Ceci est le titre d’un article écrit par Caroline Montpetit relatant la soirée d’ouverture de l’exposition intitulée « Un cri un chant des voix à la mémoire de la tragédie de la Polytechnique » de l’artiste Diane Trépanière.
Diane a créé cette œuvre il y a vingt ans. En fait, il s’agit d’une installation photographique. Plusieurs autres artistes se sont jointes à Diane dans les locaux du Le Livart situé au 3980, rue St-Denis à Montréal.
J’étais présent lors de la soirée d’ouverture de l’exposition. Je faisais partie d’un groupe très minoritaire d’hommes. Le tumulte vocal environnant, comme un fond de bruit, m’a plongé dans un état second devant la symbolique stèle où figuraient toutes les victimes du drame de la Poly. Annie est représentée sur la deuxième photo à partir de la gauche. J’ai eu l’impression qu’elle était là, silencieuse et solidaire de toutes ces compagnes. Sa jeunesse éclatera pour toujours alors que je fais maintenant figure de son père. « Je suis le frère aîné d’Annie », ai-je répondu à Diane. « Je m’excuse, répondit-elle, cela fait trente ans. Mais pour elle, le temps s’est arrêté. »
Merci Diane pour tout l’amour que tu portes « à nos filles », expression souvent utilisée. Je souhaite que ton œuvre soit connue par beaucoup plus de gens, femmes, filles, hommes et garçons.
TROIS-RIVIÈRES — «Si quelqu’un souffre, aidons-le. Il faut améliorer la société pour les humains. On ne prend pas assez soin de l’humain.»
À quelques jours du 30e anniversaire de la tuerie de Polytechnique, Monique Lépine a rendu visite jeudi aux étudiants d’une école secondaire trifluvienne, du Cégep de Trois-Rivières et de l’UQTR pour parler de l’épreuve qu’elle a dû traverser. Son fils, Marc, est l’auteur du meurtre des 14 étudiantes de l’École Polytechnique de Montréal.
Mme Lépine se souvient très bien de la fin de journée du 6 décembre 1989, alors qu’elle rentrait chez elle après une journée de travail. Ce n’est que le lendemain qu’elle a appris que son fils de 25 ans avait entraîné dans la mort ces jeunes femmes avant de s’enlever la vie. Durant plusieurs années, elle n’a pu aborder la question, cherchant à retrouver un équilibre dans sa vie marquée plus tard par la mort de sa fille à la suite d’une surdose de cocaïne.
C’est à force de réfléchir à sa situation, de lire sur ce qu’elle vivait et à partir du moment où elle a fait le ménage dans ses émotions, en comprenant d’où elles viennent et en voyant sa réaction face à elles, qu’elle a commencé à remonter à la surface. Trente ans après le drame, elle constate que non seulement de nombreuses personnes souffrent en silence, mais qu’avec toutes les histoires récentes de violence, d’intimidation et de harcèlement, l’histoire se répète. De là, l’importance d’exprimer les souffrances pour se libérer et de prendre soin des personnes.
«Il n’y a pas grand-chose qui a changé, car le changement vient du cœur. Je veux qu’on porte attention aux jeunes pour mettre un sens à leur vie. On a le droit de dire comment on se sent, mais pas avec la colère. La souffrance est une question de cœur. Quand tu gardes de l’amertume, si tu nourris la vengeance, attends-toi pas de sortir quelque chose de positif. Il faut nourrir de bonnes pensées. La colère peut t’amener à poser des gestes. Si tu ne parles pas de ce qui se passe, c’est comme un presto. Je pense que mon fils avait beaucoup de colère et ç’a sorti comme ça», a raconté Mme Lépine devant une trentaine d’étudiants de l’UQTR, qui de toute évidence n’étaient pas nés lors des événements.
Selon ce qu’on lui a rapporté, son fils aurait mentionné lors de la tuerie qu’il haïssait les féministes. Elle se demande ce qu’une féministe voulait dire pour lui. Infirmière d’expérience occupant un poste de cadre et ancienne étudiante à l’Université de Montréal, Mme Lépine affirme qu’elle aurait pu correspondre à la description d’une féministe et s’est demandé si son fils lui en voulait à un point tel de décharger son arme contre des femmes, elle qui avait emmené ses deux enfants lorsqu’elle a décidé de quitter un mari violent.
