Category: Témoignages chrétiens


UGO GIGUÈRE, La Presse Canadienne – GABRIEL DELISLE, Le Nouvelliste

MONTRÉAL — Chaque semaine, l’équipe de traumatologie du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) doit traiter au moins un patient victime d’une blessure par arme à feu. Mercredi, les médecins et autres professionnels de la santé sont sortis dans la rue pour joindre leur voix à celles de leurs collègues de 13 hôpitaux à travers le Canada afin de dire haut et fort qu’ils en ont assez. À leurs côtés, on retrouvait le père Serge St-Arneault, le frère d’Annie St-Arneault de La Tuque, une des victimes de la tuerie de la Polytechnique.

D’après la coalition «Doctors for protection from guns», les armes à feu représentent un grave problème de santé publique au pays.

Des chirurgiens traumatologues, chefs de départements, infirmières et préventionnistes du CUSM ont tenu une conférence de presse pour réclamer l’interdiction complète des armes de poing et des fusils d’assaut au Canada. Un message relayé d’un océan à l’autre.

«On voit depuis 2013 une augmentation de 42 pour cent de la mortalité liée à des blessures par armes à feu au Canada. À Montréal, on voit une augmentation du nombre de patients blessés ou morts par des armes à feu. Il est temps qu’on change notre façon de parler des armes à feu. C’est un enjeu de santé publique et il faut qu’on le dise», a déclaré le chirurgien traumatologue Jeremy Grushka.

«Quand on regarde la manière dont on gère cette problématique d’un point de vue de santé publique, je pense qu’on pourrait faire mieux», poursuit le chef du département de traumatologie Tarek Razek.

Celui-ci ne croit pas que le Canada soit allé assez loin pour appliquer les meilleures pratiques de sécurité afin de réduire au minimum les risques que représentent les armes à feu dans la société.

«D’un point de vue de santé publique, c’est comme les voitures. Est-ce qu’il y a toujours des accidents de voiture? Oui. Mais est-ce qu’on réduit le risque au minimum d’avoir des accidents?», compare-t-il.

Le père Serge St-Arneault, qui est membre de Poly se souvient, était aux côtés des médecins lors de la manifestation. Même si chaque présence publique pour réclamer un meilleur contrôle des armes à feu est très difficile pour lui, Serge St-Arneault affirme qu’il ne pouvait refuser l’invitation des médecins.

«L’enjeu est tellement capital. En mémoire de celles qui ont été victimes d’armes à feu, c’est un devoir de continuer ce combat. C’est comme un appel», affirme en entrevue le frère d’Annie St-Arneault, une des étudiantes assassinées lors de la tuerie de la Polytechnique.

Pour le prêtre originaire de La Tuque, il est «indéniable» que les armes à feu représentent une crise de santé publique. «Compte tenu du nombre élevé de personnes qui sont atteintes d’armes à feu, qui sont handicapées pour leur vie, c’est évident qu’il s’agit d’une question de santé publique», a précisé Serge St-Arneault lors du point de presse tenu en marge de la manifestation de Montréal.

«Le projet de loi C-71 [pour le contrôle des armes à feu] est un pas dans la bonne direction, mais c’est loin d’être suffisant.»

Le père Serge St-Arneault, le frère d’Annie St-Arneault, une des victimes de la tuerie de la Polytechnique, a pris la parole publiquement en marge de la manifestation.

Serge St-Arneault prône le bannissement pur et simple des armes d’assaut et des armes de poings. «L’exemple de la Nouvelle-Zélande et de sa première ministre est extraordinaire et remarquable. On devrait le suivre au Canada.»

Militant au sein du regroupement Poly se souvient, Jean-François Larrivée a salué l’appui des médecins dans ce combat pour restreindre l’accès aux armes. Celui-ci a perdu sa jeune épouse dans la tuerie survenue à Polytechnique Montréal en 1989.

«Je milite depuis 30 ans pour le souvenir de Maryse et des autres filles. Les médecins ont une voix qui porte. Ils sont pragmatiques, ils ont une influence intellectuelle, ils ont un leadership», se réjouit-il.

«Je veux aider les autres femmes à ne pas subir le même drame et si on peut sauver une vie ça aura valu la peine», souligne M. Larrivée.

Le personnel soignant du CUSM est exaspéré au point où l’équipe de prévention commence à enseigner au public les techniques de premiers soins en cas de blessures par balles.

Tara Grenier, coordonnatrice du programme de prévention des blessures au CUSM, transmet aux élèves du secondaire, à des employés d’usine et au public en général des méthodes pour stopper l’hémorragie causée par une balle ou une arme blanche.

«Ce sont des techniques de guerre qu’on emploie dans le monde civil. On est rendu là. Peut-être qu’on pourra sauver des gens au lieu qu’ils meurent au bout de leur sang», mentionne la thérapeute sportive.

Ottawa tend l’oreille

Le Dr Tarek Razek espère sincèrement que sa voix et celles de ses collègues soient entendues. Selon lui, le fait qu’ils soient en première ligne pour constater les ravages causés par les armes donne du poids à leurs arguments.

Sur la colline parlementaire à Ottawa, le ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, a dit tendre l’oreille aux revendications des médecins.

«J’ai rencontré plusieurs fois des regroupements de médecins. Leur point de vue est pertinent, ils sont en première ligne pour traiter des victimes de blessures par armes à feu. Je crois qu’il y a des choses que l’on doit faire pour protéger nos communautés et nous sommes prêts à considérer des mesures qui empêcheraient les gens mal intentionnés de se procurer des armes pour blesser ou tuer», a-t-il commenté.

Le ministre n’a cependant pas l’intention d’accélérer le processus comme l’ont fait les élus de Nouvelle-Zélande à la suite de la tuerie de Christchurch.

«Je pense que les Canadiens s’attendent à ce qu’on écoute les différentes opinions de la population afin de trouver le meilleur moyen de rendre nos communautés plus sécuritaires», a mentionné M. Blair.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle

Allocution présenté par Serge St-Arneault, M.Afr, Directeur du Centre Afrika, Montréal, lors de la conférence de presse organisée par les médecins et autres professionnels de la santé à l’Hôpital Général de Montréal aujourd’hui à 12h00. Les médecins réclament une interdiction complète des armes de poing et armes d’assaut ainsi que l’adoption du projet de loi C-71 qui renforce l’encadrement des armes à feu.

J’ai vécu en zone de guerre en République Démocratique du Congo (à l’époque le Zaïre) dans les années 1990. Le chaos s’était progressivement propagé dans tout le pays avec son lot de pillages et de conflits tribaux.

Dans la brousse où j’étais, on avait déjà eu la visite de militaires pour intervenir dans un conflit entre chefs coutumiers. Ce jour-là, revenant à la maison, j’ai été directement menacé par un militaire. Il m’a simplement dit :

  • « Siku y vita ingine, miye nitawa weye ».

Traduction littérale :

  • « Lors du prochain conflit, c’est moi qui vais te tuer. »

J’ai immédiatement senti comme un boulet me tomber dans l’estomac. Je m’en rappelle très bien. De fait, les rivalités tribales se sont accélérées. Les paracommandos sont revenus, soi-disant pour rétablir la paix, en brulant les villages. La plupart des expatriés avaient déjà quitté le pays. Quant à moi, je suis resté avec mes confrères pratiquement jusqu’au moment de la chute du régime dictatorial du Président Mobutu.

