-De-Longpré, 1075, chemin Sainte-Foy, 15e étage, Québec (Québec) G1S 2M1

Lettre de Myriam-Rachelle Lopez adressée à l’honorable Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux.

Myriam-Rachelle Lopez

Cette semaine, je suis descendue au rez-de-chaussée pour rejoindre ma mère. Elle m’a dit : «Eh que tu es bonne d’être descendue». Il n’y avait aucune ironie, juste de l’amour et de la compassion. La raison est que je quitte très peu mon lit depuis un peu plus d’un an.

J’ai 39 ans, et je suis atteinte d’Encéphalomyélite Myalgique sévère (syndrome de fatigue chronique ou EM/SFC). Ma mère de 70 ans est ma proche aidante. La maladie est tellement invalidante et incapacitante que le simple fait d’être capable de sortir de mon lit et descendre les escaliers nous a inspiré beaucoup de joie et d’espoir. Notre espoir est en celui de meilleurs jours, de meilleurs soins et d’une meilleure prise en charge de la maladie par le système de santé.

Le 19 mai dernier, vous avez fait l’annonce de l’ouverture de 15 cliniques spécialisées pour la prise en charge de la Covid longue et la maladie de Lyme, sans inclure les patients atteints de l’Encéphalomyélite Myalgique sévère. Le choc a été violent. Ces cliniques sont un espoir longtemps espéré par les patients atteints de l’EM. Comment expliquez-vous que 15 cliniques soient offertes pour une estimation de 23 000 patients souffrants de la Covid longue alors que 70 000 personnes atteintes de l’EM au Québec, souffrant de symptômes très similaires, sont mises de côté du revers de la main ?

J’ai développé l’EM à l’adolescence à la suite d’une mononucléose. Il s’agit aussi dans mon cas d’un syndrome post-viral tout comme la Covid longue, pourtant après 24 années à souffrir de cette maladie complexe, je n’ai toujours pas accès à des soins spécialisés.

L’ignorance, le déni et les préjugés que les enfants et les adultes atteints de l’EM subissent, jusqu’à présent, de la part du système de santé, les ont marginalisés dans le meilleur des cas et ignorés dans le pire des cas. Cela dure depuis trop longtemps.

Vous avez aujourd’hui l’opportunité incroyable d’inclure 70 000 de vos concitoyens souffrant de l’EM dans ces 15 cliniques et enfin d’ouvrir un dialogue entre les patients/soignants, les chercheurs et les professionnels de la santé.

Il est temps d’agir pour les patients atteints de l’EM.

Cordialement.

Myriam-Rachelle Lopez (membre de l’AQEM)

Association Québécoise de l’Encéphalomyélite Myalgique (AQEM)

AUTRE LIEN :

Une quinzaine de cliniques déployées pour qu’on prenne en charge les symptômes de la COVID longue et de la maladie de Lyme

« Une étape à la fois, » Justin Trudeau

Serge St-Arneault, M.Afr, Montréal, 31 mai 2022

Jeune, je me rappelle la forte impression que m’a laissée la nouvelle diffusée sur les ondes de la radio locale CFLM de La Tuque : « Le maire Lucien Filion se rendra à Ottawa pour rencontrer de hauts fonctionnaires. » Je ne sais plus de quoi il s’agissait, mais cela devait être très important. Ottawa! La capitale lointaine du Canada et, en plus, il allait rencontrer des gens importants et influents. Wow!

Justin Trudeau et Serge St-Arneault

Dans mon imaginaire, ce monde revêtait une étrangeté presque mystique. Prendre la peine d’aller à Ottawa relevait d’un exploit et comportait des risques. Et voilà que je suis revenu d’Ottawa hier pour la xième fois depuis cinq ans. Rien ne correspondait à mon imaginaire d’enfant. J’ai rencontré plusieurs ministres et députés et même le premier ministre Justin Trudeau avec lequel j’ai eu un bref entretien avec une bonne poignée de main chaleureuse. Je n’ai rencontré que des politiciens attentifs, accueillants, souriants, profondément humains et reconnaissants pour notre présence.

La conférence de presse à laquelle nous étions invités s’est avérée un moment historique sur le chemin d’un contrôle des armes à feu dans notre pays. Le gouvernement annonçait un projet de loi audacieux vers une nouvelle étape pour mettre en place de réelles mesures de protection publique face à la prolifération des armes de poing tout en promettant d’autres mesures pour bannir les armes d’assaut de type militaire. Nous étions euphoriques d’entendre cela.

Conférence de presse
Rachel Bendayen

Avant de nos rendre à la salle de réception du Château Laurier où une importante délégation de journalistes et de caméramans nous attendait, nous avons été accueillis au bureau de Rachel Bendayen, députée et grande partenaire de PolySeSouvient. Puis, nous nous sommes dirigés vers le bureau du ministre de la Santé publique Marco Mendicino. Il m’a expliqué qu’il est avocat de profession. Je l’ai senti ému de constater notre importante délégation pour soutenir le nouveau projet de loi. Le C-21.

Sur cette photo, je suis entre le ministre Marco Mendicino et Alison Irons de Toronto.

Serge et Wendy Cukier

J’ai eu la joie aussi de revoir Wendy Cukier de Toronto et porte-parole de la Coalition pour le contrôle des armes. Notre précédente rencontre remonte à plus de vingt ans.

Ce n’était pas vraiment mon intention de porter ce vêtement. En fait, mon bel habit ne me fait plus. Ou plutôt, mon gabarit n’est plus ajusté à l’habit. Bref, pour une rare fois, tous ensemble, nous étions dans un esprit festif, joyeux. De PolySeSouvient, en plus de moi, il y a eu Heidi, Boufeldja, Jean-François, Nathalie, Sylvie et Suzanne.

Justin Trudeau et Luna Vadlamudy

Nous nous sommes donc retrouvés au Château Laurier pour la conférence de presse. Nous avons attendu un bon moment. C’est là que j’ai fait connaissance avec une adolescente de 16 ans, Luna Vadlamudy, d’origine indienne, qui représentait l’organisme « Ensemble pour Thomas », un jeune homme qui a été tué par balle dans le quartier Saint-Michel à Montréal en novembre 2021.

Château Laurier
Serge et Greg Fergus

Je tiens aussi à souligner le député de Hull-Aylmer Greg Fergus. Il est secrétaire parlementaire du premier ministre et de la présidente du Conseil du Trésor. Nous avons eu une très belle conservation. Il m’a certifié qu’il y a une unité au sein du Parti libéral canadien sur la question du contrôle des armes à feu. Peut-être aurons-nous la chance de nous revoir.

Une étape à la fois

J’avais déjà parlé brièvement au premier ministre Justin Trudeau le 6 décembre 2021 sur le Mont-Royal lors de la cérémonie annuelle de commémoration de la tragédie de la Polytechnique. Aux côtés de Nathalie Provost, nous lui demandions pour combien de temps nous devrions attendre pour que le gouvernement agisse. Voici ce qu’il nous a dit : « Nous y arriverons. Nous procéderons pas à pas, une étape à la fois. »

Le mot ÉTAPE est le mot clef que je retiens de mon expérience avec le monde politique, celui de Justin Trudeau. Je commence à comprendre que ce politicien a une vision à plus long terme que les politiciens populistes à courte vue. Nous avons souvent des réprimandes à faire sur son style de leadership, mais je suis maintenant d’avis qu’il est un réel homme politique.

