Il y a déjà plus de 50 ans que je collabore aux publications de notre société missionnaire», confie le missionnaire Julien Cormier dans Lettre aux amis, une publication des Missionnaires d’Afrique.
«Vers 1971-72, à Québec, j’apportais quelques idées de mise-en-page au père Adrien Fontaine, alors rédacteur du Bulletin des Pères Blancs d’Afrique, diffusé à 50,000 exemplaires dans tous les milieux du Québec, des Maritimes, de l’Ontario, de l’Ouest canadien.»
«En 1975, je vins m’initier au journalisme dans l’équipe de rédaction du nouveau magazine Mission des Missionnaires d’Afrique. Parmi les publications d’importance, il y avait alors celles des Missions Étrangères, Le Précurseur des Sœurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception, Univers de la Propagation de la Foi, Apostolat des Oblats de Marie-Immaculée. Nous avons renouvelé le genre annales missionnaires.»
PolySeSouvient, un groupe de défense qui comprend des survivants et des familles du féminicide de masse de 1989, a envoyé le questionnaire aux parties cette semaine. Le groupe, qui milite pour un contrôle plus strict des armes à feu, est aussi composé de survivants et de familles de survivants des fusillades au Collège Dawson, de Montréal, et au Centre culturel islamique de Québec.
Nathalie Provost signale que le groupe vise à fournir aux électeurs une meilleure idée de la position des partis sur le contrôle des armes à feu. « L’autre objectif est de montrer aux politiciens qu’il s’agit d’un vrai problème. Avec l’été que nous venons de vivre, nous n’avons pas à le leur rappeler. »
Hélène Savard, nièce du père Louis-Philippe Girard, MAfr
Retraité et âgé de 98 ans, le père Louis-Philippe Girard habite à Chicoutimi depuis son retour de la Zambie en 2010 où il a vécu 68 ans. Les membres de sa famille ont souligné son jubilé de platine en lui préparant une fête surprise. Hélène Savard, sa nièce, nous partage un compte-rendu de cette belle rencontre.
Paddy, jeune prêtre
J’ai appris du Père Armand Galay que Paddy fêtait cette année 70 ans de vie sacerdotale. J’ai pensé qu’une rencontre familiale s’imposait. J’ai contacté mes sœurs ainsi que des cousines pour leur soumettre ce projet. Cette idée a été acceptée avec enthousiasme et nous nous sommes partagé les tâches : choisir une date, réserver une salle et un traiteur, penser à la décoration, procéder aux invitations, trouver dans les archives familiales des photos, des articles de journaux et des entrevues relatant la vie de notre oncle.
Paddy vient d’une fratrie de dix frères et sœurs, tous décédés à l’exception de Micheline, âgée de 95 ans. Ayant été déclarée positive à la COVID-19, elle n’a pu assister à l’événement. Ce sont ces neveux et nièces et leur descendance qui constituent la continuité, comme Paddy aime si bien nous le répéter.
La date du 13 août 2022 a été retenue en fonction de la présence, au Québec, de son neveu demeurant en Nouvelle-Zélande et de son cousin des États-Unis.
Or, Paddy a été hospitalisé le 27 juillet. Nous devions nous assurer qu’il obtiendrait son congé de l’hôpital pour assister à la fête. Le 10 août, nous avons été soulagés d’apprendre que notre oncle obtiendrait une permission de sortie temporaire. Puis, son médecin nous a informés que Paddy obtiendrait son congé définitif de l’hôpital le 13 août au matin, soit le jour même de sa fête.
Des recommandations nous ont cependant été faites; déplacement en fauteuil roulant, porter un masque et limiter sa consommation d’alcool à une seule bière. En fait, il a pu en consommer un peu plus, car mon frère Pierre avait prévu d’acheter de la bière sans alcool.