En 2010, Marc Rochette, un journaliste du journal Le Nouvelliste de Trois-Rivières, m’a demandé dans une interview s’il y avait des risques de vivre dans la brousse africaine. Ce à quoi j’ai répondu :

  • « Qu’est-ce qui est le plus dangereux? Être missionnaire en Afrique ou étudiante à l’École Polytechnique de Montréal ».

Ma sœur Annie a été l’une des premières victimes du drame de la Poly du 6 décembre 1989. Le rapport d’investigation du coroner indique que le décès est attribué à des lésions multiples graves au niveau du crâne, du cerveau, section de l’aorte et des hiles pulmonaires et éclatement du foie, le tout secondaire au passage dans la tête et dans le thorax de trois projectiles d’arme à feu.

Vous êtes médecins et professionnels de la santé. Vous comprenez mieux que moi de quoi il s’agit. Nous sommes réunis ici pour une cause commune. Nous voulons, de fait nous exigeons des lois plus sévères sur les armes à feu au Canada. Une journée nationale d’action a lieu aujourd’hui dans 13 villes du pays. Tous s’entendent pour dire que les armes à feu représentent une menace croissante pour la santé publique. Selon Statistique Canada, le nombre de crimes violents commis avec une arme à feu a augmenté de 43% depuis 2013, soit depuis l’abolition du registre national des armes à feu par le gouvernement de Steven Harper en 2012, suivi par l’affaiblissement d’une série d’autres mesures en 2015.

À peine une semaine après la tragédie de Christchurch en Nouvelle-Zélande, la première ministre Jacinda Ardern a annoncé l’interdiction imminente de « toutes les armes semi-automatiques de style militaire », de « tous les fusils d’assaut », de « tous les chargeurs à grande capacité » et de « tous les accessoires ayant la capacité de convertir une arme à feu en arme semi-automatique de type militaire ». Elle a également émis une ordonnance de reclassification pour les armes semi-automatiques afin de dorénavant empêcher leur vente à la plupart des détenteurs de permis actuels.

Voilà une preuve de leadership politique.

Soulignons aussi l’action du Gouvernement du Québec qui a instauré son propre registre des armes en réaction à l’abolition du registre fédéral. Le Québec est maintenant l’une des trois seules juridictions en Amérique du Nord (avec Hawaï et le District de Columbia) qui enregistrent les armes sur son territoire – bien que c’est la norme en Europe et la plupart des pays industrialisés.

Mais qu’en est-il du gouvernement Trudeau?

Les Canadiens attendent depuis de nombreuses années une action réelle et concrète dans ce domaine.

Tout ce que ce gouvernement offre aux Canadiens pour corriger la quasi-destruction de l’ensemble des gains législatifs par le gouvernement antérieur, c’est le projet de loi C-17. D’ailleurs, celui-ci ne rétablit que quelques faibles mesures comparativement à ce qu’elles étaient avant leur élimination. Ceci dit, ce projet de loi C-71 est un pas dans la bonne direction et nous l’appuyons. Malheureusement, son adoption avance à pas de tortue au Sénat.

De plus, ce projet de loi ne modifie en rien l’accès légal aux armes de poing et aux armes d’assaut. Nous le savons, celles-ci sont conçues pour tuer efficacement et rapidement.

Combien de fois encore faudra-t-il rappeler que le même type d’armes légalement accessible, c’est-à-dire des armes semi-automatiques de type militaire,  a été utilisé lors de la tragédie à la Mosquée de Québec et tout récemment à Christchurch où 50 Néo-Zélandais innocents ont été assassinés?

Je réitère les paroles que j’ai prononcées à Ottawa au début du mois de décembre 2018 que j’adressais au premier ministre Justin Trudeau;

  •  « Ne faites pas de compromis. Montrer aux Canadiens comment on se tient debout quand on n’a pas peur du lobby des armes ».

Membres de PolySeSouvient présent lors de la marche pour soutenir les médecins dans leur manifestation contre les armes à feu.

Photo : André-Mam Mbombo

Lien YouTube : https://youtu.be/nZKSaZWRw1k

Par Serge St-Arneault, M.Afr

J’ai été invité par le maire d’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, Monsieur Dimitrios Jim Beis, à un point de presse pour souligner le deuxième anniversaire de la tragédie de la Grande Mosquée de Québec du 29 janvier 2017. En compagnie de Sylvie Haviernick, j’y figurais en tant que représentant de « Polysesouvient ». Les Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique, Monique Bonnefoy et Rita Toutant, m’accompagnaient.

L’attachée politique du maire, Sophie Mohsen, m’a encouragé pour la circonstance à vêtir notre habit ‘Pères Blancs’; la gandoura, le burnous et le rosaire. En effet, l’événement se voulait aussi œcuménique. Plusieurs imams du secteur de Pierrefonds-Roxboro ainsi qu’une pasteure-prêtre anglicane étaient présents. Les photos montrent bien la variété de gens présents; politiciens, agents de paix, médias.

 En plus du maire, quelques personnes ont pris la parole pour affirmer l’importance du vivre-ensemble harmonieux. Pierrefonds-Roxboro est d’ailleurs très cosmopolite. La tragédie du 29 janvier 2017 à Québec a eu comme impact positif de non seulement dénoncer les actes de haine liés à l’islamolphobie, mais aussi d’affirmer haut et fort que nous appartenons tous à une seule et même humanité malgré nos différences raciales, culturelles ou religieuses. Privément, en compagnie de deux imams dont l’un d’origine indonésienne, j’ai apporté mon soutien au fait que nous appartenons à la même humanité. Notre conversation s’est tenue en anglais, mais, pour l’essentiel, voici ce que j’ai ajouté : « Lorsque des musulmans sont assassinés à cause de leur religion, moi qui suis chrétien, je vois en eux des sœurs et des frères injustement tués. C’est le même genre de fanatisme qui est la source de la tragédie de la Polytechnique du 6 décembre 1989. Tout cela me peine grandement. Il en est de même pour vous lorsque des extrémistes musulmans assassinent des chrétiens à cause de leur foi. Eux aussi sont vos sœurs et vos frères injustement tués. Nous devons à juste titre dénoncer l’islamophobie. Nous devons également dénoncer la christianophobie. » Les imams ont hoché la tête en signe d’approbation.

Le maire de Pierrefonds-Roxboro invite ses résidents à signer le livre de solidarité dans le cadre de la Journée de commémoration et d’action contre l’islamophobie et toutes formes de discrimination

Pour commémorer le deuxième anniversaire de l’attentat de la Grande Mosquée de Québec du 29 janvier 2017, et dans le souci de poursuivre la construction du vivre-ensemble, le maire de Pierrefonds-Roxboro, M. Dimitrios (Jim) Beis, convie ses citoyens et citoyennes, dans la salle du Conseil d’arrondissement entre 8 h et 19 h pour signer le livre de solidarité afin de témoigner leur sympathie.

