Tous les articles par Serge St-Arneault, M.Afr

Membre de la Société Missionnaire d'Afrique depuis 1986. A vécu en République Démocratique du Congo, au Malawi et en Zambie. Membre de l'équipe du Centre Afrika à Montréal depuis 2017.

PolySeSouvient réagit au jugement concernant les contestations judiciaires des décrets interdisant les armes d’assaut

« Ce jugement clair et sans équivoque devrait pousser le Gouvernement Trudeau à rapidement procéder à mettre en œuvre ses promesses répétées d’interdire l’ensemble des armes de style militaire qui ne sont pas raisonnablement utilisées pour la chasse. »

Montréal, le 30 octobre 2023 —

PolySeSouvient, un groupe représentant des survivantes et des familles de victimes du massacre à l’École Polytechnique, applaudit le jugement dévoilé aujourd’hui qui confirme l’autorité du gouvernement fédéral d’interdire certaines armes qu’il considère un risque disproportionné pour la sécurité publique.

« Ce jugement devrait pousser le gouvernement Trudeau à rapidement mettre en œuvre ses promesse réitérées lors des trois dernières campagnes électorales à interdire l’ensemble des armes communément appelées des ‘armes d’assaut’, soit de style militaire qui ne sont pas raisonnablement utilisées pour la chasse, » a dit Nathalie Provost, survivante du féminicide à l’École Polytechnique et porte-parole de PolySeSouvient. « Le droit de l’État de limiter le type d’armes qui peut légalement être possédé par les citoyens ordinaires est clair et sans équivoque, » a ajouté Nathalie Provost.

Le jugement conclut :

« Le décret et le Règlement ne sont pas invalides. Le gouverneur en conseil n’a pas outrepassé les pouvoirs qui lui ont été délégués par le législateur, au titre du paragraphe 117.15(2) du Code criminel. … Le gouverneur en conseil n’a pas sous-délégué son pouvoir de désigner des armes à feu comme étant prohibées. … Le gouverneur en conseil n’est tenu à aucune obligation d’équité procédurale envers les propriétaires d’arme à feu touchés par le Règlement. … Le Règlement ne contrevient pas à l’article 7 de la Charte; le Règlement n’est pas imprécis, de portée excessive ou arbitraire. Subsidiairement, si la Cour avait conclu que le Règlement portait atteinte à l’article 7 d’une manière qui n’est pas conforme aux principes de justice fondamentale, elle aurait jugé que cette atteinte est justifiée au titre de l’article premier de la Charte et s’inscrit dans les limites raisonnables. Le Règlement vise un objectif urgent et réel, et il constitue une réponse proportionnée à cet objectif.

Les restrictions imposées par le Règlement à l’utilisation des armes à feu désormais prohibées – qui présentent un danger inhérent et ont la capacité de causer d’importants dommages et, par conséquent, qui ne peuvent raisonnablement être utilisées pour la chasse et le sport possède un lien rationnel avec l’objectif et porte une atteinte minimale aux droits des propriétaires d’arme à feu garantis à l’article 7. L’atteinte minimale aux droits des propriétaires d’arme à feu, qui disposent désormais d’un choix moindre quant aux armes à feu qu’ils peuvent posséder et utiliser et qui risquent d’être l’objet d’accusations criminelles s’ils continuent d’utiliser les armes à feu maintenant prohibées, est supplantée par l’effet bénéfique du Règlement, soit la réduction des dommages découlant des fusillades de masse et du danger inhérent aux armes à feu prohibées et par l’atteinte de l’objectif plus global d’améliorer la sécurité publique. Le Règlement ne contrevient pas aux articles 8, 11, 15 ou 26 de la Charte. Le Règlement ne contrevient pas à la Déclaration canadienne des droits. »

Interdire l’ensemble des armes d’assaut nécessiterait un nouveau décret pour compléter les interdictions de 2020 qui sont au cœur de la contestation judiciaire, une démarche que le ministre de la Sécurité publique, Dominic Leblanc, s’est engagé à faire alors qu’il témoignait devant le Sénat sur le projet de loi C-21 pas plus tard que la semaine dernière.

En effet, ce jugement vient au moment où l’on trouve toujours offerts sur le marché canadien et présents dans les communautés canadiennes des centaines de modèles d’armes d’assaut que le gouvernement avait tenté, sans succès, d’interdire dans le cadre du processus législatif entourant le projet de loi C-21 (actuellement devant le Sénat). En effet, ces modèles auraient été couverts par les amendements G-4 et G-46 proposée en novembre dernier mais qui ont été retirés à la suite du succès d’une campagne de désinformation menée par les opposants. La plupart de ces modèles font l’objet d’exceptions arbitraires qui leur permettent d’échapper au décret de 2020 (ex : pas « de conception moderne » ou pas « en grand nombre sur le marché canadien »).

« Nous espérons que le langage sans ambiguïté de ce jugement fondé sur un raisonnement solide et réfléchi raffermira la détermination de l’État d’interdire une fois pour toutes l’ensemble des armes d’assaut au Canada, une mesure appuyée par 80 % des Canadiens et Canadiennes, incluant la majorité des propriétaires d’armes, » a conclu la porte-parole.

Pour de plus amples renseignements : Nathalie Provost; 514-796-0142; Heidi Rathjen; 514-816-7818

DERNIÈRES ACTUALITÉS
Contrôle des armes – L’Association Nationale Femmes et Droit soumet un mémoire sur le projet de loi C-21 au Sénat
En octobre, nous avons soumis un mémoire sur le projet de loi C-21 : Loi modifiant certaines lois et d’autres textes en conséquence (armes à feu) au Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale, de la défense et des anciens combattants.  
L’Association nationale Femmes et Droit soutient le projet de loi C-21 et recommande son adoption rapide. Dans notre mémoire, nous expliquons les changements qui ont été apportés au projet de loi à la suite de notre mémoire au Comité permanent de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes, et soulignons quelques problèmes persistants.  
En savoir plus

Mylène Crête, La Presse, 30 octobre 2023

(Ottawa) L’interdiction des armes d’assaut imposée par décret depuis le 1er mai 2020 est maintenue par la Cour fédérale. La Coalition canadienne pour les droits des armes à feu (CCDAF) tentait de la faire invalider. Déçue, elle promet de faire appel tandis que PolySeSouvient presse le gouvernement de tenir ses promesses.