Pour qu’il puisse retourner à sa résidence, Paddy devait toutefois renouveler sa prescription de médicaments. Or, il était déjà 11h30 et la pharmacie fermait à midi, au moment même où commençait la fête. J’ai délégué ma sœur Dominique pour aller les chercher. La pharmacienne s’est dévouée en travaillant sur son dossier médical jusqu’à 14h00. Il faut croire que la Providence était de notre côté.
Ce fut une réelle surprise pour Paddy, car nous lui avons dit que nous l’amenions simplement dîner avant de le reconduire chez lui. J’étais accompagné de deux de mes frères. C’est donc avec étonnement qu’il a constaté que nous étions si nombreux pour le fêter.
La salle a été décorée en fonction des années que Paddy a passées en Zambie. Nous avons ajouté des sculptures africaines en ébène, sa gandoura et des photos de Paddy à la pêche, lui qui aime tant la nature. Ma sœur Marie a fait une allocution en lui rappelant l’affection que nous lui portons et l’impact qu’il a eu dans notre famille; mariages, baptêmes, messes en famille, funérailles et autres moments festifs.
Marie avait préparé deux vidéos sur la vie de Paddy. Plusieurs d’entre nous ont pleuré en voyant les images des autres membres de la famille maintenant décédés; nos pères et mères, des cousines, neveux, belle-sœur…
Vidéo 1 : famille Girard
Vidéo 2 : famille Girard
Une fois Paddy de retour à sa résidence, il s’est exclamé : je crois que je suis aimé et cela fait du bien.
Nous nous considérons chanceux d’avoir rendu hommage à notre oncle de son vivant et sommes assurés que ce souvenir allégera sa fin de vie.
Les invités à la fête
Un cousin, une belle-sœur, des ami·es, six Missionnaires d’Afrique, deux religieuses de la congrégation des Sœurs Antoniennes et 23 neveux et nièces ainsi que leurs conjoints ont participé à la fête. Ils provenaient de Chicoutimi, Falardeau, Lévis, Québec, Montréal, Saint-Jean-sur-Richelieu, Boucherville, Saint-Féréol-les-Neige, Chertsey, Nouvelle-Zélande et de la Floride.
Liste partielle de la famille : Pierre Savard et Suzanne Tremblay, Jean-François Savard et Joseph Gelineau. Sylvie Girard, Fabien Gagnon et le conjoint de Sylvie, Bruno Chantelois. Jérôme Tremblay, François Leprévost, Liliane Girard, Suzanne Tremblay et John Kidd. Roch Tremblay et Claude Tremblay. Pierre et Marie Savard. Hélène Savard.
Autres invités : Religieuses de la congrégation des Sœurs Antoniennes : France Crousette, Rose-Hélène Boily. Missionnaires d’Afrique : Réal Doucet, Jacques Caron, Jacques Bédard, André Savard, Bernard Tremblay, Yvon Bouchard.
Bref curriculum Vitae de Paddy
Lieu de naissance
St-Xavier, Chicoutimi
Date
25 septembre 1924
Entré au noviciat
2 août 1948
Entré au scolasticat
14 août 1949
Date du serment missionnaire
26 juin 1952
Date de la prêtrise
30 janvier 1954
Première nomination en Zambie
30 juillet 1954
Lieux d’apostolat
Nsakuluba, Kabunda, Mapula, Kawamba, Twingi, Lubwe, Samfya, Mufulira, Lua Luo et Kasamba
J’ai eu la chance de me rendre en Afrique du Sud au mois de janvier 2014. À environ 24 km de Pietermaritzburg, la capitale du KwaZulu-Natal (482 km de Pretoria), se trouve un musée dédié au légendaire Nelson Mandela (1918-2013). À l’origine, il s’agissait d’une ferme située à 5 km de la ville de Howick sur la route R103. C’est là que Nelson Mandela a été arrêté le 5 août 1962 après 17 mois de cavale. Il fut ensuite condamné et emprisonné pendant 27 ans avant de devenir président de l’Afrique du Sud.
Le mémorial qui lui est dédié est remarquable à plusieurs égards. En plus du vaste musée situé au haut de la colline, un sentier mène les visiteurs en direction de la route où Mandela fut arrêté.