Il procède par étapes. Il a un plan d’avenir. Ce plan englobe beaucoup de points sensibles tels que la réconciliation avec les Peuples autochtones pour ne nommer que celui-là. En plus des enjeux imprévus comme la pandémie de la Covid-19 ou la guerre en Ukraine, le gouvernement fait preuve d’audace, certes calculée, mais également prometteuse pour l’avenir du Canada.

Message de Rachel Bendayen qui s’est adressée à la Chambre des Communes

Bonjour à vous tous,

Merci du fond du cœur pour vos bons mots, mais surtout merci pour tout ce que vous faites et merci de continuer à porter ce combat. Hier nous avons pris un énorme pas en avant, mais notre travail n’est pas terminé. Vous pouvez compter sur moi pour continuer à me battre à vos côtés.

Il y a peine deux heures, je me suis levée en chambre et je tenais à partager ça avec vous

Rachel

Contrôle des armes à feu: une avancée majeure pour Serge St-Arneault

Sur la photo : le Ministre fédéral de la Santé publique Marco Mendicino, Serge St-Arneault et Alison Irons

SÉBASTIEN LACROIX, Le Nouvelliste, 30 mai 2022

«C’est un discours historique. Ça va vraiment dans le sens que l’on a toujours rêvé.» C’est en ces termes qu’a réagi le Latuquois Serge St-Arneault qui avait fait le voyage à Ottawa, lundi, où il a rencontré le ministre fédéral de la Sécurité publique Marco Mendicino et le premier ministre Justin Trudeau avant la présentation du nouveau projet de loi sur le contrôle des armes à feu, en compagnie d’autres militants.

«C’est sûr que c’est une étape. Il y en aura d’autres à suivre», a souligné celui qui se bat depuis plus de 30 ans pour le contrôle des armes à feu, lui qui a perdu sa sœur Annie lors de la tragédie de Polytechnique.

Il faut dire que les annonces respectent pratiquement en tout point ce que proposait le groupe PolySeSouvient, qui revendique un plus grand contrôle des armes à feu, si ce n’est «certains détails» qui demeurent à régler. «On a le sentiment que nous progressons de manière significative», a mentionné M. St-Arneault lorsque joint par Le Nouvelliste.

«Ça résume l’ensemble des préoccupations que nous portons, surtout au niveau des armes d’assaut. La nouveauté, c’est au niveau des armes de poing. C’est un pas qui est significatif, insiste-t-il. C’est une avancée parce que le fédéral a reconnu à voix basse que l’idée de remettre ça dans les mains des municipalités ou même des provinces, ça ne fonctionnerait pas. Ils ont trouvé une manière originale d’au moins arrêter de vendre et d’importer des armes de poing.»

Pour la suite des choses, il restera assurément de s’assurer de l’adoption du projet de loi, alors qu’on s’attend à ce que les partis d’opposition tentent de freiner le processus. Tout de même, Serge St-Arneault a senti une réelle volonté du gouvernement d’aller de l’avant. «J’ai demandé à quelques ministres s’il y avait des dissensions et au contraire, il y a une réelle unanimité. Tous les ministres travaillent dans la même direction. Je pense que c’est un élément à retenir», a-t-il soutenu.

Les prochaines étapes seront les mesures pour appliquer le projet de loi qui sera déposé. Il faudra par exemple s’assurer que la définition d’arme d’assaut soit suffisamment claire pour ne pas que les compagnies cherchent à contourner la loi.

«Une prochaine étape, ce sera la clarification de la définition des armes d’assaut pour bannir de façon catégorique la prolifération des armes d’assaut et la création de nouvelles armes qui ne répondraient pas à la définition actuelle», ajoute Serge St-Arneault. «Il y a de nouveaux modèles d’armes d’assaut qui sont maintenant bannis, continue-t-il. De 1500, on est rendu à 1800, mais je pense que le gouvernement veut améliorer la définition pour éviter l’ambiguïté.»

Si les récents événements au Texas n’ont pas été mentionnés au cours de la journée, Serge St-Arneault croit que ç’a pu être dans les pensées de plusieurs personnes au moment de faire les annonces. «On ne veut surtout pas que le Canada aille dans la même direction que les États-Unis, insiste-t-il. Je pense que ça faisait partie de la pensée cachée. On a été tout le monde été touché par ça, mais je ne pense pas que ce soit un élément direct. Parce que le gouvernement était déjà prêt à l’annonce de son projet de loi.»

À LIRE AUSSI

Armes à feu. Les commerces devront tenir un registre

PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Dès le 18 mai, tout vendeur d’armes à feu, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’un commerce, devra vérifier l’identité de l’acheteur et vérifier qu’il possède bien son permis d’armes à feu au moyen d’une base de données en ligne.

(Ottawa) Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a annoncé une série de mesures mercredi pour contrôler la vente d’armes à feu. Il s’agit des dernières étapes de la mise en œuvre de la loi C-71 adoptée en 2019.

MYLÈNE CRÊTE

MYLÈNE CRÊTE, LA PRESSE, 11 mai 2022

Les commerces auront l’obligation de tenir un registre sur l’achat de chaque arme à feu comme ils le faisaient jusqu’en 2005. Cette exigence était alors devenue redondante avec la création du registre des armes d’épaule sept ans plus tôt. Ce registre national avait par la suite été aboli dans la controverse à cause de son coût trop élevé.

Dès le 18 mai, tout vendeur d’armes à feu, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’un commerce, devra vérifier l’identité de l’acheteur et vérifier qu’il possède bien son permis d’armes à feu au moyen de la base de données en ligne du Programme canadien des armes à feu.

« Ces nouvelles règles garantiront que les personnes qui ne sont pas autorisées ou ne devraient pas avoir accès à une arme à feu ne pourront pas en obtenir une et empêcheront les armes de tomber entre de mauvaises mains », a affirmé M. Mendicino en conférence de presse.

Actuellement, les vendeurs peuvent vérifier si l’acheteur d’une arme à feu sans restriction détient un permis valide, mais ils n’en ont pas l’obligation. De plus, les commerces sont seulement obligés de tenir un registre des transactions pour les armes à feu prohibées ou à autorisation restreinte.

La situation est différente au Québec où les armes à feu sans restriction, comme les armes d’épaule, doivent être immatriculées depuis 2019.

Le ministre Mendicino a fait valoir que le registre permettra aux forces policières de retrouver le propriétaire d’une arme avec laquelle un crime aurait été commis. « C’est de cette façon que la police a pu trouver Marc Lépine », a avancé le ministre. En fait, les policiers avaient utilisé le numéro de série de l’arme utilisée pour perpétrer la tuerie de l’École polytechnique pour l’identifier après qu’il se soit enlevé la vie.

Le collectif PolySeSouvient estime que le gouvernement corrige ainsi une faille. « Compte tenu de l’opposition continue du Parti conservateur au projet de loi C-71 et de ses manœuvres passées visant à saper la mise en œuvre de contrôles sur les armes à feu, nous craignions qu’un futur gouvernement conservateur ne profite d’un passage vague du règlement proposé pour faire en sorte que les demandes de transferts soient systématiquement approuvées sans que le permis ne soit réellement validé par le système, a réagi l’une de ses porte-parole, Heidi Rathjen. L’amendement empêche effectivement un tel scénario. »

Le Parti conservateur accuse le gouvernement libéral de réintroduire le registre des armes d’épaule « qui n’a pas permis de lutter contre la violence armée à l’époque et qui ne permettra pas de lutter contre la violence armée aujourd’hui ».

« La réalité est que la grande majorité des crimes commis avec des armes à feu le sont avec des armes obtenues illégalement et le registre des armes à feu de Trudeau ne fait absolument rien pour arrêter le flux d’armes acquises illégalement qui se retrouvent dans les mains de gangs et de criminels », a indiqué la députée Rachel Dancho, porte-parole en matière de sécurité publique.