Cet événement fait suite à l’engagement que s’est donné le maire, avec le support de son conseil d’arrondissement, de souligner annuellement la « Journée de commémoration et d’action contre l’islamophobie et toutes formes de discrimination », afin de non seulement perpétuer la mémoire des 6 victimes canado-musulmanes de l’attentat du 29 janvier 2017, mais aussi pour sensibiliser la population au respect des différences.

« Nous ne pouvons ignorer les derniers rapports de Statistiques Canada démontrant l’augmentation considérable des crimes haineux à travers le pays, qui visent différentes minorités. Aujourd’hui, nous nous tenons ensemble pour dénoncer la violence motivée par la haine et la peur de l’autre » déclare M. Beis.

« J’ai l’honneur d’avoir parmi nous des citoyens de tous horizons et de toutes croyances, tant des représentants de différentes communautés religieuses que des organismes locaux luttant contre différentes formes de discriminations (sur la base de la religion, le sexe, la race, l’orientation sexuelle, et la déficience). Nous avons même des membres de « PolySeSouvient », ajoute M. Beis.

À titre de partenaire de la Semaine de sensibilisation Musulmane, l’arrondissement invite aussi la population à prendre part aux différents événements qui se dérouleront localement jusqu’au 31 janvier 2019. Dans le cadre de cette semaine de sensibilisation, des citoyens, des centres communautaires, des églises, des mosquées, des synagogues et divers organismes se sont rassemblés dans le but de promouvoir et d’encourager ce sentiment collectif de cohésion. « Ici, à Pierrefonds-Roxboro, nous avons à cœur le respect des différences et organisons continuellement des évènements qui visent à sensibiliser et à prévenir la discrimination et la violence. L’été dernier nous avions justement tenu la Marche du Maire sous le thème de la Lutte contre la violence faite aux femmes. C’est à travers des initiatives de ce type que nous réussirons ensemble à éliminer les crimes haineux et maintenir la paix et l’harmonie qui règnent dans notre arrondissement », conclut le maire.

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Par Serge St-Arneault, M.Afr

Cette soirée de prière a eu lieu à la chapelle Notre-Dame de Lourdes, Montréal, le 25 janvier. Elle rassemblait des membres du Centre Afrika, le groupe des étudiants chrétiens à l’UQAM (IKTUS), des membres de la communauté de l’Emmanuel et un témoin du groupe Cenacolo.

Paix et Justice s’embrasse : chemin d’Unité.

Sœurs, frères et prêtres, nous sommes présents en Algérie depuis 150 ans, lieu de notre fondation par le Cardinal Lavigerie. Le 8 décembre dernier à Oran, nous avons commémoré la béatification de 19 personnalités chrétiennes à titre posthume. Il s’agissait de six religieuses, un frère mariste, quatre pères blancs à Tizi-Ouzou, les sept moines trappistes de l’Atlas (certains se souviendront du film intitulé « Des Hommes et des Dieux ») et de Pierre Claverie, l’évêque d’Oran.

Il faut placer ceci dans le contexte de la guerre civile qui s’est déroulée dans les années 90 en Algérie. L’extrémisme musulman a ensanglanté le pays. Plus de 150 000 Algériennes et Algériens ont été tués dont 114 imams qui se sont opposé à suivre la dérive sectaire et meurtrière des extrémistes.

Là, comme dans plusieurs autres pays limitrophes de l’Algérie, les chrétiens ont été assassinés pour le seul fait d’être chrétiens sans aucune distinction ecclésiale. Orthodoxe, Protestants, Coptes ou Catholiques, cela n’avait aucune importance. Toutes les confessions chrétiennes portent le même sang du martyre pour la foi en Jésus-Christ. L’unité des chrétiens s’exprime clairement par le sang versé. On pourrait appeler cela : l’œcuménisme spirituel.

Pour revenir à l’Algérie, lors de la cérémonie du 8 décembre à Oran, le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa a déclaré que « cette cérémonie de béatification sera une preuve supplémentaire que l’Islam en Algérie n’exclut pas les autres croyances et noue des contacts pour la paix et le vivre ensemble. » Prier pour l’unité des chrétiens n’exclu pas de prier aussi pour nos frères et sœurs de religion musulmane. En effet, le « vivre ensemble » est une œuvre de l’Esprit de Dieu et cet esprit agit de façon particulière dans le corps du Christ qui est constitué de l’ensemble de tous les chrétiens, peu importe leurs dénominations ou la variété de leurs rites, de leurs liturgies ou leurs manières de partager ou de célébrer la Parole de Dieu.

En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, souvenons-nous de nos frères et sœurs chrétiens qui ont donné leur vie pour témoigner de l’amour de Jésus pour toute l’humanité. L’amour, en effet, est un langage déraisonnable et incompréhensible pour qui n’est pas submergé par sa folie.

La tragédie des 19 récents martyres en Algérie met en valeur non pas l’héroïsme humain, mais la certitude d’être là où Dieu veut. C’est une certitude intérieure que tout retourne vers Celui qui est l’Amour et la Vie. Pour l’Église du Christ, l’important n’est pas de savoir « comment », mais « pour qui » la mort a eu lieu.

Intentions de prières :

1.    Seigneur nous te rendons grâce pour l’amour jusqu’au bout vécu par tous les chrétiens martyrisés au nom de leur foi. Que leur témoignage soit un appel et un engagement pour avancer vers l’unité de tous ceux et celles qui se reconnaissent disciples du Christ. 

2. Pour que la vie donnée des croyants de toute dénomination au nom de leur foi puisse permettre d’avancer vers un chemin d’unité construit sur la paix et la justice.

3. Dieu d’Amour, bénit soit-tu de nous avoir crées différents. Accorde à tous les chrétiens la grâce de bâtir les ponts qui nous unissent davantage dans nos diversités entre nous comme membres du même corps et à tous les autres croyants.  Seigneur, entends les supplications des enfants.

4. Nous te rendons grâces pour les multiples couleurs, cultures et coutumes qui sont les nôtres en ce monde. Dans nos diversités, rassemble-nous par ton amour. Rends-nous capables d’agir ensemble pour défendre la vie et faire que ce monde soit un foyer de justice et de paix pour toute l’humanité. Aujourd’hui, nous te le demandons : Ô Dieu, entends notre prière et donne-nous ta paix.

Prière

Seigneur Dieu, notre Père, nous te louons pour la passion, la mort et la résurrection de ton Fils Jésus, lui, le martyr par excellence, de qui vient le salut.

Tu as voulu faire partager son martyre à nos frères et sœurs de l’Église d’Algérie : Henri et Paul-Hélène, Caridad et Esther, Jean, Charles, Alain et Christian, Angèle-Marie et Bibiane, Odette, Christian, Luc, Christophe, Michel, Bruno, Célestin et Paul et ton évêque Pierre.

Nous te prions, Père, pour que, par leur intercession, se renforcent le dialogue, le respect et l’amour entre tes enfants chrétiens et musulmans.

Bénis l’Algérie et son peuple, et nous te rendrons gloire, dans la paix.

Père, nous invoquons nos martyrs pour que l’œcuménisme spirituel ouvre le chemin vers l’unité des chrétiens où paix et justice s’embrassent.