À première vue, s’élève une étrange sculpture. Le site ressemble à un bosquet de tiges de fer. En se rapprochant, elles laissent progressivement apparaitre le profil de Mandela.
Cette sculpture, l’œuvre de Marco Cianfanelli et de Jeremy Rose, souligne le 50e anniversaire de l’arrestation de Mandela. Elle est composée de 50 colonnes métalliques coupées au laser variant de 6 à 9.5 mètres.
L’article ci-haut est publié dans La lettre aux Amis, septembre 2022. La page couverture montre la gigantesque statue de Nelson Mandela placée devant The Union Buildings, c’est-à-dire le parlement sud-africain à Pretoria. Sans la clairvoyance de Mandela, le pays aurait sombré dans une guerre civile inter-ethnique. Mandela est considéré comme le père de la nation dite arc-en-ciel qui unit tous les Sud-Africains.
I dream of an Africa which is in peace with itself.
Je rêve d’une Afrique en paix avec elle-même.
Money won’t crate success; the freedom make it will.
L’argent ne créera pas le succès, ce sont les affranchis qui le feront.
It is never my custom to use words lightly. If 27 years in prison have done anything to us, it was to use the silence of solitude to make us understand how precious words are and how real speech is in its impact on the way people live and die.
Je n’ai jamais l’habitude d’utiliser les mots à la légère. Si 27 ans de prison nous ont fait quelque chose, c’est d’utiliser le silence de la solitude pour nous faire comprendre à quel point les mots sont précieux et à quel point la parole est réelle dans son impact sur la façon dont les gens vivent et meurent.
Gros plan de la statue de Nelson Mandela placée devant The Union Buildings
En compagnie d’André Duchesneau, maire de La Tuque, en 1987.
Je peux compter sur mes dix doigts le nombre de fois que j’ai porté un col romain depuis mon ordination sacerdotale le 28 juin 1987. J’ai conservé une photo, en souvenir. En revanche, Dieu merci, je n’ai jamais porté une soutane noire quoique je suis bien fier de porter occasionnellement ma gandoura.
Je mentionne la soutane noire que les curés portaient autrefois, semblable aux habits religieux chez les Sœurs et les Frères, à la suite du témoignage d’une autochtone dans les médias : « Je n’ai eu que du dégout, dit-elle, lorsque j’ai vu ces soutanes noires », en référence avec les membres du clergé qui accompagnaient le pape François lors de sa récente venue en sol canadien.
Pour elle, ce vêtement est synonyme d’agression. Elle en garde un mauvais souvenir. Elle a aussi ajouté que le symbole de la croix représentait l’oppression.
Symbole des premiers chrétiens
La croix n’était pourtant pas le symbole des premiers chrétiens. « Ils utilisaient plutôt les symboles du poisson et des pains en souvenir de la multiplication de ces aliments par Jésus, représentant du même coup le rassemblement eucharistique ainsi que la présence du Christ ressuscité. Le symbole du poisson était accompagné des lettres « ICHTUS » (ἰχθύς) qui peuvent se traduire par « Jésus Christ, Fils de Dieu Sauveur1. »
Que faut-il donc faire maintenant au sujet des croix qui font partie du patrimoine culturel du Québec ? Faut-il les enlever de tous les lieux publics comme cela s’est fait à l’Assemblée nationale ?
De fait, il y a eu deux croix. La première datait de 1936 et la second de 1982. Elles sont maintenant réunies et bien visibles près de la porte d’entrée du Salon Bleu2 que j’ai visité en 2019.
La question suscite beaucoup de controverses comme c’est le cas pour les statues des colonialistes qui sont périodiquement déboulonnées. Que devrions-nous faire des croix comme celle du Mont-Royal3 qui est devenu une marque de commerce de la Ville de Montréal, visible sur de nombreuses publicités touristiques4 ?
De plus, des croix surplombent de nombreuses montagnes comme celle à La Tuque où j’ai grandi.