«C’est quoi, être un bon parent? Dans mon temps, c’était de pourvoir aux besoins matériels. Est-ce qu’on s’est soucié de ce qu’on ressentait à l’intérieur? On n’avait pas ces pensées-là», raconte Mme Lépine, qui se dit pour l’égalité entre les femmes et les hommes, mais qui ne milite pas comme féministe.
Une rencontre avec Serge St-Arneault
Mme Lépine vient de faire paraître un deuxième livre, Renaître, qu’elle considère comme «son chemin de guérison». Femme profondément religieuse, elle affirme avoir pardonné à son fils et a demandé pardon aux familles victimes des gestes de celui-ci.
Au lancement de son livre, il y a une semaine, elle a d’ailleurs rencontré des membres de deux familles victimes de la tuerie, dont Serge St-Arneault. Ce dernier est le frère d’Annie St-Arneault, une étudiante originaire de La Tuque qui a été assassinée par Marc Lépine.
Selon Monique Lépine, la rencontre avec M. St-Arneault a été bonne pour elle et pour lui. «On a pu se réconcilier au niveau du pardon. Il comprenait ma souffrance et je comprenais sa souffrance. Ça a été comme un baume.»
D’une
même voix, des proches des victimes des tueries de Polytechnique, du Collège
Dawson et de la mosquée de Québec, de même que le père d’un policier tué en
service, réclament du gouvernement Trudeau un moratoire immédiat sur la vente
des armes d’assaut, de même qu’une interdiction permanente sur l’importation et
la fabrication des armes de poing.
LOUISE LEDUC, LA PRESSE
Publié le 26 novembre 2019
Rappelant les engagements du
gouvernement Trudeau en campagne électorale, les signataires d’une lettre qui
vient d’être adressée à Bill Blair, ministre de la Sécurité publique, se disent
« très optimistes » que ces promesses seront respectées « au
cours du prochain mandat libéral compte tenu de l’appui explicite de trois
partis d’opposition (NPD, Bloc québécois et Parti vert) ».
Les auteurs de la lettre
rappellent au gouvernement que selon Statistique Canada, le nombre d’homicides
par armes à feu a augmenté pour une quatrième année
consécutive. « Notons que cette recrudescence suit de près le
démantèlement de mesures de contrôle majeures entrepris à partir de 2012 par le
précédent gouvernement Harper », est-il écrit.
Pour ce qui est des armes de poing, les proches de tueries survenues au Québec écrivent qu’« une interdiction de l’importation et de la fabrication d’armes de poing n’équivaut pas à leur prohibition – leur vente, transfert et possession pouvait se poursuivre à l’intérieur du pays –, mais cela freinerait l’augmentation exponentielle de leur nombre en territoire canadien ».
Quant aux armes d’assaut,
les auteurs de la lettre rappellent que le Ruger Mini-14 de Marc Lépine
« demeure une arme à feu sans restriction, et ce, malgré l’engagement du
Parti libéral de l’interdire » en 1999.
« Théoriquement, la
limite pour les chargeurs au Canada est de cinq balles pour les armes non
restreintes et de 10 balles pour les armes restreintes, précisent les proches
de victimes. Cependant, des échappatoires et la disponibilité légale de
chargeurs “modifiés” font de ces limites une risée. En effet, au moins trois auteurs
de récentes tueries avaient modifié illégalement leurs chargeurs pour les
augmenter à leur capacité maximale illégale. »
Entre autres mesures, les
signataires de la lettre à M. Blair réclament entre autres de meilleurs
contrôles des demandeurs de permis et un meilleur accès pour les policiers des
registres de ventes. Ils espèrent aussi que le gouvernement réfléchira à la pertinence
d’interdire la vente en ligne des armes restreintes.
« En tant que victimes
et témoins de violence extrême commise à l’aide d’armes à feu, nous cherchons
ainsi à rendre hommage à nos proches, soit en obtenant des mesures concrètes
pour prévenir d’autres tragédies évitables », concluent les auteurs de la
lettre.
