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Par Serge St-Arneault

Montréal, 16 février 2019

Milieux ruraux versus les centres urbains.

L’enjeu sur le contrôle des armes à feu au Québec n’est pas de ruiner la passion que partagent les chasseurs pour leur sport. Le véritable enjeu est de protéger des vies humaines. Or, la stratégie des adversaires au registre des armes est d’opposer les milieux urbains contre les zones rurales en prétendant que les grandes villes veulent imposer leurs valeurs aux campagnes où vivent la majorité des chasseurs.

Cette stratégie a très bien réussi aux États-Unis où les électeurs des grandes villes américaines votent majoritairement pour les Démocrates alors que les électeurs des zones ou des États ruraux votent pour les Républicains qui sont massivement soutenus par la National Rifle Association (NRA). Opposer les régions contre Montréal nous mène à une fracturation sociale dont nous n’avons pas besoin.

L’émotivité

Posséder une arme à feu au Canada est un privilège. Ainsi en est-il pour les automobilistes. Puisque toutes les voitures ont une plaque d’immatriculation, pourquoi en serait-il autrement pour une arme à feu? Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de sécurité publique. « Je suis un chasseur, de dire le maire Pierre-David Tremblay de La Tuque. La loi ne me brime pas. Ça prend 20 minutes pour enregistrer mes armes, ça ne coûte rien. J’ai inscrit mes armes. »

Martin Francoeur du journal Le Nouvelliste résume très bien la situation en disant que : « Le registre des armes à feu sert à réduire les risques de tragédies comme celle de la mosquée de Québec, de Polytechnique, de Dawson. Ce n’est pas vrai qu’il faut réduire le débat à des phrases creuses comme celles qu’on entend chez nos voisins du sud: «le problème n’est pas l’arme à feu, mais la personne qui la manipule». Ce n’est pas vrai qu’il s’agit d’un débat exclusivement émotif. Ce n’est pas vrai, non plus, que c’est un débat entre la métropole et les régions. 

Il est établi que les procédures d’enregistrement et les systèmes de permis ont un impact direct sur la circulation (et l’usage) des armes à feu. Il faut aussi rappeler aux élus qui viennent de se réveiller que le registre a reçu l’appui des instances policières, de l’Institut national de santé publique du Québec et d’une large proportion de la population québécoise (dans toutes les régions), selon un sondage (Léger) dévoilé par PolySeSouvient. »

Responsabilisation commune

Les lois ont pour ultime but de favoriser l’épanouissement et la protection du citoyen. À cet égard, il n’y a pas de différence entre les milieux urbains et ruraux, et il n’y a donc aucune raison pour ne pas unir nos forces en faveur d’une société responsable où les propriétaires d’armes, aussi bien dans les centres urbains qu’en régions, s’engagent à entreposer, enregistrer et manipuler de façon sécuritaire leurs armes dans le but premier de protéger les vies. Des irritants, il y en aura toujours, tout comme c’est le cas pour les règlements de conduite sur les routes.

Contrairement à la pensée de certains groupes d’amateurs d’armes, cette loi n’associe pas les honnêtes propriétaires d’armes avec les criminels, tout comme l’enregistrement des voitures ne cible pas les conducteurs consciencieux.

Les adeptes de la chasse sportive font déjà beaucoup d’efforts pour se conformer aux lois en vigueur. Ils ont notre admiration. Cette responsabilisation doit s’étendre à toutes les nations amérindiennes qui peuvent, en accord avec leur mode de vie, se doter de moyens efficaces pour régulariser le maniement et l’utilisation d’armes à feu au sein de leur communauté. Après tout, le registre fédéral qui était en vigueur pendant une douzaine d’années s’appliquait aussi auprès de ces communautés.

Investissement en santé mentale.

Par ailleurs, d’où vient la soudaine passion du mouvement « Tous contre un registre des armes » (TCRQ) en faveur de plus d’investissements en santé mentale? Où sont tous ces gens lorsque les intervenants en santé mentale critiquent, budget après budget, le manque de financement adéquat? Ce n’est que dans le cadre de leur opposition au registre qu’ils se préoccupent de cet enjeu, et jamais en collaboration avec les experts et associations pour la santé mentale.

Selon un collectif en prévention du suicide et santé mentale, les propriétaires d’arme sont des acteurs importants du fait que l’enregistrement de leurs armes est une façon d’agir pour prévenir le suicide. Bien que des voix s’élèvent actuellement contre le registre des armes à feu et réclament que les sommes qui lui sont investies soient plutôt consacrées à la santé mentale, les études démontrent que la présence d’une arme dans la maison est un facteur de risque beaucoup plus élevé que les troubles mentaux. En fait, elle multiplie par cinq les risques de suicide.

Mieux encore, une nouvelle étude de l’Université du Texas rendue publique la semaine dernière conclut que « la majorité des symptômes en santé mentale ne sont pas liés aux armes à feu. (…) C’est plutôt l’accès à ces armes qui est la principale cause de violence mortelle. Ces recherches auront dorénavant une implication importante sur les efforts déployés pour un contrôle des armes (aux États-Unis). »

Une question de valeurs

Enfin, selon le chroniqueur Michel David du journal Le Devoir, « D’une certaine façon, le registre, créé au départ à la suite des pressions des survivantes et des familles des victimes de 1989, fait maintenant partie de l’identité québécoise et reflète nos valeurs. (…) Même si les modalités d’enregistrement sont très simples et qu’il n’y a aucuns frais, bon nombre de chasseurs et d’agriculteurs voient dans le registre une attaque contre leurs propres valeurs et ne voient pas en quoi ils représentent la menace que celui-ci prétend éliminer. Plus qu’une simple incompréhension, il semble y avoir un conflit entre les valeurs de la majorité et celles d’une minorité. »

Pourtant, n’avons-nous pas en commun le désir de protéger des vies? Ne sommes-nous pas tous, chasseurs ou non, des gens responsables et respectueux des lois? C’est sur cette base d’intérêts collectifs que nous formerons véritablement une « société distincte ».