Le récent voyage apostolique du pape François au Canada se voulait être ‘pénitentiel’, une demande de pardon pour les sévices infligés aux enfants et familles des Premières Nations. La réussite de ce voyage se démontrera avec les suites qui naîtront de cette audacieuse tentative de réconciliation.
Lors de son passage à Québec, le pape François a souligné qu’il serait erroné d’être nostalgique d’un monde sacralisé, d’une société d’autrefois où l’Église et ses ministres avaient plus de pouvoir et d’importance sociale. Selon lui, « la diminution de l’importance sociale de l’Église ou la perte de richesse matérielle et de privilèges demande de réfléchir aux changements dans la société qui ont influencé la façon dont les gens pensent et organisent leur vie5. »
Toujours selon le pape François, il s’agit de construire une Église « humble, douce, miséricordieuse, qui accompagne les processus, qui travaille avec détermination et sérénité à l’inculturation, qui valorise chacun et chaque diversité culturelle et religieuse. »
Et le symbole de la croix alors ?
Les Premières Nations ont été progressivement dépossédées et relayées dans des ‘réserves’6 . Pouvons-nous réparer les tords qu’elles ont subit ? Pouvons-nous considérer la demande des femmes mohawks de retirer la croix du Mont-Royal ? Oserions-nous nous déposséder à notre tour d’un puissant symbole qui représente le sacrifice de Jésus-Sauveur ? Ne devons-nous pas nous déposséder de ce puissant symbole comme signe tangible de réconciliation si celui-ci représente l’oppression ?
Pour éviter de sombrer dans une forme de « catholicisme bashing » comme nous subissons souvent le « Québec bashing » au Canada, nous pourrions prendre librement, en tant qu’Église Catholique, l’initiative de revisiter nos symboles publics, éventuellement les modifier, dans le but, toujours selon le pape François, de « promouvoir des relations fraternelles avec tous, avec nos frères et sœurs autochtones, avec chaque sœur et frère que nous rencontrons, parce que dans le visage de chacun se reflète la présence de Dieu. »
La tombe de Maurice Le Noblet Duplessis (1890-1959)
Maurice Le Noblet Duplessis, autrefois Premier Ministre du Québec, décédé le 7 septembre 1959 à Schefferville, est enterré au cimetière Saint-Louis à Trois-Rivières. Sa pierre tombale est particulièrement représentative d’une époque où le politique, le social et le religieux cohabitaient étroitement.
Mais, pourquoi y avoir érigé une si grande croix ? Certes, d’autres pierres tombales portent une croix, mais pas aussi volumineuse. Je présume qu’à cette époque, socialement parlant, un personnage d’État méritait qu’on souligne son statut avec une plus grande croix.
Aujourd’hui, notre sensibilité n’est plus la même. La pierre tombale de René Lévêque au cimetière Saint-Michel de Sillery à Québec ne porte aucune trace d’une croix. Voilà la nouvelle normalité.
Tout compte fait, il est périlleux de retirer les symboles du passé même si elles évoquent l’oppression. Une blessure ne doit pas en engendrer une autre. Cependant, nous bénéficierions tous de revisiter respectueusement le pouvoir des symboles qui ont façonné et qui façonnent différemment maintenant notre vie collective et publique.
Le génocide culturel
Le drame vécu par l’ensemble des Premières Nations est plus profond que les symboles rattachés aux soutanes noires ou aux croix. Il est reconnu que le gouvernement fédéral a mis en place un système de suppression des éléments culturels de ces populations avec le consentement des Églises (Catholiques et Anglicanes). Il s’agit d’une tentative d’assimilation et de génocide culturel. La question est de savoir pourquoi les Églises ne se sont pas opposées à cette idéologie. Le prix à payer pour cette collaboration entre l’État et l’Église est maintenant très lourd.