Ont également signé cette lettre plusieurs membres de familles des victimes de l’attentat de Polytechnique, dont Serge Saint-Arneault, frère d’Annie Saint-Arneault, orginaire de La Tuque.
Le parti
d’opposition Ensemble Montréal propose de mettre en place un programme de
rachat volontaire d’armes à feu par le Service de police de la Ville de
Montréal (SPVM).
Conférence de presse. PDF.
«De
façon tout à fait anonyme, nous inviterions les citoyens à remettre les armes
qu’ils ont en leur possession au SPVM en échange d’un montant d’argent», a
proposé le chef du parti, Lionel Perez.
«La
police ne pose aucune question, ne fait aucun contrôle d’identité, remet
l’argent sur-le-champ et détruit lesdites armes», a-t-il décrit, mercredi, un
mois avant le 30e anniversaire de la tuerie de Polytechnique, survenue le 6
décembre 1989.
Au printemps dernier, la police de Toronto a mis en place un tel
programme qui a permis le rachat de 3100 armes à feu via un programme de rachat
financé à hauteur de 750 000 $.
Selon l’administration
Plante, il est toutefois préférable d’attendre l’instauration d’un programme de
rachat à l’échelle nationale, puisque la responsabilité ne devrait pas incomber
à la Ville de Montréal à elle seule. Le SPVM n’a pas voulu commenter la sortie
d’Ensemble Montréal.
Les deux types d’armes
Les deux partis pressent le
gouvernement fédéral d’interdire les armes d’assaut et les armes de poing.
En campagne électorale, le premier ministre Justin Trudeau avait promis
de bannir les armes d’assaut, mais a mentionné qu’il laisserait les
municipalités la tâche de restreindre l’utilisation des armes à poing. C’est un
non-sens aux yeux des élus municipaux montréalais.
«Il nous faut une
interdiction de la possession privée des armes de poing et des armes d’assaut à
l’échelle canadienne. Une mosaïque de règlements municipaux serait tout à fait
inefficace», a résumé Alex Norris, président de la Commission de la sécurité
publique et élu de Projet Montréal.
Polytechnique
C’est aussi l’avis de Heidi
Rathjen, témoin de la tuerie et coordonnatrice de PolySeSouvient, qui
accompagnait Lionel Perez lors de sa sortie mercredi.
Demander aux municipalités
d’interdire les armes de poing serait «inefficace, mais aussi irréaliste compte
tenu des luttes politiques longues et acrimonieuses contre le lobby des armes
auxquelles ferait face tout maire», estime-t-elle.
Serge St-Arneault, le frère d’Annie St-Arneault, l’une des victimes de la tuerie de Polytechnique, abonde dans le même sens. «Les armes à feu, c’est fait pour tuer. Qu’on laisse des armes militaires aux mains des militaires ou des gens responsables de la protection civile», a-t-il plaidé, ajoutant que la même logique vaut pour les armes de poing.
Pour
celui qui vient de La Tuque, une «région de chasseurs», il est normal que les
carabines ne soient pas concernées par ces discussions. «Les chasseurs sont des
gens responsables. On ne va pas à la chasse au caribou ou à l’orignal avec des
armes militaires.»
Il faut mieux surveiller la frontière, selon Maria
Mourani
Pour
réduire le nombre d’armes en circulation dans les milieux criminels, il faut
s’attaquer plus vigoureusement à l’entrée illégale de ces produits de
contrebande via la frontière américaine, fait valoir la criminologue Maria
Mourani.
Celle-ci
croit qu’il faut lutter contre l’entrée des armes des États-Unis en y
consacrant du financement et en haussant la surveillance. «Malheureusement,
pour l’instant, c’est des vraies passoires nos frontières, a-t-elle déploré.
Juste au Québec, on a plus d’une centaine de routes non surveillées.»
Dans les
milieux criminels, la majorité des armes sont acquises illégalement, a expliqué
Mme Mourani, ajoutant que «80 % des armes illégales viennent des États-Unis et
vont dans le marché noir».
Plus d’armes
Cela dit, «il y a une
proportion croissante de crimes violents qui sont commis à l’aide d’armes
légalement acquises, a indiqué Alex Norris, président de la Commission de la
sécurité publique. Nous avons besoin de mesures plus costaudes à l’échelle
nationale.»