Et toi, Marie, que tous ont aimée et qui es vénérée dans la maison de l’Islam, écoute notre prière et intercède auprès de ton Fils, Jésus, notre Seigneur.    Amen.

Par Didier Oti, mercredi 26 décembre, 2018

Les fêtes de fin d’année 2018 ont une résonance particulière pour les Sœurs Blanches et les Pères Blancs d’Afrique. Depuis le 8 décembre 2018 et jusqu’au 8 décembre 2019, ils célèbrent leurs 150 ans d’existence. Ils soulignent un siècle et demi à servir les Africains tant dans leur continent qu’ailleurs dans le monde. Retour sur une aventure qui devait être ponctuelle et qui a su se perpétuer. Mais pour combien de temps encore?

À l’occasion des 150 ans de leurs congrégations respectives, la Sœur Blanche Rita Toutant et le Père Blanc Gilles Barrette du Canada sont venus à Radio Canada International pour nous les faire découvrir.

En 1868, Mgr Charles Lavigerie, alors archevêque d’Alger, crée la Société des Missionnaires d’Afrique. Outre son travail pastoral auprès des chrétiens algériens, le prélat français arrivé un an plus tôt, s’engage dans des causes sociales et humanitaires. L’Algérie est confrontée à une redoutable épidémie de choléra doublée d’une famine qui décime les populations. L’ex-évêque de Nancy sen fait une cause prioritaire. Il sollicite toutes les bonnes volontés disponibles. Des hommes et des femmes d’Église de France, des États-Unis, de plusieurs autres pays d’Europe et bien entendu Canada seront appelés en renfort. En tout, plus de 650 Canadiens répondront à l’appel de Charles Lavigerie.

« La femme est à l’origine de tout puisqu’elle est mère ».

Conscient de ce que seules des femmes-apôtres seraient en mesure de nourrir et d’élever les orphelins qui affluent à l’évêché, en 1869, Mgr Lavigerie crée, en collabora avec Mère Marie Salomé, la Congrégation des Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique. « Malgré le zèle des Missionnaires, dira Charles Lavigerie, leurs efforts ne produiront jamais des fruits suffisants s’ils ne sont pas aidés par des femmes-apôtres auprès des femmes…Ce que les hommes ne peuvent faire, les femmes le peuvent. On les admet avec facilité, même avec joie. La femme est à l’origine de tout puisqu’elle est mère ».

Pour des raisons d’efficacité, mais aussi d’humilité et d’acceptabilité, ces religieux adoptent les mœurs locales. Ils apprennent à parler arabe. Pour Mgr Lavigerie, «Cette étude est d’une nécessité telle que l’on peut dire qu’elle prime tout le reste car sans la connaissance de la langue, il est impossible de ne rien faire comme apostolat auprès des Africains. » Même entre eux, les Missionnaires doivent parler plus entre eux que la langue des tribus au milieu desquelles ils résident » vont donc manger et s’habiller comme des Arabes ou des Kabyles, etc.

D’ailleurs, c’est en raison de leur habillement, en particulier de la tunique algérienne blanche qu’ils vont se faire appeler «Pères Blancs» et «Sœurs Blanches». Les deux instituts au sein desquels ils œuvrent porteront les mêmes surnoms. À partir de à partir de 1894, lorsqu’ils étendent leurs activités à l’Afrique subsaharienne, ces deux instituts deviendront officiellement la Société des Missionnaires d’Afrique et la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique.

Lutte contre l’esclavage

Confiant en l’avenir des Africains, Mgr Charles Lavigerie s’est battu pour l’abolition de l’esclavage. Pour cela, il a pu compter sur quelques correspondants et bienfaiteurs au Canada. À la fin des années 1880, il est le grand artisan de la prise de position ferme de l’Église catholique dans la condamnation de l’esclavage.

Il prend son bâton de pèlerin afin de sensibiliser les Européens sur ce fléau qu’est l’esclavage. Sa campagne porte fruit puisque sous l’impulsion des Britanniques ayant saisi la pertinence de son message, des représentants de seize puissances vont débattre du sujet.

Et en 1890, ces puissances vont signer la Convention de Bruxelles destinée à « mettre un terme aux crimes et aux dévastations qu’engendre la traite des esclaves africains, afin de protéger efficacement les populations aborigènes de l’Afrique et d’assurer à ce vaste continent les bienfaits de la paix et de la civilisation ».

Une œuvre qui a survécu à son créateur

Deux ans plus tard, le 26 novembre 1892, Mgr meurt à Alger. Mais son œuvre, à travers les Pères Blancs et les Sœurs Blanches, se perpétue. À l’actif des premiers, on peut citer des paroisses, des hôpitaux, des écoles techniques, des séminaires, des dictionnaires, des journaux, la formation des prêtres, le développement et j’en passe.

Les secondes, les Sœurs Blanches, ont quant à elles notamment contribué à la fondation de 22 congrégations religieuses féminines en Afrique. Elles ont œuvré dans l’éducation scolaire et professionnelle, les soins infirmiers, la pastorale et le développement. À l’instar des Pères Blancs., les Sœurs Blanches privilégient également le dialogue islamo-chrétien.

Souvenons-nous que le fondateur du mouvement, le Cardinal Lavigerie, avait tissé de fortes relations avec les musulmans au Liban, en Syrie et en Afrique du nord. Ensuite, la congrégation a vu le jour et s’est développée en Algérie, c’est-à-dire en milieu arabo-islamique. Donc, le rapprochement interreligieux est naturel pour ces missionnaires.

Comme leurs homologues masculins, les Sœurs Blanches ont aussi africanisé leur couleur. Burundaises. Rwandaises, Congolaises, Tanzaniennes et j’en passe, ont intégré la congrégation. Les postes de supérieures générales, maîtresses des novices, économes jadis occupés par des Européennes ou des Canadiennes, sont progressivement passées aux mains des Africaines.

Hors d’Afrique, Au Canada par exemple, ces missionnaires travaillent sans relâche auprès des Africains : aide à l’intégration, soutien aux pauvres et aux migrants, création d’un espace culturel accessible à tous, expositions, conférences, tables-rondes, amélioration du vivre-ensemble, etc.

La crise des vocations : l’épée de Damoclès

En 2018, outre l’Afrique, Sœurs Blanches et Pères Blancs sont toujours actifs en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Asie et en Europe. Mais leurs effectifs sont en baisse constante. En 2013, on comptait 750 Sœurs blanches. Deux ans plus tard, en 2015, elles n’étaient plus que 727. En moins de quarante ans, leurs effectifs ont été divisés par trois. Résultat : la moyenne d’âge des sœurs en Belgique par exemple était de 82 ans en 2011. C’est désormais l’Afrique qui pourvoit à la demande.

Chez les Pères Blancs la tendance est similaire. Au 1er janvier 2018, ils étaient 1,210 soit 22 membres de moins qu’un an plus tôt. À titre de comparaison, dans les années 60, ils étaient plus de 3000. En 1998, ils n’étaient plus que 2098. Si on prend les Prêtres avec Serment perpétuel qui constituent le plus gros des effectifs, ils sont passés de 1,105 en 2017 à 1,066 en 2018. Seuls l’Asie (16) et le continent africain (14) ont connu une légère hausse de leurs effectifs entre 2017 et 2018.