LIENS

MARTIN LAFRENIÈRE, Le Nouvelliste, 1er février 2019

Hérouxville — Le mouvement d’opposition au registre québécois des armes à feu prend de l’ampleur en Mauricie, mais se passera sans La Tuque. Le conseil de cette ville renommée pour ses pourvoiries et son festival de chasse demeure partisan de l’application du registre des armes à feu, une façon de contrôler un équipement au potentiel dangereux.

Depuis quelques jours, de plus en plus d’administrations municipales contestent le registre des armes à feu. Hérouxville s’oppose au registre et vient d’adopter une résolution demandant au gouvernement un moratoire sur la question. Trois-Rives a fait de même la semaine dernière et Saint-Alexis-des-Monts s’apprête à adopter une résolution similaire lundi. Cette orientation n’influence en rien la position de La Tuque. Selon le maire Pierre-David Tremblay, le registre est une bonne chose.

«On a fait la réflexion sur ce sujet récemment et on est pour. J’ai été policier à Montréal durant 27 ans. À Montréal, 80 % des appels sont à caractère social: disputes, cas de violence conjugale. Le registre apporte un certain contrôle. C’est bon d’en avoir, c’est ce que j’ai vu dans ma pratique. Comme policier, ça m’a servi plusieurs fois dans ma carrière. Plus tu contrôles, moins il y a d’armes en circulation. Et ici, nous avons la bibliothèque Annie-St-Arneault. Il y a toute la symbolique, un respect pour Mme St-Arneault», raconte M. Tremblay, en faisant référence à cette victime de la tuerie de la Polytechnique de Montréal survenu en décembre 1989.

Bernard Thompson, maire d’Hérouxville, se dit sensible aux tragédies comme Poly ou l’attentat à la mosquée de Québec. Il croit toutefois que l’aspect émotif devrait être mis de côté lorsqu’on aborde un tel dossier.

«Ce sont les régions contre Montréal. C’est là, le problème. C’est une loi bâtie à coup d’émotivité et ce n’est pas sain. On a manqué l’aspect rationnel des choses. Qu’est-ce que ça donne de plus, un registre? Quelqu’un doit avoir un permis (de possession) pour avoir une arme. Si on a déjà une inscription avec le permis, après le cours de manutention, le gouvernement a déjà les données. Pourquoi partir un registre à coup de millions, alors que le problème n’est pas le registre? Il faut regarder qui on a pointé avec le registre: les chasseurs. Et ce ne sont pas eux qui tuent du monde», mentionne le maire Thompson.

Ce dernier indique que plusieurs chasseurs l’ont interpellé sur le sujet. Michel Bourassa, maire de Saint-Alexis-des-Monts, tient le même langage.

«Je m’en fais parler tous les jours depuis le mois de décembre. Les gens disent que le registre est inutile. Dépenser 25 millions de dollars et avoir 75 % des armes qui ne sont pas enregistrées, c’est un peu de l’entêtement. Ce qu’on entend en ville et dans les régions de chasseurs, c’est différent. Si les gens réagissent comme ça, c’est qu’ils sont assez intelligents pour voir que ça ne fonctionne pas vraiment. Ils ont l’expérience du registre canadien et il a été aboli.» M. Tremblay sait que le registre peut représenter un sujet délicat pour les chasseurs. Mais le maire de La Tuque souligne que le permis de possession d’armes à feu demeure un privilège.

«C’est la même chose que pour un permis de conduire. T’as un permis pour utiliser le véhicule et ton véhicule doit être immatriculé. Le permis d’acquisition et de possession d’armes à feu n’indique pas le nombre d’armes que tu utilises. Tu aimes ton sport? Tu immatricules ton véhicule pour aller dans le bois et tu fais la même chose avec ton arme. Je suis un chasseur. La loi ne me brime pas. Ça prend 20 minutes pour enregistrer mes armes, ça ne coûte rien. J’ai inscrit mes armes.»

M. Thompson et M. Bourassa insistent sur le fait que leur municipalité n’encourage nullement la désobéissance face à cette loi provinciale. Les deux maires croient d’autre part que l’argent investi dans le registre devrait plutôt aller en prévention et en soutien à des organismes.

«Selon les gens, le gouvernement ferait mieux de mettre l’argent en santé mentale. On s’enlise dans des millions de dollars et ça ne finira plus», dit M. Bourassa.

«Il faut parler de prévention, avance Bernard Thompson. Il faut accorder de l’aide aux organismes communautaires pour les couples en difficulté et au soutien aux hommes et aux femmes avec des problèmes de santé mentale avant de mettre des millions pour un registre qui n’empêchera jamais une personne de tirer.»

«Ce n’est pas parce que tu mets de l’argent en santé mentale qu’on n’aura plus personne de malade», réplique M. Tremblay.

À titre de préfet de la MRC de Mékinac, Bernard Thompson va suggérer aux autres municipalités d’emboîter le pas. «Je comprends ceux qui veulent se chercher une sécurité. Mais ce n’est pas dans un registre.»

AUTRE LIEN :

Des maires qui font fausse route.

Par Serge St-Arneault, M.Afr

J’ai été invité par le maire d’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, Monsieur Dimitrios Jim Beis, à un point de presse pour souligner le deuxième anniversaire de la tragédie de la Grande Mosquée de Québec du 29 janvier 2017. En compagnie de Sylvie Haviernick, j’y figurais en tant que représentant de « Polysesouvient ». Les Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique, Monique Bonnefoy et Rita Toutant, m’accompagnaient.