Prêtre incognito
Je considère la laïcité comme une bénédiction. Mon identité est intimement liée à mon engagement comme prêtre missionnaire. Je suis également heureux de ne pas devoir m’identifier par un habit religieux ou un col romain, sauf pour des fonctions pastorales comme la célébration de la messe.
La séparation de l’État et de l’Église est aussi une bénédiction. Historiquement, l’Église Catholique, tout comme les autres Églises, a tiré profit du pouvoir qu’elle exerçait, même au nom du service évangélique commandé par Jésus.
La diminution du nombre de prêtres et la disparition des certaines communautés religieuses sont également une bénédiction. Les croyants chrétiens catholiques, laïcs et religieux, ont une chance historique pour renouveler la profondeur de leurs expériences spirituelles et d’en témoigner sans recherche de prestige, égaux avec toutes les personnes de bonne foi de toutes les orientations spirituelles et religieuses. L’avenir de nos communautés croyantes et non-croyantes s’oriente vers l’interculturalité, une notion qui affirme que notre diversité culturelle est une richesse, non une menace.
Comment pouvons-nous intégrer la spiritualité de l’interculturalité dans notre quotidien ?
Nous devons être prêts à changer notre regard et nos modes de perception.
En développement une démarche constructive.
En considérant l’autre personne ou l’autre groupe comme une source de complémentarité.
En appréciant l’autre comme un don pour moi, non pas une menace.
Ainsi, une communauté interculturelle devient un don pour tous.
Nous devons valoriser la diversité qui est voulue par Dieu.
À l’exemple de Moïse qui doit se déchausser pour pénétrer dans le lieu sacré de la rencontre, nous aussi, nous nous déchaussons de nos préjugés pour prioriser la spiritualité de l’interculturalité.
Nous sommes tous les enfants d’un même créateur.
La diversité est un don de Dieu.
La diversité est suscitée par l’Esprit de Dieu.
Nous devons chercher à atteindre ou tendre vers la spiritualité de communion.
Pour bien jouer son rôle, l’Église devrait avant tout être la maison ou l’école de la communion.
À privilégier : le regard du cœur, l’attention à l’autre, la capacité de voir le positif chez l’autre (personne ou groupe) et partager les fardeaux.
Nous devons construire la fraternité (référence : 1 Jean, 4,20).
En élargissant notre « cercle de fraternité »
En devenant des LIEUX D’HOSPITALITÉ SOLIDAIRES en privilégiant le vrai dialogue et la construction progressive d’une spiritualité interculturelle dans l’accueil de l’autre.
François : la sécularisation, « un défi pour notre imagination pastorale ». Texte de Adélaïde Patrignani, Cité du Vatican, 29 juillet 2022. ↩︎
Selon Wikipédia, au Canada, une réserve indienne (en anglais : Indian reserve) est une partie des terres de la Couronne mise « à l’usage et au profit » d’un groupe autochtone membre des Premières Nations. ↩︎
Les jours du crucifix qui trône dans la salle du conseil municipal de la Ville de Québec pourraient être comptés. La Commission consultative sur le vivre-ensemble recommande le retrait de la croix accrochée à la gauche du siège de la présidence. (…)
L’entrée du crucifix à la salle du conseil de la Ville de Québec précédait de quelques mois l’introduction de la croix à l’Assemblée nationale par le gouvernement de Maurice Duplessis. Cette dernière ne figure plus au Salon bleu depuis 2019, à la suite d’une motion adoptée à l’unanimité par les parlementaires. (…)
Une bonne décision serait de mettre le crucifix derrière une vitrine dans le couloir, comme objet témoin de l’évolution de notre société.
