Le Centre Afrika – Afrique missionnaire à Montréal, Québec, Canada – Freddy Kyombo prêtre du Congo

Entrevue avec Freddy Kyombo animé par Daniel Dargis

Daniel Dargis

Daniel Dargis a interviewé Freddy Kyombo au sujet de la mission du Centre Afrika ainsi que sa vision là où une équipe de Missionnaires d’Afrique, religieuses et prêtres, anime un centre communautaire pour toute personne désireuse de collaborer à la création d’un espace d’hospitalité solidaire ouverte sur le monde. Que ce soient des associations, regroupements d’entrepreneurs ou personnes d’origine africaine, afrodescendante ou de souche canadienne, toutes et tous sont les bienvenus.

LIENS :

Daniel Dargis reçoit Freddy Kyombo, prêtre #missionnaire d’Afrique, originaire de la République Démocratique du Congo RDC, pour nous parler du Centre Afrika #afrika à Montréal, Québec, Canada.

Vidéo de la Journée Mondiale de l’Afrique au Centre Afrika – 27 mai 2023

Titre : Journée Mondiale de l’Afrique au Centre Afrika

Date : 27 mai 2023

Lieu : Centre Afrika, 1644 rue St-Hubert à Montréal

Production : Mombo Film

DIAPORAMA DE LA VIDÉO :

Texte de Julien Cormier

Un des animateurs du Centre Afrika, le confrère Freddy Kyombo Senga me téléphone,

— « Jimi, viendrais-tu prendre quelques photos. Un petit marché ‘africain’, tenu par des femmes d’Afrique. Ça peut t’intéresser car il y a plusieurs tables avec des dames du Niger. »

J’y ai vu des Nigériennes, des Congolaises RDC, des Maliennes, une Burkinabé… En général, il s’agit de jeunes femmes dynamiques, l’une infirmière, l’autre étudiante à l’université, d’autres dans la fonction publique, au Provincial ou au Fédéral… Presque toutes bien intégrées et avec la citoyenneté canadienne.

Elles ont comme leurs sœurs, « les Maman Benz » d’Afrique, un talent pour faire du commerce, pour lancer une petite distribution de produits typiques. Comme ces deux amies du Niger, que je revois, qui ont un commerce de viande séchée, façon Niger, le kilishi (ou kilichi).

Plusieurs ont des tables où se vendent des bijoux, des pagnes, des robes et des parfums. Après un petit tour, je dis à l’une d’elle :

— « Mais, à part les brochettes, vous n’avez que des produits pour les femmes ! »

Elle me regarde avec un sourire,

— « Plusieurs de nos parfums, si nous les vendons aux femmes, c’est pour les aider à donner de la force à leurs maris. »

Et une autre dame, une Guadeloupéenne, me dit en me donnant son feuillet :

— « Nous nous occupons d’aider les familles dans leur adaptation… et ceux qui ont souvent besoin d’accompagnement sont les hommes, parfois perdus devant le nouveau style de vie et le comportement de leurs épouses… et encore plus de leurs enfants qui adoptent les manières, les politesses (vues comme des impolitesses en Afrique) influencées par les écoles et le milieu de vie du Québec. Les maris et les papas sont les premiers désemparés. Pas tous. Mais plusieurs. »

PHOTOS DE L’ÉVÉNEMENT

Éditorial de la Lettre aux Amis du mois de juin 2023

C’est en lui que vous tenez bon (1Cor, 15 1)

J’ai souvent été questionné au sujet de notre choix de vie missionnaire : « pourquoi allez-vous si loin alors que nous manquons de prêtres ici ? » Cette question est plutôt récente, car, au tournant des années 1960, les prêtres étaient nombreux et le nombre de missionnaires canadiens-français avoisinait les 60,000 personnes, femmes et hommes religieux et laïcs.