Le nombre d’armes de poing
en circulation est passé de 465 000 en 2012 à 935 000 actuellement, selon
Statistique Canada, et elles ont été utilisées dans près d’un quart des
homicides au pays.
Ces données peuvent
signifier que plus d’armes sont détectées, a nuancé Mme Mourani. «Le nombre
d’armes en circulation dans le marché noir au Canada est beaucoup plus élevé.»
Le bannissement par Ottawa
des armes de poing et d’assaut, excepté pour les policiers et les militaires,
s’impose, selon Mme Mourani. Un programme de rachat d’armes par les policiers
doit s’accompagner de mesures rendant la possession de ces armes illégales,
selon elle.
«Au Québec, on a toujours
été les champions dans le contrôle des armes; Polytechnique, ç’a choqué»,
a-t-elle noté.
OPINIONS /
L’auteur, Serge St-Arneault, est originaire de La Tuque. Il est le frère
d’Annie, une des victimes de la tuerie de Polytechnique.
Une culture des
armes à feu existe bel et bien au Canada, qui se classe au cinquième rang
mondial pour le nombre d’armes à feu en circulation. L’organisme «Small arms
Survey» estime que ce nombre à 13 millions d’armes à feu soit 35 armes par 100
habitants.
Une précision
s’impose. Il y a trois catégories d’armes à feu: les carabines et fusils de
chasse classés sous l’appellation «sans restriction», les armes de poing ou
pistolets et les armes d’assaut «à autorisation restreinte» et les armes
automatiques et certaines armes d’assaut «prohibées».
Les statistiques
montrent que 60 % des homicides sont commis par les armes de poing et que leur
nombre a augmenté de 100 % entre 2013 et 2017, en plus de celles qui sont
illégales. Le trafic de ces armes provient de deux principales sources: des
États-Unis et celles volées de propriétaires légaux canadiens.
Le contrôle des
armes à feu est de fait un enjeu incontournable dans la campagne électorale qui
a cours en ce moment. En parler ne relève pas de la propagande politique. En
effet, il s’agit avant tout d’un enjeu de santé et de sécurité publique. Les
médecins dénoncent de plus en plus les conséquences dévastatrices des blessures
causées par les projectiles d’armes à feu, toutes catégories confondues.
Les armes
semi-automatiques de style militaires sont particulièrement dangereuses. En
fait, leurs mécanismes peuvent parfois être modifiés de manière à les
transformer en fusil automatique ou capable de tirer 20, 30 et même 50 balles
en rafale.
À bien y penser,
les chasseurs et fermiers ont intérêt eux aussi à demander la mise au rancart
des armes d’assaut si destructrices. Leurs armes d’utilité sportive, bien
entreposées et manipulées de manière responsable, ne représentent pas un risque
déraisonnable pour la sécurité publique et peuvent donc rester entre les mains
de citoyens responsables. La plupart des propriétaires d’armes sont des
chasseurs et, selon les sondages, n’endossent pas l’accès légal aux armes
d’assaut de type militaire.
Quelle était donc la position des partis politiques
sur ce sujet?
Basé sur leur bilan
et leurs promesses électorales, le Parti conservateur entendait continuer à
démanteler la loi sur le contrôle des armes conformément aux vœux du lobby des
armes à feu.
Le Parti populaire
aurait augmenté l’accès aux armes d’assaut et leurs accessoires et légiférerait
pour protéger les intérêts des propriétaires d’armes.
Le Nouveau Parti
démocratique et le Bloc québécois sont généralement en faveur d’un contrôle
plus strict des armes à feu et appuieraient l’instauration d’une interdiction
des armes d’assaut ainsi que des chargeurs modifiables.
Or, la proposition
du Parti libéral d’interdire les armes d’assaut sans clauses «grand-père» et
attachée à un budget substantiel pour racheter les modèles existants représente
l’engagement le plus complet et le plus solide quant à cette mesure, attendue
depuis 30 ans par les familles des victimes de la tuerie à Polytechnique.