L’annonce du ministre Mendicino survient au lendemain d’une fusillade qui a fait un blessé dans un quartier résidentiel de Laval. Il s’agit du troisième incident du genre à survenir dans cette ville depuis dimanche. La nouvelle a été saluée par la mairesse de Montréal Valérie Plante, dont la ville connaît aussi une recrudescence de fusillades.

« C’est un pas dans la bonne direction, a-t-elle écrit sur Twitter. Comme nous l’avons rappelé au Forum montréalais, nous continuerons à appuyer tous les efforts menant à l’interdiction des armes de poing. La sécurité des Montréalais-es est une priorité. »

AUTRES LIENS

Marche contre la violence armée à Laval.
Quelques dizaines de personnes ont marché contre la violence armée samedi à Laval. Elles réclamaient notamment plus de ressources en prévention de la part des différents ordres gouvernementaux.

DJELY TAPA – Le sais-tu ? Un hommage aux femmes

Par Serge St-Arneault

En ce jour dédié aux mères, je vous partage le puissant message de mon amie Djely Tapa tiré de sa plus récente interprétation intitulée Le Sais-tu ? Non seulement s’agit-il d’un puissant texte, mais Djely Tapa met toute sa puissance vocale pour rehausser l’urgence d’être à leur écoute. Elles souffrent, sont insultées, discriminées, assassinées, non reconnues malgré leurs qualifications académiques. Pourtant, ce sont nos mères, nos conjointes, nos sœurs.

Cette chanson s’adresse aux misogynes qui oublient qu’ils sont nés d’une femme qui l’a aimé, qui en a pris soin et qui a été patiente envers lui. « Ne t’attaque pas à cette femme qui est ta source de vie. Le sais-tu ? »  

Est en tourné en France et en Espagne avant de revenir à Montréal pour la présentation de son spectacle le 12 mai 2022 à la Maison de la culture Claude-Léveillé.

Auteur : Djely Tapa

Compositeur : Jean Massicotte

Label : Disques Nuits d’Afrique / distribution Believe

Vidéoclip réalisé par : Victorine Sentilhes / Yoktown’s

PAROLES COMPLÈTES

  • Heee mousso hou sai ni ne He mo mè wa (Es-tu au courant de tous les poids qui pèsent sur les femmes)
  • Hé mo mè wa (L’as-tu entendu)
  • Hé ye wa (As-tu vu)
  • Hé ma kai wa (L’as-tu fait)
  • Dounouya mousso sai ni ne hé mo mè wa (Les femmes du monde entier souffrent, le sais-tu)
  • He he heeee hé mo mè wa (Es-tu au courant de tous les poids qui pèsent sur les femmes)
  • Toroya djougou mi Bou kan hé (La souffrance qu’elles subissent, as-tu entendu ça)
  • Hé mo mè wa Nenini djougou mi Bou kan (Les insultes qu’elles subissent, le sais-tu)
  • Hé te ho don wa He he heeee hé mo mè wa (L’as-tu entendu)
  • djo Maya djougou mi Bou kan (La discrimination qu’elles subissent, le sais-tu)
  • Hé mo mè wa Ali fagali djougou mi Bou kan (Et même les assassinats, le sais-tu)
  • Hé te don wa Heeeee hé mo mè wa (L’as-tu entendu)
  • Ko tche ma kele ho ye mousso ma fila ye (Ils disent qu’un garçon vaut deux filles)
  • Hé te fosiye mousso ko (Que tu n’es rien qu’une femme)
  • Mousso kouma yoro te Yan (Qu’ici les femmes n’ont pas droit à la parole)
  • He te fosiye mousso ko (Que tu n’es rien qu’une femme)
  • Déni y’a ka kalake san tchema ho baragnini yoro ko te fosiye (La jeune fille a fait des longues études, mais quand elle cherche un travail, elle n’est rien qu’une femme)
  • A y’a A ka barake san tcha ma ni yelè ni touma sera hé te fosiye mousso ko (Elle a travaillé des années et quand c’est le moment de la promotion, elle n’est rien qu’une femme)
  • Fasso djon touma sera koutigna touma sera He te fosiye mousso (C’est le moment des votes et de choisir un président, elle n’est rien qu’une femme)
  • Fosi te fai gne wa fai yairai tefai mousso te fai gne dia dougna yairai te faigné (Quand la valeur de la femme est niée, alors rien n’a de valeur; c’est la vie même qui s’effondre)
  • Hé te fosiye mousso ko (3 fois) (Tu n’es rien qu’une femme)
  • Hi bah ye mousso ye (Ta mère est femme)
  • Hi fourou mousso mousso ye (Ta conjointe est femme)
  • Hi ma mousso mousso dooooo (Ta sœur est femme)
  • Mousso yihi wolo (Femme t’a donné la vie)
  • Mousso yi kanouuuu (Femme t’a aimé)
  • Mousso yi hi negue (Femme a pris soin de toi)
  • Mousso hi la han dö (Femme a été patiente avec toi)
  • Ka na bila mousso (Ne t’attaque pas à cette femme)
  • Ka n’a bila mousso (Ne t’attaque pas à une femme)
  • Ha fö hi Sabou (2 fois) (Elle est ta source)
  • Dougna Sabou ye mousso ye (La source de la vie est Femme)
  • Hé te fosiye mousso ko (4 fois) (Tu n’es rien qu’une femme)
  • Hé mo mè wa hé mo ye wa hé mo kai (L’as-tu entendu, l’as-tu vu, l’as-tu fait)
  • Dounouya mousso sèniner hé mo mè wa (Les femmes du monde entier souffrent, le sais-tu).

AUTRE LIEN

Entre tradition mandingue, blues du désert et expérimentations électroniques, Djely Tapa veut porter un message féministe et panafricain – Le Monde

MA RÉVOLUTION TRANQUILLE, SUITE

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Pour donner suite au premier texte de Ma Révolution tranquille du 29 avril 2022.

Est-ce l’air du temps? Toujours est-il que le thème de la Révolution tranquille resurgit de plus fort ces jours-ci sur les ondes radio. L’émission ‘Le temps d’une chanson’ animée par Catherine Pépin le 30 avril dernier présente le chanteur français Georges Brassens. Né en 1921, il est décédé à l’âge de 60 ans le 29 octobre 1981. Brassens a débuté tardivement sa carrière de chanteur en 1953.

Catherine Pépin

« Les propos de ses chansons sont confrontant, de dire Catherine Pépin. Au début des années 1950, l’Église, l’armée, la police étaient généralement très respectées et Brassens donne un gros coup de pied là-dedans. Aujourd’hui, on trouve ça drôle quand Brassens se moque des curés. Les chansons de Brassens étaient un puissant scandale, une œuvre combative. Entre 1952 et 1964, la moitié des chansons de Brassens sont interdites sur les ondes. C’est l’un des artistes les plus censurés en France. »

« J’ai milité dans le mouvement anarchiste à l’âge de 23 ans, de préciser Georges Brassens. Les idées anarchistes, surtout la morale anarchiste était la plus proche de ce que je croyais, de ce que je pensais; un refus de l’autoritarisme, un refus de l’armée, un refus de la loi, un besoin pour l’homme de gérer ses affaires lui-même, pour les corps de métiers de gérer leurs affaires eux-mêmes. Ça me convenait, mais je n’ai pas poussé ça très avant. Ces idées me convenaient et j’en suis resté là. » 

Pourquoi est-il si important de nous souvenir de Georges Brassens ? Pourquoi reste-t-il présent dans notre mémoire 30 ans après sa mort? Catherine Pépin a recensé les commentaires suivants venant de ses auditeurs.