De nos jours, le nombre de prêtres a beaucoup diminué ainsi que les vocations missionnaires. Pourtant, cet appel missionnaire persiste. Originaire de Beauce, notre confrère Martin Grenier retourne en Afrique, plus précisément au Malawi. En contrepartie, notre confrère Franck Kalala, originaire de la République Démocratique du Congo, est récemment arrivé au Mexique où il s’est mis à l’étude de l’espagnol.

Il en a toujours été ainsi chez les Pères Blancs depuis plus de 150 ans, parfois au prix de leur vie. Zambien d’origine, notre confrère Moses Simukonde, âgé de 35 ans, a perdu la vie tragiquement au moment où il se dirigeait à l’aéroport de Ouagadougou au Burkina Faso. Il a été accidentellement atteint d’une balle perdue, tirée par un militaire. Nous en sommes tous très attristés.

Qu’est-ce qui nous pousse donc à côtoyer le danger en pays étranger, pourquoi nous donner tant de mal à apprendre de nouvelles langues et devoir constamment nous adapter à de nouveaux environnements sociaux ? L’appel missionnaire est plus fort que tout. Il n’est certainement pas rationnel. À vrai dire, il est un élan d’amour pour témoigner de Jésus, de son Évangile, en qui nous tenons bon, comme le souligne l’apôtre Paul.

Malgré toutes les difficultés humaines, la joie est au rendez-vous ainsi que la jeunesse. Nous vous invitons à le découvrir en lisant la revue que vous tenez entre vos mains. Partageons notre espérance et solidarité avec les Sœurs de Saint-Rosaire, maintenant retraitées, qui méritent, elles aussi, de profiter d’un temps de retraite après une longue vie de dévouement.

Bonne lecture,

Père Serge St-Arneault, M.Afr

FEM – nouvelle série de fiction d’Unis TV

Une nouvelle série de fiction est présentement en tournage dans le Grand Montréal pour Unis TV intitulé FEM. Il s’agit d’une nouvelle série de fiction d’Unis TV. Ce drame musical raconte l’histoire de Zav, (Lenni-Kim Lalande) un jeune qui s’interroge sur son identité de genre. Cette série de 10 épisodes de 24 minutes, est une idée originale de Maxime Beauchamp, un jeune artiste franco-ontarien LGBTQ. Produite par Ugo média et réalisée par Marianne FarleyFEM sera diffusée sur Unis TV à l’hiver 2024.

Un musicien en quête de son identité

Dans FEM, prononcé « faime », Zav, un jeune musicien hyperpop de 16 ans, rêve de percer dans l’industrie de la musique. Parallèlement à ce désir, Zav remet en question son identité de genre. Ces questionnements lui font craindre des répercussions sur ses relations avec sa famille et sa communauté franco-ontarienne. C’est pourquoi il utilise les réseaux sociaux pour vivre anonymement sa féminité et partager son art. Toutefois, cette réalité ne pourra demeurer cachée éternellement.

Le terme FEM est l’abréviation du mot « féminin ». Il fait généralement référence à une personne de la communauté LGBTQ qui démontre des comportements stéréotypiquement associés aux femmes. 

Diffusion

Cette série de fiction sera diffusée à l’hiver 2024 sur la chaîne Unis TV incluse dans le forfait télé de base partout au Canada. La série sera également disponible sur TV5Unis. La chaîne Unis TV crée un pont entre les différentes communautés francophones du Canada et met en valeur la richesse et la diversité de la francophonie canadienne.

Scénaristes : Anne-Hélène Prévost, Maxime Beauchamp, William S. Messier, Camille Trudel, Joëlle Bond

Réalisatrice : Marianne Farley

Producteur : Patrick Bilodeau

Les 23 et 24 mai au Centre Afrika

Dix jours après le début du tournage, le Centre Afrika a offert ses locaux aux comédiens, maquilleuses, costumières et autres personnels associés à de cette production. Grâce à sa location, les acteurs et actrices pouvaient ainsi se rendre facilement à pied sur leurs lieux de tournage situés dans le Vieux-Montréal et au parc Lafontaine.