L’attachée politique du maire, Sophie Mohsen, m’a encouragé pour la circonstance à vêtir notre habit ‘Pères Blancs’; la gandoura, le burnous et le rosaire. En effet, l’événement se voulait aussi œcuménique. Plusieurs imams du secteur de Pierrefonds-Roxboro ainsi qu’une pasteure-prêtre anglicane étaient présents. Les photos montrent bien la variété de gens présents; politiciens, agents de paix, médias.

 En plus du maire, quelques personnes ont pris la parole pour affirmer l’importance du vivre-ensemble harmonieux. Pierrefonds-Roxboro est d’ailleurs très cosmopolite. La tragédie du 29 janvier 2017 à Québec a eu comme impact positif de non seulement dénoncer les actes de haine liés à l’islamolphobie, mais aussi d’affirmer haut et fort que nous appartenons tous à une seule et même humanité malgré nos différences raciales, culturelles ou religieuses. Privément, en compagnie de deux imams dont l’un d’origine indonésienne, j’ai apporté mon soutien au fait que nous appartenons à la même humanité. Notre conversation s’est tenue en anglais, mais, pour l’essentiel, voici ce que j’ai ajouté : « Lorsque des musulmans sont assassinés à cause de leur religion, moi qui suis chrétien, je vois en eux des sœurs et des frères injustement tués. C’est le même genre de fanatisme qui est la source de la tragédie de la Polytechnique du 6 décembre 1989. Tout cela me peine grandement. Il en est de même pour vous lorsque des extrémistes musulmans assassinent des chrétiens à cause de leur foi. Eux aussi sont vos sœurs et vos frères injustement tués. Nous devons à juste titre dénoncer l’islamophobie. Nous devons également dénoncer la christianophobie. » Les imams ont hoché la tête en signe d’approbation.

Le maire de Pierrefonds-Roxboro invite ses résidents à signer le livre de solidarité dans le cadre de la Journée de commémoration et d’action contre l’islamophobie et toutes formes de discrimination

Pour commémorer le deuxième anniversaire de l’attentat de la Grande Mosquée de Québec du 29 janvier 2017, et dans le souci de poursuivre la construction du vivre-ensemble, le maire de Pierrefonds-Roxboro, M. Dimitrios (Jim) Beis, convie ses citoyens et citoyennes, dans la salle du Conseil d’arrondissement entre 8 h et 19 h pour signer le livre de solidarité afin de témoigner leur sympathie.

Cet événement fait suite à l’engagement que s’est donné le maire, avec le support de son conseil d’arrondissement, de souligner annuellement la « Journée de commémoration et d’action contre l’islamophobie et toutes formes de discrimination », afin de non seulement perpétuer la mémoire des 6 victimes canado-musulmanes de l’attentat du 29 janvier 2017, mais aussi pour sensibiliser la population au respect des différences.

« Nous ne pouvons ignorer les derniers rapports de Statistiques Canada démontrant l’augmentation considérable des crimes haineux à travers le pays, qui visent différentes minorités. Aujourd’hui, nous nous tenons ensemble pour dénoncer la violence motivée par la haine et la peur de l’autre » déclare M. Beis.

« J’ai l’honneur d’avoir parmi nous des citoyens de tous horizons et de toutes croyances, tant des représentants de différentes communautés religieuses que des organismes locaux luttant contre différentes formes de discriminations (sur la base de la religion, le sexe, la race, l’orientation sexuelle, et la déficience). Nous avons même des membres de « PolySeSouvient », ajoute M. Beis.

À titre de partenaire de la Semaine de sensibilisation Musulmane, l’arrondissement invite aussi la population à prendre part aux différents événements qui se dérouleront localement jusqu’au 31 janvier 2019. Dans le cadre de cette semaine de sensibilisation, des citoyens, des centres communautaires, des églises, des mosquées, des synagogues et divers organismes se sont rassemblés dans le but de promouvoir et d’encourager ce sentiment collectif de cohésion. « Ici, à Pierrefonds-Roxboro, nous avons à cœur le respect des différences et organisons continuellement des évènements qui visent à sensibiliser et à prévenir la discrimination et la violence. L’été dernier nous avions justement tenu la Marche du Maire sous le thème de la Lutte contre la violence faite aux femmes. C’est à travers des initiatives de ce type que nous réussirons ensemble à éliminer les crimes haineux et maintenir la paix et l’harmonie qui règnent dans notre arrondissement », conclut le maire.

Cliquer sur l’image pour ouvrir le lien PDF.

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Cette soirée de prière a eu lieu à la chapelle Notre-Dame de Lourdes, Montréal, le 25 janvier. Elle rassemblait des membres du Centre Afrika, le groupe des étudiants chrétiens à l’UQAM (IKTUS), des membres de la communauté de l’Emmanuel et un témoin du groupe Cenacolo.

Paix et Justice s’embrasse : chemin d’Unité.

Sœurs, frères et prêtres, nous sommes présents en Algérie depuis 150 ans, lieu de notre fondation par le Cardinal Lavigerie. Le 8 décembre dernier à Oran, nous avons commémoré la béatification de 19 personnalités chrétiennes à titre posthume. Il s’agissait de six religieuses, un frère mariste, quatre pères blancs à Tizi-Ouzou, les sept moines trappistes de l’Atlas (certains se souviendront du film intitulé « Des Hommes et des Dieux ») et de Pierre Claverie, l’évêque d’Oran.