« Parce que ces phrases et ses mélodies nous accompagnent quotidiennement pour peu que nous l’ayons suffisamment écoutée. Dans telle ou telle situation difficile ou heureuse, je l’entends me parler et me conseiller et son humanisme m’éclaire. » Félix Houde

« Georges, c’est une œuvre magistrale, un monde à part où s’entremêlent des personnages, des atmosphères, des histoires un peu comme dans les livres pour enfants et ce n’est pas par hasard si dès mon plus jeune âge j’ai été intrigué par ses chansons. Brassens est pour moi à la foi mon artiste favori, mais aussi un compagnon de route le plus fidèle, un refuge. » Arnaud Lefèbvre.

Même si les textes de Brassens dénoncent l’ordre établi par l’humour, il existe aujourd’hui en France 150 écoles qui portent son nom.

Mes sentiments

Personnellement, les chansons de Brassens ne m’ont jamais particulièrement dérangé. Mais, je n’avais pas réalisé à quel point son style provocateur attirait un large auditoire enthousiaste. Il était lui-même étonné. Le style musical de notre Félix Leclerc national l’avait influencé et ils étaient amis. C’est Félix qui a accueilli Brassens lors de sa seule tournée au Québec. Ces deux chanteurs avaient une âme de poète et la fougue de la diatribe.

J’ai le sentiment que la période de l’après-guerre 39-45 a fait naître un esprit rebelle contre les formes d’autorités politiques et religieuses. Peut-être est-ce cette monstrueuse guerre qui a dévasté l’Europe qui est à la source de cette rébellion de l’ordre établi responsable de soixante-dix millions de morts.

UNE LIBÉRATION

L’après-guerre, c’est la libération. Le modernisme s’épanouit. Il y a de l’argent en circulation et les biens de consommation sont devenus plus accessibles. Le carcan des conventions, les règles de conduite et de bienséance, les stéréotypes associés au sexe ou à une fonction, les styles vestimentaires ou le droit de porter les cheveux longs comme je l’ai vécu lors d’une journée de grève des garçons de l’école secondaire Champagnat de La Tuque en 1970, toutes ces critiques ou revendications ont fait voler en éclat le conventionnel.

En définitive, Brassens, tout comme les Cyniques, a dénoncé par l’humour ce qui devait l’être. Ils ont utilisé leur talent et leur intelligence pour offrir une porte de sortie à une forme d’aliénation collective que Karl Marx avait si savamment énoncée un siècle plus tôt. Il y a en effet un réel danger pour qu’un individu, tout comme un groupe ou une société, puisse s’aliéner lorsque la conscience ou l’identité personnelle, ou celle d’un groupe social se confondent avec une idéologie politique ou religieuse. Le rigorisme de tout acabit est un chemin d’aliénation.

Michel Désautels

Avant l’humour comme arme de démolition des conventions, il y a eu Paul-Émile Borduas. Dans les dernières minutes de son émission diffusée le 1er mai 2022, Michel Désautels s’entretient avec Gérard Berréby qui vient de rééditer la publication du Refus global de Paul-Émile Borduas. L’édition originale du 6 août 1948 avait été publiée à 400 exemplaires, la nouvelle a été tirée à 4000 sur les Éditions Allia, France.

« Borduas, aux dires de Gérard Berréby, dressait un tableau sans concession de la société québécoise des années 40, bien avant la période de la Révolution tranquille de 1960, l’époque dite de la grande noirceur que la figure autocratique, cléricale et nationaliste de Maurice Duplessis, premier ministre entre 1944 et 1959, incarne le mieux. C’est à tout ce système que va tenter de s’attaquer Borduas et dynamiter un petit peu toutes les idées reçues. Il dresse dans ce texte un portrait au vitriol et sans concession, mais également, pas seulement de la société québécoise, mais aussi de la société au sens large et de tous ses travers au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Borduas évoque et annonce la fin du règne de la peur multiforme et il en a à cette domination des prêtres catholiques et de leurs associés de la société civile trop proche de la religion. »

Dénonciation du capital et de la mainmise des autorités cléricales

Gérard Berréby ajoute : « Ce texte-là est une invitation envoûtante à sortir des ornières en faisant appel à la raison et à la sensibilité et une expression du refus des déviances du libéralisme. C’est un hymne à la révolte et surtout c’est un texte très monitoire de ce que va devenir la société à travers la défiance du libéralisme, de l’esprit utilitaire qui domine la société. Comme dit Borduas, le refus de servir, d’être utilisable et d’être une marchandise. En ce sens, le texte annonce la domination marchande planétaire et annonce les excès du libéralisme. Borduas le fait dans un texte plein d’énergie avec des fulgurances poétiques. (…) Le Refus global ne saurait être coulé dans une langue sage et policée. C’est une langue d’une grande exigence et le travail sur le style est très poussé. »

Pour Gérard Berréby, le Refus global est l’un des grands textes subversifs du XXe siècle; dénonciation d’une société bigote et renfermée, contestation non seulement de l’emprise du catholicisme sur les consciences, mais aussi de la raison marchande, du calcul égoïste, qui a d’ailleurs partie liée avec la foi catholique mortifère.

Les Insolences du Frère Untel

Dans ces mêmes années, il n’y avait pas que des chanteurs, poètes et artistes pour dénoncer et appeler à plus de liberté. Il y avait aussi des religieux.

Un essai écrit par Jean-Paul Desbiens, sous le pseudonyme de Frère Untel, publié le 3 novembre 1959, est une critique mordante de la société québécoise. Selon Wikipédia, il dénonce une religion basée sur la peur et s’en prend au système d’enseignement qu’il juge archaïque. À sa manière, ses pistes de réforme annoncent la Révolution tranquille : la liberté, la qualité de la langue, la culture et l’excellence. Ce livre est vendu à 130 000 copies dès les six premiers mois de parution, dont 17 000 au cours des dix premiers jours de vente. C’est sans compter les 15 000 autres exemplaires en anglais.

Il y a donc un vaste mouvement de contestation au tournant des années 1960 qui atteint un large public en soif de références, de porte-paroles ou de mentors en dehors comme au sein de l’institution de l’Église catholique tel Jean-Paul Desbiens, né en 1927 et décédé le 23 juillet 2006.

Lionel Groulx

Avant Jean-Paul Desbiens, Lionel Groulx, né en 1879 et décédé en 1967 à Vaudreuil, est considéré par certains comme un précurseur de la Révolution tranquille.

Selon Wikipédia, « Tous s’entendent cependant sur le fait qu’il est, avec Henri Bourassa, la figure intellectuelle la plus marquante du nationalisme canadien-français dans la première moitié du xxe siècle. »

Je suis d’avis qu’il y avait, comme cela existe encore de nos jours, des cléricaux réfractaires au cléricalisme. Des voix se sont levées dans l’histoire de l’Église pour dénoncer l’autoritarisme religieux et exiger des réformes. L’exemple de François d’Assise l’illustre bien. La Réforme protestante inspirée par le moine allemand Martin Luther, au-delà du schisme qui en a résulté, avait pour but de dénoncer les abus de l’Église de son temps.

À la guerre comme à la guerre

Lors d’un conflit, on utilise les armes disponibles. Une guerre d’un autre genre a suivi celle de la Seconde Guerre mondiale 39-45. Les armes utilisées avaient un point commun; la première avait pour objectif de libérer l’Europe du nazisme, la seconde a libéré la parole grâce à la dénonciation poétique, l’écrit acerbe, les chansons scandaleuses et l’humour cinglant. Le développement des moyens de communication tel que la radio, la télévision et les enregistrements sonores ont contribué à répandre ce vent de contestation.