Le tournage de FEM prendra fin vers la mi-juillet. Nous espérons que ce drame fictif portera une semence de bonne nouvelle dans notre monde de plus en plus polarisé.

Patrick Bilodeau et Serge St-Arneault au Centre Afrika, 23 mai 2023

DISCOURS DU DIRECTEUR LORS DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L’AFRIQUE AU CENTRE AFRIKA – 27 MAI 2023

La maison des Missionnaires d’Afrique est heureuse de vous accueillir. En effet, le Centre Afrika a pris naissance dans cette maison en 1988. Au cours de ces 35 dernières années, le Centre Afrika a toujours bénéficié du soutien des Missionnaires d’Afrique. Dix confrères m’ont devancé comme directeur.

Nous avons eu l’immense privilège d’avoir un coordinateur chevronné que plusieurs d’entre vous ont bien connu. Jean-François Bégin a eu le souci de mettre en valeur les talents de nombreux artistes. L’une d’entre elles se nomme Djely Tapa. Un autre que vous connaissez est le balafongiste Adama Daou. Un autre du nom d’artiste RNeuf performe aujourd’hui à Toronto comme guitariste.

Pendant de nombreuses années, le Centre Afrika a développé des liens avec des institutions d’enseignement, des écoles primaires jusqu’aux universités. Nous avons accueilli des classes entières dans nos locaux et partagé notre amour pour l’Afrique. Saandiya Alloui et Jean-Marie Mousenga ont joué un rôle très important dans le service de l’accueil aux nouveaux arrivants. À tous ceux-là, je leur dis du fond du cœur : merci.

La Covid-19 a tout bouleversé

Les activités au Centre Afrika ont pratiquement cessé pendant trois années. Pourtant, les Missionnaires d’Afrique (M.Afr) et les Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique (SMNDA) n’ont jamais cessé de préparer la réouverture du centre qui a finalement eu lieu le 7 janvier dernier.

L’équipe est maintenant composée des Sœurs Monique Bonnefoy et Rita Toutant, de David Gnadouwa, Togolais, de Freddy Kyombo, Congolais de la RDC et Serge St-Arneault, Canadien. Je souligne que sans l’aide des attachés politiques de notre député fédéral Steven Guilbeault, nos deux confrères africains n’auraient pas obtenu leur visa de travail. Nous leur sommes très reconnaissants.

Freddy Kyombo, Serge St-Arneault, Steven Guilbeault, Monique Bonnefoy, Rita Toutant et David Gnadouwa

Nouvelle vision, notre mission

La nouvelle équipe du Centre Afrika s’est mise au travail l’automne dernier pour élaborer une nouvelle vision et définir notre mission. Construisant sur la base de notre expérience de plus de trente ans, nous comprenons qu’il nous est impossible de reproduire ce qui s’est fait dans le passé. Notre réalité n’est plus celle d’avant la pandémie.

Nous sommes heureux de découvrir de nouveaux visages depuis la réouverture du centre. L’existence de nouvelles associations composées de jeunes africains nous réjouit grandement. Notre centre développe aussi de nouveaux partenariats comme celui avec Montréal la Plus Heureuse.

Pendant 14 ans, les Journées Africaines, la plupart d’entre-elles ayant été tenues au Musée du Fier-Monde, ont été des moments décisifs de notre expérience de solidarité grâce aux artisans et artistes. La Journée Mondiale de l’Afrique, que nous célébrons aujourd’hui, nous permet de renouer avec ce désir de vivre ensemble l’interculturalité dans un esprit d’hospitalité solidaire.

De la même manière que la Journée Mondiale de l’Afrique vise à souligner la nécessité de renforcer l’unité et la solidarité des États africains, nous aussi nous désirons favoriser la rencontre des « Afriques » dans leurs diversités, leurs richesses culturelles et spirituelles. Nous voulons promouvoir l’intégration des Africains dans la société québécoise et contribuer au vivre-ensemble harmonieux où les différences deviennent un enrichissement.