Près de 900 armes à feu ont été saisies cette année dans les 87 points de passages douaniers entre le Québec et les États-Unis, une hausse de 5 % en un an. Des quantités significatives d’opioïdes et de stupéfiants ont aussi été interceptées, montrent des chiffres de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

HENRI OUELLETTE-VÉZINA, LA PRESSE, 5 décembre 2023

Congrès de l’AMéCO, Québec, 25 et 26 octobre 2023

Par Serge St-Arneault, M.Afr

J’ai eu la chance de participer à ce congrès à titre de représentant des médias du Centre Afrika des Missionnaires d’Afrique.

La mision de l’AMéCO[i] est de communiquer la vie des Églises et, dans un esprit d’ouverture, des grandes traditions religieuses du monde.

Dans le monde des médias religieux, les membres de l’AMéCO se demandent continuellement comment, à travers ses moyens de communication, témoigner de l’action bienfaisante de la foi. Le vaste monde numérique nous incite à réfléchir à la créativité que nous devons développer et à l’impact que nous pouvons avoir auprès de nos différents publics. Ayant pour thème « Foi et communication à l’ère numérique, » le congrès 2023 de l’AMéCO a été une occasion d’approfondir cette réflexion.

Le Monastère des Augustines, situé 77 de la rue des Rampart à Québec, était l’hôte de ce congrès annuel les 25 et 26 octobre 2023. Cinq religieuses vivent encore dans ce monastère qui a trouvé une nouvelle vocation en ouvrant ses portes au public. C’est un lieu d’une grande signification historique que les photos suivantes vous permettront de découvrir. Heureux êtes-vous si vous avez la chance de visiter ce monastère.

VIDÉO https://monastere.ca/

LA MISSION À L’ÈRE NUMÉRIQUE. Présentation de Simon Lessard

Simon Lessard, journaliste et responsable de l’innovation pour Le Verbe médias

Nous assistons à un virage numérique depuis une vingtaine d’années. Ce phénomène n’est pas responsable de la baisse de la pratique religieuse. Nos initiatives dans le domaine numérique ne suffisent donc pas pour réanimer l’évangélisation. Une présence numérique n’est pas nécessaire, peut-être même pas prioritaire, pour transmettre la foi et vitaliser des communautés. Nos initiatives ne sont qu’un MOYEN, un OUTIL. Le plus important est la relation personnelle à un Dieu d’Amour vécu en communauté, en société.

Avantages du numérique

Le numérique permet néanmoins de trouver des sources de formation et d’information pour nourrir efficacement notre foi chrétienne. Il nous permet aussi de pouvoir nous exprimer. Toute personne peut diffuser un contenu numérique à faible coût. Le numérique permet aussi de se réseauter et de briser l’isolement. En fait, le numérique est un retour à l’oralité. La parole retrouve sa puissance, pour le bien comme pour le mal.

Les inconvénients

Cependant, le numérique gère de la surinformation souvent associée à la désinformation. Communiquer n’est pas synonyme de communier et peut engendrer une désincarnation, une forme de rejet du monde réal qui a un impact négatif sur la santé mentale et sociale.

PRINCIPES DE DISCERNEMENT À LA LUMIÈRE DE LA RÉVÉLATION CHRÉTIENNE

Simon Lessard a proposé de s’inspirer de quatre mystères de la foi chrétienne comme éléments de discernement.

La trinité

La trinité nous oriente vers un RÉEL RÉSEAUTAGE où la relation interdépendante commune prime. À ce niveau, une prière à Dieu met l’accent sur l’échange de la PAROLE. Les réseaux sociaux accordent précisément une grande importance au SON et à la VOIX qui sont associés à une IMAGE, un VISAGE. C’est à ce niveau que les plateformes comme Messenger, WhatsApp et même YouTube suivent cette voie pour facilité la communication. Les infolettres et textos peuvent aussi soutenir le réseautage par les clips vidéo.

L’incarnation

Le principe de l’incarnation insiste sur le Verbe fait chair. Ce principe permet d’entrer dans le RÉEL, le concret, dans des histoires et récits où le surnaturel captive les auditeurs si le médium ou la manière de parler rend le christianisme crédible.

C’est ici que se manifeste la tension entre un monde LIMITÉ et ILLIMITÉ. Le virtuel laisse croire qu’il n’y a plus de limites, que tout est accessible, que les limites de la connaissance n’existent plus. Le principe de l’incarnation nous rappelle l’importance de prendre conscience de nos limites, de la vertu du silence.

La rédemption

Le monde virtuel ne peut pas effacer la souffrance et la misère humaine, pas plus que de remplacer la soif d’amour humain et divin. Le cœur de la révélation chrétienne est une bonne nouvelle. Nous annonçons l’amour, non sans parler des souffrances que les gens vivent.

L’apocalypse

Au sens propre, l’apocalypse est la RÉVÉLATION par excellence. C’est de l’ordre de la communication. Or, les médias sociaux et le monde virtuel peuvent techniquement « enfermer » le message. D’où l’importance de diversifier les plateformes informatiques. L’apocalypse est également l’Alpha et l’Oméga où le sens des choses, c’est-à-dire le message divin, est révélé. Cela est différent de mon opinion personnelle, mes idées. Au-delà de la vision apocalyptique de la fin du monde, nous annonçons que le mal sera vaincu. Plus important que nos DÉNONCIATIONS du mal, notre rôle est d’annoncer une RÉALITÉ basée sur la communion. En tant que communicateur, nos efforts dans le domaine des médias sont de tendre vers cet esprit de communion entre les humains et Dieu. Nos mots, nos messages constituent-ils des gestes d’amour ?

VERS UNE PRÉSENCE TOTALE. Présentation de Marybel Mayorga

Maribel Mayorga, participante au projet Faith Communication in the Digital World du Dicastère pour la
Communication au Vatican (2021)

Unique Canadienne à avoir participé au programme Faith Communication in the Digital World initié par le Dicastère de la communication, Marybel Mayorgaaprésenté une réflexion pastorale à propos de l’engagement sur les réseaux sociaux.

Elle a présenté un document qui s’inscrit dans une démarche spirituelle et de discernement, car il est de « notre devoir comme chrétien de mettre notre foi dans le monde digital ».

Il en ressort qu’une approche créatrice dans le monde des réseaux sociaux devrait favoriser les relations. La vision est orientée vers la durée du témoignage pour le bien commun. Une rencontre significative va au-delà des désaccords, car nous sommes tous dignement liés les uns aux autres dans une écoute permettant de toucher la réalité perçue par chacun.