Il faut placer ceci dans le contexte de la guerre civile qui s’est déroulée dans les années 90 en Algérie. L’extrémisme musulman a ensanglanté le pays. Plus de 150 000 Algériennes et Algériens ont été tués dont 114 imams qui se sont opposé à suivre la dérive sectaire et meurtrière des extrémistes.

Là, comme dans plusieurs autres pays limitrophes de l’Algérie, les chrétiens ont été assassinés pour le seul fait d’être chrétiens sans aucune distinction ecclésiale. Orthodoxe, Protestants, Coptes ou Catholiques, cela n’avait aucune importance. Toutes les confessions chrétiennes portent le même sang du martyre pour la foi en Jésus-Christ. L’unité des chrétiens s’exprime clairement par le sang versé. On pourrait appeler cela : l’œcuménisme spirituel.

Pour revenir à l’Algérie, lors de la cérémonie du 8 décembre à Oran, le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa a déclaré que « cette cérémonie de béatification sera une preuve supplémentaire que l’Islam en Algérie n’exclut pas les autres croyances et noue des contacts pour la paix et le vivre ensemble. » Prier pour l’unité des chrétiens n’exclu pas de prier aussi pour nos frères et sœurs de religion musulmane. En effet, le « vivre ensemble » est une œuvre de l’Esprit de Dieu et cet esprit agit de façon particulière dans le corps du Christ qui est constitué de l’ensemble de tous les chrétiens, peu importe leurs dénominations ou la variété de leurs rites, de leurs liturgies ou leurs manières de partager ou de célébrer la Parole de Dieu.

En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, souvenons-nous de nos frères et sœurs chrétiens qui ont donné leur vie pour témoigner de l’amour de Jésus pour toute l’humanité. L’amour, en effet, est un langage déraisonnable et incompréhensible pour qui n’est pas submergé par sa folie.

La tragédie des 19 récents martyres en Algérie met en valeur non pas l’héroïsme humain, mais la certitude d’être là où Dieu veut. C’est une certitude intérieure que tout retourne vers Celui qui est l’Amour et la Vie. Pour l’Église du Christ, l’important n’est pas de savoir « comment », mais « pour qui » la mort a eu lieu.

Intentions de prières :

1.    Seigneur nous te rendons grâce pour l’amour jusqu’au bout vécu par tous les chrétiens martyrisés au nom de leur foi. Que leur témoignage soit un appel et un engagement pour avancer vers l’unité de tous ceux et celles qui se reconnaissent disciples du Christ. 

2. Pour que la vie donnée des croyants de toute dénomination au nom de leur foi puisse permettre d’avancer vers un chemin d’unité construit sur la paix et la justice.

3. Dieu d’Amour, bénit soit-tu de nous avoir crées différents. Accorde à tous les chrétiens la grâce de bâtir les ponts qui nous unissent davantage dans nos diversités entre nous comme membres du même corps et à tous les autres croyants.  Seigneur, entends les supplications des enfants.

4. Nous te rendons grâces pour les multiples couleurs, cultures et coutumes qui sont les nôtres en ce monde. Dans nos diversités, rassemble-nous par ton amour. Rends-nous capables d’agir ensemble pour défendre la vie et faire que ce monde soit un foyer de justice et de paix pour toute l’humanité. Aujourd’hui, nous te le demandons : Ô Dieu, entends notre prière et donne-nous ta paix.

Prière

Seigneur Dieu, notre Père, nous te louons pour la passion, la mort et la résurrection de ton Fils Jésus, lui, le martyr par excellence, de qui vient le salut.

Tu as voulu faire partager son martyre à nos frères et sœurs de l’Église d’Algérie : Henri et Paul-Hélène, Caridad et Esther, Jean, Charles, Alain et Christian, Angèle-Marie et Bibiane, Odette, Christian, Luc, Christophe, Michel, Bruno, Célestin et Paul et ton évêque Pierre.

Nous te prions, Père, pour que, par leur intercession, se renforcent le dialogue, le respect et l’amour entre tes enfants chrétiens et musulmans.

Bénis l’Algérie et son peuple, et nous te rendrons gloire, dans la paix.

Père, nous invoquons nos martyrs pour que l’œcuménisme spirituel ouvre le chemin vers l’unité des chrétiens où paix et justice s’embrassent.

Et toi, Marie, que tous ont aimée et qui es vénérée dans la maison de l’Islam, écoute notre prière et intercède auprès de ton Fils, Jésus, notre Seigneur.    Amen.

The Conversation, January 14, 2019

The federal government has asked Bill Blair, the minister of border security and organized crime reduction, to consider whether Canada should ban handguns and “assault-style” rifles.

The media has focused mostly on the possibility of banning handguns. The idea of outlawing assault-style weapons, however, deserves more attention because this proposal could help avoid mass shootings but is extremely controversial among firearm owners.

The federal government’s engagement paper on possible new gun legislation notes that Canada’s current firearms legislation contains no definition of an assault rifle.

The paper instead offers an illustrative description from the United States Department of Justice: “In general, assault weapons are semi-automatic firearms with a large magazine of ammunition that were designed and configured for rapid fire.”

This definition suggests that the federal government is considering a ban on many semi-automatic rifles — that is, guns that can be fired each time the trigger is pulled. Such guns are distinguishable from manual action firearms that require shooters to use a mechanism to reload guns after each discharge, thus limiting rate of fire, and from fully automatic firearms that continue to fire so long as the trigger is depressed.

Canada has long prohibited the possession of automatic guns.

Some semi-automatic firearms are non-restricted, meaning they can be used for hunting and only require purchasers to obtain a basic possession and acquisition licence.