Avec la crise des vocations religieuses que le Pape François en personne qualifiait en 2017 de véritable «hémorragie» qui «affaiblit la vie consacrée et la vie même de l’Église», le principal défi auquel sont confrontées la Société des Missionnaires d’Afrique et les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, c’est le renouvèlement de leurs effectifs. La survie de ce mouvement qui célèbre son 150e anniversaire en dépend.

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J’ai le sentiment d’être un Noir de race blanche

Le Père Serge St-Arneault, de retour au Canada depuis un an, nous raconte les trente ans de sa vie en Afrique. Trente années qui lui donnent aujourd’hui le sentiment d’être un Noir de race blanche.

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Né le 29 juin 1955 à St-Adelphe, Serge St-Arneault a grandi à La Tuque. Il obtient un baccalauréat en théologie à l’UQTR en 1979. Il est officiellement membre de la Société des Missionnaires d’Afrique depuis le 5 décembre 1986. Après son ordination sacerdotale le 28 juin 1987, il part au Zaïre, l’actuelle République Démocratique du Congo, où il restera jusqu’en février 1996. En 2001, il part à Mua, au Malawi, où il devient codirecteur du centre culturel et artistique de Kungoni. En juin 2009, il se retrouve à la paroisse de Chézi. Puis, en janvier 2012, il devient le secrétaire de la Province d’Afrique Australe des Missionnaires d’Afrique dont le bureau central est situé à Lusaka en Zambie. Finalement, depuis août 2017, il est le directeur du Centre Afrika de Montréal.

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Mon premier séjour en Afrique Mon premier séjour en Afrique remonte aux années 1981-1983. En effet, j’ai vécu mes deux années de stage apostolique au Zaïre. Au terme de celui-ci, je devais me rendre à Londres pour poursuivre mes études. J’ai cependant retardé mon départ vers l’Angleterre en raison d’une vilaine hépatite virale de type A contractée au Zaïre.

De nombreuses images défilent dans ma tête en songeant à tous ces lieux et à ces personnes que j’ai connus depuis plus de trente ans, soit la moitié de ma vie. Je me souviens d’une brève conversation avec une religieuse qui, à l’époque, m’avait demandé ce que j’allais faire là-bas. À vrai dire, je n’en savais rien. Voici ce que j’aurais pu lui répondre.

 Je suis retourné au Zaïre en septembre 1987, après mon ordination sacerdotale qui avait eu lieu à La Tuque le 28 juin. J’ai alors vécu en pleine brousse chez les peuples Indru de Géty et Héma de Boga, à une soixantaine de kilomètres au sud de la ville de Bunia située au nord-est du pays. J’en garde un souvenir mémorable. Pourtant, les difficultés n’ont pas manqué: isolement, routes impraticables, écroulement économique, pillages dans les grandes villes en réaction aux exactions du régime politique du Président Mobutu Sese Seko, sans oublier les rivalités ethniques provoquées et alimentées par des intérêts mercantiles de pays étrangers.

Favoriser la tenue de négociations de paix entre les tribus

Malgré toutes ces difficultés, mes confrères et moi vivions une relation exceptionnelle avec la population dans ces moments tragiques qui ont coïncidé avec le départ des expatriés européens. J’ai même été menacé de mort. Sans aucune aide extérieure, nous avons investi toutes nos énergies en favorisant la tenue de négociations de paix entre les tribus en conflit. Avec nos faibles moyens, nous avons même réussi à organiser des convois humanitaires pour l’évacuation de familles menacées.

Je ne considère pas cela comme de l’héroïsme. J’ai simplement le sentiment d’avoir répondu aux paroles de Jésus : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8).

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Au milieu de toutes ces tragédies, avec mes amis zaïrois, qui entre-temps sont redevenus des Congolais, nous avons uni toutes nos ressources pour construire une école secondaire. J’ai aussi eu le privilège de me lier d’amitié avec les masadu, les gens mandatés pour superviser les rites funéraires des chefs coutumiers. J’ai même participé aux danses dites guerrières lors de ces cérémonies, si bien qu’au moment de partir, en février 1996, une vieille maman m’a confié ces quelques mots qui resteront toujours gravés dans mon cœur : « Vous savez, mon père, il ne vous manque qu’une seule chose pour être l’un de nous : la couleur de la peau! »

Tout est dans la qualité relationnelle. Celle-ci va au-delà de la connaissance pourtant essentielle des langues locales et des coutumes. Je peux le dire en toute franchise, je ressens une nostalgie chaque fois que je repense à « mon premier amour! »

Envoyé au Malawi

Ne pouvant pas retourner en République Démocratique du Congo au tournant du nouveau millénaire à cause de la guerre civile qui s’éternisait, mes supérieurs m’ont proposé d’aller au Malawi. Ce petit pays est coincé entre le Mozambique et la Zambie. J’ai dû tout recommencer ; l’apprentissage du chichewa (que je n’ai jamais aussi bien maîtrisé que le kiswahili au Congo), l’histoire et les coutumes ancestrales, particulièrement du peuple Chéwa. Je suis devenu codirecteur du centre culturel et artistique de Kungoni situé à Mua.

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Privilège peu offert aux non-Chéwa, j’ai eu la chance d’être accueilli au sein de la société secrète des Gulé Wamkulu qui sont reconnus pour leurs innombrables masques qui constituent la base de leur vision spirituelle associée aux esprits des ancêtres; les mizimu! C’est réellement fascinant.

Mon confrère Claude Boucher, originaire de Montréal, prêtre et anthropologue, a d’ailleurs consacré toute sa vie à approfondir les expressions culturelles de ces populations. Il a construit le centre culturel Kungoni qui comprend un musée renommé dans toute cette région d’Afrique.

Reconnaître la présence de Dieu dans l’histoire et la vie de ces peuples

Il faut investir du temps, beaucoup de temps, pour soulever le voile des premières apparences culturelles. Les missionnaires ont l’avantage de consacrer de nombreuses années de leur vie pour apprécier ces richesses : valeurs communautaires, sagesse et proverbes, diversités linguistiques, etc.

L’essentiel est de mettre en valeur, de faire surgir, d’éveiller ou simplement de reconnaître la présence de Dieu dans l’histoire et la vie de tous ces peuples qui puisent leur spiritualité dans les valeurs transmises par les ancêtres. En effet, l’Esprit de Dieu s’est manifesté chez ces gens bien avant l’arrivée des missionnaires. Pour moi, le missionnaire est avant tout celui qui permet de reconnaître ces traces spirituelles tout en annonçant la nouveauté de l’Évangile qui s’adresse à toute l’humanité.

Bref, ma vie n’est plus la même. Je suis allé en Afrique comme missionnaire, mais c’est l’Afrique qui m’a converti aux valeurs profondes de notre humanité commune éclairées par la radicalité du témoignage de l’homme Jésus.

J’ai vécu mes deux dernières années au Malawi dans une petite paroisse appelée Chézi, située à mi-chemin entre la capitale Lilongwe et le lac Malawi. Les Gulé Wamkulu y sont également actifs. Je me suis rapidement senti à l’aise grâce à mon initiation dans leur société secrète. C’est tout de même précieux de pouvoir côtoyer un environnement culturel si étrange aux premiers abords.