Dans un monde virtuel bruyant et conflictuel, seul le SILENCE permet de trouver le changement espéré. Cela semble une contradiction. Or, la noirceur parfois terrifiante du monde digital a elle aussi besoin d’être éclairée pour cheminer vers une culture de soutien mutuel et la construction d’une communauté virtuelle évangélique. Cet éclairage exige la présence d’un silence méditatif pour inspirer la communication. Comment faire autrement pour atteindre une écoute mutuelle favorisant la réconciliation, promouvant l’hospitalité dans une culture de rencontre ?

RÉFÉRENCE

Vers une présence totale

Une réflexion pastorale à propos de l’engagement sur les réseaux sociaux

8) Avec l’avènement du Web 5.0 et d’autres avancées en matière de communication, le rôle de l’intelligence artificielle dans les années à venir aura de plus en plus d’impact sur notre expérience de la réalité. Nous assistons au développement de machines qui travaillent et prennent des décisions à notre place; qui peuvent apprendre et prédire nos comportements; de capteurs sur notre peau qui peuvent mesurer nos émotions; de machines qui répondent à nos questions et apprennent de nos réponses ou qui utilisent les registres de l’ironie et parlent avec la voix et les expressions de personnes décédées. Dans cette réalité en constante évolution, de nombreuses questions restent sans réponse.[8]

14) L’importance croissante accordée à la diffusion et au commerce des connaissances, des données et des informations, a généré un paradoxe: dans une société où l’information joue un rôle aussi essentiel, il est de plus en plus difficile de vérifier les sources et l’exactitude des informations qui circulent numériquement. La surcharge de contenu est résolue par des algorithmes d’intelligence artificielle qui déterminent constamment ce qu’il faut nous montrer en fonction de facteurs que nous percevons ou réalisons à peine: non seulement nos choix, goûts, réactions ou préférences précédents, mais aussi nos absences et distractions, pauses et durées d’attention. L’environnement numérique que chaque personne voit – et même les résultats d’une recherche en ligne – n’est jamais le même que celui de quelqu’un d’autre. En recherchant des informations sur les navigateurs, ou en les recevant dans notre flux pour différentes plates-formes et applications, nous ne sommes généralement pas conscients des filtres qui conditionnent les résultats. La conséquence de cette personnalisation de plus en plus sophistiquée des résultats est une exposition forcée à des informations partielles, qui corroborent nos propres idées, renforcent nos croyances, et nous entraînent ainsi dans un isolement lié aux “bulles de filtres”.

53) Que signifie alors “soigner” les blessures sur les réseaux sociaux ? Comment “lier” ce qui est divisé? Comment construire des environnements ecclésiaux capables d’accueillir et d’intégrer les “périphéries géographiques et existentielles” des cultures d’aujourd’hui ? Des questions comme celles-là sont essentielles pour discerner notre présence chrétienne sur les autoroutes numériques.

Aujourd’hui, nous nous trouvons face à la grande opportunité de montrer que, par essence, nous sommes frères, l’opportunité d’être d’autres bons samaritains qui prennent sur eux-mêmes la douleur des échecs, au lieu d’accentuer les haines et les ressentiments. Comme pour le voyageur de notre histoire qui passait par hasard, il suffirait juste d’être animé du désir spontané, pur et simple de vouloir constituer un peuple, d’être constant et infatigable dans le travail d’inclure, d’intégrer et de relever celui qui gît à terre”.[28]

Que l’image du Bon Samaritain, qui a soigné les blessures du blessé en y versant de l’huile et du vin, soit notre inspiration. Que notre communication soit un baume qui soulage la douleur et un bon vin qui réjouisse les cœurs. Que la lumière que nous apportons aux autres ne soit pas le résultat de cosmétiques ou d’effets spéciaux, mais plutôt celui d’être des “proches” aimants et miséricordieux envers ceux qui sont blessés et laissés sur le bord de la route.

Cité du Vatican, 28 mai 2023, Solennité de la Pentecôte, Paolo Ruffini, Préfet


[1] C’est en 1968 que les directeurs de publications religieuses du Québec se réunissaient, à l’invitation des pères Onil Perrier, s.m.m., et Gabriel Brien, s. j., pour jeter les bases de l’Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC), qui devient en 2014, l’AMéCO, Association des médias catholiques et œcuméniques. http://ameco-medias.ca/

Le Verbe témoigne de l’espérance chrétienne dans l’espace médiatique en conjuguant foi catholique et culture contemporaine.
Le 25 octobre dernier, avait lieu la remise des prix d’excellence de l’AMéCO (l’Association des médias catholiques et œcuméniques).
Le Verbe médias s’est distingué dans quatre catégories : Mise en page
numéro spécial sur la loi
(Émilie Dubern, Marie-Pier LaRose et Antoine Malenfant); Entrevue/portrait
L’incroyable chemin de Zahra Gomari
(Marie-Jeanne Fontaine, magazine de mai-juin 2023); Émission audio, affaires publiques
On n’est pas du monde: Espérance, différence sexuelle, miracles
(émission du 6 juin 2022 animée par Simon Lessard, avec Ariane Blais-Lacombe, Ariane Beauféray, Jean-Philippe Marceau, abbé Thomas Malenfant); Émission ou segment audiovisuel, spiritualité
Je suis dealer d’espoir – Claude Paradis
(capsule vidéo réalisée par Simon Lessard et Marc-Antoine Beaudette, février 2023). Félicitations à tous les gagnants et finalistes honorés lors de cette magnifique soirée!

LIEN

Il y a huit ans, le Monastère des Augustines a modifié sa vocation. L’entreprise hôtelière est désormais aux prises avec les mêmes préoccupations que celles œuvrant dans le même créneau : pénurie de main-d’œuvre, inflation… Mais dans cet endroit hors du commun, on s’inspire de la philosophie des Augustines pour gérer les affaires et les gens.

TEXTE : STÉPHANIE BÉRUBÉLA PRESSE

PHOTOS : EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTELA PRESSE

Best « Leading Community Based Tourism Organization Excellence Award 2023 »

The Kungoni Center of Culture and Arts has been awarded as the Best « Leading Community Based Tourism Organization Excellence Award 2023 » by the Department of Tourism Malawi.