En plus d’offrir un service d’orientation pour les nouveaux arrivants, le Centre Afrika souhaite soutenir les initiatives de ses membres et promouvoir des événements facilitant la création de réseaux fraternels et inclusifs. C’est dans cet esprit que le centre promeut le dialogue interculturel et interreligieux. Pour parvenir à ses objectifs, le centre met à votre disposition trois salles spécialement aménagées aux couleurs africaines. Bientôt, grâce à l’aide de professionnels, amis du centre, nous aurons un portail informatique qui nous permettra d’élargir notre réseau au-delà de nos frontières. Notre devise est toujours la même : vivre ensemble l’interculturalité dans un esprit d’hospitalité solidaire. Voulez-vous vous joindre à cette vision ?

Pour y parvenir, nous avons besoin de vous. Nous espérons que les initiatives viendront de vous. Nous souhaitons que le Centre Afrika devienne votre deuxième maison. Pour que cet esprit d’hospitalité solidaire devienne une réalité, nous comptons sur votre générosité. Pour le moment, presque tout repose sur la générosité des frères, des pères et des sœurs qui vivent dans cette maison, incluant le bénévolat des membres de l’équipe du Centre Afrika. La Société des Missionnaires d’Afrique offre aussi les locaux et toutes les autres facilités dont nous avons besoin pour fonctionner. Or, nous avons aussi besoin de votre soutien financier pour constituer un budget de fonctionnement. À cet effet, une boîte pour recueillir vos dons est disponible.

Le thème de la Journée Mondiale de l’Afrique de cette année est de « bâtir une résilience en matière de sécurité nutritionnelle sur le continent africain ». Pour nous aider à réfléchir sur ce thème, nous accueillons à 14h00 deux panélistes. Il s’agit d’Adrienne Deltorto qui a travaillé principalement en Afrique de l’Ouest pendant vingt ans et de Carole Brunet qui nous présentera le fruit de ses recherches dans le domaine des énergies renouvelables en Afrique.

Nous avons aussi la chance d’accueillir le groupe de dance magrébine Tafsut qui performera à 16h30. Nous terminerons la soirée sous les rythmes musicaux africains.

Entre-temps, nous vous invitons à découvrir nos exposants :

DANS LE DOMAINE VESTIMENTAIRE ET LES BIJOUX : ANNE MILAMEN – MANSSILI FACHION – ANNICETTE NOUMBI – AFRIQUE AU FÉMININ – MARIE RENÉE FAYE et EVELYNE

DANS LE DOMAINE COSMÉTIQUE – HUILES ESSENTIELLES : JEANNE FOREST

DANS LE DOMAINE LITTÉRAIRE : ANDRÉ-MAN MBOMBO – JEANNE FOREST – SYLVIE BERGERON et LUCIE COULIBALI

DANS LE DOMAINE DES SERVICES FINANCIERS : PATRICK MULELA

DANS LE DOMAINE DU BIEN-ÊTRE CORPOREL : BIENVENUE VIHO GBEASSOR, THÉRAPEUTE SPÉCIALISÉE EN MASSAGE

DANS LE DOMAINE D’ACTION SOCIALE : MARIO BARD et DANIEL DARGIS

DANS LE DOMAINE DES ŒUVRES D’ART ET ARTISANAT : MOHAMED MOUSSA et MÈRE DU MONDE EN SANTÉ

DANS LE DOMAINE CULINAIRE : PASCALINE – LYNDA – NUTRICHOIX et FANNA CLISKY

Images de la Journée Mondiale de l’Afrique au Centre Afrika du 27 mai 2023.

Par Julien Cormier, M.Afr

Félicitations ! Après sa réouverture le 7 janvier dernier, le Centre Afrika s’adapte aux réalités du « Montréal africain » post-covid en proposant ce célébrer une rencontre entre les Montréalais, Québécois de souche et les Africains récemment arrivés pour s’enrichir mutuellement et faire vivre le Québec de demain. C’est toujours une aventure.