Other semi-automatic guns are classified as “restricted” weapons. Such guns must be registered and are usually only fired at shooting ranges. Owners must possess a different licence and must have authorization to transport such firearms from one location to another.

Historical context of Canadian gun control

The interest in stricter regulations for semi-automatic firearms, particularly guns based on modified military weapons, reflects historic changes in gun design, marketing and ownership in Canada.

At the beginning of the 19th century, long guns were generally single-shot, muzzle-loaded, smooth-bore weapons that were slow to load, inaccurate beyond approximately 100 metres, and often misfired.

In the mid- to late 19th century, however, breech-loading guns replaced muzzle-loaded weapons. New ammunition and rifled barrels made guns more accurate at long ranges. Manufacturers also developed firearms with magazines that could hold several rounds of ammunition to allow more rapid firing. Typically, these guns used “lever action” or “bolt action” designs to load fresh cartridges into the chamber of the barrel.

When many Canadians think of a hunting rifle, what comes to mind is one of these guns, such as a lever-action Winchester rifle. Generations of Canadians used such guns to hunt deer, moose and other game.

Historic department store catalogues suggest that the popularity of semi-automatic guns among hunters is quite new. Stores like Eaton’s, Simpson’s and Army & Navy sold mostly manual-action firearms.

In 1975, for instance, Eaton’s advertised few semi-automatic rifles. As semi-automatic firearms entered the marketplace in larger numbers, however, some Canadians began to express concern about their availability.

Semi-automatic rifles have been used in many of the most infamous mass murders in Canadian history, including the murder of 14 women in the 1989 Montreal Massacre, the murder of four RCMP officers in Mayerthorpe, Alberta in 2005, the murder of three RCMP officers in Moncton in 2014, and the Quebec mosque shooting of 2017.

Perhaps the first fight over the classification of semi-automatic guns in Canada concerned the AR-15, the firearm used in several recent mass shootings in the United States.

AR-15 restricted in Canada

In 1977, Ottawa made the AR-15 a restricted weapon. Prime Minister Joe Clark’s government reversed that decision, although Ottawa again declared it a restricted firearm in the 1990s. In 2016, Conservative MP Bob Zimmer sponsored a parliamentary petition asking that the AR-15 be reclassified as a non-restricted firearm. The AR-15, however, remains in the restricted category.

Canadians must decide how available modern semi-automatic rifles should be.

Many semi-automatic firearms based on military gun designs are now sold in Canada at stores such as Cabela’s. Manufacturers and retailers often call such weapons “modern sporting rifles” to make them sound less threatening.

Several gun groups like the Canadian Coalition for Firearm Rights argue that all semi-automatics with barrels of a certain length should be non-restricted. They suggest that guns like the AR-15 are restricted simply because of their physical resemblance to military weapons, and have urged politicians to make such guns non-restricted.

In 2016, the Conservative Party considered this change at its national convention, and Maxime Bernier has made this proposal part of his People’s Party platform.

Gun control advocates, meanwhile, question why many semi-automatics, including the Ruger Mini-14 used in the Montreal Massacre, are non-restricted.

The federal government may prove reluctant to prohibit such guns because of opposition from gun groups.

Another option

Another option is possible, however. Ottawa could make all semi-automatic rifles restricted weapons. This would force owners to pass a more rigorous screening process, require the registration of such guns and place limits on how they’re used and transported.

This is not a new idea. In 1977, the Canadian Association of Chiefs of Police claimed that semi-automatic guns were “basically designed as an instrument of war” and that they had “no sporting use either in the cultural or recreational sense.” The association thus urged Ottawa “to restrict all semi-automatic weapons as a category.”

Ottawa refused to do it. But recent mass shootings in Canada have shown that such guns, if misused, are dangerous to the public and to law enforcement.

Legislators might well keep in mind the words of A.J. Somerset, author of Arms: The Culture and Credo of the Gun. He warns that as long as semi-automatic, assault-style rifles are widely available in Canada, a massacre like the 2016 nightclub shooting in Orlando, Fla., “is not simply a U.S. nightmare on the news; it’s a shadow falling over us, a possibility we can’t ignore.”

Dans cette émission d’une demi-heure, je tente un parallèle entre la tragédie de la Polytechnique du 6 décembre 1989 et celle de Jésus assassiné sur une croix. Je fais référence aux symboles qui nous relient aux événements tragiques et l’importance de les commémorer.

Brièvement, j’aborde aussi le sens de mon engagement politique en faveur de l’abolition de la vente légale d’armes de guerre au Canada. Je considère que cet engagement est également d’ordre spirituel. Vous découvrirez comment.

Finalement, je présente quelques éléments de la célébration de béatification de 19 martyrs chrétiens qui s’est tenue à Oran en Algérie le 8 décembre 2018. Le tout se termine avec une prière de bénédiction pour l’Algérie et son peuple. Je vous invite donc à écouter cette entrevue en cliquant sur le lien suivant :


Entrevue radiophonique avec le père Serge St-Arneault, M.Afr

Le collectif PolySeSouvient souhaite que le gouvernement Legault resserre l’étau autour des propriétaires délinquants.

Stéphanie Marin La Presse Canadienne

Alors que le registre québécois des armes à feu est plutôt vide à quelques semaines de la date butoir pour l’enregistrement des fusils de chasse et des carabines, PolySeSouvient veut que le gouvernement de François Legault se fasse plus insistant afin qu’il se remplisse. Dans ce but, le collectif dévoile un sondage indiquant que la majorité des Québécois interrogés souhaitent que la loi imposant l’immatriculation de ces armes soit intégralement et immédiatement appliquée _ incluant les amendes pour les récalcitrants.