Mua Mission

Préface du livre d’André-Man Mbombo; Le Congo, un colosse aux pieds d’argile

André-Man Mbombo
André-Man Mbombo

J’ai rencontré André-Man Mbombo pour la première fois en 2018 au Centre Afrika de Montréal[1]. L’année précédente, j’avais été nommé directeur du Centre Afrika de Montréal après une dizaine d’années vécues au Zaïre, l’actuelle République Démocratique du Congo, une autre dizaine d’années au Malawi et cinq ans en Zambie, plus précisément à Lusaka, la capitale.

Je venais de finir de lire son roman « L’albinos avatar et la Première Dame[2]» et je me suis rappelé la réaction de très jeunes enfants qui pleuraient ou qui étaient effrayés en voyant ma peau blanche de « Muzungu[3] ». André-Man m’a alors répondu calmement : « On est tous albinos de quelqu’un d’autre. Tout ce qui est différent ne laisse personne indifférent. » L’albinos avatar était à cette époque une trilogie de trois tomes qui attendaient dans le tiroir de l’éditeur.

En tant qu’avocat et profondément attristé du sort misérable que connaissent tant d’albinos à travers le monde et plus particulièrement en Afrique, André-Man Mbombo se devait de lutter pour la promotion des droits des personnes vivants sans mélanine. Il s’est donné pour mission de rédiger un projet aux Nations Unies avec pour objectif de faire voter une Déclaration universelle des droits humains des personnes vivant avec albinisme.

Au même moment se tenait la 44e session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF) qui s’est venue à Québec en juillet 2018. Il a alors réussi à soumettre un projet de déclaration et a obtenu l’adoption de la Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine[4]. Cette importante résolution d’un parlement planétaire reconnaissait que les personnes vivant sans mélanine, que nous appelons amélaniques[5], sont des êtres humains au sens de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Me Mbombo est un homme de loi qui a le sens du devoir et de la mission. Il ne reste pas indifférent devant l’injustice et les inégalités.

J’ai aussi lu son essai sur la nationalité congolaise, L’Apartheid Légal qui piège le Congo : une diaspora ostracisée à vie[6]. Il s’agit d’un véritable plaidoyer contre le principe constitutionnel de l’unicité et de l’exclusivité de la nationalité congolaise. Il s’est même proposé de déposer une requête devant la Cour constitutionnelle de la République Démocratique du Congo en annulation de ce principe qu’il estime inique, car il prive le Congo d’une partie de sa population du fait du constituant.

Dans le présent essai, Me Mbombo s’attaque à la disposition constitutionnelle qui nie les droits de propriété de l’État congolais sur le sol et le sous-sol congolais ainsi que leurs produits naturels. Il s’agit, il faut le reconnaître, d’un exercice difficile dont l’auteur s’acquitte en comparant les Constitutions et lois d’avant 2006 avec la Constitution en vigueur. Ce fait du constituant a accentué le paradoxe congolais : un pays immensément riche dont les populations sont parmi les plus pauvres au monde.

Optimiste de nature, André-Man Mbombo ne qualifie pas les ressources naturelles du Congo de malédictions et démontre comment les minerais du sang extraits des terres congolaises peuvent servir de vecteur de la paix et éloigner les bruits des bottes et les crépitements des balles du Congo. 

Pour lui, la puissance et l’opulence de la République Démocratique du Congo passent absolument par la croissance de sa démographie avec l’abolition du principe de l’unicité et de l’exclusivité de la nationalité congolaise, et par la récupération par l’État congolais de ses droits de propriété sur ses ressources naturelles.

Il prône en outre le paradigme en matière minière pour passer de l’exploitation minière industrielle à l’industrie minière au Congo. Le Congo doit cesser d’être pourvoyeur des matières premières brutes pour une industrialisation des mines et des carrières de l’extraction à la transformation des minerais bruts en produits semi-finis et en produits finis.

Tout compte fait, je trouve cet essai révolutionnaire surtout lorsqu’il met l’être humain au centre des activités minières avec l’introduction de l’acceptabilité sociale dans le développement des projets miniers. En outre, il suggère la création d’un institut national des générations et d’un fonds de développement local pour aider les populations riveraines.

Sur ce, j’ai eu beaucoup de plaisir à lire cet essai que j’ai trouvé intéressant et instructif à tous égards. Je le conseille à tout le monde surtout à ceux et celles qui n’ont jamais mis pied au Congo.

 Serge St-Arneault, M.Afr

André-Man Mbombo, Le Congo , un collosse aux pieds d’argile ? Une constitution qui a détruit l’État congolais, Essai, Édition Solstice Austral, Montréal, 2023, 263 pages. Prix : $30.00


[1] Les Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) ont créé le Centre Afrika en 1988 afin de permettre aux Africains de tisser des liens d’amitié entre eux et favoriser ainsi un vivre-ensemble harmonieux dans la société québécoise. Le Centre au 1644 rue St-Hubert, Montréal, QC H2L 3Z3 | www.centreafrika.com

[2] André-Man Mbombo, L’Albinos avatar et la Première Dame, Solstice Austral, Montréal, 1er édition, 2015, 493 pages.

[3] Terme swahili pour désigner l’Européen blanc.

[4] APF, 44e Session, Québec (Québec), 5-10/07/2018, Annexe 3.

[5] Ce terme amélanique est un néologisme qui exprime bien ce qu’il veut dire, c’est-à-dire ‘sans’ mélamine. Il est proposé à la place du terme « albinos » qui a une connotation péjorative.

[6] Éditions Solstice Austral, Montréal, 2022, 202 pages.

Dimanche le 10 décembre 2023 de 16h00 à 19h00 à l’Afromusée.

Laissez-nous entrer dans la normalité

Lovejoyce Amavi

Par Lovejoyce Amavi, consultant en communication et auteur, La Presse, 8 octobre 2023

Greg Fergus a été élu président de la Chambre des communes le 3 octobre 2023. Voici un intéressant article de Levejoyce Amavi[i] au sujet de la définition de l’inclusion. Jusqu’à quand aurons-nous encore besoin de classer les êtres humains dans des catégories et pour quelles raisons, demande-t-il ? Que ce soient les premiers Noirs à …, les premiers Autochtones à … comme le nouveau Premier Ministre du Manitoba, Wab Kinew, les premières femmes à …, etc.