Le respect mutuel permet de vrais miracles

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Le « respect » est le mot qui résume le mieux mon expérience missionnaire. Au-delà des différences ou particularités sociales, linguistiques et spirituelles, le respect mutuel permet de vrais miracles. J’ai souvent constaté que les paroles s’évaporent, à commencer par les sermons. En effet, nous mémorisons plus facilement les bonnes et mauvaises impressions ou perceptions. Il peut aussi s’agir d’un souvenir de tendresse ou de compassion. Là est l’œuvre de l’Esprit de Jésus qui transforme les cœurs en profondeur.

Sachant que je quittais le Malawi en janvier 2012, les chefs coutumiers ont pris la décision de m’introniser dans leur cercle. Symboliquement, j’ai, en effet, été nommé chef coutumier sous le patronyme de « mfumu Chimphopo ». Je considère cela comme une marque de reconnaissance et de profonde amitié. J’en serai toujours reconnaissant.

Secrétaire de la Province d’Afrique Australe des Missionnaires d’Afrique

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De là, je me suis retrouvé à Lusaka en Zambie en tant que secrétaire provincial, et responsable des communications, au service des confrères vivant au Malawi, au Mozambique, en Afrique du Sud et en Zambie. C’est tout de même un défi de travailler dans la langue de Shakespeare pour un gars comme moi qui a échoué tous ses cours d’anglais à l’école.

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Capitale de la Zambie, Lusaka est en pleine envolée économique. L’Afrique, c’est aussi les grandes agglomérations, les vastes centres d’achat, les universités et les embouteillages sur les grands boulevards aux heures de pointe. Même si l’anglais est largement répandu, je parvenais à comprendre le chinyanja, une forme dérivée du chichewa.

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Mon retour au Canada

Après plus d’une trentaine d’années, il est temps de revenir au bercail. Mes supérieurs m’ont demandé d’assurer la responsabilité du Centre Afrika situé sur la rue St-Hubert à Montréal. J’ai accepté avec joie. J’ai le sentiment que cela arrive à un bon moment dans ma vie. L’Afrique m’habite encore. J’ai parfois le sentiment d’être un Noir de race blanche.

Je suis chanceux de pouvoir poursuivre ma quête de connaissance du monde africain qui me passionne. Adolescent, j’avais le sentiment que la planète terre n’était pas assez grande pour mes aspirations. Je me suis limité à trois pays africains.

Serge St-Arneault, M.Afr.

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Michel Désautels

Fondée en 1868 par le cardinal français Charles Lavigerie, la communauté des Missionnaires d’Afrique, plus connue sous le nom de Pères Blancs, envoie dès 1875 des émissaires à Montréal et à Québec chercher du financement. C’est le début d’une grande aventure qui verra plus de 650 pères et frères canadiens revêtir une soutane blanche pour porter les idéaux d’un christianisme humaniste en terre africaine. Michel Désautels reçoit l’ancien supérieur provincial des Missionnaires d’Afrique, le père Gilles Barrette.

 

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Gilles Barrette

Père Gilles Barette, ancien supérieur provincial des Missionnaires d’Afrique (Pères blancs)   Photo : Radio-Canada / Mathieu Arsenault

Enregistrement audio:

Mgr Ignatius KaigamaPar Serge St-Arneault, M.Afr

Le 14 juin dernier, j’ai assisté à une conférence de Mgr Ignatius Kaigama, l’archevêque de Jos au Nigéria, au sujet de la violence qui se passe dans son pays. De fait, nous avons constaté au Centre Afrika une augmentation de ressortissants nigérians qui viennent au Canada pour fuir les persécutions.

Selon la dépêche publiée par l’Aide de l’Église en Détresse, section Canada, la ville de Jos où siège Mgr Kaigama depuis l’an 2000 a été le théâtre d’affrontements en 2004. Depuis, celui qui préside actuellement la Conférence des évêques catholiques du pays est devenu un ardent défenseur du dialogue entre chrétiens et musulmans. Si le fondamentalisme religieux est l’une des raisons principales des violences, l’évêque ne se gêne pas pour dénoncer régulièrement le manque de moyens pour lutter efficacement contre la montée des extrémismes, non seulement par la défense effective des minorités, mais également parce qu’il n’existe pas de système d’éducation digne de ce nom et que le chômage est endémique, plus de 14 %.

Atwater_Library_of_the_Mechanics_Institute_of_Montreal_02Nous n’étions pas nombreux ce soir-là du 14 juin à l’étage de cette antique librairie Atwater fondé en 1828 et situé à Westmount. Étrange lieu en effet; très ‘british’ avec de vieilles photos de Georges V, Roi du Royaume-Uni, sur les murs de la mezzanine qui offre une vue plongeante sur des étagères de livres venant d’une autre époque.

Bref, j’admire ce paisible évêque aux larges sourires. « J’ai établi, dit-il, de très bonnes relations avec les musulmans qui vivent dans le diocèse de Jos. J’ai de fréquents contacts avec des imams qui me considèrent comme un père et me demandent souvent conseil. Malgré tous les problèmes d’insécurité que nous connaissons, j’ai espoir de construire un jour une large cathédrale. »

L’espoir n’est-il pas souvent plus puissant de la peur!

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Conférence front page

 

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Source : Mario Bard, Information, AED Canada
(514) 932-0552, poste 224, ou sans frais, au 1-800-585-6333
Cell. : 514-967-8340
com@acn-canada.org

 

Last June

La question du voile 02Par Serge St-Arneault, M.Afr

Le 29 mai dernier, le Carrefour Foi et Spiritualité a favorisé la rencontre de jeunes musulmans et de chrétiens dans le cadre des échanges animés par le groupe ‘InterFoi’. Ils étaient vingt-deux jeunes adultes composés de dix-sept musulmans, dont six filles voilées et six filles non voilées, ainsi que de cinq chrétiens, dont quatre filles.

Le but ce cet échange était de leur permettre d’identifier leurs rêves et les défis auxquels ils font face. Cela devait aussi les aider à préciser les valeurs spirituelles requises pour rendre la société plus solidaire et plus juste. De ce groupe, un seul était Québécois de souche; le garçon chrétien catholique.

Tous ces jeunes, sans distinction, s’identifiaient comme croyants vivant dans une société laïque. Les comptes rendus des discussions de groupes pointaient vers la même direction : le respect mutuel. Ce même point a d’ailleurs été renforcé par un soufi adulte qui était comme moi témoin de cet échange. « Reconnaissons, dit-il, que les chrétiens du Québec ne seraient pas aussi bien accueillis dans nos pays d’origine comme les Québécois nous ont accueillis et nous accueillent encore ici. Nous avons tous la chance d’être nous-mêmes dans cette société d’accueil où nous pouvons vivre librement nos différences. »

La question du voile 03La soirée s’est terminée avec la levée du ramadan autour de 20h34. Chacun a eu sa pointe de pizza et quelques morceaux de fruits.

La question du voile 04Je disais donc qu’il y avait six musulmanes voilées et six autres non voilés. Pourtant, elles partageaient exactement la même vision ou les mêmes rêves que les chrétiennes. De plus, cet aspect vestimentaire n’a pas été soulevé et n’a semblé poser aucun problème dans la qualité des échanges. À les entendre en fermant les yeux, nul n’aurait su laquelle était voilée.