Grâce au dynamisme de nos deux nouveaux animateurs, Freddy Kyombo Senga (RD Congo, MAfr au Mali) et David Gnadouwa (Togo, Père Blanc en Tunisie), grâce au travail des animateurs ‘survivants’, Rita Toutant (Manitoba, SMNDA en Tanzanie), Monique Bonnefoy (France, SMNDA au Ghana, au Congo RDC, au Kenya) et Serge St-Arneault (La Tuque, Trois-Rivières, Congo, Malawi, Zambie), NOUS AVONS INVITÉ DES AMIS à venir commémorer LA JOURNÉE MONDIALE DE L’AFRIQUE. Et ils ont répondu.

Il n’y avait pas grande foule… mais IL Y AVAIT DE LA VIE. Nous avons bien mangé, bien discuté, bien dansé au rythme de la Kabylie. Plusieurs ont pu s’approvisionner aux diverses tables d’alimentation et d’artisanat. Des exposants et les panélistes ont permis de réfléchir sur des enjeux sociaux touchant le continent africain. Sans autre description, voyez les photos.

Entrevues radiophoniques pour souligner la Journée Mondiale de l’Afrique au Centre Afrika – 27 mai 2023

AFRIQUE CARAÏBES

Afrique Caraïbes, 25 mai 2023

Cette semaine à l’émission, Fulgence Bla reçoit Benita Jacques qui nous fait découvrir son film documentaire l’Afrique, berceau de l’humanité et des civilisations modernes. Puis, le directeur général du Centre Afrika Mr Serge St-Arneault discute de la Journée mondiale de l’Afrique qui aura lieu le samedi 27 mai.

TÉLÉCHARGER L’ÉPISODE AFRIQUE CARAÏBES, 25 MAI 2023 

Canal M
Téléphone: 514.282.1999 poste 204
Télécopieur: 514.282.1676

CANAL M – Sur le câble, par satellite et en ligne

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Entrevue sur :

Avec :

Ismaïl Isidore Mbonigaba

https://www.facebook.com/Ismail.Mbonigaba

La Journée mondiale de l’Afrique au Centre Afrika. On célèbre ou on s’indigne? 60 ans après, est-ce que l’optimisme est au rendez-vous quant à l’évolution du continent africain? Entrevue et analyse.

Lien : https://fb.watch/kHGAlRuMYw/?mibextid=qC1gEa

À ses débuts, Radio Centre-Ville diffusait déjà à une puissance de 7.5 watts, sur la fréquence 99.3 FM en cinq langues d’où l’acronyme « CINQ FM ».

Remerciements Du Centre Afrika Au Député Et Ministre Steven Guilbeault

Remerciements du Centre Afrika au député et ministre Steven Guilbeault pour son intérêt et son soutien dans l’organisation de la Journée Mondiale de l’Afrique au Centre Afrika.

Équipe du Centre Afrika : Freddy Kyombo, Serge St-Arneault, Monique Bonnefoy, Rita Toutant et David Gnadouwa. Au centre : Steven Guilbeault

L’imputabilité des grandes entreprises canadiennes à l’international

Dans le cadre des questions de justice sociale et environnementale, je me suis rendu le 20 mai dernier à l’université Concordia, pavillon Hall, pour assister à un débat présenté par un panel autour du comportement et de l’imputabilité de nos entreprises à l’international, notamment la responsabilité des minières en République démocratique du Congo et les risques sur les chaînes d’approvisionnement des compagnies canadiennes.

Ce panel était composé d’Alice Chipot, directrice générale du Regroupement pour la responsabilité sociale des entreprises (RRSE), de Denis Côté (Analyste des politiques à l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) et de Jacques Nzumbu (Jésuite de la République démocratique du Congo et spécialiste de l’exploitation minière et des technologies vertes). Ceux-ci ont participé à la série de conférences de La Grande Transition(1) qui avait pour thème : Lutter en temps de crise globale.