Conclusion de l’auteur

Il ne s’agit pas d’atténuer la particularité historique des accomplissements de Greg Fergus et de Wab Kinew, il s’agit d’inviter à considérer cela comme normal tout simplement. Afin que ces millions de gens qui leur ressemblent ne ressentent plus tant l’exclusivité et l’exceptionnalité de ces réalisations. Ce que demande et exige l’idée d’inclusion, c’est la suppression des différences pour ensemble être la normalité. Nous pouvons le faire et ainsi faire société ensemble parce que l’humanité est diversité et nos sociétés doivent cesser de diviser de cette façon parfois si nonchalante.

Ma rencontre avec Greg Fergus

J’ai rencontré Greg Fergus à Ottawa au mois de mai 2022 dans le cadre d’une conférence de presse du gouvernement.

Voir le lien suivant : « UNE ÉTAPE À LA FOIS, » JUSTIN TRUDEAU

Extrait :

Je tiens aussi à souligner le député de Hull-Aylmer Greg Fergus. Il est secrétaire parlementaire du premier ministre et de la présidente du Conseil du Trésor. Nous avons eu une très belle conservation. Il m’a certifié qu’il y a une unité au sein du Parti libéral canadien sur la question du contrôle des armes à feu. Peut-être aurons-nous la chance de nous revoir.


[i] Lovejoyce Amavi vient de publier à compte d’auteur le livre L’art de conjuguer à l’inclusif parfait : pour un vocabulaire adéquat de l’intégration et de l’inclusion.

Journée porte ouverte à la Maison d’Haïti

Par Serge St-Arneault

Depuis mon arrivée à Montréal en 2017 que je rêve de rendre visite à la Maison d’Haïti situé dans le quartier St-Michel au nord de Montréal. Une Journée Portes Ouvertes m’a offert une opportunité de découvrir ce centre communautaire qui fête son 50e anniversaire. Cette journée présentielle et virtuelle sur Meta-Facebook a eu lieu le 6 octobre 2023 et comprenait une présentation des activités de la Maison d’Haïti pour la saison 2023-2024, kiosques, discussions, goûter et performance artistique.

La présentation des activités allait bon train lorsque je suis arrivé dans la grande salle où j’ai retrouvé avec joie mon ami Denis Woula, Sénégalais, qui m’a introduit à la directrice générale du centre, Marjolie Villefranche, qui est une sommité sur les questions relatives à la communauté haïtienne de Montréal.

Denis Woula, Marjolie Vellefranche et Serge St-Arneault

Quel est le lien entre la Maison d’Haïti et le continent africain ?

C’est la question que j’ai posé au moment des échanges avec le public présent. Le lien existe ne serait-ce que l’appartenance à la descendance afro. Mais, plus encore, les liens historiques sont nombreux entre Haïti et quelques pays d’Afrique Subsahéliennes. Localement, à Montréal, le Centre Afrika et la Maison d’Haïti, grâce à leurs membres, se sont retrouvés ensemble dans différents événements. Il est à espérer qu’une plus étroite collaboration se tisse dans les prochains mois.

Présentation

La Maison d’Haïti est une organisation communautaire et culturelle fondée en 1972 qui a pour mission l’accueil, l’éducation, l’intégration et l’amélioration des conditions de vie des personnes d’origine haïtiennes, afro-descendantes et immigrantes.

Dédiées à la défense de leurs droits et à la promotion de leur participation au développement de la société d’accueil, les interventions de la Maison d’Haïti sont axées sur l’approche citoyenne qui leur permettra de prendre la parole et de participer activement à la vie de la société.

La Maison d’Haïti déploie ses actions à travers 6 coordinations : éducation, famille, femmes, intégration, jeunesse, centre des arts.

Elle développe pour ses participant.e.s des activités d’éducation, d’accueil, d’intégration, d’encadrement des jeunes et des familles, de renforcement de l’autonomisation des femmes, d’insertion économique, sociale et culturelle.

Vues d’ensemble des activités du centre

Réussite des élèves de l’Institut Abaka à l’examen d’état de la RDC de juin 2023

Par Roger Androzo, journaliste

Bref historique

L’école secondaire Abaka, option commerciale et administrative, fut construite entre les années 1991 et 1996 grâce aux efforts de la population de Géty et le soutien financier des amis et connaissances du père Serge St-Arneault.

Cette école se situe dans la localité de Nzigo dans la partie ouest de Gety-État, tout près de la paroisse Sainte Famille vers le chef-lieu Munobi du groupement Bamuko dans le territoire d’Irumu, province de l’Ituri au Nord-Est de la République Démocratique du Congo.

La population est majoritairement composée des Ìndrŭ que certaines
personnes appellent les « Ngiti ».

Aujourd’hui l’Institut Abaka compte trois sections ; commercial et administration, biologie et chimie, mine et géologie.

La fondation de la paroisse sainte famille de Gety-Mission

À la suite de la campagne de regroupement des villages dans la région de Kibali-Ituri entre 1915-1933, sous l’administration coloniale, les villages Karatsi, Tsede, Nyarara, Munobi, Longowi, Isura, tsadhu et Mbasa formaient déjà une importante population.

Un centre extra-coutumier se développa sous le nom de Gety-État alors qu’une église dédiée à la Sainte-Famille fut construite en 1942 à environ quatre kilomètres plus loin. Elle fut agrandie plus tard.

Résultats des examens d’état 2023

Les enseignants ont observé des améliorations en matière d’éducation à l’Institut Abaka. Selon l’actuel préfet de cette école, Mbunga Mbovona, les jeunes diplômés étaient en liesse après la publication des résultats du 22 septembre 2023.

« Je suis très heureux. J’ai obtenu 60%, de nous confier Neema Zawadi. Dans ma classe, 17 d’entre nous sur 18 participants ont réussi. »

Sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo, près d’un million d’élèves ont passé leurs examens au mois de juin dernier.

Autres articles publiés par Roger Adirodu

Les libéraux devraient tenir leur promesse d’interdire les armes d’assaut

Bien que le projet de loi C-21 adopté par la Chambre des communes en mai dernier contienne des mesures importantes visant à restreindre l’accès aux armes de poing et à protéger les victimes de violence intime, le gouvernement doit aussi donner suite à ses trois engagements électoraux successifs d’interdire les armes de type militaire.

HEIDI RATHJEN, COORDONNATRICE DE POLYSESOUVIENT

La Presse, 23 septembre 2023

Huit longues années se sont écoulées depuis que les libéraux ont pris le pouvoir et on ne voit toujours aucun progrès tangible sur le terrain à ce sujet, et ce en dépit des déclarations de soutien de la part du Nouveau Parti démocratique et du Bloc québécois.