Pourquoi sommes-nous donc troublés par le voile musulman?

Le récent livre d’Osire Glacier[1] clarifie cette question. « Les versets coraniques qui portent sur le voile, dit-elle, s’inscrivent dans le contexte historique patriarcal que connaissent les civilisations de l’époque » (page 21).

Le voile, dans l’ordre patriarcal, signifie donc que les femmes voilées sont sous la tutelle d’un ou de plusieurs membres masculins de sa famille. Conséquemment, le voile protège contre l’agressivité masculine dans la rue. Ainsi, même au Canada, le voile est perçu par celles qui le portent comme un instrument qui garantit leur dignité contre le regard dégradant de certains hommes.

Or, la perception générale des gens d’ici est que cette tenue vestimentaire représente la subordination des femmes, ce qui porte atteinte au principe de l’égalité des sexes. En plus, les fondamentalismes musulmans font du voile la bannière la plus visible de leur idéologie. Le voile tout comme la réclusion des femmes, selon eux, découlerait d’une loi divine. Conséquemment, le féminisme arabe est considéré par eux comme un phénomène occidental qui menacerait la religion musulmane.

Osire Glacier met en lumière un mécanisme de contrôle d’une élite politique qui ne se soucie guerre du bien commun de leur population, mais cherche avant tout à se maintenir au pouvoir. Les exemples des gouvernants de pays musulmans sont éloquents.

Aussi, les médias occidentaux polarisent deux figures : les musulmanes qui revendiquent le droit de porter le voile et celles qui rejettent l’islam. Or, la conscience féministe dans les pays musulmans, qu’elle soit laïque ou basée sur la foi musulmane, remet en question cet état de fait. Le monde musulman a une voix plurielle où les femmes jouent un rôle très important. Tout en affirmant leur appartenance à l’islam en tant que spiritualité, les féministes suggèrent des lectures contextuelles, et donc plus souples, du Coran. « À présent, le mouvement féministe constitue l’un des principaux acteurs du processus de démocratisation au Maroc » (page 64).

La loi islamique

Il est bien de se rappeler que le voile, la réclusion et l’invisibilité dans la sphère publique étaient des valeurs importantes dans la Grèce antique et l’époque de Byzance, donc tout autour du bassin de la Mer Méditerranée. C’est un fait historique global qui est plus large que le monde musulman. Le voile que les religieuses catholiques ont longtemps porté, centaines le portent encore, est de la même origine.

Historiquement, avec la conquête musulmane, s’est imposée une nouvelle réalité. Les élites dirigeantes ont adopté les pratiques des autres cultures. Les guerres ont ramené captives des femmes qui sont devenues des esclaves sexuelles et vendues sur le marché des esclaves. Or, « les juristes de cour, qui ont élaboré la loi islamique, entretenaient avec les femmes un rapport de maître à esclaves. D’où une loi islamique défavorable à l’égard des femmes » (page 86).

C’est dans cet environnement qu’une distinction est également apparue entre les femmes voilées, mais protégées, par rapport aux esclaves sexuelles non voilées.

Les califats ou les monarchies se sont imposés par l’épée, la répression et l’exploitation de la foi. Cette réalité est encore d’actualité. Conséquemment, le pouvoir politique favorise l’immobilisme social, culturel et religieux pour maintenir son hégémonie aliénante.

Il s’agit d’une instrumentalisation de « la culture, (des) traditions et (de) la religion officielle dans le but de se maintenir au pouvoir » (page 120).

Or, il ne faut pas oublier que « la spiritualité relève de la foi personnelle, alors que les politiques d’islamisation colonisent les espaces privés et publics » (page 122).

Le port du hijab

Soit parce qu’un membre de la famille les y a contraints, soit pour ne pas s’exposer à la violence dans la rue « le port du voile en Égypte est le résultat de pressions sociales » (page 140).  C’est pourquoi Osire Glacier préconise le respect des libertés individuelles et le principe de l’égalité des sexes comme un principe universel, et non comme une provenance exclusivement occidentale.

Au Québec, la couverture médiatique insistant sur les femmes qui veulent porter le voile là où elles vivent et travaillent contribue à alimenter les discours populistes de droite ou d’extrême droite. Cela a pour résultat de marginaliser des individus issus des pays musulmans vivants en Occident, notamment en matière de protection des migrants et des réfugiés.

La solution réside dans un effort accru d’éducation et d’une « couverture médiatique des productions artistiques, culturelles et intellectuelles des pays arabo-musulmans pour révéler les identités plurielles et les préoccupations universelles des individus issus de ces pays » (page 148).

Conclusion

Je reviens donc à l’échange des jeunes du 29 mai dernier. J’ai le sentiment que ces jeunes filles musulmanes voilées et non voilées vivent les mêmes aspirations, le même goût de contribuer positivement au bien commun collectif sans référence explicite aux religions.

Il serait intéressant de connaître les motivations des unes et des autres. Y a-t-il encore au Québec une pression familiale ou d’un imam qui pousse certaines à porter le voile? Se sentent-elles plus en sécurité ou protégé du regard des hommes en portant un voile comme cela était à l’époque du Prophète? Cela présumerait que les hommes d’ici sont tout aussi dangereux dans les rues que dans certains pays musulmans! Or, il me semble injuste de penser que tous les hommes soient des prédateurs sexuels, ici comme ailleurs.

Un chauffeur de taxi d’origine algérienne immigré au Québec depuis plus de vingt ans me partageait sa fierté d’avoir trois jeunes filles épanouies qui ne portant pas le voile. « Je ne comprends pas celles qui en Algérie revendiquaient leur droit de ne pas être voilé, mais qui, une fois ici, se voilent, m’a-t-il confié. Comme moi, elles ont fui la ‘police des mœurs islamiques’, mais pour adopter le voile une fois rendu ici. C’est à n’y rien comprendre ».  S’agit-il d’un esprit rebelle inversé mal compris? Ou bien, est-ce une incapacité de s’adapter à un autre environnement culturel en revendiquant le droit d’exercer une liberté nouvellement acquise, mais mal intégrée? Sont-elles conscientes de l’instrumentalisation du voile manipulée par l’idéologie du fondamentalisme musulman?

D’un autre côté, il me semble également judicieux de clamer que le féminisme laïque n’est pas un phénomène strictement occidental. « Les pays musulmans abritent une multitude de voix et une pensée plurielle en matière d’égalité entre les sexes » (page 83). Parallèlement, la foi islamique a intérêt à être vécue par ses adeptes en tant que spiritualité pour contrecarrer l’avancée des intégrismes religieux.

Tout compte fait, cela s’applique également aux chrétiens, quelle que soit leur dénomination. La religion, en tant que structure sociale, court constamment le danger d’imposer des règles et des mécanismes de contrôle au détriment de la conscience personnelle et de la véritable conversion du cœur. C’est mon souhait que les rencontres interreligieuses entre jeunes se multiplient pour enrichir le collectif humain que nous formons.

[1] Osire Glacier (Hadouche), Femmes, Islam et Occident, Essai, Collection « Regards solidaires », Éditions de la Pleine Lune, Lachine, Canada, 2018.