Il faut maintenant
espérer que le Parti libéral, qui forme maintenant un gouvernement minoritaire,
passe de la parole aux actes concernant la question critique de l’accessibilité
des armes d’assaut de type militaire encore légalement vendues au Canada. Souhaitons,
si le gouvernement présente des mesures de contrôle plus strict, qu’il puisse
compter sur l’appui des partis qui se disaient favorables à de telles mesures.
Une culture
des armes à feu existe bel et bien au Canada qui se classe au cinquième rang
mondial pour le nombre d’armes à feu en circulation. L’organisme ‘Small arms Survey’ estime
que ce nombre à 13 millions d’armes à feu soit 35 armes par 100 habitants.
Une précision
s’impose. Il y a trois catégories d’armes à feu : les carabines et fusils
de chasse classés sous l’appellation ‘sans restriction’, les armes de poing ou
pistolets et les armes d’assaut ‘à autorisation restreinte’ et les armes
automatiques et certaines armes d’assaut ‘prohibées’.
Les
statistiques montrent que 60% des homicides sont commis par les armes de poing et
que leur nombre a augmenté de 100% entre 2013 et 2017, en plus de celles qui
sont illégales. Le trafic de ces armes provient de deux principales
sources : des États-Unis et celles volées de propriétaires légaux
canadiens.
Le contrôle
des armes à feu est de fait un enjeu incontournable dans la campagne électorale
qui a cours en ce moment. En parler ne relève pas de la propagande politique.
En effet, il s’agit avant tout d’un enjeu de santé et de sécurité publique. Les
médecins dénoncent de plus en plus les conséquences dévastatrices des
blessures causées par les projectiles d’armes à feu, toutes catégories
confondues.
Les armes semi-automatiques de style militaires sont particulièrement dangereuses. En fait, leurs mécanismes peuvent parfois être modifiés de manière à les transformer en fusil automatique ou capable de tirer 20, 30 et même 50 balles en rafale.
À bien y
penser, les
chasseurs et fermiers ont intérêt eux aussi à demander la mise au rancart
des armes d’assaut si destructrices. Leurs armes d’utilité sportive, bien
entreposées et manipulées de manière responsable, ne représentent pas un risque
déraisonnable pour la sécurité publique et peuvent donc rester entre les mains
de citoyens responsables. La plupart des propriétaires d’armes sont des
chasseurs et, selon les sondages, n’endossent pas l’accès légal aux armes
d’assaut de type militaire.
Quelle est
donc la position des parties politiques à ce sujet dans le débat électoral qui
a cours présentement?
Basé sur leur
bilan et leurs promesses électorales, le Parti conservateur continuerait de
démanteler la loi sur le contrôle des armes conformément aux vœux du lobby des
armes à feu.
Le Parti
populaire augmenterait l’accès aux armes d’assaut et leurs accessoires et
légiférerait pour protéger les intérêts des propriétaires d’armes.
Le Nouveau
Parti démocratique et le Bloc québécois sont généralement en faveur d’un contrôle
plus strict des armes à feu et appuieraient l’instauration d’une interdiction
des armes d’assaut ainsi que des chargeurs modifiables.
Or, la
proposition du Parti libéral d’interdire les armes d’assaut sans clauses
« grand-père » et attaché à un budget substantiel pour racheter les
modèles existants représente l’engagement le plus complet et le plus solide
quant à cette mesure, attendue depuis 30 ans par les familles des victimes de
la tuerie à Polytechnique.
À chacun
maintenant de faire son choix électoral en tenant compte de la position des Partis
politiques concernant la question critique de l’accessibilité des armes
d’assaut de type militaire encore légalement vendues au
Canada.
Si le Parti conservateur
gagne lors du scrutin de lundi prochain, le lobby des armes aura gagné, estime
Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient et diplômée de l’École
polytechnique de Montréal en 1980.
Presque 30 ans après la
tuerie de Polytechnique, en 1989, des familles des victimes et des survivants
de tueries ont rencontré la presse, mardi dans l’institution universitaire,
pour expliquer la lecture qu’ils font des engagements des partis politiques
quant au contrôle des armes à feu.
« Ce que nous disons
aux Canadiens, c’est qu’un vote pour les conservateurs, c’est un vote pour le
lobby des armes. Si les conservateurs rentrent, le lobby des armes va avoir
gagné au niveau du contrôle des armes », a lancé Mme Rathjen.