La ministre Mélanie Joly avait identifié l’engagement vigoureux du parti à l’égard du contrôle des armes (visant notamment les armes d’assaut) comme étant un facteur décisif lors de l’élection de 2021. Le fait que les libéraux n’ont pas respecté une promesse clé qui leur a permis d’accéder au pouvoir est au mieux décevant et au pire, fatal.

Ce qu’ils décrivent actuellement comme une « interdiction permanente des nouvelles armes à feu de style arme d’assaut au Canada » en parlant du C-21 n’est en fait que le piètre résultat d’un processus politique défaillant qui ne change pratiquement rien.

En effet, des dizaines de milliers de fusils d’assaut interdits en 2020 demeurent entre les mains de leurs propriétaires (incluant environ 90 000 AR-15s), alors que des centaines de modèles jouissant d’une exemption arbitraire restent légalement accessibles et de nouveaux modèles continuent à faire leur entrée au marché.

Le piétinement a débuté en 2019 avec le dépôt du projet de loi C-71, un modeste pas dans la bonne direction qui n’affectait en rien la disponibilité d’armes semi-automatiques de type militaire qui ne sont pas raisonnablement utilisées pour la chasse.

En 2019, la plateforme électorale de Trudeau comprenait une fois de plus la promesse d’interdire les armes d’assaut, avec l’ajout du rachat des celles en circulation.

En mai 2020, les libéraux ont bel et bien interdit quelque 1500 modèles tout en permettant à leurs propriétaires de les conserver jusqu’à la mise en place du programme de rachat obligatoire devant être complété en deux ans.

On attend toujours son lancement – pendant que la Nouvelle-Zélande a réalisé le sien en six mois.

Au début de 2021, le ministre Bill Blair a déposé le projet de loi C-21, qui ne comprenait pas d’interdiction et qui faisait du programme de rachat une mesure volontaire. Largement condamnée, cette coquille vide est morte au feuilleton.

Lors de sa troisième campagne électorale fédérale en 2021, Trudeau a dit qu’il avait écouté les familles des victimes du féminicide à Polytechnique et s’est à nouveau engagé à mettre en place un rachat obligatoire. Il a aussi promis d’interdire les chargeurs de grande capacité.

Quelques mois plus tard, le ministre Marco Mendicino a déposé un nouveau projet de loi (C-21) en remplacement de l’ancien. Une fois de plus, la législation ne comprenait aucune interdiction. Le ministre a plutôt promis d’amender à cet effet son propre projet de loi par la suite.

En novembre 2022, les libéraux ont donné suite à cet engagement avec deux amendements, rendant ainsi complètes les interdictions de 2020. Toutefois, ils n’ont fourni aucune explication écrite et mis de l’avant aucune stratégie médiatique.

Inévitablement, le vide créé par le manque d’information a été comblé par le lobby des armes, soutenu par les conservateurs, alléguant faussement que ces amendements mèneraient à l’interdiction d’un grand nombre de fusils de chasse. L’incapacité du gouvernement à affronter cette désinformation a ultimement mené au retrait des amendements.

Scandaleusement, le Nouveau Parti démocratique a joué un rôle déterminant dans ce recul. Malgré le soutien publiquement affiché par Jagmeet Singh à l’égard d’une interdiction, les députés néo-démocrates ont perpétué le mythe touchant les fusils de chasse, et ont ensuite bloqué les négociations visant à trouver une solution de rechange efficace.

La « mesure » qui en découle n’a aucun effet concret. Elle ne touchera que des armes « qui n’ont pas encore été inventées », est facilement contournable et balaie du revers de la main les 482 modèles qui auraient été interdits par les amendements originaux. Ce, malgré la recommandation de la Commission des Pertes massives de la Nouvelle-Écosse d’interdire toutes les armes semi-automatiques à percussion centrale conçues pour recevoir des chargeurs amovibles d’une capacité de plus de cinq cartouches – et pas seulement des insaisissables « futurs » modèles.

Néanmoins, l’amendement a été accepté et le projet de loi qui, à d’autres égards, est relativement fort et mérite d’être appuyé, se retrouve maintenant devant le Sénat pour un second examen.

Est-ce la fin du combat pour interdire les armes d’assaut ? Peut-être pas.

En mai dernier, lors du dévoilement du nouvel amendement, les libéraux se sont engagés à prohiber cet automne les armes d’assaut qui ont échappé aux décrets de 2020 par voie de réglementation et à renforcer les règles interdisant les chargeurs de grande capacité.

D’innombrables sondages montrent que la grande majorité des Canadiens souhaitent éliminer ce type d’armes et d’accessoires. En concrétisant enfin leur interdiction, les libéraux pourront grandement améliorer l’évaluation que le public fait du gouvernement et du leadership du premier ministre en matière de violence armée et de sécurité publique.

LIENS

LA PRESSE CANADIENNE, La Presse, 11 octobre 2023

(…) Sécurité publique Canada a discrètement publié sur son site web, mercredi, la prolongation du programme de rachat d’armes à feu qui n’a pas encore été développé, affirmant que la période d’amnistie qui devait expirer à la fin du mois resterait en vigueur jusqu’au 30 octobre 2025.

(…) Un communiqué publié sur son site web indique que l’organisation a encouragé les autorités à prolonger l’ordonnance d’amnistie.

Dans un communiqué, le porte-parole du ministre de la Sécurité publique, Dominic LeBlanc, a déclaré que le gouvernement « s’engage à mettre en place un programme de rachat d’armes à feu qui permettra aux propriétaires d’armes à feu respectueux de la loi de rendre leurs armes à feu et d’être indemnisés ».

(…) « L’absence de progrès dans la mise en œuvre du programme de rachat, trois ans et demi après l’annonce des prohibitions initiales, est extrêmement décevante », a déploré PolySeSouvient, dans un communiqué.

Le groupe de défense du contrôle des armes à feu comprend des étudiants et des diplômés de l’École polytechnique de Montréal, où un homme armé a tué 14 femmes avec un Ruger Mini-14, en 1989.

L’organisation a déclaré que la prolongation de l’amnistie « témoigne de la mauvaise gestion globale du dossier des armes d’assaut par le gouvernement », y compris du projet de loi C-21.