Auteur : Serge St-Arneault

Le vent souffle où il veut (Jean 3,8)

Le vent est un thème biblique très important. Il s’associe au souffle créateur qui donne vie : « le Seigneur tient dans sa main l’âme de tout vivant et le souffle de toute créature, » (Job, 12,10). Mourir, c’est rendre l’esprit, ne plus avoir de souffle (Jean 19,30). « Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. » (Jean 3,8)

Le vent de la liberté est porteur de vie, de créativité. Ce vent anime les cœurs et les esprits. Le vent de protestation, de revendication et de dénonciation qui a si profondément marqué l’époque de l’après-guerre est une œuvre collective que nul ne sait précisément d’où il vient et où il va.

Je suis d’avis que les Borduas, Brassens, Leclerc et les Cyniques, bien au-delà de leurs sarcasmes contre les curés, ou plutôt les cléricaux, quelque chose de précieux, inspiré par Dieu, émanait de leur humour cinglant. Le public qui est encore transporté par leur humanisme en est la preuve.

Les règles sclérosées, idéologiques ou religieuses, ainsi que les abus de pouvoir ne résistent pas à l’épreuve du temps. Un vent de libération continue sans cesse de souffler qu’aucune force répressive ne peut arrêter. C’est mon espoir que l’Église catholique saisira l’opportunité qui lui est offerte maintenant pour se laisser elle-même inspirée par l’humanisme de ceux et celles qui l’ont contesté.

« On fait fausse route », Hausse de la violence par armes à feu aux États-Unis

PHOTO LUCAS JACKSON, ARCHIVES REUTERS

Devant la hausse des meurtres et des ventes d’armes records, plusieurs États américains éliminent toute exigence pour l’achat et la possession d’armes, laissant présager des années encore plus violentes, dénoncent des experts.

NICOLAS BÉRUBÉ, LA PRESSE, 30 avril 2022

Shannon Freeman chantait et dansait sur la piste de danse du resto-bar The Loaded Slate, à Milwaukee, au Wisconsin, un peu avant 1 h du matin, le 10 avril dernier.

Quelques minutes plus tard, M. Freeman, un père de famille âgé de 30 ans, s’effondrait, atteint mortellement de neuf balles dans le dos alors qu’il marchait vers la sortie du bar après une brève dispute avec un autre client.

« Ce sont des tragédies qui ne devraient pas se produire, ça n’a aucun sens », explique en entrevue Khary Penebaker, militant en faveur d’un meilleur contrôle des armes à feu et résidant de Milwaukee.

Père d’une fillette, Shannon Freeman est l’une des 12 994 victimes des armes à feu répertoriées depuis le début de l’année aux États-Unis, en date du 21 avril, par le site de recherche Gun Violence Database, qui fait état d’une forte hausse des morts au cours des dernières années.

Au Wisconsin, où habitait M. Freeman, 315 homicides ont eu lieu en 2021, une hausse de 70 % par rapport à 2019, avant la pandémie.

Le nombre d’homicides a grimpé de 30 % aux États-Unis en 2020, une hausse record des meurtres qui ne donne aucun signe de vouloir se résorber. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont révélé que 45 000 personnes étaient mortes par arme à feu en 2020, également un record.

Chez les jeunes âgés de 1 à 24 ans, les armes à feu constituent désormais la première cause de mortalité, devant les accidents de véhicules automobiles, une première en plus de 60 ans, selon une étude publiée dans le numéro courant du New England Journal of Medicine.

Devant cette flambée de violence, les élus de nombreux États adoptent des lois qui, loin de restreindre l’accès aux armes à feu, le facilitent, note Thomas Abt, président du groupe de travail sur les crimes violents au Council on Criminal Justice et auteur du livre Bleeding Out : The Devastating Consequences of Urban Violence – and a Bold New Plan for Peace in the Streets.

C’est frustrant et troublant, car les États-Unis devraient aller précisément dans la direction opposée. Par exemple, nous savons que les États qui exigent un permis pour acheter une arme à feu ont des taux plus faibles de violence armée.

Thomas Abt, président du groupe de travail sur les crimes violents au Council on Criminal Justice

Depuis le début de 2022, le Wisconsin, la Caroline du Sud, l’Indiana et le Nebraska ont travaillé à faire avancer des lois sur le port d’armes dissimulées sans permis dans leurs sessions législatives, tandis que les gouverneurs de l’Alabama et de l’Ohio viennent de promulguer des lois analogues. Depuis 2015, 20 États ont éliminé l’exigence d’avoir un permis et de suivre un entraînement avant de pouvoir avoir une arme dissimulée sur soi ou dans son véhicule.

Sur le plan national, les sondages sur le port d’armes sans permis montrent que c’est une idée impopulaire. « Mais dans des États politiquement conservateurs, l’idée est populaire, dit M. Abt. Les élus de ces États voient une augmentation de la violence armée, et considèrent la possession d’armes comme une solution – ce n’est pas le cas, mais idéologiquement, ils ne peuvent pas arriver à d’autres conclusions. »

Même des États qui exigent toujours un permis pour avoir une arme dissimulée sur soi peuvent rendre le processus si vide qu’il frise l’absurdité, dit Khary Penebaker, dont la mère s’est donné la mort avec une arme à feu lorsqu’il était enfant.

« Au Wisconsin, pour obtenir un permis de port d’armes, vous n’avez qu’un coup de fil à passer, c’est tout. Obtenir un permis pour être coiffeur est plus compliqué que d’obtenir un permis pour avoir une arme chargée dissimulée sur soi. »

Augmenter l’anxiété

Résidante du Texas, Nicole Golden, directrice par intérim de Texas Gun Sense, doit depuis le 1er septembre dernier composer avec le fait que quiconque autour d’elle au centre commercial, au restaurant ou dans la rue peut potentiellement être armé, en vertu d’une loi promulguée ce jour-là par Greg Abbott, gouverneur républicain de l’État.

Ce que ça fait, c’est d’augmenter l’anxiété des gens, des familles. Nous ne savons pas si une personne qui porte sur elle une arme chargée en public a quelque expérience que ce soit avec cette arme. N’importe qui peut avoir une arme chargée sur lui, sans même savoir l’utiliser.

Nicole Golden, directrice par intérim de Texas Gun Sense

La loi n’était pas populaire au Texas, et les gens étaient à l’aise avec le fait qu’il y avait des exigences en place pour les gens qui voulaient avoir une arme sur eux, dit-elle. « Mais les républicains l’ont adoptée quand même. »

Bien qu’il soit trop tôt pour avoir une idée des effets de la loi, des chercheurs de l’Université Stanford ont conclu que le fait de retirer l’obligation d’avoir un permis et de suivre une formation pour avoir une arme sur soi produisait une hausse de 13 à 15 % des crimes violents dans la décennie suivant l’adoption du règlement.

Pour l’année 2020, 4000 personnes sont mortes par arme à feu au Texas, ce qui est une hausse importante par rapport aux années précédentes, dit Mme Golden. Austin, capitale du Texas, a enregistré 89 homicides en 2021, battant ainsi le record de 59 qui datait de 1984.

« Alors que nous devrions avoir un plus grand contrôle des armes, ce n’est pas un bon sentiment de voir qu’au contraire, on fait l’inverse. On fait fausse route. »

COVID-19, Floyd, ventes d’armes

Thomas Abt estime que la hausse de la violence est le résultat de trois facteurs : la pandémie de COVID-19, les troubles sociaux qui ont suivi le meurtre de George Floyd et l’augmentation massive des ventes d’armes à feu aux États-Unis depuis le début de la pandémie.