À ses côtés se trouvaient
d’autres victimes, parmi lesquelles Nathalie Provost, qui
avait été blessée lors de la tuerie de Polytechnique, Suzanne Laplante-Edward,
qui a aujourd’hui 80 ans et qui se bat encore, au nom de sa fille Anne-Marie,
morte lors de la même tuerie, et Boufeldja Benabdallah,
président de la Grande Mosquée de Québec. Une troisième génération se trouvait
à leurs côtés, des jeunes en faveur d’un meilleur contrôle des armes à feu.
« Un gouvernement conservateur
va sonner le glas du contrôle des armes ; ça va être fini », s’est
exclamée Mme Laplante-Edward, la gorge nouée en rappelant la
mémoire de sa fille.
« Nous connaissons les
conséquences d’un faible contrôle. Et tout ce que nous souhaitons, c’est empêcher
que d’autres vivent la même terreur que Polytechnique a connue, que Dawson (le Collège) a connue, que
la Grande Mosquée de Québec a connue », a lancé à son tour
M. Benabdallah.
Après 30 années de combat, Mme Rathjen estime que « c’est vraiment un moment
critique pour le contrôle des armes à feu. Trente ans plus tard, avec les
cycles électoraux, on recule, on n’avance pas — même avec le peu de progrès
qu’on a fait la dernière fois ».
Par son expression
« dernière fois », elle fait référence au mandat du gouvernement
Trudeau, pendant lequel il a fait adopter la loi C-71, qui a notamment permis
de renforcer la vérification des antécédents et d’exiger des vendeurs qu’ils
vérifient la validité du permis d’armes à feu avant de vendre une arme sans
restriction.
Elle juge donc le dernier
mandat de M. Trudeau « positif mais décevant » en la matière. Il
a franchi quelques pas, mais pas suffisamment, a-t-elle résumé.
Aux yeux du groupe, c’est le
Parti libéral du Canada qui a maintenant les engagements les plus précis en la
matière, comme une interdiction totale des armes d’assaut, sans clause
grand-père, avec un engagement de racheter les modèles existants qui ont été
acquis légalement.
Bien qu’il n’ait pas mis ces
engagements précis en vigueur durant ses quatre années de pouvoir, Mme Rathjen estime que son engagement d’aujourd’hui
est sincère.
Mme Rathjen
relève que le Bloc québécois, le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert
appuient aussi un meilleur contrôle des armes en général et interdiraient les
armes d’assaut.
« Les autres partis, le
Parti libéral, le Nouveau Parti démocratique, le Bloc québécois et le Parti
vert sont tous en appui au contrôle des armes, mais la plateforme libérale est
la plus forte », a résumé Mme Rathjen.
Quant au Parti populaire de
Maxime Bernier, elle estime qu’il augmenterait l’accès aux armes d’assaut et
légiférerait pour protéger les intérêts des propriétaires d’armes.
OPINIONS / Enfant, je me
rappelle que mes parents étaient abonnés au Soleil de Québec. Nous habitions
alors à Saint-Adelphe. Jeune adulte, Le Nouvelliste a ensuite pris le relais
dans notre village. Dès cette époque, je me passionnais d’une page de roman
publié quotidiennement. J’ai pris soin de découper ces extraits de romans pour
les lire à un moment plus opportun.
Par Laurette Perron, Trois-Rivières
Depuis notre déménagement à La Tuque en 1956, je n’ai
jamais manqué un numéro du Nouvelliste. En
fait, je lis le journal d’un bout à l’autre soit le matin en buvant mon café ou
en fin de soirée. J’apprécie avant tout les nouvelles locales, même les
nouvelles sportives.
J’aime aussi chercher les huit erreurs entre les deux
dessins en apparence identiques dans la section divertissement, lire les bandes
dessinées, jeter un coup d’œil à la nécrologie et surtout lire attentivement
l’éditorial du jour. C’est devenu une façon de vivre à laquelle je suis
attachée.
Je suis donc fidèle au journal depuis très
longtemps, au-delà de 70 ans. Je tiens avant tout à l’édition papier. Je ne me
sens pas à l’aise avec l’idée de lire Le Nouvelliste sur
une tablette numérique. J’espère donc que le journal me restera autant fidèle
que moi pour lui. Tiens! On dirait presque une relation amoureuse!