(…) Les Médecins pour un meilleur contrôle des armes à feu, un autre groupe de défense du contrôle des armes à feu, ont déclaré, mercredi dans un communiqué, qu’ils étaient « déçus par l’absence d’un plan clair de rachat pour accompagner la prolongation de l’amnistie ».

(…) Les libéraux appréhendaient probablement la colère de groupes comme PolySeSouvient. Cette nouvelle prolongation de l’amnistie pour les propriétaires d’armes d’assaut — qui peuvent les conserver en attendant le programme de rachat, sans toutefois s’en servir — a donc été inscrite discrètement sur le site Web du gouvernement. Ce qui n’a pas empêché PolySeSouvient de déplorer, publiquement dans son cas, le fait qu’il « n’y a eu aucun progrès tangible sur le terrain lié aux promesses répétées de ce gouvernement ».

(…) L’inertie a assez duré. L’incapacité de ce gouvernement à gérer simultanément la multitude de crises auxquelles il fait face ne peut plus mener à ce que des politiques publiques comme celle-ci — qui récolte, rappelons-le, l’appui d’une majorité de citoyens — soient sans cesse différées.

(…) Le fait que M. LeBlanc énonce de la sorte les intentions d’Ottawa en termes de changements réglementaires rassure PolySeSouvient. « Le message du ministre était clair et sans équivoque. Nous nous permettons maintenant d’espérer que le gouvernement donnera suite à sa promesse d’interdire l’ensemble des armes de style militaire en circulation », a déclaré l’organisation représentant les survivants et les membres de la famille de victimes de la tuerie de Polytechnique.

Le ministre LeBlanc a mentionné qu’il devrait rencontrer des représentants de PolySeSouvient bientôt.

Alexandre Sirois, La Presse, 30 octobre 2023

Chers voisins, s’il vous plaît, en tout respect, renoncez à cette cassette et à toutes les autres, interchangeables, utilisées après chaque fusillade sanglante pour occulter le problème ou le pelleter en avant.

Extrait d’un essai éclairant sur l’histoire de la violence par arme à feu aux États-Unis du romencier Paul Auster, intitulé Pays de sang.

(…) « Depuis les tout premiers jours de la République, nous sommes divisés entre ceux qui croient que la démocratie est une forme de gouvernement qui garantit aux individus la liberté de faire absolument ce qu’ils veulent et ceux qui croient que nous vivons en société et sommes responsables les uns des autres, que la liberté que nous donne la démocratie s’accompagne d’une obligation d’aider ceux qui sont trop faibles ou trop malades ou trop pauvres pour s’aider eux-mêmes, conflit séculaire entre le besoin de protéger les droits et libertés individuelles et les intérêts du bien commun. Ce conflit est à son apogée dans le débat qui se poursuit sur les armes, car le fossé philosophique entre les deux camps est si profond que durant plusieurs décennies il a empêché les forces pour ou contre le contrôle des armes d’œuvrer ensemble à un compromis pour tenter de remédier à la calamité pathétique de ce débordement de violence par les armes qui continue de se répandre jusque dans le moindre recoin des États-Unis. »

Et ça ne va pas en s’améliorant, fait-il remarquer.

« Cette situation d’impasse est amère et sauvage, si pleine d’animosité mutuelle que ces dernières années, les deux camps se sont si radicalement éloignés qu’ils ne semblent plus tant exprimer des positions opposées que parler une autre langue. »

Féministicides

Jean-François Lisée, Le Devoir, 20 septembre 2023
(Reproduction avec l’autorisation de l’auteur)

Jean-François Lisée

Mais à quelle heure et dans quelle salle a lieu mon prochain cours ? Pourquoi est-il désormais impossible de trouver cette information pratique sur le site de l’université ? Parce que nous sommes en 2023. Parce que c’est dangereux. Parce que des enragés, antiféministes, parfois nostalgiques de Marc Lépine (l’auteur de la tuerie de Polytechnique) peuvent surgir dans un cours, arme à la main. Paranoïa ? Parlez-en à Katy Fulfer.

Le 14 juin dernier, elle donnait le cours Philosophie 102 à une quarantaine d’étudiants de l’Université de Waterloo. Selon la description du cours jusque-là affichée sur le site, il s’agissait d’examiner « la construction du genre dans l’histoire de la philosophie à travers des discussions contemporaines. Qu’est-ce que le genre ? Comment “faire” le genre ? Comment pouvons-nous “défaire” le genre — et le voulons-nous ? »

C’était trop pour le jeune Geovanny Villalba-Aleman, 24 ans. À 15 h 30, il est entré dans la classe et a demandé à l’enseignante : « C’est un cours de psychologie ? » Non, a-t-elle répondu, « c’est un cours de philosophie, on parle du genre ». Elle lui a demandé de partir. Il a posé son sac, en a retiré un long couteau, l’a sorti de son étui et, avec un sourire haineux, selon un étudiant, a bondi sur la prof.

Ella a couru vers le fond de la salle. Il l’a poursuivie. Un étudiant lui a lancé une chaise, « au moins pour le blesser », a-t-il raconté. D’autres ont tenté de s’interposer. Il en a blessé deux, une jeune femme et un jeune homme, et a tenté d’en atteindre un troisième. Il a quitté la pièce et voulu se fondre dans la foule. Il connaissait bien les lieux, lui qui y avait fait son bac en physique. Les policiers l’ont facilement retrouvé. Il est notamment accusé de tentative de meurtre et de terrorisme. Les blessures étaient graves, mais non létales.

Pour les policiers et des amis interrogés par les journalistes locaux, sa motivation était claire : il visait les féministes et les gais. Le choix de la classe, et du prof, était délibéré. Pourquoi ? Des proches signalent qu’il venait d’une famille équatorienne conservatrice — il a immigré en 2018 —, qu’il avait les gais en aversion et qu’il éprouvait de la difficulté à nouer des liens sociaux. En plus, on était, en juin, en pleine célébration du Mois de la fierté gaie. Mais de là à vouloir tuer ?

On a beaucoup parlé, en France et ici, de l’assassinat de Samuel Paty, l’enseignant français mort pour avoir voulu enseigner la tolérance à la critique en montrant dans un lycée des caricatures de Mahomet, celles-là mêmes qui ont valu la mort aux rédacteurs de la revue Charlie Hebdo. On trouve ici un cas semblable, issu d’une autre forme d’intolérance extrême. Le féministicide ou, dans ce cas, la tentative de féministicide.