AUTRE LIEN – 2 septembre 2025 :
EXTRAIT PARTICULIÈREMENT INTÉRESSANT DE CE REPORTAGE :
“One of the difficulties of this conversation is that when you use the expression ‘separation of church and state’ anywhere in North America, besides Quebec, it means we will protect religion from the intervention of government,” Poupko said. “In Quebec, it means we will protect government from the intervention of religion.” Rabbi Reuben Poupko
« L’une des difficultés de ce débat réside dans le fait que lorsque l’on utilise l’expression « séparation de l’Église et de l’État » en Amérique du Nord, à l’exception du Québec, cela signifie que nous protégerons la religion de l’intervention du gouvernement », explique M. Poupko. « Au Québec, cela signifie que nous protégerons le gouvernement de l’intervention de la religion. » Rabbi Reuben Poupko
Vidéo de 10 minutesde Mathieu Lavigne, directeur de Mission chez nous, publiée par ECDQ.tv le 14 juillet 2022.
La visite du pape au Canada se fait en mettant de l’avant l’importance de la vérité de ce qui s’est passé notamment dans les pensionnats, avec l’espérance que cela apporte un vent de réconciliation et de guérison. De nombreux pas sont possibles, mais se connaître davantage entre allochtones et autochtones peut favoriser une plus grande amitié entre nous. Mieux tenir compte de l’expérience historique des autochtones est aussi une autre piste. Comment arriver à faire cela ?
Mathieu Lavigne aborde ces sujets avec nuance et délicatesse tout en proposant des pistes concrètes pour en apprendre toujours davantage sur les Premières Nations! Il est le directeur de Mission chez nous; un organisme de solidarité chrétienne avec les Premières Nations fondé par l’Assemblée des évêques catholiques du Québec.
Après un intermède de deux ans causés par la pandémie de la Covid-19, voici qu’un nouveau microprojet vient d’être lancé pour appuyer de jeunes mères étudiantes en Tanzanie. Déjà, en 2020, lors de la première expérience dans ce pays grâce au soutien de l’Aide Internationale à l’Enfance (l’AMIE), l’équipe de sept bénévoles de Jocelyne Martin s’était associée avec une congrégation de religieuses tanzaniennes; « The Missionary Sisters of St Theresa of the Child Jesus Congregation » pour la construction d’un dortoir pour adolescentes dans une école secondaire à Mwanza, incluant de jeunes albinos ou amélaniques. Les résultats ont été très éloquents.
Fort de cette première expérience, une nouvelle équipe se prépare pour donner un coup de main pour un autre projet. À Mwanza, Sœur Felista Tango, professeur au Département d’éducation de l’Université de Saint-Augustin[i], avait facilité le succès du projet. Maintenant, à Arusha, situé à plus de 600 km de Mwanza, Sœur Docteure Salomé Nyitalasa assistera les bénévoles et bénéficiera elle-même de ce nouveau projet.
Pavillon d’accueil à Arusha pour jeunes filles-mères
En effet, la docteure Salomé a constaté que plusieurs jeunes filles délaissent l’école lorsqu’elles deviennent enceintes et donnent naissance à leur bébé. Le projet consiste à réaménager un pavillon d’accueil déjà existant et ainsi permettre à ces jeunes mères d’accoucher dans de meilleures conditions, de prendre soin de leur nouveau-né en toute sécurité et poursuivre aussi leur éducation.
Rôle des membres bénévoles de l’équipe de Jocelyne Martin
Le rôle de l’équipe de bénévoles est de réaliser ce microprojet en respectant leurs partenaires tanzaniens dans sa réalisation. Par leur don personnel, chaque bénévole est appelé à débourser une partie des coûts de rénovation du pavillon, payer son propre billet d’avion et ses frais de séjour. Cela représente $4000.
Les dates prévues vont du 11 janvier au 11 février 2023. Jocelyne Martin assurera les préparatifs pour le logement et veillera à l’achat des matériaux avant l’arrivée des bénévoles. Voici la liste des bénévoles déjà recrutés pour ce projet :
De gauche à droite; Solange Massicotte, André Jalbert (l’Amie), Jocelyne Martin, Yves Bisson, Jocelyne Bordeleau et Lise Côté. Sur l’écran : Josette Laliberté et Jean Pierre Coljon. Jean Marc Thoin manquait au moment de la prise de photo, mais fait partie de l’équipe.