En particulier, les émeutes et les manifestations qui ont suivi le meurtre de George Floyd ont eu pour effet de réduire le recours aux forces de l’ordre dans les communautés touchées par des taux élevés de violence armée.

Ce que cela signifie, c’est que lorsqu’il y a un conflit dans une communauté, les résidants sont plus susceptibles de le gérer eux-mêmes, ce qui signifie qu’il est plus susceptible de se terminer par la violence. On pourrait donc faire valoir que la violence policière produit en fin de compte un effet domino qui se traduit par une augmentation de la violence dans la communauté.

Thomas Abt, président du groupe de travail sur les crimes violents au Council on Criminal Justice

Le problème de la violence par arme à feu aux États-Unis peut paraître insoluble. M. Abt note que ce n’est pas le cas : au-delà des problèmes sociaux et structurels à l’origine de la violence, tous les États et toutes les villes ne sont pas touchés de la même manière. Il établit un parallèle entre Philadelphie, qui connaît une explosion de la violence, et Boston, qui s’en sort beaucoup mieux.

« Il y a des choses très spécifiques qui ciblent les individus les plus à risque dans les endroits les plus à risque qui peuvent faire une grande différence sur la criminalité et la violence, maintenant, aujourd’hui, sans avoir besoin de budgets énormes et de nouvelles lois. Le défi est de ne pas baisser les bras et de ne pas désespérer. »

ÉTATS AYANT LE PLUS DE MORTS PAR ARME À FEU (MORTS PAR 100 000 HABITANTS)

  • Mississippi : 28,6
  • Louisiane : 26,3
  • Wyoming : 25,9
  • Missouri : 23,9
  • Alabama : 23,6

ÉTATS AYANT LE MOINS DE MORTS PAR ARME À FEU (MORTS PAR 100 000 HABITANTS)

  • New York : 5,3
  • Rhode Island : 5,1
  • New Jersey : 5,0
  • Massachusetts : 3,7
  • Hawaii : 3,4

Source : Pew Research Center, 2022

93

Nombre d’enfants âgés de 0 à 11 ans qui sont morts par arme à feu aux États-Unis depuis le début de l’année 2022, alors que 209 autres ont été blessés, selon la base de données Gun Violence Archive.

LES FEMMES S’ARMENT DAVANTAGE

Depuis le début de la pandémie, près de 50 % des nouveaux acquéreurs d’armes aux États-Unis ont été des femmes, selon le 2021 National Firearms Survey. Le document note que 3,5 millions de femmes sont devenues de nouvelles propriétaires d’une arme à feu de janvier 2019 à avril 2021, contre 4 millions de nouveaux propriétaires chez les hommes. En 2020, les vérifications des antécédents fédéraux pour les achats d’armes à feu ont atteint le chiffre record de 21 millions aux États-Unis, selon la National Shooting Sports Foundation, qui signale que la tendance s’est poursuivie en 2021.

8 MILLIARDS US

Somme annuelle que les homicides coûtent collectivement à l’économie de Chicago en frais de justice pénale et en frais médicaux, en pertes de salaires et de revenus, en diminution de la valeur des propriétés et en baisse de la qualité de vie. Pas moins de 797 personnes ont été tuées à Chicago en 2021, soit 25 de plus que l’année précédente.

Source : Council on Criminal Justice

LA MAISON-BLANCHE S’ATTAQUE AUX ARMES FANTÔMES

Revolvers qui fonctionnent un peu comme un kit Lego que l’on commande par la poste, et qui prennent environ 30 minutes à assembler, les « armes fantômes » pullulent aux États-Unis. Sans numéro de série, ces armes ne sont pas traçables et permettent à quiconque de contourner les exigences liées au port d’arme ou à l’achat d’une arme à feu. Selon une étude réalisée en Californie, ces armes fantômes sont impliquées dans 30 à 50 % des crimes avec armes à feu dans l’État, et plus de 20 000 de ces armes ont été saisies l’an dernier aux États-Unis, selon le ministère de la Justice. Ce mois-ci, le président Joe Biden a fermé une brèche dans la loi qui permettait la vente d’armes fantômes sous prétexte qu’il ne s’agissait pas techniquement d’armes, car elles n’étaient pas utilisables « immédiatement ». Pour faire son annonce, le président Biden était accompagné de Mia Tretta, une adolescente qui a été blessée par un tireur lors d’une attaque à l’école secondaire Saugus, en Californie, en 2019, dans laquelle deux enfants sont morts. Mia Tretta poursuit aujourd’hui en justice Terrance J. Osman, l’homme qui a vendu sur l’internet l’arme fantôme ayant servi dans ce crime.

EN SAVOIR PLUS

88 %

Proportion d’Américains qui sont d’avis qu’une personne devrait d’abord obtenir un permis avant d’être autorisée à avoir une arme dissimulée.

SONDAGE STRATEGIES 360

LIEN

Ma Révolution tranquille

Par Serge St-Arneault

J’ai déjà abordé le thème de la Révolution tranquille dans mes précédents articles. J’aimerais y revenir pour une raison bien simple. Ce moment historique charnière du Québec a été un raz-de-marée ravageur au niveau des valeurs traditionnelles et de l’identité du Canadien français qui, selon le cinéaste Jacques Godbout, par prudence, ne prenait aucun risque sans demander une permission à son évêque ou son curé.

Une série de trois émissions radiophoniques sur la première chaîne de Radio-Canada intitulée Cyniques, méchante révolution m’a permis de mieux comprendre ce qui s’est passé. Né en 1955, j’étais assez grand pour assister aux messes en latin, interrompues en 1965, mais trop jeune pour véritablement mesurer l’ampleur de la transformation sociale qui se tramait. La Tuque, où j’ai grandi, était en périphérie du mouvement enclenché à Montréal.

Les Cyniques ont joué un important rôle dans le processus de la Révolution tranquille. Quatre jeunes hommes, âgés de 18 et 21 ans, Marc Laurendeau, Marcel Saint-Germain, Serge Grenier et André Dubois ont contribué à la transformation sociale du Québec par leur humour satirique et leur irrévérence envers la religion.

La grande noirceur

Selon Marc Laurendeau, « la grande noirceur n’est pas un mythe, elle a existé. C’était une lourde censure. Il y avait une entente implicite entre l’Église et l’État à cette époque qui est devenue explicite sous Duplessis. Il y avait une chape de plomb qui pesait sur le Québec. On n’imaginait pas l’évolution des institutions. »

L’élection du Parti Libéral du Québec de Jean Lesage le 22 juin 1960 a été un moment déterminant. Selon Serge Grenier, « l’année 1960 est une année magique. La société venait de se libérer d’un carcan tellement serré, tellement étouffant, qui nous amenait à être très critique de l’époque de nos parents et nos grands-parents avaient connu. Et de la mainmise de l’Église Catholique sur la société. »

Le clergé

Selon André Dubois, « on était pris avec l’esprit catholique romain. Dès le départ, on s’est moqué des institutions. L’institution la plus difficile, la plus haïssable à l’époque, celle qu’il fallait absolument détruire, c’était le clergé. Il fallait que le clergé perde tout ce qu’il avait d’influence. »

Ces paroles peuvent paraître sévères. Il faut se remettre dans le contexte de l’époque pour bien comprendre les sentiments cachés qui assombrissaient la vie de beaucoup de gens, particulièrement les intellectuels. Songeons à cet égard au manifeste du « Refus global » signé par seize membres de la communauté artistique québécoise et publié secrètement en 1948 par Paul-Émile Borduas.