Les mots ont un sens. Notre décision collective d’appeler « féminicides » les assassinats de femmes ne date que de quelques années. Ce simple changement projette dans l’esprit collectif une prise de conscience. Ce qui était hier occulté, minoré, est maintenant sous la cruelle lumière du projecteur sémantique. Un premier pas.

Je n’oublierai jamais l’endroit où j’étais le matin du jeudi 7 décembre 1989, lendemain du jour où Marc Lépine a fauché la vie de 14 jeunes femmes dans une rage, non antiféminine, mais antiféministe. J’avais cours. Féminisme et communication. À l’UQAM. Mes camarades de classe étaient atterrées. Mais elles se sentaient dangereusement proches du genre de cible qu’avait cherché la veille le tueur et que pourrait encore viser, demain, un autre enragé de sa trempe.

« Vous êtes toutes des féministes », avait fameusement crié Lépine avant de tirer, laissant derrière lui une note où il fantasmait d’éliminer 19 personnalités féministes : journalistes, personnalités de l’écran, syndicalistes. S’il avait connu l’existence du cours Féminisme et communication, nous disions-nous ce matin-là, ou si un de ses émules voulait venir y sévir, que ferions-nous ?

Seul homme du groupe (nous étions cinq au premier cours, les autres avaient déserté tôt dans la session — des pleutres), je n’osais dire tout haut ce qui me passait par la tête. Ce Lépine 2 ne trouverait-il pas choquant qu’un homme trahisse son genre en se soumettant à cette infâme idéologie, semaine après semaine ? Je me demandais si, pendant l’assaut, j’aurais eu le cran d’intervenir, de m’interposer. De lancer une chaise, au moins.

La volonté de faire taire les féministes, dans les campus et ailleurs, comme la diffusion de la haine envers elles est désormais un phénomène de société inquiétant. Il existe dans les campus, certes. Et le recteur de l’Université de Waterloo, Vivek Goel, a raison d’écrire que l’agresseur a certes visé des personnes, mais « a aussi enfoncé son couteau au coeur de la valeur la plus importante des institutions académiques : la liberté académique ».

Mais il déborde les milieux universitaires. Le blogueur montréalais Jean-Claude Rochefort a incité ses 60 000 abonnés à bien préparer la célébration du « saint Marc Lépine Day », le jour de commémoration de la tuerie, en n’oubliant pas de « polir leurs carabines ». Il purge une peine d’un an de prison pour incitation à la haine.

Une jonction toxique s’opère entre la détresse sexuelle d’hommes qui n’ont pas de succès auprès des femmes, les incels pour « célibataires involontaires », la nostalgie d’une époque où les hommes dominaient, la haine des féministes et des gais.

À Toronto, il y a cinq ans, un Alek Minassian a lancé son véhicule sur un trottoir, fauchant 26 personnes, 11 mortellement. Son objectif : se venger des femmes. Il a dit espérer que son geste serait suivi par d’autres qui, comme lui, sont encore vierges, pas par choix, à 25 ans. Il est en prison pour au moins 25 ans.

Nous ne sommes donc pas à l’abri des émules de Marc Lépine. Au contraire. Ils sont plus nombreux que jamais. La vigilance, la prévention et une vraie stratégie s’imposent. Et entraînons-nous, au moins, au lancer de chaise.

Jean-François Lisée a dirigé le PQ de 2016 à 2018. Il vient de publier Par la bouche de mes crayons (Somme Toute/Le Devoir).

 jflisee@ledevoir.com

Autres liens : Féminicide

Pandémie et complotisme

J’ai reçu un appel téléphonique de Gilles Petel il y a environ deux ans, à l’époque de la pandémie de la Covid-19. Gilles a commencé sa carrière en journalisme à la radio de CKVL-Verdun, où il a occupé le poste de Directeur information et Affaires publiques, pour ensuite travailler pendant 26 ans à la télévision de Radio-Canada.

Gilles Petel

Après sa retraite de Radio-Canada, il a, entre autres, animé une émission d’affaire publique « À vous de juger », pendant sept ans à la télévision communautaire canadienne de « Vidéotron » M. Petel a également réalisé et animé un documentaire d’une heure diffusé sur Vidéotron, intitulé « Drame humain à Gaza ».

Il est alors devenu, pendant plus de 10 ans, le seul journaliste canadien accrédité à l’ONU de Genève, en Suisse, où il y a plus de 350 journalistes représentant 194 pays et où se passe 65% des activités de l’ONU.

Essentiellement, ce livre condamne le complotisme mais en même temps permet aux lecteurs de mieux différencier complot et complotisme. Cette distinction est importante.

Un complot fait référence à un fait de manipulation avéré. On parle de complot pour évoquer une réalité historique où un petit groupe a manipulé l’opinion publique à l’aide d’un faux témoignage. C’est aussi un projet concerté en secret par un groupe restreint avec une intention malveillante.

Le complotisme, pour sa part, décrit une attitude qui implique la recherche systématique des complots, partout tout le temps. Ce terme, apparu il y a environ 200 ans, fait référence à l’attitude de méfiance systématique envers certaines informations provenant d’institutions officielles. Notamment, la presse traditionnelle, les gouvernements ou politiciens, les industries pharmaceutiques ; prétendant qu’elles mentent et que des individus ou des groupes tirent les ficelles de manière plus ou moins secrète dans l’ombre !

Des exemples concrets vous sont présentés afin de bien comprendre les conséquences de la pandémie COVID-19. Pour ce faire, nous avons consulté les plus grands spécialistes ; des microbiologistes, infectiologues et spécialistes de la santé publique.

« Pandémie et complotisme » s’adresse à tous les lecteurs curieux d’en savoir davantage sur la pandémie que nous vivons.

Dans ce livre, Gilles Petel cite des passages (voir les pages 24 et 25, les pages 170 et 171 et surtout le chapitre intitulé « La sorcellerie dans tout ça  », pages 267 à 271) d’un de mes articles publié dans le journal Le Nouvelliste en date du 22 septembre 2020 intitulé « Sorcellerie et théories complotistes » également publié sur mon blogue.

Gilles Petel, Pandémie et complotisme, Édition Crescendo! 2023, 455 pages.

Du même auteur : Ingérence politique dans les médias.

Prochaine publication aux Éditions Crescendo! prévue pour le 24 septembre 2023 : Pique-assiettes