Un grand merci au journal Le
Nouvelliste pour son professionnalisme et j’oserais dire aussi
sa courtoisie. J’en ai personnellement fait l’expérience lorsque des articles
ont été publiés lors de mes voyages en Afrique. Je souligne aussi la
délicatesse entourant les nombreux reportages et témoignages liés à la tragédie
de la Polytechnique du 6 décembre 1989. Ma grande fille Annie St-Arneault a été
l’une des quatorze victimes de ce drame. Cela fera trente ans au mois de
décembre prochain.
Je porte une admiration particulière à l’éditorialiste
Martin Francoeur. Je souligne aussi les beaux articles signés par Brigitte
Trahan qui était notre voisine sur la rue Corbeil à La Tuque lorsqu’elle était
enfant. Que dire aussi de Marc Rochette qui a exprimé tant de tendresse à toute
ma famille, particulièrement à mon fils Serge, missionnaire en Afrique. Depuis
les deux dernières années, Audrey Tremblay a publié plusieurs entrevues au
sujet de nos efforts pour un meilleur contrôle des armes à feu au Canada.
Je m’ennuie par contre des articles de David Goudreault
qui n’apparaissent, généralement, qu’une fois par mois. Mais ça, je le sais, ça
ne dépend pas du journal. Oh! J’allais oublier. J’ai finalement lu mes pages de
romans que j’avais minutieusement conservés dans ma jeunesse. Il n’est jamais
trop tard. Je les ai laissés au Malawi, en Afrique, lors d’un voyage en 2009.
Nul doute que vous devinerez que je souhaite
lire Le
Nouvelliste encore longtemps.
L’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) a remis le prix méritas Partenaire de l’année au groupe PolySeSouvient pour son leadership dans la lutte pour un meilleur contrôle des armes à feu au Québec et au Canada. Le lauréat en a fait un enjeu majeur de santé et de sécurité publique. Ses analyses et conseils ont permis à l’AQPS de jouer un rôle déterminant dans ce dossier incontournable pour la prévention du suicide.
Pour réduire les décès par suicide, il est nécessaire
d’agir sur plusieurs fronts, notamment en réduisant l’accès aux moyens de
s’enlever la vie. L’Organisation mondiale de la santé en fait d’ailleurs l’une
de ses mesures phares. « Considérant que la majorité des décès par arme à
feu au Québec sont des suicides et que plus de 100 Québécois s’enlèvent la vie
de cette façon tous les ans, nous devons être proactifs dans le contrôle des
armes à feu », a commenté Jérôme Gaudreault, directeur général de l’AQPS. « Nous sommes
grandement reconnaissants de l’expertise et du soutien indéfectible de
PolySeSouvient dans ce dossier ».
Depuis sa création en 2009, PolySeSouvient n’a cessé d’être actif et mobilisateur, surtout lorsque des moments clés se présentaient dans le cadre de débats publics ou de processus législatifs au sujet du contrôle des armes à feu. Le collectif a notamment lutté contre l’abolition du registre fédéral par le gouvernement conservateur et, à partir de 2012, a milité pour la création d’un registre québécois. La Loi sur l’immatriculation des armes à feu a été adoptée en juin 2016 et est entrée en vigueur au début 2018, à la satisfaction de nombreux groupes œuvrant pour la santé et la sécurité publiques dont l’AQPS. Tout récemment, le gouvernement du Canada a adopté le projet de loi C-71, une autre législation comportant d’importantes mesures de prévention pour lesquelles PolySeSouvient s’est également battu pendant des années. Dans ce débat clivé, l’engagement et la persévérance des bénévoles de PolySeSouvient sont source d’inspiration.
À propos de l’AQPS et
des Prix méritas
Fondée en 1986, l’Association québécoise de prévention
du suicide a pour mission de développer la prévention du suicide au Québec. Les
Prix méritas en prévention du suicide sont remis annuellement par un jury
constitué d’administrateurs et de citoyens. La remise des prix 2018-2019 s’est
déroulée le 10 juin à Québec.