Voici la synthèse de l’équipe du RRSE dans le journal Pivot ainsi qu’une présentation visuelle de Jacques Nzumbu, jésuite congolais et spécialiste des minières, sur les pratiques des minières canadiennes. 

L’article du journal Pivot

L’imputabilité des grandes entreprises canadiennes à l’international : un statu quo à déconstruire

La coalition du Réseau canadien sur la reddition de compte des entreprises (RCRCE) s’est rendue le 25 avril dernier à Ottawa afin d’obtenir la mise en place d’une loi visant à prévenir les abus commis par les entreprises canadiennes à l’égard des personnes à l’échelle mondiale.

Une pétition de 43 000 signatures, adressée aux député·es du Parlement canadien, a été déposée en signe du soutien massif de la population envers un meilleur encadrement des grandes entreprises. Inspirée par les législations françaiseallemande et norvégienne, entre autres, la pétition demande l’adoption d’un cadre obligatoire sur la « diligence raisonnable » en matière de droits humains et d’environnement.

La diligence raisonnable en matière de droits humains est l’obligation pour les entreprises de gérer et prévenir de manière proactive les incidences négatives et réelles de leurs activités sur les droits de la personne. En cas de défaillance, un cadre « complet » de diligence raisonnable donne la possibilité de sanctionner l’entreprise pour son manquement et de la forcer à réparer les préjudices causés aux victimes et à l’environnement.

À l’heure actuelle, il faut rappeler qu’il est très complexe – voire impossible – pour les communautés souffrant des conséquences environnementales (contamination, pollution, accès à l’eau, etc.) ou sociales (exploitation, travail forcé, expropriation, etc.) des activités d’entreprises canadiennes d’obtenir l’arrêt de ces activités et encore plus de recevoir des réparations pour les dommages causés.

Le système favorise l’absence d’imputabilité des grandes entreprises.

C’est en réaction à ce statu quo, où tout le système favorise l’absence d’imputabilité des grandes entreprises, que de nombreuses organisations de la société civile et acteurs du milieu politique ont mis de l’avant une approche globale de diligence raisonnable. Celle-ci permettrait de prémunir, identifier et stopper les abus quand ils existent, mais aussi de sanctionner et réparer les dommages causés par les pratiques d’affaires problématiques sur le plan social et environnemental.

C’est uniquement par ce mécanisme exhaustif, qui accorderait une place aux tribunaux, que les comportements corporatifs canadiens s’amélioreront.

Mettre en place des mécanismes correctifs efficaces

Le 3 mai 2023, la loi fédérale S-211 sur le travail forcé et le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement a été adoptée. Cette loi envoie un signal positif, qui vise à reconnaître l’importance d’éradiquer le travail forcé des enfants. Malheureusement, les mécanismes concrets pour assurer l’imputabilité de nos entreprises y brillent une fois de plus par leur absence.

En effet, le texte ne propose qu’une logique de transparence et de reddition de compte et non de sanction réelle des mauvaises pratiques.

De plus, elle dissocie les droits des travailleur·euses sur les chaînes d’approvisionnement des autres droits connexes des communautés concernées. Or, comme l’a démontré le triste anniversaire de l’effondrement du Rana Plaza (voir à ce sujet cette bande dessinée explicative), on tarde encore à apporter les mesures correctives nécessaires et de nombreuses dimensions, comme le droit des femmes ou les droits syndicaux ne sont pas suffisamment protégés.

À l’heure actuelle, il est très complexe – voire impossible – pour les communautés souffrant des conséquences environnementales ou sociales des activités d’entreprises canadiennes d’obtenir des réparations.