Si Québec indique clairement que les amendes _ allant de 500 $ à 5000 $ _ seront imposées dès le premier jour, PolySeSouvient croit que cela va contrecarrer le mouvement de protestation en cours. Il est mené par des groupes pro-armes à feu, qui incitent au boycottage du registre, ou à un enregistrement des fusils à la toute dernière minute, histoire de pouvoir démontrer qu’il est inutile tant le nombre d’enregistrements est faible.

Le collectif en faveur du contrôle des armes à feu espère ainsi que le gouvernement québécois leur enverra un message clair en leur disant que la Loi sur l’immatriculation des armes à feu sera appliquée à la lettre.

« Car on est pas mal certains que la majorité des participants au (boycottage) n’ont pas l’intention de payer 500 $ par arme non enregistrée, mais comptent sur peut-être la faiblesse ou la peur du gouvernement, et le fait qu’il céderait à la dernière minute pour dire que les amendes ne s’appliqueront pas », a expliqué en entrevue téléphonique Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient.

Les Québécois ont jusqu’au 29 janvier pour enregistrer leurs armes à feu de catégorie « non restreinte ». On parle ici de façon générale des armes utilisées pour la chasse, comme les fusils ou les carabines, aussi appelées « armes d’épaule ». Les autres types d’armes, soit les armes à feu prohibées et à autorisation restreinte, ne sont pas visés par la Loi sur l’immatriculation des armes à feu.

Il n’y a pas de frais pour l’immatriculation, et elle peut se faire en ligne ou par la poste. Pas besoin d’aller faire la file dans un bureau gouvernemental.

Les armes à feu non restreintes n’ont pas besoin d’être enregistrées ailleurs au Canada, une situation que les groupes québécois anti-registre jugent d’ailleurs discriminatoire. Ils ont d’autres arguments, notamment celui faisant valoir l’échec du défunt registre fédéral qui n’a, selon eux, servi à rien tout en coûtant fort cher.

C’est notamment dans ce contexte de boycottage que PolySeSouvient a requis ce sondage, qui a été réalisé par la firme Léger. « On arrive à un moment critique de la mise en oeuvre de la loi, et on voulait remesurer l’opinion publique pour que le gouvernement sache que ce n’est pas vrai que la majorité du public est contre, mais qu’au contraire, la grande majorité du public est en faveur de l’enregistrement et de l’application de la loi ».

Selon elle, « c’est une chose de dire que les propriétaires d’armes sont contre, et une autre de dire que la population est contre ».

Pour preuve, elle montre les résultats du sondage web qui a été réalisé, du 21 au 26 décembre 2018, auprès d’un échantillon de 1008 Québécois, âgés de 18 ans ou plus. La firme de sondage rapporte que près de huit Québécois sur 10 (78 pour cent) souhaitent l’application de la loi, dès son entrée en vigueur. De ce total, 62 pour cent sont tout à fait en accord et 16 pour cent plutôt en accord avec l’énoncé suivant: « La loi sur l’immatriculation des armes à feu devrait s’appliquer intégralement dès son entrée en vigueur, incluant l’émission d’amendes en cas de non-respect délibéré. »

Par contre, 9 pour cent des répondants étaient tout à fait en désaccord avec l’énoncé, 7 pour cent plutôt en désaccord, et 6 ne savaient pas ou ont refusé de répondre.

Le collectif PolySeSouvient souligne que si le coup de sonde indique que l’appui envers l’application de la loi est le plus important dans la grande région de Montréal (84 pour cent), il est aussi majoritaire dans toutes les régions du Québec, quoique dans une moindre mesure: dans l’Est du Québec (78 pour cent), dans le Centre (75 pour cent) et dans l’Ouest (66 pour cent).

À noter que les experts en recherche et en méthodologie jugent qu’il est impossible d’attribuer une marge d’erreur à un sondage réalisé en ligne puisque la méthode d’échantillonnage est non probabiliste.

Pour Guy Morin, porte-parole du groupe « Tous contre un registre québécois des armes à feu », un tel sondage n’est pas fiable, parce qu’il est payé et commandité par PolySeSouvient, qui cherche clairement à orienter le débat. « Un sondage fait pour avoir une réponse claire pour eux », dit-il.

Il note aussi qu’il y a encore « une bataille entre la mentalité urbaine et rurale », puisque les habitants de Montréal sont plus en faveur de l’application de la loi que ceux des régions.

Le registre

Selon les plus récents chiffres du ministère de la Sécurité publique, datant du 20 décembre, 284 125 armes ont été immatriculées jusqu’à maintenant.

Il s’agirait de moins de 20 pour cent du nombre de fusils de chasse et de carabines se trouvant au Québec.

Mais on ignore exactement combien d’armes d’épaule se trouvent dans la province, a fait savoir le ministère de la Sécurité publique. On sait toutefois que lorsque le registre fédéral des armes d’épaule a été démantelé en 2012 par les conservateurs de Stephen Harper, 1,6 million de telles armes à feu étaient entre les mains de Québécois.

Selon M. Morin, des propriétaires sont mal informés de leurs obligations en vertu des lois, ce qui explique en partie le faible nombre de fusils enregistrés. Mais d’autres décident volontairement de ne pas les immatriculer. Ou bien ils vont juste inscrire au registre l’arme qu’ils utilisent le plus, et non pas tous les fusils qu’ils possèdent.

Au 29 janvier, le registre sera incomplet, et donc inutilisable, avance-t-il.

Beaucoup de propriétaires d’armes à feu vont aussi rencontrer leurs députés en ce début du mois de janvier pour faire valoir leur point de vue. Mais aucune action concertée n’est prévue pour le moment: « la meilleure job se fait actuellement par les gens qui n’enregistrent pas », estime M. Morin.