Demande d’aide
Le microprojet présenté aujourd’hui consiste à ajouter un montant de $4000 pour l’achat d’équipement dans la salle d’accouchement, compléter les achats nécessaires pour les rénovations et meubler une salle de classe.
Souhaiteriez-vous soutenir financièrement ce microprojet ou vous joindre au groupe de bénévoles ? Jocelyne Martin se fera un plaisir de répondre à vos questions.
Siège social : 840, rue Raoul-Jobin, bureau 300 Québec QC G1N 1S7 – Tél. : 418 653-2409 Courriel : amie@amie.ca
Site Internet : http://www.amie.ca No d’organisme de charité : 11900 2228 RR0001
[i] Fondé en 1998, en tant que successeur du Nyegezi Social Training Institute (NSTI) – s’est fondé en 1960 en tant que Nyegezi Social Training Center par les Pères Blancs catholiques (maintenant appelés les Missionnaires d’Afrique). Statut actuel acquis en 1998. Financement : Privé Accréditation : Tanzania Commission of Universities (TCU). La source : https://fr.uni24k.com/u/14709/
Née à Agadir dans les années 1960, Osire Glacier (Hadouche) a vécu au Maroc jusqu’à l’âge de 17 ans. Après quelques années en France et au États-Unis, elle a déménagé au Québec pour y réaliser une maîtrise à l’Université Laval, puis un doctorat à l’Université McGill. Spécialiste de l’histoire des femmes et des droits de la personne au Maroc et dans le monde arabe, conférencière et professeure d’histoire et de sciences politiques, elle tente, par ses travaux et ses recherches, d’apporter sa contribution à la connaissance du Maghreb et souhaite collaborer à un meilleur vivre-ensemble en offrant un éclairage constructif au dialogue québécois.
Ce livre est un récit autobiographique et historique. Centré sur la condition des femmes et les luttes populaires pour la démocratisation au Maroc, il prend la forme d’une double chevauchée : l’une individuelle permettant aux lectrices et aux lecteurs de pénétrer dans l’intimité d’un foyer, et l’autre collective les invitant à assister aux combats citoyens. Ainsi, tout en relatant la carrière de mon père en tant qu’opposant politique, le livre couvre les événements historiques clés survenus entre 1921 à nos jours au Maroc, dont les luttes anticoloniales, l’avènement du néocolonialisme sous l’apparence d’une indépendance formelle, l’institutionnalisation du capitalisme prédateur, l’édification d’une façade démocratique, l’éradication du socialisme, les politiques d’islamisation de la société poursuivies par l’élite dirigeante et l’émergence de l’islamisme.
Originalité
Le livre relate des fragments longtemps effacés de l’histoire du Maroc contemporain. Il procède ainsi à une récriture corrective des concepts et des événements clés véhiculés par l’histoire officielle.
De façon indirecte, le livre déconstruit les croyances erronées qui divisent l’Occident « démocratique » et les terres de l’islam en identités opposées. D’un côté, en dévoilant les combats citoyens, il montre que la population marocaine œuvre avec des ressources limitées et prend des risques personnels pour obtenir de réels droits sociaux, économiques, culturels, civils et politiques. L’objectif ultime de ces luttes citoyennes est, par conséquent, l’avènement de la démocratie. D’un autre côté, les pays occidentaux contribuent à la destruction des forces vives ainsi qu’à la défaite des luttes de démocratisation au Maroc, notamment en vendant à l’élite dirigeante des équipements militaires et une infrastructure électronique de surveillance de masses.
Contribution
Ce livre peut servir de manuel pour les étudiants de premier cycle et des cycles supérieurs dans les domaines des études nord-africaines ; études coloniales et postcoloniales ; Femmes, démocratie et droits humains dans le monde musulman.