L’un des plus grands dramaturges du Québec, Marcel Dubé, a bien exprimé l’état d’esprit de cette époque dans un texte dédié aux Cyniques. « Chers Cyniques, vous avez mis dix ans de moins (que moi) à comprendre quelle entreprise charitable et courageuse est la vôtre qui consiste à jouer les iconoclastes chaque soir, à venger et à faire rire les victimes innombrables de l’interminable siècle de mirage, de superstition, d’une longue tradition d’abrutissement collectif, d’affaissement national, de soumission honteuse, à une politique et à une religion de bandits et de charlatans. Voilà ce dont je voulais me confesser, d’avoir ri et applaudi et crié bravo à plusieurs reprises à vos blagues mordantes, à vos sacrilèges, à vos calembours, à vos caricatures impitoyables … »

Les années 1970

Selon Gilbert Rozon, « en 1966, ça a été un tournant, on est passé d’hyper croyants au doute total. Et les Cyniques sont arrivés avec un humour qui ramassait tout ça. » Puis, « en 1969, aux dires de Marc Laurendeau, les gags sur le clergé, les parodies sur le cardinal (Léger) ne faisaient plus rire. Les statues avaient été déboulonnées et les tabous avaient été défoncés. Ce n’était plus le sujet du jour. On accompagnait le changement (social) qui se produisait vraiment. On accompagnait la montée du nationalisme. »

Je terminais mes études secondaires à La Tuque au moment où les Cyniques étaient à leur apogée, visibles sur les écrans de télévision. Ce n’est qu’en arrivant à Trois-Rivières pour mes études collégiales en 1972 que j’ai commencé à réaliser ce qui s’était passé.

Une forme de rage contre l’Église s’estompait progressivement. J’ai eu le sentiment que cette rage avait cessé en 1975 lorsque je terminais mes études en théologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Janvier 1972 : Une comédie musicale, le film IXE 13

Mettant en vedette les Cyniques, le film IXE 13, une parodie de comédie musicale caricaturant un aventurier et modèle traditionnel du Canadien français, était, selon le cinéaste Jacques Godbout, « la quintessence de la Révolution tranquille. »

Dans le cadre du scénario, les ennemis d’IXE 13 cherchaient à éliminer non seulement cet as des espions canadiens, mais aussi le ‘Canada-Français’. Ce film remettait en question la soumission du peuple à une « Église qui prend en charge l’histoire. » Il est possible de visionner ce film sur YouTube et sur le site de l’Office National du Film du Canada.

Je me rappelle très bien avoir découvert au sous-sol de notre maison de vieux magazines des péripéties de l’agent IXE 13 que mon père avait rangé. L’auteur, Pierre (Saurel) Daignault a écrit, entre 1947, alors âgé de 22 ans, et 1967, un total impressionnant de 934 épisodes sous forme de fascicules de 32 pages de ce héros des services secrets.

À la même époque en Irlande et en Angleterre

Nous n’étions pas les seuls à provoquer l’indignation en mettant en avant l’hypocrisie politique et en faisant preuve de mépris pour l’autorité religieuse. Le comédien irlandais, satiriste et acteur Dave Allen, de son vrai nom David Tynan O’Mahony, presque du même âge que le quatuor des Cyniques, ne cachait pas son scepticisme religieux. Il se déclarait être un athée pratiquant.

Selon Wikipédia, « son scepticisme est venu en raison de ses objections profondément ancrées à la rigidité de sa scolarité catholique. Par conséquent, la religion est devenue un sujet important pour son humour, en particulier l’Église Catholique et l’Église d’Angleterre, se moquant généralement des coutumes et des rituels de l’Église plutôt que des croyances. »

Tard en soirée, j’écoutais les émissions de Dave Allen sur le seul poste de télévision anglophone que nous captions à La Tuque. Pourquoi une telle attraction? Tout comme les sacres en public introduits par les Cyniques dans leurs spectacles, ces provocations s’avéraient être une forme de défoulement.

Entre 1985 et 1987, j’ai eu la chance, pendant mes études à Londres, en Angleterre, d’assister à un show de Dave Allen. La salle de spectacle était bondée. J’ai acheté un billet à l’entrée. Comme à la télévision, la mise en scène se résumait à une simple chaise haute. Bref, mes attentes étaient grandes. Mais, j’ai été déçu. Je n’étais pas le seul. La moitié de l’assistance est partie à l’entracte. Cela m’a permis de trouver un meilleur siège. Ses gags n’avaient plus de punch. Il a terminé son spectacle avec les mêmes mots utilisés à la fin de ses émissions télévisées : « Bonne nuit, merci et que votre Dieu vous accompagne. »

Ce soir-là, vu l’heure tardive, j’ai raté le dernier bus à la sortie du métro et j’ai dû marcher les derniers kilomètres pour me rendre au Collège St-Édouard situé dans la couronne verte de Totteridge au nord de Londres où j’habitais.

Le Collège Sainte-Marie de Montréal

L’Église Catholique a péché par son succès, me semble-t-il. Le Collège Sainte-Marie de Montréal, par exemple, fondé en 1848 par les Jésuites pour les catholiques francophones a joué un rôle important auprès d’une élite francophone. La liste est longue de journalistes, écrivains, politiciens, philosophes, historiens, musiciens, avocats, physiciens, éditeurs, ingénieurs, hommes d’affaires, poètes, professeurs et financiers qui sont tributaires de ce collège pour leur carrière.

Beaucoup d’autres lieux d’enseignement ont joué un rôle similaire comme celui du Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières.

En plus des Cyniques, l’année académique 1960-1961 a accueilli au Collège Sainte-Marie d’autres remarquables étudiants tels que l’artiste et compositeur Stéphane Venne, le compositeur musical François Cousineau, l’auteur-compositeur-interprète et animateur de télévision Pierre Letourneau. Une dizaine d’années plus tôt, le dramaturge et scénariste Marcel Dubé a lui aussi étudié au même endroit.

À cette époque, venant d’autres collèges, on peut également nommer l’avocat, professeur et homme politique québécois Bernard Landry, l’homme politique, économiste et avocat Pierre Marois, le réalisateur, scénariste, acteur et producteur de films québécois Denis Arcand, le producteur, réalisateur, scénariste Denis Héroux.

Que reste-t-il du Collège Sainte-Marie ?

Rien! Le collège a été détruit en 1976 après avoir été une constituante fondatrice de l’Université du Québec à Montréal. Un puissant symbole de ladite ‘grande noirceur’ a disparu en même temps que les professeurs, majoritairement Jésuites.

Jadis construit sur le flanc sud de l’église du Gesù, l’espace est resté vacant pendant de nombreuses années. Une nouvelle construction est en voie d’être achevée. Situé au 405-425 René-Lévesque Ouest, un projet locatif de deux tours de 36 et 45 étages devrait compter à terme pas moins de 829 unités en location.

Rigidité ou rigueur ?

Les humoristes ont dénoncé une lourde censure, une chape de plomb, un carcan serré, étouffant, la mainmise de l’Église Catholique sur la société, le clergé, une religion de bandits et de charlatans. L’objection principale était la rigidité de la scolarité catholique au Québec comme en Irlande.

Mais, n’y a-t-il pas ici une confusion ? S’agissait-il d’une rigidité opprimante ou d’une époque où la rigueur était de mise, dans tous les domaines de la société, pour contraindre le marasme économique; une époque que les historiens comme Éric Bédard appellent ‘la survivance’ ?