Pour eux, « la seule chose qui est acceptable, c’est l’abolition (de la loi qui oblige l’immatriculation) », rappelle-t-il.

Au bureau de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, on a répété jeudi des propos qu’elle avait tenus en décembre dernier: le gouvernement mise sur la sensibilisation plutôt que sur la répression par amendes pour l’instant, et invite tous les propriétaires à enregistrer leurs armes, a indiqué son directeur des communications Jean-François Del Torchio.

Mais pour Heidi Rathjen, ce n’est pas assez.

Les propriétaires d’armes sont au courant qu’ils doivent les immatriculer, dit-elle. Ce n’est pas par manque d’information qu’ils ne l’ont pas encore fait. C’est parce qu’ils s’y opposent.

PolySeSouvient estime qu’il serait inacceptable pour le gouvernement de reculer et de ne pas imposer les amendes. Car la Loi sur l’immatriculation des armes à feu a été dûment adoptée par l’Assemblée nationale en juin 2016, rappelle-t-elle. Et cela, par une imposante majorité de députés: 99 contre huit.

Sept de ces huit opposants étaient toutefois des députés caquistes. Et deux sont maintenant ministres dans le gouvernement de la CAQ, actuellement au pouvoir.

Par Didier Oti, mercredi 26 décembre, 2018

Les fêtes de fin d’année 2018 ont une résonance particulière pour les Sœurs Blanches et les Pères Blancs d’Afrique. Depuis le 8 décembre 2018 et jusqu’au 8 décembre 2019, ils célèbrent leurs 150 ans d’existence. Ils soulignent un siècle et demi à servir les Africains tant dans leur continent qu’ailleurs dans le monde. Retour sur une aventure qui devait être ponctuelle et qui a su se perpétuer. Mais pour combien de temps encore?

À l’occasion des 150 ans de leurs congrégations respectives, la Sœur Blanche Rita Toutant et le Père Blanc Gilles Barrette du Canada sont venus à Radio Canada International pour nous les faire découvrir.

En 1868, Mgr Charles Lavigerie, alors archevêque d’Alger, crée la Société des Missionnaires d’Afrique. Outre son travail pastoral auprès des chrétiens algériens, le prélat français arrivé un an plus tôt, s’engage dans des causes sociales et humanitaires. L’Algérie est confrontée à une redoutable épidémie de choléra doublée d’une famine qui décime les populations. L’ex-évêque de Nancy sen fait une cause prioritaire. Il sollicite toutes les bonnes volontés disponibles. Des hommes et des femmes d’Église de France, des États-Unis, de plusieurs autres pays d’Europe et bien entendu Canada seront appelés en renfort. En tout, plus de 650 Canadiens répondront à l’appel de Charles Lavigerie.

« La femme est à l’origine de tout puisqu’elle est mère ».

Conscient de ce que seules des femmes-apôtres seraient en mesure de nourrir et d’élever les orphelins qui affluent à l’évêché, en 1869, Mgr Lavigerie crée, en collabora avec Mère Marie Salomé, la Congrégation des Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique. « Malgré le zèle des Missionnaires, dira Charles Lavigerie, leurs efforts ne produiront jamais des fruits suffisants s’ils ne sont pas aidés par des femmes-apôtres auprès des femmes…Ce que les hommes ne peuvent faire, les femmes le peuvent. On les admet avec facilité, même avec joie. La femme est à l’origine de tout puisqu’elle est mère ».

Pour des raisons d’efficacité, mais aussi d’humilité et d’acceptabilité, ces religieux adoptent les mœurs locales. Ils apprennent à parler arabe. Pour Mgr Lavigerie, «Cette étude est d’une nécessité telle que l’on peut dire qu’elle prime tout le reste car sans la connaissance de la langue, il est impossible de ne rien faire comme apostolat auprès des Africains. » Même entre eux, les Missionnaires doivent parler plus entre eux que la langue des tribus au milieu desquelles ils résident » vont donc manger et s’habiller comme des Arabes ou des Kabyles, etc.

D’ailleurs, c’est en raison de leur habillement, en particulier de la tunique algérienne blanche qu’ils vont se faire appeler «Pères Blancs» et «Sœurs Blanches». Les deux instituts au sein desquels ils œuvrent porteront les mêmes surnoms. À partir de à partir de 1894, lorsqu’ils étendent leurs activités à l’Afrique subsaharienne, ces deux instituts deviendront officiellement la Société des Missionnaires d’Afrique et la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique.

Lutte contre l’esclavage

Confiant en l’avenir des Africains, Mgr Charles Lavigerie s’est battu pour l’abolition de l’esclavage. Pour cela, il a pu compter sur quelques correspondants et bienfaiteurs au Canada. À la fin des années 1880, il est le grand artisan de la prise de position ferme de l’Église catholique dans la condamnation de l’esclavage.

Il prend son bâton de pèlerin afin de sensibiliser les Européens sur ce fléau qu’est l’esclavage. Sa campagne porte fruit puisque sous l’impulsion des Britanniques ayant saisi la pertinence de son message, des représentants de seize puissances vont débattre du sujet.

Et en 1890, ces puissances vont signer la Convention de Bruxelles destinée à « mettre un terme aux crimes et aux dévastations qu’engendre la traite des esclaves africains, afin de protéger efficacement les populations aborigènes de l’Afrique et d’assurer à ce vaste continent les bienfaits de la paix et de la civilisation ».

Une œuvre qui a survécu à son créateur

Deux ans plus tard, le 26 novembre 1892, Mgr meurt à Alger. Mais son œuvre, à travers les Pères Blancs et les Sœurs Blanches, se perpétue. À l’actif des premiers, on peut citer des paroisses, des hôpitaux, des écoles techniques, des séminaires, des dictionnaires, des journaux, la formation des prêtres, le développement et j’en passe.