Enfin, il est important de souligner un dernier mécanisme canadien défaillant du point de vue des défenseurs des droits humains : le Bureau de l’ombudsman canadien de la responsabilité des entreprises (OCRE). Créé en 2019, ce bureau s’avère être un organe consultatif impuissant, qui ne réalise aucune enquête et n’a sanctionné aucune entreprise malgré les nombreux dossiers déposés décrivant des situations alarmantes en lien avec des entreprises canadiennes.

Mieux protéger les communautés dans un contexte de transition écologique

Au-delà de la nécessité d’imposer des sanctions, déployer une approche globale implique aussi de proposer une loi adaptée aux nouveaux défis qui se présentent à nous. Les besoins de transition énergétique et de décarbonation de l’économie nous incitent à envisager le développement de technologies vertes très gourmandes en « minéraux stratégiques », souvent exploités sur des territoires à l’étranger, principalement en Afrique ou en Amérique du Sud.

La République démocratique du Congo, par exemple, est hôte du plus important gisement de cobalt, un minerai crucial pour les technologies de la transition énergétique mondiale. Or sur place, les minières canadiennes continuent de bafouer les droits des communautés, de contaminer les sols et de fermer les yeux sur le travail des enfants.

Une réputation canadienne entachée, mais la possibilité d’œuvrer pour un meilleur avenir

Bien que 50 % des sociétés d’exploration et d’exploitation minière du monde soient incorporées au Canada, celui-ci ne leur impose que très peu d’obligations. Au contraire, elle leur assure des avantages fiscaux.

Quant à la perspective de poursuivre en justice les entreprises canadiennes actives à l’étranger, elle est presque inenvisageable, alors même que sont régulièrement documentés les cas de destruction environnementale, de pillage, de contrebande, de crimes fiscaux et d’expropriation.         

Les défis climatiques vont nous forcer à repenser nos pratiques d’affaires et notre gouvernance économique.

Sur la base de ces éléments, il nous semble essentiel de moderniser au plus vite la législation canadienne pour rendre imputables les entreprises canadiennes sur l’ensemble de leur chaîne de valeur et d’approvisionnement internationale.

De même, il est contreproductif de dissocier les impacts sociaux des impacts environnementaux, ceux-ci étant totalement imbriqués. Les défis climatiques vont nous forcer inévitablement à repenser la configuration de nos pratiques d’affaires et de notre gouvernance économique.

Ces efforts de transformation structurelle ne peuvent se faire sans la protection et la participation actives des populations des Suds.

Alice Chipot est directrice générale du Regroupement pour la responsabilité sociale des entreprises (RRSE). Abir Samih est chargée de projet au RRSE.

Présentation de Jacques Nzumbu

(1) Afin de passer de la résistance à une transformation sociétale, il faut un véritable projet de transition hors du capitalisme, en s’appuyant sur les savoirs critiques produits tant à l’université que dans les mouvements sociaux. On invite donc les citoyens-nes de divers horizons à réfléchir à cette question avec nos invité.es internationaux, ainsi qu’une centaine de panels et d’activités de conférencier.ères du monde entier.

L’étang Burbank

Une amie m’a suggéré de visiter l’étang Burbank situé à Danville. Quatre kilomètres de sentiers sont aménagés et des passerelles permettent l’observation d’oiseaux. L’étang Burbank est à environ 60 kilomètres de Sherbrooke. Leur site internet donne plus de détails.

Mark Sennett, 1916

Une note historique mentionne que le 2 juin 1904, le Montreal Daily Herald titrait : « Danville, une des plus belles villes de la province de Québec ». Danville est située à la limite des Cantons-de-l’Est et des Bois-Francs. Elle doit son essor à l’arrivée du chemin de fer au milieu du 19e siècle. De magnifiques maisons victoriennes et son carré à l’américaine témoignent encore de cette époque. Danville a vu naître des personnalités connues, dont Daniel Johnson, Premier ministre du Québec de 1966 à 1968 et Mark Sennett, une véritable icône du cinéma muet hollywoodien.  

Quelques photos

Missionnaire sans frontières