Conclusion

Ma longue réflexion m’incline à penser que la désacralisation par l’humour sarcastique des Cyniques, comme de David Allen, a été le catalyseur du mouvement laïque si chère aux Québécois d’aujourd’hui. Le débat identitaire, si âprement débattu depuis quelques décennies, tire sa source d’une rébellion contre une autre entité qui était perçue comme opprimante, manipulatrice et contrôlante; celle de l’institution de l’Église Catholique Romaine.

C’est une réussite; la déconfessionnalisation du système de l’éducation est un fait accompli, la voix des évêques n’est presque plus relayée par les médias, si ce n’est que pour dénoncer les scandales, le clergé vieillissant et sans relève n’a plus d’influence et la séparation de l’Église et de l’État a été renforcée par la Loi 21 sur la laïcité de l’État du 19 juin 2019.

À mon avis, nous devrions remercier Dieu pour cette évolution. Une opportunité extraordinaire est offerte aujourd’hui à l’institution de l’Église Catholique. Celle-ci peut se concentrer sur sa mission fondamentale qui est de vivre, proclamer et partager l’Évangile de Jésus-Christ. L’Église Catholique a une place, sa place, comme les autres Églises ou religions, au sein d’une société pluraliste et interculturelle.

Il me semble que nous pourrions cheminer plus loin en nous réconciliant avec notre passé de ‘Canadiens français’, ce qui lui appartient de bon et de moins bon. L’exemple du long chemin de réconciliation que notre pays a entrepris avec les communautés des Premières Nations est un exemple à appliquer avec notre Église ‘mère’ sans laquelle nous ne serions pas ici pour en discuter en français.

Des mesures nationales sur les armes de poing réclamées, Contrôle des armes à feu

PHOTO LUCAS JACKSON, ARCHIVES REUTERS, Les libéraux se sont engagés à travailler avec toute province ou tout territoire qui souhaite interdire les armes de poing et à consacrer au moins 1 milliard à cet effort.

(Ottawa) Des défenseurs du contrôle des armes à feu exhortent le gouvernement du Canada à ne pas permettre aux provinces de prendre l’initiative d’interdire les armes de poing, expliquant que les mesures régionales entraîneront une mosaïque de normes nuisibles pour le Canada.

JIM BRONSKILL, LA PRESSE CANADIENNE, 21 avril 2022

Dans une nouvelle lettre adressée au ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, les signataires appellent plutôt à des mesures nationales pour éliminer progressivement la possession privée d’armes de poing. À leur avis, laisser aux provinces la responsabilité d’interdire les armes de poing serait un désastre politique et juridique, mais surtout en termes de sécurité publique.

Le plaidoyer fait suite à une promesse faite cette semaine par le chef du Parti libéral de l’Ontario, Steven Del Duca, d’interdire les armes de poing dans sa province s’il devenait premier ministre après les élections provinciales de juin prochain.

La lettre datée du 20 avril au ministre Mendicino a été signée par des représentants d’organisations dont la Coalition pour le contrôle des armes à feu, PolySeSouvient, l’Association nationale Femmes et Droit, Danforth Families for Safe Communities, l’Association canadienne de médecine d’urgence et le Centre culturel islamique de Québec où six personnes ont été tuées lors d’une fusillade en 2017.

Dans l’ensemble, les signataires réclament une législation qui fera en sorte qu’il sera extrêmement difficile, voire politiquement impossible, de revenir en arrière dans la direction opposée.

L’entourage politique du ministre Mendicino n’a jusqu’ici fait aucun commentaire sur la lettre.

Au début du mois dernier, le ministre a déclaré qu’il présenterait bientôt une législation très proactive sur les armes à feu après l’échec d’un effort antérieur, connu sous le nom de projet de loi C-21, lors du déclenchement des élections générales de l’an dernier.

Les libéraux ont promis un rachat obligatoire des armes à feu interdites qu’ils considèrent comme des armes d’assaut, une répression des chargeurs d’armes à feu de grande capacité et de nouveaux efforts pour lutter contre la contrebande d’armes à feu.

Le rachat prévu obligerait les propriétaires d’une grande variété d’armes à feu interdites, y compris celle utilisée lors de la fusillade de l’École polytechnique de Montréal 1989, à les revendre au gouvernement ou à les rendre inutilisables aux frais du gouvernement fédéral.

Cette proposition a été saluée par des défenseurs du contrôle des armes à feu, mais a suscité la désapprobation de certains propriétaires d’armes à feu et de députés du Parti conservateur.

Les libéraux se sont également engagés à travailler avec toute province ou tout territoire qui souhaite interdire les armes de poing et à consacrer au moins 1 milliard à cet effort.

Dans leur lettre, les groupes affirment qu’il y a peu de preuves suggérant que le fait de confier aux provinces la responsabilité d’interdire la vente, l’importation ou la possession d’armes de poing aurait un effet, étant donné que les armes à feu circuleraient de juridictions non réglementées vers des juridictions réglementées. À leur avis, conférer aux provinces le pouvoir d’interdire les armes de poing entraînera des débats sans fin et des contestations judiciaires.

La lettre exhorte le ministre Mendicino à rejeter de nombreux autres éléments du projet de loi C-21, y compris une disposition qui permettrait à une personne en danger de demander à un tribunal une ordonnance pour retirer les armes à feu d’un harceleur ou d’un agresseur. Les groupes soutiennent qu’il est irréaliste de s’attendre à ce que les victimes aient les moyens et le courage d’aller en justice alors qu’elles sont confrontées aux défis d’échapper à la violence, de s’occuper des enfants et de tenter d’avoir une vie normale.

LA LETTRE

La lettre est signée par les organisations suivantes :
– Association canadienne des médecins d’urgence
– Association nationale Femme et Droit
– Coalition pour le contrôle des armes
– Danforth Families for Safe Communities
– Ensemble pour Thomas
– Familles de Dawson pour le contrôle des armes
– Mosquée de Québec
– Mouvement étudiant PAS_ICI
– PolySeSouvient

LIENS

Lettre de la Mosquée au gouvernement du Québec :
https://polysesouvient.ca/Documents/Lettre_5eMosquee_LegaultGuilbault_26janvier2022.pdf
Lettre de la Mosquée au gouvernement du Canada :
https://polysesouvient.ca/Documents/Lettre_5eMosquee_TrudeauMendicino_26janvier2022.pdf
Panel sur le contrôle des armes :
https://polysesouvient.ca/Documents/PROJ_22_01_26_Panel_5eAnniversaireMosquee.pdf
Mosquée : Aperçu de la couverture médiatique :
https://polysesouvient.ca/images/MONT_22_01_26_Panel5eMosquee_MANCHETTES.jpg
Mosquée : Article français (plusieurs publications) :
https://www.lapresse.ca/actualites/2022-01-26/controle-des-armes/des-membres-du-centre-culturel-islamique-de-quebec-denoncent-l-inaction-d-ottawa.php
Mosquée : Article anglais (plusieurs publications) :
https://montreal.ctvnews.ca/quebec-muslim-leaders-call-for-federal-handgun-ban-in-letters-to-legault-trudeau-1.5756345
Article d’opinion de PolySeSouvient concernant une faille dans le projet de règlement en lien avec la vérification des permis :
https://ottawacitizen.com/opinion/rathjen-liberals-must-strengthen-draft-regulations-on-gun-control
Réaction de PolySeSouvient au report du programme de rachat des armes d’assaut :
En anglais : https://www.cbc.ca/news/politics/liberals-gun-amndesty-extension-1.6387565
En français : https://lactualite.com/actualites/rachat-darmes-dassaut-prohibees-ottawa-se-donne-une-annee-et-demie-de-plus/

Missionnaire sans frontières

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