Les secondes, les Sœurs Blanches, ont quant à elles notamment contribué à la fondation de 22 congrégations religieuses féminines en Afrique. Elles ont œuvré dans l’éducation scolaire et professionnelle, les soins infirmiers, la pastorale et le développement. À l’instar des Pères Blancs., les Sœurs Blanches privilégient également le dialogue islamo-chrétien.

Souvenons-nous que le fondateur du mouvement, le Cardinal Lavigerie, avait tissé de fortes relations avec les musulmans au Liban, en Syrie et en Afrique du nord. Ensuite, la congrégation a vu le jour et s’est développée en Algérie, c’est-à-dire en milieu arabo-islamique. Donc, le rapprochement interreligieux est naturel pour ces missionnaires.

Comme leurs homologues masculins, les Sœurs Blanches ont aussi africanisé leur couleur. Burundaises. Rwandaises, Congolaises, Tanzaniennes et j’en passe, ont intégré la congrégation. Les postes de supérieures générales, maîtresses des novices, économes jadis occupés par des Européennes ou des Canadiennes, sont progressivement passées aux mains des Africaines.

Hors d’Afrique, Au Canada par exemple, ces missionnaires travaillent sans relâche auprès des Africains : aide à l’intégration, soutien aux pauvres et aux migrants, création d’un espace culturel accessible à tous, expositions, conférences, tables-rondes, amélioration du vivre-ensemble, etc.

La crise des vocations : l’épée de Damoclès

En 2018, outre l’Afrique, Sœurs Blanches et Pères Blancs sont toujours actifs en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Asie et en Europe. Mais leurs effectifs sont en baisse constante. En 2013, on comptait 750 Sœurs blanches. Deux ans plus tard, en 2015, elles n’étaient plus que 727. En moins de quarante ans, leurs effectifs ont été divisés par trois. Résultat : la moyenne d’âge des sœurs en Belgique par exemple était de 82 ans en 2011. C’est désormais l’Afrique qui pourvoit à la demande.

Chez les Pères Blancs la tendance est similaire. Au 1er janvier 2018, ils étaient 1,210 soit 22 membres de moins qu’un an plus tôt. À titre de comparaison, dans les années 60, ils étaient plus de 3000. En 1998, ils n’étaient plus que 2098. Si on prend les Prêtres avec Serment perpétuel qui constituent le plus gros des effectifs, ils sont passés de 1,105 en 2017 à 1,066 en 2018. Seuls l’Asie (16) et le continent africain (14) ont connu une légère hausse de leurs effectifs entre 2017 et 2018.

Avec la crise des vocations religieuses que le Pape François en personne qualifiait en 2017 de véritable «hémorragie» qui «affaiblit la vie consacrée et la vie même de l’Église», le principal défi auquel sont confrontées la Société des Missionnaires d’Afrique et les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, c’est le renouvèlement de leurs effectifs. La survie de ce mouvement qui célèbre son 150e anniversaire en dépend.

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Contrairement aux Canadiens, un récent sondage Léger indique qu’une majorité de Québécois s’opposent au port de signes religieux chez les enseignants. Un aspect intéressant de ce sondage est que cette majorité atteint 73% chez les 55 ans et plus. Leur position est très claire: c’est «inacceptable».

Dans une entrevue avec le HuffPost Québec, Benoît Lacoursière, secrétaire général et trésorier de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ), voit dans une telle interdiction une discrimination en fonction d’une caractéristique identitaire, alors que Josée Scalabrini, la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), se demande si le débat sur le port des signes religieux a vraiment raison d’être, puisqu’il n’y a pas de plaintes dans les milieux scolaires.

Le fait que les trois quarts des Québécois de plus de 55 ans aient une opinion si défavorable des signes religieux ostentatoires mérite une attention particulière. Je fais moi-même partie de cette tranche de la population.

Leur langage est révélateur: «j’ai reçu une influence», «j’ai été endoctriné lorsque j’étais jeune» par des femmes voilées et des hommes en soutane et col romain, représentants de «l’emprise de l’Église catholique». Nous conviendrons que l’influence de l’Église Catholique n’est plus aujourd’hui ce qu’elle était. Pourtant, une forme de rage persiste qui va bien au-delà du rationnel. Cette colère évacue pareillement l’apport positif de l’Église Catholique dans l’histoire du pays.

Il me semble que l’opposition aux signes religieux de 73% des gens de plus de 55 ans se réfère à notre identité catholique d’avant la Révolution tranquille. Conséquemment, le voile porté par certaines musulmanes pourrait-il renvoyer symboliquement au souvenir d’une «influence» ou d’un «endoctrinement» des religieuses d’autrefois?

La perception générale est que cette tenue vestimentaire représente la subordination des femmes, ce qui porte atteinte au principe de l’égalité des sexes. De plus, les fondamentalistes musulmans font du voile la bannière la plus visible de leur idéologie. Le voile tout comme la réclusion des femmes,selon eux, découlerait d’une loi divine.

L’ardeur que certaines personnes déploient à engloutir ce qui est lié à notre culture historique imprégnée de catholicisme les empêche ainsi de rester sereins en voyant certaines femmes musulmanes voilées (car elles ne le sont pas toutes!). En d’autres mots, la source du problème n’est pas tant chez ces femmes «voilées» qu’au niveau de notre perception liée à notre culture historique imprégnée de catholicisme. En parvenant à nous pacifier avec celle-ci, nous pourrions alors nous dégager émotionnellement de la question des signes religieux appartenant à d’autres religions. De là naîtra une respectueuse neutralité religieuse.