Femmes, Islam et Occident

Osire Glacier (Hadouche) réfute la croyance selon laquelle le féminisme serait une idéologie strictement occidentale et montre qu’une telle croyance se base sur une image figée et méprisante des cultures d’ailleurs. À l’instar de toutes les sociétés humaines, les pays musulmans abritent une multitude de voix et une pensée plurielle, notamment en matière d’égalité entre les sexes.

Dans Femmes, Islam et Occident, elle retrace l’historique du port du voile et nous fait découvrir des féministes arabo-musulmanes qui se sont penchées sur la question du statut des femmes dans l’islam, montrant l’importance des luttes de ces femmes et leur contribution à l’avancement des droits humains dans leur société et dans le monde.

Ce livre invite à une réflexion sur des sujets tels que les signes religieux dans l’espace public, la neutralité de l’État, les accommodements raisonnables et un vivre-ensemble harmonieux qui serait fondé sur des principes universels.

OSIRE GLACIEROsire Glacier. Née à Agadir dans les années 1960, Osire Glacier a vécu au Maroc jusqu’à l’âge de 17 ans. Après quelques années en France et aux États-Unis, elle a déménagé au Québec pour y réaliser une maîtrise à l’Université Laval, puis un doctorat à l’université McGill. Spécialiste de l’histoire des femmes et des droits de la personne au Maroc et dans le monde arabe, conférencière et professeure d’histoire et de sciences politiques à l’Université Bishop’s de Sherbrooke, elle tente, par ses travaux et ses recherches, d’apporter sa contribution à la connaissance du Maghreb et souhaite collaborer à un meilleur vivre-ensemble en offrant un éclairage constructif au dialogue québécois.

Lien : http://etudesmarocaines.com/

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Lettre aux amis No 41, juin 2018. Par Serge St-Arneault, M.Afr

SergeLa Mission de Notre-Dame d’Afrique située près du Parc olympique à Montréal était littéralement ‘noire de monde’ à la messe des Rameaux que je présidais au mois de mars dernier. Cette église ouvre ses portes à toute la communauté africaine de l’île de Montréal. Débutée vers 11h00, cette célébration liturgique s’est terminée à 13h30 sans que personne ne s’en étonne. Il est vrai que la lecture de la passion de Jésus-Christ ce jour-là était longue.

Néanmoins, malgré le caractère dramatique des lectures, les chants et leurs rythmes ont ravivé les ferveurs. J’ai vécu de nombreuses fois ce genre de célébration tout au long de mes années en Afrique. Le temps alloué n’est jamais minuté à la seconde comme c’est souvent la réalité dans notre société d’ici. En effet, nous insistons sur la bonne utilisation de notre temps en citant le proverbe: « le temps, c’est de l’argent ». Le temps devient une commodité précieuse. C’est le cas lorsque nous l’offrons pour un ami, un membre de la famille, voire même un étranger. Et que dire de la louange ou de la prière offerte au Seigneur?

NDD'AfriqueC’est ce que mes sœurs et frères africains m’ont enseigné. Là réside la forme du soutien communautaire qui s’exprime aussi bien dans le deuil qu’au moment des réjouissances. Je leur serai éternellement reconnaissant. Ce jour-là, à la messe des Rameaux, je me suis surpris moi-même à leur dire que je me sentais être « un Africain de race blanche ». Et pourquoi pas? La couleur de la peau n’est qu’un accident de la nature. Mais ce qui construit l’identité est d’un autre ordre, celui du cœur. Ce rapprochement des cœurs se vit depuis 150 ans au sein des Missionnaires d’Afrique.

Nous le célébrerons plus particulièrement dans les prochains mois. Notre joie est de savoir qu’une autre célébration aura lieu dans 150 ans grâce à la croissance de notre Société missionnaire qui forme présentement 500 jeunes qui désirent vivre le même charisme missionnaire que celui de nos prédécesseurs. Réjouissons-nous et bon anniversaire!

La Province des Amériques : une Province – quatre Secteurs

En décembre 2018, la Société des Missionnaires d’Afrique célèbrera le 150e anniversaire de sa fondation. Plusieurs d’entre vous se demande peut-être à quand remonte la présence des Pères Blancs au Canada et comment nous sommes arrivés à parler aujourd’hui d’une Province des Amériques et de quatre Secteurs. Voici quelques éléments de réponse :

1875 : à cette époque, Mgr Lavigerie (notre Fondateur) envoie des Pères Blancs au Québec pour parler du projet missionnaire africain et pour sensibiliser les gens aux besoins de sa nouvelle fondation.

1886 : le 12 août 1886, John Forbes, né à l’Île Perrot (Montréal), quitte le Canada pour Alger afin de commencer sa formation missionnaire chez les Pères Blancs. Il a 22 ans. Le 25 septembre 1888, il prononce son serment missionnaire. Il est ordonné prêtre le 6 octobre 1888.

1900-1901 : premier Père Blanc canadien, le Père Forbes est envoyé par la Société au Canada. En mars 1901, Mgr Bégin, archevêque de Québec, lui donne l’autorisation d’ouvrir une maison. Elle sera la première maison de formation des futurs Pères Blancs canadiens. Le Père John Forbes quittera le Canada pour l’Afrique en 1914. D’autres maisons seront ouvertes à Québec, Montréal, Sherbrooke, St-Boniface, Ottawa, Toronto, etc.

1929 : Mgr Joseph Shrembs, évêque du diocèse de Cleveland (Ohio-USA), ami de Mgr Forbes, accepte de recevoir les Pères Blancs dans son diocèse.

1943 : le Canada devient officiellement la Province de la Société des Missionnaires d’Afrique en Amérique.

1948 : la Province des États-Unis est créée. Jusqu’en 1997, se succéderont sept provinciaux.

1984 : la Société des Missionnaires d’Afrique s’implante au Mexique et au Brésil. Ces nouvelles fondations dépendent directement du Conseil général à Rome.

1997 : les effectifs diminuant, les Missionnaires d’Afrique décident d’unifier le Canada et les États-Unis en une seule Province. Le 1er juillet 1997, la Province du Canada et celle des États-Unis deviennent une seule entité appelée la Province de l’Amérique du Nord.

2006 : le 1er juillet, le Mexique est officiellement rattaché à la Province de l’Amérique du Nord.

2008 : Pour plus d’efficacité, le Conseil général décide d’intégrer les fondations du Mexique et du Brésil au Canada et aux États-Unis en créant une nouvelle entité appelée la Province des Amériques. Elle comprend alors 3 secteurs : le Canada, les États-Unis et le Mexique-Brésil.

2012 : le Brésil, est détaché du Mexique et devient le 4e secteur. Chez les Missionnaires d’Afrique les structures ne sont pas un absolu. Elles sont toujours au service de la mission et du bien-être des membres. Elles sont donc appelées à s’ajuster aux réalités du moment. Que nous réserve l’avenir ?

L’Équipe responsable de la « Lettre aux Amis », Jacques Poirier, Marc Beaudry et Serge St-Arneault

Article tirée du site internet des Missionnaires d’Afrique en Amérique

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Translation into English: A get closer of hearts lived for 150 years