Selon la nouvelle publiée sur le site internet du diocèse de Montréal, « Le 24 juin, nous célébrons la Saint-Jean, la fête du saint patron du Québec. Cette journée de fête, autant religieuse que civile, unit petits et grands depuis plus de 150 ans. Cette année encore, le Diocèse de Montréal donnera le coup d’envoi aux célébrations par la traditionnelle messe de la Saint-Jean-Baptiste, célébrée à l’église du même nom située sur le Plateau Mont-Royal. »
Le site internet du diocèse ajoute que « Les Fêtes de la Saint-Jean ont une longue histoire dans la province. C’est le 24 juin 1834 que sera chanté pour la première fois le « Ô Canada! Mon pays, mes amours » de George-Étienne Cartier lors d’un grandbanquet patriotique près de l’ancienne Gare Windsor à Montréal. Dès lors, on se promet d’en faire une fête annuelle. En 1842 a lieu une grandeprocession religieuse, inaugurant ainsi la tradition du défilé de la Saint-Jean. Cette procession introduit les chars allégoriques en 1874. Arrivera avec ceux-ci l’introduction de la représentation traditionnelle de Saint-Jean-Baptiste sous la forme d’un petit garçon frisé accompagné d’un mouton. Quel honneur pour l’heureux choisi pour jouer ce rôle! »
Ceci est très intéressant. Le chant patriotiqueÔ Canada de 1834 et la grande procession religieuse du défilé de la Saint-Jean de 1842 encadrent la révolte des patriotes de 1837-38. Avec ces simples dates, il est permis d’imaginer le climat hautement tendu, tant social que religieux, de cette époque. La fête de la Saint-Jean s’est associée à une revendication d’ordre politique, avec la bénédiction de l’Église Catholique. Ce n’est pas rien!
Mais, le défilé de la Saint-Jean, c’est spécial. Au tournant du nouveau millénaire, j’ai assisté au défilé de la Saint-Jean qui s’est déroulé dans les rues du Vieux-Montréal en pleine nuit débutant de l’est vers le centre-ville. Une semaine plus tard, j’ai aussi participé du défilé de la fête du Canada du 1er juillet. Le cortège prit son élan au coin des rues Berry et Sherbrooke, vers l’ouest et en plein jour. Deux visions diamétralement opposées!
La récente pandémie a calmé toutes les ardeurs, quelles soient patriotiques, climatiques ou autres. Cette année, à Montréal, il n’y a pas de défilé de la Saint-Jean. Il y a plutôt des fêtes de quartiers et des spectacles. La nouveauté, c’est le « défilé stationnaire » situé sur le boulevard Maisonneuve où les gens sont invités à défiler devant les « chars » allégoriques.
En ce beau vendredi après-midi, ensoleillé et relaxant, les gens défilent. Ils deviennent les acteurs de la marche au lieu de regarder sans broncher le passage d’un défilé. La dynamique a complètement changé. Il n’y a plus de direction est-ouest. Le défilé stationnaire se poursuivra ce soir. Il n’y a donc plus de jour ou de nuit. Les oppositions laissent place à une participation active des gens non seulement en regardant, mais aussi en touchant à un défilé dit stationnaire. Voilà une intéressante nouveauté presque contradictoire !
Note finale du site internet du diocèse de Montréal : « En 1908, le pape Pie X proclame Saint-Jean-Baptiste, le patron des Canadiens français. En 1925, le gouvernement du Québec fera du 24 juin un jour férié. Finalement, le 11 mai 1977, le 24 juin devient officiellement le jour de la Fête nationale du Québec. »
La politique n’a pas récupéré la fête religieuse. Il s’agit plutôt de deux aspects d’une même fête intimement associés depuis 1842. La nouveauté, c’est qu’au niveau institutionnel, elle est devenue «stationnaire » ou figée en termes politique, constitutionnel et religieux. Mais, au niveau populaire, la manière de fêter permet aux gens de marcher à leur rythme, quand et comme ils le veulent; de l’est ou de l’ouest, de jour ou de nuit. D’une certaine façon, c’est une brillante manière d’éviter la confrontation dans un climat politique, social et religieux de plus en plus enclin à la polarisation.
Bonne fête nationale. Bonne fête de la Saint-Jean.